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Meta-modèle de référence holonique pour

la gestion de la traçabilité du produit dans


la chaîne logistique.

S. BENDRISS* — A. BENABDELHAFID* — J.BOUKACHOUR*

*Université du Havre
25 rue Philippe Lebon
76600 le Havre cedex
ben_sabri2003@yahoo.fr ; {benabdelhafid, boukachour} @univ-lehavre.fr

RÉSUMÉ. Dans une approche de gestion et de conduite des processus centrée sur le produit
pour des fins de traçabilité, et dans une optique de modélisation des données nécessaires
pour couvrir les informations utiles pour la gestion de la traçabilité des produits tout au long
de leurs cycle de vie. Nous proposons une approche de modélisation visant à transformer le
produit en produit intelligent, doté d’une capacité de communication, perception, d’action, et
de gestion de ses informations propres disponibles localement ou à travers un réseau.
Pour la représentation du produit dans son environnement, interagissant avec les processus,
opérateurs et les produits de son entourage, depuis sa fabrication en passant par son
transport, sa distribution son stockage, voire même son recyclage, nous décomposons son
cycle de vie en autant de processus associés à chacune des phases du cycle de vie formant
ainsi l’ensemble de la chaîne logistique. Les interactions entre le produit et son
environnement sont réalisés sur la base d’un ensemble de service, dans l’objectif d’obtenir
une fonctionnalité (une aide, un support, une action et d’information relative au produit)
Nous avons ainsi adapté le concept d’holon à notre contexte, en le définissant comme étant la
combinaison d’une partie physique représentant le produit en tant qu’objet physique, et d’une
partie informationnelle représentant l’ensemble des informations relatives au produit. Ces
informations sont classifiées en deux catégories : (i) des attributs décrivant des
caractéristiques intrinsèques à l’objet physique qu’est le produit (poids, couleurs,
dimension...) et (ii) des propriétés décrivant toute informations relatives à un certain domaine
de modélisation ou destinée à une utilisation spécifiques (identifiant, date limite de
consommation, date de fabrication...). L’ensemble des valeurs des ses attributs et propriétés
définissent les états par lesquels passe un holon. En effet, L’introduction du concept d’holon
ou « produit holonique » (information et physique) lors de la phase de modélisation permet
d’identifier et classifier l’ensemble des informations concernant le produit. Le résultat de
cette modélisation peut, par la suite, être utilisé en tant que base pour la gestion des données
collectées par le produit tout au long de son cycle de vie.
MOTS-CLÉS : Produit intelligent, identification et traçabilité du produit, modélisation
holonique,
Meta-modèle de référence holonique pour la gestion de la traçabilité du produit. 2

1. Introduction

Née au milieu des années 80, la traçabilité répondait à un simple souci logistique :
elle garantissait un contrôle des flux de marchandises au sein d’une chaîne de
partenaires, permettant de précieuses économies.
La traçabilité, déclinée sous de multiples formes, va devenir dans les années qui
viennent, un outil incontournable pour toutes les entreprises. Aujourd’hui, elle
concerne tous les secteurs d’activités et non plus certains secteurs tels que
l’agroalimentaire, la pharmaceutique, l’aéronautique…. Elle s’avère indispensable
pour des raisons autres que purement logistiques : relation de confiance envers le
consommateur, contraintes réglementaires et légales, normalisation, rappel de
produits défectueux, commerce électronique, etc.
Pour répondre à ce besoin, Nous proposons un meta-modèle pour la représentation
générique des produits, de façon à représenter les interactions entre le produit et son
environnement (processus, opérateurs, ressources), tout en assurant la cohérence
entre les différentes représentations des données relatives au produit vues par les
différents systèmes ambiants. Aussi et en s'appuyant sur la mutation du produit
(passif) en un produit devenu intelligent ou communicant (réactif), rendu possible
grâce à l'émergence des nouvelles technologies de communication et de
l'identification (RFID, GPS, PDA...) le but est d'offrir de nouveaux services sur la
connaissance, l'utilisation, l'exploitation, la destruction et le recyclage du produit.
Nous avons ainsi adapté le concept d’holon à notre contexte, en le définissant
comme étant la combinaison d’une partie physique représentant le produit en tant
qu’objet physique, et d’une partie informationnelle représentant l’ensemble des
informations relatives au produit. Ces informations sont classifiées en deux
catégories : (i) des attributs décrivant des caractéristiques intrinsèques à l’objet
physique qu’est le produit (poids, couleurs, dimension...) et (ii) des propriétés
décrivant toute informations relatives à un certain domaine de modélisation ou
destinée à une utilisation spécifiques (identifiant, date limite de consommation, date
de fabrication...). L’ensemble des valeurs des ses attributs et propriétés définissent
les états par lesquels passe un holon. En effet, L’introduction du concept d’holon ou
« produit holonique » (information et physique) lors de la phase de modélisation
permet d’identifier et classifier l’ensemble des informations concernant le produit.
Le résultat de cette modélisation peut, par la suite, être utilisé en tant que base pour
la gestion des données collectées par le produit tout au long de son cycle de vie.

