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UNIVERSTE MOHAMED V Année universitaire 2018-2019

Faculté des sciences juridiques,


économiques et sociales-Souissi

DEPARTEMENT DE SCIENCES ECONOMIQUES

FISCALITE DE L’ENTREPRISE

S5

SUPPORTS PEDAGOGIQUES DU COURS

-I-

Fiche 1 : Notion et rôle de l’impôt


Fiche 2 : Classification de l’impôt
Fiche 3 : Sources du droit fiscal
Fiche 4 : La procédure d’imposition

Professeur : Ouafaà KHALLOUK

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Fiche1- Notion et rôle de l’impôt

□ DEFINITION DE L’IMPOT

Définition de Gaston Jèse : « Prestation pécuniaire requise des particuliers par voie
d’autorité, à titre définitif et sans contrepartie, dans le but d’assurer la couverture des
charges publiques ». 1936, traité de la science des finances.

1 – L’impôt est un prélèvement pécuniaire obligatoire, définitif

▪ L’impôt est un prélèvement de nature pécuniaire, c'est-à-dire perçu en argent contrairement à un


paiement en nature.

▪ L’impôt est obligatoire, perçu par voie d’autorité

✓ L’impôt est l’une des prérogatives de puissance publique ;


✓ Le contribuable ne peut se soustraire à l’obligation fiscale.

▪ L’impôt est un prélèvement définitif

La dette fiscale n’est pas sujette à remboursement. On notera que l’impôt n’est un prélèvement à
titre définitif que s’il a été légalement établi, auquel cas, le contribuable peut demander la décharge.

Exceptions : Le caractère obligatoire connaît un certain nombre d’exceptions prévues par le


législateur (cas des exonérations, cas de l’option pour l’imposition,…) ;
Le caractère définitif connait également quelques exceptions ( remboursement de la TVA…).

2 – L’impôt est une prestation pécuniaire sans contrepartie directe

▪ L’impôt ayant une finalité collective, il n’a pas de contrepartie déterminée pour le contribuable
qui le paie. Chaque fois qu’il existe une corrélation entre le montant prélevé et le service rendu, on
est en présence d’une taxe ou d’une redevance. Ce sont les usagers effectifs qui les paient et leur
montant est affecté au service prestataire.
▪ La question de la contrepartie doit être précisée car l’impôt a une contrepartie représentée par
l’ensemble des biens et services collectifs dont il assure le financement et qui sont attribués
« gratuitement » au citoyen-contribuable. Mais il n’a pas de contrepartie directe, spécifique et bien
déterminée, sa finalité est collective (principe de la non affectation).

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3 – L’impôt est une prestation pécuniaire qui sert à la couverture des
charges publiques

▪ Une finalité purement financière à l’époque classique : neutralité des FP.


A l’époque classique, les FP sont neutres par rapport à l’économie. Dans ces conditions, les impôts
ne peuvent pas influencer l’économique ou le social : les impôts perçus servent uniquement à
financer les dépenses publiques.

▪ Une finalité diversifiée à l’époque moderne : le développement de l’interventionnisme fiscal.


On a vite compris que l’impôt pouvait devenir un instrument d’incitation au développement de
certaines activités économiques ou sociales. Ainsi est apparu ce que l’on appelle
l’interventionnisme fiscal.
A force de prévoir des déductions fiscales, des exonérations, en vue de favoriser tel ou tel
comportement, on a diminué les rentrées fiscales. C’est ainsi qu’est apparue la notion de « dépense
fiscale » qui désigne en réalité le manque à gagner engendré par l’interventionnisme fiscal (cf.
rapport sur les dépenses fiscales, document budgétaire qui accompagne le PLF).
La finalité financière reste toutefois la finalité principale.

