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Notions sur la Combustion et

les GES
A. Outzourhit

Comustion et GES, Master RESMA , A. Outzourhit 1


Énergies fossiles
Au niveau de la production et de la consommation, les différentes formes d'énergies primaires peuvent se classer en 2
familles: Non-renouvelables et renouvelables
Les ressources énergétiques non renouvelables (fossiles et fissiles) sont par définition des stocks épuisables qui
ne se reconstituent pas à nos échelles de temps.

Énergies fossiles (Stock épuisables, non renouvelables: prennent des millions d’années pour se former!!)
Pétrole Charbon Gaz naturel

• Ce type de sources produit de l’énergie thermique par réaction de combustion (charbon, gaz, produits pétroliers..)
• La combustion entraine la rupture des liaisons entre les atome/molécules de deux corps et la formation de
molécules plus stables
Problèmes:
- Emissions des gaz à effet de serres lors de la combustion des énergies fossiles, pluie acide…
- Non renouvelables!! Comustion et GES, Master RESMA , A. Outzourhit 2
Combustion et combustibles
• Combustion: réaction d’oxydation faisant intervenir un combustible
(solide, liquide ou gaz), un comburant (air, oxygène) et une énergie
d’activation qui sert à déclencher la réaction (flamme d’une allumette,
étincelle d’une bougie..)

Triangle du Feu!!
• Combustion du Méthane: CH4+2 O2+étincelle CO2+2H2O+chaleur
• La combustion se fait généralement en présence d’air 21%O2 et 79%
N2)soit 79/21=3.76 moles d’azote atmosphérique par mole d’oxygène.
La réaction devient
• CH4+2O2+2*3.76 N2 CO2+2H2O+7.52 N2
• Les combustibles renferment souvent du soufre, de l’azote et d’autres
éléments qui peuvent participer à la réaction d’oxydation.
• L’azote atmosphérique peut aussi être oxydé à haute température. La
réaction globale
La combustion est exothermique (la quantité
d'énergie dégagée par la réaction est supérieure à
la quantité d'énergie nécessaire à l'amorçage.)
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PCI et PCS
On distingue
• Le pouvoir calorifique supérieur (PCS) : C'est la quantité de chaleur
qui serait dégagée par la combustion complète d’une unité (1m3
normale pour gas, ou 1m3 ou 1kg pour les liquides ou les solides) de
combustible.
• La vapeur d'eau formée pendant la combustion étant ramenée à
l'état liquide (en récupérant la chaleur latente de vaporisation), et
les autres produits de combustion étant à l'état gazeux.
• C’est donc une valeur brute (PC brute)
• Le PCI (inferieur) se calcule en déduisant du PCS la chaleur de
vaporisation (2 250 kJ/kg) de l'eau formée au cours de la
combustion et éventuellement de l'eau contenue dans le
combustible. C’est une valeur nette (car la chaleur de condensation
de l’eau est perdue)
• le terme « produit énergétique » est utilisé pour désigner tant les
combustibles que l’électricité et la chaleur. Synonymes, tels que «
porteur d’énergie » ou « vecteur d’énergie » sont aussi utilisées dans
les statistiques.
PCS  PCI  m H 2O .Lv

Combustible PCS/PCI
Gaz naturel 1,11
GPL 1,09
Essence 1,08
Diesel, fioul domestique 1,07
Fioul lourd 1,06
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Charbon 1,05
Air théorique
• C’est la quantité minimale (stoichiometrique) d’air nécessaire à la combustion complète d’un combustible est
appelée air strictement nécessaire ou encore air théorique.
• La réaction est dite complète si les gaz brûlés ne comprennent, outre les éléments inertes, que des produits
complètement oxydés.
• L’air est composé de 21% d’oxygène et de 79% d’« azote, la réaction de combustion d’un hydrocarbure dans l’air est:

