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I.

La Législation Minière

I.A. Introduction

La législation minière ou généralement appelé code minier se définit comme


l‘ensemble des dispositions juridiques (règles) régissant l’activité minière. On
parle dans l’autre cas de code pétrolier quand il s’agit exclusivement des
activités pétrolières.

Le souci de mettre en place un cadre légal juridique régissant le domaine


minier par les Etats s’explique par la nécessité d’avoir une exploitation
rationnelle des ressources.

Le code minier peut revêtir différentes formes selon la politique des Etats, il
peut évoluer et repensé afin de permettre de mieux réguler le secteur et
l’intégrer dans le développement socio-économique de l’Etat.

I.B.Le Secteur Minier Au Niger

D’une superficie de 1,27M Km2 le Niger est un pays assez pourvus en


ressources minérales dont la majeure partie est répertoriée dans le pays, dont
plus de la moitié se situe dans la région d’Agadez fig.1.

Figure 1 : Localisation des principaux sites miniers au Niger/Hervé LADO et al mai 2017.

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Des centaines de permis de rechercher et convention ont été octroyés par
l’Etat à des entreprises nationales et internationales Fig.2.

Figure 2 : Carte des permis miniers au Niger/ Ministère des mines et du développement
industriel du Niger. Hervé LADO et al mai 2017.

La SOPAMIN une Société de droit Nigérien a été créée 2007, succédant à


l’Office National des Ressources Minières (ONAREM) pour gérer les parts de
l’Etat dans les sociétés minières opérant dans le pays.

Alors elle détient des participations dans :

- La COMINAK
- La SOMAIR
- La Société Imouraren SA
- La SOMINA
- La SML etc.

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I.C. Aperçu général du secteur Minier

Les minerais ont toujours eu de grande influence sur la vie et l’équilibre de vie
des sociétés humaines au point que des périodes préhistoriques en portent
même le nom, comme l'Âge du cuivre et l'Âge du fer. Les Grecs, les Romains et
les Égyptiens écrivaient des traités sur l'exploitation minière il y a des milliers
d'années. De plus en plus, les économies modernes dépendent des
exploitations minières. Et d'après Oxford Policy Management, ces économies
en dépendent de manière croissante.
Cependant la vie d’une mine qui est le lieu d’extraction des minerais comporte
plusieurs phases dont chacune en fait un objet de clarifications juridiques et
administratives pour assurer une bonne exploitation de la mine. La figure ci-
dessous résume la vie d’une mine fig3.

Fig.3. Cycle de vie de la mine/contrat minier lire et comprendre 2014.

I.D.Lois et Contrats minier

Une société minière cherchera toujours à obtenir une autorisation légale et


officielle avant de s'engager dans des activités minières dans un État.
Différentes licences couvrent les différentes phases du projet d'exploitation
minière, y compris l'exploration, la production, et la remise en état. La plupart
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des pays disposent de codes miniers (ou de lois pertinentes au secteur des
mines), déterminant les conditions dans lesquelles ces autorisations sont
accordées et réglementant ces processus. Toutefois, même en cas d'absence
de code minier, l'État peut promulguer des décrets, des lois, ou éventuellement
s'engager dans des contrats spécifiques en dépit de l'absence d'une loi propre
au secteur minier.

Il existe plusieurs types de contrats dans le secteur des ressources minérales.


Dans tout cadre juridique, le Contrat (ou licence) fournit à une société le droit
exclusif de l'exploration sur un terrain déterminé et/ou de l'exploitation des
ressources minières découvertes en échange de royalties, de taxes et autres
obligations. Ces contrats " peuvent être désignés par des appellations
différentes : Entente sur l'exploitation des ressources minérales, Accord
d'exploration et d'exploitation, Accord sur l'investissement minier, Contrat
d'extraction minière, Concession minière, Convention minière.

Par contre un contrat ne supplante pas la loi en vigueur dans le domaine, la


hiérarchie des normes est fermement établie, la Constitution siégeant au
sommet, suivie des lois, des règlements et finalement des contrats au plus bas
de l'échelle. Et les lois ont la préséance sur les contrats.

Fig.4. Hiérarchie des normes/ contrat minier lire et comprendre 2014.

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I.D.1. Contrat vs License

I.D.1. a. Régime contractuel

Dans un régime contractuel, le document constituant le contrat couvre les


obligations de l'investisseur dans les différents stades du développement, son
droit d'extraction des minéraux et la nature des minéraux couverts, ainsi que
ses droits et ses obligations en matière d'infrastructures. Le contrat constitue
aussi une couverture juridique protégeant l’exploitant d’une mine de toute
action illégale portant atteinte à son investissement, et prévoit typiquement
des procédures de règlement des différends spécifiques. Les contrats peuvent
être négociés individuellement.

I.D.1. b. Régime de License

Dans un régime de licences pur, toutes les obligations principales applicables


aux opérations minières sont établies par la législation et la réglementation.
Plutôt que de signer des contrats individuels avec chacune des entreprises, le
gouvernement établit un système par lequel les entreprises soumettent une
application de demande de licence leur permettant de procéder à l'exploitation
minière d'un terrain donné, ces licences étant assujetties à la législation
généralement en vigueur en matière d'impôts, de redevances, d'exigences
environnementales et ainsi de suite. Les licences des entreprises contiennent à
cet égard des obligations identiques.

I.E. Termes et références relatifs au domaine minier.

I.E.1.Le Titre Minier

Avant d'entreprendre une activité minière de recherche ou d'exploitation sur


un périmètre donné, il est impératif d'obtenir un titre minier, c'est-à-dire le
droit permettant d'y procéder, ou, la preuve de la détention des prérogatives
qui y sont attachées.

I.E.1. a. L'acquisition d'un titre

De manière générale il faudra en faire la demande, sous respect des conditions


requises, auprès de l'autorité habilitée à délivrer ces titres, laquelle autorité se
trouve généralement sous tutelle du Ministère des mines de l'Etat d’accueil.
Deux conditions nécessaires doivent être réunies dans la demande.

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- Conditions financières et techniques: les législations minières exigent la
preuve de moyens financiers et techniques nécessaires à la conduite des
activités minières. Celles-ci nécessitant généralement des fonds importants, la
preuve du financement est l'élément déterminant dans l'obtention d'un titre
ou d'un marché.

- Conditions environnementales et sociales: la plupart des législations,


particulièrement concernant l'obtention du permis d'exploitation, exigent aux
investisseurs de soumettre leurs plans d'actions aux fins de préservation des
intérêts sociaux et environnementaux liés à leurs activités, ce, dans le cadre de
la mise en œuvre de leur responsabilité sociétale (RSE).

I.E.1.b. Durée de Titre Minier

La durée d'un permis de recherche est bien plus brève que celle d'un permis
d'exploitation. La durée du premier nage en moyenne autour des 5 années de
validité, renouvelable une à deux fois, alors que celle du permis d'exploitation
varie en moyenne autour des 15 années de validité, allant quelques fois jusqu'à
30 ans, renouvelable une à deux fois.

I.E.1. c.Fin et mutation de titre minier

Un titre est toujours octroyé selon un délai bien déterminé arrivée à terme le
titre minier prend fin on parle aussi à d'expiration de sa durée de validité,
selon la disposition de la loi il est possible de le renouveler ou pas.