□ FONCTION DE L’IMPOT

▪ Fonction financière := faire participer les contribuables au financement des dépenses


publiques. Les prélèvements obligatoires avaient pour finalité unique de permettre à l’Etat libéral
d’assurer quelques grandes tâches minimales, ce que l’on peut qualifier de « dépenses de
souveraineté » ou dépenses régaliennes.

▪ Fonction économique : = La fonction économique de l’impôt peut se concrétiser par des actions
structurelles ou conjoncturelles :
Action structurelle : Sur le plan économique, l’Etat conduira une politique d’incitation à
l’investissement ou encore favorisera par des choix fiscaux appropriés la création d’entreprises
nouvelles, les restructurations industrielles, etc.
Action conjoncturelle : De façon plus conjoncturelle, l’Etat cherche par exemple à augmenter ou à
baisser la TVA pour certains redevables.

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▪ Fonction sociale : = La fonction sociale de l’impôt, s’est exprimée à diverses époques par la
mise en œuvre de politiques dites des revenus, consistant à combattre par la voie fiscale les
inégalités des revenus et des patrimoines.

RETENIR

Fonction financière Fonction économique Fonction sociale

Faire participer les Influencer le comportement des Combattre les inégalités


contribuables au financement agents économiques par des sociales par une fiscalité de
des dépenses publiques. actions : redistribution et de
- conjoncturelles (baisse ou hausse solidarité nationale.
de la TVA, …) ;
- structurelles (mesures en faveur
de la création d’entreprises, …).

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Fiche 2- Classification des impôts

1 – Selon la personne bénéficiaire


▪ Etat : IR, IS, TVA…
▪ Collectivités territoriales : taxe professionnelle, taxe d’habitation, taxe de services
communaux (impôts gérés par la DGI) + autres impôts et taxes locaux.

2 – Classification économique
La classification économique de l’impôt prend comme critère la ressource économique atteinte
par le prélèvement fiscal. Cette typologie actuellement la plus employée, distingue entre l’impôt
sur le revenu, l’impôt sur la dépense et l’impôt sur le capital.
▪ Les impôts sur le revenu : frappent l’acquisition d’un revenu par le contribuable (IR, IS).
▪ Les impôts sur la dépense : grèvent les dépenses de consommation ou d’investissement
(TIC, TVA, ...).
▪ Les impôts sur le capital : portent sur le patrimoine mobilier et immobilier, soit lors de
ses mutations (droits de mutation à titre onéreux, droits de succession …), soit du simple
fait de sa détention.
RETENIR
Prélèvement effectué lorsqu’apparaît le « revenu », par exemple :
L’impôt sur les - l’impôt sur le revenu (IR) ;
revenus - l’impôt sur les sociétés (IS)…

Prélèvement effectué lors d’une « consommation », par exemple :


L’impôt sur la
- la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ;
consommation
- les taxes intérieures de consommation (TIC ou accises)…

Prélèvement effectué à la suite d’une accumulation (valeur d’un


L’impôt sur le patrimoine) ou d’un mouvement (transmission de biens) de
capital « capital », par exemple :
- les droits de succession ;
- les plus values mobilières et immobilières ;
- taxe urbaine …

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3 – Classification technique

▪ Impôt direct /impôt indirect

• Impôt direct = les impôts directs sont les impôts supportés directement par les personnes
qui y sont assujetties. Ils ne peuvent reporter la charge de l’impôt sur d’autres agents
économiques.

• Impôt indirect = les impôts indirects sont les impôts sur les dépenses, qui s’incorporent
dans le prix des biens et des services consommés. Les entreprises assujetties les versent à
l’État.
Les impôts indirects touchent une matière imposable quel que soit le contribuable (riche
ou pauvre). Les impôts indirects tels que la TVA sont souvent qualifiés d’impôts
indolores.

▪ Impôt réel / impôt personnel

• Impôt réel = un impôt réel appréhende une chose, envisagée dans sa


dimension strictement économique, sans se préoccuper du statut du contribuable ni de sa
dimension personnelle. (cas de la TVA).

