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Procédés Généraux de Construction 2010 - 2011

ROUTES
ET
PONTS

Routes et ponts 1
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INTRODUCTION

Dans la production des objets matériels indispensables à leur existence,


les hommes se trouvent contraints d’entrer en rapport avec eux-mêmes ; des
rapports fortement favorisés par la construction des voies de communication.
C’est pourquoi, en notre siècle ou les échanges entre les hommes se sont
densifiés en s’intensifiant d’un bout du monde à l’autre, les routes et ponts ont
connu de prodigieuses évolutions et sont aujourd’hui objet d’étude profonde et
avancée en génie civil.

Il s’avère donc nécessaire pour un élève ingénieur de savoir comment


réalise-t-on de pareils ouvrages d’art .C’est dans ce cadre que s’inscrit le cours
de procédés généraux de construction en nous proposant le présent exposé qui
s’articulera autour des points énoncés dans le plan .

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Première partie : ROUTES

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I- GENERALITES SUR LES ROUTES


Globalement la construction routière a évolué au rythme du développement
technique et technologique des sociétés ainsi que de l’essor économique des
nations. Au début, les routes n’étaient que de simples pistes piétonnes ; puis on a
commencé par construire des routes avec de gros blocs de pierres alignées sur le
terrain naturel, puis on a utilisé des pierres brisées pour remplir les vides entre
les gros blocs ; ensuite on a construit les routes en terre. De nos jours les routes
ont des structures définitives, elles sont construites avec des matériaux de qualité
de plus en plus croissante (sélectionnés ou améliorés) ; leur couche de surface
est réalisée avec de plus en plus de conforts.
En fait on a toujours cherché à construire des chaussées résistantes et
demandant peu d’entretien. Jusqu’au 19ième siècle, on se préoccupait de trouver
le plus court chemin, contournant les obstacles et limitant les rampes à la
traction animale. Par suite du Développement de l’automobile, on a introduit
dans la conception des routes, les notions de vitesse, de confort, de sécurité et de
débit.

1. Définition

Une route est au sens littéral une voie terrestre (au niveau du sol ou sur
viaduc) aménagée pour permettre la libre circulation des personnes et des biens.

2. Classification des routes

Dans la plupart des pays, les routes sont classées, suivant leur importance,
en trois catégories : routes principales, routes secondaires et routes de dessertes
locales (ou tertiaires).

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Les routes principales intéressent de larges régions, relient les centres les
plus actifs entre eux et supportent des trafics généralement élevés. Ces routes
doivent être conçues pour permettre une circulation rapide et aisée.
Les routes secondaires assurent les liaisons entre les routes principales et
le reste du pays ou relient entre eux les centres d’activité d’importance
moyenne.
Les routes de desserte locale sont essentiellement à l’usage des riverains
et des villages desservis. Elles permettent les échanges locaux et relient tous les
villages ou les riverains aux routes de catégories supérieures.
On peut aussi les classer suivant le niveau de perfectionnement de leurs
chaussées et de leurs revêtements. Dans ce registre, on distingue :
* La piste rudimentaire
Elle n'est souvent qu'une simple trace de véhicules sur le sol naturel,
balisée en régions désertiques ou sommairement débroussaillée en régions de
savane ou de forêt. Très souvent elle n'est qu'une adaptation à l'automobile
d'anciennes pistes piétonnes et à ce titre ne mérite le nom de route que parce que
des véhicules (éventuellement tout- terrain) peuvent y circuler
* La piste améliorée
Elle est encore appelée piste de desserte sur laquelle on a aménagé les
passages les plus difficiles( réalisation de petits ouvrages , exhaussement de la
route en terrain marécageux , renforcement de la chaussée par apport partiel de
matériaux ayant meilleure tenue ). Cette piste améliorée peut n'être que l'évo-
lution d'une piste rudimentaire, mais peut aussi être l'embryon d'une route
définitive à condition que le tracé géométrique ait été correctement étudié.

* La route en terre
Elle peut être en gravier (graveleux) pour laquelle la chaussée est
constituée en général par un matériau d'apport sélectionné ou amélioré. Ce type

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de route peut comporter différents stades d'aménagements, depuis celui de piste


améliorée ayant une chaussée en sol sélectionné de bout en bout, jusqu'à celui
d'une route présentant des caractéristiques larges des ouvrages définitifs.

Fig : Route en terre

* La route revêtue
Sa chaussée et son revêtement peuvent être plus ou moins perfectionnés
on distingue : route légère avec corps de chaussée en sols sélectionnés ou
améliorés avec revêtement superficiel hydrocarboné mono ou mieux bi-couche,
ou bien axe-lourd avec corps de chaussée multicouche en matériaux de qualité
croissante, avec revêtement épais en enrobés denses ou même en béton de
ciment.

Fig : Route revêtue

En fait, les types de routes sont très nombreux, et toute classification est
une simplification un peu arbitraire. Elle est cependant nécessaire pour fixer les
idées. Le choix du type de la route dépend de l'importance, de la nature et de la
composition du trafic, mais aussi du terrain, du relief et du climat.

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Les autres critères de classification peuvent être :


 la vitesse de base : route express, autoroute, route lente etc.… ;
 la domanialité : rue, route régionale ;
 la desserte : RN, RNIE, RL ;
 le niveau de service.

Autoroute RNIE

3. Caractéristiques géométriques d’une route

Le profil en travers : il correspond à la coupe transversale de la voie, qui


comprend une ou plusieurs chaussées, séparées ou non par un terre-plein, une
bande de stationnement et un trottoir de part et d’autre. Il se fait à l’échelle
1/100 ou 1/200.
Le tracé en plan : il est défini par les premières études géométriques ;
c’est la projection de la route suivant son axe sur un plan horizontal.
Le profil en long : il correspond à la coupe longitudinale de la voie
suivant son axe, il indique les altitudes du terrain naturel et de la voie projetée,
les pentes, les distances et les points particuliers. Il est à la même échelle que les
plans en longueur, et à une échelle 10 fois plus grande en hauteur.
La largeur des ouvrages d’art : Il s’agit ici de la définition des
dimensions de l’ouvrage.

4. Caractéristiques techniques

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Les caractéristiques techniques d’une route sont essentiellement le type de


chaussée, la nature des ouvrages de franchissement, la signalisation et les
aménagements de sécurité.

I- Etapes de réalisation d’une route


Toute opération d’investissement routier connait avant sa réalisation et
mise en service une succession de travaux d’études au cours desquels le projet
prend une forme de plus en plus élaborée.
Dans un projet de construction de route, on distingue deux principales
étapes : les études de faisabilité et le projet d’exécution.

A. Les études de faisabilité

Les études de faisabilité sont divisées en étude économique et en étude


technique. Ces études représentent la phase cruciale de la construction d’une
route mais dans le cadre de cet exposé elles ne présentent pas un intérêt majeur.
Les choix techniques, qui sont effectués dès l’étude de faisabilité et qui
déterminent le niveau d’aménagement de la route résultent de nombreuses
considérations à savoir :
 les normes techniques routières, s’il en existe
 la rentabilité (le coût d’aménagement comparé aux avantages
ultérieurs)
 la sécurité
 la fonction de la route
 le trafic et sa croissance

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 la topographie et les caractéristiques géologiques : ces données


sont fondamentales pour fixer en particulier les caractéristiques du
tracé et du profil en long, ainsi que de la nature des ouvrages d’art
 le mode de construction et d’entretien : il est toujours important de
se préoccuper de l’exploitation et de l’entretien ultérieur de la route
 l’évolution de la route

1. Caractéristiques à fixer dès l’étude de faisabilité


 Vitesse de référence
C’est le paramètre qui permet de définir les caractéristiques
minimales d’aménagement des points particuliers d’une section de route,
de telle sorte que la sécurité du véhicule isolé soit assurée.
Les points particuliers d’une section de route sont ceux de
caractéristiques géométriques les plus contraignantes.
Pour un projet routier envisagé, il faudra donc fixer quelle est la
vitesse de référence à associer.

