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Chapitre 3 :

LA FAMILLE ,UN FAIT SOCIAL PASSÉ AU PRYSME


DES DIFFÉRENTES SCIENCES SOCIALES.

Connecter ce thème à d'autres thèmes = thème transversal. Dur


d'adopter une attitude objective à l'égard de la famille.
Différentes problématiques :
-Relation entre soir et les autres, altérité, rapport à l'autre
différent de soi, du rapport a l'autre dans ce qui peut conduire a
le stigmatiser (Irving Hoffman, Norbert Elias.
-Relation entre le privé et le public, notion d'intime et
d'intimité. S'intéresser au thème de la famille, c'est aussi
l'affiliation, transmission entre parents et enfants, relations
matrimoniales , division des rôles sociaux, institution sociale (en
rapport avec l'Etat) , politique publique, question de l'intervention
de l'Etat dans les affaires familiales, l'éducation des enfants, la
socialisation. -Prise en charge des aînés, dépendances inter
génération. Procréation, système de contraception, mère
célibataires, l'habitat, migration de populations en géographie,
condition de la femme, l'égalisation entre les hommes et les
femmes.

A / LA FAMILLE: L'APPORT DES SCIENCES SOCIALES À L'ÉTUDE


D'UN FAIT SOCIAL PROTÉÏFORME (PLUSIEURS FORMES) .

1)L'organisation de la famille :

L'Occident est progressivement passé d'une famille large et


complexe à une famille étroite , moderne, dite nucléaire. Le
modèle nucléaire : Prime l'affection entre les parents et les
enfants XVII et XVIII °siècle (Elias ).
La famille est une construction sociale et c'est en cela qu'elle
intéresse les sciences sociales. C'est à la fois un fait de nature
(alliance reproduction biologique) mais également un fait de
culture dans la mesure ou elle unie deux groupes ou deux
familles différentes ( Levy Strauss : Pour qu'une famille se fonde ,
il faut que deux familles se soit chacune amputées d'un de ses
membres. Pour qu'une famille survive , il faut qu'elle s'ouvre au
jeux des alliances matrimoniales, ce qui oblige ses membres à
une certaine héxogamie et au respect d l'interdit de l'inceste.
La famille peut être définie comme une institution sociale qui
repose sur un fondement biologique .

La famille nucléaire : Dans l'antiquité grecque, le mariage


monogamique est la règle, même si les femmes peuvent être
prêtées . Chez les grecs le mariage est religieux alors qu'il n'est
que civil chez les Romains. Chez les grecs , la procréation est le
but ultime du mariage et l'oikos(maison ,famille) est la structure
de base de la société grecque (père , mère enfants, esclaves ).
L'oikos c'est ce qui permet de relier l'individu à la société ,
chaque oikos appartient a un genos ( un clan qui reconnaît un
ancêtre commun ) . Il s'agit d'une société patrilinéaire (dans
laquelle le pouvoir se transmet par les hommes ). Le chef de la
maison possède tous les droits sur la famille , il peut décider de la
reconnaissance ou de l'abandon d'un enfant et l'épouse est
reléguée dans la sphère privée. L'adoption est autorisée. La
famille est celle que l'on choisi de construire.
Rome : Les choses sont moins codifiées, l'affiliation n'est pas
primordiale . XII ° siècle apparition du patronyme, l'individu est
désigné par un prénom et par un nom. Le prénom marque son
identité individuelle et le nom désigne son appartenance à une
famille. La patronyme donné à un individu peut se construire a
partir d'un lieu de résidence, ou d'un surnom, ou d'une
caractéristique physique.
Au Moyen-Age , le mariage est un acte social au moins autant
qu'un acte juridique, il résulte de la volonté de deux familles, la
connotation religieuse y est moindre et on essaie de s'entendre
sur la nature de la dote. Femmes = objets d'échanges entre deux
groupes.
Fin XI° siècle, mariage grégorien : s'impose progressivement
dans tout l'Occident et repose sur 4 principes fondamentaux :
-Mariage unique et monogamique, le concubinage et le
divorce sont interdits
-Mariage indissoluble s'appuyant sur l'évangile de st Mathieu(
l'homme ne séparera point ce que Dieu à uni)
-Mariage qui repose sur le consentement mutuel des époux,
moyen pour l'Église de valoriser sa dimension spirituelle au
détriment de sa dimension sexuelle.
-Mariage héxogamique qui interdit d'épouser un parent .

Sous l'ancien régime, les historiens on la possibilité de consulter


les registres paroissiaux. Ces registres sont assez
rigoureusement tenus a partir de la seconde moitié du XVII°
Siècle, famille en générale assez réduite , centrée sur le couple et
les enfants et l'âge du mariage est assez tardif (29 ans, homme,
23 filles , environ 7 enfants) . Le conditions démographiques sont
différents de celles d'aujourd'hui, les mariages ne durent pas
longtemps (15 ans ) Les remariages sont assez fréquents, donc
les familles recomposées existaient déjà à l'époque .

Au XIX ° siècle, montée de l'individualisme et du libre choix de


l'époux, privatisation du mariage, modèle de famille bourgeoise
replit domestique, l'intérieur des maison est sur investit, très
décoré. Modèle de la famille bourgeoise= peu d'enfants.
La famille ouvrière : souvent la mère travaille, peu de temps pour
l'affection donnée au enfants. Cette période (deuxième moitié
XIX) est celle de la création des garderies ou des crèches. Cette
organisation de la famille ne laisse pas indifférente l'Etat (1945
création des allocation familiales , intervention du public dans
l'univers privé) . Élaboration de la famille. Mutation provoquée
par la maîtrise de la fécondité, généralisation des moyens de
contraceptions et le développement de la contraception.
Fréquence des divorces, allongement de l'espérance de vie. Les
femmes peuvent décider seules de l'avortement, le partage de
l'autorité parentale, le recours à la procréation assistée .
Profonde transformation de la structure familiale. Refuge pour les
adolescent qui prolongent leurs études, l'adolescence qui se
prolonge dans la période adulte (adulescence) . La famille n'est
plus un lieu d'accueil pour les anciens, les gens ne meurent plus
chez eux, et ne naissent plus chez eux. Le mariage, qui était
considéré comme une institution fondamentale( Durkheim,
passage d'une vie à une autre avant). Une homogamie sociale
qui se maintient, qui a longtemps été redoublée par une force
démographique.
Les lieux de rencontres on évolué, ils sont socialement marqués,
et les chances de mixage social sont plus faibles que jamais.