Impôt personnel = l’impôt personnel, est un impôt qui appréhende les facultés
contributives avec le souci de personnaliser la charge fiscale. Il prend en compte la
situation personnelle du contribuable et surtout sa situation familiale (ex. : l’impôt sur le
revenu).

▪ Impôt analytique / impôt synthétique

• Impôt analytique = l’impôt analytique ne frappe qu’un élément du patrimoine ou une


catégorie de revenu (cas des impôts cédulaires).
• Impôt synthétique = l’impôt synthétique atteint une valeur ou une situation économique
prise dans son ensemble (cf. passage des impôts cédulaires à l’impôt sur le revenu qui est
un impôt global).

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RETENIR
L’impôt cédulaire sur le revenu est un impôt analytique qui n’atteint qu’une catégorie de revenu,
alors que l’impôt général sur le revenu (institué en 1990 au Maroc, devenu IR ) porte sur le
revenu global d’un contribuable, toutes sources de revenus confondues.

▪ Impôt proportionnel/impôt progressif

• Impôt proportionnel = s’obtient par l’application d’un taux d’imposition fixe


à la base imposable (cas de la TVA, de l’IS….).

• Impôt progressif = s’obtient par l’application d’un barème qui permet de faire
croître le taux de l’impôt avec la progression de la matière imposable (cas de
l’impôt sur le revenu).

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Fiche 3- Les sources du droit fiscal

1- Les sources internes


La loi est la principale source du droit fiscal, en vertu du principe de légalité de l’impôt, mais le
droit fiscal n’est pas purement normatif. Les lois fiscales, doivent être mises en application par de
nombreux actes réglementaires. Le droit fiscal voit sa complexité augmenter par la diversité des
actes administratifs à consulter, qu’il s’agisse de décrets, de circulaires,…

▪ Les sources législatives et réglementaires

Au Maroc, la loi est la principale source du droit fiscal. L’article 39 de la constitution de 2011
dispose que tous les citoyens « supportent, en proportion de leurs facultés contributives, les
charges publiques que seule la loi peut, dans les formes prévues par la présente constitution, créer
et répartir ».
Cependant, le règlement en matière fiscale est pour l’essentiel un règlement d’application.
En effet, étant donné la technicité de la matière, le législateur peut inviter le pouvoir réglementaire
à intervenir largement dans la mise en œuvre des règles fiscales.

▪ Les sources doctrinales et jurisprudentielles


La doctrine administrative, est constituée par l’ensemble des commentaires que fait
l’administration des textes fiscaux. Elle joue un rôle indispensable dans la mise en œuvre des
règles fiscales mais elle n’a pas de caractère juridique contraignant pour les contribuables.
Toutefois sa portée pratique est immense car elle vient expliquer le sens des lois fiscales dans le
but de les rendre plus compréhensibles et d’en assurer une application plus facile et uniforme sur
le territoire.
Les circulaires ou instructions administratives ne doivent rien ajouter au texte qu’elles ont pour
mission de commenter, pour éviter de devenir illégalement source de droit.

La jurisprudence quant à elle, est constituée par les différents jugements rendus en matière
fiscale par les tribunaux lors de conflits opposant des contribuables à l’administration fiscale.

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2- Les sources internationales

Ces sources tendent à se multiplier avec le développement des relations économiques


internationales. Leur rôle est tellement important qu’elles s’imposent au droit interne et peuvent
en modifier les dispositions, si bien qu’on peut parler d’une « internationalisation du droit
fiscal ».
Ainsi, la loi fiscale interne n’est plus souveraine, elle est limitée par un réseau de conventions
fiscales internationales.

▪ Les conventions fiscales contre la double imposition sont pour l’essentiel conclues pour éviter
la double imposition ou l’absence d’imposition.

