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Epuration

Introduction

CHAPITRE I : origine et composition des eaux résiduaires

1. eaux usées

2. évaluations de la pollution

- physique (matières en suspension)


- chimique (matières organiques dissoutes)
- biologique
3. estimation des rejets et charge polluantes

CHAPITRE II : les filières de traitement des eaux résiduaires

CHAPITRE III: Le Traitement Biologique

III.1 Le Traitement Par Boues Activées

III.2 Le Traitement par lits bactériens

III.3 Le Traitement par lagunage

CHAPITRE IV : Le Traitement complémentaires

IV.1 la désinfection des eaux

IV.2 ELIMINATION DE l’azote et du phosphore

IV.3 Le Traitement des boues

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Introduction

Partout sur la planète, le développement des activités humaines, domestiques ou


industrielles, est tributaire de la ressource en eau. La diversité des usages induit une série
d’impacts variés sur la qualité de l’eau. Il existe pourtant un point commun, lié à la nature de
l’eau : qu’elle soit intégrée à la filière agroalimentaire ou qu’elle soit solvant universel pour
toutes sortes de nettoyages, l’eau poursuit son cycle en rejoignant, tôt ou tard, la nappe, la
rivière, le fleuve. L’eau y emporte ce dont on l’a chargée Des quantités de plus en plus
importantes d’eaux usées sont rejettes dans les écosystèmes aquatiques du monde entier. De
provenances divers (foyers, hôpitaux, usines,). Ces eaux véhiculent des polluants en
solution ou en suspension de nature chimique (molécules organiques, métaux lourds, sels
nutritifs,) ou microbiologie (bactéries, parasites). Lorsqu’elles ne subissent aucun traitement
préalable, ces eaux sont susceptibles de perturber l’équilibre des milieux récepteurs et de
causer des problèmes d’ordre hygiénique comme la contamination des eaux de surface et

souterraines. Une certaine dépollution est assurée par les sols, les rivières et autres
systèmes hydriques. Mais la capacité de cette autoépuration est largement dépassée.
Si bien que pour protéger la qualité des eaux naturelles comme toute dégradation
excessive, de nombreuses eaux résiduaires sont traitées dans des stations d’épuration
urbaines ou rurales. Ce traitement conduit a la réduction des matières oxydables, des
matières en suspension et des bactéries

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CHAPITRE I: origine et composition des eaux résiduaires

I.1. EAUX USEES


L’utilisation des eaux engendre un nouveau produit appelé effluent ou eau usée.
Les problèmes liés aux eaux usées sont aussi anciens que ces eaux elles même et ils
S’aggravent suivant la croissance démographique, l’amélioration de la qualité de vie des
Populations et le développement des activités industrielles.
Les eaux usées se divisent en deux grandes catégories : les eaux résiduaires
Urbaines (ERU) et les eaux résiduaires industrielles (ERI).
I.1.1 Eaux résiduaires urbaines
Les eaux résiduaires urbaines (ERU) regroupent les eaux ménagères, les eaux vannes et les
eaux de ruissellement dans les villes et dans les zones agricoles. La composition et les
caractéristiques d’une eau résiduaire urbaine sont peu variables par rapport aux eaux usées
industrielles
I.1. 1.1 Caractéristiques des eaux usées brutes
Les eaux usées brutes sont avant tout composées d’eau : 99.9 % !
Les matières présentes sont caractérisées d’une part selon qu’elles sont des solides en
suspension (matières en suspension – MES) ou qu’elles sont oxydables, soit par un oxydant
chimique (demande chimique en oxygène – DCO), soit naturellement grâce aux processus
biochimiques naturels, c’est-à-dire biodégradables (demande biochimique en oxygène –
DBO). La DBO est mesurée de façon standardisée sur 5 jours, d’où l’appellation DBO5. Les
nutriments sont caractérisés par les mesures du phosphore total et de l’azote total Kjeldahl,
c’est-à-dire azote organique et ammoniacal.
En moyenne, par habitant et par jour, on compte :
90 g de matières en suspension (MES)
60 g de DBO5
120 g de DCO
15 g d’azote total
4 g de phosphore total
3
Le rapport moyen DCO/DBO d’eaux usées domestiques varie typiquement de 1,5 à 2,5.

I.1. 2 Eaux résiduaires industrielles (ERI) :


Les caractéristiques des eaux usées industrielles subissent des grandes variations, elles
dépendent à une multitude de paramètres type de l’industrie, production, nettoyage,…, les
différentes étapes du procédé industriel, l’état de l’appareil,… Par ailleurs, il existe des
caractéristiques communes entre les effluents de la même industrie.
En termes de volume et type de polluants, les effluents industriels présentent le plus souvent
une charge importante et un risque de dysfonctionnement structurel et fonctionnel des
réseaux d’assainissement et des dispositifs de traitement des eaux usées. Ces risques sont
d’autant plus grands que les industries sont localisées en amont du réseau d’assainissement.
Les principaux polluants transitant dans les eaux usées d’origine industrielle sont :
• Les métaux toxiques,
• Les toxines organiques,
• Les matières colorées,
• Les huiles et graisses,
• Les sels,
• La pollution organique.

I.2 EVALUATION DE LA POLLUTION


La pollution des eaux usées se présente sous trois formes principales :
- Physique (matières en suspension)
- Chimique (matières organiques dissoutes)
- biologique
Ces formes de pollution tiennent compte de facteurs tels que la couleur, l’odeur, la
température et le pH.
Couleur et odeur
Dans les eaux usées urbaines, la couleur est due à la présence de matières organiques
dissoutes ou colloïdales.par contre l’odeur est due à une fermentation de ces
matières.

4
Température
Il est primordial de connaître la température d’une eau. En effet, elle joue un rôle très
important dans la solubilité des sels et surtout des gaz, et la détermination du pH.
La mesure de la température est très utile pour les études immunologiques et le calcul des
Échanges. Elle agit aussi comme un facteur physiologique agissant sur le métabolisme
de croissance des micro-organismes vivant dans l’eau.
PH
Le pH mesure la concentration des ions H+ dans l'eau. Ce paramètre caractérise un grand
nombre d'équilibre physico-chimique. La valeur du pH altère la croissance et la reproduction
des micro-organismes existants dans une eau, la plupart des bactéries peuvent croître dans
une gamme de pH comprise entre 5 et 9, l’optimum est situé entre 6,5 et 8,5, des valeurs de
pH inférieures à 5 ou supérieures à 8,5 affectent la croissance et survie des micro-organismes
aquatiques selon l’organisation Mondiale de la Santé (OMS).
I.2.1 Paramètres physiques
Les matières pondérales dans l’effluent se subdivisent en diverses formes que l’on peut
représenter par :
- Les matières en suspension (MES)
- Les matières volatiles en suspension (MVS)
- Les matières minérales en suspension
- Les matières décantables et non décantables
I.2.1.1 Les matières en suspension (MES)
Il s’agit de matières qui ne sont ni solubilisées ni colloïdales.la matière en
suspension comportent des matières organiques et des matières minérales. Toutes les
matières en suspension ne sont pas décantables, en particulier les colloïdales retenus
par la filtration. Deux techniques sont actuellement utilisées pour la détermination des
matières en suspension ; elles font appel à la séparation par filtration directe ou
centrifugation.
I.2.1.2 Les matières volatiles en suspension (MVS)
Elles représentent la fraction organique des matières en suspensions .ces matières
disparaissent au cours d’une combustion et sont mesurées à partir des matières en
suspension (résidu à 105°C) en les calcinant dans un four à 525°C pendant 2heurs.
5
Les matières volatiles en suspension représentent en moyenne 70% de la teneur en
MES pour les effluents domestiques.
I.2.1.3 Les matières minérales en suspension (MMS)
C’est la différence entre les matières en suspension (MES) et les matières volatiles en
suspension (MVS).

