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Cours de Génie Industriel

Laurent Deshayes,
MCF UA - LAMI (IFMA)
Plan général du cours/TD
5 séances de CM, 4 de TD.

• CM 1, 2 et 3, TD 3 et 4 (IUT Aubière) : Généralités sur la maintenance, TPM,


GMAO, Méthodes d’améliorations continues, diagnostic

• CM 4/ TD 1 : Arbres de défaillances et fiabilités des systèmes de


production

• CM 5 /TD 2 : Maîtrise Statistique des Procédés


CM 1: La maintenance, un élément clé de
l’amélioration continue
1. Système de production
2. Rendement d’un équipement
3. Les cinq objectifs fondamentaux
4. Les différentes organisations
5. Terminologie
6. Méthodologie
7. Formes de maintenance
8. Etudes des défaillances
1. Système de production
2. Rendement d’un
équipement
TAUX DE RENDEMENT SYNTHETHIQUE (GLOBAL)
3. LES CINQ OBJECTIFS
DE LA MAINTENANCE
LES CINQ OBJECTIFS DE
LA MAINTENANCE
• 1 : Améliorer la sécurité des
personnes
• 2 : Protéger l’environnement
• 3 : Améliorer la disponibilité des
équipements
• 4 : Participer à l’amélioration de la
productivité
• 5: Participer à l’amélioration de la
compétitivité de l’entreprise
1 : Améliorer la sécurité
des personnes
- En sécurisant au maximum les
équipements (sécurité passive ou active)

- En respectant la législation (période de


repos, conformité des machines, des
équipements, ...)

- En formant les personnels aux risques


2 : Protéger l’environnement

- En cherchant à diminuer les consommations


d’énergie

- En choisissant des énergies plus “ propres ”

- En réduisant les déchets et les rejets nocifs


3 : Améliorer la disponibilité
des équipements
- En allongeant leur durée de vie

- En les rendant plus fiables et plus


facilement réparables

- En gérant les pièces de rechange


4 : Participer à l’amélioration
de la productivité
- En améliorant les performances des
équipements existants (cadence....)

- En cherchant à améliorer les conditions de


travail (ergonomie, environnement)

- En s’impliquant dans l’achat


d’équipements nouveaux
5: Participer à l’amélioration
de la compétitivité de
l’entreprise
- En résolvant les problèmes de non qualité
liés à l’outil de production

- En réduisant les coûts de maintenance


4. LES DIFFERENTES
ORGANISATIONS DE
MAINTENANCE
Approche systémique ou approche
corporative
• L’approche systémique
– considère le fonctionnement de l’entreprise à
travers les flux d’informations, de matières ou
de volumes financiers

• L’approche fonctionnelle
– considère le fonctionnement de l’entreprise à
travers les différents services liés aux
différents métiers
Principaux éléments qui ont influé
sur les organisations :
— la TPM ( Total Productive Maintenance ou Topomaintenance)
qui, en faisant collaborer opérateurs et techniciens, démontre la
nécessité du décloisonnement ;

— l’accroissement des outils de diagnostic incorporés aux


machines, qui nécessitent une plus grande expertise technique
sur les lieux mêmes de production ;

— l’amélioration de l’offre de sous-traitance, souvent plus


compétitive et plus performante que les ressources internes ;

— la volonté de se recentrer sur les métiers et compétences clés.