• Le coefficient d’air théorique: λ =air utilisé/air théorique

• LE COEFFICEINT d’Excès d’air: u=l-1


La combustion est oxydante si u>1, neutre (stœchiométrique) si u=1 et réductrice (incomplète si u < 1)
Pour caractériser le mélange de réactifs on utilise aussi le rapport air-combustible (AF) (en termes massiques ou
volumique), et son inverse, le rapport combustible-air (FA), appelé dosage
 m  m
Cn H m   n  O2  3.78N 2   nCO2  H 2O  3.78 n   N 2
m
 4 2  4
12n  m  des gaz de combustion..
Rapport Massique fuel/air (FA) FAs   m 
 n  32  3.78 * 28
 4
Rapport Fuel/oxygen=Masse(volume) du combustible/Masse (ou volume de l’oxygène)??
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Exemples
• CH4 + 2O2 + 2(3.76)N2  CO2 + 2H2O + 2(3.76)N2
• Le rapport théorique A/F (massique) pour le méthane est: [(2*32 + 2*
(3,76)*28] / (12 + 4) = 17,16
• rapport O / F ((massique) est: 2*32 / (12 + 4) = 4.
• Il faut donc fournir 4 kg d’O2 ou 17,16 kg d’air pour chaque kilogramme de
méthane complètement consommé.
• On peu aussi déterminer les rapports volumiques –comment?)

Lorsque l’air fourni est inférieur à l’air théorique, la combustion est incomplète
(formation de CO). Il peut aussi subsister des hydrocarbures imbrûlés, ou du carbone
sous forme de graphite (noir de fumée)

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Points d’éclair/d’inflammation.. Point d’éclair

Liquides particulièrement inflammables < 0 °C


• Point d’éclair: C’est la température à partir de laquelle un liquide émet des vapeurs
en quantité suffisante pour former avec l’air un mélange qui s’enflamme sous l’effet Liquides inflammables de la 1re catégorie 0….55 °C
d’une source de chaleur (utilisée comme amorce): si on retire la source de chaleur, la
combustion s’arrête. Liquides inflammables de la 2ème catégorie 55...100 °C

Liquides peu inflammables > 100 °C


Aussi appelé « point d’inflammabilité » ou « flash point » donne, entre autres, les
limites hautes de températures de stockage, de transport et de manipulation des
combustibles
• Point d’inflammation : C’est la température à partir de laquelle un liquide ou solide Point d’auto-inflammation
émet des vapeurs en quantité suffisante pour former avec l’air un mélange qui Allumettes 170 °C
s’enflamme sous l’effet d’une source de chaleur (étincelle) : la combustion continue
Bois 200…300 °C
même si on retire la source de chaleur à l’origine l’inflammation.
Charbon de bois 300…425 °C
• « point de combustion » ou « point de feu » qui est environ de 20 K supérieur au
Fioul lourd 340 °C
point d’éclair.
Fioul domestique 360 °C
• Point d’auto-inflammation (d’auto-ignition)): Température à laquelle un combustible
Essence 350…520 °C
en présence de comburant s’enflamme spontanément sans apport extérieur de
chaleur (en l’absence d’une source d’allumage). « température d’ignition » ou « point Butane 430 °C
d’inflammation spontané ». Ancien « gaz de ville » 450 °C