MMS=MES _ MVS

Elles représentent donc le résidu de la calcination, et correspondent à la présence de sels,


silice, poussières par exemple.
I.2.1.4 Les matières décantables et non décantables
On distingue les fractions qui décantent en un temps donné (2heures) suivant des
conditions opératoires particulières (utilisation d’un cône d’IMHOFF, ou l’éprouvette
cylindro-conique du docteur Coin.
I.2.2 Paramètres chimiques
a) Les Demandes En Oxygène
II.2.2.1 Demande Biochimique en Oxygène (DBO5)
La Demande Biochimique en Oxygène (DBO) c’est la quantité d’oxygène nécessaire à
la dégradation de la matière organique biodégradable d’une eau par le développement
des micro-organismes, pendant 5 jours à 20 °C, on parle alors de la DBO5, qui est
exprimée en mg O2/l, la DBO5 pour les eaux usées domestiques vaut 77% de la
DBOultime.
La concentration organique des eaux usées, telle que mesurée par sa DBO, est un des
plus important critères utilisés dans la conception d’une installation de traitement des
eaux usées afin de déterminer le degré de traitement nécessaire. Pour détermine
l’efficacité du traitement et prévoir l’impact des effluents sur les eaux réceptrices, on
effectue des tests de DBO, ou de dosage de la concentration des eaux usées, avant et
après le traitement.
Une loi empirique a été établie pour calculer la DBO :
−𝐊𝐭
DBOt =DBOultime (1_ 𝐞 )

DBOt : quantité d’oxygène consommée ou DBO exercée au temps t

6
DBOultime : quantité d’oxygène consommée par la réaction, limitée à l’oxydation carbonée.
K : constante cinétique moyenne, pour les eaux usées sa valeur est de l’ordre de 0,2 J -1

I.2.2.2 Demande chimique en Oxygène (DCO)


La Demande Chimique en Oxygène (DCO) c’est la quantité d’oxygène nécessaire pour
oxyder la matière organique (biodégradable ou non) d’une eau à l’aide d’un oxydant, le
bichromate de potassium t. Ce paramètre offre une représentation plus ou moins complète
des matières oxydables présente dans l’échantillon. Elle est exprimée en mg O2/l .
La DCO théorique des composées organiques peut êtres calculé par la base de la réaction
d’oxydo-réduction.
A + O2 → B + C
𝑚 𝐴 .𝑀𝑂2
DCO théorique =
𝑀𝐴

Considérons par exemple l’oxydation de 1000 mg de phénol :


C6H5OH + 7O2→ 6CO2 +3H2O
(1000).(224)
DCO théorique = =2383 mg
94

Relation entre la BDO et la DCO


Sachant que la DBOultime concerne 90% environ de la DCO donc on aura :
DBOultime
DCO = .
0,9
𝐷𝐶𝑂
Le rapport est utilisé comme index de biodégradabilité des eaux usées on distingue
𝐷𝐵𝑂5

trois cas cités dans le tableau suivant :

𝐷𝐶𝑂 Caractéristiques de l’eau


𝐷𝐵𝑂5
𝐷𝐶𝑂 Facilement biodégradable donc on peut envisager un traitement
<2
𝐷𝐵𝑂5
biologique
𝐷𝐶𝑂
2 < 𝐷𝐵𝑂 < 3 L’effluent biodégradable à condition de mettre en place un
5
traitement adéquat (on ajoute des bactéries)
𝐷𝐶𝑂
>3 Non biodégradable un traitement physico-chimique s’impose
𝐷𝐵𝑂5

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Les matières oxydables (MO)
Les matières oxydables correspondent à une moyenne pondérée de la DCO et de la DBO5,
mesurées après une décantation de 2h, suivant la formule :

(𝟐 𝐃𝐁𝐎𝟓 + 𝐃𝐂𝐎)
MO =
𝟑

I.2.2.3 carbone organique total (C.O.T)


Il correspond à une approche de la matière organique dont le carbone est le constituant
essentiel. Le principe le plus courant de La mesure du C.O.T repose sur la combustion
des matières organiques carbonées d’un effluent après passage au four à 950°C sous un
courant d’oxygène. Cette combustion libère du gaz carbonique qui est dosé par un
analyseur infra-rouge, dont la réponse obtenue est proportionnelle à la quantité de
carbone organique présent.

b) Les nutriments
I.2.2.4 Matières azotées:
L’azote rencontré dans les eaux usées peut avoir un caractère organique ou minéral, il se
présente sous quatre formes:
• L’azote organique se transforme en azote ammoniacal.
• L’azote ammoniacal (NH4+ ) traduit un processus d’ammonification de la matière
organique azotée. Les ions ammoniums subissent une nitration par action des bactéries
nitrifiantes.
• L’azote nitreux (NO−
2 ) provient d’une oxydation incomplète de l’azote ammoniacal ou

par une réduction des nitrates par dénitrification. Les nitrites sont instables et sont
rapidement transformés en nitrates.
• L’azote nitrique (NO−
3 ) est produit par nitrification de l’azote ammoniacal. Il joue un

rôle important dans le développement des algues et participe au phénomène


d’eutrophisation.
Dans les eaux usées, l’azote se trouve principalement sous forme ammoniacale.
Les concentrations des formes oxydées de l’azote sont faibles.

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I.2.2.5 Composés phosphorés
Le phosphore est l’un des composants essentiels de la matière vivante. Les composés
phosphorés ont deux origines, le métabolisme humain et les détergents. Dans les eaux
usées, le phosphore se trouve soit sous forme d’ions orthophosphates isolés, soit sous
forme d’ions phosphates condensés ou sous forme d’ions phosphates condensés avec des
molécules organiques. Les orthophosphates correspondent au groupement (PO3−
4 ), ces

phosphates sont fixés facilement par le sol, leur présence dans les eaux souterraines est
souvent liée à la nature des terrains traversés, à la décomposition de la matière organique,
aux engrais phosphatés industriels entraînés par lessivage ou par infiltration. Les
polyphosphates sont utilisés comme agents d’émulsification, de dispersion, d’inhibition
… et sont utilisés dans des domaines aussi divers que les industries de poudres à laver, les
industries agroalimentaires, les industries pharmaceutiques comme inhibiteurs de
précipitation et de corrosion.
I.2.3 Paramètres biologiques
Les microorganismes pathogènes présents dans les eaux usées peuvent êtres classés en
quatre groupes principaux :
- Les bactéries pathogènes, essentiellement des entérobactéries: salmonelles
(fièvres typhoïdes, toxi-infection), shigelles (bacilles dysentériques),
colibacilles, auxquelles il faut ajouter les leptospires, les mycobactéries (bacilles
de la tuberculose).
- Les virus, représentés par :
 Les entérovirus : poliovirus, coxsachie A et B et schovirus (méningites).
 Les réovirus et les adénovirus (affections respiratoires).
 Le virus de l’hépatite A.
 les parasites : œufs des vers (tænia, ascaris, etc…)
 les champignons
I.3 ESTIMATION DES REJETS ET CHARGE POLLUANTES
I.3 Débit
On distingue trois types de débits :
 le débit moyen horaire journalier
 le débit moyen horaire diurne
9
 le débit de pointe de temps sec
a. le débit moyen horaire journalier
C’est le débit moyen observé au cours de la journée mesuré à l’arrivée à la station
d’épuration.
Le débit moyen horaire journalier est donné par :
Qj 𝑚3
Qm = [ ]
24 ℎ

b. le débit moyen diurne


Correspond à la période de 16h consécutives au cours de laquelle, la station reçoit
le plus grand volume d’eaux usées. Elle s’étend généralement de 8h à 24h.
Le débit moyen diurne est donné par :
𝐐𝐣 𝑚3
Qd = [ ]
𝟏𝟔 ℎ
Entre Suivant les conditions et l’importance des rejets, la période de débit maximum
varie 14h et 18h.
c. le débit de pointe de temps sec
Conduit à définir un coefficient de point comme étant le rapport du débit moyen
𝓵
de l’heure la plus chargée au débit moyen journalier Q m [ ] par la formule :
𝒔
𝟐,𝟓 𝓵
CP =1,5 + pour Q m > 2,8
√𝑸𝒎 𝒔

𝓵
CP = 3 si Q m <2,8
𝒔
Le débit de pointe de temps sec est donné par :
𝟐,𝟓 𝓵
𝐐𝐩 = 𝐂𝐏 𝐐𝐦 = 𝐐𝐦 (1,5 + ) 𝐐𝐩 et 𝐐𝐦 en
√𝑸𝒎 𝒔

Notion d’équivalent habitant


L’équivalent habitant (éq. h.) correspond à une charge polluante organique biologiquement
dégradable déterminée par une demande biochimique en oxygène O2/jour pendant 5 jours
(DBO5).

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CHAPITRE II : Les Filières De Traitement Des Eaux Résiduaires

II.1 Étapes du traitement

La dépollution des eaux usées nécessite une succession d’étapes faisant appel à des
traitements physiques, physico-chimiques et biologiques.
Selon le degré d’élimination de la pollution et les procédés mis en œuvre, trois niveaux de
traitements sont définis ; le prétraitement, le traitement primaire et le traitement secondaire
ou biologique.

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II.1.1 Le Relevage :
Le transport des eaux usées dans les collecteurs se fait généralement par gravité, sous l'effet
de leur poids. Une station de relèvement permet d'acheminer les eaux usées dans la station
d'épuration lorsque ces dernières arrivent à un niveau plus bas que les installations de
dépollution.

Cette opération de relèvement des eaux s'effectue grâce à des pompes ou à des vis
d'Archimède.

