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4ème PARTIE : LA CONVERGENCE LITHOSPHERIQUE ET SES EFFETS

CHAPITRE 1 : CONVERGENCE LITHOSPHERIQUE ET SUBDUCTION

I. CARACTÉRISTIQUES ET MARQUEURS DES ZONES DE SUBDUCTION


A. LES ZONES DE SUBDUCTION SONT DES ZONES DE CONVERGENCE
Les zones de subduction se traduisent par la disparition de la lithosphère dans l’asthénosphère.

La lithosphère océanique disparaît en s’enfonçant sous une marge active d’une plaque comprenant :
• Soit une croute continentale : subduction « océan – continent » ou marge active continentale.
Ex : plaque de Nazca sous l’Amérique du Sud
• Soit une croute océanique : subduction « océan – océan », ou arc insulaire actif, en raison des nombreuses îles
volcaniques bordant ces zones de subduction.
Ex : la plaque Pacifique sous la plaque des Philippines (archipel du Japon), les Antilles ou les îles Marianne.

La lithosphère océanique d’une plaque dite subduite s’enfonce sous la lithosphère d’une autre plaque dite chevauchante.

La vitesse d’enfoncement de la plaque subduite est en moyenne de quelques centimètres par an. Globalement la
disparition de la lithosphère océanique au niveau de toutes les zones de subduction du globe compense la production de
lithosphère par toutes les dorsales.

B. LES MARQUEURS DES ZONES DE SUBDUCTION


1. Une activité magmatique et sismique importante

L’activité sismique des zones de subduction est


caractérisée par des séismes aux foyers profonds
dépassant les 100 km de profondeur, jusqu’à parfois 700
km.

Le magmatisme des zones de subduction est caractérisé


par la coexistence de volcanisme et de plutonisme

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2. La juxtaposition de reliefs particuliers

a) Reliefs positifs
Ces reliefs positifs sont toujours associés à une activité magmatique intense.

Cordillère : dans le cas de marge active continentale

Arc insulaire : dans le cas d’arc insulaire actif.

b) Reliefs négatifs
Fosse océanique :
• Cas des marges actives continentales et d’arcs insulaires actifs
• Leur profondeur dépasse souvent les 8.000 m

Bassin arrière-arc : dans le cas d’arc insulaire actif.

3. Un prisme d’accrétion sédimentaire


Celui-ci est plus ou moins
développé et situé à cheval
entre 2 plaques convergentes.

Il est constitué de matériaux


sédimentaires déformés,
plissés et empilés sous forme
d’écailles superposées.

Ces déformations traduisent le


raccourcissement horizontal lié
à la convergence des plaques.

4. Une répartition particulière du flux de chaleur

On note au niveau des zones de subduction une double


anomalie :
• Le flux est faible (anomalie négative) au
voisinage de la fosse

• Le flux est élevé (anomalie positive) au niveau


des zones magmatiques.

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II. MÉCANISMES DE LA SUBDUCTION


A. SIGNATURE SISMIQUE ET THERMIQUE DE LA SUBDUCTION
Cet enfoncement est rapide (quelques cm par an) si bien que
1. Les foyers sismiques la lithosphère reste « anormalement » froide et rigide jusqu’à
Ils sont de plus en plus profonds lorsqu’on s’éloigne
des profondeurs importantes, comme l’atteste la présence de
de la fosse en direction de l’arc magmatique.
séismes jusqu’à 700 km de profondeur.
La répartition des foyers sismiques en profondeur
matérialise le plongement de la lithosphère
océanique froide et rigide selon une surface inclinée,
dite plan de Wadati-Bénioff. L’inclinaison de ce plan
varie, suivant les zones, de 10 à 80°.

2. Les flux de chaleur


La présence d’un flux de chaleur faible au niveau de
la fosse traduit l’enfoncement de la lithosphère
océanique froide, à l’intérieur du manteau, plus
chaud.