< Fortunes et infortunes de la femme mariée> il parle de dote


scolaire : selon ses analyses, un bon niveau d'étude ouvre le
chemin à un bon mariage.

La mariage continue de constituer

2 ) Approche sociologique contemporaine d'un groupe en


pleine mutation :

E.Durkheim < Introduction a la sociologie de la famille >,


cours sur la famille conjugale( fin XIX ) , il essaye de le définir en
définissant des coutumes repérables et susceptibles de
contribuer à une définition de la famille. Il voit dans la famille une
manière d'agir habituelle mais aussi obligatoire pour tous les
membres d'une société , ce qui la distingue ce n'est pas sa
fréquence plus ou moins grande, c'est sa vertu impérative. Elle
ne représente pas simplement ce qui se fait le plus souvent, mais
ce qui doit se faire. C'est une règle à laquelle chacun est tenu
d'obéir et qui est placée sous l'autorité de quelques sanctions.
L'existence d'une sanction, tel est le critérium qui empêche de
confondre la coutume avec de simples habitudes. Durkheim
situe la famille moderne au centre d'un double mouvement : de
privatisation et de socialisation. Il se caractérise par une
intensification des relations entre les membres de la famille et
par une plus grande intervention de l'Etat dans la sphère privée.
Pour Durkheim, la famille moderne est relationnelle, individualiste
et à la fois de plus en plus privée et de plus en plus publique. La
famille constitue un espace privé dans lequel ses membres
apprécient d'être ensemble et de partager une intimité.
L'attention est clairement portée sur la qualité des relations et
sur le poids de l'affectivité dans la régulation des rapports
familiaux. L'attachement des personnes prime. Les individus sont
pris par ailleurs dans un environnement social de plus en plus
large, de plus en plus diversifié et il ne se définissent plus par
leurs seule place à l'intérieur de leur famille. Un certain
individualisme des membres de la famille va se développer. Cette
nature relationnelle et individualiste renforce cette vision privée.
La famille moderne est placée sous la surveillance de l'Etat qui
entend contrôler la vie privée. C'est souvent sous couvert de
l'intérêt de l'enfant, de préoccupations sanitaires et éducatives,
que l'intervention de l'Etat est effective. (2002 , autorité
indépendante , Défendeur de l'Etat qui aide les enfants frappés
par leurs parents.
Durkheim parle de famille moderne (fin XIX° siècle), assez
modéré durant la première partie du XX° siècle. Il pensait que le
bonheur des individus pensait que le bonheur des individus tenait
a la limitation de leurs désir et à la structuration que procure les
institutions. L'homme et la femme changeaient de nature sociale
en se mariant, ils devenaient des fonctionnaires domestiques. Il
entend des individus qui sont intégrés à l'Etat sur lesquels l'Etat a
une autorité (demandant de rester au service de la famille ).

F de Singli:La famille moderne est relationnelle, relation entre les


conjoints mais aussi relation entre les parents et les enfants.
Cette famille moderne a subit deux évolution: Famille de la
première modernité :
Fin 19° siècle jusqu'au années 60 ( références centrales : l'amour
dans le mariage , la division stricte du travail entre l'homme et la
femme et l'attention apportée a l'enfant.) Le fait que l'homme
travaille a l'extérieur, et que le femme reste a la maison est une
évidence sociale.
Deuxième moitié XX° siècle.Ce sont les mouvements sociaux qui
vont bousculer ce modèle car les femmes ne se définissent plus
que en tant que mère et femme. Développement de l'union libre.
Notion nouvelle, l'individu doit être heureux dans sa vie privée.
Les structure familiales aujourd'hui sont en forte mutation.
Quand on parle de la famille aujourd'hui en sociologie on n'en
parle pas comme d'un groupe définit a l'avance avec des limites
précises, on s'intéresse d'abord a ce que les individus ont a dire
des relations qu'ils entretiennent avec les membres de leurs
famille. Cette structure moderne a suivi deux évolutions :
L'urbanisation et l'industrialisation, et le développement d'une
société salariale, d'un Etat providence et d'une scolarisation qui a
offert aux femmes un choix plus grand . Cette capacité de choix
se paye par une grande instabilité conjugale dont les effets sont
différents selon les sexes.

3) Quel coup de la séparation conjugale pour les


membres de la famille : père , mère et enfants? :

