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Instruments de paiement et de crédit

Le crédit, en droit des affaires, est un délai de paiement (60, 90 jours...) accordé par le vendeur à
l'acheteur.

Définition de l'instrument de crédit : «il s'agit d'un titre créé à l'occasion d'une opération
commerciale, dans laquelle une partie, le commerçant, va obtenir un crédit dont le titre va permettre
la mobilisation, c'est-à-dire la possibilité pour le fournisseur de crédit de se refinancer -se faire
payer- auprès d'un tiers. »

Ex de la lettre de change : A s'oblige à payer le prix de marchandises à B dans 60 jours → B


établit une LdC et devient le tireur. La LdC contient le montant du, ainsi que les intérêts,
commissions et accessoires, elle désigne celui qui doit payer, à savoir A, le tiré. B pourra
escompter son titre auprès d'une tierce personne, appelée « le bénéficiaire ».
LdC = en même temps instrument de crédit et instrument de paiement.

Définition de l'escompte : L'escompte permet au tireur de se faire payer par le bénéficiaire le


montant de la lettre de change moins les intérêts et commissions (soit le prix de la vente).
L'escompte a un effet translatif de propriété, le bénéficiaire payeur devenant propriétaire de la lettre
escomptée, et il pourra à l'échéance demander paiement au tiré, bonifié des intérêts, commissions et
accessoires.

Critère commun des instruments de paiement et des instruments de crédit : Rôle crucial joué
par la banque, support du fonctionnement de ces instruments au travers de l'outil du compte
bancaire.

Section I : les règles générales sur les comptes bancaires


Paiement en espèces interdit au dela d'un certain montant : article L 112-6 du CMF pour le
principe de l'interdiction, article D 112-3 CMF pour le montant de l'interdiction (3000€ si domicile
fiscal en France ou besoin de l'activité professionnelle = conditions alternatives/15 000€ si domicile
fiscal hors de France et non-besoin de l'activité professionnelle = conditions cumulatives).

Le domicile fiscal est réputé en France si la personne a eu son domicile en France pendant plus
de 6 mois dans l'année courante.

Il existe des règles générales applicables à tous les comptes bancaires et des règles spécifiques à
certains comptes bancaires.
Définition générale du compte bancaire : C'est une convention conclue entre la banque et son
client, dénommée « d'ouverture de compte », permettant aux parties de se livrer à une série
d'opérations pour le fonctionnement dudit compte. La convention prend fin par la « clôture du
compte ».
I) L'ouverture du compte bancaire
Le compte est ouvert par la conclusion de la convention « d'ouverture de compte ». Ce contrat
répond des conditions de validité du droit commun (article 1108 du code civil) tempérées du
particularisme issu du droit bancaire.

A) Les parties : la banque et le client

1 ) la banque

Principe de l'ouverture intuitu personae : la banque n'est pas obligée d'ouvrir un compte au profit
de toute personne, elle est en principe libre de le faire ou de ne pas le faire. Le compte bancaire
étant source de responsabilité importante tant pour le client que pour la banque, cela justifie en
plus de la liberté contractuelle cette faculté de choix laissée à la banque.

L'article 89 de la loi du 24 janvier 1984 soustrayait l'activité bancaire de la vente ou prestation de


services et évitait que le refus d'ouvrir un compte soit assimilé à un refus de vendre → loi modifiée
à plusieurs reprises et codifiée aux 511-1 et s du CMF.

Le L 511-4 du CMF dispose que les articles L 420-1 à -4 du Code de commerce sont applicables
aux établissements de crédit pour leurs opérations de banque + opérations connexes → textes qui
prohibent les opérations anti-concurrentielles (ententes + APD), on en déduit le principe de la
liberté de vendre et donc d'ouvrir ou non un compte bancaire.

Liberté également déduite d'un autre texte : L 312-1 CMF qui dispose que « toute personne
domiciliée en France a droit à l'ouverture d'un compte de dépôt dans l'établissement de crédit de
son choix » = A contrario, la banque demeure libre ne pas ouvrir tout autre type de compte,
elle n'est tenue d'ouvrir qu'un compte de dépôt.

Définition du compte de dépôt : Compte bancaire où le banquier se limite aux services de base (D
312-5 du CMF) = ouvrir, tenir, cloturer le compte, délivrer des RIB, retirer et déposer des espèces.

A l'ouverture, la banque vérifie l'identité, le domicile du client, son passé bancaire. Pour une
personne morale, elle recherche qui aura le pouvoir de la représenter dans le fonctionnement du
compte.

2) le client

Liberté d'ouvrir un compte en banque et liberté de choisir sa banque. Nombreuses exceptions à ces
principes :

Exception pratique : de nombreuses obligations de la vie courante nécessitent un compte bancaire


(L112-6 du CMF qui interdit le paiement en espèces de certaines créances) → paiement par
chèques, virements, CB supposent nécessairement un compte bancaire.

-Liberté d'ouverture et de choix triplée d'un droit d'ouverture d'un compte de dépôt : L 312-1 du
CMF, le contrat conclu est un véritable contrat d'adhésion.
-Liberté d'être titulaire de plusieurs comptes bancaires, de quelque nature qu'ils soient : principe de
l'indépendance des comptes bancaires, sauf convention en sens contraire « convention de
compensation ou d'unité de comptes.
B) les comptes (usages + pratique)

1) l'aperçu sur la variété des comptes

Variété quant à la titularité des comptes et variété quant à la nature des comptes

a) la titularité du compte

Le compte individuel : un seul titulaire.

Le compte collectif : Comptes pour lesquels il y a plusieurs titulaires, et cette pluralité de titulaires
apparaît dans deux cas de figure : 1-le compte en indivision 2-le compte joint.

1-Le compte en indivision : Le fonctionnement du compte qui suppose l'accord unanime des co-
indivisaires titulaires.
Ce compte se retrouve quand deux personnes décident d'une co-titulature, ou pour un compte hérité
par plusieurs personnes.

–> Soumis aux règles sur l'indivision des articles 815 et s du code civil = intervention de tous les
titulaires pour le fonctionnement/possibilité de désigner collectivement un mandataire pour agir.

2- Le compte joint : Caractérisé par mention « ou », au nom de X « ou » Y, compte soumis aux


règles qui régissent la solidarité, on leur applique les articles 1197 et s du code civil.

-Chacun des titulaires du compte est créancier de la totalité de son solde, puisque chacun est
créancier de celui-ci auprès de la banque.
-Chacun des titulaires peut faire fonctionner seul le compte
-Les créanciers des titulaires du compte peuvent saisir la totalité de son solde, sauf preuve
rapporté que ces sommes appartiennent en propre à l'autre titulaire.
-L'émission d'un chèque sans provision par un des titulaires voit ses conséquences se produire
sur l'intégralité des titulaires de celui-ci.

b) la variété quant à l'objet des comptes

Compte à vue : Compte duquel le titulaire peut retirer à volonté et à première demande les sommes
y figurant = créance exigible immédiatement. Le titulaire dispose des moyens de paiement associés
à ce compte.
Depuis condamnation de la France par la CJUE, les comptes à vue entraient rémunération du
banquier.

Compte à terme : Blocage des sommes, ce blocage des sommes a pour conséquence que les
sommes elles-mêmes produisent des intérêts conformément aux taux fixés par les autorités
publiques.

Le compte de dépôt (« compte-chèque ») : L 312-1 du CMF « toute personne domiciliée en France


a le droit à l'ouverture d'un compte de dépôt ». → accès aux services bancaires de base = paiement
des salaires, remboursement des opérations de sécurité sociale, sert aux paiements courants.
2) le compte courant

Compte né des usages et de la pratique bancaire et ensuite précisé par les textes et la
jurisprudence.
→ Ce cours ne concerne pas les comptes courants des associés = régime spécifique.

Définition du compte courant : La convention par laquelle deux personnes affectent toutes leurs
créances réciproques à un mécanisme de règlement instantané par fusion en un solde
immédiatement disponible.

Arrêt du 9 oct 2001 par lequel la CDC énonce que le contrat de compte courant est caractérisé par la
possibilité de remises réciproques qui peuvent dans la commune intention des parties varier
alternativement au profit de l'une ou de l'autre partie.

-Permet le regroupement en un seul compte des relations financières entre les correspondants
(banque + client) = règlement simplifié des relations d'affaires par des remises réciproques entre les
parties (remises créditrices du client, remises par avances consenties par le banquier).

Trois conditions cumulatives de l'existence du compte courant :

a-l'affectation générale
b-la réciprocité des remises
c-l'alternance

a) l'affectation générale

Intention commune préalable des parties de s'obliger à affecter toutes les créances intervenant
entre eux à ce compte : entrée de plein droit et interdiction de principe à l'opposition d'une des
parties à cette entrée → garantie des remises réciproques pour les deux parties.

b) la réciprocité des remises

Banque et client sont chacun considérés comme remettant et récepteur, et ils doivent le
demeurer durant l'intégralité de l'existence du compte : quand l'une des deux parties ne
procèdent plus à des remises, le compte perd sa qualité de compte courant pour la CdC

c) l'alternance des remises

« enchevêtrement des remises » → « Loin que le crédité prenne, apporte, et reprenne, loin qu'il y
est une fluctuation ou un enchevetrement quelconque dans les opérations, ces remises ne constituent
jamais que des acomptes sur une dette » (conclusions d'un AG du XIXème siècle).

-Solde qui doit pouvoir varier alternativement au profit des deux parties, sous peine de
requalification.
II)Le fonctionnement des comptes bancaires

A) Les règles générales s'appliquant à tous les comptes bancaires.

Le fonctionnement est une suite d'opérations effectuées par la banque et son client qui sont de
nature à créer des obligations à la charge de ces parties.

1) les opérations

Opérations du titulaire :
– procède à des dépôts (remises) par lesquels il devient créancier du montant déposé auprès de
la banque
– Procède à des paiements (émission d'un chèque) par lesquels il devient débiteur de la banque
à hauteur du montant de ce paiement.

Question du moment de la naissance de la créance/de la dette = date de valeur, moment effectif de


la comptabilisation (si débit, banque peut toucher des intérêts sur ce débit)

CdC, arrêt du 6 février 1993 : « En dehors des remises de chèque en vue de leur encaissement, la
pratique des dates de valeur ne permet pas une banque de faire naitre à la charge du titulaire d'un
compte une obligation de payer des intérêts des lors que les opérations concernées n'impliquent pas
que pour le calcul des intérêts les dates de crédit ou de débit soient différées ou avancées. »

-Pour les opérations pour lesquelles la banque peut constater la réalité de la date de l'opération =
interdiction des différer ou d'avancer la date.
-Pour le dépôt d'un chèque, la CdC admet que la banque diffère la date d'encaissement = admission
de la date de valeur.

L'article L 131-1-1 du CMF fixe les limites temporelles de la date de valeur :« la date de valeur
d'une opération de paiement par chèque libellé en euros ne peut différer de plus d'un jour ouvré de
la date retenue pour sa comptabilisation sur un compte ».

Les opérations du compte bancaire doivent être enregistrées : colonne au débit + colonne au
crédit, la banque doit également adresser un relevé de compte chiffré au client, selon une
périodicité établie.

DUE repris dans une ordo du 15 juillet 2009 : les opérations inscrites au relevé doivent être fidèles
et sans erreur, le client est invité à formuler des observations : s'il ne conteste pas dans un certain
délai, les opérations sont présumées acceptées par le client.