B. L’ÉVOLUTION THERMIQUE DE LA LITHOSPHERE OCÉANIQUE EST A L’ORIGINE DE


LA SUBDUCTION
1. Au niveau de la dorsale océanique
Au niveau de la dorsale, la lithosphère qui vient de se former est chaude et peu épaisse. Sa densité est plus faible que celle
de l’asthénosphère.

2. Loin de l’axe de la dorsale


Au fur et à mesure de l’éloignement de l’axe de la dorsale, la lithosphère océanique se refroidit.

Ce faisant, l’asthénosphère située en dessous se refroidit également. Comme la limite asthénosphère – lithosphère n’est
que physique (T°C), la partie supérieure du manteau asthénosphérique devient du manteau lithosphérique lorsque sa
Température devient inférieure à 1.300-1.200°C.

La lithosphère océanique en s’éloignant de l’axe de la dorsale océanique, s’épaissit donc, aux dépens de l’asthénosphère.

3. Différence de densité lithosphère – asthénosphère et subduction


Tout matériau soumis à un refroidissement voit sa densité augmenter (contraction thermique). Le manteau lithosphérique
est donc plus dense que le manteau asthénosphérique.

Au bout de 50 Ma, lorsque l’épaisseur de la lithosphère océanique dépasse 50 km, sa température ayant suffisamment
diminué, sa densité devient supérieure à celle de l’asthénosphère. Comme l’asthénosphère est déformable, la lithosphère
océanique a naturellement tendance à s’y enfoncer.

Cependant l’asthénosphère exerçant une grande résistance mécanique à l’enfoncement, la subduction ne se réalise qu’au
bout de 150 à 180 Ma.

Une lithosphère océanique âgée, donc épaisse et dense, s’enfonce spontanément dans l’asthénosphère.
Cette force de traction liée à l’enfoncement de la lithosphère océanique est le moteur principal de la subduction et donc
du mouvement des plaques.

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III. MAGMATISME DES ZONES DE SUBDUCTION

A. LES ZONES DE SUBDUCTION PRÉSENTENT UN MAGMATISME CARACTÉRISTIQUE


1. Volcanisme explosif
Dans toutes les zones de subduction, la plaque chevauchante porte une chaîne de volcans disposée parallèlement à la
fosse et à une certaine distance de celle-ci.

Dans le cas d’une subduction « océan – océan » cette chaîne volcanique forme un arc insulaire.

Le volcanisme des zones de subduction est caractérisé par des éruptions de type explosif, du à un magma visqueux, riche
en gaz et notamment en vapeur d’eau.

Ce volcanisme est à l’origine de roches volcaniques effusives à texture microlithique visibles en surface :
• Andésites : roche de couleur gris clair ne contenant pas de quartz et dont les minéraux caractéristiques sont des
plagioclases, l’hornblende et le pyroxène.
• Rhyolites : roche à composition chimique proche de celle du granite et dont les minéraux caractéristiques sont le
quartz, les feldspaths potassiques, les plagioclases (feldspath calco-sodiques), la biotite, la hornblende (amphibole)

2. Plutonisme
Des roches plutoniques à texture grenue dégagées par l’érosion, témoignent de l’existence d’un magma ayant cristallisé
lentement (jusqu’à plusieurs Ma) et en profondeur :

• Ce sont des roches granitoïdes : les granodiorites, granites et diorites.


• Minéraux caractéristiques : quartz, plagioclases, biotite et hornblende.
• Elles affleurent parfois suite à l’érosion.

Remarque 1 : la composition minéralogique semblable de roches volcaniques et plutoniques indiquent que celles-ci se sont formées à partir de la
cristallisation d’un même magma.

Remarque 2 : l’ascension et l’accumulation des magmas sont à l’origine du flux géothermique positif observé au niveau de l’arc magmatique.

Remarque 3 : Parmi les 2 types de magmatisme :


• Celui des dorsales engendre la croute océanique
• Celui des zones de subduction engendre des roches dont la composition se rapproche de celle de la croute continentale ; celui-ci
a pu jouer un rôle important dans l’histoire de la Terre en étant impliqué dans la genèse des continents.