- L’arrivée à terme :

Certain manquement aux respects des normes soulignées ou certaines fautes


et infractions visées par la législation minière de la part du titulaire du titre
peut conduire au retrait du titre.

- La renonciation :

Le titulaire du titre peut lui même y renoncer, sous conditions le plus souvent
énumérées par la législation minière.

- Le changement de nature du titre

Il peut arriver qu'avant la fin de la période de validité, le titulaire d'un titre, en


principe d'un permis de recherche, demande à ce que ce dernier soit

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transformé en permis d'exploitation, ce, après avoir établi l'existence d'un
gisement minier commercialement exploitable.

I.E.2.Les différents titres miniers

Il s'agira principalement du permis de recherche (a) et du permis d'exploitation


(b) chaque permis est cadré soit par un contrat ou par une License.

I.E.2. a. Le permis de recherche

Le permis de recherche est le titre minier permettant d'effectuer


des recherches sur un périmètre minier donné. Le terme de recherche couvre
toute activité par laquelle le titulaire du titre s'active à déterminer, à partir
d'indices, au moyen de travaux de surface, ou en profondeur, en utilisant
notamment des techniques avancées telles que les techniques géophysiques,
géochimiques, géologiques, la qualité et la quantité des réserves minières.

I.E.2. b. Le permis d'exploitation

Le permis d'exploitation est le titre minier faisant suite au permis de recherche.


Il confère le droit d’exploiter un périmètre déterminé. Pour détails,
l'exploitation vise toute activité par laquelle une personne se livre à partir d'un
gisement identifié, au moyen de travaux de surface et/ou souterrains, à
l'extraction des substances minérales d'un gisement et éventuellement à leur
traitement, cela afin de les utiliser ou de les commercialiser.

I.E.3. L’Amodiation

Dans le secteur minier, une amodiation désigne l'acte juridique par lequel le
concessionnaire d'une mine en confie sur une durée donnée l'exploitation à
une autre personne ceci sur la base d’un paiement de compensation au
concédant.

I.E.4. La cession

La détention d'un titre minier est cessible (transfert de propriété). Ainsi tout
détenteur de titre peut, selon les conditions et modalités établies par la loi,
céder son titre. En pratique, cela s'opère de deux manières:

- soit la société elle-même, détentrice du titre, cède ce dernier à un tiers par


des procédures définies par la législation minier.
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-soit un actionnaire de la société détentrice vend librement ses parts sociales
sur un marché financier.

I.F.Le régime fiscal

La voie fiscale est le moyen pour l’Etat d’engrange des revenus sur les
exploitations minières, cependant les deux plus importantes composantes des
recettes fiscales sur les minéraux sont les redevances et l'impôt sur le revenu.

I.F.1. Les redevances

Elles peuvent êtres nombreuses dans le cadre d’un partenariat Entreprise-Etat.


Une redevance est un paiement qui se fait de manière régulière, en échange
d'un droit d'exploitation.
Le terme de redevance minière a traditionnellement été appliqué dans la
législation minière en référence à des impôts spécifiques. En plus de l’impôt sur
le revenu des entreprises d’autres formes d’imposition permettent de générer
à l’Etat des revenus dans le secteur.
Les impôts spéciaux applicables au secteur minier prennent généralement les
formes suivantes :
• des redevances basées sur des unités (spécifiques) : Il s’agit de prélever un
paiement à partir d’une unité de mesure sur le minéral ; Dans ce cas, un taux
monétaire fixe est appliqué à une base physique plutôt que financière, par
exemple en dollars par tonne ou dollars par mètre cube.
• des redevances ad valorem basées sur la valeur de la production; consiste en
un pourcentage uniforme de la valeur du ou des minerais dans les produits
vendus par l’entreprise minière.
• une redevance ou un impôt basé sur les bénéfices Un pourcentage est
appliqué afin de mesurer un bénéfice comptable réalisé par le projet.

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I.G. Evolutions de la législation minière au Niger

Par ordre chronologique on peut dresser l’évolution de la législation minière


au Niger comme suit :

 L’Ordonnance n°93-16 du 02 mars 1993 portant Loi Minière.


 L’Ordonnance n°99-48 de 5 novembres 1999 complétant l’Ordonnance
n°93-16 du 02 mars1993.
 Elle a apporté des modifications essentiellement sur les dispositions
fiscales ainsi que les infractions et pénalités. Les principales évolutions
ont concerné la désignation des services de l’Etat en charge de la
liquidation et du recouvrement de chaque impôt ou taxe, ainsi que la
pénalisation des déclarations fiscales inexactes ou incomplètes
effectuées auprès de l’Etat par les opérateurs du secteur.
 Elle a donné lieu au Décret d’application n°93-044/PM/MMEI/A du 12
mars 1993.
 La Loi n°2006-26 du 09 août 2006, portant modification de
l’Ordonnance n°93-16 du 02 mars 1993 portant Loi minière complétée
par l’Ordonnance n°99-48 du 5 novembre 1999.
 Elle a donné lieu au Décret n°2006-265/PRN du 18 août 2006 fixant les
modalités d’application de la Loi minière.
 La nouvelle loi minière de 2006 modifie de manière substantielle
l’ordonnance de 1993 sur divers points clés comme les superficies des
concessions, la durée de validité des titres et conventions, les droits
capitalistiques de l’Etat, les dispositions fiscales, la transparence des
opérateurs vis-à-vis de l’Etat, la prise en compte du code communautaire
UEMOA, ou encore l’organisation de l’artisanat minier.
 La Loi n°2008-30 du 03 juillet 2008, accordant des avantages
dérogatoires pour les Investissements des grands projets miniers.
 Il s’agit de projets dont les investissements s’élèvent au moins à 300 Md
FCFA HT et qui génèreront au moins 800 emplois permanents nouveaux
pour des Nigériens.

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I.H. Le Droit Minier en Afrique

I.H.1.Evolution des codes miniers sur le continent.

Pendant la Période Coloniale les Etats Africains par absence de structures


administratives propres aux pays gérant le domaine minier, ce secteur n’a eu
aucune contribution significative dans le développement local socio-
economique des populations. Ceci du fait que l’administration coloniale en
place en ce moment rapatrie tous les revenus issue de l’exploitation y relative.

Les gouvernements formés après les indépendances ont de plus en plus


procédé à des décisions de nationalisation du secteur des ressources
naturelles. Cependant même après les indépendances, le secteur minier a
continué de souffrir d’une mauvaise gestion du fait de l’absence d’un cadre
juridique efficace et appliqué. Mais pourra t’on note une évolution dans les
reformes des textes et de leur adoption. Ces reformes opérées dans la
législation minière dans beaucoup des Etats Africains ont pour but de
permettre aux Etats, fortement endettés, de réviser la législation minière pour
rendre le secteur plus attractif et plus productif.

De telles réformes devraient ouvrir davantage les pays aux investissements


directs étrangers (IDE) portés par les multinationales qui seules disposaient du
savoir-faire managérial et technologique et des moyens financiers nécessaires
pour rendre les mines plus productives.

