Vous êtes sur la page 1sur 13

Une histoire succincte de la pédagogie à travers les âges

1. L’Antiquité

On peut distinguer trois types principaux d’éducation

1.1. L’Education dont l’objectif premier est la socialisation visant avant tout le
conditionnement de l’individu en fonction des structures raciales ou politiques
existantes. L’éducation assure la transmission d’une culture et le maintien d’un
système traditionnel.
Exemple : l’éducation spartiate, essentiellement militaire, physique, civique et
communautaire, qui sacrifie l’esprit au corps, les valeurs individuelles,
intellectuelles et spirituelles, aux valeurs collectives, physiques et guerrières.
Dictée par un étatisme absolu et une culture intellectuellement pauvre, la
pédagogie spartiate inculquait les vertus morales typiques d’une société
totalitaire ; les enfants sont propriété de l’Etat.
1.2. La Formation du lettré : là où existait une culture intellectuelle développée (
savoir et tradition codifiés) et une administration hiérarchisée, se répandit une
éducation à base d’instruction : écriture, lecture, calcul, sciences théoriques et
appliquées. L’école devint le moyen de formation d’une élite religieuse, politique,
administrative ou savante.
Ex : le scribe en Egypte
1.3. Education intellectuelle supérieure
- Origine dans les écoles philosophiques telles que celle de Pythagore ( +/- 500
avt J.C.) et dans l’enseignement des sophistes
- Développement à Athènes, démocratie culturellement riche, à partir du 5è
siècle ( siècle de Périclès)
- Une éducation équilibrée faite de formation physique, artistique, intellectuelle,
recherchant l’harmonie du corps et de l’esprit. On y trouve les premières
formes d’éducation supérieure : philosophie, rhétorique, dialectique, sciences.
Ecoles philosophiques célèbres de Socrate, Platon, Aristote.
- L’éducation a pour but de former l’homme cultivé apte aux fonctions de la vie
privée et publique par le développement des facultés physiques, intellectuelles
et morales, l’éducation supérieure étant réservée aux citoyens des classes
traditionnellement appelées à exercer des carrières publiques.
SOCRATE ( † 399) : philosophe moraliste athénien. Sa méthode d’interrogation,
l’ironie et la maïeutique amenant l’interlocuteur à concevoir la vérité par une
réflexion guidée grâce aux questions de Socrate qui conduit le dialogue.
PLATON ( † 347), disciple de Socrate.
La conversion de la nature humaine par l’éducation peut conduire à une réforme
des institutions sociales et de l’organisation de l’Etat.
L’éducation libère des servitudes corporelles et sensibles ; elle permet d’instaurer
la maîtrise de l’esprit chez l’homme et, par là, dans la société ( allégorie de la
caverne).

L’éducation romaine
- Jusque dans le courant du 2è siècle, l’éducation est fruste, pratique, civique,
morale et religieuse, traditionnelle et assurée par la famille. Les premières
écoles, d’un niveau uniquement élémentaire, apparaissent au 3è siècle.
- Suite à la conquête de la Grèce par les Romains, un phénomène irréversible
d’hellénisation impose la culture grecque, ce qui entraîne une profonde
évolution politique, culturelle et pédagogique. De nationale, militaire et
religieuse, l’éducation devient cosmopolite, oratoire, juridique et humaniste.
QUINTILIEN ( † 118 ap. J.C.) est un éminent juriste, fondateur d’une école
d’art oratoire : « Institutio oratoria ( 95). Il développe une pédagogie progressiste
par rapport à son temps. Elle consiste a tenir compte des différences individuelles
entre les élèves et de leur motivation. Cette éducation doit commencer dès le plus
jeune âge.

La culture greco-latine est à l’origine de la nôtre. Les Romains ont principalement


développé l’enseignement de la philosophie, du droit, de la rhétorique, de la
littérature ; la part faite aux sciences et aux mathématiques est réduite, ce qui
oriente la culture du Moyen-Age vers des formes non scientifiques et favorise à
long terme l’essor de l’humanisme classique

2. Les cinq premiers siècles du Christianisme

De l’enseignement du Christ et de l’Evangile jaillit une conception nouvelle de la vie et de


la destinée humaine et, sur cette base, l’éducation prend une orientation spiritualisée ;
unité de vie et d’éducation dans la Foi chrétienne. Une conciliation se fait entre la
doctrine chrétienne et les apports de la pensée gréco-latine, de la littérature, des sciences
profanes et des philosophies de l’Antiquité et ceci dans le respect de la doctrine révélée et
au service de son élaboration ( St Augustin ( +/- 430 ap. J.C.) et différents Pères de
l’Eglise). Dans ce courant nous pouvons trouver les fondements de la culture chrétienne
médiévale et de l’humanisme chrétien des temps modernes.

