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Raisonnement s’appuyant sur un dossier documentaire

La socialisation primaire, et notamment celle réalisée au sein de l’univers familial, est déterminante
pour expliquer les façons de faire, de penser et d’être des individus. Cependant, le contexte de
socialisation n’est pas homogène et varie en fonction des configurations familiales : statut conjugal,
taille de la fratrie, niveau de diplôme des parents, niveau de revenu, origine migratoire.

Nous verrons comment ces configurations familiales modifient les conditions de socialisation des
enfants et des adolescents. Nous montrerons dans un premier temps les effets de ces configurations
familiales sur les pratiques culturelles des enfants et des adolescents, puis sur leur probabilité

de réussite scolaire.

Paragraphe 1 Les configurations familiales peuvent influer sur les pratiques culturelles et
notamment sportives

– La composition de la famille, et notamment celle de la fratrie, influence les pratiques (DOC 2).
Exemples : footballeuses dans de larges fratries mixtes où les cadettes suivent les garçons dans leurs
pratiques culturelles ; footballeuses qui s’investissent dans ce sport pour mettre à distance le rôle
traditionnel dévolu aux femmes dans certaines familles populaires ; footballeuses influencées par la
passion de leur père pour le football lorsque celui-ci n’a pas eu de garçons.

– La composition de la famille, et notamment le nombre d’adultes actifs, influence le

niveau de vie. Or, le niveau de vie de la famille peut aussi avoir une influence sur les

pratiques culturelles : activités onéreuses comme la pratique de certains sports (ski, équitation, golf,
par exemple), départ en vacances et voyages à l’étranger, etc. Le fait de pratiquer ces activités aura
un effet socialisateur sur l’individu : cela concourra à modifier ses façons de faire, de penser et
d’être.

Paragraphe 2 Les configurations familiales peuvent aussi influer sur la réussite scolaire

– Tendance à adopter des pratiques plus légitimes lorsque les parents sont fortement diplômés.
Loisirs qui ne sont pas perçus comme un simple divertissement, mais conçus comme permettant
l’acquisition de façons de faire, de penser et d’être valorisées dans la société. Exemples : pratique
d’un instrument de musique, de la lecture.

– La part des familles monoparentales progresse dans l’ensemble des familles avec

enfants (DOC 3). Or, la séparation a un triple impact sur la configuration familiale : abaissement du
niveau de vie du foyer, moindre contrôle parental, moindre cohérence des injonctions parentales.
Ces trois éléments peuvent jouer négativement sur la réussite scolaire (DOC 4). Cela est
particulièrement vrai dans les familles de milieux favorisés dans lesquelles la séparation des parents
peut perturber la transmission du capital culturel à l’enfant

Le fait de pratiquer le football pour un jeune issu d’un milieu modeste n’est pas improbable, c’est
une pratique sportive populaire (on peut ici faire le lien avec le DOC 2

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du dossier 2). Cependant, le destin de N’golo Kanté peut être qualifié d’improbable car il s’agit d’un
exemple de réussite exceptionnelle : celle d’un jeune garçon issu d’une famille immigrée modeste
qui connaît une très forte ascension sociale grâce à sa pratique sportive. De plus, le fait d’être
présenté comme un modèle de comportement par les médias pour l’ensemble de la jeunesse en
raison de ses qualités (modestie, persévérance, discrétion, respect) est relativement improbable au
regard du traitement habituel de la jeunesse de banlieue par les médias.

2. Le texte évoque l’influence de sa famille, de la religion, de ses éducateurs, de ses

coachs sportifs et des dirigeants d’un club de football, à la fois dans la formation de

sa personnalité (il renvoie l’image de quelqu’un de modeste, respectueux, travailleur),

mais aussi pour expliquer sa réussite sportive et professionnelle.

Les attentes et aspirations des parents, leur mobilisation dans le suivi scolaire de

leurs enfants, et particulièrement des aînés dans les familles nombreuses, expliquent

ces trajectoires de réussite scolaire improbables d’un point de vue statistique. Le

texte évoque également le rôle de la mobilisation des enseignants du primaire pour

expliquer ces situations de réussite scolaire d’enfants issus de milieux modestes.

Ce document statistique de l’INSEE est construit à partir d’une table de mobilité

sociale (table de destinée). Il permet de repérer des trajectoires socioprofessionnelles

improbables car moins fréquentes statistiquement. Un des objectifs est de familiari-

ser les élèves à la lecture d’une table de mobilité simplifiée et de comprendre que la

notion de trajectoire individuelle improbable ne peut se comprendre qu’en opposition

aux trajectoires fréquentes statistiquement.

1. 47 % des enfants de cadres âgés de 30 à 59 ans exercent eux-mêmes une profession

appartenant à cette catégorie selon l’enquête FQP réalisée par l’INSEE en 2014-2015.