Les membres du groupe familial ont gagné en liberté


individuelle, et cette liberté se paye d'un coup différent lors de la
séparation. Ce coup pour les femmes se caractérise par le fait
que si elles peuvent se dégager d'une relation particulière de
dépendance, elles peuvent beaucoup plus difficilement échapper
à la dépendance matrimoniale. En général , elles sont obligées
de revivre avec un autre pour avoir la chance d'occuper une
position équivalente dans l'espace social. Ce qui est observé dans
les enquêtes, c'est que le divorce provoque un appauvrissement
pour la majorité des femmes que l'on observe : les familles
monoparentales dans le groupes des familles pauvres. Rapport
annuel produit par le secours catholiques qui constate qu'il y a
une nouvelle augmentation des personnes pauvres ,
majoritairement des femmes recueillies par le secours catholique.
Nombreuses sont les femmes seules avec des enfants, qui vivent
d'aides sociales diverses. Pour celles qui n'ont pas d'enfant, le
revenu moyen = 640 euros. Les femmes accueillies lorsqu'elles
travaillent elles ont un temps partiel qu'elles n'ont pas choisi, qui
expose ses individu à une insuffisance des ressources. Les moins
de 25 ans et les plus de 50 ans sont les plus touchées , les
femmes de 50 ans accueillies ont de dettes liées a leurs
logement. Elles sont souvent veuves . Selon F de Singli <Fortunes
et infortunes de la femmes mariée>, la valeurs ajoutée d'une
femme est déterminée par la position sociale de son père (valeur
initiale), et par la position sociale de son mari ( la valeur
matrimoniale). En fait le mariage supprime l'indépendance
féminine du point de vue de l'accès aux différentes ressources
sociales. Une femme qui est sans activité salariée au moment de
son veuvage ou de sa séparation ne va pouvoir maintenir son
capital que sur le marché matrimonial. En cas de séparation, les
mères gardent plus fréquemment les enfants que les pères, par
volonté personnelle et par décision de justice. Elles élèvent leurs
enfants des des conditions financières difficiles . Pourtant , les
femmes demandent plus souvent le divorce que les hommes. Là
encore, l'Etat intervient avec la création de l'allocation de parent
isolé .L'institution publique vient prendre en charge le risque
social de la séparation.
Les pères restent objectivement plus indépendants en cas de
séparation . Le divorce représente en général pour eux un
moindre coup économique, mais le coup affectif de la séparation
est souvent plus lourd pour les hommes. Ce désengagement des
pères peut s'expliquer par la définition d'une identité masculine
qui est très largement centrée sur la travail professionnel . C'est
pour ça que c'est très problématique dans un certain nombre de
professions .Différence milieu, la femme peut toujours se
rattacher a la tradition de la position de la femme.
Les hommes ont peut être l'impression d'être effacés
progressivement de la sphère familiale, et il finissent par s'en
éloigner totalement. Accentuée par les décisions juridiques (10 %
de gardes partagées ).

Séparations différentes du point de vue du sexe illustrent la


division sexuelle de rôles dans la sphère familiale. <Masculin,
féminin, question pour les sciences de l'homme> J.Laufer, Marry,
M.Maruani . C'est également cette division qui explique en partie
la place différente qu'occupent les hommes et les femmes dans
le monde de l'emploi.
De ces différences de situations selon les sexes, les enfants vont
vire trop souvent avec leurs mères ( l'enfant est privé de la
fonction paternelle ). Figure masculine présente dans le groupe
familiale. "Comportements triangulaires", entre le parents qui a la
garde, celui qui ne l'a pas,; le nouveau parent...champ d'étude
important aux sciences sociales. Cette questions du père et de
l'autorité était centrale au XIX ° siècle et elle est redevenue
centrale --> Brouillage identitaire, féminisation de l'homme. La
démission des pères est une constante pour expliquer les
problèmes de socialisation des enfants, la moindre réussite
scolaire de ces derniers. Paul Archéenbo :Les jeunes dont les
parents sont séparés lorsqu'ils ont 18 sont moins diplômés que
les jeunes dont les parents sont encore ensemble. La séparation
ne va pas déstabiliser la hiérarchie sociale des chances scolaires,
mais elle va la moduler. L'identité se crée sur le bonheur
familial, mais il n'en est pas moins que la filiation reste un
référent essentiel. Individus en quête d'autonomie . Selon
Parson , les relations familiales étaient affectée par le
développement des société occidentales : extension des
fonctions éducatives par l'Etat, extension de l'urbanisation ,les
individus sont de plus en plus isolés et peuvent fonctionner sans
le groupe familial. Certains usages de la parenté peuvent être
faits, mais ils ne sont pas forcément contraire à un processus
d'individualisation, ce sont les usages du capital social. La
valeurs d'un individu n'est pas fixée uniquement par sa valeur
propre mais va dépendre des ressources mobilisées à travers un
réseau de relations familiales. ( Entreprises qui privilégient des
enfants de salariés de l'entreprise(boulot saisonniers, interim,
définitives) . Cette importance de la filiation, on la retrouve dans
l'engouement pour la généalogie.
La capital social dès fois n'est pas valorisé, bousculé par
changements économiques ou sociaux, ils provoquent des
dérèglements.

4 ) Exemple d'un groupe social bousculé : la famille


ouvrière :

Olivier Schwartz : < Le monde privé des ouvriers > 2002 ,


ouvrage qui repose sur une enquête ethnographique menée de
1980 à 1985 sur l'univers ouvrier du nord de la France.
Conditions d'existence des familles ouvrières dans leurs milieu
privé. 90 familles en essayant d'aller le plus loin possible dans
l'intimité de celles ci, et en sachant que certains domaines
resteraient inaccessible. Pendant 5 ans. Difficile place du
sociologue.Sphère privée, comprendre la manière dont ils
percoivent la sphère privée. Distinction entre le privé et le
familial. Deux notions solidaires mais pas équivalentes. L'idée de
famille suppose que les individus se lient dans des rapports
stables et la notion de privé au contraire renvoie au processus
par lequel un sujet va se séparer et prendre possession d'un
espace qui lui est propre.Pour toucher au privé, il est nécessaire
de passer par la famille. Regroupe l'idée du secret, de l'intime, du
protégé, de propriété et de possession. Le privé c'est un lieu que
l'acteur peut s'approprier. La figure matérielle est centrale, elle
assure la charge de la famille, en gérant le quotidien et elle en
assure également le gouvernement puisque la femme à la haute
main les questions d'argent. Elle est prise entre une servitude
domestique et la détention d'un certain pouvoir. Gouverner ne
signifie pas commander. Les hommes ne renoncent pas a une
certaine part de supériorité. L'auteur explique que cette remise
de soi est un moyen pour l'ouvrier d'échapper a des conditions
professionnelles très rudes et de s'en remettre a leurs épouses
dans la vie hors travail. Les épouses les allègent d'une
responsabilité qu'ils n'ont pas la force d'assumer. Monde des
ouvriers spécialisés. En général les femmes ne travaillent pas , on
est dans une représentation très traditionnelle des rôles sociaux
dans laquelle le mariage et la maternité sont envisagées comme
des destins féminins.(1980-1985). Dans ses familles là, la femme
joue le rôle maternel à la fois pour les enfants et pour le mari.
Cette reproduction des groupes sociaux marchent tant que les
groupes se reproduisent.

