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POLITIQUE 11.novembre.

2019 // Les Crises

Noam Chomsky : L’espérance de vie diminue aux


États-Unis non sans raison
Noam Chomsky, USA

Source : Truthout, David Barsamian, 28-07-2019

La stagnation économique engendrée par la politique néolibérale est la cause de « morts par désespoir » aux États-Unis,
selon Noam Chomsky. VCG VIA GETTY IMAGES

Par David Barsamian, Truthout

Publié le 28 juillet 2019

La vie aux États-Unis – le pays le plus riche de l’histoire du monde – pourrait être tout
autre. Les guerres sans n de ce pays, les morts par désespoir, l’augmentation du taux de
mortalité, la violence incontrôlable par arme à feu …tout cela n’est pas dû au hasard. Dans
cette deuxième partie, issue de la transcription en exclusivité d’une conversation diffusée
par Alternative Radio, l’intellectuel Noam Chomsky commente les racines de la culture des
armes à feu, du militarisme, de la stagnation économique et des inégalités croissantes
aux États-Unis. Voir ici la première partie de cet entretien « Noam Chomsky : Trump tente
d’exploiter les tensions avec l’Iran pour les élections de 2020 ».

David Barsamian : Vous arrive-t-il de faire le lien entre la violence extérieure de l’État
américain et ce qui se passe à l’intérieur du pays, avec toutes ces fusillades et ces
tueries ?

Noam Chomsky : Les États-Unis sont un pays très étrange. Si on regarde son
infrastructure, les États-Unis apparaissent souvent comme un pays du « Tiers-monde »…
Cela ne concerne pas tout le monde, bien entendu. Il y a des gens qui peuvent se dire ; «
D’accord, parfait, je me déplacerai avec mon jet privé ou mon hélicoptère ». Mais circulez à
l’intérieur des villes américaines : elles tombent en ruine. La Société Américaine des
Travaux Publics classe régulièrement le pays au rang ‘D’, c’est-à-dire au dernier rang, pour
son infrastructure.

Ce pays est le plus riche de l’histoire mondiale. Il possède de gigantesques ressources.


Ses ressources agricoles et minières, son territoire immense et homogène lui confèrent
des avantages incomparables. On peut parcourir 5000 kilomètres en avion et se croire
toujours à son point de départ. C’est unique au monde. Dans les faits, il y a des réussites,
comme par exemple la part importante dans l’économie des hautes technologies, certes
largement subventionnée, mais réelle.
D’un autre côté, il s’agit du seul pays du monde développé dans lequel la mortalité est en
augmentation. C’est un phénomène tout à fait inconnu dans les sociétés développées. Les
États-Unis ont en effet vu l’espérance de vie de leur population baisser ces dernières
années. Pour référence, le travail de deux économistes connus, Anne Case et Angus
Deaton, qui ont étudié de près les chiffres de mortalité. Ils ont démontré que pour la
génération des 25-50 ans – la tranche d’âge de blancs qui travaillent – c’est-à-dire chez les
actifs blancs, il y a un nombre croissant de décès, ce que l’on appelle les « morts par
désespoir » : par suicide, overdose, etc. Leur nombre est estimé à environ 150 000 morts
par an. Ce n’est pas rien. La responsabilité en est généralement attribuée à la stagnation
économique depuis Reagan. En fait, cette population est celle qui est entrée sur le marché
du travail au début des années 80, au début de la mise en application des programmes
néolibéraux.

Un léger ralentissement de la croissance en a résulté. La croissance n’est plus ce qu’elle a


été. Il y a croissance certes, mais elle est très mal répartie. Les patrimoines se sont
beaucoup concentrés. Actuellement, selon les derniers chiffres, 20 % du patrimoine du
pays est concentré dans les mains de 0,1 % de la population et 40% environ dans les
mains de 1 % de la population. La moitié de la population a une valeur nette négative, ce
qui veut dire que pour elle, les dettes l’emportent sur l’actif. Il y a eu une stagnation à peu
près générale pour les actifs dans toute la période néolibérale. C’est de ce groupe que
nous parlons. Bien évidemment, il en résulte colère, amertume et désespoir. La même
chose se produit en Europe avec les programmes d’austérité. C’est le terreau fertile pour
ce qu’on nomme abusivement les « populismes ». Aux États-Unis, c’est particulièrement
frappant. Le phénomène des « morts par désespoir » semble être spéci que au pays, et ne
pas se rencontrer ailleurs.

