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MASTER: MANAGEMENT LOGISTIQUE

ETAT DES LIEUX DE


LA LOGISTIQUE AU
MAROC

Encadré par :

 Mr.NOURDDIN AMINE Réalisé par :


 Abdel.Majid khachni

 Zouhair Abali

 Mohamed Hamza Kasi


Année universities: 2019-2020

Plan
AXEI : Poids de la logistique dans la compétitivité du Maroc
Section 1 : La logistique Un domaine clé pour l’amélioration
de la compétitivité au Maroc
Section 2 : Principales chaines logistique marocaines

AXEII :Les enjeux de la logistique au Maroc


Section 1 : Au niveau interne
Section 2 : Au niveau externe

AXIII :Actions et réformes engagées pour le développement


de la logistique au Maroc :
Section1. Actions engagées pour le développement de la
logistique au Maroc
Section2.La stratégie nationale de développement de la
logistique

Conclusion

1
Introduction

La logistique est un élément important pour un pays dont l’avantage


comparatif est lié à la géographie. La problématique de la logistique du
commerce est d’ailleurs un thème récurrent dans la presse marocaine et
une préoccupation importante des exportateurs marocains. En effet, une
logistique performante contribue à réduire les coûts des transactions et à
améliorer l’efficacité des échanges internationaux.
Notre royaume s’est lancé dans une démarche très volontariste
d’insertion dans le nouveau contexte de la mondialisation en cherchant
les bases d’une nouvelle compétitivité, Cette situation et cette volonté
sont porteuses de fortes évolutions bouleversement et perturbations pour
la société et l’économie marocaine, qui fonctionne encore largement
selon des modalités et des critères traditionnels souvent loin des
standards mondiaux. C’est particulièrement le cas pour la logistique qui
a émergé comme une variable clé et un outil du développement
économique, de la compétitivité des firmes,
Aujourd’hui, quels que soient leurs métiers ou leurs tailles, les
entreprises marocaines n’ont plus d’autre choix que d’entrer dans la
course à la mondialisation, d’où l’urgence de se mettre à niveau. Cela
les poussera à une plus grande rigueur dans la gestion de leurs affaires
afin de réduire leurs coûts de production pour être plus compétitives.
Leur environnement économique auquel il conviendra de s’adapter est
désormais marqué par la dé-protection douanière, le désagrément de
l’Etat, l’arrivée massive de concurrents étrangers puissants et
compétitifs. Le Maroc est confronté à la mondialisation qui nécessite la
mise à niveau des entreprises, des infrastructures et des institutions, ce
qui comprend la rationalisation de la gestion et des services et la
formation pour absorber le besoin accru des opérateurs aux potentiels
humains.
Cependant, l’amélioration de la performance des entreprises marocaines
par la logistique et le transport représente encore actuellement un défi
pour l’économie du pays. On pourrait donc se poser la question de
savoir : Quels sont les contraintes et les problèmes que rencontre le

2
secteur de la logistique et du transport au sein du Royaume du
Maroc et quelles sont les perspectives envisagées par les pouvoirs
publics marocains afin d’y remédier ?
Répondre à cette interrogation reviendrait à d’abord présenter l’état des
lieux de la logistique au Maroc en montrant comment la logistique
constitue un domaine clé pour l’amélioration de la compétitivité du
Royaume , pour ensuite mettre en exergue les défis et les enjeux de ce
secteur dans le pays. Enfin, nous analyseront divers réformes et actions
engagées pour développer le secteur de la logistique au Maroc.

AXEI :Poids de la logistique dans la


compétitivité du Maroc
SECTION 1: La logistique Un domaine clé pour
l’amélioration de la compétitivité au Maroc :

 Le secteur de la logistique et du transport au Maroc est en marche.