En effet, la compétence des états étant souveraine, une même faculté contributive peut faire
l’objet, à l’occasion de rapports économiques internationaux, d’une imposition double ou d’une
non imposition. Il suffit pour cela que chacun des Etats applique des critères de territorialité
différents pour un même impôt (cf. partie du cours sur l’IR + cas pratique traité en classe).

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Fiche 4- La procédure d’imposition

1- L’assiette de l’impôt

▪ La recherche de la matière imposable

C’est l’ensemble des opérations administratives qui ont pour but de rechercher et d’évaluer
la matière imposable. Ainsi, asseoir l’impôt aboutit à déterminer la base d’imposition.

Il s’agit de délimiter une base de calcul à l’impôt. Elle peut être :


- une réalité physique, l’hectolitre d’alcool pour les contributions indirectes- ou
- une réalité économique, le chiffre d’affaires ou le revenu- ou encore
- une réalité juridique, la propriété pour les droits de mutation.

La recherche de la matière imposable s’effectue par le procédé du recensement ou par celui de la


déclaration d’existence.
• Le recensement conduit les agents de l’administration à se déplacer pour rechercher la matière
imposable. Ce procédé est utilisé au Maroc notamment pour :
- la taxe d’habitation (TH) est assise sur la valeur locative (VL) des immeubles,
déterminée par voie de comparaison par la commission de recensement. Cette VL est
fixée d’après la moyenne des loyers pratiqués pour les habitations similaires situées dans
le même quartier. La valeur locative est révisée tous les cinq (5) ans par une augmentation
de 2%. ;
- La taxe professionnelle est établie sur la valeur locative annuelle brute, normale et
actuelle des magasins, boutiques, usines, ateliers, hangars, chantiers, lieux de dépôts et de
tous locaux, emplacements et aménagements servant à l’exercice des activités
professionnelles imposables.

Il est procédé annuellement à un recensement des redevables exerçant une activité


professionnelle, même lorsqu’ils sont expressément exonérés de la taxe professionnelle.

Lors des opérations de recensement, les redevables sont tenus de faire connaître à l’inspecteur
des impôts :
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- la nature de l’activité professionnelle exercée ;


- l’importance de l’activité compte tenu du nombre d'ouvriers, employés et autres éléments
caractéristiques de l’activité ;
- la situation, l'affectation et la valeur locative des locaux occupés ;
- et tout autre renseignement nécessaire à la détermination de la valeur locative.

De même, à toute période de l’année, les inspecteurs des impôts commissionnés à cet effet
peuvent visiter, aux heures légales, les locaux servant à l’exercice d’un commerce, d’une
industrie ou d’une profession, pour procéder à toutes constatations utiles et recueillir tous les
renseignements nécessaires à la détermination de la base de la taxe professionnelle.

• La déclaration d’existence (art.109 et 148 du CGI), est plus couramment employée


actuellement. Il appartient alors aux contribuables soumis à la TVA, à l’IS et à l’IR (au titre des
revenus professionnels ou qu’ils en soient exonérés ainsi que les contribuables imposables au titre
des revenus agricoles….) de déclarer l’existence de leur activité à l’administration selon un
imprimé modèle comportant tous les renseignements nécessaires relatifs à leur activité
professionnelle.

■ L’évaluation de la matière imposable


• L’évaluation par le contribuable : la déclaration
La déclaration est le procédé de constatation et d’évaluation de la matière imposable le plus
couramment répandue dans les systèmes fiscaux modernes. Son extension s’est faite
progressivement à quasiment tous les impôts.
Cette méthode présume que le contribuable est de bonne foi, par conséquent l’impôt sera liquidé
à partir de la déclaration qu’il établit et dans laquelle il procède conformément aux prescriptions
de la loi fiscale, à la détermination de sa base d’imposition, sous le contrôle de l’administration.
Même si la déclaration est toujours présumée exacte, elle joue le rôle de moyen de preuve
opposable à l’administration fiscale et au contribuable. Le déclarant est celui qui est présumé le
mieux connaître le montant de la matière imposable. Cette méthode peut être une source de
complexité pour le contribuable qui ne peut pas maîtriser l’ensemble de la législation fiscale. Pour
l’administration au contraire elle allège ses obligations dans l’optique de présomption
d’exactitude.
Le contribuable communique tous les éléments de la matière imposable. Les services fiscaux, de
leur côté, sont en droit d’exiger toute justification ou document comptable. De ce fait, l’efficacité
de la méthode déclarative dépend surtout de l’efficacité des contrôles.