S.Baud , M.Pialoux :< Retour sur la condition ouvrière ,


enquête aux usines Peugeot > 1999, enquête de 10 ans. Dans
cet ouvrage, il explique tous les bouleversements identitaires que
va occasionner le fait que les enfants d'ouvriers n'entendent plus
reproduire l'itinéraire social de leur père. Enquête menée dans
l'usine et dans les établissements scolaire, pour saisir le conflit
entre les générations, père et fils, qui tend a déchirer le tissu
familial ouvrier . Ils ont observé notamment des pères
déboussolés car le travail n'est plus ce qu'il était. Les enfants
scolarisés en masse cherchent clairement à fuir la condition
ouvrière. On se confronte a une violence des récits, chez les plus
jeunes générations qui refusent catégoriquement de devenir des
ouvriers spécialisés comme leurs pères. Aujourd'hui connotation
très négative aux yeux des nouvelles générations. Génération
bernée a qui on a fait croire qu'elle pourrait échapper à l'usine. La
détention d'un bac chez cette génération bernée leurs a permis
de devenir chef au sein de l'usine de leurs pères, ils sont devenus
les chefs de vieux ouvriers spécialisés et tout cela continue à
exacerber les sentiments de trahison de classe et un mépris
réciproques entre les jeunes et les vieux. Les auteurs observent
que ces enfants passés par le système scolaire ont étés fragilisés
et ont perdu leurs assurance de classe. Cette situation les éloigne
de leurs milieu d'origine dont ils n'ont pas les moyens de
s'affranchir.

Les référents familiaux dans le groupes ouvrier sont intimement


liés au référent professionnel et dès lors qu'ils sont brouillés, vont
occasionner de fortes dissonances cognitives au sein de la
psychologie sociale. Des individus vont devoir composer avec un
certain nombre de référents construit autour d'une socialisation
primaires très structurante et des socialisations secondaires qui
vont élever le niveau de leurs aspirations sans leurs donner les
moyens de dépasser leur condition sociale. Les individus sont
toujours structurés à leur environnement social, et leur inspire un
mépris a l'égard des générations passées. Mécanisme qui passe
par le processus de socialisation .

B / LE CONCEPT CLÉ DE SOCIALISATION :

1 ) Socialisation primaire :

Jean Piaget :Théoricien centraux du concept de socialisation, il


s'est efforcé de concilier l'approche sociologique et les
explications psychobiologiques de la socialisation. Selon Piaget,
le développement de l'enfant est une construction continue, un
processus qui va conduire a son équilibre.Qu"'il va acquérir
multipliant les expériences . Au cours de ce processus, l'enfant
acquiert méthodes d'assimilation, il va incorporer les choses et
les personnes a des structures deja construites( Ex :Succion du
nourrisson, incorporation buccale du monde ). Il développe aussi
des mécanisme d'accommodation, de réajustement des
structures en fonction des transformations externes. Au cours de
ces expériences socialisatrices, l'enfant va expérimenter la
soumission contrainte aux adultes, puis la coopération
volontaires. C'est pas l'éduquation que l'enfant va être sensibilisé
au modèle culturel transmis par la génération précédente. Ce
modèle s'inscrit dans un cadre plus large de la société et il peut
être définit comme un ensemble de rapports sociaux incluant des
règles a connaître, des valeurs a l'égard desquelles nous
entretenons un regard affectif et des signes qui se rapportent au
comportement des uns et des autres. Ce sont les éléments
(règles , valeurs signes) a partir desquels se construisent la
socialisation.

2 ) Socialisation secondaire :

Daniel : Une socialisation initiale qualifiée de primaire et des


socialisations secondaires: résultat de la trajectoire biographique
de l'individu ( ascendante ou descendante), de l'appartenance à
plusieurs milieux , des positions occupées dans l'espace social et
dans la division du travail. La socialisation primaire peut être
rattachée au système de valeur hérité.

Bernard Laire : Hétérogénéité des expériences socialisatrices.


Chaque homme est plongé dans plusieurs groupes ni homogènes,
ni immuables: constituent les cadres sociaux de notre mémoire.
Elles ne sont pas cumulables , elles ne se confondent pas les
unes les autres.
Exemple :La famille joue le rôle de matrice socialisatrice. Elle est
productrice d'un habitus cohérent et de dispositions générales
qui iraient toutes dans la même direction.

On peut avoir des références contradictoires :


-Les individus se trouvent placés devant un large éventail de
positions qui va être producteur de goûts et de comportements
différents.
Il parle d'acteurs pluriels : produit de l'expérience souvent
précoce de socialisation dans des contextes sociaux multiples et
hétérogènes. Il a participé successivement au cours de sa
trajectoire ou simultanément au cours d'une même période de
temps à des univers sociaux variés en y occupant une position
différente . Tous ces exemples participent positivement et
négativement à la construction identitaire des individus.

3) La relation aux autres au coeur de la construction


identitaire des individus :

L'identité est un processus individuel et collectif qui n'est jamais


achevé et en perpétuelle transformation. Il va se transformer au
grès de nos multiples interactions , c'est donc un processus
dynamique. Chacun d'entre nous développe des attachements
positifs, négatifs qui vont contribuer à nous relier . L'être humain
est envisagé comme un être de désir qui doit être reconnu par
l'autre pour que celui-çi se sente reconnu socialement. Comment
se construit cette identité sociale?
Freud : Société fondée sur l'amour du père et égalité entre les
frères. Les individus ne peuvent vire ensemble que par référence
à un autre , il est toujours tenté d'abuser de son pouvoir. Sans ce
père, pas de fils, pas de communauté, société.
Le moi va toujours se construire à travers autrui. La volonté de
différenciation par rapport à un autre. Pour rester soi même il
faut être différent des autres, donc s'opposer. Pour les individus
qui sont porteurs d'une pulsion de destruction qui s'exprimerait
dans toutes les relations sociales, ce lien social a une forme
primaire dans la famille et s'actualise dans les mécanismes de
transmission.

