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A . ·. L .·. G .·. D .·. G .·. A .·. D .·. L .·. U .·.

Plan de formation pour les apprenties

CAHIER D’APPRENTIE

Preparé par :Véné :. Almonor Stanley

Jerry

et tirez aussi des livres

Almonor Stanley
Plan de formation pour les apprentis

1 - Origine de la Franc-Maçonnerie.
Opérative
Dieu et sa création (Adam et Eve, Cherubin garde du Temple)

• Les Corporatives de métiers : Maçonnerie – Menuiserie – Tapisserie – Parfumerie.

Les Seigneurs – Les Prélats et Hommes de lettres

1- Origine de la Franc-Maçonnerie : De la Maçonnerie opérative a celle dite Spéculative (24 Juin


1717 – Grande Loge d’Angleterre.

Spéculative
24 JUIN 1717 : LES 4 LOGES D’YORK : L’Oie et le Gril THE GOOSE AND THE GRIL – Le Pommier T
HE APPLE TREE– La Grappe de Raisins et le Gobelet THE GRAPPE JUICE and THE RUMMER – La C
ouronne THE CROWN.
Anthony SAYER, 1e Grand Maître.

Les outils changent de pratique (MORALE ET PHILOSOPHIQUE)


Responsable D’apprentie : c’est la belle Suzerenne
2 - Année maçonnique Anus Lucis ou Année Lumière.
Année maçonnique (Ano Lucis) 4000+ année en cours - 21 mars ; printemps ; Nouveau temps, r
éveil. Nouveau départ.Ere Vulgaire (E.V) ou année en cours
Est-ce que les Femmes ont le droits d’Initier

Oui , parce qu’elle avait une femme qui s’appelle Eve :1ere initiée , les femmes sont nées mysti
ques sauf si elles sont en menstrubations, qu’elles soient vigilance pour que leurs sang ne tomb
ent pas sur le sol, si c’est le cas on droit stopper tous pour nettoyer et purifier jette de l’eau bé
nite encenser et recommence le rituel.

3 - FEMME et Franc-Maçonnerie

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Eve – Les Grandes Prêtresses – Les Déités féminines – ANNA- MARIA- DESRAIMES – Les Loges d’
adoption – Le Droit Humain – Loges Féminines – Loges Mixtes.
Peu sur Origine de la Franc Maçonnerie
La 1er révélation se transmit sous forme d’enseignement ,de génération, de maitre en discipline
,d’architecte en compagnon ,toujours accru par de nouvelles découvertes .Cela explique la mult
iplicité des opinions concernant l’ésotérismes en générale et les ordres initiatique en particulier
.On trouve toujours un historien découvrant les sources de la franc maçonnerie dans l’antiquité
Egyptienne tandis que d’autres les trouveront dans les récits d’Homère ,notamment lorsque cel
ui –ci s’écrie ‘’ Heureux les initiés car ils boivent l’eau de mémoire pour d’autres encore , la dé
marche initiatique qui aboutit à la maçonnerie était d’origine biblique .
Les ennemis de la franc maçonnerie été parfois les maçons eux-mêmes ,ont voulu détruire leurs
frères , et ces origines qu’ils jugeaient inconvenantes ,entre les ordres modernes actuels comm
e par exemple Rites Memphis Misraim ,R.F.M A(Rith français moderne actualisée) et les templ
es des religions antique. C’est pourquoi ils mirent en exergue l’adage latin <<Vétuste prolège h
auteur>> c’est –à-dire ‘’ l’ancienne a force de loi ‘’pour montrer que l’ancienne de la tradition
n’était qu’un leurre, un procédé utilisé par les sociétés initiatiques pour souligner leur sérieux l
eurs authenticité et justifier le secret qui voile leurs mystères .
Pendant près de deux siècles la maçonnerie n’a jamais perché ni la révolution ni l’athéisme et e
ncore moins l’anticléricalisme . Non seulement on coïnciderait qu’un bon maçon devait révérer
la religion quelques soit leurs religions mais encore il fallait être baptisé pour avoir la possibilit
é d’être initié dans une loge Maçonnerie et aussi avoir l’amour au cœur, il ne faut pas faire au a
utrui ce qu’on voulait pas qu’on te fasse.
La franc maçonnerie n’est pas une réligion, mais elle est la base et le principe de toutes les reli
gions .C’est une « école philosophique qui a pour but l’amélioration de l’espèce humaine au do
uble point de vue matériel et spirituel.

Il n’y a jamais eu d’Histoire complète de la franc maçonnerie pour la simple et bonne raison qu
e son origine commence depuis l’ ère Adan et Eve et avec l’homme humaine, on trouvera toujo
urs quelques historiens qui parlent , découvrent que la franc maçonnerie sortent de l’Antique E
gyptien tandis que d’autres le trouvent dans les récits d’Homère lorce qu’il disait ‘’Heureux les i
nitiés car il boivent l’eau de mémoire. Pour d’autres encore la démarche initiatique qui aboutit
à la franc maçonnerie.
LES ORIGINES DE LA FRANC-MACONNERIE
Textes Fondamentaux
Les Grandes Constitutions de 1786
Version anglaise, traduite en français.
En 1763, débarqua dans l’île de Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti) un négociant français, Etien
ne Morin, qui était coutumier de ces longs voyages, de la métropole vers les colonies. Natif de
Cahors, Morin, alors âgé de 46 ans, aimait le violoncelle et par-dessus tout, la franc-maçonnerie
. On l’avait vu en France et dans les îles, collectionnant les hauts-grades et créant des loges, à B
ordeaux, à Abbeville et ailleurs. Il était muni d’une patente que lui avait donné, en 1761, la Gran
de Loge de France, patente signée par les plus hauts dignitaires parisiens. Elle lui donnait le droi

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t de créer et de former une loge « pour recevoir et multiplier l’Ordre Royal des Maçons libres e
t acceptés dans tous les degrés parfaits et sublimes », de diriger ladite loge sous le titre de la «
Parfaite Harmonie » et enfin elle le nommait « Grand Inspecteur dans toutes les parties du Nou
veau Monde ».
Dès son arrivée, il mit ses pouvoirs à exécution. Il créa en 1764, à Port-au-Prince, la loge La Parfa
ite Harmonie et dans la foulée nomma les premiers députés Grands Inspecteurs généraux, dont
Henry Andrew Francken qui ouvrit, en 1767, à Albany, état de New York, la première logede per
fection sur sol nord-américain.
Mais il fit plus : il organisa en une série cohérente les grades « écossais » qu’il amenait dans ses
bagages et les coiffa d’un degré ultime, le « Prince du Royal Secret » qu’il inventa pour la cause
et qui jamais n’exista en France, avant qu’il n’y soit introduit bien plus tard, en 1804, par un de
ses lointains successeurs, Germain Hacquet. Ce Rite nouveau, en 25 degrés, Morin l’appela « du
Royal Secret » et non « de perfection » quoiqu’en disent les historiens actuels de la maçonneri
e.
Pour couronner le tout, le même Morin rédigea sans doute les « Statuts et Règlements pour le g
ouvernement de toutes les loges royales régulières de perfection », plus connus sous le nom de
« Constitutions de 1762 ». Comportant 35 articles, elles décrivent le fonctionnement du Rite et
son gouvernement par un Souverain Conseil des Princes Sublimes, la distribution des 23 hauts-g
rades du Rite et les délais de promotion entre chacun d’eux. Son article 1er rappelle que « nulle
personne ne sera initiée dans les mystères sacrés de cet éminent grade, s’il n’est pas soumis au
x devoirs de la religion du pays où il doit indispensablement en avoir reçu les vénérables princip
es ».
Ces Constitutions sont mieux connues sous le nom de « Constitutions de Bordeaux de 1762 », u
ne légende voulant qu’elles aient été rédigées dans cette ville par neuf commissaires dont la tra
ce aurait été perdue. La légende est tenace, d’autant que la première version imprimée qu’on e
n ait gardée ne fut publiée qu’en 1832. Il en existe heureusement des versions manuscrites plus
anciennes dont celle copiée par Henry Andrew Francken en 1771. Toutes situent le lieu de leur
rédaction de façon très fantaisiste : en France et en Prusse, à Paris et Berlin, à l’Orient de B…, à
Bordeaux enfin. Le plus probable est qu‘elles furent rédigées à Saint-Domingue par Morin lui-m
ême. En effet, il avait reçu les « Nouveaux Statuts et Règlements », arrêtés par la Grande Loge d
e France en 1763. Or la lecture des Constitutions « de 1762 », Alain Bernheim l’a démontré6, ré
vèle quelles ne sont qu’une paraphrase du document réglementaire parisien, le rédacteur s’éta
nt contenté de remplacer les titres et offices d’une Grande Loge en ceux utilisés dans un organis
me de hauts-grades (loge par chapitre, vénérable par président d’un conseil, Grande Loge par G
rand Conseil des Sublimes Maîtres…).
Morin décéda en 1771 à Kingston (île de la Jamaïque) mais son œuvre fut poursuivie par ses suc
cesseurs. On connaît ainsi une liste ininterrompue de « députés Inspecteurs généraux », titre bi
entôt remplacé par celui de « député Grand Inspecteur Général », de 1771 à 1801, année qui vit
la fondation, à Charleston (Caroline du Sud) du premier Suprême Conseil du monde des « Grand
s Inspecteurs Généraux ».
C’est en effet dans cette ville, dans une salle de la « Shepeard’s Tavern (aujourd’hui disparue et
remplacée par une banque), au coin de la Broad et de la Church street que fut fondé, le 31 mai

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18017, ce Suprême Conseil par John Mitchell (1741-1816), natif d’Irlande et vétéran de la guerr
e d’indépendance américaine, député Grand Inspecteur Général depuis 1795, et Frédéric Dalcho
(1770-1836) que Mitchell avait élevé à la même dignité le 24 mai 1801. Dans l’année qui suivit, i
ls reçurent au 33° grade sept autres frères, dont quatre juifs, pour amener au nombre de neuf
membres leur nouvel organisme. En février 1802, ils reçurent également Alexandre-François-Au
guste, comte de Grasse-Tilly, et son beau-père, Jean Baptiste Delahogue, événement qui ne ma
nque pas d’importance puisque c’est Grasse-Tilly qui ramena en Europe le Rite nouveau, fonda
le Suprême Conseil de France (1804) et contribua à la création de celui de Belgique (1813).
Fait capital, le premier Suprême Conseil annonça sa création au monde maçonnique en une « Ci
rculaire aux deux hémisphères… » signée par Mitchell et Dalcho le 4 décembre 1802. Or, cette ci
rculaire faisait état d’un Rite en 33 grades, organisé à Berlin par le roi Frédéric II de Prusse et rég
i par des Grandes Constitutions signées par ce monarque le 1er mai 1786. La circulaire omettait
cependant de donner le texte de ces Grandes Constitutions et pendant longtemps il fallut se co
ntenter de quelques extraits épars.
«닌 8;Quelles sont… dans leur contenu et dans leur texte, ces Grandes Constitutions ? On ne pe
ut hélas répondre clairement à cette question précise ». Ainsi s’exprimait Naudon en 1978, en aj
outant : « la première publication n’en sera faite qu’en 1832 dans le Recueil des Actes du Suprê
me Conseil de France ». L’affirmation est surprenante… et inexacte car plusieurs versions manu
scrites antérieures au Recueil nous sont parvenues, toutes très semblables sinon identiques.
En effet, chaque Grand Inspecteur général recevait une copie manuscrite des Grandes Constitut
ions mais il devait s’engager par écrit à ne jamais les communiquer à un maçon de grade inférie
ur sans l’autorisation du Suprême Conseil. Le
respect de cette interdiction, inattendu dans le milieu maçonnique, explique qu’il fallut attendr
e 31 ans pour que soit enfin publié le texte intégral des Grandes Constitutions. Nous en connais
sons heureusement plusieurs versions manuscrites, dont deux sont conservées à Bruxelles, l’un
e dans les archives du Suprême Conseil pour la Belgique (Rue Royale), certifiée par Grasse-Tilly l
ui-même, l’autre conservée à la bibliothèque royale de Belgique et qui appartint au général baro
n de Fernig, Grand Chancelier puis lieutenant Grand Commandeur du Suprême Conseil de Franc
e sous la Restauration.
Le même Naudon, comme d’autres d’ailleurs, semble considérer comme allant de soi que ces C
onstitutions furent écrites en français. Rien ne permet, me semble-t-il, une telle certitude. En ef
fet, les deux plus anciennes versions connues sont écrites l’une en anglais, l’autre en français.
Le manuscrit anglais est de la main de Frederick Dalcho12, premier lieutenant Grand Command
eur du Suprême Conseil du 33° degré. Conservé dans les archives du Suprême Conseil de la Jurid
iction Nord des Etats-Unis, il est reproduit dans l’ « History of the Supreme Concil, 33°, (Monthe
r Concil of the World) Ancien and Accept Scottish Rite of Freemasonry Southern Jurisdiction, USA
1801-1861 », R.B.Harris et J.D.Carter (pp. 337- 346).
Le manuscrit français, « légalisé » et signé par Jean Baptiste Marie Delahogue (1744-1822) est c
onservé au fonds Kloss, bibliothèque du Grand Orient des Pays-Bas (La Haye). Il s’intitule « Copi
e Originale. Rit Ecossais Anc. Et Accepté. 33° degré. Souv. Gr. Inspecteur Général ». Outre le text
e des Grandes Constitutions, il contient également le rituel et l’instruction du grade. C’est cette

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version qui fut publiée, avec quelques variantes, dans le « Recueil des Actes du Suprême Conseil
de France » (pp. 36-41), publié par l’imprimerie de Sétier, rue de Grenelle Saint-Honoré, n° 29, e
n 1832.
L’antériorité du manuscrit Dalcho paraît peu contestable. J’y vois, au moins, trois raisons :
La « légalisation » du document Delahogue précise que le texte en est « traduit de l’anglais ». La
comparaison des deux textes montre que c’est bien le texte du Dalcho qui fut traduit.
Le titre « Rit Ecossais Ancien et Accepté » ne fut pas, à l’origine, utilisé par le Suprême Conseil d
e Charleston (il apparaît pour la première fois dans l’Acte d’Union du Grand Orient de Fran
ce et du Suprême Conseil de France, daté du 5 décembre 1804). Il ne se trouve que dans le
document De Lahogue.
Le document Dalcho parle des « princes du Royal Secret » au pluriel (8° et 11° articles) or dans l
a « Circulaire », les 30°, 31° et 32° grades sont tous intitulés « Prince du Royal secret, Prince
s (sic) des Maçons ». La titulature actuelle fut adoptée par le Suprême Conseil de France, pe
ut être dès sa création (automne 1804). De Lahogue emploie le singulier, non le pluriel, ce q
ui suggère que sa version est déjà adaptée à une situation nouvelle.
La « version française » n'est finalement qu'une traduction de l'anglais, Version Delahoge :
Constitution, Statuts & Règlements & Pour le Gouvernement du Suprême Conseil d’Inspecteurs
G du 33° Grade et pour le Gouvernement de tous les Conseils sous leur Juridiction.
Fait et approuvé dans le Suprême Conseil du 33° Grade dument et légalement Etabli et ( ?) Cons
titué au Grd Orient de Berlin le 1er may anno Lucis 5786 ou de l’Ere chrétienne 1786, auquel con
seil était présent en personne, sa Très Auguste majesté Fréderic 2° Roy de Prusse, souverain Gra
nd Commandeur, Au nom du Très Saint & Grand Architecte de l’univers Ordo ab Chao.
Le souverain Gd Inspecteur Gl en Suprême Conseil assemblé, ordonne et déclare la suivante Con
stitution et règlements pour le Gouvernement des Conseils maçonniques sous sa Juridiction.

Article 1er
La Constitution et les règlements faits par les neuf Commissaires nommés par le Grand Conseil
des Princes de Royal Secret en 5762 seront strictement exécutes dans tous ses points excepté d
ans ceux qui militent contre les articles de la présente Constitution, mentionnés dans ces présen
tes.
Article 2ème
Le 33° Grade appelé Souverain Gd Insp. Gl, ou Suprême Conseil du 33° grade est formé et organ
isé comme suit. L’inspecteur auquel ce Grades est donné le premier est par ces présentes autori
sé a le donner a un autre frère qui soit dument digne par son caractère et ses grades et a recevo
ir de lui son obligation, ces deux ensemble le donnent de la même maniere a un 3° ensuite ils a
dmettent les autres par leur suffrage donné de vive voix en commençant par le plus jeune Inspe
cteur, un seul peut Exclure pour Jamais un aspirant, si les raisons produites, sont jugées suffisan
tes.
Article 3ème

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Les deux premiers qui reçoivent ce grade, dans tour pays que ce soit seront les deux officiers pr
ésident, en cas de mort, résignation ou absence du Païs, (pour ne pas y revenir) du Premier offic
ier, le second prendra sa place et nommera un Inspecteur pour succéder a la sienne propre. Si l
e second officier Venoit a mourir, resignoit, ou quittoit le païs pour toujours le 1er officier en no
mmera un autre pour le succéder. Le Très Puissant Souverain nommera de la même manière l’Il
lustre Trésorier, le Secrétaire général du St Empire, l’Illustre Gd Me des Cérémonies et l’Illustre
Capte de ses gardes et remplit toutes les vacances qui peuvent survenir.
Article 4ème
Chaque Insp. qui sera initié dans ce Sublime Grade payera d’avance entre les mains de l’Illustre
trésorier Gle du St Empire la somme de Dix Louis de 24 Tournois, la même somme sera exigée a
ceux qui recevront le grade de K.H. ou Prince de Royal Secret, la quelle somme, sera pour l’usag
e du Conseil Suprême.

Article 5ème
Chaque Suprême Conseil doit être compose de neuf Inspecteurs Généraux donc cinq des quels,
au moins, doivent professer la religion chrétienne Trois des membres, si le très Puis Souverain o
u l’Illustre inspecteur sont présents, peuvent procéder aux affaires de l’ordre et former le Cons
eil complet. Il n’y aura qu’un Conseil de ce Grade dans chaque nation ou royaume en Europe, d
eux dans les Etats unis de l’Amérique aussi éloignés que possible l’un de l’autre, un dans les Isle
s anglaises de l’Amérique, et un pareillement dans celles françaises.
Article 6ème
Le pouvoir du Suprême Conseil n’interfère dans aucuns grades au-dessous du 17ème ou chev. d’
orient et d’occident mais chaque Conseil et loge de parfaits maçons, sont ici requis de les recon
naitre en qualité d’Inspecteurs Généraux et de les recevoir avec tous les honneurs qui leur sont
dus.
Article 7ème
Tout Conseil ou Individu au dessus du Gd Conseil des Princes de Jérusalem, peuvent porter leur
appel au Suprême Conseil et dans ce cas peuvent comparaitre et être entendus en personne da
ns le Suprême Conseil.
Article 8ème
Le grand Consistoire du Royal secret, élira un président, choisi dans son sein, mais aucuns de ses
actes ne seront valides, qu’après avoir été sanctionnés par les suprêmes Conseils du 33° Grade,
qui, après le décès de sa majesté le Roy de Prusse, sont souverains de la maçonnerie.
Article 9ème
Aucun député Inspecteur, ne peut faire usage de ses pouvoirs dans un Païs ou sera établi un Co
nseil Suprême d’Inspecteurs Généraux, a moins qu’il soit approuvé dudit Conseil.
Article 10ème

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Aucun Député Inspecteur cy devant reçus ou qui peuvent l’être par la suite en vertu de cette Co
nstitution n’aura le pouvoir d’accorder des certificats ny de donner les grades de K.H. ou des gr
ades au dessus.
Article 11ème
Le Grade de K.H. et celui de Prince de Royal secret ne sera jamais donné qu’en présence de troi
s Souverains Grands Inspecteurs Généraux.
Article 12ème
Le Suprême Conseil exercera tous les souverains pouvoirs maçonniques, dont Son Auguste maje
sté Fréderic 2°. Roy de Prusse étoit revêtu – lorsqu’il sera convenable de protester contre les pa
tentes de Députés Inspecteurs comme Illégales, information en sera envoyé à tous les Conseils S
uprêmes du monde.
Article 13ème
Le Suprême Conseil du 33° grade est autorise a députer un F. et membre du S. Conseil pour éta
blir un Conseil du Dr. Grade dans quelque païs désignés dans la présente Constitution, a la charg
e de se conduire conformément au 2° article, ces Députés auront aussi le pouvoir d’accorder de
s patentes aux députés Inspecteurs Généraux qui doivent avoir reçus le grade de K.H. pour Etabl
ir des Loges et Conseils de Grades Supérieurs au dessus du Ch. Du Soleil, dans un Pays où il ny a
ura pas de Loges Sublimes ou Conseils déjà Etablis. Le Manuscrit du Grade ne sera donné a aucu
n autre Inspecteur qu’aux deux premiers officiers du Conseil ou a un f qui va dans un païs Eloign
e pour Etablir ce Grade
.
Article 14ème
Dans toutes les processions des Grades Sublimes le Suprême Conseil marchera le dernier, et les
2 premiers officiers seront les derniers, le Gd Porteur d’Etendard de l’ordre les précédera Immé
diatement.
Article 15ème
Les assemblées du Conseil seront tenues chaque 3° nouvelle Lune, mais Ils s’assembleront plus
souvent si la nécessité le requiert, pour expédier les affaires, Il y a 2 fêtes dans l’année, l’une, le
1er 8bre lorsque nos Possessions furent séquestrées & données aux Ch. de Malte et l’autre le 2
7 décembre, fête ordinaire de la maçonnerie.
Article 16ème
Chaque Inspecteur General du 33° Grade sera muni de lettres de créance, conformément a la fo
rme exprimée dans ce Grade, pour laquelle il payera au Secrétaire General un Louis pour sa pein
e d’apposition des Sceaux et un Louis au Conseil pour subvenir aux Dépenses.
Le Gd Sceau du Suprême Conseil, est un Grand aigle noir a 2 têtes, les becs d’or, les ailes déploy
ées et tenant dans ses serres une Epée nue. Sur un Ruban Déployé au-dessous ces mots – Deus
Meumque Jus, et au-dessus de l’aigle ces mots Suprême Conseil 33° Grade.
Article 17ème

Almonor Stanley
Un Inspecteur General ne possède aucun pouvoir individuel dans un pais ou est Etabli un Consei
l Suprême, puisque la majorité des Voix est nécessaire pour rendre ses procédés légaux, Excepté
en vertu de patentes accordées spécialement par me Conseil.
Article 18ème
Les sommes Provenant des Initiations dans les Conseils au-dessus des Princes de Jérusalem sero
nt remises dans les fonds du Suprême Conseil.
Finis
Tiré des Archives du Grand Conseil Sublime du 33° Degré séant à l’Orient de Charleston Caroline
du Sud des Etats unis de L’Amérique Septentrionale et Traduit de l’anglais par moi soussigné pr
emier fondateur des Conseils, Chapitres, Collèges, grands Conseils et Consistoire du 32° degré s
éants aux Orients de Charleston Caroline du Sud des Etats unis de L’Amérique et de la Nouvelle
Orléans Capitale de la Louisiane et certifié conforme aux originaux.
J.B.M. De Lahogue K.H. P.R.S. Ex Souv. des dits Consistoire, Chapitres, Collèges et Grands Consei
ls et Lieutenant Souv.
Grand Commandeur du 33° Degré Dans les Isles et Dominations françaises de l’Amérique.
Ce texte appelle plusieurs commentaires.
Il décrit un Rite en 33 grades (ou degrés). Or le rite du Royal secret n’en comportait que 25.
Qui donc a ajouté les 8 grades supplémentaires et où les a-t-il empruntés ? La question est s
ans réponse définitive. Tout au plus peut-on avancer que six de ces grades furent emprunté
s à d’autres Rites pratiqués en France au XVIII° siècle, notamment au Rite Ecossais Philosop
hique florissant à Paris à l’époque. Des huit degrés ajoutés, seuls les 32° et 33° degrés aurai
ent été rédigés en Amérique.
La paternité de Frédéric II peut-elle être acceptée ? Certains en sont ou en furent convaincu
s dont Albert Pike, Souverain Grand Commandeur de la juridiction Sud au XIX° siècle, et Eug
ène Goblet d’Alviella, Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de Belgique de 18
99 à 1921. Elle est cependant bien peu probable. Certes, Frédéric II avait été initié dans sa j
eunesse mais il s’en désintéressa très vite. Il mourut le 27 août 1786 à l’âge de 74 ans, quel
ques mois après la date présumée de la signature des Grandes Constitution (1er mai). Il étai
t certes mentalement capable de signer ce document mais pourquoi l’aurait-il fait ? La maç
onnerie prussienne de l'époque est bien connue. Il s'agissait de Grandes Loges exclusiveme
nt chrétiennes, qu'il s'agisse de la Grande Loge nationale d'Allemagne, de la Grande Loge "A
ux Trois Globes" ou de la Grande Loge Royal York de l'Amitié. Aucune n’avait quoi que ce so
it de commun avec le REAA ni n'aurait accepté l'éclectisme religieux des Grandes Constituti
ons !
Enfin, la date elle-même, 1786, paraît totalement apocryphe et sans substrat historique qu
elconque. Il est vraisemblable que les Grandes Constitutions furent rédigées outre-Atlantiq
ue par des maçons qui n’avaient pas oublié leurs racines européennes et pour qui le nom d
u roi de Prusse avait encore quelque valeur.
REMARQUE : Merci de signaler toute erreur ou omission, à la Loge Fidélité et Prudence, qui tran
smettra à son auteur.

Almonor Stanley
Genève le 8 mars 2001 / complété et corrigé le 21 décembre 2010 / Jean-Claude von Laufen
Définition de la Franc Maçonnerie son histoire et son organisation

• Définition
La Franc Maçonnerie est une société ésotérique, philosophique et philanth

ropique amie de la vertu et de la justice. Elle se pr

ésente elle-même comme un outil de formation, av

ec une méthode particulière

permettant à ses membres d'entraîner leurs capaci


tés d'écoute, de réflexion et de dialogue, afin qu'eu
x-mêmes transmettent ces valeurs à leur entourag
e. C’est, en fait, une secte réunissant, dans le mond
e entier, des personnes qui se sont donné pour but
d'œuvrer à l'amélioration matérielle et morale de l
'homme. Certains disent

que c’est un beau système de moralité illustr

é par des symboles. D’autres affirment qu’elle est l

a réalisation de Dieu par la pratique de la fraternité.

La Franc-maçonnerie est organisée en Loges, elles-mêmes regroupées en ob

édiences qui sont des fédérations de loges ou de rites. De manière tangentielle, on

peut dire qu’il existe 2 branches principales dans la Franc-maçonnerie. Celle di

te régulière en contact avec la Grande Loge Unie d’Angleterre, et celle dite libér

ale ou dogmatique qui focalise davantage ses travaux dans le spirituel. Cherch

ant ainsi à conduire ses adeptes dans l’allégresse de la tolérance.

• Histoire de la Franc Maçonnerie


a) Dans le monde

On peut classer l’histoire générale de la Franc Maçonnerie en 3 p

ériodes. Ce sont :

1. La Maçonnerie Opérative : Première Assemblée de Maçons Opératifs à

Kilwinning en Ecosse.

Almonor Stanley
2. Les Maçons Acceptés

3. La Maçonnerie Spéculative née aux XVIIe Siècle et au XVIIIe Siècle

adoptant les rites et les attributs des religions antiques, des ordres, des

sectes, adoptant l’occultisme et des fraternités chevaleresques à caractère

initiatique.

Certains disent que la Maçonnerie Opérative n’a aucun

rapport avec la Maçonnerie telle qu’elle est présentement.

Ce peut être vrai si nous prenons leur canevas discriminat

oire. Cette discrimination s’explique par une tendance touj

ours actuelle que les bâtisseurs de Cathédrales n’avaient pa

s les capacités de se pencher vers les choses de l’esprit. Un peut plus loin, dans d’

autres grades cette transition de la Truelle à l’Equerre ; de l’Equerre au Compa

s ; du Compas au symbolisme peut être découverte.

• Entre 1652 et 1696 : On comptait trente Loges en Angleterre.

• 1705 : Création de la Loge d’York.

• 24 Juin 1717 les membres des 4 Loges Londoniennes fondent le Grand

Orient 1 de Londres

• 1721 : Constitution Maçonnique de Londres

• 1723 : Implantation de la loge Maçonnique en France

• 1738 : La Grande Loge 2 de Londres se proclame grande Loge d’Angleterre.

C’est la Loge Mère de toutes les Loges dans le monde.

• 1800 : Première Revue Maçonnique publiée en France. Elle portait le nom

de "Le Miroir de la Vérité"

1
Un Grand Orient est une Fédération de Loges de Rites semblables ou différents d’une même juridiction.
2
Une Grande Loge est chargée de l’Administration et de la Régularité des Loges qui lui sont affiliées.

Almonor Stanley
• 1813 : Les deux Grandes Loges de Londres se réunissent et forment la

Grande Loge Unie d'Angleterre (United Grand Lodge of England). Ce

groupe sera plus tard appelé, informellement, les Modernes. Un peu plus

tard se forma une autre Grande Loge, groupe appelé informellement les

Anciens.

• 1813 : Premier schisme entre les Modernes et les Anciens pour une histoire

de permission d’initiation aux Non-Chrétiens.

b) En Haïti

1. La Franc Maçonnerie est entrée en Haïti bien avant 1824.

2. 25 Janvier 1824 : Création du Grand Orient d’Haïti

réunissant 9 Loges dont :

3. L’Amitié des Frères Réunis #1 de Port-au-Prince,

4. L’Heureuse Réunion #2 des Cayes,

5. La Réunion des Cœurs #3 Orient de Jérémie,

6. La Parfaite Sincérité des Cœurs Réunis #4 Orient de Jacmel,

7. L’Etoile d’Haïti #5 de Port-au-Prince,

8. L’Haïtienne #6 du Cap-Haitien, qui était l’Haitiennne #1 est rédevenue

l’Haittienne # 6

9. La Vraie Gloire #7 Orient de St Marc,

10. La Constante Union #8 de Santo Domingo sous le gouvernement Jean Pierre

Boyer.

11. La Fidélité des Frères Réunis #9,

Suite à la scission des Maçons Haïtiens avec la Grande Loge d’Angleterre, le

Grand Orient d’Haïti vu donc le jour. Le F:. Ignace Fresnel en fut le premier Gr

and Maitre 3. Les degrés admis étaient les 3 Grades Symboliques (Apprenti, Comp

3
Un Grand Maitre est le Président du Conseil de l’Ordre élu, par un Convent, pour un an renouvelable. Il n
omme ses officiers sauf le Grand Trésorier qui doit être élu.

Almonor Stanley
agnon, Maitre), les Grades Capitulaires de Rose-Croix, de Past Master, de Royal

Arche et de Templier Kadosch. Le Grand Orient d’Haïti fut reconnu par celui

de la France au cours de la même année.

• Quelques dates importantes


• 1884 : Reconnaissance du Grand Orient d’Haïti par le Grand Orient de

France

• 25 Janvier 1836 : Le Grand Orient de France autorise le Grand Orient

d’Haïti de constituer le Suprême Conseil des 33e4.

• 15 Janvier 1870 : Exécution du F:. Sylvain Salnave.

• 1870 : Le F:. Nissage Saget est reçu 33e et proclamé Grand

Protecteur de l’Ordre.

• 1873 : Le F:. Antoine Massillon Aubry devient Grand Maitre.

Sous sa gouvernance, Les Chapitres de Royale

Arche #21 et 22, Les Chapitres de la Rose Croix #24

et 25 ainsi L’Aréopage #10, ont vu le jour. Il

raffermit également les liens du Grand Orient

d’Haïti avec le Grand Orient de France, la Grande

Loge d’Angleterre ainsi que celle du Brésil, de

l’Italie, de l’Egypte, du Portugal, de la Suisse, du

Mexique… Le Grand Maitre Antoine Massillon Aubry pris un décret qui

dotait le Grand Orient d’Haïti d’un Journal Maçonnique. Il ordonna la

révision des Statuts et des Règlements Généraux des Grandes Chambres et

avait le projet d’édifier le Temple de l’Ordre ainsi que de fonder une Ecole,

à Jacmel, aux frais du Grand Orient, pour les enfants des Maçons morts

en proie à la misère.

4
Le Supreme Conseil est constitue de Dignitaires 33e agissant comme Gardien du Rite

Almonor Stanley
• 22 Mars 1877 : Le F:. Fénelon Duplessy, apprécié du Grand Maitre Antoine

Massillon Aubry, fut installé Grand Maitre pour l’exercice triennal 1877-

1880

• 25 Juillet 1880 : Le F:. Lysius Salomon, Président de la

République, posa la première pierre du Temple Du Grand

Orient d’Haïti.

• 1886 : Le Passé Grand Maitre Antoine Massillon Aubry et le Grand

Maitre Fénelon Duplessy entre en litige. Ce fut alors la première scission

du Grand Orient d’Haïti.

• 14 Janvier 1887 : Le F:. Nerens Nerette, 2e Surveillant de la Loge Le Mont

Liban #22, agissant comme Vénérable Maitre rejoint Le Suprême Conseil

d’Haïti du Passé Grand Maitre Antoine Massillon Aubry président du

Suprême Conseil d’Haïti.

• En Juillet 1899 : Les 2 Grands Maitres, Elias Pereira du Grand Orient

National d’Haïti et F:. L. Cauvin du Grand Orient d’Haïti tentent

vainement une fusion des Loges.

• 7 Janvier 1939 : Le Passé Vénérable, des Cœurs-Unis #24, Marc Brutus fut

suspendu de ses droits maçonniques pour 5 ans par le Conseil de l’Ordre

qui lui avait convoqué à la Barre.

• 11 Janvier 1939 : La Loge Des Cœurs-Unis #24 se déclare indépendante du

Grand Orient d’Haïti.

• 13 Janvier 1939 : Le Conseil de l’Ordre ferme la Loge Des Cœurs-Unis #24.

• 24 Janvier 1939 : Une quarantaine de F:. Des Cœurs-Unis #24

se désolidarisent de la Loge. Le F:. Sténio Vincent, Président

d’alors de la République, désigna une Commission Arbitrale

Almonor Stanley
pour dénouer le conflit.

• 25 Avril 1940 : Le Schisme s’estompa. Se fut la nouvelle fusion.

• 1945 : Sous l’Administration du Grand Maitre Amos Leroy eut lieu un

autre schisme qui dura 5 ans. Quelques F:. se détachèrent du Grand Orient

et fondèrent la Fédération des Loges Haïtiennes. Le Grand Maitre fut

accusé de fraude. Le F:. Ludovic Célestin de La Respectable Loge L’Etoile

d’Haïti dû écrire, au nom de l’Atelier, au Secrétaire d’Etat à la Justice

afin d’éviter l’intervention de la Justice Civile et de la Police.

• 27 Septembre 1945 : Le F:. Amos Leroy est convoqué à comparaitre devant

un Jury spécial composé de 33 F:. 33e, pris le marquis. Il fut destitué de sa

fonction de Grand Maitre et suspendu de ses droits et prérogatives en

tant que Maçon.

• 26 Janvier 1947 : La Confédération des Loges Haïtiennes vit le jour.

• 25 et 26 Mai 1948 : Premier Convent National à Léogane.

• 1952 : Sous le Grand Maillet de Ducasse Jumelle la fusion

s’opéra une nouvelle fois entre Le Grand Orient d’Haïti et La

Fédération des Loges 5 d’Haïti.

• 17 Janvier 1956 : Au Temple du Grand Orient d’Haïti, le Congrès 6 des

Respectables Loges Symboliques 7 de l’Obédience prit la résolution de

séparer La Grade Maitrise de la Grande Commanderie.

• 29 Avril 1956 : Le Suprême Conseil choisit le F:. Mirabeau André premier

Grand Commandeur indépendant.

5
Comite dont le but est d’assurer la pluralité des Rites.
6
Réunion de Fr pour partager des idées et pour prendre des décisions.
7
Organe exécutif et directeur d’une Grande Loge composé du Grand Maitre élu et de ses officiers.

Almonor Stanley
• 1961 : Nouveau schisme sous l’Administration du Grand Maitre Luc

Coiscou. De ce schisme naquit, au cours de la même année La Grande Loge

d’Haïti qui ne fit long feu.

• 1965 : Le Convent National du Grand Orient divisent la Loge en 5

juridictions Provinciales, chacune représentée par une Grande Loge

Provinciale avec un Organisme Central siégeant à la capitale et dénommé

Conseil Fédéral. D’où la naissance de la Grande Loge du Nord avec le F:.

Gérard G. Bastien comme Grand Commandeur.

• 25 Janvier 1965 : Installation du F:. Lamoussey André à la

Loge La Vérité #47 élu le 18 Avril 1965. Il entama son

administration par une Tenue Funéraire en Mémoire du

F:. Duval Duvalier, oncle du Président François Duvalier

le 21 Mai 1965.

• 7 Septembre 1981 : Le Président Jean Claude Duvalier, Grand

Protecteur de l’Ordre procédait à la constitution et à la

délimitation de trois Instances Maçonniques Haïtiennes dont :

a) Le Grand Conclave 8 d’Haïti de 1981 avec juridiction sur les Chapitres

de Past Master, de Royal Arche et de Templier Kadosch

b)
Le Suprême Conseil d’Haïti de 1836 avec juridiction sur les Loges de

Perfection : 4e au 14e, Les Chapitres de Rose-Croix du 15e au 18e, Les

Aréopages du 19e au 30e, Les Tribunaux du 31e, Les Consistoires du 32e,

La Grande Chambre des 33e

c) Le Grand Orient d’Haïti de 1824 avec juridiction sur les trois premiers

degrés Symboliques.

8
Le Grand Conclave est une Assemblée de Titulaires de certains Hauts Grades

Almonor Stanley
• 1998 : Nouveau Schisme. Quelques Loges, sous le

leadership de l’ancien Grand Maitre Jean K.

Gousse s’insurge contre l’Autorité du Grand

Orient d’Haïti et de son Grand Maitre Michel F.

Bonnet élu par le Convent de Janvier 1999. Le

Grand Maitre Jean K. Gousse malheureux aux élections permis, dit-on, à

la justice profane de poser sceller sur les locaux de La Loge L’Etoile

d’’Haiti #5.

A cause de tous ces bouleversements, Le Grand Orient d’Haïti de 1824 a co

nnu un nombre assez impressionnant de constitution. Aussi retient-on :

1) Les Statuts de l’Ordre Maçonnique de 1824

2) Les Statuts de l’Ordre Maçonnique de 1836

3) Les Statuts de l’Ordre Maçonnique de 1878

4) Les Statuts de l’Ordre Maçonnique de 1886

5) Les Statuts de 1902

6) Constitution de 1917

7) Constitution de 1927

8) Constitution de 1938

9) Constitution de 1942

10) Constitution de 1956

11) Constitution de 1965

12) Constitution de 1973

13) Constitution de 1975

14) Constitution de 1983

15) Constitution de 1990

16) Constitution de 1995

• Les Loges dans le monde :

Almonor Stanley
Il y a plus de 33,000 Loges dans le monde. Parm

i elles, on compte : des Loges mixtes comme celles de l'

Ordre Initiatique et Traditionnel de l'Art Royal du D

roit Humain, celle de la Grande Loge Mixte de Franc

e, et des loges uniquement féminines comme celles de l

a Grande Loge Féminine de France, de Belgique et de Suisse. De nombreuses init

iations féminines eurent lieu en France au XVIIIe siècle et on notait des loges di

tes d'adoption où Frères et Sœurs procédaient à des tenues communes, ces tentati

ves de mixité ne semblent pas avoir survécu à la Révolution de

1789. Il fallut attendre la fin du XIXe siècle pour voir en 1882, d

ans une loge de la Grande Loge Symbolique Écossaise (qui rejoin

dra la Grande Loge de France en 1894), l'initiation de Maria D

eraismes qui fondera par la suite le Droit Humain.

Des différences, toutefois, singularisent les Loges dans le monde. Ainsi, les

classe-t-on par leur Rite. On reconnait :

• Le Rite Ecossais Ancien et Accepté (REAA) : Né en France au début du

18e Siècle, il comprend 33 grades et est le plus pratiqué dans le monde.

• Le Rite Français Moderne (RFM) : Il a 7 degrés.

• Le rite Français Moderne Actualisée(RFMA) : il comprend 33 grades

Templier et est pratiqué Maintenant dans le monde ; il avait maintenat

en Haiti cette rite (1-33eme ,R.A. –T.K.,Martiniste ,Elut Corent, Memphis

Misraim )

• Le Rite Ecossais Rectifié (RER) à la fin du 18e Siècle comprend 6 degrés

• Le Rite Emulation de 15 à 18 degrés.

• Le Rite d’York : C’est le Rite Maçonnique Américain.

Almonor Stanley
• Le RiteMimphis Misraïm : Implanté à Paris en 1814, le Rite Egyptien

Misraïm qui veut dire Egypte en Hébreu, fut scindée en deux au 2e quart

du 19e Siècle. Une partie des dignitaires rejoignit le Grand Orient de

France et une autre forma le Rite Memphis en 1839.

• Le Rite de Memphis : Issu de la scission du rite Misraïm, le Rite de

Memphis s’unit au Grand Orient de France en 1862.Il comprend 99

grades ou degré.

• Le Rite de Schroeder (RS) : Il comprend 9 grades.

Quelque soit le rite, le Fr:. Maçon doit respecter le code que voici :

1. Adore le G:.A:.D:.L:.U:.

2. Aime ton prochain, ne fait point de mal, fais le bien, laisse parler les
Hommes,

3. Le vrai culte du G:.A:. consiste dans les Bonnes Mœurs, fais donc le Bien
pour l’Amour du Bien lui-même.

4. Tiens toujours ton Ame assez pure pour paraitre dignement devant le
G:.A:.D:.L:.U:. qui est Dieu.

5. Aime les Bons, plains les faibles, fuis les Méchants, mais ne hais personne.

6. Parle sobrement avec les Grands, prudemment avec tes Egaux,

sincèrement avec tes Amis, tendrement avec les Pauvres.

7. Ne flatte point ton F:., c’est une trahison, si ton F:. te flatte, crains qu’il
te corrompe, écoute toujours la voix de ta Conscience.

8. Sois le Père des Pauvres, chaque soupir que ta dureté leur arrachera,
augmentera le nombre de Malédiction qui te tomberont sur la tête.

Almonor Stanley
9. Respecte l’Etranger Voyageur, aide-le, sa personne est Sacrée pour toi,
évite les querelles, préviens les insultes, mets toujours la Raison de ton

coté.

10. Respecte les Femmes, n’abuse jamais de leur faiblesse et meurs plutôt de
les déshonorer.

11. Si le G:.A:.D:.L:.U:. te donne un Fils, remercie-Le, mais Tremble sur le


dépôt qu’Il te confie. Sois pour cet enfant l’image de la Divinité.

12. Fais que jusqu'à 10 ans, ton Fils te craigne, que jusqu'à 20 ans il t’aime,
que jusqu'à la mort il te respecte.

13. Jusqu'à 10 ans, sois son Maitre, jusqu'à 20 ans sois son Père, jusqu'à la mort
sois son Ami.

14. Pense à lui donner de Bons Principes plutôt que de Belles manières, qu’il
te doive une doctrine éclairée plutôt qu’une frivole élégance, fais-le

Honnête Homme plutôt qu’Habile Homme.

15. Si tu rougis de ton état, c’est Orgueil, songe que ce n’est pas ta place qui
t’Honore ou te Dégrade, mais bien la façon dont tu l’exerces.

16. Lis et profite, vois et imite, réfléchis et travaille, reporte tout à l’utilité de
tes F:., c’est travailler pour soi-même, sois content partout de tout et avec

tout.

17. Réjouis-toi de la Justice, courrouce-toi contre l’Iniquité, souffre sans te


plaindre.

18. Ne juge point légèrement les actions des Hommes, ne blâme point et loue
encore moins, c’est au G:.A:.D:.L:.U:. qui sonde les Cœurs à apprécier son

Almonor Stanley
courage.

• Le Décalogue de la Franc-maçonnerie

1. Dieu est l’Eternel, l’Omnipotent, l’Immuable Sagesse, la Suprême

Intelligence et l’Inépuisable Amour. Tu l’adoreras, le vénéreras.

2. Ta religion sera d’être bon et d’accomplir le bien. Afin de méditer

l’amitié des Sages, observe leurs préceptes. Ton âme est immortelle

ne la dégrade en rien.

3. Combats le vice. Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas

qu’ils te fissent. Accepte ton sort à la lumière de la Sagesse 9.

4. Honore tes parents, respecte la vieillesse. Instruis la jeunesse.

Protège l’enfance et l’innocence.

5. Chéris ta femme et tes enfants. Aime ta patrie et obéis à ses lois.

6. Que ton ami soit un second toi-même. L’Infortune ne doit pas te le

rendre étranger.

7. Fuis l’amitié non sincère. En toute chose, évite l’excès.

8. Ne te laisse pas maitriser par aucune passion. Tire des passions

d’autrui une qui te soit profitable. Soit indulgent à l’erreur.

9. Ecoute beaucoup, parle peu, agis bien. Oublie les injures. Rends le

bien pour le mal. N’abuse ni de ta force ni de ta supériorité.

9
Il ne s’agit pas à de développer une attitude fataliste nous paralysant dans les mauvaises compréhensions
du Destin

Almonor Stanley
10. Etudie les hommes afin d’apprendre à te connaitre toi-même.

Recherche la vertu, sois juste, évite la paresse.

Chapitre II

I. De la Loge

• Les Décors de la Loge

La Loge maçonnique a la forme d’un carré long. Sa longueur s’étend de

l’Orient à l’Occident, sa largeur du Midi au Septentrion, sa hauteur du Zénith a

u Nadir. Ces dimensions supposent que la Maçonnerie est universelle, que tous l

es maçons de quelques lieux où ils se trouvent, forment tous ensemble une seule

Loge. Dans le sens mystique, une Loge est soutenue par 3 grands piliers qu’on no

mme Sagesse, Force et Beauté. Symboliquement, ces trois piliers sont représentés

par le Vénérable et les 2 Surveillants. On doit aussi noter la triade formée par l

e Vénérable et les FF:. Orateur et Secrétai re.

• Les 33 Grades de la Loge


1. Apprenti Maçon

2. Compagnon Maçon

3. Maitre Maçon

4. Maitre Discret

5. Sublime-Maitre des Anges

6. Chevalier de l’Arche Sacrée

7. Chevalier de la Voute Secrète

8. Chevalier de l’Epée

Almonor Stanley
9. Chevalier de Jérusalem

10. Chevalier d’Orient

11. Chevalier Rose-Croix

12. Chevalier de l’Aigle Rouge

13. Chevalier du Temple

14. Chevalier du Tabernacle

15. Chevalier du Serpent

16. Sage de la Vérité

17. Chevalier Kadosh

18. Chevalier du Royal Mystère

19. Grand Inspecteur

20. Philosophe Hermétique

21. Patriarche Grand Installateur

22. Patriarche Grand Consécrateur

23. Patriarche Grand Eulogiste

24. Patriarche de la Vérité

25. Patriarche des Planisphères

26. Patriarche des vedas Sacres

27. Maitre Egyptien Patriarche d’Iris

28. Patriarche de Memphis

Almonor Stanley
29. Patriarche de la Cite Mystique

30. Sublime Maitre du Grand Œuvre

31. Grand Défenseur du Rite, Chevalier de l’Aurore et de la Palestine

32. Prince de Memphis

33. Patriarche grand Conservateur (Arcana Arcanorum)

Dans la pratique des Loges bleues, on passe du 3e degré au 14e, ceci constitue l

a logique des Loges de Perfection ; du 15e degré au 18e ceci englobe les Chapitres ;

du 19e degré au 30e. A partit du 30e degré, on entre dans les Grades Aréopages.

Loge Mimphis Misraim

Loge Rite diocre

Loge rite diocre ou ecossais

l’œil du maitre

Chapitre III

Almonor Stanley
De la Maçonnerie

• Principes, Vertus et But de la Maçonnerie

Le code maçonnique traduit des principes, des vertus et présente son but d

e la Maçonnerie

• Principes de la Maçonnerie

• Aimer ses F:.

• Secourir ses F:. dans l’indulgence.

• Chercher la vérité

• Les 4 vertus cardinales de la Franc Maçonnerie

• Modération

• Fermeté

• Prudence

• Justice

• Le but de la Maçonnerie

• Creuser des cachots aux vices et Elever des temples à la vertu.

Quels que soient les Principes, les Vertus et le But de la Maçonnerie, leur pra

tique entraine le bonheur de marcher vers la perfection qui n’est autre que la v

oie du G:.A:.D:.L:.U:. Quelques difficiles qu’ils soient, on se doit de se battre pour

les respecter. Ils définissent le Maçon cherchant à aimer, à aider, à supporter, à t

ransformer, à se perfectionner, à donner le bon exemple.

Avant de dormir le soir, le F:. Maçon devra repasser sa journée à la lumière

des Principes, des Vertus et du But prônés par la Franc-maçonnerie. C’est par ce

tte pratique que le F:. peut se perfectionner. Ils sont le miroir qui le renvoie ses

Almonor Stanley
bons et ses mauvais agissements. C’est la porte d’entrée par où le F:. accède à la c

onscience et à l’inconscience. C’est le juge par excellence de nos actions.

Des obstacles venant de toute part joncheront la route du F:. ; des événement

s décourageants tapisseront le sentier du F:. ; mais s’il s’applique à respecter les

principes, les vertus et le but de la maçonnerie, il traversera parfaitement les o

bstacles et surtout avec intelligence. Sa récompense sera incommensurable car l

e Créateur lui-même mettra sur sa route des béatitudes de l’ordre des miracles. I

l connaitra le bonheur et pourra, par sa simple présence, égayer les cœurs les pl

us lacérés. Sa compagnie sera tellement appréciée qu’il sera sans cesse sollicité. Il

sera écouté comme un sage et ses réincarnations se verront non seulement dimi

nuer voire supprimer mais aussi se feront dans un plan supérieur. Mais pour y

arriver il lui faudra apprendre à se concentrer, à méditer, à prier, à partager, à

aimer, à se taire, à supporter, à pardonner.

Chapitre IV

L’Initiation ou mieux encor e Le baptême Maçonni

que

Le mot initiation vient du latin "Initiare"qui signifie commencer. Par l’Initi

ation Le Profane est orienté vers une autre vie basée sur la justice, la vérité, l’a

mour du prochain et la compréhension de la nature. Pour se faire, des épreuves

symboliques lui ont été données à travers les quatre Eléments détenant le sens ca

ché de la vie sur cette terre.

Le Baptême Maçonnique se fait en 3 Etapes :

1. Le Parvis

Almonor Stanley
a) Le Parvis est l’espace en aval du temple on y passe

avant d’entrer dans le Temple. Il représente

l’"Ouham" ; c’est-à-dire la première partie du

Temple de Salomon. C’est dans le Parvis que se

déroule la Voie des observations et les Rituels de purification avant

d’entrer au Temple. Pour le profane, l’entrée dans le Parvis est faite

par les principes à nous seuls connus.

b) Les Yeux Bandés : Le profane cherchant la Lumière entre comme un

nouveau né dans le Parvis. Il ne peut le faire les yeux

dégagés car la charge du Parvis est trop puissante pour

sa vision, de plus par ce Symbole, le profane apprend à

se laisser guider par un F:., à cultiver des idées positives

envers ses semblables et à les témoigner confiance.

c) La marche dans la forêt c’est là le premier voyage, l’App:.

doit le percevoir comme avertissements. En effet la route de l’Initié est

pavée d’embuches et d’horreur.

d) La Corde au cou : Elle tend à permettre à l’accueilli de comprendre

qu’il doit se dépouiller de ses orgueils, de ses préjuges.

e) La sandale : Elle est mise dans le mauvais pied.

Ce symbole traduit la marche lente de l’Initié. Il

le rappelle également que sa progression

Spirituelle sera difficile.

f) Le pied droit déchaussé : Il symbolise la marche lente et

pénible que le Maçon aura à supporter pour arriver à la

béatitude.

Almonor Stanley
g) Le sein mis à nu : Le sein gauche mise à nu dégage le cœur qui symbolise

la polarité humaine.

h) Le Poteau : C’est le symbole du Vice et de la Vertu.

L’épreuve du Poteau doit être perçue comme l’effort que le

Fr:. doit consentir durant toute sa vie pour combattre ses

vices et s’élever en homme vertueux. Les Vices ne peuvent

être annihilés par la violence mais par un travail assidu ou

s’entremêlent la patience et la motivation.

i) Le Saut : Le grand Saut de l’accueilli est le symbole

de la décision effective de l’App:. de se lancer

véritablement dans l’inconnu.

2. La Chambre de Réflexion

Le Profane commençant son Baptême Ma

çonnique est introduit dans la Chambre de R

éflexion pour y jeter ses négativités, pour Mé

diter et pour être présenté aux Entités de la

terre. Il y trouve :

a) Une Tombe : Symbole de la renaissance ainsi que du devenir du F:. Maçon

qui a trahi en livrant les secrets qui lui ont été dévoilés. L’App:. doit

comprendre par ce symbole que l’homme est né de la

poussière et qu’il devra y ressembler. Nous mourrons

tous. Non pour être détruit mais plutôt pour renaitre comme la semence

qui meurt pour donner une plante encore plus nécessaire par ses

dimensions et par ses fruits ou par son ombre.

Almonor Stanley
b) Un Coq : Symbole de la Vigilance, et de la Force. Le Coq,

attribué à Hèmes, Thot ou Mercure, est la force

mystérieuse conductrice des Ames dans le monde des

Ténèbres.

c) Une Cruche : Symbole d’adoration anthropologie

d) Du Pain : Symbole d’ascension de l’Ame, de la fécondité du

travail, de la sagesse de la terre, il représente l’Union de la

terre et du ciel soit la Matière et l’Esprit. Voila pourquoi en

période de jeun seul le pain doit être mangé.

e) Un Miroir : C’est un Condensateur Fluidique, c’est-à-dire,

un accumulateur d’énergie vitale informe mais

régulièrement harmonieuse. Il aide à la concentration, à la

prise de conscience de soi ainsi que dans le processus de dépassement de

soi que l’on acquiert par la méditation.

f) Un Crane : Symbole de la mort comme aboutissant. L’homme qui meurt se

doit de se dépouiller de sa chair. Il devient une âme pure se

débarrassant de ses hideux accessoires, source de péchés, pour

son ascension spirituelle indispensable pour continuer sa route

vers la lumière.

g) Une Pierre Brute : Symbole de l’Homme que le Fr:. Maçon doit dégrossir

tout au long de sa vie.

h) Le Maillet : Symbole de l’autorité, de la Persévérance,

de la connaissance, se la compétence, de la Volonté de

Almonor Stanley
perfectionnement.

i) Le Ciseau : Symbole du savoir et du Savoir-faire,

de la détermination du discernement et surtout

de l’Intelligence.

j) Du Sel : Symbole du Savoir et également symbole de

l’élément Terre.

k) Du Mercure : Symbole de l’Ame.

l) Du Soufre : Symbole de l’Esprit qui brille par son aspect argenté

comme le cerveau et qui est appelé à changer, à se transformer, à

s’embellir ou à s’enlaidir.

m) Des Graffitis où s’inscrivent des mises en garde.

3. Le Temple

Le temple est constitué d'une pièce rectangulaire d'un s

eul tenant avec une ou plusieurs fausses fenêtres grillagées

Symboliquement, il est orienté d'Occident en Orient sur

sa longueur, du Septentrion au Midi sur sa largeur et du Nadir au Zénith sur

sa hauteur.

Le plafond est idéalement bombé et décoré comme une voûte céleste[]. Un fil à

plomb est suspendu au-dessus du centre du temple[].

Almonor Stanley
Une corde à nœuds formant la houppe dentelée, entoure le temple au-dessous

du plafond, le long des murs de l'Orient, du Septentrion et du Midi. Elle symboli

se la Chaîne d'Union[7], elle comporte 13 nœuds appelés "Lacs d’Amours"[].

Sur le mur oriental, derrière le plateau du Vén:. sont représentés un Triangl

e Isocèle nommé "Delta Lumineux", un Soleil et une Lune, nommés "luminaires".

Le sol est formé d'un Pavé Mosaïque, soit sur sa totalité, soit au minimum sur

un rectangle central ou entre les 2 Surveillants. Deux bureaux, nommés platea

ux, sont disposés contre les balustrades de l'Orient, au Nord et au Sud, se faisant
face. Un autre bureau/plateau est disposé près de la colonne du Nord, faisant f

ace à l'Orient, et encore un autre est disposé prés de la Colonne du Sud faisant é

galement face à l'orient.

Dans l'enceinte du temple en face de l'orient est placé un pupitre ou une peti

te table accueillant un livre. Ce livre peut être, suivant les rites, un ancien testa

ment ouvert au Livre des Rois chez les anglo-saxons ou un nouveau testament o

uvert sur l'Évangile selon Jean au REAA, mais ce peut être également un Cor

an ou tout autre livre sacré, ou encore une constitution de l'obédience ouverte s

ur ses principes fondamentaux. Dans tout les cas une équerre et un compas sont

disposés d'une manière propre au grade auquel se déroule la tenue, quel que soit

le rite[].

À l'Orient, on trouve une estrade surélevée, à laquelle on accède par au moins

trois marches. Des balustrades de part et d'autre de l'escalier séparent l'Orient

du reste du Temple. On y trouve d'autres Sièges et trois plateaux : le plus grand,

au milieu et face à l'Occident, est celui du Vénérable Maître, président de la loge

Almonor Stanley
Au Sud et au Nord, contre la balustrade et se faisant face, se trouvent deux

autres plateaux occupés par le Secrétaire et l'Orateur. La Pierre Brute, la Pierr

e Cubique et trois Chandeliers se trouvent près du vénérable[].

A l'Occident, un siège est disposé entre les colonnes J et B, juste à côté de la po

rte, où s'assied le Couvreur, gardien du temple.

Au Septentrion comme au Midi, le long des murs, sont installés des sièges ou

banquettes appelées "Colonnes". C'est là que les Maçons prennent place pendant l

es Tenues. On peut trouver le long des sièges une gaine pour y glisser l'Epée Maç

onnique. Au Septentrion siègent les App:., au Midi les compagnons[], les maîtres

s'asseyent où ils le veulent.

Le Temple est le lieu où le profane va effectivement recevoir le Baptême Maç

onnique. Il y entre après avoir décliné à haute et intelligible voix son nom, son â

ge profane, sa profession, sont statut matrimonial. C’est dans ce Lieu Saint qu’il

fera les 3 derniers voyages par 3 éléments (Feu, Eau, Air) de la nature.

Les voyages sont des Epreuves. Au Rythme Maçonnique le postulant fait 3 V

oyages dans le Temple. Ce sont :

• Le Feu Symbolisant, dans l’Initiation, l’Enfance et les

Premiers Pas dans la vie, a pour vertu de purifier le profane

dans le but entre autre de permettre son évolution spirituelle.

• L’eau symbolisant, dans l’Initiation, l’Adolescence et

l’Acquisition de Connaissance. C’est la fontaine qui

lave le profane,le mettant en condition pour être reçu

Maçon.

• L’Air symbolisant, dans l’Initiation, la Maturité, le Temps

de la Réflexion et du Travail. Par l’Air, donc, l’encens, le

Almonor Stanley
récipiendaire est désormais un F:.

Nb. Dans le Temple, le profane est scellé à gauche, c’est un symbole identificateu

r.

• Serment de l’Apprenti Maçon


Moi … je promets devant le G:.A:.D:.L:.U:. qui est Dieu,

et donne solennellement ma Parole d’Honneur, en présence

de cette Respectable Assemblée, de ne jamais révéler le Secret

des Maçons et de la Maçonnerie, tant ce que je sais que ceux

que je saurai à l’avenir, qu’en Loge réglée ou a un F:., après un rigoureux exam

en, et qu’il m’aura donné les signes non équivoques de la qualité de Maçon ;

Comme aussi de ne jamais révéler par écrit ou de vive-voix, ni tracer, ni g

raver, ni peindre, ni manifester de quelque manière que ce puisse être, d’aimer

et secourir mes F:. dans leur besoins, de mon bras, de mes conseils et de ma bour

se, suivant mes facultés, d’admettre une Parfaite Egalite, et de ne faire d’autres

distinctions entre eux, que celle que produit la Vertu,

Et en cas d’infraction, Je consens d’avoir la Gorge Coupée, la Langue Arr

achée, et le Corps Brulé et Réduit en Cendre, pour être jetés au Vent, afin qu’il n

e soit plus fait mention de Moi parmi les Hommes.

Que le G:.A:.D:.L:.U:. me soit en aide.

Ce Serment oblige l’Apprenti à des devoirs moraux coercitifs pour son évo

lution spirituelle. Aussi devra-t-il s’entrainer à la culture des valeurs morales p

ar l’écoute, le respect d’autrui, la bonne volonté, l’ouverture d’esprit et la toléra

nce. Le silence de l’Apprenti n’est pas morbide. C’est un silence de méditation q

ui doit être compris dans le sens de l’écoute pour aiguiser la connaissance et me

ubler le savoir ainsi que le savoir faire.

Symboles Maçonniques au niveau de l’Apprenti Maçon et Officiers de la Loge

Almonor Stanley
• Symboles
• Le Compas, l’Equerre et la Bible ou le Coran ou les Vedas constituant le

VLS, forment le triangle de Dieu.

• Le Compas: Symbole de L’Esprit.

• L’Equerre : Symbole de la Matière.

• Le Maillet : Symbole de Continuité et c’est le Moi Exécuteur ; c’est-à-dire la

volonté agissante. Dans une tenue, seuls le Ven:. et les 2

Surveillants sont munis du Maillet. Annonçant ainsi par des

coups l’ouverture des Travaux, leurs fermetures et pour

passer des messages. Le Maillet est fait à partir d’un bois imputrescible.

• Le Ciseau : Symbole de l’Intelligence.

• Le Niveau : Symbole de l’égalité sociale et de la justice.

• Le Fil d’Aplomb : Symbole de Vérité et de l’équilibre.

• La Règle : Symbole de la rectitude.

• Le levier : Symbole de Puissance et de pouvoir.

• La truelle : Symbole de L’Amour Fraternel et de la Tolérance.

L’expression "Passer la truelle" à le sens de pardonner et d’oublier les

offenses.

• Maitre Hiram, architecte du temple de Salomon.

• La Pierre Brute : Symbole de l’Homme. Selon Jean-

Marie Ragon, la Pierre Brute symbolise les

imperfections de l’esprit et du cœur que le Maçon doit s’appliquer à

corriger. L’App:. doit y travailler pour la dégrossir ; c’est-à-dire se curer

des souillures de ce bas monde afin de pouvoir parvenir à la vraie lumière.

Almonor Stanley
• Le Tablier à bavette : le Tablier à Bavette de

l’Apprenti Maçon est de couleur blanche. C’est un Symbole

de pureté, d’innocence, d’obligation d’amitié, de

changement d’attitude. Il cache le nombril et les parties

génitales.

• Les gants : Ils indiquent que les mains d’un Franc-maçon sont

pures de tout acte blâmable. En réalité le F:. ne porte que le gant

de la main droite ; celui de ; la main gauche est remis à la

conjointe ou à la mère. Le F:. doit porter le gant durant tout le

déroulement de la Tenue et doit être retirer s’il doit serrer la

main d’un F:. et pendant la chaine d’union conformément à la bienséance.

• Le Pavé Mosaïque : C’est un damier rectangulaire

placé entre les 2 Surveillants de la Loge ou au centre

du Temple. Il symbolise le Bien et le Mal. Quand on

déambule à l’intérieur du Temple, on doit se garder de

poser les pieds sur les carrés noirs.

• Les Officiers de la Loge


En général, ils sont élus pour un Mandat d’un an renouvelable. Pour êt

re Officiers de la Loge, il faut être Maitre Maçon. Cependant, pour être Vénérabl

e-Maitre, il faut être Maitre Maçon depuis au moins 7 ans ou selon le Rite c’est

5 ans et de la maturité et avoir occupé le poste de Surveillant Elu et d’Orateur o

bligatoirement.Les Officiers de la Loge sont au nombre de 17 mais tous ne sont p

as élus. Il en a qui sont simplement nommés. Les seuls élus sont le Vénérable Mai

tre, le Premier Surveillant et le Second Surveillant.

1) Le Vénérable-Maitre : Il se tient à l’Orient et

est la Première Lumière de la Loge. Le

Almonor Stanley
Vénérable-Maitre est le Maitre de la Loge et préside les Travaux. Il

porte l’Equerre et correspond à Jupiter.

2) Le F:. 1er Diacre : Il est assis derrière et à droite du Vénérable-Maitre

s’il le permet. Dans les Tenues, il porte les ordres du Vénérable aux

officiers de la Loge afin que les Travaux soient exécutés promptement.

3) Le F:. Orateur : Il se tient à l’Orient un peu plus bas et à Gauche du

Vénérable Maitre. Le F:. Orateur est le gardien de la loiMaçonnique.

Chaque fois qu’un Vote doit avoir lieu, il lui appartient de déterminer

si ce Vote est conforme aux Statuts et Règlements Généraux de l’Ordre.

Personne ne peut prendre la parole après lui sauf le Vénérable. Il nous

faut souligner que le Vénérable Maitre en Chair, obligatoirement

ancien Orateur et ancien Surveillant, a plein droit

d’intervenir en cas de mésinterprétation des lois. C’est a lui

qu’incombe d’adresser les mots de bienvenue aux visiteurs

de la Loge. Le F:. Orateur correspondant au Soleil, porte le

Volume de la Loi. Jadis, le F:. Orateur portait le Soleil présentant 24

rayons groupés en 8 faisceaux.

4) Le F:. Secrétaire : Il se tient à l’Orient un peu plus bas et à droite du

Vénérable Maitre. Sa fonction consiste à donner lecture de la Planche

de Convocation, de partager les correspondances avec l’Atelier sous

l’ordre du Vén:., de prendre des notes sur le déroulement de la tenue,

de restituer les décisions qui ont été prises par le Vénérable-Maitre. Le

F:. Secrétaire correspond à la Lune. Il porte la Plume.

5) Le F:. Porte Etendard : Il porte le Drapeau National. Le F:. Porte

Etendard est assis en bas et légèrement à gauche du Vénérable à

l’entrée de l’Orient.

Almonor Stanley
6) Le F:. Trésorier : Il est chargé d’encaisser les

cotisations, de payer les capitations et d’acquitter toutes

les dépenses courantes afférentes à sa fonction Sous l’ordre

du Vénérable. Son tablier porte 2 clefs entrecroisées.

7) Le F:. Aumônier : Jouant en général le rôle de Trésorier, le F :.

Aumônier est assis en face du F:. Hospitalier au haut de la Colonne B.

8) Le F:. Hospitalier : Il est le dépositaire des Métaux consacrés

au soulagement des pauvres et des FF:. dans le besoin. Il a

aussi pour devoir de Visiter les prisons, les hôpitaux et

d’annoncer à l’atelier les FF:. en détresse. Il est assis au haut de la

Colonne J. Le F:. Hospitalier porte la Bourse comme attribut.

9) Le F:. Maitre des Cérémonies : Sous l’ordre du Vénérable, il lui

appartient de régler tous les déplacements intervenant au cours d’une

Tenue. Il est responsable également de conduire solennellement les

visiteurs, les Dignitaires et les Officiers dans le Temple selon l’ordre

parti de l’Orient. Le F:. Maitre des Cérémonies porte 2 Glaives croisés

avec un Crane.

10) Les FF:. Experts : Ils sont assis chacun devant les Plateaux des

Surveillants dont ils assurent le remplacement lorsque ces Officiers

sont déplacés. Il est aussi responsable du déroulement du

Tapis de la Loge. Le F:. Expert porte un tablier exposant un

œil et un Glaive croisé avec une Règle.

11) Le Premier Surveillant : Il se tient au Sud. C’est la

Deuxième Lumière de la Loge il est responsable des F:.

assis sur la Colonne J. et de leurs instructions. Dans les

Almonor Stanley
Tenues, il doit s’assurer que le Temple est à couvert et à l’abri de

toutes profanations. Le Premier Surveillant, correspondant à Mars,

porte le Niveau. Il peut remplacer le Vén:. Si besoin est.

12) Le Second Surveillant : C’est la Troisième Lumière de la Loge. Assis à

l’Ouest, il est responsable des FF:. de la Colonne B et

de leurs instructions. Il doit enseigner aux

Apprentis, le sens symbolique des symboles et des

allégories de la Franc-maçonnerie ; c’est-à-dire, la philosophie de la

Franc-maçonnerie, les Métaux, la Pierre Brute, l’Age du grade, les Pas,

la Chaine d’Union, le Maillet et le Ciseau, le Pavé Mosaïque, la Beauté,

les Voyages, le Silence dans le souci de les mettre sur la voie de

"Vaincre les passions et soumettre la volonté". Dans les Tenues, le

Second Surveillant s’assure, sous l’ordre du Vénérable, que tous les FF:.

présents au Temple sont aptes à participer à nos Saints Mystères. Il

porte le Fil d’Aplomb encore appelé la Perpendiculaire et correspond

à Vénus.

13) Le F:. Architecte : Il est assis en bas et à droite du 1er Surveillant. Il est

responsable de la préparation du Temple pour les Tenues.

14) Le F:. 2eme Diacre : Il est assis derrière et à gauche du 1er Surveillant

pour porter les ordres de ce dernier au Second Surveillant. Le F:.

2eme Diacre a aussi pour devoir de veiller que les FF:. se tiennent

décemment sur les Colonnes.

15) Le F:. Garde du Temple : Souvent appelé Tuiler, il est assis dans le

Temple en bas et un peu à droite du Second Surveillant devant le Pavé

Mosaïque. Le F:. Garde du Temple est, en général, le Passé-Vénérable

Maitre du précédent exercice.

Almonor Stanley
16) Le F:. Tuiler : Placé sur le Parvis devant la porte du Temple comme

Garde Extérieur, Le F:. Tuiler est chargé de vérifier la qualité des

visiteurs par les mots de Semestre et de Passe, les Signes et les

Attouchements.

17) F:. Terrible : Il est celui qui intervient auprès du Postulant à l’initiation

dans ses Phases de Préparation, de Mise en Condition et en tenue ou en

travaux mystique.

• Quelques Maçons ayant occupé dans le monde des positions célèbres :


Nord Alexis, François Duvalier, Raoul Sedras, Kelly Bastien, Benoit XIV lor

squ’il était Abbé, Buffalo Bill, Casanova de Seingalt, Chateaubriand, Diderot, Bi

ll Clinton, Bush senior, Harry Truman, Franklin D. Roosevelt, Theodore Roosev

elt, Andrew Jackson, Lyndon B. Johnson, James Monroe, Georges Washington, L

e Roi Hussein, Yasser Arafat, Simon Bolivar, Ose Marti, Bob Dole, Henry Kissi

nger, Colin Powell, Harrison Ford, John Wayne, Louis Armstrong, Nat King Co

le, Mozart, Beethoven, Händel, Shakespeare, Voltaire, Pouchkine, Neil Armstro

ng, Bartholdi (Statue de la Liberté), Eiffel Gustave (Tour d’Effeil), Nicolas Flame

l, Hoban (Maison Blanche), Fleming Alexandre, Michael Jordan, Alphonse de L

amartine, Montesquieu, Donatien-Alphonse de Sade,Nicola Cage, Neson Mande

la

Almonor Stanley
Chapitre V II

La prière de l’Apprenti Maçon

• Le Triangle du Premier Degré


S
Le Triangle de l’Apprenti est équilatéral. Il est de grande port

ée mystique voire spirituel. Par ses cotés égaux, il invoque la perfect

ion, la S:., la F:. et la B:. Le Triangle n’est pas Dieu mais fait penser B F

au G:.A:.D:.L:.U:. Une fois tracé, il introduit la pureté, la sainteté. Le mettre en b

ranle se fait en général par l’allumage dans le sens des aiguilles d’une montre.

Almonor Stanley
Certains FF:. prennent la bon

ne habitude de prier. En général, ils ré

citent le Notre Père des Initiés, l’Evan

gile selon St Jean Chapitre 1 verset 1 à [Ty


18, les Psaumes 51, 130 v 1 à 5, Psaume

13 et Psaume 86 V 6-7. Puis formulent

leurs souhaits pour le monde, leur pa

ys respectif, pour les FF:., leur famille

et pour eux-mêmes. La prière doit se terminer par le remerciement. Il n’est pas

conseiller que l’Apprenti trace le Triangle pour prier.

• L’App:. visitant une Loge sœur


La Maçonnerie est universelle. Dans tous les coins du monde nous géron

s les mêmes secrets. Nous avons les mêmes signes, les mêmes mots et les mêmes a

ttouchements ; c’est par ainsi, d’ailleurs qu’un Maçon se fait connaitre. N’impo

rte quel F:. peut à sa guise visiter une Loge de quelque endroit ou elle se trouve.

Arrivé en ce lieu, il devra se présenter au secrétariat de ladite Loge. Le Ven:. au

ra soin de l’introduire devant l’Atelier. Entre les deux Colonnes, il répondra au

x questions du Ven:. :

- D’où venez-vous ?

- Qu’est-ce qu’on y fait ?

- Qu’apportez-vous ?

Le F :. Orateur lui adressera les mots de bienvenue sous la demande obligatoire

du Ven:.

• Notre Père des Initiés


"Notre Père, de quelque nom qu’on t’appelle et qui es aux Cieux, c’est-à-d

ire au sommet spirituel de l’Univers émané de toi, comme générateur d’âmes, gé

nérateur de forces spirituelle et de l’énergie.

Almonor Stanley
Que ton nom soit sanctifié, béni de tous car il symbolise l’amour, l’ordre

et la nécessité d’ascension vers la perfection qu’il représente.

Que ton règne arrive parce qu’il faut que les religions et les sciences s’en

tendent, œuvre à laquelle je veux et je dois travailler.

Que ta volonté soit faite sur la Terre comme dans les Mondes habités et

dans l’Espace infini.

Donne-nous le pain quotidien, donne-le moi et donne-le à nous tous, pain

du Corps et pain d’Esprit, puisque nous avons aussi un corps et une âme à soigne

r pour accomplir notre élévation Spirituelle.

Pardonne nos offenses que nous commettons et donne-nous la force de p

ardonner les offenses qui nous sont faites.

Ne nous laisse pas succomber aux tentations et ne les multiplient pas tr

op, car tu sais notre faiblesse ; donne-nous donc l’énergie de résister aux passion

s.

Délivre-nous du mal qu’on créé les hommes et dont ils t’accusent injuste

ment puisque la perfection ne peut engendrer l’imperfection.

` Qu’il en soit ainsi pour mon bien et celui des autres. Amen, Amen, Ame

n".

• Les 4 Eléments selon la conception Occidentale


Eléments Feu Eau Air Terre
Symboles
Symboles M :. Maillet Ciseau Glaive, Encens Crane, Pierre Brute
P. cardinaux Est Ouest Sud Nord
Divinité JHVH, Tzabaoth Shaddai El Chai Élohim Tzbaoth Adonaï Ha Aretz
Archanges Michael Gabriel Raphael Uriel
Anges Ardarel, Aral Talliud Casmaran, Chassan Furlac
Elémentales Salamandres Ondines Sylphes Gnomes

Almonor Stanley
Couleurs Or, Rouge Argent, Bleu Orange, Jaune Vert, Noir
Zodiac Bélier, Lion, Sagittaire Cancer, Scorpion, Poisson Gémeau, Balance, Verseau Capricorne, Vierge, Taureau
Pureté Sanctification Purification Consécration Propreté
Vertus Force, Volonté, Courage Tempérance Justice, Piété Prudence
Saisons Equinoxe d’Automne Solstice d’Hiver Equinoxe du Printemps Solstice d’Eté
Saints St Michel Nativité St Joseph St Jean Baptiste
Corps Humain Tête, Cœur, Cuisse Estomac, Sexe Bras, Poumons, Reins Cou, Ventre, Genou

• Les Jours de la semaine


Item/Jours Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche
Archanges Gabriel Camael et Samael Raphael Zadkiel Hanael Tzaphkiel Michael
Pénitence Ps 130 Ps 38 Ps 102 Ps 6 Ps 51 Ps 143 Ps 32
Couleurs Violet, Argent Rouge Orange Bleu vert Indigo, Noir Or, Jaune

Chapitre VIII

Le Macon et son environnement

• Le Maçon et la Société
Le Maçon est un exemple de tolérance, un model de S

agesse, d’Intégrité. Il se doit d’être vertueux, ami de la justi

ce, bref, un modèle d’intégrité, d’humanisme, d’altruisme. I

l a le devoir de marquer son existence comme un agent de

propreté, un rassembleur, un honnête homme et un homme

honnête.

• La Maçonnerie et la Religion

Almonor Stanley
La première condamnation de la Franc-maçonn

erie par l'Église catholique tomba en 1738 avec la bulle

du Pape Clément XII In Eminenti Apostolatus Spécul

a. Elle fut reprise par plusieurs de ses successeurs, don

t le Pape Léon XIII dans l'encyclique Humanum Genu

s. En 1917, le code de la loi canonique déclare explicite

ment que l'appartenance à une Loge entraîne l'excommunication automatique.

Et si, sous le pape Jean XXIII une tentative de rapprochement fut entreprise, ell

e ne lui survécut pas. Le code révisé de 1983 ne cite plus explicitement la Franc-

maçonnerie parmi les sociétés secrètes condamnées par la loi can

onique de 1374. Toutefois, le 26 novembre 1983, une déclaration d

e la Congrégation pour la doctrine de la foi alors dirigée par Jos

eph Ratzinger (devenu depuis le pape Benoît XVI) a réaffirmé l'i

nterdiction faite aux catholiques de rejoindre la maçonnerie. Ce

tte déclaration a été approuvée par le Pape de l'époque, Jean-Paul II. L’union Ba

ptiste de l’Ecosse identifie la Franc Maçonnerie comme "Une fraternité impie d’

obscurité satanique". Les Méthodistes interdisent, dans l’Assemblée Générale de L

ondres en 1985 que ses fidèles se fassent Maçons , ainsi que le Pape benoit 16 .

• Le Maçon et la Politique
De nombreux FF:. ont été persécutés, envoyés da

ns les camps de concentration pendant la seconde gue

rre mondiale en raison de leur appartenance même à l

a Franc-maçonnerie. Aujourd’hui, les FF:. Maçons ne

se cachent plus par prudence d’être attaqués et tués sa

Almonor Stanley

George Washington
uvagement. La Maçonnerie n’est plus une société secrète mais une société discrèt

e. Ainsi, Chaque Maçon est libre de se dévoiler mais il ne peut dévoiler un autre

Maçon vivant moyennant son accord.

Chapitre IX

• Le Karma

Dans l’Hindouisme et le Bouddhisme, le Karma est le déterminisme selon

lequel toute existence humaine est régie par les actions accomplies au cours des

vies antérieures ainsi, certains des mauvais actes que no

us posons doivent être payés dans notre vie actuelle ou da

ns nos vies futures. Selon Sant Kirpal, il existe quatre typ

es de Karma. Ce sont : Les Sanchit, les Pralapdha, les Kriy

aman et les Neh-Karma

1. Le Sanchit signifie "Ce qui est en réserve".

Ce sont des Karmas accumulés dans nos vies

antérieures non encore payés. L’Initiation en

elle-même, peut nous affranchir du Karma

Sanchit, Karma, dont le but est de nous faire payer les dettes que nous

n’avons pas acquittées dans notre vie antérieure. Heureusement, lors de

l’initiation, le Maître peut brûler le Sanchit en éveillant le Naam encore

appelé Verbe source de perfection qui sommeille chez le profane. Ainsi, le

Maître nous donne la possibilité de renaître, d’où l’appellation de Néophyte,

ou encore d’œuvrer en juste dans ce monde tissé d’injustes et d’injustices. Par

Almonor Stanley
ces lumières, le Maître nous met sur la voie du bien ; rappelons-nous cette

phrase : "Apprenez par la justesse de ce Compas à diriger toutes les actions de

votre cœur vers le bien".

2. Le Pralapdha est le karma sur lequel notre vie actuelle est fondée. C’est ce

qui est appelé “destin”. Les Pralapda Karmas sont responsables de notre

forme physique. Les dettes du Pralapdha sont coercitives. On ne peut en

échapper car ce sont eux qui expliquent notre existence. Ils disparaissent

avec la mort physique.

3. Le Kriyaman est le Karma de tous les jours. Lorsque nous commettons des

actes immoraux tels des abus, nous les payons rapidement. Cependant si

dans notre vie actuelle nos Karma Kriyaman ne sont pas tout à fait payés,

alors les restants se transforment en Sanchit pour nos prochaines vies. Parce

que quotidien, l’Initié peut contrôler le Kriyaman par la volonté de mener

une vie vertueuse ou les vices sont émondés.

4. Le Neh-Karma regroupe les actions, sans intérêts, que nous accomplissons.

Par le Neh-Karma, nous remplissons notre Bank céleste. La dette du Neh-

Karma est payée par la grandeur de foi que nous accordons au G :. A :. D :.

L :. U :. En fait, plus on vit l’omnipotence du Créateur, plus on s’approche de

lui et plus proche on est du destin ultime qui est le Co-travailleur Conscient

du Plan Divin. Le Neh-Karma s’ouvre en aval sur le trône du G :. A :. D :. L :.

U :. Mais offre des brèches latérales sur le gazon moelleux du Darma. Le

Darma est la récompense que nous bénéficions pour les actes positifs que

nous accomplissons. Ces bénéfices expliquent la richesse, l’épanouissement, la

beauté et les coïncidences heureuses de notre vie actuelle.

Almonor Stanley
Ce sont ces Karmas qui nous enlisent dans notre enveloppe corporelle. C’est c

omme si nous étions emprisonnés et en réalité, nous emprisonnons notre Mental

ainsi que notre Ame derrière les barreaux de l’imperfection. Par nos hideuses a

ttitudes nous nous écartons, sans cesse, de notre genèse soit de la source mère. La

force des Karmas est déterminée par nos actions ; de même que nos misères ave

c les réincarnations ne sont autres que notre choix. Nous sommes libres d’œuvre

r pour nous attarder sur la route qui conduit à la félicité ou pour nous empresse

r à y aller car la Lumière qui scintille à l’horizon est la véritable lumière. C’est c

elle du verbe, celle du créateur, celle du G :. A :. D :. L :. U :.

DES LOGES
Une loge est un lieu ou les maçons s’assemblent pour travailler : d’où le nom de loge qui est d
onné à l’assemblée ou à la Société de maçons régulièrement organisée , et l’obligation pour ch
aque frère d’appartenir à l’une d’elles et de se soumettre à ses règlements particuliers et aussi
aux règlements généraux plus on fréquente en loge selon leur Rith (Memphis Misraim ,R.FM A(
Rith français moderne actualisée))
LA LOGE
Atelier est la cellule de base de la franc maçonnerie ce mot désigne local, lieu orne du décore rit
uel de 3 degré symboliques se réunissent Chaque loge procédé un nom comme par exemple ‘’l’
Etoile de l’orient’’ un numéro du quelle inscrit de l’obédience ( #7 ) S.G.S.U.D’Haiti de 2013 (S
ouverain Grand Sanctuaire Universel de 2013) ou G.O.D ‘Haïti (Grand Orient D’haiti) : un orient
= c’est la ville ou se trouve loge .
Les B interdits

Borgne

Boucher

Bègue

Bossus

Boiteux

Bestialité ou esclavage

Bancal

Bigle

Bougre

Le Pavé Mosaïque

Dualité : Bien – Mal, Malaika et Shaitane,

Almonor Stanley
Polarité : Masculin- Féminin, Chaud – froid - Feu et eau

Loge Symbolique ou loge bleue


Loge travaillant du au 1er 3emedegré
(apprentie ,Compagnon et maitre ) d’autre noms sont ensui
te utilisés pour designer des ateliers de degrés supérieurs. Ce nom a été donné en raison de la c
ouleur bleue du cordon maitre.

Loge d’Adoption
Des frères Français d 1750 organisèrent des loges qui adoptaient des frères et sœurs pour quelq
ues moments des termes. A l’origine , les loges d’Adoptions étaient surtout constituée par les é
pouse et les parents de franc-maçon initiés qui supervisaient les nouvelles loges .A la fin du 19e
mesiecle les femmes obtiennent des droits maçonniques identiques à ceux des hommes.

Mère Loge : c’est la loge `a la qu’elle vous appartient ou initié .


Loge Sauvage : Loge qui refuse d’être attachée ou entrée à une Obédience.

Temple : synonyme de loge , désigne aussi bien ,le local maçonnique que le lieu symbolise dans lequ
el se reéunissent le francs –maçons .C’est un lieu sacré où règne la lumiere au sens maçonnique du mot
. Retiré du monde profane ,il faut que le temple soit et couvert . Sa dimension est la longueur de notre t
emple va de l’occident à l’orient .Sa largueur du septentrion au midi du nadir ( de gauche à droite) au Zé
nith ( de la terre au Ciel )

B - Les Triades.

Sagesse – Force – Beauté

Théos Procrator – Logos Pontocrator – Divin Pneuma Gihon

Vénérable et les deux Surveillants

Soleil – Lune – Delta

Osiris – Isis – Horus

Père – Fils – St Esprit

Brama – Vishnou – Krishna

Père – Mère – Enfant

Liberté – Egalité – Fraternité.

Legba (père) – Damballah(fils ou la fille) – Assilih (Erzulie)(la mère)

En Loge Sagesse c’est la mère Force : L’Homme Et Beauté La fille

Almonor Stanley
Le Vénérable sur le plan invisible on trouve une femme qui est Anna le Maitre de Cérémonie et le Gard
e du Temple c’est un Homme. Les deux pilliers :Booz et sa femme c’est Ruth et Jackin c’est un Homme
pour quoi on dit que les femmes n’ont pas droit en loge.

Tenue : Réunion rituelle des Franc –maçon .La tenue a lieu généralement deux fois par
mois et se tient dans le temple ,ou loge ou Atelier ,préparé à cet atelier .

Tenue blanche : Lorsqu’elle est organisée par plusieurs loges

Tenue blanche ouvert : Lorsqu’elle regroupe des francs –maçons et des profanes

Tenue blanche Fermée : Lorsqu’elle réunit des frères mais l’orateur (ou conféracier ) est profanes.

Acclamotion : C’est l’internjection qui dans le rituel d'ouverture ou de fermeture des travaux , suit l
e ''signe'' et la batterie das certains rites c'est Liberté-Egalité-Fraterité.

Ecris en Abréviation : Façon d’écrire utilisé par les Francs –maçons consistant à employer qu’une ou deu
x lettres d’un mot .Ce procédé consiste à suprimer une ou plusieurs lettresd’un mot pour les remplacer
par 3 points en triangle.

Frère : Fr :. Très Illustre Frère : T :. Ill :. Fr :. Au pluriel TT :. ILL :.FF :.

Orient : Or :. Très Puissant Frère : T:. P :. Fr :. Au pluriel TT :. PP :.FF :


.

Respectable Loge : R :. L :. Ere Maçonnerie : E :. M :.

Ere Vulgaire : E :.V :. Très cher Frère : T :. C :. F :.

A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers : A :. L :. G :. D :.G :.Ar :.D :.l’Un :.

Vénérable : Vén :. Orateur : Or :.

Traveaux : Trav :. Compagnon : Comp :.

Fraternel :Frat :. Secrétaire : Secr :.

Visiteur : Vis :. Profane : Prof :.

Catéchisme
1ER Degré Symbolique Apprenti
Instruction Au Premier Degré
Questions rituéliques
à poser aux FF... visiteurs :-

Almonor Stanley
----------------------------------------------------------------

Lorsqu’un maçon se présente pour prendre part aux travaux d’une L ... ,il n’obtient l’entrée du temple qu’
après avoir été tuilé par le F ...G...E...

A cette occasion, le Vén ... pourra poser au F... Vis... les questions suivantes, auxquelles il devra savoir répon
dre:

D.- Mon Fr...,d’où venez-vous?

R.- De la Loge Saint-Jean, Vén...M...