2. Définitions et objectifs de la traçabilité :

La traçabilité permet de suivre et de retrouver un produit ou un service depuis sa


création (production) jusqu’à sa destruction (consommation).
Selon (ISO 8402) la traçabilité est définie comme «l’aptitude à retrouver
l’historique, l’utilisation ou la localisation d’une entité au moyen d’identifications
enregistrées ».
L’entité peut désigner :
— Une activité, un processus
— Un produit
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— Un organisme ou une personne


Lorsqu'il se rapporte à un produit, le terme "traçabilité" peut se référer à:
— L'origine des matériaux et des pièces;
— L'historique des processus appliqués au produit;
— La distribution et l'emplacement du produit après livraison.
Du point de vue de l'utilisateur, la traçabilité peut être définie comme le fait de
suivre des produits qualitativement et quantitativement dans l’espace et dans le
temps.
Du point de vue de la gestion de l'information, mettre en place un système de
traçabilité dans une chaîne d'approvisionnement, c'est associer systématiquement un
flux d'informations à un flux physique. L’objectif est de pouvoir retrouver, à l'instant
voulu, des données préalablement déterminées relatives à des lots ou regroupement s
de produits (également préalablement déterminées) et ce, à partir d'un ou plusieurs
identifiants clés.
Ainsi, la traçabilité consiste, de manière globale, à assurer le suivi des flux
physiques et informationnels dans l’entreprise. Le flux physique comprend la
gestion des produits finis, les en-cours, les matières premières, les composants et les
unités logistiques (palettes, conteneurs, colis, etc.). Les flux d’informations tracés
sont ceux relatifs aux flux physiques : ils donnent des indications sur la nature du
flux physique concerné, les acteurs intervenant sur ce dernier et les lieux par
lesquels passent les produits et où ils sont éventuellement transformés. Le flux
d’informations peut être électronique ou papier (flux de documents).
La traçabilité permet donc de suivre n’importe quel objet dans une organisation ou
entre les organisations durant tout le processus logistique (de l’approvisionnement à
la livraison). L’information issue de cette traçabilité intègre à la fois la notion du
temps et de lieu.
Une condition nécessaire pour assurer la traçabilité est la mise en oeuvre d’un
important travail de formalisation au niveau des flux d’informations en transformant
le maximum des informations volatiles (notamment orales) en informations pouvant
être tracées [Lesca, E. 95]. Par ailleurs, la construction de standards au niveau de la
codification des flux apparaît indispensable dans l’optique de faciliter la
communication entre les acteurs, communication nécessaire à la traçabilité.
La traçabilité recouvre deux fonctions essentielles : le suivi en temps réel des flux «
tracking » et la mémorisation de ce suivi « tracing » [Fabbe-Costes et Sirjean, 97]
2.1 La fonction tracking ou traçabilité descendante

Cette fonction consiste à suivre le chemin que prend un article à mesure qu’il
évolue du point de la production à celui de la consommation. Les objectifs associés
à cette première fonction sont :
— faire preuve de réactivité face à l’apparition d’un problème tel que la
détection d’un produit défectueux et de déterminer rapidement l’origine du
problème et la localisation précise du lot en question,
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— Mieux maîtriser toute la chaîne logistique grâce au suivi en temps réel des
flux physiques. Cette maîtrise passe par exemple par une meilleure gestion des
stocks, une plus grande qualité dans la préparation des commandes,…
2.2 La fonction tracing ou traçabilité ascendante

Cette fonction consiste à déterminer l’origine d’un article ou d’un groupe


d’articles à l’aide des enregistrements en remontant dans son évolution. Les
objectifs associés à cette deuxième fonction sont
— Le retour à l’origine des choses.
— Le contrôle de chaque étape de leur élaboration.
2.3 La traçabilité amont, La traçabilité aval et la traçabilité interne :