3. Le Moyen-Age

- les valeurs religieuses imprègnent et orientent la culture et la vie sous tous


leurs aspects, y compris l’éducation. Le monde se comprend à travers les
principes de la spiritualité et les entités abstraites de la philosophie.
- Les activités intellectuelles et pédagogiques convergent vers l’élaboration et
l’enseignement de la théologie ( Scolastique 12è – 16è sicle). La langue latine
assure la tradition et l’unité de la pensée théologique et philosophique.
- Les principales écoles sont de type monacal, presbytéral et épiscopal. Les
premières universités sont créées au 13è siècle : Paris ( 1200) … Louvain (
1425).
- L’enseignement y est encyclopédique, compilatoire et fondé sur l’autorité de
la tradition ( dogmatisme). Il est essentiellement magistral.

4. L’éducation des Temps modernes ( de la Renaissance au 20è siècle)

4.1. La Renaissance : de théocentriques qu’ils étaient au Moyen-Age, les principes


d’éducation deviennent plus anthropocentriques. A côté des valeurs surnaturelles
qui ne sont point exclues, les valeurs naturelles et humaines inspirent la
pédagogie. Ainsi, les programmes de formation :
- s’efforcent de promouvoir la raison critique, l’autonomie, la recherche, face à
la mémorisation et au dogmatisme traditionnel
- veulent satisfaire les besoins d’une utilité concrète et d’une plus grande
érudition ;
- font place aux sciences, aux langues modernes, à la formation corporelle.

François RABELAIS († 1553) « Pantagruel et Gargantua »

Il attire l’attention sur les ressources et les capacités de la nature humaine.


Il témoigne de la soif de tout savoir typique de la renaissance ; l’idéal serait de
tout connaître ( encyclopédisme) ; il insiste sur l’étude des sciences. Il est aussi
partisan de l’éducation physique.

Michel Eyquem de MONTAIGNE ( †1592) les Essais

« Mieux vaut une tête bien faite qu’une tête trop pleine ». Il préfère une formation
au jugement plutôt que l’absorption d’une culture encyclopédique mémorisée. Il
s’agit d’acquérir une sagesse de vie : telle est le but de l’éducation. Il est partisan
de l’étude de la langue maternelle. Sa méthodologie est d’offrir un enseignement
attrayant, suscitant l’activité de l’élève et, partant, de l’observation.

4.2. Quatre courants principaux ont orienté la pédagogie des Temps Modernes

4.2.1. Le courant les lettres classiques


Caractérisé par des fins esthétiques et morales recherchées par l’étude et la
fréquentation de la culture humaniste gréco-latine et par la formation
religieuse. Il s’agit d’un humanisme laissant très peu de place aux sciences et
aux techniques et non d’une formation à but pratique ; elle s’adresse à l’élite
aristocratique et bourgeoise inculquant le respect des traditions et puissances
établies
Promoteur : Désiré ERASME ( † 1536) Il veut affiner les esprits, les mœurs
et le langage par l’étude de la littérature classique. Les études philologiques du
grec, du latin et de l’hébreu premttent d’allier les pensées antiques et
chrétienne.
Les collèges de la Compagnie de Jésus ( à partir du 16è siècle) ont mis en
application les principes d’une éducation chrétienne solide s’inspirant de
l’humanisme classique.

4.2.2. Le courant scientifique et technique

Issus de la critique de la méthode philosophique déductive et du


développement de la méthode scientifique expérimentale inductive
( F. BACON † 1626 Novum Organum et A. COMTE, † 1857 Positivisme)
Les progrès sans cesse croissant des sciences font que se développe un courant
pédagogique « réaliste » dans le sens de :
- donner aux sciences et aux techniques une place de choix dans les
programmes d’enseignement ;
- promouvoir un enseignement à finalités pratiques ( apprentissage des
métiers) et une méthodologie basée sur le contact direct avec la réalité
avant d’aborder les notions abstraites et générales ( observation, intuition,
activité)
Wolfgang RATICH ( † 1635) « Didactica nova » ( 1625)
Un promoteur : Auguste FRANCKE ( †1727), fondateur des realschulen :
enseignement des mathématiques et des sciences pures et appliquées et des
langues modernes, dans l’optique d’une formation professionnelle, emploi des
méthodes inductive et active

4.2.3. Le courant d’inspiration naturaliste

La connaissance et le respect des lois naturelles constituent la base du système.