4 ) Conditions de transmission : Exemple du capital


culturel :

Capital culturel : Ensemble des ressources culturelles dont


dispose un individu attesté par des diplômes témoignant d'un
certain niveau.
Capital économique : Patrimoine d'un individu (revenus,
logement)
Capital social : Ensemble relations personnelles qu'un individu
peut mobiliser dans son intérêt et dont il a en partie hérité.
Ils font l'objet d'une transmission. Un individu ne possède et
n'hérite pas seulement d'un capital matériel mais également de
tout un ensemble d'éléments dont il va pouvoir tirer des profits
symboliques. Ils contribuent à définir la place de l'individu dans
l'espace social , et ont tendance a se renforcer mutuellement et à
se cumuler et donc à accroître les inégalités. Mécanisme de
l'ascenseur social. Le mythe de la démission des parents qui ne
s'occupent plus de leurs enfants. (donc échec scolaire). Ce sont
les conditions de transmission du capital culturel . La présence
objective de ce capital dans la famille n'a de sens que si ce
capital est placé dans des conditions qui rendent possible sa
transmission. Les personnes qui ont des dispositions culturelles
n'ont pas toujours le temps de produire des effets de
socialisation. Le capital culturel équivaut aux deux contextes
familiaux différents qui peuvent produire des situations scolaires
très différentes. L'environnement culturel ne suffit pas à produire
une compétence culturelle . Il existe des modalités effectives de
transmission entre les parents et les enfants. Il s'agit de définir
quelle personne dans la famille détient le patrimoine culturel.
La présence continue et régulière est une condition essentielle à
cette transmission culturelle. Il ne s'agit pas seulement de
l'imitation , c'est une relation sociale qui est faite par un adulte
qui possède un horizon de pensée et un langage que l'enfant ne
maîtrise pas. Ce que l'adulte entend transmettre va être modifié
par la manière dont il va être reçu. L'apprentissage des savoirs et
des savoirs- faire se fait dans un cadre non organisé
consciemment par les parents . Il demande a vivre familièrement
pour être construit (capital culturel). Il doit se faire dans un cadre
positif pour être effectif. Il faut sortir de la logique du volume de
capital possédé pour s'interroger sur la pluralité des conditions et
des modalités concrètes de transmission des dispositions
culturelles. Le garçon est souvent plus en difficulté scolairement.
Les différences sexuelles sont les différences sociales qui jouent
un rôle dans les parcours scolaires différents entre frères et
soeurs.
Conclusion : Les principes de socialisation trouvent à s'exprimer
au sein de l'univers familial , cela contribue à construire un
habitus clivé qui peut trouver à se cliver davantage au fur et à
mesure des socialisations secondaires( c'est le cas quand elles
conduisent à des classements et reclassements sociaux ).

5 ) Déclassements et reclassements sociaux qui peuvent


se faire dans la douleur :

Un individu qui sort de la famille doit se composer un univers


social. Les transfuges de classe, ceux dont la mobilité sociale
qu'elle soit ascendante ou descendante les conduit à évoluer
dans des univers de référence différents et très différents de
ceux dont ils ont été socialisés primairement. Certains cas
ascendant par l'accord scolaire. Les transfuges n'échappent
jamais vraiment de leurs milieux d'origine. On met l'accent sur
l'inconfort de la situation du transfuge de classe.
Mémi : <Les déplacés > : En quoi le déplacement social
s'accompagne d'un véritable travail sur soi qui peut se faire dans
la douleur. Les multiples appartenances peuvent perturber la
construction identitaire. La névrose est l'expression d'un conflit
psychique. Un individu est pris entre en ethos de classe, mais
aussi une aspiration à l'ascension sociale, le sentiment de ne
jamais y parvenir totalement , rupture avec sa classe d'origine
sans jamais vraiment parvenir à changer de classe. Les effets de
la mobilité sociale deviennent destructeurs.

C / DE LA DIFFICILE DÉFINITION D'UNE GÉNÉRATION :

Cela implique de replacer la génération dans un contexte


précis. L'histoire est en quête d'une démarche scientifique. Il faut
comprendre et expliquer les différents événements . Les
générations servent de repères historique et marquent des cycles
répétitifs. La Révolution Française montre que l'accélération de
l'histoire est souvent associée à la jeunesse (mai 1968) .
Comte est à la recherche de lois d'évolution de la société. Le
renouvellement des générations donne le rythme du progrès .
Les gens vont s'accrocher à un certain nombre d'acquis qui
ralentissent le progrès de la société. Pour Comte, les générations
seraient un moyen de mesurer le progrès social.

Cournot : Pour lui, la génération est le moyen de réfléchir sur un


ordre caché de l'histoire et permet de mettre un peu d'ordre . Il y
a 3 générations au cours d'un siècle, chaque génération se
nourrit de la génération précédente.

Dithley :La génération désigne un espace temps et un rapport de


contemporanéité des individus . Il exprime l'idée que les individus
participent au vécu commun, ils vivent les mêmes événements et
ont subit les mêmes influences. L'expérience du temps va donner
à l'individu le pouvoir de tirer des bénéfices et de contruire son
rapport à l'avenir. Les événements seraient organisés en fonction
de leur finalité. Ils font appel à la notion de génération dans un
esprit de positivisme , ils essaient de repérer des irrégularités.
Au XIX ° siècle, la génération est vue au sens politique du terme.
Elle apparaît tous les 10 ans et dure 30 ans . La phase sociale
correspond à la phase familiale. Générations familiale = 30 ans .
Générations sociales = 10 ans .L'état d'âme collectif est incarné
dans un groupe humain pour un certain temps. Usage du mot
"génération" n'est jamais neutre.

Ortega : La génération rassemble ceux qui sont égaux en âge, et


représente un communauté de destins. Destin commun.