Si ta traçabilité ascendante et descendante sont des notions absolues pour


désigner le sens de la traçabilité sur toute la chaîne, les traçabilité amont et aval
correspondent au point de vue d'un acteur dans la chaîne logistique. Cet acteur est en
général une entreprise ou un site de transformation.
La traçabilité amont désigne les procédures et outils mis en place pour pouvoir
retrouver ce qui est advenu avant que cet acteur devienne responsable légalement ou
physiquement des produits.
La traçabilité aval désigne les procédures et outils mis en place pour pouvoir
retrouver ce qui est advenu après le transfert de propriété ou après le transfert
physique des produits de l'acteur vers un tiers.
Quant à la traçabilité interne, elle désigne la traçabilité mise en place tout au long
de la transformation effectuée par l'acteur sur ses produits. La traçabilité interne est
indépendante des partenaires commerciaux.
Pour résumer, la traçabilité amont et la traçabilité interne permettent de qualifier
les fournisseurs, d’améliorer des process de fabrication tout en fiabilisant la
production (démarche qualité facilitée). En aval, cette traçabilité reste le meilleur
lien avec le client qui connaît exactement la localisation du produit et son évolution.
Enfin, elle répond physiquement, via les étiquetages, à des décrets qui imposent
d’indiquer le lot de fabrication.
Production Transport Conditionnement Prestataire Plateforme Magasin Consommateur
Expédition logistique distributeur

TRAÇABILITE AMONT TRAÇABILITE AVAL

TRAÇABILITE AMONT TRAÇABILITE AVAL

TRAÇABILITE DESCENDANTE
TRAÇABILITE ASCENDANTE

FLUX D’INFORMATIONS
FLUX DE MARCHANDISES
Figure.1 Traçabilité ascendante/ descendante et amont /aval.
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3. Besoins et problématique industrielle :

Durant les dernières années les demandes du marché deviennent chaque jour
plus exigeantes, car le client exige des produits personnalisés, de haute qualité avec
des temps de réponse attendus plus courts dans l’accomplissement des processus
[Helander 02]. Les interactions entre les processus, les opérateurs et le produit
depuis sa fabrication, en passant par son transport, sa distribution, son stockage,
jusqu’à son utilisation, requièrent chaque fois plus d’information et d’échanges
automatisés ou intelligents entre les partenaires [Kärkkäinen 03], et ce de façon sûre
et quasi-immédiate. Cela est lié aux nouveaux impératifs, tels que
1. connaître l’état de la ligne de production et l’état d’avancement du produit sur
celle ci en temps réel ;
2. de personnaliser, et modifier le produit pendant sa production;
3. de tracer toutes les interventions réalisées sur le produit;
4. d’assurer la distribution du produit vers le client dans les meilleures conditions de
pérennité et de traçabilité ;
5. de permettre l’accessibilité aux informations caractéristiques ou liées à
l’exploitation du produit;
6. de développer des interactions entre le produit et son environnement;
7. d’offrir des nouveaux services sur la connaissance, l’utilisation, l’exploitation, la
destruction, le recyclage du produit.
Pour répondre à ces nouveaux besoins, nous présentons une approche de
formalisation holonique pour la représentation générique des produits et des
interactions produits — processus en s’appuyant sur la mutation d’un produit en
produit intelligent (ou objet communicant), enrichi par des capacités de
communication, de gestion de l’information local ou en réseau, voire de perception
et d’action.

4. Produit intelligent et services

Notre approche se base sur un postulat de travail énoncé ainsi : «le produit est un
acteur qui gère son évolution en coopération avec les différents acteurs de la chaîne
logistique (fournisseur, producteur, distributeur, consommateur) » [Bajic 02]. A cet
effet, nous utilisons le concept de produit intelligent [Wong 02], qui est défini
comme un objet dual physique et informationnel, doté de capacités de mémorisation,
de communication, d’action, de décision qui lui permettent de:
1. posséder une identification unique;
2. communiquer avec son environnement;
3. mémoriser et gérer des informations propres;
4. disposer d’un langage de dialogue et d’échange de ses informations et états;
5. participer aux processus de décision durant son évolution;
6. surveiller et contrôler son environnement.
4.1 Produit « vue physique/vue informationnelle »