-Cette présomption est simple ne prive pas le client de la possibilité de contester ces opérations
(Cass, com) : « Si la réception sans protestation ni réserve des relevés de compte fait présumer
l'existence et l'exécution des opérations indiquées, elle n'empêche pas le client pendant le délai de
prescription de reprocher à celui qui a effectué ces opérations d'avoir agi sans mandat » (= d'avoir
commis des fautes).
2) les obligations

-Principalement à la charge du client, il doit rémunérer la banque des services qu'elle lui fournit.
Le compte peut également produire des intérêts → Tout est régi par la convention de compte.
-La banque a cependant une responsabilité particulière.

a) la rémunération de la banque

Rémunération consacrée a contrario par le texte du L 312-1 CMF, lequel dispose que dans le cas
des services de base du compte de dépôt la banque ne perçoit aucune rémunération ni
contrepartie contributive du client (+ D312-15 du CMF) → Les autres services que ceux du
compte de dépôt peuvent entrainer rémunération de la banque via commissions.

Sous l'impulsion du DUE, les banques doivent communiquer à l'avance le montant des
rémunérations (tarifs encadrés) auxquelles elles peuvent prétendre.

b) les intérêts

Leur montant se calcule sur le découvert du compte (pas sur le compte de dépôt, lequel est supposé
être toujours créditeur).

Tout créancier du titulaire du compte muni d'un titre exécutoire ne peut faire saisir ce compte
que dans la mesure et l'ampleur du solde créditeur du compte –> Loi du 9 juillet 1991 + décret
de 1992 CPCE.
L'analyse des opérations au crédit et des opérations au débit permet de dégager l'assiette de la saisie.

Article 1902 du code civil : « le taux d'intérêt est légal ou conventionnel, le taux conventionnel doit
être fixé par écrit » = exigence d'un écrit fixant ce taux d'intérêt entre les parties, sous peine de
nullité de la stipulation d'intérêts.
→ Règle qui joue pour le découvert, assimilé à un prêt : le taux figure sur le relevé de compte, et
est présumé accepté s'il n'est pas contesté dans le délai d'usage, définitivement accepté s'il ne n'est
pas dans le délai de prescription.

c) les obligations de la banque

-Spécifiques, imposées par l'intérêt général : lutter contre le blanchiment de capitaux et le


financement des activités terroristes, loi du 5 mars 2007 modifiée et surtout l'ordonnance du 30
janvier 2009 dans le CMF aux articles L 571-1 et s..
Ces textes imposent aux établissements bancaires l'obligation de déclarer au procureur de la
république toutes les sommes et opérations qui pourraient paraître relever de cette catégorie.

-Obligation relative aux relations de la banque avec son client : principe de la non-immixtion de la
banque dans le fonctionnement du compte hors obligation légale de surveillance.

La banque prétend que son seul devoir est de surveiller la régularité du fonctionnement du
compte = vérifier que le compte est créditeur.

Limites au principe = « devoir d'alerte » pour la jsp, qui doit conseiller son client si elle constate
qu'il demande des crédits alors qu'il est joueur, si elle consent à ces crédits elle pourra engager sa
responsabilité.
B) Les règles de fonctionnement du compte courant

-Calquées sur celles qui sont communes à tous les comptes bancaires, avec l'ajout de celles
propres aux remises en compte courant.

-Principe de l'affection générale des créances réciproques entre les parties : mode de règlement de
ces créances : une partie ne peut pas décider unilatéralement de soustraire une créance au
compte pour en demander un règlement direct, sauf convention contraire (admise par la jsp).

La créance qui entre dans le compte courant doit présenter certains caractères, de plus la
remise en compte courant entraine un effet novatoire.

1) les conditions que la créance doit remplir

-La remise doit correspondre à un règlement entre les parties, et la créance doit donc présenter
le caractère de tout règlement :

-certaine, liquide et exigible.

En pratique, les créances non-exigibles ou conditionnelles sont également inscrites, compte


courant qui sert d'instrument de crédit, la créance étant définitivement inscrite une fois honorée.

-Les créances entrent dans le compte courant dès leur naissance, indifféremment de leur certitude et
de leur exigibilité, on distingue deux catégories dans le compte courant :
Dans la catégorie disponible : créances certaines, liquides et exigibles.
Dans la catégorie différée : créances qui ne présentent pas ces caractères.

Utilité de la catégorie différée = mécanisme de garantie, les créances inscrites au compte sont
comptabilisées dans celui-ci et échappent donc aux effets de l'ouverture d'une procédure collective.

Jurisprudence divisée sur cette question, des décisions semblent approuver l'existence du différé
en tant qu'élément faisant partie intégrante du compte, tandis que d'autres décisions qui sont
analysées comme refusant la distinction.

2) L'effet novatoire de la remise en compte courant.

L'article 1271 du code civil énonce que la novation s'opère de plusieurs manières, notamment
lorsque le débiteur contracte envers son créancier une nouvelle dette substituée à l'ancienne,
laquelle est éteinte.

La remise en compte courant d'une créance entrainant son extinction est assimilée à un paiement par
la CDC → le créancier (celui qui est actuellement créancier de l'autre) est considéré désintéressé
dès l'inscription de la créance.

La remise en compte courant emporte extinction des sûretés dès lors que la créance principale est
éteinte, on distingue la créance du solde du compte.
Solde provisoire du compte = crédit – débit.
Ce solde provisoire répond d'un régime juridique régi par la CdC, laquelle a décidé qu'il « ne
pouvait être distrait du gage général du saisissant », et obéit aux règles générales de la saisie d'un
compte bancaire.

C) la clôture du compte bancaire

1) les règles générales sur la clôture du compte bancaire

a) les causes de la clôture

Compte bancaire = convention, elle prend fin de plein droit à l'expiration du délai si elle a été
conclue pour une durée déterminée.
Si la convention est à durée indéterminée, chacune des parties peut y mettre fin en respectant un
certain délai (rupture non abusive et non motivée par l'intention de nuire)

Pour le compte de dépôt de l'article L 312-1 CMF --> conditions de clôtures spéciales et strictes :
-Notification écrite et motivée adressée au client et à la banque de France.

Délai de deux mois minimum laissé au titulaire de tout compte bancaire.

-Le décès du titulaire entraine clôture du compte (convention intuitu personae).

-L'ouverture d'une PC : Depuis la loi du 25 janvier 1985 →

Clôture à raison d'une procédure collective ouverte à l'égard du titulaire du compte : pendant
longtemps on s'est référé à l'intuitu personae pour justifier que l'ouverture d'une PC emportait
clôture de plein droit du compte bancaire, mais depuis la loi du 25 janvier 1985 : « « Nonobstant
toute disposition légale ou toute clause contractuelle, aucune indivisibilité, résiliation ou résolution
du contrat ne peut résulter du seul fait de l'ouverture d'une PC. » = L 622-13 du CdC

b) la clôture du compte

= Fin des opérations (interdiction d'émettre des chèques), cependant celles intervenues avant la
clôture doivent être honorées (chèques tirés avant la clotûre).
+ Restitution par le client des moyens de paiement mis à disposition.
+ Liquidation du compte après que la banque ait effectué les paiements auxquels elle était tenue.

le cas contrLe taux d'intérêt conventionnel portant sur le solde débiteur ne joue après la
liquidation que si les parties l'ont convenu,aire ce taux ne peut s'appliquer, la jsp considérant que
la clôture du compte met fin à la convention, et donc au taux d'intérêt conventionnel qui en répond.

Après liquidation : si le solde est créditeur, son paiement est du au client (prescription 5 ans, L
110-4 code de commerce), s'il est débiteur, la banque peut en poursuivre le paiement (saisie si
titre exécutoire)...
Un compte dont est désintéressé le titulaire = si aucune opération + aucune réclamation en 10
ans, les avoirs du compte sont déposés à la Caisse des dépôts (Loi du 3 janvier 1977 art 2)

2) La clôture du compte courant.

Le solde final peut être réclamé par son créancier, en prenant en compte des créances inscrites
au différé antérieurement à la clôture au fur et à mesure qu'elles deviennent disponibles.
-Fin des remises et des commissions/le solde continue de produire des intérêts

Section II : Les règles générales sur les effets de commerce


Expression visée au livre V du CdCom « des effets de commerce et des garanties » + titre I de ce
livre → Lettre de change (L 511-1 à -81) + billet à ordre (L 512-1 à -8) = seuls effets de commerce
régis par ce code.

I) La notion d'effet de commerce

A) La définition de l'effet de commerce -pas dans les textes-

Effet de commerce : C'est un titre négociable qui constate au profit du porteur une créance de
somme d'argent et sert à son paiement.

1) les éléments caractéristiques

-Constat d'une créance au profit du porteur = instrument de crédit au profit du débiteur à


hauteur du montant visé + instrument de paiement dont peut se prévaloir le porteur.

-Titre négociable = Peut circuler par l'intermédiaire d'une cession de créance autonome de
l'article 1690 code civil et de ses formalités particulières (signification ou acceptation).
La cession s'effectue par un endossement = signature au dos du titre suivie de la tradition réelle de
l'effet de commerce.

La circulation peut aussi être faite dans le cas ou le titre est stipulé au porteur/ par mise sous
dossier au nom du cessionnaire.

Le titre est un instrumentum, support de la créance dont seul le titulaire peut se prévaloir =
« incorpore la créance », apparence de créance donnée par le titre qui justifie l'inopposabilité
des exceptions.

L'effet de commerce créé une relation juridique distincte de celle de départ = rapport
cambiaire, abstrait et indépendant de la relation initiale, indépendance qui entraine
l'inopposabilité des exceptions qui concernent le rapport originaire.

L'effet de commerce n'a pas d'effet novatoire, la créance initiale subsiste parallèlement, on
constate une superposition du rapport originaire et du rapport cambiaire.
2) l'évolution historique

Histoire confondue avec celle de la LdC → utilisée par les civilisations anciennes, essor au 7ème
siècle avec les conquêtes musulmanes et l'extension de l'empire Arabe.
LdC au M-A = « contrat de change », accord par lequel le donneur fournit une somme au preneur
et reçoit en échange un engagement payable à terme en un autre lieu et éventuellement une autre
monnaie.

Escompte qui apparaît au XVIIIème siècle, réglementation en France par Turgot → « caisse
d'escompte » = fait de la LdC un instrument de crédit en plus d'un instrument de paiement.

Développement d'autres effets de commerce :

-le chèque → rôle d'instrument de paiement qui évince la lettre de change.


-Les warrants et les billets à ordre.
-le bordereau de cession des créances professionnelles = Cession Dailly au Xxème siècle

-Dématérialisation des instruments de paiement et de crédit (lourdeur du titre papier)→ Loi


du 13 mars 2000 sur la preuve littérale = art 1316 du CC qui met à égalité écrit papier et écrit
électronique.

II)Le régime des effets de commerce

A) le droit applicable aux effets de commerce

1) le droit national des effets de commerce

Historiquement le droit des effets de commerce n'était fait que d'usages, qui avaient été dégagés
petit à petit par leur pratique.
Lex mercatoria → loi du commerce, règles dégagées par la pratique qui a permis de mettre en
place des usages, des coutumes.
1673 → Ordonnance de Colbert ou code Savary → droit français de la LdC , caractérisé par la
notion de valeur, qui peut être donnée « soit en monnaie, soit en marchandises et autres
effets ».
+ l' « endossement en toute propriété » et l'exigence d'un écrit pour la preuve de l'acceptation
de la lettre de change.

CdCom de 1807 (médiocre) qui a repris les usages et coutumes pour partie. On retrouve des traces
de cette législation dans les articles L 511-1 et s du CdC.
Ces textes reprennent aussi les règles qui ont été mises en place justement par le droit uniforme sur
les effets de commerce.