I.H.1. a. Une Première génération des reformes

Les reformes sur le continent dans secteur minier ont commencé à partir des
années 1980, qui se traduisent par un retrait de l’Etat sur le contrôle
et la gestion totale du secteur. Des investissements miniers transnationaux se
sont accrues grâce à une nouvelle politique des états de maximiser les revenus
fiscaux issus des exploitations minières. Dans ce sens cette première vague de
reforme dans le secteur s’était établi sur des accords fiscaux plutôt que sur la
propriété de l’exploitation. Après une décennie d’application de ces contrats de
première génération, des doutes sont apparus sur l’efficacité des programmes
d’ajustement structurel et la capacité du secteur privé à favoriser un
développement durable et la prise en compte de la régulation sociale et
environnementale.

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I.H.1.b.La deuxième génération des reformes

Cette vague de reformes a commencé en milieu des années 1990, insistant


toujours sur le libéralisme du secteur, mais avec cette fois ci une intégration de
la question environnementale et des responsabilités sociales des entreprises.

La nouvelle stratégie minière africaine que formula la Banque Mondiale en


1992 insista désormais sur une démarche partenariale entre les Etats et les
entreprises, et sur la régulation environnementale et sociale. L’institution «
propose une stratégie de développement du secteur minier qui vise à créer un
environnement qui reconnaît les besoins et intérêts légitimes à la fois des Etats
et des investisseurs, et promeut de bonnes pratiques en matière de protection
de l’environnement. […] (Elle) formule également des propositions pour la
régulation et le soutien à l’artisanat minier » (Banque Mondiale, 1992).

Les Entreprise se verront charger d’assurer la protection de l’environnement au


cours des activités pétrolières et préserver par là vie animale dans les zones
d’opération.

I.H.1.c.La troisième génération des reformes

Vers la Fin des années 1990 vint une troisième génération celle intégrant
l’exploitation minière à la croissance véritable économique des Etats. Elle
consiste à une contribution directe à l’amélioration du PIB des Etats ; La
troisième génération fut engagée à la fin des années 1990, notamment au
Ghana, au Mali et à Madagascar. Elle visait, toujours par des mesures à attirer
plus d’IDE (Investissement direct à l’étranger) et à positionner le secteur minier
comme un contributeur majeur aux recettes de l’Etat et à la croissance
économique.

A noter que toutes ces reformes catalysées et appuyées par les institutions
financières ont poussé les Etats Africains à libéraliser le secteur minier tout en
réduisant malheureusement dans un autre sens leur rôle parfois à des simples
facilitateurs pour l’investissement étranger.

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I.H.1. d. Développement d’une quatrième génération des reformes

A partir des années 2000 naquit la nouvelle tendance de gouvernance des


ressources naturelles par les Etats dont le but est de palier aux lacunes des
générations précédentes des types de codes miniers.

Avec la faiblesse des Etats sur la gestion et le contrôle des exploitations


minières par les compagnies transnationales, l’implication des engagements
des ONG et sociétés civiles ont incité a l’instauration d’une exploitation
socialement responsable , les débats ouverts et publications relatifs à la
responsabilité sociale des entreprises ont permit l’éclosion d’une nouvelle
conscience d’exploitation des ressources mettant les entreprise en face des
dérives environnementales et manquement sur la vie humaine.

Ci-après les évolutions dans quelques pays africains.

Tableau 1 : Les générations des législations minières dans les pays africains/ Besada & Martin
(2013).

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II. Cadre Législatif minier régional

II.A.Code minier UEMOA et Directives CEDEAO

Les différentes reformes dans le secteur minier dans les Etats africains à partir
des années 1990 avaient pour but d’attirer plus d’investissements privés
particulièrement internationaux ; Ce qui n’a pas évité de créer de compétition
entre les différents dans la séduction des investisseurs Etrangers. Ce qui n’a pas
favorisé une coopération entre eux dans le domaine.

En ce sens le secteur minier n’a pas eu toujours d’impact positif significatif sur
le développement socio économique de ces Etats.

L’UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine) crée en Janvier


1994 regroupant les pays comme : le Bénin, le Burkina, la Côte d’Ivoire, la
Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo voir fig.5. ,

Fig. 5.Pays membres de L’UEMOA/Thierry LAURIOL -2014.

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avait pour objectifs de renforcer la compétitivité des activités économiques et
financières, la création d’un marché commun basé sur la libre circulation des
personnes, des biens, des services, des capitaux etc…

Convaincus alors que le secteur minier extractif peut contribuer au


développement socio-économique des Etats membres, les chefs d’Etats et
gouvernements des pays membres ont adopté par l’acte additionnel N˚
01/2000 la politique minière commune de l’UEMOA visant particulièrement à :

- L’instauration d’un climat favorable à l’investissement minier


- La diversification de la production minière
- L’amélioration des infrastructures
- L’accroissement des ressources financières aux Etats membres et la
création de l’emploi
- La préservation de l’environnement

Pour la matérialisation de cette vision minière commune, le code minier


communautaire de l’UEMOA a été adopté par le règlement N˚ 18/2003/CM/
UEMOA du 23 Décembre 2003.

Ainsi les huit Etats membres de l’UEMOA disposent désormais d’une politique
précise et un cadre réglementaire pour viabiliser et intégrer leurs industries
minières au service de leur développent socio-économiques de manière
durable.

II.B. Le Champ d’application du code minier UEMOA

Le code minier UEMOA est uniformément appliqué sur toute l’étendue du


territoire de l’union, à toute personne physique ou morale.

Le cadre d’activités concerne l’ensemble des opérations relatives à la


prospection, à la recherche, à l’exploitation, à la détention, à la circulation, au
traitement, au transport, à la possession, à la transformation et à la
commercialisation de substances minérales sur toute l’étendue du territoire de
l’union. A l’exception des Hydrocarbures liquides gazeux et des carrières.

Ce code minier est entre en vigueur au jour de sa signature le 22 Décembre


2003.

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En effet l’article 41 du code minier UEMOA évité tout risque de contrariétés
entre les dispositions du code minier communautaire et les règlementations
minières nationales. L’article stipule que : Toutes dispositions antérieures
contraires sont abrogées et remplacées de plein droit par le texte
communautaire.

- Les Garanties de l’application du code Minier UEMOA


 La cour de justice veille à l’interprétation uniforme du droit
communautaire et à son application et juge, notamment, les
manquements des Etats à leurs obligations communautaires. (protocole
additionnel au traité UEMOA N˚1).
- Contrôle opéré par la Cour de Justice de l’UEMOA ou les instances
arbitrales
 Différends nés de l’interprétation ou de l’application d’une convention
conclue, conformément au règlement, entre un titulaire de titre minier
et un État membre ; en l’absence d’accord amiable (article 37).
- Contrôle opéré par les juridictions nationales
 Infractions aux règles posées par le Code minier UEMOA
- Garanties apportées par le Code minier UEMOA (art. 13 à 17)
 Protection de la propriété: libre disposition des biens mobiliers et
immobiliers, matériels ou immatériels; protection assurée contre les
nationalisations, expropriations, réquisitions (…)
 Libre importation des marchandises, matériaux, matériels (…)
 Libre choix des fournisseurs (…)
 Libre transfert des devises et bénéfices (…)
 Stabilité des régimes fiscaux et douaniers (…)
- Avantages fiscaux et douaniers accordés durant la phase de recherche
(articles 25 à 33)