1 ) Cohortes et générations : des constructions sociales :

Le fait de partager le même âge avec d'autres personnes. Le


fait de naître à telle ou telle date peut être décisif dans le type de
socialisation reçue.
Cohorte: Ensemble des individus rencontrant à la même époque
un événement donné. (Cohorte de mariage). Fondée sur l'année
de naissance, c'est un groupe très arbitraire qui ne peut pas
rencontrer un destin commun. Peut ou ne peut avoir conscience
de soi. C'est un classement arbitraire des individus . Avoir le
même âge signifie avoir été socialisé aux mêmes événements
structurants.

Louis Chauvel : Une génération existe vraiment des traits


spécifiques pérennes tout au long de sa vie.

Définition contemporaine d'une génération : par Claudine Attias-


Donfut : Durée de renouvellement des hommes (espace de temps
entre âge du père et du fils) ou ensemble de personnes née a la
même époque ou ayant la même expérience.
Une génération psychologique qui s'inscrit dans le cadre familial
est à différencier de la génération sociologique et de la
génération historique animée par une conscience de génération.
En matière de sociologie de la famille, une génération est un
ensemble de personnes classées selon un rapport de filiation.
Les sociétés démocratiques = mouvement général.
La question de la génération de pose dès lors que les sociétés
sont capables de pousser leurs temporalité. Le changement
apparaît sous une nouvelle génération.

2) Le concept de génération:
Le processus de succession des générations est devenu un
objet central pour les sciences sociales dans le domaine de la
sociologie religieuse et celui de la structure sociale.
Religion : Apparition de nouvelles cohortes d'individus d'années
en années qui on été socialisée dans un monde sécularisé , un
monde dans lequel la religion occupe une place beaucoup moins
importante, et disparition des anciennes cohortes pour lesquelles
la vie était plus réglée par l'apparition de repères religieux.
Effondrement de la fréquentation des églises affecte les pratiques
. Les représentations collectives ont évolué. La population née
dans les années 40 doit être envisagée comme une population en
rupture avec ses ainés, se caractérisant par une plus forte
pratique, des normes plus traditionnelles , une moindre tolérance
et un vote à gauche moins prononcé.

Analyses de Chauvel :Crise de 68 = conflit de générations entre


les cohortes né après 45 et ceux né avant. Les cohortes nés
après 45 sont homogènes (idéologie) . Coupure franche entre
l'avant et l'après 30 glorieuses. Du point de vue de la sociologie
religieuse car la société s'attache à la religion d'une manière
différente. Les aînés ont bénéficié de salaires élevés, du plein
emploi et de la perspective d'un avenir positif. Les cadets doivent
composer avec un chômage structurel et des salaires beaucoup
plus bas, une mobilité professionnelle plus subie que choisie et
de profondes incertitudes quand à leurs situations. La génération
de 1945 et les cohortes né en 1975 rencontrent des destins
sociaux très différents. Les nouvelles générations héritent sans
doute d'une situation plus favorable que leurs aînés mais ne
bénéficient pas de la dynamique qui existait au moment de la
libération. Toutes les définitions ne sont pas exclusives les unes
des autres, la rapports entre les générations ont toujours joué un
rôle dans la construction de l'identité personnelle et dans le
fondement des liens sociaux.

3 ) La génération est toujours relationnelle.

Karl Mannheim : à formalisé une approche sociologique de la


génération . Selon lui, l'usage du concept de génération en
histoire relève d'une double illusion : il existerait des lois dans les
rythmes et les cycles de l'histoire et on pourrait définir une unité
spirituelle à une génération . Pour lui les générations sont un
outils de compréhension du champ social . Elles permettent de
mettre à jour des processus sociaux et des interactions entre
individus. La génération n'a de sens que lorsqu'elle est relation.
Relation avec ses paires (comme moi, identiques), avec les
générations antérieures et relations avec les institutions qui
composent la société. Mannheim fais une distinction entre ce qu'il
appelle générations potentielles et générations effectives.
Générations potentielles : constituée de personnes nées à la
même époque et qui n'émergent pas spécialement comme un
ensemble social.
Générations effectives: Se constituent lorsque surviennent les
ruptures ou des événement fondateurs qui cristallisent une
conscience et une identité collective. On ne peut parle de
génération effectives que dans la mesure ou des liens se créent
entre les membres d'une génération. Liens crées dans une
période de jeunesse, quand l'imprégnation sociale et culturelle
est plus forte. La vision du monde se crée. L'esprit est plus apte à
absorber des idées nouvelles.
Toutes les visions ultérieures sont influencés par les visions
originelles de la jeunesse.

Claudie Attias Donfu : <La dynamique des générations> Existe


t'il une position de génération qui va produire une conscience de
génération? Cela peut-il conduire a crée une lutte entre les
génération?(nouvelles et anciennes). Cette réflexion sur la
génération s'inscrit dans les réflexions sur la socialisation. Une
fois que l'individu est sorti de l'adolescence et des années de
formation, la personnalité des membres va se cristalliser autours
d'expériences qui lui sont spécifiques. La mémoire de ses
expériences va suivre l'individu tout au long de sa vie.

Selon Chauvel , les générations seraient composée de plis au


valeurs et aux influences politiques communs. Dimention
relationnelle : filiation, parenté

D / GÉNÉRATIONS ET MÉMOIRES FAMILIALES : OU COMMENT


PENSER LA RELATION À L'AUTRE SOI MÊME.