2. Le document met en évidence le phénomène de reproduction sociale puisque l’on voit que 47 %
des enfants de cadres appartiennent à la même catégorie que leur père et que 47,5 % des enfants
d’ouvriers sont ouvriers comme leur père. Pour ces deux catégories socioprofessionnelles, la
reproduction sociale est un phénomène fréquent : il concerne près d’un individu sur deux.

3. Les trajectoires sociologiquement improbables sont les trajectoires les moins fréquentes
statistiquement. C’est le cas des enfants de cadres qui deviennent ouvriers (10 % d’entre eux le
deviennent) ou des enfants de cadres qui exercent une profession intermédiaire (25,7 % d’entre eux
appartiennent à cette catégorie).

4. Seuls 9,4 % des enfants d’ouvriers deviennent cadres, c’est donc une trajectoire socio-

2
logiquement improbable. De même, seuls 22,9 % des enfants d’ouvriers exercent une

profession intermédiaire ; même si cette trajectoire est moins rare, elle demeure minoritaire.

1. 47 % des enfants de cadres âgés de 30 à 59 ans exercent eux-mêmes une profession

appartenant à cette catégorie selon l’enquête FQP réalisée par l’INSEE en 2014-2015.

2. Le document met en évidence le phénomène de reproduction sociale puisque l’on

voit que 47 % des enfants de cadres appartiennent à la même catégorie que leur

père et que 47,5 % des enfants d’ouvriers sont ouvriers comme leur père. Pour ces

deux catégories socioprofessionnelles, la reproduction sociale est un phénomène

fréquent : il concerne près d’un individu sur deux.

3. Les trajectoires sociologiquement improbables sont les trajectoires les moins

fréquentes statistiquement. C’est le cas des enfants de cadres qui deviennent

ouvriers (10 % d’entre eux le deviennent) ou des enfants de cadres qui exercent une

profession intermédiaire (25,7 % d’entre eux appartiennent à cette catégorie).

4. Seuls 9,4 % des enfants d’ouvriers deviennent cadres, c’est donc une trajectoire socio-

logiquement improbable. De même, seuls 22,9 % des enfants d’ouvriers exercent une

profession intermédiaire ; même si cette trajectoire est moins rare, elle demeure minoritaire.

Des échecs improbables d’élèves de milieux favorisés

p. 123

Ce document permet d’illustrer une situation sociologique improbable, en prenant le

contrepied des trajectoires scolaires improbables habituellement étudiées (celles des

enfants issus de milieux populaires en réussite scolaire). Ici, il s’agit d’une élève en

difficulté scolaire dont le père est diplômé. La prise en compte du niveau de diplôme

de la mère ainsi que de la répartition du suivi scolaire des enfants entre les parents

permet d’expliquer sociologiquement cette situation improbable.

1. Prune fait partie de la minorité d’élèves dont le père est diplômé de l’enseignement

supérieur et qui sont néanmoins en difficulté scolaire ; seuls 11,5 % d’entre eux sont

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dans cette situation. C’est donc une situation statistiquement improbable.

2. Prune est exposée à des influences plurielles : celle de son père, diplômé du supérieur,

et celle de sa mère, qui a fait des études courtes (un CAP) et a connu une scolarité

plus difficile. Or, c’est la mère de Prune plutôt que son père qui prend en charge le

suivi de la scolarité des enfants. Prune ne bénéficie donc pas vraiment des capitaux

scolaires de son père, qui pourraient pourtant lui fournir un avantage dans sa scolarité.

3. On peut imaginer que si le père diplômé du supérieur avait pris en charge le suivi scolaire de ses
enfants, ces derniers auraient été plus à l’aise scolairement et auraient connu une situation scolaire
plus favorable. En effet, M. Lapierre aurait pu, plus aisément que sa femme, accompagner ses
enfants dans la réalisation de leurs devoirs, les aider en cas de difficulté, mais aussi leur transmettre
un rapport à l’école plus positif que celui de sa femme car n’ayant a priori pas connu de difficultés
scolaires.

Au cours de sa socialisation, l’individu va intérioriser des « façons de faire, de penser

et d’être » au sein de configurations familiales diverses selon le milieu social, la taille

de la fratrie, la situation conjugale des parents et leur origine migratoire, le niveau

de revenu, etc. Ces apprentissages vont avoir un eff et sur les goûts, les pratiques et

les aspirations des individus socialisés.

On distingue habituellement la socialisation primaire qui se déroule au cours de l’enfance de


l’individu de la socialisation secondaire qui se déroule à l’âge adulte même s’il est difficile
d’introduire une séparation nette entre ces deux phases de la

socialisation. Les parents, les frères et sœurs, les amis, les enseignants, le conjoint, les collègues

de travail sont autant d’instances de socialisation qui constituent une pluralité d’influences pour
l’individu socialisé. Ces influences plurielles peuvent conduire à des trajectoires improbables. C’est le
cas, par exemple, des enfants issus de milieux modestes ou des enfants d’immigrés peu diplômés en
situation de réussite scolaire.

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