 Avantages douaniers (Exonérations et Admission Temporaire)


 Admission temporaire pendant toute la validité du titre minier : biens
d'équipements importés pour la recherche au sein de l'Union
 Exonération totale des droits et taxes de douane à l'exception du
Prélèvement Communautaire de Solidarité et de la Redevance
Statistique

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- Avantages fiscaux par exonération
 De la TVA
 De l’impôt sur les bénéfices
 De l'impôt minimum forfaitaire ou son équivalent
 De la taxe patronale sur les traitements et salaires
 De la contribution des patentes

- Avantages accordés durant la phase d’exploitation

A – Participation de l’État

 Possibilité pour les États membres d’obtenir une participation gratuite de


10% dans le capital des sociétés d’exploitation (article 12)

B - Avantages fiscaux et douaniers (articles 25 à 33)

 Exonération des droits et taxes, sauf Redevance Statistique, pendant


toute la validité des titres miniers
 Admission Temporaire sur les biens d'équipement figurant sur la Liste
Minière
 Exonération temporaire de la TVA
 Exonération temporaire de la contribution des patentes, de l'impôt sur
les bénéfices, de la taxe patronale sur les traitements et salaires
 Exonération des impôts fonciers, de l'impôt minimum forfaitaire ou son
équivalent

C- Obligations fiscales imposées par le Code minier UEMOA (articles 20 à 24)

 Acquitter les droits fixes liés aux demandes d’attribution, de


renouvellement, de cession, d’amodiation, de transformation de titres
miniers relatifs à la prospection, à la recherche ou à l’exploitation
 Acquitter les taxes superficiaires et les redevances minières
 Acquitter les types d’impôts et droits de douane spécifiés par la
réglementation communautaire en vigueur

D-Obligations générales imposées par le Code minier UEMOA (articles 18&19)

 Respect de l’ordre public


 Respect des règles de création et de fonctionnement des entreprises
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 Réalisation d’études d’impact sur l’environnement pour la phase
d’exploitation
 Fournir aux autorités les documents comptables et financiers
 Tenir une comptabilité conforme SYSCOA

On Constate bien de tout ce qui précède que le Code minier UEMOA accorde
de nombreuses garanties aux investisseurs et semble clarifier le cadre juridique
et économique des investissements. Il existe par ailleurs une difficulté de
cerner les limites complexes des dispositions communautaires et nationales :
une disposition nationale en vigueur, même récente, peut violer le règlement ;
elle serait alors inapplicable. De même ce code minier de l’UEMOA doit avoir
de l’aperçu sur les réglementations prises par les différentes organisations
internationales régionales, comme la CEDEAO.

II.C.Directive minière CEDEAO

La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) est


une organisation intergouvernementale ouest-africaine créée le 28 mai 1975.

Est composé de 15 pays membres : Bénin, Burkina, Côte d’Ivoire, Gambie,


Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra
Leone, Togo, Cap-Vert. Son objectif est de coordonner les actions des pays
membres. Dans son volet minier, Il a été adopté une directive minière par le
Conseil des Ministres de la CEDEAO le 27 mai 2009 intitulée Directive
C/Dir3/D5/D9 sur l’harmonisation des principes directeurs et des politiques
dans le secteur minier.

La Directive n’est pas d’application directe et immédiate. Elle lie les États
membres quant à l’objectif à atteindre, mais leur laisse le choix des moyens et
de la forme pour atteindre cet objectif dans les délais fixés par la directive.

Le 17 avril 2012 s’en suit la signature par les Chefs d’Etat et de


Gouvernement de la CEDEAO : L’Acte additionnel A/SA.16/02/12
portant adoption de la Politique de Développement des Ressources
Minérales de la CEDEAO (PDRMC).

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II.C.1. Objectifs de la Directive CEDEAO
 Elle consiste à Doter les Etats membres d’une politique minière et d’un
cadre juridique harmonisé tout en prenant en compte la situation
minière de chacun d’entre eux.
 Poser les principes directeurs concernant notamment:

- La propriété et les bénéficiaires de la gestion des ressources naturelles


- La protection de l’environnement
- La protection de l’intérêt national
- L’accès à l’information minière

II.C.2. Principes essentiels posés par la Directive


Les ressources naturelles sont la propriété de l’Etat et sont gérées au profit de la
population de l’Etat membre (article 3)

 Tout propriétaire ou occupant légitime d’un terrain acquis pour la mise en


valeur d’une ressource minérale doit bénéficier d’une compensation
appropriée et rapide (article 4)

 Les zones à forte sensibilité environnementale, sociale et culturelle


doivent être classées « Zones interdites » aux activités d’exploitation
minière (article 4)

 L’activité minière doit prendre en compte la préservation de


l’environnement (Article 6) et les intérêts des communautés locales
(article 16)

 Les exonérations fiscales et douanières sont subordonnées au respect des


obligations sociales et environnementales (article 8)

 L’Etat peut participer au capital des sociétés minières (article 10)

 Tout titulaire de droit ou de titre minier doit présenter aux autorités


compétentes un programme détaillé pour le recrutement, le transfert de
technologie et la formation du personnel local (article 11)

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II.C.3. Les garanties de l’application de la directive
Obligation pour les Etats membres de prendre les dispositions législatives et
réglementaires tendant à la mise en œuvre effective de la Directive avant le 1er
juillet 2014. En cas de Violation de la directive des points suivants doivent être
suivis :

 Soumission par un Etat, des questions relatives à la violation de la


Directive à la connaissance des Etats membres pour résolution (article 17)
 En l’absence de résolution, transmission des questions au Président de la
Commission de la CEDEAO pour soumission de la plainte à la Cour de
Justice de la CEDEAO
 Un Etat, un individu ou une partie prenante peut porter l’affaire
directement devant la Cour de justice de la CEDEAO ou invoquer une
procédure d’arbitrage en cours ou la compétence de toute autre juridiction
internationale (article 17)

 Interprétation et/ ou mise en œuvre de la Directive

Pour question de divergence de lecture et d’interprétation des textes il doit y


avoir :

 Soumission préalable des différends nés au sujet de l’interprétation et/ ou


de la mise en œuvre de la Directive, aux mécanismes alternatifs de
règlement des différends (article 18)
 Saisine ensuite de la Cour de justice de la CEDEAO, en l’absence
d’accord entre les parties (article 18 al. 2) .

II.C.4. Processus de la mise en œuvre de la Directive

La mise en œuvre de la politique minière de la Directive CEDEAO est la


suivante :

 Le Bénin, le Burkina Faso, la Gambie, la Sénégal, la Guinée Bissau, le


Togo et le Ghana sont les 6 premiers pays en conformité avec l’article 4
de l’Acte additionnel
 Le Mali, le Niger, la Guinée et la Côte d’Ivoire ont procédé à la refonte de
leur politique minière par l’adoption d’un nouveau Code minier conforme
à la Directive, à présent le code minier au Niger prend en compte la
directive minière CDEAO.
 Le Libéria et la Sierra Léone ont un statut « non élucidé »

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 Le Cap Vert n’a pas encore signé l’Acte additionnel
 Le Nigeria a révisé son Minerals and Mining Act le 21 février 2013 pour
se conformer à la Directive de la CEDEAO.

