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L’augmentation du capital

La modification du capital par la voie de l’augmentation constitue une phase


importante de la vie de la société vue la grande place occupée par le capital social lors de
sa constitution, ainsi toute décision portante sur cet élément majeur doit émaner des
organes de la société (chapitre I), ainsi que cette décision doit mentionner la modalité par
laquelle cette décision d’augmentation sera réalisée (chapitre II)

Chapitre I : La décision d’augmentation du capital

À fin d’assimiler les différents aspects de l’opération tendant à augmenter le capital


d’une société, on commencera par l’étude des motifs poussant la société à prendre une
telle décision (section I), puis on passera à l’organe chargée de prendre la décision
(section II) avant d’arriver aux conditions relatives au délai prescrit pour l’opération
(section III) et enfin la publicité exigée en la matière (section III)

Section I : la décision d’augmentation du capital social : motifs et procédure

Sous-section I : les motifs de l’augmentation du capital social

Pour bien cerner le mécanisme juridique d’augmentation du capital social, il faut d’abord
s’interroger sur les motifs justifiant cette opération. De ce fait, une augmentation de capital
social peut être motivée variablement selon les circonstances. Il peut s’agir d’assurer un
financement complémentaire grâce au renforcement des fonds propres, comme elle peut être
inspiré par le désir de rétablir l’équilibre entre le capital statutaire originaire est le montant des
sommes mentionnées au passif du bilan, aussi le souci d’éviter l’appauvrissement peut
constituer un motif d’augmenter le capital de la société, qui par l’émission des titres, va
pouvoir rembourser certaines dettes. Enfin, l’augmentation de capital constitue une technique
pour faciliter l’actionnariat des salariés.

Dans ce sens, les sociétés recourent de temps en temps à des augmentations de capital
social réservées aux salariés. Ce type d’opérations tend à fidéliser ces salariés en les
faisant participer au bénéfice de l’entreprise. C’est une preuve de la confiance de la
société envers ses salariés et peut ainsi percevoir des gains de productivité.

Dans les sociétés à responsabilité limitée la loi prévoit que l’augmentation du capital
peut être réalisée par l’une des modalités suivantes :

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• Apports en nature ou en numéraire

• Compensation avec les dettes de la société

• Incorporation des réserves, bénéfices ou primes d’émission dans le capital

En ce qui concerne la structure SA, la loi exige l’augmentation du capital social si,
après une réduction du capital motivée par des pertes à un montant inférieur au quart de ce
capital. Ce montant devient inférieur au minimum exigé par la loi.7

Sous-section : la prise de décision de l’augmentation du capital

Vu que le montant du capital social est inscrit dans les statuts et toute variation du capital
constitue une modification des statuts. De ce fait, toute décision visant une modification du
capital doit être prise dans le cadre d’une assemblée générale extraordinaire. Dans le même
sens, le premier alinéa de l’article 186 de la loi 17- 95 modifié et complété par l’article
premier de la loi 20-05 dispose que l’assemblé général extraordinaire détient le monopole en
ce qui concerne la décision d’augmenter le capital social. Toutefois, l’assemblé général
extraordinaire lors de la prise de cette décision, doit se baser sur un rapport du conseil
d’administration ou de directoire, ce rapport devant indiquer les motifs et les modalités de
cette augmentation proposée.
Certes, le droit de décider une telle augmentation revient à l’assemblé général
extraordinaire, mais, il peut déléguer au conseil d’administration ou au directoire les pouvoirs
nécessaires à l’effet de réaliser l’augmentation du capital en une ou plusieurs fois, d’en fixer
les modalités ou d’en constater la réalisation et de procéder à la modification corrélative des
statuts.
Ainsi, le conseil d’administration ou le directoire rend compte à l’assemblé général le plus
prochain -via un rapport décrivant les conditions définitives de l’opération réalisée- de
l’utilisation faite des pouvoirs conférés par l’assemblé général extraordinaire. Ce rapport doit
faire objet d’une réglementation spéciale dans le cas des sociétés faisant appel public à
l’épargne, on assiste alors à l’intervention de l’autorité marocaine du marché des capitaux.
Qui prescrit que toute personne morale ou organisme faisant appel public à l’épargne est tenu
d’établir un document diffusée auprès du public après l’octroi du visa de l’autorité, dans le
cadre d’un appel public à l’épargne, doit d’information selon les modalités fixées par
l’autorité marocaine du marché des capitaux Ce document doit Préalablement à sa publication

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et à sa diffusion, être visé par le conseil. Ainsi que toute information être conforme à celle
contenue dans le document d’information visé.