Après plusieurs années de léthargie, le pays semble se réveiller. En effet,
l’Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL) à travers
la stratégie nationale de développement de la compétitivité logistique a
adopté un chantier volontariste et une démarche unique dans la région
permettant au secteur logistique marocain d’évoluer de manière très
positive depuis 2010. Cette évolution positive est assez nette en termes
d’émergence dans les premières zones logistiques modernes et
d’envergure, principalement dans les régions du Grand-Casablanca et
de Tanger, et de développement du tissu des acteurs logistiques avec
l’entrée sur le marché national d’opérateurs internationaux de
référence. Il y a d'autres caractéristiques de cette santé de fer ;
l’évolution nette des opérateurs nationaux, la réduction des coûts
logistiques d’entreposage, l’évolution de l’offre de formations
logistiques .
 la création d’emplois avec près de 12.000 postes nets nouveaux
chez les acteurs logistiques (hors emplois logistiques chez les clients)
ainsi qu’une notoriété du Maroc sur le plan régional en tant que hub
logistique émergent et pôle d’expertise confirmé et des approches

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pionnières suivies avec intérêt sous d’autres cieux, indique-t-on. Par
ailleurs, d’autres statistiques datées de 2017 et dont nous disposons
peignent également un tableau idoine. L’année dernière, le royaume a
multiplié son offre par sept avec plus de 600 hectares disponibles. En
plus de cela s’ajoute une amélioration globale de la gestion des
entreprises du secteur. Une performance imputée notamment à la mise
en place de nouvelles infrastructures mieux adaptées.
L’analyse logistique des filières industrielles et agricoles du Maroc a
relevé que la logistique était une composante stratégique de leur
compétitivité. le développement de la logistique au Maroc devra donc
s’appuyer sur La dynamisation des secteurs agricoles et industrielles
locales pour lesquelles l’amélioration de la performance logistique est
un critère essentiel de compétitivité notamment à l’export , en particulier
pour l’agriculture , les industries d’agroalimentaire et les industries
manufacturière ou le Maroc joue un rôle croissant sur le marché
mondial dans un contexte de plus en plus concurrentiel, mais
l’amélioration de la performance logistique est aussi un enjeu important
pour les filières essentiellement tournées vers marche intérieure.

 D’après les données disponibles, la logistique est un facteur


important puisque, selon les entreprises et branches industrielles
étudiées (textile, automobile, électronique), les coûts logistiques
totaux représentent la moitié aux deux tiers du coût du travail au
Maroc. Leur part dans la valeur ajoutée totale créée au Maroc varie
entre 25% et 60%. La proximité physique de l’Union Européenne est un
atout unique pour le Maroc qui doit être mis pleinement à profit. A
l’heure où, sur les grandes lignes maritimes, les navires porte-
conteneurs vont de plus en plus vite et le coût unitaire de transport d’un
conteneur est de plus en plus faible, le Maroc conserve, malgré tout,
un avantage par rapport à l’Asie. En effet, un conteneur effectuant le
trajet Shangaï-Anvers ou Singapour-Hambourg coûte environ 1300
euros mais seulement d de 500 à 600 euros de Hambourg à
Casablanca ou d’Anvers à Tanger.
 L’avantage comparatif du Maroc sur le marché européen
réside tout de même dans sa capacité à s’intégrer dans des cycles

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courts de production. D’un point de vue logistique, le Maroc se
reposera ainsi de plus en plus sur le transport international routier qui
doit être rapide, fiable et pas trop onéreux.
En outre, la logistique est créatrice de valeur ajoutée et est
essentielle pour la création de l’emploi. Elle pourrait permettre
d’intégrer au Maroc des fonctions de l’entreprise qui sont encore
réalisées en Europe. Elle pourrait aussi dynamiser l’économie
marocaine en faisant apparaître de nouveaux services
indispensables aux multinationales comme l’émergence de
prestataires logistiques, de plates-formes logistiques qui sont
créatrices de valeur ajouter permettent la montée en gamme
l’économie marocaine

SECTION 2 : Principales chaines logistiques marocaines :

La logistique et la production industrielle :

L’analyse logistique des filières industrielles et agricoles du Maroc a


relevé que la logistique était une composante stratégique de leur
compétitivité. le développement de la logistique au Maroc devra donc
s’appuyer sur La dynamisation des secteurs agricoles et industrielles
locales pour lesquelles l’amélioration de la performance logistique est
un critère essentiel de compétitivité notamment à l’export , en particulier
pour l’agriculture , les industries d’agroalimentaire et les industries
manufacturière ou le Maroc joue un rôle croissant sur le marché
mondial dans un contexte de plus en plus concurrentiel, mais
l’amélioration de la performance logistique est aussi un enjeu important
pour les filières essentiellement tournées vers marche