D.-Que fait-on à la L...Saint-Jean?


R.- On y élève des temples à la vertu, et l’on y creuse des cachots pour les vices.

D.-Qu’en apportez-vous?

R.- Salut, prospérité et bon accueil à tous les FF...

D.- Que venez-vous faire ici?

R.- Vaincre mes passions, soumettre ma volonté à mes devoirs et faire de nouveaux progrès dans la Maçon
nerie.

Le Vén...-Prenez place, mon F.... et soyez le bienvenu au sein de cet atelier qui reçoit avec reconnaissance le
concours de vos lumières
*********************

D.- Quel est le lien qui nous unit?

R.- La fraternité dans l’égalité et la liberté.

D.- Y a-t-il quelque chose entre vous et moi?

R.- Oui Vén...M...


D.- Quel est-il mon F...?

R.- Un secret: La Franc-maçonnerie.

D.- Je présume que vous êtes Franc-maçon?

Almonor Stanley
R.- J’ai été reçu et admis comme tel par mes FF...Maitres et Compagnons.

D.- Qu’est-ce que la Franc-maçonnerie?

R.- C’est une alliance universelle d’hommes éclairés unis pour travailler en commun au perfectionnement i
ntellectuel et moral de l’humanité.

D.- La Franc-maçonnerie est-elle une religion?

R.- Ce n’est pas une religion dans le sens étroit du mot. Mais, mieux que toute autre institution, elle a pour
effet de relier les hommes entre eux; c’est par ce fait une religion dans le sens le plus large.

D.- Êtes-vous Maçon?


R.- Mes FF... me reconnaissent pour tel.

D.- Pourquoi répondez-vous ainsi?


R.- Parce qu’un apprenti-Maçon doit se défier de lui-même et craindre de porter un jugement avant d’avoir
fait appel aux lumière de ses FF...

D.- Qu’est-ce que un Maçon?

R.- C’est un homme né libre et de bonnes mœurs, ami du riche et du pauvre s’ils sont vertueux.

D.- Que veut dire né libre?


R.- L’homme né libre est celui qui, après être mort aux préjugés du vulgaire, s’est vu renaître à la vie nouvel
le que confère l’initiation.

D.- Pourquoi dites-vous qu’un Maçon est également ami du riche et du pauvre s’ils sont vertueux?

R.- Pour indiquer que la valeur individuelle doit s’apprécier en raison des qualités morales.

D.- Quels sont les devoirs du Maçon?


R.- Fuir le vice et pratiquer la vertu.

Almonor Stanley
D.- Comment un Maçon doit-il pratiquer la vertu?

R.- En préférant à toutes les choses la Justice et la vérité.

D.- Où avez-vous été préparé à devenir Maçon?

R.- Dans mon cœur.

D.- Comment avez-vous procédé à cette préparation?


R.- En m’appliquant à aimer fraternellement tous les humains.

D.-Où avez-vous été reçu Maçon?


R.- Dans une Loge juste et parfaite.

D.- Que faut-il pour qu’une L... soit juste et parfaite?

R.- Trois la dirigent (le Vén... et les deux Surv... ), cinq l’éclairent ( + l’Orateur et le Secrétaire) et deux autre
s membres. Il faut 7 membres au moins pour pouvoir procéder à des initiations régulières. Sur ces 7, trois a
u moins, doivent posséder le grade de Maître et deux le grade de compagnon.

D.- Depuis quand êtes-vous Maçon?

R.- Depuis que j’ai reçu la lumière.


D.- Que signifie cette réponse?

R.- Que nous ne devons réellement Maçons qu’à partir du jour où notre esprit s’est ouvert à l’intelligence d
es mystères maçonniques.

D.- A quoi reconnaîtrai-je que vous êtes Maçon?


R.- A mes signes, paroles et attouchements.

D.- Comment interprétez-vous cette réponse?

R.- Un Maçon se reconnaît à sa façon d’agir, toujours équitable et franche (signes); à son langage loyal et sin
cère (paroles); enfin à la sollicitude fraternelle qu’il manifeste pour tous ceux à qui il est rattaché par les lien
s de la solidarité (serrements de mains, attouchements).

D.- Comment se font les signes des Maçons?

Almonor Stanley
R.- Par équerre, niveau et perpendiculaire.

D.- Expliquez cette réponse?

R.- Le Maçon, dans ses actes, doit s’inspirer des idées de justice et d’équité (Equerre); il doit viser au nivelle
ment des inégalités arbitraires (Niveau); et contribuer enfin à élever sans cesse le niveau social (Perpendicul
aire).

D.- Donnez-moi le signe.

R.- …(On le donne).

D.- Que signifie le signe?

R.- Je préfère avoir la gorge coupée, plutôt que de révéler les secrets qui m’ont été révélés.

D.- Ce signe n’a-t-il pas d’autre signification?

R.- La main droite, placée en équerre sous la gorge, paraît contenir le bouillonnement des passions qui s’agi
tent dans la poitrine et préserver ainsi la tête de toute exaltation fébrile, susceptible de compromettre notre l
ucidité d’esprit.- Le signe d’Apprenti signifie à ce point de vue : Je suis en possession de moi-même et je m’
attache à juger tout avec impartialité.

D.- Donnez-moi le mot sacré?

R.- Je ne sais lire, ni écrire, je ne puis qu’épeler. Dites-moi la 1ère, je vous dirai la seconde.

D.- Que signifie ce mot?


R.- Ma force est en Dieu.

D.- Pourquoi dites-vous:<< Je ne sais ni lire, ni écrire>>. A quoi se rapporte votre ignorance?
R.- Au langage emblématique employé par la F...M...- Le sens ne s’en discerne que progressivement, et l’init
ié, au début de sa carriere, épelle avec difficulté ce qui, plus tard, fera pour lui l’objet d’une lecture courant
e.

D.- Que vous indique la manière d’épeler le mot sacré?

R.- La méthode d’enseignement de la F...M..., qui sollicite les efforts intellectuels de chacun, tout en évitant
d’inculquer des dogmes.- On met le Néophyte sur la voie de la vérité, en lui donnant symboliquement la pr

Almonor Stanley
emière lettre du mot sacré; il doit trouver lui-même la seconde, puis on lui indique la troisième, afin qu’il d
evine la quatrième.

D.-Qu’appelle-t-on salaire en Maçonnerie?

R.- C’est la récompense du travail, le résultat qu’il produit pour l’ouvrier.

D.- Par quoi se traduit le salaire des Maçons?

R.- Par un perfectionnement graduel de soi-même.

D.- Pourquoi les Apprentis reçoivent-ils leur salaire près de la Colonne B... ?

R.- Parce qu’elle symbolise l’énergie productrice, le foyer d’où rayonne l’activité humaine.

D.- Quel est ce foyer?

R.- C’est le centre conscient auquel se rapporte chez l’individu la conception du moi.- L’Apprenti-Maçon d
oit s’absorber en lui-même, se replier sur la source initiale de sa pensée, afin de chercher dans la raison pur
e le point de départ de ses connaissances. C’est pouquoi, au début de son initiation, il est enfermé dans le s
ein de la terre, où, rentrant en lui-même, il doit descendre jusque dans les profondeurs du puits où la Vérité
se trouve cachée.

D.- Quelle est la forme de votre Loge?

R.- Un carré long.

D.- Dans quel sens est sa longueur?

R.- De l’Orient à l’Occident. Sa largeur du Midi au Septentrion et sa hauteur du Zénith au Nadir. Ces dim
ensions veulent dire que la Franc-Maç... est universelle.

D.- Pourquoi votre Loge s’étend-elle de l’Orient à l’Occident?

R.- Elle est orientée, comme tous les anciens édifices sacrés, pour rappeler que la Maçonnerie marque à ses
adeptes la direction d’où vient la lumière. Il appartient aux Maçons de s’engager dans la voie tracée afin de
marcher par eux-mêmes à la conquête du Vrai.

D.- Qu’entendez-vous par le mot Loge?

R.- C’est un lieu secret qui sert d’abri aux Maçons pour couvrir leurs travaux.

Almonor Stanley
D.- Pourquoi les travaux maçonniques doivent-ils accomplir à couvert?

R.- Parce que toutes les forces, qui sont destinées à se déployer utilement au dehors, doivent tout d’abord ê
tre concentrées sur elles-mêmes, afin qu’après s’être mûries par la compression, elles puissent acquérir leur
summum d’énergie expansive.

D.- A quoi peut se comparer une Loge régulièrement couverte?

R.- A la cellule organique et plus specialement à l’œuf qui contient un être en puissance de devenir.- Tout c
erveau pensant figure en outre un atelier fermé: c’est une assemblée délibérante, abritée contre l’agitation d
u dehors.

D.- Que signifie l’expression: “Il pleut” ?

R.- Que les travaux ne sont pas couverts, que des oreilles profanes écoutent.

D.- Qu’est-ce qui soutient votre Loge?

R.- Trois grands piliers: la sagesse qui conçoit, la Force qui exécute et la Beauté qui orne (représentés symb
oliquement:par Le Vén.... et les 2 Surv...)

D.- Quel ange qui marche avec ses Trois grands piliers?
R.- Uriel-Samaël-Anaël.

D.- Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir Franc-Maçon?

R.- Parce que j’étais dans les ténèbres et que j’ai désiré la lumière.

D.- Dans quel état étiez-vous quand on a procédé à votre initiation?


R.- Ni nu, ni vêtu, mais dans un état décent et dépourvu de tous métaux.

D.- Pourquoi dans cet état?

R.- Dépouillé d’une partie de mes vêtements, pour rappeler que la vertu n’a pas besoin d’ornements.

Le cœur à découvert, en signe de sincérité et de franchise.

Almonor Stanley
Le genou droit mis à nu, pour marquer les sentiments d’humilité qui doivent présider à la poursuite du Vra
i.

Le pied gauche déchaussé, à l’imitation d’une coutume orientale, et par respect pour un lieu qui est saint p
arce qu’on y recherche la Vérité.
Dépourvu de tous métaux, comme preuve de désintéressement, et pour apprendre à se priver sans regret d
e tout ce qui peut nuire à notre perfectionnement.

D.- Comment avez-vous été introduit en Loge?


R.- Par trois grands coups.

D.- Qu’est-ce-qu’on dit en frappant ces trois grands coups?


R.- Atmas-Budhi-Manas.

D.- Quelle est leur signification?

R.- Demandez et vous recevrez (la Lumière); cherchez et vous trouverez

(la Vérité); frappez et on vous ouvrira (les portes du Temple).

D.- Que vous est-il arrivé après votre introduction dans le Temple?
R.- Après avoir subi diverses épreuves et du consentement de mes frères, le Maître de la Loge m’a reçu Ma
çon.

D.- Quelles sont ces épreuves et que signifient-elles?


R.- Ces épreuves ont consisté en trois voyages destinés à m’enseigner la route qui conduit à la Vérité.

D.- Qu’avez-vous fait après avoir subi les épreuves?

R.- J’ai promis de garder les secrets de l’Ordre et d’agir en toutes circonstances comme un bon et loyal Ma
çon.

D.- En quoi consiste les secrets de l’ordre?

R.- Dans la connaissance des vérités abstraites dont le symbolisme maçonnique est la traduction sensible.

D.- Qu’avez-vous aperçu en entrant en Loge?

R.- Rien que l’esprit humain puisse comprendre: un voile épais me couvrait les yeux.

Almonor Stanley
D.- Comment expliquez-vous cette réponse?

R.- Il ne suffit pas à l’homme d’être mis en présence de la Vérité pour qu’elle lui soit intelligible. La lumièr
e n’éclaire l’esprit humain que lorsque rien ne s’oppose à son rayonnement. Tant que l’illusion et les préju
gés nous aveuglent, l’obscurité règne en nous et nous rend insensibles à la splendeur du Vrai.

D.- Qu’avez-vous vu en recevant la Lumière?

R.- Le Soleil, la Lune et le Maître de la Loge.

D.- Quel rapport symbolique y a-t-il entre ces astres et le M... de la L... ?
R.- Le Soleil représente la raison qui éclaire les intelligences, la Lune figure l’imagination qui revêt les idées
d’une forme appropriée, et le Maître de la Loge symbolise le principe conscient qui s’illumine sous la doub
le influence du raisonnement (Soleil) et de l’imagination (Lune).

D.- Où se tient le Maître de la Loge?

R.- A l’Orient ( endroit d’où nous vient la lumière).

D.- Pourquoi?

R.- De même que le soleil apparaît à l’Orient pour ouvrir la carrière du jour, de même aussi le Maître se tie
nt à l’Orient pour ouvrir la L... et mettre les ouvriers à l’œuvre.

D.- Où se tiennent les Surveillants?

R.- A l’Occident, pour aider le M...de la L... dans ses travaux, payer les ouvriers et les renvoyer contents.

D.- Qu’appelle-t-on Loge bleue?


R.- C’est la Loge symbolique qui contient les 3 premiers degré ( App...C...M...).

D.- Quel est le nom du Chakras qui correspond au signe d’Apprenti?

R.- Vishuddha, à la hauteur de la gorge.

D.- Quelle est la couleur de votre degré?

Almonor Stanley
R.- Blanche.

D.- Quels sont les Trois grandes lumière de la F...M... ?


R.- La Bible, l’Equerre et le Compas.

D.- Que symbolise la Houppe Dentelée?

R.- La Houppe Dentelée symbolise l’Union des Frères Maçons à travers la terre.

D.- D’où provient la symbolique maçonnique?


R.- Des baptissseurs du Temple de Salomon.

D.- Où se tiennent les App... en L...?


R.- Sur la colonne du nord qui représente la région la moins éclairée. L’App... étant encore imbu des princi
pes maçonniques ne sauraient être exposé au grand jour. C’est pourquoi il ne reçoit que la lumière de la lu
ne.

D.- A quelle heure les Maçons ouvrent-ils et ferment-ils leurs travaux?

R.- Allégoriquement les travaux s’ouvrent à Midi et se ferment à Minuit.

D.- Que signifient ces heures conventionnelles?

R.- Elles indiquent que l’homme atteint la moitié de sa carrière, le midi de sa vie, avant de pouvoir être utile
à ses semblables, mais que, dès cet instant jusqu’à sa dernière heure, il doit travailler sans relâche au bonhe
ur commun.

D.- Que nous apprend la coutume de s’informer de l’heure avant d’agir?

R.- L’action n’est utile que si elle vient à propos. Les conquêtes du progrès ne s’accomplissent qu’à leur he
ure. En se montrant trop impatient, on risque de faire avorter ce qui est en voie de préparation. Il faut savoi
r attendre le moment psychologique: agir trop tôt ou trop tard entraîne un égal insuccès.

D.- Quel âge avez-vous comme App...?


R.- Trois ans.

Almonor Stanley
D.- Que signifie cette réponse?

R.- S’informer de l’âge maçonnique d’un F...c’est lui demander son grade.-L’Apprenti-Maçon a trois ans, p
arce qu’il doit être initié aux mystères des trois premiers nombres.

D.- Quels sont ces mystères?

R.- Ce sont les conséquences logiques qui se déduisent des propriétés intrinsèques des nombres. La raison s
e base sur ces notions abstraites lorsqu’elle s’applique à résoudre le problème de l’existence des choses.

D.- Qu’avez-vous appris par l’étude du nombre Un?


R.- Que tout est Un, vu qu’il ne saurait rien exister en dehors du Tout.

D.- Comment formulez-vous les principes que vous révèle le nombre Deux?
R.- L’intelligence humaine assigne artificiellement des bornes à ce qui est Un et sans limites. L’Unité est ain
si renfermée entre deux extrêmes, qui ne sont que de pures abstractions, auxquelles les mots seuls prêtent u
ne fausse apparence de réalité.

D.- Que concluez-vous de là?

R.- Que l’Etre, la Réalité ou la Vérité a pour symbole le nombre Trois.

D.- Pourquoi?

R.- Parce que l’Etre ou Ce qui est nous apparaît comme un troisième et moyen terme, en qui les extrêmes
opposés se concilient.

D.- A quoi travaillent les Apprentis?


R.- A dégrossir la pierre brute, qui représente l’homme avec ses défauts.

D.- Quels sont les outils de l’App...?


R.- Le Ciseau et le Maillet.

D.- Que figurent-ils?

Almonor Stanley
R.- Le Ciseau qui représente la pensée arrêtée, les résolutions prises, et le Maillet la volonté qui les met à ex
écution.

D.- Que signifie la marche de l’App...?

R.- A la recherche de la lumière

D.- Avez-vous quelque ambition?

R.- Une seule, j’aspire à l’honneur d’être reçu parmi les Compagnons.

D.- Quel est l’endroit où se centralise toutes les forces de la L...?

R.- A l’autel du serment.

D.- Qu’appelle ton égrégore?

R.- C’est une entité, une expression d’origine occultiste employée en Maçonnerie pour désigner la conscien
ce collective de la Loge.

D.- Pourquoi la L... est-elle orientée de l’occident à l’orient?


R.- Dans les initiations antiques, les édifices du culte et les églises étaient aussi tournés vers l’Or... Ainsi le pr
être et les fidèles assemblés étaient toujours tournés vers l’Or... C’est par le couchant que la lumière nous q
uitte ( Occident). C’est au couchant que se trouve la porte par laquelle les adeptes sortirent, la lumière reçu
e de l’Or... ne doit pas sortir avec eux, le secret doit rester dans le Temple.

D.- Qu’est-ce qu’un rite?

R.- C’est un ensemble de règles fixant le déroulement et les formes du travail en L... Exemple de rites: Rite
écossais, Rite d’York, Rite français.

D.- Quel est le devoir de l’Apprenti Maçon?

R.- L’Apprenti maçon a pour devoir de procéder à un décrassement intellectuel et moral. Il doit débarrasse
r son esprit de tout ce qui empêche la lumière de parvenir jusqu’à lui. D’un être grossier il deviendra un pe
nseur et un sage. Il doit s’interdir de parler pour s’astreindre à écouter. Lorsqu’on veut apprendre à penser
, la discipline du silence est d’une très grande éfficacité. Le sage pense beaucoup et parle peu. L’Apprenti d
oit écouter chacun avec bienveillance sans faire étalage de sa manière de voir.

D.- Qu’est-ce-que l’ Exotérisme maçonnique?

Almonor Stanley
R.- L’Exotérisme maçonnique est l’enseignement ouvert de l’ordre. Tel que: les questions administratives, l
es œuvres de bienfaisances, la pratique de la vertu. Tandis que l’Esotérisme maçonnique est son enseignem
ent fermé, quelque chose ayant rapport à l’esprit, la méditation, l’intuition où du moins des facultés sensori
elles de l’homme.

D.- Qu’est-ce-qu’une Loge représente symboliquement?


R.- Symboliquement, une Loge représente l’Univers en petit; c’est-à-dire le Microcosme.

D.- Pourquoi?
R.- A cause de ses dimensions. Orient -Occident, Midi-Septentrion, Zenith-Nadir.

D.- Que représente la voute bleu du Temple?


R.- La voute bleu du Temple représente le Macrocosme, c’est-à-dire l’Univers en sa totalité.

D.-Qu’est-ce-que vous dîtes avant d’allumer un charbon?

R.- Sur le charbon, vous dîtes: AOUM.

D.- Quelles sont les 3 lumières dans la Loge?

R.- Équerre, Bible et étoile.

D.- Quelles sont les 3 vertus?

R.- Foi, Charité et Espérance.

L’Evangile de Saint-Jean posée sur l’autel du serment est la révélation ésotérique de la doctrine de Jésus.
Le testament philosophique du candidat est un acte par lequel il renonce à sa vie passée pour s’ouvrir à d’a
utres conceptions et à une vie qui s’harmonise avec des données nouvelles.
Le Delta lumineux est un triangle équilatéral qui symbolise la perfection par rapport à ses côtés. C’est en d’
autres termes, l’égalité qui doit exister entre les FF...
Le candidat est celui qui est proposé pour l’initiation. Une fois que la L... a consenti à l’admettre, il est post
ulant où aspirant. Admis aux épreuves, il est récipiendaire. Une fois reçu, c’est un néophyte.

Une capitation est une cotisation dûe par le F... à sa L... où son obédience.

Almonor Stanley
Jusqu’au 17ème siècle, la Maçonnerie opérative ne comportait en son sein que des professionnels du bâtim
ent. Elle commença vers 1600 à initier des notables et des aristocrates en Angleterre que l’on appela les Fra
ncs Maçons acceptés. L’un des premières initiés fut Elias Ashmole (Oct. 1646). Ils vont travailler jusqu’à éli
miner les baptiseurs de la direction des LL... La F... M... Opérative se transforma en F...M... Spéculative le 2
4 juin 1717 à Londres. Le Pasteur presbytérien James Anderson fut chargé d’écrire les constitutions.

L’Art Royal est la qualification donnée à la F...M... comme un idéal de vie.

L’affiliation est l’adhésion d’un F... à une Loge autre que celle qui l’a initié.

Le cabinet de réflexion est un cabinet où est enfermé le profane avant son initiation, pour y méditer devant
un nombre de symboles. C’est là qu’il est demandé de rédiger son testament philosophique.

Pour les Maçons la lettre G est la lettre sacrée qui s’inscrit au milieu de l’étoile flamboyante. Pour certains,
c’est la première lettre du mot anglais God (Dieu); pour d’autres, elle provient du mot Géométrie et devien
t alors le symbole de l’art architectural.

Les parvis sont les abords extérieurs immédiats du Temple maçonnique.

Le passage sous le bandeau est un interrogatoire que subit dans la Loge, les yeux bandés, le profane qui a d
emandé son admission

“ Passer sous la truelle” est une expression maçonnique qui signifie pardonner; àun F... l’offense qu’il vous
a faite.

Planche est une expression maçonnique qui désigne tout travail écrit, aussi bien un rapport qu’une corresp
ondance.

Chaque plateau représente une station solaire. Le plateau du Vén... à l’Orient est l’endroit d’où cartent la lu
mière et tous les ordres. La planète qui y correspond est Jupiter; c’est le Maître des cieux. Il représente la sa
gesse qui éclaire.

Le plateau du 1er Surv...à l’Occident est l’endroit où se couche le soleil. La planète du 1er Surv. .est Mars q
.

ui représente le Dieu farouche. Le 1er Surv... a pour devoir de payer les ouvriers et de les renvoyer contents
. Il représente la force qui agit.

Almonor Stanley
Le plateau du 2ème Surv... au midi reçoit le soleil à son méridien. La planète qui y correspond est Vénus; c
’est la Grâce. C’est le 2ème Surv... qui met les ouvriers en récréation et les rappelle quand le Maître l’ordon
ne. Il représente la beauté qui orne.

Le plateau du F... Orat... correspond au soleil. Il domine Jupiter. C’est le gardien de la Loi Maçonnique.

Le plateau du F...Secr... correspond à la Lune, reflet du Soleil. Il enregistre fidèlement tout ce qui émane du
plateau de l’Orat...

Le F...Maître des Cérémonies correspond à Mercure, le messager des dieux.


Le F... Expert correspond à Saturne, le dieu prudent qui se tient dans les lieux sombres.

Les principaux plateaux forment les sommets d’une étoile à 6 branches qui représente le Sceau de Salomo
n. Le Vénérable et les Surveillant qui dirigent la Loge forment le triangle ascendant; l’orateur, le secrétaire e
t les couvreurs qui organisent la Loge forment le triangle descendant.

En chambre d’apprenti, l’équerre domine le compas. C’est l’instrument de l’Apprenti. Il correspond à la d


roiture.

La Batterie en Chambre d’Apprenti est composée de 3 coups qui signifient: Demandé, vous recevrez- Cher
cher, vous trouverez- Frapper, on vous ouvrira.

Toute la colonne du F... 2ème Surv... doit être considérée comme pénombre parce qu’elle est éclairée par l
a Lune qu’on nomme aussi luminaire. Les bougies, baleines sont appelées étoiles. Lorsqu’elles sont allumé
es, on emploie l’expression “ étoiles brillées”.

Dans certaines Loges, des grenades sont peintes sur les murs. Elles représentent l’Univers où la Loge; et ses
graines les maçons répandus dans le cosmos dont l’homme est un microcosme.

La pierre brute symbolise l’homme avec ses défauts. Le travail de l’apprenti s’opère par l’anéantissement d
e ses défauts en vue de s’évertuer dans le bien pour accéder à la sagesse. Il le fait avec le maillet et le ciseau.
Le maillet est la volonté bien dirigée, le ciseau est le jugement sans action.

Dans l’acclamation mystérieuse: Huzza est un des noms de Dieu des anciens arabes. Les maçons anglais l’e
mploient seulement en signe de joie. L’Agape est une sorte de festin des premiers chrétiens.

Almonor Stanley
TRAVAILLEZ ET PERSÉVÉREZ( RITE MEMPHIS MISRAIM ) LUX EX TENEBRIS

Les outils de l'Apprenti

LA REGLE GRADUEE

Il nous faut des outils, pour tailler notre pierre brute, c’est-à-dire faire la connaissance de soi pour avoir la
maîtrise de soi.
Dans le Livre de l’apprenti, au chapitre intitulé « Quels sont les outils des Apprentis » on cite :

La Règle graduée, le Marteau pointu et le Compas

Etudions « la Règle graduée ».

Il nous ait précisé « qu’au moyen de la règle graduée, l’Apprenti détermine les dimensions

des pierres qu’il apporte à l’édifice et juge si elles sont propres à être adaptées à la construction. Mais l'App
renti avisé appliquera à lui-même cette règle en prenant comme point de comparaison l’homme le plus parf
ait qu’il connaisse ou encore l’idéal qu’il garde dans son cœur. Cela ne manquera pas de le porter à la mod
estie, car il verra ainsi combien il a encore besoin de se perfectionner. La règle est divisée en 24 parties égal
es, correspondant aux 24 heures du jour.* Il s’en dégage la leçon que le Franc-maçon, conscient de la fuite
du temps, est tenu d’employer judicieusement toutes les heures de la
journée, soit pour son travail, soit pour son repos, soit pour ses occupations maçonniques. C’est avec sagess
e qu’il partagera son temps afin d’être en mesure d’accomplir tous ses devoirs ; et jamais il n’oubliera que s
on temps est limité, que demain sera peut-être le jour ou une force inéluctable lui arrachera les outils des m
ains ».

* Un tiers (8 heures) consacré à l’étude et à la méditation, un tiers consacré au service des hommes et un ti
ers au repos.

Selon Ragon (Cours philosophiques, 1841), « la Règle symbolise le perfectionnement ; sans règle, l’indust
rie serait aventureuse, les arts seraient défectueux, les sciences n’offriraient que des systèmes incohérents, la
logique serait capricieuse et vagabonde, la législation serait arbitraire et oppressive, la musique serait discor
dante, la philosophie ne serait qu’une obscure métaphysique et les sciences perdraient leur lucidité ».

Almonor Stanley
Quant à Gédalge (Dictionnaire Rhéa, 1921), il définit la Règle comme « le symbole de la rectitude, de la m
éthode, de la loi ».

Il me semble qu’il n’y a pas de meilleures définitions concernant la Règle graduée que ce qui précède.

Précisons encore que la Règle graduée est un outil actif et se rapporte à l’esprit.

Comment mettre en pratique, en loge et dans notre vie profane, le symbolisme de la Règle graduée.

Deux idées viennent à l’esprit. Il y a un objectif de perfectionnement d’une part, une notion de temps d’aut
re part.

Le perfectionnement c’est l’achèvement, le couronnement, l'épanouissement, l’excellence, la maturité, la b


onté, la beauté, l'absolu.

Pour atteindre le perfectionnement, il y a une Règle d’or

Cela signifie que lorsque le Franc-maçon travail, son esprit ne vagabonde pas. Il doit être concentré sur sa tâ
che, que cela soit dans sa Loge ou dans le monde profane.

Cette attitude vous permettra d’appliquer le second objectif, la Règle d’or de la notion du temps.
Un moyen d’atteindre la perfection et de vivre le moment présent est de passer chaque journéecomme si c’
était la dernière.
Et dans cet esprit, prenez pour règle de ne jamais être agressif, d'avoir la justice pour règle, la régularité d’un
e conduite positive et constructive.

Fuyez les comportements négatifs, les critiques. Privilégiez les valeurs humaines et spirituelles et ce travail p
ortera ses fruits.

Vous comprendrez alors ce que signifie en maçonnerie

« recevoir son salaire ».

Prenez l’habitude d’appliquer dans la vie courante le symbolisme de la REGLEGRADUEE, en prenant co


nscience DE CE QUE VOUS FAITES, ICI ET MAINTENANT,AU MOMENT PRESENT.

Almonor Stanley
C’est le meilleur moyen de préparer votre avenir, sachant par ailleurs que le temps vous est limité.

LE MARTEAU POINTU

Le Ciseau et le Maillet sont également les outils de l’Apprenti, appelés aussi le Marteau pointu.

C’est à l’aide du Ciseau et du Maillet que l’Apprenti dégrossit SANS RELACHE la Pierre Brute.

Symboliquement, cela signifie que l’Apprenti doit se transformer par le travail sur lui-même, supprimer, à f
orce de ténacités, les « aspérités » de sa personnalité, jusqu’au jour où la pierre sera cubique et polie.
Voici, schématisés, les sens symboliques que l’on peut attribuer à ces deux outils, selon Oswald Wirth.

MAILLET CISEAU

Actif Passif

Tenu de la main droite Tenu de la main gauche

L’énergie agissante Réceptivité intellectuelle

La détermination morale d’exécuté Les résolutions prises

La volonté qui met en exécution Discernement dans l’investigation

Il faut savoir que le ciseau doit être souvent affûté. Cela signifie qu’il faudra sans cesse revoir les connaissan
ces acquises.

Les connaissances acquises doivent être employées, sinon l’intellectualité reste passive.

Il faut toujours avoir à l’esprit que le but premier de la Franc-Maçonnerie est de bâtir le « Le Temple idéa
l », c’est-à-dire l’Homme d’abord, l’Humanité ensuite.

Pour cela, le travail essentiel de l’Apprenti maçon est de tailler, de dégrossir la pierre brute, et les deux outil
s, maillet et ciseau, lui sont indispensables.

L’usage du Ciseau, sans le Maillet, est pratiquement nul.

En loge, le maillet utilisé à la forme d’un Tau grec et doit être en buis, qui est un bois de grande dureté, en
lui laissant sa couleur naturelle.

Il est intéressant de signaler que le symbole du buis est la fermeté et la persévérance.

Lors des Travaux de la Loge, le Vénérable et les deux Surveillants sont porteurs du Maillet. Il symbolise leu
r pouvoir.

Le Maillet est tenu de la main droite et porté sur l’épaule gauche. Cette position donne le Signe de l’Equerr
e.
Le Maillet agit d’une façon discontinue, c’est-à-dire que les coups ne sont pas forcément réguliers, continus.

Almonor Stanley
Cela signifie que l’effort ne peut-être sans interruption. Parce qu’une pression continue sur le Ciseau ôterait
à celui-ci toute son efficacité !
Autrefois, les deux Surveillants parcouraient les colonnes porteurs du Maillet, pour déceler si un profane s’
était glissé dans le Temple, et pouvaient lui infliger une sanction sévère à l’aide du Maillet.
Enfin, les Maillets servent en les frappant, à provoquer des ondes sonores et rythmées, selon les grades et le
s rituels.

Et maintenant que vous connaissez la signification symbolique du Maillet et du Ciseau

Consacrez tous vos efforts à votre perfectionnement, en supprimant vos faiblesses, passions et mauvaises ha
bitudes.∴

N’oubliez pas le conseil de Sénèque :

« Nous devons régler notre vie comme si tout le monde la regardait ; penser comme si quelqu’un pouvait li
re au fond de nos cœurs ».

LE COMPAS
Un grand nombre d’ouvrages maçonniques ne mentionnent que la Règle graduée et le Marteau pointu com
me outils des Apprentis.

Toutefois, dans le Livre de l’Apprenti édité par la GLSA « la règle graduée et le Marteau pointu ne servent
à rien si l’on n’utilise pas le Compas ».

Il est également précisé « qu’il symbolise l’unité harmonieuse aux pierres laborieusement taillées. C’est la
vertu du compas qui les unit et qui garantit la solidité de l’édifice. L’amour, la solidarité, la fidélité doivent n
ous unir étroitement, afin que nous puissions nous aider les uns les autres et nous approcher dans un magni
fique effort commun de la perfection. L’amour est le couronnement de notre œuvre et sans lui nous ne sau
rions travailler véritablement au bien des hommes ».
Travailler véritablement au bien des hommes est notre objectif final. C’est dans ce but que nous avons été i
nitié Franc-Maçon. Il ne faut jamais l’oublier !
Le Compas, un des plus ancien instrument inventé par l’homme, sert à tracer des cercles, à prendre et repo
rter des mesures.

Selon J.-M. Ragon « Avec le Compas, on décrit des cercles dont il indique nettement le centre, la valeur des
rayons et celle du diamètre. Intellectuellement, le Compas est l’image de la pensée dans les divers cercles q
u’elle parcourt ; les écartements de ses branches et leurs rapprochements figurent les divers modes du raiso

Almonor Stanley
nnement qui, selon les circonstances, doivent être abondants et larges, ou précis et serrés mais toujours clair
s et persuasifs ».
Par conséquent, le Compas, par ses pointes et l’écartement de ses branches, indique sonemprise sur la mati
ère.

Le Compas, outil ACTIF, est donc le symbole de l’Esprit et de son pouvoir sur la Matière.

En Maçonnerie, le Compas est ouvert à 45°, 60° ou 90°. Ouvert à 180°, il devient une ligne droite et n’a pl
us d’utilité.

En limitant l’ouverture du Compas à 90°, on signifie par là les limites que l’homme ne saurait dépassé. En
effet, l’angle de 90° reproduit l'Equerre.

Vous étudierez l’Equerre ultérieurement, mais sachez que l’Equerre est le symbole de la Matière.

En loge d’Apprentis on place l’Equerre sur le Compas. Cela signifie que pour les Apprentis, la Matière do
mine encore l’Esprit et que l’on ne peut demander d’eux que sincérité et confiance.
Le but final est que le Compas soit placé sur l’Equerre, ainsi que vous l’avez sans doute découvert dans des
illustrations maçonniques.
Il faut encore préciser que dans les trois premiers degrés de la Maçonnerie, le Compas est ouvert à 45°, par
ce que même atteint le 3ème degré, la domination de l’Esprit sur la Matière est toute relative !
Au cours de votre initiation au 1er degré, lors de la confirmation de votre serment, la pointe duCompas sur v
otre poitrine gauche, siège de la conscience, il a été prononcé les paroles suivantes :

« Apprenez par la justesse du Compas à diriger vers le bien toutes les actions de votre vie ».
Dans Le Livre de d’Apprenti édité par la GLSA, à la question « Quelles sont les troisgrandes lumières de
la Franc-maçonnerie », il est répondu : La Bible, l’Equerre et le Compas.

A propose du Compas, il est notamment exposé dans le livre précité ce qui suit :

« L’une des pointes du Compas est solidement ancrée dans le cœur du Franc-maçon, tandis que l’autre trac
e le cercle immense dans lequel est incluse la totalité des hommes auxquels, que nous les connaissions ou q
ue nous les ignorions, s’adresse notre amour. Pareil au cercle qui est infini, notre amour du prochain, du Fr
ère, doit être sans limites ».

1.-L’Equerre.

“L’équerre ( du latin exquadrare ) est un instrument dont la propriété est de rendre les corps carrés” dit Ra
gon. L’équerre est formée par la réunion de l’horizontale et de la verticale. Elle symbolise l’équilibre résult
ant de l’union de l’actif avec le passif.

La croix formé par 2 Equerres. Carré : Formé par 4 Equerres.

Almonor Stanley
L’équerre se rapporte à la Matière. C’est un instrument passif tandis que le compas désignant l’esprit est ac
tif. Le Vén ... porte en bijou l’équerre suspendue à son sautoir. Les deux branches sont inégales: la branche
la plus longue se trouve du côté droit, côté actif : marquant la prépondérance de l’actif sur le passif. Le rôle
du Vén ... étant de créer de parfaits Maçons c’est pourquoi il porte l’équerre signe de la rectitude et instrum
ent indispensable pour transformer la Pierre Brute en Pierre Cubique. L’équerre est un instrument fixe.

2- Le Compas.

Le compas est l’un des instruments les plus anciens qu’inventa l’homme. Il sert à tracer des cercles, à pren
dre et rapporter des mesures. Le compas est un instrument mobile. Le compas est Actif. Il se rapporte à l’
Esprit. Le compas par ses pointes indique son emprise sur la Matière, tant que l’écartement de ses branche
s est inférieur à 180°. Arrivé à 180° il devient une ligne droite.
L’ouverture à 45°, 60°, 90°, désigne différents niveaux de connaissances. La Maçonnerie limite l’ouverture
du compas à 90° maximum indiquant par là les bornes que l’homme ne saurait dépasser. L’angle de 90° re
produit l’équerre. Le compas ouvert à 45 indique que la Matière n’est pas complètement dominée. A 90° l
e compas devient une “Equerre Juste”.

En Loge le Compas et l’Equerre sont placés sur l’autel.


Au 1er Degré : L’Equerre est placée sur le Compas.

Au 2ème Degré: L’Equerre est entrecroisée avec le Compas.

Au 3ème Degré: L’Equerre est placée sous le compas.


Au 1er Degré : La Matière domine l’esprit.

Au 2ème Degré: La matière et l’esprit sont entrecroisées

Au 3ème Degré:l’Esprit domine la matière


Le Compas ouvert à 45° indique que la domination de l’Esprit sur la Matière n’est que relative.
MAILLET ET CISEAU.

Ces deux outils , le maillet et le ciseau, servent au degrossissement de la Pierre Brute. Le maillet est aussi l’i
nsigne essentiel du Vén ... et les deux Surv ...
Le Maillet et le Ciseau représentent l’Actif et le Passif.

Le Maillet est le symbole de l’ intelligence qui agit et persévère, qui dirige la pensée.

Almonor Stanley
Le Ciseau représente le discernement dans l’investigation. Le Ciseau qui s’applique sur la Pierre Brute, ten
u de la main gauche ( côté passif ) représente la réceptivité intellectuelle. Le Maillet qu’on tient de la main d
roite ( côté actif ) se rapporte à l’énergie agissante.

Lors de l’ouverture des travaux, les deux Surv ... circulent armés du maillet. Celui-ci doit être tenu de la mai
n droite et porté sur l’épaule gauche ( signe de l’équerre). Le Maillet symbolise la volonté active de l’appre
nti. Cette volonté ne doit être ni obstination, ni entêtement, mais elle doit être fermée et persévérante. L’ho
mme ne peut agir directement sur la matière c’est le ciseau qui servira d’intermédiaire.

Combien de Maillets y-a-t-il en Loge d’Apprenti ?


Le Maillet symbolise entre les mains du Vén ... et des deux Surv ... leur pouvoir.

Il sert à provoquer des ondes sonores rythmiques.

3- Perpendiculaire et Niveau.

La perpendiculaire et le niveau donnent respectivement la verticale et l’horizontale. Nous trouvons


encore l’Actif et le Passif.

Niveau
Perpendiculaire

Le Niveau en symbolisme maçonnique doit être formé par une équerre juste c’est-à-dire que l’angle au so
mmet doit être de 90°.

Le niveau symbolise l’égalité sociale, base du droit naturel. Le niveau nous rappelle qu’il faut considérer to
ute chose avec une égale sérénité. Le niveau est l’attribut du 1er Surv ...

La perpendiculaire est l’attribut du second Surv ... . La forme du niveau rappelle le signe alchimique du sou
fre, substance dont la combustion entretient le feu central de tout foyer d’activité. Le 1er Surv ... est le gardi
en de cette ardeur laborieuse qu’il stimule dès qu’elle diminue. Le 2ème Surv ... contraste avec le 1er Surv ..
. par sa douceur. Il comprend tout et sait excuser ce qui est excusable. Contraint de confesser une bévue le
débutant s’addresse à lui avec confiance devinant, que toute erreur se répare sous l’égide de la perpendicul

Almonor Stanley
aire. La perpendiculaire est l’emblême de la recherche en profondeur, de la vérité de l’aplomb. Avec le niv
eau et l’équerre il permet la construction des murailles du Temple.

On peut se demander pourquoi la Perpendiculaire ( la verticale symbole actif ) est attribuée au 2ème Surv ...
et le niveau ( l’horizontale symbole passif ) est attribuée au 1er Surv ...?

En réalité le niveau indique l’horizontale mais il est muni de la verticale. Le niveau est donc un instrument
plus complet que la perpendiculaire et c’est pourquoi le 1er Surv ... est seul qualifie pour prendre la place d
u Vén ... en cas d’absence de celui-ci.
La perpendiculaire est le symbole de la profondeur de la connaissance et de la rectitude . Le niveau montre
que la connaissance doit être rapportée au plan terrestre

4.-LA REGLE ET LE LEVIER.

La Règle est symbole de la rectitude de la méthode, de la loi. On peut la considérer comme un symbole de
l’infini, elle est surtout le symbole de la moralité et du devoir dont le franc maçon ne doit jamais s’écarter.
La règle et le levier sont analogues étant formés essentiellement par la ligne droite. La règle se rapporte à l’e
sprit et le levier à la matière.
Le levier est un intermédiaire passif. Il se rapporte à la connaissance qui devient initiatique dans le cas où ce
lui qui la possède est capable de comprendre.

SENS GENERAUX DES OUTILS.

OUTILSSIGNIFICATION

COMPAS…………………………………………………………..MESURE DANS LA RECHERCHE

EQUERRE…………………………………………………………….RECTITUDE DANS L’ACTION

MAILLET………………………………………………………..VOLONTE DANS L’APPLICATION

CISEAU……………………………………………….DISCERNEMENT DANS L’INVESTIGATION

PERPENDICULAIRE……………………………………..PROFONDEUR DANS L’OBSERVATION

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NIVEAU…………………………………..MISE EN ŒUVRE CORRECTE DES CONNAISSANCES

REGLE……………………………………………………………PRECISION DANS L’EXECUTION

LEVIER…………………………………………………………………POUVOIR DE LA VOLONTE

TRUELLE…………………………………………………………BIENVEILLANCE ENVERS TOUS

5-LA TRUELLE

La Truelle est le symbole de l’amour fraternel qui doit unir tous les Maçons. C’est le ciment que les ouvrie
rs peuvent employer pour l’édification du Temple. La truelle réunit, fusionne, unifie. C’est l’emblème des
sentiments de bienveillance.

L’expression: “Passer la Truelle” signifie oublier les injures et les injustices.

Les Outils

ACTIFS NeutrePASSIFS

ESPRIT Truelle MATIÈRE


COMPASEQUERRE
MAILLETCISEAU
PERPENDICULAIRE NIVEAU

RÈGLELEVIER

Almonor Stanley
LA CORDE A TROIS NOEUDS OU HOUPPE DENTELEE

A la fin de chacune de nos séances en salle humide, lors de tenues au Temple, nous formons la Chaîne d’
Union.

Elle consiste à former un cercle, une chaîne, en nous donnant mutuellement les mains.
Souvenez-vous, en votre qualité de nouvel initié, dès votre admission, vous avez été invité à former un maill
on de cette chaîne.
Plus qu’une tradition, pour certains une habitude d’une apparente simplicité, la Chaîne d'Union est à mon
avis l’un des symboles le plus important de la Franc-maçonnerie et surtout l’un des actes le plus occulte de
notre Rituel si il est pratiqué dans un esprit impliquant autre chose qu’une simple formalité de fermeture de
nos travaux.

Sur le plan symbolique, il est évident que la Chaîne d’Union symbolise l’universalité de l’Ordre et rappelle
à chacun « que tous les Maçons, quelque soit leur Patrie, ne forme qu’une seule famille de Frères, répandu
s sur la surface de la terre » ainsi que le défini Plantagenet dans ses causeries en Loge d’Apprenti.
La Chaîne d’Union évoque l’union de tous les Francs-Maçons.

Au-delà du symbole, la Chaîne d’Union Rituelle crée et développe une force, que certains d’entre vous, sel
on sa sensibilité et son rôle actif, a été en mesure de ressentir.

Vous remarquerez que le Tableau d’Apprenti est encadré par une corde à trois nœuds, dont on donne le n
om de Houppe dentelée.

Cette corde formant des nœuds appelés lacs d’amour est terminée à chaque extrémité par une houppe, et r
eprésente la « chaîne d’union » reliant tous les Maçons dans le monde.

Pourquoi appelons nous ces nœuds « lacs d’amour » ? Il y a plusieurs explications à cela, mais l’explication
exotérique est sans doute que le mot « lacs » provient du latin laqueus, signifiant lacet, nœud coulant et piè
ge, au sens figuré.

Pourquoi pensez-vous que la Houppe dentelée du Tableau d’Apprenti comporte trois nœuds, et non pas d
eux, quatre, six ou huit .

Le chiffre trois est important dans le grade d’apprenti. Référez-vous au Livre de l’Apprenti.

On vous parle, entre autres, comment vous avez obtenu accès à la Loge, de vos voyages lors de votre initiati
on, de vos pas, de votre âge, des grandes et petites lumières, des bijoux de la Loge d'Apprenti, etc, etc.
Vous aurez sans doute remarqué que chaque nœud forme un huit couché. Le chiffre huit est le symbole de
l’infini.
Ne serait-ce pas un message que notre tâche de travailler notre pierre brute s’avère infinie ?
De même que Plantagenet a défini la Chaîne d’Union comme le symbole de la Fraternité qui unit tous les
Maçons, il défini la Houppe dentelée « comme une reproduction matérielle et permanente de la Chaîne d’
Union ».
Enfin, pour citer Marcel Spaeth, dans son ouvrage « Le Symbolisme de la Chaîne

Almonor Stanley
d’Union »,

« Il y a lieu de se rappeler du fait que le rite de la « Chaîne d'Union » n’est rien d’autre que la dynamisatio
n, la mise en acte du principe suggéré par la « Houppe dentelée », corde serpentant sur trois côtés de la Lo
ge, depuis la colonne J jusqu’à la colonne B, sans toutefoisunir ces dernières ».
LES TROIS FENETRES

Vous aurez remarqué les 3 fenêtres figurant dans ce « Tableau d'Apprenti ».

La première est à l’Orient, la deuxième au Midi et la troisième à l'Occident. Il n’y a pas de fenêtre au Nord
, place des Apprentis.

Une explication concernant la disposition de ces fenêtres est que le Temple de Salomon s’ouvrait à l’Est et
que les trois fenêtres du « Tableau » suivent la marche du soleil. Par conséquent, il n’y a pas de fenêtre au
Nord parce que le soleil n’y passe pas.
Il est écrit dans la Bible, au 1er Livre des Rois, VI, 4, « le roi fit à la maison (le Temple) des fenêtres à grilles
fixes »
Les grillages que vous voyez à ces fenêtres rappellent que le travail des ouvriers est soustrait à la vue du prof
ane, mais aussi pour que le Maçon ne puisse être distrait par la vaine agitation de l’extérieur, lorsqu’il taille
sa Pierre Brute.

La fenêtre de l’Orient, place du Vénérable, apporte la douceur de l'aurore, celle du Midi force et chaleur al
ors que la fenêtre de l'Occident donne une lumière qui diminue sans cesse et incite les ouvriers au repos.
C’est la raison pour laquelle les Apprentis sont placés au Nord, car ils bénéficient de toute la lumière du Mi
di, dans la pleine force du soleil, car les Apprentis ont besoin « d’être éclairés ».
Souvenez-vous, les travaux des Maçons commencent à Midi et se terminent à Minuit.
LA PLANCHE A TRACER

Elle a pour forme un rectangle horizontal à l’intérieur duquel est indiquée la clef de l’alphabet maçonnique
. Nous étudierons cet alphabet dans un prochain chapitre.

En Maçonnerie, le papier sur lequel on écrit est appelé planche à tracer et écrire c’est « tracer une planch
e ».
J’attire votre attention sur le fait que la « planche à tracer » se rapporte au grade de Maître, mais l’Apprenti
ne doit pas en ignorer l’emploi et doit s’exercer d’ores et déjà à tracer une planche.

C’est pour cela qu’il vous sera demandé au terme d’une période minimale de 12 mois de tracer une planch
e, qui vous permettra, selon vos efforts, de passer au second grade.

Et au fur et à mesure de votre parcours maçonnique, vous serez appelés à tracer des planches.

LES OFFICIERS, LEURS BIJOUX, LEURS FONCTIONS

Almonor Stanley
Le Vénérable Maîtreest le président de l’atelier. Il dirige l’administration de la Loge et à ce titre contrôle le
travail des autres Officiers. Le Bijou du V..M.. dans tous les Rites estl’Equerre. L’autorité du Vénérable est
tempérée par la bienveillance qui doit marquer tous ses actes. Ainsi le rôle du V..M.. est à la fois actif et pas
sif parce qu’il doit équilibrer. L’outil associé à son rôle est la Truelle. Sur l’Arbre Séphirotique, il estKéter.

Les Surveillants sont avec le V..M.. les deux autres Lumières de l’atelier. Au rite Ecossais le 1er Surveillant si
ège à côté de la colonne B et le 2èmeSurveillantest à droite à côté de la colonne J.

Le 1er Surveillant a pour mission d’indiquer quand le soleil est au couchant pour fermer les travaux par ordr
e du V.. M.. après s’être assuré que les ouvriers ont bien reçu leurs salaires. Son Bijou est leNIVEAU. Sur l
’Arbre Séphirotique il estHOD: la Victoire.

Le 2ème Surveillant observe quand le soleil passe au Méridien et est chargé d’appeler les Fr.. du repos au trav
ail,et du travail au repos. Le 2ème Surveillant préside au premier pas des néophytes, facilite où rend difficile l’
expansion de la Lumière dans le Temple. Son Bijou est laPerpendiculaire. Sur l’Arbre Séphirotique, il est
NETZAH: La Gloire.

Comme le Vénérable les deux Surveillants tiennent le Maillet, outil de commandement. C’est à eux que les
Fr.. des colonnes demandent la parole. Les Surveillants prennent en charge la formation des nouveaux ade
ptes. Le 2ème Surveillant forme les Apprentis, et le 1er Surveillant forme les Compagnons.

L’Orateur siège à l’Orient. Il est le gardien de la Loi, et il prononce les discours àl’occasion des Cérémoni
es. Il peut s’opposer à toute délibération qui serait contraire aux Constitutions où aux Règlements Générau
x. Il peut intervenir sans demander la parole si cette intervention est dans l’intérêt de la Loi. Après chaque
discussion le V..M.. demande les conclusions de l’Orateur et celui-ci les donne sans avoir à les motiver. Le
Bijou de l’orateur comporte parfois un Livre sur lequel est écrit Loi où bien les Tables de la Loi. Selon le s
ymbolisme Séphirotique , il est CHOCHMAH: La Sagesse.

Le Secrétairesiège à l’Orient. Il est la Mémoire de la Loge. Pendant les réunions , il prend l’esquisse des tra
vaux et à partir cette esquisse il dresse la planche dont il donne lecture à l’Atelier à la tenue suivante. Le pro
cès verbal est adopté après avis de l’Orateur. Le Registre des délibérations donne le Livre d’Architecture. L
e Secrétaire tient également un Registre matricule des membres de la Loge par ordre d’admission. Il est cha
rgé également de la correspondance administrative avec l’Obédience et de la distribution des convocations.
Son Bijou est constituépar deux plumes croisées. Sur l’Arbre Séphirotique, il estBinah: L’intelligence.

L’Expertremplace le 1er Surveillant , le 2ème Surveillant et même le Vénérable en leur absence. Il s’assure de
la qualité Maçonnique des visiteurs, les tuile, et donne son avis au Vénérable. Il fait préparer et diriger les é

Almonor Stanley
preuves, introduit et accompagne les candidats dans leurs voyages. Il recueille les boules et les bulletins de v
ote et assiste à leur dépouillement. Il siège à l’Orient. Son Bijou est uneColombe portant un Rameau d’Oli
vier. Il prépare et dirige les Cérémonies. Il est le centre de la Loge pendant les Cérémonies. Sur l’Arbre Sé
phirotique , il estIESOD: le Fondement.

Le Maître des Cérémoniesconduit la marche. Il introduit les membres de la Loge et lesvisiteurs. Pendant le
s tenues il conduit les Fr.. qui doivent se déplacer. Il fait circuler le sac aux propositions et le Tronc de la V
euve. Sa fonction est très importante il soutient le V..M.. au cas où celui-ci aurait des difficultés. Son Bijou:
2 Glaives entrecroisées et une Canne. Sur l’Arbre Séphirotique, il estTIPHERETH : la Beauté.

Le Trésorierest en charge des ressources Financières de la Loge. Chargé du recouvrement des cotisations, d
e la garde du trésor et de l’acquittement des dépenses. Il siège à l’Orient. Son Bijou: Deux clés croisés. Sur
l’Arbre Séphirotique, il est associé àGEBURAH: la Rigueur.
Le travail du Trésorier est ingrat. Il doit être intelligent, discret et un vrai diplomate.

La Garde du Templesiège à l’Occident. Il est chargé de la sécurité du Temple. On l’appelle parfois le Fr..
couvreur. (Couvreur intérieur au REAA). Il informe de la présence das les parvis des visiteurs. Son Bijou es
t un glaive Vertical ,poignée en bas, où bien une Epée Flamboyante. Sur l’Arbre Séphirotique, il représente:
MALKUT : le Royaume

LES TROIS MARCHES DU TEMPLE

Nous trouvons partout le chiffre trois dans le grade d’Apprenti.


Dans son âge qui est de 3 ans, dans sa marche qui est de 3 pas, dans sa batterie qui se fait pas 3 coups et enf
in dans les 3 marches du Temple.

Les trois marches que vous voyez en dessous des colonnes du « Tableau d’Apprenti » représentent success
ivement :
· Le plan physique, qui correspond au corps

· Le plan appelé « astral », qui correspond à l’âme

· Le plan psychique, qui correspond à l’esprit.


Ces trois marches symboliques vous sont nécessaires pour accomplir l’évolution à laquelle vous aspirez lors
que vous avez frappés à la porte de notre Temple.

Elles symbolisent les efforts que vous devez faire pour vous libérer des contraintes que vous rencontrez sur l
e plan physique, vous libérer des vicissitudes de l’âme et accéder aux pleins pouvoirs de l’esprit.

Almonor Stanley
Je sais, par expérience, qu’il s’agit d’une démarche difficile qui exige des efforts constants.
LE TEMPLE DE SALOMON, LES DEUX COLONNES ET LE PAVE MOSAIQUE

Les trois marches, encadrées des deux colonnes, conduisent, par le pavé mosaïque, à la porte du Temple d
e Salomon.

D’innombrables livres ont été écrit concernant le Temple de Salomon et ses deux colonnes placées devant l
e Temple.

Je vous invite à les consulter. Vous en trouverez dans la bibliothèque de notre Loge.

C’est dans la Bible qu’il faut rechercher la description du Temple et des colonnes (1er Livre des Rois, chap.
VI et VII).

Malgré les descriptions détaillées de la Bible, nous n’avons aucune preuve matérielle que ce Temple ait exis
té.

En Maçonnerie, ce Temple est uniquement un symbole, celui du Temple idéal, jamais inachevé, dont chaq
ue Maçon est une Pierre.
Par conséquent, en Maçonnerie, le Temple n’est pas considéré dans sa réalité historique ou religieuse, mai
s uniquement dans sa signification ésotérique.
Salomon signifie en hébreu « homme paisible ». On peut donc considérer que le Temple de Salomon est c
elui de la Paix, cette Paix Profonde à laquelle aspire chaque Franc-maçon.
Jusqu’à ce jour, ont n’a également retrouvé aucun vestiges des deux colonnes.
Et comme pour le Temple, les auteurs d’ouvrages concernant ces deux colonnes ne sont pas tous en accor
d et donnent parfois des descriptions très différentes.
Toujours selon la Bible, la colonne de droite, à l’entrée extérieure de Temple, portait le nom de Jachin (ou
Jakin), et celle à gauche portait le nom de Boaz.
Il faut préciser qu’en Maçonnerie, les colonnes ont été placées à l'intérieur du Temple et que selon le rite a
ppliqué, leurs positions sont inversées.

Le Grand Architecte de l'Univers et la Bible

Dans le premier article des Obligations d’un Franc-Maçon d'Anderson, il est stipulé ce qui suit :
« Un Maçon est obligé de pas sa condition, d’obéir à la loi morale ; et s’il entend bien l’Art, il ne sera jamai
s un athée stupide, ni un libertin irréligieux. Mais quoique, dans les temps anciens, les Maçons fussent tenus
, dans chaque pays, d’être de la religion, quelle qu’elle fût, de ce pays ou de cette nation, on considère main
tenant plus à propos de les obliger seulement à cette religion en laquelle tous les hommes sont d’accord, en
laissant à chacun ses opinions particulières, c’est-à-dire d’être des gens de bien et loyaux, autrement dit des
hommes d’honneurs et de probité, quelles que soient les dénominations ou croyances qui puissent les disti
nguer. La Maçonnerie devient ainsi le centre de l’Union et le moyen d’assurer une fidèle amitié entre les p
ersonnes qui seraient restées perpétuellement éloignées l’une de l’autre. »

Almonor Stanley
L’une des idées de base de la Franc-Maçonnerie spéculative est que tous les hommes, quelle que soit leur a
ppartenance sociale et leur religion, se rencontrent au même niveau dans la Loge.
Il faut garder à l’esprit qu’au XVIII siècle, lorsque la Franc-Maçonnerie passa d’opérative à spéculative, les
ouvriers qui travaillaient à la construction des cathédrales, furent rejoints, entre autres, par des intellectuels e
t des nobles, ce qui était un évènement à une époque ou régnait l’élitisme.

Ainsi, les classes supérieures et inférieures, les gens de villes et des campagnes, se retrouvaient ensemble da
ns une même Loge, dans un but commun, la perfection de l'homme.

Les hommes de toutes les religions ou croyances étaient acceptés dans la Loge, à condition qu’ils laissent à
chacun leur propre opinion et gardent pour eux leurs convictions religieuses, de la même façon qu’il était i
nterdit de parler politique en Loge.

La Franc-Maçonnerie n’est pas une religion, ni une secte.

Si une grande majorité de Francs-Maçons se réfère dans le rituel au « Grand Architecte de l’Univers », il ne
s’agit pas du Dieu de la Franc-Maçonnerie, mais d’un terme symbolisant « le Principe Créateur ».
La Franc-Maçonnerie est un ordre initiatique et spirituel, réunissant dans un esprit fraternel des hommes pa
rtageant le même idéal, qui croient à un Etre Suprême et Créateur qu’ils nomment « Grand Architecte de l
’Univers ».
Dans les Temples Maçonniques, à l’Orient, derrière le Vénérable Maître, se trouve un triangle équilatéral a
u centre duquel est représenté un œil rayonnant, que l’on appel le delta rayonnant, et qui est le symbole uni
versel du « Grand Architecte de l’Univers ».

Lors d’une prochaine Tenue au 1er degré dans notre Temple, vous observerez les 3 symboles placés sur la p
aroi à l’Orient, derrière le Vénérable Maître. Vous y remarquerez au centre un pentagramme, une étoile à
cinq branches avec un homme au milieu, les membres écartés.
Cette définition « Grand Architecte de l’Univers » permet d’éviter toute représentation spécifique ou sectai
re de Dieu, de façon à ce que tous les Francs-Maçons, quelle que soit leur religion puissent l'adopter, pour l
es unir et non pour les diviser, de sorte qu’un chrétien, un musulman, un juif, un bouddhiste ou tout autre
adepte d'une religion soient tous en mesure de se réunir dans une Loge et y travailler.

Ainsi, comme il est souvent traité de questions spirituelles en Maçonnerie et que dans ces conditions il est s
ouvent difficile de ne pas parler de Dieu, qu’ils soient chrétiens, juifs ou musulmans, les FF∴se parlent, se
comprennent et acceptent mieux l’existence d’un principe créateur désigné sous le terme de « Grand Archi
tecte de l'Univers ».

Mais si la Franc-Maçonnerie n’est pas une religion, pourquoi trouve-t-on sur l’autel du Temple Maçonniqu
e une Bible ?
La Bible n’est pas considérée dans ce cas comme un livre sacré d'une religion particulière, mais comme un
symbole de l’expression de la loi.
Il faut savoir que les Francs-Maçons doivent prêter leurs serments sur un « Volume de la Loi Sacrée », car s
i un homme ne croit pas une puissance supérieure, comment son serment puisse-t-il avoir une importance
pour sa conscience !

Almonor Stanley
Selon le lieux où se trouve la Loge et la religion des FF∴ vous pouvez très bien avoir sur l'autel la Bible, la
Tanach hébraïque, le Coran musulman ou d’autres Livres Sacrés.

Certaines loges ou obédiences athées – oui cela existe mais elles ne sont pas dites « régulières » - ont sur l’a
utel un livre blanc comme Volume de la Loi Sacrée, où l’on peut y voir ce que l’on veux.
Une autre raison pour laquelle nous attachons de l’importance à la Bible, c’est qu’elle contient des récits re
latifs au Temple de Salomon, symbole si important pour la Franc-Maçonneri, au 1er Livre des Rois et dans l
es Chroniques.

On y parle également d’un personnage central pour le symbolisme maçonnique qui est Tyr Hiram, que vo
us découvrirez au fur et à mesure de votre avancement dans la maçonnerie.
Les Loges des trois premiers degrés de la Maçonnerie sont appelées « Loges de Saint-Jean ».

Selon Oswald Wirth (Le livre de l’Apprenti), cette appellation « Loge de Saint-Jean » a pour origine le titre
que portaient au Moyen Age les corporations constructives : « Confraternités de Saint-Jean ».

Pour Jules Boucher (La symbolique maçonnique), les patrons de Maçons et des Tailleurs de pierre étaient
nombreux. Il cite notamment : « saint Blaise, saint Thomas, saint Louis, saint Grégoire, saint Alpinien, sain
t Marin, saint Martin, saint Etienne, sainte Barbe, les Quatre Coronnés (Sévère, Sévérien, Carpophore et Vi
ctorin) et bien d’autres encore » mais il précise que saint Jean n’est jamais mentionné.
En maçonnerie, il y a deux fêtes importantes au point de vue symbolique qui font l’objet de tenues et d’aga
pes spéciales. Il s’agit des fêtes de :
Saint Jean l’Evangéliste, le 27 décembre, au solstice d’hiver, et de
Saint Jean-Baptiste, le 24 juin, au solstice d’été.

Saint Jean l’Evangéliste, c’est le symbole de l’ésotérisme, de la doctrine secrète et c’est sans doute pour cela
que la Bible est ouverte sur l’autel du Temple au prologue de l'Evangile de Saint Jean l'Evangéliste « Au c
ommencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieux ».
Quant à Saint Jean-Baptiste, que l’on nommait « le Précurseur », parce qu’il préparait la venue de Jésus, et
« Baptiste » parce qu’il baptisait dans le Jourdain, c’est le symbole du rôle de précurseur que joue dans un
certain sens l’Ordre maçonnique dans son combat spirituel pour un monde meilleur.
Il est intéressant de rappeler ici que la naissance de la Franc-maçonnerie dite « moderne » a eu lieu le 24 ju
in 1717, jour de la Saint Jean Baptiste, lorsque quatre Loges de Londres décidèrent de s’unir sous la directi
on d’un Grand Maître et sous le titre de Grande Loge de Londres.

Les décors

L'alphabet maçonnique

Nous allons étudier ce que l’on appel en Maçonnerie des « décors ».

LE TABLIER D’APPRENTI.

Almonor Stanley
Il constitue l’essentiel du « décor » du Franc-Maçon.

Il est composé d’un rectangle et d’une bavette triangulaire qui doit être relevée.

Il doit être fait de peau blanche et sans aucun ornement.

Pourquoi de peau ? Sans doute parce que les ouvriers de la maçonnerie opérative portaient de grands tablie
rs de cuirs, la peau étant considérée de tous temps comme un bon protecteur et un isolant.
Selon Jules Boucher, dans son ouvrage « La symbolique maçonnique », il est regrettable que ses dimensio
ns soient si exiguës, car ce tablier d’apprenti devraient être au moins aussi grand que celui des Maîtres, car,
en réalité, dans les deux premiers degrés, l’ouvrier, encore malhabile, doit se protéger encore plus que le M
aître !
Ce tablier est l’emblème du travail et il rappel que tous les Maçons doivent avoir une vie active et laborieus
e en Loge et dans la vie profane.

Il y a d’autres significations à ce tablier.


Pourquoi est-il blanc et immaculé ? Parce qu’il nous rappel que nous ne devons pas accomplir des travaux
dégradants, mais avoir des mobiles purs et réaliser cette perfection à laquelle chacun de nous aspire en deve
nant franc-maçon.

A quoi nous sert-il ? A nous protéger des éclats de pierre, c'est-à-dire des influences nocives.
Que couvre-t-il ? La partie rectangulaire couvre les parties inférieures du corps, c’est-à-dire le bas-ventre, siè
ge des passions charnelles. La partie triangulaire, le plexus solaire, siège du chakra ombilical, dont dépende
nt les sentiments et les émotions.
Un autre élément mérite notre attention. Il s’agit de la ceinture du tablier.
Selon C.-W. Leadbeater, dans son ouvrage « Le coté occulte de la Franc-maçonnerie », il précise : « La cei
nture est un cercle fortement magnétisé, destiné à contenir un disque de matière éthérique, séparant de la p
artie inférieure la partie supérieure du corps, afin que les énergies formidables que le cérémonial maçonniq
ue a pour objet de mettre en mouvement ne puissent gagner la région inférieure du corps »
LES BIJOUX

Quelques mots à propos des bijoux.

Vous avez d’abord le bijou de Loge, en l’occurrence de votre Loge, que vous agrafez à votre boutonnière à
gauche.

Ensuite vous avez les bijoux maçonniques, à savoir

Les trois bijoux immobiles, qui sont au grade d’Apprenti la Pierre Brute, les deux autres vous étant dévoilés
respectivement aux grades de Compagnon et de Maître.
Les bijoux mobiles qui sont l’Equerre, le Niveau et la Perpendiculaire, suspendus aux sautoirs respectiveme
nt du Vénérable Maître et des Premier et Deuxième Surveillants.
Il y a d’autres bijoux mobiles portés par d’ autres officiers, selon les fonctions qui leurs sont dévolues.

Ce sont notamment les suivants :

Almonor Stanley
Orateur : Un livre ouvert, avec le mot « Loi ».

Secrétaire : Deux plumes croisées.

Trésorier : Deux clefs croisées.

Expert : Un glaive croisé avec une Règle et un œil.


Couvreur : Un glaive vertical, poignée en bas :

Maître des Cérémonies : Deux glaives croisés et une canne.

Hospitalier : Une bourse-aumonière.

Les bijoux mobiles sont appelés ainsi parce qu’ils passent d’un frère à l’autre, chaque période de trois ans.
En fait, dans notre Loge, nous avons 25 Officiers, dont le Maître Député qui représente la Grande Loge Sui
sse Alpina (GLSA)

Vous avez tous reçu la liste de ces Officiers, groupés sous le nom de « Collège des Officiers ».

LES GANTS BLANCS

Ils sont le symbole de la pureté. Pureté du cœur et des œuvres. Ils rappellent aussi au Maçon ses engageme
nts.

Lors de sa réception, l’apprenti reçoit deux paires de gants, dont une paire à l’intention « de la femme qu’i
l estime le plus ». Pourquoi cette intention ? Selon Wirth, parce que « la femme qui les lui montrera lorsqu
’il sera sur le point de défaillir lui apparaîtra comme sa conscience vivante, comme la gardienne de son hon
neur ».
Voici une anecdote à propos des gants blancs.

Wirth raconte que Goethe, initié à Weimar le 23 juin 1780, remis les gants blancs à une Dame Von Stein,
en lui faisant remarquer que si le cadeau était infime en apparence, il présentait cette singularité de ne pouv
oir être offert par un Franc-Maçon qu’une seule fois dans sa vie.
Selon certains auteurs maçonnique, lors de la Chaîne d’Union, les gants blancs devraient n être enlevés, de
façon à ce que le magnétisme qui émane de l’extrémité des doigts durant ce rituel puisse être réellement res
senti par les FF∴

Une autre théorie préconise de garder le gants blancs de façon à ne laisser filtrer qu’un magnétisme transfor
mé et bénéfique « symboliquement ».
L’ALPHABET MACONNIQUE

Alphabet Maçonnique :

Système de cryptage de l’alphabet. Il existe différents types d'alphabets maçonniques. Vous trouverez ci-des
sous deux variantes des l'alphabets encore utilisés par les Francs-Maçons.

Almonor Stanley
Alphabet Maçonnique complet Informatique :

À partir d’une police de caractère TrueType Windows.

Alphabet maçonnique "français :


La double clef de cet alphabet est contenue dans un carré de Saturne (3 x 3), ouvert, et dans une croix de S
aint-André.
A noter l'absence des lettres j, remplacée par le i ; k, remplacée par le c ; v et w, remplacées par le u.

Clef de l'alphabet maçonnique français :

Chaque lettre se construit à partir de la portion du carré ou de la croix dans lequel ou laquelle elle se trouve
dans la double clef. Pour les lettres contenues dans le carré, on procède de la manière suivante : on laisse l
a case vide pour la lettre de gauche, et on inscrit simplement un point au milieu de la case pour la lettre de
droite. Ainsi, pour prendre deux exemples concrets, les lettres a et b se construisent à partir de la case tronq

Almonor Stanley
uée dans laquelle elles se trouvent. La lettre a étant la lettre de gauche dans la clef, on laisse la case vide ; le
b étant la lettre de droite, on inscrit un point dans la case.

Deux exemples de codage des lettres : A et B.


On obtient ainsi l'alphabet suivant:

Vous trouverez en annexe (page 35) du livre d'apprenti des extraits tirés de l'ouvrage de Jules Boucher, « La
Symbolique maçonnique » vous donnant quelques explications concernant l’alphabet maçonnique d’une
part, les abréviations utilisées en maçonnerie d'autre part.
Aujourd’hui, il n’est plus d’usage d’adresser du courrier écrit au moyen de l’alphabet maçonnique. Néanm
oins, vous devez le connaître et cela fera partie de votre culture maçonnique.
Par contre, les abréviations sont couramment utilisées et vous devez les maîtriser pour toutes communicatio
ns écrites entre FF∴ et pour toutes Planches tracées.

LES NOMBRES

Almonor Stanley
L’Unité ,le nombre 1,est le principe et la synthèse des nombres. C’est l’idée de Dieu. L’homme est le fils d
e Dieu, parce que Dieu manifesté, réalisé et incarné sur la Terre s’est appelé le Fils de l’Homme. L’homm
e, c’est la forme de la pensée divine, et Dieu c’est la synthèse idéalisée de la pensée humaine. L’Unité est r
eprésentée par le point. Sans le nombre UN, il n’y aurait pas d’autres Nombres. C’est le Père.

Le Binaire, le nombre 2 ,est l’antagonisme. C’est le nombre de la Femme, épouse de l’homme et mère de
la société. La Femme est le sourire du créateur content de lui-même et c’est après l’avoir faite qu’il se repos
a, dit la céleste parabole. Le Binaire est représenté par __ __ deux lignes qui sont une succession de points
. C’est la Mère.

La Ternaire, le nombre Trois, est le nombre de la création. Dieu se crée éternellement lui-même et l’infini
qu’il remplit de ses œuvres est une création incessante. Il y a Trois personnes dans la divinité, Trois Vertus
théologiques: Foi, Espérance et Charité. Dans la famille: Le Père, la Mère et l’Enfant. En Magie, il y a le Pri
ncipe, la Réalisation et l’Adaptation. L’explication du Ternaire: si Dieu n’était qu’Un il ne serait jamais cré
ateur. S’il n’était que Deux il y aurait antagonisme où division dans l’infini. Il est donc Trois pour créer de l
ui-même et à son image la multitude infinie des êtres et des mondes. LeTernaire est représenté par : ∆

Le Quartenaire le nombre carré et parfait est le nombre de la force. C’est le Ternaire complété par son pro
duit. C’est le nombre de la forme. Le Tétragramme est formé des quatre lettres : IOD HÉ VAV HÉ. Les a
deptes hindous croient que le nombre quatre est la fontaine perpétuelle de la nature. Quatre éléments : Eau
, Feu, Air, Terre, Quatre direction : l’Est, Ouest, Nord, Sud. Quatre évangélistes : Saint-Jean, Saint-Mathieu
, Saint-Luc, Saint-Marc. Quatre saisons : Été, Automne, L’Hiver, Printemps etc. Le Quartenaire est représ
enté par : ᦎ ou +

Le Quinaire est le nombre Religieux. C’est le nombre de Dieu réuni à celui de la Femme. C’est le Pentagra
mme, c’est IOD HE SCHIN VAV HE c’est le verbe Incarné “IEOUSHOUA” C’est l’étoile flamboya
nte de la Maçonnerie. Le Pentagramme exprime la domination de l’esprit sur les éléments et par ce signe q
u’on enchaine les démons de l’air, les esprits du feu, les spectres de l’eau et les fantômes de la Terre. Il est
représenté par ce qu’on n’appelle encore : Le sceau de David.

Le Sénaire, le nombre 6, est le nombre de l’Initiation par l’épreuve. C’est le nombre de l’équilibre, nombr
e de la connaissance. L’équilibre dans les idées, c’est la sagesse; l’équilibre dans les forces, c’est la puissanc
e. Toute parole et tout mouvement vont pour où contre l’équilibre, pour où contre la vérité: car l’équilibre
représente la vérité qui se compose du pour et du contre conciliés. L’équilibre magique est nécessaire au su

ccès de toutes les opérations de ka science occulte. Ce qui est en-haut : ∆ est analogue à ce qui est en bas
il est représenté par l’Hexagramme :

Almonor Stanley
Le Septénaire, le nombre sept, c’est le grand nombre Biblique. C’est la clef de la création. C’est l’idée ∆a
lliée à la forme ᦎCe nombre représente le pouvoir magique dans toute sa forceC’est l’épée flamboyante
qui est le signe de la victoire sur les vices. L’alliance ternaire et du quartenaire donne un mot composé que

les Kabbalistes nomment ARARITA. Toutes les religions ont consacré ce nombre dans leur Rite: La septiè
me année chez les Juifs était Jubilaire; Le septième jour est consacré au repos; il y a sept Sacrements, Sept c
ouleurs du prisme, Sept notes de musique, Sept planètes, Sept animaux magiques: Cygne, Chouette, Vauto
ur, Cigogne, l’Aigle et la Huppe, Sept métaux etc. Il est représenté par

Le nombre 8, Octénaire, c’est le nombre de la réaction et de la justice équilibrante. Toute action produit u
ne réaction. C’est la loi universelle du monde. C’est l’équilibre des formes. Opposer un courant à un coura
nt, c’est renouvelé la puissance de la vie fluidique. En effet l’agent universel où la lumière astrale latente che

rche l’équilibre. Il est représenté par ᦎ



Le nombre 9 , c’est le nombre des initiés et des prophètes. L’initié est celui qui possède la raison éclairée p
ar la science, est en pleine possession de lui-même, qui isole le sage des courants instinctifs. Le nombre 9 es
t celui des reflets divins: il exprime l’idée divine dans toute sa puissance abstraite, mais il exprime aussi la su
perstition et l’idolâtrie. Mais l’initié règne sur la superstition.

Il faut Savoir: existence et nature du Grand Agent Magique – Connaître -Oser: faire les actes et prononcer l
es paroles qui le soumettent à la volonté humaine et Se Taire: sur les mystères du Grand Arcane .Il est repr
ésenté par :
Le nombre 10, le Dénaire, c’est le nombre absolue de la Kabale.

Le nombre 11 est le nombre de la Force; c’est le nombre de la Lutte et du Martyr.


Tout homme qui meurt pour une idée est un Martyr, car chez lui les aspirations de l’esprit ont tromphé des
frayeurs de l’animal. Tout homme qui meurt à la guerre est un Martyr, car il meurt pour les autres. Tout h
omme qui meurt de misère est un Martyr, car il est comme un soldat frappé dans la bataille de la vie. Honn
eur à tous ceux qui combattent bravement et loyalement “Honte”.

Le nombre 12 est le nombre cyclique; c’est celui du symbole universel.{Dieu TRI-UNITE}.

Le nombre 13 est le nombre de la mort et de la naissance c’est celui de la propriété et de l’héritage, de la s


ociété et de la famille, de la guerre et des traités.

Le nombre 14 est le nombre de la fusion, de l’association et de l’unité universelle.

Almonor Stanley
Le nombre 15 est le nombre de la catholicité.

Le Christianisme se partage en deux églises. L’église civilisatrice et l’église barbare, l’église progressiste et l’
église stationnaire. L’une est active, l’autre est passive.
Le nombre 16 est le nombre du Temple. Lorsque l’esprit de l’intelligence et d’amour se sera révélé toute l
a trinité se manifestera dans sa vérité et dans sa gloire.
Toutes les fermes qu’a successivement revêtues la pensée divine renaîtront immortelles et parfaites.

Toute la Terre revêtue des riches ornements que lui ont brodés tous les arts ne sera plus qu’un Temple ma
gnifique, dont l’homme sera le prêtre éternel.

Le nombre 17 est le nombre de l’intelligence et de l’amour. Intelligence, toi que pauvres pécheurs ont aim
és jusqu’au délire, jusqu’au scandale, jusqu’à la réprobation. Amour ! Rédempteur et réparateur sublime. S
i l’intelligence est une lampe, tu en est la flamme; si elle est le droit, tu es le devoir; si elle est la noblesse, tu
es le bonheur.

Le nombre 18 est celui du dogme religieux. L’Evangile dit qu’à la mort du sauveur le voile du Temple s’est
déchiré parce que cette mort a manifesté le triomphe du dévouement, le miracle de la charité, la puissance
de Dieu dans l’homme, l’humanité divine et la divinité humaine, le dernier et le plus sublimes des arcanes,
le dernier mot de toutes les initiations.

Le nombre 19, c’est le nombre de la lumière (Pierre des Philosophes); c’est l’existence prouvée par l’idée
de Dieu.

L’Etre est la vérité de l’Être, c’est Dieu. L’Être est vivant avec l’intelligence et l’intelligence vivante de l’être
absolu, c’est Dieu. La lumière est réelle et vivifiante; où la réalité et la vie de toute lumière, c’est Dieu.

Le nombre 20, c’est le nombre de la médicine universelle. Nous sommes les auteurs de nos destinées et Di
eu ne nous sauve pas sans notre concours. La mort n’existe pas pour le sage.

Le nombre 21 ,c’est le nombre de la divination. Être divin suivant la force du mot, c’est donc être divin et q
uelque chose de plus mystérieux encore. Être prophète, c’est voir d’avance effets qui existent dans les cause
s, c’est lire dans la lumière astrale; faire des miracles, c’est agir sur l’agent universel et le soumettre à notre v
olonté.

Almonor Stanley
Le nombre 22, ce nombre résume, est la clef générale des sciences occultes. L’analogie est le dernier mot d
e la science. L’harmonie est dans l’équilibre, et l’équilibre subsiste par l’analogie des contraires. L’analogie
donne au ma….toutes les forces de la nature; l’analogie est la quintessence de la pierre philosophale, c’est l
e secret du mouvement perpétuel. C’est le Temple qui repose sur les deux colonnes, c’est la clef du grand
arcane, c’est la racine de l’Arbre de vie, c’est la science du bien et du mal.

NOTICE SUR LE NOMBRE 3

∗0 Philosophie occulte où Métaphysique compte Trois Mondes: Le monde


élémentaire, le monde céleste et le monde intellectuel.
∗1 Il y a dans l’Univers: l’Espace, la Matière et le Mouvement.
∗2 L’Espace est éternel, immuable et infini.
∗3 Les attributs de Dieu où de la nature sont : l’Eternité, l’Infinité et la Toute
Puissance.
∗4 La nature se divise en trois Règnes: les Minéraux, les Végétaux et les Animaux.
∗5 Toute matière (corps, astre, monde) est douée de Trois existences: l’une Gazeuse,
la deuxième fluide et la troisième solide.
∗6 Trois lois générales et spéciales régissent la nature et tout ce qui existe: l’attraction
et l’expansion (loi des Masses), les affinités (loi des Molécules) et la polarité (loi
qui règle leur orientation).
∗7 Le temps a pour mesure: le Passé, le Présent et l’Avenir. Toute chose corporelle
ou spirituelle a un principe, un milieu et une fin c’est-à-dire la Naissance,
l’Existence et la Mort.
∗8 L’homme est doué de trois puissances intellectuelles: la Mémoire, l’Entendement
et la Volonté. Il présente: âme, esprit et corps.
∗9 L’homme se doit à Dieu, à soi-même et à la société.
∗10 Il a des principes qu’il veut, des vérités qu’il aime et des devoirs qu’il remplit.
∗11 L’union des hommes est nourrie par l’estime, la fidélité et la constance.
∗12 La Morale dépend de la justice des hommes, de la sagesse des lois et de la pureté
des mœurs.
∗13 Platon divise les âmes en trois classes: les Pures, les Curables et les Incurables; de
là le Paradis, le Purgatoire et l’Enfer.
∗14 On compte Trois âmes distinctes: l’Intelligence, la Sensitive et la Végétative.
∗15 Les corps ont Trois dimensions: Longueur, Largeur et la Profondeur. Ils
présentent: une Forme, une Densité et une Couleur.
∗16 La physique moderne, considérant l’eau comme un air condensé n’admet que
Trois éléments: la Terre, le Feu et l’Air.
∗17 Les anciens disaient: Trois principes chimiques donnent l’animation à l’univers:
Sel, Soufre et Mercure.
∗18 La lumière décomposée présente les Trois couleurs primitives: le Jaune, le Rouge
et le Bleu.
∗19 Le Mathématicien a trouvé: l’Arithmétique, la Géométrie et la Mécanique.
∗20 L’Arithmétique a sa règle de Trois.
∗21 La Géométrie mesure l’étendue par le Point, la Ligne et la Surface; elle comprend
la Tribométrie où la science du triangle. Toute surface est réductible en Triangles.

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∗22 Elle compte 3 Angles: le Droit, l’Aigu et l’Obtus.
3 Triangles: Rectangle, Isocèle, Scalène.
3 Figures: le Cercle, le Carré et le Triangle.

3 Corps à arêtes: Cube, Prisme et Pyramide.

3 Côtés pour renfermer un Espace.

∗23 La Stéréométrie compte 3 formes: Triangulaire, Quadrangulaire, Pentagonale; leur


surface est Triangulaire.
∗24 La Stéréométrie compte 3 corps: Rond, Cylindrique, Sphérique ( Cône ).
∗25 La Mécanique démontre que la forme est le produit de la Masse multipliée par
l’Espace et divisée par le Temps. Elle a Trois genres de leviers; il faut pour chacun
point d’appui, puissance, résistance. Pour soutenir un corps, il faut 3 pieds
(Trépied).
∗26 La physique observe 3 formes de corps: Solide, Liquide et Gazeux.
∗27 Les Beaux-arts comptent 3 Arts principaux: la Peinture, la Sculpture et
l’Architecture.
∗28 Le Peintre doit réunir 3 qualités essentielles: le Dessin, l’Expression et le Coloris.
∗29 Il y a 3 sortes d’Architectures: Sacrée, Civile et Navale.
∗30 Les Grecs connaissent 3 ordres Architecture: le Dorique, l’Ionique et le
Corinthien.
∗31 Chaque colonne a sa Base, son Fût, son Chapiteau.
∗32 La Musique distingue 3 sons: l’Aigu, le Grave et le Médium. Elle a 3 clefs: Sol, Do,
Fa.
∗33 La Poésie a, selon Strabon Trois éléments: l’Histoire, le Mythe et l’Arrangement.
∗34 Il y a Trois sortes de nombre: l’Entier, le Fractionnaire et le Composé.
∗35 La Numération divise ses lignes par tranches de 3 chiffres. Elle a pour résultats:
Somme, Différence, Produit; provenant de 3 opérations arithmétiques: Addition,
Soustraction, Multiplication.
∗36 La règle de proportion exige Trois nombres pour trouver le Quatrième.
∗37 La Logique a : Sujet, Verbe, Attribut.
∗38 Grammaire: Le Verbe a Trois temps ou modes: Passé, Présent, Futur; Trois
personnes: je, tu, il où elle, nous, vous, ils où elles. Les Noms Latins ont 3 Genres:
Masculin, Féminin, Neutre.
∗39 L’Art Dramatique soumet chaque poème à la règle d’une Triple unité d’action, de
temps, de lieu.
∗40 La Mythologie partageait le gouvernement du monde entre 3 Dieux: Jupiter, roi du
ciel; Neptune, maître de l’Océan; Pluton, Tyran des enfers.
∗41 L’Enfer, séjour des âmes, avait Trois divisions: l’Elysée, les Limbes, le Tartare.
∗42 Cerbere, gardien des Enfers , avait 3 têtes. Ses trois têtes rappellent les 3 cris jetés
par les assistants, au moment de l’inhumation, remplacés dans les temps
modernes par les 3 pelletées de terre jetées sur le cercueil, ou par les 3 aspersions
d’eau bénite.
∗43 Il y avait en Wesphalie,Trois gardiens ( Francs-Juges) à la porte du Tribunal secret.
∗44 A Argos, la Statue de Jupiter, avait 3 yeux pour observer en même temps le Ciel, la
Terre et les Enfers.
∗45 Les Grecs avaient leur mercure Tricéphale.

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∗46 Trois Ecritures usitées dans l’ancienne Egypte: Hiéroglyphique, Hiératique,
Démotique.
∗47 La valeur graphique des signes est divisée en: Figuratif, Symboliques et Phoniques.
∗48 Trois points à distinguer dans la religion Egyptienne: Dogme, Hiérarchie et Culte.
∗49 Triade Egyptienne: Osiris, Isis et Horus.
∗50 On compte 3 races humaines: Race Caucasienne où Blanche; Race Ethiopienne
où Noire; Race Mongolienne où Jaune.
∗51 On compte 3 Ages: l’Âge d’Or, l’Âge d’Airain et l’Âge de Fer.
∗52 La foudre de Jupiter forgée par Vulcain contient selon Virgil 3 Rayons de Grêle, 3
Rayons de Pluie et 3 rayons de Vent.
∗53 Trois Déesses: Junon, Pallas et Venus disputèrent le prix de la beauté.
∗54 Junon eut 3 filles. Minerve eut 3 nourrices.
∗55 On donnait à Thémis 3 filles: l’Equité, la Loi et la Paix.
∗56 Trois Nymphes présidaient, suivant Théocrite à la Fontaine de Thessalie, qui
conservait la vie, en perpétuant la beauté.
∗57 La lune eut 3 noms et 3 visages: Hécate aux enfers, préside aux sorcelleries; Diane,
poursuivait les bêtes fauves et l’Hœbé au ciel, conduisait le char de la lune; elle est
en dernier lieu la constellation du mystère, de l’amour et du crime.
∗58 Trois Rivières: le Jtyx, le Phlégéton, le Cocyte entourent le Tartare, le Trépied
d’Apollon; sa Lyre à 3 coreles; les 3 Libations ordonné dans son Temple.
∗59 Le Trident de Neptune.
∗60 Damas en Syrie avait 3 Dieux.
∗61 Trois Héros Grecs fondèrent Ithaque: Néritus, Polyctor, Ithacus.
∗62 Les Epicuriens ne connaissaient que 3 passions: la Joie, la Douleur et le Désir.
∗63 Chez les anciens on était obligé, sous peine d’immoler une victime à Cérès, de
répandre 3 fois de la poussière sur le cadavre qu’on rencontrait; de là sans doute,
les 3 pelletées de terre sur le cercueil de nos morts, avant de combler la fossé,
c’est-à-dire avant la séparation éternelle.
∗64 On crachait 3 fois pour détourner les enchantements (Théocrite).
∗65 La Rome Primitive avait 3 portes.
∗66 Romulus divisa en 3 parties les Terres de l’empire Romain: la première au culte
des dieux; la deuxième aux dépenses publiques et la 3ème entre tous ses sujets.
∗67 Les citoyens romains se divisaient en 3 corps d’état: les Patriciens, les Plébéiens et
l’Ordre des Chevaliers.
∗68 En France : la Noblesse, le Clergé et le Tiers-Etat.
∗69 Le Sénat Romain décerna 3 couronnes à Pétrarque: une de Lierre, une de Laurier
et une de Myrte.
∗70 Sous le règne d’Auguste, le Temple de Janus fut ouvert 3 fois.
∗71 Trois Horaces terrassèrent les 3 Curiaces.
∗72 Le fameux siège d’Ostende, par Albert, souverain des Pays-Bas dura 3 ans, 3 mois
et 3 jours.
∗73 Le Temple de Salomon avait 3 parties.
∗74 En politique, la Grandeur, la Prospérité et la Durée des Etats dépendent de 3
choses: de la Justice des souverains, de la Sagesse des lois et de la Pureté des
mœurs.
∗75 Adam eut 3 Fils: Caïn, Abel et Seth.
∗76 Noé eut 3 Fils: Sem, Cham et Japhet.