 Largeur d’emprise de la route


Dans de nombreux cas, cette largeur d’emprise résulte seulement de
la largeur des plates-formes, du type de drainage et des pentes des talus.

 Pentes des talus


La pente à donner aux talus résulte d’un compromis à réaliser entre
le prix et les phénomènes dus à l’érosion et à la stabilité des masses
découpées (déblais) ou édifiées (remblais).

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 Surlargeur dans les virages


Pour permettre aux véhicules de grande longueur de s’inscrire dans
la largeur d’une voie dans les virages de forte courbure, on augmente la
largeur de la voie d’une surlargeur.

 Pentes transversales
En alignement droit, le profil de la chaussée est constitué par deux
versants plans raccordés sur l’axe. Les pentes transversales
recommandables sont fonction de la nature des revêtements :
- Chaussées non revêtues : 3 à 4°/°
- Enduits superficiels et enrobés : 2 à 2,5°/°
- Béton de ciment : 2°/°

 Dévers
La valeur du dévers se détermine à partir des valeurs limites
données pour chaque catégorie de vitesse de référence.

 Accotements
Outre l’accroissement de la sécurité qu’ils procurent par une
amélioration des conditions de visibilité, les accotements offrent une
possibilité de garage des véhicules.
B. Les travaux d’exécution
1. Le terrassement
Les travaux de terrassement ont pour effet de modifier la
topographie du terrain et de lui donner une forme et des caractéristiques
déterminées, correspondant à la nature de la route à construire. Ils
consistent à extraire, transporter et mettre en œuvre des sols et des
matériaux variés. Les déblais sont taillés dans les terrains en place ; les

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remblais sont édifiés en répandant des couches successives de roches et de


sols. Le résultat final est la réalisation à la côte imposée par le projet, de
l’arase. Il est impératif qu’une étude géotechnique sérieuse ait
parfaitement caractérisé les types de terrains à rencontrer au cours des
travaux.
Engins de terrassement
Les principaux engins de terrassement sont : la niveleuse, le
bulldozer, la décapeuse, la pelle mécanique, le compacteur lourd, la
tractopelle, la chargeuse, le scarificateur.

Exécution des terrassements


 Préparation du terrain
Les travaux de préparation pour l’exécution des déblais et des remblais
comprennent les opérations suivantes :
 Dessouchage et débroussaillage : les excavations résultant du
dessouchage sous remblai sont comblées avec les mêmes matériaux et
dans les mêmes conditions que le corps des remblais. Afin de faciliter le
travail des engins, il est recommandé de couper les arbres à 1 mètre au-
dessus du sol avant de procéder au dessouchage.
 Décapage de la terre végétale
 Exécution de sillons ou de redans parallèlement aux courbes de
niveau pour ancrer les remblais, lorsque la pente du terrain naturel excède
20cm par mètre : sillons de 20cm de terrain si la pente est inférieure à
30°/°, redans de la largeur des engins si la pente est supérieure à cette
valeur.
Les opérations de terrassement proprement dites consistent à
extraire du matériau, à le transporter et à le placer en remblai ou en dépôt.

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Dans le cas de remblai de faible ou de moyenne hauteur, on cherche à


mettre les moins bons sols à la base et les meilleurs à la partie supérieure
des ouvrages.
S’il y a déficit en matériaux de remblai, il peut être intéressant
d’élargir l’emprise des talus de déblais pour y exploiter les sols si leurs
caractéristiques géotechniques sont bonnes.

Quelques règles générales sont à respecter dans l’exécution des


terrassements :
 Les travaux doivent être programmés de telle façon que les
terrassements soient réalisés en saison favorable
 Les ouvrages de drainage étant fragiles, il faut veiller à ce qu’ils ne
soient pas détruits par les engins
 En déblai, des fossés latéraux profonds sont exécutés pour
permettre l’écoulement des eaux de la plate-forme ; des fossés de
crête avec des descentes d’eau maçonnées régulièrement espacées
sont réalisés
 En remblai, on laisse s’écouler l’eau sur les talus, mais en
protégeant les zones sensibles par des enrochements
 Les terrassements doivent toujours être lissés à la fin de chaque
poste de travail et la pente de la plate-forme maintenue à au moins
5°/° pour permettre l’écoulement des eaux.

2. Le régalage et le compactage
Ils sont effectués par couches dont l’épaisseur maximale est de
0,5m pour les sols fins, et de 2m pour les sols rocheux.
Le compactage est une opération essentielle de la technologie
routière qui conditionne la bonne réalisation de la construction et le

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comportement des chaussées dans le temps. On ne doit en aucun cas


lésiner sur son exécution.
Il peut être défini comme l’ensemble des moyens, essentiellement
mécaniques, mis en œuvre pour améliorer les performances d’un sol
auquel on applique des contraintes produisant une déformation
irréversible qui modifie ses caractéristiques intrinsèques :
 resserrement des pores et diminution des vides entrainant une plus
grande imperméabilité et diminuant les risques de tassement, d’altération
et d’érodabilité ;
 augmentation de la cohésion et de l’angle de frottement interne
ayant pour résultat un meilleur interclavage de ses particules, d’où une
meilleure résistance au cisaillement ;
 augmentation de la densité apparente sèche ;
 empêchement de la liquéfaction des sables soumis à vibration.

3. La chaussée
C’est la surface aménagée de la route sur laquelle circulent les
véhicules. D’un point de vue structurel, les différents composants de la
chaussée se définissent de la manière suivante :
- Le terrain naturel : c’est le sol tel qu’il se présente après décapage de la
couche humide ou l’exécution des déblais
- L’arase des terrassements : face supérieure des remblais ou des déblais
sous la couche de forme
- Le sol de fondation ou sol de plate-forme : c’est le terrain naturel préparé
situé sous la chaussée ou le cas échéant, sous la couche de forme
- La couche de forme : couche de matériaux de bonne qualité à la partie
supérieure des terrassements ; elle peut être constituée de sols traités ou de
matériaux rapportés

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- La forme : surface supérieure du sol support ou de la couche de forme


quand elle existe
- La couche de fondation constituée de matériaux mis en œuvre sur la
forme. Elle contribue à réduire les contraintes transmises au sol support
ou à la couche de forme et présente des performances permettant de
résister aux contraintes engendrées par le trafic
- La couche de base constituée de matériaux traités ou non mis en œuvre
sur la couche de fondation ; elle joue le même rôle que la couche de
fondation
- La couche de liaison éventuellement mise en œuvre en complément de la
couche de roulement ; elle est intercalée entre la couche de surface et la
couche de base
- La couche de roulement constituée de matériaux bitumineux ou de béton
de ciment qui reçoit directement les effets du trafic et des agents
atmosphériques ; elle assure une fonction d’étanchéité et de protection des
assises
- La couche de surface constituée des couches de roulement et de liaison
au cas échéant
- La surface de roulement est la face supérieure de la couche de surface

4. Principaux types de chaussée


On distingue :
* les chaussées en béton
* les chaussées revêtues bitumées
* les routes en terre.

