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‫ننجحو كاملين‬

La grammaire textuelle
Première séance 7/10/2019
Plan de cours
I/ Grammaire / Grammaires
II/ Texte, récit, discours
III/ Grammaire à un seul niveau ; Grammaire à deux niveaux ;
Théorie des trois points de vue
IV/ Notion de la grammaire textuelle : mise en relief,
progression, etc.

Bibliographie …
‫ننجحو كاملين‬

La grammaire textuelle
Deuxième séance 21/10/2019
La grammaire tout d’abord c’est un concept
Différentes significations linguistiques de la notion «Grammaire ».
La grammaire est un mot polysémique, c’est une notion complexe.
Signification très large du mot grammaire.
En effet, autrefois dans l’antiquité grecque, dans l’antiquité romane, en
Inde, chez les arabes, etc. Autrefois le terme de la grammaire désigne toute la
linguistique : la phonétique, la morphologie, la syntaxe, la sémantique, la
rhétorique. Les grammairiens anciens étaient des linguistes parce qu’ils étudient
la langue. La grammaire avait pour objet d’étude générale de la langue en
générale.
Aujourd’hui la grammaire désigne seulement une des composantes de la langue
qui est la syntaxe ou la morphosyntaxe, dans ce cas actuellement la grammaire
possède une signification restreinte, cela dit même de nos jours le terme
grammaire a des significations qui varient d’un grammairien à l’autre. Le terme
de grammaire est donc évolutif et c’est pourquoi il est nécessaire de dégager ses
différentes significations et son évolution.
Quelques significations
Parfois quand on emploi grammaire on oppose la grammaire au
dictionnaire.
 Grammaire VS Dictionnaire
Le dictionnaire désigne les mots d’une langue (lexique) alors que la
grammaire désigne les moyens (règles grammaticales) qui permettent
de combiner les mots, de les mettre en relation afin d’obtenir des
phrases qui sont des unités plus large que les mots, tout en rendant
compte des changements ou variation que les mots subissent au cours
de ce processus de combinaison des mots. Dans ce cas la grammaire est
synonyme de la morphosyntaxe.
L’opposition grammaire Vs dictionnaire qui concerne d’abord la langue
est parfois utilisée pour expliquer et décrire d’autres objets que la
langue. C’est ce que font les sémiologues qui ont profité de l’opposition
grammaire Vs dictionnaire pour étudier d’autres systèmes de signe
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comme les gestes, le vêtement, les plats de cuisine, le cinéma, etc. Ces
systèmes de signe sont appelés signes non-verbaux et ils se posent à
langue qu’est un système de signe verbal.
L’importation de l’opposition grammaire Vs dictionnaire nous conduit à
dégager une autre signification du mot « grammaire » ; cette
signification est la suivante : « On entend généralement par grammaire
la description des modes d’existence et de fonctionnement d’une langue
naturelle ou éventuellement et plus largement de toute sémiotique ».
(A. Greimas et J. Courtes, sémiotique. Dictionnaire raisonné de la
théorie du langage, Paris, Ed Achette.1979. P167).
Explication de citation :
Langue naturelle : français, arabe, amazigh …
Sémiotique : système de signe ou de signification non-verbaux
 La grammaire comme compétence linguistique ou « Grammaire
intériorisée »
On a ici le sens premier de grammaire tout locuteur possède à
« l’origine » un savoir, une connaissance implicite de mécanisme (règle
de fonctionnement). Ce savoir implicite est une grammaire intériorisée
c’est-à-dire une connaissance innée (qui nait avec le locuteur). Cette
grammaire intériorisée s’explique que le faite qu’il existe dans le cerveau
une faculté du langage innée c’est-à-dire une grammaire universelle
interne qui serait activée quand le petit enfant apprend une langue.
Cette conception de la grammaire appartient au linguiste américain
généraliste Noam Chomsky. D’autre part la grammaire intériorisée ou la
compétence linguistique signifie que tout locuteur maitrisant sa langue
est capable (compétence) de produire et de comprendre un ensemble
infini de phrases de cette langue. Comment expliquée cette
compétence ?