II.1.2Prétraitement
Les prétraitements ont pour objectif d'éliminer les éléments les plus grossiers, qui sont
susceptibles de gêner les traitements ultérieurs et d'endommager les équipements. Il s'agit des
déchets volumineux (dégrillage), des sables et graviers (dessablage) et des graisses
(dégraissage-déshuilage).
II.1.2.1 Dégrillage
Les dégrilleurs assurent la protection des équipements électromécaniques et réduisent les
risques de colmatage des conduites mises en place dans la station d’épuration. Le plus
souvent il s’agit de grilles qui récupèrent les déchets plus ou moins volumineux entraînés par
les eaux s’écoulant dans les canalisations d’assainissement (figure 1). Une grande diversité
de grilles est disponible sur le marché (droite, courbe, nettoyage amont, aval, ...).
II.1.2.2 Dessablage
Le dessablage s’effectue sur des particules de dimensions supérieures à 200 m. La vitesse
de sédimentation se calcule par la loi de Stokes (chute libre).
g (ρp −ρl ) .d2
Vp=
18η

Avec
- 𝜌𝑝 : masse volumique de la particule
- 𝑑 : diamètre apparent des la particule
- 𝜂 : viscosité dynamique de l’eau
- 𝜌𝑙 : masse volumique du liquide
- g :accélération de la pesanteur

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On calcule la section du dessableur de manière que la vitesse de l’eau ne descende pas au-
dessous de 0,30 à 0,20 m/s ; on évite ainsi que les matières organiques se déposent en même
temps que les sables.
Le sable est extrait soit mécaniquement par raclage vers un poste de réception, soit
directement par pompe suceuse montée sur pont roulant.
II.1.2.3 Déshuilage-dégraissage
Le déshuilage-dégraissage se rapporte à l’extraction de toutes les matières flottantes d’une
densité inférieure à celle de l’eau. Ces matières sont de natures très diverses et leurs quantités
s’estime par la mesure des « matières extractibles par solvants ». La teneur des eaux usées en
matières extractibles est de l’ordre de 30 à 75 mg/L.
Les huiles et graisses, lorsqu’elles ne sont pas émulsionnées, sont séparées sous forme de
boues flottantes dans des ouvrages comportant une zone d’aération où les bulles d’air
augmentent la vitesse de montée des particules grasses et une zone de tranquillisation où
s’effectue la récupération.
Le plus souvent, les fonctions de dessablage et de déshuilage sont combinées dans un même
ouvrage (figure 2) qui met en œuvre les principes de fonctionnement cités précédemment.
II.1.3 Le Traitement Primaire
Le traitement "primaire" fait appel à des procédés physiques, comme la décantation, et de
procédés physico-chimiques, tels que la coagulation- floculation.
A. Sédimentation d’une particule dans un liquide en mouvement
La vitesse de chute des particules dépend du sens de la circulation du liquide soit vertical,
horizontal, spiral…Elle dépend aussi du type d’écoulement de la viscosité, de la masse
spécifique ou volumique de la particule.
L’examen d’une courbe de sédimentation laisse apparaitre différents aspects qui seront
illustrés dans la figure suivante :

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B. Interprétation mathématique des différents types de sédimentation
 chute d’une particule grenus dans un décanteur rectangulaire

ve

vc

ℎ 𝑄
La possibilité pour que la particule atteigne le fond ⟹vc >ve vc = =
𝑡 𝑆ℎ

h : profondeur du bassin à partir de la particule (m)


t : temps nécessaire pour que la particule atteigne le fond du bassin (s)
𝑚3
Q : le débit traversier ( )

Sh : surface horizontal (m2 )


Si les particules ayant la même granulométrie et concentration, N%

 chute d’une particule diffuse dans un décanteur rectangulaire

C. Décantation classique
La décantation primaire classique consiste en une séparation des éléments liquides et des
éléments solides sous l'effet de la pesanteur.
Les matières solides se déposent au fond d'un ouvrage appelé décanteur pour former les
boues primaires.

Le paramètre de dimensionnement pour les ouvrages de décantation classique est


essentiellement la vitesse ascensionnelle v. Les particules dont la vitesse de sédimentation

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est supérieure à la vitesse ascendante sont retenues. À partir de cette vitesse ascensionnelle et
le débit Q de temps sec, la surface S des bassins est déterminée par :

Il existe de nombreux types de décanteurs classiques qui se distinguent, d’une part d’après le
sens d’écoulement des eaux et, d’autre part, d’après les dispositions adoptées pour
l’évacuation des boues :
— décanteur horizontal avec raclage des boues (figure 3) ;
— décanteur cylindro-conique ordinaire (figure 4) ;
— décanteur circulaire avec raclage des boues (figure 5).
Le raclage s’effectue au moyen d’un pont racleur qui entraîne une ou plusieurs lames
poussant les boues vers une ou plusieurs trémies.
D. Décantation lamellaire
L'utilisation d'un décanteur lamellaire permet d'accroître le rendement de la décantation. Ce
type d'ouvrage comporte des lamelles parallèles inclinées (figure 5), ce qui multiplie la
surface de décantation et accélère donc le processus de dépôt des particules.
Avec un décanteur classique ou lamellaire sur des eaux domestiques, le pourcentage de
matières totales en suspension éliminées est de 50 à 65 %, celui de la DBO5 éliminée est de
20 à 35 %.

E. Traitements physico-chimiques

La décantation est encore plus performante lorsqu'elle s'accompagne d'une floculation


préalable. La coagulation floculation permet d'éliminer jusqu'à 90 % des matières en
suspension et 75 % de la DBO.
La coagulation permet l'agglomération directe de particules colloïdales, alors que la
floculation, qui suit, fait chuter des agrégats déjà formés par coagulation.
Les principaux coagulants minéraux utilisés en eaux résiduaires urbaines sont le sulfate
d'alumine, le chlorure ferrique, le sulfate ferreux et le chlorosulfate de fer.
Les floculants organiques les plus employés sont des polymères synthétiques de haut poids
moléculaire.
II.1.4 Le Traitement Secondaire (Traitement Biologique)
L’épuration biologique a pour but d’éliminer la matière polluante biodégradable contenue
dans l’eau domestique (décantée ou non) en la transformant en matières en suspension :
micro-organismes et leurs déchets, plus facilement récupérables.

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Le traitement biologique classique des eaux domestiques s’effectue par voie aérobie.
Le traitement consiste à dégrader les impuretés grâce à l’action d’une biomasse épuratrice, à
laquelle doit être fourni l’oxygène nécessaire à son développement.

En simplifiant, on peut décrire ce processus par l’équation :

Eau résiduaire + biomasse épuratrice + O2 → eau purifiée + accroissement de biomasse +


gaz résiduaires (CO2...).

Après un temps de contact suffisant, la liqueur mixte est envoyée dans un clarificateur
appelé parfois décanteur secondaire destiné à séparer l'eau épurée des boues.

II.1.5 Les Traitements Tertiaires : Dans certains cas ils sont nécessaires, notamment
lorsque l'eau épurée doit être rejetée en milieu particulièrement sensible. A titre d'illustration,
les rejets dans les eaux de baignade, dans des lacs souffrant d'un phénomène d'eutrophisation
ou dans des zones d'élevage de coquillages sont concernés par ce troisième niveau de
traitement. Les traitements tertiaires peuvent également comprendre des traitements de
désinfection.

Figure 1 – dégrilleur

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Figure 2 – Ouvrage de dessablage-déshuilage combinés

Figure 3 – Décanteur rectangulaire avec raclage de boues

Figure 4 – Décanteur cylindro-conique

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Figure 5 – Décanteur circulaire avec raclage de boues

Figure 6 – Décanteur lamellaire à contre-courant

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CHAPITRE III: Le Traitement Biologique

Introduction

Les traitements biologiques reproduisent, artificiellement ou non, les phénomènes


d'auto-épuration existant dans la nature. L'auto-épuration regroupe l'ensemble des processus
par lesquels un milieu aquatique parvient à retrouver sa qualité d'origine après une pollution.
Les techniques d'épuration biologique utilisent l'activité des bactéries présentes dans l'eau,
qui dégradent les matières organiques. Ces techniques sont soit anaérobies, c'est-à-dire se
déroulant en absence d'oxygène, soit aérobies, c'est-à-dire nécessitant un apport d'oxygène.
Comme les matières en suspension sont susceptibles de renfermer 80 à 90% de germes
pathogènes, les traitements physico-chimique permettant l’élimination 80 à 90% des MES
assurent ainsi une réduction de la charge organique exprimée en DBO5 et DCO de
respectivement 60 à 70% et 65 à 75% l’intérêt principal du traitement physico-chimique des
eaux résiduaires urbaines réside dans son aptitude à adapter rapidement à toute variation du
flux de pollution des installations.

Cependant, les effluents rejetés par ces installations restent de faible qualité et l’amélioration
de cette qualité est subordonnée à la mise en place de traitements complémentaires (filtration
sur sable, lagunage, charbon actif etc…). Ce type d’installation conduit à une production de
boues excès très précipitation vient s’ajouter aux matières en suspension capturées. Ces
boues généralement hydrophiles, doivent subir des filières de traitement adaptées :
épaississement, déshydratation poussée par ces procédés tels que l’apparition possible de
mauvaises odeurs, de coloration, des effluents traités (chlorure ferrique par exemple).