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➔ LE TOUT NUMÉRIQUE EN 2019

À partir de janvier 2019, l’administration fiscale sera intégralement numérique. Ce n’est qu’une première étape pour
passer à un nouveau palier dans la dématérialisation de la Direction générale des impôts dont le directeur général
Omar Faraj mise sur le développement de la data pour créer de l’intelligence économique et sociale.

➔ La direction générale des Impôts (DGI) s’achemine vers une numérisation intégrale de ses services à partir
du 1er janvier 2019. Jusque-là, le pari de la transformation numérique est visiblement réussi, comme en attestent les
données de la DGI. À fin juillet, près de 150 actes ont été dématérialisés correspondant à 90% des procédures faisant
intervenir les contribuables. 88% de la recette fiscale a été télé- payée. Par ailleurs, près de 6 millions d’actes ont été
réalisés au titre du 1er semestre 2018 à travers le système délivrant des services en ligne. Pour que l’administration
fiscale soit intégralement numérique, il reste encore quelques dispositions prévues par le budget 2018,
notamment le timbre électronique pour le passeport, le permis de chasse, le permis de port d’armes et le permis
international de conduire. Il s’agit aussi de l’obligation d’accomplir la formalité de l’enregistrement et l’acquittement
des droits y afférents par procédés électronique par les adouls, les experts comptables et les comptables agréés.

Rappelons que la dématérialisation des procédures au sein de la DGI a été engagée selon un processus
progressif. Elle a d’abord concerné les personnes morales, les professionnels avant d’être étendue en 2018 aux
particuliers. Pour le directeur général de la DGI Omar Faraj, le premier palier d’une administration numérique en
interface publique complètement dématérialisée a été franchi avec succès, mais il reste encore de grands efforts à
déployer en matière de data pour créer de l’intelligence économique et sociale sur la base du traitement de
l’information collectée en vue de lui donner du sens, tracer les perspectives d’avenir et détecter les éventuels fraudes
fiscales ( chantier que vient d’entamer la DGI).

➔ La première étape du chantier de la dématérialisation a positivement impacté le rendement de


l’administration fiscale en permettant la détection immédiate de ceux qui ne font pas leurs déclarations fiscales.
Avec la numérisation, les informations à l’intérieur du système peuvent être recoupées alors que par le passé, les
millions de flux de données sur papier étaient difficilement exploitables. La machine arrive désormais à détecter les
premiers niveaux d’incohérence dans une déclaration. «La dématérialisation a complètement changé notre
positionnement avec notre environnement», souligne Omar Faraj. La transformation numérique a aussi permis à
l’administration fiscale de gagner en ressources humaines. Avant la dématérialisation, la matière grise de la DGI
qui se compose de 70 % de cadres était mobilisée pour accomplir des tâches à faible valeur ajoutée alors
qu’aujourd’hui les cadres accomplissent des missions qui correspondent à leurs compétences.