Almonor Stanley
∗77 Trois Empereurs Romains célèbres par leurs vertus: Titus, Trajan et Marc-Aurele.
∗78 Trios Célèbres: Zénon-Platon-Arioste; Galilée-Locke-Newton; Voltaire-Rousseau-
Dalembert.
∗79 Trois Monts Célèbres: Hélicon, Parnasse et Pierus.
∗80 Les Templiers avaient en vénération le nombre Trois.
∗81 Le chef du chapitre qui s’assemblait de nuit, dans l’église, envoyait demander, par
3 fois, au récipiendaire, s’il voulait être admis. On lui faisait subir 3 fois, le même
interrogatoire et il devait demander 3 fois le pain et l’eau. Les chevaliers étaient
assujettis aux 3 vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Ils observaient 3
grands Jeunes. Ils communiaient 3
∗82 fois l’an et mangeaient de la viande 3 fois par semaine. Chaque chevalier devait
avoir 3 chevaux. Ils juraient de ne pas fuir devant 3 ennemis. L’aumône se faisait 3
fois par semaine. Celui qui mangeait à ses devoirs était flagellé en plein chapitre.
∗83 Trois Grands fondateurs de religions: Moïse, Jésus et Mahomet.
TABLE D’EMERAUDE D’HERMÈS TRIMÉGISTE

«Il est vrai, sans mensonge, très véritable.»

“ Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. Pour fai
re les miracles d’une seule chose”.
“Et comme toutes choses ont été et sont venues. D’un, ainsi toutes sont nées dans cette chose unique par a
daptation

“Le soleil en est le père, la lune en est la mère, le vent l’a porté dans son ventre, la terre est sa nourrice; le p
ère de tout, le Thélème de tout le monde ici; sa force est entière si elle est convertie en terre”.

“Tu sépareras la terre du feu, le subtile de l’épais doucement, avec grande industrie. Il monte de la terre au
ciel et derechef il descend en terre et il reçoit la force des choses

supérieures et inférieures. Tu auras par ce moyen toute la gloire du monde et toute obscurité s’éloignera de
toi”.

“C’est la force forte de toute force, car elle vaincra tout chose subtile et pénétrera toute chose solide”.

“Ainsi le monde a été créé”.


“ De ceci seront et sortiront d’innombrables adaptations desquelles le moyen est ici”.

“ C’est pourquoi j’ai été appelé Hermès Trismégiste. Ayant les trois parties de la philosophie du monde”.
“Ce que j’ai dit de l’opération du soleil est accompli et parachevé”.
Il est vrai
sans mensonge

très véritable

Almonor Stanley
La Table d’Emeraude débute par une trinité. Hermès affirme ainsi dès le premier mot la loi qui régit la nat
ure entière. La ternaire se réduit à une Hiérarchie désignée sous le nom de: Les Trois mondes. C’est donc
une même chose considérée sous trois aspects différents: cette chose, c’est la vérité et sa triple manifestation
dans les trois mondes.

Il est vrai-{Vérité sensible correspondant au monde physique. C’est l’aspect étudié par la science contempo
raine}.

Sans mensonge-{Opposition de l’aspect précédent. Vérité philosophique, certitude correspondant au mond


e métaphysique où moral}.
Très Véritable-{Union des deux aspects précédents. La thèse et l’antithèse pour constituer la synthèse. Vérit
é intelligence correspondant au monde divin}.

Ce qui est en-haut Ce qui est en bas


Est comme et est comme
Ce qui est en bas Ce qui est en-haut
----------------------------------------------------------------------------------------------/

Pour faire les miracles d’une seule chose

Nous retrouvons un ternaire considéré sous deus aspects positif et négatif.


Positif--- {Haut analogue à Bas} Négatif--- {Bas analogue à Haut}

Application de la méthode de la science occulte: Analogie .Hermès dit que le positif (haut) est Analogue au
négatif (bas), il ne dit pas qu’ils sont semblables.

Constitution du quatre par la réduction du trois à l’Un.


“Pour faire les miracles d’une seule chose”.

Il faut considérer une vérité dans son triple aspect physique, métaphysique et spirituel. Appliquer ensuite à
cette connaissance la méthode analogique qui permettra d’apprendre

Almonor Stanley
des lois et enfin reduire la multitude des lois à l’unité par la découverte du principe où de la cause première
.

Hermès aborde ensuite l’étude des rapports du multiple à l’unité où de la création au créateur.

“Et comme toutes choses ont été et sont venues d’un, ainsi toutes choses sont nées dans cette chose unique
par adaptation”.

C’est la création par le quaternaire telque développe dans le Sepher Jesirah, c’est la force universelle.

Le soleil (Positif) en est le Père.


La Lune (Négatif) en est la Mère.
Le Vent (Récepteur) l’a porté dans son ventre

La Terre (matérialisation accroissement) est sa nourrice

L’ÉQUILIBRE MAGIQUE.

L’équilibre est la résultante de deux forces. Si les deux forces sont absolument et toujours égales, l’équilibre
sera l’immobilité et par conséquent la négation de la vie. L’impulsion donnée à l’un des plateaux d’une bal
ance détermine nécessairement le mouvement de l’autre. Les contraires agissent ainsi sur les contraires dan
s toute la nature par correspondance et par analogue. Toute la nature est bisexuelle, et le mouvement qui pr
oduit les apparences de la mort et de la vie est une continuelle génération.

Connaître la Loi de cet échange, savoir la proportion alternative où simultanée de ces forces, c’est posséder
les premiers principes du grand arcane magique, qui constitue la vraie divinité humaine.

Scientifiquement, on peut apprécier les diverses manifestations du mouvement universel par les phénomèn
es électriques où magnétiques. Les physiciens cherchent et découvrent les Kabbalistes expliquent les découv
ertes de la science.

Le corps humain est soumis comme la terre, à une double loi: il attire et il rayonne. Il est aimanté d’un ma
gnétisme androgyne et réagit sur les deux puissances de l’âme: L’intellectuelle et la Sensitive, en raison inve
rse mais proportionnelles des prépondérances alternées des deux sexes dans son organisme physique.

L’homme peut se produire à son gré deux souffles, l’un chaud et l’autre froid. Il peut également projeter à
son gré la lumière active où la lumière passive.

Almonor Stanley
Le Pentagramme où le signe du Microcosme représente entre autres mystères magiques, la double sympath
ie des extrémités humaines entre elles et la circulation de la lumière astrale dans le corps humain. Ainsi en f
igurant un homme dans l’étoile du Pentagramme ( comme on peut le voir ) , la tête correspond en sympath
ie masculine avec le pied droite et en sympathie féminine avec le pied gauche, que la main droite correspon
d de même avec la main et le pied gauche, et la main gauche réciproquement.

Cette connaissance est nécessaire pour l’usage du pentagramme dans les conjurations des esprits. Toute acti
on produit une réaction.

L’emploi alterné des forces contraires, le chaud après le froid, la douceur après la sévérité, l’amour après la
colère, est le secret du mouvement perpétuel et de la prolongation de la puissance; c’est ce que sentent inst
inctivement les coquettes leurs adorateurs de l’espérance à la crainte et de la joie à la tristesse.

Agir toujours dans le même sens et de la même manière, c’est surcharger un seul plateau d’une balance, et
il en résultera bientôt la destruction absolue de l’équilibre.

LE GRAND AGENT MAGIQUE

Cette substance une qui est ciel et terre c’est-à-dire suivant ses degrés de polarisation, subtile où fixe, est ce
qu’Hermès Trismégiste appelle Grand Telesma.
Lorsqu’elle produit la splendeur, elle se nomme Lumière. C’est cette substance que Dieu crée avant toute c
hose. Lorsqu’il dit: Que la Lumière soit. Elle est à la fois Substance et Mouvement. C’est un fluide et une v
ibration perpétuelle. La force qui la met en mouvement et qui lui est inhérente se nomme Magnétisme.

Dans l’infini cette substance unique est l’Ether où la Lumière Ethérée.

Dans les Astres qu’elle aimante, elle devient Lumière Astrale. Dans les Êtres Organisés, Lumière où Fluide
Magnétique. Dans l’Homme, elle forme le corps Astral où le Médiateur Plastique. Cette lumière est le mir
oir commun de toutes les pensées et de toutes les formes; elle garde les images de tout ce qui a été, les reflet
s des mondes passés et par analogie les ébauches des mondes à venir.

Ce Grand Agent Magique se révèle par quatres sortes de phénomènes: Calorique, Lumière, Electricité et M
agnétisme.

Almonor Stanley
Cet agent est vivant par deux forces contraires: une force d’attraction et une force de projection. Ce q
ui fait dire à Hermès que toujours il remonte et redescend. C’est par cette double force que tout est créé et
que tout subsiste.
Les éléments magiques sont: en Alchimie; le Sel, le Mercure, le Soufre, l’Azoth; en Hiéroglyphes, l’Homm
e, l’Aigle, le Lion, le Taureau( le Sphinx); en Physique ancienne: l’Air, l’Eau, la Terre, le Feu.

LE PAVÉ MOSAÏQUE

Le Pavé Mosaïque est formé de dalles carrées alternativement noires et blanches formant un damier. C’est
dit Ragon “l’emblème de la variété du sol terrestre formé de pierres blanches et noires, unies par un même
ciment symbolisant l’union de tous les Maçons du globe. Ces pierres sont une image du bien et du mal don
t est semé chemin de la vie”. D’après Plantagenet, le pavé mosaïque nous rappelle la loi des contrastes, le B
inaire (la relativité des vérités) révélées aux néophytes en Loge d’Apprenti. “Le pavé mosaïque c’est l’image
de l’objectivité” dit O.Wirth. Le symbolisme du pavé est généralement celui du Bien et du Mal inhérents à
l’existence terrestre. Mais c’est aussi le Corps et l’Esprit, unis mais non confondus. Il faut dès lors trouver
une ligne qu’on appelle la voie de l’Initié. Le profane ne voit que des dalles blanches et noires. L’initié suit
la voie ésotérique et passe entre le blanc et le noir. Toute action appelle une réaction qui vient rétablir l’équ
ilibre un instant troublé. Tel est le symbolisme du Pavé Mosaïque.

LA HOUPPE DENTELÉE.

On donne le nom de “Houppe dentelée” à la corde à nœuds qui entoure le«Tableau d’Apprenti» et le « T
ableau de Compagnon ». Il s’agit d’une corde formant des nœuds appelés lacs d’amour et terminé par une
houppe à chaque extrémité. Ces nœuds entrelacés (au nombre 7) sont l’image de l’union faternelle qui lie p
ar une chaîne indissoluble, tous les Maçons du globe sans distinction de sectes ni de conditions. Son entrela
cement symbolise aussi le secret qui doit entourer nos mystères.

MONDE SPIRITE OÙ DES ESPRITS

Origine et Nature des Esprits.

∗84 Les esprits sont les êtres intelligents de la création. Ils peuplent l’Univers en dehors du monde
matériel.
∗85 Les esprits sont la création de Dieu et sont soumis à sa volonté. Dieu est de toute éternité.
∗86 Un aveugle né peut-il définir la lumière? L’esprit étant une création est quelque chose. C’est une
sorte de “ Matière Quintessenciée”, si éthérée qu’elle ne tombe pas sous nos sens.
∗87 Les esprits sont partout. Les espaces infinis en sont peuplés à l’infini. Il y en a sans cesse à vos côtés
qui vous observent et agissent sur vous à votre insu. Les esprits sont des puissances de la nature. Mais tous

Almonor Stanley
les esprits ne vont pas partout, car il est des régions interdites aux moins avancés.
∗88 Les esprits sont comme une flamme, une lueur où une étincelle éthérée. Cette flamme varie du
sombre à l’éclat du Rubis selon que l’esprit est plus où moins pur.
∗89 Les esprits franchissent l’espace rapidement comme une pensée
∗90 Les esprits pénètrent tout, l’Air, la Terre, les Eaux et le Feu.
∗91 Un esprit ne peut pas se diviser, mais peut rayonner de differents côtés. Mais tous les essprits ne
rayonnent pas avec la même puissance, cela dépend du degré de pureté de l’esprit.
∗92 L’esprit est enveloppé d’une substance vaporeuse. Cette substance est puisée dans le fluide
universel de chaque globe. Elle n’est pas la même pour tous les mondes. En passant d’un monde à l’autre,
l’esprit change d’enveloppe.
∗93 Les esprits sont de différents ordres selon le degré de perfection auquel ils sont parvenus.
∗94 On peut cosidérer en gros qu’il y a trois ordres d’esprits.
∗95 Les purs esprits, au haut de l’échelle, premier ordre
∗96 Les bons esprits, ceux qui sont arrivés au milieu de l’échelle, second ordre.
∗97 Les esprits imparfaits, ceux qui sont au bas de l’échelle, troisième ordre.

A.-ESPRITS IMPARFAITS

Caractères Géneraux

Prédominance de la Matière sur l’esprit. Propension au mal. Ignorance-Orgueil- Égoïsme. Et toutes les ma
uvaises passions. Ils sont l’intuition de Dieu, mais ne le comprennent pas. Tous ne sont pas mauvais, on pe
ut les diviser en cinq classes principales

1.- ESPRITS IMPURS.

Ils sont enclins au mal et en font l’objet de leurs préoccupations. Ils donnent des conseils perfides, soufflent
la discorde et la défiance et prennent tous les masques pour mieux tromper. On les reconnaît à leur langag
e, la trivialité et la grossièreté des expressions, toujours un indice d’infériorité morale. Leurs communicatio
ns décèlent la bassesse de leurs inclinations. Les êtres vivante qu’ils animent sont enclins à tous les vices qu’
engendrent les passions viles et dégradantes: sensualité, cruauté, fourberie, hypocrisie, cupidité, avarice. Ils f
ont le mal pour le plaisir de faire le mal. Ils choisissent leurs victimes toujours parmi les honnêtes gens.

2.- ESPRITS LÉGERS.

Ils sont ignorants, malins et inconséquents. Ils se mêlent de tout, répondent à tout sans se soucier de la vérit
é. Ils se plaisent à causer de petites peines et de petites joies, à faire des tracasseries, à induire malicieuseme
nt en erreur, par des mystifications et des espiègleries. A cette classe appartiennent les esprits vulgairement
désignés sous les noms de : follets, lutins gnomes, farfadets. Ils sont sous la dépendance des esprits supérieu
rs. Leur langage est spirituel et facétieux.

Almonor Stanley
3.- ESPRITS FAUX-SAVANTS.

Leurs connaissances sont assez étendues, mais ils croient savoir plus qu’ils ne savent en réalité. Leur langage
a un caractère sérieux qui peut donner le change sur leurs capacités et leurs lumières, mais ce n’est le plus s
ouvent qu’un reflet des préjugés de la vie terrestre et des erreurs tels que l’orgueil, la jalousie, l’entêtement
dont ils n’ont pu se dépouiller.

4.- ESPRITS NEUTRES.


Ils ne sont ni assez bons pour faire bien, ni assez mauvais pour faire le mal. Ils tiennent aux choses de ce m
onde dont ils regrettent les joies grossières.

5.- ESPRITS FRAPPEURS ET PERTURBATEURS.

Ces esprits à la vérité, peuvent appartenir à toutes les classes du 3ème ordre. Ils manifestent leur présence par
des effets sensibles et physiques tels que les coups, le mouvement et le déplacement anormal des corps soli
des, l’agitation de l’air. Ils paraissent plus que d’autres attachés à la matière. Ils semblent être les agents prin
cipaux des vicissitudes des éléments du globe soit qu’ils agissent sur l’air, l’eau, le feu, les corps durs où dan
s les entrailles de la terre.

B.- LES BONS ESPRITS (Seconde Ordre).

Caractères Généraux: Prédominance de l’esprit sur la matière: Désir du bien. Ils comprennent Dieu et L’I
nfini. Ils sont heureux du bien qu’ils font et du mal qu’ils empêchent. Comme esprits ils suscitent les bonne
s pensées, détournent les hommes de la voie du mal, protègent dans la vie ceux qui s’en rendent dignes et n
eutralisent l’influence des esprits imparfaits. À cet ordre appartiennent les esprits appelés: Bons Génie, Gén
ie protecteurs, esprit du bien. On peut diviser en 4 Groupes.

1.-ESPRIT BIENVEILLANTS.

Leur qualité dominante est la bonté. Ils se plaisent à rendre service aux hommes et à les protéger, mais leur
savoir est borné. Leur progrès s’est plus accompli dans le sens moral.

2.-ESPRITS SAVANTS.

Ce qui les distingue c’est l’étendue de leurs connaissances. Ils se préoccupent plus de questions scientifique
s et envisagent la science du point de vue de son utilité et n’y mêlent aucune des passions qui sont le propre
des esprits imparfaits.

3.-ESPRITS SAGES.

Almonor Stanley
Les qualités morales les plus élevés forment leur caractère distinctif. Sans avoir des connaissances illimitées,
ils sont doués d’une capacité intellectuelle qui leur donne un jugement sain sur les hommes et sur les chose
s.

4.-ESPRITS SUPÉRIEURS.

Ils réunissent la science, la sagesse et la bonté. Leur langage ne respire que la bienveillance. Ils sont plus apt
es à nous donner les notions les plus justes sur les choses du monde incorporel dans les limites de ce qu’il e
st permis à l’homme de connaître. Ils s’éloignent des curieux mais communiquent avec ceux qui cherchent
la vérité de bonne foi et dont l’âme est dégagée des liens terrestres. Lorsque par exception ils s’incarnent su
r la terre c’est pour y accomplir une mission de progrès et ils nous offrent alors le type de perfection à laque
lle, l’humanité peut aspirer ici bas.
C.- LES PURS ESPRITS.

Caractères Généraux: Influence de la matière nulle. Supériorité Intellectuelle et Morale Absolue par rappor
t aux esprits des autres ordres. Ils forment une classe unique. Ils ont parcouru tous les degrés de l’échelle et
dépouillé toutes les impuretés de la matière. Ayant atteint la somme de perfection dont est susceptible la cr
éature, ils n’ont à subir ni épreuves, ni expiations. Ni étant plus sujets à la réincarnation dans des corps péri
ssables, c’est pour la vie éternelle qu’ils accomplissent dans le sein de Dieu.

Ils sont les messagers et les ministres de Dieu dont ils exécutent les ordres pour le maintien de l’harmonie
universelle. Ils commandent à tous les esprits qui leur sont inférieurs, les aident à se perfectionner. Ils assist
ent les hommes dans leur détresse. Ils les excitent à faire le bien pour arriver à la félicité suprême. On les d
ésigne sous les noms d’Anges, Archanges, Séraphins. Les hommes peuvent entrer en communication avec
eux mais biem présomptueux serait celui qui prétendrait les avoir constamment à ses ordres.

LES ELEMENTAUX.

Les éléments: Feu, Eau, Air et Terre sont peuplés par des êtres que l’on nomme élémentaux et qui sont les
messagers des desseins des hommes.

Les SALAMANDRES sont les élémentaux du Feu.

Les ONDINES sont les élémentaux de l’Eau.

Les SYLPHIDES sont les élémentaux de l’Air.

Les GNOMES sont les élémentaux de la Terre.

INTRODUCTION À LA KABALE:

Almonor Stanley
ETUDES DES SEPHIROTH.

La Kabale ,c’est l’étude de la tradition secrète hébraique. Il y a une tradition écrite et une tradition orale.

1) Tout ce qui a rapport aux lois se trouve dans la THORAH.


2) Toutes les considérations spéciales sur le sens mystique des charactères sacrés
se trouve dans la MASSORA (Mashore).
Les commentaires traditionnels sur la partie législative de la THORAH s’appellent : La Mishna et les additi
ons faites ultérieurement à ces commentaires s’appellent GEMARAH. MISHNA et GEMARAH Le gran
d et le petit ALBERT, Dragon Rouge et Enrichidion.

Dieu est la source de la vie et le créateur de l’univers. Il est infini ( AIN SOF) ( INFINI INACCESSIBLE )
. Entre lui et le monde se placent les Dix Sephiroth au moyen desquelles il a crée le monde. Les Sephiroth
sont les instruments, les canaux par lesquels son action se transmet. L’ensemble des Sephiroth forme protot
ype.

Leur Noms:

1-.KETER----------Couronne 6-.TIPHERET-----Beauté
2-.HOCHMAH-----Sagesse 7-.NETZAH-------Triomphe.
3-.BINAH-----------Intelligence. 8-.HOD-------------Gloire
4-.CHESED--------Grace 9-.YESGEBURAH-----Justice
5-GEBURAH------Justice 10-MALKUT-----Royaume

Il n'existe pas en franc-maçonnerie de rang supérieur au troisième degré, celui de maître maçon. C'est u
n des principes fondamentaux de la « régularité maçonnique » que tous les maîtres maçons soient placé
s sur un pied d'égalité, sans considération de position sociale ou d'appartenance à d'autres degrés maço
nniques. C'est pourquoi les degrés d'un numéro supérieur au troisième doivent être considérés comme d
es degrés d'instruction, ou de perfectionnement, et non pas comme des grades impliquant un pouvoir p
articulier et dont pourrait se prévaloir un maître maçon pour se prétendre supérieur aux autres.

Dans de nombreux pays, les trois premiers degrés peuvent être pratiqués à un autre rite que le REAA ava
nt l'accès aux autres grades de celui-ci.

Degré n° Titre Jur.Sud France Belgique Angleterre Jur.Nord

1° Apprenti Loge symbolique

(dans certains pays,

ces degrés sont pratiqués à un autre rite)

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2° Compagnon

3° Maître

4° Maître Secret Loge de Perfection Chapitre ChapterLodge of Perfection

5° Maître Parfait

6° Secrétaire Intime

7° Prévôt et Juge

8° Intendant des Bâtiments

9° Maître Élu des Neuf

10° Illustre Élu des Quinze

11° Sublime Chevalier Élu

12° Grand Maître Architecte

13° Chevalier de Royal Arche

14° Grand Élu Parfait et Sublime maçon ou Grand Élu de la Voûte Sacrée

15° Chevalier d'Orient ou de l'Épée Chapitre Council

16° Prince de Jérusalem

17° Chevalier d'Orient et d'Occident Chapter

18° Souverain Prince Chevalier Rose + Croix

19° Grand Pontife Aréopage ou Council Aréopage Supreme Council Consistory

20° Maître Ad Vitam

21° Chevalier Prussien

22° Prince du Liban

23° Chef du Tabernacle

24° Prince du Tabernacle

25° Chevalier du Serpent d'Airain

26° Prince de Mercy

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27° Grand Commandeur du Temple

28° Chevalier du Soleil

29° Grand Ecossais de Saint-André d'Écosse

30° Chevalier Kadosh

31° Grand Inspecteur Inquisiteur Consistoire Consistoire

32° Sublime Prince du Royal Secret

33° Souverain Grand Inspecteur Général Conseil suprême Conseil suprême


Supreme Council

• En France et en Belgique, suivant les juridictions, on pratique et on initie généralement aux 4e, 9
e, 12e, 13e, 14e, 15e, 17 e, 18e, 22e, 26e, 28e, 30e, 31e, 32e et 33e degrés. Dans certaines juridictions b
elges, on initie également aux 5e et 29e degrés. Des différences quant au nombre de grades pratiqués

Rite égyptien de Memphis- HYPERLINK "http://frenchconspiracy.xooit.com/t99-Rite-egyptien


-de-Memphis-Misraim.htm"Misraïm

Le Rite égyptien de Memphis-Misraïm est un rite maçonnique utilisé par un certain nombre de loges ma
çonniques, notamment en France. Comparé aux autres rites, il est caractérisé par une place plus importa
nte donnée au symbolisme et aux gestes rituels. Il s'agit d'un rite mystique et hermétique.

Origine et Histoire

L'origine du rite de Memphis-Misraïm remonte à plus de 200 ans. Ce rite a eu une première filiation qui
vient du Rite Primitif de Paris en 1721[réf. nécessaire] et ensuite du Rite Primitif des Philadelphes à Narb
onne en 1779référence souhaitée.

Cependant son histoire est plus complexe.

Les origines

Plusieurs Rites ou Ordres ont donc existé à la fin du XVIIIe siècle et faisant très vraisemblablement suite à
divers courants mystiques non maçons beaucoup plus anciensréférence souhaitée. C'est le cas par exem
ple en 1767 des Architectes africains, en 1780 du Rite primitif des philadelphes, en 1785 du Rite des parf
aits initiés d'Egypte, en 1801 de l'Ordre sacré des Sophisiens et en 1806 des Amis du désertréférence sou
haitée.

Ces Rites s'inspiraient de ce que l'on appelait à cette époque la « tradition égyptienne »[réf. nécessaire],

Almonor Stanley
et qui consistait en une association de traditions venues du Moyen-Orient, telles qu'elles étaient compris
es à travers les textes et études alors connues en Europe. C'est le cas par exemple du « Séthos » de l'Abb
é Jean Terrasson (1731), « l'Oedipus aegyptianicus » d'Athanasius Kircher (1652) et du « Monde primitif
» d'Antoine Court de Gébelin (1773). La Kabbale judéo-chrétienne, l'hermétisme néo-platonicien, l'ésotér
isme, les traditions chevaleresques et autres trouvaient là une source naturelle d'expression. Toutes ces
influences sont à prendre en compte lorsque l'on souhaite comprendre l'état d'esprit des Obédiences Eg
yptiennes et les enjeux qui s'y développeront dans les siècles qui suivirent.

Au XIXe siècle

Le rite de Misraïm ou égyptien

De 1810 à 1813, les frères Bédarride développèrent le rite de Misraïm en France. Sans entrer dans les dét
ails encore controversés de l'origine de leur transmission et des chartes dont ils furent les dépositaires, il
semble que leur système ait convaincu divers maçons, dont Thory et le Comte Muraire, qui les mirent e
n relation avec d'autres maçons du monde écossaisréférence souhaitée. Quelques Loges furent créées.
Mais divers problèmes de détournement des fonds de la part des frères Bédarride poussèrent de nombre
ux frères à se retirer et à fonder une nouvelle Puissance Suprême égyptienne qui demandera en 1816 et
sans succès à être admise au sein du « Grand Consistoire » du Grand Orient de France référence souhaité
e.

Le rite de Misraïm poursuivra son histoire avec des hauts et des bas jusqu'en 1822, date à laquelle il fut i
nterdit. En 1831, après quelques années de clandestinité, le rite obtint le droit de se reconstituer, mais s
eules 4 Loges parisiennes y parvinrent. (L'Arc en ciel, Les Pyramides, Le Buisson ardent, Le Conseil des an
gles)référence souhaitée. En 1848, les Loges ne s'étaient pas encore réellement développées.

Le rite de Memphis ou oriental

Quant au rite de Memphis, il naquit peu avant 1838, sous l'influence de Jean Étienne Marconis de Nègre
(1795-1868). Comme pour le rite de Misraïm, son origine est incertaine. L'autorité de Marconis pourrait
lui venir de son père par l'intermédiaire d'une Grande Loge du rite de Memphis qui aurait tenu ses trava
ux de 1815 à 1816. Son père aurait également été Grand Maître du rite de Misraïm[réf. nécessaire], mais
c'est tout de même fort peu probable. Quoi qu'il en soit J.E. Marconis de Nègre, expulsé de Misraïm, fon
da en 1838 l'Ordre de Memphis dont il devint le Grand Maître et Grand Hiérophante. En 1841, sur la dén
onciation des frères Bédarride, le rite de Memphis fut interdit en France sous l'accusation d'afficher des
sympathies républicaines.

Entre les années 1848 et 1862, le rite de Misraïm traversa une crise. Michel Bédarride ayant un comport
ement très contestable à plusieurs reprises (entre autres sur le plan financier), de nombreux frères quitt
èrent l'obédience et, ne pouvant créer une autre structure, entrèrent au Grand Orient de France où ils ou
vrirent, entre autres, la Loge « Jérusalem des Vallées Egyptiennes ».

Almonor Stanley
En 1858, Murat fit savoir que les frères de Misraïm ne pouvaient être reçus en visite dans les Loges du Gr
and Orient de France.

En 1862, répondant à l'appel du Maréchal Magnan, Grand Maître du Grand Orient de France, pour l'unit
é de l'Ordre Maçonnique en France, Marconis proposa la réunion de son rite à l'Obédience, ce qui fut fait
la même année: les Loges qui composaient l'Obédience se réunirent au Grand Orient de France qui en d
evint par la même occasion le dépositaire. Marconis de Nègre abdiqua alors de sa charge de Grand Hiéro
phante. référence souhaitée

Le rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm

En 1881, Giuseppe Garibaldi prépara et réalisa la fusion des deux rites pour former le Rite de Memphis-
Misraïm. A ce sujet, il subsiste d'ailleurs une confusion: on doit lire "Memphis ET Misraïm" et non pas "
Memphis-Miraïm".

Robert Ambelain est l'un des auteurs de cette transformation, de même qu'il aurait créé les rituels utilisé
s depuis 1963.

M. Bédarride transmit avant sa mort la charge de diriger l'Ordre à Hayère [réf. nécessaire] auquel succèd
eront le Docteur Girault et Osselin qui, face à de multiples problèmes, fermera cette Grande Loge Misraï
mite en 1899.

On sait peu que les descendantes de certaines de ces Loges existent encore, comme celle qui devint « le
s Inséparables du progrès ». Le rite de Memphis resta toujours présent au Grand Orient de France, et le
Grand Collège des Rites compta toujours une section Memphis et Misraïm reposant sur un « Gardien du
rite » 33°. Elle prit ensuite la forme d'une Commission des Rites de Memphis et Misraïm élue parmi les
membres du Suprême Conseil, conservant ainsi les droits du Grand Orient de France sur cet héritage des
Rites Egyptiens.

Nous n'entrerons pas dans les nombreuses et complexes ramifications à l'étranger de ces deux rites, mai
s sachons simplement qu'ils donnèrent naissance à de nombreux rameaux qui pour certains se perpétuer
ont jusqu'à aujourd'hui.

Tandis que le rite de Memphis était intégré au sein du Grand Collège des Rites du Grand Orient, le Souve
rain Sanctuaire de Memphis aux USA reçut une reconnaissance officielle du Grand Orient de France et pr
it le nom de « Rite Ancien et Primitif de la Maçonnerie ».[réf. nécessaire]

Sous la Grande Maîtrise de Seymour, de nombreuses loges furent ouvertes aux USA, mais également par
tout dans le monde. En 1872, Seymour établit un Souverain Sanctuaire pour la Grande-Bretagne et l'Irlan
de avec John Yarker comme Grand Maître. En 1881, Yarker reçut une charte du rite réformé de Misraïm

Almonor Stanley
de Pessina en échange d'une charte de Memphis, au moment où le Général Garibaldi était nommé Grand
Hiérophante des deux rites. On peut dater la fusion officielle de ces deux rites par cet échange de charte
s et la caution morale de Garibaldi. Gérard Galtier remarque dans son ouvrage qu'il s'agit toutefois plus
d'une modification de Memphis, qu'une réelle fusion des deux. Les situations quant à la Grande Hiéroph
anie dans le monde n'étant pas claires, Yarker devint de fait, à la mort de Garibaldi, Grand Hiérophante G
énéral.

Au XXe siècle

De 1908 à 1916, Papus restera le Grand Maître du Souverain Grand Conseil Général du Rite de Memphis-
Misraïm pour la France, suivit de 1916 à 1918 par Téder. Se succéderont, Jean Bricaud (1918 à 1934) et C
. Chevillon, jusqu'au 25 mars 1944 date de son assassinat par la milice.

En février 1945, Henri-Charles Dupont prit régulièrement la direction de l'Ordre jusqu'à sa mort en 1960.
Il laissa peu de temps avant cette dernière la direction de l'Ordre à Robert Ambelain. Ce dernier, devenu
Souverain Grand Maître Général, rétablit le rite de Memphis-Misraïm en juin 1963. Ayant également reç
u divers grades et patentes de Georges Bogé de Lagrèze, R. Ambelain tenta longuement de recréer une u
nion de la maçonnerie égyptienne au niveau mondial, sans toutefois y parvenir.

Notons qu'en 1981, il érigea en Grande Loge, la Loge féminine de Paris le Delta. Totalement indépendant
e dès le début, elle fut reconnue définitivement comme Grande Loge Féminine de Memphis-Misraïm en
octobre 1984. La sœur Julienne Bleier fut nommée Grande Maîtresse Internationale et Grande Maîtresse
pour la France. A noter que ces sœurs (reconnaissables à leur robe blanche) constituent la seule Obédie
nce Egyptienne avec laquelle le Grand Orient de France possède une convention de reconnaissance offici
elleréférence souhaitée.

R. Ambelain transmit le 1er janvier 1985 sa charge de Grand Maître à vie à Gérard Kloppel.

L'histoire de Memphis Misraïm entra alors dans une période mouvementée, en grande partie due à la su
perposition de systèmes et d'équivalences internes (Maçonnerie de Memphis-Misraïm, Martinisme, Gno
sticisme, Elus-Cohens, Chevalerie, etc.). La confusion faite entre ces différents systèmes, très perceptible
dans certains grades, l'établissement d'une hiérophanie souveraine, associée à une direction à vie rendir
ent très instables la structure de l'Ordre.

Nous ne développerons pas ici les nombreuses scissions à l'initiative de frères titulaires de Hauts Grades,
remarquons simplement qu'elles conduisirent le rite à être de plus en plus incompris et rejeté par les ob
édiences principales. En effet, et à peu près depuis que la pratique du rite s'était éteinte dans le Grand O
rient de France, Memphis-Misraïm était devenue dans la conscience de la plupart des maçons non un rit
e, mais une obédience. Les problèmes rencontrés par les groupes maçonniques travaillant à ce rite, rendi
rent suspect non seulement ces structures mais par identification, le rite lui-même. Or l'historique que n
ous venons de retracer montre son intérêt, sa richesse initiatique, ésotérique et symbolique.

Almonor Stanley
Les prémisses de l'éclatement de la Grande Loge de Memphis Misraïm eurent lieu à partir de 1995. Aprè
s la création d'une « Voie » égyptienne mixte, intervint en 1997 le projet de modification de la structure
de l'obédience. Des scissions toujours plus nombreuses apparurent jusqu'en 1999 où un petit nombre de
Loges se rapprochèrent du Grand Orient de France, tant par affinités personnelles que philosophiques. E
n 1999 se concrétisa l'intégration de ces ateliers, ainsi que le réveil de la patente du rite égyptien détenu
e par le Grand Orient depuis 1862, offrant ainsi un pôle de stabilité au Rite et de maintenir ainsi vivant u
n des constituants historiques de la franc-maçonnerie universelle.référence souhaitée

De nos jours

Le Rite de Memphis-Misraïm est pratiqué par de nombreuses obédiences à travers le monde (il en est de
même pour la majorité des autres Rites dont la pratique est subordonnée à la délivrance d'une Patente).
Cependant, ce Rite est divisé en une multitude de "branches" et de groupes qui ne se reconnaissent
pas forcément les uns les autres. On constate que ces nombreuses obédiences sont la plupart du temps
"groupusculaires" et isolées les unes des autres alors qu'elles gagneraient sans doute à rechercher une c
ertaine unité.

En effet, contrairement à la plupart des autres Rites Maçonniques, la filiation d'un Rite Egyptien repose s
ur un seul homme ou une seule femme, ce qui permet non seulement à tout(e) franc-maçon(ne) de fond
er une nouvelle branche du Rite, une fois un certain degré atteint (90ème pour le rite de Misraïm, 95èm
e pour le Rite de Memphis-Misraïm ), mais tend également à favoriser les impostures et rend la légitimit
é de chaque branche pratiquement invérifiable.

En effet, en plus des facteurs précités, la Maçonnerie Egyptienne use (et parfois abuse)beaucoup plus de
s "communications", à savoir de la transmission de degrés sur simple base d'un document écrit, sans fair
e passer les épreuves "physiques" de l'initiation. On sait d'ailleurs de source fiableréférence souhaitée qu
e certains "hauts dignitaires" du Rite, peu scrupuleux, font tout simplement commerce de chartes et de
patentes, qu'ils émettent "à tout vent" en échange de sommes d'argent rondelettes. C'est ainsi que certa
ines loges et obédiences du Riteréférence souhaitée ont été fondées par des personnes n'ayant jamais mi
s un pied dans une loge, mais ayant en leur possession une patente ou une charte les ayant élevé aux plu
s hauts degrés du Rite, leur conférant ainsi autorité sur leur(s) structure(s).

La meilleure manière de savoir si une branche d'un Rite Égyptien est légitime est de vérifier sa patente.
Cette patente doit être détenue par un possesseur d'un des degrés cités ci-dessus etavoir été obtenue de
façon régulière auprès d'une autre structure elle-même authentique.

Fonctionnement

L'originalité du Rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm réside principalement dans ses grades maço
nniques spécifiques, bien qu'elle s'affirme également, dans une moindre mesure, dès son premier degré.
Ses degrés d'instruction et d'enseignement se situent sur une échelle de 99 grades divisés en plusieurs s

Almonor Stanley
éries distinctes:

* La Maçonnerie symbolique, du premier au troisième degré, travaille sur le symbolisme et énonce les pr
émices de la recherche philosophique.
* La Maçonnerie philosophique, du 4ème au 33ème degré, s'attache à l'étude de la philosophie et des m
ythes. Le but est de mettre sur la voie de la recherche des causes et des effets originels.
* La Maçonnerie hermétique et ésotérique, du 34ème au 99ème degré, privilégie la haute philosophie, ét
udie les mythes religieux des différents âges de l'Humanité et accède au travail philosophique et ésotériq
ue le plus avancé.

A noter que la plupart d'entre eux ne sont pas pratiqués et sont conférés par simple communication. On
remarquera que ce rite a complètement intégré la hiérarchie du rite écossais ancien et accepté qu'il a pro
longé par des grades qui lui sont spécifiques (donc à partir du 34ème, ce qui fait donc 66 degrés spécifiqu
ement misraïmites).

Il convient de remarquer qu'il existe toujours des Loges qui pratiquent le seul rite de Misraïm en 90 degr
és et d'autres le seul rite de Memphis.

Les Grades

Loges symboliques:

1er Apprenti

2ème Compagnon

3ème Maître

Loges de Perfection:

4ème Maître Secret

5ème Maître Parfait

6ème Secrétaire Intime

7ème Prévôt et Juge

8ème Intendant des Bâtiments

Almonor Stanley
9ème Maître Élu des Neuf

10ème Illustre Élu des Quinze

11ème Sublime Chevalier Élu

12ème Grand Maître Architecte

13ème Royal Arche

14ème Grand Élu de la Voûte Sacrée, dit Jacques VI ou Sublime Maçon

Chapitres:

15ème Chevalier d'Orient ou de l'Épée

16ème Prince de Jérusalem

17ème Chevalier d'Orient et d'Occident

18ème Sublime Prince Rose-croix

Sénats :

19ème Grand Pontife ou Sublime Écossais dit de la Jérusalem céleste

20ème Chevalier du Temple

21ème Noachite ou Chevalier Prussien

22ème Chevalier de Royal Arche ou Prince du Liban

23ème Chef du Tabernacle

24ème Prince de Tabernacle

25ème Chevalier de Serpent d'Airain

26ème Écossais Trinitaire ou Prince de Merci

27ème Grand Commandeur du Temple

Almonor Stanley
28ème Chevalier du Soleil ou Prince Adepte

29ème Grand Écossais de Saint André d'Écosse, Prince de la Lumière

Aréopages et Tribunaux :

30ème Grand Élu Chevalier Kadosch, dit Chevalier de l'Aigle Blanc et Noir

31ème Grand Inspecteur Inquisiteur Commandeur

32ème Sublime Prince du Royal Secret

33ème Souverain Grand Inspecteur Général

Grands Consistoires:

34ème Chevalier de Scandinavie

35ème Sublime Commandeur du Temple

36ème Sublime Negociate

37ème Chevalier de Shota (adepte de la Vérité)

38ème Sublime Elu de la Vérité

39ème Grand Elu des Eons

40ème Sage Sivaïste (Sage Parfait)

41ème Chevalier de l'Arc-en-Ciel

42ème Prince de la Lumière

43ème Sublime Sage Hermétique

44ème Prince du Zodiaque

45ème Sublime Sage des Mystères

46ème Sublime Pasteur des Huts

Almonor Stanley
47ème Chevalier des Sept Étoiles

48ème Sublime Gardien du Mont Sacré

49ème Sublime Sage des Pyramides

50ème Sublime Philosophe de Samothrace

51ème Sublime Titan du Caucase

52ème Sage du Labyrinthe

53ème Chevalier du Phoenix

54ème Sublime Scalde

55ème Sublime Docteur Orphique

56ème Pontife de Cadmée

57ème Sublime Mage

58ème Prince Brahmine

59ème Grand Pontife de l'Ogygie

60ème Sublime Gardien des Trois Feux

61ème Sublime Philosophe Inconnu

62ème Sublime Sage d'Eleusis

63ème Sublime Kawi

64ème Sage de Mithra

65ème Patriarche Grand Installateur

66ème Patriarche Grand Consécrateur

67ème Patriarche Grand Eulogiste

Almonor Stanley
68ème Patriarche de la Vérité

69ème Chevalier du Rameau d'Or d'Eleusis

70ème Patriarche des Planisphères

71ème Patriarche des Védas Sacrés

Grands Conseils:

72ème Sublime Maître de la Sagesse

73ème Docteur du Feu Sacré

74ème Sublime Maître du Sloka

75ème Chevalier de la Chaîne Lybique

76ème Patriarche d'Isis

77ème Sublime Chevalier Théosophe

78ème Grand Pontife de la Thébaïde

79ème Chevalier du Sadah Redoutable

80ème Sublime Elu du Sanctuaire

81ème Patriarche de Memphis

82ème Grand Elu du Temple de Midgard

83ème Sublime Chevalier de la Vallée d'Oddy

84ème Docteur des Izeds

85ème Sublime Maître de l'anneau Lumineux

86ème Pontife de Sérapis

87ème Sublime Prince de la Maçonnerie

Almonor Stanley
88ème Grand Elu de la cour Sacrée

89ème Patriarche de la Cité Mystique

90ème Patriarche Sublime Maître du Grand Oeuvre

Grands Tribunaux:

91ème Sublime Patriarche Grand Défenseur de l'ordre

Grands Temples Mystiques:

92ème Sublime Cathéchrist

93ème Grand Inspecteur Régulateur Général

94ème Sublime Patriarche de Memphis

Souverains Sanctuaires:

95ème Sublime Patriarche Grand Conservateur de l'Ordre

96ème Substitut Grand Maître National, Vice-Président du Souverain Sanctuaire National

97ème Grand Maître National, Président du Souverain Sanctuaire National

98ème Substitut Grand Maître Mondial, Vice-Président du Souverain Sanctuaire International

99ème Sérénissime Grand Maître Mondial, Grand Hiérophante, Président du Souverain Sanctuaire Intern
ational

Ressources bibliographiques

Ouvrages utilisés pour la rédaction de cet article [modifier]

* Gérard Galtier, Maçonnerie Egyptienne, rose-croix et néo-chevalier, éditions du Rocher, 1989


* Serge Caillet, La Franc-Maçonnerie égyptienne de Memphis-Misraïm, Dervy, 2003 (ISBN 2844542158)
* Jan Gétaz, Historique franco-suisse du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, INRI

Almonor Stanley
* Franc d'Orelle, Les nouveaux Compagnons de la Hiérophanie ou les véritables Arcanes de la Maçonneri
e d'Egypte restitués, Editions-lacour, 2004

• Le Rite de Memphis

• Le Rite de Memphis et Misraïm (époque de Garibaldi)

• Le (tel que rénové par Ambelain)

Les Rites maçonniques égyptiens forment une famille de rites maçonniques utilisés par un assez petit no
mbre de loges maçonniques (de l'ordre de la centaine), principalement en France, réparties dans un asse
z grand nombre d'obédiences (de l'ordre d'une vingtaine)1. Il s'agit de rites d'inspiration mystique et her
métique2. Les principaux d'entre eux sont:

• Le Rite de Misraïm

Le « Rite français moderne » apparaît en 1783 avec la constitution au sein du Grand Orient de France
d'un Grand chapitre général de France.

Rites français

« Rites » au pluriel, car il existe un Rite français traditionnel et un Rite français simplifié.

Le Rite Français, également appelé parfois Rite Moderne, n'est pas un Rite d'Oralité, au contraire des Rit
es Emulation, Standard d'Ecosse ou York par exemple. C'est peut-être le plus parfait des exemples des m
odifications qui peuvent être introduites au cours des âges dans un Rite maçonnique. C'est là en effet qu
e l'on peut observer l'influence des diverses tendances relatives à la stricte pratique du symbolisme ou n
on, et celles relatives à la croyance à un Principe ou non.

En 1717 se forme la Grande loge de Londres. La franc-maçonnerie qui s'implante en France vers 1725 en
est issue. Le Rite français est pratiqué par le Grand Orient de France et s'est constitué le 24 décembre 1
772.

Le « Rite français moderne » apparaît en 1783 avec la constitution au sein du Grand Orient de France d'u
n Grand chapitre général de France.

La particularité de ce Rite est son articulation autour de la symbolique de la Rose-Croix. I

l était qualifié de moderne car il faisait appel au symbolisme en usage à la Grande loge d'Angleterre, dit d
es modernes.

Il s'agit d'un essai rationnel de simplification, d'une réduction raisonnée des grades

supérieurs.

En effet le système du Rite français est un système à 7 degrés :

Almonor Stanley
* 3 grades dits « bleus » (apprenti, compagnon, maître)

* 4 ordres :

Tous les grades dits de vengeance sont résumés dans celui d'Elu Secret. L'Ordre écossais est placé à la sui
te. Le troisième Ordre Supérieur est le Chevalier d'Orient de l'Epée. Cependant, toute allusion aux Templi
ers est supprimée. Au sommet, le quatrième Ordre qui est le Souverain Prince de Rose-Croix. Une bonne
méthode en matière de transmission initiatique…

Cette fois, il n'y a plus d'équivoque et il s'agit d'une profession de foi chrétienne et le serment est prêté s
ur l'Evangile. Il faut penser que ce dernier rituel a été pratiqué par la quasi totalité des chapitres français
dans les années qui précédaient la révolution. Il trouvera un dangereux rival venu d'Amérique, le Suprêm
e Conseil du REAA, lors du réveil de la Maçonnerie en France.Ce système a été modifié par la suite et une
grande partie de sa symbolique relative au compagnonnage a disparu. De sorte que le rite pratiqué actu
ellement par la plupart des loges du Grand Orient de France (le rite dit de Groussier) n'a plus grand-chos
e à voir avec le rite de 1783. Cependant depuis quelques années, certains frères de cette obédience ont r
allumé les feux de ce Rite ; sa pratique dans sa forme originelle a donc été conservée par quelques loges
au sein de cette obédience.

Ainsi l'apparition d'autres systèmes maçonniques, dit presque toujours écossais , la volonté du Grand Or
ient de France d'organiser et de contrôler la franc-maçonnerie française provoque la fixation d'un Rite q
ualifié de « français » entre 1785 et 1786. En 1786 le Grand Orient propose un texte de référence pour le
s trois grades bleus qui est désigné sous le nom de « Rite français ». La révolution française passée, le Rit
e français et le Rite écossais ancien et accepté divergent plus sur la forme que sur l'esprit. Cependant la r
éférence au Grand architecte de l'univers et un certain nombre d'autres concepts de nature spiritualiste
disparaissent en 1879 comme « trop ouvertement religieux ». En 1886 les nouveaux rituels se réfèrent gr
andement au positivisme. En 1938 enfin, sur l'initiative d'Arthur Groussier, un nouveau modèle du Rite fr
ançais est adopté : cette version est une tentative de retour aux sources symboliques du système françai
s.

Actuellement ce Rite est pratiqué par différentes obédiences maçonniques, et depuis 1978 par de toujou
rs plus nombreuses loges de la Grande Loge nationale française (ce Rite a été introduit dans cette obédie
nce par des Frères - Roger Girard en tête - venant de la LNF - Loge Nationale Française, où ils travaillaient
avec René Guilly - en 1978).

La volonté de pratiquer ces rituels sans aucun « ajout » ultérieur, sans modification ni influences externe
s a fait la spécificité de ce Rite.

Comme disait Roger Girard, "la spécificité du Rite français, c'est justement de ne pas en avoir". On peut a
insi penser que ce Rite est sans doute le plus conforme à celui qui était pratiqué en France dans la 2ème
moitié du XVIIIe siècle.

Almonor Stanley
Par ailleurs, c'est le Rite majoritaire, et historique, du Grand Orient de France sous diverses dénominatio
ns complémentaires : "1784", "1801", "moderne", "Amiable", "Groussier"... Il faut cependant faire un dif
férenciation entre ces diverses appellations.

Cependant au sein du Grand Orient de France, des maçons vont regretter que les frères attirés par le sy
mbolisme et le respect des pratiques rituelles quittent le Rite français pour l'Ecossisme. Certains pensent
en effet que l'on peut concilier option symbolique et rigueur le rituel au sein du Rite français. Ses memb
res auraient pu utiliser le modèle imprimé du régulateur (1801) ; ils préfèrent essayer de reconstituer à p
artir de ce dernier un rituel proche de celui qui était pratiqué dans la franc-maçonnerie française à son o
rigine. Ainsi va naître le Rite français rétabli puisqu'il s'inscrit dans la tradition de la Grande Loge anglaise
.

Le Rite Français Moderne dit Rétabli a été remis au goût du jour dans les années 1950-1955 et fait référe
nce en sa forme initiale au Grand Architecte de l'Univers. Il semble être le Rite Français d'origine ; il est d
it Moderne dans la mesure il fait appel au symbolisme en usage à la Grande Loge d'Angleterre dite "des
Moderns". Le Rite Français aujourd'hui le plus pratiqué en France est le Rite Français dit de Groussier (vo
ir plus haut) qui a abandonné une grande partie de la symbolique relative au compagnonnage et n'a don
c plus grand-chose à voir avec le Rite Français initial, c'est donc lui que l'on nomme le Rite français mode
rne simplifié.

Le Rite français actuel est concis, simple, utilise un minimum de symboles. Il est un «outil» au service des
Frères et ne présente pas un caractère aussi marqué et aussi nettement défini que les Rites évoqués par
ailleurs.

Certains continuent de voir dans ce Rite un Rite chrétien, mais dans la mesure où il fait bien la différence
entre l'exotérisme et l'ésotérisme du message chrétien, il permet à des Frères non croyants d'être Cheva
liers Rose Croix.

RITES ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTEE (couleur Rouge), RITES FRANÇAIS MODERNEOU ACTUALISEE (co
uleur Bleu Froncée ou rouge ) Rite Diocre (couleur bleu Froncée) Rite de Memphis-Misraïm(couleur ble
u Froncée ou rouge)

la veuve c’est la mère du monde dans la franc maçonnerie on l’appelle comme


dans l’église Marie .Pour les apprenties on l’appelle ANNA

Almonor Stanley
les deux St Jean : le jeune c’est St Jean Le Baptiste fête 24 juin pour l’autre le vieill
ard St Jean Evangélistefête le 21 Decembre.

Les outilles d e la franc maçonnerie spécialement appre


nties pour initiation : Evangile selon St Jean 1- 14 ; pour Tenue ordinaire on utilise Ps 133 ou Eva
ngile selon St Jean 1- 14 mais à la fin on dit Ps 133.

Aspirant: celui ou celle qui désire entrer dans l’Ordre et en parle pour avoir un parrain ou une
marraine.
Postulant: ou Candidat: celui ou celle qui a rempli un formulaire maҫonnique, dans une Loge.

Récipiendaire: Un postulant qui subit les épreuves maçonniques pour recevoir son baptême.

Néophyte: Nouveau né. Celui (celle) qui vient d’être sacré(e). A peine baptisé(e). N’a pas encore
(3) trois mois.

Initié(e): celui ou celle qui est reçu(e) et approuvé(e) par un égrégore. Parfois avant et aussi bie
n longtemps après le psychodrame alors qu’il (ou elle) porte le nom et fait partie d’un Ordre Es
otérique.
Louveton – Louvetonne.
Pourquoi Louveton - louvetonne et non louveteau ou louvette ?
En biologie le petit du loup prend le nom de louveteau ou louvette.
En Maçonnerie l’enfant d’un Maçon ou d’une Maçonne prend le nom de louveton ou louveton
ne.
Louveton vient de luke ; lumière, loup, chacal… le loup fut l’emblème du soleil, dont il annonce
le lever par ses cris lugubres en revenant de la chasse.
Le nom louveteau ou louvette restera dans l’Histoire Naturelle pour qualifier les petits du loup.
S’il est admis dans les classes préparatoires le nom change selon la classe.

INITIATION : iniciaré →Latin → veut dire commencement d’une autre vie, laisser le monde pro
fane à un monde initiatique ;pour cela il faut connaitre les 4 éléments.

Almonor Stanley
Un peu sur initiation→ 1)secrétariat→ commence l’initiation ( réflexion ,question, souffrir, cœ
ur sursauter , trouble de l’ordre des choses)

Dépouillement : Le candidat sera dépouillé de ses bijoux , argent et autres artifice et recevra un
e guirlande de fleur.

Arrestation : Arrête (e) Brusquement et fermement pour frapper le mental ( sans violence ni br
usquerie ) Il sera conduit à la porte du tribunal où il frappera lui-même ( le temple)

Tribunal : Planche ,crâne, cierge ( à la rigueur une bible ) attire son attention sur la mortalité e
t l’immortalité .La leçon de la vie « fais ce que tu dois faire , tu es poussière et tu retourneras e
n poussière.

Mont Sinaï : Apres un travail corporel pour préparer le mental ( son éveil et non pour brutaliser
) choquer ou blesser le récipiendaire il est conduit vers le mont ou il apprend comment est la vi
e.

BIJOU:Médaille distinctive de l'Atelier que l'Apprenti reçoit au moment de son initiation et qui d
oit être portée en Loge. C'est aussi l'outil symbolique pendu au cordon des Officiers de la Loge.

BURINERTracer symboliquement sur le marbre ou sur une planche. Écrire un texte. On dit aussi
ciseler : une planche bien ciselée. Un travail écrit se nomme une planche tracée. Par exemple :
Le F. Secrétaire donne connaissance de la planche tracée des derniers travaux.

CANDIDAT:C'est le profane proposé pour l'initiation. Il devient postulant dès que la Loge s'est pr
ononcée favorablement,récipiendaire lorsqu'il est admis aux épreuves et néophyte après la cons
écration.

CARRE LONG:Expression maçonnique qui désigne le double carré que forme une Loge. Le mot r
ectangle n'existait pas encore lors de la formation du vocabulaire opératif. Le carré long est à l'o
rigine d'une spéculation mathématique.

CATÉCHISME:C'est une instruction rituelle propre à chaque grade et qui se fait par questions et
réponses. La Franc-Maçonnerie n'a pas un catéchisme proposant des solutions toutes faites et
dogmatiques dont il n'y a rien à attendre. L'enseignement maçonnique doit promouvoir un stim
ulant réel et efficace dans la perspective initiatique.

CHAÎNE D'UNION:Symbole de l'union fraternelle des francs-maçons. Elle se forme à la clôture d


es travaux. On peut se déganter pour la former et elle peut être courte ou longue. Dans une cha
îne courte les FF. croisent leurs bras devant eux et prennent la main gauche de leur voisin de ga
uche avec leur main droite. Dans une chaîne longue on prend la main droite du voisin de gauch

Almonor Stanley
e dans la main gauche. La chaîne d'union est aussi symbolisée par la corde à noeuds qui entoure
la Loge ou qui figure sur le tapis de Loge.

CIRCUMAMBULATION:On appelle ainsi la façon de se déplacer dans la Loge. On entre dans le T


emple par l'Occident par les trois pas de l'Apprenti puis on gagne sa place en passant par le Nor
d, l'Orient et le Midi si nécessaire. Ainsi la circumambulation est dite "dextrocentrique" c'est à d
ire que le centre de la Loge se trouve sur la droite de celui qui se déplace.

La circumambulation en sens contraire, dite "sinistrocentrique" se pratique parfois. Elle a une si


gnification de deuil.

CISEAU ET MAILLET:Ce sont les outils de l'Apprenti. Ils lui permettront de tailler sa Pierre brute.
C'est la conjugaison de deux symboles : L'intention, les connaissances, le discernement pour le
ciseau (outil passif) qui devra souvent être affûté et la volonté qui exécute pour le maillet (outil
actif).

COLLÈGE DES OFFICIERS:C'est le comité de la Loge qui réunit les FF. Officiants. Il est en général
composé comme suit : Le Vénérable, les premier et second surveillants (qui forment ainsi le Co
mité Directeur), l'Orateur, le Secrétaire, le Trésorier-Hospitalier, l'Expert, le Maître des Cérémon
ies, le Couvreur et le Préposé à la Colonne d'Harmonie. On peut y adjoindre un Maître des Banq
uets et un Préparateur.

COLONNES:Désignent les deux colonnes architecturales J et B placées de chaque côté de l'entré


e du Temple ainsi que les rangées de sièges destinés aux FF. au Nord et au Midi de la Loge.Les c
olonnes de l'entrée trouvent leur origine dans la Bible (2Ch 3,15 et 1Rois, 7,13 à 22) : "Il dressa
deux colonnes d'airain devant le Temple, une à droite, l'autre à gauche de l'entrée. Il nomma cel
le de droite J et l'autre B".

Dans les temples maçonniques leur emplacement varie selon les rites. Les FF. AA. et les FF. CC.
y reçoivent leur salaire.

COMPAS:Outil important de la symbolique maçonnique qui est une des trois grandes Lumières.
Au premier grade l'Équerre est posée sur le Compas. Cela signifie que la matière recouvre encor
e la spiritualité. Le Compas est le symbole de la mesure. Il permet la construction du Cercle, ima
ge de la perfection. Il est posé sur l'Autel pendant les Tenues, sur le VLS avec l'équerre.

COQ:Est présent dans le cabinet de réflexion. C'est le symbole de la vigilance et de la persévéran


ce, exemples dont l'apprenti doit s'inspirer. On le dit oiseau de Mercure.

CORDE A NOEUDS:On dit aussi "corde nouée". Elle figure autour du tableau de Loge et parfois a
utour du Temple. Les noeuds sont des entrelacs dit aussi "lacs d'amour". On devrait pouvoir co
mpter douze noeuds à égales distances les uns des autres délimitant 13 espaces. A l'origine c'ét

Almonor Stanley
ait un outil opératif utilisé pour tracer l'angle droit par 3, 4 et 5 qui forment un triangle rectangl
e.

COUPE D'AMERTUME

Une des épreuves de l'Initiation. Elle est dite aussi COUPE DES LIBATIONS. Elle est destinée à sig
naler au récipiendaire que le parjure comme parfois aussi les bonnes intentions peuvent avoir d
es conséquences amères.

COUVERT:On emploie le mot COUVERT ou A COUVERT pour préciser que les profanes sont écar
tés et que l'on peut vaquer en toute sécurité aux Travaux. A l'inverse on dit qu'il pleut. (voir le m
ot pluie).

COUVERTURE DU TEMPLE:Les travaux maçonniques doivent se dérouler dans un lieu fort et co


uvert, c'est-à-dire à l'abri du monde profane et entre initiés. On dit aussi que le Temple est couv
ert extérieurement et intérieurement. (Voir aussi le mot : Pluie)

COUVREUR:C'est l'Officier chargé de veiller à la sécurité des travaux. Sa place est à l'Occident pr
ès de la porte du Temple. Dans certains rites il y a un couvreur (Tuileur) extérieur et un couvreur
intérieur. Il tient son épée de la main droite car il peut être symboliquement appelé à intervenir
pour écarter les importuns. Le poste de couvreur relève de la symbolique du Gardien du Seuil.

COUVRIR LE TEMPLE:Couvrir le Temple signifie sortir du Temple. Le Vénérable peut demander a


ux FF. Apprentis de couvrir le Temple. Par nécessité un F. peut demander aussi à couvrir le Tem
ple. Dans ces cas c'est le M. des Cérémonies qui conduit les FF. sur les parvis.

DÉCORS:Ornements du Maçon lors des Travaux rituels. Ils varient selon les grades et les rites. E
n principe l'Apprenti porte un tablier blanc avec la bavette relevée, des gants blancs et le bijou
de Loge. Le Compagnon porte la bavette de son tablier baissée. Le Maître porte un tablier bord
é de rouge ou de bleu selon les rites où figurent trois rosaces ou les lettres M B.

DÉGROSSIR LA PIERRE BRUTE:C'est le travail de l'Apprenti sur lui-même.

Banquet : c’est un repas maconnerie qu’on donne après chaque tenue de la loge de tenue blan
che App :. Jusqu’à X

Almonor Stanley
DELTA:On appelle ainsi le triangle équilatéral placé à l'Orient, au-dessus de la Chaire du Vénérab
le M. Ce triangle est lumineux et il y figure en son centre soit un oeil, soit le Tétragramme hébra
ïque qui désigne le nom divin qui ne peut être prononcé.

DIGNITAIRES:C'est un Frère occupant une fonction importante dans la Franc-Maçonnerie. Dans


les cérémonies il prend place à l'Orient, aux côtés du Vénérable M.

DOGME:Point de doctrine fixé une fois pour toute et qui ne doit pas être discuté. La F. M. est ad
ogmatique. Si elle avait un dogme, ce serait peut-être la reconnaissance de la perfectibilité de l'
homme.

EAU LUSTRAL:On appelle ainsi l'eau qui sert à purifier. (Par exemple : l'eau du baptême). C'est
aussi l'eau qui purifie le récipiendaire lors du deuxième voyage de l'Initiation.

ENFANTS DE LA VEUVE:Les Francs-Maçons se désignent ainsi, eux qui se proclament les frères d
'Hiram, architecte du Temple de Salomon, qui était fils d'une Veuve.

ENTRÉE DU TEMPLE:Elle est accordée à tous les FF. qui peuvent justifier de leur qualité de F. M.
initié, qui sont en règle avec leur Loge et qui possèdent le grade exigé pour les travaux en cours.

ÉPÉE:Le port de l'épée était un privilège de la noblesse. En signe d'égalité la Franc-Maçonnerie


a accordé ce droit à tous. Elle doit être tenue de la main gauche parce que c'est une force virtue
lle, non agressive. Seuls les FF. Expert et Couvreur la tiennent de la main droite.

ÉPÉE FLAMBOYANTE:C'est celle du Vénérable M. qui consacre l'initié. C'est le symbole de la Jus
tice.

ÉPREUVES:On appelle ainsi l'ensemble des moyens physiques et psychologiques employés pen
dant les voyages initiatiques pour sonder les dispositions, le caractère et l'intelligence du récipie
ndaire.

ÉQUERRE:Une des trois Grandes Lumières de la Franc-Maçonnerie qui symbolise la matière et a


ussi la rectitude. Le Vénérable M. la porte à son cordon en signe de sa fonction.

Almonor Stanley
ÉSOTÉRISME:On désigne par ce vocable l'enseignement qui ne peut être compris que par les se
uls initiés par opposition à l'exotérisme destiné à tous. C'est la recherche de la véritable significa
tion, selon Rabelais, de la substantifique moelle.

ESPRIT MAÇONNIQUE:Attitude du franc-maçon qui s'acquiert par la fréquentation régulière de


s travaux et qui l'imprègne de sentiments de tolérance, et d'indulgence constructive, positive et
fraternelle.

ÉTOILES:On doit nommer ainsi les bougies allumées qui sont placées sur les trois colonnettes pl
acées aux angles du carré long sur le pavé mosaïque. Le quatrième angle étant marqué par une l
umière virtuelle et invisible. C'est aussi les autres bougies placées sur les plateaux des officiers d
ans le Temple. Pour éteindre une étoile on ne doit jamais la souffler mais utiliser un éteignoir, u
ne épée ou tout autre objet approprié.

↑renvoie des forces ,renvoie les négatifs

↓appel des forces , appel (demande)

EXPERT:Officier de la Loge dont le poste est très important. L'Expert préside au changement, il e
st le maître des phases transitoires qui font du récipiendaire un apprenti, de l'apprenti un Comp
agnon et du Compagnon, un Maître. Il reçoit et accompagne les récipiendaires dans leurs voyag
es. Il veille à leur enseignement en démontrant les signes et attouchements. Il est chargé de l'as
pect rituel des travaux. Lors des ballottages il recueille les boules ou les bulletins de votes et ass
iste au dépouillement. Il veille à la conservation des outils, à leur remplacement ou à leur acquis
ition ainsi qu'à la préparation du Temple lors de toute cérémonie. Son bijou est l'épée.

FÊTES SOLSTICIALES:Ce sont les deux Saint-Jean. L'été, le 24 juin, celle de Jean le Baptiste. L'hiv
er le 27 décembre, celle de Jean l'Évangéliste. Les francs-maçons ont coutume de célébrer ces d
eux Fêtes qui ont donné leur nom à la Franc-Maçonnerie et aux Loges que nous pratiquons Et p
our le rite Français Moderne Actualisée c’est le 21 mars l’ère nouvelle ou Jesus est né.

FEU:Élément purificateur du troisième voyage.

C'est aussi une question qu'un Franc-Maçon peut poser lors de travaux dans le Temple. En princ
ipe on n'a droit qu'à trois feux.

C'est encore les trois voeux émis lors de l'exposé d'une santé d'obligation.

FORCE ET VIGUEUR:Qualités avec lesquelles les travaux reprennent à l'annonce du V. M.

Almonor Stanley
FRANC-MAÇON:Désigne celui qui a été initié dans la Franc-Maçonnerie, qu'il soit apprenti, com
pagnon ou maître. On est initié pour la vie mais cette dignité doit être constamment méritée et
entretenue par dévouement, assiduité et fidélité.

FRANC-MAÇONNERIE:Ordre initiatique spéculatif qui s'est constitué en 1717 sur une base opér
ative de laquelle il a conservé et maintenu les traditions initiatiques et ésotériques.

FRÈRE:Membre d'une Loge. On lui doit aide, protection et considération en toute circonstance
tant qu'il s'en montre digne.

GANTS:Le F. M. doit porter des gants blancs lors des travaux en Loge. Ils symbolisent la pureté d
es sentiments.

GANTS DE FEMME:Lors de son initiation, le néophyte reçoit, en plus des siens, une paire de gan
ts destinés à son épouse, à sa compagne ou, s'il est célibataire, à la femme pour laquelle il a le pl
us d'estime. Mais on attire son attention sur le fait qu'il ne pourra les offrir qu'une seule fois da
ns sa vie maçonnique. L'épouse ou la compagne d'un franc-maçon est une soeur. Elle assiste av
ec ses gants blancs aux tenues blanches organisées par la Loge.

GRAND ARCHITECTE DE L'UNIVERS:C'est le nom par lequel les francs-maçons désignent l'esprit
supérieur qui préside aux destinées de l'univers. Ce symbole permet aux Frères de s'associer da
ns une même pensée au-delà des croyances diverses et de tout courant religieux.

GRAND MAÎTRE:Officier dignitaire qui préside une Obédience.

GRANDE LOGE:Obédience formée par une fédération de Loges. Les Loges y sont soumises aux d
écisions de l'obédience.

GRAND ORIENT:Organe fédératif des Loges qui ne s'immisce pas dans l'organisation intérieure d
es Loges qui le composent et dont le rôle principal consiste à entretenir et à favoriser la collabor
ation et la fraternité entre les loges et les obédiences.

HONNEURS:Hommages rendus à un dignitaire, par exemple à son entrée dans le Temple lors d'
une tenue où il est reçu maillets battants, précédé par le F. M. des Cérémonies, suivi du F. Exper
t et de deux Frères Maîtres portant l'épée et conduit à l'Orient sous une voûte d'acier formée pa
r les Frères tenant leurs épées levées.

HOSPITALIER:Frère responsable du tronc de la Veuve. Chargé de gérer les aumônes et les relatio
ns avec les Frères malades. On le nomme aussi F. Elémosinaire. Cette fonction est parfois rempli
e par le F. Trésorier.

HOUPPE DENTELÉE:Expression consacrée par l'usage, c'est le nom que l'on donne à la corde à n
oeuds qui entoure le Temple ou le tableau d'Apprenti.

Almonor Stanley
Une autre interprétation anglo-saxonne désigne ainsi une dentelure de triangles alternativemen
t noirs et blancs qui cernent le pavé mosaïque.

ILLUSTRE:Qualificatif parfois accordé à un F. dignitaire membre d'un Grand Collège ou du Conse


il de l'ordre.

INITIATION:Cérémonie d'admission aux mystères de la Franc-Maçonnerie où l'on communique


au néophyte les premiers éléments de l'Art Royal .

C'est aussi une introduction à la connaissance des choses visibles et invisibles, cachées, difficiles
. Cette initiation ne peut se conférer, elle ne peut que s'acquérir par un éveil de la conscience (V
oir LUMIÈRE).

JUSTICE:Vertu cardinale enseignée au premier grade et sur laquelle est attirée l'attention du né
ophyte lors de l'initiation.

LANDMARK:Traduction de l'anglais : borne. Limite hors de laquelle la F. M. perd son caractère s


pécifique. Ces Landmarks varient selon les Obédiences.

LIVRE D'ARCHITECTURE:Livre où sont inscrits les P.V. des travaux de la Loge. Le procès-verbal d
es travaux de la Loge est dit "Tracé d'Architecture".

LIVRE DES PRÉSENCES:Livre dans lequel les Frères de l'Atelier et les Frères visiteurs attestent de
leur présence en apposant leur signature lors d'une tenue ou d'une séance.

LIVRE D’OR:Livre des regitre de tous les macons initiés et leur date d’initiation

LIVRE SACRE:C'est le "Volume de la Loi Sacrée". Il perd sa signification religieuse pour devenir le
symbole initiatique de la Loi Sacrée. Placé sur l'autel où il est associé à l'Équerre et au Compas.
Cet ensemble constitue les "Trois Grandes Lumières" de la Franc-Maçonnerie.

LOGE:C'est un groupe de Francs-Maçons constitués en "Atelier" ou "Loge" doté d'un titre distin
ctif. Une Loge peut se réunir dans un Temple ou en plein air. Pour "tenir Loge" ou "ouvrir les tra
vaux" il faut la présence d'au moins sept Maîtres. Exceptionnellement, cinq maîtres et deux Co
mpagnons peuvent ouvrir une Loge. On représente la Loge par un carré long dans lequel on fait
figurer un ou trois points.

LOGE BLEUE:Atelier travaillant aux trois premiers degrés de la Franc-Maçonnerie.

LOGE DE TABLE:Agape en salle humide où le repas en commun est pris selon un rituel qui peut
présenter diverses variantes et qui n'a pas valeur ésotérique. En général la table est ornée d'un r
uban bleu sur lequel on aligne les coupes et on y porte trois toasts à différents objets.

Almonor Stanley
LOI DU SILENCE:Discipline à laquelle sont astreints les Frères Apprentis. Le Vénérable peut lever
cette disposition pour donner la parole aux Frères Apprentis lorsque les circonstances le permet
tent. C'est aussi le rappel de la discrétion que doivent observer les Francs-Maçons.

LUMIÈRE:Une démarche initiatique repose sur la recherche de la Vérité et de la Sagesse symbol


isées par la Lumière.

La Lumière maçonnique est symbolisée par les trois grandes Lumières disposées sur l'Autel, par l
es trois luminaires que sont le Soleil, la Lune et le Vénérable de la Loge ainsi que par les Étoiles
placées sur les colonnes de la Sagesse, de la Force et de la Beauté. Le néophyte contemple tous
ces symboles au terme de la cérémonie d'initiation.

Quand la Franc-Maçonnerie proclame qu'elle donne la Lumière au nouvel initié, elle signifie ains
i qu'elle veut donner l'éveil à sa conscience. Car la Lumière comme l'initiation s'acquiert mais ne
se reçoit pas.

MAILLET:Outil qui symbolise le pouvoir et la volonté. Pour l'Apprenti c'est le pouvoir de travaille
r sur lui-même, Pour le Vénérable et les deux Surveillants, celui de diriger la Loge.

Une candidature en cours est dite : "sous le maillet"

MAÎTRE DES CÉRÉMONIES:Officier de la Loge qui est responsable du bon déroulement du ritu
el. Il est le seul à pouvoir circuler dans le Temple quand les Travaux sont ouverts et il accompag
ne les FF. qui doivent se déplacer. Il porte en signe de son office un bijou constitué de deux cann
es croisées.

MAÎTRE:Titre du maçon ayant atteint le troisième grade

MAÎTRISE:Le Franc-Maçon ayant atteint le troisième grade est investi de cette qualité qui lui co
nfère la plénitude des droits maçonniques. C'est le point de départ de la recherche intégrale et l
a recherche de la connaissance. Avec la maîtrise, le maçon obtient les droits et les devoirs qui lu
i permettent de présenter un candidat à la Loge et d'instruire ses Frères.

MÉTAUX:Représentent ce que le maçon doit laisser hors du Temple, les préjugés et les considér
ations profanes. En Loge le travail doit s'accomplir dans le calme et la sérénité, C'est pourquoi le
s maçons taillent leur pierre loin du chantier.

MIDI:Heure à laquelle les maçons sont censés ouvrir leurs travaux et qui définit le temps symbo
lique différent du temps profane. A midi, le soleil est au Zénith et il n'y a pas d'ombre portée.

MINUIT:Autre heure symbolique qui définit le moment où les maçons terminent leurs travaux e
t retournent dans le monde profane.

Almonor Stanley
MORCEAU D'ARCHITECTURE:Travail écrit ou oral présenté par un Frère en Loge.

MOT DE PASSE:Mot connu des seuls initiés à chaque grade et qui permet l'entrée du Temple. C
haque rite a les siens.

MOT SACRE:Nom de la colonne où les apprentis ou les Compagnons reçoivent leur salaire. Ces
mots ne peuvent être prononcés, ils ne peuvent être qu'épelés.

NIVEAU:Bijou du premier Surveillant responsable des Frères Compagnons. Cet outil définit l'hori
zontale, la Vie, le Temps, l'Immanence. En étant promu Compagnon, l'Apprenti passe de la Perp
endiculaire au Niveau.

NOMBRES:L'enseignement pythagoricien affirme que tout est ordonné par le nombre.

Les nombres jouent un grand rôle dans le symbolisme maçonnique et l'Apprenti doit connaître l
es mystères des trois premiers nombres.

OBÉDIENCE:Juridiction d'une autorité maçonnique. L'ensemble des ateliers d'une Grande Loge
ou d'un Grand Orient constitue une Obédience.

OBLIGATION:On appelle ainsi la promesse de fidélité à l'ordre.

OFFICIER:Frère à qui la Loge a confié un office. Les Officiers de la Loge constituent le Collège des
Officiers. En fait ce sont des Officiants.

ORATEUR:Officier de la Loge, gardien de la Loi maçonnique, des statuts de la Loge et du Rituel.


Sa place est sous le Soleil car il doit éclairer ses Frères par la sagesse de son enseignement. Il po
rte un livre comme bijou distinctif de sa charge.

ORDRE:Posture rituelle, de respect et de maîtrise de soi que le Franc-Maçon adopte quand il es


t debout dans le Temple et quand il s'exprime. Assis ou debout le Franc-Maçon doit toujours av
oir une tenue digne.

ORIENT:Partie du Temple située à l'Est, côté où le soleil se lève et d'où vient la Lumière. Le Temp
le est symboliquement orienté comme une cathédrale.

C'est aussi le lieu où siège une Loge. Par exemple : à l'Orient de Genève.

OUVERTURE – CLÔTURE:Ce sont les deux parties du rituel qui commencent et terminent une T
enue. Ils sont symétriques et ont pour fonction de faire la transition entre le temps profane et l
e temps sacré.

Almonor Stanley
PAROLE:Pour obtenir le droit de parole, le Franc-Maçon en fait la demande en frappant sur son
tablier et en levant la main droite, en général à l'invitation du Vénérable Maître qui la lui accord
e sur l'avis du Surveillant de la colonne concernée. Pour parler, le Frère se lève et se met à l'ordr
e. Au cours d'un débat chacun ne peut obtenir la parole plus de trois fois.

PARRAIN:F. Maître qui prend la responsabilité de présenter un candidat à la Loge et de le parrai


ner. Il répond de son filleul jusqu'à la maîtrise de celui-ci, mais reste symboliquement son parrai
n pour la vie.

PARVIS:Lieu qui précède le Temple où l'on se prépare à entrer selon le rituel.

PAS:En entrant rituellement au R.E.A.A. ,Diocre et Memphis dans le Temple, l'Apprenti fait trois
pas qui lui ont été enseignés en partant chaque fois du pied gauche. La prépondérance de la ga
uche signifie que le rite allie les qualités du coeur et de la raison en donnant la première place à
l'affectivité et à l'intuition.

Sous d'autres rites on peut voir des Frères qui avancent le pied droit en premier.

PASSÉ-MAITRE:Ancien Vénérable de la Loge

PAVÉ MOSAÏQUE:Pavement de carrés noirs et blancs sur le sol du Temple. Dans certains Templ
es le sol est entièrement composé de ce pavement, dans d'autres seulement une partie sur laqu
elle sont posées les trois colonnes soutenant les petites lumières. Il symbolise la vie avec les joie
s et les peines qu'il faut surmonter, en fait il représente tout le système binaire.

PENSÉE ANALOGIQUE:Elle réunit le raisonnement inductif et le raisonnement déductif. Elle est


à l'écart du spiritualisme et du matérialisme. Pour elle le visible et l'invisible sont analogues. La
matière et l'esprit sont consubstantiellement associés. Elle nous permet d'aborder, de compren
dre et d'utiliser le système symbolique en usage dans la Franc-Maçonnerie.

PERPENDICULAIRE:Bijou du deuxième Surveillant. Il incite les Frères Apprentis à descendre au tr


éfonds d'eux-mêmes ainsi qu'à s'élever bien au-dessus des contingences matérielles. Il symbolis
e la verticalité et la transcendance. Il révèle que ce qui est en haut est comme ce qui est en bas.

PHILOSOPHIE:Philosopher c'est penser sans preuve car s'il fallait des preuves ce ne serait plus d
e la philosophie mais une science. La métaphysique est la vérité de la philosophie. Une philosop
hie est un ensemble d'opinions raisonnables : la chose est plus difficile et plus nécessaire qu'on
ne le croit.

PIERRE BRUTE:Matière que le Franc-Maçon, plus particulièrement l'apprenti, travaille, c'est-à-d


ire lui-même en premier lieu.

Almonor Stanley
PILIERS:Il ne faut pas confondre les trois piliers avec les deux colonnes placées à l'entrée du Te
mple.

Ce sont les trois colonnettes dressées dans le Temple, sur le pavé mosaïque et sur lesquelles bril
lent les Étoiles ou Petites Lumières. On les illustre parfois par les trois ordres d'architecture grec
s : Le Pilier de la Sagesse (pour inventer) est ionique, il représente le Vénérable. Celui de la Forc
e (pour diriger) est dorique, il correspond au premier Surveillant. Celui de la Beauté (pour orner)
est corinthien et il est attribué au deuxième Surveillant.

PLUIE:Il pleut ! C'est par ces mots que l'on signifie qu'une conversation maçonnique peut être e
ntendue par des oreilles profanes. Il pleut car on n'est pas "à couvert."(Voir ce mot)

POSTULANT:Profane dont l'admission est décidée par la Loge.

PRÉPARATEUR:Frère officier chargé de préparer le récipiendaire à l'initiation.

PROFANE:Celui qui n'est pas initié. Il ne faut pas donner un sens péjoratif à ce vocable car certai
ns profanes peuvent se conduire comme de véritables maçons sans tablier dont nous aurions p
eut-être à suivre l'exemple.

R.E.A.A.:Sigle signifiant Rite Écossais Ancien et Accepté

RÉCIPIENDAIRE:Candidat admis aux épreuves de l'initiation.

RÈGLE:Outil symbolique, symbole de droiture et de mesure.

RITE:C'est l'ordre prescrit utilisé dans le déroulement d'une cérémonie, d'une tenue selon un rit
uel. Il y a plusieurs rites qui sont pratiqués par les diverses obédiences, voire les diverses Loges
au sein d'une même obédience. L'Apprenti s'attachera à porter son attention et à bien compren
dre le rite pratiqué par sa Loge.

RITUEL:Cahier contenant la description de la cérémonie d'un grade. Déroulement de la cérémon


ie, façon d'y procéder.

SACRÉ:Le sacré est un pont entre le visible et l'invisible. Il s'agit de l'administrer selon les règles
soigneusement établies, mises au point et transmises judicieusement depuis la plus haute antiq

uité .

Almonor Stanley
SALLE HUMIDE:Lieu de réunion pour les séances ordinaires où l'on peut tenir les agapes ou se d
ésaltérer.

SANTÉ D'OBLIGATION:Action de porter un toast lors d'une agape ou d'une Loge de Table. Les L
oges décident quels sont les thèmes des santés portées par trois Frères différents. En général ell
es sont adressées à la Patrie, à la Maçonnerie Universelle, aux Maçons heureux et malheureux.

SECRÉTAIRE:Frère Officier qui consigne les travaux et faits marquants qui jalonnent la vie de l'A
telier. Chargé du secrétariat de la Loge il en est la mémoire. Il porte deux plumes d'oies croisées
comme bijou distinctif de sa fonction.

SORTIE DU TEMPLE:A la fin d'une tenue, ou en cours de cérémonie si besoin est, les Frères ou u
n Frère seul quittent le Temple, conduits par le Maître des Cérémonies. Avant de sortir ils salue
nt le Vénérable. Dans certaines Loges le Collège des Officiers quitte le Temple avant les Frères as
semblés. Dans ce cas on sort sans cérémonie et on ne salue pas l'Orient vide.

SURVEILLANT:Il y a deux Surveillants qui composent le comité directeur de la Loge avec le Véné
rable. Ils sont les adjoints du Vénérable. Le premier Surveillant a la charge de l'instruction des C
ompagnons et le deuxième celle des Apprentis. Le premier surveillant peut remplacer le Vénéra
ble s'il est absent, sauf pour des travaux rituels. Dans ce cas c'est un Passé-Maître qui doit offici
er.

Les bijoux des Surveillants sont le niveau pour le premier et la perpendiculaire pour le second. (
Voir ces mots)

SYMBOLE:Outil de la pensée analogique. C'est une représentation suppléante qui représente un


e idée ou une émotion. Le symbole se distingue du signe par la pluralité de ses significations. Il n
'impose rien, il donne à penser : c'est une fenêtre ouverte sur le monde.

L'étude du symbole est la voie royale de l'introspection et de la connaissance. Elle nécessite des
exigences morales, intellectuelles et spirituelles.

SYMBOLISME:Mode d'expression et d'étude de l'initiation. Il en constitue l'essentiel, en assure l


a pérennité et la préserve de toute déviance dogmatique. L'étude symbolique repose sur les ana
logies qui existent entre signifiants et signifiés et explore les principales dimensions de l'Espace
et du Temps.

TABLEAU DE LOGE:Tapis que l'on déroule sur le pavé mosaïque entre les trois piliers. Il représen
te la Loge, les outils et les symboles utilisés pour les travaux. Chaque grade a son propre tableau
de Loge avec ses propres outils et symboles.

Almonor Stanley
TABLIER;Il est l'emblème du travail et symbolise le vêtement spécifique qui protège le travailleu
r. L'Apprenti, encore malhabile dans son travail le porte avec la bavette relevée. Il incite les Frèr
es à avoir une vie active et laborieuse.

TAILLER:Quand on dit d'un maçon qu'il taille sa pierre, cela signifie qu'il travaille sur lui-même

TEMPLE:Lieu consacré où se tiennent les travaux d'une Loge

TESTAMENT PHILOSOPHIQUE:Rédigé par le candidat dans le cabinet de réflexion avant son initi
ation. Il est le constat de sa pensée du moment sur les questions qui lui sont posées. Ces questi
ons peuvent différer selon les rites et les obédiences.

TOLÉRANCE:Vertu maçonnique qui consiste particulièrement à respecter les convictions d'autr


ui et à garantir la liberté d'expression et l'écoute des opinions des Frères. Elle n'implique pas le
devoir d'adhérer à ces opinions et ne doit pas être une incitation au laisser-aller et au laxisme. El
le concerne plus particulièrement les idées que les actes. Plusieurs grands philosophes ont traité
du sujet sans arriver à définir les limites de cette vertu.

TRADITION:Éléments invariables et sacrés transmis consciemment. Elle s'oppose à la routine ca


r elle est une constante re-création dans la recherche de la perfection. Transmettre la tradition
c'est transmettre un état d'esprit et non pas une façon de procéder. Ce n'est donc pas imiter stu
pidement ce qui se faisait hier mais faire aujourd'hui ce qui doit être fait avec ce même état d'es
prit que les maçons d'antan. Les idées et les techniques évoluent, les motivations sont immuabl
es.

TRAVAIL:Le Franc-Maçon glorifie le travail. Dans une Loge maçonnique le travail régénère et ou
vre l'esprit.

TRÉSORIER:Frère Officier qui a la charge importante de gérer les fonds de la Loge, veiller à l'enc
aissement des cotisations et régler les capitations dues à l'Obédience.

TRIANGLE:Figure géométrique indéformable qui réunit Trois en Un et qui est un emblème impor
tant de la Franc-Maçonnerie. C'est aussi la réunion régionale de Frères pas assez nombreux pou
r former une Loge.

Voir aussi Delta.

TROIS POINTS:La tri ponctuation, trois points disposés en triangle, est utilisée pour les abréviati
ons. Elle symbolise le triangle et semble avoir été reprise du rite Compagnonnique.

TRUELLE:Outil symbolique qui permet de cimenter les pierres entre elles et assure ainsi la bonn
e finition d'un travail. C'est un instrument de dialogue qui permet de réunir et de lier ensemble
ce qui était épars. Le Vénérable doit être apte à la manier avec délicatesse.

Almonor Stanley
TUILAGE:Questions rituelles que l'on pose à un Frère visiteur qui n'est pas connu pour s'assurer
de ses qualités maçonniques. Il peut aller jusqu'à demander la preuve que ce maçon est en règl
e avec sa Loge et qu'il présente un passeport maçonnique.

TUILEUR:C'est le Frère chargé de procéder au tuilage d'un visiteur. On appelle aussi "tuileur" un
recueil contenant les instructions de grade par questions et réponses.

VÉNÉRABLE:Officier dignitaire qui dirige une Loge, qui la préside. Le Titre complet est : "Vénéra
ble Maître en Chaire."

VOLUME DE LA LOI SACRÉE :Une des trois grandes Lumières de la Franc-Maçonnerie avec l'Équ
erre et le Compas. Il symbolise la Tradition écrite. Ce peut être la Bible pour un chrétien, l'Ancie
n Testament, le Coran ou tout autre Livre sacré selon la religion des adeptes concernés. S'il s'agi
t de la Bible, elle est ouverte pendant les Travaux à la première page de l'Évangile de Jean.

VOÛTE D'ACIER:Honneurs rendus à un dignitaire en formant une voûte avec les épées sur son p
assage.

VOÛTE ÉTOILÉE:Voûte du Temple, son plafond. Symbole du Ciel, de l'immensité de l'univers so


us laquelle le Franc-Maçon travaille.