 La logistique et la production industrielle


Le gouvernement marocain a publié le programme “ emergence “ en
novembre 2005, il présente une stratégie industrielle basée sur une
approche politique volontariste et comporte trois objectifs :
o Créer de nouvelles opportunités d’investissement attractives
au Maroc,

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o Développer les secteurs émergents avec des produits
sophistiques et plus compétitifs,
o Réorienter les exportations manufacturières clés vers des
marches qui ont un potentiel important.
La logistique au Maroc est devenue un outil essentiel et obligatoire pour
les entreprises industrielles afin de généraliser les flux et s’adapter aux
contraintes et atteindre la flexibilité et la fiabilité.

 La logistique et le développement agricole :

Le secteur agricole marocain bénéficie de plusieurs avantages


compétitifs, grâce au climat favorable, aux territoires variés et à la
proximité du marché européen. L’expansion du secteur était favorisée
par l’introduction de nouvelles technologies modernes. Les efforts
entrepris par les acteurs publics pour développer le secteur et la
construction des grands groupes exportateurs ont contribué à la
structuration et la dynamisation du secteur Le développement agricole se
trouve au cœur de développement des solutions logistiques. Il contient
tous les sciences destinées à la pratique et la compréhension de
l’agriculture, les ingénieurs , techniciens et autres sont chargés par la
maximalisation de la production agricole quantitativement et
qualitativement selon une connaissance des terrains et des produits ,le
plus important, ils contrôlent la qualité des produits .
Aujourd’hui, le secteur agricole au Maroc est un secteur porteur, surtout
en commerce, marketing et fabrication, suite au développement des
relations entre la grande distribution et la mécanisation du matériel de
production ainsi que les innovations technologiques et l’adaptation à la
demande internationale.
Il apparait qu’il est important de mettre en œuvre rapidement
plusieurs reformes tant au niveau public que privé pour une véritable
intégration de l’agriculture dans les chaines logistiques globales

AXE II : les enjeux de la logistique au

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Maroc :
SECTION 1 : Au niveau interne :

D’un point de vue logistique, le Maroc se reposera ainsi de plus en plus


sur le secteur du transport et de la logistique, malgré les atouts
précédemment évoqués, le développement de la logistique au Maroc
reste tributaire de plusieurs facteurs où il y a lieu de citer :

Le taux des exportations du Maroc progresse continuellement depuis


une vingtaine d’années, avec un taux de 8.7% par an. Cependant, en
dépit le programme ambitieux de réformes de douanes et de transports,
la logistique commerciale du pays reste précaire ; à cause d’une flotte
routière non structurée et peu fiable, des véhicule surchargés, et non
respect systématique du code de la route, une offre de service en
logistique quasiment inexistante, mais surtout un coût et un délai
exagérément élevés pour le passage du détroit de Gibraltar.
Le prix d’accès au foncier (notamment dans la région de Casablanca)
pour les plates formes reste élevé, Il est notable que construire une plate
forme au Maroc coût encore cher, avec des prix qui varient entre 5000
DH et plusieurs millions de Dirhams, la palette coûte entre 60 à 70 DH
par mois, sans oublier le problème du foncier qui prévoit entre 2 à 3
années pour acquérir le terrain. Et 10 millions de loyer annuel pour une
surface de 20 milles M2 soit 50% du budget total.
Les entreprises marocaines doivent maîtriser et optimiser les maillons
des chaînes d’approvisionnement avec des contraintes de temps, de
fiabilité et de qualité qui sont nouvelles. Les donneurs d’ordre évoluent
vers la livraison "juste à temps" qui se traduit pour le partenaire
marocain par des délais très courts : parfois moins d’une semaine entre
la commande et la livraison. Le Maroc doit être en mesure de répondre à
ces nouvelles exigences de performance.
Le secteur de la logistique connait un faible développement des
prestataires logistiques et un manque de sensibilisation à l’importance
de la logistique parmi les entreprises marocaines, qui sont non
structurées et dépassement des horaires de travail. Par conséquent, un
manque de coopération entre les acteurs, une gestion de l’information
peu moderne ainsi qu’une offre de formation mal adaptée aux besoins