Les procédés d’épurations biologiques sont donc utilisés lorsque les éléments à éliminer sont
sous forme soluble ou lorsque leur taille ne leur permet pas d’être piégés par les
prétraitements et traitements physique sauf au prix d’un conditionnement physico-chimique
complémentaire. Ils permettent de faire passer les éléments présents sous forme soluble ou
colloïdales en élément floculables et de constituer des agrégats que l’on peut de nouveau
séparer de la phase liquide. Parmi les divers organismes responsables des phénomènes

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biologiques, les bactéries sont les plus importants et les plus nombreuses. Les dégradations
biologiques s’accomplissent en deux phases presque simultanées :

- Une phase d’absorption, très rapide, au cours de laquelle les substances organiques
s’absorbent sur la membrane extérieure des cellules,
- Une phase d’oxydation, plus lente, au cours de laquelle a lieu l’oxydation des matières
organiques en produits de décomposition tels que CO2 et H2O.
La vitesse de dégradation dépend de plusieurs paramètres tels que :
 la quantité d’oxygène
 la masse totale de micro-organismes,
 la température
 la nature des substances à traiter
En effet, de nombreuse substances (alcools, phénol, sucres, acides aminés acides
organiques) sont très rapidement dégradées alors que d’autres (hydrocarbures chlorés,
acides humiques) le sont plus lentement. Les principaux procédés d’épurations
biologiques sont :
Les procédés intensifs ou artificiels :
Dont le but est de décomposer façon biochimiques par oxydation des matières non
séparables par décantation qui n’ont pas pu être éliminées par des procédés
mécaniques des eaux usées. En mêmes temps une nouvelle substance cellulaire se
forme. La substance cellulaire a un poids spécifique plus grand que celui de l’eau
d’égout et de ce fait une décantation est possible. Parmi ces procédés, on distingue :
 Les boues activées ou lagunage artificiel
 Les lits bactériens
 Les disques biologiques
Les procédures extensifs ou naturels ou l’on distingue :
 Le lagunage naturel ou aéré (étangs pour eaux usées)
 L’épandage des eaux (valorisation des eaux usées dans l’agriculture)

III.1. Les Boues Activées :

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Le procédé à boues activées est un système fonctionnant en continu dans lequel
des micro-organismes sont mis en contact avec les eaux usées contenant des matières
organiques. De l’oxygène et injecte dans le mélange permettant de fournir aux bactéries cet
élément vital à leur besoin respiratoires (c’est ce qu’on appelle aussi traitement aérobie).

On peut considérer que le système à boues activées et une extension artificielle des
phénomènes d’épuration naturelle. Dans un cours d’eau ou une rivière, les phénomènes
entrant en jeu sont identiques à ceux présents dans les systèmes à boues activées seule varie
la concentration en micro-organismes dans le milieu et la vitesse de réaction de dégradation.

Afin de maintenir une concentration constante en boues dans le bassin d’aération, on


effectue un recyclage des boues. Celui-ci se réalise à partir des boues décantées dans le
décanteur secondaire. Le débit de retour des boues peut varier entre 15 et 100% du débit
moyen de l’effluent à traiter.

III.1.1. Bases théorique du traitement aérobie :

En présence de nourriture abondante (N, P, oligo-éléments), les micro-organismes


vont se développer rapidement et auront tendance à former des masses floconneuses plus ou
moins compactes. Le floc bactérien, ainsi défini permettra l’oxydation des matières
biodégradables. En fait le phénomène est plus complexe puisqu’une partie des matières
organiques est assimilée et transformée en matière cellulaire, une autre portion est dégradée
par oxydation dont l’énergie récupérer sert à la synthèse cellulaire.

III.1.2 : Evolution de la DBO (matière organique de la masse bactérienne en fonction


du temps d’aération :

Si on insuffle de l’air dans une eau usée urbaine décantée qui contient naturellement
une population microbienne variée. On assiste à une évolution progressive de la masse totale
des micro-organismes qui croit, se stabilise puis décroit tandis que la DBO de l’effluent
diminue de façon continue mais à un rythme variable. Une analyse plus poussées du
phénomène permet de distinguer quatre phases principales figure 1:
21
Figure 1 Développement d’une culture bactérienne

Phase 1 (Phase de latence):

Elle correspond à l’adaptation des micro-organismes au milieu nutritif. La vitesse de


croissance est nulle ou faiblement positive.

Phase 2 (Phase de croissance exponentielle):

Le milieu riche en nourriture permet un développement rapide des bactéries.

La DBO diminue rapidement, la consommation d’oxygène est élevée par suite de l’activité
intense de synthèse cellulaire et de métabolisme de la flore bactérienne. La masse des
matières volatiles en suspension (M.V.S) augmente (car elle est retenue par les flacons
bactériens). C’est la phase de synthèse cellulaire et de métabolisme de la flore bactérienne.

Phase 3(Phase de croissance ralentie): au cours de cette phase il y a un


ralentissement de la croissance bactérienne du à l’insuffisance de la nourriture. On
observe alors un début de plafonnement de la masse de M.V.S

22
Phase 4 (Phase endogène) : dans laquelle le milieu est pauvres en matières organiques
et se traduit par la mort de nombreux micro-organismes. C’est la phase endogène.
L’oxygène apporté est alors utilisé par les bactéries pour leur propre transformation en
produits finaux.

III.1.2.1 Interprétation analytique :

a) Phase de la croissance exponentielle:

La phase de croissance de la masse bactérienne en présence d’un substrat dans un milieu


aéré, est décrite par une loi exponentielle :

X=XOeμt

Avec :

X : masse bactérienne présente dans le milieu à l’instant t

XO : masse bactérienne présente dans le milieu à l’instant t = 0, μ: est le taux de croissance


des bactéries.

Comme une fraction de la pollution est convertie en nouvelles cellules, on peut admettre
qu’après un temps de réaction △t, la masse bactérienne passe de XO à X1 tel que :

X1= XO +△X

On définit un rendement de croissance am =croissance totale /concentration du milieu

△X
am = , soit : △X = am (L0 –L1) = am Le
△L

Ou Le représente la pollution (DBO) éliminé pendant le temps △t pour une croissance


de boues égales à △X. cette relation devient :

am (L0 –L1) = XO (eμt – 1)

ou encore :

Log [1 + am (L0 − L)/X0 ]= μt

23
C’est l’équation d’une droite qui peut conduire à calculer μ on portant

Log [1 + am (L0 − L)/X0 ] en fonction de t. ce terme est souvent interprété comme


étant le temps nécessaire pour doubler la population bactérienne.il est généralement
utilisée pour le dimensionnement du bassin d’aération.

b) Phase de croissance ralentie :

Dans cette phase la nourriture devient un facteur limitant, la vitesse d’oxydation la


DBO devient fonction de la concentration en DBO dans le milieu .on écrit alors :
−𝒅𝑳 −𝒅𝑳
=L.X.K ou encore
𝑳
= −X.K.dt
𝒅𝒕

K : est la constante de croissance ralentie, le signe – correspond à la disparition de la


DBO.

Apres intégration entre l’état final (caractérisé par Lf) et l’état initial (caractérisé par L0)

et on supposant une concentration moyenne en boues dans le bassin notée Xa, on aura :

𝑳𝒇
Log [ ]= −Xa.K. t ou encore L0 =Lf 𝐞(𝐗𝐚.𝐊.𝐭)
𝑳𝟎

𝑋2
On utilise le développement en série de la fonction exp :exp = 1+X+ +…. On peut
2
écrire :
𝑳𝒇 𝟏
=( )
𝑳𝟎 𝟏+𝑿𝒂 .𝑲.𝒕

24
Le traitement des eaux usées par le procédé à boues activées peut être réalisé
suivant deux types principaux :
- Le mélange intégral.
- Et le mélange piston.

III.1.3. Le mélange intégral :

Le mélange intégral est un procédé permettant de mélanger instantanément les eaux


décantées travers la totalité du bassin d’aération. Ainsi, il existe dans le bassin une teneur
constante des boues activées, une oxygénation homogène et une répartition uniforme de la
pollution organique . la charge organique appliquée est uniforme étant assurée par la
dispersion de l’effluent.

III.1.4. Le traitement en piston :

Dans le traitement en piston, et contrairement au traitement intégral, l’effluent circule


lentement dans le sens longitudinal. L’effluent injecté à un instant donné progresse
donc en bloc (en piston).

III.1.5. Consommation d’oxygène :

Dans la station de traitement biologique, l’effluent chargé de matières organiques


inertes est mis en présent d’une suspension bactérienne dense en milieu oxygéné. Les
matières organiques contenues dans l’effluent peuvent :

- Soit êtres assimilé et transformé en matière cellulaire (anabolisme)


- Soit dégrader par oxydation pour fournir de l’énergie nécessaire à ces synthèses
cellulaires (catabolisme)
- Soit en cas d’une alimentation surabondante être absorbées et stockées par les
cellules

La pollution éliminé noté Pe, que nous supposerons exprimée directement en poids de
matière organiques, est répartie donc en en trois fractions :

 Une fraction ma est anabolisé (qma Pe)


 Une fraction mc est catabolisée(pmc Pe)
 Le reliquat se trouve ((stocké)) par les bactéries et est joint aux réserves préexistantes,
(pmc + qma) ∆ Ps

q : poids d’oxygène nécessaire pour oxyder les matières organiques éliminées


p : poids d’oxygène nécessaire pour la synthèse cellulaire

25
Divers travaux ont permis de préciser une formule symbolique de la matière organique
contenue dans un effluent urbain. Il s’agit de C7H11NO3.En ce qui concerne la matière
vivante (cytoplasme bactérien) deux formules sont proposées : C5H7NO2 ou bien C7H9O3.

