Vous êtes sur la page 1sur 18

Table des matières

I. Introduction ............................................................................................................... 2
II. L’histoire de développement de l’industrie pétrochimique dans le monde .............. 2
III. La pétrochimie dans le monde et ses spécificités .................................................. 3
A. Tendances au développement de la pétrochimie dans le monde ........................... 5
B. Le futur de la Pétrochimie ..................................................................................... 6
C. Démarches et solutions .......................................................................................... 9
IV. La pétrochimie en Algérie ................................................................................... 10
A. Introduction.......................................................................................................... 10
B. Histoire................................................................................................................. 10
C. Le secteur de pétrochimie en Algérie .................................................................. 11
D. Quels sont les atouts de l’Algérie dans ce domaine ? ......................................... 12
E. Quel sont les future stratégies d'amélioration de ce secteur ? ............................. 13
F. Complexe des matières plastiques CP1K ............................................................ 14
G. Le complexe polymed (Société Méditerranéenne des Polymères) ..................... 14
H. Présentation de l’entreprise ENIP........................................................................ 15
1. Quelle est la structure actuelle de l'ENIP ? ...................................................... 15
2. Quelles sont les priorités stratégiques de l'ENIP ? ........................................... 16
V. Le développement de la pétrochimie à travers le monde et ses spécificités ......... 16
VI. Conclusion............................................................................................................. 17
I. Introduction

L’industrie pétrochimique moderne a été propulsée de l’avant sur l’échiquier


économique mondial avec un élan de développement conséquent grâce à la forte
rentabilité à court terme de ses infrastructures de transformation.

Face à une production automobile sans cesse croissante dans le monde, il incombe à la
pétrochimie d’assurer l’approvisionnement en carburants et en lubrifiants répondant à
des exigences écologiques et de performance de plus en plus sévères. En même temps,
elle doit satisfaire la demande en produits pétrochimiques des autres secteurs aussi
importants que stratégiques les uns que les autres (électronique, matériaux,
aérospatiale, pharmacie, médecine, etc.).

Face aux développements actuels qui s’effectuent dans le monde, la pétrochimique fait
face à un défi majeur auquel elle doit répondre de façon stricte et rapide afin de
concrétiser des procédés ambitieux liés à une multitude de problèmes d’ordre
technique, dont la résolution prendrait beaucoup de temps, même si cela nécessiterait
une mobilisation mondiale de tout le potentiel scientifique et technologique.

A cet effet, les chimistes accordent une attention particulière pour mettre en œuvre des
procédés pétrochimiques respectant les exigences HSEQ, dont l’élaboration nécessite
l’emploi de méthodes et de concepts innovants se basant sur la réduction des stades de
procédés avec économie d’énergie et utilisation de matières premières renouvelables.

Une telle problématique traite d’abord de quelques aspects de la pétrochimie dans le


monde, ses capacités et moyens de production, ses contraintes sur le marché et ses
spécificités en tant que secteur économique. Ensuite, un éclairage est accordé à
l’analyse des tendances à son développement par une valorisation de procédés de
hautes technicités qui seront mis en œuvre dans un futur proche. Enfin, une approche
sera donnée aux procédés futuristes sur lesquels seront misés tous les espoirs et défis
pour assoir une pétrochimie irréprochable, non loin de l’utopie.

II. L’histoire de développement de l’industrie pétrochimique


dans le monde

2
La carbochimie trouve des racines primitives dans l'antiquité, mais elle ne s'est
développée en tant que secteur industriel que quand le pétrole est devenu abondant,
lors de la seconde révolution industrielle.