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des entreprises causé par une absence de stratégie globale intégrée, et
une faiblesse de la main d’oeuvre qualifiée dans ce domaine. Ajoutons à
cela, la méfiance des chargeurs marocains pour communiquer les stocks,
les cadences de production, ces derniers ne peuvent supporter le coût de
l’externalisation.
L’offre marocaine de transport routier est dans son ensemble abondante,
mais elle manque de spécialisation et de qualité de service, de
développement du transport intermodal et du transport routier, avec une
prédominance du secteur informel. L’insuffisance du secteur de
transport se traduit par les points suivants :

 Atomisation de l’offre de transport. En effet, 90% des entreprises


possèdent 1 ou 2 camions et seulement 50 entreprises possèdent
une flotte de plus de 20 camions.
 Limitations des opérations internationales à quelques entreprises
marocaines
 Vieillesse du parc de camions avec une moyenne d’âge du parc de
13 ans
 Gestion rationnelle limitée à seulement 10-15% des entreprises;
 Distance parcourue par les camions de moins de 8 tonnes de
PTAC, dépassant les normes autorisées
 Absence de l’assurance-transport
 Tarif moyen en delà du prix de revient en raison notamment de la
concurrence déloyale du transport informel.
 Déclin progressif du transport ferroviaire pour les marchandises
hors vrac.
 L’insuffisance du réseau ferroviaire constitue également un
inconvénient majeur pour le transport ferroviaire puisque seuls les
ports de Safi, Jorf-Lasfar, Tanger et Casablanca sont reliés par
voie ferrée.

SECTION 2 : Au niveau externe :

Pour son commerce extérieur, le Maroc repose quasi-exclusivement

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sur ses ports avec une part estimée à près de 98%. La part du transport
aérien de marchandises est extrêmement limitée puisqu’elle compte pour
environ 0,1% du commerce marocain (mesuré en tonnes échangées).
Quant au transport terrestre, il ne peut être utilisé qu’à destination des
pays voisins. Or, en raison du faible poids de ces pays dans le commerce
marocain, le transport maritime (qu’il soit effectué en vrac, par
conteneur ou par navire roulier) demeure le principal mode de
transport. Le Maroc dispose de 33 ports, dont 12 ouverts au commerce
extérieur, réalisant un trafic annuel de près de 70 millions de tonnes. Les
ports de Casablanca, Jorf Lasfar et Mohammedia s’accaparent à eux
seuls 72% du trafic portuaire national, présentant un Problème de
capacité, de gestion et d’organisation à l’intérieur de l’enceinte
portuaire traduit par la file d’attente des camions à l’entrée du port qui
peut parfois atteindre une dizaine de kilomètres, ainsi que de saturation
du trafic des véhicules liée aux activités des ports de Casablanca et de
Tanger qui sont liés à la concentration des centres de production et de
consommation (Casablanca, Rabat, Tanger) et la négligence des autres
régions du Royaume.
Concernant les flux documentaire, le problème réside dans la faible
optimisation des procédures le long de la chaîne. Le nombre de
documents en circulation dans le processus d’importation est important
(plus d’une vingtaine). Ainsi l’obligation de fournir plusieurs
exemplaires d’un même document augmente le taux des retards de la
sortie de la marchandise du port et engendre un allongement des délais
et une augmentation des coûts.
Et finalement, Le transport routier international est particulièrement
vulnérable aux activités illégales (trafics de stupéfiants, passagers
clandestins). D’après les opérateurs du secteur, entre 0,5 et 1% des
chargements sont affectés par ces fléaux qui portent atteinte à la
réputation des entreprises nationales et multinationales, ainsi qu’à
l’image 5 du Maroc. Ces activités illégales prospèrent dans l’absence
d’aires de stationnement sécurisées aux environs des principaux ports du
pays.