Troisième séance 28/10/2019
L’objectif de toutes grammaires est de décrire et de codifier toutes les phrases
possibles de la langue (c’est ce qui fait N. Chomsky). De même les grammaires
en générale essaient de codifier les mécanismes de ce savoir intériorisée appelée
« grammaire intériorisée » ou compétence linguistique.
I-1/Exemples de quelques types de grammaire
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1/ grammaire traditionnelle : elle est héritée de la pratique d’enseignement ou
la pédagogie et elle appartient à la seconde moitié de dix-neuvième siècle.
Qu’est ce qui caractérise cette grammaire ?
La grammaire traditionnelle est normative ; elle vise à prescrire un usage
privilégié de la langue, qui est la langue du groupe sociale dominant (la
bourgeoisie par exemple). En plus la grammaire traditionnelle a recourt à des
jugements de valeur d’ordre comportemental (élégant ou raffiné ou vulgaire).
Parfois les jugements de valeur sont d’ordre esthétique (beau/laid) en outre la
grammaire traditionnelle limite à l’étude de la langue écrite et son modèle de
référence est celui des grands écrivains de dix-septième et dix-huitième siècle
(écrivains classiques) elle néglige donc l’oral et les écrivains qui ne sont pas
classiques. Et on la critique sur ce point (l’oral et la littérature non classique sont
aussi importants) grammaticalement parlant que l’écrit est la littérature
classique.
La plus grande critique qu’on fait à la grammaire traditionnelle concerne son
aspect normatif c’est-à- dire prescriptive. En effet la grammaire traditionnelle
se réduit à la prescription grammaticale « dites cela » et à l’interaction
grammaticale : « ne dites pas cela ». C’est pourquoi on peut différencier la
grammaire normative qui est prescriptive de la linguistique qui est explicative et
scientifique. La linguistique explique des problèmes de la langue selon des
critères purement linguistique.
2/ grammaire historique (19ème siècle)
Pour ce type de grammaire la langue est non-seulement une nature, mais, une
histoire. La langue s’inscrit dans le temps c’est-à-dire elle évolue à tous les
niveaux linguistique : phonique, lexical, syntaxique, stylistique etc. Les
changements culturels et les besoins techniques font que la langue change,
évolue presque nécessairement (le changement devient une nécessité) serte
une langue est historique (elle n’est pas figée) d’où l’importance de la grammaire
historique mais ce type de grammaire néglige l’étude des états de langue
(synchronie). La grammaire historique est surtout diachronique car elle
s’intéresse à la succession des époques d’une langue (un siècle, demi-siècle)
3/ grammaire structurale
Elle étudie justement les étapes de la langue (synchronie) elle étudie la langue
tell qu’elle fonctionne dans un moment donnée de son histoire c’est pourquoi la
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grammaire structurale considère la langue comme une structure comme un
système dans lequel tous les éléments linguistique se tiennent liés.
4/ grammaire générative (seconde moitié de 20ème siècle)
Selon elle la grammaire est un ensemble de règle qui permet de construire (de
générer) toutes les phrases d’une langue est celles-là seulement (c’est ce qu’on
appelle les phrase grammaticales par opposition aux phrases agrammaticales).
Autrement dit la grammaire générative formule les règles (nombre fini) qui
permettent la compréhension et l’emploi de toutes les phrases possible (infinité
de phrases).
Certaine grammaire d’aujourd’hui
De nos jours les linguistes emploient la notion de grammaire avec un sens précis.