2) le droit uniforme des effets de commerce

= Unif internationale du droit des EdC (Conf la Haye de 1910 + 1912, texte adopté mais projet
interrompu par la guerre puis repris après.
1927 → commission d'experts qui aboutit à la conf de Genève en 1930, qui adopte six conventions
(3 sur le chèque, 3 sur la LdC et BàO)
Une des convs « loi uniforme » → unifie les règles matérielles des droits nationaux et est intégrée
dans le CdCom par le décret du 30 oct 1935, on la retrouve aux L 511-1 et s du CdCom

B) Les principes du droit des effets de commerce

1) Le formalisme cambiaire

Distinct du droit commun des obligations du fait de l'incorporation de la créance dans le titre.
-Caractérisé par l'inopposabilité des exceptions, la protection de celui qui s'engage est assuré par
le formalisme cambiaire, d'autant plus nécessaire que l'engagement cambiaire est abstrait.

Article L 511-1 du CdC → Mentions obligatoires devant figurer sur la lettre de change,
extension des formules précises et normalisés devenues obligatoires du fait du traitement
informatique (arrêté du 2 novembre 1982

2) le caractère abstrait de l'engagement cambiaire

Droit des effets du commerce qui déroge à l'exigence civile d'une cause pour toute obligation
(1311 cc obli sans cause = privé d'effets) = caractère abstrait
→ la seule existence du titre suffit à ce qu'il produise tous les effets que la loi attache, et on ne
pourra lui opposer les exceptions ayant trait à la relation juridique de base = indépendance du
rapport cambiaire.

Limites au caractère abstrait :

-Ne joue pas quand le titre est resté entre les mains de son créateur = opposabilité des
exceptions dans ce cas
-La mauvaise foi du porteur peut être sanctionnée, dans ce cas les exceptions du rapport
fondamental seront opposables.
Titre Ier : Les instruments de crédit

Chapitre Ier : La lettre de change


Exemple du contrat de vente : 10 000€ de prix, et le vendeur qui tire une lettre de change sur
l'acheteur.
Vendeur = tireur
Acheteur = tiré
Cette lettre de change va porter sur le prix des marchandises, augmenté des frais et commissions.
Le tireur va mobiliser sa créance en escomptant sa lettre de change auprès d'un tiers, en général un
banquier. Le bénéficiaire va payer immédiatement le prix de la marchandise, qui va devenir
bénéficiaire de la lettre de change + frais et commissions.

A l'échéance, le tiré (en principe) va verser le montant de la lettre de change à la banque détentrice d
e la lettre de change.
Ce montage permet de comprendre qu'il y a trois phases dans la vie d'une lettre de change :
1-la mise en place 2- la circulation 3-le paiement

Section I : La mise en place de la lettre de change


Tireur qui oblige par la lettre de change le tiré à payer le bénéfice de la LdC à un tiers, et qui
recevra d'un tiers le montant prévu à la LdC, qu'on appelle la valeur fournie, payée sur le seul
fondement du titre.
La LdC escomptée créé une créance cambiaire entre le tireur et le bénéficiaire.

La créance de valeur fournie se superpose à la créance fondamentale entre le tiré et le tireur, appelée
provision, dont la propriété est transférée au bénéficiaire de la lettre par l'endossement de celle-ci.

A l'échéance, le tiré doit payer le prix de la provision + frais et commissions au bénéficiaire. S'il a
existé plusieurs bénéficiaires, les commissions sont dues à proportion temporelle.

Chaque endossataire devient créancier de la provision, dans l'ignorance du débiteur : on peut lui
proposer d'accepter la lettre de change et ainsi de s'engager cambiairement.
-Si le tiré refuse, la banque peut se retourner contre le tireur.
-Si le tiré accepte, il est engagé cambiairement et ne pourra plus opposer les exceptions du
rapport fondamental.
I) L'établissement de la lettre de change

A) les conditions de forme

LdC = titre, donc un écrit soumis à des conditions de forme légales = mentions manuscrites,
obligatoires ou facultatives.

1) Les mentions obligatoires

a) l'exposé des mentions obligatoires .

L 511-1 du CdCom qui énumère ces mentions :


LdC qui doit se dénommer « lettre de change » dans son titre, dans la langue de rédaction du titre
(jsp qui exige simplement la pleine compréhension des parties) → condition de validité en tant
que LdC

-Mandat de payer une somme déterminée = ordre de paiement d'une somme déterminée (en
chiffres et en lettres, prévalence des lettres).
→ Interdiction de la stipulation d'intérêts en principe, le montant de ceux-ci devant figurer
dans la LdC.

-Indication du nom du tiré. L'indication du domicile ne pallie pas le défaut de nom pour la
jurisprudence.

Article L 511-2 → La lettre de change peut être tirée par le tireur lui-même.

-L'échéance doit être indiquée sur la lettre de change, 4 possibilités limitatives d'échéance
prévue par le L 511-22 :
– à vue = à sa présentation
– à un certain délai de vue → à sa présentation après tel nombre de jours
– à un certain délai de date → à 90 jours de la date de la lettre
– à jour fixe → le 6 mars 2014

-La lettre de change dot indiquer le lieu où le paiement doit s'effectuer : à défaut, ce lieu est
réputé être celui indiqué au coté du nom du tiré.

-La lettre de change doit indiquer le nom du bénéficiaire (peut-être le tireur lui-même).

-La lettre de change doit indiquer le lieu et la date de sa création (pr échéance, capacité et
pouvoir du tireur).

-La lettre de change doit comporter la signature du tireur → manifestation de la volonté de


s'engager cambiairement → doit figurer au devant de la LdC (exigence stricte pour la CdC).
b) les sanctions des mentions obligatoires

&) l'omission des mentions obligatoires

Formalisme cambiaire = protecteur du titre (confiance cambiaire) et des parties donc sanction du
manquement au formalisme = nullité absolue pour la CdC

Volonté d'atténuer cette rigueur du législateur et de la CdC :

→ Nullité qui ne frappe que la qualité de LdC du titre, L 511-1 II « « le titre dans lequel une des
énonciations indiquées au I fait défaut ne vaut pas comme lettre de change » → peut valoir autre
chose : BàO ou commencement de preuve par écrit, pour la jsp « le titre qui ne comporte pas les
mentions obligatoires de la lettre de change dégénère en un commencement de preuve par écrit
d'un acte sous-seing privé de reconnaissance de dette ».

→ système des équivalents créé par le législateur : III, IV et V du L 511-1 :


-si défaut de la mention d'échéance = réputée payable à vue et non nullité (III).
-si défaut du lieu de paiement = réputé celui indiqué à côté du nom du tiré (IV).
-si défaut du lieu de création = réputé celui indiqué à côté du nom du tireur (V).

L'équivalence des résultats permet de sauver le titre cambiale.

→ Jsp qui permet la régularisation de la LdC où certaines mentions ont été omises →
modifications apportées à celle-ci, la régularité s'apprécie au jour de la présentation au
paiement.
Le signataire d'une LdC est engagé en l'état de la LdC au moment de la signature = principe
de l'indépendance des signatures.

&&) Les inexactitudes de la lettre de change

Inexactitude = vice caché (ex : échéance erronée, la vraie échéance figurant dans un acte caché) =
Conv de Genève qui écarte la nullité, on se fie à l'apparence du titre -caractère abstrait de
l'engagement cambiaire-.
Jsp qui applique la théorie de la simulation → 1321 CC, titre valable mais inexactitude
inopposable aux tiers, qui peuvent également. se prévaloir de l'acte caché.
En cas de conflit → primauté donnée à l'acte apparent.

&&&) L'altération de la lettre de change

Texte modifié sans le consentement de tous les intéressés = souvent frauduleuse (éventuellement
faux en écriture).
L 511-77 du CdCom, « en cas d'altération du texte de la lettre de change, les signataires postérieurs
à cette altération sont tenus dans les termes du texte altéré, les signataires antérieurs le sont dans les
termes originaires ».
= Chacun est tenue en l'état de la LdC au moment de la signature = principe d'indépendance
des signatures. Si connaissance de l'altération, peines étendues au signataire.
2) Les mentions facultatives

Les mentions facultatives peuvent être portées sur la lettre de change au moment de son émission
comme au moment de sa circulation → même principe de l'indépendance des signatures.

→ Peuvent en remplacer d'autres ou combler des lacunes, être portées au moment de l'émission ou
pendant la circulation.
-La mention du lieu de paiement est facultative du fait du système des équivalents, de même
pour l'échéance.
-Certaine liberté d'aménager la LdC dans la mesure où nulle atteinte n'est porté au caractère
cambiaire de la LdC

Ex : clause de domiciliation, clause de la valeur fournie qui renseigne sur la cause de l'engagement
cambiaire, clause de « non-à ordre » qui interdit l'endossement de la LdC, stipulation d'intérêts dans
les cas prévus par la loi (échéance à vue ou certain délai de vue)

B) Les conditions de fond


-Soumise aux conditions de validité du 1108 CC, engagement cambiaire rigoureux qui prive les
parties de la protection du droit commun.

1) le pouvoir d'émettre une lettre de change

a) le défaut de pouvoir d'émettre une lettre de change

-L'Etat ne peut pas émettre de lettre de change → prive les personnes des moyens de défense.
-Les consommateurs → il leur est interdit d'émettre des lettres de change pour mobiliser un crédit
qui leur serait consenti = L 313-13 du CdConso/ possibilité d'émettre quand intervention d'un
notaire car protection considérée suffisante.

→ Les sanctions du défaut de pouvoir est prévue au L 511-5 du CdCom, le même article prévoit
la nullité d'une lettre de change tirée par un mineur à son égard.

b) la mise en place d'une lettre de change

C'est le « tirage pour compte »/le tirage par mandataire


Ce sont deux techniques de représentation aux règles distinctes.

&) le tirage par mandataire

Signature de la LdC « par procuration » → application du droit commun du mandat, mandant


tenu par l'engagement du mandataire s'il avait pouvoir de représentation : sinon, L 511-5 al 3 → le
signataire est personnellement et cambiairement tenu par sa signature et a les pouvoirs
qu'aurait eu le prétendu représenté.

&&) le tirage pour compte

LdC émise pour le compte d'un tiers. Le tireur pour compte agit personnellement en tant que
tireur, seul son nom apparaît → possible selon le L 511-2, signataire personnellement et
cambiairement tenu.
2) la capacité d'émettre une lettre de change

Incapacité de quelque nature qu'elle soit = impossibilité d'être engagé par une LdC (acte de
commerce par la forme) → L 511-5 nullité des LdC souscrites par des mineurs
Article 1312 du code civil : Impossibilité d'en demander le remboursement sauf à prouver que ce
qui a été payé a tourné au profit de l'incapable.

Signature fantaisiste – N'engage pas le signataire mais les autres signataires restent engagés (L
511-5 al 2) = indépendance des signatures.

Sauf quand le législateur le prévoit expressément, la lettre de change ne peut être concernée
par l'opposabilité des exceptions au porteur de bonne foi.

II)acceptation de la lettre de change


Le tiré peut accepter la lettre de change jusqu'à son échéance au profit du tireur → S'il ne le fait
pas, l'article L 511-15 prévoit les conséquences de la non-acceptation.
L'acceptation fait s'engager cambiairement l'acceptant → il se reconnaît débiteur cambiaire
du porteur.

A) La procédure de l'acceptation

Tout porteur de la LdC peut conformément au L 511-5 présenter la lettre à l'acceptation du tiré
jusqu'à échéance.
Le tireur peut stipuler l'obligation de présenter ou l'obligation de ne pas présenter à
l'aceptation → Mention facultative.