AXE III : Actions et réformes engagées


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pour le développement de la logistique au
Maroc :
SECTION 1 : Actions engagées pour le développement de la logistique
au Maroc

Les entreprises marocaines cherchent aujourd’hui des solutions


pertinentes pour améliorer leur performance et satisfaire les besoins de
leurs clients. Elles admettent de plus en plus que la logistique est
devenue une des principales composantes de leur stratégie compétitive.
Conscients de ces enjeux et du rôle que peut jouer le Maroc, de par sa
situation géographique, en tant que « plate-forme logistique », les
pouvoirs publics ont entrepris un ensemble de réformes (dans les
transports maritime, terrestre, aérien, ferroviaire), des travaux de mise à
niveau et de développement des infrastructures de base....visant à créer
les conditions favorables pour l’instauration d’une logistique moderne
dans le pays.
Comme l’indique la Banque Mondiale dans son rapport, La réussite de
la transition du Maroc vers une logistique moderne passe par la
réalisation de deux grands objectifs précités :
 L’amélioration de la logistique extérieure du Maroc notamment
dans sa relation avec l’Union Européenne.
 Le développement de la logistique comme vecteur d’activité au
Maroc, à la fois au travers du développement de nouveaux
services, mais aussi par la diffusion d’attitudes et pratiques
modernes dans les entreprises marocaines exportatrices ainsi que
celles qui produisent sur le marché local.
«Le développement de la logistique ne pourra se réaliser sans la mise en
œuvre d’une coopération entre l’État, les entreprises et les organismes
spécialisés dans le développement économique.»
La coopération pourrait comporter trois axes principaux :

 Une structure de pilotage privée-publique dont la fonction serait


de mobiliser les acteurs, superviser la mise en œuvre des projets, et
mesurer les résultats

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 Des projets visant à accompagner les grandes réformes
actuellement en cours au Maroc telles que celles des ports et du
transport routier.
 Des initiatives ayant un caractère transversal destinées à
développer la logistique au Maroc, à la fois au travers de
nouveaux services mais aussi par la diffusion d’attitudes et
pratiques modernes dans les entreprises marocaines

a. La réforme du transport routier et son accompagnement:

Les principaux éléments de la stratégie à suivre pour sortir de cette


situation font l’objet d’un large consensus entre la profession et les
pouvoirs publics :
· Création d’un observatoire du transport routier pour l’information sur
les prix de références pour ceux qui n’ont aucune notion sur leurs coûts ;
· Inciter à une responsabilité conjointe chargeur/transporteur
· Le strict respect des critères d’accès à la profession (comme la capacité
financière ou l’aptitude professionnelle).
Ce sont ces axes de réforme qui ont été suivis par le gouvernement.
Conscient de ces problèmes et des solutions possibles, le gouvernement a
lancé une réforme ambitieuse du transport routier de marchandises.
Etant donné l’ampleur de la tâche, elle s’articule en deux étapes
principales : dans un premier temps, faire respecter la loi et diminuer
l’importance du transport informel et, dans un second temps, développer
de manière considérable le transport de qualité.

b. L’amélioration du transport aérien:

Des améliorations doivent être réalisées dans plusieurs domaines afin de


véritablement dynamiser le fret aérien au Maroc :
 en premier lieu, favoriser le jeu de la concurrence dans ce
secteur qui reste structuré autour d’une position toujours
dominante de la RAM par rapport aux autres intervenants
privés de ce secteur
 Favoriser des partenariats transporteurs-exportateurs pour
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développer la capacité, notamment le nombre de lignes
régulières tout cargo à destination de villes importantes pour
un secteur donné (par exemple Lille dans le cas du textile)
 Intégrer plus de valeur ajoutée logistique et développer le
service porte à porte. La demande provient notamment des
PME (travaillant dans l’agro-alimentaire ou dans des niches
de marché comme les prothèses dentaires) dont la taille ne
leur permet pas de gérer les opérations de collecte.

c. Le déploiement de l’échange des données informatisées (EDI):

Le déploiement de l’échange de données informatisées (EDI) peut


radicalement changer les conditions du passage portuaire. Le recours
aux nouvelles technologies de l’information et de la communication
(NTIC) pour couvrir toute la chaîne des formalités associées au
commerce extérieur est la solution aujourd’hui naturelle pour
résoudre ces problèmes. Elle permet d’accélérer le traitement des
procédures et de faire en sorte que les flux des informations précède
les flux de marchandises afin d’éliminer les temps de séjour des
marchandises

d. L’amélioration des flux logistiques au Maroc:

En dehors des phosphates, les six principaux flux logistiques du


Maroc sont les suivants :
 Les exportations manufacturières (principalement de la
région de Casablanca) par la route (TIR) et ferry pour la
traversée du détroit entre Tanger et Algesiras ;
 Les importations par le port de Casablanca ;
 Les importations (TIR) par Tanger principalement pour les
importations d’intrants nécessaires aux industries
exportatrices ;
 Les exportations des produits de l’horticulture (agrumes)
par les ports d’Agadir (ou bien de Nador) ;
 Les exportations des produits de l’horticulture (agrumes,
primeurs) par la route (TIR) en provenance de la région
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d’Agadir.· Le transport aérien qui concerne tout de même
5% du commerce en valeur. La mise en service, à partir de
2007, du port de Tanger-Méditerranée devrait faire évoluer
la carte des flux au Maroc. L’opérateur de ce nouveau port,
TMSA76, prévoit :
 Le transfert d’une grande partie de l’activité des ferries vers
ce nouveau port ;
 Une activité annuelle conteneur de 3 millions d’EVP
principalement orientée vers le transbordement mais le port
devrait également servir de point d’entrée pour certaines
importations conteneurisées du Maroc (10% du trafic estimé
d’après TMSA).
Aujourd‘hui on parle du Port Tanger Med 2 qui constitue la
troisième phase de développement du complexe portuaire Tanger
Med et ce aux côtés du port Tanger Med 1 et du port Passagers &
Rouliers Le port Tanger Med 2 comprend 4,8 km de digues, un
bassin d’une superficie de 160 hectares de terre-pleins entièrement
gagnés sur la mer. D’une capacité d’accueil à quai de 7 méga-
porte-conteneurs, le port totalise à terme 2,8 km de quais à
conteneurs avec des profondeurs allant à -18 mètres.

Donc dans le processus d’institutionnalisation que connait le Maroc, il a


mis en place deux institutions qui servent à améliorer la gouvernance de
la logistique

1. L’Agence Marocaine de Développement de la Logistique(2012)


est un établissement public qui a été créé pour la coordination de
la mise en œuvre de la stratégie de développement de la
compétitivité logistique du Maroc
Missions de l’AMDL

 Sert à valoriser la contribution du secteur logistique


national aux objectifs de développement durable visé par
le Royaume et à mobiliser durablement les acteurs
concernés autour de nouvelles actions collaboratives à
l’image de l’établissement de la Charte marocaine en
13
faveur de la logistique verte en partenariat avec la
Confédération générale des entreprises du
Maroc (CGEM)

 La réduction de l’impact environnemental du transport de


marchandises à travers le lancement d’un chantier de
structuration de la logistique urbaine.

 la mise en œuvre des mesures et actions relatives à la


stratégie nationale s’opérera progressivement et en
plusieurs phases, avec des objectifs ambitieux à court et
moyen termes, pour un déploiement complet à l’horizon
2030

 l’amélioration des chaînes logistiques relatives aux flux


des produits énergétiques, produits agricoles, distribution
nationale, matériaux de construction et au flux
import/export»

2. L’Observatoire Marocain de la Compétitivité Logistique


(OMCL) :
Est un outil de renforcement de la transparence autour de la
compétitivité logistique du Maroc. L’opérationnalisation de l’OMCL est
devenue effective suite à une convention entre l’Etat et la CGEM relative
à son organisation et son fonctionnement en mai 2014. L’Observatoire
Marocain de la Compétitivité Logistique (OMCL) est chargé
principalement de :
Mesurer la performance des systèmes logistiques,
Assurer une veille stratégique,
Suivre la mise en œuvre de la stratégie nationale de la
logistique.

Section 2 : La stratégie nationale de développement de la


logistique

14
La nouvelle stratégie de développement de la performance logistique
s’articulant autour de 5 axes clés, vise à atteindre une compétitivité
globale et à hisser l’économie marocaine aux meilleurs standards
internationaux. En phase avec le choix irréversible de l’ouverture de
l’économie marocaine, elle confère ainsi une dimension transversale et
intégrée à la compétitivité du tissu économique et conforte par
conséquent la place du Maroc comme plateforme internationale
d’attraction de l’investissement à haute valeur ajoutée.