Section II : le délai d’accomplissement de l’augmentation du capital et mesures de


publicité
Sous-section I : le délai d’accomplissement de l’augmentation du capital

La loi 17-95 prévoit la nullité de l’opération d’augmentation comme sanction de


l’inobservation du délai exigé en vertu de l’article 188. Cet article qui laisse une marge
temporelle de trois ans devant les sociétés espérant augmenter leur capital social, ce délai
de trois ans commence à dater de l’assemblé général extraordinaire qui l’a décidé où
autorisée. Cette disposition ne s’applique pas en matière d’augmentation du capital par
conversion d’obligations en actions.

Section-section II : la publicité comme mesures protective des tiers

Toute décision d’augmentation du capital, ainsi que les modalités de souscription doivent être
portées à la connaissance des actionnaires et éventuellement du public suivant les modalités
prévues par la loi.
Ainsi l’article 196 prévoit trois procédés de publicité, des procédés qui se différent diffère
selon s’il s’agit d’une société qui fait appel publique à l’épargne ou s’il ne le fait pas, ainsi si
les actions sont nominatives.
En effet, le premier alinéa de l’article 196 dispose que lorsque la société ne fait pas appel
public à l'épargne, les actionnaires sont informés de l'émission d'actions nouvelles au moyen
d'un avis publié au moins six jours avant la date de souscription dans un journal d'annonces
légales.
En outre, l’avis doit être inséré dans une notice publiée au Bulletin officiel lorsque la société fait
appel public à l’épargne, ainsi les derniers états de synthèse certifiés doivent être annexés à
cette notice.
Lorsque les actions sont nominatives, l'avis est remplacé par une lettre recommandée
expédiée quinze jours au moins aux actionnaires avant la date d'ouverture de la souscription.

En plus des caractéristiques de la société et les modalités d’augmentation du capital l’avis doit
informer les actionnaires de l'existence à leur profit du droit préférentiel et les conditions
d'exercice de ce droit, des modalités, du lieu, des dates d'ouverture et de clôture de la

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souscription ainsi que du taux d'émission des actions et du montant dont elles doivent être
libérées.

Chapitre II : la réalisation de l’augmentation du capital social

Pour augmenter le capital social d’une société, celle-ci doit faire recours à l’une des
modalités prévues par la loi comme suit :

1. L’augmentation du capital par apport en numéraire ou en nature (section I)


2. Compensation avec des créances liquides et exigibles sur la société et conversion
d’obligations (section II)
3. Incorporation au capital des réserves, bénéfices ou primes d’émission (section III)

Section I : l’augmentation de capital par apport en numéraire ou en nature

Sous-section : l’augmentation de capital par apport en numéraire

A : les conditions préalables à l’augmentation du capital par apport en numéraire

L’article 187 de la loi 17-95, impose comme condition essentielle de l’augmentation du


capital social par apports en numéraire, la libération intégrale du capital, sous peine de
nullité de l’opération.
De même, l’article 51 de la loi 5-96 dispose que le capital social doit être intégralement
libéré avant toute souscription de nouvelles parts sociales à libérer en numéraire, à peine de
nullité de l'opération.
Elle existe une condition qui concerne les sociétés voulant augmenter leur capital en faisant
appel public à l’épargne moins de deux ans après leur constitution, celle-ci consiste en
l’obligation de recourir à une vérification de l’actif et du passif par le ou les commissaires aux
comptes.
Ces conditions à côté de celle de la publicité précitée, forment des formalités essentielles
auxquelles les sociétés ne peuvent échapper, sous peines des sanctions pénales telles que
prévues par la loi. Ces peines varient entre une amende de 4.000 à 20.000 dirhams, les membres
des organes d'administration, de direction ou de gestion d'une société anonyme qui, lors d'une
augmentation de capital, auront émis des actions … sans que les formalités préalables à
l'augmentation de capital aient été régulièrement accomplies … Un emprisonnement de un à

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six mois pourra, en outre, être prononcé, lorsqu'il s'agira de sociétés anonymes faisant
publiquement appel à l'épargne.