L'accès à une grande quantité de ressources fossiles (charbon dans un premier temps) a
lancé la carbochimie, puis l'accès au pétrole a lancé la pétrochimie qui s'est inspirée
des principes de la carbochimie, aux États-Unis, puis en Europe puis en Asie et
moindrement en Afrique et Amérique du Sud. La Parkesine, plastique inventé par
Alexander Parkes en 1856 est l'une de ses premières productions mais ce n'est qu'après
la Seconde Guerre mondiale, bien après l'invention (vers 1900) du craquage à la
vapeur, que la pétrochimie s'est vraiment développée en générant des multinationales
de première importance (ex : Groupe Total créé en France sous le nom de compagnie
française des pétroles lors de la reconstruction, en mars 1924 pour exploiter du pétrole
au Moyen-Orient, en Iraq)

Au début du XXIe siècle, elle connait de nouveaux développements et devrait encore


considérablement se développer avant entre 2015 et 2050. Cependant dans le monde
depuis les années 1970 une partie des raffineries ferment et/ou cherchent une
reconversion vers la chimie verte et les agro-carburants ou plus largement vers les
biocarburants.

En 2018 son plus grand représentants est BASF, un groupe chimique allemand devenu
multinational (plus de 95 000 salariés et un bénéfice de 6,7 milliards d'€ en 2016)
comprenant plus de 160 filiales et coentreprises, opérant sur plus de 150 sites de
production dans le monde entier pour des clients industriels présents dans plus de 200
pays.

III. La pétrochimie dans le monde et ses spécificités

Les difficultés d’approvisionnement et de transport des matières premières (pétrole,


gaz et produits pétroliers et gaziers) causent un véritable problème du fait qu’ il est lié
à des conjonctures énergétiques, économiques, politiques, sécuritaires,
environnementales et géostratégiques. Ceci influe de façon directe sur le prix des
produits pétrochimiques. En plus, 60% des réserves mondiales en pétrole et en gaz
sont localisées dans cinq pays du golfe persique (Arabie Saoudite, Qatar, Irak, Koweït
et Iran). Cette situation constitue une contrainte supplémentaire au développement de
la pétrochimie dans le monde. L’activité industrielle du secteur pétrochimique en tant
que segment économique est l’un des secteurs qui est caractérisé par une dynamique
3
de croissance très rapide dont le taux est de 1,5-2 fois supérieur à celui du PIB. Cette
dynamique s’explique par l’évolution rapide du progrès scientifique et technique,
catalysé par :

 La forte demande en produits pétrochimiques (polymères, résines, plastifiants,


matières, plastiques, fibres synthétiques etc.).
 L’amélioration des procès de production et de la productivité.
 La création et l’élaboration de nouveaux matériaux de plus en plus performants.
 La mise en œuvre de technologies innovantes avec une rentabilité satisfaisante.

En 2012, dans le monde il a été produit 220 millions de tonnes de produits


pétrochimiques répartis comme suit, en :

 Oléfines- 220 millions de tonnes


 Matières plastiques- 199 millions de tonnes.
 Méthanol- 57 millions de tonnes.
 Hydrocarbures aromatiques- 107 millions de tonnes.
 Et autres 128 millions de tonnes.

Actuellement, la situation mondiale de la pétrochimie a tendance à changer. Les


positions des Etats-Unis, du Japon et de l’Allemagne en tant que grands producteurs
de produits pétrochimiques se maintiennent, mais dominées par la Chine, devenue
leader mondial avec un taux de croissance à deux chiffes durant la dernière décennie.
De façon remarquable, nous assistons à un développement accru de la pétrochimie
dans les pays émergents (Brésil, Inde, Corée du sud, Arabie saoudite, Singapour)
comme le montre le tableau 1.

Selon les experts de la Confédération Européenne de l’Industrie Chimique (CEFIC),


un rôle de plus en plus important sera accordé à la pétrochimie avec une augmentation
sensible de la production comme représentée dans le tableau 2.