Cela veut dire, en pédagogie, former l’homme conformément à la nature humaine.

Jean-Jacques ROUSSSEAU ( † 1778) « Emile ou de l’Education »( 1762)

- Sa thèse fondamentale : la bonté originelle de la nature humaine qui est,


cependant, corrompue par la vie en société. Dès lors, l’éducation doit
soustraire aux influences de la société et respecter le développement naturel
spontané de l’enfant. Pour cela, il faut savoir que l’enfant est radicalement
différent de l’adulte par sa manière de vivre et de penser et qu’il existe chez
l’enfant et l’adolescent une succession génétique d’étapes de développement (
stades)
- La formation doit reposer sur les méthodes actives, sur les intérêts spontanés
de l’élève, sur l’observation par les sens.
- L’éducation doit être pédocentrique ; centrée sur l’enfant, sur l’élève ; en
fonction de lui et non de l’éducation ou des programmes établis
- Cette pédagogie a eu une influence énorme sur la pédagogie du 19è et 20è
siècles, notamment dans le sens de rechercher les bases psychologiques de
l’éducation.
Application des principes théoriques de Rousseau par Henri PESTALOZZI ( †
1827) au collège d’Yverdon ( Suisse) et par Friedrich FROEBEL ( † 1852)
fondateur des Jardins d’Enfants ( 1840). Les éducateurs doivent favoriser le
développement spontané naturel, mental, affectif, sensori-moteur du jeune enfant,
grâce notamment à un matériel didactique et à des jeux éducatifs.

4.2.4. le courant social

Il milite en faveur d’un enseignement ouvert à tous spécialement aux classes


sociales jusqu’alors défavorisées au point de vue de l’éducation.

Ce courant est issu de :


- la philanthropie et de la charité chrétienne : Frères des Ecoles Chrétiennes (
1684, Jean-Baptiste de la Salle) et les Salésiens ( 1862, Don Bosco) ;
- réformes politiques : révolution française ( 1798) principe de l’école
élémentaire pour tous et gratuité ;
- de la prise de conscience sociale des masses populaires : revendication
socialistes au 19è siècle

4.3. Grande synthèse théorique et pratique des courants pédagogiques modernes


dans l’œuvre de Jan Amos Komensky, COMENIUS ( † 1670) . Il reprend tous
les points des courants pédagogiques des Temps Modernes. « Didactica Magna ».
Il croit pouvoir unifier les peuples grâce à une culture de base commune enseignée
à tous.
2ème partie de l’Histoire de la pédagogie

Début du XIXè siècle à la moitié du XXè siècle.


Luc Palsterman

Introduction
Si vous avez déjà pris connaissance de la première partie de ce dossier – « Les grands
courants pédagogiques de l’Antiquité au XIXè siècle » - vous avez pu vous rendre compte que
le dossier n’a qu’une seule prétention : nous rafraîchir la mémoire de nos cours d’agrégation.
Cette deuxième partie a le même objectif. Et c’est d’autant plus vrai que, encore à l’heure où
nous écrivons ces quelques paragraphes, l’enseignement en Belgique francophone est en
pleine réforme.
Pour prendre connaissance de la pédagogie des trente dernières années, nous vous conseillons
de vous « transférer » sur le site du SEGEC. De notre côté, nous avons tenté de vous
présenter brièvement dans d’autres dossiers dans quelle mesure le cours de religion s’inscrit
dans cette dynamique de réformation.
Notre propos dans le présent article s’intéressera aux théories, aux méthodes et aux
réalisations pédagogiques du début du XIXè siècle jusqu’à la moitié du siècle que nous
venons de quitter ( jusqu’en 1970)