Centrale de facturation qui sera lancé en 2020 :

Outre le projet de développement de la Big data et de l’intelligence artificielle, la DGI est en train de préparer le
grand chantier de la centrale de facturation qui sera lancé en 2020. Cette mesure, rappelons-le, vise à obliger les
contribuables, soumis à l’IS et l’IR professionnel selon le régime de résultat net réel (RNR) et le régime de
résultat net simplifié ( RNS) et assujettis à la TVA, à se doter d’un système informatique de facturation qui
répond aux critères techniques déterminés par l’administration et dont les modalités d’application seront fixées
par voie réglementaire. Cette obligation sera instituée par secteur d’activité et en octroyant un délai raisonnable aux
contribuables l’installation ou la mise à niveau de leurs systèmes de facturation. Sur le point de vue technologique, un
système d’information géographique de recensement de la population «fiscalisable» est en cours de préparation. Le
renforcement de l’échange de l’information n’est pas en reste. Rien qu’avec la coopération entre la DGI et direction
des douanes, on parvient à détecter des fraudes en matière de déclarations. «Des importations en millions de dirhams
n’étaient pas déclarées. On profitait du fait que deux départements du même ministère ne dialoguaient pas. L’échange
de l’information nous permet de savoir qui a fait quoi même en cas de sous-déclaration aux douanes», précise le DG
de la DGI. Par ailleurs, une commission mixte avec l’Office des changes sera créée pour lancer la réflexion sur le
développement de l’approche à adopter quant au commerce électronique.

Amélioration du classement international

Le Maroc a amélioré son rang de près de 40% au plan du «Paiement des impôts et taxes» dans l’édition du rapport
Doing Business 2018. Il s’est en effet hissé du 41ème rang en 2017 au 25ème en 2018, sur un total de 190 économies.
Le maroc a amélioré son classement en matière de paiement des taxes et impôts depuis l’édition de 2012, en
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progressant de 87 places. Afin de maintenir le cap au niveau de cet indicateur, le Maroc à travers la direction générale
des impôts a initié un ensemble de projets structurants en la matière, en l’occurrence la généralisation des
procédures de la télédéclaration et du télépaiement de l’impôt sur les sociétés, de l’impôt sur le revenu et de la
taxe sur la valeur ajoutée, ainsi que le développement de télé services fiscaux mis en ligne au profit des entreprises,
notamment la mise à en ligne du compte fiscal et la délivrance électronique de diverses attestations.

Nombre de télé déclarations en 2017 : TVA : 1 815 979, IS : 572 458, IR : 525 667.

• Le contrôle par l’administration


Dans la mesure où la déclaration repose sur les informations communiquées par le contribuable,
il est nécessaire pour l’administration fiscale de les vérifier.
En matière de contrôle fiscal, la DGI fonde son action sur deux orientations essentielles: l’encadrement de l’action
de l’administration à travers la sauvegarde de l’intégralité des garanties accordées aux contribuables et le dispositif
basé sur la réduction du temps de présence effective au niveau de l’entreprise contrôlée et le raffermissement des
capacité de contrôle à travers, notamment, l’enrichissement et l’exploitation intelligente de la data.
La Direction des Impôts s’est fixé comme principal objectif la lutte contre l’évasion fiscale en matière de TVA et
d’économie informelle. Ainsi, au cours de l’année 2017, un premier programme de droit de constatation a été réalisé
sur 997 contribuables, afin de vérifier la tenue des registres et documents professionnels. Le nombre de dossiers
vérifiés en 2017 avoisine les 3.900, en augmentation de 20% par rapport à 2016. Dans un premier bilan, les recettes
du contrôle fiscal sur place s’élèvent à 6,7 milliards de dirhams, contre 6,2 milliards en 2016, soit une progression de
9%.
2- La liquidation de l’impôt

La liquidation a pour objet de déterminer le montant de la dette fiscale, par application, à la


base d’imposition, du tarif de l’impôt.
L’opération de liquidation rend la dette fiscale liquide, c'est-à-dire payable et exigible dans un
certain délai.
• La liquidation de l’impôt incombe au contribuable (c’est notamment le cas de la TVA, de
l’IS).
• Cependant, la liquidation incombe à l’administration, dans certains cas.
• Enfin, dans le cas où l’impôt est perçu par voie de prélèvement à la source ce qui est le cas
notamment pour l’IR- salaire, les enseignants vacataires, les rémunérations occasionnelles versées
à des personnes ne faisant pas partie du personnel de l’entreprise, la liquidation est opérée par le
tiers.
■ Le tarif de l’impôt

Appliqué à la base d’imposition, le tarif de l’impôt permet de calculer le montant de l’impôt dû.
Le tarif est une notion complexe qui inclut les abattements pratiqués sur la base d’imposition, le
taux applicable et les majorations ou minorations d’impôt. L’élément essentiel du tarif est le taux
de l’impôt défini par le législateur.