Tableau1 : Production de l’industrie Pétrochimique par pays en 2012

N Pays Production en milliards de


dollars
1 Chine 741
2 USA 585
3 Japon 390
4 Allemagne 256
5 Brésil 153
6 France 136

4
7 Corée 133
8 Inde 108
9 Angleterre 99
10 Italie 89
11 Singapour 82
12 Hollande 77
13 Russie 73

Tableau2 : Evolution de la pétrochimie et son rôle dans l’économie mondiale

N Paramètre 2007 2020 2030


1 Taux de PIB 3,2 5,3 7,4
Mondial %
2 Taux de 10,91487 15,01700 20,02500
production de
la pétrochimie
à l’expert
mondial en %
en milliards de
dollars
3 Volume de 2134 4200 6800
production des
produits
pétrochimiques,
milliards de
dollars
4 Taux de 6,1 4,4 4,4
croissance, %
par an
5 Taux de 6,0 3,6 3,6
croissance de la
demande, %
par an

A. Tendances au développement de la pétrochimie dans le monde

Il est intéressant de constater que la mondialisation et la restructuration dans


l’industrie mondiale de la Pétrochimie, qui a eu lieu ces dernières décennies, a
contribué de façon générale à :

5
 L’élargissement de l’assistance technique et industrielle des pays riches au
développement de la pétrochimie dans les pays en voie de développement,
surtout ceux possédants une réserve importante en matières premières et une
main d’œuvre à faible coût,
 La focalisation des compagnies internationales leaders sur la mise en œuvre de
procédés innovants et high-tech, particulièrement à faible et moyen tonnages
destinés à des utilisations spécifiques,
 Au transfert important de capitaux, par une reconfiguration régionale, surtout
pour les pays ayant des ressources riches en hydrocarbures pour la production à
grand tonnage de produits pétrochimiques relativement à faible valeur ajoutée,
mais à efficacité élevée ;
 Transfert des grandes entreprises dans les marchés intensifs régionaux, où elles
ne seront pas accablées par les législations environnementales qui ne sont pas
trop sévères ;
 A l’utilisation dans certains pays développés, notamment les Etats-Unis et le
Canada, de la production d'hydrocarbures de sources non conventionnelles
(schistes), ce qui a permis d’introduire un nouvel apport afin de combler le
début de stagnation de l’industrie pétrochimique ;
 L’augmentation du rôle et de l'importance de l'innovation dans l’activité des
entreprises et des centres de recherche qui sont devenus des clusters générateurs
du développement technologique ;
 Effectuer un grand nombre de fusions et de regroupements des entités afin
d'augmenter les parts de marché des plus grandes entreprises avec accumulation
de ressources.

B. Le futur de la Pétrochimie

Les facteurs suscités ont contribué à mettre en place des procédés qui sont mis en
œuvre (aspects technique et scientifique) depuis longtemps, seulement leur
employabilité industrielle liée à une rentabilité en terme économique a pris plus de
temps que prévu.

Parmi les procédés les plus innovants on peut citer :

 L’activation catalytique de H2O pour la synthèse d’acides gras individuels


utilisés dans la synthèse de plastifiants et de surfactants

6
 La contribution de CO2 dans la synthèse des alcools gras

 L’utilisation de NH3 dans la synthèse des amines utilisées en qualité


d’inhibiteurs de corrosion, d’émulsifiants, agents d’extraction

 L’introduction du CO pour la synthèse de monomères importants tels que les


acides sébacique, adipique et l’éthylène glycol

7
 La réaction de β-éthylation des α- oléfines pour l’obtention de monomères
butadiène et isoprène servant à la fabrication de caoutchouc synthétique

Les procédés futuristes mettent en application les concepts et les méthodes dont
l’approche est sujette à l’aspect environnemental. Nous passons de l’idée de mise en
œuvre des économies d’énergies et de rationalisation de matières premières aux
procédés utilisant l’éco-efficacité avec introduction de la notion de matières premières
renouvelables (CH4, CO2, H2O, O2, N2 et H2).

Les exemples de synthèse sont illustrés par les schémas réactionnels suivants :

Pour une élaboration effective de ces procédés, il y a lieu de résoudre un certain


nombre de problèmes de stratégie vis-à-vis de développement de la filière
pétrochimique. De prime abord, il est impératif de pallier la contrainte de la
production, du stockage et du transport de l’hydrogène afin de réduire son prix de
revient pour devenir une matière première clef dans les procédés innovants en pétro-
gazo-chimie. D’autre part, élargir l’utilisation et à grande échelle de matières
premières renouvelables à faible coût. Cette démarche peut être stimulée et favorisée
par l’élaboration de catalyseurs, homogènes, hétérogènes et à fermentation qui
garantissent une haute sélectivité et une longue durée de service.