En cas de refus du tiré : le porteur doit faire dresser un protêt par un huissier, acte constant la
présentation et le refus.

-Une stipulation de la LdC peut dispenser le porteur de faire dresser le protêt.

Le refus entraine de plein droit déchéance du terme aux frais et dépens du tiré (L511-16) =
créance devient immédiatement exigible, la déchéance affecte le tiré, pas la LdC elle-même.

L'acceptation est un acte juridique donc elle doit remplir les conditions de validité de tout acte
juridique :

-L 511-17 : acceptation « pure et simple ». L'acceptation conditionnelle équivaut à un refus.


-L'acceptation partielle est autorisée par les textes et la jsp.

La signature manifestant cette acceptation doit être donnée sur la LdC (recto ou verso) :
exigence d'un écrit par le L511-17.

B) Les effets de l'acceptation

L'acceptation définitive est irrévocable.


L511-20 → le tiré qui a revêtu la LdC puis l'a biffé avant restitution est réputé avoir refusé.
L 511-19 → Le tiré acceptant s'oblige à payer la LdC à son échéance, tout porteur pourra
exercer à son encontre un recours cambiaire.

Tout porteur, même le tireur a contre le tiré acceptant une action directe fondée sur la LdC
pour tout ce qui peut être exigé (montant, intérêts, frais) sur le fondement des L 511-45 et -46.

Section II : la circulation de la lettre de change .


La circulation se fait par l'endossement (sauf si LdC stipulée non endossable) : L 511-8 et s du
CdCom « transmissible par la voie de l'endossement »
Définition de l'endossement : L'endossement est une mention qui figure au dos du titre et par
laquelle le porteur actuel de la lettre donne l'ordre au tiré de payer entre les mains de l'endossataire,
au profit duquel l'endossement est fait = cession de créance

La LdC peut etre cédée selon le 1690 du cc = cession de créance de droit commun.
La LdC peut également être vendue (endossement translatif) ou endossée via mandat, on
encore mise en gage (endossement pignoratif).

I) Endossement translatif
Opère le transfert de la propriété de la LdC entre l'endosseur et l'endossataire : en pratique
l'escompte est une vente, la banque avançant le montant au porteur (transfert du titre en
contrepartie du paiement).

A) Les conditions de l'endossement de translatif

1) les conditions de forme

Prévues par le L 511-8 du CdCom :


-Endossement doit être inscrit sur la LdC ou sur une feuille lui étant rattachée, signée de
l'endosseur, de sa main ou par un autre procédé.
-Peut désigner le bénéficiaire ou être en blanc, dans ce cas elle confère les mêmes droits que
l'endossement nominatif (L511-8 al 6)

-Pour la CdC → Pas d'endossement par la seule tradition réelle de la lettre de change, strict respect
du formalisme.

-Si l'endossement ne précise pas sa nature, il est présumé être translatif de propriété =
présomption simple.

2) les conditions de fond

-Consentement libre, capacité et pouvoir de s'engager cambiairement, cause licite (mais


illicéité inopposable aux porteurs de bonne foi) → même règles que pour l'établissement de la
LdC.

3) la date de l'endossement

-Possibilité d'un endossement postérieur à l'échéance = produit les mêmes effets qu'en
endossement antérieur : L 511-14
-L'endossement postérieur au protêt = effets d'une simple cession de créance, pleine
opposabilité des exceptions pour le tiré.
Endossement sans date = présumé antérieur au protet, présomption réfragable par tous moyens
Antidate = délit de faux en écriture.

B) Les effets

Titre endossé doit être remis à l'endossataire ou à un tiers chargé de le faire.


L511-11 → avant remise, l'endosseur peut biffer l'endossement (qui sera alors réputé non-écrit),
c'est-à-dire ne le vouloir transmettre que par la tradition réelle de la LdC à l'endossataire.

Trois effets :
-La transmission des droits qui résultent de la lettre de change
-L'inopposabilité des exceptions
-L'obligation de garantie

1) la transmission des droits résultant de la lettre de change

Endossement translatif = vente = transferts des droits résultant de la LdC à l'endossataire


(L511-9 du CdCom).
-Acquisition par l'endossataire d'un droit de propriété sur la provision (L511-7) du fait qu'il
devient un porteur de la LdC + transfert des accessoires convenus ou légaux + suretés garantissant
la provision.
-L'effet translatif se produit par le cumul de l'endossement et de la tradition réelle de la LdC.

2) l'inopposabilité des exceptions

a) le principe

Dans la cession de créance de droit commun (1690 cc), le cessionnaire ne peut recevoir plus de
droits que n'en avait le cédant, et le premier pourra donc se voir opposées toutes les exceptions qui
pouvaient l'être au second.
-A contrario, le porteur légitime et de bonne foi d'une LdC est protégé contre les exceptions
dont pouvaient se prévaloir le débiteur à l'égard du précédent porteur = L 511-12 CdCom « « les
personnes actionnées en vertu de la lettre de change ne peuvent pas opposer au porteur les
exceptions fondées sur leur rapport personnel avec le tireur ou les porteurs antérieurs »

La légitimité du porteur se déduit d'une détention issue d'une chaine d'endossements


continus.
L 511-12 = la mauvaise foi du porteur (« agir sciemment au détriment du débiteur ») désactive le
principe d'inopposabilité des exceptions.

b) les dérogations au principe de l'inopposabilité

Peuvent être opposées au porteur toutes les irrégularités de forme qui entachent la lettre de
change → ayant rapport à une mention obligatoire.
-L'incapacité du débiteur peut être par lui opposée au porteur.
-La personne actionnée en paiement peut opposer au porteur actuel les exceptions tirées de leurs
rapports personnels.
3) L'obligation de garantie

Par l'endossement, l'endosseur est tenu d'une garantie envers l'endossataire : il est garant de
l'acceptation et du paiement, sauf clause contraire (L511-10).
Pour la CdC, cette clause contraire exonère l'endosseur de sa responsabilité en cas de défaillance du
tiré, mais pas en cas de nullité du titre ou d'un fait par lui commis.

II)L'endossement de procuration
=Mandat de recouvrement de la LdC par lequel l'endosseur charge l'endossataire de
recouvrer le montant de la LdC → banque porteuse peut exercer tous les droits dérivant du titre
(L511-13).

A) les conditions de l'endossement par procuration

-L'endossement de procuration doit être explicite, sinon l'endossement sera présumé translatif de
propriété : L 511-13 prévoit les mentions de nature à prouver l'endossement de procuration.

-Du fait de la présomption, les tiers pourront en application de la théorie de la simulation agir
comme si l'endossement était translatif de propriété ou bien faire la preuve qu'il s'agit d'un
endossement de procuration.

B) Le régime de l'endossement de procuration

1) la durée du mandat de recouvrement

-Durée en principe laissée à la discrétion des parties, en droit commun il prend fin au décès du
mandant ou par son incapacité.
Mais le L511-13 prévoit que ni le décès ni l'incapacité ne mettent fin au mandat de
recouvrement, + une interprétation extensive de celui-ci étant la continuation à l'ouverture
d'une PC à l'égard du mandant.

Le CdCom ne prévoit rien pour le mandataire, on lui applique donc le droit commun du
mandat: décès, incapacité et ouverture d'une PC entrainent révocation du mandat.

2) les effets de l'endossement de procuration

a) à l'égard des tiers

L511-13 al 1 → porteur qui peut exercer tous les droits dérivant de la LdC (présenter au
paiement, dresser un protêt), mais ne peut pas l'endosser sauf par procuration. Il ne peut agir comme
le propriétaire de la lettre.

L511-13 → Opposabilité au mandataire des exceptions opposables au mandant (l'endosseur),


pas d'inopposabilité des exceptions car le porteur n'est pas devenu propriétaire de la lettre de
change.

b) entre l'endosseur et l'endossataire

Application du droit du mandat → endossataire qui doit tout faire pour recevoir paiement dans
le délai, il doit rendre compte à l'endosseur de tout ce qui concerne son titre
-Mandataire responsable d'une mauvaise exécution du mandat causant un préjudice à
l'endosseur.
-Mandat révocable ad nutum.

III) L'endossement pignoratif


Définition de l'endossement pignoratif : Endossement en vertu duquel la lettre de change est
remise en gage de l'exécution d'une obligation au créancier de l'endosseur.

A) Les conditions de l'endossement pignoratif

1) les conditions de forme

-Mention explicite du caractère pignoratif de l'endossement → échapper à la présomption


d'endossement translatif = L 511-13 al 4 mentions « valeurs en garantie » « valeur en gage » ou
toute autre mention explicite.
→ Même règles que pour l'endossement par procuration.

2) les conditions de fond

-consentement libre, pouvoir et capacité de s'engager commercialement.

B) Le régime de l'endossement pignoratif

-Endossataire investi de tous les droits dérivant de la lettre de change (L511-13 al 4), et
contrairement à l'endossement par procuration les tiers ne peuvent opposer au créancier gagiste
de la LdC les exceptions opposables à l'endosseur constituant (L511-13) sauf s'il a agi
sciemment au détriment du débiteur.

-Si l'échéance prévue par la LdC arrive à terme avant la créance garantie, le gagiste peut recouvrer
le montant, et le gage devient alors gage de somme d'argent.
-Si l'échéance prévue par la LdC est postérieure à celle de la créance garantie, le gagiste peut
réaliser son gage par la procédure de « lettre aux enchères » ou simplement exercer son droit
de rétention jusqu'à échéance et se payer sur la créance nantie.

Section III : Le paiement de la lettre de change

Il est nécessairement effectué à terme. Il faut assurer l'effectivité du titre cambiaire.

I) Les garanties du paiement de la lettre de change


Inopposabilité des exceptions + acceptation par le tiré de sa qualité de débiteur cambiaire.
Signataires de la LdC solidairement tenus du paiement de son montant envers le porteur = garantie
solidaire.
Deux autres garanties : La provision et l'aval.
A) La provision

La provision est une condition nécessaire, et le porteur a des droits sur cette provision.
La provision = créance existante entre le tiré et le tireur ou celui pour le compte de qui la lettre est
tirée, elle doit être au moins égale au montant de la LdC.

1) la nécessité de la provision

a) l'existence de la provision

Article L 511-7 :
-La provision dont est titulaire le tireur sur le tiré doit être au moins égale au montant de la LdC.
-être liquide, disponible, certaine et exigible.
-elle doit exister au moment de l'échéance de la LdC = moment d'appréciation des conditions.
Si les conditions ne sont pas remplies et que le tiré n'a pas accepté, il pourra valablement refuser
le paiement du montant de la LdC

b) la preuve de la provision

Application du droit commun de la preuve (1315 cc) → la charge pèse sur celui qui invoque
l'existence de la provision –> non soumise au droit cambiaire.
Le droit de la preuve suit le droit de la créance fondamentale (commerciale = par tout moyen ou
civile = écrit de principe), indépendance des rapports cambiaire et fondamental.

-L'acceptation par le tiré de la LdC entraine présomption d'existence de la provision profitant


à tous les endosseurs → présomption simple pour la jsp qui entraine renversement de la charge de
la preuve incombant au tiré acceptant sur la non-existence de la provision.

2) les droits du porteur de la provision

Propriété de la provision transmise de plein droit aux porteurs successifs de la LdC : L 511-7
al 3, si elle existe au moment de l'endossement, elle est transmise à ce moment, si elle n'est
qu'éventuelle, le tireur peut disposer de la provision et recevoir paiement par le tiré avant
l'échéance.
-L'acceptation de la LdC entraine immobilisation de la provision, droit irrévocable du porteur
peu importe le moment d'existence de la provision.