La réaction globale du catabolisme s’écrit :

Pour un effluent urbain :

C7H11NO3 + 15/2 O2 → 7CO2 + NH3 + 4H2O. (Catabolisme) (1)

Pour la matière vivante synthétisée à partir de glucose par exemple selon :

C6H12O6 + 16O2 + 4NH3 → 4C5H7NO2 + 16CO2. (anabolism) (2)

La réaction globale pour la respiration cellulaire s’écrit:

C5H7NO2 + 5O2 → 5CO2 + NH3 +2H2O. (respiration)

On conçoit donc que la consommation d’oxygène dans l’unité de temps (notée qO2)
qui peut être donnée sous la forme suivante :

qO2 =(pmc + qma) ( Pe +∆ Ps) +b , Xa

Dans l’équation générale de la consommation d’oxygène, qO2 est souvent exprimée en kg/j,
la DBO est exprimée en Kg/j et Xa la masse totale de boues présentes dans l’aérateur en
Kg.

qO2 =𝐚, Le + 𝐛 , Xa

a’ et b’ sont des coefficients

Xa est la masse totale de boue présente à l’ instant t

Le représente la pollution éliminé

III.1.6 Bilan des boues :

L’élimination des matières organiques conduit a une synthèse cellulaire qui augmente la
proportion de boues dans le bassin. Il devient alors important de connaitre la masse de boues
formées afin de prévoir l’importance des évacuations t les procédés de traitement pour les
boues extraites.

26
L’évaluation du bilan des boues excédentaires peut être estimée par la différence entre les
boues formées ou apportées et celles éliminées :

Le bilan globale s’établit comme suit :

Nature évaluation

MES minérales + Xmin

MVS difficilement biodégradables +f Xdur

(Appelée matière dure : représente environ 0,20 am Le)

Nouvelles cellules + stocks + amLe

Respiration endogène - b.Xa

Fuite des MES avec l’effluent -Xeffl

(Dépend des normes de rejet : on adopte généralement 30mg/l)

∆Xt = Xmin +f Xdur + amLe - b.Xa -Xeffl

Souvent les calculs théoriques établis lors d’un bilan de boues ne correspondent pas
aux valeurs obtenues expérimentalement. Des déficits de 40 à 60% sont ainsi relevés.

L’importance des pertes varie d’une station à une autre suivant les conditions dans lesquelles
la station est surveillée.

III.1.7.Apports en azote et en phosphore :

L’azote et le phosphore sont des constituants essentiels de matière vivante. Si


l’effluent est carencé en N et P, on devra lui en fournir soit par un apport d’effluent urbain
soit à l’aide d’engrais agricoles.

En l’absence de N, les bactéries ne peuvent synthétiser de nouveaux matériaux


cellulaires. Elles stockeront une fraction de la pollution jusqu’à saturation. L’activité des
boues ramenée au poids de MVS s’en trouvera donc réduite et le rendement de l’épuration
diminuera progressivement. D’autres parts, les boues carencées en N montrent souvent de
mauvaises caractéristiques de décantation.

D’une manière générale, la concentration en matières organiques d’un effluent


s’exprime en DCO ou en DBO, on définit alors des rapports minimums exigés pour une

27
Epuration biologique de :

DCO/N/P=150/5/1 ou encore DBO/N/P=100/5/1

L’effluent urbain comporte un excédent de N et de P et ne nécessite pas donc un


additif de ces éléments. On obtient des rapports de l’ordre de DBO/N/P=100/25/10.

III .1.8. Paramètres de traitement

a) Facteurs de charges :
On définit les caractéristiques d’un réacteur par deux facteurs :
 La charge volumique.(CV)
 La charge massique.(Cm)

Lorsque quotidiennement, un certain poids de matières organiques exprimés en


BDO5 (Kg/j) doit être transformé dans un réacteur aérobie de volume V (m3), on
définit la charge volumique comme étant le rapport de la pollution apporté par unité de
volume de bassin :

𝐃𝐁𝐎𝟓 (𝐞𝐧𝐭𝐫é (𝐊𝐠./𝐣) 𝐋𝟎


Cv=
𝐯𝐨𝐥𝐮𝐦𝐞 𝐝𝐮 𝐛𝐚𝐬𝐬𝐢𝐧 𝐦 𝟑 = 𝐕
(kg/m3.j)

On définit la charge massique comme étant le rapport de la pollution entrante


par unité de masse de population bactérienne chargée de son élimination. La masse
bactérienne étant évaluée par le poids de MVS, on écrit :

𝐃𝐁𝐎𝟓 (𝐞𝐧𝐭𝐫é (𝐊𝐠./𝐣) 𝐋𝟎 𝐋𝟎


Cm = = = (kg DBO5/kg MVS.j
𝐌𝐒𝐕 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥’𝐚é𝐫𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫(𝐦𝐚𝐬𝐬𝐞 𝐝𝐞 𝐛𝐨𝐮𝐞) (𝐤𝐠) 𝐗 𝐚 .𝐕 𝐗𝐭

𝐂𝐯
Il vient que : = 𝐗 𝐚 (concentration des MVS dans l’aérateur).
𝐂𝐦
Selon les valeurs de Cm, on peut classer les modes de traitement en :

 Oxydation totale (aération prolongée) 0,05 < Cm< 0,1


 Système à faible charge 0,1 < Cm< 0,2
 Système a moyenne charge 0,2 < Cm< 0,5
 Système a forte charge 0,5 < Cm< 1
 Système a très forte charge 1 < Cm< 5

Ces limites sont évidement approximatives et varient avec les auteurs.

La charge volumique est intéressante pour le dimensionnement rapide des bassins


d’aération, elle n’a aucune signification biologique.

28
b) Age Des Boue

C’est le rapport entre la quantité de boue dans le bassin et celle extraites


quotidiennement .il précise le temps de séjour moyen des boues dans l’aérateur.

Xt 𝑋𝑎 .𝑉
θ= =
∆X ∆𝑋

Xa : MVS dans l’aérateur (masse totale de boues présentes dans l’aérateur)

∆X: la masse de boues extraites quotidiennement

V : le volume de l’aérateur

c) indice de Mohlmaan IM :

Cet indice appelé «indice des boues» traduit l’état d’hydratation des boues
V
IM =
M

V : volume de boue décantée en une demi-heure

M : poids des matières en suspension

d) indice de Donaldson ID :

C’est l’inverse de l’indice de Mohlmann. On a :

ID. IM =100

e) potentiel redox des boues :

Une boue normalement aéré produit un potentiel redox initial de l’ordre de 300 mV.

Une boue mal aéré présente un potentiel inférieur à 100 mV. Dans ce cas, la boue décante
mal et le floc bactérien tend à se désagréger. Il n’existe plus de décantation.

f) effet du PH :

Les systèmes biologiques tolèrent une gamme de PH allant de 5 à 9 avec une zone
optimale de 6 à 8.

g) effet de quelques toxiques :

La nature des toxiques est l’origine métallique dont la présence dans l’effluent inhibe
partiellement ou totalement l’activité des micro-organismes.

29
III.2 : Les lits bactériens :

Cette technique de traitement s’inspire de la filtration par le sol. Contrairement aux


procédés à « bactéries floculées », ou les agents de l’épuration se présentent sous forme
d’agrégats hétérogènes qu’il faut maintenir en suspension, ces procédés dits à « bactéries
fixes » dans lesquels la culture bactérienne est sur un support à la surface duquel elle se
développe formant une pellicule mince (film biologique).

L’effluent ruisselle gravitairement au travers du milieu support et l’apport d’oxygène


s’effectue de façon continue par l’air qui traverse lentement le dispositif.

Le matériau support doit donc présenter simultanément plusieurs propriétés :

- grande surface spécifique,


- bonne perméabilité à l’air et à l’eau,
- résistance à l’encrassement et à la corrosion,

on peut citer : les roches naturelles, volcanique, la pierre ponce ou encore des lames de
matière plastique.

Un lit bactérien de type classique à remplissage minéral n’est qu’un tas de


cailloux e granulométrie comprise entre 2 et 5 cm, muni d’un dispositif de réparation
de l’effluent. Les eaux d’égout venant du décanteur ruissellent en minces couches sur
les pierres. Il se forme un gazon biologique à la surface des pierres. Les
microorganismes y vivant absorbent les impuretés organiques des eaux usées et les
décomposent en produits du métabolisme et en nouvelle substance cellulaire. La
ventilation dans le lit bactérien résulte de la différence de température entre l’air
extérieur et l’intérieur du lit.

Les lits bactériens sont généralement circulaires avec des diamètres allant de quelques
mètres à plusieurs dizaines de mètres.

La recirculation de l’effluent est souvent nécessaire voire obligatoire dans certains cas
car elle procure plusieurs avantages.

 Elle procède à l’auto-curage du lit en maintenant un débit suffisamment


important pour éroder le film bactérien qui s’est accumulé sur le matériau :
l’auto-curage n’est obtenu que si la charge hydraulique superficielle (débit
appliqué ramené au m2 de surface du lit) atteint environ 0,8 m3/m2.h.
 Elle permet d’améliorer le rendement d’épuration dans la mesure où la dilution
de l’effluent d’entrée diminue la concentration en DBO à traiter et permet de
rejeter une eau de qualité satisfaisant aux normes ;
 Elle favorise un ensemencement permanent du lit, en apportant de l’oxygène et
des nitrates permettant d’activer le travail épuratoire.