C. Principes généraux de conception des routes en béton

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Les différents types de structures des chaussées en béton consistent en dalles


non armées et non goujonnées, en dalles goujonnées ou en béton armé continu.
Une chaussée en béton comporte classiquement :
- une dalle en béton dans laquelle on mélange les joints régulièrement
espacés pour orienter les retraits inévitables hydrauliques et thermiques du
béton ;
- une couche de fondation en grave non traitée ou traitée aux liants
hydrauliques ou en béton maigre ;
- certaines dispositions constructives spéciales (armatures- goujonnage) ;
- un drainage particulièrement bien étudié.
La surface du béton devenant rapidement glissante, il convient de lui
donner des qualités antidérapantes au moyen d’un rainurage transversal, d’un
dénudage chimique permettant aux gros granulats de rester en relief ou de
réaliser à court terme un revêtement d’enduits superficiels à la base de liants
spéciaux de types bitume-polymères.
Il faut indiquer enfin qu’il n’est pas recommandé de construire des
chaussées en béton sur des sols compressibles ou hétérogènes susceptibles de
tassements différentiels.

D. Conception des chaussées revêtues bitumées


Ici, on rencontre les chaussées souples ne comportant pas de couche
rigidifiée, les chaussées semi-rigides dont une ou plusieurs couches de
matériaux traités aux liants hydrauliques produisent un effet de dalle significatif
et les chaussées mixtes dans lesquelles se rencontrent les deux types de
traitement. Ce type de chaussée est recommandé lorsque le trafic dépasse 300
véhicules par jour.

 Dimensionnement des chaussées

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La conception des chaussées doit satisfaire, en matière d’exigences


structurelles, à deux critères principaux :
- Le corps de chaussée doit assurer une répartition des contraintes telle, que
le sol de plate-forme ne puisse poinçonner
- Les matériaux constitutifs des couches de chaussées doivent avoir des
épaisseurs et des caractéristiques de résistance suffisante pour supporter
les contraintes répétées de cisaillement, de compression et de traction,
engendrées par le trafic
Il existe trois méthodes de dimensionnement des chaussées :
 Les méthodes empiriques (telles que AASHTO et TRRL) qui
privilégient l’expérience acquise sur le comportement de planches
d’essai sur celui des réseaux existants
 Les méthodes rationnelles sont basées sur les caractéristiques
mécaniques de chaque couche. Les calculs des contraintes et des
déformations admissibles en fonction des épaisseurs, des cycles de
chargement et des risques acceptés, sont effectués au moyen de
programmes informatiques tels que AlizéIII, ECOROUTE, BISAR…)
 La consultation des catalogues qui tentent de plus en plus à être
propres à chaque pays
Toutes ces méthodes font intervenir les mêmes paramètres de base : le
trafic, le sol de plate-forme, les caractéristiques des matériaux et le
risque pris en compte pour le dimensionnement

 Routes en terre
Ce sont des voies caractérisées par une couche supérieure dite couche de
roulement en matériaux sélectionnés et une couche dite d’amélioration tenant
lieu de couche de fondation. Dans de nombreux cas, il n’existe en fait qu’une
seule couche constituant la chaussée de la route en terre.

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Dimensionnement de la chaussée
Outre qu’elle assure le confort de circulation des véhicules, la couche de
chaussée dissipe les contraintes exercées par les charges et s’oppose donc au
poinçonnement des sols de plate-forme.
L’épaisseur à lui donner dépend de la portance des sols, du trafic et des
caractéristiques des matériaux choisis. La circulation et les agents
atmosphériques entraînent une usure des matériaux qu’il faut compenser par des
rechargements périodiques, afin que l’épaisseur de la chaussée ne devienne pas
inférieure à un seuil au-deçà duquel il y a poinçonnement du sol de plate-forme

E. Equipement de la route

Bien que les routes dans les pays en voie de développement soient
souvent réduites à leur seule fonction de plate-forme permettant le passage des
automobiles, il importe de plus en plus de se préoccuper aussi des problèmes de
sécurité, de signalisation et même d’esthétique.

La signalisation
On distingue traditionnellement la signalisation horizontale qui regroupe
tous les marquages sur chaussée et la signalisation verticale comprenant tous les
panneaux, bornes, balises et également les feux en zones urbaines.
Le bornage
Les bornes servent à la fois de repères pour les besoins des services
d’entretien et d’indication pour les usagers. Elles doivent être implantées avec
précision au moment de la construction de la route ou de sa réhabilitation car
elle sert de repère pour le suivi de l’évolution de la chaussée par référence au
projet d’exécution.

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Le bornage est conforme à la réglementation en vigueur dans chaque


pays.
Les dispositifs de sécurité
L’aménagement des routes peut nécessiter pour raison de sécurité, la mise
en œuvre en certains points des dispositifs destinés à retenir les véhicules lors de
sorties accidentelles de chaussée. Ces dispositifs sont classés en deux classes :
 Les glissières de sécurité qui retiennent les voitures dans de bonnes
conditions de sécurité
 Les barrières de sécurité capables de retenir les véhicules lourds

F. Entretien Des Routes

Entretenir une route, c’est s’appliquer à maintenir les caractéristiques et les


qualités qui lui ont été données lors de sa construction.
Qu’elle soit revêtues ou non, la route se dégrade graduellement dès sa mise en
service. Ces dégradations varient beaucoup dans leur forme et leur ampleur avec
le climat, la circulation et les caractéristiques géométriques de la route.
On distingue généralement trois types d’entretien :
L’entretien préventif (entretien courant) qui est l’ensemble des opérations
qui sont exécutées régulièrement une ou plusieurs fois par an. On peut citer : le
balayage et le désensablage des chaussées, le curage des fossés et des ouvrages
de drainage, le désherbage des accotements, les points à temps, le reprofilage
léger et le reprofilage lourd etc.
L’entretien curatif (ou entretien périodique) qui est l’ensemble des
opérations réalisées avec une fréquence supérieure à une année telles que : le
rechargement, le resurfaçage, la reprise de la de la couche de surface, le
renforcement, la réhabilitation, la construction d’ouvrages hydrauliques etc.
L’entretien urgent qui, contrairement aux autres types d’entretien où les
opérations sont prévisibles, donc programmables, intervient de manière urgente
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lorqu’il y aune catastrophe ou provoquée (éboulement, arbre tombé sur la


chaussée, affaissement important etc.).