8
C. Démarches et solutions

Dans un monde en mutation et devant une économie mondiale en pleine évolution, il


reste évident que le développement de la pétrochimie est soumis à diverses
contraintes. La première, la plus complexe et la plus énigmatique dépend de la sécurité
d’approvisionnement en matières premières moins onéreuses. La deuxième contrainte
est sujette à l’apport qualitatif, de plus en plus important, d’hydrocarbures gazeux
(méthane, éthane, propane) dans le processus de transformation des procédés
gazochimiques.

Toutes ces démarches doivent être appuyées et complétées par une réhabilitation et
une modernisation des installations existantes pour améliorer les capacités de charge
en semi-produits et en produits finis répondant aux normes requises.

Des solutions peuvent être, également, envisagées afin de répondre de façon efficace à
cette problématique par :

 L’augmentation du rendement,
 L’élimination et la réduction des pertes,
 La réduction des stades de synthèse,
 L’application de nouvelles technologies incluant l’intensification de processus
de transfert de matière et de chaleur.

Le futur de la pétrochimie se joue actuellement et de façon compétitive sur la scène


mondiale par la mise en œuvre de procédés dont la réalisation tient compte de tous les
facteurs dictés par les critères éco-innovants et de rentabilité. A titre illustratif, on peut
citer quelques exemples, tels que :

a. Le procédé d’obtention de l’essence synthétique - le diméthyléther (DME) à


partir du méthane en deux stades et même en un seul stade.
Gaz naturel → gaz de synthèse → DME

b. L’obtention des oléfines (monomères) pour lesquels il y a une très forte


demande (éthylène, propylène, butylène) par conversion du méthanol, en
remplacement des procédés énergivores et budgétivores qui sont la pyrolyse et
la déshydrogénation.

9
c. Le procédé de polymérisation de l’éthylène en phase gazeuse à lit fluidisé, en
substitution de procédés très couteux et contraignants en termes techniques
utilisant de très hautes pressions.

Ce type de procédé est déjà exploité sur des sites industriels pétrochimiques
utilisant les technologies les plus innovantes très rigoureuses vis-à-vis des critères
HSEQ, comme le complexe pétrochimique d INOES à Lavéra en Côte d’Azur
(France), le complexe de Coatzacoalcos/Nanchital, dans l’état mexicain de
Veracruz, utilisant la technologie «Innovene» une Joint-Venture entre Technip-
Oderbrecht-ICA Fluor et la plateforme pétrochimique de Daesan en Corée du sud,
une Joint-Venture entre Total et Samsung.

IV. La pétrochimie en Algérie


A. Introduction
Le choix de la pétrochimie par l'Algérie s’impose de façon croissante comme une
option majeure de politique industrielle. L’État a mis en place des mesures
d’accompagnement en faveur des investisseurs dans le but de mobiliser les capitaux
nécessaires pour le financement des programmes de développement . L’activité
pétrochimique en Algérie représente un secteur essentiel.

B. Histoire
La pétrochimie algérienne avait été conçue dès 1969 avec les premiers contrats signés
puis la construction engagée durant la première moitié de la décennie des années 70.
Le démarrage du complexe pétrochimique de Skikda (éthylène, polyéthylène basse
densité, polychlorure de vinyle, chlore, soude, etc.) a eu lieu en 1978, le premier en
Afrique et Moyen-Orient, et a pu servir de tremplin de formation pour 3 milliers de
travailleurs qualifiés, de techniciens supérieurs, d’ingénieurs formés en Algérie et dans
les meilleures universités à l’étranger (Royaume-Uni, Allemagne, Russie, France,
etc.).

10
Quelques années après son démarrage en 1978, inauguré par le président Boumediene,
ce complexe atteignit en 1981 son break even point (seuil de rentabilité), puis fut
contraint vers 1995 à aller vers l’arrêt total par manque de matière de base (éthylène
pour le PEBD) puis vers 2002 par manque d‘éthane (les travers des concepteurs de la
loi sur les hydrocarbures, l’explosion de l’usine de GNL de Skikda alimentant en
éthane, le bradage de l’usine PEHD Sonatrach Repsol ayant coûté 300 millions $ au
lieu du standard de 100 millions $).