L’objectif à terme du Maroc est de :

Réduire le poids des coûts logistiques du Maroc par rapport au PIB pour
passer de 20% à 15%,

 Accélérer la croissance du PIB en gagnant 5 points sur 10 ans à travers


la baisse des coûts logistique
 Réduire de 35% les émissions CO2 liées au transport routier de
marchandises,
 Pour atteindre ces objectifs généraux, la mise en œuvre de la nouvelle
stratégie logistique du Maroc s’articule autour de cinq axes clés

A - Développement et mise en œuvre d’un réseau national intégré de


Zones Logistiques Multi-Flux (ZLMF)

Il s’agit de la création d’un réseau de plateformes logistiques bien


connectés aux infrastructures (ports, autoroutes, voies ferrées) et situées
à proximité des bassins de production et de consommation permettant de
:
 Constituer des zones de concentration des flux de marchandises a fin
d’optimiser leur gestion notamment en les massifiant, en s’appuyant sur
les solutions de transport multimodales les plus adaptées et en y
apportant des services à valeur ajoutée
. Réguler le transport routier de marchandises en milieu intra et
périurbain en vue de la décongestion des centres urbains et de la

15
réduction des émissions CO2. 1

Le concept général des plates-formes logistiques doit répondre aux


soucis d’amélioration des implantations des sites de production, afin de
répondre à la demande des citoyens territoriaux, de la rationalisation de
la distribution grâce à la concentration des lieux de livraison permettant
l’optimisation des flux et de l’activité des parcs des véhicules de
transport, d’implantation des grandes surfaces de commercialisation au
Maroc permettant l’optimisation de la livraison des marchandises
Les différentes activités des plates-formes logistiques territoriales
conçoivent des outils économiques divers pour l’organisation et
développement des agglomérations (douar, karia, ville plus ou moins
grande, mégapole), ces plates-formes logistiques constituent pour les
différents types de charges des interfaces multimodales permettant
l’accès rationnel à l’ensemble de l’espace national et l’intégration des
différents pôles économiques multiservices, elles répondent à la demande
des professionnels des investisseurs dans le temps et dans l’espace

B - Optimisation des flux de marchandises

 le développement d’un réseau de plateformes céréalières pour une


meilleure massification des flux et une utilisation plus importante
du transport ferroviaire pouvant entrainer des baisses
significatives des coûts de transport allant à 30%, et
l’encouragement de l’émergence d’opérateurs offrant des services
logistiques relatifs à la logistique céréale,

 l’amélioration de la planification au niveau des points d’entrée des


importations par la mise en place d’outils garantissant de
nouvelles capacités de stockage, permettant une meilleure
organisation des flux entrants vers les minoteries à travers les
ports les plus proches,
 l’augmentation des capacités de stockage à proximité des bassins
de production/ consommation par le développement des silos,

1
Etude d’impact des plateformes logistiques sur la logistique urbaine au Maroc Imane Moufad, Fouad Jawab

16
 l’optimisation de la collecte à proximité des bassins de production
et des coopératives, avec des économies possibles des distances
parcourues pouvant aller jusqu’à 50%,
 l’optimisation du circuit de collecte à travers la mutualisation des
tournées de distribution des intrants et des tournées de collecte
des récoltes.
 la sécurisation de l’approvisionnement des bassins de production
en intrants (semences, engrais, produits phytosanitaires) en
optimisant la logistique semences grâce à des espaces de stockage
multi-usage (intrants/collectes),

C- Développement du tissu d’acteurs du secteur logistique

1- Restructuration des acteurs de transport routier de marchandises

 La modernisation d’un tissu de 20.000 sous-traitants ayant pour la


majorité une offre encore archaïque,
 L’incitation et l’encouragement des donneurs d’ordre à recourir à
la sous-traitance des activités liées au transport routier de
marchandises.
 Améliorer les critères d’accès à la profession et des conditions
d’exploitation et de contrôle
2-Emergence d’opérateurs intégrés dans le secteur de la logistique

En vue d’attirer les investisseurs dans le secteur de la logistique et


favoriser l’émergence d’opérateurs nationaux et internationaux intégrés,
il est prévu de :
 Elaborer et instaurer un système de classification et qualification
des acteurs logistiques intégrés (système de labellisation),
 Faciliter et mettre en place une réglementation transparente pour
l’accès au foncier réservé aux activités logistiques (ZLMF)
 instaurer un cadre incitatif facilitant l’entrée sur le marché local
des entreprises opérant dans le secteur de la logistique destiné
aux tiers,