VOYAGES:Partie des épreuves propre à tous les grades. Rappellent les voyages de la vie, les pèle
rinages, le Tour de France des Compagnons.

VRAIE LUMIÈRE:C'est la Lumière spirituelle résultant de l'éveil de l'esprit du maçon. Elle est tou
te de Sagesse et de vérité.

Quand on qualifie une année "d'année de la vraie Lumière", cela signifie qu'il s'agit d'une année
de l'ère maçonnique

VÉRITÉ:État de ce qui ne peut être donné à l'Homme, mais qui doit être le fruit de ses recherch
es, le résultat de ses efforts, le fruit de l'initiation. Un doute d'aujourd'hui peut être une vérité d
e demain et vice-versa. Ce peut être le fait d'être en parfaite osmose avec son environnement.

ACCLAMATION:Cri de joie qui suit une batterie maçonnique. Dans notre rite du R.E.A.A. cette a
cclamation est : HOUZE! HOUZE! HOUZE! qui signifie : "Viva!"

En acclamant on lève le bras droit en avant, la main tendue comme si on voulait lancer une offr
ande.

Almonor Stanley
ACCOLADE FRATERNELLE:Se donne entre frères qui sont heureux de se retrouver. En trois temp
s (gauche, droite, gauche. Ne pas confondre avec le baiser maçonnique que le V.M. donne en re
cevant un néophyte, sur le front, à gauche puis à droite.

AGAPE:Repas fraternel qui suit ou qui précède une réunion


et qui fait partie intégrante de la vie maçonnique. Lorsqu'ell
e est rituelle on la nomme : "Tenue de Table" et elle doit co
mporter trois santés d'obligations portées par trois frères.D
ans la franc-maçonnerie française, ce mot est le pl

us souvent utilisé au pluriel[1]. Il désigne le partag

e d'une collation froide ou chaude dans la "salle humide", entre maçons. Ce temp

s de rencontre et de partage, à l'issue de la tenue est le prolongement du travail

qui vient d'être effectué. C'est un moment très convivial où la parole est totalem

ent libre, dans le respect d'autrui et de ses idées, et qui permet aux frères de mie

ux se connaître. Si surplus, il en reste, cadeau sera fait aux pauvres devant les

Eglises ou devant le Cimetière.

ÂGE:Les Francs Maçons ont un âge conventionnel qui correspond à leur grade. Quand on dema
nde son âge à un Frère, c'est lui demander son grade. L'Apprenti a trois ans.

AIR:Un des quatre éléments naturels par lequel l'impétrant est purifié lors de son premier voyag
e d'initiation.

ALPHABET MAÇONNIQUE:Système cryptographique actuellement obsolète. Il en existe plusieu


rs systèmes

ANNÉE MAÇONNIQUE:On dit aussi "Année de la Vraie Lumière". Il existe plusieurs systèmes. C
elui généralement employé ajoute 4000 ans à l'année profane en cours ou année vulgaire.Les An
ciens dataient ainsi le commencement du monde. Pour marquer, par exemple le 21 juin 1997 o
n dit :"Le 21ème jour du 6ème mois de l'année 5997 de la Vraie Lumière"

ANGLE NORD-EST:Emplacement de la première pierre lors de la construction d'une cathédrale.


Par analogie c'est aussi la place de l'apprenti qui vient d'être initié. En face se trouve l'angle Sud
-est, réservé aux Maîtres que l'on veut honorer.

Almonor Stanley
APPRENTI:Franc-Maçon du premier grade. Ce mot signifie qu'à ce stade de l'évolution maçonni
que il faut écouter, apprendre et méditer.

APPRENTISSAGE:C'est la période maçonnique comprise entre l'initiation et le passage au deuxiè


me grade, celui de Compagnon. Cette période est d'une année au minimum.

ART ROYAL:C'est l'architecture car cet art fait appel à tous les arts et à toutes les techniques po
ur l'édification d'une cathédrale. C'est aussi le nom que l'on donne à la Franc-Maçonnerie qui es
t l'art de la construction personnelle, art aussi de vivre en harmonie avec ses semblables et son
environnement. C'est l'art d'être.

ASSENTIMENT:Approbation donnée à main levée après les conclusions de F. Orateur et sur dem
ande du Vénérable Maître.

ATELIER:Synonyme de Loge.

ATTOUCHEMENT:Poignée de main de reconnaissance variant avec le grade

AUTEL:Table disposée devant le plateau du Vénérable Maître en Chaire où sont disposées les tr
ois grandes lumières de la F.M.: le Volume de la Loi Sacrée (VLS), l'Équerre et le Compas.

Selon les rites et les Loges, le VLS peut être la Bible, le Coran, les Constitutions d'Andersen, les s
tatuts de la Loge ou un simple livre blanc.

BALLOTTAGE:Mode de scrutin. Vote secret par boules blanches pour le oui et noires pour le no
n. En principe une boule noire annule six blanches pour les admissions de candidats

BANDEAU:Placé sur les yeux d'un candidat il symbolise l'aveuglement du monde profane.

BATTERIE:Applaudissements d'allégresse qui diffèrent à chaque grade par le nombre et la caden


ce des coups. On peut tirer une "Batterie de deuil" qui se frappe sur l'avant-bras gauche, suivie
des mots : "Gémissons, gémissons, mais espérons". Elle est toujours couverte par une batterie d
'allégresse.

En loge ,le compas et l’équerre sont placés sur l’autel de trois manières différentes :

• Au 1er Degré : l’équerre est placée sur le Compas.

• Au 2eme Degré : L’équerre est entrecroisée (entrelacée )

• Au 3emeDegre :L’équerre est sous le compas

Almonor Stanley
La Pierre Brute : Symbolise les imperfections de l’esprit et du cœur que le maçon doit s
’appliquer à corriger .En d’autre terme elle symbolise l’homme qui de l’état brute (natu
re) se transforme par le travail patient ,l’expérience et la réflexion .

Réflexion : C’est l’isolement quand on vous donne des chaises et on vous met dans une zone fa
ce au mur . Pour vous préparer votre cœur à l’initiation (avoir l’amour au cœur), Disposition, Or
ientation de la franc maçonnerie.

Chambre de Réflexion : C’est dans les entrailles de la terre,(esprits Telluriques, monde clippo
tique )

Cabinet de reflexion
Pourquoi reflexion sans “ S ?
Le récipiendaire ne se livre point à de multiples réflexions; mais à une seule : sur luimême c’est l
e passage de la mort symbolique. Le grain tombé en terre qui pourrit pour devenir une plante
nouvelle. Renaitre à la vie spirituelle.
CABINET DE RÉFLEXION:Lieu où commence l'initiation. Le postulant y subit la première épreuve
, celle de la Terre dans le silence, le dépouillement et la méditation. Il y rédige son testament ph
ilosophique, ses dernières impressions de profane. C'est le tombeau du monde profane
C’est quoi ce cachot?
Un cabinet peint en noir, creusé dans les entrailles de la terre, ressemble à une tombe, c’est da
ns la noirceur terrestre que le vieil homme restera pour laisser naitre le nouvel homme « l’hom
me spirituel ».
Les Eléments du Cabinet
Musique mortuaire : Récipiendaire, tu es dans les entrailles de la terre. Enlève le bandeau qui o
bscurcit ta vue, jette un regard circulaire autour de toi et médite. .

• Crâne et Tibia : C’est l’absorbation négatif (crâne = Ka Tibia ossement = Ba ) force


condensateur fluidique.
• Ossements et crâne
<< Regarde moi j’ai été ce que tu es ; tu seras ce que je suis >>
Oui, c’est la brièveté de la vie. Mortel nous ferons tous, ce voyage. La mort corporelle prélu
de a la renaissance, à un niveau de vie supérieure, domaine de la connaissance. La mort Initi
atique est le début de l’initiation. Il faut naître de nouveau symboliquement. T’es dans les e
ntrailles de la terre, dans un tombeau. Tu enseveliras ton vieil homme (musique). Oui, ami-
récipiendaire commence toi-même, ton initiation. Nul ne peut se vanter d’avoir initié quelq
u’un ; car l’initiation est un acte personnel.
Tombe : Secret du milieu Trahir par un frère .

• VITRIOL : Marcher chercher et vous trouverez dans les entrailles de la terre la pierre
philosophale Pour les Alchimistes le mot “VITRIOL” vient du bas latin et est un poison
violent. C’était le nom des Sulfates; alors qu’aujourd’hui c’est l’Acide Sulfurique.
VITRIOL est un sigle. Visitatis Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem

Almonor Stanley
Ultra Medicina. Oui, ami-recipiendaire, en français on le traduit par : “Visite l’intérieur
de la terre, en rectifiant l’alignement tu trouveras la pierre occulte, Vraie Médecine.” En
bon créole c’est : “Rantre nan nannan tè a jouk nanprofodè ,fon, kite’l pouri epi lap
pouse. Lè sa-a wa vini yon boul lò. Se li ki va geri w”. C’est la transmutation du plomb vil
en or précieux ; c’est-à-dire la transformation de l’Ego ou du Vieil homme en un Etre
lumineux ou Homme régénéré et libre par la Connaissance; Vraie Médecine qui guérit et
libère.

• Franc-MaçonV.I.T.R.I.O.L.Mot alchimique dont le sens est : "Visite l'intérieur de la Terre


et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée" traduit de la formule latine : "Visita
Interiora Terrae, Rectificandoque, Invenies Occultam Lapidem". C'est un symbole
important qui incite à la connaissance intérieure et la construction intellectuelle et
morale du

• Pain et cruche d’eau : Nous sommes tous pèlerins sur la terre. Ce sera ta nourriture
quand tu te sentiras décharger ou pour résoudre un problème. Le pain est solaire et
l’eau lunaire. Ce sont des énergies dont le corps éthérique en a besoin.

• Sablier ¬–Faulx : Première horloge connue, le sablier sert à marquer le temps. Combien
ce dernier s’écoule très vite !Le sable fin filtre sans se soucier de nos activités et emplois
du temps . Apprenons à bien le compter et l’utiliser. La vie est courte et bien pesée. La
mort promène partout ses ravages. Ne l’oublie surtout pas.

• Faulx : Tout est Alpha et Omega ”c’est-à-dire tout a un Commencement et une Fin. Ainsi
la Faulx marque la fin. Mortel, as-tu su bien utilisé le temps qui t’était alloué ? La mort
moissonne aujourd’hui. Réfléchis, ami-récipiendaire. Ainsi tombe la fleur, ainsi passent
les nuages, de même la vie est sectionnée. Tout s’arrête. Fais ton bilan. Juge-toi

• Coq : Vigilance – persévérance Le coq veille dans les ténèbres et annonce la lumière, les
anciens croyaient que le coq ne craignait rien, pas même le lion. Par son chant il rappelle
la création qui se renouvelle chaque jour et l’homme doit être sur pied de guerre pour
une autre journée. A toi impétrant, qui va recevoir la lumière il te dit : sois attentif et
éveillé; ne crains point les évènements qui se préparent. Sors de ta léthargie qui enfante
trop de maux. Réveille- toi ! Ne te laisse point embourber dans les vicissitudes de la vie.
L’aurore est à la porte.

• Soufre Mercure et sel : Revitalisation ,permettant la stabilité des forces Soufre: c’est
l’âme de la nature il est le principe mâle. Combien éternue a son odeur piquante qui
secoue les glandes thyroïdes. Mercure : Appelée en Alchimie “Vif -argent” ou “lait de la
Vierge”, il est le principe femelle présent dans tous les corps. C’est le volatile. Métal
liquide qui n’adhère à aucun corps étranger. Applique cette leçon et tu verras son

Almonor Stanley
bienfait. Sel : Vous êtes le sel de la terre; si le sel perd sa saveur avec quoi la lui rendra-t-
on? Le sel est le symbole de la fidélité et de l’amitié. C’est un agent purificateur et aussi
de la force vitale. Prenez un grain et sucez-le. (Musique) Dans l’Alchimie, le sel
représente l’élément solide, le principe neutre ou celui de la cristallisation qui
représente la partie stable de l’être. C’est la force morale et spirituelle pour surmonter
les épreuves.

• Maxime : “TU VIENS DE TE SOUMETTRE A LA MORT”Si la curiosité t’a conduit ici, va-t’en
Si t’as peur d’être éclairé sur tes défauts, ta place n’est pas parmi nous. Si ton âme a
senti l’effroi, ne va pas plus loin. Si t’es capable de dissimulation, tremble (bruits de
chaine et autres); on te pénètrera. Si tu persévères tu seras purifié Connais-toi toi-même
et tu connaitras l’Univers et les Dieux.

• Flambeau :Tu désires recevoir la Lumière? Mais que fais-tu de cette faible Lumière qui
est en toi? Médite O noble Aspirant! Vas-tu la laisser s’éteindre? Ou encore sauras-tu la
raviver pour l’alimenter et l’entretenir? (Musique douce) Comme Diogène, même en
plein jour, cherchait un homme. Aujourd’hui encore ce flambeau cherche un homme.
Es-tu celui (celle) qu’il cherche? Non, ne me réponds pas! Moi, qui suis la voix de ta
conscience. Je te connais, mais toi, tu ne te connais point. Entre en ton for intérieur et tu
me dénicheras. Cherche jusqu’a te trouver. Ferme tes yeux, laisse-toi aller. Respire
doucement. Là !Tu m’as réveillé. Reviens, être éveillé. Prends un cierge, allume-le sur le
Caput et prépare-toi à ramper vers la tunnelle pour la sortie lumineuse et illuminée.

• Maillet : Volonté ,pouvoir de diriger Symbole de force de commandement

Ciseau : intelligence .

Miroir : Auto suggestion ,condensation de temps et de l’espace n’existe pas , image de


soi.

Niveau : Symbole d’Egalite et de l’équilibre

La Perpendiculaire : Symbole de profondeur dans l’observation.

La Règle : Symbole de précision dans l’exécution.

La Truelle : Symbole de cohésion , bienveillance envers tous.

Les douleurs→ couleur noir– absorbation de la lumière et des forces

→ couleur blanc –Répulsion de la lumière

Etoile (bougie ) : matérialisation entre le monde visible et invisible ,elle renferme 3 parties

Almonor Stanley
Cire→ matière Mèche→ Ame Flamme→Esprit

Pierre Brute : Symbolise les imperfections de l’esprit et du cœur que le maçon doit s’appli
que à corriger .En d’autre terme elle symbolise l’homme qui à l’état brute (nature) se transf
orme par le travail patient l’expérience et la réflexion.

Est : Encens – Raphael – Sagesse – Pureté – Clarté.

TESTAMENT
Da
ns la lumière de ton flambeau, tu vas rédiger ton testament. Le notaire ou l’officier assermenté
est ta propre conscience. Peux-tu mentir a toi-même ? . Ferme tes yeux et rédige ton testamen
t en ton for intérieur. Le chemin de l’initié(e) est tortueux et épineux. Il est parsemé d’embûche
s de toutes sortes. Médite (3fois) O ! Toi qui t’aventures … ) Malheur à celui qui fait un vœu et
ne peut le porter. As-tu bien compris et saisi l’importance de ta démarche ? Maintenant, répon
ds à ces questions. Tiens ta lumière face à ton œil frontal. (Silence complet)

Que dois-tu à ton Dieu intérieur ? Pour quoi tu es là ? Qu’est-ce que tu cherches ?

Que dois-tu à toi-même ? Que dois-tu à tes semblables ?

Oui, quel que soit ta religion t’as un Créateur. Peu importe son nom ! Mais t’es l’interprète viva
nt de ses lois. Ainsi t’es son Ambassadeur. N’ayant ni crayon, ni gomme, ni effaçoir que dire d’u
n grattoir, moi les Archives Cosmiques, réponds-moi dans le silence de ton être parce que je suis
toi.

Parvis
Un Bourreau Avec Glaive en main = le gardien de la seuil , c’est le gardien de malkut à Yesod ,c
ommandement ,pouvoir d’évocation
Dos Tourner : entend que profane , on a pas assez de pouvoir pour prendre la lumière du soleil
.
Fausser : c’est passer dans le monde profane au monde spirituel.
Forets : c’estpassé de Malkut à Yesod= { purification ,lumière , vérité ,justice, forets de l’e
rreur le guide qui est la conscience ,la passion la logique
Le bandeau
Vue intérieure - Perception vraie de la vie par le troisième œil et les autres sens
Vie quotidienne et vie spirituelle
Yeux bandés : appel à la conscience qui est le guide personnel le pourquoi des choses
Pied Gauche Déchaussé : Difficulté de la vie , dans la vie il faut affronté les dangers
Pied Droite a nue ou Remonté : Surmontez les danger ,les épreuves de la vie ,(du mont Sinaï ) O
n trouve des cèdres des épines, des acacias .
Sein Gauche à nue :Polarité de la vie humaine (la pureté)

Almonor Stanley
Corde au Cou : C’est l’arme de tarot , tous instincts négatifs sont passés par la corde
, épreuve d’arracher par les nœuds .
Poteau : Combattre avec la passion , les vices ,mœurs ,les défauts pour avoir la vertue pour c
reuser les cachot pour les vices.
Temple

Dos tourner : pour entrer dans tipheret (le soleil) identification l’ardeur du soleil est trop for
t pour le néophyte .

Epée sur le cœur : C’est avoir le cœur transpercé , c’est –à- dire si tu fait quelques choses voici c
eux qui t’arrivent.

LETTRE D’ACCUSATION : Prendre conscience du silence ( il y a des occasions dans la vie il faut s
e taire pour entendre) et se défendre dans la vie profane si on t’accuse injustement.

1 er Voyage pour rite Diocre et écossais :Derrière 1er surveillent c’est l’épreuve de fausser (co
nscience) ce sont les difficultés les épreuves de la vie profane qu’on fait à travers ses exercices.

2eme voyage pour rite Diocre et écossais :Feu→2eme surveillent → épreuve avec le guide et la
flamme dévorante Comme Moise dans le mont Sinaï avec L’arbre qui brule.

POUR LE RITE MEMPHIS MISRAIM : C’est l’épreuve avec l’eau la fontaine après pour passer à c
ette épreuve on prend de l’eau et on te donne un coup au visage .

3eme v oyage pour rite Diocre et écossais :Eau→ fontaine de l’orient ou entre les deux colonn
es selon le Vénérable Maitre

POUR LE RITE MEMPHIS MISRAIM : C’est l’épreuve avec le feu la flamme dévorante Comme M
oise dans le mont Sinaï avec L’arbre qui brule pour passer cette épreuve on prend une étoile on
fait passer la paume de la main gauche sur la flamme.

4 eme voyagePOUR LE RITE MEMPHIS MISRAIM : c’est l’épreuve avec l’air en passent à l’orie
nt pour passer à cette épreuve le vénérable t’encenser en forment le triangle ou le carré.

Epreuve de l’Amertune : 1er )douce (vie heureuse ,modération) 2eme) Amère (vie malheureus
e ,pondération ) dans la vie, si la vie soit heureuse pour le commencement de ta vie la fin de vot
re vie sera malheureuse vice versa .

Epreuve Saigner : Signé le parc avec les entités de lumière de votre égrégore de votre obédienc
e.

Sceau Hiérogriphe : Sur l’épaule gauche de néophyte, c’est la marque ,temps ,faire partir de l’é
grégore (marque pour que les entité vous reconnaissent )

Almonor Stanley
Aumône : C’est le carde de charité don du néophyte.

Lumière :Illumination de 3eme lumière qui est le 3eme œil

Serment : Pour le serment on t’enlève le corde et le bandeau, puis on t’envoie dans le parvis po
ur habiller pour sacre .

Investir les récipiendaire : présentation au entité de lumière et pour que les frères et les entité
s les reconnaissent .

Les pas : francs et en équerre. Voyage (physique, spirituel, astral)

Fleur : De lis (Lys) couleur Blanche Symbolisme : Pureté, Innocence, Virginité

Age : frère 3 points. Les Nombres 1,2 et 3. Pour le Memphis ou RFMA= 2 +1

Le Delta Lumineux : L’œil qui voit tout : Conscience, regard paternel, bienveillance, la lumière, l
e cierge et ses composantes, comment l’habiller ? AUM

La houppe dentelée et lacs d’amour : Union, support mutuel, lien, chaîne,

Le tablier : Travail, sacrifice, dur labeur.


a) Origine : peau d’agneau – travail des casseurs de pierre et bavette relevée. Tablier triangulair
e en Egypte. Tablier a nos jours.

11 - Les colonnes et grenades : Matière : Airain. Deux polarités, antennes, axes du monde, unifi
cation ciel terre, phallus créateur,
Grenades : Symbole du monde avec ses multiples graines : Les Hommes. Goût acre : Vicissitude
s, Epreuve
Les luminaires :soleil, lune et le Delta Lumineux.
Les bijoux
A –immobiles : Equerre( rectitude, droiture expérimenté) – Compas( volonté ,pouvoir) – VLS (Bi
ble – Coran – Livre Blanc…)VOLUME DE LA LOI SACRÉE :Une des trois grandes Lumières de la F
ranc-Maçonnerie avec l'Équerre et le Compas. Il symbolise la Tradition écrite. Ce peut être la Bi
ble pour un chrétien, l'Ancien Testament, le Coran ou tout autre Livre sacré selon la religion des
adeptes concernés. S'il s'agit de la Bible, elle est ouverte pendant les Travaux à la première page
de l'Évangile de Jean.

B- mobiles : Pierres – Tapis de la Loge « La porte basse », thème de ma précédente planche, m


’avait surtout appris que tout changement d’état ou de plan ne pouvait s’accomplir du seul fait
de ma volonté ou de mon vouloir. Seul, il m’était impossible franchir la porte basse. Seul, il est il
lusoire voire dangereux de penser pouvoir parcourir sans incident la Voie initiatique , Le Tapis o
u tableau de loge est le rappel en dessins de tous les symboles et emblèmes nécessaires au trav

Almonor Stanley
ail maçonnique. Il est l’emblème de base en franc-maçonnerie.Historiquement, ce tapis symboli
se le Temple qui jadis fut élevé à Jérusalem par le roi

De nos jours, le Temple où se réunissent les maçons reproduit tous les symboles de ce "Tableau
" qui est remplacé par une toile peinte placée au centre de la loge et qu’on déroule lors des tra
vaux de Salomon.

Il faut savoir que primitivement, tout local où se réunissaient les Frères maçons pouvait être tra
nsformé en Temple. Il suffisait de tracer à la craie, sur le sol, le "Tableau" symbolique du degré a
uquel l’Atelier ou la Loge travaillait. On effaçait ce "Tableau" après chaque tenue.
Mot : BOOZ ou BOAZ BATT. →3coups
B : Bethiel (récepteur, maison) → ma force est en Dieu
O : Oliam :oméga (fin) (je viens à la recherche de) ou Oliab (Commandeur des bois)
O : Osias (je vais avec)ou:alpha(commencement) Andros (commandeur de la fournaise)

Z : le grand prophète (Béchoua) (prête) ou Zaïn feu de victoire

POUR MEMPHIS : J.A.C.K.I.N. TUBALCAIN Batt.→ 2+1

Ruth : la femme de Booz , reine de Sabbat ,mère qui a les 12 étoiles sur la tête.

Phépé: C’est le Dieu du soleil.


Eïsen : C’est la Déesse de la Lune
L’homme→ c’est carré solaire →soleil→30jours→Vraiment majeur
La Femme→ c’est carré Binaire →La lune→28jours →vraiment majeur→ une mère porte un b
ébé →280jours→28x 10mois(1mois pendant le sexe+9mois en ventres→36semaines
Pour un Bébé garçon→c’est d’ attendre la lune noire.
Pour une Bébé Fille→ c’est d’attendre claire de lune
Ishma→ ma femme lune
Ishra→ L’homme
Ishna→ C’est l’homme ( Ieshoua,poisson )
Isha→ c’est la femme Marie madeleine, ou Eve)
Terre :Zain
Air :Aleph(pour une personne mine sure)
Feu : Schine (écrivez sur une assiette envoie dans le feu)
Eau : Mem (pour inondation prendre une petite l’envoie dans l’eau attend 5à10 mn)
Terre : Richesse, stabilité →se taire Aigle (chambre de réflexion ,Crâne, pierre brute ,équer
re ,sel )
Air :Connaissance→ savoirHomme (encens, glaive, Batterie)

Almonor Stanley
Feu : Rigueur, volonté→ VouloirBœuf ou Veau, lion (maillet)
Eau :Amour ,sentiment→ OserAnge (Fontaine, ciseau)
Esprit : compass
Eleme Signe Saison Archange Date Positi Concep coule Jour Ps
nt on Ori . ur
ent. Occide
nt
Terre Carpricor Soltiste Ouriel 21juin Ouest Nord Vert Lundi 14
ne Eté sandalph Noire Samed 3
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Eau Cancer, Soltiste Gabriel 21De Nord Ouest Bleu a Jeudi 13
corpion Hiver c. rgenté Vendr 0

,poisson Blanc e. 6

Air Gemeau Equinox Raphael 19ma Est Sud Orang Mercr. 10


Balance e rs e 2

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feu Belier Equinox Michael 27 se Sud Est Rouge Diman 38
Lion e pt. or c. 32
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Esprit

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Terre Aretz o Adon Nord (T Fulac Kerub Ghob Gnomes Terre,ve Pent
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Almonor Stanley
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Terre Penta He Assiah Prophète Humai Taure Chamb.T Se taire
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Air Epée Vaw Vetsira consécra Angéliq Aigle Temple Savoir
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Feu Bague Yod Aziluth Sanctific Deite Lion Temple f Vouloir
tte ou ation eu purifi
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Sceptr
e

Esprit Schin Vechidah Illumination

Nom Planète Couleurs Sautoires

Almonor Stanley
1)Vénérable Jupitaire Bleu Turquoise(ciel)
2)1er Surv. Mars Rouge
3)2eme Surv. Venus Bleu Roi ou Indigo
4)Orateur Soleil Orange ou Or
5)Secrétaire Lune Violet
6)M.de Cérémonie Mercure Jaune
7)Garde du Temple Saturne Vert ou noir
Ce que un Apprentie doit connaitre
• Setaire → Envers les profanes
• Chercher → La vérité
• Vouloir → La justice
• Aimez → Ses Frères
• Soumettre → à la loi

Genie de la petite porte→AMANIAH 3FOIS


Les 7 psaumes de pénitence et jour

Lundi : Ps 32 → secrétaire→ la lune


Mardi : Ps 38 → 1er surveillent→ mars
Mercredi : Ps 102 → Maitre de Cérémonie→ Mercure
Jeudi :Ps 6 →Vénérable → Jupitaire
Vendredi :Ps 51 →2eme Surveillent→ Venus
Samedi :Ps 142-143→Garde du Temple→ Saturne
Dimanche :Ps 130 →Orateur → Soleil
Psaumes de vengeances : Ps 6,7,35,45,109,41,130

Pour relâcher la chaine d’union Tenue : Aoum Shibbolet


Pour relâcher la chaine d’union rite Funéraire : Aoum Homnisephor

Rite Diocre : On monte à droite et on descendre à gauche pour L’enterrement c’est le


contraire

Rite Ecossais : On mon à gauche et descendre à droite pour L’enterrement c’est le con
traire

Almonor Stanley
Réponses
• ÊTES-VOUS FRANC-MAÇON?
Mes Frères Maîtres et Compagnons me reconnaissent comme tel.

Cette première question, commune à presque tous les systèmes maçonniques, porte, grâce à sa
forme particulière, la marque typique d'une question de reconnaissance. En donnant correcte
ment, mot à mot, la réponse qu'elle réclame, nous fournissons à qui nous interroge la première
preuve de notre connaissance des usages maçonniques. Il y a lieu toutefois d'ajouter que le si
mple fait de savoir répondre à cette première question n'implique pas l'acquisition légitime de c
ette connaissance; il ne préjuge donc pas de la régularité.

Cela mis à part, la question et sa réponse ont une portée initiatique véritable. L'Apprenti, sa réc
eption une fois achevée, est souvent tenté de se considérer comme un Franc-Maçon accompli.
Or, la réponse qu'il donne doit l'inciter à ne pas affirmer lui-même qu'il a saisi toute l'essence d
e la Franc-Maçonnerie; c'est à ses Frères Compagnons et Maîtres qu'il appartient de juger si tel
est le cas. Aussi bien l'Apprenti s'appliquera-t-il à devenir un Franc-Maçon véritable, à gagner la
confiance, l'estime et l'amour de ses Frères plus anciens en Maçonnerie.

La réponse à cette première question invitera d'autre part les Compagnons et les Maîtres à ne j
amais oublier que leur vie durant ils demeurent des Apprentis, quand bien même ils acquerraie
nt les plus hauts gradés et les charges et dignités les plus élevées de la Maçonnerie.

• A QUOI RECONNAÎTRAI-JE QUE VOUS ÊTES FRANC-MAÇON?


A mes signe, parole et attouchement, ainsi qu'à la répétition des circonstances de mon
initiation.
Ici encore, nous sommes en présence d'une question formelle de tuilage, destinée à fournir des
précisions sur l'appartenance effective à l'Ordre et sur les modalités de la transmission de ces s
igne, parole et attouchement.
En réalité, les signes extérieurs de reconnaissance ne sont plus un secret absolu; ils ont été publi
és à maintes reprises dans les écrits prétendant trahir nos mystères. Chacun peut se les procur
er; en revanche, il sera extrêmement difficile à un profane de décrire les modalités particulières
de la transmission des signes, voire les circonstances de l'initiation.

C'est à ce dernier sujet que se rapportent presque toutes les questions suivantes. Cependant,
cette seconde question acquiert également une portée initiatique par les actes symboliques
auxquels elle fait allusion. L'Apprenti ne doit pas seulement prouver son appartenance à
l'Ordre, mais aussi sa qualité de Franc-Maçon; aussi est-ce à dessein qu'il lui est pas demandé
simplement: "A quoi reconnaîtrai-je que vous appartenez à l'Ordre?". Par le signe, l'Apprenti
doit fournir la preuve que moralement, il est Maçon; et, comme signe, fait allusion au châtimen
t dont l'ancien serment maçonnique menaçait le traître, il nous rappelle en même temps nos d
evoirs, et en particulier ceux dont nous nous sommes chargés lors de la prestation de notre pro
messe solennelle. Par le signe d'apprenti, le Franc-Maçon affirme qu'il est intérieurement couv
ert; il devient conscient de son devoir de réfréner toutes ses passions et de n'agir que selon les
principes maçonniques. Pour cette raison, l'Apprenti pénètre dans le temple en faisant le signe

Almonor Stanley
de son grade. La forme particulière du signe lui rappelle le symbolisme de l'équerre qui doit san
s cesse lui être présent à l'esprit.

La signification de la lettre J fait l'objet d'une question spéciale (voir N°. 11) ; elle se rapporte à l
a ferme volonté de faire le bien.

Et que nous dit l'attouchement? C'est la main ferme et sûre qui saisit amicalement celle du Frè
re; et sa pression lui dit: "C'est un Frère qui te salue". L'amitié et la promptitude à l'aide sont de
ux qualités sans lesquelles il n'est pas de vrai Franc-Maçon. Aussi ne doit-on pas seulement se f
aire reconnaître à un Frère lorsqu'on désire en obtenir quelque service, mais avant tout lorsqu'
on est en mesure de lui venir en aide.

• QUE DOIT-ON ÊTRE POUR DEVENIR FRANC-MAÇON?


Être un homme libre et de bonnes mœurs.
La question relative aux conditions de l'entrée dans la fraternité maçonnique paraît être fort si
mple; mais on constate néanmoins de grandes divergences à ce sujet. La notion "d'homme libre
" est interprétée de diverses manières. Dans les buts de la Franc-Maçonnerie, cette liberté exigé
e s'entendait sans doute par opposition à l'esclavage ou à une dépendance quelconque affecta
nt le statut civique de la personne. Aujourd'hui cependant, à une époque où l'égalité juridique
a triomphé, cette liberté exigée est d'ordre spirituel. Le futur Maçon doit apporter la preuve qu'
il n'est l'esclave d'aucune passion; il importe que les opinions qu'il professe ne lui aient été imp
osées par aucune autorité, mais qu'il soit capable de former un jugement personnel sur le mon
de et les hommes et d'agir selon ce jugement. Cette capacité implique dans une certaine mesur
e l'indépendance économique et sociale de la personne.

Pour ce qui est des "bonnes mœurs", nous n'exigeons pas de certificat de bonne réputation,
semblable à ceux que délivrent les autorités de police; ce que nous voulons, c'est que les
candidats à l'initiation possèdent l'estime des hommes dont, par leur valeur spirituelle et
morale, le jugement nous importe. Nous exigeons du néophyte qu'il vienne à nous librement et
obéissant à des motifs dignes. C'est sur ce point, extrêmement difficile à contrôler, que l'on se
trompe le plus fréquemment; aussi est-il nécessaire d'agir avec circonspection et prudence.
Nous devons être certains que de nobles aspirations conduisent le néophyte au seuil du
temple, et non pas la recherche de quelque avantage matériel. Le rang social, le titre ou la
situation économique du candidat ne doivent pas exercer d'influence sur la décision de la Loge.
Peu nous importe que celui-ci porte un titre académique ou qu'il soit de condition modeste,
pourvu qu'il ait le cœur à la bonne place, que sa moralité soit sans reproche et que sa culture et
son intelligence soient suffisantes pour qu'il puisse récolter les fruits de l'enseignement
maçonnique.

• QU'EST-CE QUE LA FRANC-MAÇONNERIE?


C'est un ensemble d'enseignements relatifs à la morale, présentés et expliqués sous la forme
de symboles et d'allégories.

Almonor Stanley
Il y a lieu de distinguer ici entre la Franc-Maçonnerie en tant qu'idée et doctrine, et la Franc-Ma
çonnerie en tant qu'association de Frères. La Franc-Maçonnerie n'est pas une religion, puisqu'e
lle n'impose ni dogmes, ni article de foi; cette tolérance la met précisément en mesure, et cel
a mieux que n'importe quelle autre institution, de servir de lien entre les hommes. La loi moral
e de la Maçonnerie est indépendante de toute confession, bien que sur les points essentiels el
le coïncide avec la morale chrétienne reconnue dans nos pays.
En tant que doctrine morale, la Franc-Maçonnerie est très stricte et conséquente; grâce à ses m
éthodes d'enseignement consistant dans l'emploi de symboles et d'allégories et aux usages part
iculiers qu'elle cultive, elle est susceptible d'exercer une influence profonde sur les hommes q
ui se sont adonnés à l'art royal. Le secret de la puissance de nos principes réside en grande parti
e dans notre symbolisme qui non seulement anime les idées d'une vie ardente, mais qui consti
tue en outre un lien étroit entre les Frères.
Cependant, la seule observation de la loi morale, exprimée déjà dans les Constitutions d'Anders
on de 1723 ne fait pas le Franc-Maçon, autre chose encore est exigée de lui : il faut qu'il ait un c
œur ouvert et sensible, qu'il éprouve le besoin impérieux de faire le bien, d'avoir des amis et d'ê
tre ami lui-même. Celui qui, se suffisant à lui-même, traverse la vie en observant froidement le
s préceptes de la morale sans pour cela être animé de l'amour, celui-là n'a aucun droit au titre d
e Franc-Maçon. Car la Franc-Maçonnerie enseigne à la fois le devoir envers soi-même et le dev
oir envers les hommes, envers toute l'humanité. Elle n'exige pas seulement l'observation, en so
mme assez négative, des règles de la morale, mais avant tout un travail moral positif; elle exige
de ses adeptes qu'ils pensent et qu'ils travaillent sans cesse à leur développement spirituel et à
leur perfectionnement moral. La lumière que le néophyte reçoit lors de son initiation doit le me
ttre en mesure de donner, à son tour, la lumière à autrui.

• POURQUOI VOUS ÊTES-VOUS FAIT RECEVOIR FRANC-MAÇON?


Parce que j'étais dans les ténèbres et que je désirais la lumière.
Lumière et ténèbres, deux termes exprimant deux conceptions du monde radicalement
opposées. Que devons-nous entendre, au point de vue de l'esprit, par ce mot de " ténèbres
"? C'est l'état de l'âme humaine avant que la vraie lumière lui soit révélée; et cette lumière,
c'est la dignité humaine, l'unité humaine, c'est l'humanité dans le sens le plus large de ce mot.
Celui qui foulant aux pieds les droits d'autrui, ne connaissant que la loi de son égoïsme, court
brutalement à la satisfaction de ses désirs; celui aux yeux de qui la richesse, la gloire, les
honneurs, la satisfaction des passions sont les seuls bonheurs d'ici-bas, celui-là marche dans les
ténèbres. Celui qui croit à l'infaillibilité de son opinion et qui, en raison de cette croyance
intransigeante, offense, méprise ou persécute autrui, celui-là marche dans les ténèbres. Celui
qui est l'esclave de superstitions ou qui apparaît lié par des préjugés, celui-là est privé de
lumière. Celui qui ne se souciant pas du droit ni de l'équité, ne reconnaît pour loi suprême que l
es contraintes de son égoïsme, celui-là est une créature de la nuit. L'homme digne et noble, en
revanche, est un chercheur de lumière, un pionnier de la lumière, toujours assoiffé de vérité; il
vit sa vie non pas en individu isolé, mais conscient des liens qui l'unissent aux autres homme
s. Sa vie est un effort constant de perfectionnement qui le conduit à la vraie dignité humaine.

Almonor Stanley
• PAR QUOI UN FRANC-MAÇON DOIT-IL SE DISTINGUER DES AUTRES HOMMES?
Par sa sincérité vis-à-vis des hommes, par son amitié pour les Frères, par la liberté en l'indépe
ndance de sa pensée et sa conduite irréprochable.
La réponse à la question précédente a mis en lumière ce que l'on pourrait appeler les qualités n
égatives du Franc-Maçon; ici, il s'agira de quelques-unes des qualités positives qui le distinguen
t particulièrement.
Le Franc-Maçon est un homme courageux qui ne craint pas de faire connaître son opinion; il es
t l'ami résolu de la vérité, de la sincérité. Il met en valeur une forte personnalité et n'est jamais l
e jouet de son entourage ou de ses amis; en un mot: c'est un homme prêt à défendre, où et qua
nd que ce soit, ses convictions. L'amitié qu'il porte à ses Frères lui est chose sacrée et non pas p
ropos sonore et creux. Et cette amitié doit pouvoir supporter de dures épreuves sans se briser a
ux premiers heurts. La vraie amitié est faite de service, de conseil, d'aide, d'égards et de pardon
. Notre amitié, c'est l'amour fraternel que nous éprouvons les uns pour les autres; elle ne se dé
mentira pas dans le danger et dans la détresse.
Le Franc-Maçon doit se distinguer des profanes par sa façon de penser. Libérer de tout préjugé,
il ne doit poursuivre qu'un seul but: la vérité. Dans toute circonstance, il doit avoir le courage e
t la force d'agir selon les principes qui lui sont apparus vrais, justes et beaux. S'il suit ce précept
e fondamental, il entrera de lui-même dans la voie qui mène au perfectionnement humain.

• QUEL EST LE PREMIER DEVOIR DU FANC-MAÇON EN LOGE?


C'est de s'assurer si la Loge est dûment couverte intérieurement et extérieurement.
QUAND LA LOGE EST-ELLE COUVERTE?
Lorsque tous les profanes sont éloignés et que l'influence de la vie profane est écartée.
A première vue, il semble que ce devoir n'incombe pas à chacun des Frères en Loge, mais seule
ment à certains officiers. Cependant, le terme de "couverture de la Loge" ne se rapporte pas un
iquement au temple dans lequel sont réunis les Frères, mais, dans une acception plus large, à to
ute réunion de Franc-Maçon.
Le mot "couverture" est emprunté au vocabulaire des anciennes loges opératives dont les
parois protégeaient suffisamment contre les indiscrets, mais dont le toit, couvert de tuiles,
pouvait parfois permettre à des curieux de voir ou d'entendre ce qui se passait à l'intérieur.
C'est à cette particularité de construction des loges opératives que se rapporte l'expression "il
pleut" pour désigner la présence de profanes; de même origine est aussi le terme de "tuiler",
en usage dans certains systèmes, désignant l'officier veillant à la sécurité de la Loge et chargé d
e l'examen des hôtes qui s'y présentent.
Chaque fois que des Frères sont assemblés pour discuter de questions maçonniques, et notam
ment dans les tenues rituelles, il importe d'éloigner strictement les profanes.
De même, il faut s'assurer que les couloirs conduisant au lieu de la réunion soient fermés ou dû
ment surveillés. Pourquoi, demandera-t-on peut-être, nous mettons-nous ainsi à couvert, alors

Almonor Stanley
qu'en vérité nous n'avons rien à cacher? Nous agissons de la sorte, parce que seul l'initié peut c
omprendre le sens profond de nos allégories et de nos actes symboliques; un étranger, facil
ement porté à la raillerie, troublerait nos entretiens et nos travaux. D'ailleurs toute société ferm
ée n'éprouve-t-elle pas le besoin bien compréhensible d'écarter les étrangers?
Tels sont les motifs de la couverture extérieure. Mais il est à côté de cela une couverture intéri
eure, non moins importante, qu'il incombe à chaque Frère de réaliser individuellement. Au seuil
du temple ou de la salle de réunion, il tâchera de se défaire de tout ce qui, dans la vie du dehor
s, en fait un profane; et c'est en Franc-Maçon, en Franc-Maçon seulement, qu'il pénétrera dan
s l'enceinte. Cela ne veut pas dire qu'il ne doive agir en Franc-Maçon que lorsqu'il est en Loge;
bien au contraire, dans tous les actes de la vie profane il doit faire preuve de ses qualités maço
nniques et à plus forte raison, quand il se trouve entre Frères. C'est ce devoir que la question rit
uelle de la couverture veut lui rappeler toujours à nouveau.

• POURQUOI TOUTES LES LOGES SONT-ELLES DITES "DE ST-JEAN"?


Parce que les Maçons anciens ont choisi Saint-Jean Baptiste pour patron.
Nous sommes ici en présence d'une tradition empruntée aux loges opératives des temps ancien
s. La Franc-Maçonnerie actuelle, dit spéculative, est née, nul ne doit l'ignorer, dans les loges op
ératives de l'Angleterre au début du XVIIIème siècle. Ces loges ont de tout temps révéré comme
patron, soit Saint-Jean Baptiste, soit Saint-Jean l'Évangéliste qui, de la sorte, ont passé dans les
us et coutumes de la Maçonnerie spéculative.
Peu avant l'apostolat du Christ, Jean-Baptiste prêchait l'amour fraternel et la vraie humanité. Q
uelle que soit notre attitude dans la question religieuse, nous ne pouvons refuser notre estime
à cette puissante personnalité, dont le courage, l'idéalisme, la grandeur morale peuvent aujour
d'hui encore nous être donnée en exemple. Ce n'est pas sans intention que le jour de la naissan
ce de Jean-Baptiste a été fixé au 24 juin, date approximative du solstice d'été: ainsi nous appara
ît-t-il comme la personnification de la lumière, de la lumière maçonnique. Aussi la plupart des
Loges célèbrent-elles à cette époque une fête commémorative, la Saint-Jean d'été, qui est une f
ête de l'amour, de la réconciliation et de l'enthousiasme. D'autres Loges, suivant leur système,
célèbrent à la même date la fête solsticiale qui, initiatiquement, ne diffère guère de la Saint-Jea
n d'été.
Quant à Saint-Jean l'Évangéliste, son anniversaire est également commémoré dans certains syst
èmes maçonniques; il est fêté aux environs du solstice d'hiver (24 décembre). Dans notre pays, l
a Bible, symbole maçonnique placé sur l'autel, se trouve ouverte au premier chapitre de l'Évan
gile selon Saint-Jean.

• A QUELLE HEURE COMMENCENT NOS TRAVAUX?


A midi plein
A QUELLE HEURE SONT-ILS TERMINÉS?
A minuit plein.

Almonor Stanley
Il s'agit ici d'une mesure du temps particulière à la Franc-Maçonnerie et qui, actuellement, est p
arfois abandonnée. Cela est regrettable à maints égards, car son application traditionnelle donn
e au langage maçonnique un cachet qui n'est pas sans charme et, de plus, nous préserve d'un
rationalisme exagéré. Car le parler maçonnique ne doit pas être seulement un langage de la rais
on; il doit avant tout venir du cœur et parler au cœur. Les particularités de notre vocabulaire do
ivent nous rappeler sans cesse que nous sommes en présence d'un ensemble de traditions res
pectables que nous n'avons pas le droit de profaner en les abandonnant à la légère.
Il est dit que nos travaux commencent à "midi plein", c'est-à-dire à la 12ème heure du jour. A pr
emière vue, cette réponse peut paraître absurde, puisque nos travaux ont lieu généralement le
soir. Cependant, cette façon de diviser le temps a un sens profond. Le temps maçonnique ne se
soucie pas de l'heure astronomique. La Loge est un monde à part dans lequel ne pénètre pas la
lumière du jour; au contraire, nous en fermons soigneusement toutes les fenêtres afin de don
ner un éclat d'autant plus vif aux lumières symboliques que nous y allumons. Lorsque le soleil m
açonnique est à son point culminant, lorsqu'il est, selon nous, midi plein, nos travaux commen
cent, et nous les poursuivons jusqu'à ce que le soleil arrive à son point le plus éloigné; il est alor
s minuit plein et nous fermons la loge.
Presque tous les rituels comportent ce jeu de questions et de réponses entre le Vénérable et le
s surveillants relatif à l'heure des travaux, Dans certains systèmes cependant, il est dit que les tr
avaux de loge durent "jusqu'à ce que la lumière commence à se répandre", c'est-à-dire jusqu'a
u matin. Sachant qu'il s'agit ici de la lumière maçonnique, nous comprenons qu'il n'y a pas de di
fférence essentielle entre ces deux manières de s'exprimer. Aux yeux du Franc-Maçon, le jour e
t la nuit ont la même valeur; et il travaille, lorsque dorment ceux au bien desquels est voué son
labeur.

• QUEL AGE AVEZ-VOUS?


J'ai ... ans.
QU'EST- CE QUE CELA SIGNIFIE?
Que je n'ai gravi que les ... premières marches de l'échelle qui conduit à la connaissance.
Dans certains systèmes, il est dit que l'Apprenti a "moins de sept ans", ou qu'il "est encore
mineur". Cette question est en premier lieu une question de reconnaissance très souvent
employée comme telle. Aussi importe-t-il, lorsqu'au seuil d'une Loge étrangère l'on est
interrogé sur son âge, de ne pas se tromper; une réponse fausse est toujours gênante et peut
même vous faire refuser l'entrée.
Mais, ici également, le but pratique de la question se double d'un enseignement ésotérique. Po
urquoi ce nombre? C'est qu'il est le premier des nombres sacrés de la Maçonnerie. D'autre part
, on considère volontiers l'initiation comme étant la naissance du Franc- Maçon; et les trois vo
yages qu'il accomplit dans cette cérémonie seront dès lors assimilés aux trois premières années
de la vie maçonnique. Comme l'indique la réponse à la seconde question, l'Apprenti n'a gravi q
ue les premiers échelons de la connaissance; il n'en est qu'à ses débuts, il est enfant encore. L'o
n compare également les trois voyages avec les trois périodes de la vie du Maçon: l’enfance, l'a

Almonor Stanley
dolescence, et l'âge de l'homme mûr; car ce n'est que lorsqu'il a atteint sa maturité que l'homm
e peut devenir Maçon. En tout cas, et de quelque manière qu'on l'interprète, l'âge de l'Appre
nti doit rappeler à la modestie celui qui le porte.
Les trois années sont également assimilables aux trois premiers degrés de l'échelle mystique, co
mposée de trois, cinq et sept marches qui, dans le temple de Salomon, conduisait à la Chambre
du Milieu.
Ces marches, l'Apprenti les a gravies, et de leur hauteur son regard contemple le parvis du tem
ple; mais devant lui s'élèvent encore de nombreux gradins qui montent, toujours plus haut, ver
s la vérité.

• QUE SIGNIFIE LE MOT SACRÉ J . . . ?


C'est le nom d'une colonne du parvis du temple de Salomon, auprès de laquelle les apprentis
touchaient leur salaire.
La Bible mentionne la colonne J . . . au troisième chapitre du deuxième Livre des Chroniques. E
lle était située à la gauche du porche conduisant au temple. A droite était placée la colonne B . .
. , que les Compagnons sont appelés à connaître. Mais comme le point de vue où l'on se place
dans la contemplation des deux colonnes n'est pas certain, la colonne J . . . peut aussi bien êtr
e dite à droite, et la colonne B . . . à gauche. De là s'explique une certaine diversité dans les sys
tèmes maçonniques: pour les uns, la colonne J . . ., vue de l'Orient, est à gauche; pour les autre
s, elle est située à droite. Laquelle des deux positions est correcte? Il est difficile d'en juger.
En tout état de cause, il est frappant de constater que l'on a découvert des temples égyptiens e
t syriens d'une époque de beaucoup antérieure à la construction du temple de Salomon qui étai
t également précédés de deux colonnes; ce qui permet de conclure que les représentations et d
es intentions semblables, assurément très anciennes, ont présidé à cette architecture particulièr
e. En général, l'ésotérisme de ces deux colonnes est identifié à loi cosmique du binaire qu'elles s
ont censées représenter: c'est-à-dire la thèse et l'antithèse: masculin - féminin, bien - mal, lu
mière - ténèbres, etc.
Dans certains rituels, notamment dans ceux des Loges anglaises, les colonnes sont décrites
d'une manière très détaillée quant à leur aspect et à leurs dimensions. Elles portent des
chapiteaux faits de lis et de lacs, symbolisant l'amour et l'union. Selon d'autres systèmes, les
colonnes doivent porter des globes, celui de la terre et celui du ciel, symbolisant l'universalité
de la Franc-Maçonnerie. Dans d'autres Loges enfin on trouve à la place des globes quatre
grenades entr'ouvertes laissant apparaître de nombreuses graines, symboles des innombrable
s membres de la chaîne fraternelle. En fait, les colonnes J . . . et B . . . présentent des formes va
riant d'une Loge à l'autre, ce qui d'ailleurs ne présente pas de grave inconvénient.
Il est dit que c'est auprès de la colonne J . . . que les apprentis recevaient leur salaire. Aujourd'
hui encore, dans la plupart des ateliers suisses, les Apprentis prennent place sur la colonne du
nord, à l'extrémité de laquelle se dresse la colonne J . . . et siège le second surveillant; dans cert
aines Loges, cependant, il en est autrement. Dans toute cette question de la position des colon
nes et des surveillants, on remarque une assez grande divergence.

Almonor Stanley
Outre ces interprétations plutôt formalistes, les colonnes J . . . et B . . . ne se prêtent guère à
un enseignement plus profond. On a essayé, il est vrai, de donner à leur nom un sens appropri
é, comme par exemple "I.é.", ou "L.S.t'é." ou encore "H.l.c."; mais le nombre même des interp
rétations proposées démontre l'incertitude de leur fondement. Si nous en voulons à tout prix d
éduire un enseignement, nous dirons que le binaire doit être ramené à l'unité primordiale, à la
perfection qui prêtera à l'ensemble sa force intérieure. L'idée de la renaissance spirituelle, à laq
uelle les deux colonnes font allusion, fortifiera notre confiance et notre conscience du devoir e
t nous encouragera à persévérer dans la voie du perfectionnement sur laquelle nous avons co
mmencé à cheminer.

• QUEL EST LE MOT DE PASSE DES APPRENTIS?


G . . . qui signifie "excellent dans le métier".
Ce mot est dérivé de Gébal, nom d'une ville de la Palestine, célèbre par les excellents tailleurs d
e pierre qui y auraient vécu. Selon une autre interprétation, G . . . serait le nom d'une montag
ne située près de Jérusalem; mais il y a une confusion à la base de cette interprétation. Le mot d
e passe G . . . a pour but de permettre en principe à l'Apprenti de se faire ouvrir les portes des L
oges travaillant au premier grade.
Dans certaines Loges, notamment à l'étranger, d'autres mots de passe sont en usage; ainsi en
particulier le mot T . . . qui était autrefois celui des Loges de l'Alpina.

• RECEVEZ-VOUS UN SALAIRE EN TANT QU'APPRENTI?


Oui, dans la conscience d'avoir rempli fidèlement mes devoirs.
Comme nous l'avons dit, les apprentis dans les loges de Maçons opératifs touchaient leur
salaire au pied de la colonne B pour le Memphis c’est la colonne J . . . ; ce salaire se donnait
sous forme d'espèces sonnantes. L'Apprenti Franc-Maçon, dans les Loges modernes, a droit
également à une récompense; celle-ci ne consistera pas en argent, mais dans la satisfaction
qu'éprouve tout Frère d'avoir rempli fidèlement les devoirs dont le charge sa qualité d'homme,
de citoyen, de membre de famille ou de Franc-Maçon. Dans ce sens, seul celui qui a accompli
du bon travail a droit au salaire; dès lors, il est dans le pouvoir de chacun d'augmenter, par un
travail maçonnique toujours meilleur, la récompense qui naturellement, lui échoit. Car le Franc-
Maçon n'a pas le droit d'exiger ni argent, ni remerciement, ni honneurs pour ses actes; il sait q
ue toute bonne action porte en elle-même sa récompense. De même au sein de la fraternité, le
Maçon est tenu de donner tout ce dont il est capable, sans se demander si ce don et son travail
seront appréciés par les autres. Il est indigne d'un Franc-Maçon de se faire payer tous ses actes
, tous ses services, et cela même dans la vie profane; à plus forte raison est-il indigne de lui de s
'enrichir aux dépens de ses Frères.
Partout où il n'y a pas de récompense matérielle à attendre, le Franc-Maçon trouvera son vrai c
hamp d'activité. Il paiera de sa personne chaque fois que le profane soucieux de son propre ava

Almonor Stanley
ntage se dérobera; dans les oeuvres désintéressées de la philanthropie, de la bienfaisance, dans
les activités sociales bénévoles, le Franc-Maçon est à sa place.

• QU'EST-CE QU'UNE LOGE JUSTE ET PARFAITE?


Trois la dirigent, cinq l'éclairent, sept la rendent juste et parfaite.
Malheureusement, dans la question de l'appréciation de la régularité, les contingences humain
es provoquent parfois des divergences. La Maçonnerie anglo-saxonne a établi une série de con
ditions très précises de la reconnaissance de la régularité des Grandes Loges étrangères. Les con
ditions essentielles de la reconnaissance par les puissances anglo-saxonnes sont le maintien ou
l'introduction du symbole du G. A. de l'U., la présence de la Bible ouverte sur l'autel et le maint
ien des "Anciennes Charges" et des "Landmarks" de la Maçonnerie. Pour être régulière, une Lo
ge doit avoir été créée par sept Maîtres réguliers au moyen d'une charte constitutionnelle ou pa
tente délivrée par une Grande Loge régulière. Pour constituer une Grande Loge régulière, la réu
nion d'au moins trois Loges régulières est exigée.
Les normes établies par les autres obédiences divergent sensiblement des préceptes anglais. Ce
rtains systèmes exigent la réunion de neuf, d'autres de cinq Maîtres pour la constitution d'un at
elier. Cependant, une Loge n'est juste et parfaite que lorsqu'elle a été constituée selon les règle
s. Le Vénérable, assisté des deux surveillants, peut à la rigueur diriger la Loge; mais deux autres
officiers, l'orateur et le secrétaire, sont nécessaires pour qu'elle puisse être éclairée, c'est-à-dire
recevoir vie et lumière; enfin sept officiers sont nécessaires pour que l'atelier puisse procéder à
une initiation.
D'après les prescriptions de la Grande Loge d'Angleterre et de nombreuses autres Grandes Log
es, une assemblée de Loge n'est juste et parfaite que lorsqu'elle est composée au moins de troi
s Maîtres, deux Compagnons et deux Apprentis. Pour la fondation d'un atelier, la participation
d'au moins sept Maîtres réguliers est exigée. Il serait éminemment désirable que l'on s'accord
ât sur une base internationale au sujet de ces très importants points de droit maçonnique.

OU AVEZ-VOUS ÉTÉ PRÉPARÉ AVANT D'ÊTRE REÇU FRANC-MAÇON?


Dans mon for intérieur.
ET ENSUITE?
Dans une chambre près de la Loge
Cette question nous introduit dans les us et coutumes maçonniques proprement dits relativem
ent à la préparation et à l'initiation au grade d'Apprenti. Le candidat désireux de se faire recevoi
r Franc-Maçon s'enquiert tout d'abord de la nature et des buts de l'Ordre et après mûre réflexio
n, prend la décision de poser sa candidature ou de faire une demande d'admission par l'interm
édiaire d'un ami. Puis des renseignements complémentaires lui sont donnés, de nombreuses qu
estions lui sont posées qui lui permettent de se rendre compte plus exactement de ce qu'est la
société dans laquelle il désire entrer.
Arrive enfin le jour de l'initiation et l'instant de la décision ultime. Une dernière fois le cas est m
inutieusement examiné. Son parrain et le Frère préparateur s'entretiennent avec le candidat, d

Almonor Stanley
ans un lieu retiré, et évoquent devant ses yeux, avec toute la précision voulue, ses futurs devoir
s; son attention est attirée sur toutes les conséquences que sa démarche pourra entraîner. Dan
s la plupart des Loges, il est tenu de répondre par écrit à un certain nombre de questions relativ
es à la Franc-Maçonnerie. Dans le cabinet de réflexion, il est abandonné à ses pensées; à la lueu
r d'une simple chandelle, généralement en présence de symboles de la mort, sa préparation int
érieure doit s'accomplir. Il a sous les yeux des préceptes qu'il est invité à méditer; parfois on exi
ge de lui un testament moral.
Toutes ces circonstances, ce décor particulier sont destinés à mettre le candidat dans un état d'
émotivité intense et de méditation sérieuse; et sa conscience de la gravité, de la solennité de l'h
eure est un critère de sa compréhension de la Franc-Maçonnerie. Chaque rite de la préparation
doit encore augmenter cet état psychique, jusqu'à ce que le Frère préparateur ait la conviction
que le candidat est "dans les dispositions convenant à l'initiation".
Le cabinet de réflexion, qui est dit "près de la Loge", est en réalité parfois assez éloigné du temp
le, mais toujours il est affecté à cet usage exclusif. Et comme l'initiation maçonnique n'est autr
e que la naissance de l'homme à une vie nouvelle, le cabinet de réflexion symbolise le sein mat
ernel dans lequel s'accomplit la préparation de la renaissance spirituelle.

• COMMENT AVEZ-VOUS ÉTÉ PRÉPARÉ EXTÉRIEUREMENT?


Dépouillé de tous métaux, je fus conduit devant les portes de le Loge, un épais bandeau recou
vrant mes yeux.
Une tradition ancienne veut que le néophyte ne soit pas seulement préparé intérieurement, ma
is aussi extérieurement. Sa préparation extérieure est en relation étroite avec l'initiation et ses
enseignements; elle doit contribuer de son côté à créer l'état d'âme particulier de l'initiation.
Suivant la tradition antique, le candidat subit une préparation vestimentaire spéciale. Il est
dépouillé d'une partie de ses vêtements, pour lui rappeler que la vertu n'a pas besoin
d'ornements. Le coeur est découvert en signe de sincérité et de franchise; le genou droit est
mis à nu pour rappeler l'humilité dans laquelle doit se poursuivre la recherche de la vérité; le
pied droit est déchaussé à l'imitation d'une coutume orientale qui, par ce geste, exprime le
respect du lieu que l'on foule des pieds. Dans les Loges anglaises, une corde est passée autour
du cou du néophyte. Cependant, de nombreuses Loges, notamment en Suisse alémanique, ont
abandonné cette partie de la préparation extérieure du candidat.
Le symbolisme de cette préparation extérieure varie d'un système à l'autre. D'une manière géné
rale, on peut dire qu'elle a pour but de faire comprendre au candidat que la Franc-Maçonnerie
ne juge pas les hommes d'après l'extérieur, d'après le titre ou le rang social. C'est dépouillé de s
on argent, faible et sans défense qu'il pénètre dans le temple, ce qui doit le mettre en garde co
ntre sa vanité. La poitrine découverte est symbole de sa sincérité; le bras nu témoigne de sa vol
onté et de son aptitude au travail; le genou mis à nu rappelle le respect du G. A. de l'U. et la pa
ntoufle représente la pauvreté. Le candidat est dépouillé de tous métaux, c'est-à-dire de son arg
ent et des objets de valeur qu'il avait sur lui; privé de la vue par un bandeau, confiant et sans dé
fense, il s'est confié à nous sans savoir ce qu'il adviendra de lui. Cette préparation constitue la
première des épreuves auxquelles sera soumise sa constance.

Almonor Stanley
Tandis que la préparation vestimentaire a été supprimée par un très grand nombre de Loges, to
utes ont conservé le symbolisme très profond de l'abandon des métaux.

• POURQUOI LES YEUX VOUS FURENT-ILS BANDÉS?


Afin que mon oeil intérieur aperçoive d'autant mieux les choses.
Toute la préparation, et plus particulièrement le bandeau placé sur ses yeux, a mis le candidat d
ans un état négatif, dans un état de néant. Il ignore où il est, il ne sait pas ce qui se passe autou
r de lui; tout au plus peut-il pressentir la vérité. Rien ne distrait son attention de la cérémonie d
ont il est le centre et des paroles qui lui sont adressées. Déjà dans les initiations les plus ancienn
es dont témoigne l'histoire, nous voyons que les néophytes avaient les yeux bandés, cela afin q
ue la lumière qu'on va leur donner brille d'un éclat d'autant plus vif et qu'ils l'apprécient d'auta
nt plus hautement. Il est possible également que cet usage constituait une mesure de précautio
n pour le cas où le candidat, pris de regrets ou de crainte, reculerait devant la décision dernière
; ainsi s'assurait-on de sa discrétion.
Actuellement, cette crainte n'est certainement pas la raison de la coutume de bander les yeux
du néophyte; si l'on agit de la sorte, c'est pour lui permettre de se concentrer entièrement sur l
es actes qu'il est appelé à accomplir. La nuit dans laquelle il se trouve est le symbole des ténèbr
es dont est enveloppé l'enfant dans le sein de la mère; et comme l'enfant voit le jour à l'heure d
e sa naissance, ainsi le candidat, naissant à une vie spirituelle renouvelée, doit-il sortir des ténè
bres à l'instant solennel de son initiation.

• POURQUOI AVEZ-VOUS ÉTÉ DÉPOUILLÉ DE TOUS MÉTAUX?


Afin d'être rendu sensible à la vanité des trésors matériels et à la détresse des pauvres.
Le néophyte qui se présente devant l'assemblée des Frères doit être dépourvu de son argent et
de ses bijoux, ainsi est-il l'allégorie vivante de l'égalité des hommes. La situation avantageuse, la
richesse ne font pas la valeur de l'homme. Celui qui se présente devant nous, et fût-il le plus
riche, nous apparaîtra pauvre pendant quelques instants; il importe qu'il devienne conscient, à
ce moment, du sentiment amer de ne rien posséder. Cette expérience intime l'incitera à
combattre dorénavant avec une ardeur renouvelée la détresse et la misère
d'autrui. Le Maçon véritable ne s'adonnera pas à la chasse frénétique aux richesses, car il sait q
ue les trésors matériels peuvent s'évanouir d'un jour à l'autre. A quoi lui servent honneurs et ric
hesse, s'il est malheureux, mécontent de son sort, si les petits chagrins de la vie, si les pertes l
es plus insignifiantes l'abattent? Le Franc-Maçon, toutefois, ne vivra pas en dehors des réalités;
il tâchera d'acquérir les moyens nécessaires à son existence et à celle des siens; il veillera à l'éd
ucation de ses enfants et cherchera à assurer ses vieux jours. Mais ces préoccupations ne seron
t pas le but unique de sa vie, ainsi qu'il en est trop souvent parmi les hommes; car il connaît les
richesses de l'esprit et se sent porté vers elles tout autant que vers celles de ce monde. Par sa
bienfaisance, il sèmera le grain de l'amour; et il récoltera l'amour.

• COMMENT AVEZ-VOUS OBTENU ACCÈS À LA LOGE?

Almonor Stanley
Par trois grands coups.
QUELLE EN EST LA SIGNIFICATION?
Cherchez et vous trouverez. Demandez et vous recevrez. Frappez et l'on vous ouvrira.
Dans la plupart des Loges, le candidat est invité à frapper lui-même les trois coups à la porte du
temple; dans d'autres Loges, c'est le Frère préparateur qui accomplit ce rite. Il ne s'agit naturell
ement pas de trois coups de la batterie d'Apprenti, mais de trois forts coups frappés "en profan
e". Qu'est-ce qui nous conduit à la Loge? Persévérance, confiance, enthousiasme; voilà ce que
ces trois coups disent aux Frères assemblés. Quand nous frappons à la porte, il est nécessaire q
ue nous ayons la ferme conviction que nous sommes sur le chemin du bonheur. Lorsque nous
avons cherché avec persévérance, nous devons avoir acquis une pleine confiance en la Loge et
en la Franc-Maçonnerie; c'est cette confiance qui nous permet de frapper à la porte du temple
et de solliciter notre réception. Et pour peu que cette confiance soit réciproque, nous pouvons
frapper en toute sécurité, car l'entrée ne nous sera pas refusée. Celui qui cherche d'un coeur si
ncère et ardent trouvera toujours ce qu'il désire: la paix de l'âme.

• QUE VOUS EST-IL ARRIVÉ APRÈS VOTRE INTRODUCTION EN LOGE?


Conduit par un Frère, j'ai accompli trois voyages et ai entendu de graves paroles.
QUE SIGNIFIENT CES TROIS VOYAGES?
Chacun a sa propre signification; dans leur ensemble ils symbolisent la pénible ascension vers
la lumière.
Une grande variété existe, dans les différentes Loges, relativement aux modalités de ces trois vo
yages; cependant, partout leur nombre est identique et de même leur signification: ils représen
tent la marche à travers les ténèbres et la poursuite de la lumière.
Dans certains rituels, des épreuves par éléments sont intercalées entre les voyages; ces
épreuves symboliques sont exécutées au moyen de l'eau, de la terre et du feu, ou encore de
l'eau, de la terre, de l'air et du feu. D'autres Loges ignorent ces épreuves et se contentent de
donner, par la bouche du Vénérable et des deux surveillants, ou encore de l'orateur, de sages
recommandations au récipiendaire. d'autres rituels enfin intercalent ici l'épreuve du calice
d'amertume. Une musique appropriée ou des chants accompagnent le candidat dans ses voyag
es et le mettent dans un état d'âme particulièrement propice. La direction dans laquelle s'exéc
utent les voyages n'est pas partout la même; tantôt elle suit la marche de l'aiguille: ouest - nord
- est - sud, tantôt elle est inversée. Mais toujours le voyage débute par l'ouest et conduit le can
didat à l'est où se trouve la lumière. Symboliquement, le futur Apprenti parcourt une partie de
sa vie: l'enfance, l'adolescence et l'âge mûr, ce qui suppose qu'avant de frapper à la porte du te
mple il a déjà acquis un certain degré de maturité d'esprit, maturité qui seule permet de voir et
de comprendre la pleine lumière.
Avant d'entreprendre ces voyages, le récipiendaire est rendu attentif aux obstacles et aux dang
ers qui se présenteront à lui et aux épreuves auxquelles il sera soumis. Plusieurs Loges mettent
effectivement en scène de semblables obstacles et dangers symboliques; les épreuves par les é
léments ne sont pas autre chose que la représentation de difficultés que l'homme doit surmont

Almonor Stanley
er en parcourant la route de la vie; et ce n'est que lorsqu'il aura obtenu cette victoire qu'il s
era capable de contempler la lumière de la vraie humanité.
Les trois voyages sont l'illustration des trois sentences que voici:
Par la nuit vers la lumière,
Par la lutte à la victoire,
Par la fidélité à la perfection.

Ils se rapportent également aux trois premières marches de l'échelle mystique qui conduit, dan
s le temple salomonien, au Très-Saint, c'est-à-dire à la connaissance de la vérité.

• QU'A-T-ON EXIGÉ DE VOUS APRÈS LES TROIS VOYAGES?


Une promesse solennelle que j'ai prêtée devant l'autel de la vérité.
QUELS SONT LES TERMES DE CETTE PROMESSE?
Je promets de remplir mes devoirs envers la famille, la patrie et l'humanité plus fidèlement enc
ore que par le passé; de respecter toute conviction sincère non contraire à la loi morale et à l'a
mour du prochain; de travailler à mon propre perfectionnement; de persévérer sans relâche da
ns la recherche de la vérité et de la justice.
Je promets de ne pas demeurer absent des réunions de la Loge à moins de raisons absolument
majeures et de collaborer à ses travaux dans la mesure de mes forces.
Je promets d'observer scrupuleusement les lois de la Franc-Maçonnerie, de travailler à la pro
spérité de ma Loge, d'aimer mes Frères, de les aider de mes conseils et de mes actions, pour au
tant que cela n'est pas contraire à mon honneur et mes devoirs vis-à-vis de Dieu, la patrie et la f
amille.
Je promets de ne révéler ni les usages de la Franc-Maçonnerie ni les justifications de mon Grad
e et de ne parler qu'avec la discrétion qui sied à un homme d'honneur des travaux et délibérati
ons de la Loge.
Tout cela, je le promets sur l'honneur !
Les devoirs formulés par ce serment sont clairs et ne prêtent pas à confusion; ils sont destinés
à ne pas rester de vaines phrases, mais à être effectivement remplis. C'est un serment sacré qu
e prononce le futur Franc-Maçon, et non pas une promesse accessoire quelconque qu'il n'est p
as nécessaire de tenir à tout prix. Seul un homme indigne viole délibérément une promesse aus
si formelle, prononcée dans un moment aussi solennel. Toute l'essence de la Franc-Maçonn
erie est contenue dans ces paroles; et celui qui se conforme aux préceptes quelles formulent s
era un Franc-Maçon véritable et un homme digne de ce nom.
Une fidélité toujours plus grande au devoir, la tolérance vis-à-vis de ceux qui pensent autremen
t, la poursuite de la vérité et le travail inlassable à notre propre perfectionnement, telles sont le
s vertus que l'on exige de nous. Le Maçon doit se soumettre aux lois et prescriptions de l'Ordre
; l'un de ses devoirs les plus évidents - encore que trop souvent méconnu - consiste dans la fréq

Almonor Stanley
uentation régulière de la Loge, car cette assiduité est la condition sine qua non de son activité e
n faveur de l'atelier.
Le Franc-Maçon doit, par ses conseils et ses actes, prêter secours à ses Frères; il ne s'agit pas ici
principalement d'aide financière ou d'avantages économiques. L'aide matérielle n'entre en je
u que lorsqu'un Frère est dans la détresse; et même dans ce cas, l'aide à apporter ne dépend q
ue des possibilités et du jugement de celui qui lui vient en aide. Certes, il n'est pas de Franc-Ma
çon qui laissera son Frère dans le dénuement, lorsqu'il a les moyens de le secourir; mais cette c
harité fraternelle, dépassant le cercle étroit de la famille maçonnique, s'étend à tous les homme
s dans le besoin. La partie du serment qui a trait à l'entraide des Frères n'oblige pas ceux-ci à se
prêter d'une manière immorale un appui mutuel; de même, l'aide fraternelle n'est un devoir qu
e lorsqu'elle ne va pas à l'encontre des droits de l'État et de la famille.Il est recommander aux
Frères de n'accorder des prêts ou des cautions qu'avec l'assentiment du Vénérable.
Il va sans dire que nos signes de reconnaissance doivent être gardés secrets, car ce sont eux qui
préservent notre alliance des hommes malveillants. De même nos cérémonies doivent être l'ob
jet d'une grande discrétion; et ce ne sera jamais sans mûre réflexion que le Franc-Maçon parler
a des affaires intérieures de la Loge. Il est également très important d'obliger les nouveaux Maç
ons à s'engager à conserver le secret même dans le cas où ils quitteraient, pour une raison ou u
ne autre, la Franc-Maçonnerie; la démission ou la radiation ne les libèrent pas des engagement
s qu'ils ont contractés.

• QU'EST-IL ADVENU ENSUITE?


Je fus consacré Franc-Maçon sous la pointe du compas.
La consécration du Franc-Maçon est sans doute, excepté le moment où la lumière lui est donné
e, l'instant le plus solennel de toute la cérémonie qui doit laisser une trace inaltérable dans le
cœur du néophyte.
Le compas touche le cœur et la pointe menace de pénétrer dans la chair. C'est le moment de
l'abandon complet de soi, de la plus profonde confiance; le futur Maçon n'a aucune crainte et
se prête avec émotion au rite de la consécration.
Pourquoi le compas est-il placé, en cette heure solennelle, sur le cœur? Parce que le cœur est l'
organe essentiel, vital de l'homme, le symbole de la vie même, et qu'il est considéré par la croy
ance populaire de tous les peuples comme le siège de l'âme. Ainsi la consécration doit-elle aller
droit au cœur du néophyte et toucher la partie la plus sensible de son être moral pour exercer s
ur lui une influence durable. Celui qui a été consacré Franc-Maçon doit le demeurer, même s'
il quitte la Loge ou l'Ordre. La consécration la charge d'une obligation dont la durée dépasse ce
lle de son appartenance à la Franc-Maçonnerie. S'il est un homme d'honneur, s'il a saisi la port
ée de la cérémonie, jamais il ne trahira la Maçonnerie et il gardera le silence juré même s'il ne f
ait plus partie de notre chaîne. Autrement il s'avilit et se condamne soi-même.
C'est pourquoi il est nécessaire que l'Apprenti se pénètre du caractère solennel et sacré de sa c
onsécration et de la durée imprescriptible des obligations dont il s'est chargé, afin que toute sa
vie durant il s'en montre digne

Almonor Stanley
Cette manière de placer la pointe du compas sur le cœur se justifie encore à d'autres égards. Le
compas est l'instrument qui trace le cercle parfait, symbole de l'unité; ainsi apparaît-t-il lui-mê
me comme le symbole de l'amour fraternel qui doit régner dans notre cercle maçonnique et, p
ar extension, dans le cercle de l'humanité entière. Or, ce compas ne peut tracer son cercle que
s'il est ancré fortement au cœur du Frère. Par les coups que le Vénérable, lors de l'initiation, fra
ppe sur la tête du compas, le néophyte est consacré à la fois Franc-Maçon et Frère. En effet, l'au
tre pointe du compas, libre de tout appui, le relie à partir de cet instant à tous les Frères répan
dus sur les deux hémisphères du globe terrestre.
Dans certaines Loges suisses, la consécration se fait d'une autre manière. Selon certains rites, l
e Vénérable frappe de son épée le néophyte à l'épaule à la manière de la consécration des cheva
liers. En Suisse romande, le néophyte est généralement placé sous une voûte d'acier figurée par
les trois épées du Vénérable et des surveillants; et c'est sur l'épée que le Vénérable frappe la ba
tterie d'Apprenti qui consacre le nouveau Franc-Maçon. Ce rite s'apparente à la consécration
du chevalier; les épées qui constituent la voûte d'acier sont les symboles de la lutte que le Fran
c-Maçon doit mener sans cesse pour assurer le triomphe de l'amour, de la justice et de la vérité
.

• QUE SIGNIFIENT LES TROIS PAS D'APPRENTI?


Chacun forme un angle droit et nous enseigne que nous devons toujours agir selon le droit e
t le devoir.
L'exécution correcte des pas de l'Apprenti, le corps énergiquement redressé, la main faisant le
signe, le regard dirigé vers le Vénérable, est à elle seule preuve de la couverture intérieure. Ces
pas nous rappellent la seconde de nos grandes lumières, l'équerre, qui est à la base même de la
position des mains et des pieds. Que la vie du Franc-Maçon se déroule sous le signe de
l'équerre et soit dirigée résolument en avant, où est la source de la sagesse! Le nombre des pas
rappelle les efforts constants que le Franc-Maçon doit faire pour s'approcher toujours
davantage de la sagesse. Ces pas ce font maintenant les yeux ouverts, car le nouvel initié
connaît dès à présent les devoirs que, par sa promesse solennelle, il a assumés. L'exécution
particulière des pas de la marche d'Apprenti doit nous rendre sensibles la prudence et la réflexi
on dont tous nos actes doivent être empreints; car initiés, nous ne marchons plus au petit bonh
eur, mais conscients du but qui est devant nous.
Ici encore nous sommes en présence du symbolisme de l'échelle mystique du temple de Salom
on. Les pas de l'Apprenti ne sont pas autre chose que les trois premiers degrés de cette ascensi
on qui doit conduire au cœur même de la vérité.

• QUELLE FUT LA RÉCOMPENSE DE VOTRE CONSTANCE?


La lumière, destinée à éclairer désormais la route de ma vie maçonnique.
Par sa persévérance qui l'a conduit à l'autel de la vérité en dépit de multiples obstacles, le néop
hyte a mérité une récompense. Marchant dans les ténèbres, il a cherché patiemment la lumière,
et maintenant le voici jugé digne de la contempler. A ce moment dans la plupart des Loges, il e

Almonor Stanley
st placé à l'occident, les mains dans celles de ses Frères qui forment la chaîne. Le bandeau tomb
e de ses yeux, et après son long séjour dans la nuit, il est ébloui et ne peut pas, au premier abor
d, distinguer des détails de l'Orient. C'est pour cette raison que certains rituels prévoient "la pet
ite lumière" qui lui est préalablement donnée dans un temple faiblement éclairé.
Qu'est-ce que cette lumière qui a été promise au néophyte durant ses voyages et ses épreuves?
Symboliquement, la lumière signifie toujours la sagesse, la connaissance. Or la lumière a sa sou
rce et son siège à l'Orient d'où elle éclaire toute la Loge. Le Vénérable en est en quelque sorte le
conservateur et le dispensateur; sur l'autel, elle est symbolisée par les trois flambeaux placés
devant le premier officier de l'atelier.
La lumière maçonnique, c'est la sublime grandeur et la force persuasive de la doctrine maçonni
que, dont les trois bougies ne sont qu'un faible rayon et qui doit désormais éclairer la route du
nouveau Franc-Maçon. Le bandeau lui a été enlevé, et par cet acte symbolique il est devenu un
voyant, il a reçu cette lumière de l'esprit qui lui permettra de chercher, de penser, de connaîtr
e, de juger des choses en homme libre, d'agir selon les principes de la Franc-Maçonnerie. Une
foule d'idées, de notions, de rapports, de nécessités qui jusqu'à ce moment était enveloppés de
ténèbres, s'épanouissent maintenant en pleine lumière, l'engageant à contempler et à compre
ndre le monde d'un autre point de vue. Cependant, il n'est encore qu'Apprenti et en cette qual
ité n'est initié qu'aux grandes lignes de la doctrine de lumière; à lui de travailler pour obtenir, d
ans une nouvelle initiation, une lumière plus complète.

QUELLE ÉTAIT LA PLACE DU VÉNÉRABLE MAÎTRE, LORSQUE VOUS FÛTES REÇU FRANC-
MAÇON?
A l'Orient, car de même que le soleil apparaît à l'Orient pour ouvrir la carrière du jour, de mê
me le Maître se tient à l'Orient pour ouvrir la Loge et appeler les Frères au travail.
Dans certains systèmes, le soleil, la lune et le Vénérable Maître sont appelés " les petites
lumières de la Franc-Maçonnerie"; l'explication de cette formule est que le soleil règne sur le
jour, la lune sur la nuit, et le Vénérable Maître sur la Loge. D'autres systèmes ne connaissent au
premier grade que le soleil et attribuent le symbolisme de la lune au troisième. Sans doute peu
t-on établir un rapprochement entre le Vénérable et le soleil: tous deux se tiennent à l'Orient,
tous deux répandent la lumière et exercent un gouvernement. Mais ces attributs communs ne
suffiraient point, à eux seuls, à justifier cette assimilation.
Le Vénérable Maître n'est pas un simple président à l'instar des présidents de sociétés profanes
qui remplissent tant bien que mal leur office; il doit être davantage que cela: il doit être un sag
e régent jouissant de la confiance et de l'amour de son peuple, en l'occurrence de ses Frères. S
ans doute est-il tenu d'observer les règlements de sa Loge, mais il est nécessaire qu'il ait des co
mpétences suffisantes qui lui permettent, grâce à un certain pouvoir discrétionnaire, de comble
r certaines lacunes et de prendre, lorsqu'il est nécessaire, des décisions. Dans la mesure du pos
sible, il doit jouir d'une certaine liberté d'action dans la direction de la Loge, afin de pouvoir ins
uffler l'esprit qui fera sa prospérité et, partant, celle de l'alliance maçonnique entière. Il faut qu
e dans la Loge le Vénérable soit la personne la plus compétente devant laquelle tous les Frères s
'inclinent volontairement.

Almonor Stanley
Et cette situation privilégiée est parfaitement justifiée, puisque c'est le Vénérable qui porte, vis
-à-vis de l'Ordre, la responsabilité des actes de sa Loge. La charge de Maître en chaire de la Log
e exige beaucoup de souplesse, de tact, de patience et d'indulgence, beaucoup d'énergie et de
fermeté, mais avant tout un très grand amour. Le Vénérable ne cherchera à faire triompher ses
idées que lorsqu'il est sincèrement convaincu qu'elles concourent au bien de la Loge et de la M
açonnerie. Aussi les Frères témoigneront-ils à leur Vénérable le respect que réclame la haute ch
arge qu'il occupe et dont dépend si souvent la prospérité de l'atelier. Une Loge qui ne respecte
pas son Vénérable se déshonore elle-même. Discipline et obéissance librement acceptées, voilà
les vertus qui prêteront force et union à la chaîne maçonnique. Et le Vénérable Maître sera la s
ource à laquelle les Frères puiseront la noble ardeur au travail.

• QUELLES SONT LES TROIS GRANDES LUMIÈRES DE LA FRANC-MAÇONNERIE?


La Bible, l'Équerre, et le Compas.
Ces trois symboles du grade d'Apprenti sont appelés "les grandes lumières", parce qu'à eux seul
s ils révèlent, à qui sait les comprendre, toute l'essence de la Franc-Maçonnerie. Placés sur l'aut
el, ils s'imposent immédiatement à l'attention du nouveau Frère qui pressent l'importance qu'il
s ont dans notre symbolisme.
La Bible, en tant que symbole, se prête aux plus diverses interprétations. Pour l'un, elle est le liv
re sacré de sa foi religieuse et la révélation divine de la loi morale; pour l'autre, elle est l'un de
s plus anciens documents de l'effort humain vers la religion. Elle peut encore être considérée co
mme le symbole des lois de l'humanité, de la dignité humaine, de l'amour. Pour chacun, elle est
le symbole de la voie qui franchit le cercle étroit des préoccupations matérielles pour conduir
e à cette puissance supérieure que nous révérons sous le nom de G.A. de l'U., tout en affirman
t la liberté de conscience, de croyance et de pensée dans le respect de toutes les convictions sin
cères.
En tant que symbole, la Bible n'oblige personne à une profession de foi déterminée; l'unique
obligation qui découle de sa présence est celle de rechercher la vérité, sincèrement, librement.
Considérée sous cet angle, la Bible ne saurait soulever aucune objection; tout Maçon, quelle qu
e soit sa religion ou sa conception du monde, respectera la Bible en tant que symbole ancien d
e la Franc-Maçonnerie.
Voici, à titre d'exemple, comment la Grande Loge de New York interprète le symbole de la Bible
: "La Bible, dit-elle dans ses instructions, est une des grandes lumières. Elle est une des sources
principales de l'histoire de la Franc-Maçonnerie. C’est à cette source qu'une grande partie de n
otre rituel a été puisée. La Bible étant ouverte sur l'autel, il est loisible à chacun de l'interpréter
selon ses propres convictions. En tant que symbole, elle représente le livre de la Vérité, l'expres
sion de la Foi, le témoignage de la Volonté Divine qui a été enseigné à l'homme au cours des siè
cles".
L'équerre est la seconde de nos grandes lumières. Elle règle nos actions selon la sévère loi de l'a
ngle droit, c'est-à-dire de la justice, du droit et de l'humanité. L'Apprenti est comparable à une
pierre brute, couverte de rugosités et d'arêtes tranchantes; il est le produit immédiat de la nat
ure. L'équerre lui est mise en main, afin qu'il l'applique à sa propre personnalité et qu'il se tran

Almonor Stanley
sforme en une pierre travaillée, cubique et lisse.
Le compas, symbole de l'amour fraternel que nous devons porter à tous les êtres humains, déte
rmine notre vie affective, notre attitude à l'égard de la fraternité maçonnique et de l'humanité.
Il est, dans son essence, plus irrationnelle que l'équerre dont la loi est davantage celle de la rais
on. L'une des pointes du compas est solidement ancrée dans le cœur du Franc-Maçon, tandis q
ue l'autre trace le cercle immense dans lequel est inclus la totalité des hommes auxquels, que n
ous les connaissions ou que nous les ignorions, s'adresse notre amour. Pareil au cercle qui est i
nfini, notre amour du prochain, du Frère, doit être sans fin.
Au point vu de leur sens ésotérique, ni l'équerre ni le compas ne peuvent être considérés séparé
ment; pris isolément, ni l'un ni l'autre ne nous rapproche de la perfection, car l'activité humain
e procède toujours de la double source de la raison et de l'émotion. Mais réunies, les trois lum
ières constituent le point de départ de cette lumière maçonnique qui jaillit de l'Orient pour écl
airer le monde.
Remarquons enfin que certaines Loges attribuent une autre signification à ces trois symboles es
sentiels, ce qui diminue d'ailleurs en rien la vénération dont ils sont l'objet. Dans certaines Log
es le maillet est également considéré comme grande lumière et jouit du respect qui s'attache à
cette qualité; il symbolise la force, l'énergie, sans laquelle nulle œuvre ne peut être achevée.

QUELLE SONT LES TROIS PETITES LUMIÈRES DE LA FRANC-MAÇONNERIE


Les flammes de la Sagesse, de la Force et de la Beauté qui brillent sur les colonnes portant la
Loge.
COMMENT CES COLONNES PEUVENT-ELLES SOUTENIR LA LOGE?
Parce que sans elles rien de parfait ne peut être édifié. La Sagesse invente, la Force exécute et
la Beauté orne.
Les trois colonnes sur lesquelles repose la Loge sont placées à la périphérie du "carré oblong
"; il est dit qu'elles représentent le soleil, la lune et le Maître de la Loge. Ou encore selon d'aut
res systèmes, le Vénérable représente la colonne de la Sagesse, le premier surveillant, celle de
la Force, et le second surveillant, celle de la Beauté. Une grande divergence existe dans les diffé
rents rites; on parle tantôt de flammes de la Sagesse, de la Force et de la Beauté, tantôt de
piliers ou de colonnes.
Logiquement, les trois petites lumières ne sont autres chose que les trois flammes que l'on peu
t aisément assimiler au soleil, à la lune et au Maître de la Loge ou, mieux encore, au Maître et
aux deux surveillants. Désigner les flammes de la Sagesse, de la Force et de la Beauté par le ter
me de "petites lumières" peut prêter matière à confusion et leur faire attribuer une significatio
n secondaire. En réalité, flammes, colonnes ou petites lumières ne sont pas autre chose que
de nouveaux symboles des notions fondamentales que représentent les trois grandes lumières.
La Sagesse invente le plan d'une œuvre que la force exécute et à laquelle la beauté apporte l'or
nement. C'est à dessein qu'il est parlé ici de sagesse et non pas de savoir, trop souvent vain et d
e pure forme. C'est la sagesse qui est à la base de l'inlassable recherche de la vérité et qui, utilis
ant les connaissances acquises au cours de cette recherche nous porte au perfectionnement de

Almonor Stanley
notre pensée et de notre action. La sagesse, c'est la connaissance de soi qui permet au Maço
n de travailler utilement. Avant que de savoir ce que nous allons entreprendre, il importe que
nous sachions ce que nous sommes et ce dont nous sommes capables. La sagesse est la source
de l'idée et de l'action maçonniques.
Mais à elle seule, la sagesse ne suffit point; elle doit être doublée de la force, c'est-à-dire de la v
olonté résolue d'agir selon la sagesse. C'est cette force qui balaiera les obstacles et triomphera
des difficultés. Son premier champ d'activité, elle se trouvera dans la possession de soi, dans la
maîtrise de soi. Il ne suffit pas de connaître ses défauts et ses faiblesses, il faut tenter de les vai
ncre et de les éliminer. La force, dans le sens élevé où nous l'entendons, ne se manifeste pas av
euglément; elle n'exécute que les œuvres conformes à la loi morale; et c'est cette sagesse, mar
chant de pair avec la force, qui nous garantit qu'il en soit ainsi.
La Beauté couronnera l'œuvre commune de la sagesse et de la force en apportant à l'édifice ce
qui lui manque encore; l'harmonie, l'unité, la paix, le contentement. La connaissance de soi,
œuvre de la sagesse, la maîtrise de soi, œuvre de la force, trouvent leur achèvement dans le per
fectionnement de soi, œuvre de la beauté. Car la beauté réside dans la perfection et dans les eff
orts qui tendent à celle-ci. La tolérance, la patience, la clémence, la bienveillance, l'amour du Fr
ère et du prochain sont à nos yeux des expressions manifestes de la beauté. Sans le triple conco
urs de la sagesse, de la force et de la beauté, rien de parfait ne peut être créé.
Ces trois petites lumières brillent du haut des colonnes sur lesquelles repose la Loge, ou du
moins sont en connexion étroite avec elles; de telle sorte que nous pouvons fort bien parler
des colonnes de la Sagesse, de la Force et de la Beauté. Mais, par le jeu d'une autre connexion,
ces colonnes portant la Loge sont également le Maître et les deux surveillants. En effet, le
Vénérable gouverne et dirige l'Atelier selon sa sagesse; le premier surveillant est chargé de
surveiller le travail, de maintenir la discipline et l'ordre et de payer les ouvriers; le second
surveillant enfin a pour mission de surveiller les Frères en dehors des heures de travail et
d'assurer le maintien de l'harmonie, de la paix et de la concorde. Il est donc parfaitement justifi
é de dire que la Loge repose sur ces trois piliers, car en fait ses trois premiers officiers portent
presque tout le fardeau des responsabilités. C'est pourquoi il est du devoir des autres officiers e
t, d'une manière générale, de tous les Frères de leur faciliter la tâche et de les soutenir par une
collaboration fidèle et une observation stricte de leurs obligations.