1. Pédagogie traditionnelle et magistrale

Ce sont la tradition et l’empirisme qui guident l’enseignement ( didactique) traditionnel de


type magistral. Il ne fait habituellement pas référence à la recherche psychologique et aux
sciences de l’éducation. Il faut dire que ces sciences n’en sont qu’à leur début.
La pédagogie traditionnelle se caractérise par la préoccupation majeure du maître à
transmettre le savoir. Il ne se préoccupe qu’indirectement du développement de la personne ;
le maître n’envisage pas l’apprentissage du savoir à partir du point de vue de l’élève ; il
exerce sa responsabilité vis-à-vis de la transmission d’un savoir, du respect d’un programme
et à l’observance d’une méthode systématique.
La démarche pédagogique est de ce fait centrée sur l’adulte : on parle de
« magistrocentrisme ».
S’il faut donner des stéréotypes de cette pédagogie, on parlera du bon maître qui doit exercer
son autorité et sa fonction, du bon élève qui perçoit, imite et introjette et que la structure est
rigide et hiérarchisée.
Ce modèle éducatif correspond au type de société et de culture du 19è siècle dans laquelle les
élèves doivent reproduire le système de valeurs du pouvoir en place.

2. Pédocentrisme de l’éducation et des écoles « nouvelles »

2.1. Caractères généraux

Le pédocentrisme ( ou paidocentrisme) est une conception de l’éducation


orientée avant tout vers l’épanouissement de l’enfant et pratiquée en fonction
de lui. La pédagogie cherche à se fonder sur la connaissance de l’élève et de
son activité
Les « écoles actives » mobilisent l’activité de l’élève dans le sens où cette activité
est comprise comme une attitude mentale et affective qui, loin de la réceptivité et
de l’imitation ( modèle magistral), appelle l’expérience propre et la recherche de
l’enfant.
Cette « nouvelle » pédagogie se réfère à une société démocratique et une culture en
évolution.
Le rôle du maître se caractérise comme un stimulateur d’intérêts ; il est le guide dans
l’apprentissage et la formation des élèves plutôt qu’un enseignant.
On y fait rencontrer l’intuition, l’expérience individuelle et les méthodes ; on y
élabore des techniques didactiques sur base de données fournies par les sciences de
l’éducation et la recherche psychopédagogique.

John DEWEY ( 1859 – 1952 ) philosophe de la pédagogie nouvelle

Dewey est psycho-pédagogue, professeur aux Universités de Chicago et de New


York ( Teachers Collège), fondateur d’une école-laboratoire ; sa renommée et
son influence sont mondialement reconnues.
Son système pédagogique est complet et jète les bases théoriques des pédagogies
nouvelles .
Son principe pédagogique est le pédocentrisme c.-à-d. la centration de la démarche
pédagogique sur l’élève.
Il cherche à fonder sa théorie sur un principe scientifique grâce à un contrôle
expérimental.
Comme principe social, l’élève est considéré comme un individu social qui doit faire
l’apprentissage de la vie sociale dans une société démocratique. L’école est envisagée
comme une communauté de vie, comme une société en miniature.
Son principe méthodologique est de partir des expériences quotidiennes de l’enfant et
delà l’école élabore et systématise avec l’enfant les connaissances ( « learning by
doing ») ; les méthodes sont dites « actives » et motivées.
Parmi ses œuvres traduites en français, nous pouvons noter : Mon credo pédagogique,
1920 ; Ecole et société, 1922 ; L’école et l’enfant, 1922 ; L’école de demain, 1930 ;
Expérience et éducation, 1947
KILPATRIK est un disciple de DEWEY ; il met en application les méthodes
« actives ».

Edouard CLAPAREDE ( 1873 – 1940)

E. Claparede est un médecin genevois ; psychologue expérimental au départ, il


s’oriente vers la psychologie pédagogique. Professeur de philosophie à l’université de
Genève, il fonde en 1912 l’Institut Jean-Jacques ROUSSEAU et, en 1925, le Bureau
International de l’Education. Ses publications influencent considérablement le
renouveau pédagogique européen. Il invente l’éducation « fonctionnelle » dont les
lois sont les suivantes :
1. succession génétique
2. exercice génético-fonctionnel
3. utilité fonctionnelle
4. autonomie fonctionnelle
5. individualité
Fondée sur l’observation et la connaissance scientifique de l’enfant, l’éducation
fonctionnelle veut susciter l’activité motivée de l’élève et aboutir à « l’école sur
mesure ».
Pour lui, le renouveau de l’éducation et de l’enseignement doit s’appuyer sur la
psychologie et la pédagogie scientifiques.
Parmi ses œuvres, nous pouvons citer : Psychologie de l’enfant et pédagogie
expérimentale, 1905 ; L’école sur mesure, 1921 ; L’orientation scolaire, ses problèmes
et ses méthodes, 1922 ; L’éducation fonctionnelle, 1931 ; Comment diagnostiquer les
aptitudes des écoliers, 1933.