C. Le secteur de pétrochimie en Algérie

L’industrie pétrochimique exploite actuellement, deux complexes et une unité de


production de Polyéthylène à Haute Densité (PEHD) à savoir :

 Le Complexe Ethylène & dérivés (CP1K), situé à Skikda, produit de l’éthylène,


du polyéthylène à basse densité, du Polychlorure de vinyle (PVC), de la soude
et de l’acide chlorhydrique (HCL).
 L’Unité PEHD (Polymed), située également à Skikda, produit du polyéthylène
à haute densité.
 Le Complexe Méthanol & dérivés (CP1Z), situé à Arzew, produit du méthanol,
du formaldéhyde, de la formurée et des résines.

Afin de relancer la pétrochimie, l’entreprise nationale Sonatrach a adopté un plan de


développement, qui vise au moins trois objectifs :

1. Valoriser les ressources hydrocarbures pour satisfaire les besoins du marché


national en produits pétrochimiques ;
2. Augmenter les exportations du pays ;
3. Contribuer à une plus grande intégration de l’industrie nationale avec pour objectif
de stimuler l’investissement en aval au niveau de la transformation finale et la
création de PME /PMI. Toutes les filières sont concernées par ce programme. Ces
filières sont :
 Filière Plastiques ;
 Filière Caoutchoucs ;
 Filière Textiles ;
 Filière engrais ;
 Filière Chimie.

Dans ce cadre, deux projets de réalisation de deux complexes d’ammoniac et d’urée à


Arzew en partenariat sont en phase de réalisation, à savoir :
11
 Complexe Ammoniac et Urée à Arzew, en partenariat avec la société
Egyptienne «Orascom Construction Industries (OCI)» d’une capacité de
production de 4440 tonnes/j Ammoniac et 3450 tonnes/j d’urée.
 Complexe Ammoniac et Urée à Mers El Hadjadj (Arzew), en partenariat avec le
partenaire Omanais « Suhail Bahwan Group Holding/(SBGH) » d’une capacité
de production de 4000 tonnes/j d’Ammoniac et 7000 tonnes/j d’urée.

Ces deux projets seront réceptionnés durant le dernier trimestre de l’année 2012.

Un autre projet est en cours de négociation avec un partenaire étranger pour la


réalisation d’un à complexe de vapocraquage d’éthane. La capacité de traitement est
de 1,4 millions tonnes/an d’éthane.

D’autres projets sont en phase de maturation, il s’agit de :

 Déshydrogénation du Propane et production de polypropylène (PDH/PP).

Reformage Catalytique de naphta pour la production d'aromatique.

D. Quels sont les atouts de l’Algérie dans ce domaine ?


Les produits pétrochimiques se retrouvent dans notre espace de tous les jours, les
vêtements, les matériaux utilisés pour la construction des immeubles, maisons et
bureaux, des équipements électroniques ménagers, les emballages pour les produits
agricoles, la nourriture et les boissons, les différents produits utilisés dans les
transports, une multitude de produits utilisés dans notre vie. A titre d’exemple, la
pétrochimie algérienne disposait, avec les résines fabriquées à partir du méthanol
d’Arzew, d’un substitut au bois pour remplacer les portes, fenêtres, volets fabriqués à
partir de bois importé.

Pour son industrie pétrochimique, l’Algérie dispose de toutes les matières premières
nécessaires (gaz naturel, éthane, propane, butane, condensats), en quantités et qualités,
lesquelles génèrent les matières premières de chimie organique d’origine pétrolière
s’appelant méthanol, éthylène, propylène, butadiène, xylène, toluène, etc. Sur le plan
économique et financier, il importe de rappeler qu’une usine d’éthylène au standard
mondial (1 million de tonnes par an) rapporte 1 milliard de dollars.