• QUELLE EST LA FORME DE LA LOGE?


Un carré oblong qui s'étend de l'est à l'ouest, du midi au septentrion et du zénith au nadir.
QUE VEULENT DIRE CES DIMENSIONS?
Que la Franc-Maçonnerie est universelle et que tous les hommes sont nos Frères.
Ainsi que le font voir ces questions, la forme de la Loge est déterminée, tandis que ses dimensio
ns, se confondant avec l'univers, ne le sont point. Cette description, dans ce qu'elle a de forme
l, concorde effectivement avec la forme de toutes les Loges, petites ou grandes; mais dans le s
ens le plus large, l'univers est une grande Loge travaillant sous le maillet du G. A. de l'U.
En tant qu'idéologie, la Franc-Maçonnerie est commune à toute l'humanité; aucune nation, auc

Almonor Stanley
un peuple ne saurait s'en faire un privilège personnel. La Loge est une image réduite de la socié
té humaine telle qu'elle apparaîtra aux jours lointains du triomphe décisif de l'idée humanitaire,
de la solidarité et de l'amour fraternel. Les principes maçonniques, identiques sous toutes les l
atitudes, l'histoire de l'Ordre, la tradition, le symbolisme unissent étroitement et apparentent i
ntimement tous les Maçons du globe. Mais nous devons malheureusement constater que ce
tte unité est par trop souvent encore rompue par des considérations politiques, des divergenc
es dans la conception du monde et par des aspirations, à peine déguisées, à la primauté; ainsi s
e dressent des barrières au sein même d'une organisation qui, par définition et à l'encontre du
monde profane, en devrait être complètement libérée.
La Franc-Maçonnerie possède un magnifique symbole de cette union idéale: c'est la chaîne frat
ernelle dont il est dit "qu'elle fait le tour du globe" et qui, au sein de la Loge, est représentée pa
r les mains enlacées des Frères. Lorsque, dans nos tenues, nous formons cette chaîne, ne sento
ns-nous pas tous cette émouvante union fraternelle? Ce qui est réalisable dans le cercle restre
int de l'atelier, pourquoi ne le serait-il pas également dans la Maçonnerie universelle? Devant
la magnifique parole "Aimez-vous les uns les autres", fondement de la grande idée humanitaire
, les considérations politiques, égoïstes et autres ne devraient-elles pas s'écrouler comme auta
nt de châteaux de cartes?

QUELS SONT LES BIJOUX DE LA LOGE D'APPRENTI?


L'Équerre, le Niveau et le fil à plomb.
POURQUOI SONT-ILS APPELÉS DES BIJOUX?
Parce que tous les signes de la Franc-Maçonnerie sont formés par eux.
Dans le langage profane, nous appelons bijoux des objets possédant une valeur réelle, élevée,
faits en général de métaux rares et de pierres précieuses. Les bijoux de la Loge sont de toute
autre nature; ils n'ont de valeur que pour le Franc-Maçon, car souvent ils sont faits d'un métal
des plus communs. Leur valeur réside dans leur signification symbolique; elle ne peut être app
réciée que de ceux qui ont appris à découvrir les trésors secrets de l'enseignement qu'ils nous
donnent.
D'autres instructions distinguent entre "bijoux mobiles" et "bijoux immobiles"; ceux-ci sont la
pierre brute, la pierre cubique et la planche à tracer; il est vrai que ces deux derniers ne font pa
s partie des symboles de la Loge d'Apprentis.
Nos trois bijoux sont portés en sautoir par les trois premiers officiers de la Loge: l’équerre par l
e Vénérable, le niveau par le premier surveillant et le fil à plomb par le second surveillant. Tous
les signes de la Maçonnerie peuvent être formés au moyen de ces trois instruments, car nous s
ommes en présence de l'horizontale et de la verticale dont le point d'intersection constitue l'an
gle droit. Ici encore nous voyons une expression de la grande loi morale à laquelle est soumis le
Franc-Maçon: la loi de la droiture dans la pensée et les actes. Le niveau nous est symbole de l'é
galité et de la constance, tandis que le fil à plomb qui détermine la perpendiculaire nous est sy
mbole de la droiture, de la sincérité, de la conscience. Cela nous explique pourquoi les trois pre
miers officiers de la Loge portent ces objets à leur cordon: le Vénérable dirige la Loge avec sage

Almonor Stanley
sse et selon le droit, la loi et le devoir; le premier surveillant, auxiliaire principal du Maître, veill
e au maintien de l'ordre dans la fraternité et à la constance dans l'exécution des travaux; le sec
ond surveillant enfin veille à ce que la construction s'élève perpendiculairement au sol sur lequ
el elle est assise et qu'elle s'orne harmonieusement par la vertu des travailleurs.

• QUELS SONT LES OUTILS DES APPRENTIS?


La Règle graduée, la Marteau pointu et le Compas.
La plupart des instructions ne font figurer que les deux premiers parmi les outils propres aux A
pprentis, mais il semble indispensable de leur associer également le compas.
Au moyen de la règle graduée, l'Apprenti détermine les dimensions des pierres qu'il apporte à l'
édifice et juge si elles sont propres à être adaptées à la construction. Mais l'Apprenti avisé appli
quera à soi-même cette règle en prenant comme point de comparaison l'homme le plus parfait
qu'il connaisse ou encore l'idéal qu'il garde dans son cœur. Cela ne manquera pas de le porter à
la modestie, car il verra ainsi combien il a encore besoin de se perfectionner. La règle est divisé
e en 24 parties égales, correspondant aux 24 heures du jour. Il s'en dégage la leçon que le Franc
-Maçon, conscient de la fuite du temps, est tenu d'employer judicieusement toutes les heures
de la journée, soit pour son travail, soit pour son repos, soit pour ses occupations maçonniques
. C'est avec sagesse qu'il partagera son temps afin d'être en mesure d'accomplir tous ses devoir
s; et jamais il n'oubliera que son temps est limité, que demain sera peut-être le jour où une forc
e inéluctable lui arrachera les outils des mains.
Le marteau pointu, remplacé dans certaines Loges par un maillet et un ciseau, représente l'outil
maçonnique le plus caractéristique; c'est au moyen de cet outil que l'Apprenti dégrossit la
pierre brute. Sans relâche et sans pitié pour nos faiblesses, nous devons brandir ce marteau,
afin que la pierre perde ses aspérités et devienne utilisable; le marteau est le symbole
éloquent de l'énergie, de la force de caractère sans laquelle nulle œuvre de valeur ne peut s'ac
complir.
Mais tout ce travail de mensuration et de dégrossissement de la pierre informe ne sert à rien si
l'on n'applique pas le compas, cet instrument qui symbolise l'unité harmonieuse, aux pierres la
borieusement taillées. C'est la vertu du compas qui les unit et qui garantit la solidité de l'édifice.
L’amour, la solidité, la fidélité doivent nous unir étroitement, afin que nous puissions nous aide
r les uns les autres et nous rapprocher, dans un magnifique effort commun, de la perfection. L'
amour est le couronnement de notre œuvre, et sans lui nous ne saurions travailler véritableme
nt au bien des hommes.

• A QUOI TRAVAILLENT LES APPRENTIS?


A la pierre brute qui représente l'imperfection de la raison et du cœur.
Ainsi que nous l'avons dit, certaines Loges ont pour bijoux immobiles la pierre brute, la pierre c
ubique et la planche à tracer; mais comme ces deux derniers symboles n'appartiennent pas à la
Loge d'Apprentis, nous nous bornerons à considérer ici le symbolisme de la pierre brute, image
de l'Apprenti Maçon.

Almonor Stanley
Le Frère qui vient d'être reçu dans notre chaîne est comparable à un bloc de pierre brute tel qu
'il est extrait des carrières; une pierre impropre à servir à la construction aussi longtemps qu'ell
e n'a pas été débarrassée de ses impuretés et de ses rugosités. Aussi le Maçon doit-il consacrer
tous ses efforts à la lourde tâche de son perfectionnement; ses faiblesses, ses passions, ses ma
uvaises habitudes sont comparables aux aspérités de la pierre brute qu'il s'agit maintenant de s
upprimer. Lorsque nous entrons dans la Franc-Maçonnerie, trop souvent nous sommes persua
dés d'être des hommes accomplis; mais bientôt nous apercevons que les jugements du monde
profane n'ont pas cours en Maçonnerie. Il s'agit alors d'accomplir un véritable travail de rééduc
ation; pour cela, il est indispensable de suivre assidûment les séances de l'atelier et les tenues
au temple, de méditer nos symboles et nos rites et d'étudier l'histoire de la Franc-Maçonnerie,
de se pénétrer de son esprit et de connaître son œuvre. Ainsi la pierre brute se transformera-
t-elle en pierre cubique à laquelle nous pourrons appliquer avec succès l'équerre. Notre esprit
doit être éduqué à penser maçonniquement et à se débarrasser de toutes les erreurs dont il a é
té chargé précédemment. Les principes maçonniques doivent devenir la mesure de tous nos act
es; et notre cœur, peut-être trop encombré de préoccupations matérielles, doit s'ouvrir tout gra
nd aux idées belles et aux enseignements de la Franc-Maçonnerie. Notre conscience doit s'affin
er et s'aiguiser, afin que de plus en plus elle résiste aux entraînements des passions que nous ré
prouvons. Le sentiment qui doit désormais dominer toute notre vie est l'amour de nos Frères et
, par-dessus lui, l'amour des hommes. Ainsi la connaissance de soi nous aura-t-elle conduit à la
maîtrise et par cela même au perfectionnement de soi.

• QUELLE EST LA BATTERIE DES APPRENTIS?


Deux coups p . . . et un coup l . . .
La nature se meut selon la loi du rythme et de l'harmonie. La vie du Maçon, elle aussi, sera ha
rmonieusement rythmée. Ne travaillons pas toujours selon le même rythme, mécaniquement
et sans réflexion, car un travail mécanique fatigue et asservit l'ouvrier. Au contraire, sachons ad
apter notre mode de travail aux circonstances; ainsi éviterons-nous le gaspillage de nos forces e
t ferons-nous un travail de valeur.
Pénétrés de ce précepte, nous n'entreprendrons point notre œuvre avec un zèle intempestif po
ur quitter aussitôt le chantier. Certes, le Maçon accomplit toujours son travail avec zèle, mais a
ussi avec constance: C'est ce que nous disent les coups de la batterie d'Apprenti: les deux coup
s p . . . nous rappellent le zèle et l'ardeur au travail, le coup l . . . nous enseigne la constance qui
conduira l'œuvre entreprise à son achèvement.

CE QU'UN APPRENTI DOIT CONNAÎTRE POUR POUVOIR DEVENIR COMPAGNON

1. Le rituel du 1er grade.


2. Le livre de l'Apprenti.
3. L'histoire générale de la Franc-Maçonnerie.

Almonor Stanley
4. L'histoire de sa propre Loge.
5. Les formules maçonniques écrites et orales.
6. L'histoire du Grand Orient de Suisse.

PETIT DICTIONNAIRE A L'USAGE DES APPRENTIS

PRÉAMBULE
Le vocabulaire employé par les Francs-Maçons
entre eux, dans le Temple et sur les parvis demande à être parfaitem
ent
assimilé et compris.
Le F. Apprenti consacrera sa première année maçonnique à s'en impr
égner, à en étudier le sens ainsi que celui de tous les symboles qui so
nt mis à sa disposition pour son édification
personnelle.
Ce dictionnaire constitue, pour l'apprenti,
un aide-mémoire qui sera constamment à sa
disposition. Il ne doit cependant pas empêcher
la consultation des ouvrages des différents auteurs
maçonniques qui pourraient donner d'autres
définitions qui ne concordent peut-être pas d'un
auteur à l'autre. Parfois même avec des sens
différents. Abordez-les toutes, leurs différences ne sont pas antagonis
tes, elles sont complémentaires et
enrichissantes parce qu'elles émanent de systèmes
de
pensée différents, d'un monde mental différent.
ses recherches de quoi alimenter sa curiosité et satisfaire ses propres
dispositions et ses sentiments personnels.

Ouverture de travaux annuels


Aujourd’hui est un grand jour que nous devons vivre en nous réjouissant, car, par la tenue de c
ette Loge éphémère nous allumons les feux symbolisant l’unité des travaux de nos différentes L
oges dans la diversité des rituels et avec l’immense richesse que représente l’addition de la con
naissance de tous les Frères. Par notre présence ici ce soir nous réitérons tous la prestation de n
otre serment maçonnique et nous montrons notre volonté de continuer notre recherche de la

Almonor Stanley
Vérité, de la Fraternité et de la Connaissance. Je vous avouerai que pour moi la fraternité initiati
que ne m’est pas « tombée dessus automatiquement » lors de mon initiation. J’ai longtemps d
outé de l’existence de la Fraternité. Ce n’est qu’après quelques années de maçonnerie que j’ai
commencé à entrevoir l’erreur que je commettais en cherchant la Fraternité chez mes Frères, p
lutôt que de la rechercher en moi. Seul, je pense que je n’aurais pas fait ce chemin.
Vous avez été les jalons qui m’ont permis de cheminer jusqu’ici et je vous en remercie. Le che
min de l’humanité est actuellement chargé de difficultés et ce n’est qu’en réunissant nos forces
et nos diversités dans le même but, celui que nous nous sommes fixés, que nous pourrons activ
ement apporter une amélioration de la vie sur cette terre. Où en sommes-nous aujourd’hui ? O
ù en est la franc-maçonnerie en ce début du 3èmemillénaire ?

۩ ۩ ۩

Nous sommes presque tous unanimes pour dire que notre monde est en crise. Une crise qui
touche les domaines économiques, politiques, les mœurs, la morale, la spiritualité... En fait
cette crise est globale. Comme si toutes les valeurs sur lesquelles s’appuyait l’humanité étaient
contestées et repoussées. Ceci nous arrive au moment où nous produisons le plus de biens et
d’énergies au cours de notre histoire; au moment où le développement des sciences nous
donne un pouvoir énorme, allège notre travail, améliore notre santé et rallonge notre vie; au
moment où de plus en plus de pays se rapprochent de la démocratie; au moment où les droits
de l’homme sont édictés, l’ONU créé, et que nous nous efforçons de protéger les droits des
minorités. Mais que constatons-nous ?
Nous constatons que la misère s’accroît dans le monde, des milliers d’individus meurent de fai
m et de maladie, la guerre et les persécutions sévissent dans beaucoup de pays.
C’est un paradoxe, plus notre civilisation semble faire de progrès, plus l’humanité en pâtit, plus
les hommes redoutent l’extinction des ressources, l’augmentation de la pollution, en clair la dé
gradation de notre planète. La démocratie est bafouée par les mêmes pays qui ont établi la char
te de l’ONU. Dans combien de pays les libertés religieuses, politiques, économiques et syndical
es sont-elles réellement respectées ? Dans combien de pays la Franc-maçonnerie est-elle toléré
e ? Alors que naguère c’étaient les régimes totalitaires qui volontairement et ouvertement s’op
posaient à la démocratie, aujourd’hui c’est au nom de la démocratie que l’on tue la démocratie
.
Comme l’a écrit l’académicien Roger Caillois dans Le mythe et l’homme : « L’examen du monde
moderne est fait pour apporter à qui s’y livre à peu près tous les dégoûts ».
Jadis terrifié par les forces de la nature, l’homme s’efforçait de les maîtriser grâce à son génie,
de nos jours ce sont les forces qu’il crée qui l’inquiètent. Il joue à l’apprenti sorcier ce qui l’obli
ge à se poser des questions quant à la qualité du monde qu’il engendre. Avons-nous fait de réel
s progrès dans le monde que nous ont transmis nos pères ? Avons-nous plus de liberté, y a-t-il p
lus de justice, plus de fraternité ? Sommes-nous plus sages ? Nous devons essayer de répondre
à ces questions selon notre conscience. Les Francs-maçons en particulier avec leur idéal visant l
’amélioration de l’humanité doivent s’interroger avec humilité, altruisme et générosité, en gard

Almonor Stanley
ant à l’esprit cette citation du philosophe Léon Brunschvicg : « La qualité des âmes ne dispense
pas de la qualité des idées ».
Avec le 18ème siècle, la philosophie du progrès se développe. Des écrivains et philosophes tels q
ue Fontenelle, Turgot et Condorcet en font l’apologie. Se référant au progrès, Condorcet dans s
on Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain, écrit : « Il arrivera un mome
nt où le soleil n’éclairera plus sur la terre que des hommes libres et ne reconnaîtra d’autre maît
re que leur raison ». Même Voltaire en ses débuts avait cru que le progrès réalisé dans ce siècle
des lumières ferait progresser l’humanité. Mais par la suite il montre dans ses œuvres une hum
anité toujours en détresse et que le progrès ne conduit pas nécessairement au bonheur. J.-J. Ro
usseau lui s'érigera contre le progrès qui « corrompt les mœurs ».
Les désordres et les massacres perpétrés pendant la Révolution feront réfléchir beaucoup d’ho
mmes et particulièrement les Francs-maçons. Chateaubriand écrit dans Les Mémoires d’outre-t
ombe : « La Révolution m’aurait entraîné si elle n’eut débuté par des crimes ; je vis la première t
ête portée au bout d’une pique et je reculai. Jamais le meurtre ne sera à mes yeux un objet d’ad
miration et un argument de liberté ».
Malgré ces événements, beaucoup de penseurs du 19ème siècle continueront à croire au
progrès pour le bien de l’humanité. Victor Hugo en est un des fervents défenseurs. D’autres,
comme Baudelaire, tirent la sonnette d’alarme. Celui-ci écrit dans ses « Critiques » : « Il est
encore une erreur fort à la mode, de laquelle je veux me garder comme de l’enfer, je veux parler
de l’idée de progrès. Ce fanal obscur, invention du philosophisme actuel, brevet sans garantie
de la nature et de la divinité, cette lanterne moderne jette des ténèbres sur tous les
objets de la connaissance. Qui veut y voir clair dans l’histoire, doit avant tout éteindre ce fanal p
erfide. Cette idée grotesque qui a fleuri sur le terrain de la fatuité moderne a déchargé chacun d
e son devoir, délivré toute âme de sa responsabilité, dégagé les liens, la volonté de tous les liens
que lui imposait l’amour du beau, et les races amoindries, si cette navrante folie dure longtemp
s, s’endormiront sur l’oreiller de la fatalité dans le sommeil radoteur de la décrépitude. » Avec s
on génie Baudelaire a pressenti l’effet pervers que peut avoir le progrès technologique pur car i
l continue : « Demandez à tout bon Français qui lit son journal tous les jours dans son estaminet
, ce qu’il entend par progrès. Il répondra, c’est la vapeur, l’électricité, l’éclairage au gaz, miracle
s inconnus aux Romains et que ces découvertes témoignent pleinement de notre supériorité sur l
es anciens, tant il s’est fait de ténèbres dans ce malheureux cerveau et tant les choses de l’ordre
matériel et de l’ordre spirituel s’y sont bizarrement confondues. Le pauvre homme est tellemen
t américanisé (à l’époque déjà !!) par ses philosophes zoocrates et industriels qu’il a perdu la no
tion des différences qui caractérisent les phénomènes du monde physique et du monde moral, d
u naturel et du surnaturel. »

۩۩۩

Aujourd’hui nous sommes au 21ème siècle, nous pouvons rajouter au progrès technologique, la r
adio, la télévision, le téléphone, l’ordinateur, l’énergie atomique et toute la robotique qui nous
entoure. Mais le texte de Baudelaire n’a pas pour autant pris un seul cheveu gris. Et un siècle et

Almonor Stanley
demi après ces écrits, l’humanité n’a toujours pas retrouvé la notion des différences entre le m
onde physique et le monde moral. Baudelaire nous dit aussi : « Pour que la loi du progrès existâ
t, il faudrait que chacun voulût la créer ; c'est-à-dire que, quand tous les individus s’appliqueron
t à progresser, alors, l’humanité sera en progrès ».
En progressant l’homme fait mouvement vers l’avant. Puisqu’il est mouvant et libre de ses cho
ix entre le vrai et le faux, le bien et le mal, il peut se tromper. S’il se trompe il fera marche arriè
re, il régressera. Pour pouvoir progresser la liberté doit être fondée sur la connaissance, l’intelli
gence du cœur, sur la recherche de la vérité et du bien. Ce n’est pas qu’une progression horizo
ntale tel le progrès technologique, mais bien une progression avec une représentation de vertic
alité, d’élévation vers l’amour spirituel, l’amour de la vérité et de la beauté, et ceci sans notion
de temps.
L’histoire nous enseigne que des civilisations ont régressé et se sont éteintes. Malgré la
formidable avancée technologique au 20ème siècle, celui-ci est une période désastreuse pour
l’humanité, une escalade dans les guerres et le mode de tuer, des crises économiques avec
pour conséquences la désacralisation de presque toutes les valeurs et le développement d’une
littérature nihiliste, d’une philosophie de l’absurde et du néant. En 1919 Paul Valéry constate :
« notre civilisation est mortelle ». L’homme est angoissé, il ne trouve pas ses marques. Au
siècle dit de la communication, il se sent seul. Il a l’impression d’être agressé par les autres. Il
est jaloux des autres et s’enferme sur lui-même dans un égoïsme pseudo salvateur et une
course aux richesses et aux plaisirs faciles. L’homme est malade, il s’est perdu et ne pense qu’à
satisfaire ses besoins et ses désirs. Dans le vocabulaire actuel nous pourrions dire « Il se came
en s’éclatant ». Il ne se connaît pas mais ne pense qu’à lui. S’étant détaché de ses racines et
ayant perdu sa foi, quelle qu’elle ait été, il nie le sacré en sacralisant des lieux marqués du timbr
e du matériel, tel que le « temple du foot » pour le stade, le « temple de la consommation » po
ur les grands centres commerciaux, le « temple du Rock » pour un de ses lieux de concert où il
peut se « shooter » pour ne plus penser à sa condition. Cette négation du sacré lui a fait perdre
le sens de la beauté et il n’a plus la capacité, ni la sensibilité d’éviter la laideur, la vulgarité. Il ne
perçoit plus ce qui est beau, fin, original.

۩۩۩

Que peut faire la Maçonnerie face à ce grave malaise de l’humanité ? Malheureusement rien d
e direct, d’immédiat. Rien qui ne puisse avoir un effet à court terme. Le Franc-Maçon ne peut q
ue se concentrer sur sa recherche de la vérité, essayer de se transcender et d’atteindre la vraie
fraternité faite de l’amour inconditionnel de l’humanité et de la mise en retrait de son moi. C’e
st un travail de tous les instants de la vie pour lequel le Franc-Maçon a besoin de reprendre for
ce en se ressourçant aux rituels, aux symboles et à la fraternité qu’il trouve en loge lors des ten
ues. C’est cette force qui devrait lui permettre d’avoir toujours une attitude impeccable en tou
te circonstance et envers quiconque et de ce fait apparaître comme un exemple à suivre. C’est
plus à travers les bonnes actions et l’exemple que par la diffusion de sa philosophie que la Fran
c-Maçonnerie peut être efficace et crédible. La discrétion est aussi très importante car elle prot
ège les honnêtes maçons et la maçonnerie toute entière des éclats provoqués par les brebis gal

Almonor Stanley
euses. Au surplus mieux vaut donner l’exemple que de discourir vainement sans mettre les pré
ceptes en pratique. Peut-être la religion est-elle en train d’en faire les frais?
Pour terminer je laisserai l’épilogue au Frère Henri Tort-Nouges, passé Grand Maître de la Gran
de Loge de France en citant un passage de son essai « L’idée maçonnique » :
« La quête maçonnique s’articule autour de quelques idées fondamentales qui étaient celles des
maçons du 18ème siècle et qui sont restées celles des maçons actuels.
L’idée de la reconnaissance d’une vérité Universelle, d’une lumière qui éclaire tous les hommes,
s’ils veulent bien se tourner vers elle.
Celle d’une liberté qui habite la conscience de tout homme, qui est inaliénable et que l’on ne sa
urait lui enlever, car se serait lui enlever sa dignité d’homme.
La franc-maçonnerie affirme à la fois l’Universalité et l’Eternité de la Vérité et la liberté de sa
recherche. Il faut tenir ensemble ces deux Principes si l’on ne veut pas mutiler et aliéner
l’homme. Mais cette vérité, ne saurait se découvrir immédiatement. Sa découverte suppose,
d’abord la volonté d’aller vers elle « de toute son âme », elle suppose le courage, la volonté, elle
suppose un travail incessant. Cette recherche et ce travail ne sauraient être solitaires. Ils doivent
s’effectuer dans la loge, avec les autres maçons qui « peinent vers la même Etoile » et doit
s’effectuer dans la fraternité des esprits et des cœurs. La vérité, ou la recherche de la vérité, la
liberté ou la conquête de la liberté, le travail, la fraternité sont les idées forces autour desquelles
s’organise le projet maçonnique. Et si aujourd’hui notre monde nous semble en plein désarroi
moral et spirituel, c’est qu’il a perdu la vocation de la vérité et du travail, le sens
de la liberté et de la fraternité. L’affirmation de la liberté met l’homme et le franc-maçon à l’ab
ri de tous les « dirigismes totalitaires » qui aujourd’hui, sous des raisons diverses, veulent impos
er ce qu’il faut faire, ce qu’il faut dire et ce qu’il faut penser. L’affirmation de la Loi Morale, tra
duction de la vérité sur le plan de l’action, met l’homme à l’abri de toutes les transgressions sys
tématiques de toutes les aventures hagardes et débridées, qui prétendent rejeter toutes les règl
es, abolir toutes les lois, ridiculiser toutes les traditions, et qui sous prétexte de libérer totaleme
nt l’homme ne lui apportent en fait que le déséquilibre, le délabrement intellectuel, l’angoisse e
t le désespoir.
La franc-maçonnerie ne saurait imposer aux hommes une réponse définitive, une solution entièr
e ; elle invite les hommes à une recherche, à une quête, de la Connaissance et de l’Amour, à une
conquête de la Sagesse ».

La fraternité maçonnique, mythe ou réalité?

La force d'une association réside essentiellement dans la cohésion de ses membres. Plus ils sont
unis, et plus ils sont puissants. En maçonnerie, l'union n'est point l'effet d'une discipline imposée
, elle ne peut naître que de l'affection que ressentent les initiés les uns pour les autres. Il est de l
a plus haute importance de contribuer par tous les moyens à resserrer les liens qui unissent les

Almonor Stanley
Maçons.
Oswald WIRTH

La fraternité implique les notions de tolérance, d'affection, et aussi dans une certaine mesure :
de charité, d'indulgence, de fidélité et de communion.
De manière concrète elle se manifeste par une attention profonde d'un frère à l'égard de son se
mblable : Une écoute respectueuse de propos que l'on ne partage pas forcément, une aptitude
à prononcer une parole réconfortante, à agir avec un élan d'affection au moment opportun. Sav
oir proposer sans vouloir imposer, savoir être présent sans jamais être pesant.
La structure de la loge maçonnique est favorable à l'épanouissement du comportement fratern
el. Les bons sentiments d'un jeune initié vis à vis de ses frères se transformeront vite, s'il enten
d bien l'art, en véritable sentiment fraternel. Mais cette affection ne peut être immédiate, il fau
t laisser le temps agir pour que les liens s'établissent.
Les liens ainsi créés vont nous rapprocher les uns des autres. Nous ne serons plus des étrangers
car nous aurons pris le temps de nous connaître. Mais cela ne suffit pas pour faire de nous des
frères. Il nous faudra faire preuve d'humilité, car les différences apparaîtront et il faudra bien le
s accepter pour aller de l'avant dans l'échange de relations fraternelles. Les accepter sans les ju
ger, car les jugements prennent souvent un caractère définitif, et toutes choses "définitives" cré
ent des limites qui ont pour effet de réduire la liberté de chacun.
Il faut parfois abandonner nos convictions pour nous mettre entièrement à l'écoute de l'autre,
il faut accepter que notre frère ne soit pas ce que nous aurions souhaité qu'il soit, il faut renonc
er à notre propre idéal de la fraternité pour reconnaître qu'il en existe d'autres, différents, mais
ayant tout autant leurs raisons d'être.
Cette disponibilité soudaine vis à vis de personnes venues d'ailleurs et que nous avons acceptée
s comme frère est génératrice de sentiments de bien-être. Ces sentiments sont sécurisants et n
ous font réaliser que tous les hommes, quels qu'ils soient et d'où qu'ils viennent sont nos frères
.
Les Stoïciens de l'antiquité l'avaient bien compris. En condamnant l'esclavage, ils reconnurent l
a communauté d'origine des hommes et leur participation à l'universelle raison. Les Chrétiens,
en associant fraternité et charité, ont développé le coté sentimental de la fraternité. Plus sélecti
ve et élitaire : la chevalerie moyenâgeuse, avec la "Fraternité d'armes", a mis en exergue les lie
ns tissés par ceux qui ont lutté pour la même cause. Il s'agissait d'un engagement à se défendre
l'un l'autre envers et contre tout, à se garder une foi inviolable et à tout faire pour mériter cette
foi.
Ce dernier exemple est frappant car il fait état d'une fraternité absolue et sans limites. Cette fra
ternité-là serait-elle un mythe?
En Maçonnerie, nous avons l'habitude de donner une mesure à toutes choses et à refuser les d
ogmes. La fraternité Maçonnique est bien une réalité mais elle a, comme toute manifestation, s
es propres limites.
Ces limites, nous les fixons nous-mêmes, elles dépendent de la sincérité de notre engagement.

Almonor Stanley
La maçonnerie propose et l'homme dispose: libre à chacun de progresser, libre à chacun d'acce
pter ou de refuser les richesses qui lui sont offertes, libre à chacun de collaborer à l'accroissem
ent du patrimoine commun et de son propre patrimoine.
La loge sera ce que nous en ferons, chacun est responsable de ce qu'elle deviendra par sa propr
e participation positive ou négative. Agir pour l'intérêt de tous, travailler individuellement pour
tenter de créer un idéal de vie. Il faut apporter pour recevoir, continuellement se remettre en q
uestion pour conserver le caractère initiatique de notre démarche, se souvenir que notre fierté
est de créer l'unité dans la diversité et pour ce faire, utiliser le langage du coeur, persévérer dan
s notre démarche et ne pas oublier que nous avons des outils pour nous aider à rechercher la v
érité. Le rayonnement de la loge dépendra de notre volonté de persévérer dans la recherche de
la connaissance, afin d'être présent sur la scène de l'action. Rester humble, agir sans passion, n
e pas démolir, mais transformer et construire, ne pas mal juger, mais aimer, agir pour le bien d
e tous. Nous hériterons de la loge que nous construirons, nous hériterons du monde que nous c
onstruirons....
Pour agir dans cet esprit, la fraternité doit demeurer notre acte de foi afin de donner un sens à
notre démarche. De la participation active de chacun des Frères dépend l'importance de la noti
on de réalité qui caractérise les relations fraternelles établies au sein de l'atelier.

L'essence de la philosophie maçonnique

Traiter de l’essence de la philosophie maçonnique et tenter de répondre à la question qu’est-c


e la philosophie maçonnique, requièrent en vérité une profonde culture et un long chemineme
nt maçonniques que seuls lesanciens les ont acquis. Par conséquent, et en principe, seuls les m
aîtres en loge sont en mesure de discuter adéquatement de ces questions. Apprenti, me voilà d
onc placé devant un paradoxe et une difficulté: n’ayant que trois ans d’âge, je suis donc sollicit
é de répondre à une question, pour laquelle il faut une maturité maçonnique que je suis loin d’
avoir acquise, mais dont néanmoins je poursuis la quête depuis le jour où j’ai reçu les Lumières.
Cette planche traite donc de trois aspects qui me permettent de répondre à la question posée.
D’abord qu’est-ce que l’essence des choses, ensuite qu’est-ce que la philosophie et enfin qu’es
t-ce l’essence de la philosophie maçonnique et quelles sont les relations entre la philosophie et
la Maçonnerie ? Je tente de démontrer qu’il y a bien une relation entre les deux, dans la mesur
e où l’on s’en tient à une conception antique de la philosophie et qu’on accepte de raisonner s
ur la Maçonnerie en général, abstraction faite des différences doctrinales et historiques des obé
diences. Ce texte se termine par quelques remarques sur les limites d’une réflexion sur l’essenc
e de la Maçonnerie.

Qu’est-ce que l’essence des choses?


C’est en effet une première difficulté à vaincre que de démontrer l’utilité d’une réflexion sur l’e
ssence des choses. Philosophiquement, on distingue deux questions: l’essence des choses, de l’
existence des choses. La question de l’essence renvoie donc à la substantialité des choses, réfle

Almonor Stanley
xion qui fait partie de la métaphysique aristotélicienne en tant que science de l’Être dans son h
umanité et dans son universalité (Aristote, 384-322 av. J.-C.). Réfléchir sur l’Essence veut dire ré
fléchir sur les propriétés communes à toutes les natures par lesquelles les divers êtres (ou les di
verses choses) sont classés en divers genres et espèces, comme l’humanité est l’essence de l’h
omme. La définition de ce qu’est une chose est la chose signifiée, ce par quoi les êtres sont con
stitués dans leur genre et espèce propre. L’essence d’une chose, c’est l’ensemble des détermin
ants qui définissent un objet de pensée ou un être.
Une réflexion sur l’essence des choses est donc séparable d’une réflexion sur l’existence. On pe
ut en effet concevoir l’essence d’une chose sans être assuré que son existence soit conforme à
son être. Ainsi, on peut concevoir l’essence de la Maçonnerie en tant que réalité universelle et
homogène, tout en sachant qu’il n’existe pas une Maçonnerie, mais plusieurs loges et surtout
plusieurs obédiences avec des conceptions et des rites différents. On peut également concevoir
ce qu’est idéalement un Franc-Maçon, tout en sachant que dans la réalité il y a des Francs-Maç
ons qui s’efforcent de s’approcher du mode de conduite idéalement défini, sans toujours y par
venir mais sans jamais cessé d’essayer. Essence et existence sont donc deux choses différentes,
mais pas nécessairement contradictoires.
Dans la réflexion sur l’essence des choses, il s’agit en fait d’une réflexion sur l’universalité des
phénomènes ou des êtres, indépendamment de leur dimension concrète et historique. Cette
réflexion concerne les fondements des phénomènes et leurs finalités. D’une certaine manière,
c’est aussi une réflexion sur le sens des phénomènes et des pratiques, comme celle de la Maço
nnerie, par exemple. S’interroger sur le sens des choses, écrit le philosophe Dominique Lecourt
, c’est inscrire la réflexion dans la perspective de l’universel: “Il n’est nulle activité où nous n’ay
ons d’urgence à inciter les uns et les autres à poser la question du sens de ce qui s’y mène, non
par référence à des valeurs instituées mais dans la perspective de l’infini et sous l’angle de l’uni
versel”. Le même auteur écrit plus loin: “La philosophie ne tient aucun sens pour donné (ou per
du); inlassablement, elle se pose la question du sens conféré à telle pratique et à telle croyance;
(...). La philosophie est un exercice de la pensée qui consiste à s’interroger sur le tout de la con
dition humaine en tant que nous pouvons lui conférer un sens”[1].

Qu’est-ce que la philosophie ?


On connaît la réponse de Socrate à cette question. Dans le Phédon, il a enseigné que philosoph
er c’est apprendre à mourir, dans le sens de se transformer en quittant le monde concret pour l
e monde des idées. Le corps est, selon lui, le siège des passions et des désirs, et ces désirs nous
entraînant à la violence et à la guerre pour parvenir à assouvir leur soif, c’est se libérer de la vio
lence et de la guerre que de se libérer du corps”. Aussi, il ne faut pas craindre la mort. car celle-
ci a quelque chose de philosophique, la séparation du corps et de l’âme procédant d’elle étant
analogue à la séparation entre le corps et l’âme dans la science. Autrement dit, Socrate a invers
é les rapports du vivre et du mourir en enseignant que, comme vivre à une certaine vie, c’est m
ourir, ce n’est pas mourir mais vivre que de mourir à une certaine vie qui fait mourir[3].
Ainsi, vivre à une certaine vie c’est mourir, et mourir à une vie qui fait mourir, ce n’est pas mou
rir c’est vivre. C’est ici que la mort rejoint la renaissance: pour renaître, il faut mourir symboliq
uement. Mais mourir à soi, c’est se libérer de soi, du carcan des idées qui font mourir, c’est-à-di

Almonor Stanley
re qui empêchent de progresser et de se libérer. S’exercer à mourir, disait le philosophe Sénèqu
e (4 av. J.-C.- 65 J.-C), c’est s’exercer à être libre, car qui sait mourir ne sait plus être esclave[4]. L
a mort est une éthique du détachement, à la fois à l’égard des choses matérielles, mais égaleme
nt à l’égard des certitudes qui nous empêchent de vivre pleinement. Une telle perspective parti
cipe d’une éthique du temps, selon laquelle en passant avec ce qui passe, on finit par demeurer
et non passer, puisque l’être est devenir. Une telle éthique du nomade, du voyageur et du pass
ant dans la vie, n’est-elle pas la sagesse même?. Par de-là le thème de la mort, c’est bien de la
vie qu’il s’agit[5], mais une vie où s’exerce la pensée. Chez les helléniques, comme chez les épic
uriens, les cyniques ou les stoïciens, tous considèrent que la philosophie est au, premier chef, u
n art de vivre.
La voie tracée par Platon et les stoïciens est celle d’un salut éthique et individuel par l’approch
e à la fois symbolique, raisonnée et intuitive d’une vérité-perfection transcendant l’homme. Ell
e est seule à même de le rapprocher de ses semblables dans un dépassement permanent altrui
ste et universaliste de lui-même. C’est cette orientation première, dont les racines se trouvent
dans la philosophie antique, qui a marqué profondément l’éthique humaniste. Elle explique l’i
mportance qu’elle donne à la liberté de conscience, en même temps qu’au devoir d’un perfecti
onnement intellectuel et moral ainsi qu’à l’exaltation des vertus d’effort, de courage et de maî
trise de soi, condition première d’une fraternité universelle[6].
La philosophie, c’est également l’amour de la sagesse (philo-sophia). Elle représente l’exercice
par lequel on tend vers une sagesse tout autant orientée vers le savoir que vers l’action. Dans u
ne perspective critique, Dominique Lecourt définit la philosophie comme un “exercice de la pen
sée par lequel nous nous posons des questions radicales sur la manière que nous avons de nous
y prendre avec le monde, dans la perspective d’un sens à conférer au tout de l’humaine condit
ion”[7]. La philosophie, disait Platon, est fille d’étonnement! C’est l’étonnement, que nous devo
ns pratiquer, qui nous permet de nous interroger sur les choses et sur nous-même. Par exempl
e, pourquoi tant Maçons et de Maçonnes d’origines sociales, culturelles et religieuses différent
es, donnent-ils de leur temps et de leur énergie, dans la poursuite d’une voix et la pratique de r
ites, comme ceux de la Franc-Maçonnerie? Qu’est-ce qui fait agir tout ce monde! Énigme des é
nigmes!

Qu’est-ce que l’essence de la philosophie maçonnique?


Oswald Wirth définit la Franc-Maçonnerie comme une institution initiatique et comme une alli
ance universelle d’hommes éclairés et honnêtes, sincèrement dévoués au besoin de tous, unis po
ur travailler en commun au perfectionnement intellectuel et moral de l’humanité. Institution es
sentiellement philanthropique, philosophique et progressive, la Franc-Maçonnerie a pour objet
la recherche de la vérité, l’étude de la morale, la pratique de la vertu et de la solidarité. Elle a p
our principes la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même et la liberté absolue d
e conscience[8]
Plusieurs aspects fondamentaux constituent l’essence de la Maçonnerie. Le premier de ces asp
ects concernel’initiation, qui est à la fois mort à soi-même, mais également naissance ou plus e
xactement renaissance[9]. Au moyen des symboles, le projet initiatique vise à provoquer une ra
dicale et fondamentale modification de notre pensée, de notre être et de notre manière de voir

Almonor Stanley
les choses. Il s’agit, comme le dit la Tradition, dupassage des ténèbres à la lumière (“Pourquoi
vous êtes vous fait recevoir Franc-Maçon? Parce que j’étais dans les Ténèbres et que je désirais
la Lumière”). Dans cette perspective de “renaissance”, le changement consiste à construire sa
propre vision du monde, en se libérant d’abord des fausses certitudes. C’est pour cette raison
que l’initiation est un moyen d’accéder à la liberté: “La Franc-Maçonnerie n’est qu’une méthod
e d’accès par la connaissance à la liberté, méthode d’accès à la connaissance par le travail”[10]. C
omme l’indique un document du GLF, la finalité de l’initiation n’est pas seulement “théorique”,
mais pratique, disons éthique. Il ne s’agit pas seulement d’aller vers la Lumière et de se repose
r dans une vaine et stérile contemplation; mais par cette Lumière de nous entraîner à une actio
n plus efficace et plus juste.
Le second aspect de l’essence maçonnique concerne le travail, la vertu de l’effort et la
persévérance. Richard Dupuy écrit: “Nous croyons dans l’efficacité de l’effort et dans la vertu
du travail. Nous croyons dur comme fer que par son effort et par son travail, l’homme est
capable de surmonter toutes les épreuves qui lui sont destinées dans un monde à sa mesure et
dont il est partie totale”. Dans la Maçonnerie symbolique, ce travail consiste dans la recherche
de la Vérité, recherche qui ne veut pas dire qu’il y a des vérités toutes faites que le Franc-
Maçon peut ou doit découvrir. D’une certaine manière, le Franc-Maçon est un chercheur de
vérité, sans carte ni cadre préétabli, ni guide rédigé, sans maître qui saurait la vérité, ni gourou
capable de lui tenir la main. Il cherche la vérité en traçant lui-même les cartes des territoires inc
onnus qu’il veut explorer, et en utilisant pour cela la “méthode maçonnique” (Richard Dupuy),
celle qui s’appuie sur le débat par l’utilisation des arguments de la raison et du coeur.
La recherche de la vérité est en réalité une quête permanente, pour laquelle le Franc-Maçon s’a
ppuie sur ses Frères de la Chaîne. Dans La Franc-Maçonnerie et ses principes, énoncés par le Gr
and Orient de Suisse, on peut lire ceci: “Les Francs-Maçons n’acceptent aucune entrave et ne s’
assignent aucune limite dans la recherche constante de la vérité et de la justice”[11]. Cette quête
implique les voyages et la recherche. Elle est soutenue par une éthique du nomade, du voyage
ur et du passant dans la vie. Par le travail sur soi-même d’abord, et avec l’aide de ses Frères, l
e Franc-Maçon surmonte les épreuves et se libère des fausses certitudes. Par la pratique de l’ar
t de la Pensée, il peut construire patiemment l’édifice de ses propres convictions. En quelque s
orte, il bâtît lui-même son temple intérieur. Liberté et construction sont deux idées essentielles
dans la Franc-Maçonnerie.

Ressemblances entre philosophie et franc-maçonnerie


Il y a plusieurs similitudes entre l’essence de la philosophie dans son acception antique et la Ma
çonnerie. L’une des ces similitudes concerne l’initiation. Nous savons ce qu’il en est de cette n
otion dans la Franc-Maçonnerie. Dans la philosophie antique, perpétuée par la tradition de Plat
on[12], l’initiation est un accès à la connaissance et c’est donc une manière de se libérer de l’opi
nion, de sortir de la caverne et de rompre avec les connaissances antérieures. Le philosophe est
non seulement celui qui est libéré de l’opinion, mais c’est également celui qui libère les autres
de l’illusion de la connaissance par l’opinion.
A l’instar de la philosophie antique, telle que la concevait Socrate et qui se confond avec la vie,
la Franc-Maçonnerie existe parce qu’elle se confond avec la vie en laquelle elle se résorbe. C’e

Almonor Stanley
st en fait un genre de vie, une manière d’être et de se comporter, déterminée par le désir de co
nnaissance, mais d’une connaissance qui ne s’acquiert pas sur le mode de l’avoir, mais celui de
l’être. Être Fran-Maçon, c’est apprendre à passer du verbe avoir au verbe être. C’est égaleme
nt acquérir des connaissances qui transforment celui qui les assimile, et lui permettent d’accéd
er à une plus grande perfection de soi. C’est l’union du savoir et de la vertu, de la connaissance
et de la vie. C’est en cela que la Maçonnerie rejoint la philosophie antique, le moment où la ph
ilosophie avant d’être philosophie scolastique était un mode de vie philosophique, c’est-à-dire
une aspiration constante à la perfection par la connaissance de soi, et à la sagesse.
A l’instar de la philosophie en tant qu’amour de la sagesse (Philo-Sophia), la Franc-Maçonnerie,
par le moyen de la méthode “a-dogmatique”, est également l’exercice par lequel on tend vers
une sagesse par le travail personnel sur les symboles. Si le philosophe est par vocation un
éducateur dont la mission est de cultiver et élever les esprits afin de les rendre plus vertueux et
de s’élever lui-même, le Maçon est un bâtisseur qui construit son temple intérieur. En
coopérant avec ses Frères, il doit s’efforcer de construire une société meilleure (le temple de
l’humanité) où les êtres humains peuvent par leur effort personnel et leur persévérance,
atteindre la sagesse, du moins s’en rapprocher. Le Franc-Maçon poursuit l’édification
duTemple symbolique et universel, jamais achevé et mille fois recommencé.
Ainsi, loin de participer d’une philosophie pessimiste, la Franc-Maçonnerie s’inscrit dans la per
spective d’une philosophie optimiste. Elle pose le principe que l’homme peut s’améliorer, en tr
availlant sur lui-même et il peut donc par extension améliorer les autres. Dans le prolongement
de l’humanisme, elle est donc une philosophie du progrès, celle qui rassemble des hommes et
des femmes de bonne volonté ayant décidé de travailler ensemble pour s’améliorer individuelle
ment et améliorer la société. A l’instar de l’humanismed’Érasme et de Montaigne, la Franc-Ma
çonnerie exprime une prise de partie philosophique pour la libération de l’homme de toute for
me d’oppression intellectuelle, morale ou politique.
Alors que les philosophies modernes représentent des systèmes de spéculation sur le monde, l
a philosophie antique a d’abord une visée de transformation de l’homme. Mais dans la Franc-
maçonnerie, cette transformation commence d’abord par notre propre transformation. C’est l
à que la Franc-Maçonnerie rejoint la philosophie antique qui est d’abord un travail de soi sur so
i[ HYPERLINK "http://www.apollonius-de-tyane.ch/ghiblim.htm"13]. Ainsi, la critique marxienne de la philosophie a u
ne part de vérité, dans la mesure où toute philosophie doit se préoccuper de transformer le mo
nde. Mais l’impasse du marxisme, qui se voulait une critique de la philosophie, c’est de ne pas
avoir pensé le principe de l’auto-transformation de l’homme par lui-même. C’est la raison pour
laquelle, la critique marxiste est insuffisante et donc le jugement marxien sur l’inanité de la phi
losophie est lui-même problématique: la Maçonnerie est à la fois une méthode de recherche de
la « vérité », mais elle est également méthode de transformation du monde par la méthode init
iatique.
La Franc-Maçonnerie est une philosophie du dépassement de soi; c’est aussi la recherche conti
nue du savoir et de la connaissance par un travail permanent sur soi. C’est d’une certaine mani
ère, une philosophie del’ignorance méthodique qui fait que pour avancer dans le travail person
nel, le Franc-Maçon doit constamment déplacer les critères de l’excellence et de la sagesse. Ce
sont tous ces aspects qui font de la philosophie maçonnique une philosophie exigeante, austèr

Almonor Stanley
e et sévère. Parce qu’elle bouscule les règles établies et veut transformer la société en transfor
mant l’homme, la Franc-Maçonnerie est souvent mal perçue, tolérée, jamais réellement accept
ée. Elle est constamment en sursis parce qu’elle est l’objet de soupçon.

Conclusion
L’essence de la philosophie maçonnique réside dans le désir de rénovation et de transformatio
n personnelle qui s’accompagnent d’une mutation personnelle. Par l’effort, le travail et la pers
évérance et au moyen del’initiation, le Franc-Maçon se donne les moyens du perfectionnemen
t personnel qui est la voie vers la sagesse. Telle est la définition idéal-typique de la Maçonnerie.
Mais les Francs-Maçons sont d’abord des êtres humains ayant leurs qualités et leurs défauts. E
n tant que tels, ils sont au coeur d’une contradiction, car ils aspirent à se perfectionner et à être
meilleurs tout en vivant dans un monde où ces objectifs ne sont pas valorisés et tout en étant e
ux-mêmes imparfaits.
Il est légitime de s’intéresser à l’essence de la philosophie maçonnique, dans la mesure où il
importe de définir idéalement ce qu’est la démarche maçonnique. Dégager l’essence de la Maç
onnerie, c’est montrer en quoi lesFrancs-Maçons se ressemblent par-delà leurs différences. Ce
s différences nous invitent néanmoins à nuancer l’approche essentialiste. Si, travailler sur l’esse
nce de la Franc-Maçonnerie c’est œuvrer à rassembler ce qui est épars; il importe néanmoins d
e constamment s’interroger sur le pourquoi des différences entre les obédiences qui sont auta
nt de facteurs potentiels de division. Seul l’histoire et la sociologie, peut-être, peuvent nous aid
er à en rendre compte pour mieux rassembler ce qui est épars !

[1] cf. Dominique Lecourt, Déclarer la philosophie, Paris, PUF, 1997, p. 5 et 207.
[2]Dominique Lecourt rappelle que la légende attribue à Pythagore, qui était astronome, musici
en et l’un des premiers mathématiciens de la Grèce antique) l’invention du mot “philosophe”,
cf. Déclarer la philosophie, Paris, PUF, 1997, p. 208. Bertrand Vergely dit aussi que Pythagore a
été le premier à user du terme “philosophe” (avant Parménide), cf. La philosophie, Larousse Edi
tions, 1994 (1er éd. 1993), p. 20 et ss.
[3] Cette conception de la philosophie n’est pas propre à la Grèce antique et à l’Occident. On la
retrouve également dans la sagesse orientale.
[4] Cf. Bertrand Vergely, La Philosophie, Larousse Editions, 1994 , p. 401.
Cf. Dominique Lecourt dira que “philosopher c’est apprendre à vivre, mort comprise”. Il note
[5]

qu’une “longue tradition de penseurs a roulé de sombres pensées autour de l’idée que “philos
opher c’est apprendre à mourir”. Quels que soient les bénéfices de consolation qu’on puisse tir
er de la lecture d’Epictète, de Sénèque ou de Montaigne, je vous invite à penser que philosoph
er c’est plutôt apprendre à vivre, mort comprise, cela va de soi”, Déclarer la philosophie, Paris,
PUF, 1997, p. 209.
[6] Cf. .Claude Saliceti, Humanisme, franc-maçonnerie et spiritualité, Paris, PUF, 1998 (1er ed. 19
97): 35.
[7] Cf. Dominique Lecourt, Déclarer la philosophie, Paris, PUF, 1997: 207.

Almonor Stanley
[8] Article 1 de la constitution du Grand Orient de France.
[9] Cf. Jean Verdun, La réalité maçonnique, Paris: PUF, 1982: 47.
[10] Cf. Richard Dupuy, p. 93.
[11] Cf. Constitution et Règlement du Grand Orient de Suisse, Novembre 1996.
[12]. Cf. La République de Platon, allégorie de la caverne, Livre VII.
[13]Jacques Bouveresse note qu’il y a deux manières fondamentalement antithétiques et inconc
iliables de concevoir la philosophie. On peut la voir comme une activité de construction théoriq
ue qui, nécessairement, se situe plus ou moins dans la continuité de celle de la science et qui ne
se distingue de celle-ci que par une généralité et une abstraction plus grandes ou bien comme
une activité ou un exercice qu’on entreprend d’abord sur soi-même (..), un travail de réforme d
e soi”, cf. La Philosophie du réel (Entretiens avec J.J. Rosat), Paris, Hachette-Littérature, 1998, p
p. 121-122.

L’essence de la philosophie maçonnique (2)

Sommaire

1. Introduction

2. Compréhension de la philosophie maçonnique

3. Présentation de la philosophie de quelques Grands Initiés

3.1 Krishna

3.2 Moïse

3.3 Bouddha

3.4 Pythagore

3.5 Socrate

3.6 Jésus

3.7 Apollonius de Tyane

Almonor Stanley
3.8 Mahomet

echerche d’un dénominateur commun entre la philosophie maçonnique et celle


s des Grands Initiés

5 Conclusion

§1 Introduction
Rappelons, pour commencer, qu’étymologiquement le mot « philosophie » provient du grec an
cien (φιλοσοφία), lequel est composé de (φιλο) «aimer » et (σοφία) « la sagesse, le savoir », soit
littéralement « l’amour de la sagesse ».
Ce terme désigne une activité et une discipline existant depuis l'Antiquité et se présentant com
me un questionnement, une interprétation et une réflexion sur le monde et l'existence humain
e.
Ceci dit, de toute évidence, l’essence de la philosophie maçonnique tire ses racines des pensée
s éclairées des plus grands hommes qui ont marqué notre histoire et dans l’emprunte desquels
la base de la philosophie maçonnique s’est largement inspirée.
Certains de ces remarquables personnages, qu’on appelle volontiers les Grands Initiés, ont san
s nul doute, façonnés la pensée humaine et sont par ailleurs cités dans divers écrits maçonniqu
es anciens.

§2 Compréhension de la philosophie maçonnique


En effet, il est mentionné, à la G.L.D.F., dans un ancien rituel du Suprême Conseil de France, les
noms de Socrate, Pythagore, INRI (le Christ). Dans des rituels plus récents, on peut méditer sur l
es pensées de Moïse, Pythagore, Confucius alors que la G.L.F.F. cite Moïse, Jésus et Mahomet.
Au G.O.D.F, on dit au récipiendaire :
Je cite : « Certains rituels consacraient ces voyages aux philosophes. Mais comment choisir entr
e eux ? Socrate, Pythagore, Platon sont parmi les plus représentatifs de la philosophie. Mais on
ne peut oublier Bouddha, Zoroastre, Hermès, Moïse, Confucius et tant d’autres… Doit-on diffé
rencier Jésus et le Christ ? Inclinons-nous, non pas devant tel ou tel philosophe, mais devant l’e
ffort vers la sagesse… Car toutes les doctrines sont le reflet d’une même vérité, encore inacces
sible. »
Avant de nous intéresser, d’un peu plus près, à certains de ces grands personnages de l’histoire
, considérés comme modèles de sagesse et d’exemplarité, il me paraît important de rappeler le
s quelques grandes lignes philosophiques de la Franc-maçonnerie, sachant qu’il y a eu déjà telle
ment d’écrits à ce sujet que je n’ai, bien sûr, aucunement l’intention de vouloir tous les synthét
iser.

Almonor Stanley
Néanmoins, je rappeler simplement que ce mouvement de la Franc-maçonnerie a été fondé au
XVIIIème, souvent appelé le siècle des lumières, mais dans la pénombre de ses temples, la Maçon
nerie affirmant dès sa création une originalité sans égale dans sa démarche spirituelle et dans s
on mode de fonctionnement.
La Franc-maçonnerie moderne, dite « spéculative », est née en 1717 à Londres par la réunion d
e quatre Loges qui créèrent la première Grande Loge. Son inspirateur, le Pasteur Désaguliers (1
683-1739), huguenot français chassé par la révocation de l'Edit de Nantes, confia à un autre Pas
teur, Anderson (16841739), le soin de codifier les règles de la Franc-Maçonnerie et en quelque
sorte d’en restituer l’essence de sa philosophie.
En mettant de l’ordre dans cette organisation naissante, les deux ecclésiastiques permirent de
situer celle-ci dans une triple continuité:
- celle des sociétés initiatiques et des religions, qui tentèrent très tôt de trouver un sens à
la vie et de l’exprimer au moyen d’un langage symbolique;
- celle des bâtisseurs médiévaux qui transmirent certaines de leurs structures et leurs no
ms aux Francs-maçons d’aujourd’hui;
- et finalement celle des mouvements de pensée qui, dès la Renaissance, voulurent s’af
franchir des dogmes religieux et des monarchies peu éclairées pour centrer leur pensée s
ur l’Homme.
Sans passer en revue les 6 articles de cette constitution d’Anderson, je ne citerai que le premie
r, qui d’emblée, positionne le profil de la philosophie maçonnique.
Article 1 (version de 1738).
Un Maçon est obligé par sa tenure d’obéir à la loi morale et s’il comprend bien le métier, il ne se
ra jamais un athée stupide, ni un libertin irréligieux, ni n’agira à l’encontre de sa conscience.
Dans les temps anciens, les Maçons chrétiens étaient tenus de se conformer aux coutumes chrét
iennes de chaque pays où ils voyageaient. Mais la Maçonnerie existant dans toutes les nations,
même de religions diverses, ils sont maintenant tenus d’adhérer à cette religion sur laquelle tou
s les hommes sont d’accord (laissant à chaque frère ses propres opinions) c’est à dire être hom
mes de bien et loyaux, hommes d’honneur et de probité (c.à.d. : homme attaché aux devoirs
de la justice et de la morale), quels que soient les noms, religions ou confession qui aident à les
distinguer.
Ainsi la maçonnerie devient leur centre d'union et l’heureux moyen de concilier des personnes q
ui, autrement, n’auraient pu que rester perpétuellement étrangères.
Comme je l’ai compris, devenir Franc-maçon, c’est d’abord être sain de corps et d’esprit, aimer
la paix et la bienveillance, être habité par une soif, non pas de vérité, mais de sens, car chacun
peut avoir sa propre vérité.
La quête maçonnique est tout intérieure. Elle ne peut être motivée ni par l’égoïsme, ni par l’org
ueil, ni par la vanité et n’a que faire des péripéties mondaines. Ceux qui y cherchent du pouvoir
, de l’influence, des privilèges ou des profits ne font qu’en détourner l’essence et devraient logi
quement être bannis de la Franc-maçonnerie.

Almonor Stanley
§3 Présentation de la philosophie de quelques Grands Initiés
Pour revenir maintenant à ce que je disais au début de mon exposé, soit de comprendre la phil
osophie maçonnique au travers des pensées les plus éclairées de ces Grands Initiés qui ont mar
qué le monde, je me propose ici d’en résumer, bien entendu, que certaines grandes lignes, don
t l’importance n’est ni déterminée par l’ordre de présentation choisi, ni par les quelques idées
que j’ai pu glaner, de-ci et de-là, dans certainement trop de littérature pour en saisir toute l’éte
ndue. Je suis conscient que je ne vais pouvoir qu’effleurer l’immensité des œuvres que tous ceu
x-ci ont laissées.
J’ai choisi de rappeler, ci-après, quelques Grands Initiés simplement classés dans l’ordre de leur
vécu. Il s’agit de :
- Krishna (~3000 av. J.-C.)
- Moïse (~1200 av. J.-C.)
- Bouddha (~ 600 à 500 av. J.-C.)
- Pythagore (580 – 500 av. J.-C.)
- Socrate (470 – 399 av. J.-C.)
- Jésus (an 0 – 33)
- Apollonius de Tyane (16 – 98 ap. J.-C.)
- Mahomet (570 – 632 ap. J.-C.)

§ 3.1 Krishna
Dans la religion indoue, croit que le Dieu Vishnou a eu dix incarnations. Krishna est le nom de la
huitième incarnation de ce Dieu. La tradition indique que Krishna aurait vécu il y a ~5000 ans.
Mais pour de nombreux hindouistes, il représente le dieu suprême, l'instructeur universel. Dans
les textes sacrés (de la Bhagavad-Gita, écrits fondamentaux de l'Hindouisme), Krishna a dévoilé
la place et la condition de l'homme dans l'univers.
On raconte qu’un jour, Krishna commença à parler à ses disciples des vérités inaccessibles aux
hommes qui vivent dans l’esclavage des 5 sens. Il enseigna la doctrine de l’âme immortelle. Le
corps, disait-il, enveloppe de l’âme qui y fait sa demeure, est une chose finie; mais l’âme qui l’h
abite est invisible et incorruptible.

L’homme terrestre est triple comme la divinité qu’il reflète: intelligence, âme et corps.
Si l’âme s’unit à l’intelligence, elle atteint la sagesse et la paix;
Si elle demeure incertaine entre l’intelligence et le corps, elle est dominée par la passion, et to
urne d’objet en objet dans un cercle fatal;
Si elle s’abandonne au corps, elle tombe dans la déraison, l’ignorance et la mort temporaire.

Almonor Stanley
Mais l’un de ses disciples, nommé Ajurna lui demanda : quel est le sort de l’âme après la mort ?
Obéit-elle toujours à la même loi ou peut-elle lui échapper ?

« Elle ne lui échappe jamais et lui obéit toujours », répondit Krishna. C’est ici le mystère des ren
aissances (ou de la réincarnation).
Quand le corps est dissous et lorsque la sagesse a le dessus, l’âme s’envole dans les régions de
ces êtres purs qui ont la connaissance du Très-Haut.
Quand le corps éprouve sa dissolution pendant que la passion domine, l’âme vient de nouveau
habiter parmi ceux qui se sont attachés aux choses de la terre.
De même, si le corps est détruit quand l’ignorance prédomine, l’âme obscurcie par la matière e
st de nouveau attirée par quelque matrice d’êtres irraisonnables et revit à travers eux».

Qu’est-ce qui advient, demanda encore Ajurna, dans le cours des siècles, de ceux qui ont suivi l
a sagesse et qui vont habiter après leur mort dans les mondes divins ?

- L’homme surprit par la mort dans la dévotion, répondit Krishna, après avoir joui pendant plus
ieurs siècles des récompenses dues à ses vertus dans les régions supérieures, revient enfin de n
ouveau habiter un corps dans une famille sainte et respectable. Mais cette sorte de régénératio
n dans cette vie est très difficile à obtenir. L’homme ainsi né de nouveau se trouve avec le mêm
e degré d’application et d’avancement, quant à l’entendement qu’il avait dans son premier cor
ps, et il commence de nouveau à travailler pour se perfectionner en dévotion.
Ajurna, poursuivi ses questionnements et demanda : si même les bons sont forcés de renaître e
t de recommencer par la vie du corps ? N’y a-t-il pas, pour celui qui poursuit la sagesse, de fin a
ux renaissances éternelles ?

- Krishna de répondre, je vais vous enseigner maintenant un très grand et très profond mystère
souverain, sublime et pur.
Pour parvenir à la perfection, il faut conquérir la science de l’unité, qui est au-dessus de la sage
sse; il faut s’élever à l’être divin qui est au-dessus de l’âme au-dessus même de l’intelligence.

Or cet être divin, cet ami sublime, est en chacun de nous.


Car Dieu réside dans l’intérieur de tout homme, mais peu savent le trouver.

En voici le chemin. Une fois que tu auras aperçu l’être parfait qui est au-dessus du monde et à l
a fois en toi-même, détermine-toi à abandonner l’ennemi qui prend la forme du désir. Domptez
vos passions. Les jouissances que procurent les sens sont comme les matrices des peines à ven
ir.
Ne faites pas seulement le bien, mais soyez bons. Que le motif soit dans l’acte et non dans les f
ruits attendus.

Almonor Stanley
Renoncez au fruit de vos œuvres, mais que chacune de vos actions soit comme une offrande à l
’Être suprême. L’homme qui fait le sacrifice de ses désirs et de ses œuvres, à l’être d’où procèd
ent les principes de toutes choses, et par qui l’univers a été formé, obtient par ce sacrifice la pe
rfection.

Uni spirituellement, il atteint cette sagesse spirituelle qui est au-dessus du culte des offrandes
et ressent une félicité divine. Car celui qui trouve en lui-même son bonheur, sa joie et en lui-mê
me aussi sa lumière, est un avec Dieu.

Or, sachez-le, l’âme qui a trouvé Dieu est délivrée de la renaissance et de la mort, de la vieilless
e et de la douleur, et boit l’eau de l’immortalité.

C’est ainsi que Krishna expliquait sa doctrine à ses disciples.

§ 3.2 Moïse
Moïse, né en Egypte vers 1200 avant J-C. est, selon la tradition, le fondateur de la religion juive
(le judaïsme), qui s'appelle parfois, pour cette raison, mosaïsme, c’est-à-dire la religion de Moï
se.
On lui attribue d’avoir, sous l’inspiration divine, écrit le Pentateuque (les cinq premiers livres d
e la Bible: la Genèse, l’Exode, leLévitique, le Livre des Nombres et le Deutéronome) et d’y avoir
raconté sa propre histoire, celle des patriarches ses ancêtres et celle du peuple d’Israël. Il est l
e prophète et le guide qui conduisit les enfants d’Israël hors d’Égypte, pays dans lequel ils étaie
nt soumis, et c’est par sa main que les « prodiges divins » (les dix plaies d'Égypte) se seraient r
éalisés pour permettre la libération du peuple et le conduire vers la terre promise, le pays de Ca
naan.
Il écrit « sous la dictée de Dieu » les dix commandements, lesquels constituent, plus qu’une phi
losophie, la codification d’une vie sociale et communautaire, ainsi que tout un ensemble de lois
religieuses. La Torah écrite fait largement mention de Moïse et relate également les 10 comma
ndements, que vous pourrez retrouver in extenso à deux reprises dans Exode § 20, vers. 2-17 e
t Deutéronome § 5, vers. 6-21.
Ainsi la version catholique romaine (a) et la version de la tradition juive (b) fournissent le cont
enu suivant :
 1er commandement : (a) Un seul Dieu tu aimeras et adoreras parfaitement.
- (b) Je suis le Seigneur ton Dieu Qui t'a fait sortir du pays d'Égypte.
ème
 2 commandement : (a) Son saint nom tu respecteras, fuyant blasphème et faux
serment.
- (b) Tu n'auras pas d'autre Dieu que moi.
 3ème commandement : Le jour du Seigneur tu garderas, en servant Dieu dévoteme
nt.
- Souviens-toi du jour du shabbat

Almonor Stanley
 4ème commandement : Tes père et mère honoreras, tes supérieurs pareillement.
- Honore ton père et ta mère
 5ème commandement : Meurtre et scandale éviteras, haine et colère également.
- Tu ne tueras point
 6ème commandement : La pureté tu observeras, en tes actes soigneusement.
- Tu ne commettras pas d’adultère
 7ème commandement : Le bien d'autrui tu ne prendras, ni retiendras injustement.
- Tu ne voleras pas
 8ème commandement : La médisance banniras et le mensonge également.

- Tu ne feras pas de faux témoignage


 9ème commandement : En pensées, désirs, tu veilleras à rester pur entièrement.
- Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain.
 10ème commandement : Le bien d'autrui tu ne convoiteras pour l'avoir malhonnêt
ement.
- Tu ne convoiteras pas la maison, ni rien de ce qui appartient à ton
prochain.
Moïse, fils d’Amram, est le premier homme à être nommé « homme de Dieu » dans la Bible, et
seul à l’être également dans la Torah. Il est en outre cité dans le Coran sous le nom de "Moussa
" comme prophète et messager d’ HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Allah"Allah. Il est in
contestablement considéré comme l’un des plus Grands Initiés dans au moins trois des plus im
portantes religions monothéistes abrahamique que sont : lejudaïsme, le christianisme et l’isla
m.
Moïse meurt à proximité de la Terre promise, sans pouvoir entrer dans le pays de Canaan, aprè
s l'avoir aperçue au sommet du mont Nébo, en face de Jéricho. Après avoir désigné Josué comm
e successeur, il remit les tables de la Loi aux anciens afin de les enseigner au peuple.

§ 3.3 Bouddha
L’enseignement, ou tradition qu’aujourd’hui en Occident on appelle le bouddhisme, a pris sa s
ource dans l’expérience d’Éveil du Bouddha, il y a deux mille cinq cents ans environ. C’est donc
avec le Bouddha que commence le bouddhisme.
Il nous faut tout d’abord préciser que « Bouddha » n’est pas un nom propre, mais un titre qui s
ignifie « celui qui Sait, celui qui Comprend ». Il signifie aussi « celui qui est Éveillé ».
La tradition raconte que ce titre a d’abord été donné à un homme nommé « Siddhartha Gauta
ma », et qui vivait entre le 6ème et 5èmesiècle avant notre ère, dans une région située au sud du N
épal. Ses dons surnaturels, sa grande sagesse, sa clairvoyance et ses enseignements furent reco
nnus par tous et il fut élevé au rang de Bouddha.
Ce qu’enseignait la plus part de ces hommes élevés au rang de Bouddha, est que leurs pensées

Almonor Stanley
n’avaient aucune origine divine. Ils enseignaient que certains êtres mouraient et reprenaient n
aissance dans une existence misérable, parce qu'ils avaient un mauvais karma de leur passé ; et
que d'autres avaient une renaissance heureuse en tant qu'êtres humains ou célestes parce qu'i
ls avaient un bon karma de leur passé. (Le karma étant la somme de ce qu'un individu a fait, est
en train de faire ou fera).
Rien que dans les textes non occidentaux, il existerait environ 80’000 enseignements bouddhis
tes. Au vu de leur nombre, ils sont souvent classés selon les Quatre Nobles Vérités, appelées
« chatvari arya satyani »:
- l'existence de la souffrance (dukkha),
- son origine,
- la possibilité de s'en libérer (nirvana)

et enfin
- le chemin pour y parvenir.
a) L’existence de souffrance
Souffrir, " dukka ", est le fait essentiel de notre vie. Naître est une douleur, vieillir est une doule
ur, la maladie et la souffrance physique sont des douleurs dont nous ne pouvons pas faire abstr
action. L’union à quelque chose qui nous déplaît, comme la séparation de quelque chose qui no
us tient à cœur, sont des événements qui nous donnent de la souffrance. Ne pas obtenir ce que
l’on désire est une souffrance.
b) L’origine de la souffrance
La cause de la souffrance est : le désir "icçha ", la sollicitation " tanhy " ou la soif " trishna " des
plaisirs sensuels, des possessions mondaines et du pouvoir. Le désir nous attache au cycle des r
enaissances. Ce terme existe dans l'hindouisme et le bouddhisme.

c) Possibilité de se libérer de la souffrance

La fin de la souffrance (nirvana), ne peut se produire qu’avec la cessation complète du désir, av


ec l’abandon, la renonciation et le détachement de toutes formes de désirs et d’attentes.

d) Chemin pour parvenir, et se libérer de la souffrance

Le moyen d’arrêter la souffrance est la pratique de L'Octuple Chemin, "arya ashtanga marga"
. C’est la voie qui mène progressivement à la cessation de la souffrance ainsi qu'à la délivrance
totale appelé le nirvana. Il s’agit d’un chemin à huit branches qui est suivi par les pratiquants d
u bouddhisme, non pas séquentiellement mais simultanément (que je ne développerais pas mai
ntenant).

Le but ultime du Bouddhisme est le Nirvana. Il est synonyme de la libération des attaches du dé
sir, de l’ego, de la souffrance et des renaissances. Bouddha n’a jamais défini le Nirvana. Il disait

Almonor Stanley
simplement : «Il y a un non-né, un non-originel, un non-fait» et cela se situe au delà de l’expéri
ence des sens. Le Nirvana est un état de paix et de réalité imperceptible à nos sens.
Le bouddhisme ne possède pas de Dieu créateur et par conséquent ne recherche pas l’union av
ec lui.

§ 3.4 Pythagore
Pour ce Grand Initié, je me permettrais de m’étendre davantage que pour les 3 précédents, car
parmi les multiples organisations initiatiques, dont la Maçonnerie revendique l’héritage, une d
e celle les plus fréquemment citée est l’ « ordre pythagoricien ».
D’ailleurs, certains des anciens documents appelés « Old Charges » vont même jusqu’à
mentionner que Pythagore a introduit la Maçonnerie en Europe et vous comprendrez, plus
avant, pourquoi la Maçonnerie lui est si proche.
La doctrine de Pythagore était basée sur une science expérimentale et accompagnée d’une org
anisation de vie. Son but n’était pas seulement d’enseigner la doctrine ésotérique à un cercle d
e disciples choisis, mais visait plus encore, d’en appliquer les principes à l’éducation de la jeune
sse et jusqu’à la vie de l’état. Ce plan comportait la fondation d’un institut laïc, avec l’arrière p
ensée de transformer peu à peu l’organisation politique des cités à l’image de cet idéal philoso
phique.
C’est, disait-il, par la théorie et la pratique, par les sciences et les arts réunis, que l’on parvenait
à cette harmonie magique de l’âme et de l’intellect avec l’univers.
Pour accéder à l’instruction du maître, tout élève devait passer par différents degrés dont le but
était d’atteindre un état de l’âme proche de la perfection. Pour ce faire, pénétrons dans l’insti
tut pythagoricien avec un novice (profane) et suivons son initiation.
La mise à l’épreuve :
Tout candidat devait subir un temps d’épreuve, d’essai et d’observation et, un beau matin, le
« disciple en espérance » aboutissait dans une cellule triste et nue. Il disposait d’une ardoise et
on lui ordonnait froidement de trouver le sens d’un symbole (comme par ex. que signifie un tri
angle inscrit dans un cercle). Il restait ainsi 12 heures dans sa cellule, avec son ardoise, son prob
lème, sans autre compagnie qu’un vase d’eau et du pain sec…
Puis vient seulement l’initiation, relatée comme étant très longue. Le candidat était examiné sel
on ses mœurs, ses habitudes et ses comportements ; et ce n’est seulement qu’à la suite de cett
e nouvelle période d’observation qu’il devenait « Postulant » pendant une période de 3 ans a
u cours de laquelle il était examiné sur sa conduite, son endurance et ses relations sociales.
Le 1er degré (auditeur)
Ce n’est qu’à la condition que cet examen lui soit favorable qu’il pouvait commencer un « Novi
ciat » de 5 ans, pendant lequel il était nommé acoustique ou auditeur. Cela signifiait qu’il deva
it apprendre à se taire et savoir écouter. Cet apprentissage est, bien entendu, à mettre en pers
pective avec les pratiques maçonniques ou le novice est tenu d’observer les mêmes règles.
Le 2ème degré (la purification)

Almonor Stanley
Il commence par un grand jour « le jour d’Or », car en ce jour Pythagore recevait le Novice dan
s la demeure du maître et l’acceptait solennellement au rang de ses disciples. De là, le sens d’é
sotérique (ceux du dedans) opposé à celui de d’exotérique (ceux du dehors). C’est à ce moment
que la vraie initiation commençait.
Le 3ème degré (la recherche de la perfection et l’évolution de l’âme)
A ses disciples du 3ème degré, à la suite de la phase de purification (pouvant prendre, pour certa
ins, plusieurs années), Pythagore enseignait à la fois la cosmogonie (l'étude du système solaire,
de sa formation et de son évolution future) puis progressivement, la psychologie ésotérique (L'é
tude de l'âme).
Déjà à cette époque, Pythagore enseignait le double mouvement de la terre. Il savait donc que
les planètes issues du soleil tournent autour de lui ; que les étoiles sont autant de soleils gouver
nés par les mêmes lois que le nôtre et savait aussi que chaque monde solaire forme un petit uni
vers qui a sa correspondance dans le monde spirituel. Mais ces notions auraient bouleversé la
mythologie populaire et les foules auraient taxé ses dires de sacrilèges. C’est pourquoi ses ense
ignements étaient tenus sous le sceau du plus profond secret.
Quant à l’étude de l’âme, domaine sur lequel il y a tant à dire et dont mon propos de ce midi n’
en est pas l’objet, est sans doute le domaine sur lequel Pythagore a apporté une des plus grand
es lumières, qui ne cesse de briller encore de nos jours, tant elle est profonde et sublime à la foi
s.
Au cours de ses enseignements, il s’efforçait de présenter ses révélations aux exigences de la ra
ison de ses auditeurs, notamment sur ce qu’était l’âme humaine. Était-elle une parcelle de la g
rande âme du monde, une étincelle de l’esprit divin ? Il expliquait que l’âme qui caractérise l’es
sence de tout homme, a dû évoluer pendant des millions d’années à travers une chaîne de plan
ète et de règnes inférieurs, tout en conservant, à travers toutes ses existences un principe indivi
duel qui la suit partout.
D’une manière générale, disait-il, l’âme doit passer par un état intermédiaire de purification et
se débarrasser des impuretés de la terre avant de poursuivre son voyage. La vie céleste de l’âm
e, enseignait Pythagore, peut durer des centaines ou des milliers d’années selon son rang. Mais
il n’appartient qu’aux plus parfaites, à celles qui ont franchi le cercle des générations, de la pro
longer indéfiniment. Quant aux autres, elles sont amenées par une loi inflexible à se réincarner
pour subir une nouvelle épreuve et s’élever à un niveau supérieur, ou tomber plus bas si elles v
enaient à défaillir.
La loi de l’incarnation et de la désincarnation dévoile le véritable sens de la vie et de la mort. Ell
e constitue le nœud capital dans l’évolution de l’âme. Il affirmait que la naissance terrestre étai
t une mort au point de vue spirituel, et la mort une résurrection céleste. L’alternance des deux
vies est nécessaire au développement de l’âme, et chacune des deux est à la fois la conséquenc
e et l’explication de l’autre. Pythagore encourageait ses disciples en disant que quiconque se p
énètre de ces vérités se trouve au cœur des mystères, au centre de l’initiation.
Le 4ème degré [l’Epiphanie (manifestation de l’être sublime) et l’adepte]
A cette hauteur, enseignait Pythagore, l’homme devient adepte. C’est le plus haut idéal humai
n. L’être qui a atteint ce niveau d’élévation, entre en possession de facultés et de pouvoirs nou

Almonor Stanley
veaux. Les sens internes de l’âme s’ouvrent, la volonté rayonne dans les autres. Par la dominati
on de toutes leurs facultés, les adeptes exercent la grande maîtrise. Grâce à cette concentratio
n merveilleuse, qui rassemble toutes les puissances de la vie, leur volonté en se projetant sur le
s autres, acquière une force presque illimitée, une magie rayonnante et créatrice. Ces hommes
ont portés plusieurs noms dans l’histoire, se sont des Adeptes, de Grands Initiés, des génies sub
limes qui métamorphosent l’humanité.

§ 3.5 Socrate
Il affirmait qu’il ne savait rien, entendant par là qu’il vaut mieux une ignorance qui se connaît q
u’une ignorance qui s’ignore.
On lui attribue aussi la maxime « connais-toi toi-même et tu connaitras l’univers et les dieux »
ou encore « connais-toi toi-même et tu connaitras le Dieu qui est en toi ».
Il avait comme principe de commencer toujours à examiner les opinions de la personne avec qu
i il discutait et de l’amener progressivement à constater qu’elle est, en réalité, ignorante du suj
et et qu’elle a besoin de s’instruire. Peu à peu, par le biais des questions et réponses contradict
oires, il déstabilise l’interlocuteur l’amenant à reconnaître son ignorance.
Cette première phase du dialogue est appelée « ironie Socratique », parce que Socrate la manif
estait en feignant l’admiration devant la réponse pleine d’assurance donnée à la question qu’il
venait de poser concernant le Vrai, le Beau, le Bien et la Vertu.
De ces réponses, Socrate tirait aussitôt des déductions approuvées par l’interlocuteur, lesquelle
s finissaient par être en contradiction avec la définition initiale proposée.
Si l’interlocuteur était sincère et reconnaissait ses torts, en proposant une nouvelle définition, S
ocrate passait immédiatement cette nouvelle définition au crible de l’analyse. De là, résultait l’
éclaircissement de la question et des réponses, qui étaient considérées comme des étapes de l’
approche de la Vérité.
Cette seconde phase du dialogue est appelée « méthode de l’accouchement », grâce à laquelle
Socrate parvenait à faire surgir les vérités qui se trouvent en chacun, à l’état latent.
Le principal objectif de Socrate résidait en la recherche de la vérité en toute chose et en chacun
, à l’intérieur de lui-même, d’éclairer les êtres et de les rendre vertueux par une prise de consci
ence de la notion du bien et du mal.
Il affirmait que nul n’est mauvais volontairement, la méchanceté représente l’ignorance, car co
nnaître le bien, c’est le faire. L’idée du bien existe dans l’âme, à l’état latent, il suffit d’en suscit
er le réveil pour y trouver la vérité.
La tempérance était pour Socrate l’une des premières vertus. Pour l’expliqué il disait : «si nous
devions, dans le danger, choisir l’homme le plus propre à nous sauver, choisirions-nous celui qu
e nous savons esclave de son ventre, du vin, des plaisirs de l’amour, de la mollesse ou du somm
eil ?

§ 3.6 Jésus

Almonor Stanley
La vie de Jésus, ses miracles, les paroles qu'il a prononcées, sa mort, sa résurrection, son ascens
ion au ciel, tout indique que Jésus n'était pas qu'un simple homme ; il était manifestement un
Grand Initié. Jésus a clairement changé le cours de l'Histoire. Même la date sur votre journal té
moigne du fait que Jésus a vécu sur la terre il y un peu plus de 2000 ans…
Pour comprendre une parcelle de sa philosophie, correspondante au propos que je souhaite dé
velopper ce midi, j’ai choisi de vous présenter les textes suivants :
« Un homme s'approcha de Jésus et lui demanda : « Maître, que dois-je faire de bon pour avoir
la vie éternelle ? » Jésus lui dit : « Pourquoi m'interroges-tu au sujet de ce qui est bon ? Un seu
l est bon. Si tu veux entrer dans la vie éternelle, obéis aux commandements de Moïse. » (Matth
ieu 19.16-17 ; 25.46) .
« Le premier, c'est : « tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de t
out ton esprit et de toute ta force ! »
Voici le second : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Il n'y a pas de commandemen
t plus grand que ceux-là. (Marc 12.29-31)».
L'apôtre Paul compléta le message du Jésus en disant :
« Celui qui aime autrui a, de ce fait, accomplit la loi. En effet, le précepte se résume en ces mot
s : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. La charité ne fait point de tort au prochain. La c
harité est donc la loi dans sa plénitude» (Romains 13.8-10).
Jésus est certainement le plus important promulgateur, en Orient et en Occident, de la fraterni
té et de la charité universelle.
En outre, dans le sermon sur la montagne, plus particulièrement dans les Béatitudes (Luc 6, 20-
23), il énonce l’essence même de sa philosophie. On peut imaginer aisément que, si les homme
s l’avaient un temps soit peu suivi, nous n’aurions pas eu tant de guerres et de malheurs dans c
e monde. Ecoutez plutôt :

- "Ne résistez pas à celui qui vous veut du mal »


- "Si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l'autre"
- "Ne condamnez pas les autres, pour ne pas être vous-mêmes condamnés".
- et la version de Jésus de la Règle d'or. "Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'o
n te fasse".
D’aucuns pensent que, le sermon sur la montagne est une sorte de commentaire au sujet des d
ix commandements.
Pour différents penseurs religieux et moraux tels que Léon Tolstoï et Mahatma Gandhi, le « ser
mon sur la montagne » contient les principes centraux de l'observance morale chrétienne.

.
Il fut comparé à Jésus de Nazareth, en quelque sorte un « Christ païen » : il eut des disciples et f
it des miracles.
Sa légende a été popularisée par la Vie d'Apollonios de HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki
/Vie_d'Apollonios_de_Tyane"Tyane, une biographie romancée rédigée par Philostrate l'Athénie

Almonor Stanley
n deux siècles après sa mort. Sa légende vivante dura jusqu'à la chute de l'empire romain.
Selon la légende il était aussi capable d'être vu à deux endroits différents au même moment. On
appelle ce phénomène : bilocation ouubiquité.
On lui attribue des miracles. Les cas relatés se rapportent surtout à la guérison de malades. A Rome,
il fut banni par l'empereur Néronen tant que magicien après avoir fait ressusciter une jeune fille. II li
sait dans les pensées et avait un don de prophétie.
On signale également à son propos, un don de prescience. II refusa de s'embarquer sur un
bateau, qui fit naufrage. Il eut une vision à distance d'un temple incendié à Rome. À Éphèse, le 18
septembre 96, devant ses disciples, il entra en transe criant « Frappe le tyran ! », alors qu'au même

moment, l'empereur Domitien, véritable oppresseur, était assassiné à Rome, à l'instigation de sa fe


mmeDomitia et du préfet du prétoire. Il interprétait les songes. II eut de nombreux disciples imita
nt son mode de vie, mais n'a jamais fondé d'École. Il était végétarien, menant une vie ascétique et
d’abstinence. Parmi ses disciples, on peut citer Musonius et Démétrius àRome.

Apollonius disait en citant Pythagore que : 1'art le plus divin est celui de guérir. Mais si l’art d
e guérir est si divin, il doit s'occuper de l'âme autant que du corps, car nul être n’est sain, lors
que ce qu'il y a de supérieur en lui, est malade. Il s’occupait donc aussi de la guérison et de l’
élévation des âmes.
Sans nul doute, pouvait-il être compté parmi les rares ayant atteint le rang d’ « adeptes » [au s
ens du latin « adeptus » (qui a acquis)]. Titre donné à un alchimiste ayant acquis la pierre philos
ophale. A ce stade, si pur et si élevé, l’homme possède une énergie surnaturelle et entre en pos
session de facultés et de pouvoirs nouveaux. Les facultés internes de l’âme s’éveillent, son mag
nétisme corporel acquiert une puissance en apparence miraculeuse. Dans un tel état, parfois ce
t être là, peut guérir des malades par l’imposition des mains ou par sa seule présence. Parfois, il
pénètre la pensée des hommes par un simple regard. Quelquefois à l’état de veille, il voit des é
vénements qui se produisent au loin. On a entendu parler de certains qui ont atteint ce niveau
d’élévation de l’âme. Apollonius de Tyane en était certainement un, Jésus en était certainemen
t un autre.