Le phénomène des « morts par désespoir » semble spéci que au pays, et ne pas se
rencontrer ailleurs.

Rappelons qu’aucun autre pays au monde ne béné cie des mêmes atouts que les États-
Unis, en matière de richesse, de puissance et de ressources. Cette a rmation peut
paraître choquante. On entend constamment que le taux de chômage ne dépasse pas un
niveau optimal d’à peine 3 %. Mais ce chiffre est clairement trompeur. Si on étudie les
statistiques du Ministère du Travail, on apprend que le taux du chômage dépasse en
réalité les 7 %. Si on tient compte du grand nombre de personnes qui ont été exclues du
marché du travail, la population en activité est largement moins importante qu’il y a 20 ou
30 ans. On trouve de très bonnes études économiques à ce sujet. Le taux de chômage
tourne autour de 7,5 % et on peut dire que les salaires stagnent grosso modo. Depuis l’an
2000, le patrimoine médian familial est en baisse constante. Comme je l’ai dit, pour
environ la moitié de la population, ce patrimoine net est maintenant négatif.

En ce qui concerne les armes, le cas des États-Unis est aberrant : 4 % de la population
mondiale possède 40 % des armes à feu de la planète !

On trouve une étude très minutieuse à ce sujet. Il s’agit du livre récent de Pamela Haag
intitulé « L’armement des américains : le commerce et la fabrication de la culture
américaine des armes à feu ». Une analyse très intéressante. Ce que nous montre l’autrice,
c’est qu’après la guerre de Sécession, les fabricants d’armes n’avaient plus guère de
débouchés. Le gouvernement américain avait évidemment réduit ses achats, et les
gouvernements étrangers n’étaient guère acheteurs. La société à la n du 19e siècle était
essentiellement rurale. Les fermiers possédaient des fusils, mais c’étaient des outils
comme les autres, sans plus. On gardait son cher vieux fusil, c’était bien assez pour
repousser les loups. Ils ne voulaient pas des armes sophistiquées produites par les
industriels.

Alors on vit arriver la première grande campagne publicitaire, une énorme campagne qui a
servi de modèle aux suivantes. Une campagne titanesque qui a été montée dans le but de
créer une culture des armes à feu. On a “inventé” l’Ouest sauvage (Far West), qui n’avait
jamais existé, avec ses courageux shériffs qui dégainaient plus vite que tout, et autres
absurdités qu’on peut voir dans les westerns. Tout ceci a été entièrement fabriqué. Rien de
tout cela n’est jamais arrivé. Les cow-boys représentaient la lie de la société, des gens
incapables de trouver un travail ailleurs. On louait leurs services pour faire avancer
quelques vaches. Mais on a construit cette image de l’Ouest sauvage et de ses grands
héros. Et avec elle, les réclames, disant à peu près : « Votre ls n’est pas un homme s’il ne
possède pas sa carabine Winchester. Votre lle ne sera jamais heureuse sans un petit
pistolet rose ».

Ce fut un immense succès. J’imagine que c’était un exemple pour plus tard, lorsque les
fabricants de tabac développeront le « Cow-boy Marlboro » et compagnie. On est n
19ème, début 20ème siècle, la période au cours de laquelle l’énorme industrie de relations
publiques commençait à se développer. Cela a été brillamment étudié par Thorstein
Veblen, le grand économiste politique, qui a souligné qu’à ce stade de l’économie
capitaliste, il était nécessaire de créer des besoins, pour maintenir une économie qui
générerait des niveaux de pro ts élevés. La propagande sur les armes à feu a
probablement été le début de tout ça.

Cela a continué, jusqu’à la période récente remontant à 2008 et la décision Heller de la


Cour Suprême. Ce qu’on appela les droits du Second Amendement venaient de se
transformer en parole d’évangile. [Pour certains], il s’agit des droits les plus importants qui
existent, de notre droit sacré à détenir une arme à feu, établi par la Cour Suprême, jetant
aux orties un siècle de jurisprudence.