Or, l’Algérie dispose, à travers la matière première éthane (+ de 10 à 15 usines


d’éthylène avec chacune un chiffre d’affaires annuel de 1 à 2 milliards $), la
possibilité de construire entre 5 et 10 usines d’éthylène, soit un chiffre d’affaires en
dollars exportés équivalent aux trois quarts du pétrole exporté en 2016. Cependant, ces
usines d’éthylène, en alimentant des usines de pétrochimie et aval (plasturgie, chimie,
12
pharmacie, etc.) peuvent générer 10 fois plus d’emplois et de chiffre d’affaires et
d’exportation.

E. Quel sont les future stratégies d'amélioration de ce secteur ?


L’Etat algérien a mis en place des mesures d’accompagnement en faveur des
investisseurs dans le but de mobiliser les capitaux nécessaires pour le financement des
programmes de développement. Parmi ces mesures et en sus de l’énorme avantage
consenti en matière de prix de cession du gaz naturel, d’autres avantages sont
également accordés par l’Agence Nationale pour le Développement des
Investissements (ANDI), pour les projets industriels.

Parallèlement à la réalisation des unités pétrochimiques en Algérie, une stratégie


commerciale a été arrêtée visant à faciliter l’accès de notre pays à de nouveaux
marchés à travers des accords de partenariat avec des compagnies de renommée
internationale, déjà présentes sur ces marchés et l’acquisition du savoir-faire dans le
domaine du marketing.

Les objectifs attendus dans le cadre du plan de développement de la pétrochimie


s’articulent autour des axes suivants :

• Pénétration du marché international de la pétrochimie ;

• Acquisition d’expérience dans l’exploitation d’installations pétrochimiques ;

• Développement de la recherche et développement dans la pétrochimie.

Quel sont les principaux projets programmés ?

Les principaux projets pétrochimiques programmés sont les suivants :

• Le projet de vapocraquage de l’éthane, prévu à Arzew, en partenariat avec la société


française «Total SA». il traitera 1 400 000 tonnes/an d’éthane.

• Le projet méthanol, prévu à Arzew, en partenariat avec le consortium ALMET


permettra de produire 1 000 000 de tonnes/an de méthanol.

• Le projet ammoniac et urée à Arzew, en partenariat avec la société égyptienne


Orascom Construction industries (OCI), d’une capacité de production de 4 440
tonnes/jour d’ammoniac et 3 450 tonnes/jour d’urée.

• Le projet ammoniac et urée à Mars El Hadjadj (Arzew), en partenariat avec la société


omanaise Suhail Bahwan Group Holding/SBGH), d’une capacité de production de
4000 tonnes/jour d’ammoniac et 7000 tonnes/jour d’urée.
13
• Le projet ammoniac à Arzew, en partenariat avec la société espagnole Fertiberia,
d’une capacité de production de 3 300 tonnes/jour d’ammoniac.

Ces projets constituent la première phase du plan de développement de la pétrochimie.


Cette phase lancée depuis 2005 a pour objectif de rendre disponible les produits de
première génération (éthylène, propylène, méthyle-éthylène-glycol, méthanol,
ammoniac…).

Les premiers projets ont débouché, dès 2007, et sont actuellement en cours de
réalisation. Il s’agit des accords conclus avec les groupes Bahwan et Orascom pour la
production d’ammoniac et d’urée ainsi que du projet de craquage d’éthane conclu avec
le groupe Total

Une deuxième phase de cette stratégie sectorielle est, affirme-t-on au ministère de


l’Energie, en préparation. Elle consistera en l’identification de matières issues des
produits de la première génération, afin d’encourager et créer les petites et moyennes
entreprises (PME/PMI) dans le but de contribuer au développement du tissu
économique national et d’engranger un maximum de retombées en terme de création
d’activité et d’emplois.