B : la protection des anciens associés lors de l’augmentation du capital par apport en numéraire

Lorsque la société prospère, notamment si elle possède des réserves importantes, les
souscripteurs d’actions nouvelles seront favorisés par rapport aux anciens actionnaires, c’est
pourquoi on utilise deux techniques pour ne pas défavoriser les anciens actionnaires :

a : le droit préférentiel de souscription

En cas d’augmentation du capital en numéraire, la loi attribut un droit préférentiel des


actionnaires en place. Ce droit permet de maintenir l’équilibre des pouvoirs entre les
actionnaires en leur offrant la possibilité de souscrire un nombre d’actions nouvelles
déterminées en proportion de leur participation dans le capital. La loi considère toute
clause contraire est réputée non écrite.
Toutefois, les actionnaires ne sont pas obligés d’utiliser leur droit préférentiel de
souscription, au contraire, ce droit est négociable ou cessible comme une action, c’est un
droit auquel les actionnaires peuvent individuellement renoncer, et même l’assemblé
décidant ou autorisant l’augmentation du capital, peut le supprimer, en tout ou partie, sur
rapport motivé du conseil ou du directoire et des commissaires aux comptes, cette
suppression peut être éventuellement au profit d’un ou plusieurs personnes.

À ce stade, un droit de souscription à titre réductible est aussi confié aux anciens
actionnaires, en vertu duquel les anciens actionnaires peuvent obtenir un nombre d’actions
supérieur à celui auquel ils ont le droit de souscrire à titre irréductible. Cette attribution se
fait proportionnellement aux droits de souscription dont ils disposent et dans la limite de
leurs demandes. Ce droit puise son fondement juridique dans la loi 17-95 relative à la société
anonyme, notamment l’article 190.

b : la prime d’émission

L’article 185 de la loi 17-95 dispose que « les actions nouvelles sont émises soit à leur
valeur nominale, soit avec une prime d’émission ». Cette prime d’émission à un double
finalité, d’une part, elle permet de couvrir les frais de l’opération. D’autre part elle permet
d’égaliser les droits des actionnaires anciens et nouveaux. En compensant l’avantage
consenti aux nouveaux actionnaires qui acquièrent des droits sur les réserves déjà constituées
ou sur les plus-values d’actif apparentes ou latentes.

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Toutefois, cette prime d’émission n’accroit pas le capital social et elle est inscrite à un
compte de réserve. Juridiquement, elle constitue un complément d’apport qui s’incorpore à
l’actif social et dont la société dispose comme elle l’entend. Cette prime ne profite qu’aux
actionnaires. Ainsi, si l’assemblée ordinaire décide de de la répartir, seuls les actionnaires
auront droit à la répartition à l’exclusion de tout autre.

Sous-section II : l’augmentation du capital par apport en nature

A : procédure et vérification des apports par nature

Cette forme d’augmentation du capital constitue également pour la société un instrument


de financement, elle vise non seulement à accroitre le crédit ou les capacités financières de
la société, mais également à lui permettre d’acquérir des droits (propriété, usufruit,
jouissance) sur un ou plusieurs biens déterminés (meubles ou immeubles, corporels ou
incorporels), l’apporteur recevant en contrepartie des actions d’apport.

En matière de vérification des apports en nature, l’article 25 de la loi 17-95 relative à la


société anonyme institue une procédure qui s’applique dans le cas d’augmentation du
capital. En effet, un ou plusieurs commissaires aux apports sont désignés par le conseil
d’administration ou conseil de surveillance. Ils sont soumis aux mêmes incompatibilités
que les commissaires aux comptes.23Ils apprécient, sous leur responsabilité, la valeur des
apports en nature et affirment qu’elle correspond au moins de la valeur nominale des
actions à émettre.

Ce rapport doit être déposé au siège social et au greffe du tribunal du lieu du siège social
cinq jours avant la date de l’assemblée générale extraordinaire. Et le rapporteur n’a pas de
voix délibérative ni pour lui ni pour comme mandataire, ses actions ne sont pas prises en
compte pour le calcul de la majorité.

Cette vérification s’impose aussi à la structure SARL, puisque l’article 78 réglementant


l’augmentation du capital par apports en nature renvoi aux dispositions de l’article 53
l'évaluation de chaque apport en nature, par un commissaire aux apports désigné à
l'unanimité des associés. Ou, à défaut, par ordonnance du président du tribunal, statuant en
référé, à la demande de l’associé le plus diligent.

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B : la protection des anciens associés lors de l’augmentation du capital par apport en nature

Si on évoque lors de l’augmentation de capital social par apports en numéraire, la notion


du droit préférentiel de souscription en tant qu’un instrument de protection des actionnaires
anciens, à l’occasion de l’augmentation du capital par apports en nature, ce droit n’existe
plus.