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Deuxième Partie : PONTS

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I- DEFINITION ET HISTORIQUE

Un pont est un ouvrage d’art qui permet de franchir une dépression


ou un obstacle Par exemple un cours d'eau, une voie de communication,
une vallée , en passant par-dessus cet obstacle. Le franchissement
supporte le passage d'hommes et de véhicules dans le cas d'un pont routier
ou d'eau dans le cas d'un aqueduc. La construction des ponts relève du
domaine du génie civil et ces derniers peuvent être réalisés en
maçonnerie, en béton armé, en bois ou en métal. On distingue les
différents types d’ouvrages suivants :

 Ponceau ou dalot : pont de petites dimensions (quelques mètres) ;

 Viaduc : (fig. 1) ouvrage de franchissement à grande hauteur,


généralement constitué de nombreuses travées, comme la plupart des
ouvrages d’accès aux grands ponts. Le terme de viaduc est généralement
réservé aux franchissements situés en site terrestre ;

Figure 1 – Viaduc du Magnan

 Passerelle : (fig. 2) ouvrage destiné aux piétons, exceptionnellement aux


canalisations ou aux animaux.

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Fig 2: Passerelle (Amiens)

Sur le plan étymologique, le mot pont est clairement identifié. Ce mot est issu
d'une racine indo-européenne pent- qui signifiait « voie de passage, chemin ».
En grec, la forme patos, signifiait « le chemin ». Puis, en latin, la forme pons,
pontis avait le sens du français actuel. C'est en fait la forme à l'accusatif
pontem, qui a donné pont en français. L'art de construire les ponts remonte aux
temps les plus reculés. Selon toute apparence, le premier pont a été un arbre
renversé par le vent et resté fixé en travers d'un cours d'eau ou une arche
naturelle, sculptée dans la roche par l’érosion, comme il s'en trouve en Ardèche
en France ou dans le parc national des Arches, en Utah, dans l'Ouest américain.

A mesure que l'homme est parvenu à se créer des outils et des engins de plus en
plus perfectionnés, il a dû tout naturellement imiter ce pont primitif, abattre des
arbres pour les placer en travers des rivières, après les avoir convenablement
façonnés, établir des points d'appui intermédiaires lorsque la largeur du lit
l'exigeait et aboutir ainsi, par degrés, à la construction de véritables ponts en
charpente tels qu’ils ont été réalisés ultérieurement .

I. TERMINOLOGIE
Un pont comprend trois parties distinctes :

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 le tablier : c’est la plate forme qui supporte le trafic. Elle est donc la
structure sur laquelle se fait le déplacement à niveau ou avec une pente
suffisamment faible pour être admissible par des piétons, des animaux ou
des véhicules (automobiles, trains...) entre ses deux extrémités ;
 les appuis : Ils supportent le tablier et transmette les charges à la
fondation. Ils prennent le nom de culées aux deux extrémités du tablier et
de piles intermédiaires ou piles-culées si le tablier n'est pas continu ;
 les fondations : Elles permettent la transmission des efforts de l'ouvrage
au sol.

La partie du pont comprise entre deux appuis s’appelle une travée et la distance
entre deux appuis consécutifs, la portée de la travée correspondante. Il ne faut
pas la confondre avec l’ouverture qui est la distance libre entre les parements
des appuis, ni avec la longueur du pont.

II. CLASSIFICATION DES PONTS


On distingue plusieurs types de ponts qui se classifient suivant divers
critères à savoir : l’objet, la forme, la matière, l’importance, la structure et le
fonctionnement mécanique. On choisit le type de pont selon les avantages qu’il
présente par rapport à l’endroit où il doit être construit. Même s’il existe une
infinité de ponts, ils peuvent quand même être regroupés en cinq grandes
catégories. Les ponts en arcs, les ponts à poutres, les ponts suspendus, les
ponts à haubans et les ponts mobiles.

1. Pont en arc

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Le pont en arc est un des types les plus anciens. Ce type de pont est très
utilisé pour les grandes portées ou distances entre deux points.

Les voûtes et les arcs supportent des charges verticales en développant sur
leurs fondations des réactions obliques qui compriment la structure. C’est donc
une forme bien adaptée aux matériaux résistant mal à la traction (maçonnerie,
béton).Le tablier, c'est-à-dire la partie du pont supportant la chaussée, peut soit
reposer sur l’arc, soit être suspendu à l’arc.

 Ponts en arc métallique

Pont en arc
métallique à tablier Pont en arc Pont en arc
Pont
suspendu métallique à tablier métallique à tablier
porté en treillis lenticulaire
intermédiaire

 Ponts en arc en béton armé

Pont en arc en béton armé à


tablier suspendu Pont en arc en béton Pont en arc en béton armé
armé à tablier à tablier porté
intermédiaire

2. Pont à poutres

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Le pont à poutre est le pont le plus simple à construire. Il est aussi le


moins coûteux et il se compose d’un tablier horizontal qui est supporté à chaque
extrémité par des piliers. Dans les ponts à poutre l’élément porteur ne présente
pas une surface continue sur toute la largeur du pont, comme dans les voûtes en
maçonnerie. Il est constitué par plusieurs éléments de faible largeur, appelés
poutres principales. Les poutres principales sont disposées soit de chaque côté
de la voie de communication dans ce cas elles sont alors limitées à deux et dites
latérales, soit réparties sur la voie de communication, elles sont alors en nombre
variable avec la largeur de cette voie et sont dites multiples. Le pont à poutre est
idéal pour enjamber de courtes distances et n’exerce qu’une action verticale sur
ses piles.

 Ponts en béton armé

Pont dalle en
béton armé Cadre en béton Portique (pont)
Pont à poutres en béton armé armé

Tranchée couverte

 Ponts métalliques

Pont à tablier en
Pont à tablier en multipoutre Pont à tablier en
bipoutre mixte mixte caisson mixte
Pont à tréteaux
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Pont à tablier en dalle Pont à


orthotrope poutrelles
Pont à poutres enrobées
Pont en treillis
cantilever

 Ponts en béton
précontraint

Pont à poutres Pont à poutres


précontraintes précontraintes Pont à poutres
par adhérence par post-tension en nervures en
Pont à poutre en caisson en
(PRAD) (VIPP) béton
béton précontraint
précontraint

3. Pont suspendu

Les ponts suspendus peuvent enjamber des distances de 1000 à 4000


mètres. Ce type de pont est très dispendieux à construire. Un pont suspendu
suspend le tablier ou la chaussée avec des câbles énormes. Ces câbles s’étendent
d’une extrémité à l’autre du pont. Ces câbles reposent sur des piliers et sont
fixés à chaque extrémité par des encrages dans le sol.

Pont suspendu à Pont suspendu à dalle béton et Pont suspendu à dalle


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chaînes poutre de rigidité orthotrope

4. Pont à haubans

Le pont à haubans ressemble au pont suspendu. Tous les deux ont des
tabliers suspendus à des câbles. Par contre la différence se situe dans la façon
dont les câbles sont encrés et rattachés aux piliers. Ils peuvent être à tablier en
maçonnerie ou en béton armés.

pont haubané à tablier en béton pont haubané à tablier métallique

Le pont à haubans comprend de grands câbles porteurs qui exercent un


effort de traction sur les points d’encrage. Les câbles d’un pont suspendu sont
rattachés à chaque pilier et ils sont encrés dans la terre ferme à chaque extrémité.

Les ponts à haubans comportent un grand nombre de câbles encrés dans le


tablier eux aussi, mais ce qui diffère c’est que chaque câble est relié aux piliers
et non à des câbles porteurs. Le tablier est entièrement suspendu à ces câbles.