En effet le linguiste ne fait pas de « la grammaire » mais il construit « des
grammaires ». Pour lui la grammaire désigne un modèle scientifique qui vise le
fonctionnement d’une langue (on retrouve le principe comment fonctionne une
langue) par exemple le linguiste cherche à comprendre comment la langue
française, tout comme il cherche à comprendre comment fonctionne certains
aspects de la langue française qui ne sont pas forcément grammaticaux. Ces
aspects peuvent être la sémiotique, phonologie, rhétorique etc. C’est pourquoi
le linguiste parlera de « grammaire des oppositions, de grammaire de la phrase,
de grammaire de texte etc. »
La notion de grammaire est polysémique c’est-à-dire complexe, elle signifie la
façon dont fonctionne une langue (mode de fonctionnement) et elle signifie
aussi la capacité qu’a le sujet parlant à comprendre et à faire usage de sa langue
matérielle (grammaire intériorisé). La grammaire désigne aussi les composantes
de langue ; phonique, sémantique, lexicale, etc (grammaire anciens). La
grammaire a aussi une signification restreinte car elle étudie la forme des mots
et la relation entre ces mots (la forme et le règles) et elle a une signification
encore plus restrictive, elle étudie les règles reliant les mots entre eux (système).
Et arrive même que grammaire désigne syntaxe, sémantique et phonologie :
c’est le cas de Chomsky qui emploie le terme de grammaire générative et
transformationnelle.
Quatrième séance 30/10/2019 (suite de cours)
II/ Récit - discours – texte

1/Récit
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Le récit ce qui arrive ce que se produit à un moment donné et en se produisant
il provoque du changement « beau ou mauvais », il y a un avant et an après, le
récit est fondamentalement lié au temps, l’action. Le temps apparait à plusieurs
niveaux alors d’abord le récit lui-même est une action dans le temps parce que
arriver (advenir) se fait dans le temps (c’est un événement signifie le temps) ;
ensuite quand quelque chose arrive ou advient le cours du temps lui-même est
impacté. Il y a un avant et un après. Puis parfois lorsqu’un événement arrive il
n’arrive pas tout seul ; d’autres événements adviennent avec lui. Autrement dit
il y a des faits qui se produisent et qui s’inscrivent dans une temporalité par
rapport aux autres (dans ce cas on parlera de chronologie [succession dans le
temps])
C’est pourquoi P.Ricœur a consacré une trilogie au récit intitulée temps et récit.
Les narratologues comme Gérard Genette et T. Todorov ont eu aussi étudié le
récit. Les sémioticiens aussi ont beaucoup travaillé sur le récit, c’est le cas de
Greimas même Lévi-Strauss qui est anthropologue s’est intéressé au récit.
L’autre caractéristique de récit en plus de temps c’est le figuratif. En effet le
figuratif suppose des personnages qui accomplissent des actions. Ces actions se
déroulent dans le temps et dans l’espace, le temps de personnage a une
signification assez large et peut être remplacé par le terme de l’acteur. L’acteur
est une figure (une incarnation) [la chorégraphie par exemple]. Ensuite l’acteur
n’est pas nécessairement humain ; il peut désigner des animaux, des éléments
naturels des figures imaginaires etc. qu’il peut être la longueur d’un récit ? (la
dimension matérielle n’est pas important). Cette aspect quantitatif du récit n’est
pas très pertinent et pour deux raisons. Parfois le récit peut être fait d’un grand
nombre d’événement et peut compter plusieurs volumes : c’est l’exemple des
Miles et une nuit, mais parfois une seule phrase peut constituer un récit. Voici
un exemple : « Adan a mangé la pomme »

2/Le discours
Le discours est une notion de plus complexe presque toutes les disciplines
des sciences humains utilise cette notion et souvent dans ces disciplines
(psychanalyse, philosophie, sociologie etc. Le discours appartient au code oral,
mais en sciences des langages (linguistique, sémiotique, sémiologie,
pragmatique et analyse de discours). Le discours n’est pas seulement oral
(parole) mais il peut être écrit ou visible (image) ou autre.
Voici quelques significations de la notion de discours :
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A/ signification linguistique
Dans ce cas le discours et l’enchainement des unités proprement
linguistique à savoir les phonèmes, les monèmes et les phrases dans le discours.
Il y a passage de phonèmes aux monèmes et à la phrase (il s’agit du passage
d’une unité à l’autre) dans ce cas le discours est équivalant de langue naturelle
(l’arabe, le français etc.). Une langue naturelle donnée le français par exemple
est la manifestation de discours. La langue est le matériau de discours. De même
que les couleurs, les lignes, et les formes sont le matériau de la peinture (une
toile). De même la langue est le matériau de discours.