Le produit physique, vu comme une entité physique, est un objet matériel,


caractérisé et identifié par des informations de nature intrinsèque telles que couleur,
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forme, taille, poids, volume, marques,... Au produit physique peut être associé un
ensemble de ressources et d’informations telles que les spécifications du produit:
nomenclature composant, gamme de fabrication, lieu et conditions de stockage,
mode d’emploi, procédure de maintenance, procédure de recyclage, ... constituant
ainsi une extension du produit.
Cette extension constitue un artefact du produit ou produit virtuel représenté par un
système d’information, des ressources et des mécanismes de décision associés et
distribués entre le produit physique lui-même et des ressources distantes appelées
ressources ambiantes, La liaison du produit physique au produit virtuel, nous le
verrons plus loin, sera réalisée par des technologies d’identification automatique et
des systèmes en réseau.
Dans notre approche, nous considérons un processus comme étant un système
(matériel, logiciel) réalisant des activités d’information, de décision et d’action, liées
à un produit. Nous décomposons le cycle de vie d’un produit en autant de processus
associés à chacune de ses phases (Commande, Production, Distribution Recyclage)
formant ainsi l’ensemble de la chaîne logistique. La figure.2 illustrant la dichotomie
Entité Physique/Entité informationnelle d’un produit, les interactions entre les
produits physiques et les processus de la chaîne logistique sont réalisées sur la base
d’un ensemble de services.
Ces services constituent des primitives d’interactions entre les acteurs impliqués,
apportant un support, une aide, une fonctionnalité augmentée à l’exploitation du
produit liée aux différentes phases de son cycle de vie.
« PRODUIT INTELLIGENT »
Partie Physique

Partie informationnelle

Services

Figure.2. Interactions produit intelligent / processus par les services dans la chaîne
logistique
Pour assurer la cohérence entre les différentes représentations du produit d’un
côté et la réalité physique du produit lui même, des mécanismes devront être
spécifiés au niveau des processus eux même afin de mettre à jour correctement les
vues informationnelles en cas de modification physique.
La construction d’une représentation de référence facilite la mise en cohérence
des différentes représentations du produit appartenant à chacune des systèmes
ambiants. En effet, grâce au modèle de référence la synchronisation des différentes
représentations est optimale.
Meta-modèle de référence holonique pour la gestion de la traçabilité du produit. 7

Le but de l’approche globale étant de proposer une approche facilitant la prise en


compte, dès la phase de modélisation, de la problématique d’interopérabilité
orientée produit entre systèmes se référant aux différentes vues du produit, qu’il
s’agisse de la vue physique qui peut subir des transformations physiques, des
transports, etc., ou de la vue informationnelle mettant en oeuvre des traitements pour
la création de nouvelles informations ou la mise à jour d’informations préexistantes.
4.2 Interactions, services et acteurs

Dans ce contexte, nous définissons une interaction comme un mécanisme


d’échange entre un produit et un processus, permettant d’effectuer une action, initiée
soit par le produit soit par le processus. Il peut s’agir d’une transformation,
manipulation ou demande d’informations du produit effectuée par le processus, ou
d’une interaction initiée par le produit: auto-déclaration, demande d’intervention,
localisation Le mécanisme d’interaction peut être étendu de produit à produit. Les
interactions entre acteurs sont basées sur le concept de service.
Un service est représenté par une ressource matérielle et/ou logicielle qui offre une
fonctionnalité caractéristique disponible localement ou à travers un réseau. Dans
[Kintzig 02], un service est étendu à un ensemble regroupé autour d’une offre
globale destinée à l’utilisateur pour lui faciliter l’accomplissement d’une tâche ou la
lui rendre plus agréable.
Les acteurs peuvent être soit de nature producteur / prestataire offrant des
services, soit de nature consommateur / client faisant appel aux services offerts par
les autres acteurs.
Dans une approche classique, le produit est client et les processus sont
prestataires ; le produit est passif dans son environnement, et répond à des
sollicitations des processus, par exemple identification, recherche d’information.
Dans une approche réactive, le produit est prestataire et les processus sont clients ;
ainsi le produit initie des demandes, des actions vers le processus hôte, par exemple
lors d’utilisation, maintenance, stockage et recyclage.
Nous considérons le produit intelligent comme acteur central. Celui-ci interagit
avec son environnement au travers de « services offerts » par les acteurs de la chaîne
logistique. Ainsi, une interaction entre deux acteurs - dont un produit -, est réalisée
par l’invocation d’un service sur le produit ou sur le processus, dans l’objectif
d’obtenir une fonctionnalité de l’acteur prestataire (support, aide, action,
information) dans les processus associés au cycle de vie du produit.
La dualité client / prestataire dans cette relation d’acteurs pourrait être
indifféremment réalisée par un processus ou par un produit dans sa transformation
en tant que produit intelligent.