5. Pont mobile

Lorsque la hauteur du gabarit de navigation est importante (zones


portuaires, canaux à grand gabarit), la solution de son franchissement par un
ouvrage fixe entraîne la construction d'ouvrages d'accès importants et parfois
irréalisables par manque de place. Sous réserve que la largeur du gabarit ne soit
que de quelques dizaines de mètres et que le trafic routier ou ferroviaire porté
par le tablier soit peu contraignant, il est plus économique d'envisager le

Routes et ponts 27
Procédés Généraux de Construction 2010 - 2011

franchissement par un pont mobile capable de s'effacer en cas de besoin devant


le trafic de la navigation qui est prioritaire. Un pont mobile est un pont dont le
tablier est mobile en partie ou en totalité.

 Un pont levant est un pont dont le tablier peut se relever par translation
verticale, et libère le passage d'un bateau par exemple.
 Un pont tournant est un pont dont le tablier peut tourner, et libère ainsi le
passage d'un bateau.
 Un pont transbordeur est une structure métallique qui permet de faire
passer les véhicules et les personnes d'une rive à l'autre dans une nacelle
par translation horizontale.

Pont levant Pont basculant Pont transbordeur Pont tournant

III. CONCEPTION ET DIMENSIONNEMENT

1- Conception

La conception d’un pont résulte, le plus souvent, d’une démarche


itérative dont l’objectif est l’optimisation technique et économique de l’ouvrage
de franchissement projeté vis-à-vis de l’ensemble des contraintes naturelles et
fonctionnelles imposées, tout en intégrant un certain nombre d’exigences de
durabilité et de qualité architecturale ou paysagère. Aux quatre grandes étapes
d’un projet, à savoir, les études préliminaires, l’avant-projet, le projet et le
chantier correspondent pour un pont les stades suivants : choix de familles de
solutions et de pré-dimensionnement, puis avant-projet d’ouvrage d’art, projet et
enfin réalisation. Selon l’environnement, le choix de l’ouvrage peut influencer le
projet lui-même. Plusieurs facteurs influencent le choix du type de pont qui sera
construit à un endroit voulu. Notamment la distance sur laquelle il doit s’étendre
ainsi que celle qu’il doit y avoir en dessous du pont. On doit aussi prendre en
ligne de compte les matériaux nécessaires et la main d’œuvre disponible. De
plus, on doit calculer le type de circulation qu’il va y avoir sur ce pont, les coûts
Routes et ponts 28
Procédés Généraux de Construction 2010 - 2011

reliés à sa construction et finalement l’apparence du pont en relation avec son


entourage.

1.1- Implantation

En rase campagne, l’implantation d’un ouvrage d’art est souvent fixée


par le projet routier qui l’englobe, mais rarement de manière impérative. Si le
tracé ne comprend pas d’ouvrage exceptionnel, le poids financier des ponts est,
en principe, faible devant celui des terrassements. Par contre, s’il s’agit de
franchir une grande brèche ou un fleuve, l’implantation du pont ou du viaduc
doit être examinée avec soin. Une bonne collaboration doit s’instaurer entre le
spécialiste de la route et celui des ouvrages d’art. En milieu urbain, les
contraintes sont souvent déterminantes pour la conception. Les caractéristiques
géométriques doivent être déterminées avec soin. Elles dépendent
essentiellement de la nature de la voie portée, mais peuvent être légèrement
modifiées afin de simplifier le projet du pont, améliorer son fonctionnement
mécanique ou offrir une plus grande liberté dans le choix du type d’ouvrage. Les
questions de biais et de courbure doivent être examinées avec attention. En règle
générale, les grands ouvrages doivent, dans la mesure du possible, être projetés
droits : un biais, même modéré, complique l’exécution et induit un
fonctionnement mécanique qui peut s’écarter sensiblement des modèles de
calcul de la résistance des matériaux classique. Cela dit, il arrive souvent que les
ouvrages aient un faible biais dont il peut être assez facilement tenu compte dans
les calculs. Enfin, la question de la longueur du pont doit être posée : les progrès
accomplis dans l’exécution des terrassements ont bouleversé les données de la
comparaison entre le coût d’un pont et celui d’un remblai et, en l’absence de
contraintes majeures d’ordre esthétique ou hydraulique, le remblai constitue le
plus souvent la solution la moins chère. Cependant, un remblai neutralise une
bande de terres d'autant plus importante que sa hauteur est grande, ce qui peut
poser des problèmes si les terres en question ont une grande valeur agricole. Il
est alors préférable de projeter un viaduc avec des travées de portées modérées.

 Recueil des données naturelles

La visite des lieux par l’ingénieur est une étape essentielle du projet. Les
principaux renseignements à recueillir sur place sont évoqués ci-après.

- Topographie : L’établissement d'un relevé topographique le plus précis


possible est la première étape. La zone relevée doit être suffisamment large pour
d’une part envisager toutes les possibilités d’ouvrages, et d’autre part définir les

Routes et ponts 29
Procédés Généraux de Construction 2010 - 2011

possibilités d'accès, les aires disponibles pour les installations du chantier, les
stockages ou toute autre installation annexe.
- Hydraulique et environnement : Dans le cas du franchissement d'un cours
d'eau, le régime hydraulique doit être parfaitement défini : fréquence et
importance des crues, débit solide, charriage éventuel de corps flottants
susceptibles de heurter les piles. Dans la démarche moderne de conception des
ponts, une étude hydraulique est en général faite en amont. Cette étude a pour
objet d’évaluer les incidences de la réalisation de l'ouvrage sur la ressource en
eau, le milieu aquatique, l'écoulement, le niveau et la qualité des eaux, mais
aussi d'appréhender l'impact du cours d'eau sur l’ouvrage, et de déterminer
l'ensemble des données nécessaires à sa conception et à son dimensionnement et
à celui des aménagements connexes. Elle doit également définir les mesures de
protection des écosystèmes aquatiques et de la qualité de la ressource en eau.

Animation d'affouillement dû au courant sur une semelle d'une pile de pont


immergée.

La présence d'un ouvrage en travers d'un cours d'eau introduit une perte
de charge singulière, portant sur la hauteur d'eau et la vitesse d'écoulement. Le
pendant de cette dissipation d'énergie est, pour l'ouvrage, une force de traînée
qui, en cas de résistance insuffisante de l'ouvrage, peut entraîner sa ruine. Les
ponts en maçonnerie avaient des piles très massives. Les vides (ouïes) qui
étaient pratiqués dans le tympan permettaient un écoulement aisé de l'eau et
réduisaient ainsi la charge hydraulique sur l'ouvrage.Le pont est aujourd'hui
conçu pour une crue dite crue de dimensionnement, puis le projet est vérifié
pour une crue supérieure. Ainsi le pont doit limiter ses impacts hydrauliques à
des valeurs admissibles pour la crue de référence du risque d'inondation, à
savoir, les PHEC (Plus Hautes Eaux Connues) si la valeur du débit correspond à
une période de retour au moins centennale. Il doit par ailleurs être vérifié
qu'aucune aggravation du risque d'inondation n'est possible par la présence de
l'ouvrage ou sa défaillance lors des crues exceptionnelles dépassant la crue de
dimensionnement. Une valeur de débit correspondant à une période de retour
comprise entre 200 et 500 ans est en général retenue pour cette vérification.Mis
à part les chocs, le plus grand danger réside pour les ponts modernes dans les
affouillements, qui furent, par le passé, la cause la plus fréquente d'effondrement
de ponts sur un cours d'eau, comme ce fut le cas pour le pont de Tours (France)
en1978. Les techniques modernes de fondations permettent d'éviter ce type
Routes et ponts 30
Procédés Généraux de Construction 2010 - 2011

d'accident, mais la connaissance de la hauteur d'affouillement possible au


voisinage des appuis est indispensable pour dimensionner celles-ci. Pour
minimiser ces risques mais également pour diminuer les coûts, les concepteurs
limitent en général le nombre des appuis en eau.