La Directive minière de CEDEAO et le code minier communautaire de


l’UEMOA ont largement contribué à l’élaboration de la Vision minière de
l’Afrique, une stratégie continentale qui vise à faire du secteur minier un levier
efficace de développement socio-économique durable ; de même la promotion
de la bonne gouvernance est une réalité dans nombres d’Etats membres.
Des pays se sont adhérés à l’initiative de transparence des industries extractives
(ITIE) et un appui technique et financier est accorde aux états dans le cadre de la
mise en œuvre du processus ITIE.

II.D.La Vision Minière Africaine (VIMA)

La Vision minière pour l’Afrique (VIMA) a été adoptée par les chefs d’État et
de gouvernement d’Afrique en février 2009. Cette Vision constitue une réponse
africaine au paradoxe de vivre dans un continent où se côtoient d'immenses
richesses en ressources naturelles, une pauvreté envahissante et de grandes
inégalités. La VIMA est une approche qui va au delà d’une reforme minière au
seul but économique mais va au delà de l'amélioration des régimes miniers
nationaux pour déterminer comment l'exploitation minière peut contribuer
véritablement au développement local, national et régional. À l'échelle locale,
elle examine et établit des normes sur la manière dont les employés et les
communautés peuvent tirer des bénéfices durables de l'exploitation minière tout
en protégeant leur environnement. Au niveau national, elle étudie comment les
pays peuvent mieux négocier les contrats avec les entreprises afin de générer des
revenus équitables de l'extraction des ressources et soutenir l'approvisionnement
local. Enfin, elle se penche sur l'intégration de l'exploitation minière aux
politiques commerciales et industrielles régionales.

II.D.1. Les objectifs de la VIMA

La Vision 2020 intitulée « Exploitation équitable et optimale des ressources


minières en vue d’une large croissance durable et d’un développement socio-
économique » poursuit principalement six objectifs.
 Un secteur minier africain fondé sur la connaissance, catalyseur et
contribuant à une large croissance et au développement qui s’intègre
pleinement à un marché africain commun ;
 Un secteur minier durable et bien régi qui produit effectivement et génère
des rentes sur les ressources, qui est sûr, sain, tient compte des aspects
genre et ethnie, de l’environnement, qui est socialement responsable et est
apprécié des communautés environnantes ;
M. Idé Alpha Djibrilla 20
 Un secteur minier qui fait partie intégrante d’une économie africaine
globalement diversifiée, dynamique et compétitive sur le plan industriel ;
 Un secteur minier qui a permis de créer des infrastructures à travers la
maximisation de son interdépendance économique aux niveaux local et
régional ;
 Un secteur minier qui optimise et contient d’énormes ressources minières
finies, qui est diversifié, intégrant des métaux industriels de moindre
valeur commerciale à grande et à petite échelle ;
 Un secteur minier qui est un acteur clé dans les marchés compétitifs et
dynamiques des produits de base à l’échelle continentale et internationale.

Cette Vision constitue les références communes aux pays africains pour
l’organisation de leurs activités minières, et notamment pour la réforme de leurs
législations.

II.D.2. La VIMA et la responsabilité sociale des entreprises (RSE)

Les politiques et pratiques en matière de RSE sont de plus en plus populaires


auprès des grandes entreprises, y compris les sociétés minières. Cependant, les
stratégies de RSE sont souvent critiquées parce que, trop souvent, elles rendent
difficile la tâche de distinguer les responsabilités de l’État et celles des
entreprises. Selon la Vision, les stratégies de responsabilité sociale des grandes
entreprises en sont pour beaucoup dans le développement social, mais doivent
être conçues comme complémentaires (et non pas se substituer) aux
responsabilités qu’a l’État de fournir des infrastructures de base et d’autres biens
publics à ses citoyens par l’entremise des institutions et des autorités locales. La
VIMA conçoit la RSE plutôt comme un outil pour renforcer la capacité des États
de réaliser par eux-mêmes leurs priorités de développement et de s'acquitter de
leurs responsabilités sociales et économiques.

II.D.3. De la vision à la réalité

Pour une concrétisation de la Vision, l’Union africaine et de la Commission


Économique des Nations Unies pour l'Afrique (CENUA) ont produit en 2011 Le
rapport du Groupe d'études international sur les régimes miniers de Afrique. Ce
rapport se veut un guide de référence à l'intention des décideurs politiques sur
les mesures nécessaires à la réalisation de la VIMA. Lors de la seconde
Conférence des ministres responsables de la mise en valeur des ressources
minérales de l'UA, ceux-ci ont convenu d'un plan d'action en décembre 2011
pour la mise en œuvre de la vision.
Pour veiller à la mise en œuvre de la Vision et du plan d'action, le Centre
africain de développement de l’industrie minière (CADIM) a vu le jour en 2011

M. Idé Alpha Djibrilla 21


comme instance centrale et stratégique pour coordonner la grande diversité de
programmes et les nombreux acteurs du développement concernés par la
démarche. Ceci inclut notamment « le besoin d'optimiser l'espace politique,
l'élévation à un niveau supérieur des activités d'exploration géologique,
l'amélioration de la viabilité de l'exploitation minière à petite échelle, et de
s'attaquer aux défauts d'une gouvernance qui empêche les propriétaires de la
richesse minérale et des populations de profiter des bénéfices provenant du
secteur. »

II.D.4. Pratique de la Bonne Gouvernance et de la transparence ITIE

Définie comme un ensemble d’outils pour une gestion transparente des revenus
tires des ressources minérales, l’ITIE vise à renforcer la gouvernance des
ressources minérales afin que leur mise en valeur contribue efficacement à la
croissance économique et sociale des pays producteurs notamment ceux en voies
de développement.
Sous cet aspect, l’ITIE est en effet un outil quasi parfait d’incitation à la
transparence des paiements et des recettes.
En réalité, pour que l’ITIE puisse profiter aux populations, propriétaires
incontestés de la ressource minière qui par essence est une ressource non
renouvelable, elle doit s’inscrire dans la gestion durable de celle-ci en vérifiant
d’une part que les retenues convenues avec les investisseurs sont équitables et,
d’autres part que les revenus payés à l’état sont conformes aux recettes et que
ces dernières sont affectées au développement économique et social du pays.

II.D.5. Le concept de valeur retenue :


Le concept de valeur retenue a été défini par Giraud (1983) comme la somme
des payements des exploitations minières à l’économie nationale. Sa
composition est illustrée par la formule ci-dessous.

VR= Sn+Sel+Al+Di+Div+Il

M. Idé Alpha Djibrilla 22


III. La législation Pétrolière
III.A. Aperçu General

Issu de la décomposition de la matière organique et/ou végétale le Pétrole est


constitué de chaînes de carbone et d'hydrogène, appelées hydrocarbures, les
produits dérivés du pétrole entre autre le gaz, l’essence, le diesel, le butane
sont devenus indispensables à la vie moderne et au progrès socio-
économiques. Cependant avant d’en arriver à ces produits consommables
plusieurs phases seraient traversées : Des activités de prospection, de
recherche, dévaluation, de développement, de production, de transport et de
commercialisation des hydrocarbures.
Ce domaine étant alors économiquement stratégique a nécessité tout le long
de l’histoire un suivi et un cadrage de la part des états dans leur politique
d’exploitation et de partenariats avec les compagnies pétrolières. D’où la
naissance des contrats pétroliers régissant juridiquement ces partenariats.