2.2. Théories et méthodes particulières

Les écoles nouvelles pratiquent la pédagogie de « l’activité motivée » selon des


modalités variables. Celles-ci découlent des théories et des expériences
pratiques qui les sous-tendent.

Ovide DECROLY ( 1871 – 1932)

Ovide Decroly est un médecin belge spécialisé en neurologie. En 1901, il fonde à


Bruxelles un Institut pour enfants irréguliers et retardés pédagogiques et, par la suite
l’Ecole de l’Ermitage ( 1907) dans le but d’appliquer aux enfants « normaux » ses
principes et ceux de la pédagogie nouvelle.
Il est également professeur à l’Université Libre de Bruxelles. Il promulgue la
Pédagogie scientifique en Belgique et sa renommée est mondiale.

Sa pensée pédagogique se situe au confluent des courants qui marquent le début du


XXè siècle : évolutionnisme, pragmatisme, psychologie génétique ( l’enfant est le
résultat de sa croissance biologique et de son expérience active du milieu).
Les principaux éléments du système decrolyen sont les suivants :
1. groupe homogène, conciliation de l’individualisation et de la formation en
groupe ( hérédité et milieu) ;
2. globalisation : méthode globale d’apprentissage notamment de la lecture et
de l’écriture par la méthode « idéo-visuelle » ; cette méthode est fondée sur
la tendance globalisante de la pensée de l’enfant ;
3. L’école doit être« L’école pour la vie et par la vie » : c’est grâce à la
méthode des « centres d’intérêts » qui permettent de observer – associer –
exprimer. On coordonne dans l’école les branches en fonction des
« centres d’intérêts et des « idées pivots » ;
4. comme moyen efficace pour stimuler l’action formatrice, on utilise
beaucoup le jeu : par le jeu on favorise l’attention, l’observation, la
sensibilité et l’expression.
Parmi les publications les plus importantes, nous pouvons citer :
L’initiation à l’activité intellectuelle et motrice par les jeux éducatifs, 1914 ;
L’affectivité dans le choix des professions, en 1925 ; La fonction de globalisation dans
l’enseignement, en 1929 ; Etudes de psychogenèse, en 1932
Nous pouvons également citer trois ouvrages de R. BUYSE : La pratique des tests
mentaux, en 1928 ; La statistique appliquée aux problèmes pédagogiques, en 1929 et
l’Introduction à la pédagogie quantitative, en 1929.
Georg KERSCHENSTEINER ( 1854 – 1932 )

Georg Kerschensteiner est un praticien de l’enseignement à tous les niveaux et


finalement à l’Université de Munich.
Pour lui, l’idéal de l’éducation est celui qui valorise :
1. l’épanouissement des individus jusqu’à l’autonomie et l’assimilation des
biens culturels de la communauté
2. l’enseignement « professionnel » autant que l’enseignement « général »
dans la mesure où tous les deux doivent atteindre la formation
« culturelle ».
3. une école active du travail ( Arbeitsschule) dans laquelle on part des
intérêts concrets de l’élève-enfant pour l’élever à l’adolescence, aux
intérêts théoriques, à l’instruction par l’expérience et l’action qui, quant à
elle, doit être basée sur des motivations profondes. L’école « Steiner »
accorde aussi de l’importance au travail manuel en équipe.
Nous n’avons trouver comme ouvrages de référence que des publications en
allemand : Begriff der Arbeitsschule, en 1920 ; Theorie der Bildung, en 1926 et
Die Seele des Erzihers, en 1927

Anton Semenovitch MAKARENKON ( 1888 – 1939)

Makarenkon est pédagogue soviétique qui réadapte des jeunes sans famille dans la
colonie Gorki et la Commune Dzerjinski par le travail en commun et l’imprégnation
de l’idéal socialiste.
Son principe de base est que l’enfant est un « sujet constructeur »et non l’ « objet » de
l’éducation ; et que l’école constitue un « collectif engagé » dans l’action de la
communauté nationale.
Il s’oppose aux pédagogues occidentaux ; il méprise la psychologie individuelle et les
techniques d’individualisation.
Il vise la formation des facultés naturelles de l’homme dans une collectivité de
travail et l’éducation et non dans le milieu artificiel de l’école. Il cherche à ce
que l’esprit et le cœur de l’homme soient façonner selon un idéal politique et
non dans le but de faire éclore sa personnalité originale. Les valeurs
principales sont, selon lui, le travail collectif et la culture technologique.

