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Le tourisme de masse : d’idées à
relever

une maladie fatale ?


987 mots

[...] Le tourisme de masse, dit simplement, ce sont des


déplacements massifs de populations touristiques vers un même
lieu (une ville, un pays ou une région géographique) pour un temps
court. A priori1, rien de mal, mais il est nécessaire de considérer
5 de plus près quelles en sont les implications. On pourrait imaginer
qu’un afflux massif de touristes induit un afflux massif de recettes,
donc l’accroissement de l’industrie touristique et, logiquement, plus
de travail. Or, si tout cela est bien vrai, les plus grands avantages
coûtent très cher et ils sont rarement reçus par le pays visité ou sa
10 population.

Qu’y a-t-il de mal dans le tourisme de masse ? Ceux qui se


rendent sur les lieux contaminés par le tourisme de masse 1
s’amusent à coup sûr : tout y est fait pour que le touriste y trouve
les produits et services garantissant un séjour à son goût, qui ne
15 s’éloigne pas excessivement de ses habitudes de consommateur
européen. Car, même dans les pays sous-développés ou en
développement, les parcs touristiques se doivent de garantir un
haut niveau de qualité de prestation. Les revenus de l’industrie
touristique en dépendent. Et c’est d’ailleurs bien la raison pour
20 laquelle la majorité des touristes n’a aucune chance – ni le temps,
d’ailleurs – de se rendre compte des impacts négatifs de son
voyage sur les lieux de leur séjour. Ils ne perçoivent pas ces effets
car, n’étant que de passage dans des espaces le plus souvent
coupés des populations environnantes (zones hôtelières, Club Med,
25 bateaux de croisière…), ils ne les verront ni ne [les] subiront – ce
qui, en revanche, est bien le cas pour les locaux et pour leur
environnement, qui ne peuvent qu’en souffrir.

Très logiquement, une quantité massive de touristes exige


une quantité plus massive encore de produits et services, donc de
30 ressources naturelles et de main d’œuvre. [...]

1 A priori : Avant tout examen approfondi ; à première vue


Un des problèmes écologiques les plus graves a trait à la
question de l’eau. Tandis que, dans le monde, un milliard de
d’humains n’a pas accès à l’eau potable, un touriste utilise en
moyenne la même quantité d’eau en 24 heures que ce qu’utilise un
35 villageois d’un pays pauvre sur une période de 100 jours de
riziculture. Car, si la culture de la douche prolongée et du bain est
banale dans les pays riches, souvent pourvus de systèmes
efficaces de traitement des eaux usées, ce n’est pas le cas dans la
majorité du monde. Ainsi, au Maroc, l’industrie touristique utilise
40 deux fois plus d’eau que l’activité qui en est a priori la plus grande
dépendante, à savoir l’agriculture. [...]

Une importante quantité de touristes consommant une


importante quantité de produits, génère immanquablement une
importante quantité de déchets. [...] À la Barbade, les eaux usées
45 envoyées par les hôtels dans la mer, même si elles sont traitées,
restent tout de même riches en azote, lequel détruit les plantes
maritimes indispensables à l’alimentation de poissons et à la
construction de coraux. [...]

Les besoins en main d’œuvre impliquent souvent une


50 exploitation impitoyable de salariés jetables et/ou sous-payés, qui
ne bénéficient d’aucune protection sociale et/ou syndicale. [...] En
République dominicaine, les femmes de chambre aux hôtels
travaillent neuf heures par jour, ne bénéficient pas de congés payés
2
et ne peuvent obtenir de vacances qu’en l’échange des heures
55 supplémentaires effectuées. [...]

On pourra toujours argumenter que, même s’il existe des


effets négatifs, le développement économique et la hausse des
revenus liés au tourisme valent la peine. Et pourtant, la réalité est
têtue. Car la majorité des recettes générées par cette industrie ne
60 profite pas au pays visité, beaucoup de centres touristiques étant
conçus comme des enclaves, des zones franches, comme closes
sur elles-mêmes et séparées par l’étanchéité du mur de l’argent des
zones environnantes.

En outre, sur un forfait touristique international acheté en


65 Belgique, en Allemagne, ou au Royaume-Uni, en moyenne, 20%
reste dans le pays d’origine (l’agence, le tour operator, tout d’abord)
et 37% revient à la compagnie aérienne. Seuls 43% atteignent le
pays visité, pourcentage qui est loin, très loin de bénéficier
intégralement aux locaux. [...] Au total, ce sont les miettes que
70 récoltent les locaux, qui sont déjà chanceux lorsqu’ils perçoivent le
salaire minimum. [...]
Un autre problème qui affecte la population tient à
l’impossibilité de jouir du territoire où il vit. À Bacalar2, nous avons
pu constater que la privatisation de la rive de la lagune, au profit
75 d’hôtels, en empêchait de fait l’accès, sauf par deux uniques
pontons. La Riviera Maya, au Mexique, est l’exemple d’une
privatisation massive du territoire littoral, où il n’est parfois plus de
profiter de la mer, parce que les hôtels en barrent l’accès et
envahissent la plage. [...]

80 Existe-t-il donc une cure3 pour cette maladie ? Il est, certes,


vital d’être conscient des conséquences qu’un voyage peut
produire, et plus encore, d’essayer de ne pratiquer qu’un tourisme
alternatif, responsable, en ayant à l’esprit les effets sur les
populations et leur environnement écologique : préférer des guides
85 indépendants et/ou locaux [...], manger dans des restaurants plutôt
que dans des franchises de chaînes de restauration, privilégier des
hébergements écologiques et des hôtels familiaux, acheter de
l’artisanat local dans des échoppes spécialisées, voire sur le lieu de
fabrication, préférer les produits du marché à ceux des grandes
90 surfaces (de toute façon plus chers)…

Et surtout, il convient de bien choisir sa destination… et


d’éviter les pièges à cons, largement infectés par le cancer du
tourisme de masse comme Cancún, Bali, Cozumel, le Mont-Saint-
Michel ou Venise et beaucoup d’autres… ou bien de les visiter
3
95 différemment : hors saison ou en logeant chez l’habitant, dans des
hébergements écotouristiques ou des maisons d’hôte, ce qui
permet de soutenir la micro-économie du tourisme et non
d’engraisser les capitalistes du tourisme ; voyager sans passer par
les grands opérateurs touristiques indifférents à l’environnement et
100 à la société (mais non aux profits), mais en privilégiant plutôt
associations et agences de voyage alternatif.

Source : AF de Xela, http://www.voyageurs-du-net.com, décembre


2012

2 Bacalar : ville située sur la côté sud-est du Mexique


3 Cure : traitement

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