III.A.1 Les exploitations pétrolières onshore et offshore (à terre et en mer)

Les recherches et exploitations pétrolières peuvent se faire en Terre (onshore)


ou en Mer (offshore) les contrats pétroliers peuvent être adaptes selon le
contexte géographiques des activités.
Certains pays ont des contrats distincts pour les deux, tandis que d'autres les
traitent différemment au sein d’un seul et même contrat.
Le schéma suivant montre les trois types d'extraction de pétrole et en compare
les coûts fig.6.

Fig.6. contrat pétrolier/Samira Druilhe

M. Idé Alpha Djibrilla 23


III.A.2 Pétrole Conventionnel / non conventionnel

Le pétrole conventionnel se distingue du non conventionnel par les activités qui


se sont menées dans la production et le traitement qui s’en suit.
L’extraction de pétrole conventionnelle utilise des puits de pétrole
traditionnels, tandis que celle non conventionnelle utilise des technologies et
des méthodes nouvelles permettant l’exploitation des réserves les plus
difficiles d'accès, telles que celles du pétrole de schiste et des sables
bitumineux. Le gaz conventionnel est généralement du «gaz libre» emprisonné
dans des formations rocheuses, il est plus facile à extraire. Les réserves de gaz
non conventionnels sont : le gaz de réservoir étanche, le méthane de houille,
les hydrates de gaz, et le gaz de schiste (qui se trouve dans le sable).

III.A.3 Le prix du pétrole

Le pétrole se négocie à différents prix à travers le monde, mais il a tendance à


être "étalonné" en fonction de certaines normes communes. Pour Stabiliser le
cours du pétrole mais aussi l’utiliser comme arme économique certains pays du
moyen orient et d’Afrique se sont regroupés pour former l’OPEP, depuis le prix
du pétrole est sujet à des aléas de la production totale disponible et de la
demande sur le marché ainsi que d’autres variantes géopolitiques.

III.B. Les contrats Pétroliers

E n 1928 des compagnies pétrolières occidentales Shell, BP et Standard oil se


rencontrent en Écosse dans un but de partage du marché pétrolier pour mettre
au point un accord sur la gestion de la production et le contrôle des prix dans le
secteur pétrolier. Ce fut la naissance du premier type appelé «contrat de
gouvernement hôte", entre une plusieurs compagnies pétrolières (qui sont
accueillies par le pays). C'est dans ce contrat que le gouvernement du pays
hôte accorde des droits juridiques aux compagnies pétrolières pour mener des
"activités pétrolières". De nos jours ils existent plusieurs dénominations pour
des contrats pétroliers à savoir:
• accord d’exploration (de prospection) et de production (E & P)
• contrat d’exploration et d'exploitation
• concession
• contrat de partage de production (CPP)

M. Idé Alpha Djibrilla 24


Il est également intéressant de noter que le contrat peut se positionner
différemment selon le régime pétrolier du pays c'est-à-dire qu’il s’adapte au
code pétrolier déjà en vigueur.

III.B.1 Les contrats pétroliers-Objectifs des différentes parties

 Objectifs des Etats


Pour les Etats détenteurs des ressources le contrat pétrolier permet de :
 Maîtriser les RECETTES pétrolières pour permettre à L’Etat de générer
plus de revenus.
 Avoir un aperçu sur les volumes et le partage de la rente
 Contrôler les DECISSIONS pour ne pas être à la merci des CPI.
 Assurer une INDEPENDANCE énergétique
 TRANSFERT technologique

 Objectifs des compagnies pétrolières


Pour les Compagnies pétrolières étrangères le contrat pétrolier permet
de :
 Avoir accès à du DOMAINE MINIER dans un cadre juridique, découvrir
des RESERVES et les PRODUIRE.
 GAGNER de l’ARGENT.

III.B.2 L'attribution de contrats pétroliers

L’attribution d’un contrat pétrolier d’un Etat à une compagnie donnée peut se
faire soit par :
• appel d'offres: Compte tenu de la valeur actuelle du pétrole, de nombreux
pays attribuent des contrats selon le système d’appel d’offre. Les entreprises se
mettent en concurrence en proposant les meilleures conditions pour une ou
plusieurs variables prédéfinies pour remporter le contrat.
• Par négociations dans ce cas l’investisseur formule une offre spontanée sur
une zone donnée, puis négocie un contrat directement.
• Le système du «premier arrivé, premier servi»: dans ce système de
candidature la première entreprise qui fait une offre et se met en conformité
avec la réglementation de l'Etat, remporte le contrat (suite à des négociations
portant sur les modalités du contrat).

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III.B.3 Types de contrats pétroliers

Il existe principalement trois types de contrats de gouvernement hôte:


• La Concession
• Le Contrat de Partage de Production
• Le contrat de Service

III.B.3. a Les Concessions :

Historiquement Les contrats de concession étaient les premières formes de


contrats signés conclus entre une société étrangère (américaine) et un pays
hôte. C’était généralement des contrats de recherche de longue durée (50-75
ans) à l’exception de la Royalty à payer à l’État la société pétrolière avait la
totalité du contrôle et de la gestion .
Créées pendant le boom pétrolier aux États-Unis dans les années 1800, le
concept de contrat de concession a été exporté vers les pays producteurs de
pétrole dans le monde entier par les compagnies pétrolières internationales
(CPI). une concession octroie un terrain à une entreprise (mais en général
seulement les droits du sous-sol), par conséquent, si l’entreprise découvre du
pétrole sous la surface, elle en est propriétaire. En vertu de la concession,
l'entrepreneur a également le droit exclusif d'explorer dans la zone de
concession. Le pays en tire profit au moyen uniquement des taxes et des
redevances.

III.B.3.b Contrats de Partage de Production CPP :

Les contrats de partage de production (CPP) et les contrats de service diffèrent


des concessions, parce qu'ils n’octroient pas de droit de propriété du pétrole
dans le sol. Cela signifie que l'Etat, en tant que propriétaire des ressources du
sous-sol, doit sous-traiter à une société qui explore en son nom. C’est
l’Indonésie qui a inventé le contrat de partage de production en 1966. Le
gouvernement indonésien a décidé, comme mesure «nationaliste», de cesser
les concessions pour favoriser les contrats en sous-traitance, afin que l'Etat
conserve la propriété du pétrole produit et accorde à la compagnie
internationale uniquement le droit d'explorer. La CPI n’a le droit de propriété
(le titre de propriété) qu’une fois le pétrole extrait.

Les contrats pétroliers divisent habituellement les opérations pétrolières en


trois périodes : les phases d'exploration, de développement et de production, à
l’aide de diverses clauses, telles que «Période d’Exploration, Période de
M. Idé Alpha Djibrilla 26
Développement et Période de Production» ou divers autres termes. En règle
générale, chacune de ces phases est encadrée par différents cadres juridiques,
opérationnels et commerciaux, et chaque partie du contrat doit respecter des
obligations différentes à des moments précis tout au long de la vie du projet.