Regardons le Second amendement. Il est écrit : Une milice bien organisée étant
nécessaire à la sécurité d’un État libre, le droit qu’a le peuple de détenir et de porter des
armes ne sera pas transgressé. Jusqu’en 2008, ce fut interprété plutôt à la lettre,
considérant que le but d’avoir des armes était de former une milice. Scalia, dans son arrêt
de 2008 est revenu là-dessus. C’était un excellent érudit, censé être un « originaliste »
(courant d’interprétation de la Constitution) tenant compte des intentions des [pères]
fondateurs. Si on lit l’arrêt [de la Cour suprême], c’est intéressant. Il y a toutes sortes de
références à d’obscurs documents du XVIIème siècle. Il est frappant de constater qu’il ne
mentionne pas une fois les raisons, pourtant claires, pour lesquelles les fondateurs
voulaient que le peuple soit armé.

Une de ces raisons était que les Britanniques étaient sur le point de débarquer. Ils étaient
alors le grand ennemi, le pays le plus puissant du monde. Les États-Unis avaient à peine
une armée permanente. Au cas où les Britanniques seraient revenus, ce qu’ils ont ont ni
par faire, il était nécessaire de disposer de milices pour les combattre, donc il fallait des
milices bien organisées.

Les États-Unis sont l’un des rares pays à avoir été en guerre quasi continuellement
depuis sa fondation.

La deuxième raison tenait au fait que c’était une société esclavagiste. Cette époque avait
connu des révoltes d’esclaves dans toutes les Caraïbes. L’esclavage s’était énormément
développé après la révolution. Cela suscitait de profondes inquiétudes. Les esclaves noirs
étaient souvent plus nombreux que les blancs. Il fallait des milices bien armées pour les
garder sous contrôle.

Il y avait néanmoins une autre raison. Les États-Unis sont peut-être l’un des rares pays à
avoir été en guerre quasi continuellement depuis leur fondation. Il faut vraiment chercher
pour trouver une année de paix.

Quand on revient sur la Révolution américaine, l’histoire des manuels se résume à «


l’impôt sans la représentation » , ce qui n’est pas faux mais ce n’est pas si simple. Il y a eu
deux déclencheurs principaux de la Révolution. D’abord, les Britanniques limitaient
l’expansion des colonies au-delà des Appalaches dans ce qui était appelé « le pays Indien
». Les Britanniques bloquaient cela. Les colons voulaient s’étendre vers l’Ouest. Non
seulement les gens qui voulaient des terres, mais aussi les grands spéculateurs fonciers,
comme Georges Washington, voulaient gagner l’Ouest. L’« Ouest » voulait dire juste au-
delà des Appalaches. Les Britanniques empêchaient cela. A la n de la guerre, les colons
ont pu connaître l’expansion.

L’autre facteur a été l’esclavage. En 1772, une décision de justice très importante et
célèbre d’un éminent juriste britannique, Lord Mans eld, a spéci é que l’esclavage était si
« odieux », c’est le terme qu’il a utilisé, qu’il ne pouvait être toléré en Grande-Bretagne. Il
pouvait être toléré dans les colonies, comme en Jamaïque, mais pas au cœur de la
Grande-Bretagne. Or les colonies nord-américaines étaient intrinsèquement une partie de
la Grande-Bretagne. Et elles formaient une société esclavagiste. C’était pour eux couru
d’avance. Si les les États-Unis restaient dans le système britannique, il y aurait une vraie
menace sur l’esclavage. La révolution a mis n à cela.

Mais cela impliquait, pour revenir aux armes à feu, que vous en aviez besoin pour vous
débarrasser des Britanniques, que vous en aviez besoin pour contrôler les esclaves, que
vous en aviez besoin pour tuer des Indiens. Pour attaquer les nations indiennes – c’était
des nations, bien sûr – et nombreuses à l’Ouest du pays, il fallait des armes et des milices.
Finalement, tout cela a été remplacé par une armée de métier.
Mais considérez un peu les raisons pour lesquelles les armes étaient nécessaires du point
de vue des fondateurs. Aucune n’est plus valable au 21ème siècle. Cela est complètement
passé sous silence dans l’arrêt de Scalla, et même dans le débat parlementaire à ce sujet.
Il existe bien une littérature juridique autour de la décision Heller, mais qui presque
entièrement s’arrête sur le point technique de savoir si le Second Amendement institue un
droit à la milice ou bien un droit individuel. La formulation de l’amendement est un petit
peu ambigu, alors on peut en débattre, mais c’est complètement hors sujet. Le Second
Amendement n’est plus du tout pertinent dans le monde moderne; il n’a rien à y faire. Mais
c’est devenu une parole d’Évangile.