- Données géotechniques : Ces données, qui concernent la nature du sol et


du sous-sol, sans oublier la connaissance du niveau de la nappe
phréatique, sont très importantes. Leur recueil constitue une étape
décisive pour le choix du type de fondations. La reconnaissance
géotechnique est faite dans un premier temps à partir d'une carte
géologique et permet de contribuer au premier choix du type d’ouvrage.
Une étude insuffisante peut entraîner des modifications du projet ou des
renforcements de la structure déjà exécutée très onéreux si le sous-sol est
de nature différente de celle attendue. Les essais géotechniques sont en
général assez coûteux et le projeteur doit organiser la reconnaissance en
fonction de la taille et de l’importance de l’ouvrage. Il s’agit de : des
carottages avec prélèvements d’échantillons, des essais pressiométriques
et des essais au pénétromètre . Il doit d’abord les faire aux emplacements
probables des appuis et recueillir les sondages qui auraient déjà été faits
dans le voisinage.

- Actions naturelles susceptibles de solliciter un pont :Outre l’action


d’un cours d’eau mentionnée plus haut, les autres actions naturelles
susceptibles de solliciter un pont sont des actions directes comme celles
du vent, dont la force peut être accrue dans le cas d’une vallée encaissée,
de la neige et de la glace, des séismes, de la houle dans le cas du
franchissement d’un estuaire ou d’un bras de mer, et des actions indirectes
comme celles des embruns et, de façon générale, les actions physico-
chimiques du milieu environnant. Vis-à-vis de ces dernières, des
dispositions constructives appropriées (enrobage des aciers passifs, choix
d’un béton à hautes performances) doivent être examinées en détail.

1.2- Données fonctionnelles

Afin de ne rien omettre, il convient de dresser à l’avance la liste des


données
indispensables pour entreprendre l’étude ; cette liste comprend le tracé en plan,
le profil en travers, tenant compte éventuellement d’élargissements ultérieurs, le
profil en long, les charges d’exploitation, normales et exceptionnelles, les
hauteurs libres et ouvertures à réserver (route, voie ferrée, voie navigable), la
qualité architecturale, les sujétions de construction, qui peuvent être de nature
très variée (délais de construction, coût relatif de la main d’œuvre et des
matériaux, disponibilité des granulats et du ciment, etc.).
Routes et ponts 31
Procédés Généraux de Construction 2010 - 2011

2- Dimensionnement

Le dimensionnement du pont passe par le pré-dimensionnement des


éléments principaux de l’ouvrage (fondations, appuis, éléments porteurs) par
application des règles de la résistance des matériaux puis par la vérification de
l’ouvrage et des parties de l’ouvrage aux états limites sous certaines conditions
de charges normées.

2.1- Les fondations

En fonction de la portance du sol où sont localisés les appuis, le concepteur


devra choisir entre fondations superficielles ou fondations profondes. Les
fondations superficielles reposent sur le sol ou y sont faiblement encastrées.
Elles travaillent grâce à la résistance du sol sur lequel elles s’appuient. Les
fondations profondes traversent en général un sol médiocre et sont encastrées
dans un sol consistant. Elles travaillent par frottement latéral et par effet de
pointe du sol contre ses éléments. Des dispositions complémentaires peuvent
être prises pour renforcer la portance du sol, comme par exemple l’injection de
coulis de ciment dans le sol. La qualité et la précision des études géotechniques
sont ainsi essentielles pour concevoir correctement les fondations d’un ouvrage.

2.2- Appuis

Les piles travaillent principalement en compression, mais aussi en


flexion sous l’action dynamique du vent sur le tablier et les autres éléments de
superstructures du pont, particulièrement pour les ponts de grande hauteur.
Après les piles de ponts en maçonnerie des ponts voûtés et les piles métalliques
des ouvrages du XIXe siècle, les piles modernes sont en général en béton armé.
Certaines d’entre elles peuvent être précontraintes verticalement sur une section
ou sur la totalité de leur hauteur, précisément pour lutter contre ces efforts de
flexion. Le dimensionnement consiste donc à définir, en fonction de charges
appliquées, la section de la pile ainsi que la nature et les dispositions des
armatures d’acier.

2.3- Eléments porteurs

Pour les ponts à poutres, la hauteur des poutres est un paramètre


important. Plusieurs considérations sont à prendre en compte pour leur
dimensionnement selon la nature des matériaux. Pour les poutres préfabriquées
en béton précontraint, si leur hauteur est trop grande, elles risquent de manquer
de stabilité, lorsqu'elles ne sont pas encore solidarisées, et de présenter une trop
grande prise au vent. En revanche, la réduction de la hauteur conduit rapidement
à une augmentation considérable des quantités d'acier de précontrainte, et même

Routes et ponts 32
Procédés Généraux de Construction 2010 - 2011

des sections de béton. Pour les poutres de ponts métalliques, le nombre de


poutres conditionne directement la hauteur de celles-ci. Depuis le début des
années 1990, la tendance est à la diminution du nombre de poutres sous
chaussée, mais l’adoption d’une structure à deux poutres n’est cependant pas
systématique. De nombreux paramètres tels que le poids de l’acier, le transport
ou le montage peuvent jouer en faveur d’une structure à plus de deux poutres.
Pour les ponts suspendus, à l’origine, l’étude du pont était celle du câble isolé,
les plus gros efforts dans ce câble étant ceux de la charge totale et leur calcul
était immédiat. Avec l’association câble - poutre de rigidité, l’étude était plus
complexe. Dans ce cas, le câble est une funiculaire des charges qui lui sont
transmises par les suspentes, et dont les côtés sont tangents à une parabole. Pour
la poutre de rigidité (tablier), la section est en général constante et le maximum
du moment fléchissant est situé à peu près au quart (25 %) de la portée.

Pour les ponts à haubans, le dimensionnement du tablier est dicté par les
sollicitations de flexion transversale, par la reprise des efforts ponctuels dans la
zone d’ancrage des haubans et, dans le cas des tabliers à suspension axiale, par
la limitation de la déformation en torsion sous l’effet de charges d’exploitation
excentrées.

V- TECHNIQUES D’ENTRETIENS

1. Ponts métalliques

Tout entretien d’un ouvrage doit être précédée par un diagnostic de la


structure et des désordres rencontrés. L’ensemble des techniques et méthodes de
construction des ouvrages sont utilisées en entretien, soit en atelier en
préparation d’éléments, soit sur site pour raccorder ces éléments à la structure en
place.

Pour le remplacement d'éléments endommagés, il convient de mettre en


place une structure de soutien provisoire pour éviter que le remplacement d’une
barre ou d’un treillis métallique ne mette en péril la structure. Une structure
métallique peut être renforcée en augmentant la section de ses éléments les plus
faibles par ajout d'un profilé ou d'une tôle. Pour les structures rivetées très
sollicitées, les rivets les plus endommagés doivent être remplacés, pour celles
qui sont soudées, des techniques spécifiques sont utilisées.