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3- Mise à niveau des donneurs d’ordres

Le développement du secteur de la logistique passe également par la


sophistication de la demande permettant de garantir des niveaux de
sécurité et de qualité des services offerts. Dans ce sens, il s’agit de
mettre en place une politique de promotion agressive et multi-canal
auprès des tissus d’acteurs cibles et focalisée sur les métiers logistiques

 Organiser des actions de communication ciblée autour de l’offre


relative aux services logistiques développés notamment par les
opérateurs publics et les grands groupes privés, ce qui
consolidera l’effort de développement des plateformes logistiques,
 Réviser les cahiers de charge relatifs à la demande des prestations
logistiques par les administrations et les établissements publics.
 Mobiliser les moyens humains et financiers pour intensifier les
rencontres entre les professionnels du secteur de la logistique et
les donneurs d’ordre.

D - Développement des compétences à travers un plan national de


formation dans les métiers de la logistique

Partant de l’importance de la disponibilité des compétences pour


accompagner le développement du secteur et renforcer sa capacité
d’attraction des investissements, la composante ressources humaines est
l’un des principaux axes de la nouvelle stratégie
Il s’agit de mettre en place un plan de formation pré-embauche visant
la formation de 173 mille bénéficiaires à l’horizon 2030. Le plan est axé
sur les initiatives suivantes :

 le développement de masters spécialisés au sein du système


supérieur marocain: -universités et grandes écoles,
 l’adaptation des filières / intégration au plan 10.000 ingénieurs,
 contribuer à l’investissement nécessaire à la mise en place des
centres de formation dans les domaines de la logistique et
encourager les opérateurs du secteur à la création de partenariats
et la mise en place d’Instituts Spécialisés
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 Coordonner avec l’Office de la Formation Professionnelle et de la
Promotion du Travail (OFPPT) la mise en place d’un plan de
formation dans les filières des techniciens généralistes et
spécialisés. L’Etat mettra à sa disposition une réserve foncière au
sein des plateformes logistiques lui permettant d’accompagner au
plus près le développement de ces plateformes,
contribuer à l’investissement nécessaire à la mise en place des centres
de formation dans les domaines de la logistique et encourager les
opérateurs du secteur à la création de partenariats et la mise en place
d’Instituts Spécialisés sur des secteurs non couverts par l’OFPPT
(ferroviaire, portuaire)

Conclusion :
Au terme de notre analyse, force est de constater que la place du
Maroc dans l’économie mondialisée est liée à son entrée dans l’univers
de la logistique globale (macro-logistique, méso-logistique et micro-
logistique). Certes, le Maroc cumule un retard dans la question
logistique, mais la tendance actuelle peut donner à un certain optimisme
: pénétration de prestataire mondiaux de la logistique, développement de
la grande distribution, installation de réseaux de grandes marques,
exigences de qualité et de maîtrise du temps par ses partenaires
internationaux

Le Maroc comme d’autres pays en développement s’est lancé vers la


même orientation et dispose de plusieurs atouts qui rendent son
territoire de plus en plus attractif notamment sa situation géographique
et sa stabilité politique. Ainsi Les autorités marocaine sont favorisé le
développement de la logistique à travers les Plans d’investissements
pour les infrastructures et projets de plates-formes qui sont
indispensables pour l’amélioration de la compétitivité du commerce

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extérieur, l’organisation régionale de l’espace,
En tant que le développement de la logistique apparaît aujourd’hui
comme la nouvelle priorité stratégique pour renforcer la compétitivité
de l’économie marocaine et d’estomper les inégalités entre les
différentes entités territoriales et d’impulser l’équilibre et l’efficience
des régions

Le développement de la logistique, au Maroc, doit être l’objet d’une


action commune entre le public et le privé. Le secteur public doit
préparer le champ en réalisant les grandes infrastructures et en
investissant dans la formation et la diffusion du savoir – faire logistique
; le secteur privé doit intégrer de nouvelles méthodes de travail
notamment le management logistique, ce qui permet aux entreprises
marocaines d'améliorer leur compétitivité, de mieux faire face à la
concurrence des produits importés et, par là même, à l'économie
marocaine de se hisser aux standards internationaux

Bibliographie
Aucune source spécifiée dans le document actif.
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