F. Complexe des matières plastiques CP1K

Le complexe des matières plastiques de Skikda, a été considéré, lors de son


inauguration en 1978, comme l'un des plus grands d'Afrique avec une production de
120 000 tonnes d'éthylène. Le CP1K compte 5 unités opérationnelles en plus des
installations d'utilités. On peut citer de manière exhaustive les unités de production
d'éthylène (produit à partir de l'éthane), de polyéthylène, de VCM, de PVC et enfin
l'unité de chlore soude. Le CP1K représentait en fait un maillon indispensable d’une
chaîne industrielle englobant deux autres complexes : le Polymed de production de
polyéthylène haute densité (PEHD) et aussi le mégatrain GNL. Le CP1K absorbait le
gaz d’éthane produit par GNL pour en faire de l’éthylène au profit de Polymed. Sans
le CP1K, Polymed est contraint d’importer de l’éthylène et GNL est forcé de torcher
l’éthane dans l’atmosphère.

G. Le complexe polymed (Société Méditerranéenne des Polymères)

L’Unité CP2K a été mise en exploitation en 2005. C’est une unité opérationnelle de la
Société ENIP. Elle est située dans la zone industrielle « plate-forme et pôle
pétrochimique de SKIKDA ». La production de polyéthylène à haute densité à partir
14
d'éthylène en tant que principale matière première, est basée sur le procédé Phillips
PF. Ce dernier consiste essentiellement en la polymérisation catalytique de l'éthylène
dans un réacteur tubulaire continu fermé, en phase suspension. Avec une densité
comprise entre 0,94 et 0,965 g/cm3. Sa production est de 130.000 Tonne/ An, d’où
54% est exportée.

H. Présentation de l’entreprise ENIP

L’entreprise nationale de la pétrochimie (ENIP), relevant de secteur de l’énergie


(groupe hydrocarbure) de SONATRACH, a été créée par décret N° 84257 du
1/09/1984 et dont le siège social se situe à SKIKDA. Elle est chargée dans le cadre du
plan national du développement économique et social, de la gestion, de l’exploitation
et du développement des industries pétrochimiques, notamment les matières
thermoplastiques et thermodurcissables ainsi que la commercialisation des produits
découlant de cette industrie.

L’ENIP dispose en outre, d’un outil de commercialisation de deux complexes


pétrochimiques en exploitation.

- Le complexe matière plastique de SKIKDA (CP1K) pour la fabrication des produits


thermoplastiques.

- Le complexe méthanol et résines synthétique d’ARZEW (CP1Z) pour la fabrication


du méthanol et produits thermodurcissables.

1. Quelle est la structure actuelle de l'ENIP ?


Le patrimoine de l'ENIP se compose principalement de deux complexes situés l'un
à Skikda (le complexe CP.1/K qui produit de l'éthylène et des produits dérivés - PVC
et PEBD - d'une capacité totale de 259 000 tonnes/an) et l'autre à Arzew (le complexe
CP.1/Z qui produit du méthanol et des dérivés d'une capacité totale de 123 000
tonnes/an).

Elle utilise l'essentiel de leur production d'éthylène et elle exporte les excédents. En
revanche elle exporte l'essentiel du méthanol, principalement, vers l'Espagne, le
Portugal, l'Italie et la Hollande. Ce patrimoine comporte aussi des unités de
commercialisation et de distribution des produits pétrochimiques, réparties sur trois
régions du pays: à l'Est, à l'Ouest et au Centre. L'ENIP possède également deux
filiales dont elle détient les 100 % du capital (MEDCO, Société de Transit et ACTIM,
Société d'activités immobilières d'Etudes et de Services) et une société mixte avec la

15
société espagnole REPSOL, où elle détient les 2/3 du capital (POLYMED, Société de
Production de Polyéthylène Haute Densité, PEHD).

2. Quelles sont les priorités stratégiques de l'ENIP ?


Il s'agit de maintenir et de moderniser notre outil de production. Elle vient engager un
programme de réhabilitation des unités existantes pour une enveloppe budgétaire de
70 millions de dollars. Ce programme de réhabilitation devrait s'échelonner sur la
période 2002/2006.

Elle envisage également, à partir de 2007, la réalisation d'un programme d'extension


de leur capacités en particulier celles de l'éthylène et du méthanol. Les besoins de
financement sont estimés à 120 millions de dollars.

