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Cours d’introduction à la phénoménologie

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Intitulé du cours : Penser la perception et le corps percevant avec Husserl et Merleau-Ponty

I. Husserl et la distinction entre perception interne et perception externe


Dans son analyse du temps, Husserl fait la distinction entre trois dimensions du temps. Il s’agit
du passé, du présent et du futur. Pour lui ce qui est juste passé, reste toujours présent en
nous. Et c’est ce qu’il nomme rétention. Dans ce contexte ce qui est passé est encore une
forme du présent. Il aurait pas de continuité de perception pour nous si nous ne sommes pas
en mesure de retenir. Le fonctionnement du souvenir classique c’est de rendre présent
quelque chose d’absent ; Par contre le fonctionnement de la rétention il s’agit de rendre
présent un souvenir proche. Par la rétention on arrive à maintenir les expériences de
conscience afin de les analyser comme des objets.
La question de l’articulation entre l’activité visuelle et celle tactique est assez ancienne dans
la réflexion philosophique. C’est un sujet déjà aborder par Aristote. Pour Husserl, dans le
phénomène de al perception, nous avons tendance à considérer que le « Je » était un esprit
désincarné. La spécificité du corps propre est décrite à travers un certain nombre de limites,
comparativement à la perception d’un objet extérieur. (Voir le texte 7). Mais l’imperfection
du corps propre, n’est pas en soit négatif. Elle est le revers même d’un privilège.
Dans son ouvrage, intitulé, Idées directrices pour une phénoménologie et une philosophie
phénoménologiques pures, Tome deux. Grace à la réciprocité dans l’expérience du touché,
Husserl fonde. Pour lui le contact le plus fondamental avec le monde c’est la tactilité. Mais
Husserl n’élargie pas la tactilité en dehors du corps propre et des objets du monde extérieur.
Dans le toucher il y’a une certaine réflexivité entre l’objet toucher et l’homme qui touche. Par
contre dans le cadre de la vue, il n y’a pas de réflexivité, car l’objet est vu, mais l’œil n’est pas
vu. Le corps propre est un corps qui se meut en tant que corps sentant. Il ya donc une
imbrication entre perception et motricité. En général, touché c’est aller vers un objet. Une
activité perceptive à proprement parler entraine toujours des activités motrices. Le corps
percevant est un corps qui se meut. Une vie statique est naturellement une vie sans
perception. La motricité personnelle est à apporter au vouloir de l’individu, alors que les
autres mouvements ne sont pas leur propre moteur. La motricité à un rôle important dans la
constitution du monde extérieur, mais aussi dans ma propre constitution.
Le corps propre constitue le point zéro de toutes les orientations. De sorte que la spécialité
s’exprime en fonction du corps. Ce qui sera plus tard développer chez Merleau Ponty.
Dans son ouvrage, Phénoménologie de la perception, Merleau Ponty cherche à faire de la
perception une des thématiques centrales de la phénoménologie. Dans cet ouvrage, il cherche
à s’approprier les resultats des recherches scientifique pour fonder ses analyses
phénoménologiques. La notion de la coapppartenance de la figure et du fond, revient à une
appartenance à un champ perceptif. Chaque perception se fait sur le fond de la toile du
monde. Chez Merleau Ponty, le monde fait objet d’une co-donation dans chaque perception.
Pour M. Ponty, l’adoption d’une posture éidétique (éidos : essence), consiste à faire un va et
vient entre les choses et la pensée.
La réduction phénoménologique est l’une des méthodes de la phénoménologie. Il s’agit d’une
mise entre parenthèse du factuel, pour en dégager les traits essentiels. En un sens plus général
il s’agit d’une absence de présupposé. M. Ponty fait un infléchissement de la phénoménologie
heideggérienne, en ce sens qu’il s’interroge sur la question de l’être dans le monde. Pour lui,
l’être dans le monde est fondé sur le corps propre. L’une des mérites de la psychologie de la
perception, est de dire que la perception elle-même a sa propre légitimité. Le perçu détient
sa propre légalité. C’est autonomiser la perception par rapport à la pensée. Pour lui la tâche
de désintellectualiser la perception est une tâche très importante. En montrant que le propre
de la perception se fait par l’intermédiaire du corps percevant. Il définit la perception comme
l’acte qui nous fait connaitre l’existence.
14/11/19
Lecture de l’ouvrage : Phénoménologie de la perception, lire aussi : Le philosophe et son
ombre.
La Php, s’ouvre sur un avant-propos qui tente d’inscrire sa méthode dans l’analyse