5. Meta-modélisation holonique du produit communicant :

Pour modéliser le produit, ses échanges avec son environnement, les


informations qu’il détient et ses caractéristiques, nous considérons l’entité de
modélisation représentant le couple (objet physique; modèle). Pour que cette entité
puisse représenter un produit dit intelligent ; Il faut donc que le modèle du couple
(objet physique, modèle) soit le moyen de représenter les données à enregistrer. Les
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travaux de [Morel, G. 2003] proposent d’agréger cette dualité partie physique/partie


informationnelle au sein du concept unificateur d’holon.
La figure.3illustre une représentation abstraite en UML de l’holon en tant
qu’association d’une partie physique et informationnelle [Gouyon, D. 2004].

Figure.3. Modèle initial de l’holon en tant qu’agrégation physique/informationnelle.


Dans notre cas, le terme holon représente le concept de modélisation nous
permettant d’agréger les représentations conceptuelles et de la partie physique
correspondant à un seul et unique produit, il représente ainsi l’entité recomposée du
couple (objet physique, modèle). Le but étant de simplifier la modélisation des
caractéristiques physiques et conceptuelles du produit tout au long de son cycle de
vie. L’holon est donc la fusion du produit en tant qu’entité réelle et de ses images
virtuelles telle qu’elles sont perçues par les systèmes ambiants. Il joue dès lors le
rôle d’interface informationnelle entre les différents systèmes ambiants dans un
environnement de production (machines, applications, systèmes d’information,
opérateurs humains, etc.), et le produit ; unité évoluant au sein même de cet
environnement de production.
Le concept d’holon a été introduit par le philosophe Koestler dans le but
d’expliquer l’évolution des systèmes sociaux et biologiques [Koestler 67]. Durant
leur évolution, ces systèmes ont développé des formes intermédiaires stables,
indépendantes et autosuffisantes.
D’autre part, dans ce genre de systèmes, il est souvent difficile de dissocier le
système dans sa totalité de l’ensemble des parties qui le constituent. En effet,
pratiquement tout élément peut être vu comme un tout, et en même temps comme un
ensemble de parties regroupées pour former ce tout. Ces observations ont poussé
Koestler à proposer le terme holon pour parler du tout et des parties composant ce
tout. Holon est en effet l’agrégation du mot grec « Holos » signifiant « tout » et le
suffixe grec « on » signifiant particule ou partie (neutron, proton, positron, etc.).
Koestler a observé que dans les organisations sociales, il n’existe pas d’entité
n’interagissant pas avec les autres entités du même environnement. Il a ainsi défini
l’holarchie comme étant une hiérarchie d’holons autorégulateurs, ayant certaines
caractéristiques : (a) autonomes et contrôlant leur parties internes, (b) dépendants et
contrôlés par les entités de plus haut niveau, (c) interagissant et coordonnant avec
l’environnement extérieur.
Dans les environnements de production, les systèmes holoniques ont fait leur
apparition dès le début des années [HMS 94; Seidel and Mey 94 ; Bajic and Chaxel
97]. Le paradigme d’holon a été largement appliqué dans le domaine de la
production pour la mise en place d’un système manufacturier intelligent
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[Valckenaers 01]. Plusieurs modèles ont ainsi été proposés ; à titre d’exemple, on
peut citer PROSA [Van Brussel 98; Wyns 99] ou MetaMorph [Maturana 97; 99].
Pour la construction de notre modèle de référence basé sur le concept d’holon,
nous nous appuyons sur les concepts définis dans l’ontologie de haut niveau BWW
(Bunge-Wand-Weber), qui elle-même est construite à partir des travaux de Bunge,
portant le nom de son auteur, le philosophe autrichien Mario Bunge [Bunge 77; 79].
L’ontologie de Bunge a été à la base de l’approche de modélisation de l’univers en
décrivant les objets par leurs propriétés. Cette approche est appelée communément
l’approche de modélisation orientée propriétés. Nous choisissons BWW pour deux
raisons, la première consiste en la simplicité des concepts qu’elle introduit, la
seconde est sa généricité, en effet elle permet aussi bien de décrire des choses
concrètes que des choses plus conceptuelles.
5.1 Approche de modélisation dirigée par les propriétés