Maintenance centralisée
Maintenance centralisée
• Avantages :
– maîtrise de la fonction
– maîtrise technique,
– optimisation des efforts.
• Inconvénients :
– efficacité liée à la qualité des communications
et à l’organisation.
Maintenance répartie ou décentralisée
Maintenance répartie ou décentralisée
• Avantages :
– meilleure prévention et bonne maîtrise du processus de
dégradation,
– diminution des cloisonnements et forte collaboration,
– diminution des micro défaillances,
– sensibilisation aux coûts en étant plus proche de la
production.
• Inconvénients :
– maîtrise technique partagée entre maintenance et
production.
– Il y a des risques de redondances avec la maintenance
centrale
– nécessité d’une forte coordination,.
Maintenance sous-traitée EGM
Maintenance sous-traitée EGM
• Avantages :
– maitrise des coûts
– diminution du nombre d’interfaces et d’intervenants
de corps de métiers différents.
– regard neuf,
– nouvelle politique de maintenance..
• Inconvénients :
– risque de perte de la maîtrise technique,
– Dépend de la fiabilité de l’EGM
Organisation mixte
Organisation mixte
• Avantages :
– bonne répartition des compétences,
– préservation du savoir et maîtrise technique.
• Inconvénients :
– nécessité d’un bon niveau technique des
opérateurs de production
ORGANISATIONS
LOGISTISQUES
•DIFFERENTS STOCKS
Magasin central et magasins
secondaires
Magasin central et magasins
secondaires
• Avantages :
– meilleures conditions de négociation avec les
fournisseurs,
– maîtrise de la codification et de la création des
nouvelles pièces,
• Inconvénients :
– risque d’allongement des délais de
réapprovisionnement,
– augmentation des stocks
– infrastructure et procédures lourdes
Magasins indépendants
Magasins indépendants

• Avantages :
– flexibilité des réapprovisionnements
– réduction des délais
– procédures plus légères.
• Inconvénients :
– gros risques de doublons,
– risques d’erreurs de livraison entre magasins,
– possibilités de négociations limitées
Magasin interne et stock virtuel
Magasin interne et stock virtuel
• Avantages :
– pas de coûts d’immobilisation
– réduction des délais
– pas de gestion des stocks
– Intéressant pour composants à forte
obsolescence
• Inconvénients :
– dépend de la fiabilité du fournisseur
– coût du service
5. TERMINOLOGIE
d’après les
normes MAINTENANCE
AFNOR X 60 010
ET 60 011)

Ensemble des actions permettant de maintenir ou de


rétablir un bien dans un état spécifié ou en mesure
d ’assurer un service déterminé
Maintenance corrective curative
• Avantages :
– Niveau de performance initial
– Exploite les composants sur toute leur durée de vie
– Économique si faibles coûts indirects

• Inconvénients :
– Risque de panne seconde
– Disponibilité des rechanges (stocks ou délais réduits)
– Inadaptée si problème de sécurité
– Dépend de la fiabilité
– Risque de surcharge de travail ponctuelle

• Exemples
– Crevaison d’une roue de véhicule
– Lampe grillée
– Carte électronique
– Moteur électrique grillé
Maintenance corrective palliative
• Avantages :
– Rapide
– Peu chère

• Inconvénients :
– Chute de performance
– Nécessite une intervention curative
– Risque de panne seconde

• Exemples:
– Fil de fer
– Colmatage d’une fuite (mastic ou ruban adhésif)
– Roue de secours galette (80 km/h)
– Rapport d’une dent d’engrenage sur réducteur de laminoir
Maintenance préventive systématique
• Avantages :
– Garantit une certaine fiabilité
– Permet une planification
– Evite les surcharges de travail
– Facilite la gestion des rechanges

• Inconvénients :
– N’exploite pas les composants sur toute leur durée de vie
– Chère si coûts directs et indirects importants

• Exemples:
– Remplacement d’une courroie de distribution tous les 80 OOO Km
– Vidange d’un circuit hydraulique toutes les 500 heures
– Remplacement des joints de piston de presse tous les 2 ans
Maintenance préventive conditionnelle
• Avantages :
– Exploite les composants sur toute leur durée de vie
– Garantit une certaine fiabilité
– Permet une planification
– Evite les surcharges de travail
– Facilite la gestion des rechanges

• Inconvénients :
– Chère (moyens de surveillance; capteurs…..)

• Exemples:
– Plaquettes de frein sur véhicule
– Remplacement d’une pompe hydraulique en dessous d’un certain
seuil de pression
– Remplacement pneumatiques en surveillant l’usure
– Remplacement d’une courroie en surveillant son état par rondes
ou visites
Maintenance préventive prévisionnelle
• Avantages :
– Exploite les composants sur leur durée de vie optimale
– Garantit une certaine fiabilité
– Permet une planification
– Evite les surcharges de travail
– Facilite la gestion des rechanges

• Inconvénients :
– Chère (moyens de surveillance et analyses)
– Fait souvent appel à des compétences spécifiques