Autres moyens d'immobilisation :


-clause d'immobilisation : créance affectée au paiement de la dette
-L'opposition faite par un porteur au tiré de payer le tireur : porteur qui peut faire défense au tiré de
payer au tireur le montant de la lettre de change, à partir de là la provision sera immobilisée.

B) L'aval

L 511-21 : « le paiement d'une lettre de change peut être garanti pour tout ou parti de son montant
par un aval » → = garantie par un tiers que la LdC sera payée à l'échéance.
L'aval est un cautionnement cambiaire, et donc solidaire. Le garant est l'avaliste, le garanti est
l'avalisé.
1) les conditions de l'aval

a) objet de l'aval

L 511-21 → Aval pour tout le montant ou pour partie du montant de la dette principale (jsp qui
l'accepte).

b) les parties

Il y a le donneur d'aval → l'avaliseur ou l'avaliste


Le bénéficiaire → l'avalisé

Le donneur d'aval peut être un tiers ou un signataire de la LdC → doit avoir la capacité
commerciale.
Les personnes visées au L 313-13 CdConso ne peuvent avaliser les LdC représentant une opé de
crédit à la conso.

L 511-21 → L'aval doit désigner le bénéficiaire, sinon il est réputé donné pour le tireur
(irréfragable pour la CdC si donné dans la LdC, réfragable si donné par acte séparé).
Peuvent bénéficier de l'aval : un tiré accepteur, un tireur, un endosseur, voire un avaliste.

b) les conditions de forme de l'aval

L'aval peut être donné : sur la LdC, sur une rallonge, ou par acte séparé (lieu de rédaction indiqué)
L'aval donné sur la LdC → résulte de la signature du donneur d'aval au recto ainsi que de la
mention « bon pour aval » ou équivalent.
L'aval donné par un acte séparé → Conv de genève le prévoit, la France l'a accepté = L 511-21 qui
conditionne cela à l'indication du lieu de rédaction de l'acte = même valeur que les autres
formes.

L'aval d'une LdC future est valide, à condition qu'ils précise la nature de ses effets, les
sommes garanties et le temps prévu pr la création de la LdC.

2) les effets de l'aval

a) les obligations de l'avaliste

-Créé une obligation de garantie du paiement de la LdC par l'avaliste au profit de l'avalisé.
L511-21 : avaliste tenu dans les mêmes termes que l'avalisé du fait de l'aval = accessoire suit le
principal → l'avaliste est donc cambiairement tenu.
L 511-21 → l'avaliste demeure tenu si l'engagement principal est nul sauf vice de forme =
principe d'indépendance des signatures.
Pr la jsp = nature cambiaire + engagement commercial = présomption de solidarité + renonciation
au bénéfice de discussion et de division.

Principe de l'accessoire : avaliste qui peut opposer toutes les exceptions du débiteur garanti
-inhérentes à la dette- à celui qui l'actionne.
Un aval irrégulier dégénère en cautionnement de droit commun et n'est donc plus un engagement
cambiaire

b) les droits de l'avaliste


L'avaliseur dispose d'un recours contre l'avalisé selon le droit commun du cautionnement + L 511-
21 → le paiement du montant de la LdC par l'avaliste entraine acquisition par lui des droits
résultant de la LdC contre l'avalisé et ses débiteurs cambiaires = droit au paiement de tout ce
que vise le L 511-46.

L'avaliste dispose de plusieurs recours :


-Recours subrogatoire de droit commun, recours du L 511-21 contre le débiteur garanti,
recours contre ses garants, recours contre les endosseurs précédents, le tiré accepteur ou le tireur.

II)La réalisation du paiement

A) la présentation de la lettre de change

1) le moment de la présentation

-Présentation à l'échéance = fin de la circulation et moment où est du le paiement, donc moment


où démarrent les délais des recours cambiaires ( 3 ans L 511-78)

-D'où le caractère impératif de la mention de l'échéance sur la LdC ainsi que le système des
équivalents.
-Obligation de présenter la LdC à l'échéance, le L 511-26 prévoit qu'elle peut être présentée le
jour même ou les deux jours ouvrables suivant.
-Mais la loi du 29 oct 1940 + ordo du 22 aout 1944 → jusqu'à 10 jours après échéance = droit
positif, le délai du L 511-26 est ignoré.

-Possibilité d'une prorogation conventionnelle de l'échéance entre le tiré et le porteur → mention


sur la LdC avec leurs signatures.

2) la procédure

La présentation est une condition impérative du paiement : L 511-26


Présentation effectuée : par le porteur ou son mandataire au lieu indiqué sur la LdC ou au lieu
présumé (domicile du tiré). Sa présentation à une chambre de compensation équivaut à une
présentation au paiement (aujourd'hui forme dématérialisée, « CORE ».).

B) Le paiement

1) les conditions

a) généralités

Paiement par le tiré (le solvens) ou son mandataire après vérifications cambiaires (légitimité du
porteur) et recherche des oppositions au paiement (1-perte de la LdC/2 ouverture d'une PC à
l'égard du porteur).

-Paiement en espèces, virement, chèque, par compte ou compensation. En pratique paiements


entre banque présentatrice et banque domiciliataire.
b) le paiement partiel

L 511-27 → contrairement au droit commun (1244 cc), le porteur ne peut refuser un paiement
partiel par le tiré.
Ce paiement décharge le tiré ainsi que les endosseurs précédents à concurrence de la somme
restant due.

c) la preuve du paiement

Le tiré peut exiger après paiement remise de la LdC acquittée (L511-27) = preuve du paiement.
La mention d'acquis peut être apposée sur la LdC avant paiement, et si elle est restée entre les mains
du porteur il faut apporter des éléments complémentaires.

En principe la tradition réelle du titre après paiement fait preuve de la libération : 1282 CC
→ présomption irréfragable en principe.
Pour la LdC, considérée réfragable au 19ème puis arrêt du 30 juin 1980 qui aligne la force de la
présomption sur celle du droit commun = irréfragable, mais nombreuses décisions
contradictoires par la suite.

2) les effets du paiement

-Paiement à l'échéance libératoire en principe = effet extinctif pour le tiré et tous les obligés
cambiaires, sauf fraude ou faute lourde (L511-28)

III) Les recours en cas de non paiement à l'échéance

A) Les conditions préalables.

Protêt + publicité des incidents de paiement

1) Le dressement du protêt

L 511-39 : Tout défaut d'acceptation ou de paiement doit être constatée dans un protêt = obligatoire
sauf dispense.
Définition du protêt : Acte authentique par lequel le porteur fait constater le non paiement à
l'échéance par le tiré de la lettre de change.
-Possibilité de stipuler une dispense de protêt dans la LdC

L 511-39 al 3 : protêt dans les deux jours de l'échéance (jour fixe, certain délai de date ou de vue)
sinon conformément au protêt d'acceptation (à vue).

Limites : L. 511-39 dispense légale de protêt quand :


– PC à l'égard du tiré.
– PC à l'égard du tireur si LdC non acceptée (tireur = débiteur cambiaire principal)
– Lorsqu'un protêt de défaut d'acceptation a déjà été établi.
– Accord des parties en ce sens = L 511-43 mention « sans protêt » ou équivalent.
2) La publicité des incidents de paiement = Loi du 2 août 1949

L 511-56 → greffe du TdCom tient un état nominatif des protêts faute de paiement sur
dénonciation des officiers publics.
-Doivent être déclarés à la Banque de France si pas de régularisation dans les 4 jours de l'incident.

B) L'exercice du recours.

1) Les recours cambiaires.

Si le tiré fait défaut, le porteur peut se retourner contre les signataires de la LdC. S'ils payent,
ils pourront eux aussi exercer un recours contre les autres → recours conditionné à l'absence de
négligence du porteur.

a. L'absence de négligence du porteur.

Absence de négligence = présentation de la LdC à l'acceptation (sauf si dispense) + présentation à


l'échéance/si refus, dressage d'un protêt (si pas de dispense).
Conséquence de l'absence de négligence : le porteur a un recours cambiaires contre tous les
signataires de la LdC, solidairement tenus envers lui (art L 511-44 al 1). Il actionne
discrétionnairement ces signataires.

Ce recours est transmis au signataire actionné qui paye le montant de la lettre de change

L'objet du recours est (L511-45) : Le montant de la LdC + éventuellement les intérêts stipulés,
les intérêts au taux légal à partir de l'échéance, les éventuels frais de protêt subis et le manque
à gagner.

La forme du recours : amiable ou judiciaire

Recours judiciaire : compétence du TdCom, le porteur peut recourir à la procédure d'injonction de


payer, le référé provision (solliciter une partie du du prétendu avant la solution au fond).

Les limites du recours :


- recours contre le tiré = L511-78, trois ans à compter de la date d échéance)
-recours contre les endosseurs et le tireur se prescrit en un an à partir du protêt ou de la date
d'échéance si dispense de protêt.
-recours de l'avaliseur : calqué sur le recours de la personne garantie..

b. L'existence d'une négligence du porteur.

Porteur négligent = défaillance de dressage de protêt/présentation en paiement à l'échéance,


accord conventionnel sur le délai avec le tiré = délai inopposable aux autres signataires
(négligence assimilée).

Sanction de la négligence : déchéance du droit d'agir en recours cambiaire sauf contre le tiré
acceptant et le tireur (s'il n'a pas fait provision). Les recours extra-cambiaires demeurent intouchés.
2) Les recours extra-cambiaires

Le tiré n'ayant pas accepté la LdC n'es t pas engagé cambiairement → Pas concerné par une
éventuelle déchéance du porteur quant à ses recours cambiaires.
Le porteur peut donc agir en paiement de la provision contre le tiré non acceptant conformément au
droit commun.
Le porteur peut également agir contractuellement contre son endosseur conformément au
droit commun.
Chapitre 2 : Le billet à ordre (L512-1 à L512-8)

Régime assez similaire à celui de la LdC


Définition du billet à ordre : L'effet de commerce par lequel le souscripteur s’engage à payer une
somme déterminée à une échéance déterminée au bénéficiaire ou à quelqu’un d’autre désigné par ce
bénéficiaire.
Souscripteur = débiteur cambiaire, à la fois tireur et tiré.
-Théorie de l'acceptation et règles sur la provision évincées car il n'y a que deux personnes en
principe.

Section 1 : Le régime du billet à ordre

I) La mise en place du billet à ordre


A = vendeur/bénéficiaire (créancier fondamental/créancier cambiaire)
B = acheteur/souscripteur (débiteur fondamental/débiteur cambiaire)
Le rapport cambiaire n'entraine pas novation du rapport fondamental = rapports superposés.

A) La création du billet à ordre

1) Les conditions de forme

L 512-1 → Vise les mentions obligatoires devant figurer sur le BàO = similaires à celles de la
LdC (dénomination dans le titre, somme déterminée, échéance, lieu de paiement, nom du
bénéficiaire, lieu et date de souscription, signature du souscripteur) + précise les mentions
facultatives et valide le système des équivalents de la LdC.
L512-2 → le défaut des mentions obligatoires entraine nullité du billet à ordre comme billet à
ordre.

-Possibilité de mentions non-prévues si elles n'affectent pas le caractère cambiaire de


l'engagement.

2) Les conditions de fond

-Consentement libre et éclairé, objet, cause licite


-BàO pas un acte de commerce par la forme (non-cité par le L110-1 CdCom) → Il faut
déterminer au cas par cas la nature de l'acte (civile ou commerciale) pour ensuite rechercher
éventuellement la capacité civile ou commerciale (BàO interdit par le CdConso pour crédits à la
conso).