2. Ponts en maçonneries

Le traitement des fissures du béton ou d’un pont en maçonnerie peut être fait de
plusieurs manières : soit par injection d’un produit de scellement assurant une
liaison mécanique et/ou une étanchéité, soit par calfeutrement, consistant à les
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Procédés Généraux de Construction 2010 - 2011

colmater sur une certaine profondeur par un produit souple, soit par pontage et
protection localisée soit enfin par protection généralisée comme avec un béton
projeté.

CONCLUSION
En somme, les routes et les ponts, loin d’être de simples constructions de
franchissement, sont aujourd’hui de véritables ouvrages d’art dont les
réalisations nécessitent de profondes études scientifiques et une technicité très
poussée. Il s’avère donc capital que l’apprenant en génie civil en face une étude
particulière pour pouvoir répondre aux défis.

Routes et ponts 34
Procédés Généraux de Construction 2010 - 2011

CAPTAGE
PAR DRAIN
DE
SOURCES
DIFFUSES

Routes et ponts 35
Procédés Généraux de Construction 2010 - 2011

PLAN
INTRODUCTION

I. DESCRIPTION DU CAPTAGE PAR DRAIN


1. Quelques définitions
2. Description
II. MATERIAUX UTILISES POUR LA FABRICATION DES
DRAINS LE DRAIN
1. Le drain en roches
2. Le drain en PVC
3. Le drain en poterie
III. ETAPES DE REALISATION D’UN DRAIN
1. Le piquetage des tranchées
2. Creusement des tranchées
3. Le calibrage des tranchées et leur étanchéification
4. Mise en place du drain
5. Comblement des tranchées et l’étanchéité de la surface
6. Protection et maintenance du captage
IV. LA MISE EN ŒUVRE D’UNE CHAMBRE DE
CAPTAGE
1. La chambre de captage
2. La mise en place d’un mur de captage
3. La réalisation de la chambre de captage

CONCLUSION

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Procédés Généraux de Construction 2010 - 2011

INTRODUCTION

Certaines sources ne présentent pas à proprement parler d’arrivées d’eau


ponctuelles, leur zone d’émergence est large et diffuse : l’eau sort de terre dans
une pente sur une large surface de terrain d’aspect marécageux. De telles
émergences diffuses se rencontrent pour des sources par débordement ou par
déversement dans des aquifères constitués de roches meubles et pour des
sources artésiennes émergent à travers un toit de roche meubles. L’installation
de drains-captants (ou drains d’interception) peut alors s’avérer être la solution
la plus adéquate pour capter et collecter l’eau émergeant de ce type de source.
C’est dans cette optique qu’il nous a été recommandé dans le cadre du cours des
Procédés Généraux de Construction ce présent exposé portant sur les captages
par drain de source diffuse.

Routes et ponts 37
Procédés Généraux de Construction 2010 - 2011

I- DESCRIPTION DU CAPTAGE PAR DRAIN


1. Quelques définitions

Le captage: dispositif de recueillement des eaux d’une source ou de


prélèvement dans un cours d’eau.
Drain : tuyau poreux ou perforé utilisé pour capter et évacuer l’eau contenue
dans un sol.
Source diffuse: source ne présentant pas une arrivée d’eau ponctuelle, mais
plutôt répandue dans diverses directions.
On peut alors entendre par captage par drain de source diffuse un dispositif
pour recueillir et évacuer par des drains l’eau diffuse dans un sol; drainage sur
un terrain marécageux par exemple.

2. Description
Le dispositif de drainage est installé au fond d’une ou plusieurs tranchées
creusées au niveau de l’émergence et disposées au mieux pour capter l’ensemble
des filets d’eau de la source.

Les drains sont disposés en Y ou en T dont les branches, appelées ailettes sont
situées en amont d’un drain principal puis d’un tuyau collecteur disposé suivant
la ligne de plus grande pente du terrain- débouchant dans une boîte de collecte.

Routes et ponts 38
Procédés Généraux de Construction 2010 - 2011

Fig 1: Drain au fond d’une tranchée

Dans le cas d’émergence peu importante, les drains peuvent déboucher


directement dans une boite de collecte simple qui renvoie l’eau vers la chambre
de captage au travers d’un conduit d’adduction.

Fig 2: Détail d’un drain en Y

Notons que l’eau est captée dans les drains par un phénomène de
rabattement de nappe.

Routes et ponts 39
Procédés Généraux de Construction 2010 - 2011

Fig 3: Captage par rabattement de nappe

I. MATERIAUX UTILISES POUR LA FABRICATION DES


DRAINS LE DRAIN

Le drainage d’une source peut se faire par avec différents moyens et


matériaux : drains en roches, galeries captantes, drains en poteries, drains
plastiques préfabriqués ou drains fabriqués à partir d’un tuyau PVC.

1. Le drain en roches
Ce drain est constitué de couches de roches (de la grosseur d’un poing)
disponibles sur place. Il est donc économique mais sa mise en œuvre n’est
possible que sur des terrains de base non sableux.
2. Le drain en PVC
Ces tubes étant accessibles partout de nos jours et ce type de drain étant facile à
fabriquer localement. Ils peuvent être fabriqués y compris sur le site même du
chantier (par les usagers) : il suffit d’un feu pour faire fondre une extrémité et la

Routes et ponts 40
Procédés Généraux de Construction 2010 - 2011

boucher, et de quelques coups de scie pour y tailler des crépines. Ils ont un bon
rendement et se colmatent moins facilement que les drains en roche. Leur mise
en place est assez aisée car le drain PVC est facile à manipuler, facile à installer
et il épousera bien la tranchée; mais il est conseillé d’utiliser des tuyaux de forte
diamètre (plus de 70 mm, 90 de préférence).

Fig 4: Drain en PVC

3. Le drain en poterie
Plus difficiles à mettre en œuvre, lourds à transporter, les éléments de poterie
sont utilisable à condition d’être fabriqués à proximité du chantier. Le drain
en poterie est alors économique.

II. ETAPES DE REALISATION D’UN DRAIN

Après les études préliminaires sur le comportement de l’émergence selon les


saisons et les années, on procède aux travaux de fouilles et de captage de la
source.

1. Le piquetage des tranchées


On matérialise par un premier piquet, dans l’axe de la plus grande pente,
la zone d’émergence la plus basse à capter pouvant éventuellement correspondre

Routes et ponts 41
Procédés Généraux de Construction 2010 - 2011

au point d’affleurement du substratum imperméable de l’aquifère. Toujours dans


l’axe, on matérialise le point de limite supérieure de la zone d’émergence en
période de hautes eaux ; et de part et d’autre de ce point et sur la même courbe
de niveau, on matérialise les limites latérales de la zone d’émergence ou
éventuellement de la portion que l’on pense capter.

2. Creusement des tranchées


Les tranchées auront une largeur minimale de 40 cm et leur hauteur
variera selon le relief du terrain. Pour éviter les risques d’effondrement, on
veillera toujours à ne pas entreposer les matériaux extraits des tranchées à
proximité des abords mêmes de celles-ci : ces matériaux humides pèsent
beaucoup sur les parois et peuvent très facilement provoquer l’affaissement de
celles-ci ; donc, il faudra évacuer ces déblais à une bonne distance.