La raison est évidente : l’apport en nature concerne un bien particulier, nécessaire à


l’activité sociale ; seul le propriétaire du bien est en mesure de l’apporter. Toutefois, les
actions nouvelles émises peuvent être majorées d’une prime - qui prend dans ce cas
l’appellation « prime d’apport » - si la société a déjà constitué des réserves ou des plus-
values d’actifs.

Section II : l’augmentation du capital par la Compensation avec des créances


liquides et exigibles sur la société et la conversion d’obligations

Etudier la conversion de créances et obligations en capital c’est étudier la situation dans


laquelle un créancier de la société va devenir actionnaire de cette dernière par la conversion
de la créance qu’il détient à l’encontre de la société en un titre de capital.

Ce type d’augmentation se réalise par l’une des deux procédés suivants : soit par un
apport en numéraire libéré par compensation avec les créances sur la société que
représentent les obligations. Dans ce cas il faut que les actionnaires renoncent à leur droit
préférentiel de souscription.

Les actions nouvelles libérées par compensation font l’objet d’un arrêté de compte établi
par le conseil d’administration ou le directoire et certifié par le ou les commissaires aux
comptes. Pour permettre une augmentation objective.

Soit sous la forme d’un apport en nature de la créance sur la société. Dans ce cas les
obligataires soumettent leurs créances à la vérification par un commissaire aux apports et en
font l’apport pour leur valeur réelle.

Section III : l’augmentation par l’Incorporation au capital des réserves réalisés

L’augmentation du capital par apport en numéraire permet de faire entrer l’argent frais
dans la société ou de réduire ses dettes, L’augmentation du capital par apport en nature

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permet de faire entrer un bien nouveau. Quant à l’augmentation du capital social par
incorporation des réserves, elle ne présente aucun de ces avantages puisqu’elle n’est qu’un
simple jeu d’écritures, consistant en un virement au compte « capital » d’une somme
prélevée sur un ou plusieurs comptes de réserves.

Contrairement à l’augmentation du capital par apport en numéraire, l’incorporation des


réserves accroissant la garantie des créanciers sociaux, peut intervenir avant la libération
intégrale du capital social.

Quant à l’utilité de cette opération consistant à intégrer les réserves constituées dans le
capital social, la professeur HASSANIA CHARKAOUI, détermine les aspects de cette utilité
comme suit :

▪ Elle établit une plus juste proportion entre la valeur nominale du titre et la valeur
boursière.
▪ Elle augmente la confiance des tiers en la société, qui, au lieu de distribuer les
dividendes les consacre à augmenter le capital
▪ Les actionnaires semblent perdre leur droit sur des réserves qui étaient libres alors
que le capital est intangible.
La société trouve l’intérêt de faire disparaitre des réserves qui tentent le fisc et à mieux
proportionner ses dividendes à l’importance du capital.

CHAPITRE I : la réduction du capital social

Le capital social constituant «le gage des créanciers sociaux» ne peut être remboursé aux
actionnaires au cours de la vie sociale. Mais une modification des statuts, consistant à
réduire le capital social, peut être décidée en assemblé générale extraordinaire. Alors, quels
sont les motifs justifiant cette opération et comment se réalise sur le plan procédural ?
(section I) et quelles répercussions seront engendrées suite à ce type d’opérations ? (section
II).

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Section I : les motifs et les modalités de réduction du capital social

Sous-section I : les motifs de la réduction du capital social

A : la réduction du capital social motivée par des pertes

Ce type de réduction intervient souvent pour assainir la situation financière de la société.


C’est-à-dire le cas lorsque les pertes subies par elles sont si importantes que leur
amortissement par les bénéfices des exercices suivants s’avère sinon impossible.

De ce fait, la réduction du capital se présente comme un procédé primordial tendant à


éviter la société des bilans déficitaires pendant des exercices successives, ce qui va nuire à
son crédit vis-à-vis leurs partenaires.

Alors, c’est une étape essentielles permettant de concorder les capitaux propres de la
société et le capital social, lorsque ces capitaux propres devenant inférieurs au capital
social, ce déséquilibre vient généralement des pertes comptables venant en diminution des
capitaux propres, elles figurent en haut de bilan, les sociétés recourent pour les faire
disparaitre à leur imputation sur les réserves, jusqu’à ce que ces réserves sont épuisés.

Du côté de la loi, la réduction du capital motivée par des pertes est exigée selon L’article
357 de la loi 17-95, dans le cas où la société n’opte pas pour sa dissolution suite aux pertes
constatées rendant son capital réduit par le quart. Alors, cette réduction doit être entamée
dans un délai précis. Sous peine du droit de tout intéressé d’en demander.