La modélisation par propriétés est une des caractéristiques de l’approche objet


dont l’origine remonte aux années 60 avec le langage SIMULA [Dahl and Nygaard
66 ; Birtwistle 73], l'objectif initial de la modélisation par propriétés était de pouvoir
accommoder un grand nombre d'objets changeant dynamiquement et de les stocker
dans une base de données. Cette modélisation comporte une structure récursive à
deux niveaux (objet, attribut), dans lequel les attributs eux-mêmes sont des objets.
Nous présentons, ci-dessous, un bref panorama des concepts principaux dans
BWW; chose (thing) construct, propriétés et attributs, état (state), catégorie (kind) et
catégorie naturelle (natural kind) et loi (law) :
— Chose et Construct : Dans l’ontologie de Bunge, il existe deux types d’objets:
des choses concrètes ou plus simplement choses, et des objets conceptuels ou
constructs.
— Propriétés & attributs : Tous les objets (concrets ou conceptuels) ont des
propriétés ; si ces objets sont conceptuels alors les propriétés sont appelées des
attributs, si par contre les objets sont des choses alors leurs propriétés sont dites
propriétés substantielles (ou simplement propriétés).
— Classe et catégorie : Une classe est une collection de choses qui partagent en
commun une propriété donnée. Une catégorie (Kind) est définie comme étant une
collection de choses ayant en commun un certain ensemble de propriétés.
— Propriétés et Attributs et états : Les propriétés sont perçues par le cerveau
humain comme attributs. Qui modélisent les valeurs permettant d’identifier et
caractériser les différents états associés à cette chose, au long de son cycle de vie
D’après Bunge, dans un lien composé-composant ; l’ensemble des propriétés
d’une chose, n’est pas égal à l’ensemble des propriétés de tous ses composants
réunis. En effet, une chose composite doit avoir au moins une propriété émergente
qui lui est propre et non provenant d’autres propriétés associées aux sous-parties.
Ainsi, les propriétés des choses composites sont de deux types:
Héritées : appartenant aussi à des sous-parties de la chose ;
Emergentes : caractérisant la chose composite comme une entité à part entière ;
Meta-modèle de référence holonique pour la gestion de la traçabilité du produit. 10

Nous combinons ainsi donc la vision holonique du produit et les concepts induits
par l’approche BWW pour formaliser chacun des concepts et aspects relatifs à la
modélisation du produit holonique.
5.2 L’holon, un modèle pour le produit intelligent

Pour construire le meta-modèle holonique décrivant le produit communicant


dans son environnement, intéressons nous tout d’abord aux aspects que doit décrire
un holon et aux concepts relatifs à cette définition de l’holon.
5.2.1 La composition structurelle : Les produits des entreprises de production sont
souvent fabriqués à partir de matières premières ou par composition d’autres
produits intermédiaires. L’arborescence dont la racine est un produit fini, les nœuds
des produits intermédiaires ou des éléments de matière première, Pour exprimer
cette relation de composition, un holon doit pouvoir être lui-même composé d’autres
holons. Nous distinguons, ainsi, deux types d’holons : (i) les holons simples et (ii)
les holons complexes :
— Un holon élémentaire est l’agrégation d’une partie physique unique et de la
partie informationnelle lui correspondant.
— Un holon complexe quant à lui est le résultat d’une composition ou une
décomposition d’un ou plusieurs holons (élémentaires ou complexes), L’holon
complexe fait ainsi référence non seulement à une partie physique et une partie
informationnelle qui lui sont propres mais aussi à l’ensemble des holons qui entrent
directement dans sa fabrication.

Figure.4 Modèle de composition des holons.


5.2.2. La description des caractéristiques : Un holon doit pouvoir décrire
l’ensemble des caractéristiques du produit, ces dernières peuvent être classées en
deux catégories :
- Des caractéristiques décrivant des propriétés intrinsèques à l’objet physique lui-
même, ex : poids, couleur, forme, matériau…
- Des caractéristiques représentant des informations attachées au produit durant les
différentes étapes de modélisation ; chacune de ces informations étant destinée à une
certaine utilisation spécifique, ex : identifiant, durée de vie moyenne, date de
fabrication, etc.
Nous appellerons les informations exprimant des caractéristiques de la première
catégorie des Attributs et celles de la deuxième Propriétés.
Cette définition couvre plusieurs types de propriétés définis par BWW ; (i) des
propriétés mutuelles, (ii) émergentes ou (iii) héréditaires.
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5.2.3. L’état d’un holon : Lors de sa fabrication, un produit passe par plusieurs
états principaux décrivant la totalité de son historique. L’enregistrement de
l’ensemble de ces états permet d’assurer la traçabilité des produits lors de leur cycle
de vie [Terzi 05]. L’état d’un holon est définit par un ensemble de couples (attribut,
valeur) et (propriété, valeur). Chaque passage d’un holon au travers d’un processus
implique un changement d’état.
L’exécution d’une transformation sur un holon, que ce soit une transformation
physique ou un traitement de la partie informationnelle implique des changements
au niveau des attributs ou des propriétés ; en cas de transformation physique suite à
un processus physique, le changement concerne un ou plusieurs attributs (physique)
et en cas de transformation informationnelle suite à un traitement informationnel
des données du produit, c’est une propriété qui s’en trouve altérée.
En cas de modification d’un attribut, cela doit correspondre à une transformation
physique effective au niveau de l’objet et ce pour maintenir la cohérence entre les
informations faisant partie de l’holon et l’objet physique correspondant.
5.2.4. Les flux d’holon : Dans notre contexte, un flux représente un échange
d’information, de matière ou des deux en même temps entre différents processus,
tâches ou activités de l’environnement du produit.
Étant donné que le type d'un flux est contraint par la nature de ce qu'il contient, nous
identifions trois types de flux:
- des flux physiques contenant uniquement de la matière (parties physiques)
- des flux informationnels transportant des informations (parties informationnelles).
- des flux d'holons contenant à la fois information et matière sous formes d’holons.