Ainsi, il y a une gigantesque campagne de propagande. Elle a eu de l’effet sur moi, en tant
qu’enfant. Wyatt Earp, les armes, « tuer des Indiens », tout ça. Ça s’est répandu partout
dans le monde. En France, ils adorent les westerns. Une image de l’Ouest totalement
fabriquée, mais qui a réussi à créer une culture des armes à feu. Et maintenant cela est
sancti é par une Cour Suprême réactionnaire. Alors, oui, tout le monde doit avoir une arme

Parlons du Premier Amendement, de la liberté de la presse et du journalisme, un métier


qui, désigné comme « l’ennemi du peuple », s’est retrouvé sous le feu du soi-disant «
génie extrêmement équilibré » de la Maison Blanche. Parlons de cela et aussi du cas
d’Assange.

Le Premier Amendement est un des piliers de la démocratie Américaine. Il ne garantit pas


vraiment la liberté d’expression. Il énonce que l’État ne peut pas prendre de mesure
préventive empêchant la parole. Il ne dit pas qu’il ne peut pas la punir. Donc selon le
Premier Amendement, littéralement, vous pouvez être puni pour ce que vous dites. Il ne
vous empêche pas de le dire. Cela a néanmoins été un progrès dans le contexte de
l’époque, que les États-Unis ont par bien des aspects révolutionné. Avec tous ses défauts,
la Révolution Américaine fut progressiste à bien des égards, selon les standards de
l’époque, ne serait-ce qu’à travers la phrase « Nous le peuple ». En mettant de côté ses
défauts de mise en œuvre, son idée même était une avancée. Le Premier Amendement fut
une avancée.

Cependant, ce n’est vraiment qu’au 20ème siècle que le problème du Premier


Amendement s’est posé, d’abord avec l’opinion dissidente de Oliver Wendell Holmes, et un
peu plus tard avec celle de Louis Brandeis à propos d’affaires liées à la Première Guerre
Mondiale. Cela vaut la peine de regarder à quel point ces contestations furent ténues. La
première contestation sérieuse fut émise, dans l’affaire Schenck en 1917, par quelqu’un
qui avait publié un pamphlet décrivant la guerre comme impérialiste en disant qu’il n’était
pas obligatoire de s’y engager. Le premier amendement ne défendait que très peu la
liberté d’expression, comme l’a montré la protestation de Holmes, puis son soutien à la
sanction. L’affaire était un scandale total, mais même Holmes a suivi.

En fait, les véritables avancées dans l’établissement d’une solide protection de la liberté
d’expression sont survenues dans les années 60. Un procès majeur fut celui du Times
contre Sullivan. L’État d’Alabama avait réclamé ce que l’on appelle l’immunité souveraine,
c’est-à-dire qu’on ne puisse pas attaquer l’État avec des mots. C’est un principe appliqué
dans de nombreux pays – Royaume Uni, Canada et d’autres. Un encart publicitaire avait
été publié par le mouvement des droits civiques dénonçant la police de Montgomery,
Alabama, pour des actes racistes, et une plainte avait été déposée pour le censurer. Cela
fut porté jusqu’à la Cour Suprême. Cette publicité était parue dans [Le New York Times].
C’est pour cela que c’est dénommé Times contre Sullivan. Pour la première fois la Cour
Suprême invalida la doctrine de l’immunité souveraine. Elle a dit que l’on pouvait attaquer
un état avec des mots. Bien sûr, cela avait déjà eu lieu, mais à partir de ce moment, c’était
devenu légal.