30
III.2.1.Classification des lits bactériens :

Les lits bactériens sont définis par leur charge organique c'est-à-dire par la qualité
journalière de matières organiques admise par m3 de matériaux. On distingue :

-les faibles charges jusqu’à 0,4 Kg de DBO5/m3.j.


-les moyennes charges jusqu’à 0,8 Kg de DBO5/m3.j.
-les fortes charges supérieures à 0,8 Kg de DBO5/m3.j.

III.2.2 calcul des lits bactériens :

Il existe plusieurs modèles pour le calcul de ces appareils et leur établissement fait
intervenir parfois des hypothèses contradictoires. Une convergence cependant fait aboutir
pour la plupart des modèles à une exception de la forme :
𝐿𝑓 −KHσ
= exp ( ) avec
𝐿0 qn

H : la hauteur du lit

σ: la surface spécifique du matériau

q : la charge hydraulique superficielle

K et n : constantes ≃ l pour les matériaux plastiques (sont caractéristiques du matériau)

Lf et L0 : sont les concentrations finales et initiales en DBO5.

Le recours à des éléments de calcul plus empiriques résultant directement de l’expérience est
parfois exigé faute de données suffisantes sur K et n.

III.3. les disques biologiques :

Principe :

Au lieu de faire circuler l’effluent de haut en bas sur un support de film biologique
immobile, il est possible de rendre le support mobile par rapport au liquide à traiter, ce qui
évite un pompage consommateur d’énergie.

Dans les procédés des disques biologiques, le support est constitué par des disques
parallèles régulièrement espacés sur un axe horizontal tournant à faible vitesse dormant ainsi
un tambour. L’aération de la culture qui se développe sur les disques est assurée pendant la
période d’immersion.

31
Réalisation :

les disques en polystyrène expansé ont habituellement 2 à 3 m de diamètre (5,9 à 13,6 m2) ils
sont enfilés sur un axe commun et maintenus à distance par des bossages de disque ou des
cales. La vitesse de rotation doit permettre l’alimentation régulière des bactéries en oxygène,
le brassage et l’homogénéisation du liquide dans le bassin, le détachement du film
excédentaire, sans pour autant provoquer le décrochement de la culture.

L’expérience a permis d’aboutir à des vitesses périphériques optimales de l’ordre de 20 cm/s


soit 1,2 t/mn pour des disques de 3m de diamètre et 2 t/mn pour des disques de 2 m de
diamètre.

En fait, une station d’épuration par biorisques devra comporter les ouvrages suivants :

- Un décanteur primaire, afin d’éviter l’accumulation de matières grossières et des


matières lourdes au fond du bassin.
- Un ensemble de biodisque qui sera calculé en fonction des besoins de l’épuration.
- Un décanteur secondaire permettant de retenir les fragments de bactéries décrochés et
entrainés par l’effluent.
- Un système de traitement des boues.

III.4.Lagunage

Définition :

Procédé d’épuration naturel qui a pour principe d’utiliser la végétation aquatique comme
agent épurateur des eaux polluées .ces plantes sont des supports aux colonies bactériennes.

Le principe :

Le lagunage naturel est un procédé rustique de traitement des eaux usées domestiques. Les
effluents sont dirigés dans des bassins étanches (l'étanchéité est assurée naturellement, après
Compactage de la terre ou par l'intermédiaire d'une bâche plastique). à l’air libre. Sous
l’action du soleil, les algues photo synthétisent leur matière première en fournissant de
l’oxygène à la population bactérienne. La profondeur des lagunes naturelles est donc faible :
de 1,2 à 0,4 m.

Dans un procédé de traitement de type lagunage la destruction de la pollution à traiter


s'opère grâce à une succession et une association de processus physico-chimiques et
biologiques extrêmement larges.

On prendra comme exemple un traitement par lagunage naturel (filière de traitement la


plus courante), où l'installation est constituée d'une lagune primaire (profondeur totale : 1,5 à
2 m, surface : 5 m2/), d'une lagune secondaire (profondeur totale : 1 à 1,5 m, surface :
2,5 m2), lagune tertiaire (profondeur totale : 0,5 à 1 m, surface : 2,5 m2).

32
Dans le premier bassin (bassin à micropytes) s'effectuera une décantation des matières en
suspension et d'une partie de la pollution colloïdale. Au fond de cet ouvrage, des micro-
organismes anaérobies vont hydrolyser et solubiliser une partie des matières organiques
décantées. Dans la partie supérieure existe une zone aérobie (aération mécanique, et dans
certains cas de sous charge polluante, oxygénation par photosynthèse) où les bactéries
présentes dans le milieu, dégradent les matières organiques solubles ou en suspension selon
des processus identiques à ceux qui s'établissent dans un traitement par boues activées.
L’oxygénation est assurée par des algues, grâce à la photosynthèse.

Dans les bassins suivants (bassin à macrophytes ; roseaux, iris….qui absorbent les éléments
minérales issu de la dégradation des matières organique .

On distingue plusieurs filières de traitement : lagunage naturel, lagunage facultatif,


lagunage aéré, lagune de finition.

 Lagunage Naturel

Cette technique est la plus utilisée. Le lagunage naturel se caractérise généralement par la
présence de trois bassins creusés dans le sol et disposés en série, pour une surface spécifique
de 10 à 15 m2 et un temps de séjour des effluents de 60 à 90 jours.

 Lagunage Aéré

Ces installations sont constituées d'une lagune d'aération et d'une lagune de décantation
(sur certaines stations, il peut exister plusieurs lagunes d'aération et de décantation). La
lagune d'aération est équipée de turbines flottantes ou fixes (profondeur 2 à 3 m) ou de
systèmes d'insufflation d'air (profondeur 3 à 5 m).

 Lagunage Anaérobie

Dans la majorité des cas, les problèmes d’odeurs, liés aux faibles rendements obtenus,
font que le lagunage anaérobie ne peut être utilisé .
On peut toutefois envisager son utilisation comme prétraitement d’eaux industrielles très
chargés à condition d’être éloigné de toute habitation. Les temps de séjour sont supérieurs à
20 jours et dépassent fréquemment 50 jours
.
 Lagunage De Finition

Par définition, la mise en place d'un lagunage de finition se justifie chaque fois qu'il est
visé une certaine désinfection des effluents et un "lissage" de la qualité du rejet. Cela
constitue un très bon complément derrière une installation boues activées aération prolongée.

33
CHAPITRE IV : Le Traitement Complémentaires

INTRODUCTION
La station d'épuration a pour rôle d'éliminer les diverses pollutions présentes dans l'eau
brute de façon à rendre le rejet écologiquement compatible avec le milieu récepteur.
Si l'élimination des matières organiques et minérales est assez bien maîtrisée à ce jour, la
réduction de la pollution bactérienne est restée marginale et la mise en œuvre de traitement
de désinfection s'est peu développée.
Or, à l'heure actuelle, la situation devient critique et la dégradation bactériologique des
zones de baignade ou de conchyliculture ne peut rester sans impliquer un développement
rapide d'une stratégie de désinfection.

IV.1. LES TECHNIQUES SPECIFIQUES DE DESINFECTION


VI.1.1.LES TRAITEMENTS EXTENSIFS

VI.1.1.1.L'infiltration-Percolation

L'infiltration-percolation est un procédé d'épuration aérobie, qui consiste à infiltrer, des


eaux usées urbaines préalablement décantées ou des effluents secondaires, à raison de
quelques centaines de litres par mètre carré et par jour, à travers plusieurs mètres de sol
naturel en place ou de sol rapporté. Elle est capable de hautes performances sanitaires.

L’élimination des bactéries se fait par sédimentation, filtration, adsorption et dégradation


microbienne (prédation, parasitisme, compétition nutritive, ...
Les bactéries et les virus retenus dans le sol sont sujets à une mort naturelle qui peut
intervenir plusieurs semaines voire plusieurs mois après leur rétention. Il est certain qu'un
choc brutal, qui déséquilibre un écosystème contribue à leur disparition.

IV.1.1.2.Le lagunage de finition

Ce procédé rustique consiste à faire séjourner l’effluent pendant un temps plus ou moins
long dans un ou plusieurs bassins. Les mécanismes de désinfection mis en jeu sont
essentiellement l’irradiation des organismes pathogènes par les rayons UV solaires, et
l’action de micro-organismes.
34
Ce procédé est particulièrement adapté au traitement de faibles volumes. L’eau produite
peut être utilisée pour des besoins agricoles. la qualité de l’effluent atteint les normes
requises pour les eaux de baignade avec des temps de séjour de 20 à 30 jours. Cependant,
si elle possède l’avantage d’être exempte d’effets toxiques.

IV.1.2.Différentes techniques de désinfections.