Figure.5. Formalisation des différents types de flux et leur contenu


En rassemblant tous les différents aspects de notre produit holonique décrits
précédemment et en ajoutant à tout cela, une touche de technologie visant à
accroître les possibilités d’échanges et d’interactions entre le produit et son
environnement, nous mettons en interaction le produit avec ces deux parties
informationnelle et physique et les divers processus, en permettant d’offrir services
ajoutés au acteur qui enrichissent le produit.
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5.3 Ubiquité numérique :

Cette technologie n’est rien d’autre que l’Ubiquité Numérique, une technologie
invisible, où les instruments font partie de la tâche en disparaissant de la vue et de la
conscience des utilisateurs. Ceci implique que l’utilisateur porte son attention sur la
tâche à réaliser et non sur l’utilisation de l’outil informatique support.
L’objet se confond ainsi avec sa fonction. Les informations sont dans deux mondes
réel et conceptuel, et l’utilisateur les fusionne dans sa tâche. Ainsi, le concept de
l’informatique ubiquiste (ubiquitous computing), introduit par Marc Weiser en 1991
chez Xerox, est un nouveau paradigme des technologies de l’information qui repose
sur les trois principes suivants [Kintzig, G. 02]
1. technologie invisible ou transparente,
2. technologie disponible partout,
3. renforcement du couplage des mondes réel et informationnel.
De nombreux projets sont menés dans le prolongement de cette approche ubiquiste :
— Ainsi le projet “smart-its”, développé dans le laboratoire PLAY, a compilé
l’expérience dans les développements de prototypes expérimentaux dans cette
approche ubiquiste. Le but est de concevoir de futures expériences d’interaction
entre l’utilisateur et de petits ordinateurs équipés de capteurs pour la lumière, le son,
la pression, le mouvement, la température... [Holmquist, L.E 03].
— Le projet “smart-things” mené au laboratoire ETH Zurich, vise quant à lui à
développer des prototypes d’objets intelligents dédiés à des usages spécifiques :
Smart Tool Box, Smart Medicine, Smart Agenda, RFID Chef, Smart Playing Card.
Dans ces expériences, qui considèrent des fonctionnalités de base, services et
identification automatique d’objets, l’instrumentation informatique et RFID utilisée
a été transparente pour les utilisateurs [Römer, K. 03].
Les interactions entre les nécessités du client et les produits intelligents permettent
le développement de divers environnements de travaux interconnectés [Bajic, E. 02]
Maintenance produit Bureau
Service client –diagnostic via web.. -Planning…
-info technique..
Fabrication

Produit

Information commerciale Serveurs


-client, produit..

Portable
Stockage
Ordinateur
Téléphonie
Figure.6. Informatique ubiquiste, où un produit physique dispose de services ajoutés
dans divers environnements.
Meta-modèle de référence holonique pour la gestion de la traçabilité du produit. 13

Nous proposons dans ce qui suit brève description des classes de notre meta-
modèle selon une vue ubiquiste transférée au domaine de la chaîne logistique.
L’instanciation de ce modèle donnera lieu à des modèles spécifiques décrivant les
holons étudiés. Nous appellerons ainsi notre modèle « le meta-modèle holonique ».
La figure.7 formalise l’ensemble des meta-classes décrivant les notions liées à
l’holon ainsi que l’ensemble des relations entre elles, le tout dans un environnement
d’interactions « Produit- Processus- Utilisateurs »