§ 3.8 Mahomet
Mahomet est le fondateur de l'islam. Dans le monde musulman, essentiellement au moyen ori
ental et en extrême oriental, il est reconnu comme le prophète envoyé par Dieu et comme le d
ernier des prophètes monothéistes au sens où il termine le cycle de la révélation abrahamique.
Il est né à La Mecque en 570 et mort à Médine en HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/632
"632.
Ses biographies rapportent qu'il récitait à ses premiers compagnons les versets du Coran qu'il p
résentait comme la parole même deDieu (Allah), transmise à lui par l'Archange Gabriel, lors de
ses retraites dans une grotte du désert. Il reçut ses révélations alors qu’il ne savait ni lire ni écrir
e et vierge de toutes connaissances. Il fut ainsi un réceptacle idéal de la révélation divine.
Il était reconnu par ceux qui le côtoyaient, comme étant d’une vertu irréprochable, vivant dans

Almonor Stanley
une grande droiture et intégrité.
Il exhorta jusqu’au bout ses compagnons à pratiquer la justice, la bienveil-lance et le pardon (p
hilosophie, aux antipodes des dérives islamistes, qui n’ont, bien entendu, aucune commune me
sure avec l’Islam du prophète Mahomet).
Chaque fondateur d’une nouvelle tradition ou doctrine philosophique ou mystique rendue pub
lique, que ce soit Moïse, Jésus ou Mahomet; chaque message divin est porteur du même messa
ge fondamental universel, mais il est réajusté en sa forme, en fonction de l’époque ou du caract
ère des peuples qui le reçoivent.
Mahomet, tout comme Jésus, interpelle d’abord son propre peuple, bien qu’il soit l’un et l’

autre chargé d’un message à portée spirituelle universelle.

Enfin, le mot Islam désigne « soumission à Dieu et Paix ». Les rituels de la foi musulmane repos
ent sur la pratique des cinq «piliers».
– la profession de foi «Il n'y a de Dieu que « Allah » et Mahomet est son
Envoyé».
– la prière quotidienne (salah)
– le jeûne du mois de Ramadan.
– l'impôt islamique (zakat).
– le pèlerinage à la Mecque (hadj).

§ 4. Dénominateur commun entre la philosophie maçonnique et celles des Grands Initiés


L’essence de la philosophie maçonnique, comparée à celles des quelques Grands Initiés que no
us venons de décrire brièvement, nous force à constater que toutes ces philosophies convergen
t et sont en concordance fondamentale les unes avec les autres. Toutes celles-ci sont le reflet d
’une seule et même vérité, que se propose également de rechercher la Franc-maçonnerie.
S’il devait y avoir un mot caractéristique, un véritable dénominateur commun entre toutes ces
philosophies, religions, cultures du monde et dans lequel se fonde également l’essence de la Fr
anc Maçonnerie, cela pourrait bien être l’expression même de l’« AMOUR » et tout le sens que
« AIMER » peut prendre dans la relation avec autrui.
L’AMOUR pouvant être compris aussi, comme une loi morale fondamentale dont le principe se
retrouve dans pratiquement toutes les philosophies et toutes les grandes religions.
Ce principe est souvent énoncé comme la « Règle d’Or ». Elle se résume simplement par : "Trai
te les autres comme tu voudrais être traité".
Il est intéressant de comparer ce que les principaux philosophes et religions de l'histoire ont én
oncés au sujet de cette loi morale en particulier :
Voici quelques citations, non parfaitement traduites peut être, mais mettant néanmoins en évid
ence, une idée très ressemblante :

Almonor Stanley
 Bouddhisme : « Ne blesse pas les autres de manière que tu trouverais toi-même ble
ssante. » (environ -500)
 Confucianisme : « Ce que tu ne souhaites pas pour toi, ne l'étends pas aux autres. »
Rappelons que Confucius est un personnage qui a largement marqué la civilisation chin
oise (environ -550).
 Taôisme (philosophie et religion Chinoise) « Le sage n'a pas d'intérêt propre mais
prend les intérêts de son peuple comme les siens. Il est bon avec le bon ; il est
également bon avec le méchant, car la vertu est bonne » dans Dao De HYPERLINK
"http://fr.wikipedia.org/wiki/Dao_De_Jing"Jing, Chapitre 49 (environ - HYPERLINK
"http://fr.wikipedia.org/wiki/-600"600
).
 Hindouisme : « Ceci est la somme du devoir; ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrai
s pas qu'ils te fassent. » dans Mahabharata(5:15:17) (environ -500)

 Islam : « Aucun d'entre vous n’aime vraiment, tant qu'il n'aime pas pour son frère, c
e qu'il aime pour lui-même. » Mahomet (570-632),dans Hadith Nawawi 13.
Judaïsme : « Tu ne te vengeras pas, ou tu ne porteras aucun grief contre les enfants de ton peu
ple, tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Torah, dans Lévitique 19:18.
 Christianisme: « Toutes les choses donc que vous voulez que les hommes vous fasse
nt, faites-les-leur, vous aussi, de même. » Jésus,dans Matthieu 22:39, et aussi Luc 10:27.

De l'éthique en général et de l'éthique maçonnique en particulier


L’Éthique est un ensemble de règles de conduite et de comportement qui permettent aux indiv
idus de vivre selon des normes acceptées et nécessaires au bon fonctionnement de la société. A
ucune société ne peut se passer d’une Éthique qui constitue un ensemble de normes et de réfé
rences communes. Ces normes se rapportent à la façon avec laquelle nous devons organiser de
manière satisfaisante notre vie en société. Ainsi, une vie sans Éthique est une vie sans fondem
ent et sans signification. Elle ne peut être vivable, car comment peut-on vivre sans que notre vi
e ne soit subordonnée à des fins qui nous dépassent et qui constituent notre Être social, un Êtr
e en devenir.
Bien que l’Éthique peut varier d’une société à une autre et d’une époque à une autre, elle varie
également dans sa signification philosophique. Pour Aristote (discipline de Platon), le bonheur
et le but de la vie, DansL’Ethique à Nicomaque (fin du IVe siècle), Aristote considère la quête du
bonheur comme une activité propre à l’Homme. C’est ce qu’on peut appeler la philosophie hé
doniste. A côté, il y a également le stoïcisme, philosophie développée vers 300 av. J.-C et selon l
aquelle seule une vie menée en harmonie avec la nature peut être bonne. Les stoïciens recom
mandent à chacun de s’affranchir de l’emprise des forces matérielles et de s’en rendre indépen
dant. Pour cela, il faut une sagesse pratique, du courage et du discernement.
Les règles éthiques, quelles qu’elles soient sont donc au fondement de l’action humaine, en ta
nt qu’elle est énergie orientée et sous-tendue par un projet. Ces règles supposent bien entendu
la liberté individuelle, celle de concevoir, d’entreprendre et d’édifier. Mais la liberté n’est pas l

Almonor Stanley
’absence de règles. Pour que notre liberté soit constructive, elle doit être subordonnée à l’éthiq
ue de la conscience, conscience de nos capacités, mais aussi de nos limites. Cela implique un eff
ort renouvelé de perfectionnement intellectuel et moral, et de coopération avec les autres. Cet
te liberté doit être également subordonnée à l’éthique de la responsabilité, d’abord à l’égard de
nous-mêmes, puis à l’égard des autres et de l’universel. C’est ce que Socrate appelle lavertu. P
our ce dernier, l’éducation du citoyen doit être axée sur l’enseignement de la vertu en dévelop
pant le sens de l’éthique chez les hommes et les femmes.
Pour sa part, la Franc-Maçonnerie nous donne des outils qui nous aident à aller à la
recherche de nous-même pour travailler notre pierre brute. Elle n’exige pas de nous qu’
on renonce à ce que nous sommes, ni à notre liberté. Elle nous dit qu’on peut s’améliorer, à
condition qu’on se pense comme des êtres autonomes, responsables et raisonnables ;
des êtres qui doivent laisser parler leur cœur et qui doivent travailler à leur propre édific
ation. Certes, les Francs-Maçons sont des êtres sociaux qui ont des appartenances cultu
relles, religieuses et politiques, mais ils doivent cependant se déprendre de leurs appart
enances particulières. Ils doivent se penser comme faisant partie de l’humanité et d’abo
rd comme appartenant à la communauté des Francs-Maçons, la communauté de ceux q
ui ont décidé en toute connaissance de cause de se consacrer au travail personnel dans
un environnement spécifique.
Le second aspect de la philosophie maçonnique concerne le travail, la vertu de l’effort et la per
sévérance. Richard Dupuy écrit: "Nous croyons dans l’efficacité de l’effort et dans la vertu du tr
avail. Nous croyons dur comme fer que par son effort et par son travail, l’homme est capable d
e surmonter toutes les épreuves qui lui sont destinées dans un monde à sa mesure et dont il est
partie totale": c’est ce que cet auteur appelle "la philosophie du Meiester". Dans la Maçonneri
e symbolique, ce travail consiste dans la recherche de la Vérité, recherche qui ne veut pas dire q
u’il y aurait des vérités toutes faites que le Franc-Maçon devrait découvrir. D’une certaine mani
ère, le Franc-Maçon est un chercheur de vérité sans carte ni cadre préétabli, ni guide rédigé, san
s maître qui saurait la vérité, ni gourou capable de tenir la main. Il cherche lui-même Sa vérité e
n traçant lui-même les cartes des territoires inconnus qu’il veut explorer, en utilisant la "métho
de maçonnique".
La recherche de la vérité est en réalité une quête permanente pour laquelle le Franc-Maçon s’a
ppuie sur ses Frères de la Chaîne. Dans La Franc-Maçonnerie et ses principes, énoncés par le Gr
and Orient de Suisse, on peut lire ceci: "Les Francs-Maçons n’acceptent aucune entrave et ne s’
assignent aucune limite dans la recherche constante de la vérité et de la justice". Cette quête i
mplique les voyages et la recherche; elle est soutenue par une éthique du nomade, du voyageu
r et du passant dans la vie. Par le travail sur soi-même d’abord et avec l’aide de ses Frères, le Fr
anc-Maçon surmonte les épreuves et se libère des fausses certitudes. Par la pratique de l’art de
la Pensée, il peut construire patiemment l’édifice de ses propres convictions. En quelque sorte,
il bâtît lui-même son temple intérieur. Liberté et construction sont deux idées essentielles dans
la Franc-Maçonnerie.
A l’instar de la philosophie antique, telle que la concevait Socrate et qui se confond avec la prat
ique de lavertu, le sens véritable de la Franc-Maçonnerie c’est qu’elle se confond avec une ascè
se et une Ethique. C’est en fait un genre de vie, une manière d’être et se comporter, une Ethiq

Almonor Stanley
ue déterminée par le désir de connaissance, mais d’une connaissance qui s’acquiert par une ma
nière d’être au monde (être Fran-Maçon c’est apprendre à passer du verbe avoir au verbe être).
C’est l’union du savoir et de la vertu, de la connaissance et de la vie. C’est en cela que la Maço
nnerie rejoint la philosophie antique où la philosophie avant d’être philosophie était d’abord u
n "genre de vie philosophique", une sorte d’aspiration constante à la perfection et à la sagesse.
De même que la philosophie est amour de la sagesse (Philo-Sophia), la philosophique
maçonnique est amour de la vérité en tant que recherche et construction au moyen de la
méthode a-dogmatique. Si le philosophe est par vocation un éducateur dont la mission est de
cultiver et élever les esprits afin de les rendre plus vertueux, le Franc-Maçon est un bâtisseur
qui construit son temple intérieur en utilisant les outils symboliques. En association avec ses Fr
ères, il s’efforce de construire une société meilleure où les êtres humains peuvent, par leur effo
rt personnel, atteindre la sagesse, du moins s’en rapprocher. Le Franc-Maçon poursuit l’édifica
tion du Temple symbolique et universel, jamais achevé et mille fois recommencé.
Ainsi, loin de participer d’une philosophie pessimiste ce qui pourrait sembler être le cas selon c
ertains, la Franc-maçonnerie s’inscrit dans la perspective d’une philosophie optimiste. L’homm
e peut et doit s’améliorer parce qu’il peut être meilleur que ce qu’il est. Dans le prolongement
de l’humanisme, la Franc-maçonnerie est une philosophie de progrès, qui rassemble des homm
es de bonne volonté, ceux qui ont fait le choix libre de travailler ensemble pour leur propre am
élioration et celle de l’humanité. A l’image de l’humanisme d’Érasme, la Franc-maçonnerie exp
rime une prise de position philosophique pour l’homme contre toute forme d’oppression intell
ectuelle, morale ou politique, une prise de position pour un homme libre, responsable et de bo
nne mœurs qui a décidé de se consacrer à sa propre élévation. Elle exprime donc un optimisme
profond dans la capacité de l’homme de s’améliorer par le travail incessant en vue d’atteindre
un idéal lointain. Dans cette perspective, la Franc-Maçonnerie rejoint la philosophie antique qui
est d’abord un travail sur soi :connais-toi toi même. La Franc-Maçonnerie est à la fois une méth
ode de recherche de la vérité, mais elle est également une méthode de transformation du mond
e par la démarche initiatique.
En conclusion, l’Éthique maçonnique, c’est l’effort, le travail, la persévérance et la recherche m
éthodique de la meilleure voie d’accès à la vérité profonde des Êtres que nous sommes. Cette q
uête est constitutive de notre identité de Francs-Maçons. C’est parce que nous sommes à la rec
herche de nous-mêmes que nous avons l’obligation de travailler à l’édification du Temple unive
rsel où régneront la paix, l’harmonie et la fraternité. C’est pour cela que nous sommes et deme
urons les « Enfants de la veuve » ; notre devoir est de travailler inlassablement et assidûment e
n vue de cet objectif. C’est là une des significations les plus profondes de l’Éthique maçonniqu
e que nous avons reçu avec notre Initiation et que nous devons transmettre intacte à ceux qui
viendront nous rejoindre dans la Chaîne d’Union.
Des religions à la fraternité

Au commencement était le Verbe.


Et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu.
Ce Prologue de l’Evangile de Jean nous apprend qu’au commencement Dieu créa notre Univers

Almonor Stanley
.
Cette interprétation de nos origines est la base de l’histoire de la plupart d’entre nous, mais ell
e n’est qu’une des innombrables explications que l’on a essayé de donner à l’inexplicable.
Cette appréciation n’est cependant que personnelle et le propos de cette planche n’est pas de
prouver quoi que ce soit. Elle a pour but d’inventorier succinctement et sans entrer dans les dé
tails les principaux courants religieux pratiqués; de susciter votre réflexion et peut-être l’émerg
ence d’une autre voie.
Certes, il est plus facile de croire que de ne pas croire. Mais nous sommes Francs-Maçons et
l’un de nos devoirs est de rechercher la vérité. Non pas celle d’un passé multimillénaire dont
les
contradicteurs ne manquent pas, mais celle qui fera se rapprocher demain, le genre humain.
Car à mon sens, il ne sera jamais possible de mettre l’ensemble de notre planète d’accord sur u
ne croyance.
Dès lors, ne vaudrait-il pas mieux, par gain de paix comme disent les juristes, ou simplement pa
r gain de temps puisque les jours nous sont comptés, d’utiliser une tangente ou une voie média
ne permettant à chacun de vivre en harmonie dans notre monde clos.

Des Religions
Un nombre incalculable de Religions a été créé par nos ancêtres et quelques directions qu’elles
prirent, elles n’ont cependant pas créé de races nouvelles. La race humaine est en effet la seule
que nous connaissons et le lien qui unit tous les hommes et les femmes de notre terre, croyant
s ou non, reste fait de chair et de sang. S’il y a des Religions, il ne peut y avoir qu’une seule Fra
ternité. Existe-t-il un chemin qui mène vers l’autre ? Tel est le sujet de ma planche de ce midi.
Selon le Larousse, du latin religio (étymologiquement : recueillir et relier), la religion est l’ense
mble de croyances et de dogmes définissant le rapport de l’homme avec le sacré ; c’est aussi l’
ensemble de pratiques et de rites propres à chacune de ces croyances. La religion évoque en m
oi, mes racines, je suis né catholique par ma Maman, j’aurais pu naître musulman ou bouddhist
e, c’est un peu comme Maxime Le Forestier qui nous chante:
« On ne choisit pas ses Parents, on ne choisit pas sa Famille. Etre né quelque part, c’est toujour
s un hasard ».
Les souvenirs de mon enfance me rappellent le petit costume cravate dont Maman me revêtait
pour nous rendre à l’Eglise. Les repas de familles qui succédaient obligatoirement aux cérémon
ies de baptêmes, des premières communions, des mariages.
Dans mon école à Genève et paradoxalement, l’étranger n’était pas le petit vaudois ou le petit i
talien, il était d’abord le Protestant. Dans mon esprit d’alors, ce qualificatif avait pour moi une
connotation particulière, confortée par le temps mort qui suivait régulièrement la réponse de l’
élève dissident à son professeur : Comment pouvait-on être protestant ?
J’avais été éduqué, j’étais sûr de ma croyance. Rien d’autre ne pouvait exister.
Ce rejet de la différence est propre à notre environnement : nous naissons dans un système et s

Almonor Stanley
ans comparaison avec l’extérieur, nous restons murés dans nos certitudes.
« L’homme n’est naturellement ni bon, ni méchant. Il est les deux. Parce qu’il est libre ».
En reprenant cette phrase de Jorge Semprun, survivant de Buchenwald, je me demande si ce n’
est pas cette liberté naturelle que les Religions n’ont eut cesse de contrôler au travers l’enseign
ement de leurs préceptes.
Sans les Religions, les peuples s’entredéchireraient. La majorité d’entre nous préfère sans dout
e, se soumettre à une Loi qui lui impose de ne pas tuer plutôt qu’à une autre qui autoriserait un
carnage.
Pourquoi des Règles religieuses alors que les Lois civiles tendent au même résultat.
Ce paradoxe tient uniquement de l’espérance.
Les Lois civiles règlent notre vie de tous les jours. En supposant que les Lois soient scrupuleuse
ment respectées par tous, elles ne règlent que le quotidien et imposent un respect de vie com
munautaire.
Les Religions transcendant une entité supérieure, incorporent dans leurs dogmes la promesse d
’une vie meilleure dans une autre dimension.
Dans ce bas monde, il me semble évident que la réalité profane ne peut rivaliser avec les prome
sses divines.
Il est assez remarquable de constater que pour ce qui est du divin, hormis l’indouisme dont les
origines ne sont pas clairement définies, toutes les religions se réfèrent à des hommes fondateu
rs.
Bien sûr, comme au théâtre, le souffleur n’était pas loin!
Le Confucianisme est né en Chine par l’avènement de Confucius (K’ong-Tseu) en 500 avant J.-C.
Il apparaît une centaine d’année après le Taoïsme des philosophes Lao-Tseu et Tchouang-Tseu
.
Les Bouddhistes ont fait confiance à Siddhârta Gautam (600 avant J.-C.)
L’Islam à Mohammad le Prophète, l’Envoyé de Dieu (570 après J.-C.)
Les trois patriarches Abraham, Isaac et Jacob (1300 avant J.-C.) sont Pères du peuple d’Israël et
Jésus de Nazareth le Christ (du même siècle que notre ami Jules César.) fondateur du christianis
me.
L’hindouisme n’a pas de fondateur connu, et son origine remonterait aux Sages inspirés de trib
us indo-aryennes installées dans le nord de l’Inde il y a plus de 3000 ans. Il semblerait donc qu’i
l s’agit d’hommes dont on ne connaît pas leurs noms.
Le Taoïsme, philosophie fondée sur le tao, principe du macrocosme qu’est l’univers et du micr
ocosme qu’est le corps humain, et le Confucianisme qui considère que l’Homme doit être le let
tré vivant en conformité avec la vertu et donc, par là même, celui qui a compris le monde, sont
encore pratiqués dans l’archipel du Japon et beaucoup moins en Chine puisque considérés com
me politiques réactionnaires depuis l’instauration de la république populaire.
Ces deux théories peu connues sous nos latitudes mériteraient une plus grande attention de no

Almonor Stanley
tre part, puisqu’elles prônent le perfectionnement de l’Homme par lui-même et non par une p
uissance supérieure.
Les préceptes bouddhistes et hindouistes sont principalement des règles de vies et structurent l
a société. Ils portent sur l’impermanence des choses, la rétribution des actes, le cycle des renais
sances ou réincarnation.
Ces deux religions sont extrêmement tolérantes envers les autres croyances et reconnaissent la
diversité des voies qui conduisent au Dieu personnel et à travers lui, à l’absolu insondable.
Plus proche de nous, l’Islam, les Chrétiens et les Juifs, tiennent leurs préceptes de racines identi
ques qui remontent aux écrits des prophètes juifs du 13ème siècle avant J.-C.
Si les 114 sourates du Prophète Muhammad inspirent toute la vie religieuse et sociale des mus
ulmans, la vie juive est marquée par l’attachement à un Peuple, à une Terre et à une Loi, la Tora
et ses 613 commandements. Les Chrétiens sont guidés par les Prophètes d’Israël et croient en J
ésus-Christ, Verbe incarné de Dieu, venu au monde pour libérer l’humanité du mal et de la servi
tude.
De ces cinq religions, toutes ont subi des courants divergents, et toutes doivent mener le croya
nt à un nirvâna, à la délivrance, à la vérité, au salut éternel, ou à l’ère messianique libre de viole
nce et d’affrontements, où régnera la justice pour tous.
Pour atteindre ces objectifs, on y enseigne le respect de la vie, de la propriété, le refus de la sex
ualité désordonnée, l’abstinence de boissons enivrantes et de certains mets, la charité, la moral
ité, la patience, l’énergie, la méditation et la sagesse, la bienfaisance, l’assistance aux proches, l
’interdiction de la turpitude, de l’oppression et de l’injustice, on y enseigne la mesure, la biens
éance, la générosité, le pardon des offenses, le souci de la vérité et l’amour de son prochain co
mme de soi-même sans oublier l’étranger.
A l’énoncé de ces préceptes, notre terre devrait être un jardin.
L’Amour et la Solidarité devraient être nos Maîtres.
A l’aube de ce troisième millénaire, nous avons certainement dû manquer un épisode!
Le prosélytisme des uns, l’intransigeance des autres, transforme régulièrement des régions enti
ères en cimetière.
« Question à Dieu : Etait-il possible de faire autrement?
Faut-il toute cette cruauté, toute cette barbarie, toute cette souffrance?
L’horreur était-elle une nécessité? »
Les religions derrière leurs apparences, sont soucieuses de conserver leur pérennité. Elles ont d
es missions à accomplir.
Pour ce faire, elles ont agi et agissent comme des potentats. Leurs étatisations, consécration su
prême, ont eu et ont des conséquences dramatiques à l’intérieur comme à l’extérieur des pays.
Quand bien même un certain œcuménisme tente quelques rapprochements, l’heure n’est pas à
la réconciliation, mais on pourrait y rêver un instant.
En revenant sur notre histoire et ce qu’elle nous enseigne, on ne peut que constater le fossé qu

Almonor Stanley
i sépare les bonnes intentions littéraires des réalités de ce monde.
L’avidité, l’orgueil, la convoitise règnent en maîtres.
Que faut-il donc à notre humanité pour que nous puissions enfin réaliser de notre vivant, ce qu
e les Religions promettent dans l’éternité ?
« L’une des caractéristiques fondamentales de l’humanité est la recherche d'un sens à la vie.
Les questions sont universelles, les réponses sont culturelles ».
Imaginons un instant qu’il n’existe pas de paradis ailleurs. Qu’il se trouve en fait sur notre terre
et qu’il subit immédiatement les conséquences de nos actes.
Imaginons que les hommes ne peuvent plus se cacher derrière un pardon futur ou un sauveur a
ttendu.
L’homme aurait-il besoin de croire dans une Religion ?
La Religion des hommes ne lui suffirait-elle pas ?
Quel sang coule donc dans nos veines pour que nous ayons oublié notre Fraternité.

La Fraternité
Lorsque dans une famille, la séparation ou l’éloignement survient et qu’il dure suffisamment lo
ngtemps, l’oubli s’installe. Les souvenirs s’estompent. Les origines, les racines disparaissent.
Il en est de même de notre race.
Nous avons oublié que nous avions de la Famille aux antipodes. Et pourtant leur sang est sembl
able au nôtre et seul le soleil a changé leur peau. L’évolution de leur mode de vie a été différent
e de la nôtre. Tout nous a différencié. Seule notre constitution rappelle notre communauté. Isol
és dans des régions disséminées, les siècles nous ont séparés.
Le temps a aujourd’hui réparé ces erreurs. Il nous permet de nous retrouver.
A nous maintenant de nous reconnaître et cessons de penser que notre venue va leur apporter
le bien-être de notre civilisation.
Nous avons tout à apprendre l’un de l’autre.
Tout cela ne pourra se faire qu’en dehors de toutes idées préconçues. Hors de toutes pressions
dogmatiques.
Comment aller vers l’autre bien ancré dans ses croyances sans être considéré comme un prédat
eur mais comme un Ami?
La thématique de philosophes d’aujourd’hui parle de « conflits de civilisations ».
Jean-François Revel nous dit : « Les échanges entre civilisations ne sont féconds pour toutes qu’
à la condition qu’aucune d’entre elles ne cherche à propager chez les autres une quelconque fo
i religieuse ou politique. Le communisme fut une foi politique encore plus répressive que ne l’a
vaient été les fois religieuses en leurs pires excès.
Seule la liberté peut transformer les conflits en coopération et en fécondation réciproques. C’es

Almonor Stanley
t pourquoi l’histoire nous montre, depuis des milliers d’années, de nombreuses sociétés qui so
nt multiculturelles, pour le plus grand bien des civilisations qui les composent. »
Mais les violences auxquelles nous assistons par chance à distance depuis notre Suisse, sont-ell
es le résultat d’un refus ou d’incapacité d’évolution de certaines croyances?
Si je limite ma réflexion aux simples pratiques musulmanes et chrétiennes, je constate que chac
une de ces deux religions sont composées de deux mouvements absolument distincts.
D’un côté nous avons des groupes fervents de tolérance et d’amour et de l’autre, les extrémist
es du mouvement.
Chacun de ces groupes utilise le groupement tolérant pour pénétrer pacifiquement le lieu d’en
gagement. L’intolérance vient ensuite.
Cette politique fonctionne. Elle fonctionne tellement bien que nous sommes aujourd’hui, arriv
és à accepter la religion de l’autre sans connaître véritablement ses buts ultimes.
Je ne peux accepter cette issue. Je ne peux accepter que l’on impose une croyance qui prêche l
a virginité de la mère d’un humain. Pas plus que je n’accepte l’unicité d’une religion imposant l
e rabaissement de la femme, sans lesquelles nous n’existerions pas.
Une religion dans mon esprit, ne peut être que divine. Hors, toutes celles que l’on nous propos
e ont été créées par des hommes.
Je ne crois donc à aucune religion.
Quand je regarde devant moi, je ne vois que des hommes, quand je me retourne, je ne vois que
des hommes, rien que des hommes. Pas d’anges divins, pas de dieux, pas d’éléments surnatur
els, rien que des hommes.
La solution à nos problèmes ne peut donc venir que par les hommes et non pas par des croyanc
es en des entités imaginaires.
Lorsque les premiers maçons philosophes se sont réunis, ils ont créé un environnement propice
à une solution universelle : la Fraternité.
La pression religieuse permanente à l’époque des premiers maçons leur a fait imaginer une no
uvelle appellation de l’insondable : le Grand Architecte de l’Univers. La définition passe-partou
t et universelle de notre G.A.D.L.U. permet le nivellement des difficultés liées à la croyance. Cha
cun sur notre terre peut se retrouver en Lui.
En politique on dirait : à la lutte des classes, les maçons ont substitué le mélange des classes.
Alors que les religions d’une manière générale utilisent leurs symboles et leurs rituels pour imp
oser leur façon de penser, notre Fraternité les utilise dans un esprit d’ouverture.
Point de dogme, point de promesse, uniquement des outils que l’on peut toucher, palper, utilis
er.
La force du maillet, la précision du ciseau, les justes répartitions de la règle, la droiture du nivea
u, rien d’extraterrestre dans l’explication de nos symboles.
Pas d’icône auréolée dans nos ateliers, mais un compas qui nous relie à tous nos Frères et une é
querre qui nous rappelle nos devoirs.

Almonor Stanley
On pourrait dès lors comparer notre Fraternité à une Religion (recueillir et relier…). Il me plaît
en effet à m’en convaincre régulièrement et la réponse souvent me brûle les lèvres quand on m
e demande quelle est ma religion !
Je pense en effet que si notre différence réside dans l’absence de dogme, ce qui dans les faits n
ous interdit heureusement l’utilisation de cette appellation, dans les actes, notre engagement
personnel devrait être comparé à un sacerdoce.
La Franc-Maçonnerie possède dans ses enseignements la clef de la reconnaissance universelle.
Les religions divisent. Laissons de côté ce qui divise et cherchons ce qui unit.
Laissons de côté ce qu’un rédacteur du journal Le Monde appelle une sorte de pathologie de la
certitude qui peut conduire des individus ou des sociétés à tous les extrêmes au nom de la foi.
Cependant, avant de se lancer dans cette reconnaissance, ne devrions-nous pas nous demande
r si nous sommes vraiment prêts à entreprendre cette « croisade », substantif cher à notre ami
George Double You.
L’élément de base de notre Fraternité est un homme libre, avec tout cela comporte de défauts
et de qualités.
Microcosme du monde profane, nous nous plaisons à nous considérer comme membre dûment
sélectionné, choisi et accepté par un groupement qui se veut élitiste.
Cela induit des responsabilités.
La première responsabilité que je conçois, est le respect de son Frère.
Comment prêcher la Fraternité au monde profane, si elle ne règne qu’imparfaitement dans nos
ateliers.
Il ne peut y avoir d’ennemi dans notre Fraternité. Si l’incompréhension perdure, il doit y avoir r
upture car nous n’avons qu’un seul but, commun à tout maçon.
La deuxième responsabilité est l’engagement.
L’initiation n’est que la première étape de toute vie maçonnique. Elle n’est pas une fin en soi,
mais le recommencement, une nouvelle naissance. L’assiduité aux réunions n’est que l’appare
nce extérieure que tout Franc-Maçon peut donner aisément, elle ne fera pas de lui nécessairem
ent un bon maçon. En plus il doit s’engager à travailler sa pierre en effectuant des recherches s
ur tout ce qu’il ne comprend pas. La compréhension du monde profane, passe par la connaissa
nce parfaite du monde maçonnique.
La troisième responsabilité est la prise en charge.
Accepter un nouveau Frère est une très lourde responsabilité. De même qu’un atelier ne pourr
a initier que si sa structure permet son instruction, un parrain ne prendra pas d’apprenti s’il n’
a pas de travail à lui confier.
La Quatrième responsabilité que je conçois, est le gain du travail. De même que dans le monde
profane et le monde religieux, la loge doit être soucieuse que chaque Maçon puisse toucher so
n salaire et qu’il le témoigne.
Quantitativement, son salaire sera égal aux sentiments qu’il aura ressentis lors de nos rencontr

Almonor Stanley
es. Les émotions qu’il aura pu et su partager. C’est pourquoi, j’encourage mes Frères à parler a
vec leurs tripes. Quelque soit le sujet de leur planche, leur avis personnel nous intéresse. C’est l
eur vécu qui crée les émotions et non pas la lecture linéaire d’une succession de recherche livre
sque.
Cette liste, n’est pas exhaustive. Je vous laisse le soin de la compléter.
Et si maintenant nous nous sentons prêts, allons retrouver nos Frères si longtemps absents.

Conclusion
Notre monde est fait d’idéologies, de croyances multiples qui ne peuvent se marier. La persista
nce dans celles-ci, n’amène que le chaos, la destruction générale.
Mais notre monde est surtout fait de mensonges. Tout est fait autour de nous pour que cela pe
rdure.
Les médias nous abreuvent quotidiennement de faits politiques dont ils ont eux-mêmes été abr
euvés; mais plus grave, les faits dramatiques qu’ils nous relatent des quatre coins de notre plan
ète ne nous émeuvent même plus. Assis devant notre télévision, nous en sommes tellement ha
bitués que la vue d’un cadavre déchiqueté ne nous fait plus réagir.
«Question à Dieu : Est-il possible de faire autrement?»
S’il y a des Religions, il ne peut y avoir qu’une seule Fraternité.
Existe-t-il un chemin qui mène vers l’autre ?
Ce midi, je ne le pense pas ! Car aucune Religion telle que nous les connaissons aujourd’hui, ne
sera jamais universelle. Mais seuls les imbéciles ne changent pas d’avis.
Il ne pourra donc y avoir de conclusion dans le sens d’une solution universelle à cette planche.
Je crois en la Franc-Maçonnerie comme un dénominateur commun à toute notre humanité. Ma
is nous n’en sommes qu’à la Genèse de notre histoire. La plupart des Maçons eux-mêmes n’ont
pas encore compris la portée réelle du mouvement maçonnique. Seul des dictateurs et des pot
entats soucieux de leurs prérogatives en ont réellement évalué la dimension.
Comment conclure un chantier en pleine construction, dont les fondations sont à peines sèches
et les piliers porteurs ne sont pas encore tous élevés.
En fait il n’y a devant nous qu’un énorme terrassement !
Laissons de côté ce qui divise, ai-je dit.
Les obédiences ne divisent-elles pas ? Nos rites ne divisent-ils pas ?
Rassembler ce qui est épars.
Imaginer que les milliers que nous sommes aujourd’hui seront des milliards demain.
Rêver qu’un jour notre Temple sera achevé. Que la concorde régnera parmi nous et que nous vi
vrons dans ce qui est notre jardin, loin, très loin des tumultes du passé, parce que nous avons a
ppris que le respect de nous-mêmes passe par le respect de l’autre.
A l’aube de l’année 2000, certains érudits nous ont prédit que le vingt-et-unième siècle sera spi

Almonor Stanley
rituel ou ne sera pas.
De quelle spiritualité parlaient-ils ? De celle émanant de siècles d’erreurs multiples à répétition
ou plus simplement de celle qui nous dicte que la vérité est en nous et que le V.I.T.R.I.O.L. de n
os cabinets de réflexions est la phrase clef de nos recherches.
Mais il est encore quelque chose de plus fort dont nous aurons besoin et cette allégorie va nou
s l’apprendre :
« Il était une fois, une île où les sentiments divers vivaient en harmonie : le Bonheur, la Tristess
e, le Savoir, ainsi que tous les autres, l’Amour y compris.
Un jour on annonça aux sentiments que l’île allait disparaître. Ils préparèrent donc leurs bateau
x et partirent. Seul l’Amour resta. L’Amour voulait rester jusqu’au dernier moment. Quand l’île
fut sur le point de sombrer, il décida enfin d’appeler à l’aide.
La Richesse passait à côté de l’Amour dans un luxueux bateau. L’Amour lui dit : “ Richesse, peu
x-tu m’emmener ? ” Elle répondit : “ Non, car il y a beaucoup d’argent et d’or sur mon bateau.
Je n’ai pas de place pour toi. ”
L’Amour décida alors de demander à l’Orgueil, qui passait aussi dans un magnifique vaisseau, t
outes voiles dehors : “ Orgueil, aide moi, je t’en prie ! ” Il lui répondit : “ Je ne puis t’aider, Am
our. Tu es tout mouillé et tu pourrais endommager mon bateau. ”
La Tristesse étant à côté, l’Amour lui demanda, “ Tristesse, laisse-moi venir avec toi. ”. Elle esqu
iva : “ O oh… Amour, je suis tellement triste que j’ai besoin d’être seule ! ”
Le Bonheur passa aussi à côté de l’Amour, mais il était si heureux qu’il n’entendit même pas l’A
mour l’appeler !
Soudain, une douce voix souffla : “ Viens Amour, je te prends avec moi ”. C’était un vieillard qui
avait parlé. L’Amour se sentit si reconnaissant et plein de joie qu’il oublia de demander son no
m au vieillard.
Lorsqu’ils arrivèrent sur la terre ferme, le vieillard s’en alla.
L’Amour réalisa combien il lui était reconnaissant et demanda au Savoir: “ Sais-tu qui m’a aid
é?”
“ C’était le Temps ” répondit le Savoir.
“ Le Temps ? ” s’interrogea l’Amour.
“ Mais pourquoi le Temps m’a-t-il aidé ? ”
Le Savoir sourit plein de sagesse et répondit : ”C’est parce que seul le Temps est capable de co
mprendre combien l’Amour est important dans la Vie. ” ».
Autre histoire soumise à notre réflexion.
L’histoire de Termez, ville antique redécouverte à la frontière entre l’Ouzbékistan et l’Afghanist
an, située en zone militaire aujourd’hui.
Termez, après avoir été une petite colonie grecque dans l’empire fondé par Alexandre le Grand,
aurait été choisie par les Kouchans pour en faire une de leurs capitales. Ces nomades originaire
s d’Asie centrale régnèrent sur un territoire s’étendant de l’Afghanistan jusqu’au centre de l’In

Almonor Stanley
de. Héritiers des traditions de la steppe, les Kouchans modifièrent leur style de vie en fonction
des pratiques locales. Ce métissage provoqua l’émergence du style « gréco-bouddhique ».
Position stratégique sur la route de la soie, Termez devint un grand centre bouddhique, après a
voir été une colonie grecque. Au VIIIème siècle le bouddhisme sera remplacé par l’Islam, avec la
domination des Arabes. Lorsque les Mongoles de Gengis Khan en 1220, déferlèrent sur la cité, l
a population fut entièrement massacrée et Termez tomba dans l’oubli.
Mélange hirsute de population, on y a découvert des vestiges de Temples grecques,
bouddhistes et de mosquées. Termez la florissante n’a pas pu échapper à la folie des hommes.
Domination et autodestruction, voilà de quoi est fait notre monde.
On sait aujourd’hui que l’exemple vient d’en haut puisque notre galaxie est une cannibale. La
Voie lactée, notre galaxie, dévoile un nouveau visage. Non seulement cette folle spirale écartèle
, puis engloutit toutes les petites galaxies qui l’entourent, mais elle se ronge de l’intérieur, dévo
rée par ses trous noirs, à commencer par le plus gros d’entre eux, le trou noir super massif qui t
rône en son centre….
Notre fin est donc écrite et les religions ni pourront rien; et même si ce phénomène doit nous ar
river dans des milliards d’années, j’ai le sentiment que ce destin est très proche de nous, comm
e si je pouvais le palper.
Pensez à la question que ferons-nous de notre journée si demain nous avons la certitude de viv
re la dernière!

Le langage maçonnique

Avant même ...


Dans la pénombre austère du cabinet de réflexion, les bruits ... Des bruits incohérents tel un fœt
us peut les percevoir du sein de sa mère, il s'en imbibe, il ne les comprend pas.
Comment pourrait-il de la noirceur de son enveloppe comprendre des sons distordus par le do
ux liquide qui le baigne? Comment du fond de ce sombre cabinet l'impétrant profane pourrait-i
l comprendre, ce qu'il n'a même pas vu !
Et pourtant, il apprendra à comprendre ce langage, car il le saura plus tard, le Franc-Maçon tém
oigne par ses actes et non par ses écrits sur la Franc-Maçonnerie. Il est maintenant évident, il fa
ut l'apprendre. Il va passer du stade de muet, à celui du balbutiement et ensuite de la parole. C
e ne sera pas suffisant, à écouter les planches qui occupent et ornent nos travaux, l'envie naîtra
certainement et le fera passer à l'étape du discours voire de la rhétorique. Et là, la méditation v
a reprendre le dessus et pour méditer avec force et vigueur, il faudra le silence et pour faire sile
nce, il faut redevenir muet !
Mort ?
Non

Almonor Stanley
Le testament terminant la vie profane, est une fin. Il faut donc finir pour recommencer ou mou
rir pour renaître à une nouvelle vie ... Il faut passer du matériel à l'immatériel. Faudrait-il se tair
e pour parler ?
C'est ce cycle que nous parcourons sans cesse dans nos travaux et dans notre vie profane et
qui, à de multiples occasions revient sur le devant de notre vie symbolique. Il n'y a jamais de
but fini, mais tel les mirages, il y a un point de fuite inaccessible et bien connu des architectes
qui l'utilisent pour transcrire des formes complexes sur les plans qu'ils ont conçus. Il brille de
son
immatérialisme dans la réalité.
L'écoute.
L'incohérence apparemment totale du rite ne permettrait-il pas l'apprentissage ? Question légit
ime que l'on se pose après avoir passé de nombreuses journées sur la colonne du Septentrion.
Au contraire, l'écoute patiente de propos qui passent de l'Occident à l'Orient puis au Midi mett
ent l'apprenti en situation et lui permette raisonnablement de se familiariser avec les propos q
ui l'entourent. Finalement, il est possible de réaliser que de s'interdire de parler pour s'astreind
re à écouter est une excellente discipline intellectuelle.
C'est par cette écoute auditive et visuelle également, que petit à petit les propos entendus s'ani
ment dans son esprit et que la compréhension peut se faire dans ce langage imagé et symboliq
ue qui lui avait paru si flou et si abscons lorsque les sons étouffés lui étaient parvenus alors qu'il
croupissait dans le cabinet de réflexion. C'est alors que l'apprenti peut s'astreindre à son premi
er devoir dans ce domaine qui consiste à méditer les enseignements du rituel afin d'y conforme
r sa conduite. Il apprend alors à juger sans le moindre parti pris, c'est ainsi qu'il tend à devenir p
enseur.
Que de mystères incompris que de d'incertitudes suscitées à cette occasion ?L'incompréhensio
n engendre le doute et la méfiance qu'il faudra dissiper par un long travail d'observation et d'ap
prentissage. Aussi surprenant que ce soit, l'écoute est également visuelle. Là encore, la force du
langage du geste peut être fort intime et de là, ne suscitera pas de trouble de confiance tel que
ceux évoqués ci-dessus. L'écoute ou le décodage du geste n'est-elle pas la plus subtile manière
de comprendre un frère. N'est-elle pas celle qui est la plus intime au sens de la fraternité celle q
ui permet de se comprendre avant même de s'être parlé ? Il est l'outil symbolique afin que les i
nitiés puissent se distinguer des profanes.
Mais de loin, n'est-ce pas le plus dangereux aussi car le plus difficile, celui que l'apprenti appréh
ende le moins bien. Ses frères plus expérimentés rompus à cet exercice manient ce langage ave
c une dextérité que l'apprenti ne saurait soupçonner. La preuve, il doute et il présume qu'avec l
a lumière qui filtre à son degré ce qui lui appert est entaché d'incohérences qu'il ne pourra com
prendre qu'une fois le travail sur lui-même suffisamment avancé.
Il aura aussi pu vérifier que ce langage usé en loge est un langage structuré. C'est de la musique
, en effet point d'improvisation, chaque prise de parole est orchestrée par les frères Surveillants
et déclenchée par l'approbation du Vénérable. Les frères écoutent sagement sur leurs colonnes
le déroulement des travaux, point de prise de parole inopinée, le résonnement des maillets po
nctuent les dialogues tel des métronomes. Chaque frère a droit à sa prise de parole, tout frère a

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bsent engendre une perte de cette union harmonique, cependant, sa présence à elle seule cont
ribue à la solidité de la fraternité. Au demeurant, que serait cet ensemble symphonique à qui il
ne manquerait ne serait-ce qu'un seul musicien? Au demeurant même le chef d'orchestre finira
it par être distrait à chercher son musicien absent.
Le Vénérable également, sait de même donner la parole de façon mesurée sur les colonnes et
que ne ressent-il pas, lorsqu'elles sont muettes alors qu'elles ne devraient pas l'être. N'est-ce
pas là une sinistre intrusion dans le temple par de fâcheux rites profanes qui tentent de
repousser le langage maçonnique sur les parvis. Le silence de désapprobation est stérile et
c'est bien celui-ci qui tend à régner dans ce cas.
Alors que, le silence dû à la méditation est porteur de fruits innombrables. Pour harmoniser le f
ruit résultant de ces travaux, une répartition des prises de parole permet de faire régner l'équit
é entre frères, l'équilibre entre les opinions et cela est rendu possible par l'usage de ce langage
de loge qui par sa précision, sa concision permet une communication harmonieuse de la pensé
e entre frères. Ce langage est aussi un gage de bonne compréhension entre frères. Point de peti
ts comités ou de conversations privées, d'ailleurs proscrites par les constitutions d'Andersen.
En effet, dans la vie profane également nous devons parler un même langage pour nous compr
endre. Celui qui ne parle pas notre langue est un étranger. Il est possible d'apprendre sa langue
et de le maintenir dans son statut d'étranger ou bien il apprend notre langue et s'assimile. La g
rande différence vécue dans la loge, est que une fois initié avant même de parler le langage ma
çonnique, le profane est reconnu comme un frère. N'est-ce pas là la grande différence entre la
vie profane ou règne le doute et la suspicion et la vie initiée ou règne la confiance et la fraternit
é?
Les balbutiements.
Puis vient le moment où ce qui lui apparaît être une banalité, l'apprenti souhaite prendre la par
ole. Son parrain va alors également se joindre à lui par le geste qui consiste à se lever comme lu
i et qui peut paraître insigne. Cependant il est des plus rassurant pour l'apprenti orateur de voir
qu'il est accompagné et que ce signe signifie symboliquement qu'il est couvert c'est-à-dire que
son parrain endosse la responsabilité de son propos.
Alors qu'il chemine dans son allocution, !'apprenti surveille d'un oeil attentif les faits et gestes
de son parrain qui ne manquerait pas de tressaillir au moindre écart de forme des paroles de so
n filleul. C'est ce réglage continu de la parole et de la gestuelle qui fait progresser son poulain s
ur le chemin de la vie de l'apprentissage du langage maçonnique.
On évite ainsi l'intrusion de mots inappropriés tel qu'il s'en insère dans le vocabulaire des enfan
ts dans la vie profane. N'est-ce pas ainsi que le langage s'acquiert sans fausse note sans aspérit
és d'une manière harmonieuse et suave ?
Je vous le dis, mes très chers frères, cette méthode ferait bon de transpirer dans le monde que
nous côtoyons et apprécions le fait de pouvoir nous exercer à l'abri du profane et de ses rodom
ontades fort peu constructives. Non, ici sous le couvert du temple je peux vous exprimer ma pe
nsée sans crainte. Rien ne sortira d'ici et n'est-ce pas non plus une caractéristique de notre lang
age tenu dans le temple ?

Almonor Stanley
Si la parole est éphémère, la pensée elle subsiste et n'est-ce pas là aussi cette facette de notre l
angage secret. Secret car il n'est pas accessible au profane et dans ce cas non pas qu'il fut comp
osé de mots ou de symboles incompréhensibles, mais que cette fois-ci il est inaudible d'une par
t grâce à la couverture du temple et de toute manière un langage si subtile et si fin est couvert
par le brouhaha de la vie profane.
Initié, instruit de ces lois, l'apprenti s'applique à se taire. Il se concentre, afin d'imprimer à ses id
ées une plus haute tension.
Le mur ou les marches.
Bien sur, comment aurait-il pu savoir ! Afin de développer des talents d'orateur, le sage lira ou
consultera des ouvrages de ses prédécesseurs. Mais comment l'apprenti le pourrait-il, lui qui ne
sait ni lire ni écrire et de surcroît n'a pas reçu complètement la lumière! De surcroît avec son p
etit âge, trois ans, la tâche paraît bien difficile voire insurmontable! N'ayant gravi que trois mar
ches de l'échelle de la connaissance, il est loin d'apercevoir ce qui se passe derrière le mur qu'il
doit franchir pour parvenir à un degré supérieur !
Pourquoi dit-il, je ne sais lire ni écrire ? A quoi se rapporte cette ignorance ? Au langage emblé
matique employé dans la Franc-Maçonnerie.
On sait que les emblèmes sont des symboles, car sur un emblème, la place est mesurée, on ne r
eprésente pas tout. Cependant, on dispose avec harmonie les éléments essentiels de ce que l'o
n veut représenter afin que cela fut compréhensible sans gaspiller de la hampe ou de l'étendard
. De même, dans la loge nous utilisons notre langage avec harmonie et parcimonie en expriman
t l'essentiel sur le tapis du temps si précieux, sachant que celui-ci se déroule de midi plein et se
termine déjà à minuit plein.
L'apprenti, entouré de frères fidèles à leur serment, sait que le travail de compréhension doit se
faire seul, l'ascension n'est pas possible sans une forte implication personnelle. Il attend stoïqu
ement que la vérité se fasse jour. Il ne cherche pas à étonner en exposant des idées hardies, il a
pprend. Il sait que ses frères ont des obligations envers les uns et les autres, il attend alors en c
onfiance en se faisant aider de ci et de là à construire l'outil qui lui fera franchir l'obstacle. Le re
ssentir ou la pensée exprimée par des expressions faciales fait également qu'on le veuille ou no
n partie du langage maçonnique qui échappe bien entendu au profane voire même à l'apprenti.
Derrière.
Oui, après qu'y a-t-il ? N'est-ce pas un recommencement ? Un retour dans des limbes qui ramè
neront inlassablement l'impétrant devant sa réalité. Non jamais sa diction son élocution ne sero
nt parfaites, toujours il y aura quelque chose à ajouter à son vocabulaire mystique, toujours il y
aura de quoi parfaire sa syntaxe amener une ellipse à sa prose afin que la symbolique maçonni
que soit présente ou sous jacente à sa pensée.
Que de phrases, expressions ou termes échappent à l'oreille du profane ou du frère de degré in
férieur, que de communications partielles et incomplètes. Mais il s'agit de parfaire cet apprenti
ssage maintenant que le dialogue peut s'instaurer et que l'apprenti peut par un processus itéra
tif apprendre à corriger son propos en calquant celui-ci sur celui de ses frères de degré supérieu
r par définition plus expérimentés que lui.

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Il va devoir sans cesse s'améliorer afin de pouvoir un jour transcrire le projet social qui
sommeille dans chaque maçon en un projet d'architecture resplendissant de force, de sagesse
et de beauté. Il n'oubliera pas que les intelligences sont faibles, il faut donc se comporter avec
modestie dans son langage aussi. Plus d'un maçon s'est vu marginaliser par une érudition
exagérée qui indispose le frère moins à l'aise que lui car moins instruit et par-là sur un moindre
degré. Il se rencontre donc une part de vrai dans toutes les opinions même exprimées dans un
langage simple. Nul est dans l'erreur absolue, et nul d'autre part ne peut se flatter de posséder
la vérité parfaite. Une vérité peut cependant être exprimée symboliquement afin qu'elle ne froi
sse pas son destinataire.
Et n'est-ce pas la force de cette symbolique mystique de pouvoir exprimer l'inexprimable sur le
plan de la fraternité maçonnique. Elle permet de susciter la réflexion sans être invasive, elle pré
serve l'intégrité du destinataire du discours sans tomber dans le ridicule de la fable. Ne chercho
ns pas à imposer notre manière de voir, mais amenons-nous à nous découvrir afin que notre int
erlocuteur perçoive ce que vous avez trouvé vous-mêmes. Que de subtilités, de délicatesse, d'e
mpathie à faire acheminer par notre langage symbolique !
Et, souvenons-nous qu'il y a toujours deux langages, le langage public et le langage secret, les g
rands hommes ont bien deux langages, mais ils sont parallèles. Ce parallélisme est garant d'une
droiture de conduite qui est une des premières conditions exprimées dans les constitutions d'A
ndersen lorsqu'il parle des loges.
Ce langage imagé fascinant, cette gestuelle symbolique, ces attouchements discrets, la tenue et
la posture du maçon ne sont-ils pas tout le mystère qui allie la parole à l'acte et l'éphémère à l'é
ternité. La parole immatérielle constituant essentiel du langage, le geste constituant essentiel d
u comportement ne pourront jamais être percés par les oreilles et les yeux profanes, car il est r
éservé l'image de l'apprenti construisant son temple intérieur avec ses frères dans la sérénité de
son atelier.
"Les hommes les plus sages sont les plus brefs dans leurs discours. Si les bavards souffraient ce
qu'ils font souffrir aux autres, ils ne parleraient pas tant." (Apollonius de Tyane)

La fidélité en maçonnerie

La fidélité, mot provenant du latin "fidelitas", est définie par essence comme la qualité d’une pe
rsonne fidèle et s’identifie donc au dévouement et au loyalisme. Elle est aussi une marque d’all
égeance ou un attachement à la constance. La fidélité conjugale se traduit comme un engagem
ent pris entre conjoints. Couramment la fidélité désigne la véracité d’une interprétation ou la fi
abilité d'un instrument (Haute Fidélité) ou alors une méthode mercantile de fidélisation de sa cli
entèle au moyen de cartes de fidélités.
Elle qualifie tout simplement les adeptes d’une religion, appelés les Fidèles, comme il en est be
aucoup question dans l’actualité de ces jours pour l’église catholique romaine suite au décès du
Pape. On notera juste sans s’étendre sur ce sujet relatif aux croyances et aux religions, que cet
te fréquente position duale et même manichéenne des religions entre les fidèles et les infidèles,
les croyants et les mécréant a historiquement transpirée aussi sur la maçonnerie, aujourd’hui

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encore classifiée en deux camps : celui des maçons dits Réguliers, imposant le postulat de la cro
yance en Dieu, et celui des maçons Irréguliers, chantres de la maçonnerie libérale ou a-dogmati
que.
Toutefois c’est en définitif l’acception de la fidélité dans "le fait de ne pas trahir", on parle alors
de fidélité à un serment, qui méritera certainement le plus l’attention des francs-maçons.
Aussi ce morceau d’architecture s’appuiera sur nos rituels pour donner des éléments de
réponse aux interrogations suivantes :
Comment se pose la problématique de la fidélité entre vertu et devoir en maçonnerie ?
Et si tant se limiterait-t-elle à l’expression d’une forme d’allégeance, la fidélité ne serait-elle pa
s alors un obstacle à la liberté ?
Puissent les contributions des Frères et l’apport de leurs lumières sur ce sujet enrichir cette réfl
exion et permettre aux apprentis maçons que nous sommes tous de méditer chaque jour sur n
otre engagement maçonnique.
***
Un petit aperçu historique nous oblige à nous référer aux actes constitutifs de la maçonnerie en
général, notamment un extrait des constitutions d’Anderson qui stipule: « Les personnes admi
ses comme membres d'une Loge doivent être des hommes de bien et loyaux, nés libres et d’âg
e mur, circonspects, ni serfs, ni femmes, ni hommes sans moralité ou de conduite scandaleuse,
mais de bonne réputation. »
La loyauté figure ainsi parmi les qualités requises et est expressément mentionnée parmi toutes
les autres qualités pour souligner l’importance de l’assimilation et de la pratique de la fidélité
pour le maçon qualifié alors d'homme de bien et de bonne réputation.
L’histoire de la maçonnerie en Suisse, telle que relatée par l’illustre Frère Bongard, d’après des
recherches du célèbre Frère Ruchon, fait état de la création d’une Loge dénommée « La Fidélit
é » constituée le 2 juillet 1764. Après une période de sommeil, elle se reconstitua en 1806 en ut
ilisant le local de la Loge « Les Trois Temples » de Carouge. Cette Loge qui permet de reconstitu
er la filiation de la R. L. Fidélité et Liberté (cofondatrice, avec la R. L. Mozart et Voltaire et la R .
L. Apollonius de Tyane, de la Grande Loge de suisse en juin 1967), permet de situer l’importanc
e de cette vertu cardinale, érigée en titre distinctif d’une Loge, lors de l’établissement de la ma
çonnerie helvétique en réaction entre autres aux vicissitudes du pouvoir en place qui en interdi
ra l’exercice, mais aussi par controverses internes sur l’adoption et la pratique de certains rites
. La Fidélité est donc bien érigée en une Valeur depuis les aurores de la maçonnerie.
***
Passant maintenant à l’examen des conditions de notre entrée en maçonnerie et du rituel du p
remier degré, l’Homme « libre et de bonnes mœurs » qui a frappé à la porte du temple, devenu
néophyte s’engagera à « fuir le vice et pratiquer la vertu ». Ceci établit bien évidemment la fidé
lité au rang de vertu cardinale, ce qui suggère au franc-maçon non seulement d’appréhender c
ette notion, mais surtout de la pratiquer au même titre que l’humilité et bien d’autres vertus à
cultiver, nécessaires pour suivre les enseignements de la méthode maçonnique.

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Dans le Temple, espace sacré et consacré, lors de la cérémonie d’Initiation, cette prédispositio
n évoquée de manière suggestive va prendre un caractère particulier car, après les trois voyages
initiatiques, le néophyte va faire une promesse solennelle sur l’autel de la vérité : Il va prêter L
e Serment Maçonnique.
« Je promets de remplir mes devoirs envers la famille, la patrie et l’humanité plus fidèlement
encore que par le passé ; de respecter toute conviction sincère non contraire à la loi morale et
à l’amour du prochain ; de travailler à mon propre perfectionnement ; de persévérer sans relâ
che dans la recherche de la vérité et de la justice.
Je promets de ne pas demeurer absent des réunions de la Loge à moins de raisons absolumen
t majeures et de collaborer à ses travaux dans la mesure de mes forces.
Je promets d’observer scrupuleusement les lois de la Franc-maçonnerie, de travailler à la pros
périté de ma Loge, d’aimer mes frères, de les aider de mes conseils et de mes actions, pour au
tant que ceci n’est pas contraire à mon honneur et mes devoirs vis-à-vis de Dieu, de la patrie
et de la famille.
Je promets de ne révéler ni les usages de la franc-maçonnerie ni les justifications de mon grad
e et de ne parler qu’avec la discrétion qui sied à un homme d’honneur des travaux et des déli
bérations de la Loge.
Tout cela je le promets sur l’Honneur.»
Après ce serment si solennellement prêté, la fidélité, loin de se limiter à une vertu de bonnes m
œurs, prend une toute autre dimension. Elle devient un engagement irréversible et donc une o
bligation, un Devoir. En effet la fidélité au serment prêté est le fondement même de l’éthique
maçonnique tel que l’indique sans détour le manuel de l’instruction dispensée aux apprentis
: « Toute l’essence de la franc-maçonnerie est contenue dans ces paroles, et celui qui se confor
me aux préceptes qu’elles formulent sera un franc-maçon véritable et un homme digne de ce n
om ».
***
Le franc-maçon est appelé à voyager pour parfaire son instruction, en visitant les loges pratiqua
nt des rites différents. Cependant même s'il est observé des variétés dans la pratique rituélique,
par exemple l’absence de l’épreuve d’interrogation sous le bandeau dans le rite Ruchon par r
apport au R.E.A.A., le serment quant à lui, est obligatoirement contracté dans tous les rites.
Les dispositions claires et explicites du texte ainsi rédigé font du serment un code de conduite e
t un guide pratique auto explicatif qui rendent tous commentaires et additifs superflus. Mais fo
rce est de constater que l’ouvrage doit être remis en chantier sans relâche !
Dans la pratique, puisque nous nous reconnaissons à nos signes mots et attouchements, mais a
ussi et surtout aux circonstances de notre admission, il faut donc bien se remémorer et polaris
er la signification du signe pénal, qui à chaque fois qu’il est exécuté renouvelle notre serment et
notre engagement, envers l’Ordre, envers la Loge et surtout envers nos Frères.
Tous les signes, mots et attouchement n’ont de valeur que dans la mesure ou le franc-maçon
cherche à se distinguer par sa sincérité vis à vis des autres hommes et par sa conduite
irréprochable. Ce qui doit s’appliquer a fortiori et a priori vis à vis de l’Ordre maçonnique. Cela

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suppose évidemment une participation active et effective à la vie courante de la Loge,
l’assiduité, les obligations liées aux charges pécuniaires, mais surtout l’écoute et l’entraide,
l’assistance à ses Frères et par extension la générosité et la bienfaisance en général. Bien
évidemment l’art est difficile et la critique facile, mais ce travail doit commencer dans le
temple et se poursuivre au dehors. Ce n’est qu’à cette condition, sur le chemin de l’effort, que
les Frères, ces colonnes vivantes du Temple peuvent nous reconnaître comme tels, car sans êtr
e juges de notre action quotidienne, ils balisent le chemin de notre ascèse initiatique et réfléchi
ssent, tels des miroirs d’indice de réfraction différent, les multiples facettes de notre propre co
nscience, laquelle est appelée à rejoindre une conscience collective de la Loge ou Egrégor.
***
Mais ces garde-fous ainsi constitués par nos Frères en leurs qualités respectives ou par les form
es et statuts organisationnels nécessaires à la vie et à l’animation du corpus de la Loge entrave
nt t-ils notre liberté individuelle?
Dans ce qui est communément appelé le land mark des Land mark, à savoir le principe de base
« le maçon libre dans une Loge libre », la notion de liberté est canalisée et rejoint fondamental
ement le libre arbitre des frères sous réserve du respect scrupuleux de l’esprit des constitutions
d’Anderson. En effet l’homme libre de sa pensée et donc adulte circonspect doit éviter l’anarc
hie et tenir compte de la liberté d’autrui. La fidélité à sa démarche maçonnique, loin de priver l
e franc-maçon de sa liberté d’action, de mouvement, lui impose de bâtir selon un modèle const
ructif, prenant en compte également des concepts et des idées opposées à la sienne. Ce respect
mutuel des positions de chacun est le fondement même de la méthode maçonnique, véritable
école de tolérance qui parvient ainsi à concilier les contraires pour progresser vers la vérité.
L’engagement maçonnique, on n’aura de cesse à le répéter, se prend en toute liberté, et la fidél
ité à ses engagements n’ôtera jamais la liberté que peut avoir un franc-maçon d’exprimer et d
e marquer des positions divergentes pour vivre en harmonie avec sa conscience. Mais le libérali
sme ne doit pas sombrer dans le désordre. A cet effet le congé, la démission et la radiation sont
administrativement prévus par les textes organiques, qui sont toujours à améliorer, afin de per
mettre aux frères de se retirer élégamment et fraternellement des obligations contractées.
Malgré la démotivation ou le renoncement de certains frères, rappelons-nous sans cesse qu’il y
a toujours beaucoup d’appelés et peu d’élus, tel que le symbolise la Voûte étoilée. La seule car
actéristique à laquelle le franc-maçon doit demeurer attaché est une fidélité toujours plus gran
de au devoir et sa libre pensée sur le chemin de la recherche de la vérité!
Dans ces conditions, la fidélité et donc le respect de ses engagements devient une expression, u
ne manifestation de sa propre liberté: une liberté raisonnée dans le bien penser, le bien faire e
t le bien dire, véritable baromètre de son altruisme !
Toutefois il est toujours nécessaire de rappeler que même radié un franc-maçon ne perd pas sa
qualité d’initié, en conséquence il restera toujours redevable du serment qu’il a prêté, surtout p
ar rapport à la discrétion vis-à-vis de ses frères et en tant que garde du sceau du Secret maçonn
ique. Bien évidemment le serment prêté est atemporel, et livré dans un espace-temps particulie
r et sacré, il doit avoir interpellé les profondeurs de la psyché de l’initié, lequel se trouve non pa
s face à des obligations externes mais face à des manifestations internes, et vis-à-vis de son maî

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tre intérieur.
Le franc-maçon, l’initié de tout ordre et de tout grade, être humain avec ses faiblesses, ses défa
uts mais aussi ses qualités pourra toujours nous décevoir mais jamais la maçonnerie en tant qu
e méthode pour notre quête spirituelle vers un idéal de vérité. La maçonnerie exige de nous de
s engagements que nous sommes libres d’accepter ou de refuser, elle nous demande en partic
ulier de participer à une meilleure humanité. Et selon la maxime bien connue de Socrate, « Con
nais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les Dieux! », chacun trouvera la voie qui lui est p
ropre car On S’INITIE SOI- MÊME !
La fidélité à ses engagements vécue comme manière et art de vivre devient alors un gage de st
abilité et de maturité qui conduit sur le chemin de la sagesse et de la Vérité.
La fidélité supplante alors les obligations pratiques contractées nécessaires pour des impondéra
bles organisationnels et sociétaux qui sont inévitables dans la sphère terrestre. La fidélité vécue
comme philosophie comportementale induit une élévation supplémentaire de la psyché de l’in
itié. Elle se dématérialise alors et se transforme en un geste d’Amour pour l’autre et pour soi, l
’amour de son idéal de perfection et de perfectibilité de l’Homme.
***
Le sujet aurait pu s’intituler aussi bien « le Serment maçonnique » ou encore « les devoirs du f
ranc-maçon», les éléments de méditation conduiraient sur les mêmes pistes à explorer toujour
s davantage. La fidélité me semble en définitive être une singulière vertu issue du résultat cons
ensuel d’une lutte permanente dans notre psyché entre notre Ego et notre Altruisme, qui se t
ransforme en un devoir permanent de perfection par une alchimie particulière qui dans la prati
que de l’Art Royal se transcende en Amour. La fidélité, pierre angulaire de la construction de n
otre propre temple maçonnique, sublime le devoir permanent de celui qui cherche la vérité, d
e celui qui s’INITIE en toute liberté.
Selon l’illustre frère Alain Pozarnick :
« L’Initiation s’opposera toujours aux dogmes et aux théories parce que l’Initiation est Connais
sance, l’Initiation est action, l’Initiation est quotidienne, l’Initiation est Amour… » On se surpr
end à retrouver une identité remarquable, telle une correspondance biunivoque entre l’Initiati
on et la Fidélité.
Somme toute et pour clore ce propos, je soumets à votre sagacité l’acception suivante de la fid
élité qui me paraît bien lumineuse dans la déclaration suivante que je formulerai en toute humi
lité: « l’Initiation, c’est aussi la Fidélité dans la recherche de la Vérité ».

Le Temple, miroir de l'homme et de l'univers

Introduction
Le titre se compose de plusieurs éléments qui pourraient aussi bien être
indépendants, qu'indissociables les uns des autres . Ils pourraient aussi générer
un concept à la fois initiatique, religieux ou philosophique.Le Franc-maçon doit-il choisir la
difficulté ou la facilité? Ni l’une ni 1'autre. Il doit choisir la voie qui lui convient, quitte à

Almonor Stanley
emprunter de grands boulevards éclairés de lumières universellement connues pour
s'engager ensuite dans de sombres ruelles dont les murs ne renferment que dangers dive
rs et l'amenant inévitablement à des impasses. L'essentiel, dans la vie maçonnique, c'est de tr
ouver son chemin.
L'apparition de I'Homme sur Terre
Toute la communauté scientifique internationale est à peu près d'accord pour admettre que I'Hom
me est apparu sur Terre il y a environ huit millions d'années. Je ne vous invite pas à imaginer no
tre ancêtre il y a huit millions d'années, parce qu’à cette époque, il n'avait rien de commun avec nou
s, et encore sur le plan de la morphologie. A ce propos, il est intéressant, mais désolant, de savo
ir que notre ancêtre est le fruit des caprices de la géologie. Ah ! si la Genèse pouvait être aujourd’hu
i réécrite au premier degré à la lumière des découvertes scientifiques!
Afin de mieux cerner, et le plus justement possible, la situation de l'Homme, il y a ...bref, tr
ès longtemps, j'ai enclenché la machine à remonter le temps et je me suis retrouvé à 1'épo
que des hommes des cavernes à l'âge de la pierre ( le choix de l’âge de la pierre n’est pas innoc
ent!)
A cette époque, I'Homme est à la merci de tous les dangers possibles : climat, intempéries, ani
maux, accidents géologiques, maladies, ses semblables... Quant à ses préoccupations, elle
s sont réactives, car l’homme doit lutter sans merci pour sa survie. Il s’agit bien de survie,
et non de vie et encore moinsd'existence. Les questions métaphysiques n’ont aucune place da
ns son esprit. Mais notre homme est doté du pouvoir d'observation, ce pouvoir extraordinair
e, il va le développer et s'en servir pour se libérer petit à petit des contraintes de la vie quo
tidienne.
Ainsi il va d'abord saisir certains mécanismes et cycles de la nature. Il va aussi comprendre qu'en
vivant en groupe, il pourra attribuer certaines tâches en fonction de 1'individu et augme
nter par-là le bien-être général de la communauté. Il établira aussi les relations de cause à ef
fet, ce qui l'amènera à constater que sa reproduction est le fruit de la copulation et non le résulta
t du hasard. Cette dernière remarque peut paraître déplacée dans cette planche, mais je vous
invite à la prendre en considération, car elle contient un des éléments fondamentaux de 1'Ho
mme: la survie de son espèce. Enfin, geste essentiel, il lève la tête et découvre 1'horizon, le ciel e
t l’Univers.
L'univers de I'Homme et l’Univers
Il est probable qu'à cet instant I'Homme a tout ramené à lui. Il a dû se sentir seul et angoissé face à cet
inconnu dont il n'avait aucun moyen pour l’appréhender. Il n'avait aucun point de comparaison pour
définir cet espace inaccessible et immuable audessus de sa tête. A ce stade d'observation et de ré
flexion, il lui était impossible de nier la réalité comme il pouvait le faire pour des réalités perce
ptibles par ses cinq sens. Mais il a pris conscience d'être le trait d'union entre le ciel et la terre et q
u'il allait, dans une perspective historique, participer à l'invisible en haut et au visible en bas.
L'angoisse et 1'entêtement de I'Homme à vouloir tout comprendre ont permis à 1'humanit
é de se développer. Pas toujours d’une façon harmonieuse et encore moins sans quelques dram
es, il est vrai.

Almonor Stanley
Après avoir recouvert l’Univers d'épaisses couches de mystères, notre homme s'est mis à les
décaper et à le repeindre de couleurs étonnantes. Le fruit de son imagination a pris parfois
des détours qu'il vaut la peine d'emprunter, ne fut-ce que pour le plaisir.
Les Chinois, les Babyloniens , les Égyptiens out peuplé les cieux de dieux dont l'une des préoccupations c
onsistait à remplir des panthéons infinis. Les siècles passent et les Grecs commencent à se rendre com
pte que l'Homme est à même de déchiffrer I'Univers.
Pythagore, ce vieux compagnon des Francs-Maçons, pense que le Cosmos se définit par les nombres. Po
ur lui, l'Univers est composé de 10 sphères concentriques aux trajectoires circulaires s'ajustant parfaitem
ent autour d'un feu central. Aristote et Ptolémée achèvent et perfectionnent sa description en y ajoutan
t d'autres sphères et placent la Terre au centre de l'Univers. Cette théorie géocentrique durera près de 15
siècles.
Au moyen Age, les hommes d'Église reprennent le concept de Ptolémée et l'enrichissent d'une s
phère supplémentaire: celle de Dieu. Et ces " brillants " théologiens placent des anges dans les
sphères planétaires et leur assignent la rude mission de faire tourner les planètes.
Quant à la Lune, c'est le purgatoire. Enfin, ils réservent la Terre pour la mort et au-desso
us d'elle, ils placent l'enfer.
En situant le Soleil au centre de l'Univers, Nicolas Copernic déplace la Terre au rang de planète. Ce
déplacement aura des répercussions profondes dans l'histoire de l'Homme. Désormais, it n'est pl
us le nombril de l'Univers. Quelques années plus tard un astronome danois, Brahe, démontre que
l'orbite des planètes est ovale et réduit ainsi à néant la conception des sphères.
Galilée avec sa petite lunette, Newton avec son principe de la gravitation mettent définitivem
ent à la porte les anges qui n'ont plus d'autres issues que d'aller occuper les esprits de certai
ns hommes dont l'imagination continuera d'expliquer une partie de notre Histoire.
La dernière humiliation nous sera infligée par notre siècle. Grâce à la science et à l'astroph
ysique, nous avons encore découvert que le Soleil n'était pas au centre de l'Univers.
Performance qu'il vaut la peine de relever ici, l'Homme a commencé à forger son histoire en fa
isant de la science fiction. En effet, sans quitter sa planète, il a conçu l'Univers, l'a ordonné, pe
uplé, dépeuplé, désordonné pour le placer enfin dans un système dont il ne connaît pas les limites,
mais dont il perçoit certains aspects de désordres permanents. Force est de penser à Rabelais o
u à Pascal qui définissaient l'Univers comme une sphère infinie dont le centre est partout et la
circonférence nulle part. Qu'il est loin le temps ou l'Homme croyait habiter dans un système fin
i et stable.
L'Homme face à l'Univers
Vouloir expliquer le Cosmos est une vaste entreprise à laquelle l'homme s'attelle depuis la nuit des t
emps et qui lui confère sa véritable dimension. Et cette entreprise n'a pas manqué, ne manque et ne
manquera pas de provoquer des réactions dont les influences se font sentir principalement au niveau
des angoisses métaphysiques.
Face à I'inconnu qu'il peut résoudre, l'Homme répond par des actes qu'il ne peut comprendre. Cela
s'explique en partie par sa peur du vide qu'il comble comme il peut, quitte à être déraisonnable.

Almonor Stanley
Exprimé autrement, l'Homme entretient des rapports conscients avec ce qu'il comprend et des rap
ports inconscients avec ce qu'il ne comprend pas.
Le fonctionnement de l'être est fort complexe. Je laisse cette délicate mission d'explications aux médec
ins, psychiatres, psychologues et autres détenteurs de diplômes en tous genres. A la lumière de mon âge
maçonnique, et en toute modestie par rapport à ma place dans l'Univers, je pense que l'Homme fonc
tionneselon le concept d'un pas après I'autre. Et que la meilleure façon de marcher, c'est de mettre un pi
ed devant l'autre et de recommencer.
Vous allez sans doute penser que je n'ai rien trouvé là d'extraordinaire. C'est vrai, puisque cette mét
hode est universellement connue de tous les marcheurs et qu'elle est enseignée à tous les participant
s de colonies. Plus sérieusement, cette image me plaît parce qu'elle montre bien que l'on ne progr
esse que sur la base d'acquis qui permettent une projection d'actions envisagées. Seulement il faut a
dmettre qu'il y a un moment, un espace d'inconnu jusqu'à la réalisation de la projection. C'est penda
nt cet instant et cet espace que 1'Homme prend toute sa valeur. Il peut en effet, en pleine conscience
, influer sur la suite de l'évènement. Trois voies lui sontouvertes:
- la première consiste à achever ce qu'il a entrepris et à vérifier si ses acquis lui ont donné ra
ison;
- la seconde l'incite à renoncer, car son acquis expérience n'est rien d'autre qu'une lumièr
e éclairant le chemin parcouru; il serait donc déraisonnable de continuer;
- la troisième à modifier l'action projetée en cours de réalisation.
Avant le Temple, avant l'Univers
Il y a un mot dans la langue française dont la signification et 1'emploi n'ont rien d'anodin. Ce mot o
u plus précisément ce verbe, peut provoquer la confusion et 1'erreur et servir les maîtres de la dé
sinformation. Je veux parler du verbe résumer. Lorsque l'on résume, on ne fait que jeter des p
erles aux pourceaux, ou plus communément, on jette en pâture des bribes d'informations et d
e connaissances aux masses avides de sensations fortes et de vérités sécurisantes.
La première partie de cette planche consacrée à l'apparition de l'Homme sur Terre et de sa prise
de conscience de l'existence de 1'Univers est en fait un résumé. Mais ce résumé n'a rien à voir ave
c ce que je viens de dire sur ce mot. Il est le résultat de mes très modestes connaissances en la m
atière. J'aurais pu certes hanter les bibliothèques universitaires et académiques et entrer en relati
ons avec des auteurs spécialisés sans ce domaine pour parfaire ce tracé.
En prenant le pari d'expliquer pourquoi le Temple est le miroir de I'Homme et de l'Univers, je me sui
s souvenu d'une phrase dont je ne sais plus à qui attribuer la paternité mais qui colle parfaiteme
nt au sujet. Cette phrase est la suivante : " L'histoire s'écrit avec de l'encre qui ne sèche jamais ". Pr
enons donc garde de vouloir figer et graver à tout jamais des explications sur des sujets dont nous
n'entrevoyons que quelques pâles lueurs et dont la lumière complète pourrait nous aveugler.
Du miroir à l'Univers
Comment vivait l'homme avant d'avoir inventé le miroir et avant de s`être penché sur un plan
d'eau? Ildevait certainement procéder par analogie en regardant ce qu'il pensait être ses
semblables. Ce devait être une époque d'incertitudes.

Almonor Stanley
Et puis est arrivé le miroir. Mais avec lui sont arrivées aussi un nombre incroyable de considéra
tions philosophiques qui out donné à notre miroir une profondeur symbolique sans fin. Dans no
s dictionnaires de symboles l'une des définitions du miroir dit " En vertu de la théorie du microco
sme, image du macrocosme,l'Homme et l'Univers sont dans la position respective de deux miroirs.
De même les essences individuelles se reflètent dans I'Être divin et l'Être divin se reflète dans les
essences individuelles ".
L'Homme avec son prodigieux pouvoir d'observation, mais surtout de création s'est transformé en
miroir et a capté l'image de l'Univers et 1'a matérialisée sous des formes diverses. Je dis sous des f
ormes diverses, car le miroir donne une image inversée de la réalité. Mais 1'Univers, ce qui est e
n haut est comme ce qui est en bas. Il n'y a donc pas de matérialisation et d'expression exactes d
e 1'Univers. De plus, on ne peut observeraucune règle définie, tant sont riches et multiples les sen
timents du sacré et les modalités des rituels. Tout au plus, peut-on constater que les Temples son
t des traits d'union entre la Terre et 1'Univers, un pont entre les ténèbres et la lumières, une expr
ession spirituelle d'élévation.

Des Temples au Temple de Salomon


Durant des milliers d'années, l'Homme a concrétisé l'image de l'Univers par la construction d'édifices, L
es édifices qui nous intéressent sont ceux qui nous montrent les proportions et et les mesures sym
boliques du Cosmos et ceux qui s'inspirent du corps humain. Ces deux caractéristiques sont le résul
tat des effetsd'échanges éternels et permanents d'images et de reflets entre le grand miroir dans le
quel 1'homme se regarde et le petit miroir dans lequel le G:. A:. de 1'U:. contemple sa création.
Ces Temples sont des Œuvres qui ne doivent rien au hasard. Leur architecture, leurs dimensions
et leur construction sont basées sur le nombre d'Or, nombre qui n'est pas le fruit gratuit de 1'imag
ination mais un principe universel d'équilibre et d'harmonie. Il est intéressant de noter que les dimen
sions de la Loge sont basées sur ce fameux nombre d'Or et qu'elle se définit non plus en carré long,
en carré doré ou carré Soleil.
En Franc-maçonnerie, le Temple qui nous intéresse et qui constitue la référence, c'est celui qui a été c
onçu par Salomon et qui a été construit par Hiram. Ce Temple pour qui sait lire, déchiffrer et comprend
re, contient toutes les clefs de 1`Univers et les explications de la création. Il est le temple-symbole et l
'expression visiblede l'invincible. Il explique, entre autre, l'activité des éléments, le commencement, la f
in et le milieu des temps, les alternances des solstices et les changements de saisons, les cycles de l'
année et les positions des astres.
Le Temple maçonnique, c'est d'abord un espace clos, à l'abri de la vie profane et animé par la
réflexion et par 1'échange d'idées. Ce Temple contient des légendes, mémoires collectives de
1'humanité. Mais il est surtout là pour nous transmettre des valeurs symboliques et initiatiques,
adaptées il est vrai aux différentes coutumes des sociétés. Il est construit de façon composite par des
symboles qui doivent nous faire vibrer et qui out pour origine le Cosmos, la Bible, le
Compagnonnage, la Chevalerie, I'Alchimie ou encore la philosophiepythagoricienne. Enfin certaines
de ses dimensions amènent l'Homme et l'Univers à se fondre l'un dans l'autreà l'infini, telles deux
miroirs se faisant face à face en se renvoyant indéfiniment une seule et unique image.C'est ainsi
que la pensée peut arriver à être plus étroitement liée à 1'esprit qu'à la matière.

Almonor Stanley
Le Palais des glaces
Mais il est aussi un palais des glaces que les reflets transforment en labyrinthe. Le Maçon se déplac
e seul dans ce dédale de murs de miroirs qui lui renvoient son image de tous côtés. Il sera encore
plus seul s'il recherche à projeter une image construite sur la vanité et la séduction. Et contrairem
ent aux voeux de Jean Cocteau, les miroirs ne réfléchissent pas avant de renvoyer une image. Le Lab
yrinthe ne lui offrira alors qu'une seule voie: celle de la perdition, tant son image renvoyée lui fer
a mal, car mal profilée et carénée pour se mouvoir dans les eaux pures et limpides de la probité e
t de la connaissance.
Briser le dernier miroir
Pour s'y retrouver, le Franc-Maçon devra faire preuve de sagesse et faire la part des choses
entre 1'image projetée et l'image réelle. Il lui faudra aussi comprendre que plus la distance entr
e lui et son image diminue, plus il aura de force pour parcourir le Temple jusqu'au dernier mir
oir pour le briser et passer de l'autre côté, dans un espace jusque là inconnu qui se définit pas a
vec le fil à plomb et le niveau. Je veux parler d'un espace, d'un temps, où nous pouvons nous
intégrer avec 1'Esprit supérieur, ne faire qu'un avec lui et où le miroir n'a plus de raison d'être
.
Ultime question
L'initié doit-il considérer le Temple comme le miroir de 1'Homme et de l'Univers? Ma réponse
est oui, mais à condition qu'il dépasse le stade de la contemplation, du reflet et de la spéculatio
n pour atteindre une dimension universelle.
Ma lecture du livre symbolique « caché » de la vigne.

L'homme a toujours eu beaucoup d'intérêts pour la vigne. C'est une plante qui lui inspire le res
pect. Peut-être plus par le jus de ses fruits, qui une fois transformé en vin, lui apporte, lorsqu'il l
e boit avec modération, un plaisir et un bien être que peu d'autres boissons peuvent lui apport
er. La vigne accompagne les civilisations depuis la nuit des temps, c'est pourquoi, parler de la vi
gne ou du vin, c'est parler de la culture des civilisations qui se sont succédées dans les zones te
mpérées de notre planète depuis l'avènement de l'humanité.
Pour qui a déjà eu l'occasion de s'isoler quelques instants sur une vigne, il est plus facile de com
prendre la force symbolique de cette plante, qui très souvent est représentée comme l'arbre de
la vie et de la connaissance. Elle pourrait être également symbole de la force et de la volonté, c
ar elle possède une vivacité de croissance extraordinaire dans les terres les plus pauvres.

L'Hiver
La vigne en hiver a un aspect très sombre. La couleur noire du cep avec son écorce plucheuse
fait penser à un végétal mort. De plus, plantée sur des hectares de terre caillouteuse, sans
herbe, la vigne donne au paysage un aspect très sévère et triste. Un peu, comme si toute vie
avait disparu de sa surface. Très souvent, nous découvrons, en parcourant les lignes entre les c
eps, ici le cadavre d'un oiseau là, la peau desséchée d'un lézard ou d'un serpent, comme pour n
ous rappeler la réalité de la vie, elle ne nous est que prêtée.

Almonor Stanley
La mort est l'arrêt du muscle cardiaque, l'extinction du souffle et la putréfaction de l'enveloppe
charnelle. Ce corps qui se décompose et se disperse dans le cosmos sous forme d'hydrogène, d'
hélium, de carbone et autres particules, retourne régénérer le cycle de la vie. Autrement dit, cet
te mort, au niveau de l'univers n'est qu'apparente, car la disparition du singulier, renouvelle l'e
nsemble. Ceci se remarque particulièrement dans les vignes rocheuses, par l'apport d'humus q
ue crée la caducité des végétaux et la mort des animaux, augmentant, la couche de terre, matri
ce de la vie.
Jusqu'à l'âge de cinq ou six ans pour moi, la mort n'existait pas. Puis elle s'est lentement dessin
ée, lointaine, horrible, mais réservée aux autres. Par la suite, l'adolescence et ses questions, les
responsabilités familiales et professionnelles ainsi que le décès de personnes m'étant de plus en
plus proches en âge, ont petit à petit changé la vision de mon petit cosmos personnel, de la vie
et donc de la mort. Progressivement j'ai ressenti un sentiment de mal-être me poussant à reche
rcher le comment et le but de la création. Recherche louable, mais à mon niveau impossible. Ce
sentiment, je l'ai compris bien plus tard, était généré par l'impression que j'avais inconsciemme
nt d'avoir jusqu'à ce jour, vécu parallèlement aux moments réellement importants de ma vie. P
artant de l'ensemble, je me retrouvais à chercher la compréhension du particulier, c'est à dire,
mon moi.
« Sorti des écoles, j'ai trouvé un travail, je me suis marié, j'ai eu des enfants, j'ai travaillé. Au déb
ut il a fallu faire ses preuves, et les menus de fins de mois étaient très souvent : patates et from
age. Mais la force, l'appétit et l'optimisme de la jeunesse aidant, j'ai commencé à grimper les éc
helons de l'échelle dite sociale. Dès arrivé sur un échelon que déjà le suivant m'appelle. C'est B
yzance, je suis le roi. C'est un voyage à la japonaise au cours duquel je prends des photos des m
oments de ma vie que je juge importants. Je les regarderai lorsque j'en aurai le temps. Lorsque
je serai arrivé ! Arrivé où ? Il me reste ces clichés jaunis, écornés et la question : ai-je apporté à
ceux que j'aime tout ce que je pouvais leur apporter, au moment voulu ? Mes enfants sont mai
ntenant hors de la maison, et je n'y ai vu que du feu !
Cette réflexion m'est venue une fin d'après-midi de blues, alors que je m'étais retiré dans une vi
gne accrochée à la montagne, cent mètres au-dessus du Rhône. Chaque fois que je m'y rends se
ul, je suis troublé par deux sentiments simultanés et contraires. Je me sens fort et heureux de v
ibrer avec la nature, impressionné par le panorama , mais d'autre part, je ressens de l'humilité f
ace à la grandeur de cette nature. Elle m'oppresse et me rappelle ma condition de fourmi. C'est
un lieu où je perçois souvent une ambiance de retraite initiatique qui m'inspire des pensées exi
stentielles, telles que le pourquoi et le comment de ce qui m'entoure et surtout qui suis-je là au
milieu ?
Tout homme travaillant la vigne tous les jours de l'année, pratiquement isolé dans la nature, se
trouve comme le récipiendaire dans le cabinet de réflexions. Il est seul avec ses observations et
surtout ses réflexions. Dès que l'on noue conversation avec un tel personnage, bien que très
souvent il s'exprime d'une manière très simple, même quelque fois un peu frustre, on ressent
une grande maturité, une logique terrienne et une vaste culture d'autodidacte, acquise par la
communion avec la nature. Sans vraiment le vouloir, quoiqu'un peu goguenard, il vous suggère
qu'intelligent et peu cultivé vaut mieux que cultivé et peu intelligent. Pour lui il n'est qu'intellig
ent, car son humilité l'empêche de reconnaître sa culture. Le vigneron est un de ces hommes, p

Almonor Stanley
ondéré, ne prenant pas la parole sans avoir réfléchi. Il vit ce silence qui l'accompagne tout au lo
ng de l'année. Il a le temps d'analyser toutes les questions qui lui viennent à l'esprit.
C'est certainement avec les difficultés et dans la douleur que l'on fait le plus de progrès. Par la p
erte d'un être cher, cette séparation irrévocable qui brutalement nous laisse appréhender ce qu
e cet être était pour nous, ce qu'il nous apportait. N'y aurait-il pas quelques remords de ne lui a
voir pas toujours montré tout l'amour qu'on lui portait ? Regrets égoïstes adoucis par la pensée
qu'il n'y a plus de souffrances, ni physiques, ni morales et que la vie continue à travers les nouv
elles générations. Cette bipolarité, nous l'observons l'hiver en contemplant une terre gelée, rec
ouverte d'un voile de neige, blanc, froid et triste comme la mort, parce qu'éclairé par les rayons
blafards de la lune, éclairage propice à la veillée des morts. Ce sont ces mêmes rayons, qui la n
uit donnent un signe de lumière et de vie en vainquant les ténèbres.
La lune meurt à chaque lunaison et renaît trois jours après symbolisant une certaine pérennité
. De par ses disparitions et apparitions régulières, elle est devenue le calendrier de l'homme, la
mesure du temps qui s'écoule.