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B. LE MAGMA PROVIENT DE LA FUSION PARTIELLE DES PÉRIDOTITES SITUÉES AU-


DESSUS DU PLAN DE BÉNIOFF
1. Lieu de genèse des magmas
Dans les différentes zones de subduction, le plan de Bénioff est toujours situé à une profondeur comprise entre 100 et 150
km, à l’aplomb de l’arc volcanique.

On peut donc supposer que :


• La genèse des magmas se réalise à cette profondeur (100-150 km)
• Ce sont les péridotites du manteau qui subissent la fusion à une température d’environ 1.000 °C.

2. Conditions de fusion des péridotites


La fusion expérimentale des péridotites montre que :
• Elles ne peuvent pas fondre à 1.000°C si elles sont sèches ou anhydres
• Elles peuvent fondre à 1.000°C, voire moins, si elles sont hydratées.

L’eau, en abaissant le point de fusion des péridotites, est l’agent qui déclenche la fusion partielle des péridotites situées
au-dessus de la lithosphère en subduction.

L’origine de la fusion, et donc du magma est liée à une hydratation du manteau.

3. Le métamorphisme de la croute océanique est à l’origine de la fusion partielle des


péridotites.
La croute océanique qui subit la subduction est très hydratée.

Au cours de l’expansion de la lithosphère océanique, les circulations hydrothermales aboutissent à :


• la transformation des roches de la croute océanique liée à la baisse de température et à la basse pression
• l’hydratation des roches de la croute océanique
• On parle de métamorphisme hydrothermal :
Les basaltes cristallisent dans le faciès schiste vert (minéraux caractéristiques : le chlorite, l'actinolite et l'épidote)
Les gabbros cristallisent en metagabbro à hornblende dans le faciès à schiste vert (minéraux caractéristiques : le pyroxène, le
feldspath plagioclase, hornblende).

La croute océanique qui subit la subduction est très hydratée.


Au cours de la subduction, la croute océanique se transforme et se déshydrate.

Les roches de la croute océanique entrainées dans la zone de subduction sont soumises à de nouvelles conditions de
température et de pression : elles se transforment à l’état solide (métamorphisme) et se déshydratent.

Ces réactions métamorphiques de haute pression aboutissent à la formation de minéraux caractéristiques, le glaucophane
(cf. faciès schiste bleu) ou la jadéite (cf. éclogite), de plus en plus pauvres en eau.

L’eau libérée lors de ce processus va hydrater les péridotites situées au-dessus et déclencher leur fusion partielle à
l’origine des magmas.

Remarque : il peut paraitre étonnant qu’au niveau des dorsales océaniques, la fusion partielle de la péridotite engendre un magma basaltique alors
que dans les zones de subduction la fusion des péridotites conduit à des roches différentes comme la rhyolithe ou l’andésite. Cela s’explique par
l’évolution complexe que subit le magma en profondeur avant d’arriver en surface après avoir traversé la croute continentale.

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IV. LES DÉFORMATIONS,


FORMATIONS, CONSÉQUENCES
CONS QUENCES ET MARQUEURS DE LA SUBDUCTION
A. FAILLES INVERSES, CHEVAUCHEMENTS
CHEVAUCHEMENTS ET BASSIN D’ARRIÈRE-ARC
D’ARRI
La subduction
tion engendre des déformations de la plaque chevauchante. Ces déformations sont différentes suivant les
caractéristiques de la zone de subduction.

1. Au niveau des marges actives continentales


Dans certaines zones de subduction « océan-continent
océan »:
• Ex : la plaque de Nazca qui plonge sous la bordure nord de l’Amérique du Sud
• La lithosphère océanique assez jeune (donc peu dense) plonge avec un pendage assez faible.
faible
• Cela conduit à la formation d’une chaîne de montagne très élevée par raccourcissement de la croute de la plaque
chevauchante.