Cette température détermine le moyen « d’allumage » du mélange (résistance, arc Propane 500 °C
électrique, bougie, simple compression…) Suie 500…600 °C
Comustion et GES, Master RESMA , A. Outzourhit Gaz naturel 650 7°C
Température adiabatique de flamme
• Si une réaction de combustion se produit adiabatiquement
sans travail ni variation d’énergie cinétique et potentielle, la
température des produits est appelée température
adiabatique de flamme ou de combustion.
• C’est la température maximum qui peut être atteinte pour
les réactifs donnés (échelles de temps chimiques sont
souvent plus courtes que celles associées au transfert de
Fuel Flame Temperature
chaleur et au travail.
acetylene 3,100 °C (oxygen), 2,400 °C (air)
• La température adiabatique de flamme est maximale pour un
butane 1,970 °C (air)
mélange stœchiométrique.
candle 1,000 °C ( air)
• Peut être contrôlée par l’excès d’air utilisé et le dégrée de carbon monoxide 2,121 °C (air)
mélange combustible/comburant
cigarette 400-700 °C (air)
• On peut la calculer à partir de l’enthalpie de la combustion ethane 1,960 °C (air)
et des capacités calorifiques des gaz de combustion..
hydrogen 2,660 °C (oxygen), 2,045 °C (air)
• Le point de rosée est la température au dessous de laquelle methane 2,810 °C (oxygen), 1,957 °C (air)
la vapeur d’eau contenue dans les produits de combustion natural gas 2,770 °C (oxygen)
va se condenser.
propane 2,820 °C (oxygen), 1,980 °C (air)
propane
Comustion et GES, Master RESMA , A. Outzourhit butane mix 1,970 °C (air) 8
Rendement des chaudières
Une chambre à combustion est un système thermodynamique ouvert où l’on introduit un combustible et de l'air. La
combustion produit une puissance-chaleur Q qui va être transférée par conduction, convection et rayonnement. Cette
chambre est conçue pour obtenir un travail (TAG) ou de la chaleur à partir des gaz issus de la combustion (Turbine à
vapeur chauffage..).
Rendement instantané: h=Pu/Pa
• Pa = puissance contenue dans le combustible
𝐏𝐚 = 𝐦 𝐏𝐂𝐈 (𝐨𝐮 𝐏𝐂𝐒, 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐜𝐡𝐚𝐮𝐝𝐢è𝐫𝐞𝐬 à 𝐜𝐨𝐧𝐝𝐞𝐧𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧)
• Pu = puissance utile extraite de la chaudière (ex. puissance thermique fournie à l’eau)
Pu=Pa-Pertes
Types de pertes: Pertes fumées (gaz de combustion) et Pertes à l’ambiance
η = (Pa – Pertes fumées – Pertes ambiance) / Pa
(rendement indirect)
Conséquences:
• Le rendement instantané peut varier en fonction des conditions: (ex. température de l’eau dans
le cas d’un évaporateur, T ambiante…)
• Le fabricant de chaudières doit pouvoir fournir sa valeur à charge nominale et dans des
conditions de combustion idéales (rendement nominal) dans leur documentation technique.
Rendement de combustion
ηcomb = (Pa – Pertes fumées) / Pa avec 𝐏𝐚 = 𝐦𝐏𝐂𝐈 (𝐨𝐮 𝐏𝐂𝐒)
η = ηcomb – qr
qr = fraction de Pa perdue vers l’ambiance durant le fonctionnement

On aussi définir le rendement énergétique journalier annuel/saisonnier..


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Analyse des pertes
Pertes par les fumées
• Chaleur sensible contenue dans les fumées qui sont
nettement plus chaudes que l’air aspiré dans la chaufferie (en
fonction des Cp)
• chaleur latente, si la vapeur d’eau contenue dans les fumées
n’est pas entièrement condensée (masse d’eau produite ). Pl  m H 2O .Lv
• Des imbrûlés issus d’un mauvais mélange entre l’air et le
combustible, provoquant la production de CO au lieu de
CO2 (la chaleur dégagée est alors inférieure à celle fournie par
une combustion complète).
• On peut réduire les pertes par les fumées en récupérant une
partie cette énergie pour préchauffer l’air utilisé dans la
combustion à travers un échangeur
Pertes par l’ambiance
• Les pertes vers l’ambiance proviennent de l’échange
thermique par rayonnement et convection entre la chaudière
et son environnement
• Les pertes à l’ambiance sont fonction notamment de la
température moyenne de l’eau dans la chaudière, de la
configuration de cette dernière et de son degré d’isolation
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• Peuvent être diminuées par une bonne isolation
Pertes en chaleur sensible Pertes par les fumées
• Calculées à partir d’abaques, ou de la capacité calorifique des fumées (cf), Combustible Xa X’a
ou des enthalpies spécifiques des composants des fumées, ou encore par Fioul lourd 0,59 0,80
des formules empiriques (ex : SIEGERT)
Fioul domestique 0,57 0,78
Pf = qmf * cf * (Tf - Ta) Gaz naturel 0,47 0,84
• Tf : Température des fumées, Ta: Température de l’air ambiant Butane commercial 0,53 0,78
• qmf : débit massique des fumées Propane commercial 0,51 0,76
Formules de SIEGERT: ηcom(PCI)= 100 - %Pf =1-Pf/(qm*PCI)
Pertes par les fumées (PCI) =%Pf = Xa * (Tf - Ta) / %CO2 Ces valeurs dépendent de l’excès d’air

=Xa’ * (Tf - Ta) / (21-%O2)