Figure.7. Diagramme de classes UML du meta-modèle holonique pour la


représentation du produit dans son environnement.
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- La Classe Holon définit la structure de base d’un holon, qu’il soit élémentaire ou
complexe. Un Holon Complexe est, contrairement à un holon élémentaire, un holon
ayant subit au moins un procédé de composition ou décomposition lors de sa
fabrication.
- Une Partie physique est une référence à la partie réelle du produit associée à un
holon. Chaque partie physique est décrite par des attributs qui peuvent avoir des
valeurs (valeur d’attribut). Une partie informationnelle regroupe l’ensemble des
propriétés relatives au produit décrit par l’holon en question. Chaque propriété peut
avoir des valeurs (valeur de propriété). Elle peut aussi, en cas d’holon complexe,
agréger des attributs relatifs aux holons qui composent cet holon.
- La classe état décrit l’ensemble des états par lesquels passe un holon. L’état d’un
holon est définit par un ensemble de couples (attribut, valeur) et/ou (propriété, valeur).
- Actionneurs : Appareil, organe d’un appareil équipant un objet et pouvant générer
une action de manière à modifier l’état, le comportement, l’environnement de l’objet;
- Capteurs : Appareils, senseurs qui rassemblent des informations significatives sur
l’environnement immédiat de l’objet et mémorisées par l’objet;
- Extension des données produit : représenté par un système d’information, des
ressources et des mécanismes de décision associés et distribués entre le produit et des
ressources distantes, accessibles en réseau généralement;
- Service : Représenté par une ressource matérielle ou informatique qui offre une
fonctionnalité caractéristique disponible localement ou à travers un réseau. Un service
se caractérise par la possession d’un nom unique, d’un ensemble de propriétés ou
attributs et la disposition d’un protocole d’accès
- Acteur : cette entité représente une personne ou un groupe de personnes qui
interviennent dans les processus ou dans le système d'information de l'entreprise.
Cette entité peut effectuer une demande de un service particulier ou accepter/rejeter
les demandes de services qu’effectuent le produit intelligent ou un autre acteur;
- Système Ambiant : Ressources informatiques disponibles, distribuées et non visibles,
permettant d’offrir des services à l’acteur en fonction de son environnement et de l’état
du produit;
- Un processus est une chaîne de valeur fournissant un bien ou un service à un client
interne ou externe à l'entreprise.
- La classe Instance processus se rapporte à l'exécution d'un processus sur un holon,
cette classe permet la description de l'exécution du processus avec à niveau élevé du
détail (par exemple : temps écoulé, début et fin du traitement, personnel requis…etc.)

6. Conclusions et perspectives

L’émergence des approches de gestion et de conduite des processus centrée sur le


produit, conséquente aux besoins de réactivité et de gestion des flux, de
personnalisation des produits, impacte de façon significative sur les relations du
produit avec son environnement, dans les domaines de la production, de la chaîne
logistique jusqu ‘au commerce de détail. Des capacités nouvelles sont attendues des
produits dans leurs interactions informationnelles, sensorielles et décisionnelles avec
les : processus, les systèmes d’information, les opérateurs et les utilisateurs.
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Pour répondre à ces besoins, Nous avons tenter de proposer un meta-modèle pour
la représentation générique du produit intelligent, tout en tenant compte de
l’ensemble des informations provenant d’un cycle de vie donné et leurs interactions
avec les systèmes ambiants mis en place dans l’environnement du produit, le tout
réalisées sur la base d’un ensemble de service, dans l’objectif d’obtenir une
fonctionnalité (une aide, un support, une action et d’information relative au produit
disponible localement ou à travers un réseau)

En effet, L’introduction du concept d’holon ou « produit holonique » (information


et physique) lors de la phase de modélisation permet d’identifier et classifier
l’ensemble des informations concernant le produit. Par la suite, le résultat de cette
modélisation peut être utilisé en tant que base pour la gestion des données collectées
par le produit tout au long de son cycle de vie.
Ainsi, pour tester, dans un contexte industriel « TRANSPORT MULTIMODAL DU
FRET », la faisabilité et l’applicabilité de notre meta-modèle en utilisant la
modélisation holonique des processus pour la spécification de l'ensemble des
données et informations relatives au produit, manipuler par l'ensemble des processus
de la chaîne de transport, nous décomposons le cycle de vie d’un fret en autant de
processus associés à chacune des phases de son traitement formant ainsi l’ensemble
de la chaîne de transport.

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Meta-modèle de référence holonique pour la gestion de la traçabilité du produit. 16

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