III.B.3.c .Contrats de Service:

Un cas de contrat assez rare à présent consiste à octroyer une charge de travail
à exécuter par une compagnie sur un délai fixe. La compagnie est seulement
rémunérée en accomplissant cette charge de travail. Par exemple faire de
l’exploration sur une zone uniquement, forage ou entretien de puits, mesures
de Diagraphies etc.

III.C Les exigences du contrat dans les différentes phases du travail

III.C.1 La Période d'Exploration

Il y est de l’intérêt des gouvernements des pays hôtes que suite a une
attribution d’un permit pétrolier base sur un contrat que les travaux soient
accélérés d’autant plus que toute spéculation commence à partir des
découvertes et évaluations. Avec le contrat d'exploration, une compagnie
pétrolière possède une autonomie de travail sur la zone concernée par contre a
en même temps selon les dispositions du contrat un minimum d'obligation en
termes de dépenses et d’un minimum de charges de travaux d'exploration à
réaliser.
Les CPI restituent progressivement des parties des zones en exploration jusqu'à
ce que toute la zone soit restituée.
La période d'exploration démarre normalement à partir de la date où le contrat
lie les parties et dure un certain nombre d'années (trois ans ou plus par
exemple) avec la possibilité de prorogation pour une période supplémentaire
de 1 à 3 ans.

III.C.2. La Découverte, l’Evaluation, la Déclaration de Viabilité Commerciale et


le Développement.

Après la découverte de pétrole par une compagnie pétrolière sur une zone
contractuelle , une période d'évaluation débute. Cette période permet à
l'entrepreneur de déterminer le potentiel commercial de la découverte et de
déterminer un processus de développement si elle se révèle exploitable. Les
contrats pétroliers prévoient généralement que dans le cas d’une découverte

M. Idé Alpha Djibrilla 27


de pétrole, la compagnie pétrolière doit aviser le ministère ou la CNP d'une
telle découverte et de son caractère commercial dans une limite de temps bien
déterminé. En outre, la compagnie pétrolière doit soumettre tous les
renseignements et l'analyse des données à l'appui.
Dans le cas où la compagnie pétrolière déclare qu’une découverte est
exploitable, le contrat pétrolier prévoit généralement que la compagnie
pétrolière doit préparer et soumettre à l'approbation du Ministère ou de la
Gestion Conjointe son plan pour le développement et la production de pétrole
dans la zone sous contrat («Plan de Développement du Gisement» ou «Plan de
Développement et de Production» ou «Plan d'Exploitation»).

III.C.3 De la La Restitution

Les contrats pétroliers prévoient les rendus des zones soient en exploration ou
en développement ceci de manière volontaire de la part de l’operateur ou
obligatoire, L’objectif d'une telle clause dans les contrats pétroliers est de
s'assurer que la CPI cède au gouvernement les parties inutilisées de la zone ou
du bloc sous contrat en temps opportun. Ces dispositions empêchent aussi les
compagnies pétrolières de laisser à l’abandon d’importantes zones sous contrat
où elles n’effectuent pas de travaux d'exploration.

III.C.3 Programmes de Travail et Budgets Annuels

De manière bien élaborée les CPI doivent généralement présenter à L’Etat un


plan de travaux pour les activités qu'il souhaite entreprendre sur la zone sous
contrat et qu’il estime nécessaires pour l'année à venir. Par la suite, le
ministère ou un organisme gouvernemental y relatif examinera et approuvera
ce plan. En cas de non approbation par l’Etat la compagnie disposera d’un
délai pour le modifier, en discuter pour arriver à un accord avec l’operateur.
Ces programmes de travaux et budgets annuels sont appelés le plus
généralement sous des termes : des «Obligations de Travaux», «Obligations de
Travaux d'Exploration", "Engagements Minimums de Travaux d'Exploration et
Dépenses Minimales d'Exploration Escomptées", "Programme de Travaux de la
Période de Production» ou «Travaux et Budgets Annuels».
Ces clauses définissent et réglementent le cadre juridique des opérations
physiques et financières, tels que l’étendue des travaux à entreprendre et les
dépensés à effectuer dans l’année dans : les phases d’exploration, de
développement et de production.

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III.D.Le régime fiscal

Les revenus pétroliers doivent nécessairement être partagés entre l’Etat et


la/ou les compagnies pétrolières internationales (CPI) pour cela ils existent
plusieurs voies pour partager les recettes issues des projets pétroliers et
gaziers.
Le régime fiscal des concessions, des contrats de partage de production et des
accords de participation ont un point commun: ils définissent tous les
paiements reversés au gouvernement par la CPI. La voie fiscale est une voie
royale pour l’Etat d’engranger des revenus a travers les activités pétrolières
Dans ces trois types de contrat les outils fiscaux sont les suivants:
 la prime à la signature, la prime de production connue sous le terme de
Bonus.
 les redevances
 d’autres taxes basées sur les bénéfices
 Les frais de location, rentes
 L’impôt sur les revenus des sociétés
 La participation aux bénéfices
 La participation de l'Etat
 D’autres taxes générales (telles que les droits d'importation, la taxe de
vente, la taxe foncière, les droits d'accise, l'impôt retenu à la source).

III.D.1 Les Bonus

Il existe une variété de bonus que la compagnie pétrolière Internationale paye


par circonstance à un Etat à savoir.

III.D.1.a. Le Bonus de Signature

Connu aussi sous le terme de «bonus au comptant », ils sont le plus souvent
versés au moment de l’octroi d’une autorisation. La compagnie impliquée en
est redevable du paiement d’un montant pouvant être négocié en accord.

III.D.1.b. Bonus à la découverte

Les compagnies pétrolières étant tenues de faire une déclaration officiellement


des découvertes faite et de leur commercialité par conséquence des bonus à la
découverte doivent être versée à l’Etat

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III.D.1.c. Bonus à la production
Il s’agit généralement du bonus le plus inévitablement payé par les compagnies
pétrolières ; il s’agit des versements faits au début de la mise en production et/ou
à chaque fois que la production atteint un certain seuil préfixé. « Le contrat fixe
les sommes à verser lorsque la production atteint, pour la première fois,
certains rythmes, généralement exprimés en barils/jours, pendant une certaine
période ».

III.D.2. Les Redevances

Une Redevance (Royaltie ou droit d’exploitation) est un paiement calculé par


rapport à la quantité et à la valeur du pétrole produit. C'est une source de
revenu direct car elles proviennent de la vente du pétrole brut. Elles sont
corrélées à la quantité de production et au prix du brut. Il existe différentes
méthodes de calcul d’une redevance, comme nous allons le découvrir ci-
dessous.

III.D.2.a.La Redevance à Taux Fixe


La redevance la plus courante représente un pourcentage fixe du pétrole
produit. Les premières concessions pétrolières prévoyaient une redevance
payable à l'État ou au propriétaire, de 12,5% (soit un huitième) du pétrole et du
gaz produit. Le calcul a taux fixe fait souvent abstraction de certains couts
investit par l’operateur alors cela peut être à la longue en sa défaveur et
conduire à la renonciation au projet. Pour anticiper toute forme de blocage au
projet les Etats établissent des redevances à taux de la redevance en intégrant
d'autres critères.