Il y a eu une décision encore plus marquante deux ans plus tard, en 1969, Brandenburg vs
Ohio [une affaire dans laquelle la Cour a jugé que les droits d’un membre du Ku Klux Klan
en vertu du premier amendement avaient été violés par une loi sur le syndicalisme
criminel de l’Ohio, NdT], où la Cour a rendu une décision spéci ant que la liberté de parole
n’excluait que la participation à une action criminelle imminente. Ainsi, par exemple, si
vous et moi allons dans un magasin dans l’intention de le braquer, que vous avez une
arme et que je vous dis de tirer, je tombe sous le coup de la loi. En gros, c’est ça la
doctrine. C’est une très forte protection de la liberté d’expression. Il n’y a rien d’autre
comme cela ailleurs, à ma connaissance.

En réalité, les USA ont, non pas un bilan exemplaire, mais l’un des meilleurs (peut-être
même le meilleur) en matière de protection de la liberté d’expression et de la liberté de la
presse. C’est ce qui, en fait, est actuellement attaqué quand la presse est dénoncée
comme étant l’« ennemie du peuple » et qu’on envoie des militants violents s’en prendre à
la presse. C’est une menace sérieuse.

Et Julian Assange ?

La véritable menace pour Assange depuis le tout début, la raison pour laquelle il a cherché
refuge auprès de l’ambassade de l’Équateur, c’était la menace d’extradition vers les USA,
maintenant mise à exécution. Il est déjà accusé de violations de la loi sur l’espionnage;
théoriquement, il encourt même la peine de mort. Le crime d’Assange a été de divulguer
des documents secrets qui sont très embarrassants pour le pouvoir, parmi lesquels une
vidéo montrant comment des pilotes d’hélicoptères américains prenaient plaisir à tuer des
gens.

A Bagdad.

Oui. Mais ensuite, il y en a eu beaucoup d’autres, dont certaines étaient très intéressantes.
La presse y a fait écho. Ainsi, [Assange] prend sa responsabilité de journaliste d’informer
le public à propos de choses que le pouvoir préférerait garder secrètes.

Cela semble être la base du travail d’un bon journaliste.

Et ce que de bons journalistes font. Comme lorsque [Seymour] Hersh a raconté l’histoire
du massacre de My Lai, ou quand Woodward et Bernstein ont mis à jour les crimes de
Nixon, ce qui fut considéré comme tout à fait digne d’éloges. C’est aussi ce que fait le
Times en publiant des extraits des Pentagon Papers. Et c’est ce que fait Assange,
essentiellement. Vous pouvez mettre en question son jugement – est-ce qu’il aurait dû le
faire à ce moment là ? Ou pas ? Vous pouvez lui adresser de nombreuses critiques, mais
le fait est que WikiLeaks a produit de la matière que le pouvoir a voulu supprimer mais que
le public devait connaître.

Ceci est une transcription légèrement remise en forme d’une interview donnée sur
Alternative Radio.

David Barsamian est un journaliste d’investigation parmi les plus infatigables et


polyvalents, il a changé le paysage des médias indépendants. Son émission de radio
hebdomadaire, Alternative Radio, en est à sa 34e saison. Ses livres avec Noam Chomsky,
Eqbal Ahmad, Howard Zinn, Tariq Ali, Richard Wolff, Arundhati Roy et Edward Said sont
vendus dans le monde entier. Son dernier ouvrage, écrit avec Noam Chomsky, est intitulé
Global Discontents : Conversations on the Rising Threats to Democracy [Le
mécontentement global : Dialogue sur les menaces croissantes contre la démocratie,
NdT]. Il donne des conférences sur la géopolitique, l’impérialisme, le capitalisme, les
médias et la crise écologique. En 2017, Radical Desi [magasine alternatif publié à
Vancouver au Canada, NdT] lui a décerné le Lifetime Achievement Award [récompense
pour toute une carrière, NdT]. Il a collaboré avec le célèbre Kronos Quartet dans le cadre
d’événements à New York, Londres, Vienne, Boulder et San Francisco. David Barsamian
est lauréat du Media Education Award, du prix Upton Sinclair de l’ACLU pour le journalisme
indépendant et de la Cultural Freedom Fellowship de la Fondation Lannan. L’Institute for
Alternative Journalism l’a nommé au top 10 des héros des médias.

Suite à lire ici – la semaine prochaine

Source : Truthout, David Barsamian, 28-07-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en


intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article a n d'élargir votre champ de ré exion. Cela ne signi e pas forcément que
nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que
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