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■ Le taux de l’impôt

Le plus souvent le taux de l’impôt est un taux ad valorem. Mais il existe, s’agissant de certains
impôts comme les TIC et la TVA spécifique, des taux spécifiques qui s’expriment non pas par une
valeur en dh mais par quantité de marchandise ou de produit visé.

Il existe deux types de taux d’imposition : les taux spécifiques et les taux ad valorem. Parmi les
taux ad valorem - les plus couramment répandus- on distingue le taux proportionnel et le taux
progressif.

• Taux spécifique et taux « ad valorem »

- Le taux est dit spécifique quand il est fixé en unités monétaires par unité de quantité ou de
volume de la base d’imposition. (TIC, TVA spécifique). Le taux spécifique est d’application
simple mais il nécessite une constante adaptation en fonction des variations de valeur qui peuvent
affecter les produits.
C’est pourquoi il est généralement abandonné, dans les économies modernes, au profit des taux ad
valorem, qui sont fonction de la valeur des bases d’imposition.
Le taux ad valorem, contrairement au taux spécifique, est indifférent à la nature de la matière
imposable. C’est un facteur d’unification du système fiscal. Le taux de l’impôt moderne est ad -
valorem lorsqu’il est exprimé en pourcentage de l’assiette.

• Taux proportionnel et taux progressif

- Le taux est proportionnel = lorsqu’il constitue un pourcentage fixe de la base d’imposition. Tel
est le cas de la TVA, par exemple.
Les impôts dits proportionnels consistent donc à multiplier une base d'imposition par un taux.
- Le taux est dit progressif = lorsqu’on applique un taux évolutif pour chaque base d'imposition.
L'impôt sur le revenu en est l'exemple type au Maroc. La progressivité est généralement aménagée
par tranches, c'est-à-dire que chaque élément du taux croissant n’atteint que la tranche qu’il
concerne.

La progressivité de l'impôt a pour but la redistribution des ressources entre les plus démunis et
les plus aisés. Ainsi, les tranches les plus faibles sont exonérées pour que les besoins
économiques de base (logement, nourriture, etc.) ne soient pas imposés. Au contraire, les tranches

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les plus élevées sont imposés plus fortement. Cela ne frappe pas les besoins primaires. Le taux
élevé finance l'exonération des tranches les plus basses.

C'est la vision keynésienne de l'impôt progressif : l'exonération des basses tranches ne pénalise
pas la consommation ; la taxation élevée des hautes tranches impacte l'épargne et non la
consommation. L'impôt progressif est souvent associé à une politique de l'État providence : la
redistribution des ressources permet de réduire les écarts de richesse entre les contribuables. C'est
l'équité verticale. Les personnes qui ont les plus fortes ressources doivent s'acquitter d'une charge
d'impôt plus élevée.

3 – Le recouvrement de l’impôt
Il s’agit de l’ensemble des opérations tendant à obtenir le paiement de la dette fiscale.
Recouvrer un prélèvement signifie en assurer la perception effective. La question centrale dans ce
domaine est le lien qui existe entre le fait générateur de l’impôt, c'est-à-dire l’événement qui
crée la dette fiscale, et le paiement matériel du prélèvement.

RETENIR
Sur un plan technique, on distingue trois opérations fiscales : l’assiette, la
liquidation et le recouvrement de l’impôt.

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