III.D.2.b.Redevances à Taux Variable


Du fait qu’en général les projets pétroliers et gaziers ont tendance à être plus
rentables lorsque les points suivants sont satisfaits:
• le taux de production est élevé
• les prix sont élevés
• les coûts investis sont faibles
• les coûts ont été récupérés
Pour créer une échelle mobile destinée à s’adapter à la rentabilité, on utilise de
plus en plus couramment la méthode du «facteur-R» qui signifie Rapport. En
effet ce coefficient R est le rapport de revenus cumulés divisé par les coûts
cumulés. R= RC/CC
RC : Revenus Cumulés
CC : Couts Cumulés

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• R est inférieur à 1, alors les RC sont inferieurs aux CC en ce moment dans
cette période, l’exploitant supporte des dépenses, mais n'a pas de retour sur
investissement conséquent.
• R = 1 lorsque les revenus du projet sont égaux aux coûts du Projet RC=CC. En
ce moment l’on se situe a un point critique ou il est possible de basculer dans
un début d’amortissement du projet.
• R est supérieur à 1, lorsque les revenus du projet sont supérieurs aux coûts du
projet, RC > CC pendant cette phase qui est la phase de production avancée
l’exploitant réalise dans ce cas des bénéfices relatives à la vente par rapport
aux couts de productions du brut.
Alors en fonction du contexte, de la fourchette ou se situe la valeur du facteur
R un taux de redevance au profit de l’Etat est calcule par exemple de manière
standard.
0 <R < 1,0 : 15%
1,0 <R < 1,5 : 20%
1,5 <R < 2,0 : 25%
R > 2,0 : 35%

III.D.3. Le Lieu de Détermination des Redevances


Comme ces redevances tiennent compte des coûts investis cumulés, donc la
limite du lieu des opérations (activités pétrolières) a un impact significatif sur le
montant de cette redevance. Les redevances peuvent être déterminées à:
• La tête de puits
• Au point de mesure du champ pétrolifère
• La limite du bloc
• Au terminal d'exportation

III.D.4. La Répartition des Bénéfices


Les profits engendrés par la vente du pétrole brut sont partagés entre
l’exploitant et l‘Etat sur la base des calculs.
Chaque contrat de partage de production inclut un outil fiscal qui définit dans
ce sens une partie de la production après déduction de la partie résultante des
investissements comme «profit oil» ou «profit gas» et la partage entre l'État et
la CPI.
A cet effet des termes standards sont définis comme suit
• le cost oil, qui est la part de la production que l’exploitant garde pour le
recouvrement des couts injectés dans les opérations. Il y a a cet effet un
montant maximum à ne pas dépasser appelé le (cost oil limit). La plupart des
États plafonnent cette limite au départ.
Plus la limite de cost oil est élevée plus la situation est favorable à la CPI, qui
récupèrera son investissement plus rapidement.

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• le profit oil : C’est la part de la production restante après déduction du cost
oil se partageant entre l’exploitant et l’Etat dans le contexte du contrat de
partage de production.

Le schéma ci-dessous résume cette répartition des bénéfices entre partenaires.

Fig.7.Contrat Pétrolier /Samira Druilhe

III.E. Autres taxes générales


Les compagnies pétrolières en dehors des paiements des taxes spécifiques à
leurs activités doivent s’acquitter des taxes communes s’appliquant à toute
personne morale il s’agit de:
• la TVA ou taxe sur la valeur ajoutée
• les droits d’importation
• les droits d'exportation
• les taxes sur le chiffre d’affaires

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• les taxes industrielles
• les taxes retenues à la source
Ces taxes générales ont pour but d’accroitre les recettes de l’Etat.

III.F. Questions Environnementales, Sociales, de Sante et de sécurité.

De nos jours les questions sociales, de sécurité, d'environnement et de santé sont


au cœur des préoccupations des entreprises extractives ceci due aux pressions
des politiques nationales, internationales et aux organismes de défenses des
sujets. C’est pourquoi des points essentiels sont soulignés dans un contrat
pétrolier sur le strict respect des dispositions relatives à l’environnement, aux
questions de développements sociales et à la santé des personnes
Généralement, une disposition spécifique anticipe tout préjudice potentiel
résultant des opérations pétrolières. Elle évalue les impacts possibles des
opérations pétrolières et crée une référence pour les mesurer (telles que des
évaluations de l'impact environnemental et social, des études de base et des
conditions nécessaires permettant d’obtenir les accords et les permis
environnementaux nécessaires).
Les contrats pétroliers devraient également comporter une clause engageant leur
responsabilité en cas de préjudice, garantissant la prise en charge des coûts liés
au préjudice, précisant la répartition des responsabilités et les exigences en
matière d’assurance. La plupart des contrats pétroliers prévoient aussi une
disposition qui garantit la remise en état du site à la fin des opérations pétrolières
(processus appelé déclassement, mise hors service ou abandon).

III.F.1 Les normes du secteur pétrolier reconnues à l’échelle mondiale.

Pour avoir des références en matière de respect des normes internationales un


certain nombre d'associations du secteur pétrolier ont développé des « meilleures
pratiques » portant sur la santé, la sécurité, les questions sociales et
environnementales. Les compagnies pétrolières peuvent adhérer à ces
associations, par ailleurs la plupart des grandes compagnies pétrolières en sont
membres. Voici quelques exemples d’associations: l'Association Internationale
de l'Industrie Pétrolière pour la Protection de l'Environnement (IPIECA),
l'American Petroleum Institute (API), et l'International Oil and Gas Producers
Association (OGP). La conformation à ces normes permet aux entreprises de
garder une assurance dans la continuité de leurs activités auquel cas elles seront
soumises à des lourdes pénalités voir le retrait de droit d’exploitation. Cependant
chaque exploitant se doit d’avoir et de continuer à mettre à jour un plan d’action
de respect de ces normes.

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III.F.2.Plan de Gestion
Le plan de gestion relative à l’environnement à la sécurité et aux questions
sociales doit être bien élaboré en tenant compte strictement des risques et des
impacts potentiels identifiés. En décrivant l'importance et le caractère des
impacts, et en proposant des actions à engager et la méthodologie pour prévenir
ou réduire les impacts négatifs, mais dans une certaines mesure les critères
d’évaluations de ces impacts. Ils précisent également le calendrier des mesures
proposées et le responsable (la qualification) de ceux chargés de leur exécution.
Les entreprises peuvent être certifiées conformes à la norme de l'Organisation
Internationale de Normalisation (ISO) qui précise les exigences des plans de
gestion de l'environnement.

III.F.3.Approbation du plan de gestion environnemental

L’Etat à travers le ministère de tutelle des questions environnementales ou d’un


bureau spécial relatif au domaine détient le pouvoir d’appréciation de contrôle et
de validation du plan de gestion environnementale. Si l'entité gouvernementale
approuve les évaluations et les mesures d'atténuation proposées par la société,
elle délivre un permis d'environnement, ce qui permet à l'entreprise de démarrer
ses activités. Dans le cas contraire, la Compagnie Pétrolière Nationale ou le
ministère du pétrole sont souvent chargés d'approuver (au lieu de délivrer un
permis) l'évaluation environnementale et les plans de gestion proposés par
l'entreprise. L’Etat garde le pouvoir d’avoir un control permanent du respect des
engagements en matière de l’environnement, ce qui se traduit par le suivi
permanent des opérations sur les sites d’exploration et/ou d’exploitation par les
agents mandatés.

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