Les structures à l’origine de ce raccourcissement témoignent d’une tectonique en compression :


• Failles inverses et Chevauchement

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2. Au niveau des arcs insulaires


Au niveau de zones de subduction « océan-océan » :
• Ex : les îles Marianne
• La lithosphère de la plaque subduite plonge avec un fort pendage.
• Cela déclenche la formation d’un bassin océanique d’arrière plan dit « bassin arrière-arc ».

Ces structures témoignent d’une tectonique en extension :


- Cela entraîne la mise en place d’une dorsale en arrière de l’arc volcanique.

B. PRISME SEDIMENTAIRE
Un autre aspect de la déformation associée à la subduction est celle du prisme sédimentaire d’accrétion.

Les prismes d’accrétion sont rares dans les zones de subduction à fort pendage.

Quand le prisme existe :


- Il se développe entre la fosse et l’arc volcanique.
- Il est formé à partir de sédiments portés par la plaque subduite.
- Une partie de ces sédiments se décollent de la croute et s’empilent en écailles disposées en éventail.
- On peut y observer également des failles inverses et des chevauchements.

Remarque : au niveau des prismes d’accrétions, les déformations sédimentaires observées témoignent d’une tectonique en compression qui parfois
peut affleurer (ex : La Barbade).

COMPLEMENT

Métamorphisme de la lithosphère océanique et libération d’eau :

Tout repose sur la présence dans la lithosphère qui entre en subduction de minéraux hydroxylés et ce particulièrement dans la croute. Leur présence
s’explique si l’on remonte l’histoire de la lithosphère océanique jusqu’à sa naissance à la dorsale.

La croute tout juste formée par refroidissement du magma émis aux dorsales est soumise à des forces extensives et se fracture. Elle est alors le siège
d’une importante circulation d’eau de mer. Les gabbros de la croute sont encore à une température élevée (600 à 800 °C). Dans ces conditions, des
réactions à l’état solide ont lieu entre les minéraux du gabbro et l’eau de mer. Les pyroxènes et les feldspaths plagioclases réagissent entre eux pour
-
donner un nouveau minéral hydraté (incorporation d’eau sous forme de radicaux OH ), l’amphibole (ou hornblende).

Pyroxène + Plagioclase + H2O  Amphibole (Hornblende).

A cette genèse de nouveaux minéraux par recristallisation à l’état solide, on donne le nom de métamorphisme. Il s’agit ici d’un métamorphisme
hydrothermal (lié à la circulation d’eau de mer) de haute température et de basse pression. Les gabbros sont devenus des métagabbros hydroxylés.
Si la circulation d’eau de mer affecte le manteau, l’olivine de la péridotite est transformée en un minéral hydraté, la serpentine. La péridotite devient
une serpentinite.

En général, la réaction n’est pas complète et la nouvelle roche contient des minéraux non transformés (minéraux reliques) et les nouveaux minéraux
(l’amphibole par exemple) forment une couronne autour du pyroxène, au contact du feldspath plagioclase.

En s’éloignant de la dorsale la croute refroidit ; de nouveaux minéraux hydroxylés se forment : chlorite et actinote.

En plongeant dans le manteau, la lithosphère subduite se réchauffe lentement au cours de sa progression mais subit surtout des pressions de plus en
plus fortes. Les minéraux hydroxylés des métagabbros sont dans ces nouvelles conditions instables et de nouvelles cristallisations s’effectuent
traduisant un nouveau métamorphisme. Ce métamorphisme des zones de subduction est dit « de haute pression et de basse température ». Il
conduit à de nouveaux minéraux. D’abord l’hornblende bleue, le glaucophane et finalement le métagabbro devient une éclogite, roche formée par
l’association de 2 minéraux : le grenat (rouge) et un pyroxène sodique, la jadéite (verte).

La caractéristique des réactions de ce métamorphisme est qu’elles aboutissent à des minéraux anhydres et donc libèrent de l’eau. C’est cette eau qui
en imprégnant les péridotites de la plaque chevauchante va entraîner une fusion partielle.

Dans certaines zones de subduction, il arrive que les métagabbros à glaucophane ou des éclogites soient ramenés à la surface par l’activité
volcanique : leur présence en fait des marqueurs des zones de subduction.

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