IV.1.2.1.Le chlore :

Pour agir efficacement, le chlore impose une bonne qualité d’eau quant à la teneur en
matières organiques et en ammoniaque, ainsi qu’un temps de contact de trente minutes
environ. L’efficacité du chlore ne doit pas pour autant masquer les fortes contraintes
d’exploitation qu’il génère : il faut éviter les rejets trop chargés en chloramines et en chlore
résiduel pour préserver l’environnement récepteur.
Il exige aussi la maîtrise des technologies de stockage et de dosage étant donné sa
dangerosité.
L'efficacité de la chloration est étroitement liée à la dose mise en œuvre et au temps de
contact (4 à 10 mg/l pour 30 minutes de temps de contact). Elle doit être appliquée sur un
effluent débarrassé au maximum des composés chimiques fortement consommateurs de
chlore, une nitrification préalable et de façon générale de faibles teneurs en matières en
suspension sont donc fortement conseillées.
De plus, bien qu’efficace contre les bactéries, la chloration des eaux épurées est abandonnée
car elle se montre inefficace vis-à-vis des virus. Elle est cependant utilisée dans le cas où le
risque de redéveloppement de micro-organismes doit être supprimé, ou dans le cas d’une
réutilisation de l’eau

IV.1.2.2.La chloration-déchloration

Depuis quelques années, pour contrer les effets nocifs du chlore sur la vie aquatique, la
déchloration s'est de plus en plus répandue partout dans le monde. La déchloration se fait
généralement par addition de bioxyde de soufre (SO2). Il réagit très rapidement au contact du
chlore résiduel dans l'eau et permet d'éliminer la toxicité qui y est associée. Par contre, la
concentration en oxygène dissous de l'eau traitée s'en trouve réduite.

35
Tout comme pour la chloration, il s'agit d'une technique bien maîtrisée et relativement
simple. Elle entraîne toutefois une augmentation des coûts et une augmentation des risques
pour le personnel de la station d'épuration et pour la sécurité publique lors du transport.
Au plan environnemental, ce moyen de désinfection est moins dommageable que la simple
chloration. Il ne permet toutefois pas d'empêcher la formation de sous-produits
organochlorés et les problèmes associés.
IV.1.2.3.L’ozone :
L’ozone est plus efficace que le chlore (les temps de contact nécessaires sont de l’ordre de
dix minutes) et son spectre germicide est très large : bactéries, virus et kystes de protozoaires
sont sensibles à son action. La mise en oeuvre est identique au chlore pour les oxydants
liquides et est réalisée pour l'ozone dans des ouvrages à compartiments où le réactif est
injecté à contre courant du liquide à traiter. La gamme de dosage pour l'ozone est de 4 à 8
mg/l pour des temps de contact de 10 à 15 minutes.
L'efficacité reste bien évidemment liée à la qualité de l'épuration amont. Les matières
organiques oxydables, le nitrite, les matières en suspension sont autant d'éléments
perturbateurs, qui peuvent diminuer considérablement le pouvoir germicide de ces
composés.
Cependant, l’utilisation de l’ozone présente trois inconvénients majeurs qui limitent son
utilisation :
- la formation de bromates dans le cas d’eaux chargées, même faiblement, en bromures ;
- des investissements importants ;
- l’absence d’effet rémanent permettant une reviviscence des micro-organismes à l’aval
du traitement.
IV.1.2.4.Le rayonnement UV :

Le principe de désinfection repose sur le rayonnement ultraviolet fourni par des lampes à
mercure autour desquelles l’eau à traiter circule. Le rayonnement est émis à une longueur
d’onde spécifique (λ » 254 nm) correspondant au pic d’absorption d’énergie par les micro-
organismes et à un pic du spectre d’émission des lampes à mercure .

Il existe deux types de lampes : basse et moyenne pression, et chacun possède un champ
spécifique d’application ; les lampes basse pression sont utilisées pour de petites

36
installations, alors que les lampes moyenne pression sont adaptées aux débits importants, du
fait du nombre réduit de lampes à mettre en oeuvre.

L’efficacité de la désinfection dépend :

- des paramètres physico-chimiques de l’eau à traiter : présence ou pas de


molécules pouvant absorber l’énergie UV (acides humiques par exemple) à la
place des micro-organismes cibles , de matières en suspension constituant des
écrans entre le rayonnement et les matières à oxyder, de couleur, … ;

- des paramètres de fonctionnement liés au vieillissement des lampes, ainsi qu’à


l’encrassement des gaines de quartz les protégeant, et qu’il faut régulièrement
nettoyer .
L’utilisation des UV présente de nombreux avantages :
 ne nécessitant pas de produits chimiques,
 ne produit aucun rejet toxique pour l’environnement,
 efficace contre tous les microorganismes pathogènes (en adaptant les doses aux
organismes cibles).
Cependant, certaines études mettent en avant des problèmes de reviviscence bactérienne
(absence d’effet rémanent),qui ne permettent pas de garantir les résultats de façon absolue, et
il n’existe aujourd’hui aucune confirmation quant à leur efficacité contre les entérovirus.
IV.1.2.5.Filtration par membrane
Les membranes de micro et d'ultra filtration n'ont aucun pouvoir destructeur mais assurent
la rétention des micro-organismes sur le filtre en créant une barrière physique.
Leur efficacité, liée au pouvoir de coupure de la membrane, est reconnue et peut atteindre
100% de rétention en ultrafiltration sur des eaux superficielles destinées à la consommation
L'influence de la concentration en colloïdes et en matières organiques sur la fréquence des
rétro lavages nécessite un effluent de bonne qualité.
Si, en l'état actuel de cette technique le coût limite son utilisation à des cas très
particuliers, l'évolution future des membranes permet d'envisager leur application à un
domaine plus vaste dans un futur proche.

37
VI.2.Elimination De L’azote Et Du Phosphore

VI.2.1.L'ELIMINATION DE L'AZOTE

Les stations d'épuration n'éliminent qu'environ 20 % de l'azote présent dans les eaux usées.
Pour satisfaire aux normes de rejet en zones sensibles, des
traitements complémentaires doivent être mis en place.
Le principe

L’élimination des composés azotés dans une station d’épuration par boues activées en
aération prolongée implique que les phases de nitrification et dénitrification soient conduites
dans de bonnes conditions. Ces conditions sont soit réunies simultanément dans le bassin
d’aération proprement dit (moyennant des réglages appropriés), soit séparées. Dans ce
dernier cas, la phase de nitrification est réalisée dans le bassin d’aération. Quant à la phase
de dénitrification, elle peut être accélérée et intensifiée dans une zone anoxique (l’absence
d’oxygène et la présence de nitrates).

NITRIFICATION DENITRIFICATION

Les étapes indispensables à suivre sont

1. ammonification
L'azote organique se transforme dans les eaux usées en azote ammoniacal (NH4+ ) réalisé par
les bactéries d’après la réaction suivantes :

𝐍𝐨𝐫𝐠 ⟶ N𝐇𝟒+ + OH− + produit carbonés

2. assimilation
Transformation de la matière azotée minérale ou organique présentes dans les eaux en
matières vivantes (biomasse épuratrice)
3. Nitrification Dénitrification
Consiste en l’oxydation de l’azote ammoniacal en azote nitrique (nitrates) elle s’effectue en
deux étapes :
La nitritation
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C’est l’oxydation des ions ammonium en nitrites secondaire :

𝟑
N𝐇𝟒+ + O2 → 2H+ + H2O + NO2
𝟐

La nitratation
C’est l’oxydation des nitrites en nitrates:

𝟏
𝐍𝐎− −
𝟐 + O2 → 𝐍𝐎𝟑
𝟐

4. Dénitrification
Conduit à l’élimination totale de l’azote par la réduction des nitrites et des nitrates
en azote gazeux qui se dégage dans l’atmosphère selon la réaction suivante :

𝟓
2𝐍𝐎−
𝟑 + 2H → N2 +
+ O2 + H2O
𝟐

VI.2.2.ELIMINATION DU PHOSPHORE

L'élimination du phosphore, ou "déphosphatation", peut être réalisée par des voies physico-
chimiques ou biologiques.
En ce qui concerne les traitements physico-chimiques, l'adjonction de réactifs, comme des
sels de fer ou d'aluminium, permet d'obtenir une précipitation de phosphates insolubles et
leur élimination par décantation. Ces techniques, les plus utilisées actuellement, éliminent
entre 80 % et 90 % du phosphore, mais engendrent une importante production de boues.
La déphosphatation biologique consiste à provoquer l'accumulation du phosphore dans les
cultures bactériennes des boues. Les mécanismes de la déphosphatation biologique sont
relativement complexes et leur rendement variable (en fonction notamment de la pollution
carbonée et des nitrates présents dans les eaux usées). Le rendement moyen est d'environ
60 %. Dans les grosses installations d'épuration, ce procédé est souvent couplé à une
déphosphatation physico-chimique, pour atteindre les niveaux de rejets requis.

Les différentes étapes de la déphosphatation biologique sont donc :


 Dans le bassin d’anaérobiose
Les bactéries déphosphatantes, synthétisent un produit de réserve, les poly-β-alcanoates
(PHA), à partir du substrat facilement biodégradable des eaux usées et de l’énergie libérée
par l’hydrolyse intracellulaire de polyphosphates. Il en résulte un relargage de phosphate
dans le milieu externe.
 Dans le bassin d’aération
Les (PHA) et la matière organique contenus dans les eaux usées sont oxydés par les
bactéries. La respiration (de l’oxygène) produit l’énergie nécessaire aux bactéries qui
régénèrent leurs stocks de polyphosphates et croissent.