1) De la solidarité entre les générations :

La mobilité sociale entre générations profite indirectement à


la génération la plus défavorisée. Des mécanisme informels de
solidarité se mettent en place par le biais d'hébergement, d'aides
financières . On observe que les parents font toujours des efforts
pour procurer a leur enfant un bon diplôme qui est une des clé
d'accès à l'emploi sur le marché du travail. Et à l'inverse, les
enfants une fois qu'ils ont réussi , vont faire partager à leurs
parents les bénéfices de leurs mobilités sociales ascendante.
Solidarité entre les générations. On observe que cette solidarité
est marquée par une division sexuelles des rôles, les soins a la
génération aînée et aux plus jeunes est souvent reléguée aux
femmes.

a. Mère et fille, solidarité familiale centrale : < Mère


et filles une relation à trois.> Nathalie Heinich , "Les hommes ne
le savent peut être pas mais ce dont la plupart des femmes
préfèrent parler entre elles ce sont leurs mères " . Dans cet
ouvrage, ces deux femmes s'efforcent de reconstituer l'éventail
de relations possibles entre les mères et les filles, sur les
situations les plus problématiques, mais aussi sur la transmission
des rôles et la construction des identités de génération en
génération. Dans les faits, l'articulation de la vie professionnelles
se structure avant tout sur la relation mère/fille. Même si la mère
est active, on se rend compte que sa fille va compter sur elle
pour un nombre de taches quotidiennes (linge, repas.....). relève
d'un certain nombre d'habitudes qui sont une mémoire de
l'individu sédimentée hors de la mémoire dans les rythmes
quotidiens, les mouvements du corps et les interactions.
Pour JC Kaufmann se reproduisent de génération en génération
grâce à des injonctions : constructions sociales (historiques,
familiales ou personnelles ) ayant produit le cadre de l'évidence
qui pousse à l'action. L'injonction parfaite la plus fortement
structurante des pratiques est silencieuse et invisible, elle doit
rester non représentée pour être efficace. La puissance de
l'imposition sociale est incorporée en chacun de nous de manière
très personnelle et très contrainte dans les manières d'agir à
parement anodines. La symbiose entre la mère et la fille est
souvent indispensable à l'activité de la seconde. La contribution
aux taches domestiques masculine est très secondaire. La
famille d'origine constitue un refuge pour les filles qui échouent
dans leur stratégie matrimoniale. < Le village dans la ville >
Vilmote et Young 1983 . ces analyses confirmées par des études
plus récentes T. Blöss < Les liens de famille: sociologie des
rapports entre ...> .Jeunes femmes insertion par essai / erreur,
puis retour à la famille.
En dehors de ces formes, la solidarité entre les générations passe
également par la transmission de biens d'une générations a
l'autre.

b. Une solidarité qui passe par l'héritage :

La succession n'est plus une condition à l'installation sociale.


Tout au long de la vie , les parents font des dons a leurs enfants :
argents, biens, jouissances. Ex La région PACA , augmentation
prix loyers, résidences secondaires... Venue de 30 M de touristes
chaque années, ligne TGV, systèmes de travail à Paris et vie
ici....Immense richesse source d'inégalités. La situation d'héritier
peut s'étendre sur toute une vie. Au moment du décès des
parents, la situation d'héritier impose un devoir de réception du
bien et de retransmission de ce bien à ses propres héritiers.

Anne Gotman : < Hériter > , quatre modèles de transmission


possible :
-Les bâtisseurs : accédants à la propriété d'origine plutôt
modeste et qui vont transmettre un bien à leur enfants.
-Les éducateurs : cadres et intellectuels qui privilégient la
transmission d'un capital éducatif plutôt d'un héritage matériel
-Les fondateurs : Partis d'un petit pécule et ont pour objectif
de construire un patrimoine matériels solide, ont le projet de
constituer un patrimoine matériel solide dans l'espoir d'installer
leur famille dans un nouveau rang dans les générations a venir.
-Les entrepreneurs : Les patrimoines consiste
essentiellement à insérer les nouvelles générations dans un
réseau de sociabilité. On transmet un capital social qui servira
aux générations futures. Cette transmission peut s'incarner dans
des objets ou dans des meubles , anodins, qui constituent la
mémoire.
Etude qui prouve l'attachement a des choses anodines.
Deviennent des objets appropriés hors de la maison, qui ont une
histoire. Leurs combinaison a l'intérieur de la maison qui est
unique, chaque objet est attaché à un souvenir. Objet
culturellement marqué, réappropriés de génération en
génération. Ils témoignent des gens qui on vécu au milieu de ces
éléments là. Repose sur la mémoire familiale. Souligne la
caractère collectif des mémoires (familiale) , ces souvenirs ne
nous reviennent que parce qu'ils sont attachés à des personnes,
au groupe qui y a participé . C'est la relation à l'autre qui donne
a la mémoire la possibilité de s'exercer, si les souvenirs sont là,
ils ont besoin de conditions d'actualisation pour pouvoir se
rappeler à nôtre mémoire.
La perception des choses dépend toujours du contexte dans
lequel elle à lieu. Les souvenirs demandent à pouvoir se fixer sur
des repères précis, et le groupe familial est le lieu par excellence
de production de ces repères car il se construit autour de la
mémoire familiale.

2 ) La mémoire familiale au coeur de l'identité


individuelle :

< Individu et mémoire familiale > Anne Nuxel 1996 . Entretiens


avec hommes et femmes de 19 à 75 ans , travaille sur la base de
textes littéraires, elle s'appuie également sur le recours à sa
propre mémoire. Elle considère la mémoire comme un opérateur
de la construction de l'identité du sujet. Elle ne se contente pas
de mettre l'accent sur ce qui est collectif. Elle insiste sur ce qu'il y
a de commun dans le fonctionnement des mémoires, quelques
soient les milieux sociaux (pas de mémoire collective , mais une
mémoire personnelle). Elle essaie de mettre en évidence la
manière dont chacun s'arange avec ses origines en essayant de
trouver un équilibre en différenciation et identité. Elle accorde
une place prépondérante a l'enfance dans la construction de la
mémoire familiale.

a.Comment peut-on définir la mémoire familiale :