• Exemples:
– Remplacement d’un roulement de ventilateur suite à analyse
vibratoire
– Vidange d’un circuit hydraulique suite à une analyse d’huile
– Remplacement palier lisse après analyse de comportement
Les temps relatifs à la maintenance
(d’après la norme AFNOR X 60 015) L ’utilisateur exige que le
bien soit en état d ’accomplir
Temps requis une fonction requise
Le bien est apte à TO Le bien est inapte à
accomplir sa fonction accomplir sa fonction

Temps effectif
Temps effectif
d ’indisponibilité
de disponibilité
TA

TBF TAM TAF


TA
Temps de bons Temps propres Temps
Temps d ’attente
fonctionnement d ’indisponibilité d ’indisponibilité

Le bien est apte mais


Le bien Le bien est inapte pour
Le bien est ne peut fonctionner
accomplit cause de défaillance
apte mais pour des causes
sa fonction ou d’action de
non sollicité externes (main
maintenance préventive
d ’œuvre,énergie...)
UNITE D ’USAGE
Grandeur finie choisie pour évaluer quantitativement un
usage dans des conditions conventionnelles éventuellement
normalisées

EXEMPLES

l’heure, la semaine, parfois le mois ou l’année.

également des unités de temps “ indirectes ” telles que :

- des cycles de fonctionnement (pour une machine de


production),
- des quantités produites (nombres ou tonnes pour un
process),
- des distances parcourues (km pour un véhicule).
Les défaillances (d’après la norme AFNOR X 60 011)
Altération d ’un bien Cessation d ’un bien
à accomplir sa fonction DEFAILLANCE à accomplir sa fonction
requise requise

DEFAILLANCE DEFAILLANCE

PARTIELLE COMPLETE

REPARATION REPARATION

maintenance curative maintenance palliative

Intervention définitive Action sur un bien en vue de le


et limité de maintenance remettre provisoirement en éta de
corrective après défaillance fonctionnement avant réparation
6. METHODOLOGIE
FONCTION MAINTENANCE

Fonction Gestion

Fonction Méthodes

Fonction Ordonnancement

Fonction Réalisation (exécution)


Fonction Gestion

MISSION *Décide
*Définit les priorité

QUALITE *Capacités d ’analyse


*Compétences techniques
*Relations humaines
*Communication
*Esprit de synthèse
Fonction Méthodes
MISSION *Prépare le travail (côté ressources)
*Analyse les défaillances
*Prend en charge les modifications
*Assure le suivi technique de la sous traitance

QUALITE *Connaissances techniques et technologiques


*Curiosité et observation
*Grande capacité d ’analyse
*Communication
Fonction Ordonnancement
MISSION
*Planifie et coordonne les interventions
*Gère l ’aspect temporel de la sous traitance

QUALITE
*Rigueur
*Organisation
*Communication
Fonction Réalisation
MISSION
*Exécute les interventions
*Effectue certains diagnostics

QUALITE *Compétences techniques


*Dextérité
*Expérience
ACTIONS PRIORITAIRES
COMMUNICATION

Informations Ordres

INFORMATEUR
DECIDEUR ACTIONNEUR

Stockage Retour
SERVICE SERVICE MAINTENANCE
PRODUCTION DT transmise
BT METHODES
DT

Matériel Programmation
défaillant

Rapport d ’intervention
Enregistrement Dossier

Date ORDONNANCEMENT préparation


Lancement
OT
DA

Compte rendu

Intervention REALISATION
DT: Demande de travail
OT: Ordre de travail
MAGASIN
BT: Bon de travail BSM
BSM: Bon de sortie matière

DA: Demande approvisionnement


7. Formes de
maintenance
Influence sur la charge de
travail
Charge de travail
100%

86 %
78 %

Actions
correctives

Actions
préventives
Répartition
100 % Correctif
56 % 18 % 5%
0% Préventif
30 % 60 % 90 %
Aspect économique
Coûts

Niveau Coût
optimal de total
préventif

Actions
correctives

Actions
préventives
Répartition
100 % 56 % 18 % 5% Correctif
0% 30 % 60 % 90 % Préventif
Matériel en
fonctionnement