Le Printemps
Au printemps, la taille de la vigne bat son plein. L'atmosphère se réchauffe et la végétation rev
erdit lentement. Les amandiers en fleurs forment de grandes boules de couleur blanche dans le
paysage et participent à un grand concours de beauté avec les magnolias et les forsythias. Le vi
gneron coupe les sarments et forme le cep à trois cornes.
Le chiffre trois est présent dans la vigne, par le mode de culture conduit en gobelet, où le cep e
st habituellement taillé à trois cornes, et rappelle l'importance du ternaire. La vision de tous ces
ceps présentant leurs trois cornes disposées en triangle fait penser à un texte maçonnique ou à
la signature du maçon, symbolisant, sa volonté de transformer l'opposition de son unité perso
nnelle avec le deux de l'autre ou de son environnement, à travers la recherche de la connaissan
ce de soi et la compréhension d'autrui. Le moi additionné à l'autre par le travail intérieur effect
ué, devrait donner le résultat, compréhension, fusion. Le trois nous ramène au moi qui se conna
ît mieux par son travail envers l'autre. Il représente la synthèse de un plus deux. Le mariage et l
a création d'une famille en est un des plus beaux symboles.
Les sarments coupés, très rapidement la sève monte et la vigne se met à pleurer par les
blessures occasionnées par la taille. Toutes ces gouttes de sève pendantes aux ceps, paraissent,
sous un rayon de soleil, tels des myriades de petits diamants. C'est la renaissance de la vigne.
Les bourgeons verdissent et attendent la première pluie chaude pour éclater. Cette eau, sans
laquelle la terre ne serait qu'un énorme rocher stérile, fécondera la terre comme le sperme
féconde la femme. Une petite pluie fine de printemps, et c’est le ciel qui fait l'amour avec la
terre. L'eau, ici, est l'emblème de la vie. Sans eau c'est la sécheresse, la mort. Pratiquement
toutes les civilisations ont considéré ou considèrent l'eau comme un symbole de vie important.
La Bible et le Coran contiennent un très grand nombre de paraboles parlant du symbolisme de l
'eau. Il en va de même, entre autres, chez les Hindous et les Aztèques.
Le symbolisme de l'eau est ambivalent, car l'eau est également un symbole de mort par les torn
ades, le déluge, les tempêtes et les inondations qui sont décrites, souvent, comme des punition

Almonor Stanley
s données aux méchants.Nous utilisons également l'eau pour laver, pour nettoyer et par conséq
uent l'eau est aussi un symbole de purification, de renouveau.
Le climat du Valais étant très sec car les pluies y sont plus rares que partout ailleurs en Suisse, l
es Valaisans ont dû aller chercher l'eau dans les montagnes, très souvent à plus de trente kilom
ètres des cultures. Pour ce faire, ils ont construit des petits canaux qui partent pratiquement de
dessous les glaciers et viennent arroser les vignes et les cultures des coteaux de la plaine du Rh
ône. Ces canaux se nomment les Bisses. Leur construction a nécessité une large connaissance t
echnique et pratiquement les mêmes outils que ceux des bâtisseurs de cathédrales. En effet ces
bisses traversent des terrains très variés, il a fallu ici creuser le lit du canal dans le rocher ou, là
faire un mur de soutènement en pierres sèches, quelque fois façonnées, taillées avec ciseau et
maillet. Le lit du bisse devant avoir une déclivité constante et minimale pour garantir un débit r
égulier et pas trop important, le niveau et la règle étaient indispensables. Peut-être, les Valaisan
s ne donnaient-ils pas la même symbolique que les maçons à leurs outils, mais par l’œuvre acc
omplie et la précision atteinte, sans l’aide d’ingénieurs, ils ont prouvé qu’ils avaient acquis un h
aut niveau de réflexions et de connaissances. Ceci se remarque d’une manière plus précise dan
s les murs de pierres sèches de certaines vignes, qui atteignent une hauteur de 18 mètres et do
nt le fruit a une régularité remarquable.
Par la somme des travaux effectués ils ont démontré leur volonté et leur persévérance, symboli
sées par le maillet (actif). Avec le peu de moyens mécaniques dont ils disposaient pour réaliser
ces constructions, nous devinons le nombre de problèmes, de difficultés qu’ils ont dû appréhen
der, résoudre ou éviter, symbolisés par le ciseau (passif). Avec le niveau et la règle ils ont nivelé
les irrégularités du terrain et gardé une pente constante, comme nous devons dans notre quête
de la sagesse, supprimer les irrégularités qui nous en détournent et toujours regarder notre bu
t lointain.
L'Été
Dès que les cigales se mettent à chanter, c'est l'été, il fait très chaud. La vallée a pris son air de
Provence. Contre les murs de la vigne, les rayons du soleil arrivant perpendiculairement sur le
thermomètre de la guérite, font monter le mercure à des hauteurs qui nous conseillent de sage
ment rester à l'ombre de la treille. Le mercure qui s'échauffe contre le mur, est surprenant, car
un métal, est généralement solide à la température ambiante, lui s'adapte aux situations, il se li
quéfie, s'évapore. Il est le purificateur de l'or, mais il a aussi un côté médiateur peut-être un pe
u entremetteur par sa fluidité et sa manière de s'amalgamer.
Les effeuilleuses, des écolières, des étudiantes et des femmes de la région, sont sur la vigne, en
plein soleil et abritées sous leur chapeau, elles arrachent les feuilles qui portent ombrage aux r
aisins, à fin qu'ils mûrissent mieux. Elles montent ou descendent les lignes au rythme de leur la
beur très souvent en chantant, comme si elles remerciaient le soleil de nous chauffer.
Le soleil, le feu qui fait fondre les métaux, empêche l'eau de se transformer en glace et sans qui
aucune vie ne serait possible sur terre, n'est pas seulement un symbole de vie, mais également
, celui de l'esprit, de la connaissance et de la pureté. Le soleil par son extrême chaleur et par les
radiations qu'il nous envoie peut aussi être un symbole de mort comme le feu d'essence démo
niaque est signe de destruction, de punition. Le feu et l'eau, sont deux éléments contraires qui
symbolisent, la purification, une purification spirituelle par le feu et plus matérielle par l'eau. C

Almonor Stanley
omme nous l'avons vu plus haut, tous les deux représentent également la mort. Il n'est pas rare
que des couples de symboles soient formés d'individualités pour le moins différentes, si ce n'es
t antagonistes. Un autre de ces couples est le couple soleil-lune, les deux luminaires de la vigne
.
Le soleil est une étoile, masse en fusion qui émet une énorme quantité de chaleur et une intens
e lumière, alors que la lune est un corps froid d'extraction planétaire réverbérant la lumière du s
oleil. L'un et l'autre symbolisent, entre autre, la connaissance. Le soleil est la connaissance intel
ligente active, celle que nous acquérons par notre propre recherche. La lune est la connaissanc
e apprise, passive, par reflet. Pour nous, d'origine latine, le soleil est masculin, actif, viril, et la l
une est féminine, passive et changeante. Pour les germaniques, avec beaucoup d'autres peuple
s, le soleil, die Sonne, est féminin et la lune, der Mond, est masculin. C'est le féminin qui est acti
f. Il serait faut de penser qu'en symbolique les comparaisons sont axées sur les différences sexu
elles de l'homme et de la femme. Au sens ésotérique le masculin donne et le féminin reçoit, alo
rs que chez l'homme et la femme, sur le plan psychique et biologique, tous les deux sont formé
s de caractères mâle et femelle. La croyance dogmatique d'une différence autre que physique,
entre hommes et femmes, est en train de s'estomper, dû à notre actuel mode de vie et à l'influ
ence de l'éducation de plus en plus égalitaire donnée aux filles et aux garçons.
Lorsque le soleil est au zénith, tout travail s'arrête dans la vigne et les gens vont se réfugier à l'o
mbre des plantes et rechercher un éventuel petit souffle d'air. Ce souffle est la vie des êtres viv
ants, il est le signe tangible de l'élément vital dans lequel ils vivent et qui les sépare de l'infini. C'
est maintenant le moment le plus chaud de la journée. Après le casse-croûte, tout le monde s'a
ssoupit. Alentour, il n'y a qu'un silence de braise.
Le silence est certainement source de paix et de bien être, comme par exemple, lorsque par un
e chaude nuit d'été, vous vous couchez sur le dos entre deux lignes de ceps et vous contemplez
les étoiles dans un environnement absolument silencieux, vous vivez un moment privilégié. Une
telle paix vous envahit, que vous avez l'impression d'être en lévitation ou sous la voûte du tem
ple, entrain de participer à une chaîne d'union avec le monde entier.
Le silence à d'autres occasions, peut être source de mal-être, d'anxiété. Tel que peu avant l'orag
e, la vigne arrête de bruire, il n'y a plus un brin d'air, les oiseaux et autres animaux se terrent. C'
est le silence avant le déchaînement des éléments. Le vigneron anxieux espère qu'il n'y aura pas
de grêle et que ses murs tiendront le coup. Dans les relations humaines le silence signifie : ne p
as parler, écouter, ne pas correspondre. Ici de nouveau le silence a deux états. L'un positif et l'a
utre négatif.
Le silence de l'apprenti est sans conteste un silence positif qui par l'écoute et la réflexion lui
permet d'apprendre. Ce silence me révèle le long chemin que j'ai encore à parcourir jusqu'au
jour où un commencement de sagesse pointera en moi. Tant bien que mal, je tente d'utiliser le
silence dans tous mes rapports avec autrui. C'est un travail de longue haleine et les rechutes so
nt nombreuses. Je dois avoir à tout moment le silence à l'esprit pour que lorsque je suis d'un av
is différent ou que je me sens agressé, se déclenche en moi une action de réflexion plutôt qu'un
e réponse non méditée, dont le sens et la manière, seront certainement mauvais et agresseront
mon interlocuteur.

Almonor Stanley
Le silence aide au respect et à la compréhension de la pensée d'autrui. Il nous ouvre à la réflexi
on par l'écoute des arguments et objections, nous menant en direction de la connaissance de n
otre moi. Il est aussi des silences négatifs tel que la bouderie ou le mutisme face à l'injustice. Da
ns ces cas le silence est une lâcheté et une solution de facilité. Comme en musique, où les silenc
es, plus ou moins longs, ont une grande importance, nos différents silences rythment notre hu
meur.
Le silence intéressé
le silence respectueux (protégé, parce qu'en voie de disparition)
Le silence amoureux
Le silence douloureux
Le silence découragé
Le silence de la mort
Le silence du sommeil
Le silence de la réflexion ...

L'Automne
Le mois de septembre touche à sa fin, le vigneron est redescendu de son mayen (chalet de mon
tagne). Calmement mais avec un peu d'anxiété, il parcourt sa vigne, contrôlant les belles grappe
s bien mûres et s'assurant que pendant son absence il n'y a pas eu d'attaques de pourriture ou
de mildiou. C'est le moment de préparer les passages pour les vendangeuses et les brantiers, d
e réviser les moteurs des treuils, des téléphériques et de rafistoler les marches d'escaliers branl
antes. Ces marches d'escalier crochées aux murs qui nous permettent, de monter dans la vigne,
lentement, avec précaution dans les passages difficiles, illustrant notre ascension laborieuse ve
rs la connaissance, ou de descendre à la recherche du livre symbolique caché.
Les préparatifs terminés, les vendanges sont là. Les vignes grouillent de monde Les routes vitic
oles sont encombrées, bloquées par trop de jeeps, tracteurs et remorques. On crie, on rie, on s'
engueule et le jus coule à flots dans les pressoirs. Les vendanges se passent bien. C'est le salaire
de dix mois de labeur. Dès que la vigne a donné ses fruits, comme pour fêter ce succès par un d
ernier feu d'artifice, le coteau se pare de brillantes couleurs , jaune or pour le fendant, rouge éc
arlate pour les gamay et pinot noir et un beau vert, encore tout estival pour les vignes non enc
ore vendangées.
A l'aube de l'humanité, au Moyen-Orient, la vigne était considérée comme sacrée et le vin
était réservé aux dieux. En Valais les quelques cinq mille hectares de vigne appartiennent à plus
de vingt-deux mille vignerons. C'est dire que chaque famille est propriétaire d'un lopin de vigne
, et elle y tient comme à la prunelle de ses yeux. La vigne représente la richesse qui se transmet
de père en fils. Le fils doit accepter cette vigne et c'est un déshonneur que de la vendre à un tie
rs. Durant l'année les anciens iront contrôler si cette précieuse vigne est cultivée selon toutes l
es règles de l'art. Si c'est le cas, il aura l’aide de toute la famille pour les vendanges.
Une fois les vendanges terminées, après deux ou trois nuits fraîches, les couleurs s'éteignent, le

Almonor Stanley
s feuilles brunissent et la vigne n'attend plus qu'un coup de vent lui mette son habit d'hiver. Par
contre, à la cave, dans la douce chaleur des cuves en fermentation, le sang de la terre frémit e
n laissant échapper des senteurs de carbonique pétillant et de fruits murs. Le vin nouveau est p
rometteur. Ce vin qui met la joie au coeur de l'homme symbolise chez les anciens la connaissan
ce, l'initiation, l'immortalité ou encore la boisson de l'amour divin.
« Notre verre était la pleine lune. Lui, il est un soleil , un croissant le fait circuler. Que d'étoile
s resplendissent quand il est mélangé.
On a fait une distinction , mais le tout est un, nos esprits sont le vin et nos corps la vigne. »
Extrait de AL KHAMRIYA (L'éloge du vin), poème mystique de Omar Ibn AI Fâridh.
LA FRANC-MACONNERIE
UNE PHILOSOPHIE DU DEVOIR

Le point de départ de cette planche est une remarque faite par un frère d’une Loge sœur q
ui, lors d’une instruction commune, en réponse à une remarque d’un autre frère qui parlai
t des « droits des Maçons », lui a répondu que dans la Franc-maçonnerie, il n’y a que des
obligations et pas de droits. Cette remarque m’a fait réfléchir et m’a amené à travailler sur
ce thème. Cette planche résulte de cette réflexion et porte sur la problématique suivante: l
a Franc-maçonnerie est une philosophie du devoir.

A la réflexion, je me suis aperçu que dans la Franc-maçonnerie, telle que nous la concevons
et pratiquons, aucun Frère ne peut se prévaloir de droits spécifiques pour revendiquer l’ac
cès à tel ou tel grade, à telle ou telle charge ou office. La Franc-maçonnerie se caractérise d
onc par le fait que tout est devoir et obligation. C’est même une exception maçonnique qu
’une organisation humaine ne garantit à ses membres aucun droit particulier pour accéder
à un tel ou tel office, grade ou charge, alors qu’elle leur impose des devoirs et obligations.
Toute organisation profane est hiérarchisée. L’accès à des responsabilités ou l’augmentatio
n de salaire y est statutairement et juridiquement défini. Quiconque se sentant injustemen
t traité peut s’appuyer sur les règles juridiques pour faire valoir ses droits. Il en va autreme
nt en Franc-maçonnerie, même si on parle de « juridictions maçonniques ».

Le fait qu’en Franc-maçonnerie les devoirs et obligations priment sur le droit, constitue
une originalité qui mérite qu’on s’y attarde. Car la première question qui se pose est la suiv
ante : comment est-il possible qu’une organisation qui impose des devoirs et obligations à
ses membres et ne leur offre aucun droit, puisse-t-elle exister et perdurer ? Deuxième que
stion : comment des frères soumis à tant de devoirs et d’obligations peuvent-ils accepter d
e s’y soumettre de bonne grâce et sans rechigner, alors que dans n’importe quelle organis
ation profane ceci paraîtrait difficilement concevable et applicable ? Ce sont ces deux ques
tions dont traite cette planche, qui au préalable précise certaines des devoirs et obligations
des Francs-maçons.

I. Les devoirs et obligations en Franc-maçonnerie

Almonor Stanley
Pour traiter des devoirs et obligations, il faut partir du texte fondateur de la Franc-maçonn
erie symbolique, celui de James Anderson. Les Constitutions d’Anderson de 1723 stipulent
dans l’article 1 qu’un « Un Maçon est obligé par sa Tenure d'obéir à la Loi morale et s'il co
mprend bien l'Art, il ne sera jamais un Athée stupide, ni un Libertin irréligieux ». Il y a donc
d’une certaine manière l’obligation pour les Maçons de se soumettre à ce que James Ande
rson appelle une Religion que tous les hommes acceptent et « qui consiste à être des Hom
mes bons et loyaux ou Hommes d’Honneur et de Probité ». C’est là un élément de moralité
.

Dans l’article 2 des mêmes Constitutions, il est dit qu’un Maçon ne doit jamais être mêlé au
x Complots et Conspirations contre la Paix et le Bien Être de la Nation, ni manquer à ses de
voirs envers les Magistrats inférieurs (…). Aussi, si un Frère devenait Rebelle envers l'État,
il ne devrait pas être soutenu dans sa Rébellion, quelle que soit la pitié que puisse inspirer s
on infortune ». Dans l’article 3, il y est dit que « Les Personnes admises comme membres d
'une Loge doivent être des Hommes bons et loyaux, nés libres, ayant l'Age de la maturité d'
esprit et de la Prudence, ni Serfs ni Femmes ni Hommes immoraux ou scandaleux, mais de
bonne réputation ». Bien sûr, l’interdiction des femmes n’est plus acceptable; preuve en e
st le nombre de Loges féminines qui existent aujourd’hui.

Du point de vue de la conduite des Maçons en Loge, l’article 4 des Constitutions d’Anderso
n stipule que les Frères Maçons lors d’une tenue ou une activité en Loge ne doivent interro
mpre ni le Maître, ni les surveillants ni aucun Frère parlant au Maître ; aucun Frère ne doit
user d’un Langage malséant ; tous doivent manifester à l’égard des uns et des autres une D
éférence et un respect. S’agissant de la conduite des Frères hors tenue mais dans le Templ
e, comme par exemple lors des agapes, il est dit dans les constitutions d’Anderson que les
Frères doivent adopter une attitude modérée et éviter les excès et les offenses. Les Brouille
s et les Querelles privées ne doivent pas passer le Seuil de la Loge (c’est la formule : laisser
les métaux à la porte du temple). On doit éviter les querelles de religion, du nationalisme o
u de la politique.

En présence des non-Maçons, les Constitutions d’Anderson prescrivent ceci : « Vous serez
circonspects dans vos Propos et dans votre Comportement, pour que l'Étranger le plus
perspicace ne puisse découvrir ni deviner ce qu'il ne doit pas connaître, et vous aurez
parfois à détourner la Conversation et à la conduire prudemment pour l'Honneur de la vén
érable Fraternité ». Dans sa vie privée et dans son Entourage, précise les Constitutions, le F
ranc-Maçon « doit agir comme il convient à un homme sage et de bonnes mœurs ». En par
ticulier il ne doit pas évoquer les affaires de la Loge en famille, à des amis ou à des voisins. I
l doit être soucieux de son propre Honneur. A l’égard d’un Frère étranger, le Franc-Maçon
doit lui prodiguer le respect qu'il mérite; et s'il est dans le besoin, et s’il le peut, il doit le se
courir, ou tout au moins lui indiquer comment il peut être secouru. Un Frère Maçon doit re
pousser toute Dispute et Querelle, toute Calomnie et Médisance. Il ne doit pas permettre q
u’un Frère honnête soit calomnié ; il doit défendre sa Réputation.

Comme on le voit, les constitutions d’Anderson contiennent un ensemble de devoirs et obl

Almonor Stanley
igations, ainsi que des prescriptions concernant la conduite des Frères Maçons. Ce texte fo
ndamental de la Maçonnerie symbolique est rempli de devoirs et obligations que les Maço
ns doivent respecter. Il n’y est jamais question de droits.

Par ailleurs, et s’agissant du fonctionnement d’une loge, rappelons que le Frère Maçon no
uvellement initié est soumis pendant sa période d’apprenti à l’obligation du silence. Certes
, dans des circonstances précises et selon des modalités fixées, il peut prendre la parole et
s’exprimer. Mais pour le reste du temps, il doit garder le silence, se taire en loge. C’est une
des obligations les plus difficiles et qui contredit les usages profanes où chacun est sollicité
de donner son point de vue à tout bout de champ. Là aussi on voit que la vie maçonnique
a des exigences que des profanes ne les supporteraient pas. Si la parole est d’argent, dit-o
n dans la vie profane, le silence est d’or. L’Or dans l’alchimie est la matière la plus pure et l
a plus noble. En philosophie, c’est la vérité. Par le silence, chaque Frère apprenti s’efforce
d’accéder à sa propre vérité, en dégrossissant sa pierre et en la purifiant, en quelque sorte.

Comme autre devoir et qui, en principe, s’impose à tous, c’est celui qu’on pourrait appeler
celui de la parole rare. Quand un Frère prend la parole, il doit parler une seule fois pour ex
primer sa pensée, puis il se tait. Et lorsque selon la formule il conclut son intervention en di
sant J’ai dit, cela signifie qu’il a été au fond de sa pensée, qu’il a bien « ramassé » ses idées
et les a exposées le plus clairement possible à des Frères, qui eux-mêmes écoutent attentiv
ement. Ensuite, il retourne au silence.

Cette obligation n’est pas toujours respectée, car elle exige un gros travail sur soi, celui d’é
couter d’abord, puis d’entendre ce que l’autre dit, puis avant même de parler, savoir ce qu
’on veut dire exactement. C’est la raison pour laquelle la prise de parole est précédée d’un
silence nécessaire qui permet à un Frère de se concentrer, de préparer les idées qu’il veut
exprimer et les mettre en forme avant de prendre la parole. La parole du Franc-maçon est
donc une parole rare. Il parle peu et lorsqu’il le fait, il va à l’essentiel, parce qu’auparavant
il a mûrement réfléchi.

Cette obligation de la parole rare contredit la pratique courante dans la vie profane. Mes
Frères, lors des débats à la radio ou la télévision, tout le monde parle en même temps au
point où il souvent difficile de suivre la discussion. Chacun est soucieux de sa propre parole
sans égard pour les autres, et ceci dans un fonctionnement égocentrique. Bien des Profan
es, et des journalistes, en particulier, devraient s’appliquer la règle maçonnique du silence
et de la parole rare. Bien des malentendus et des polémiques stériles pourraient ainsi être
évitées et des conflits désamorcés si, dans la vie profane, on appliquait cette règle d’or de l
a parole rare.

Les devoirs et les obligations sont très présents dans la culture maçonnique et dans la vie d
’un Maçon en général, au point où on peut se demander comment des Frères puissent obéi
r et accepter une organisation qui ne leur assure aucun droit ? La réponse est qu’un vérita
ble Maçon agit non pas dans le but prioritaire et unique de transformer le monde qui l’env
ironne et sur lequel il aurait des droits. Il agit d’abord sur lui-même pour se transformer int
érieurement en utilisant les outils symboliques que la Franc-maçonnerie met à disposition.

Almonor Stanley
En ce sens, le travail du Maçon consiste à utiliser des outils hérités des Anciens pour deveni
r autre chose que ce qu’il est. En frappant à la porte du Temple, le candidat à l’initiation se
présente non pas avec sa fortune ou sa gloire, ces choses dont il sera rapidement dépouillé
, mais avec sa personne, avec ce qu’il est et ce qu’il souhaite devenir.

En entrant en Franc-maçonnerie, le « jeune » initié s’engage à se débarrasser des idées pré


conçues, de toutes les fausses convictions qui l’empêchent d’acquérir de nouvelles connais
sances et de recevoir la Lumière. Dans ce sens, il doit laisser les métaux à l’entrée du templ
e. D’ailleurs, en entrant dans le Temple le nouvel initié est dépouillé provisoirement de tou
s les objets métalliques (monnaie, bijoux, décorations, etc.). Ce geste n’est que symbolique
car ce dont il doit se dépouiller, en vérité, c’est du vieil homme en lui pour laisser progressi
vement place à l’Initié. Il doit se dépouiller des préjugés et des choses futiles: « l’homme q
ui aspire à être libre doit apprendre à se détacher des choses futiles », écrit Oswald Wirth d
ans le Livre de l’Apprenti »[1]. Il doit regarder à l’intérieur de lui-même, approfondir la conn
aissance de lui-même. Il doit faire preuve d’humilité en acceptant l’impératif d’ignorance :
je ne sais ni lire ni écrire, je ne sais qu’épeler.. C’est en reconnaissant son ignorance qu’il p
eut accéder à la connaissance.

La caractéristique de la Franc-maçonnerie c’est le fait que les devoirs et obligations des


Francs-maçons sont contractés de manière libre et responsable. Pour devenir Maçon, il
faut être « libre et de bonnes mœurs ». C’est donc en toute liberté que le Franc-maçon
contracte ces obligations. Le devoir implique la liberté. La Franc-maçonnerie propose un
type d’enseignement, appelle un mode de conduite, suggère une morale de vie.
Cependant, elle laisse les hommes et les femmes libres de suivre la voie initiatique. C’est à
peu près ce que dit Mark Stavish[2] dans un livre sur la Franc-maçonnerie: « La franc-
maçonnerie n’est pas une doctrine d’une loi divine révélée, mais se définit comme un
système d’enseignements où, sous le voile du symbolisme, un savoir moral se
cache ». Elle n’a rien d’un dogme, dit-il, car elle laisse le Maçon libre d’interpréter à sa
guise son expérience rituelle. La Franc-maçonnerie propose et bien entendu l’homme
dispose. Dans son essence, elle constitue « un outil qui sert à bâtir, à construire des
personnes, des
communautés et des sociétés meilleures.

Les enseignements de la Franc-maçonnerie sont universels, en ce sens qu’ils s’adressent à


l’humanité, à ce que nous sommes tous, indépendamment de nos croyances religieuses. Ell
e s’adresse à des êtres humains en quête de progrès, des êtres qui aspirent à parfaire l’exis
tence humaine, des individus qui, enfin, sont à la recherche de la Lumière. La philosophie d
es Francs-maçons est universelle et les enseignements qu’elle peut nous livrer transcende
nt les cultes et les sectes. Elle n’est pas une religion, même si il est question du Grand Archi
tecte de l’Univers. Elle n’impose aucune croyance, sauf de croire en un Etre supérieur, que
lque soit par ailleurs la domination que lui donnent les peuples de la terre. C’est une organ
isation spéculative et philosophique.

Ayant montré que les notions de devoir et d’obligation sont largement présents dans la phi

Almonor Stanley
losophie maçonnique et dans la vie du Franc-maçon, il importe de s’interroger sur le sens
profond de la notion de devoir dans ses rapports à la contrainte.

II. Q’est ce que le devoir et l’obligation ?

Les devoirs et les obligations en Franc-maçonnerie (les Landmarks) sont multiples. Il est im
porte donc de s’interroger philosophiquement sur les notions de devoir et obligation dans
leurs rapports à la contrainte. Ce qui importe de dire d’emblée c’est que le devoir ou l’obli
gation n’est pas synonyme de contrainte ; le devoir est une sorte d’impératif catégorique a
u sens d’Emmanuel Kant (1724-1804)[3]. Le devoir, c’est ce qui nous incombe de faire ; c’es
t ce que le code moral impose.

Pour bien comprendre la différence entre l’obligation et la contrainte, utilisons l’exemple


de l’automobiliste. Le code de la route stipule que l’automobiliste doit s’arrêter au stop, m
ais rien ne le contraint à le faire. Le stop n’est qu’un mur virtuel matérialisé par une ligne b
lanche. Le conducteur a cependant l’obligation morale de le faire car quand il a passé son e
xamen pour l’obtention du permis de conduire et il s’est indirectement engagé à suivre et
à respecter le code de la route, bien que rien ne le contraint physiquement à le faire. On p
ourrait dire que si l’automobiliste s’arrête, c’est parce qu’il y a un policier ou un radar et q
u’il risque donc d’être verbalisé s’il ne s’arrête pas au stop. Mais l’autorité n’est pas toujou
rs derrière et heureusement pour la société il n’y a pas un gendarme derrière chaque indivi
du, de même qu’il n’y a un radar à chaque stop. Malgré cela, les conducteurs s’arrêtent au
stop, même dans les lieux les moins fréquentés, parce qu’ils ont intériorisé la règle comme
un impératif catégorique au sens kantien du terme. Le comportement du conducteur respe
ctueux des prescriptions résulte du devoir et d’une obligation morale.

Le devoir signifie donc être tenu par une obligation intérieure. C’est être tenu par un lien
bien particulier : il ne s’agit pas d’une contrainte ou d’un déterminisme naturel, car ce
serait réduire le devoir à un effet de la nature, à une conséquence qui ne pourrait pas ne
pas être. Le devoir implique donc un choix et par conséquent la liberté. Le devoir désigne
une exigence morale, un lien qui n’est pas de l’ordre contraignant et du nécessaire ; il est
de l’ordre de l’obligation qui résulte d’un lien entre une action à accomplir et une loi moral
e qui commande absolument.

Avec le devoir, dit Jean-Jacques Rousseau apparaît la distinction entre les lois de la nature
et les lois morales qui peuvent être violées alors que les premières sont inéluctables. Dans l
e Contrat social, Rousseau distingue le domaine de la nature et celui des valeurs morales :
si les lois morales peuvent être violées, il est de l’essence des lois de la nature de ne pouvoi
r l’être. Au contraire des lois de la nature qui sont nécessaires, l’obligation morale suppose
le devoir comme exigence de la conscience, et le pouvoir de s’y soustraire. Pour Rousseau,
il n’y a pas de devoir sans liberté. Le devoir implique toujours un arrachement à des condu
ites déterminées ou forcées. Il implique un choix entre des possibilités que la conscience fai
t apparaître ; il implique aussi un consentement, un engagement raisonnable qui mobilise l
a pensée et la volonté. Le devoir est preuve de liberté car il exige que chacun maîtrise les t
endances naturelles. L’homme choisit de suivre l’une de ses deux natures, la nature forcée

Almonor Stanley
ou la nature libre. La liberté consiste à suivre le devoir par un libre choix ; dans ce sens le F
ranc-maçon, parce qu’il est libre, peut accepter des devoirs qui lui génèrent des obligations
.

Il faut donc bien distinguer contrainte et obligation : dans la contrainte il y a la notion de fo


rce qui prime : la force du droit ou la force de la nature. Dans l’obligation il y a la notion du
devoir qui est une force intérieure à l’individu. Elle est associée à la liberté, c’est-à-dire la c
onscience comme possibilité de choisir un comportement autre qu’un comportement natu
rel ou un comportement forcé. Lutter pour la vie en se procurant les éléments de base est
un comportement naturel. Ceci n’a rien à voir avec la liberté. L’obligation nous invite à obé
ir au meilleur de nous-même, à la loi qu’on s’est prescrite ou qu’on s’est donnée, à la raiso
n pratique, aux règles qu’on a librement acceptées.

Emmanuel Kant définit le devoir comme un impératif catégorique. Que le devoir soit un im
pératif signifie qu’il se présente comme un commandement, une obligation à laquelle nous
obéissons sans perdre notre liberté ; c’est l’obéissance à la loi morale qui est la loi de la rai
son dans la mesure où elle est adoptée librement. Obéir à l’injonction du « tu dois » c’est,
pour la volonté, s’affranchir des mobiles sensibles et subjectifs, c’est agir en se donnant se
s propres lois (ce qui est la définition de l’autonomie).

III. Pourquoi les Francs Maçons acceptent-ils


les devoirs et obligations ?

Comme l’écrit Mark Stavish dans son livre, « l’appartenance à la Franc-maçonnerie est un
privilège, non un droit, idée bien étrangère à l’obsession de la société moderne pour l’inclu
sion forcée et les droits individuels dépourvus de toute forme de responsabilité personnell
e. Ce principe confère à la Franc-maçonnerie une place à part, la distingue de bien des orga
nisations. Cela explique pourquoi elle est considérée non comme une simple « fraternité »,
mais plutôt comme un véritable mouvement initiatique –non seulement cérémoniale, mais
aussi spirituelle ».

Personne ne peut devenir Franc-maçon contre son gré; c’est un acte de libre volonté. Il n’e
n est pas de même de la citoyenneté. L’adhésion à la Franc-maçonnerie implique des devoi
rs et des obligations que le Franc-maçon accepte librement sans prétendre à des droits spé
cifiques. Ayant choisi d’être initié, il se soumet aux devoirs et obligations maçonniques, san
s qu’il ait le sentiment d’une oppression ou d’une contrainte. Dès lors que les obligations s
ont intériorisées, elles ne sont plus perçues par lui comme contraignantes. En outre, la sou
mission à des obligations est symboliquement rémunératrice ; le « salaire » que tout Franc-
maçon perçoit sous la forme d’acquisition de connaissance de lui-même et des autres, d’a
mélioration et de reconstruction de soi, lui suffit à trouver dans la Franc-maçonnerie des ra
isons de se conformer aux devoirs et obligations.

IV. Comment expliquer que la Franc-maçonnerie


perdure malgré le décalage par rapport aux règles de la vie profane ?

Almonor Stanley
Si la Franc-maçonnerie perdure en dépit du fait que ces devoirs et obligations sont différen
ts de la vie profane, c’est parce que cette organisation offre à ses membres un sentiment d
’appartenance à une entité solidaire et fraternelle. Alors que la vie profane est faite de con
currence, de lutte plus ou moins violente, d’exclusion, de marginalisation, de lutte entre le
s riches et les pauvres, les instruits et ceux qui ne le sont pas, les savants et les ouvriers, la
vie maçonnique, par contraste, offre à ses membres une manière de vivre qui transcende l
es divisions et dépasse les clivages. Toute Loge cherche atteindre l’harmonie (l’Egregor), c
e qui n’est pas synonyme de monotonie ou d’uniformité ; chacun cherche à réunir ce qui e
st épars, cherche à faire vivre ensemble des gens qui sans la Franc-maçonnerie, dans la vie
profane, ne se seraient jamais rencontrés ni tolérés.

Si les Loges devaient se soucier d’introduire et de faire respecter en leur sein les règles de l
a vie profane, elles signeraient leur décret de mort. Car ce qui fait la spécificité de la vie ma
çonnique c’est qu’elle est différente de la vie profane, aussi bien dans l’organisation des ra
pports entre ses membres que dans sa hiérarchisation. C’est pour cela qu’elle exerce un ce
rtain attrait sur les profanes. Ceux ou celles qui voudraient organiser la vie maçonnique sel
on les règles de la vie profane se tromperaient lourdement. La vie maçonnique n’a pas bes
oin de ressembler à la vie profane car les objectifs et les finalités de la Franc-maçonnerie so
nt autres et différents. Et si la Franc-maçonnerie a perduré à travers les âges et les siècles, c
’est justement que son fonctionnement est en rupture avec celui de la vie profane. Celle-ci
est nécessaire, mais elle n’est pas suffisante, raison pour laquelle les hommes ont imaginé
autre chose et ont crée une voie initiatique et maçonnique.

Les Francs-maçons ont deux vies et ils sont conscients du décalage entre les deux univers
maçonnique et profane. Loin de vouloir réduire le premier au second, ils essayent de vivre
dans une tension permanente entre les exigences, les devoirs et obligations de la vie
maçonnique et leur enracinement dans la vie profane. Ils assument l’ambivalence de
l’appartenance à deux univers. C’est cela qui fait d’eux des êtres différents des communs
des mortels.

La vie maçonnique n’a pas à être calquée sur la vie profane car l’ambition de la Franc-maç
onnerie c’est de construire le Temple de l’humanité où les hommes vivront différemment
et auront des relations régies par des règles qui réalisent l’émancipation de chacun et le pr
ogrès de tous. Les fondations de ce Temple s’édifient déjà dans les Loges maçonniques qui
sont des Temples en miniature. Les loges sont des espaces de contre-valeurs par rapport a
ux valeurs de la vie profane ; leurs membres qui partagent des valeurs communes différent
es de celles qui organisent la vie profane, constituent une sorte de Fraternité invisible.

La vie maçonnique ne peut ressembler à la vie profane. Alors que dans cette dernière, le dr
oit a toute sa place pour réduire l’arbitraire des lois de la nature et l’arbitraire social qu’il s
oit économique, ethnique ou racial, dans la vie maçonnique ce sont les devoirs et obligatio
ns qui remplissent la fonction de l’ordre juridique dans la vie profane.

Conclusion

Almonor Stanley
L’obligation et le respect des devoirs ne sont pas synonymes de soumission servile. L’oblig
ation ne s’oppose pas à la liberté ; elle est même sa condition de possibilité. Elle crée un lie
n qui n’est pas l’esclavage ni la sujétion ; elle est librement consentie par la mise en œuvre
des principes maçonniques. Et même si le droit y est absent, les devoirs et obligations qui r
égissent les rapports entre Frères Maçons et qui organisent la vie d’une Loge, bien que n’é
tant pas des règles de droit, ressortent de l’obligation morale et ont valeur de loi morale[4
] à laquelle les Frères Maçons ont librement consentis. Ils ne peuvent donc que la respecter

sans qu’il faille recourir à l’autorité publique, comme on le ferait dans la vie profane à l’ég
ard des citoyens récalcitrants, pour faire appliquer la Loi.

L’initiation, le passage au 2e degré et l’élévation à la maîtrise sont octroyés, par les Frères
Maçons les plus anciens, à tout Frère qui aura démontré qu’il en est digne, par son travail
sur lui-même, son assiduité et l’approfondissement des principes maçonniques. Rien ne s’
acquiert par la force ni par le droit. Les charges sont octroyées et confiées à des Frères app
elés à occuper un office ou un autre. On n’y a pas droit. On doit les mériter, et le mérite est
indépendant de la richesse ou du prestige ; il est indépendant également du droit.

La Franc-maçonnerie est accessible à tout homme et femme sans égard au rang social, à la
fortune, à la race, à la religion, aux origines ethniques, à la richesse et aux diplômes. C’est c
ela qui fait de la Franc-maçonnerie une organisation initiatique universelle qui va bien au-d
elà de toute organisation profane, même la plus respectueuse des droits de l’homme. On n
’entre pas en Maçonnerie parce qu’on y a droit ; on y accède par ce qu’on le veut et parce
qu’on a été jugée digne d’y être reçu et initié.

Si nous acceptons les obligations que nous avons librement contractées ou si nous
acceptons les obligations qui résultent de celles que nous avons consenties, c’est parce qu
e nous ne les percevons pas comme des contraintes. C’est parce que nous les avons choisi
que ces obligations nous paraissent acceptables. Elles ne sont pas justes parce que confor
mes au droit, mais parce qu’elles sont en cohérence avec la morale maçonnique qui renvoi
e à un Ordre fondé sur une philosophie du devoir plutôt que sur une philosophie du droit.

Planche au 1er degré


22 mars 6010
Loge Apollonius de Tyane

[1] Oswald Wirth, La franc-Maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes, sa philosophie, so


n objet, sa méthode, ses moyens, Editions Dervy, 1994, p. 125.
[2] Mark Stavish, La Franc-Maçonnerie. Cultes, Mœurs, symboles et histoire d’une société se

crète, Editions AdA, Canada, 2007, p. 21-33.


[3] Emmanuel Kant, Les Fondements de la métaphysique des mœurs, Delagrave.

[4] Bruno Bernardi, Le principe d’obligation, Paris, Vrin, 2007, 333p.

Almonor Stanley
ABC
Les tenues mixtes ne sont pas monnaie courante au sein du Grand Orient de Suisse. Il nous est
agréable d'avoir pu ce soir combler cette lacune et de nous être enrichi par le biais de ce premi
er contact, car il est plaisant de constater que partout où l'on porte les yeux, l'homme et la fem
me ne sont pas seulement différents, mais se complètent si bien qu'ensemble ils sont presque t
out-puissants : maîtres de la vie, artisans de leur survie, de leur plaisir et de la nécessaire chale
ur affective sans laquelle l'humain dépérit. Séparés l'un de l'autre, ils semblent à la fois inutiles
et en danger de mort puisque incapables de se reproduire, comme si seule l'unité des deux avai
t sens et efficacité. L'un doit épouser l'autre et collaborer avec lui pour que l'humanité soit com
plète, c'est-à-dire susceptible d'atteindre la perfection.
AGIR

Lorsque nous sommes amenés à prendre une décision, à entreprendre une action, il nous arrive
parfois de douter du bien fondé de notre démarche. Il est très facile de juger les autres mais be
aucoup plus délicat de se juger soi-même. Combien de fois n'avons-nous pas entendu dire : les
gens sont fous, les gens ne sont pas raisonnables, les gens sont malhonnêtes, les gens conduise
nt trop vite, etc... La première démarche à faire est de reconnaître que nous faisons tous partie
de ces gens-là pour la simple et bonne raison que pour les autres, nous sommes nous-mêmes le
s autres, autrement dit : pour les gens d'en face, nous sommes les gens d'en face.
Alors, de quelle manière agir ? Quels sont les critères qui doivent nous servir de base pour
prendre une décision? Le Maçon dispose d'outils qui l'aident à discerner, à juger pour pouv
oir agir juste. Encore faut-il savoir utiliser ces outils, ce qui n'est pas forcément donné à tou
t le monde.
Je voudrais ce soir quitter notre temple pour aller voir ce qui se passe ailleurs. Je voudrais vous
emmener au cœur de la civilisation Hindoue afin de voir de quelle manière les gens de là-bas tr
aitent ce problème.
La réponse selon les hindouistes se trouve dans un livre que la tradition dit avoir été écrit par le
dieu Ganech, celui qui a une tête d'éléphant. Il s'agit d'un texte très ancien qui date d'environ 3
00 ans avant notre ère et qui relate des faits qui se sont déroulés il y a 3000 ans.
La légende a pour nom Mahabarata. Il s'agit du récit d'une épopée qui compte environ quatre c
ent mille versets qui relatent l'affrontement de deux clans de chevaliers qui se disputent les roy
aumes de l'Inde.
Les deux clans sont issus de la même famille. Les uns se nomment les Pandavas, ce sont des ho
mmes loyaux et justes, les autres : les Kauravas qui sont perfides et se sont emparés du pouvoir
par la ruse.
Les armées se forment. Chaque clan regroupe ses partisans. Il y a un roi chevalier qui est l'ami d
es deux clans. Son nom est Krishna. Il offre son aide aux deux adversaires. A l'un il donnera ses
armées, à l'autre sa personne. Mais il ne combattra pas, il conduira seulement le char de celui q
ui le choisira.

Almonor Stanley
Les Kauravas choisissent les armées, Arjuna, le chef des Pandavas choisit la personne de Krishn
a.
Krishna est un être particulier. Pour mieux vous faire comprendre qui il est réellement, j'ouvre
une parenthèse pour faire une comparaison entre des faits essentiels qui différencient les religi
ons chrétiennes et hindouistes. Notre culture a fabriqué un Dieu unique qui est un être bon et r
eprésente en quelques sorte une incarnation de l'amour. On dit souvent que Dieu est Amour. S
on pouvoir est vraisemblablement limité puisqu'il laisse les hommes, créés par lui, se dépêtrer s
eul du guêpier féroce dans lequel ils se débattent. Dieu est au ciel, l'homme est seul sur terre.
Il n'en est pas de même chez les hindouistes. Pour eux le seigneur se tient au cœur de toutes les
créatures, il n'est pas en dehors de cette bataille de la vie, il est sur le champ de bataille avec s
on disciple. Bien qu'impartial, il le soutient de sa présence, l'instruit de sa lumière, dissipe les br
ouillards de son ignorance, par sa parole et ses silences.
Il y a Bramah, le dieu créateur, Shiva le dieu destructeur et Vishnou le dieu protecteur.
Alors que selon la tradition chrétienne, Dieu est descendu une fois sur terre pour faire entendr
e sa parole. Chez les hindous, Vishnou, le dieu protecteur, est omniprésent. Il se manifeste sous
une forme ou sous une autre chaque fois que le monde est en danger.
Dans le Mahabarata, Vishnou prend les traits de Krishna. Il devient le conseiller, le guide spiritu
el, la conscience d'Arjuna.
Revenons maintenant à la guerre qui oppose les Kauravas et les Pandavas. Alors que les deux
armées se font face et que le combat est imminent, Arjuna demande à Krishna de le conduire e
ntre les deux lignes et d'arrêter son char. De là Arjuna observe les oncles, les grands-pères, les f
rères, les cousins, les fils, les petits fils, tous membres de la même famille prêts à s'entre-tuer. L
e doute s'empare alors de lui, il se demande si son engagement est bien fondé.
Il imagine avec horreur ce qui va se passer et dit à Krishna que le prix de la victoire lui enlèvera
toute raison de vivre. Il préfère renoncer au combat que de tuer ses frères. Mais il doute de lui-
même et demande conseil à Krishna.
Celui-ci lui recommande principalement de s'entraîner à l'accomplissement désintéressé de l'ac
tion qui lui incombe. Il ne faut jamais attendre de bénéfice de ses actes, mais d'emblée y renon
cer. L'homme ne se sent vraiment lui-même que lorsqu'il agit selon le côté universel, non égoïst
e de sa nature.
L'égoïsme est une fausse appréciation de soi. Pour l'hindou : s'imaginer que l'on est le corps, le
nom, les émotions et même les pensées, c'est une grande erreur. La roue de la vie, la croyance
en la réincarnation donne une toute autre dimension à l'existence. Je ne suis pas seulement la
personne qui vous parle en ce moment, mais je suis le frère qui se trouve en face de toi, je suis l
e monsieur, la dame ou le chien que j'ai croisé dans la rue avant de venir vous trouver, je suis v
ous-même, ce pourrait être dans un autre temps, une autre vie.
Tel est le système de pensée des hindouïstes. Ceci directement en relation avec la loi de la réinc
arnation, la roue de la vie.
Alors dans ces conditions, comment peut-on être égoïste? Un homme qui vit en accord avec ce
tte religion ne se préfère pas aux autres. Son action est spontanément désintéressée. Sa tendres

Almonor Stanley
se est universelle pour tous.
Mais alors me direz-vous : Pourquoi combattre, pourquoi tuer?
La réponse est la suivante : Chaque homme a une mission à accomplir sur terre, un devoir que l
es hindouïstes appellent Dharma. Pour donner un exemple : l'amour qu'une mère doit témoign
er à son enfant est le Dharma de la mère. Les soins qu'un médecin donne à un malade sont le D
harma du médecin. Combattre pour sa patrie, tuer ou se faire tuer si nécessaire est le Dharma
du militaire.
Le message transmis par Krishna à Arjuna dans la légende du Mahabarata est que tout homme
doit accomplir son destin, qu'il ne peut en être autrement. Mais pour l'accomplir de manière se
reine et bénéfique, il faut accepter la notion de Dharma. Il faut agir sans passion, de manière to
talement désintéressée; l'égoïsme n'a aucun sens si l'on croit en la notion de réincarnation.
AGIR EN HOMME LIBRE
Il faut à tout prix assumer les conséquences de nos actes et agir en homme libre, indépendamm
ent du contexte dans lequel notre action se situe.
Agir librement, c'est agir selon sa propre conscience, agir selon l'idée que nous nous faisons per
sonnellement de ce qu'est le bien.
Seulement le bien et le juste sont des notions tout à fait relatives. Un même acte suivant le
régime politique au pouvoir peut vous valoir une condamnation à mort ou une décoration de
l'ordre du mérite. Héberger un juif en France pendant la dernière guerre vous aurait conduit en
prison. Le dénoncer aux autorités aurait été interprété comme un acte de bonne conduite. Quel
ques années plus tard, les peines auraient été tout simplement inversées.
Cette situation est extrême et il n'est pas difficile dans cet exemple de savoir ou se situe le bien
et le mal.
Cependant, il y a des situations beaucoup plus complexes et moins flagrantes et surtout dépour
vue du recul nécessaire pour être capable de juger de ce qui est bien et de ce qui est mal.
C'est pourquoi il est important d'agir selon sa conscience et selon l'interprétation toute person
nelle de la notion de bien et de mal.
Que faisons-nous en Maçonnerie ? Et bien précisément nous travaillons au développement de
notre conscience. Sans dogmes d'aucune sorte, sans ligne de conduite qui nous soit dictée, nou
s méditons sur des symboles et donnons libre cours à notre imagination pour rendre active la si
gnification de ces symboles dans notre comportement de tous les jours. Notre conscience évol
ue avec le temps, il arrive même qu'elle se contredise d'un jour à l'autre car la seule vérité qui a
nime notre esprit est qu'il n'y a pas de vérité.
Cependant notre conscience dicte notre conduite et l'histoire démontre que bien souvent les m
açons agissent de façon méritoire.
Je dis bien "souvent" et non "toujours" car il est vrai que certains Maçons de par leurs actes n'o
nt pas couvert de gloirede la F.'. M.'.. Je citerais pour exemple Pinochet et Duvalier et je me de
mande ce que ces gens-là (que je me refuse à appeler FF.'. bien qu'ils aient été initiés) ont bien
pu apprendre chez nous tellement leurs actes ont été odieux.

Almonor Stanley
Quoi qu'il en soit mes FF.'. et même s'il est possible que nous nous trompions, agissons selon n
otre conscience de F.'. M.'. en gardant toujours en mémoire qu'il existe une vertu qui se nomm
e tempérance.
Un tel comportement nous permettra d'assumer la tête haute les conséquences heureuses ou
malheureuses de nos actes.
AMITIE

Le terme amitié désigne tout lien humain comportant attachement et affection. Pris dans un se
ns général, et non dans le sens d'une amitié exclusive, elle est sociabilité, altruisme. Elle fait par
tie de la nature humaine.
L'amitié est ce qu'il y a de plus nécessaire pour vivre. Car sans amis personne ne choisirait de
vivre, eut-il tous les autres biens. Et de ce fait les gens riches, et ceux qui possèdent autorité et
pouvoir semblent bien avoir plus que quiconque besoin d'amis : à quoi servirait une pareille
prospérité, une fois ôtée la possibilité de répandre des bienfaits, laquelle se manifeste
principalement et de la façon la plus digne d'éloges, à l'égard des amis ? Ou encore, comment
cette prospérité serait-elle gardée et préservée sans amis, car plus elle est grande, plus elle est
exposée au risque? Et dans la pauvreté comme dans toute autre infortune, les hommes
pensent que les amis sont l'unique refuge. L'amitié d'ailleurs est un secours aux jeunes gens,
pour les préserver de l'erreur; aux vieillards, pour leur assurer des soins et suppléer à leur manq
ue d'activité dû à la faiblesse; à ceux enfin qui sont dans la fleur de l'âge, pour les inciter aux no
bles actions car en présence d'un ami, on devient plus capable de bien penser et de bien agir.
Selon Socrate, l'amitié semble aussi constituer le lien des cités, et il disait que les législateurs pa
raissent y attacher un plus grand prix qu'à la justice même : en effet, la concorde, qui paraît bie
n être un sentiment voisin de l'amitié, est ce que recherchent avant tout les législateurs, alors q
ue l'esprit de faction, qui est son ennemi, est ce qu'ils pourchassent avec le plus d'énergie. Et q
uand les hommes sont amis il n'y a plus besoin de justice, tandis que s'ils se contentent d'être j
ustes ils ont en outre besoin d'amitié.
L'amitié est une valeur tellement reconnue, tellement admise, qu'il n'est guère nécessaire d'en
faire l'éloge, ni même de démontrer qu'elle en est une. A l'inverse, procéder à critiquer cette val
eur et dénoncer les illusions et les fantasmes qu'elle véhicule, pour leur substituer une prétend
ue "vérité" de l'amitié, ne projette aucune lumière sur la réalité de cette relation.
Mais quel est donc le contenu de cette valeur ? L'amitié est assez généralement vécue comme u
n lien non passionnel, dépourvu d'ambiguïté parce que non sexualisé ; contrairement aux rappo
rts amoureux ou familiaux, la relation amicale est libre et volontaire, du moins en apparence : o
n choisit ses amis et le lien ainsi créé apparaît alors comme l'effet de ce choix, fait en connaissa
nce de cause. Choix d'une relation à la fois durable et immédiate : même si l'amitié se tisse au q
uotidien, elle semble ne pas être altérée par l'intermittence, et paraît tirer de cette force de rési
stance au temps une solidité particulière. On retrouve son ami, même après un long silence, "co
mme au premier jour", et le dialogue reprend comme si on l'avait interrompu la veille... L'amiti

Almonor Stanley
é est souvent investie du mérite de la transparence : l'ami, le "véritable" ami, l'ami intime, c'est
celui auquel on peut tout dire, mais aussi celui qui vous comprend à demi-mot, parce que le sile
nce de l'intimité a l'éloquence de la parole. Choix enfin d'un type de rapport censé exclure tout
e violence et tout conflit : la valeur de l'amitié, en ce sens, c'est le havre de paix qu'elle représe
nte dans un monde de tension et de rivalités, mais aussi son pouvoir de transcender tous les cli
vages sociaux, politique ou culturel.
Les amis sont ceux avec lesquels on a l'essentiel en commun : les souvenirs, les expériences, les
valeurs... en ce sens l'amitié crée un rapport d'égalité en vertu duquel la vie est partagée avec l
es autres. Les souvenirs, les bonheurs, les malheurs sont vécus en participation avec les autres
dans une relation d'échanges égalitaires.
Il existe des amitiés passionnées qui frôlent ce qu'on appelle l'amour. Les frontières ne sont pas
nettement tracées. Pourtant l'amour est autre chose. Ce qui le caractérise n'est pas le fait de pa
rtager avec quelqu'un, mais d'être soi-même partagé, c'est-à-dire d'être une partie de l'autre en
même temps que l'autre est une partie de soi.
Dans l'amitié, il y a aussi les "copains". Etre copains, c'est être proche dans le quotidien. Quand
on a mangé, bu et ri ensemble, et fait aussi des choses graves et sérieuses, cette complicité crée
des liens affectifs tels qu'on ne ressent sa propre existence comme pleine que dans et par la
proximité de l'autre. Ce sentiment de communauté que l'on retrouve également dans le lien
familial bien que dans ce cas on ne peu plus parler de "copinage", on y retrouve cependant un
sentiment de solidarité créé par le partage des expériences vécues.
Dans la famille, un horizon commun se crée par des racines provenant d'une même origine, des
souvenirs de jeunesse partagés, des traditions ressenties de la même manière, tout ce qui tend
à renforcer une identité à partir de laquelle on se construit soi-même. Les sentiments qu'on épr
ouve à l'égard de soi et à l'égard des autres sont liés à ce qu'on a ressenti autrefois. C'est au fon
d le problème du temps : on n'est plus le même, les choses se défont, et on refait son propre tis
su personnel avec la présence de ceux qu'on n'a pas vus depuis longtemps quand on peut évoq
uer avec eux toute une série de souvenirs auxquels on ne pense jamais. Le passé revient, et en
même temps il revient partagé. Si on y pense tout seul, on ne sait même pas si c'est vrai, mais à
partir du moment où il est intégré au folklore familial, il devient une partie de votre histoire.
D'un autre côté, la solidarité familiale évoque aussi l'idée de clan, et le clan suppose l'exclusion,
le secret. Les parties rapportées ne sont pas dans le coup... Dans l'amitié, c'est autre chose, puis
qu'il ne s'agit pas d'un rapport généalogique, mais d'un choix. Bien sûr, il y a toujours dans le ch
oix un élément qui ne dépend pas de soi, mais des hasards de la vie ou de pressions de toutes s
ortes ; malgré tout, on a quand même le sentiment de choisir ses amis. Les parents, au contrair
e, on ne les a pas choisis, on les a reçus. Les amis, il est vrai, peuvent constituer une espèce de f
amille, et on peut faire avec eux ce qu'on ne ferait pas avec d'autres, par le fait que l'amitié imp
lique toujours des affinités relatives aux choses essentielles. Pour le reste, pour ce qui est des di
fférences qui caractérisent les personnes qui tissent des liens d'amitié, ces différences contribu
ent à faire évoluer sa propre personnalité. En cela l'amitié a aussi ceci de particulier qu'elle nous
change. S'accorder avec quelqu'un qui est différent de soi pour construire quelque chose de co
mmun.

Almonor Stanley
On fabrique sa propre identité avec l'autre, mais pas n'importe quel autre. C'est là qu'intervient
l'amitié. Il faut avoir des atomes crochus avec cet autre auquel on va se confronter et qui va vo
us faire réfléchir sur vous-même. Se demander pourquoi on a des affinités avec quelqu'un, pour
quoi on a du plaisir à être avec lui, tout cela implique une connaissance affective, une sympathi
e à son égard, et par là même un retour sur soi et un changement de soi, une fabrication de soi
qui est en même temps une fabrication de l'autre. Car l'autre aussi, on le construit : comment p
ourrait-on le connaître, sinon en le fabriquant, en façonnant de lui une image, en trouvant des
chemins vers lui ?
On existe avec et par les autres, qui sont à la fois notre ressemblance et notre différence, ce qui
rend parfois le chemin de l'amitié difficile et provoque des échecs, des contresens et des repris
es.
On parle souvent de tisser une amitié, on parle aussi de tissu social. Platon, quand il veut
montrer comment s'édifie une cité, dit qu'on doit avoir affaire à un roi-tisserand. Il associe
l'image du métier à tisser à l'union nécessaire d'entité différente pour former une communauté.
Lorsque l'on prépare un métier à tisser, il y a une chaîne constituée de fils tendus
verticalement, et une trame de fils horizontaux. Selon lui, la chaîne représente le caractère
masculin, et la trame le caractère féminin. Le travail du tisserand consiste à créer un tissu uni
qui tend à rassembler des éléments à caractères différents. Si, comme dit Platon, le roi est
tisserand, c'est parce que les hommes qu'il a à unir en une communauté serrée sont
composés d'une part d'éléments énergiques, violents, d'autre part de caractères doux et tempé
rés. Par le mariage et l'éducation, il faut fabriquer avec la chaîne et la trame un tissu qui soit co
hérent et uni. Mais pour cela, la différence est nécessaire, c'est à partir de la différence que l'on
fait le tissage. Et d'une certaine façon, cette image de la constitution d'un tissu social commun
autaire est aussi l'image de l'amitié parce que l'amitié suppose aussi ce travail et cette tension.
L'amitié est la condition du bonheur humain, en tant qu'elle est la plénitude de la vie relationne
lle pour un être pensant dont la vie ni la pensée ne sauraient être autosuffisantes ni continues.
L'amitié est la relation humaine par excellence. L'amitié est utile car elle rend la vie agréable. Ell
e permet à un homme d'épanouir sa vie, sa puissance de penser et d'agir. L'amitié exige du tem
ps et requiert la vie commune : on ne se connaîtra pas vraiment et l'on ne deviendra pas amis a
vant d'avoir consommé ensemble un boisseau de sel disait Aristote. Elle engendre une commu
nion des esprits dans une communauté de goûts, de pensée, d'activités.
Cependant, le paradoxe de l'amitié, c'est qu'elle est ce qui nous est le plus nécessaire, mais qu'
elle est aussi difficile et belle que rare, puisqu'elle requiert ce qu'elle aide à produire : la sagess
e et la vertu, et qu'elle vise à combler ce sans quoi elle n'existerait pas, l'impuissance liée à la fi
nitude, le défaut d'autarcie.
On comprend alors pourquoi l'amitié est, entre les hommes, la relation la plus forte, la plus hu
maine, la plus puissante. Si la sagesse n'est pas le dépassement de la condition humaine, mais s
on plein épanouissement, l'amitié est à la fois le critère de son advenue, le signe de sa présence
, le milieu de son exercice.
AMOUR ET VERITE
Peut-on aimer la vérité sans aimer l'homme? Peut-on aimer l'homme sans aimer la vérité?

Almonor Stanley
Pour aimer la vérité il faut connaître la vérité, et connaître la vérité c'est la nier. Ce qui est conn
u n'est pas la vérité, parce que ce qui est connu est déjà inséré dans le temps et cesse, par consé
quent, d'être la vérité. La vérité est en continuel mouvement et, par conséquent, ne peut pas êt
re mesurée en termes de temps ni en mots. La vérité ne se peut trouver dans des livres, dans l'i
dolâtrie, dans des temples. Elle peut être trouvée lorsqu'on agit, lorsqu'on vit, lorsqu'on pense,
et la recherche de l'inconnu est un acte d'amour. Nous ne pouvons chercher l'inconnu sans être
en rapports mutuels avec d'autres personnes. L'isolement est incompatible avec la recherche d
e la vérité. Nous ne pouvons trouver l'inconnu que dans nos relations humaines, dans les rappo
rts d'homme à homme. Donc l'amour pour l'homme est la recherche de la réalité. Si l'on n'aime
pas l'homme, si l'on n'aime pas l'humanité, il ne peut pas y avoir de recherche du réel. Car lors
que je vous connais, ou du moins lorsque j'essaie de vous connaître dans nos rapports réciproq
ues, je commence à me connaître moi-même.
Les rapports humains sont un miroir dans lequel je me découvre moi-même. Mes rapports avec
les autres constituent la recherche du réel, parce que c'est là le seul contact que j'ai avec moi-
même ; donc la compréhension de moi-même dans mes rapports humains est le
commencement de la vie. Si je ne sais pas comment vous aimer, vous avec qui je suis en
relations, comment puis-je chercher le réel, donc aimer le réel ? Sans vous, je ne suis pas. Je ne
peux pas exister indépendamment de vous. Par conséquent, dans nos rapports, dans les
relations entre vous et moi, je commence à me comprendre moi-même, et la compréhension d
e moi-même n'est-elle pas le commencement de la sagesse ? Ainsi, la recherche du réel est le c
ommencement de l'amour en relations. Pour aimer une chose, nous devons la connaître, nous
devons la comprendre. Pour vous aimer, je dois vous connaître, je dois vous découvrir, je dois ê
tre réceptif à toutes vos humeurs à vos changements et ne pas me contenter de m'enfermer da
ns mes ambitions, dans mes désirs. Sans vous je ne peux pas être, et si je ne comprends pas ces
rapports mutuels, entre vous et moi, comment peut-il y avoir amour?
Il n'y a pas d'amour sans vérité, il n'y a pas de vérité sans amour. Un cœur sec, un cœur vide, ne
peut pas connaître la vérité. La vérité n'est pas quelque chose de distant, elle est très près, pour
la chercher, nous devons comprendre nos relations, non seulement avec l'homme mais avec la
terre. Dans la compréhension est la vérité et pour comprendre il faut de l'amour, car sans amo
ur, il ne peut y avoir de compréhension.
BONHEUR
Tout homme veut être heureux, et cela suffit peut-être à définir, au moins provisoirement, le b
onheur : il est ce que chacun désire, non en vue d’une autre chose, comme on désire l’argent
pour le luxe ou le luxe pour le plaisir, mais pour lui-même, et sans qu’il soit besoin d’en justifie
r la valeur ou l’utilité. “ À quoi bon être heureux ? ” À cette question saugrenue il n’est pas de
réponse, et c’est à quoi le bonheur se reconnaît : il est le désirable absolu, qui vaut par lui seu
l, la satisfaction ultime vers quoi toutes les satisfactions tendent, le plaisir complet sans lequel
tout plaisir est incomplet.
Les hommes appellent “ bonheur ” ce qu’ils désirent absolument, mais tous ne désirent pas le
s mêmes choses... Or ce n’est pas le mot qui importe mais la chose, c’est-à-dire le bonheur lui-
même, qui n’est pas un mot, ni une chose. Qu’est-il ? Peut-on l’atteindre ? Comment ? La phil
osophie et la vie trouvent là l’objet principal de leurs préoccupations. C’est l’enjeu de vivre et

Almonor Stanley
de penser.
Ce qui précède est l’écho de la pensée aristotélicienne. Tout être tend vers son bien, et le bonh
eur est le bien de l’homme. Il est donc dans toute action, dans tout choix, la fin que nous vison
s et en vue de laquelle nous faisons tout le reste. Sans le bonheur, en effet, nous n’en finirions
pas de désirer. Choisissant indéfiniment une chose en vue d’une autre nous ne connaîtrions ni
contentement ni repos, et cette poursuite indéfinie du plaisir nous en éloignerait sans cesse.
On dira que c’est bien en effet ce qui se passe, et qu’il suffit de penser le bonheur pour consta
ter son absence. Sans doute : c’est ce qu’on appelle philosopher, activité bien vaine si le bonh
eur était là, et qui ne se justifie que du malheur ambiant. “ Qui parle de bonheur a souvent les
yeux tristes... ” Ce qui est vrai du poète l’est aussi du philosophe : si elle tend au bonheur, et p
arce qu’elle tend au bonheur, la philosophie est d’abord réflexion sur le malheur, pour le vain
cre. Il s’agit de comprendre pourquoi nous vivons si mal, ou si peu, et pourquoi, quand bien m
ême nous ne manquons de rien, le bonheur toujours nous manque. “ Qu’est-ce que je serais h
eureux si j’étais heureux !... ” Il est donc normal qu’on ne le soit jamais, puisqu’on attend, po
ur le devenir, de l’être déjà. C’est le cercle du manque, où le bonheur, nécessairement, est ma
nqué. C’est ce cercle qu’il faut explorer d’abord – pour en sortir.

Le bonheur est désirable, montrait Aristote, suprêmement désirable, et c’est ce qui le définit.
Mais qu’est-ce que le désir ? Selon Platon le désir est manque : “ Celui qui désire désire une c
hose qui lui manque et ne désire pas ce qui ne lui manque pas. ” Comment désirer être grand
ou fort quand on l’est déjà ? Tout au plus peut-on désirer être plus grand ou plus fort – ce qui
n’est pas. On objectera qu’on peut, étant en bonne santé, désirer la santé, étant riche, désirer
la richesse. Mais Platon répond qu’on veut alors “ jouir de ces biens pour l’avenir aussi ” : on
désire, non la santé ou la richesse qu’on a, mais leur continuation, que l’on n’a pas. Tout désir,
par conséquent, est d’absence : “ Ce qu’on n’a pas, ce qu’on n’est pas, ce dont on manque, v
oilà les objets du désir et de l’amour ”.

Quel rapport avec le bonheur ? Celui-ci : parce que le désir est manque, et dans la mesure où il
est manque, le bonheur, nécessairement, est manqué. Mais chacun peut se suffire de son exp
érience. Si le désir est manque, je manque toujours de ce que je désire et je ne désire jamais ce
que j’ai. Tantôt, donc, je désire ce que je n’ai pas, et j’en souffre , tantôt j’ai ce que dès lors je
ne désire plus. De là la tristesse, pour l’enfant, des après-midi de Noël, quand le jouet tant rêv
é, en son absence, échoue, à maintenir vivace le désir qui le visait. De là aussi la tristesse des a
mants, quand la présence tant souhaitée de l’autre triomphe du désir qu'ils en avaient... C’est
la même femme pourtant, mais l’une est impossible à aimer, et l’autre à oublier.

On désire ce qu’on n’a pas, donc on ne désire plus ce qu’on a – qu’on désirera à nouveau si on
le perd. Souffrance du manque, indifférence de la possession, horreur du deuil... La vue ferait
le bonheur de l’aveugle (puisqu’elle lui manque), mais échoue à faire le nôtre (puisque nous v
oyons). Et la mort ou la fuite d’un être cher, lui rendant soudain son urgence et son prix, semb
le briser un bonheur que sa présence pourtant était incapable de donner... Le piège est terrible
où nous sommes enfermés : la vue ne pourrait rendre heureux (pour combien de temps ?) qu
e des aveugles, et l’amour, comme passion, que des amants malheureux. C’est pourquoi, com
me dit le poète, “ il n’y a pas d’amour heureux ”, et il ne peut (tant que l’amour est manque)

Almonor Stanley
y en avoir. Comment désirer ce qu’on a ? Comment ne pas souffrir de ce qui manque ? Il n’y a
pas d’amour heureux, ni de bonheur sans amour : il n’y a pas de bonheur du tout.

Si le manque est souffrance, la satisfaction est plaisir. Mais cela ne fait pas un bonheur : “ Tout
désir naît d’un manque, d’un état qui ne nous satisfait pas, donc il est souffrance tant qu’il n’
est pas satisfait. Or nulle satisfaction n’est de durée, elle n’est que le point de départ d’un dési
r nouveau [...].

Misère de l’homme. Le chômage est un malheur, mais chacun sait bien que le travail n’est pas
pour autant, en tant que tel, un bonheur. Et il est affreux de n’avoir pas de domicile, mais qui
serait heureux, simplement, d’en avoir un ? On peut mourir d’amour, enfin, mais point en vivr
e

Que disent les philosophes à propos de tout cela? Sur ce que serait le bonheur, ils s’opposent ;
sur son absence, ils se rejoignent. “ À désirer toujours ce que tu n’as pas, explique Lucrèce (un
poète Épicurien), à mépriser les biens présents, ta vie s’est écoulée incomplète et sans joie... ”
Et Pascal : “ Nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre ; et, nous disposant toujours à
être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais. ” Le bonheur manque toujours, et
c’est pourquoi tout homme veut être heureux, et ne peut l’être, et en souffre... Il s’agit de co
mbattre l’angoisse et l’ennui, qui sont les deux maux de l’homme, et c’est ce qui nous occupe
, et qui nous perd. “ Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir
pas demeurer en repos dans une chambre ” (encore Pascal)... Mais comment le pourraient-il
s ? Il faudrait accepter l’ennui, donc l’angoisse, et c’est ce que l’on fuit. Pascal ajoute encore :
“ Rien n’est si insupportable à l’homme que d’être dans un plein repos, sans passions, sans aff
aire, sans divertissement, sans application. Il sent alors son néant, son abandon, son insuffisan
ce, sa dépendance, son impuissance, son vide. Incontinent, il sortira du fond de son âme l’enn
ui, la noirceur, la tristesse, le chagrin, le dépit, le désespoir ”. Le divertissement n’est pas un b
onheur, mais la dénégation de son absence. Les hommes s’amusent pour oublier qu’ils ne son
t pas heureux.

Tel est la façon pessimiste de voir les choses que l'on reconnait dans les discours de Platon, Pa
scal ou Schopenhauer.
Est-il une autre voie ? Peut-être, et c’est ce que les philosophes appellent la sagesse. Mais co
mment la penser ? D’abord par opposition à ce qui précède. Si le divertissement est un bonhe
ur manqué, la sagesse serait un bonheur réussi. Mais comment, si le désir est manque ? S’il n’
était que cela, il n’y aurait pas d’issue, en effet, pas de bonheur, et le suicide sans doute – ou l
a religion – serait la meilleure solution. Il faut donc qu’il y ait autre chose, quelque chose de ré
el, de positif, et qui nous pousse à vivre encore, et joyeusement parfois. C’est ce que chacun e
xpérimente, et qu’on appelle le plaisir. Manger quand on a faim (et même, si la nourriture est
bonne, quand on n’a pas faim), boire quand on a soif (et même, si la boisson est agréable, qua
nd on n’a pas soif), faire l’amour (même sans amour), rire, se promener, écouter de la musiqu
e... Autant de plaisirs dont chacun peut goûter la pleine, la souveraine présence . Manquer ? D
e quoi, quand le plaisir est là ? Mais peut-il y avoir plaisir sans désir ? Sans doute pas. Sans ma
nque , en revanche, qui peut le nier ? La musique qui me réjouit ne me manquait pas, ni ce pay

Almonor Stanley
sage de printemps, ni ce rire qui explose, ni même, souvent, la femme qui me comble... Il faut
donc que le désir ne soit pas toujours ni seulement un manque.

Telle est à peu près, contre les philosophes pessimistes (Platon et Pascal), la leçon d’Épicure e
t de Spinoza. “ Il faut donc, annonce Épicure, méditer sur ce qui procure le bonheur, puisque, l
ui présent, nous avons tout, et, lui absent, nous faisons tout pour l’avoir ”.

Tout plaisir est un bien, pour Épicure, toute souffrance est un mal, et ils ne peuvent coexister
qu’en s’opposant : le plaisir, loin de supposer toujours le manque, n’apparaît qu’en le
supprimant. Il existe aussi, outre le plaisir en mouvement, un plaisir en repos , plus essentiel (il
est le plaisir constitutif de vivre et d’être bien) et qui, loin de satisfaire un manque, s’épanouit
au contraire quand on ne manque de rien. C’est ce qu’on appellerait aujourd’hui la plénitude :
ne pas avoir faim, ne pas avoir soif, ne pas souffrir, ne pas craindre, ne pas regretter... Les
formules sont négatives, mais la réalité est positive, absolument positive, et la seule positivité
qui vaille. Le plaisir en repos est le plaisir constitutif de vivre, et la vie même comme plaisir.
“ Une fois cet état réalisé en nous, explique Épicure, toute la tempête de l’âme” . Absence de
souffrance pour le corps, absence de trouble pour l’âme : c'est la plénitude. C’est le bonheur
même, à quoi rien ne manque. On peut être heureux en souffrant, mais point en étant troublé.
Le bonheur est le plaisir en repos de l’âme.

Il faut bien reconnaître qu’une telle simplicité nous laisse perplexes : qui ne préfère boire plut
ôt que n’avoir pas soif, faire l’amour plutôt que n’en avoir pas envie ? Qui ne préfère le mouve
ment de jouir à la jouissance du repos ? Perplexité, toutefois, n’est pas réfutation. Sommes-no
us si bons juges ? Avons-nous une telle maîtrise du bonheur ? En avons-nous même seulemen
t l’expérience ? Le culte exclusif du plaisir en mouvement est certes dominant en l’homme, et
aujourd’hui peut-être plus que jamais. Mais il est aussi, ce qui nous sépare du bonheur dans le
mouvement même qui le poursuit. Il se pourrait, dès lors, que notre perplexité ne mesure que
notre éloignement de la sagesse. Si le bonheur est possible, il suppose une conversion du dési
r, et c’est cette conversion qu’on appelle la sagesse : désirer non plus ce qui nous manque, mê
me pas ce que nous avons (puisque nous pouvons le perdre), même pas ce que nous sommes (
puisque nous ne sommes rien), mais ce que nous vivons, connaissons ou faisons. C’est le point
essentiel, sur quoi se rejoignent les deux grandes sagesses d’Occident, l’épicurienne et la stoï
cienne, et que l’Orient, à sa façon, confirme. Il s’agit de désirer le réel – de l’aimer, si l’on peut
, de l’accepter, si l’on ne peut pas – tel qu’il est, au lieu de le refuser toujours pour désirer l’irr
éel.

Le bonheur est simple comme bonjour, et c’est pourquoi il est si difficile : il n’est qu’un gran
d oui au monde et à la vie. Mais le premier mouvement, qui est de peur, est de dire non, ou o
ui seulement sous conditions : “ J’aimerais le monde, s’il n’était précisément ce qu’il est, ou la
vie, si elle n’était mortelle, ou cette femme, si elle n’avait tel ou tel défaut... ”. La sagesse est
à l’inverse : accepter plutôt que refuser, supporter plutôt que haïr, aimer plutôt que mépriser..
. “ C’est bien peu, dira-t-on, pour faire un bonheur... ” C’est oublier l’action, sans laquelle le b
onheur en effet ne serait rien. Car le bonheur n’est pas un état ou une disposition de l’existen
ce. Il n’est pas quelque chose qu’on puisse posséder, trouver, atteindre, et c’est pourquoi, en

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un sens, il n’y a pas de bonheur : le bonheur n’est pas de l’ordre d’un “ il y a ”. Ce n’est pas u
ne chose, ce n’est pas un état : c’est un acte.

Être heureux, ce n’est ni avoir ni être ; c’est faire. Le plaisir en repos n’est pas un plaisir passif
mais l’acte même de jouir et d’exister quand il est libéré du manque et du refus. On comprend
que cet acte vaut par lui-même, et non pour d’autres fruits qu’il serait censé apporter. Si tu pl
antes des choux pour avoir des choux, explique à peu près Montaigne, tu craindras la grêle ou l
es voleurs, et cela gâchera ton plaisir. De même, si tu vis pour être heureux... Agis, donc, non
pour le fruit attendu, mais pour le plaisir de l’action : vis, non pour le bonheur, mais pour vivre
. C’est le seul bonheur en vérité : le bonheur en acte, c’est l’acte même comme bonheur.

Une telle expérience – précisément parce qu’elle est absolument simple – suppose un bouleve
rsement de notre rapport au temps. Si le désir est manque, presque toujours, c’est qu’il est te
mporel : le désir est manque à chaque fois qu’il se fait espérance.

Le sage vit au présent et rien ne lui manque : qu’irait-il espérer ? Est-ce à dire qu’il soit sans
désir ? Pas du tout. Mais son désir ne porte que sur le réel ou le présent soit pour s’en réjouir,
quand il ne dépend pas de lui, soit pour l’accomplir, quand il en dépend. Ce dernier désir, c'est
la puissance d’agir. Puisque le sage veut tout ce qui arrive, tout arrive comme il veut ; il est do
nc heureux toujours sans espérer jamais. Qu’irait-il espérer, d’ailleurs, puisqu’il est heureux ?
Et comment ne le serait-il pas, puisqu’il n’espère rien ? La même idée, mais poussée à la limite
, se retrouve en Orient : “ Seul est heureux celui qui a perdu tout espoir, dit un texte hindou, c
ar l’espoir est la plus grande torture qui soit et le désespoir le plus grand bonheur ”.

La notion de volonté nous conduit à la morale. On reproche souvent au bonheur d’être immor
al, soit parce qu’il serait égoïste, soit parce qu’il dissuaderait d’agir. Les deux reproches vont d
’ailleurs de pair. “ S’il n’espère rien, dira-t-on, si rien ne lui manque, le sage restera inactif. Qu
’en est-il alors du malheur ou de l’injustice ?... ” C’est confondre à nouveau l’espérance et la v
olonté. Loin qu’on ne veuille jamais que ce qu’on espère (comme s’il fallait espérer d’abord p
our vouloir !), on n’espère, au contraire, que là où l’on est incapable de vouloir. Ainsi espère-t-
on le beau temps, parce que l’on n’y peut rien. Mais qui, quand il en est capable, espérerait ag
ir ? La volonté ne fait qu’un avec l’acte (vouloir sans agir, ce n’est pas vouloir) ; elle ne saurait
donc s’identifier à l’espérance, qui suppose au contraire que l’acte n’ait pas lieu ou ne soit pas
en notre pouvoir. Le paralytique peut bien espérer marcher ; pour l’homme sain, sa volonté lu
i suffit. C’est en quoi toute espérance est passive.

Peut-on agir, pourtant, sans espérer ? Oui, répondent les stoïciens, et c’est ce qu’on appelle la
vertu. Il faut noter que la vertu, comme le bonheur, est désintéressée, elle "n'espère" pas, elle
est donc désespérée. Bonheur et vertu sont le triomphe de la volonté sur l’espérance, et c’est
en quoi aussi ils sont liberté. Le sage fait tout ce qu’il veut, “ Ne rien attendre, disait Marc Aur
èle, ne rien fuir, mais te contenter de l’action présente... ”. Faire le bien sans jamais rien espér
er. Est-ce possible ? Les stoïciens eux-mêmes parfois en doutaient ; mais ils ont tracé la voie, o
ù chacun au moins peut cheminer : espérer un peu moins, vouloir un peu plus... C’est le prése
nt de vivre. Et sans doute n’est-ce pas la même chose de trouver son bonheur dans la vertu (c
omme le stoïcien) ou sa vertu dans le bonheur (comme l’épicurien) ; il reste que l’un ne va pas

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sans l’autre, pour le sage, et c’est à quoi on le reconnaît.

Est-ce à dire qu’il n’est de bonheur que pour le sage ? Ce serait faire du bonheur – et d’ailleur
s aussi de la sagesse – un absolu qui nous l’interdirait. En vérité, personne n’est sage tout enti
er, ni fou, et tout bonheur en cela est relatif : on est plus ou moins heureux, et c’est ce qu’on
appelle être heureux. Qui voudrait l’être absolument ne le serait jamais, et c’est en quoi le bo
nheur se distingue de la félicité (si l’on entend par là un bonheur absolu) et suppose qu’on y re
nonce.

Il faut cesser de croire au bonheur (comme félicité) pour pouvoir le vivre (comme bonheur).
Pas de bonheur, ici encore, en tout cas pas de bonheur réel (car on peut être heureux sans
doute, dans la foi, par la simple pensée d’un bonheur attendu ; mais le bonheur ne vaut alors
que ce que vaut cette pensée...) ; pas de bonheur, donc, pas de bonheur réel, sans une part de
désespoir : le bonheur n’est possible (comme bonheur relatif) qu’à qui comprend qu’il est
impossible (comme bonheur absolu).

Cette relativité du bonheur pose le problème de la béatitude, qui est le bonheur des sages et d
ont la tradition philosophique semble bien faire un absolu. Quelle différence alors entre la béa
titude et ce que nous appelons ici la félicité ? Il s’agit, dans les deux cas, d’absolus, si l’on veut,
en ceci qu’ils ne peuvent être augmentés. Mais l’absolu de la félicité est un absolu quantitatif
(c’est un maximum de bien-être ou de plaisirs), notion contradictoire et impossible à vivre, alo
rs que la béatitude est un absolu qualitatif ou, mieux spirituel : s’il ne peut être augmenté, ce
n’est pas qu’il est le plus grand possible mais qu’il n’est plus de l’ordre, au contraire, d’une gr
andeur. Ce n’est pas un maximum mais un équilibre ; une perfection. C’est pourquoi elles ne p
euvent être augmentées, et c’est ce qui les distingue en effet du bonheur ordinaire (qui est to
ujours un plus ou moins de bonheur). “ Le bonheur, disait par exemple Épicure, peut être de
deux sortes : ou bien il est suprême et ne peut être augmenté, comme celui dont jouit un dieu,
ou bien il est susceptible d’être augmenté ou diminué ”. Le premier bonheur est celui des sag
es, et c’est ce qu’ils appellent la béatitude. Le second est celui de tout un chacun (donc du sag
e aussi), et c’est ce qu’on peut appeler bonheur strictement. Ils se distinguent moins par la gr
andeur que par la pureté, la paix, l’harmonie : la béatitude n’est pas plus compliquée mais plu
s simple que le bonheur ; ce n’est pas un bonheur infini, c’est un bonheur pacifié.

Mais la béatitude se distingue surtout du bonheur par son rapport au temps Toute chose, peut
être conçue de deux manières, selon qu’on la considère dans le temps ou dans l’éternité. C’es
t le cas aussi du bonheur. En tant qu’il est conçu dans le temps, le bonheur est changement. Ê
tre heureux, dans le temps, c’est toujours espérer l’être ou craindre de ne l’être plus, et c’est
pourquoi le bonheur n’est jamais parfait (on espère toujours l’augmenter, on craint toujours d
e le perdre...), c’est pourquoi, même, il n’est jamais là : le temps qui le contient nous en sépar
e, l’imagination qui le vise nous en prive. Tout bonheur, en ce sens, est imaginaire (c’est l’ima
gination de la joie possible), et réel seulement en tant qu’imaginaire. La béatitude, au contrair
e, serait un bonheur vrai, c’est-à-dire éternel.

Cette joie réelle, pour Spinoza, ne va pas sans amour. Qu’est-ce en effet qu’aimer ? C’est se
réjouir, explique Spinoza, à l’idée de quelque chose : dire à quelqu’un “ je suis joyeux à l’idée

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que tu existes ”, c’est bien lui déclarer son amour. Mais, d’ordinaire, nous sommes surtout
joyeux à l’idée de posséder l’autre (auquel cas ce n’est pas lui que nous aimons mais sa
possession) ou bien d’en être aimé (auquel cas ce n’est pas lui que nous aimons mais son
amour), et c’est ce qu’on appelle la passion, toujours égoïste, toujours narcissique, et promise
à l’échec car on ne peut posséder personne, ni être aimé jamais comme on le voudrait, et c’est
la seule déception peut-être à laquelle on ne s’habitue pas. L’amour, au contraire, le véritable
amour (celui qui est amour non de soi, mais de l’autre), est généreux toujours : il ne manque
de rien (il est désir non de ce qui n’est pas, mais de ce qui est), il ne demande rien (puisque
rien ne lui manque), il n’espère rien ....et dans ce sens il s'agit plus d'une amitié que d'un
amour passion. L’amant passionné veut posséder l’aimé, et souffre de ne le pouvoir, puis
s’ennuie de l’avoir pu... L’ami véritable se réjouit au contraire non de posséder ses amis, pas
même d’en être aimé (voilà longtemps qu’il n’y tient plus, qu’il est libéré de ce petit
commerce des sentiments), mais qu’ils soient . Sa joie n’est pas une caractéristique de son am
itié, mais sa définition même. Il n’y a pas d’amour heureux ; il n’y a pas d’amitié malheureuse.
Cela, qui redonne une chance au couple peut-être, donne aussi la formule de la sagesse : le sa
ge est l’ami du monde, de ses amis et de soi-même. Que cela soit également, et par là même, l
a formule du bonheur. Sans l’amitié, dit à peu près Aristote, la vie serait une erreur, et c’est en
quoi, ajoute Épicure, de tous les biens que la sagesse nous procure, “ l’amitié est de beaucou
p le plus grand ”: la sagesse ne serait rien sans le bonheur, ni le bonheur sans l’amitié. C’est au
ssi ce que Spinoza, bien plus tard et avec d’autres mots, confirmera : il n’est bonheur que de j
oie ; il n’est joie que d’aimer.

Nous en sommes si peu capables, nous en avons, même, si peu d’expérience – nous sommes s
i mal aimants et si mal aimés ! . Mais faut-il pour autant oublier la leçon des maîtres ? Ce qu’il
s enseignent, et presque en tout temps, et presque en tout pays, c’est que la conversion du dé
sir, à quoi se ramène la sagesse, est conversion de l’amour, et à l’amour. Mais lequel ? “ Être
amoureux est un état, disait Denis de Rougemont, aimer, un acte ” ; et les actes seuls dépende
nt de nous... Sans forcément refuser la passion (comment le pourrait-on, quand elle est là ?), c
’est donc sur cet acte d’aimer (non l’amour-passion mais l’amour-action !) qu’il faut faire fon
d. Il n’y a pas d’amour heureux, et c’est notre part de folie ; il n’y a pas de bonheur sans amiti
é, et c’est notre part de sagesse. Cela donne, sinon la recette du bonheur (il est clair qu’il n’y e
n a pas, qu’il ne peut y en avoir), du moins l’indication d’un chemin, bien simple, comme il co
nvient, et bien difficile : il s’agit d’espérer un peu moins, fût-ce le bonheur, et d’aimer un peu
plus. Le bonheur suppose en cela, répétons-le, quelque chose comme le dédain du bonheur, et
nous retrouvons là notre question initiale. “ À quoi bon être heureux ?... ” Question saugrenu
e, et bien entendu sans réponse. Cela ne signifie pas qu’elle soit sans objet. Il se pourrait, au c
ontraire, que le bonheur ne soit possible que dans cette indifférence vis-à-vis de lui.
À quoi bon être heureux ? Il n’y a pas de réponse, et c’est le bonheur même. Il n’est donné qu
e par surcroît.
(Morceaux choisis d'un texte de l'Encyclopédie Universalis sur le bonheur)
BOUDDHISME
On n'en finira pas de répertorier les livres qui nous suggèrent des exercices de vie, nous invitent
à découvrir "la Voie", nous proposent des initiations aux spiritualités orientales, redécouvrent l

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es vertus des médecines douces....
Or que peut-on comprendre, vu de San Francisco ou de Paris, aux religions orientales qu'on déc
ouvre dans des traductions approximatives, sans le moindre souci des distances historiques et c
ulturelles? Pourtant, si le phénomène atteint chez nous une telle ampleur, c'est qu'il doit bien e
n quelque façon nous parler, combler certains vides.
Quel est, en effet, le message essentiel que la plupart des Occidentaux retiennent d'abord du
bouddhisme? Selon certains historiens et spécialistes des religions, ce ne serait pas l'espérance
d'un monde meilleur, mais bien l'absence d'espoir qui serait la condition d'un bonheur
authentique. Il suffit, pour s'en rendre compte, de réfléchir un instant à ceci: espérer, par
définition, c'est n'être pas heureux, mais dans l'attente, le manque, le désir insatisfait et
impuissant : "Espérer, c'est désirer sans jouir, sans savoir, sans pouvoir". Sans jouir, puisque l'o
n n'espère jamais que ce que l'on n'a pas; sans savoir, puisque l'espérance implique toujours un
e certaine dose d'ignorance, quant à la réalisation des fins visées; sans pouvoir, étant donné qu
e nul ne saurait espérer ce dont la réalisation lui appartient pleinement. Non seulement l'espoir
nous installe dans une tension négative, mais en outre, il nous fait leur, nous en oublions que l
a seule vie qui vaille d'être vécue, la seule qui, tout simplement, soit, est celle qui se déroule so
us nos yeux, ici et maintenant. Comme dit un proverbe tibétain, c'est l'instant présent et la pers
onne située en face de moi qui, toujours comptent plus que tous les autres...
Pourquoi faudrait-il, dans ces conditions, "entrer dans l'espérance"? Il conviendrait plutôt de la
fuir comme l'enfer si l'on en croit cet aphorisme hindou datant du XVème siècle: "Le désespéré
est heureux... Car l'espoir est la plus grande douleur, et le désespoir la plus grande béatitude."
C'est donc dans la réflexion sur la mort et sur le mal sous toutes ses formes qu'il faut situer le s
ens de cette vie. Ecoutons le Dalaï-lama : "En réfléchissant à la mort et à l'impermanence vous c
ommencerez à donner un sens à votre vie" car seule une telle méditation, si elle est bien condu
ite pourra nous aider à nous débarrasser de tous les attachements" qui nous rendent vulnérabl
es à la souffrance, que ces attachements soient d'ordre matériel ou affectif : Qui pratique le dh
arma (l'enseignement de Bouddha) pense chaque jour à la mort, réfléchit aux souffrances des h
umains : aux tourments de la naissance, du vieillissement, de la maladie et de la mort. C'est co
mme mourir mentalement chaque jour. En raison de sa familiarité avec elle, il sera fin prêt qua
nd il finira par la rencontrer." Outre l'effet bénéfique ainsi produit, par cette préparation, les ex
ercices et la pratique qu'elle implique, nombreux et difficiles, offriront l'intérêt d'assigner une fi
nalité claire à l'existence humaine tout entière : "L'avantage d'être conscient de la mort est de d
onner un sens à la vie, et goûter son approche fait que l'on meurt sans regret. " Et le Dalaï-lama
y insiste : " En réfléchissant à la mort et en étant constamment conscient, votre vie prend tout
son sens."