L512-8 : L'émission d'un BàO est subordonnée à sa prévision expresse par les parties et sa
mention sur la facture. S'il n'est pas parvenu au créancier dans les 30 jours, il peut tirer une lettre
de change devant être acceptée par le tiré = règle d'ordre public.
B) La transmission du billet à ordre

-Principe de circulation du BàO par voie d'endossement (translatif, de procuration ou pignoratif) =


transposition des règles de la LdC mais pas de transfert de la propriété de la provision (car
tiré = tireur).
-La signature de l'endosseur est seule de nature à conférer au porteur le caractère légitime.

II) Le paiement du billet à ordre

A) Les garanties du paiement

-Principale garantie = l'aval -si ne désigne pas l'avalisé il est réputé constitué pour le
souscripteur-→ renvoie au L 511-21 pour les règles qui le régissent.
-Le souscripteur est pareillement tenu que l'acceptant d'une LdC (L512-6) = garanties cambiaires

B) La réalisation du paiement

-Mêmes règles que la LdC + règles spécifiques sur la présentation :


→ Pas d'acceptation possible du BàO.
→ L512-7 : Si échéance à un certain délai de vue, doit être présenté au visa du souscripteur dans les
délais du L511-15 (un an, sinon déchéance des recours cambiaires), si refus → on dresse un protêt.

-En principe le porteur dispose de tous les recours cambiaires prévus pour la LdC.

Section 2 : Variétés des billets à ordre

I) Billets de fonds
-Cas de la vente d'un fonds de commerce, paiement en plusieurs échéances → plusieurs billets à
ordre souscrits par l'acheteur.
-Régime juridique ordinaire du BàO coloré du régime juridique de la vente du FdC
(transmissibilité des sûretés + opposition des créanciers du vendeur).

A) La transmissibilité au porteur des sûretés qui garantissent la dette de


l’acheteur

-Privilège du vendeur du FdC (sureté légale) → la CdC décide que ce privilège est transmis aux
porteurs si la création du BàO est mentionné dans l'acte de vente du FdC.
B) L’opposition des créanciers du vendeur du fond de commerce

-Tout créancier du vendeur du fonds peut s'opposer sous 10 jours à compter de la publication
au paiement du prix de la vente (L 141-14 CdCom) → mais le BàO et sa nature cambiaire
contournent ce mécanisme, donc en pratique le notaire demande à l'acheteur de garder le billet 10
jours après publication, car sinon paralysie du droit d'opposition.

II) Les warrants

Définition du warrant : Le warrant est un BàO accompagné d'un gage avec ou sans dépossession

Warrant avec dépossession → dépôt dans un magasin général (ex), L 522-24 → récépissé
descriptif des marchandises.
Warrant sans dépossession → biens gagés qui restent en la possession du constituant.
-Exigence de publicité pour le gage sans dépossession.

Ce warrant devient un véritable BàO à compter de son premier endossement, et le gage est transmis
avec celui-ci.
Warrant courant : L 523-1 Hotelier → mobilier hotelier gagé sans dépossession.

L524-1 et s : warrant pétrolier. Conserve la garde des stocks pétroliers qu’ils peuvent warranter. Les
produits warrantés restent jusqu’au remboursement des sommes avancées le gage du porteur du
warrant.
Chapitre III : le bordereau de cession de créance professionnelle

Auparavant : crédit de mobilisation des créances commerciales = bordereau transmissible réunissant


les créances en contrepartie d'un crédit.
Aujourd'hui : Mécanisme de la cession Dailly (L 313-23 et s du CMF)

Définition de la cession dailly : Acte juridique par lequel le cédant transfère une créance qu'il tient
sur le cédé en garantie d'un prêt consenti par le cessionnaire.

La cession dailly n'est pas considérée comme un effet de commerce, ni par nature, ni par la
forme, son formalisme étant assez différent de celui des effets de commerce. Les exceptions sont en
principe opposables.
L 313-3 du CMF → peut être garanti d'une cession dailly par la remi tout crédit consenti par un
établissement de créditse du bordereau de cession = instrument de crédit.
-Déroge aux formalités du droit commun de la cession de créance et du nantissement de
créance.

Section 1 : les conditions de la cession de créance professionnelle


I) Les conditions de forme

-Nécessite un écrit (papier ou informatique) sur lequel figurent certaines mentions obligatoires : L
313-23 et -25.

L 313-23 :
-exigence de la dénomination « cession de créance professionnelle » ou « nantissement de créance
-Mention expresse de la soumission du bordereau aux L 313-23 à -34 du CMF.
-Désignation expresse de la créance cédée ou éléments permettant cette désignation.
-Désignation du nom du cessionnaire (pas de bordereau au porteur).

L313-25 :
-Signature du cédant apposée à la main ou par tout autre procédé (cachet)
-Date du bordereau apposée par le cessionnaire (établissement de crédit) = date de remise, prise
d'effets entre les parties et date d'opposabilité du bordereau aux tiers (L313-27)

L313-23 dernier al :
La sanction du défaut des mentions est la nullité de l'acte en tant que cession dailly.
-Mentions nécessaires car rendent le titre opposable aux tiers et notamment au débiteur cédé.

→ Peut alors servir de commencement de preuve par écrit/dégénérer en cession de créance de


droit commun si les formes sont respectées.

-Le défaut de date empêche la perfection de la cession entre les parties.

II) Les conditions de fond


A) Les personnes concernées

1) Le cédant

-Doit être une personne morale (de droit privé ou public) ou /physique exerçant une activité
professionnelle → référence de la cession « aux créances professionnelles ».

2) Le cessionnaire

-Ne peut être qu'un établissement de crédit (L313-23) → cession dailly = opération de crédit
greffée sur le crédit préalablement consenti par le cessionnaire.

3) Le(s) débiteur(s) cédé(s)

-N'intervient pas lors de la cession en principe, est forcément professionnel (« créance


professionnelle).
-Doit être une personne morale/ ou une personne physique dans l'exercice de ses fonctions
professionnelles.

La CdC constate que l'exigence d'activité professionnelle n'est prévue que pour les personnes
physiques, conformément à la lettre du texte.

B) Les créances cédées

L 313-23 : Toute créance dont la nature est professionnelle (contractuelle, extra-contractuelle, à


terme, présente ou future, liquide ou non, exigible ou non, cession d'une créance résultant d'un
contrat nul admise par la jsp).

Sanction de la cession de créances fictives : sanction pénale (escroquerie + faux en écriture).

Section 2 : Les effets de la cession de créances


I) Les effets entre les parties
Distinction des effets entre le bordereau de cession et le bordereau de nantissement.

A) Avant le paiement des créances cédées

1) Transfert de propriété

Le cessionnaire entre en propriété de la créance cédée au moment de la perfection de l'acte de


cession, c'est-à-dire au moment de l'apposition de la date par le cessionnaire lors de la remise (L
313-27) → à partir de cette date le cédant ne peut plus agir sur la créance cédée.
La contestation de la date fait peser la charge de la preuve sur le cessionnaire (L 313-27 dernier
al).
-S'il existe plusieurs dates, la date effective est celle de l'acceptation démontrée par
l'établissement de crédit.
-L'absence de date entraine l'ineffectivité totale de la cession, réputée non constituée pour la
CdC.
Les dates relatives à la créance cédée sont indifférentes : seule est prise en compte la date
apposée sur le bordereau (L313-27).

-Tout accord entre le cédant et le cédé postérieur au transfert de la propriété de la créance est
inopposable au cessionnaire (sauf son accord) → défaut de pouvoir d'agir des parties sur cette
créance.

2) Transfert des sûretés

L 313-27, Principe de l'accessoire : Toutes les sûretés garantissant la créance cédée sont
transmises de plein droit avec la propriété de celle-ci (Loi du 1er aout 2003)

3) Autres transferts

Pour la CdC :
S'il existe une conv d'arbitrage visant la créance cédée, cette convention est cédée avec la créance.
La cession de cette créance entraine cession de tout ce qui gravite autour de cette créance.

B) le paiement de la créance

-Le cédant peut jouer le rôle du mandataire du cessionnaire pour recouvrer la créance
cédée.
-Le cédant est sans condition garant solidaire du paiement de la créance cédée sauf
convention contraire (L 313-24 CMF). La garantie solidaire joue meê me en cas de non-
notification ou en cas de compensation.

II)Les effets de la cession à l'égard des tiers

A) La situation du débiteur cédé

1) les moyens opposables par le débiteur cédé

-Le débiteur cédé peut opposer tous les moyens qui se rapportent au bordereau lui-même
(formalisme ad validitatem).
-De même, le débiteur cédé peut se prévaloir de toutes les exceptions qu'il aurait pu opposer
au cédant lui-même –> ne peut transmettre plus de droits qu'il n'en a.

2) les moyens opposables par le cessionnaire

Ils dépendent de deux événements, la notification de la cession au débiteur cédé, et


l'acceptation par celui-ci de la cession.

a) la notification

Opposabilité de principe du bordereau aux tiers à compter de sa perfection (date apposée) : L 313-
27
Le débiteur cédé est un tiers particulier auquel il peut être fait interdiction (L313-28) par le
cessionnaire de payer par tout moyen la créance entre les mains du cédant par voie de
notification (R313-15 → certaines mentions) = droit exclusif au paiement de la créance cédée.
-A compter de la notification, seul le paiement entre les mains du cessionnaire est libératoire
pour le cédé.

On admet d'une manière générale que le débiteur cédé puisse se prévaloir même après la
notification des exceptions relatives à l'inexistence ou l'extinction de sa dette, l'essentiel étant
qu'une fois la notification intervenue, le débiteur cédé ne se libère pas entre les mains du cédant

b) l'acceptation de la cession

-Nécéssairement par écrit → mention d'acceptation de la cession d'une créance professionnelle


à peine de nullité (L313-29).
-L'acceptation a pour effet l'inopposabilité des exceptions tirées de son rapport personnel avec
le cédant.
-La mauvaise foi du cessionnaire s'apprécie de la même manière que pour la LdC = L 511-1.

B) Les autres tiers

-L 313-27 → Bordereau opposable aux tiers à compter de la date apposée par le cessionnaire =
vise tous les tiers à l'acte.
Les tiers créanciers du cédant ne peuvent plus prétendre à un droit sur la créance cédée à
compter du transfert de celle-ci dans le patrimoine du cessionnaire = date apposée.

-Si le cédant cède deux fois la créance :

→ En principe créance entrée dans le patrimoine du premier cessionnaire, et donc n'a pu être
cédée au second cessionnaire car elle faisait défaut dans le patrimoine du cédant.

-Si le débiteur a payé le second cessionnaire sans mauvaise foi : il est valablement libéré.

S'il y a conflit entre cession de créance et lettre de change :


-Primauté de la lettre de change car rigueur de l'engagement cambiaire (inopposabilité des
exceptions).
Titre II : Les instruments de paiement

-Recherche des moyens dans le monde des affaires qui permettent de contourner la manipulation de
la monnaie fiduciaire :
-Chèque (moyen assez lourd lui-même)

Opération à trois personnes : débiteur-créancier de la banque/créancier/tiers (banque le plus


souvent) → L 311-1 du CMF qui cite les services bancaires de paiement.
L'article L 511-5 du CMF: consacre le monopole bancaire sur les opérations de banque à titre
habituel

Chapitre I : Le chèque
Définition du chèque : C'est un titre écrit par lequel une personne, le tireur, donne l'ordre à
l'établissement de crédit, le tiré, de payer une somme d'argent à une tierce personne, le bénéficiaire.