La mémoire familiale est à la fois familière et inconnue, elle


puise ses racines dans le passé mais elle ne peut nous apparaître
que si elle viens a la rencontre de nos expériences présentes. Elle
peut être définie comme le présent d'un passé. C'est une histoire
personnelle et sa reconstruction. C'est ce qu'on à vécu et la
manière dont on se raconte ce vécu. Elle est prise entre des
logiques collectives et des événements singuliers. C'est cette
mémoire qui anime cette succession entre les générations. Pour
Nuxel, la mémoire familiale s'organise autours de trois fonctions
essentielles :
-L'affiliation : la mémoire nous inscrit dans une génération,
dans le tendon d'un groupe familial. Fait le lien entre les
générations mais se re-négocie en permanence.
-L'occasion d'une plongée affective dans ce que l'on est :
c'est une mémoire des sentiments et des relations, qui construit
une représentation du présent. Elle trouve à s'exprimer dans les
odeurs...Les sons que l'on entend, les gestes... On peut la
qualifier de mémoire involontaire( Marcel Proust " Elle est
quelque chose qui commun au passé et au présent est beaucoup
plus essentielle qu'eux" . Elle est extra temporelle. La madeleine
de proust. Cette mémoire involontaire est souvent une mémoire
de l'enfance qui va convoquer des lieux. Elle se rapproche du
fonctionnement de l'inconscient qui correspond à une langue
intérieure qui s'énonce dans un espace extra-temporel.
-Un moyen d'évaluer sa vie : Cette dernière fonction de la
mémoire familiale correspond a un rapport rationalisé de son
passé, et non d'un mode affectif. c'est une mémoire qui passe
par la réflexion et la critique et qui véhicule l'idée qu'on peut tirer
des leçons de son expérience familiale. Il ne s'agit plus du passé,
mais d'une projection dans l'avenir. Mémoire trop pleines ou trop
vides: l'individu cherche dans cette mémoire ce qui va lui
permettre de se construire. La mémoire va être utilisée pour se
différencier de la lignée. On rejette les ascendants, ou on les
contredit . Travail de reconstruction de l'identité.

Mémoire familiale est consciemment ou inconsciemment


sélective, d'où l'importance des secrets de famille. Pour donner la
meilleure image de sa famille et de soi même possible.

Fonctions de la mémoire :
-L'oubli : Choses sans importantes ou trop importantes.
L'oubli permet de se souvenir. Et de donner du sens à la
mémoire. La mémoire ce n'est qu'une fiction fait de bouts mis les
uns a cotés des autres. C'est parfois une thérapie inconsciente
pour accepter son histoire individuelle. La mémoire familiale est
une mémoire des sens, une mémoire corporelle, une mémoire
faite d'images qui se construit prioritairement en référence à des
lieux. (M.Augé)

b.?

Pour Nuxel , se souvenir c'est circuler dans un monde d'images,


les images fixes des lieux , maison, jardin, cave....ou s'est logé le
temps devenu immobile de l'enfance. Pour se loger dans un lieu,
un individu doit faire survenir un décor, la mémoire ne peut être
retrouvée que si elle s'enracine dans ces lieux. Le lieu est un
espace que nous sommes parvenus a nous ré approprier. pour M.
Augé, le terme espace est plus abstrait que celui de lieu par
l'emploi duquel on se réfère au moins à un événement (qui a eu
lieu), à un mythe (lieu dit) ou à une histoire . Ces lieux n'existent
pas par leur réalité physique , mais par leur réalité mentale.

"La maison est notre coin du monde, et la chambre est sûrement


le premier espace de refuge, de clôture entre soi et les autres ".
Les enfants =lieux imagés à la taille de l'enfant. On mesure la
mémoire plus a l'espace qu'à l'échelle du temps. Ce sont les
espaces qui racontent le temps. Mémoire comparée aux
vacances : Nuxel saveurs ,odeurs, ambiance fortes. La famille à
table constitue l'un des lieux essentiels de la mémoire familiale.
Cette répétition fais que ce lieu là à une certaine densité dans la
mémoire familiale. La table est un lieu de production culturelle,
en dit beaucoup sur la société. Le fait de se mettre à table n'est
pas naturel, mais culturel. La succession des plats et leurs
composition s'ordonne en fonction de certaines valeurs et
certaines croyances qui construisent un modèle alimentaire.
Donc l'alimentation et le lieu de la table se trouve au coeur du
processus de formation de l'identité collective , qu'elle soit
sociale ou familiale. La cuisine est un langage dans lequel chaque
société raconte une partie de ce qu'elle est, ce mettre à table
c'est respecter un certain nombre de règle, respecter une
horaire, une place, cela ordonne également la distribution de
certains rôles, c'est l'endroit ou les petits apprennent les manière
de se tenir. Cette mémoire des rassemblements inscrit la famille
dans un ordre temporel , spatial , social et relationnel. On y
trouve l'expression de codes divers, étudiés par P.Bourdieux
(bourgeoisie: liberté, moyenne : nécessité). Classes populaire : un
franc manger (nourriture nourrissante, abondante....) Bourgeoisie
: esthétique et petites quantités. On se tient a table comme l'on
est socialement. Par l'intermédiaire des repas, la famille se
rassure sur le fait qu'elle est bien vivante, la nourriture participe
à cet ordre temporel. La nourriture accorde un quasi- monopole a
la mère , c'est elle qui va initier le goût de la nourriture pour les
enfants, qui dit ce qui est bon et ce qui ne l'est pas, elle autorise
certains plaisirs, pour retenir ces enfants, elle cuisine leurs plats
préférés...La cuisine fait partie de ces choses qui peuvent être
transmises. Quelque soit la forme que prennent ces repas, ils
sont le premier lieu de la socialisation des enfants, il repère les
signes (plats qui circulent, paroles qui circulent...). Aussi lieu de
dispute et de conflits. évolution contemporaine : télévision dans
la cuisine, réduit les capacités d'échange. La télévision fait partie
de la mémoire qui se construit a table. La télévision peut
courcicuiter la rencontre de la famille avec elle même , elle rend
possible la rencontre de la famille avec le monde, ouverture vers
l'extérieur. Elle rythme les moments et les horaires ou l'on peut
partager un moment avec des membres de sa famille.
Famille = mémoire en train de se constituer, relation entre les
génération, au delà de l'impression de quotidien.