Adolphe FERRIERE ( 1879 – 1960)

Ferrière est un des propagateur du mouvement de l’éducation nouvelle et de l’école


active. Il est aussi fondateur du Bureau International des Ecoles Nouvelles ( 1899) et
professeurs à l’Institut jean-Jacques Rousseau.
A propos de l’ « école active », il considère qu’elle doit être basée sur l’activité
spontanée, personnelle, productive de l’enfant et ouverte sur la vie. Elle doit aussi se
référer aux étapes naturelles du développement et aux caractéristiques individuelles
des élèves. Enfin, elle doit assurer une formation morale et affective autant
qu’intellectuelle. Son ouvrage est : La pratique de l’école active, en 1925
Célestin FREINET ( 1896 – 1966)

Freinet est instituteur en France. Il crée à Vence son école « Le Pioulier » après avoir
enseigné comme instituteur ( 1935). Il fonde successivement la Coopérative de
l’Enseignement Laïc ( 1928) et l’Institut Coopératif de l’Ecole Moderne ( 1948).
Ses méthodes pédagogiques et sa philosophie de l’éducation ont une grande influence
entre autres lors des congrès annuels des partisans de l’Ecole moderne, à la Fédération
Internationale des Mouvements de l’Ecole Moderne.
Parmi ses techniques qui se sont largement répandues, il faut mentionner l’imprimerie,
les journaux scolaires, les échanges interscolaires et la coresponsabilité des élèves au
départ d’un plan de travail.
Selon lui, les méthodes de l’Ecole moderne doivent permettre de développer une
« pédagogie populaire » pouvant apparaître comme une certaine conciliation de
l’individualisation prônée par les écoles nouvelles et du collectivisme inspiré de la
méthode marxiste.
A cet effet, il affirme qu’il faut favoriser :
a. l’expression, l’expérience tâtonnante et, ainsi le développement de la
personne autonome par :
la correspondance interscolaire, des textes libres, l’imprimerie, le
journal, le fichier scolaire, le dessin, l’expression gestuelle…
b. des travaux individuels et en groupe par :
des enquêtes et des observations dans le milieu, des fiches individuelles
de travail, des bandes enseignantes, les livres programmés, des fichiers
autocorrectifs, des techniques modernes de communications, des
charges services…
c. la coopérative et la participation des élèves à la gestion pédagogiques de la
classe et de l’école : ex : les conseils de classe…
d. des activités manuelles et sportives
Le But ultime étant d’assurer le développement culturel et social du peuple ( prise de
conscience du rôle historique et humain du prolétariat) par une « pédagogie populaire
d’action », d’inspiration laïque et exerçant une fonction politique.

Parmi les publication les plus significatives :


- L’imprimerie à l’école, 1927
- L’école moderne française, 1945
- Essai de psychologie sensible appliquée à l’éducation, 1950
- Les méthodes naturelles dans la pédagogie moderne, 1956
- Le tâtonnement expérimental, 1963
- Bandes enseignantes et programmation, 1964
- Pour l’école du peuple, 1969
De E. FREINET : Naissance d’une pédagogie active, 1969
L’itinéraire de Célestin freinet. La libre expression dans la
pédagogie Freinet, 1977
2.3. Ajustement didactique à l’évolution psychologique de l’élève

Jean PIAGET ( 1896 – 1980)

De Formation philosophique, scientifique et psychologique, Piaget est professeur à


l’Université de Genève et de Paris. Ses recherches se concentrent surtout sur les
problèmes d’épistémologie génétique.
Pour lui, la structure mentale de l’enfant est différente de celle de l’adulte cultivé. Les
opérations mentales de l’enfants ainsi que ses contenus de pensée sont originaux et
méritent d’être étudiés comme des faits ( études cliniques et expérimentales).
Il considère que le développement de l’intelligence et l’acquisition des connaissances :
- relèvent de processus naturels séquentiels qui peuvent être utilisés et accélérés
par l’éducation familiale et scolaire et sont les conditions préalable et
nécessaire à l’efficacité de l’enseignement
- tiennent essentiellement aux activités du sujet et, de l’action sensorimotrice
aux opérations abstraites, le ressort en est une opérativié irréductible et
spontanée ; cette opérativité est le produit de constructions successives dont le
facteur principal est la constante de structures nouvelles que l’école peut
ignorer ou favoriser selon les méthodes employées.