La somme détenue par le tiré fait l'objet d'une créance du tireur sur ce dernier, la provision.

Loi de 1865 qui introduit le chèque en droit français : « écrit qui sous forme de mandat de paiement
sert au tireur à effectuer le retrait à son profit ou au profit d'un tiers, de tout ou partie des fonds porté
au crédit de son compte chez le tiré et disponibles »

Conv de Genève du 11 mars 1931 → introduction de certains mécanismes dans les législations.
Décret du 30 octobre 1935 → base du droit positif actuel français du chèque.
Interventions postérieures → plus strictes que la Conv, codification aux L 131-1 et s du CMF
« instruments de la monnaie scripturale ».

Section I : La mise en place du paiement par chèque

I) L'émission du chèque

A) Les parties

Conditions de fond communes à tout engagement contractuel : capacité, consentement, cause et


pouvoir

-Principe d'indépendance des signatures → Le vice d'une signature n'a de conséquences qu'à
l'égard de ces mêmes signatures et ne saurait affecter ni la validité ni les effets des autres
engagements.
chèque barré de droit commun = intransmissible/chèque non-barré = transmissible.

-Règle de l'inopposabilité des exceptions personnelles (rapport avec le tireur ou les porteurs
antérieurs), L 131-25 du CMF

Ces deux règles permettent de comprendre les exigences particulières quant à l'engagement du
tireur.
1) le tireur

a) la capacité du tireur

Chèque pas un acte de commerce par la forme → capacité exigée = capacité civile ordinaire

Ne peuvent émettre de chèques : les mineurs, les majeurs protégés


La sanction = nullité de l'acte, opposable aux tiers de bonne pour la jsp, dans le respect du
principe de l'indépendance des signatures.

b) Le consentement

-Application du droit commun du consentement → erreur, dol , violence, dans les limites du
principe d'inopposabilité des exceptions au porteur de bonne foi.

Cas de la falsification du chèque par le porteur par exemple fausse signature ou


modification du montant :
-Si le tireé paye un cheè que faussement signeé , faux deè s l'origine → Il engage sa responsabilité,
le tireur n'ayant jamais émis aucun ordre de paiement.
-Si le tireé paye un cheè que faussement signeé mais apparemment reé gulier → Ce paiement est
libératoire à l'égard du tireur deé posant des fonds, sauf la preuve d'une faute du tiré.
Cependant la faute du tireur est prise en compte → peut résulter sur une responsabilité
partagée, et les tribunaux font en geé neé ral peser la charge de la preuve de la faute de la
banque sur le tireur dans ce cas de figure.

c) La cause

La cause du chèque : « intention de réaliser une opération impliquant un transfert de fonds »


-En principe : volonté d'extinction de la dette du tireur à l'égard du bénéficiaire, éventuellement
une intention libérale.
→ doit eê tre licite et morale conformément au droit commun. L'illicéité ou l'immoralité
constatée a pour sanction la nullité du rapport fondamental entre le tireur et le
bénéficiaire qui rejaillit sur le chèque.

Cependant le vice dans la cause n'est pas opposable au porteur de bonne foi = principe
d'inopposabilité des exceptions personnelles.

 Les chèques de garantie :

Utilisation du cheè que comme sûreté réelle de la bonne exécution d'une obligation
principale, et non comme moyen de payer une creé ance neé e et exigible –> moyen de garantie.
-Deé tournement de la finaliteé du cheè que qui est un moyen de paiement et non un moyen de
garantie.
JSP qui accepte la validité de ce chèque : sanctionne l'abus et la fraude.

 Les chèques de casino :


En principe : chèque de paiement d'une dette de jeu émis par le tireur au profit de
l'établissement de jeu.
Cependant : Article 1965 du code civil « La loi n’accorde aucune action pour une dette de
jeu, ou le paiement d’un pari ».

Si la provision n'existe pas : Un temps la jsp a appliqué strictement le 1965, puis elle a décidé
d'un revirement le 14 mars 1980 en chambre mixte → Les casinos sont reconnus par la loi
et habiliteé s aè recevoir des cheè ques, il n'y a donc pas lieu de les priver du beé neé fice de l'action
en dommages-inteé reê ts et en remboursement du montant du cheè que.

Puis postérieurement :
- « L’exception de jeu peut être opposée au paiement d’un chèque si celui ci a servit a l’achat de
jetons ou plaques destinées à alimenter le jeu » → Solution qui joue si les jetons ont eé teé avanceé s
en contrepartie du cheè que, joue donc quand l'établissement consent un CREDIT au
tireur.

d) Les pouvoirs du tireur

Capacité d'exercice = attribueé e aè raison de la personne par la loi, quand elle consideè re que
son discernement est suffisant aè la passation d'un acte juridique deé termineé .
Pouvoir = Indiffeé rent au discernement, pouvoir d'accomplir un acte juridique speé cifique que
peut seul accomplir une personne investie de la qualiteé pour le faire.

Ex : compte indivis entre trois personnes → chacune est capable mais aucune n'a seule le
pouvoir d'eé mettre des cheè ques, pouvoir qui appartient aè l'indivision, sauf mandat contraire.
Contre ex : Compte joint → mention « ou » qui confeè re individuellement aè chaque titulaire le
pouvoir d'eé mettre seul des cheè ques.

L'interdiction bancaire entraine le défaut de pouvoir d'émettre des chèques.


-Le titulaire personnel du pouvoir d'émettre des chèques peut déléguer ce pouvoir à un
mandataire, contractuellement investi de ce pouvoir → cas du compte en indivision ou de
la personne morale

Article L131-12 CMF : Celui qui agit en représentation d'une personne qui ne l'avait pas
investie en ce sens ou dépasse les pouvoirs qu'il avait reçus est personnellement tenu du
montant du chèque et dispose des mêmes recours que le pseudo-représenté, et peut se
prévaloir seul des mêmes exceptions.

-La banque qui remet un cheé quier aè un faux mandataire ou un mandataire deé passant le champ
de ses pouvoirs peut engager sa responsabilité pour faute. S'il existait un mandat et qu'il a
eé teé reé voqueé , la banque ne saurait être responsable que si elle a été préalablement
informée de cette révocation → inopposabiliteé avant notification + faute aè la charge du
mandant.

2) Le tiré

Seules les personnes morales visées par le L 131-1 CMF peuvent tenir des comptes sur
lesquels sont tirés des chèques → eé tablissements de creé dit et assimileé s
L131-4 preé cise le L 131-1 : énumère limitativement les tirés potentiels → eé tablissement
de creé dit, prestataire de services d'investissement, treé sor public, caisse des deé poê ts, banque de
France.
L 131-4 dernier alineé a : Titres tirés sur des personnes non visées ne valent pas comme
chèque, mais peuvent valoir reconnaissance de dette ou CPE = simple nulliteé en tant que
cheè que.

-Interdiction en principe de tirer des chèques sur soi-même = monnaie + solvabilité


fictive.
Exceptions : chèques de banque = tirés par la banque sur elle-même au profit d'un tiers,
c'est une garantie de l'existence de la provision.

3) Le beé neé ficiaire

Son nom figure sur le titre lui-même, indiqueé par le tireur. A défaut, le chèque peut être
au porteur (L 131-6 CMF).
Le bénéficiaire doit être capable de recevoir paiement (mineur → paiement au
repreé sentant leé gal)

Si le cheè que est tireé au profit d’une personne morale → encaisseé sur un compte de cette
personne morale.
-Pour les sociétés en formation → pas de personnalité morale donc pas de patrimoine.
Pour la CdC à partir du moment où cette société est désignée elle peut seule encaisser le
chèque → ouverture par la banque d'un compte au nom de cette société + précision
« mixte en formation ».

-Cheè que sur soi-meê me → L 131-7 CMF → transfert d'un compte aè l'autre

A) La forme du chèque

Le cheè que est eé tabli sur des formules deé livreé es par la banque, selon certaines conditions de
forme.

1) La formule de chèque

-Formules au nom du client eé tablies par la banque sous peine d'amende (L131-70 CMF) =
obligation légale→ preé sentation suggeé reé e par la leé gislateur pour favoriser le traitement
informatique → pas de nulliteé si forme diffeé rente.

-R 131-1 et s CMF → Obligation réglementaire de vérification a priori par la banque de la


capacité et du pouvoir de tout postulant aè la remise de formules.
R 131-44 CMF → Obligation réglementaire d'interrogation de la BdFrance sur les
incidents de paiement, l'interdiction bancaire avant toute remise de formules. La Bdf
est tenue d'informer peé riodiquement les eé tablissements de creé dit.
-Une socieé teé en formation pouvait recevoir des formules auparavant, mais deé sormais la
banque eé mettrice est susceptible d'engager sa responsabiliteé meê me sans faute grave.

L131-71 CMF → consacre la possibilité du refus motivé de la délivrance de formules non


destineé es au retrait de fonds ou une certification. De meê me, le tireé peut aè tout moment exiger
restitution des formules deé livreé es.

-Pas d'obligation leé gale d'eé mettre un cheè que sur formule bancaire → en theé orie valable sur
papier libre, mais presque inexistant en pratique, de plus il est souvent prévu dans la
convention d'ouverture de compte que le titulaire aura l'obligation de n'utiliser que les
formules remises par la banque.

2) Les conditions de forme du chèque

Le cheè que est un titre qui doit respecter des conditions de forme bien preé cises. On a pris
l’habitude de classer ces conditions de forme en 3 catégories :
- Mentions obligatoires
- Mentions facultatives
- Mentions interdites

a) Les mentions obligatoires (L131-2 CMF)

-Préimprimées sur le chèque ou devant être écrites par le tireur.

- Deé nomination du cheè que inscrite dans le titre meê me et dans la langue employeé e pour
la reé daction de celui-ci.
- Mandat pur et simple de payer une somme deé termineé e
- Nom du tireé
- Indication du lieu ouè le paiement doit s’effectuer
- Indication de la date et du lieu ouè le cheè que est creé eé
- La signature du tireur

L 131-3 CMF→ Preé voit un systeè me des eé quivalents comme pour la LdC :
-Deé faut de lieu de paiment indiqueé = reé puteé celui aè coê teé du nom du tireé .
-Deé faut de lieu de creé ation → reé puteé celui aè coê teé du nom du tireur.

-La sanction du défaut de mention hors équivalence = nulliteé du titre en tant que cheè que.

b) Les mentions facultatives

-Cheè que = instrument de paiement et non de creé dit donc moindre liberteé de circulation.

-Nom du bénéficiaire pas obligatoire selon le L 131-2 CMF = titre au porteur (L 131-6
CMF) → option pour le tireur entre personne deé termineé e ou titre au porteur + réputé au
porteur si rien n'est indiqué.
-Clause interdisant l'endossement aè tous sauf eé tablissement de creé dit ou assimileé
-Les deux barres du chèque barré → cheè que ne peut eê tre payeé que par un banquier ou client
du banquier.
-certification (L131-4 CMF) → Banque qui certifie et immobilise e la provision apposant sa
signature sur le cheè que par moyen indeé leé bile

c) Les mentions interdites

Réputées non-écrites, elles ne portent pas atteinte à la validité du titre s'il est complet par
ailleurs.
-Interdiction de la stipulation d'une eé cheé ance ou d'un taux d'inteé reê ts
-Interdiction d'une condition ou d'un terme au paiement (engagement pur et simple)

II) La transmission du chèque

-Cheè que = transmissible par nature, titre neé gociable, par tradition reé elle au porteur, avec
transfert de tous les droits y eé tant attacheé s.