B : la réduction du capital social non motivée par des pertes

On a vu lors du paragraphe précédent le cas ou la réduction du capital est imposée pour


couvrir le déficit causé par les pertes. Maintenant on passe à la deuxième hypothèse
consistant à réduire le capital social en dehors du déficit financier. C’est l’hypothèse lors de
laquelle la réduction du capital se présente en tant qu’un outil de réorganisation financier de
la société.
Ainsi, lorsque la dimension de la société et le volume de son activité ne justifient plus le
montant de son capital social initial reconnu trop important. Et comme la société est obligée
d’appeler la fraction non libéré dans libérée dans délai de trois ans, elle doit réduire son
capital si l’appel de ce versement lui parait inutile.

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Aussi, lorsque la société est prospère, elle profite de cette situation d’aisance pour restituer
aux actionnaires une partie de leurs apports.

Sous-Section II : la décision de la réduction du capital et sa réalisation

La réduction du capital est décidée par l’assemblée générale extraordinaire, suite à


l’étude d’un rapport des commissaires aux comptes -recevant le projet de réduction au
moins 45 jours avant la réunion de l’assemblée- qui font connaitre leur appréciation sur
les causes et les conditions de l’opération. C’est ce qui dispose l’article 209 et 211 de la
loi 17-95. Ces deux articles prévoient en plus que les compétences de réalisation de la
réduction exercée de l’assemblée en la matière peuvent être déléguées au conseil
d’administration ou au directoire qui en dresse procès-verbal et procède à la modification
corrélative des statuts.

Quant aux modalités de la réalisation cette décision de réduction, elle peut s’opérer soit
par la réduction de la valeur nominale des actions, -sans que cette réduction rend la
valeur nominal inférieur au minimum légal imposé par la loi-, soit par diminution de leur
nombre. Toutefois, la diminution de nombre des actions peut poser problème pour les
actionnaires ne possédant pas le nombre suffisant d’actions anciennes pour obtenir une
action nouvelle.

Section II : les effets de la réduction du capital

Sous-section I: les effets de la réduction à l’égard des créanciers

Puisque le capital constitue le gage des créanciers de la société, et un élément


fondamental pour le crédit de celle-ci. Sa réduction est soumise à des formalités strictes,
parmi lesquels le droit d’opposition dont dispose les créanciers de la société. Mais, ce droit
ne trouve pas application dans le cas où cette réduction est entreprise en tant qu’une mesure
d’assainissement financier, c’est-à-dire, le cas de la réduction motivée par des pertes.

Ainsi, dans le cas de réduction du capital non motivée par des pertes, une procédure
spécial est prévu, le représentant de la masse des obligataires (si la société a émis des
obligations ordinaires) et les créanciers sociaux dont la créance est antérieurs au dépôt au
greffe du procès-verbal de la délibération de l’assemblé. Peuvent former opposition à la
réduction dans un délai de trente jours suivant la date de ce dépôt.

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Les articles 212 et suivants de la loi 17-95, précise les conditions de s’opposer à
l’opération de réduction de capital, ainsi cette opposition doit être portée devant le président
de tribunal qui statut en référé. Alors, le tribunal peut décider soit le rejet de l’opposition,
soit le remboursement des créanciers ou la constitution des garantis à leurs profit. Ainsi,
l’accomplissement des opérations de réduction ne peut commencer pendant le délai
d’opposition ni, avant qu’il ait été statué sur cette opposition. Notons que les mêmes
dispositions sont prévues par l’article 79 de la Loi relative à la société Anonyme.

Sous-section II: les effets de la réduction à l’égard des actionnaires

La décision de réduction du capital social ne peut avoir pour conséquence d’augmenter


les engagements des associés, Sauf si cette décision de réduction est prise à l’unanimité.

Lors de la réduction du capital social, l’égalité entre les actionnaires doit être préservée,
c’est ce que prévoit l’article 210 de la loi 17-95. En effet, la société ne pourrait pas faire
porter la réduction sur certains titres et non sur d’autres. Sauf accord expresse des
intéressés auxquels le sacrifice sera demandé. Il reste qu’un actionnaire peut tout à fait
renoncer au bénéfice de cette égalité, une fois prise la décision de réduction de capital.

Ce principe d’égalité des actionnaires se voit préservé aussi dans la forme SARL, tout en
gardant à l’esprit puisque l’article 79 de la loi 5-96 prévoit qu’en aucun cas, la réduction du
capital ne peut porter atteinte à l'égalité des associés.

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