Voici brièvement les différentes étapes du développement génétique de l’intelligence (


« processus séquentiel des structures cognitives »)
1. période sensori-motrice ( de la anissance à 20 mois envrion) : réflexes,
réflexes conditionnés, éveil des perceptions ; premiers apprentissages et
signes d’intelligence ;
2. période de la pensée pré-opératoire ( jusqu’à 7 – 8 ans) : développement du
langage ; début de la pensée symbolique et subjective ; pensée intuitive (
réalisme égocentrique) ;
3. période opératoire concrète ( jusqu’à 11 – 12 ans) : pensée et logique
concrètes ( réalisme objectif) ; réversibilité de la pensée, invariants ;
structuration mentale ;
4. période des opérations formelles hypothético-déductives ( adolescence) ;
pensée libérée du recours obligé au concret ; logique et raisonnement
abstraits

Pour Piaget, une psychopédagogie scientifique est nécessaire à l’adaptation des


méthodes d’enseignement et d’éducation aux lois du développement de la pensée et de
l’affectivité. Elle devra marquer les étapes futures des sciences et des techniques
pédagogiques.
Les recherches de Piaget offrent un cadre théorique solide pour la mise en place d’une
participation active, motivée et responsable du sujet dans l’œuvre de sa formation.

Piaget a écrit de nombreux ouvrages dont :


- Langage et pensée chez l’enfant, 1923
- La naissance de l’intelligence chez l’enfant, 1936
- La construction du réel chez l’enfant, 1937
- La formation du symbole chez l’enfant, 1945
- La psychologie de l’intelligence, 1947
- Introduction à l’épistémologie génétique, 3 volumes, 1950
- Pédagogie et psychologie, 1969
- Où va l’éducation ? 1972
Et à propos de Piaget :
B. INHELDER : De la logique de l’enfant à la logique de l’adolescent, 1955
La psychologie de l’enfant, 1966
Mémoire et intelligence, 1968

3. Attitude non-directive

Ce courant de la « non-directivité » est animé par Carl ROGERS, psychologue et


psychothérapeute ayant enseigné aux Universités de Rochester, Chicago, New York,
Wisconsin.
Rogers applique à la relation maître-élève des principes non-directifs typique de la
relation vécue en thérapie où le client est considéré comme un sujet.
Son postulat principal est la tendance actualisante inhérente au développement de la
personne dont la fin est sa conservation et son enrichissement. Le sens de sa pédagogie
est l’autonomie et l’unité d’un individu fonctionnant pleinement.

Cette pédagogie implique que :


1. chez l’enseignement : de l’authenticité, de la congruence, de l’empathie à l’égard
de l’élève qui est appelé à effectuer des apprentissages significatifs et autonomes ;
l’enseignant doit aussi s’engager dans la recherche du « groupe-classe » ; ainsi
l’enseignant devient facilitateur d’apprentissages et renonce à la plupart des
méthodes et techniques traditionnelles.
2. chez l’élève : une prise de conscience de la congruence, de l’empathie de
l’enseignant et une participation responsable en retour.

Les principales publications de Rogers sont :


- Le développement de la personne, 1966
- La relation d’aide en psychothérapie, 2 vol, 1970
- Liberté pour apprendre, 1972
- Un manifeste personnaliste, 1979

4. Autogestion et autodétermination

4.1. Pédagogie institutionnelle


Ce mouvement a son origine en France vers 1960. Il voit le jour au départ de l’analyse critique des phénomènes institutionnels et
de la mise en question des institutions de l’époque. Les tenants de ce mouvement proposent des formules qui consistent à établir de
nouveaux rapports institutionnels.

En pédagogie, partant de la critique de la situation scolaire de type bureaucratique, il


s’agit d’affranchir l’école française des structures politiques et des traditions aliénantes en
substituant de nouvelles institutions éducatives aux institutions en place.
Dès qu’il y a une vacance du pouvoir dans un groupe donné, il faut offrir la possibilité à
ce groupe de se trouver des institutions satisfaisantes grâce aux initiatives divergentes et
autonomes des participants.
Il s’agit aussi de susciter un nouveau rapport maître-élève qui permet l’autogestion
pédagogique de la classe par les enseignants et les élèves solidairement responsables.