COLLEGE DES OFFICIERS


La tradition de notre obédience veut que tout les trois ans un nouveau V.’. M.’. soit appelé à dir
iger les travaux de l’atelier. Il ne faut pas s’attendre à une révolution, à un bouleversement de
nos habitudes. Bien au contraire : Le V.’. M.’. ainsi que son collège d’officiers ont le mandat de
rendre le travail de la loge juste et parfait au plus près de l’esprit défini par les constitutions d’

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Anderson et par les statuts de l’atelier.
Le présent collège devra diriger les travaux de la même manière qu’ils ont toujours été dirigés, l
e plus fidèlement possible aux rituels que nous avons adoptés. Et ceci dans le même esprit qui a
nime et qui a de tout temps animé les Francs Maçons depuis que la Franc-maçonnerie existe.
Nous sommes des initiés, où tout du moins nous prétendons l’être. Notre premier travail est de
tenter d’être à la hauteur de nos prétentions.
Qu’est-ce qu’un initié? Chacun de nous est appeler à en formuler une définition. Pour cela il
nous est suggéré de lire et de relire les rituels de nos tenues, de méditer sur chaque phrase,
d’établir des parallèles avec des événements que nous avons nous-mêmes vécu, de comparer
nos propres interprétations avec celle des autres et d’en tirer des conclusions que nous aurons
le devoir de mettre en doute pour ne pas devenir prisonnier de nos convictions.
Ayant fait cette démarche, nous aurons peut-être une vague idée de ce qu’est un initié. Idée qui
ne sera valable que pour nous-mêmes mais qui nous permettra d’aller de l’avant, d’envisager l
a suite.
Un F.’. M.’. est-il forcément un initié? Il est évident que non.
Oswald Wirth disait lui-même que se faire recevoir en loge est facile, beaucoup trop facile, héla
s ! mais devenir Maçon spirituel est une entreprise ardue, indépendante des dispositions d’initi
ateurs indulgents. Ceux-ci ne peuvent initier d’ailleurs qu’au extériorités de l’Initiation, car il es
t reconnu que nul ne s’initie réellement que par lui-même.
Nos mystères mettent l’initiable sur la voie d’un programme auquel il lui appartient de se conf
ormer selon l’esprit. S’il est doué de perspicacité, de persévérance et d’un fervent désir de s’ini
tier, la lumière se fera graduellement en son sanctuaire intérieur. Il agira ensuite selon ce que l
es circonstances lui inspireront. L’isolement pourra lui être propice, mais à titre transitoire, car
l’association est seule réalisatrice. Les Initiés se cherchent et s’unissent pour le travail en s’insp
irant des modèles d’union que la tradition leur offre.
Pour revenir à l’événement qui nous réunit ce soir, et aux devoirs de ce nouveau collège d’offici
ers, je souhaite attirer l’attention de mes frères sur une tâche importante qui incombe à chacu
n de nous mais plus particulièrement aux officiers et qui n’est pas mentionné dans le cahier des
charges figurant dans notre rituel. Ils ont le devoir de stimuler l’enthousiasme du travail comm
un, de maintenir en quelque sorte la pression qui fait qu’une loge rassemble régulièrement un
nombre important de frères travaillant en commun et de façon harmonieuse. Stimuler par leur
propre enthousiasme, par leur propre aura, ils ont le rôle de rassembler de montrer l’exemple
et d’éviter que l’atelier se disloque.
Différence de point de vue dans nos discutions il y aura, c’est un état qu’il est important de pré
server et qui fait notre richesse, car il donne la possibilité à chacun de nous d’évoluer. Mais à la
condition que ces différences soient exprimées et accueillies avec un esprit maçonnique. Et c’es
t dans ce sens que les officiers doivent donner l’exemple.
J’espère qu’ils seront à la hauteur de ce devoir et je remercie par avance tous les frères qui les
aideront à cette réalisation.
COLLEGE DES OFFICIERS (2)

Almonor Stanley
Le renouvellement d’un collège d’officiers n’est pas une grande révolution au sein de la loge. S
on rôle essentiel est d’organiser et animer les tenues et les séances conformément aux rituels e
t aux statuts de l’atelier. Son pouvoir de décision est très limité, car c’est la loge tout entière qu
i est souveraine.
Ce qui vient d’être dit signifie que la direction d’une loge ou la participation à son collège d’offi
ciers est plus une charge qu’un privilège. Un nouveau V.’. M.’. sera le premier à vous confirmer
que personne ne s’est battue pour obtenir l’un ou l’autre des postes qui composent le collège
d’officiers.
N’allons cependant pas imaginer que les officiers font preuve de dévouement par le fait de leur
participation à l’animation de l’atelier. Ils en font tout simplement un devoir car sans eux, la
loge n’a plus qu’à se mettre en sommeil. Mais il faut aussi être conscient que s’ils sont les seuls
présents, les travaux risquent de devenir stériles, voire même ennuyeux. La richesse de nos tra
vaux réside dans la diversité des opinions qui animent nos discutions.
Nous aimons initier car les apprentis nous procurent le sang neuf qui coule dans nos veines. No
us leur prenons autant que nous leur donnons. En échange de la méthode de réflexion et de sav
oir vivre que nous leur proposons, eux mêmes par les idées nouvelles qu’ils nous apportent me
ttent à l’épreuve cette méthode et lui permettent à tout moment de trouver un nouvel équilibr
e.
Les constitutions d’Anderson ainsi que la tradition Maçonnique insistent sur le fait que la Franc
-maçonnerie n’est ni une armée, ni une Eglise, ni un culte, ni un parti. Elle n’est effectivement
qu’une méthode au service de l’homme, méthode d’accès à la liberté par la connaissance, mét
hode d’accès à la connaissance par le travail.
Travail et liberté sont les deux notions essentielles que nous retrouvons dans le terme même d
e Franc-Maçon.
Rien ne se fera tout seul. Les Maçons ne pensent pas que le bonheur et la liberté nous tombero
nt du ciel comme la manne sur les disciples de Jésus. Nous croyons dans l’efficacité du travail, n
ous pensons que l’homme, par ses efforts et sa persévérance, est capable de surmonter toutes
les épreuves qui lui sont destinées dans un monde à sa mesure.
Et si pour bien des personnes la sentence « tu gagneras ton pain à la sueur de ton front »est un
e malédiction et une punition, les Francs-Maçons l’entendent comme un espoir et une récomp
ense.
L’acquisition de notre liberté sera le fruit de nos efforts et de notre persévérance dans la recher
che de la vérité. Nous croyons cependant qu’il n’existe pas de vérité immuable pour l’homme.
Nous croyons qu’il n’est de vérité que dans la recherche de la vérité.
Tout comme la vérité, la liberté est une aspiration confuse qui repose au cœur de tous les hom
mes. Si nous tentons de lui trouver un sens et un contenu matériel, nous ne pouvons recourir q
u’aux notions d’autonomie ou d’indépendance. Or, nous savons que l’autonomie, l’indépenda
nce, ne sont qu’illusions et vues de l’esprit. Nous sommes dépendants de l’air que nous respiro
ns, de l’eau que nous buvons, des êtres et des choses qui nous entourent, qui nous servent ou
nous desservent, nous obéissent ou nous commandent. Nous sommes tributaires des lois natur

Almonor Stanley
elles que nous ne pouvons enfreindre sans être rayés du monde des vivants. Alors, dirons-nous,
peut-être la liberté n’est-elle après tout qu’une notion psychologique dont il serait vain de rec
hercher l’application ailleurs que dans le domaine de l’esprit. Elle se ramènerait en définitive à l
’illusion que l’on peut avoir d’être libre. Ce raisonnement lui aussi est faux. L’imagination est l’
un des dons conférés à l’homme pour agir sur lui-même et sur le monde dans lequel il vit. Mais
l’imagination ne peut s’élever qu’en prenant pied sur le tremplin du réel. L’imagination la plus
folle est toujours inspirée par des choses connues.
En fait il n’existe pas deux libertés : celle du corps et celle de la pensée, la liberté n’est pas une i
dée théorique et abstraite.
En matière politique, la liberté ne se définit point par des principes, si beaux soient-ils,
énumérés en quelque déclaration solennelle et intangible, mais dénués d’applications
pratiques. Ce n’est pas le droit théorique donné à chacun de se déplacer, de s’établir, de travaill
er, de posséder, de fonder un foyer. C’est le pouvoir concret de voyager, d’user, de disposer, d
e choisir et d’exercer effectivement un métier, d’entretenir une famille. Dans toute société hu
maine, quelle que soit l’étiquette ou la constitution qu’elle se donne, la liberté de chacun se m
esure à la quantité de pouvoir social qui lui est accordé. Que ce pouvoir s’appelle argent, puissa
nce, rang, fonction, il conditionne l’exercice de tous les droits, et par conséquent leur existence
même. Car il ne suffit pas d’imaginer ce que l’on aurait virtuellement le droit de faire ou de dir
e, encore faut-il avoir le moyen de le faire ou de le dire. La liberté de conscience n’est rien sans
la liberté d’expression, la liberté de concevoir n’est rien sans le pouvoir de réaliser.
DOUCEUR
La douceur est une vertu féminine. C'est pourquoi peut-être elle plaît surtout chez les hommes.
Ce qu'elle a de féminin, ou qui paraît tel, c'est un courage sans violence, une force sans dureté,
un amour sans colère.
La douceur est d'abord une paix, réelle ou souhaitée : c'est le contraire de la guerre, de la cruau
té, de la brutalité, de l'agressivité, de la violence... Souvent trouée d'angoisse et de souffrance,
parfois illuminée de joie et de gratitude, mais toujours dépourvue de haine, de dureté, d'insensi
bilité... L'agressivité est une faiblesse, la colère est une faiblesse, la violence même, quand elle n
'est plus maîtrisée est une faiblesse. Et qu'est-ce qui peut maîtriser la violence, la colère, l'agres
sivité, si ce n'est la douceur ? La douceur est une force, c'est pourquoi elle est une vertu, c'est f
orce en état de paix, force paisible et douce, pleine de patience et de mansuétude. Voyez la mè
re, avec son enfant. Voyez le Christ ou le Bouddha, avec tous.
La douceur est ce qui ressemble le plus à l'amour, plus encore que la générosité, plus encore qu
e la compassion. Elle ne se confond d'ailleurs ni avec l'une ni avec l'autre, quoi qu'elle les acco
mpagne le plus souvent. La compassion souffre de la souffrance d'autrui ; la douceur refuse de
la produire ou de l'augmenter. La générosité veut faire du bien à l'autre ; la douceur refuse de l
ui faire du mal. Cela semble au bénéfice de la générosité, et l'est peut-être. Combien de généros
ité importune pourtant, combien de bonnes actions envahissantes, écrasantes, brutales, qu'un
peu de douceur eût rendu plus légères et plus aimables? Sans compter que la douceur rend gén
éreux, puisque c'est faire du mal à autrui que de ne pas lui faire le bien qu'il demande. Et qu'ell
e va au-delà de la compassion, puisqu'elle l'anticipe. Plus négative peut-être que la toute réacti

Almonor Stanley
ve compassion, la douceur se tient dans l'entre-deux, sans rien qui pèse ou qui pose, sans rien
qui force ou qui agresse.
La violence est le mal premier, l'obscénité première, puisque le mal fait mal, puisque l'égoïsme
corrompt tout. La violence est avide, indélicate, brutale... Quelle délicatesse au contraire, quell
e douceur, quelle pureté, dans la caresse de la bien-aimée! Toute la violence de l'homme vient
y mourir, toute la brutalité de l'homme, toute l'obscénité de l'homme... "Ma douceur" dit-il, et
c'est un mot d'amour, et le plus vrai peut-être, et le plus doux...
La douceur est accueil, respect, ouverture. Vertu passive, vertu de soumission, d'acceptation ?
Peut-être, et plus essentielle encore pour cela. Quelle sagesse sans passivité? Quel amour sans
passivité? Quelle action, même, sans passivité? En effet, la passivité n'est pas synonyme
d'inaction ou de paresse. C'est une manière de se laisser porter par le courant, nager avec lui,
en lui, plutôt que s'épuiser contre les flots ou se laisser emporter.... La douceur se soumet au ré
el, à la vie, au devenir, à l'à peu près du quotidien : vertu de souplesse, de patience, de dévoue
ment, d'adaptabilité... L'humanité n'invente pas la douceur. Mais elle la cultive, mais elle s'en n
ourrit, et c'est ce qui rend l'humanité plus humaine.
Au niveau le plus modeste, la douceur désigne la gentillesse des manières, la bienveillance que l
'on témoigne envers autrui. Mais elle peut intervenir dans un contexte beaucoup plus noble. Se
manifestant envers les malheureux, elle devient proche de la générosité ou de la bonté; envers
les coupables, elle devient indulgence et compréhension; envers les inconnus, les hommes en
général, elle devient humanité.
ENSEIGNEMENT
Le thème de ma planche de ce soir est la connaissance. Mais entendons-nous bien sur le terme
de connaissance : celle dont je veux parler est la connaissance que je qualifierais d’académique
, la connaissance à l’état brut qui est enseignée dans les écoles, où l'on apprend en jonglant ave
c des formules, des chiffres et des dates et qui fait abstraction de toutes formes de conscience.
La connaissance qui impressionne ceux qui ne la possèdent pas sous cette forme.
Cette connaissance là ne mérite pas de figurer parmi les biens véritables. Simplement parce qu’
elle ne compte pas dans son domaine la seule étude qui mérite une attention profonde : l’étud
e de la sagesse. On n' enseigne pas la sagesse à l’école ou à l’Université.
Et pourtant, l’étude de la sagesse est un travail plein de grandeur, de courage et de noblesse. T
out le reste est petit, puéril.
Les disciplines enseignées à l’Université, nous ne devons pas les apprendre, mais les avoir appri
ses, pour aller bien au-delà, pour nous offrir l’opportunité de revenir « en arrière », concentrer
notre attention sur des sujets plus simples et plus modestes.
L’étude de la langue française, de la grammaire et de l’orthographe nous ouvre-t-elle le chemin
de la vertu? Libère-t-elle de la crainte, supprime-t-elle le désir, réfrène-t-elle les passions? Tout
savoir à propos de l’informatique me permettra-t-il de savoir comment aimer mon prochain, m
a femme, mon fils, comment mener ma barque vers des valeurs nobles même après avoir fait n
aufrage?
L’étude de la musique m’enseigne comment les sons aigus et les sons graves s’accordent entre

Almonor Stanley
eux, comment avec des cordes qui rendent des sons différents peut naître l’harmonie. Je préfé
rerais apprendre à faire en sorte que mon âme soit en accord avec elle-même pour qu’il n’y ait
plus de couacs dans mes résolutions. Au lieux de me montrer quels sont les modes plaintifs : m
e montrer plutôt comment ne pas pousser de plaintes face à l’adversité.
Passons à la géométrie, je parle toujours de celle enseignée dans les écoles. Le métier de géomè
tre s’applique à mesurer la surface de votre terrain et à fixer de manière précise les limites de v
otre propriété. Ce géomètre-là ferait mieux de m’enseigner la mesure exacte de ce qui suffit à l’
homme. Au lieu de m’apprendre à ne rien perdre de mon patrimoine, je préférerais que l’on m
’apprenne à tout perdre avec le sourire.
Quel art admirable que la géométrie enseignée dans les universités. Savoir mesurer ce qui est
rond, savoir réduire à un carré toute figure proposée, connaître la distance des astres entre
eux. Il n’est rien que le géomètre ne sache mesurer. Mais s’il est si fort, qu’il mesure un peu l’â
me de l’homme, qu’il nous dise sa grandeur, qu’il nous dise sa petitesse. Bien sûr il a appris à l’
école ce qu’est une ligne droite. A quoi bon s’il ignore ce qu’est, dans la vie, la droiture.
Chez nous en Franc Maçonnerie, la géométrie s’étudie de manière bien différente.
L'ESCALADE
Le thème de ma planche de ce soir est en relation avec l'événement dont nous allons fêter dem
ain le trois cent nonante troisième anniversaire. Mais je ne vais cependant pas vous parler de la
bataille de l'Escalade en particulier (notre F.'. Pierre P. nous en a largement retracé l'événemen
t l'année dernière). Je vous parlerai des conflits en général, de la manière de les appréhender, d
u comportement à avoir lorsque nous nous trouvons pris dans l'engrenage d'un conflit et de qu
elle manière prévenir les conflits et éventuellement les éviter.
Un conflit qui dégénère entre deux partis qui décident de résoudre leur différend par l'affronte
ment physique est le signe d'un échec ; il montre que les hommes n'ont pas été capables de rés
oudre par leur intelligence les différends qui les opposaient ; ils n'ont pas su les faire évoluer ve
rs un niveau de compréhension réciproque suffisant; ils ont oublié leur statut d'homme, et mê
me leur statut d'animal; ils se sont abandonnés à la colère, à la fureur, à la folie; dans le cas d'un
e guerre entre deux nations, les hommes finissent par s'entre-tuer.
Oui, ils oublient même leur statut d'animal, car il n'existe guère d'exemples de luttes, à l'intérie
ur d'une même espèce, allant jusqu'à la tuerie. La violence est grande, certes, dans la nature. Lo
rsqu'il s'agit de se disputer la nourriture ou l'accès à une femelle, deux loups se battent de bon
cœur; mais vient un moment où l'un des combattants sent qu'il a perdu; en signe d'acceptation
de sa défaite, il tend sa gorge; le vainqueur donne alors un bruyant coup de dents, il fait claque
r ses mâchoires en l'air. Il a gagné; pourquoi désirerait-il, en plus, la mort de l'adversaire? Seul l'
homme commet la folie de transformer sa violence en haine, et de commettre l'acte irréversibl
e, l'acte irréparable, donner la mort à un de ses semblables.
Par une aberration étrange, aux conséquences dramatiques, la plupart des cultures humaines p
résentent les guerres comme des épisodes grandioses de la vie des nations. L'histoire de leur pa
ys est racontée aux écoliers comme une succession de batailles enfilées comme des perles au lo
ng des siècles. Chacune est comme une étape autonome, un événement en soi : quel élève fran

Almonor Stanley
çais ne sait que la bataille de Marignan a eu lieu en 1515? Mais combien savent où est Marigna
n, et pour quelles raisons le roi de France s'était aventuré là-bas ? Quelle proportion de Françai
s sait que l'armée ennemie était une armée suisse et que l'affaire a abouti à un traité de paix sig
né à Genève ?
La bataille de Marignan fut un affreux carnage dans la boue des marais qui fit 20'000 victimes d
ans chacun des camps. Seulement cette vision des choses est largement occultée par bon nom
bre de chroniqueurs de l'époque qui préfèrent mètre l'accent sur les vertus guerrières, le coura
ge, l'héroïsme, l'intelligence manœuvrière des capitaines, alors que l'immense majorité de ceux
qui ont participé à ces événements ne se souviennent guère d'avoir manifesté ces vertus; ils ont
subi, obéi, attendu, et appris finalement, sans comprendre pourquoi ni comment, qu'ils étaient
dans le camp des vainqueurs ou dans celui des vaincus.
Dans un conflit nucléaire possible, ce sera le sort de tous les hommes que de subir sans
comprendre. Ils n'auront à être ni courageux, ni héroïques, ni intelligents. Des ordinateurs ferm
eront les contacts, des fusées s'élanceront, des charges exploseront, et tous les hommes dispar
aîtront, sans qu'aucun ne sache même la cause de ce suicide définitif. Le temps des "vertus gue
rrières" est révolu. Il est urgent d'en célébrer d'autres.
Les hommes peuvent gagner des batailles, mais l'Homme (avec un grand H) perd toujours la gu
erre.
Eviter la guerre, éviter les conflits par le dogme de la non-violence n'est pas toujours possible. E
t le faut-il vraiment? "Endurer d'être bafoué, ou laisser avec indifférence insulter ses amis, est l
e fait d'une âme vile" écrivait Aristote qui n'était pas porté à tendre l'autre joue... La non-violen
ce poussée à l'extrême, nous interdirait de combattre efficacement la violence criminelle ou bar
bare, non seulement quand elle nous vise, mais quand elle vise autrui, par exemple quand elle
massacre ou opprime des innocents sans défense, ce que la justice ne saurait tolérer. Qui ne se
battrait, pour sauver un enfant ? Qui n'aurait honte de ne pas le faire ? "La non-violence n'est b
onne, écrit fort bien Simone Weil, que si elle est efficace." C'est dire que le choix n'est pas de pr
incipe, mais de circonstance. A efficacité égale ou supérieure, la non-violence est bien sûr préfér
able, c'est ce que Gândhî, en Inde, avait compris. Mais calculer l'efficacité respective de tel ou t
el moyen est l'affaire de la prudence. Comment faire, par exemple, si une femme est attaquée
devant moi ? "Use de la force, répond Simone Weil, à moins que tu ne sois tel que tu puisses la
défendre, avec autant de probabilité de succès, sans violence." Cela dépend bien sûr des individ
us, des situations, et, ajoute Simone Weil, "cela dépend aussi de l'adversaire". La non-violence
de Gândhî contre les troupes britanniques, soit. Mais contre Hitler et ses panzerdivisions? Cà c'
est une autre affaire. La violence vaut mieux que la complicité, que la faiblesse devant l'horreur
, que la mollesse ou la complaisance devant le pire.
Dans quels cas alors a-t-on moralement le droit (voir le devoir) de se battre et, spécialement, d
e tuer ? Exclusivement quand c'est nécessaire pour empêcher un mal plus grand, par exemple p
lus de morts, ou plus de souffrances, ou plus de violences... On dira que chacun pourra en juger
à sa façon, et qu'un tel principe, dès lors n'offre aucune garantie. Mais comment y en aurait-il ?
Il n'y a que des cas particuliers, que des cas singuliers, et nul ne peut décider objectivement à n
otre place.

Almonor Stanley
Alors, quelle est la méthode pour prendre une décision de manière objective ?
Lorsque nous sommes amenés à prendre une décision, à entreprendre une action, il nous arrive
parfois de douter du bien fondé de notre démarche.
De quelle manière agir ? Quels sont les critères qui doivent nous servir de base pour prendre un
e décision ? Le Maçon dispose d'outils qui l'aident à discerner, à juger pour pouvoir agir juste. E
ncore faut-il savoir utiliser ces outils, ce qui n'est pas forcément donné à tout le monde.
Je n'ai pas de réponse à toutes ces questions. J'aimerais cependant vous exposer une idée que j
'ai trouvée dans la mythologie Hindoue et qui m'a paru intéressante.
La réponse selon les hindouïstes se trouve dans un livre que la tradition dit avoir été écrit par le
dieu Ganech (celui qui a une tête d'éléphant). Il s'agit d'un texte très ancien qui date
d'environ 300 ans avant notre ère et qui relate des faits qui se sont déroulés il y a 3000 ans.
La légende a pour nom Mahabarata. Il s'agit du récit d'une épopée qui compte environ quatre c
ent mille versets qui relatent l'affrontement de deux clans de chevaliers qui se disputent les roy
aumes de l'Inde.
Les deux clans sont issus de la même famille. Les uns se nomment les Pandavas, ce sont des ho
mmes loyaux et justes, les autres : Les Kauravas qui sont perfides et se sont emparés du pouvoi
r par la ruse.
Les armées se forment. Chaque clan regroupe ses partisans. Il y a un roi chevalier qui est l'ami d
es deux clans. Son nom est Krishna. Il offre son aide aux deux adversaires. A l'un il donnera ses
armées, à l'autre sa personne. Mais il ne combattra pas, il conduira seulement le char de celui q
ui le choisira.
Les Kauravas choisissent les armées, Arjuna, le chef des Pandavas choisit la personne de Krishn
a.
Krishna est un être particulier. Afin de mieux vous faire comprendre qui il est réellement, j'ouvr
e une parenthèse pour faire une comparaison entre des faits essentiels qui différencient les reli
gions chrétiennes et hindouïstes. Notre culture a fabriqué un Dieu unique qui est un être bon et
représente en quelque sorte une incarnation de l'amour. On dit souvent que Dieu est Amour. S
on pouvoir est vraisemblablement limité puisqu'il laisse les hommes, créés par lui, se dépêtrer s
euls du guêpier féroce dans lequel ils se débattent. Dieu est au ciel, l'homme est seul sur terre.
Il n'en est pas de même chez les hindouistes. Pour eux le seigneur se tient au cœur de toutes les
créatures, il n'est pas en dehors de cette bataille de la vie, il est sur le champ de bataille avec s
on disciple. Bien qu'impartial, il le soutient de sa présence, l'instruit de sa lumière, dissipe les br
ouillards de son ignorance, par sa parole et ses silences.
Il y a Bramah, le dieu créateur, Shiva le dieu destructeur et Vishnou le dieu protecteur.
Alors que selon la tradition chrétienne, Dieu est descendu une fois sur terre pour faire entendr
e sa parole. Chez les hindous, Vishnou est omniprésent. Il se manifeste sous une forme ou sous
une autre chaque fois que le monde est en danger.
Dans le Maharabata, Vishnou prend les traits de Krishna. Il devient le conseiller, le guide spiritu

Almonor Stanley
el, la conscience d'Arjuna.
Revenons maintenant à la guerre qui oppose les Kauravas et les Pandavas. Alors que les deux ar
mées se font face et que le combat est imminent, Arjuna demande à Krishna de le conduire ent
re les deux lignes et d'arrêter son char. De là Arjuna observe les oncles, les grands-pères, les frè
res, les cousins, les fils les petits fils, tous membres de la même famille prêts à s'entre-tuer. Le d
oute s'empare alors de lui, il se demande si son engagement est bien fondé.
Il imagine avec horreur ce qui va se passer et dit à Krishna que le prix de la victoire lui enlèvera
toute raison de vivre. Il préfère renoncer au combat que de tuer ses frères. Mais il doute de lui-
même et demande conseil à Krishna.
La réponse de Krishna est très importante: il recommande à Arjuna de s'entraîner
principalement à l'accomplissement désintéressé de l'action qui lui incombe. Il ne faut jamais
attendre de bénéfice de ses actes, mais d'emblée y renoncer. L'homme ne se sent vraiment lu
i-même que lorsqu'il agit selon le côté universel, non égoïste de sa nature.
Pour l'hindou, l'égoïsme est une fausse appréciation de soi : s'imaginer que l'on est le corps, le
nom, les émotions et même les pensées est une grande erreur. La roue de la vie, la croyance en
la réincarnation donne une toute autre dimension à l'existence. Je ne suis pas seulement la per
sonne qui vous parle en ce moment, mais je suis le frère de celui qui se trouve en face de moi, j
e suis l'individu, la dame ou le chien que j'ai croisé dans la rue avant de venir vous trouver, je su
is vous-même, ce pourrait être dans un autre temps, une autre vie.
Tel est le système de pensée des hindouïstes. Ceci directement en relation avec la loi de la réinc
arnation, la roue de la vie.
Alors dans ces conditions, comment peut-on être égoïste? Un homme qui vit en accord avec ce
tte religion ne se préfère pas aux autres. Son action est spontanément désintéressée. Sa tendres
se est universelle pour tous.
Mais alors me direz-vous : Pourquoi combattre, pourquoi tuer?
La réponse est la suivante : Chaque homme a une mission à accomplir sur terre, un devoir que l
es hindouïstes appellent Dharma. Pour donner un exemple : L'amour qu'une mère doit témoign
er à son enfant est le Dharma de la mère, les soins qu'un médecin donne à un malade sont le D
harma du médecin, combattre pour sa patrie, tuer ou se faire tuer si nécessaire est le Dharma d
u militaire.
Le message transmis par Krishna à Arjuna dans la légende du Maharabata est que tout homme
doit accomplir son destin, qu'il ne peut en être autrement. Mais pour l'accomplir de manière se
reine et bénéfique, il faut accepter la notion de Dharma. Il faut agir sans passion, de manière to
talement désintéressée, l'égoïsme n'ayant aucun sens si l'on croit en la notion de réincarnation.
Enfin je voudrais vous proposer une alternative aux conflits qui consiste à les prévenir afin de le
s éviter. Ces moyens de prévention sont multiples. Ils excluent tous bien entendu l'égoïsme, ma
is il me faudrait encore des heures de paroles pour pouvoir les développer tous.
Je ne m'attarderai que sur un seul de ces moyens préventifs que l'on peut user au niveau du co
uple, entre amis, ou entre FF.'. Je vais vous parler de la douceur en vous lisant en avant-premièr

Almonor Stanley
e les quelques lignes que je destine à l'auditoire qui sera présent lors de la tenue de notre proc
haine St Jean d'hiver.
La douceur est une vertu féminine. C'est pourquoi peut-être elle plaît surtout chez les hommes.
Ce qu'elle a de féminin, ou qui paraît tel, c'est un courage sans violence, une force sans dureté,
un amour sans colère.
La douceur est d'abord une paix, réelle ou souhaitée : c'est le contraire de la guerre, de la
cruauté, de la brutalité, de l'agressivité, de la violence... Souvent trouée d'angoisse et de
souffrance, parfois illuminée de joie et de gratitude, mais toujours dépourvue de haine, de
dureté, d'insensibilité... L'agressivité est une faiblesse, la colère est une faiblesse, la violence
même, quand elle n'est plus maîtrisée est une faiblesse. Et qu'est-ce qui peut maîtriser la
violence, la colère, l'agressivité, si ce n'est la douceur? La douceur est une force, c'est pourquoi
elle est une vertu : c'est force en état de paix, force paisible et douce, pleine de patience et de
mansuétude. Voyez la mère, avec son enfant. Voyez le Christ ou le Bouddha, avec tous. La douc
eur est ce qui ressemble le plus à l'amour, plus encore que la générosité, plus encore que la co
mpassion. Elle ne se confond d'ailleurs ni avec l'une ni avec l'autre, quoi qu'elle les accompagne
le plus souvent. La compassion souffre de la souffrance d'autrui ; la douceur refuse de la produ
ire ou de l'augmenter. La générosité veut faire du bien à l'autre ; la douceur refuse de lui faire d
u mal. Cela semble au bénéfice de la générosité, et l'est peut-être. Combien de générosités impo
rtunes pourtant, combien de bonnes actions envahissantes, écrasantes, brutales, qu'un peu de
douceur eût rendu plus légères et plus aimables? Sans compter que la douceur rend généreux,
puisque c'est faire du mal à autrui que de ne pas lui faire le bien qu'il demande. La douceur va a
u-delà de la compassion, puisqu'elle l'anticipe. Plus négative peut-être que la toute réactive co
mpassion, la douceur se tient dans l'entre-deux, sans rien qui pèse ou qui pose, sans rien qui fo
rce ou qui agresse.
La violence est le mal premier, l'obscénité première, puisque le mal fait mal, puisque l'égoïsme
corrompt tout, il est avide, indélicat, brutal... Quelle délicatesse au contraire, quelle douceur, q
uelle pureté, dans la caresse de la bien-aimée! Toute la violence de l'homme vient y mourir, tou
te la brutalité de l'homme, toute l'obscénité de l'homme... "Ma douceur" dit-il, et c'est un mot
d'amour, et le plus vrai peut-être, et le plus doux...
La douceur est accueil, respect, ouverture. Vertu passive, vertu de soumission, d'acceptation ?
Peut-être, et plus essentielle encore pour cela. Quelle sagesse sans passivité? Quel amour sans
passivité? Quelle action, même, sans passivité? En effet, la passivité n'est pas synonyme d'inacti
on ou de paresse. C'est une manière de se laisser porter par le courant, nager avec lui, en lui, pl
utôt que s'épuiser contre les flots ou se laisser emporter.... La douceur se soumet au réel, à la vi
e, au devenir, à l'à peu près du quotidien : vertu de souplesse, de patience, de dévouement, d'a
daptabilité... L'humanité n'invente pas la douceur. Elle la cultive, elle s'en nourrit, et c'est ce qui
rend l'humanité plus humaine.
Au niveau le plus modeste, la douceur désigne la gentillesse des manières, la bienveillance que l
'on témoigne envers autrui. Mais elle peut intervenir dans un contexte beaucoup plus noble. Se
manifestant envers les malheureux, elle devient proche de la générosité ou de la bonté; envers
les coupables elle devient indulgence et compréhension; envers les inconnus, les hommes en g

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énéral, elle devient humanité.
Sources :
- Abécédaire de l'ambiguïté, Albert Jacquard.
- Petit traité des grandes vertus, André Comte-Sponville.
- La Bagavagita, extrait du Maharabata.

TENUE EN FORET
Cette tenue n'est pas une tenue comme les autres. Un V.'. M.'. en France a voulu renouveler un
e expérience qui c'est déroulé il y a quelques années et revivre une émotion qui a marqué plusie
urs d'entre freres.
Le fait de rompre avec certaines habitudes, le fait de se trouver dans un cadre naturel, sous un
e voûte étoilée qui reste un symbole mais qui participe aujourd'hui de manière effective, apport
e une nouvelle dimension à une réunion de par l'émotion qu'elle provoque.
En diverses régions, notamment chez les Celtes, la forêt constituait un véritable sanctuaire à l'ét
at de nature: ainsi de la forêt de Brocéliande, comme la forêt de Dodone chez les Grecs. En Inde
, les sannyàsâ se retirent en forêt, de même que les ascètes bouddhiques: Les forêts sont douce
s, lit-on dans les textes indouïstes lorsque le monde n'y entre pas; le saint y trouve son repos.
Au japon, le torii marque, plus que l'entrée du domaine d'un temple, celle d'un véritable sanctu
aire naturel, qui est le plus souvent une forêt de conifères. En Chine, la montagne coiffée d'une
forêt est presque toujours le site d'un temple.
La forêt, qui constitue véritablement la chevelure de la montagne, en fait la puissance, en lui pe
rmettant de provoquer la pluie, c'est-à-dire, dans tous les sens du terme, les bienfaits du Ciel. P
our attaquer les montagnes, Yu-le Grand en coupait les arbres; Tsin Che Houangti, blessé d'avoi
r été accueilli sur le mont Kiang par un orage, en fit couper les arbres par représailles.
Il y a une stricte équivalence sémantique, à l'époque ancienne, entre la forêt celtique et le sanct
uaire, nemeton. L'arbre peut être considéré, en tant que symbole de vie, comme un lien, un int
ermédiaire entre la terre où il plonge ses racines, et la voûte du ciel qu'il rejoint ou touche de sa
cime. Les temples de pierre ne se construiront en Gaule que sous l'influence romaine, après la
conquête.
La grande forêt dévoreuse a été chantée dans une abondante littérature. Bertrand d'Astorg, dan
s LE MYTHE DE LA DAME A LA LICORNE la défini comme génératrice à la fois d'angoisse et de sér
énité, d'oppression et de sympathie, comme toutes les puissantes manifestations de la vie. Je le
cite : Moins ouverte que la montagne, moins fluide que la mer, moins subtile que l'air, moins a
ride que le désert, moins obscure que la grotte, mais fermée, enracinée, silencieuse, verdoyant
e, ombreuse, nue et multiple, secrète, la forêt des hêtres est aérée et majestueuse, la forêt des
chênes, dans les grands chaos rocheux, est celtique et quasiment druidique, celle des pins, sur l
es pentes sablonneuses évoque un océan proche ou des origines maritimes, et c'est toujours la
même forêt (fin de citation). Pour l'analyste moderne, par son obscurité et son enracinement pr
ofond, la forêt symbolise l'inconscient. Les terreurs de la forêt, comme les terreurs paniques, se
raient inspirées, selon Jung, par la crainte des révélations de l'inconscient.

Almonor Stanley
Lieux de tranquillité et de solitude, elle stimule en effet la réflexion et la méditation. Je conclura
i par la lecture d'un texte qui me semble convenir à ce lieu, à cette heure, et à cette tenue un p
eu particulièr
LA FRATERNITE MACONNIQUE
La force d'une association réside essentiellement dans la cohésion de ses membres.
Plus ils sont unis, et plus ils sont puissants. En maçonnerie, l'union n'est point l'effet d'une discipl
ine imposée, elle ne peut naître que de l'affection que ressentent les initiés les uns pour les autr
es. Il est de la plus haute importance de contribuer par tous les moyens à resserrer les liens qui u
nissent les Maçons.
Oswald WIRTH

La fraternité implique les notions de tolérance, d'affection, et aussi dans une certaine mesure :
de charité, d'indulgence, de fidélité et de communion.
De manière concrète elle se manifeste par une attention profonde d'un frère à l'égard de son se
mblable : Une écoute respectueuse de propos que l'on ne partage pas forcément, une aptitude
à prononcer une parole réconfortante, à agir avec un élan d'affection au moment opportun.
Savoir proposer sans vouloir imposer, savoir être présent sans jamais être pesant.
La structure de la loge maçonnique est favorable à l'épanouissement du comportement fratern
el. Les bons sentiments d'un jeune initié vis à vis de ses frères se transformeront vite, s'il enten
d bien l'art, en véritable sentiment fraternel. Mais cette affection ne peut être immédiate, il fau
t laisser le temps agir pour que les liens s'établissent.
Les liens ainsi créés vont nous rapprocher les uns des autres. Nous ne serons plus des étrangers
car nous aurons pris le temps de nous connaître. Mais cela ne suffit pas pour faire de nous des
frères. Il nous faudra faire preuve d'humilité car les différences apparaîtront et il faudra bien les
accepter pour aller de l'avant dans l'échange de relations fraternelles. Les accepter sans les jug
er car les jugements prennent souvent un caractère définitif, et toutes choses "définitives" crée
nt des limites qui ont pour effet de réduire la liberté de chacun.
Il faut parfois abandonner nos convictions pour nous mettre entièrement à l'écoute de l'autre, i
l faut accepter que notre frère ne soit pas ce que nous aurions souhaité qu'il soit, il faut renonc
er à notre propre idéal de la fraternité pour reconnaître qu'il en existe d'autres, différents, mais
ayant tout autant leurs raisons d'être.
Cette disponibilité soudaine vis à vis de personnes venues d'ailleurs et que nous avons acceptée
s comme frère est génératrice de sentiments de bien-être. Ces sentiments sont sécurisants et n
ous font réaliser que tous les hommes, quels qu'ils soient et d'où qu'ils viennent sont nos frères
.
Les Stoïciens de l'antiquité l'avaient bien compris : En condamnant l'esclavage, ils reconnurent l
a communauté d'origine des hommes et leur participation à l'universelle raison.
Les Chrétiens, en associant fraternité et charité, ont développé le coté sentimental de la fraterni
té.
Plus sélective et élitaire : la chevalerie moyenâgeuse, avec la "Fraternité d'armes" a mis en exer

Almonor Stanley
gue les liens tissés par ceux qui ont lutté pour la même cause. Il s'agissait d'un engagement à se
défendre l'un l'autre envers et contre tout, à se garder une foi inviolable et à tout faire pour mé
riter cette foi.
Ce dernier exemple est frappant car il fait état d'une fraternité absolue et sans limites. Cette fra
ternité-là serait-elle un mythe?
En Maçonnerie, nous avons l'habitude de donner une mesure à toutes choses et à refuser les
dogmes.
La fraternité Maçonnique est bien une réalité mais elle a, comme toute manifestation, ses
propres limites.

Ces limites, nous les fixons nous-mêmes, elles dépendent de la sincérité de notre engagement.
La maçonnerie propose et l'homme dispose: libre à chacun de progresser, libre à chacun d'acce
pter ou de refuser les richesses qui lui sont offertes, libre à chacun de collaborer à l'accroissem
ent du patrimoine commun et de son propre patrimoine.
La loge sera ce que nous en ferons, chacun est responsable de ce qu'elle deviendra par sa propr
e participation positive ou négative. Agir pour l'intérêt de tous, travailler individuellement pour
tenter de créer un idéal de vie. Il faut apporter pour recevoir, continuellement se remettre en q
uestion pour conserver le caractère initiatique de notre démarche, se souvenir que notre fierté
est de créer l'unité dans la diversité et pour ce faire, utiliser le langage du coeur, persévérer dan
s notre démarche et ne pas oublier que nous avons des outils pour nous aider à rechercher la v
érité. Le rayonnement de la loge dépendra de notre volonté de persévérer dans la recherche de
la connaissance, afin d'être présent sur la scène de l'action. Rester humble, agir sans passion, n
e pas démolir, mais transformer et construire, ne pas mal juger, mais aimer, agir pour le bien d
e tous. Nous hériterons de la loge que nous construirons, nous hériterons du monde que nous c
onstruirons....
Pour agir dans cet esprit, la fraternité doit demeurer notre acte de foi afin de donner un sens à
notre démarche. De la participation active de chacun des Frères dépend l'importance de la noti
on de réalité qui caractérise les relations fraternelles établies au sein de l'atelier
GUERRE
La guerre est le signe d'un échec ; elle montre que les hommes n'ont pas été capables de résou
dre par leur intelligence les conflits qui les opposaient ; ils n'ont pas su les faire évoluer vers un
niveau de compréhension réciproque suffisant; ils ont oublié leur statut d'hommes, et même le
ur statut d'animal; ils se sont abandonnés à la colère, à la fureur, à la folie; ils finissent par s'entr
e-tuer.
Oui, ils oublient même leur statut d'animal, car il n'existe guère d'exemples de luttes, à l'intérie
ur d'une même espèce, allant jusqu'à la tuerie. La violence est grande, certes, dans la nature. Lo
rsqu'il s'agit de se disputer la nourriture ou l'accès à une femelle, deux loups se battent de bon
cœur; mais vient un moment où l'un des combattants sent qu'il a perdu; en signe d'acceptation
de sa défaite, il tend sa gorge; le vainqueur donne alors un bruyant coup de dents, il fait claque
r ses mâchoires, en l'air. Il a gagné; pourquoi désirerait-il, en plus, la mort de l'adversaire ? Seul
l'Homme commet la folie de transformer sa violence en haine, et de commettre l'acte irréversi

Almonor Stanley
ble, l'acte irréparable, donner la mort à un de ses semblables.
Par une aberration étrange, aux conséquences dramatiques, la plupart des cultures humaines p
résentent les guerres comme des épisodes grandioses de la vie des nations. L'histoire de leur pa
ys est racontée aux écoliers comme une succession de batailles enfilées comme des perles au lo
ng des siècles. Chacune est comme une étape autonome, un événement en soi : quel élève fran
çais ne sait que la bataille de Marignan a eu lieu en 1515 ? Mais combien savent où est Marigna
n, et pour quelles raisons le roi de France s'était aventuré là-bas ? Quelle proportion de Françai
s sait que l'armée ennemie était une armée suisse et que l'affaire a abouti à un traité de paix sig
né à Genève ?
La bataille de Marignan fut un affreux carnage dans la boue des marais qui fit 20'000 victimes
dans chacun des camps. Seulement cette vision des choses est largement occultée par bon no
mbre de chroniqueurs de l'époque qui préfèrent mètre l'accent sur les vertus guerrières, le cour
age, l'héroïsme, l'intelligence manoeuvrière des capitaines, alors que l'immense majorité de ce
ux qui ont participé à ces événements ne se souviennent guère d'avoir manifesté ces vertus; ils
ont subi, obéi, attendu, et appris finalement, sans comprendre pourquoi ni comment, qu'ils étai
ent dans le camp des vainqueurs ou dans celui des vaincus.
Dans un conflit nucléaire, ce sera le sort de tous les hommes que de subir sans comprendre. Ils
n'auront à être ni courageux, ni héroïques, ni intelligent. Des ordinateurs fermeront des contact
s, des fusées s'élanceront, des charges exploseront, et tous les hommes disparaîtront, sans qu'a
ucun ne sache même la cause de ce suicide définitif. Le temps des "vertus guerrières" est révolu
. Il est urgent d'en célébrer d'autres.
Les hommes peuvent gagner des batailles, mais l'Homme (avec un grand H) perd toujours la gu
erre.
HEGEL
Hegel est un philosophe allemand qui vécut entre 1770 et 1831. Il développa les principaux cou
rants de pensée de l'époque romantique.
Tous les systèmes philosophiques avant Hegel avaient en commun d'essayer de trouver les crit
ères éternels qui pourraient déterminer le champ du savoir de l'homme. Chaque philosophe av
ait tenté de définir les fondements de la connaissance humaine, mais en se situant chaque fois
dans des conditions intemporelles.
Hegel affirmait que tout ce qui est à la base de la connaissance se transforme au fil des générati
ons. C'est pourquoi il disait que nous ne pouvions parler de "vérités éternelles", que la seule ba
se solide à partir de laquelle le philosophe peut travailler, c'est l'Histoire elle-même.
En d'autres termes : toutes les pensées que la tradition fait déferler sur nous, d'une part, et les
conditions matérielles qui déterminent notre présent, d'autre part, concourent à définir notre
mode de pensée. Nous ne pouvons donc aucunement prétendre que telle ou telle pensée est ju
ste et éternelle. Elle peut tout au plus se révéler juste là où nous nous trouvons. Chaque chose
peut être juste ou fausse selon le contexte historique. Défendre l'idée de l'esclavage à notre ép
oque serait une chose absurde, alors qu'à l'époque de Périclès, les gens ne voyaient pas les chos
es de la même manière. Pour donner un autre exemple : brûler de grandes étendues de forêts a

Almonor Stanley
fin d'accroître les terres cultivables ne semblait pas déraisonnable au siècle dernier, alors que
maintenant ce n'est plus le cas, tout simplement parce que nous avons de tout autres éléments
pour juger un tel acte.
En matière de philosophie, il est donc aberrant d'analyser un courant de pensée sans tenir com
pte du contexte historique dans lequel il a évolué. Et j'en viens maintenant à un point essentiel
: parce qu'il arrive toujours quelque chose de nouveau, la raison est "progressive", c'est-à-dire
que la connaissance de l'être humain est en perpétuel développement et, vu sous cet angle, ne
fait qu'aller de l'avant.
Cette connaissance qu'Hegel appelait "l'Esprit du monde", se développe avec le temps pour
atteindre une conscience de plus en plus grande. Selon lui, l'Histoire n'est que le lent éveil de
l'Esprit du monde. D'ailleurs, quiconque étudie l'Histoire verra que l'humanité se dirige vers
une plus grande connaissance. L'Histoire témoigne en effet que l'humanité évolue dans le sens
d'une plus grande rationalité et d'une plus grande liberté. Malgré tous ses méandres, le process
us historique va "vers l'avant".
Il est aisé de se rendre compte qu'une pensée vient souvent se greffer sur d'autres pensées plus
anciennes. Mais, à peine posée, cette pensée va être contrée par une nouvelle pensée, créant a
insi une tension entre deux modes de pensée. Et cette contradiction sera levée grâce à une troi
sième pensée qui conservera le meilleur des deux points de vue. C'est ce que Hegel appelle un
processus dialectique.
La première affirmation, Hegel lui donne le nom de position. Celle-ci attire inévitablement son c
ontraire. Ce que Hegel appelle une négation. A partir de ce moment il y a une tension entre de
ux manières de voir diamétralement opposées. Mais cette tension est dépassée par une troisiè
me prise de position qu'Hegel a appelé la négation de la négation.
Il a qualifié les trois stades de la connaissance de thèse, antithèse et synthèse. Mais l'histoire ne
s'arrête pas avec la synthèse résultante de deux différents modes de pensée, car cette synthèse
devient à son tour un nouveau point de départ pour une nouvelle chaîne de pensées composée
de ces trois maillons que Hegel qualifie de triade. Car la synthèse elle aussi va être contredite p
ar une nouvelle antithèse.
Faire la part de ce qui est vrai et de ce qui est faux n'est pas une chose facile, surtout lorsque n
ous défendons un point de vue et que nous sommes pris à partie. Il arrive parfois que malgré to
ute notre bonne volonté la raison nous échappe. C'est finalement l'Histoire qui montrera ce qui
était vrai ou faux. Ce qui est "raisonnable", c'est ce qui est "doué de vie", ce qui est juste, c'est
ce qui continuera à vivre.
Prenons un exemple historique : Il y a cent cinquante ans, de nombreuses personnes revendiqu
èrent l'égalité des droits entre les hommes et les femmes. Mais d'autres s'insurgèrent contre ce
tte égalité, Hegel faisait partie de ceux-ci. Si nous nous penchons aujourd'hui sur l'argumentatio
n des deux parties, il est très difficile de dire qui avait les arguments les plus "raisonnables" car
nous ne vivons plus dans le même contexte historique. De plus, il est toujours facile de dire apr
ès coup ce qu'il convenait de faire dans telle ou telle situation.
Il s'avère que ceux qui prônaient l'égalité des droits entre les hommes et les femmes avaient rai
son. Soit dit en passant, nous pouvons noter que c'est justement parce que les hommes au tem

Almonor Stanley
ps de Hegel clamaient si fort l'infériorité de la femme que le mouvement de libération des fem
mes a pu voir le jour. Car ces hommes ont avancé une "thèse". Et s'ils avaient éprouvé le besoin
de le faire, c'est que le mouvement de libération des femmes avait déjà commencé. Quel intérê
t y aurait-il eu à défendre un point sur lequel tout le monde tombait d'accord ? Plus leurs propo
s étaient virulents, plus l'antithèse ou la "négation" était forte. On peut donc affirmer que rien n
e vaut d'avoir des opposants énergiques pour progresser. Plus les détracteurs seront puissants,
plus la réaction qu'ils provoqueront sera violente.
INITIATION
De même que les savants cherchent une loi synthétique de l'univers, que les théologiens
s'ingénient à résumer leur credo en une phrase et que les philosophes s'efforcent de ramener
à un principe les diverses réalités humaines ou naturelles, de même les F.'. M.'. avancent non u
ne vérité, un dogme, une solution, mais une méthode. En ce sens, ils refusent de fermer la rech
erche : ils font une quête par nature indéfinie. Ils n'imposent pas une théorie, un résultat, ils do
nnent une règle, un procédé, un moyen. Ils posent des points de suspension plus qu'un point fi
nal. La clef est présentée par les F.'. M.'. de manière figurée, et non conceptuelle. Dès lors, ce q
ui peut sembler prétentieux et dogmatique devient pédagogique ou initiatique. En principe, il n'
y a pas de principe en F.'. M.'..
Par l'initiation nous n'apportons au profane qu'un outil dont il fera ce qu'il veut, ou plus exacte
ment ce qu'il peut. Oswald Wirth nous rappelle que l'enseignement maçonnique ne comporte
ni dogme ni credo d'aucune sorte. L'initié ne peut que méditer sur les symboles et allégorie mis
à sa disposition pour avancer sur la voie de la lumière.
Ainsi tout reste à faire. Cette quête de la lumière commencée dans l'obscurité du cabinet de réfl
exion, se poursuit au quotidien parmi les hommes. Au rythme des expériences vécues, des joies
et des peines qui tourmente l'esprit de tous les hommes.
Le chemin est long et parsemé d'embûche, il est cependant un passage obligé et aucun être qui
cherche la lumière ne peut y échapper. Il y a beaucoup d'illusions et de désillusion, et au travers
de cela l'esprit maçonnique se forge, évolue en présence de symboles qui eux ne changent pas.
Le pavé mosaïque restera toujours le pavé mosaïque. L'équerre, la règle et le compas resteront
toujours l'équerre, la règle et le compas. De plus, tous ces symboles que la maçonnerie met à d
isposition seront toujours à la portée de celui qui tendra les mains pour les saisir, pour disposer
de leur enseignement.
Non, ce qui change dans la vie d'un initié, c'est l'interprétation et l'usage qu'il fait de ces outils. I
l faut commencer par méditer en silence et avec toute confiance sur le contenu de ces symbole
s. Si je dis en silence, c'est simplement pour s'en laisser imprégner, pour ne pas entamer un dial
ogue de sourd qui ne mènerait à aucun résultat. C'est aussi pour apprendre à écouter sans forcé
ment répliquer, apprendre à être pénétré par de nouvelles idées, de nouvelles façons de voir le
monde. Il faut se débarrasser de sa carapace et de ses préjuger, il faut dépouiller le vieil homme
comme on dit en maçonnerie.
Le silence de l'apprenti n'est pas une contrainte stupide qui leur est imposé par leurs frères co
mpagnon et maîtres, ce silence doit être plutôt interprété comme étant la clé qui permet d'ouvr
ir de nombreuses portes. Ne dit-on pas que la parole est d'argent et le silence est d'or? Il est in

Almonor Stanley
dispensable d'apprendre à écouter les autres. Qu'ils aient raison où qu'ils aient tors, la question
n'est pas là, cette démarche est simplement à la base de toute communication, de tout échang
e d'idée et de toute évolution. Car comment pourrait-on évoluer sans contacte avec le monde q
ui nous entoure, sans apport de l'extérieur? Le bonheur appartient à celui qui sait le saisir, il est
à la portée de chacun. Demande et tu obtiendras, lit-on dans notre rituel, frappe et on t'ouvrir
a, cherche et tu trouveras. Tout est question de volonté, de persévérance mais aussi d'intelligen
ce nécessaire pour savoir quoi chercher, où frapper et que demander.
La voie maçonnique vous est ouverte mon très cher nouveau frère, c'est maintenant à vous de f
aire l'effort de l'emprunter. Aurez-vous la volonté nécessaire pour en franchir tout les obstacles
? Je vous le souhaite et puis vous assurer que la démarche en vaut la peine.
JUSTICE
La justice existe-t-elle dans le monde? C’est une question qu’ont abordée tous les philosophes,
avec force mots à son sujet. Y a-t-il une justice au monde, rationnelle et sensée? Vous êtes brill
ant, je ne le suis pas. Vous avez de l’argent, je n’en ai pas. Vous avez des aptitudes, un autre n’
en a pas. Vous avez du talent, vous pouvez profiter de la vie et moi je suis né pauvre. Quelqu’u
n a une infirmité, un autre n’en a pas. En voyant tout cela, nous sommes tentés de dire : « il doi
t tout-de même y avoir une raison, une justice quelque part ». Nous partons de l’absence de ju
stice pour aboutir à une idée de justice - Dieu est juste. Mais le fait demeure qu’il y a au monde
une injustice terrible.
Alors, s’il n’y a pas de justice, pourquoi chercher à s’améliorer ? C’est inutile, pourquoi cherche
r à s’améliorer dans ce monde chaotique où les dictateurs sont souverains ? Leur vie même con
stitue une injustice, puisqu’ils terrorisent des millions de gens. Au vu de tout cela, s’améliorer n
’aurait pas de cause rationnelle.
Beaucoup cherchent à s’améliorer parce qu’ils y sont contraint par tel ou tel autre système léga
l qui les obligent à le faire. D’autres le font par crainte de la punition et pour être récompensé (j
e prends pour exemple la religion chrétienne qui promet le paradis aux bon et l’enfer aux méch
ant).
En fait le changement ne doit pas se faire par la contrainte, la récompense et la punition. L’espr
it lui-même discerne l’absurdité de tout cela ; il voit la nécessité du changement, non parce que
Dieu ou le prêtre nous l’indique, mais parce qu’il est conscient que bon nombre d’injustices on
t été commises par des êtres humains. Nous sommes tel que ces êtres humains, mais nous choi
sissons d’agir contre l’injustice, c’est notre responsabilité et celle de tous les F.’. M.’..
LIBERTE
Edgard Poe nous présente l'un de ses Contes extraordinaires comme la copie d'un parchemin tr
ouvé dans une bouteille, message confié à l'océan par un naufragé. Au moment où son bateau a
sombré, alors que tous ses camarades périssaient dans la tempête, un immense navire est pass
é, tout proche dans la brume ; il a pu saisir un cordage qui traînait et se hisser sur le pont ; il éta
it sauvé. Il rencontre sur ce navire de nombreux matelots, mais leur comportement est étrange.
Sans jamais s'arrêter, ni jour ni nuit, ils font leur travail, veillent aux gréements, amènent ou his
sent les voiles. Leurs barbes sont hirsutes, leurs yeux profondément enfoncés dans leurs orbites
; ils sont vieux, infiniment vieux. Aux questions, ils ne répondent jamais, et ne semblent même

Almonor Stanley
pas voir le naufragé présent parmi eux. Celui-ci soudain comprend : il est sur le Vaisseau fantôm
e, leHollandais volant, condamné à errer sur les océans , sans relâche, pour l'éternité. Cet équip
age est fait de morts.
Avec eux, il ne peut avoir aucun échange, aucun contact ; mais il peut aller et venir sans la moin
dre contrainte, grimper aux mâts, visiter la cabine du capitaine, s'installer pour dormir là ou il le
désire. Il peut même, mais au péril de sa vie, quitter le navire en plongeant dans la mer. Il est li
bre.
Libre vraiment ?
De même sommes-nous vraiment libre.
Débarqué par le hasard de la procréation sur le vaisseau Terre, le nourrisson, lorsqu'il ouvre po
ur la première fois les yeux, se voit entouré d'un équipage fait de personnes bien vieilles et aux
comportements curieux. Il est au foyer des regards de tous ; tous s'adressent à lui ; rien n'est pl
us important pour eux que sa présence ; ils l'admirent, le guident, lui dictent les gestes à faire, l
ui interdisent ceux à ne pas faire, lui apprennent les règles du jeu. Un réseau de multiples contr
aintes se crée peu à peu ; parfois elles lui pèsent. Il lui arrive de se sentir entravé et rêve d'isole
ment, d'autonomie, de liberté.
Mais quelle liberté ?
Pour faire un homme, il faut des hommes. Isolés nous ne pouvons que faire jouer les mécanism
es définis par notre patrimoine génétique, réaliser des organes, mettre en place de métabolism
es. Tout ce qui constitue l'apport nécessaire pour devenir un homme. Nécessaire mais pas suffi
sant.
Tant que nous n'avons pas de contact avec la liberté des autres, la notre n'a aucun contenu. Ent
ouré de morts, d'hommes d'un autre monde, le naufragé d'Edgard Poe n'est ni libre ni empriso
nné ; il est dans le vide. Sans oreilles pour les entendre, ses paroles sont inutiles ; peu à peu, il r
enonce à parler ; il renonce à communiquer ; en l'absence d'autres, il devient prisonnier de lui-
même.
La liberté est moins un état qu'un chantier ; et un chantier où tous travaillent. Elle est constam
ment à construire ; elle ne peut résulter d'un objectif individuel, mais d'une exigence partagée.
LIBERTE (2)
Dans le nom de Franc-Maçon sont réunies deux idées essentielles, celle de liberté et celle de co
nstruction.
La liberté est une aspiration confuse qui repose au cœur de tous les hommes. Si nous tentons d
e lui trouver un sens et un contenu matériel, nous ne pouvons recourir qu’aux notions d’auton
omie ou d’indépendance. Or, nous savons que l’autonomie, l’indépendance, ne sont qu’illusio
ns et vues de l’esprit. Nous sommes dépendants de l’air que nous respirons, de l’eau que nous
buvons, des êtres et des choses qui nous entourent, qui nous servent ou nous desservent, nous
obéissent on nous commandent. Nous sommes tributaires des lois naturelles que nous ne pou
vons enfreindre sans être rayés du monde des vivants. Alors, dirons-nous, peut-être la liberté n’
est-elle après tout qu’une notion psychologique dont il serait vain de rechercher l’application a
illeurs que dans le domaine de l’esprit. Elle se ramènerait en définitive à l’illusion que l’on peut

Almonor Stanley
avoir d’être libre. On peut enchaîner le corps, on ne peut asservir l’imagination. Ce raisonneme
nt lui aussi est faux. L’imagination est l’un des dons conférés à l’homme pour agir sur lui-même
et sur le monde dans lequel il vit. Mais l’imagination ne peut s’élever qu’en prenant pied sur le
tremplin du réel. L’imagination la plus folle est toujours inspirée par des choses connues.
En fait il n’existe pas deux libertés : celle du corps et celle de la pensée, la liberté n’est pas une i
dée théorique et abstraite.
En matière politique, la liberté ne se définit point par des principes, si beaux soient-ils, énuméré
s en quelque déclaration solennelle et intangible, mais dénués d’applications pratiques. Ce n’es
t pas le droit théorique donné à chacun de se déplacer, de s’établir, de travailler, de posséder, d
e fonder un foyer. C’est le pouvoir concret de voyager, d’user, de disposer, de choisir et d’exer
cer effectivement un métier, d’entretenir une famille. Dans toute société humaine, quelle que s
oit l’étiquette ou la constitution qu’elle se donne, la liberté de chacun se mesure à la quantité d
e pouvoir social qui lui est accordé. Que ce pouvoir s’appelle argent, puissance, rang, fonction, i
l conditionne l’exercice de tous les droits, et par conséquent leur existence même, car il ne suffi
t pas d’imaginer ce que l’on aurait virtuellement le droit de faire ou de dire, encore faut-il avoir
le moyen de le faire ou de le dire. Tout le reste n’est que tromperie et faux-semblant. La libert
é de conscience n’est rien sans la liberté d’expression,
LUMIERE
La notion de lumière en maçonnerie est en étroite relation avec l'initiation : être initié, c'est "re
cevoir la lumière". En ce sens, l'initiation est aussi "illumination". Le choc initiatique doit être cr
éé lorsque le bandeau est retiré au postulant.
Les historiens qui ont étudié la Franc-Maçonnerie opérative sont d'accord pour affirmer qu'une
telle cérémonie à caractère initiatique n'existait pas dans les loges opératives et ne s'est introdu
ite qu'autour de 1730.
Mais que signifie le terme de "lumière" pour le nouvel initié? Tout dépend du rite, voire de la lo
ge et, bien souvent, de la mentalité du Vénérable ou du postulant. Car la Maçonnerie propose e
t l'homme dispose. Le seul thème commun pourrait être l'opposition entre Lumières et Ténèbre
s, vue et cécité. "Je me trouvais dans les Ténèbres et je désirais la Lumière." L'initiation est le pa
ssage des Ténèbres vers la lumière".
LA MORT
La mort est une fin, comme la fin d’un attachement. L’orsqu’une chose comme celui-ci se term
ine, il en naît une autre, totalement nouvelle. Quand on s’est habitué toute sa vie à la colère, o
u à l’avidité, ou à l’agression, et qu’on y met fin, il arrive quelque chose de totalement nouveau
. On peut avoir suivi un gourou et utilisé tous les hochets qu’il nous a donnés, puis on se rend c
ompte de l’absurdité que cela représente et on y met un terme. Qu’est-ce qui se passe? On se
sent libéré du fardeau dont on s’était inutilement chargé. Mourir, c’est comme mettre fin à un
attachement.
Qu’est-ce qui est continu tout au long de la vie? On oppose la mort à la vie. On dit que la mort
vient à la fin de la vie, une fin qui peut arriver au bout de 10 ou 15 ans - ou après-demain. On es
père que cela sera dix ans ou plus, mais c’est là une illusion, un désir, une sorte d’impulsion. On
ne peut comprendre comment affronter la mort sans comprendre ou affronter la vie, car la mo

Almonor Stanley
rt n’est pas le contraire de la vie.
Plutôt que de poser les questions : comment affronter la mort ou qu’est-ce que l’immortalité,
si elle est un état dans lequel on peut vivre, on ferait mieux de demander comment affronter la
vie, comment comprendre cette chose terrible qu’on appelle ainsi? Car, vivre comme on le fait
n’a pas de sens. On ne peut essayer de donner un sens à la vie, comme le font la plupart des
gens, en disant : la vie est ceci, ou bien elle doit être cela, mais si on met de côté toutes ces
absurdités romanesques, illusoires et idéalistes, la vie est la peine quotidienne, la concurrence,
le désespoir, la dépression, l’angoisse, traversés à l’occasion de lueurs jetées par la beauté et l’
amour ; c’est la vie de chacun ; peut-on l’affronter et la comprendre avec tant de plénitude qu’
il ne reste plus un conflit ? Faire cela est mourir à tout ce qu’a construit la pensée. Elle fait naîtr
e la vanité en disant : « je dois réussir, devenir quelqu’un, lutter, rivaliser ». Voilà ce que la pens
ée a rassemblé et c’est l’existence de chacun. Les dieux, les églises, les gourous, les rituels, tout
cela provient de l’activité de la pensée, mouvement de la mémoire, de l’expérience, du savoir
emmagasiné dans le cerveau ; il s’agit d’un processus matériel. Et lorsque la pensée domine la
vie, comme elle le fait, alors elle nie l’amour. L’amour n’est pas un souvenir, ni une expérience,
ni un désir, ni un plaisir.
En vivant ainsi, régi par la pensée, on a séparé la vie de la mort qui est une fin et qui effraie. Si o
n refuse en soi tout ce que la pensée a créé - et cela exige un cran formidable - qu’obtient-on?
On se retrouve en compagnie de la mort ; la vie, c’est mourir, donc se renouveler.
On a été formé à être un individu - moi par opposition à vous, mon ego contre votre ego. Mais l
e fait est que chacun de nous représente le genre humain. On passe par où passent tous les aut
res êtres humains, par tous les appétits sexuels, les complaisances envers soi, le chagrin, le gran
d espoir, la peur, l’anxiété, l’immense sentiment de solitude - c’est le lot de tout être humain, c
’est la vie. On est l’humanité entière, on n’est pas un individu. On aime le croire, mais on ne l’e
st pas.
LA PENSEE
La pensée fait partie de nos émotions, de nos sentiments, de nos réactions, et du fait de reconn
aître ces dernières. Avoir conscience de quelque chose, être lucide, être capable de reconnaître
, de comprendre, c'est tout le domaine du fonctionnement de l'esprit.
Toutes nos activités reposent sur la pensée, avec ses images, ses souvenirs du passé ou ses proj
ections dans l'avenir, ainsi que l'immense activité qui s'engage dans tous les domaines: techniq
ue, psychologique, physique. Nos relations mutuelles se fondent sur la pensée, celle qui a créé l'
image que nous nous faisons de quelqu'un et celle de nous-mêmes que celui-ci a projetée. Cett
e pensée se base assurément sur le savoir, l'expérience, et la mémoire. Le savoir étant limité, la
pensée est de ce fait toujours limitée. Il n'existe de savoir complet sur aucun sujet. Ainsi, dans l
e champ d'action du savoir et du mouvement de la mémoire, la pensée est circonscrite, enferm
ée dans les limites de notre propre raisonnement.

ALLEGORIE DE LA CAVERNE DE PLATON

Almonor Stanley
Platon enseignait à ses élèves qu'il ne fallait pas se fier aux messages transmis par ses sens pour
concevoir la réalité du monde.
Pour illustrer ces propos, il rédigea dans l'un de ses ouvrages, la République, un texte qui s'intit
ule : L'Allégorie de la caverne dont voici en résumé le message.
Imaginons des hommes qui habitent dans une caverne. Ils sont assis le dos tourné à la lumière
et sont pieds et poings liés, de sorte qu'ils sont condamnés à ne voir que le mur devant eux. Da
ns leur dos se dresse un autre mur derrière lequel marchent des hommes brandissant diverses f
ormes au-dessus du mur. Parce qu'il y a un feu derrière ces figures, celles-ci jettent des ombres
vacillantes contre le mur au fond de la caverne. La seule chose que les habitants de cette caver
ne puissent voir est par conséquent ce "théâtre d'ombre". Ils n'ont pas bougé depuis qu'ils sont
nés et pensent naturellement que ces ombres sont la seule réalité au monde.
Imaginons maintenant que l'un des habitants de la caverne parvienne enfin à se libérer. Il se de
mande tout d'abord d'où proviennent ces ombres projetées sur le mur de la caverne. Que va-t-i
l se passer quand il va découvrir les formes qui dépassent du mur ? Il sera dans un premier tem
ps ébloui par la forte lumière, mais il sera aussi ébloui par les formes, puisqu'il n'a vu jusqu'ici q
ue leurs ombres. A supposer qu'il réussisse à escalader le mur et à franchir le feu pour se retrou
ver à l'air libre, il serait alors encore d'avantage ébloui. Mais, après s'être frotté les yeux, il serai
t frappé par la beauté de tout ce qui l'entoure. Il distinguerait pour la première fois des couleur
s et des contours bien précis. Il verrait en vrai les animaux et les fleurs dont les ombres dans la
caverne n'étaient que de pâles copies. Il se demanderait d'où viennent tout ces animaux et tout
es les fleurs. Alors, en voyant le soleil, il comprendrait que c'est lui qui permet la vie des fleurs
et des animaux sur terre, de même que le feu dans la caverne permettait d'apercevoir des omb
res.
Maintenant l'heureux habitant de la caverne pourrait s'élancer dans la nature et profiter de sa l
iberté reconquise. Mais il pense à tous ceux qui sont restés là-bas. C'est pourquoi il veut y retou
rner et, dès qu'il est redescendu, il essaie de convaincre les autres habitants de la caverne que l
es ombres sur le mur ne sont que le pâle reflet vacillant de choses bien réelles. Mais personne
ne le croit. Ils montrent le mur du doigt et maintiennent que la seule réalité est ce qu'ils voient.
Et ils finissent par le tuer.
Ce que Platon illustre avec l'Allégorie de la caverne est le chemin du philosophe qui va de repré
sentations incertaines aux vraies idées qui se cachent derrière les phénomènes naturels. Il pens
e sans aucun doute à Socrate que les hommes mirent à mort parce qu'il dérangeait leurs représ
entations habituelles et leur montrait le chemin d'une vraie vision intérieure. L'allégorie de la c
averne devient une métaphore du courage du philosophe et de sa responsabilité vis-à-vis des a
utres hommes.
Platon veut démontrer que le contraste entre l'obscurité de la caverne et la nature à l'extérieur
est le même qui existe entre le monde sensible et le monde des idées. Cela ne veut pas dire qu
e la nature est sombre et triste, mais qu'elle l'est, comparée à la clarté du monde des idées. L'i
mage d'une belle jeune fille n'est pas non plus sombre ou triste, bien au contraire. Mais ce n'es
t qu'une image.

Almonor Stanley
POUVOIR
Quand le petit prince de St-Exupéry quitta sa planète pour échapper à la présence de plus en
plus pesante de la fleur qui était venue d'on ne sait où et qui avait fini par déranger la
tranquillité de la vie quotidienne du petit prince, il se mit à visiter les astéroïdes voisins et y
rencontra de curieux personnages parmi lesquels figure un roi dont je vous propose d'écouter
ce soir le récit de leur rencontre.
Ah ! voilà un sujet, s'écria le roi quand il aperçut le petit prince.
Et le petit prince se demanda :
"Comment peut-il me reconnaître puisqu'il ne m'a encore jamais vu?"
Il ne savait pas que, pour les rois, le monde est très simplifié. Tous les hommes sont des sujet
s.
- Approche-toi que je te voie mieux, lui dit le roi qui était tout fier d'être enfin roi pour quelq
u'un.
Le petit prince chercha des yeux où s'asseoir, mais la planète était tout encombrée par le ma
gnifique manteau d'hermine. Il resta donc debout, et, comme il était fatigué il bâilla.
Il est contraire à l'étiquette de bâiller en présence d'un roi, lui dit le monarque. Je te l'interdis
.
- Je ne peux pas m'en empêcher, répondit le petit prince tout confus. J'ai fait un long voyage
et je n'ai pas dormi.
- Alors, lui dit le roi, je t'ordonne de bâiller. Je n'ai vu personne bâiller depuis des années. Les
bâillements sont pour moi des curiosités. Allons ! bâille encore. C'est un ordre.
- Ca m'intimide... je ne peux plus... fit le petit prince tout rougissant.
- Hum ! hum ! répondit le roi. Alors je... je t'ordonne tantôt de bâiller et tantôt de...
Il bredouillait un peu et paraissait vexé.
Car le roi tenait essentiellement à ce que son autorité fût respectée. Il ne tolérait pas la désob
éissance. C'était un monarque absolu. Mais, comme il était très bon, il donnait des ordres raiso
nnables.
"Si j'ordonnais, disait-il couramment, si j'ordonnais à un général de se changer en oiseau de
mer, et si le général n'obéissait pas, ce ne serait pas la faute du général. Ce serait ma faute."
- Sire..., lui dit le petit prince, je vous demande pardon de vous interroger...
- Je t'ordonne de m'interroger, se hâta de dire le roi.
- Sire... sur quoi régnez-vous?
- Sur tout, répondit le roi, avec une grande simplicité.
- Sur tout?
Le roi d'un geste discret désigna sa planète, les autres planètes et les étoiles.
Sur tout ça ? dit le petit prince.

Almonor Stanley
Sur tout ça ... répondit le roi.
Car non seulement c'était un monarque absolu mais c'était un monarque universel
- Et les étoiles vous obéissent ?
- Bien sûr, lui dit le roi. Elles obéissent aussitôt. Je ne tolère pas l'indiscipline.
- Je voudrais voir un coucher de soleil... Faites-moi plaisir... Ordonnez au soleil de se coucher...
- Si j'ordonnais à un général de voler d'une fleur à l'autre à la façon d'un papillon, ou d'écrire
une tragédie, ou de se changer en oiseau de mer, et si le général n'exécutait pas l'ordre reçu, qu
i, de lui ou de moi, serait dans son tort ?
- Ce serait vous, dit fermement le petit prince.
- Exact. Il faut exiger de chacun ce que chacun peut donner, reprit le roi. L'autorité repose d'a
bord sur la raison. Si tu ordonnes à ton peuple d'aller se jeter à la mer, il fera la révolution. J'ai l
e droit d'exiger l'obéissance parce que mes ordres son raisonnables.
- Alors mon coucher de soleil? rappela le petit prince.
- Ton coucher de soleil, tu l'auras. Je l'exigerai. Mais j'attendrai, dans ma science du gouverne
ment, que les conditions soient favorables.
Le petit prince bâilla, il s'ennuyait déjà un peu:
- Je n'ai plus rien à faire ici, dit-il au roi. Je vais repartir!
- Ne pars pas, répondit le roi qui était si fier d'avoir un sujet. Ne pars pas, je te fais ministre!
- Ministre de quoi?
- De... de la justice !
- Mais il n'y a personne à juger!
- Hem ! hem ! dit le roi, je crois bien que sur ma planète il y a quelque part un vieux rat. Je l'e
ntends la nuit. Tu pourras juger ce vieux rat. Tu le condamneras à mort de temps en temps. Ain
si sa vie dépendra de ta justice. Mais tu le gracieras chaque fois pour l'économiser. Il n'y en a qu
'un.
- Moi, répondit le petit prince, je n'aime pas condamner à mort, et je crois bien que je m'en v
ais.
- Non, dit le roi.
Mais le petit prince, ayant achevé ses préparatifs, ne voulut point peiner le vieux monarque :
- Si Votre Majesté désirait être obéie ponctuellement, elle pourrait me donner un ordre raiso
nnable. Elle pourrait m'ordonner, par exemple, de partir avant une minute. Il me semble que le
s conditions sont favorables...
Le roi n'ayant rien répondu, le petit prince hésita d'abord, puis, avec un soupir, prit le départ.
- Je te fais mon ambassadeur, se hâta de crier le roi.
Il avait un grand air d'autorité.

Almonor Stanley
PROGRES
La pire des illusions : être emporté par le torrent et s'imaginer que l'on dirige le navire.
Aujourd'hui, le torrent au débit le plus puissant, s'enflant chaque jour, emportant dans ses
tourbillons des pans entiers de la rive, c'est la recherche scientifique, consacrée, dit-on, à assur
er le progrès de la connaissance. Ce torrent n'épargne rien, il transforme nos croyances et nos
mœurs, nos petits bonheurs individuels et nos enthousiasmes collectifs; il nous métamorphose,
et nous ne reconnaissons ni le paysage ni nous-mêmes. Mais puisqu'il s'agit d'un progrès, com
ment oserait-on se plaindre?
Les choses avaient si bien commencé! L'homme a appris peu à peu à se méfier de ses sens et à c
roire son cerveau; il a porté sur le monde un regard nourri d'imagination; il a reconstruit l'unive
rs en l'insérant dans la panoplie de quelques modèles mathématiques. Quelle victoire qu'être c
apable d'expliquer par la même équation la chute des pommes et la trajectoire des planètes !
Les choses avaient si bien continué ! Après le plaisir de comprendre est venue la satisfaction de
dominer, de transformer, de dire non à la nature, de la plier à nos exigences : Les hommes deva
ient rester sur la Terre, ils se sont donné le pouvoir de voler et même de quitter la planète; leur
s enfants devaient pour la plupart mourir jeunes, ils savent les faire survivre. Mais au moment
où ils pourraient fêter cette série ininterrompue de victoires, ils découvrent que ce n'est pas "le
ur" victoire mais celle d'une machine qu'ils ont construite, qui leur a échappé et qui aujourd'hui
les menace.
Beaucoup d'énergies sont dépensées pour faire avancer le progrès de la technique. Mais en s'ac
cumulant, ces énergies accélèrent la recherche dans des directions qui ne sont jamais remises e
n cause.
Qui oserait, par exemple, mettre en doute l'intérêt de la conquête de l'espace? Or, le mot lui-m
ême révèle une mystification : on va peut-être apprendre beaucoup de choses sur le système so
laire, ou sur la galaxie, mais on ne va rien "conquérir" du tout. Parlons de l'exploration de l'espa
ce, non de sa conquête, mot qui révèle des arrière-pensées inavouables. Tout savoir sur les sate
llites d'Uranus et en déduire de nouveaux modèles de formation du système solaire est un obje
ctif fort digne, dans la droite ligne des rêves des savants d'autrefois. Mais l'urgence est-elle si gr
ande qu'il faille y consacrer des dizaines de milliards de dollars? Notre humanité est plus miséra
ble que jamais. Ne conviendrait-il pas de se soucier d'abord du sort des hommes?
En créant d'énormes structures aux réseaux enchevêtrés, les hommes ont cru démultiplier leur
capacité de comprendre et d'agir; mais ils se sont surtout dépossédés du pouvoir de choisir. Bie
ntôt les avancées de la recherche scientifique ne pourront plus être présentées comme un prog
rès humain, mais comme une aggravation de notre schizophrénie.

PROSTITUTION
Se prostituer, nous dit le dictionnaire, c'est "faire métier de son corps", autrement dit gagner d
e l'argent en fournissant à d'autres certaines des productions concrètes ou abstraites de ce cor

Almonor Stanley
ps. Mais, à part les privilégiés qui vivent de leurs rentes, ou les habitants d'îles lointaines et myt
hiques où règne l'Age d'or, qui peut échapper à l'obligation d'utiliser son corps pour gagner sa v
ie? Sommes-nous donc tous des prostitués?
En explorant cette voie, on va de surprise en surprise : pour quelle raison notre société n'affich
e-t-elle que mépris envers les femmes qui louent leur sexe à la demi-heure pour le plaisir d'un c
lient, et manifeste-t-elle son admiration envers les cadres dits "supérieurs" qui louent leur cerv
eau au mois pour le bénéfice d'une entreprise ?
Cette opposition en dit long sur la hiérarchie en valeur que nous admettons implicitement entr
e ces deux organes.

LA SÉRÉNITÉ
Quel beau thème que notre frère Bernard à choisi de traiter ce soir.
La sérénité.... cet état auquel nous aspirons tous égoïstement. Cette sagesse tranquille que nou
s pourrions assimiler au simple bonheur. Bonheur de vivre que nous sommes contraint de trou
ver au gré du quotidien. Equilibre fragile qu'il s'agit de façonner, de modeler au milieu de l'adve
rsité, à travers les joies et les peines qui forgent notre personnalité. La chance que nous avons e
n maçonnerie, c'est précisément de pouvoir aborder de tels thèmes. De quoi aurions-nous l'air
si nous parlions d'un tel sujet lors d'un conseil d'administration, d'une dispute familiale ou deva
nt un supérieur hiérarchique dont le seul souci est la bonne marche d'une entreprise.
La sérénité est un état indéfinissable, chacun d'entre nous en donnera sa propre interprétation,
car finalement, le but ultime de la sérénité est de s'affranchir de tous les soucis et de toutes les
angoisses qui nous tourmentent.
La bonne santé de ses enfants rendra serin le père de famille. La bonne marche d'un état rendr
a serin le gouverneur d'un pays. Un emploi retrouvé rendra serin le chômeur de longue durée.
Tous ces facteurs apaiseront l'âme de celui qui souffre.
Mais le drame dans tout cela, c'est que l'homme ne cesse de s'affranchir d'une souffrance pour
retomber dans une autre souffrance. Ainsi, l'équilibre retrouvé n'est qu'un répit car un nouvea
u problème survient : celui de conserver cet équilibre. C'est sans doute pour cela que notre F.'.
Bernard insiste sur le fait qu'il n'y a aucune limite dans la recherche de la sérénité.
Le sage s'efforce de se libérer de l'aspect matériel des choses, tel Socrate qui s'arrêta un jour de
vant une échoppe qui proposait différentes marchandises et qui s'écria : "Que de choses dont je
n'ai pas besoin".
Hélas il n'est pas donné à chacun d'atteindre un tel niveau de sagesse. Nous sommes de simples
humains et nous nous débattons dans une jungle parfois trop peu humaine, cherchant au sein
de la maçonnerie une raison d'espérer, une étincelle de lumière qui nous donne l'énergie de cro
ire en un monde meilleur et qui nous assure que ce monde existe, qu'il ne dépend que de nous
de le créer, de lui donner une vie.

Almonor Stanley
SPORT
A l'heure où se déroule en Corse le procès qui déterminera les responsables de la catastrophe d
u stade de Furiani, il est bon de faire une réflexion sur les raisons qui mobilisent une telle foule
pour venir assister à un match de football, sur les sentiments et les actes qu'ils provoquent.
Imaginons cent mille spectateurs qui vocifèrent et s'enrhument, trente joueurs qui se disputent
violemment un ballon et s'épuisent. Des milliers de sans-le-sou venus, en dépensant leur derni
er billet, admirer des vedettes qui gagnent en quelques matches ce qu'eux-mêmes ne gagneron
t pas durant toute leur vie. Chaque jour nos journaux, nos télévisions, nous présentent ces évén
ements comme du "sport". Le résumé de ce qui s'est passé tient en quelques chiffres, le score,
qui désigne le gagnant et mesure sa supériorité.
Par mille canaux, notre société nous amène à croire que le moteur de la vie est la compétition.
On ne parle que de gagnants; il nous faut, paraît-il préparer les enfants à entrer dans cette caté
gorie, faute de quoi ils seront des perdants, des minables. Cette vision effrayante du sort humai
n a envahi le domaine de l'activité physique; on ne parle plus que de sport de compétition, oubl
iant que l'origine de ce mot est le vieux français "desport" qui signifiait amusement.
Quel progrès nous obtiendrions si, au lieu de glorifier la victoire de telle équipe, nous jugions si
multanément les deux équipes en fonction de la ferveur de leur engagement! Imaginez qu'en p
remière page de votre journal on ne parle que de la qualité du jeu; l'on n'y apprendrait que dan
s une page intérieure le score obtenu ou même on l'ignorerait. Imaginez des stades où soit sup
primé le tableau enregistrant les buts et les points. Imaginez que l'on n'entende plus dans le ru
es, le soir du match, tous ces braillards avinés criant stupidement "on a gagné", alors que ceux
qui crient ont bien peu de part dans ce "on".
Si la vie se résume à une succession de combats toujours recommencés, pour l'emporter sur les
autres, elle est dès le départ rendue définitivement vaine, gâchée. Plutôt que de parler de com
pétition, nous devrions utiliser le mot connivence. Pour l'espèce humaine, cette connivence est
particulièrement nécessaire, car chaque membre de l'espèce a besoin des autres pour s'accomp
lir. Pour faire un homme, il faut des hommes. Nous sommes l'espèce qui est, de très loin, celle
où l'écoute de l'autre, joue le plus grand rôle.
Chaque affrontement peut être bénéfique à condition qu'il soit vécu comme une occasion d'enr
ichissement, non comme une possibilité de victoire. Dans la lutte entre deux hommes ou entre
deux groupes d'hommes, deux issues sont possibles : ou bien ils sont tous les deux gagnants, s'i
ls ont su surmonter leur antagonisme, s'écouter, se regarder, et finalement se sourire; ou bien i
ls sont tous les deux perdants, s'ils ont cherché à se détruire l'un l'autre, à s'ignorer, à se haïr. Q
uant à l'issue comportant un gagnant et un perdant, elle me parait aléatoire; certes on peut par
fois croire que l'on a vaincu, mais l'histoire nous montre que c'est toujours une illusion dont la
durée est le plus souvent brève. Qui a gagné, Caïn ou Abel ?
Mon très cher nouveau frère, cet état de fait a été admis depuis bien longtemps par la F.'. M.'.,
nous avons bien compris qu'il faut privilégier la communication, qu'il faut faire l'effort de
comprendre les raisons qui motivent les homes à agir de certaine manière avant de les juger et

Almonor Stanley
par là de mettre fin à toute forme de dialogue. Nous n'avons de conseil à donner à personne su
r les actes à accomplir ou à ne pas accomplir, nous nous contentons de proposer une méthode
de réflexion qui je l'espère te servira et t'apportera beaucoup de joie dans ton parcours maçon
nique que tu entames ce soir en notre compagnie.

ASPECTS POSITIFS ET NEGATIFS DE L'AVANCEE


DANS LA RECHERCHE TECHNOLOGIQUE
Pendant longtemps, l'homme a cru que toute technique permettant d'acquérir des pouvoirs no
uveaux ou de diminuer notre peine au travail était évidemment bénéfique. Apprivoiser le feu, f
orger ou fondre le métal, utiliser l'énergie de la vapeur ou de l'électricité, voler dans les airs, vai
ncre l'une après l'autre les maladies, transmettre des signaux à la vitesse de la lumière, chaque
technologie nouvelle était une étape sur un chemin glorieux. Nourri par l'avancée des connaissa
nces scientifiques, le progrès technologique libérait peu à peu l'homme des servitudes naturelle
s; la finalité de la science était même pour certains penseurs, l'accroissement sans fin du pouvoi
r des hommes.
Au cours de notre siècle, nous avons pu faire des constats qui ont entraîné des réflexions moins
optimistes. Albert Einstein, au soir d'Hiroshima, s'écriait :"Il y a tout de même des choses qu'il v
audrait mieux ne pas faire." Certains scientifiques ont alors retrouvé l'état d'esprit des "savants
-philosophes" d'autrefois. Au lieu de se contenter de trouver des réponses aux questions qui le
ur étaient posées, ils se sont efforcés de poser les questions essentielles, celles qui dépassent le
s interrogations de l'instant et du lieu, celles qui élargissent le champ de vision et concernent d
es problèmes globaux.
Ces réflexions nouvelles tiennent compte d'une évidence qui avait été étrangement oubliée ou t
out au moins passée sous silence : notre planète n'a pas des dimensions infinies. La mer peut a
bsorber nos déchets, l'atmosphère peut diluer les gaz toxiques que nous produis