Transmission de principe = endossement, souvent au profit d'un eé tablissement de creé dit, car
en droit commun le cheè que est le cheè que barreé , non endossable sauf au profit d'une banque
ou assimileé .

La banque peut deé livrer des cheè ques non barreé s → soumis aè un droit de timbre + banque
tenue de communiquer aux autoriteé s publiques, aè la BdFrance et aè l'admi fiscale l'identiteé des
deé tenteurs de ces formules.

Comme pour la lettre de change, il y a 3 modalités d’endossement du chèque :


- Endossement translatif qui permet de transmettre la proprieé teé du titre aè
l’endossataire,
- L’endossement de procuration qui a pour objet de donner a l’endossataire le mandat
du recouvrement du cheè que
- L’endossement pignoratif, avec cette preé cision que l’endossement pignoratif dans le
domaine des cheè ques est particulieè rement rare dans la pratique.

A) L'endossement translatif du chèque : L 131-20 CMF

Effet de l'endossement translatif : Transmet les droits qui résultent du chèque et la propriété de la
provision à l'endossataire (L131-20), l'endosseur devenant garant solidaire du paiement du titre sauf
clause contraire (L131-21).

Tout endossement est présumé translatif (même principe que la LdC) jusqu'à rapport de la preuve
contraire par l'une des parties. En revanche, la présomption est irréfragable pour les tiers
(différence d'avec la LdC) qui ne peuvent se prévaloir que de l'acte apparent.
Le régime de la preuve : elle est libre entre les parties

-Principe d'inopposabilité des exceptions : L 131-24, dans les limites de la mauvaise foi du
porteur ou de la faute lourde du bénéficiaire.
B) L'endossement de procuration

Principe : l'endosseur donne à l'endossataire un mandat de recouvrement d'un chèque pour son
compte (L131-26) = pas de transfert de la propriété de provision
-Possible pour tous les chèques, même ceux stipulés non endossables, sauf impossibilité ratione
personae.

Conditions de fond et de forme :


-Simple capacité civile suffit, l'endossataire ne contractant aucune obligation cambiaire.
Mentions manuscrites obligatoires (« bon pour recouvrement », « pour encaissement » ou
toute autre formule de même sens.

Les effets :

L'endossataire peut exercer tous les droits dérivant du chèque au nom et pour le compte de
l'endosseur. Il ne saurait l'endosser à titre translatif, n'en ayant pas le pouvoir.
-L'endossataire, simple mandataire, n'est pas un porteur autonome et peut se voir opposées
les exceptions opposables à son mandant (transparence du mandataire).

Section II : La fonction de paiement du chèque

Unique fonction du chèque en principe : le paiement.


Principe de la liberté des moyens de paiement, tempéré des exceptions du L 112-6 CMF, qui oblige
au paiement par chèques dans certaines situations (sauf incapables ou personnes sans compte).
-Certains centres de gestions agréés ont l'obligation d'accepter les chèques qui leur sont proposés.

I) Le paiement du chèque

A) Les garanties de paiement

1) les garanties légales

-Obligation imposée par la loi au banquier de payer certains chèques :


-garantie ponctuelle ou générale se rapportant à la provision

a) les garanties ponctuelles

L 131-82 CMF : Banquier tenu au paiement de tout chèque sur une formule délivrée par lui si le
montant est inférieur ou égal à 15€, nonobstant l'asbsence, l'insuffisance ou l'indisponibilité de la
provision (convention d'ouverture de crédit réputée irrévocable).

-Si le tiré n'a pas accompli les diligences normales pour récupérer la formule, il sera
pareillement tenu : L 131-81 CMF.

-Cette obligation légale se prescrit en un mois à compter du jour de l'émission.


-Le banquier peut refuser le paiement pour tout autre motif que celui défendu par le L131-82
CMF.
Sanction de la fraude par le R 163-1 du CMF (décret 1992) → paiement déguisé d'une dette
puni d'une amende.

2) La garantie générale

La provision = créance du tireur sur le tiré. Le tireur s'expose à des sanctions si la provision
n'existe pas, cette existence est prévue par les textes (L131-4 du CMF) : « organisme ayant au
moment de l'émission des fonds pour le compte du tireur »

a) l'existence de la provision

L'existence de la provision est une nécessité, dès le moment de l'émission car le chèque est un
titre payable à vue, immédiatement exigible : « la provision doit être préalable à l'émission du
chèque », sauf convention d'ouverture de crédit qui équivaut à cette existence.

La provision doit être : certaine, liquide, exigible et disponible, l'émission du chèque rendant
indisponible celle-ci. Le transfert de propriété de la provision est concomitant à l'émission
(moment d'appréciation des conditions de fond et de forme) dont il résulte et est irrévocable
en principe.

Si plusieurs chèques ont été émis : imputation chronologique du plus ancien au plus récent.
La provision transférée a quitté le patrimoine du tireur et est donc hors du droit d'agir de ses
créanciers personnels (sauf L 511-1 du CPCE → provision soustraire par le porteur que si le
chèque a été remis à l'encaissement avant la saisie)

2) les garanties conventionnelles

a) l'aval du chèque : L 131-28 à L 131-30 du CMF

Principe : Un chèque peut être garanti pour tout ou partie de son montant par un aval, qui ne
peut être le tiré (= création de fonds artificiels en sa propre faveur).

Conditions de forme : Sur le chèque lui-même, sur une allonge ou par acte séparé (dans ce cas
le lieu de rédaction doit y figurer selon le L 131-29 CMF)

Effet : Avaliste tenu au paiement du chèque même en cas de nullité de l'obligation principale
sauf si elle résulte d'un vice de forme.

-Le principe d'indépendance des signatures est étendu à l'avaliste qui a payé le montant du
chèque, celui-ci acquiert les droits en résultant contre l'avalisé et ceux tenus envers lui par le
chèque.

b) le visa L 131-5 CMF

Définition du visa : Acte par lequel le banquier constate l'existence de la provision à la date de
production de cet acte, par l'apposition de sa signature.

Effets du visa : N'immobilise pas la provision au profit du porteur. Simple constatation qui pourra
être opposée à quiconque contestera que la provision existait à ce moment.

c) la certification de chèque L 131-14


Définition du certificat (créé en 1941) : Acte par lequel le tireur ou le porteur peuvent demander
au tiré de certifier l'existence de la provision et de l'immobiliser jusqu'à expiration du délai de
présentation du chèque.

Forme du certificat : Mentionne le montant du chèque, désigne le tiré, la date et comporte la


signature du tiré sur le chèque lui même par un procédé indélébile → à peine de nullité

Effets du certificat : Moyen de preuve de l'existence de la provision + Moyen d'immobilisation de


cette provision.

Sanction du certificat frauduleux : La banque engage sa responsabilité

B) La procédure de paiement

1) la présentation au paiement

Selon le L 131- 32 CMF : le délai de présentation est le suivant :


Chèque émis en France métropolitaine → présentation sous 8 jours à compter de l'émission
Chèque émis en Europe → 20 jours/hors d'Europe → 70 jours

-Délai insusceptible de prorogation .

Conséquence de l'expiration du délai : Perte des recours cambiaires contre les signataires du
chèque. Les droits du porteur contre le tireur issus du rapport fondamental subsistent.

Le chèque peut toujours être payé (L131-35 CMF) jusqu'à expiration du délai de prescription,
lequel court pendant un an (L 131-59 CMF) à compter du jour de l'expiration du délai de
présentation.

2) la réalisation du paiement

-En droit commun → paiement obligatoire pour le tiré quand la provision existe.

a) le chèque ordinaire

-Devoir de vérification de la chaine des endossements à la charge du tiré, lequel informe le tireur
des anomalies constatée
-Vérification formelle du chèque par le tiré puis paiement du porteur légitime.
-Le refus de payer quand la provision existe et qu'il n'est pas fait oppoistion → sanctionné par
l'engagement de la responsabilité du tiré pour inexécution de l'ordre + atteinte au crédit du tireur
(L131-70 CMF)

b) le chèque barré

-Chèque de droit commun (loi 1978 –> L 131-71 CMF) + application des L 131-44 et -45 CMF qui
permet de barrer tout chèque.
Effet du chèque barré (L131-45 CMF) : Ne peut être payé par le tiré qu'à un banquier, un
établissement de crédit ou un client du tiré. Le cas contraire entraine commission d'une faute
engageant la responsabilité du tiré.

-Le paiement du chèque libère le tireur, car c'est l'encaissement et non la remise qui vaut
paiement, la créance originaire ne s'éteignant que par cet encaissement (L131-67 CMF).

II) Les incidents de paiement

A) l'opposition au paiement du chèque

Définition : Acte par lequel le tireur interdit au tiré de payer le porteur : admis dans des cas
limitativement énumérés par la loi.

1) les cas d'opposition

Cas énumérés par le L 131-35 al 2 CMF : perte, vol (extorsion assimilée au vol), utilisation
frauduleuse, procédure collective ouverte à l'égard du porteur.
-Impossible de s'opposer à un chèque de garantie du fait de sa nature pour la CDC.

-cas de le procédure collective ouverte à l'égard du porteur : Débiteur dessaisi, ne peut plus
recevoir personnellement de paiement. Le tireur peut s'y opposer et délivrer un chèque libellé à
l'attention du mandataire judiciaire.

L'opposition doit être confirmée par écrit : la banque a le devoir légal d'informer le tireur des
sanctions d'une opposition fondée sur une cause autre que celles prévues par la loi.

-Si l'opposition est infondée : juge des référés ordonne la mainlevée de l'opposition sur demande
du porteur
Si l'opposition est fondée : Si le banquier a payé, il engage sa responsabilité à l'égard du tireur.

L'opposition entraine immobilisation de la provision jusqu'à décision judiciaire sur sa validité.

B) Le refus du paiement par le tiré

L131-73 CMF –> La banque peut refuser de payer le porteur, après avoir informé le tireur,
pour défaut de provision.

1) les incidences sur le tireur

-Dépénalisation de l'émission de chèque sans provision → loi du 3 janvier 1972 + 3 janvier 1975,
au profit de sanctions civiles, dont l'interdiction bancaire. Dernière loi de décembre 1991.

a) l'interdiction bancaire

Définition : Procédure qui tend à empêcher la personne d'émettre des chèques sauf chèques de
retrait.
Forme : 1- Après constatation du défaut ou de l'insuffisance de la provision, le tiré informe le tireur
de ce défaut et lui laisse un délai de régularisation → L 131-73 CMF introduit par la loi du 11
décembre 2001.
2- Lettre envoyée au tireur par le tiré = injonction → l'avise de l'interdiction qui lui est faire
d'émettre des chèques + obligation de restitution des formules en sa possession.
3-la banque informe la BdFrance de tout incident et toute régularisation, déclare les clôtures de
comptes, les vols et pertes de chèque qu'il connait.

Régularisation : Par le paiement du montant du, que lève l'interdiction.

b) les sanctions pénales

Emission de chèque sans provision = plus un délit pénal sauf si continuation d'émission après
injonction de cesser → peines du L 163-2 CMF)
Retrait après émission d'un chèque provisionné de tout ou partie de cette provision dans
l'intention de porter atteinte aux droit d'autrui = délit pénal (L 163-2 CMF) puni de 5 ans et 375
000€.

2) les incidences sur le porteur du chèque

Le porteur légitime impayé → constate officiellement le non paiement par un protêt.


-Peut exercer les recours cambiaires attachés au chèque contre les signataires antérieurs, ainsi
que les recours attachés à l'existence de la créance fondamentale (pas de novation du fait de
l'émission du chèque).