Etant actionnaire principal dans la société POLYMED, elle va également comme


objectif l'achèvement mécanique de l'usine PEHD, son démarrage et sa mise en
exploitation. En effet, ce projet a accusé beaucoup de retard pour diverses raisons, ce
qui a remis en question sa rentabilité. Cependant, elle a envisagé avec le partenaire
REPSOL et toutes les parties concernées (Sonatrach et Banques) les solutions
adéquates pour la sauvegarde du projet.

Avec sa capacité de production de 130 000 t/an, ce projet permettra certainement le


développement en aval des industries de transformation du PEHD, produit
incontournable de la transformation plastique.

V. Le développement de la pétrochimie à travers le monde et


ses spécificités

Aux Etats-Unis d’Amérique, la révolution introduite dès 2006 – 2010 par le gaz de
schiste, nonobstant le pétrole de schiste, va transformer la pétrochimie dans les années
à venir. Ceci constitue une opportunité pour le gaz de schiste algérien, à condition que
l’on sache où forer dans l’immense territoire saharien abritant des ressources aqueuses
susceptibles d’être polluées par l’uranium en cas d’exploitation ignorant les
contraintes environnementales.

Cependant, il ne faut pas ignorer que cette pétrochimie américaine a en 2015 dégagé
un excédent d’exploitation de 127 milliards de dollars et ce, grâce à un avantage en
matières premières (éthane) de 33 milliards de dollars, ce qui constitue un espoir pour

16
l’Algérie et son réservoir en éthane qui correspond à 10 ou 15 usines d’éthylène de
taille mondiale et une centaine d’usines pétrochimiques.

En Arabie Saoudite, la pétrochimie a commencé après la pétrochimie algérienne, soit


1978, mais a progressé de manière volontariste pour occuper le troisième rang mondial
actuel. Quelques chiffres : Sabic a construit 24 complexes industriels en Arabie
Saoudite, 15 aux Etats-Unis, 10 en Asie, dispose d’un profit net de l’ordre de 5
milliards de dollars en 2017, et durant les dernières années, un chiffre d’affaires
frôlant les 40 et 50 milliards de dollars, soit l’équivalent des exportations algériennes
de pétrole et de gaz.

La pétrochimie d’Arabie Saoudite est devenue tellement importante que le


gouvernement saoudien, face à l’impossibilité de privatiser Aramco (et provoquer la
fin de l’OPEP) songe à vendre les actions du royaume saoudien pour récupérer 50 à 70
milliards de dollars à travers la vente du capital de la société pétrochimique Sabic.

VI. Conclusion

La pétrochimie connaît des perspectives nouvelles. Au niveau mondial, la demande


croissante des pays asiatiques comme la Chine et l'Inde stimule le secteur. Aux Etats-
Unis, l'essor de la production de gaz de schiste relance l'industrie pétrochimique. Par
ailleurs, la pétrochimie s'intéresse aussi à la biomasse, qui connaît un développement
notable. En 2010, sur les 265 millions de tonnes de matières plastiques produites,
700 000 tonnes étaient des plastiques « bio-sourcés ». Ce volume devrait atteindre 5
millions de tonnes en 2020.

Pour la noble Algérie, la future pétrochimie algérienne constituera l’un des principaux
axes de développement économique compétitifs, aux côtés de la chaîne de valeur
minière (électricité solaire, véhicules électriques, économie digitale, etc.), des
ressources humaines (robotique, intelligence artificielle, nano- technologies, etc.) et de
la transition énergétique.

17
Références
https://www.researchgate.net/publication/315668343_Procedes_Innovants_en_Petroch
imie_Etat_et_Perspectives

https://www.elwatan.com/edition/economie/la-petrochimie-que-letat-rentier-a-
detruite-constitue-une-richesse-inestimable-pour-le-pays-26-11-2018

https://www.planete-energies.com/fr/medias/decryptages/la-petrochimie-une-
industrie-incontournable

http://www.energy.gov.dz/francais/index.php?page=petrochimie

http://www.energy.gov.dz/francais/index.php?page=619

https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9trochimie#Histoire

18