B/ signification pragmatique
Pour les pragmatistes comme Austin, Seurl, Ducrot le discours n’a de
signification véritable que si on le rattache au contexte. En effet pour
comprendre le discours il est nécessaire de tenir compte des utilisateurs de
discours (le locuteur et l’interlocuteur) et des coordonnes spatiotemporelle
(lieux et temps de production de discours). Le discours en pragmatique nécessite
la situation de sa production. Le discours est un produit de langage et pour le
comprendre on doit faire appel à la situation de sa production. En pragmatique
l’unité de discours, c’est l’énoncé car comprendre un énoncé c’est tenir des
conditions de son énonciation (le contexte)
Remarque :
L’énoncé est le contraire de la phrase : la phrase est abstraite, virtuelle, et elle
appartient à la langue tandis que l’énoncé est réel, concret, et il appartient au
discours (on retrouve l’opposition langue Vs discours)
C/ signification sémiotique ou sémiologique
Pour les sémioticiens et certains sémiologues dont Rolland Barthes le
discours se défini par deux paramètres
a/ il transphrastique : c’est-à-dire la notion de phrase ne marche pas avec le
discours (il faut dépasser la notion de phrase qui est l’objet de l’étude de la
linguistique). Pour Barthes l’objet de la sémiologie et de la sémiotique n’est pas
la phrase mais le discours dans ce cas est un tout signifiant, une totalité
productrice de signification.
Ou se trouve le discours ? Pour Barthes le discours se trouve dans les sciences
humaines : la philosophie est un discours sur les thèmes de liberté, morale,
action, existence etc. la psychanalyse est un discours qui se tient sur
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l’inconscient, le désir, le sur-moi etc. l’anthropologie est un discours produit sur
l’homme etc. sociologie est un discours sur la société. La psychologie est un
discours sur le moi.
Tous ces discours produisent de la signification et c’est pourquoi il s’intéresse
Les sémioticien et sémiologues. De même que la littérature est un discours Car
elle produit de la signification. De même que les sciences humaines sont des
discours produisant de la signification.
En outre en sémiotique et sémiologie le discours n’est pas seulement verbal
(langue et littérature) ; il peut être non-verbal (film - photographie – gestuel –
sculpture – musique – un comportement social donnée – vêtement – cuisine
etc.). Tous ces discours no-verbaux produisent de la signification et c’est ce qui
intéresse le sémiologue et le sémioticien.
b/ en sémiotique et sémiologie la seconde caractéristique de discours est
l’instance énonçant. En effet tout discours se rattache à une seule ou plusieurs
instances énonçants qui le prennent en charge par exemple J. Coquet parle de
la chorégraphie en affirmant que « chaque danseur est un centre qui se déplace
à travers l’espace », il considère le centre comme « une instance énonçant »
Le discours est transphrastique, et verbal et non-verbal ; ensuite il se
rattache à une instance énonçant

3/ texte
Pour certains le texte se caractérise par l’écriture c’est le point de vue de Paul.
Ricœur, mais cette conception est relative ; elle n’est pas toujours valable.
D’autre chercheurs conçoivent le texte autrement c’est le cas du groupe Tel quel
(Julia kristiva, R. Barthes etc.). En effet voici comment Barthes voit la notion de
texte : « qu’est-ce donc que le texte ?) Je ne repoudrerai par une définition, ce
qui serait retombé dans le signifié
Le texte en sens, modern, actuel, que nous essayons de donner à ce mot, se
distingue fondamentalement de l’œuvre littéraire :
Ce n’est pas un produit esthétique, c’est une pratique signifiante ;
Ce n’est pas une structure c’est une structuration ;
Ce n’est pas un objet c’est un travail et un jeu ;
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Ce n’est pas un ensemble de signes fermés doué d’un sens qui s’augurai le
retrouver, c’est un volume de traces en déplacement ;
L’instance de texte n’est pas la signification mais le signifiant dont l’acceptation
sémiotique est psychanalytique de ce terme.
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