Parmi les ouvrages de base :


G. LAPASSADE : L’autogestion pédagogique, 1966
F. OURY, A. VASQUEZ : Vers une pédagogie institutionnelle, 1967
M. LOBROT : En pédagogie institutionnelle, l’école vers l’autogestion 1972

4.2. Pédagogie de la liberté

Lev Nikolaievitch TOLSTOI ( 1828 – 1910)

Tolstoï est l’écrivain très connu de nationalité russe. Il condamne radicalement la


pédagogie traditionnelle et crée une école élémentaire à Iasnaïa Poliana ( en 1849)
où l’enfant s’éduque sans contrainte.
Ses œuvres pédagogiques traduites sont :
- Journal d’Iasnaïa Poliana ( 1862)
- Réflexions sur l’éducation du peuple, 1891)

COMMUNAUTES SCOLAIRES ALLEMANDES « Gemeinschaftsschule »

Cette communauté a surtout été connue entre 1918 et 1933


Les « maîtres camarades » y travaillaient librement avec les enfants en se
soumettant à leurs tendances naturelles et leur liberté.

Alexander Sutherland NEILL ( 1883 – 1973)

Neill fonde l’école de Summerhill ( 1927)


Il y préconise l’attitude « pro-vie », y refuse toute éducation aliénante et les
entraves aux impulsions naturelles. Neill prône aussi la libération des instincts et
le liberté complète. Seul le groupe fixe les limitations et les règlements.

Œuvres traduites :
- Libres enfants de Summerhill, 1970
- La liberté, pas l’anarchie, 1970

5. La pédagogie scientifique et technique

5.1. Mesure et expérimentation en psychologie et en pédagogie

Dans ce courant, il s’agit surtout d’échapper aux errements et à l’empirisme en


adoptant une attitude scientifique dans le domaine de l’éducation.
L’introduction dans la médecine de recherche expérimentale favorise
l’orientation scientifique de la psychologie.

Claude BERNARD ( 1813 – 1878) fut un physiologiste français. Il a par


exemple défini les principes fondamentaux de la recherche scientifique.
Voir par ex : Introduction à l’étude de la médecine expérimentale, 1865

Les différents auteurs que nous allons citer font partie de cette mouvance des
premiers développements de la psychologie scientifique :
Wilhem WUNDT ( 1832 – 1920) : fonda le premier laboratoire de
psychologie expérimentale à Leipzig ( 1879). Il a surtout étudié la perception

Hermann EBBINGHAUS ( 1850 – 1909) a entrepris des études


expérimentales sur la mémoire ( 1885).
James CATTELL ( 1860 – 1944) s’est efforcé de mesurer l’intelligence
et créa le premier test mental : « Le Mental test » ( 1890)

Les travaux de Binet marquèrent les origines de la pédagogie scientifique.


C’est par la psychologie que l’expérimentation s’introduisit en pédagogie.

Alfred BINET ( 1857 – 1911)

Il est le premier psychologue français à entreprendre l’étude


scientifique de l’enfant. C’est lui qui élabore « l’Echelle métrique de
l’intelligence » ( 1905
– 1911). Ce test déclenche le mouvement de la mesure par les tests.
C’est aussi Binet qui initie aussi la pédagogie expérimentale en fondant
à Paris le premier laboratoire. Auteur des premières publications importantes
de pédagogie scientifique en langue française, notamment :
- Etude expérimentale de l’intelligence, 1903
- Les idées modernes sur les enfants, 1909
- Et V. HENRI : La fatigue intellectuelle, 1898

Raymond BUYSE ( 1889 – 1974)

Instituteur belge, inspecteur et collaborateur de Decroly, professeur à l’UCL, il


fonde à Leuven le Laboratoire de Pédagogie Expérimentale ( 1928)
C’est le promoteur principal de la pédagogie expérimentale, de la recherche et
de l’enseignement dans ce domaine Il a une renommée internationale grâce à
ses travaux, ses publications et ses conférences.
Son ouvrage de référence est : L’expérimentation en pédagogie, 1935

Une des tâches actuelles de la pédagogie expérimentale est d’assurer une base
scientifique aux innovations et aux hypothèses résultant de la rénovation pédagogique
et de procurer les moyens d’un contrôle objectif.

6. Les pédagogies récentes

Voir site du SEGEC et de la Communauté Française.

Vous aimerez peut-être aussi