Attendue Défaillance
GRAPHE DE SYNTHESE
Anticipée

Maintenance Maintenance
Corrective Préventive

Loi de Connue
Comportement
Provisoire
Provisoire
Intervention
Inconnue

Complète Périodique
Surveillance

Réparation
Sans non
Forme Surveillance
Avec Sans
modification modification Continue Par visites Par rondes oui

Maintenance Maintenance Maintenance Maintenance Maintenance Maintenance Maintenance Maintenance


d’amélioration Curative Palliative Conditionnelle Conditionnelle Conditionnelle Systématique Systématique
absolue par visites par rondes absolue surveillée
OUI
NON SON COUT EST MAINTENANCE
IL SUPPORTABLE ? CORRECTIVE
LA PANNE A-
T-ELLE UNE
INCIDENCE NON
SUR LA
PRODUCTION,
SUR LA PEUT-ON METTRE
SECURITE OUI EN PLACE UN
DISPOSITIF DE NON
DES BIENS OU
DES SURVEILLANCE
PERSONNES? MAINTENANCE
SYSTEMATIQUE
OUI

NON

L’ UTILISATION DE
CETTE TECHNIQUE
EST-ELLE RENTABLE OUI
MAINTENANCE
CONDITIONNELLE
8. ETUDE DES
DEFAILLANCES
ANALYSE D ’UNE DEFAILLANCE

CAUSES

AMPLITUDE IDENTIFICATION

DEFAILLANCE

DETECTABILITE
FORME
CONSEQUENCES
LES CONSEQUENCES
Sécurité des Disponibilité
Criticité Production
personnes Dégâts

Mort d’homme
Critique Incapacité Immobilisation du
matériel avec Arrêtée
permanente
dégâts

Blessure
Immobilisation
Majeure Incapacité
brève du matériel Ralentie
temporaire
sans dégâts

Pas de blessure Pas


Mineure Pas d’arrêt de d’immobilisation
Normale
travail du matériel
Pas de dégâts
Gravité des
effets

RISQUES

Probabilité
d’apparition
Les Causes Intrinsèques
-Santé -matière
(défauts internes à l ’équipement avant sa mis en route)

* Mauvaise conception
* Mauvais composant
* Mauvaise réalisation
* Mauvais montage
* Mauvaise installation
-Dégradation liée au fonctionnement
(défauts internes à l ’équipement dus à son utilisation normale )
* Usure
* Fatigue
* Chocs
* Corrosion
* Fluage
Les Causes Extrinsèques
(Causes externes à l ’équipement dues à une utilisation anormale)

* Accident
* Choc
* Mauvais pilotage
* Environnement non adapté
* Non respect des consignes
* Mauvaise maintenance
* Défaillance seconde
* Sabotage
Les 2 Modèles d ’ évolution des
défaillances
Performances
Catalectique

Par dégradation

εt

Temps
Les modes de défaillances
mécaniques en fonctionnement
- Choc : il s’agit souvent “ d’accident ” de conduite, de
manipulation.

- Surcharge : dépassement de charge nominale entraînant


une déformation permanente ou une rupture.

- Fatigue : efforts (vibrations) alternés et répétés entraînant


une rupture, même en deçà de la limite élastique

- Fatigue thermique : Variation fréquentes de T° qui entraîne


dilatations, déformations plastiques, brûlures ou fusion.

- Fluage : déformation devenant permanente avec le temps,


sous l’effet conjugué de contraintes mécaniques et thermiques.
Les modes de défaillances
mécaniques en fonctionnement
-L’usure :conséquence du frottement, entraîne une perte de
matière des surfaces en contact.
Trois phases d’usure :
* le rodage initial,
*l’usure “ douce ”, ou grippage épidermique,
*le grippage, usure rapide par transfert de métal.

-L’abrasion : la surface est rayée par un corps plus dur

- L’érosion: la surface est “ rongée ” sous l’effet d’impacts de


particules solides ou liquides à grandes vitesses.

- Les corrosions : de nature variées.


Les modes de défaillances
électriques
- Rupture de liaison électrique : souvent conséquence
d’une cause extrinsèque: choc, surchauffe vibration donnant
parfois une défaillance “ fugitive ”.

- Collage des contacts: dus à la présence d ’arc électrique


entre deux grains

- Usure des contacts: dus aux frottements entre deux grains

- “ Claquage ” d’un composant, une résistance, un transistor...