phénoménologique. Et cette phrase du début de la PhP, La sensation « cette notion ne
correspond à rien dont nous ayons l’expérience ». Il commence par faire une distinction entre
la sensation et la perception. On obtient la perception par une agrégation entre les différentes
étapes de la sensation. Il s’agit de critiquer la notion de la sensation sur la base de la
perception elle-même. Selon la gestalthéorie, la donnée perceptive fondamentale, c’est la
donnée structure figure-fond, ce n’est donc pas la sensation ni l’objet. La donnée perceptive
fondamentale est plutôt une structure fond. Il y a là l’idée d’appartenance de chaque objet à
un champ. Cela implique que toute perception est avant tout perception du tout. Le corrélat
fondamental de la perception n’est pas l’objet pris isolément, mais le champ global. L’objet
lui-même se définit à partir d’un champ. Quelle conséquence ? Cela à une conséquence sur le
sujet de la perception lui-même. Car le sujet de la perception est un sujet mondain. Ainsi on
peut surmonter la double démondainisation du sujet et de l’objet perçu. L’appartenance
mondain est le dénominateur commun entre le sujet et l’objet perçu. La perception va du tout
à la partie. Le fond est extensible et peut être renvoyer au monde. Le monde est toujours co-
donné dans chaque perception. Il s’agit d’un holisme de la perception proposé par Merleau
Ponty.
21/11/19
Contre l’atomisme de la perception, M. Ponty va défendre un holisme de la perception. Pour
lui, dans la perception, l’objet perçu ne se dissout pas dans ses différents qualités. Bien au
contraire le tout est primordial par rapport à ses partie. Il ya là coappartenance de la figure et
du fond chez M. Ponty. Il s’agit là d’insister sur le caractère incarné du sujet de la perception,
en tant qu’il est un sujet mondain. Il tente par-là démondainiser le sujet transcendantal de
Husserl, et du dasein de Heidegger. Cela montre que la perception ne peut pas être considérer
uniquement sur des considérations d’ordre physiologiques. Pour M. Ponty, « le phénomène
n’adhère pas au stimulus » (PhP, p. 30). Le phénomène renvoie a ce qui nous apparait. Cela
revient à dire que ce qui apparait n’est pas réaction affective, venant de l’objet. « Le propre
du perçu est d’admettre l’ambiguïté » (PhP, p.34). Le perçu ne s’explique pas par les
propriétés objectives du stimulus. Le perçu appartient à un champ ce qui explique son
indétermination. La critique de l’association, c’est aussi une critique contre l’atomisme, que
l’ont peut considérer comme un holisme de la perception. La thèse de l’intellectualisme, tout
s’explique par l’attention que le sujet prête au stimulus. Mais pour Merleau Ponty, le perçu a
sa propre logique qui ne dépend ni du stimulus perceptif ni de l’acte intellectuel.
28/11/19
Dans l’avant-propos de la Phénoménologie de la perception, Ponty, essaie d’inscire la
psychologie dans le champ de la phénoménologie. Il revient ainsi sur les notions
d’intentionnalité, de la réduction eidétique, tout en les infléchissant dans son propre sens. Il
s’oppose a la vision atomiste de la perception. En lui opposant une vision holiste de la
perception. Ainsi, pour lui dans l’acte de la perception, le tout précède à la partie. Ensuite le
sujet de la perception se constitue par son appartenance au monde. Pour lui il faut incarner
et mondaniser suffisamment le sujet de la perception.
Un des volets important de la pensée de Ponty est la désintellectualisassions de la perception.
Pour lui, la légalisation de la perception, n’est pas liée au stimulus objectif de la perception,
elle ne vient pas non plus de l’intellect. Pour les intellectualiste, la donnée sensorielle ne fait
pas sens par elle-même (Descartes et la perception des chapeaux à travers la fenêtre).
Contre cette vision, Descartes estime que pour comprendre la perception il n’est pas besoin
de penser. Il y a là la proposition d’un sens sui generis, dans la perception, et qui n’a pas besoin
d’être pensé. Le sens se manifeste déjà dans le perçu. Pour Ponty, « le philosophe ne cherche
à expliquer la perception, mais à coïncider avec l’opération perceptive et à la comprendre »
Php, p.72. Il faut donc chercher à comprendre la perception de l’intérieur. C’est aussi
accomplir la perception, en ce redécouvrant soi-même en tant que sujet percevant. « Le sentir
est cette communication vitale avec le monde » (PhP, p. 78).
« Il manque à la gestalthéorie un renouvèlement des catégories », c’est dire que cette théorie
nous a permis de mieux voir. Mais elle ne disposait pas de concept pour traduire exactement
les phénomènes. Ponty, pense avoir des concepts pour mieux exprimer la perception. C’est
donc la psychologie qui fournit une charpente à la phénoménologie.