Fig 5: Creusement d’une tranchée


Dans le cas de terrains éboulant, on ne pourra creuser qu’en étayant les parois
et en prenant de grandes précautions.
Dans le cas des sols présentant un substrat imperméable, on peut
immédiatement atteindre ce substrat lors du creusement. Ainsi, le creusement se
fait dans le sens de la veine d’eau la plus abondante jusqu’à 2m de profondeur
puis vient le creusement des ailettes. Si l’on n’est pas sur le substrat, on creuse

Routes et ponts 42
Procédés Généraux de Construction 2010 - 2011

dans le versant jusqu’à ce qu’on l’atteigne. Dans le cas où la profondeur


nécessiterait de grands travaux de creusement, il est souhaitable de réaliser un
captage par puits plutôt que drain.

3. Le calibrage des tranchées et leur étanchéification


On détermine en fonction de la qualité des écoulements dans les tranchées, la
longueur des drains à installer.
A ces emplacements, on veille à obtenir, en fin de travaux de fouille, des
tranchées horizontales et si possible reposant sur le niveau haut de
l’imperméable (qui n’est pas nécessairement horizontal). On part alors de
l’extrémité des ailettes et on recreuse les tranchées pour leur donner une pente
de 1 à 2% (qui sera la pente des drains), si c’est possible sans endommager
l’étanchéité du fond.
Si la pente de la zone à capter est forte et suivant le type d’aquifère il peut être
nécessaire d’étanchéifier l’aval des ailettes avec de l’argile compactée ou d’un
mur, ainsi que le départ du tuyau collecteur.

4. Mise en place du drain


Chaque drain sera posé au fond de la tranchée si celle ci est ferme, ou sur un
lit de propreté en graviers si celle-ci est trop boueuse.

5. Comblement des tranchées et l’étanchéité de la surface


Une fois posé, le tube drainant sera rapidement recouvert sur toute sa
longueur d’une couche de graviers d’une vingtaine de centimètres d’épaisseur et
autant de largeur (on utilisera du gravier si possible nettoyé et calibré, pouvant
avoir été réalisé sur place préalablement).

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Procédés Généraux de Construction 2010 - 2011

Fig 6: Coupe transversale d’un drain

Cette couche de gravier permettra d’augmenter les capacités drainantes de


l’installation et d’assurer un certain filtrage des impuretés, limitant ainsi les
risques de colmatage des crépines. Il est aussi possible d’appliquer un film de
plastique ou une feuille d’aluminium qu’on recouvrera d’argile et de terre
compactée.

6. Protection et maintenance du captage


Une fois le captage réalisé, la zone de captage va progressivement se ressuyer
(la nappe étant rabattue au niveau des drains) et si l’ensemble de l’émergence
antérieure est capté, le terrain va s’assécher durablement.
Cette zone auparavant très humide va donc se trouver profondément
transformée et une végétation différente va s’y installer.
En état terminé, les sites sont composés de terres remaniées (sans
compactage ou compactage primaire) Il y a lieu de s’assurer de la protection
contre l’érosion.

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Procédés Généraux de Construction 2010 - 2011

 Il faudra former le comité eau, les usagers et le propriétaire du terrain où


se situe le captage afin qu’ils prennent conscience de l’importance de la
protection et maintenance durable de la zone du captage.
 Un périmètre de protection de la zone de captage devra être défini et
clôturé, afin d’empêcher les pollutions de surface (animaux, défécation,
eaux usées, déchets…) ;
 des fossés de déviations des eaux de ruissellement et des protections
antiérosives seront installés si nécessaire
 le sol situé au dessus des drains ne devra plus être cultivé ; on laissera s’y
développer une végétation naturelle qui sera fauchée régulièrement afin
d’empêcher l’apparition de végétation arbustive ou arborée.

II- LA MISE EN ŒUVRE D’UNE CHAMBRE DE


CAPTAGE
1. La chambre de captage
C’est un réservoir situé en aval du collecteur comprenant une arrivée d’eau et
trois sorties pour la distribution, le trop-plein et la vidange. Le niveau de la
canalisation d’arrivée doit être supérieur à celui de la canalisation de départ qui
sera posée à 15 cm au-dessus du fond. Pour obtenir une bonne adhérence au
mortier de la maçonnerie les éléments de canalisation doivent être en acier
galvanisé.
Ce réservoir doit être étanche à l’extérieur : les eaux de pluie et de ruissellement
ne doivent pas pouvoir y pénétrer. Il doit cependant avoir un accès qui permet
d’entrer à l’intérieur pour l’entretenir et vérifier l’état du drain.

2. La mise en place d’un mur de captage


Pour réaliser la chambre de captage, il faut soit dévier soit barrer l’écoulement
de la source qui gène énormément les travaux de maçonnerie.

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Procédés Généraux de Construction 2010 - 2011

 Un canal de déviation
Si la topographie le permet, il est préférable de creuser un canal de déviation
pendant la durée des travaux. On s’efforcera de bien le reboucher à la fin des
travaux pour éviter que la source ne le réutilise par la suite. Mais cette solution
est rarement réalisable. Aussi faut-il le plus souvent choisir la seconde.
 Un mur de barrage
Ce mur doit surtout protéger la maçonnerie au moment de la prise. Il est fictif
parce qu’il est détruit à la fin des travaux. Il doit être implanté en amont de la
chambre de captage pour retenir l’eau et la détourner à l’aide d’un tuyau PVC.
Ce mur peut être réalisé avec une planche, un film plastique et de terre ou avec
des boudins plastiques superposés, bourrés de ciment et de sable sec et percés
pour permettre à l’eau de s’infiltrer et de faire prendre et durcir le mortier.

3. La réalisation de la chambre de captage


Faire un soubassement en pierres sèches d’une épaisseur minimale de 30 cm et
d’une largeur supérieure à celle de la chambre.
Pour une chambre réalisée en maçonnerie, sur le soubassement, il faut dresser la
buse et couler à l’intérieur une dalle de béton de 8 cm d’épaisseur. Prévoir le
passage des conduites par le fond de la chambre et leur pose avant le coulage de
la dalle. La buse recevra un couvercle en béton armé.

Fig7 : Chambre de captage préfabriquée

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Procédés Généraux de Construction 2010 - 2011

CONCLUSION

Ce présent exposé a été très bénéfique pour les uns et les autres car il nous
a permis d’avoir une idée plus ou moins précise du mode de captage par drain de
source diffuse et nous initie à la recherche scientifique.

Nos sincères remerciements vont à l’endroit du Professeur Edmond ADJOVI,


chargé du cours; sans qui ces travaux de recherches que nous avons réalisés
n’auraient pas lieu. C’est aussi l’occasion pour nous de saluer son entier
dévouement à la cause estudiantine.

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Procédés Généraux de Construction 2010 - 2011

BIBLIOGRAPHIE

 Les routes dans les zones tropicales et désertiques, Tome II,


BCEOM/CEBTP, Etudes techniques et construction, Collection Routes et
Villes, 2ème Edition, 1991
 La fabrication du bâtiment - Le gros-œuvre, Tome I, Gérard
KARSENTY, Collection Eyrolles, 2005
 Maintenance et réparation des ponts, Jean-Armand CALGARO & Roger
La CROIX, Presse de l’école nationale des Ponts et chaussées, France,
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 Wikipédia

Routes et ponts 48