39
L’élimination biologique du phosphore est liée à une réabsorption de P plus importante que
le relargage.

VI.3. Le Traitement Des Boues

INTRODUCTION
Les éléments polluants et leurs produits de transformation retirés de la phase liquide au
cours de tout traitement d'eau, quelle qu'en soit la nature, se trouvent finalement rassemblés
dans la très grande majorité des cas dans des suspensions plus ou moins concentrées
dénommées "boues".
Le caractère commun de toutes ces boues est de constituer un déchet encore très liquide
de valeur généralement faible ou nulle. Certaines d'entre elles sont chimiquement inertes,
mais celles qui proviennent de traitements biologiques sont souvent fermentescibles.
Toutes les boues de caractère organique nécessitent un traitement spécifique qu'elles
soient recyclées, réutilisées ou remises dans le milieu naturel. L'urbanisation et la protection
de l'environnement rendent de jour en jour plus difficile le retour pur et simple sans
conditionnement préalable de ces produits dans le milieu naturel. Le traitement de la boue
est devenu un corollaire inévitable du traitement de l'eau, et il nécessite des moyens
techniques et financiers parfois supérieurs.

VI.3. 1.Origine Et Nature Des Boues

VI.3.1.1. Boues primaires


Nous les assimilerons à la partie des MES décantables.
Le dimensionnement des décanteurs a son importance : essayer d'avoir les meilleurs
rendements de décantation possibles augmente, certes, la production de boues primaires
mais, en global, favorise la qualité des boues de la station d'épuration par un ratio boues
primaires/boues biologiques plus fort.

VI.3.1.2.Traitements physico-chimiques (décantation ou flottation)


Ils font appel généralement à des sels de fer (ferriques ou parfois ferreux) ou éventuellement
à des sels d'aluminium, en combinaison avec des polyélectrolytes et parfois également de la
chaux. Ces réactifs servent à piéger des fins colloïdes.
Dans les boues, nous retrouvons donc les produits de transformation de ces réactifs,
principalement des hydroxydes, des phosphates et des sels de calcium. Par rapport à la
décantation simple, l'ajout de réactifs va avoir pour effet d'augmenter la quantité de boues.
Les réactifs sont plus ou moins efficaces.
.
VI.3.1.3. Boues biologiques
Les boues biologiques se présentent généralement sous la forme de flocs de tailles et de
densités très diverses : ces flocs contiennent la biomasse excédentaire et des déchets
organiques non biodégradables ou en fin de dégradation.

40
Ces boues en excès ont une importance capitale pour la qualité des boues globales produites
par la station d'épuration.

Origine et nature des boues

VI.3.2.Les Différentes Méthodes De Traitement Des Boues


A. Stabilisation et conditionnement des boues
1. STABILISATION
Les boues de stations, en grande proportion à caractère organique, sont instables.
La stabilisation vise donc à réduire le taux de matières organiques de manière à empêcher ou
tout du moins limiter les fermentations. Cette stabilisation est inutile pour les systèmes à
boues activées en aération prolongée , et de lagunage naturel .
2. CONDITIONNEMENT DES BOUES
L’épaississement naturel des boues est limité par des phénomènes physiques. Des forces
électriques de répulsion entre les particules de boues empêchent leur rapprochement et en
conséquence ne permettent pas l’évacuation d’une part importante de l’eau.
Pour rendre exploitables les différents équipements de traitement des boues, il est donc
nécessaire de procéder à la floculation de celles-ci pour en casser la stabilité colloïdale et
pour augmenter artificiellement la taille des particules. C'est le conditionnement qui a
recours à des procédés de nature physique (thermique), mais plus souvent de nature chimique
(ajout de réactifs minéraux ou de polymères de synthèse). Un conditionnement adéquat de la
boue est la base du bon fonctionnement de l'atelier de traitement des boues.

2.1. CONDITIONNEMENT PAR AJOUT DE REACTIFS MINERAUX


C'est le conditionnement adapté à la déshydratation sur filtres presses, Ce conditionnement
nécessite l’emploi de réactifs minéraux conduisant à la formation de flocs fins, mais
mécaniquement stables. Pour des raisons d'économie et d'efficacité, on emploie le plus
souvent des sels de fer.
2.2. CONDITIONNEMENT AUX POLYELECTROLYTES

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C'est le conditionnement adapté à la déshydratation sur filtres à bandes presseuses,
centrifugeuses, parfois en flottation, épaississement par égouttage et, sous certaines
réserves, sur filtres presses

2.3. CONDITIONNEMENT THERMIQUE


Ce type de conditionnement n'est actuellement utilisé que pour les filtres presses. Il
consiste à chauffer les boues entre 150 et 200 °C pendant 30 à 60 minutes selon le type de
boues et la filtrabilité désirée. Au cours de cette "cuisson", les gels colloïdaux sont détruits et
l'hydrophile particulaire diminue.

B. Le Traitement Des Boues

La destination finale des boues détermine le type de traitement qu’elle devra subir :
 Soit les boues seront évacuées sous forme liquide en vue d’épandage sur terres
agricoles. Un épaississement des boues pourra être suffisant.
 Soit leur utilisation sous forme pâteuse ou solide imposera un épaississement et
une déshydratation préalables.
La destination des boues est déterminée après une étude spécifique concernant notamment la
valorisation agricole des boues.

1) Epaississement
Il s’agit d’une étape intermédiaire dans la diminution du volume de boues produites par la
station. Cette étape est réalisée dans des épaississeurs. Elle ne doit pas être confondue avec
le stockage des boues sur une longue période en vue de leur épandage ultérieur.

1) .1 .Epaississeurs gravitaires

Deux raisons essentielles militent en faveur de temps de passage réduits des boues en phase
d’épaississement :
 Un séjour prolongé des boues secondaires induit rapidement des phénomènes de
fermentation. Les surnageant d’épaississeurs qui retournent en tête du traitement sont alors
souvent responsables de problèmes biologiques.
 Seules les boues biologiques « fraîches » se prêtent bien à une déshydratation
ultérieure (mécanique ou gravitaire).

Le temps de séjour des boues dans les épaississeurs statiques, ne doit pas excéder 24H00.

1) .2 .Epaississement par égouttage


Cette technique permet d’obtenir des boues plus concentrées (60 à 70 g/l sur des boues
biologiques) que les épaississeurs gravitaires. Elle présente l’avantage de fonctionner avec
des boues (très fraîches) prélevées directement dans la bâche de recirculation des boues. Le
filtrat reste d'excellente qualité. Ces dispositifs d’égouttage, nécessitent peu de surveillance
et sont à privilégier malgré leur surcoût en investissement.

42
Il importe toutefois de souligner qu’un conditionnement préalable de la boue est
indispensable pour faciliter son égouttage ultérieur.

Traitement des boues

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2) La déshydratation
permet de diminuer la teneur en eau des boues, et d'atteindre en sortie une siccité allant
de 15 à 40%, variable selon la filière de traitement des eaux, la nature des boues et la
technique de déshydratation utilisée. Elle s'opère sur un mélange de boues primaire,
secondaire voire tertiaire.
La déshydratation mécanique
La dé hydratation par géomembranes

3) Le séchage
Le séchage thermique
Il repose sur deux méthodes : directe et indirecte. Le séchage direct consiste en une
évaporation des boues par convection, via un fluide caloporteur. Le séchage indirect
repose quant à lui en un échange de chaleur par conduction, via une paroi chauffée par
un fluide caloporteur. En sortie, les boues se présentent sous forme de poudres ou de
granulés, avec un taux de siccité pouvant atteindre 90 à 95 %. Ces deux procédés sont
très énergivores : ils représentent un poste sur lequel il est possible de réduire
l'empreinte environnementale de la filière boue, par exemple en mettant en place des
boucles de récupération d'énergie.
Les lits de séchage
Ce procédé consiste à répartir les boues à déshydrater sur une surface drainante
(composée de plusieurs couches de gravier et de sable de granulométries variables), à
travers laquelle s’écoule l’eau interstitielle. Ces lits de séchages sous mis sous serre pour
non seulement tirer partie du phénomène d’évaporation naturelle, mais l'accélérer par les
rayons du soleil. On parle alors de séchage solaire. Une autre variante de ce procédé
consiste à mettre les lits de séchage sous couvert végétal (roseaux), ce qui permet de
s'affranchir des conditions climatiques. Ce procédé est appelé lits à macrophytes. En
sortie des lits de séchage, les boues sont solides, d'une siccité d'environ 35 à 40 %. Ce
procédé de séchage présente l'intérêt d'être en plus une solution de stockage des boues. Il
est particulièrement bien adapté aux stations d’épuration des collectivités de moins de
5.000 EH.
Lits de séchage plantés de roseaux

C’est un procédé de traitement des boues qui permet l’épaississement, la minéralisation et le


stockage.Les boues produites par la station d’épuration sont directement extraites du bassin
d’aération et alimentent le lit planté de roseaux, les roseaux les plus utilisés sont : Phragmites
communisa.L’eau contenue dans les boues s’infiltre à travers le massif filtrant constitué de
plusieurs couches de matériaux (sable, gravier, galets ...) et est récupérée ensuite par des
drains.La boue est retenue à la surface du massif.

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