Combustible 10 % 20 % 30 %
Cette formule ne tient pas compte des pertes par les imbrûlés (CO, C)
Fioul lourd 0,640 0,621 0,615
- X facteur qui dépend du combustible et de l’éxcés d’air (voir tableau) Fioul
0,585 0,565 0,558
domestique
ηcom(PCS)=ηcom(PCI)*PCI/PCS
Butane/propane 0,530 0,519 0,510
- Le rendement de combustion sur PCI peut être donné directement par les
analyseurs de combustion électroniques. Gaz naturel 0,482 0,471 0,461

- Gain de rendement sur PCI=100*(PCS-PCI)/PCS


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Diagrammes de combustion
• On trace le taux de CO2 en fonction du taux d'oxygène dans les fumées
sèches pour obtenir un diagramme de combustion.
• La ligne qui joint le maximum d'oxygène dans les fumés sèches (air) et le
CO2maximum (fumées sèches) du point stœchiométrique est appelée “
droite de Combustion complète par excès d'air “ ou droite de GREBEL.
Cas de CH4:
Pour une combustion où u=λ-1 est l'excès d'air, on a:
• CH4+ (2+(λ - 1) ) O2 + 3.78*(2+u) N2 CO2+ 2 H2O (vapeur) + uO2 +
3.79*(2+u) N2
• La combustion neutre correspond à λ = 1 (u=0) et on a alors le taux
maximum de CO2 dans les fumées sèches (1/(1+2*3.79)
• Le point A correspond à 1/(1+2*3.79)=0.1173 (moldier)
• Si l'excès d'air est très grand (taux de CO2 négligeable), la fumée sèche (i.e.
après condensation de la vapeur d'eau) sera constituée essentiellement
par de l'air où %O2 = 20,9 % (molaire ou volumique).
On peut y représenter d’autres types
• Le point C est le % CO2 max pour le fioul. Dans le cas du fioul, la droite de
Grebel serait C-B. de combustions (incomplète, avec
défaut d’air….voir le cas du carbone
• Le triangle jaune correspond au domaine de la combustion (semi- qui plus simple..) diagramme
oxydante, semi-réductrice), incomplète pour le Méthane d’Ostwald
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Diagramme d’OSTWALD
Construction dans le cas du carbone
Combustion Complete: air théorique
• C+ O2 + 3.79 N2 CO2+ 3.79N2
On trace la droite de Grebel Droite de Grebel y≈20-x
• Combustion complète avec Excès d’air:
C+ (1+u)(O2 + 3.78 N2) CO2 +uO2+ 3.79* (1+u)N2
Pourcentage d’oxygène (fumées sèches) x=100u/((1+u)*4.79)
Pourcentage d’CO2=y=100/((1+u)*4.79)
Eliminer u pour trouver l’équation de la droite (droite de Grebel)
Combustion incomplète (avec u=0)
C+ O2 + 3.79 N2 (1- v) CO2 +vCO +v/2 O2+ 3.79N2
x=100(v/2)/(1+v/2+3.79) y≈20-x

y=100(1-v)/(1+v/2+3.79)
Eliminer v pour trouver l’équation de la droite
Droite y≈20-11/5 x

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Diagramme d’OSTWALD….
• Combustion non- stœchiométrique incomplète
C+ (1+u) (O2 + 3.79 N2) (1- v) CO2 +vCO +(u+v/2) O2+ (1+u)*3.79N2
Si u est fixe et v variable (déterminer x et y puis éliminer u)

(On suppose que 3.79 ≈4 pour simplifier)

• Combustion non- stœchiométrique incomplète avec v fixe et u variable


(éliminer v dans ce cas)

• On obtient alors une famille de droites (voir graphe ci-contre)


• Chaque droit correspond à un u donnée (intercepte et pentes) et un v
donnée % de CO)
• Pour une composition donnée des fumées en CO2 et en O2 on peut
alors déterminer la nature de la combustion et la composition
• La combustion incomplète avec défaut d’air (u négatif) et qui ne
donnerait pas dioxygène correspond à x=0 et y=??
éComustion et GES, Master RESMA , A. Outzourhité 14
16
Gaz naturel

14
Teneur en CO2 dans les gaz brûlés secs
12
10
8
6
4

% CO 5 4 3 2 1 0
2
0

0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
Teneur en O2 dans les gaz brûlés secs

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Front et vitesse de flamme
• La flamme est le lieu où se déroulent les réactions physiques et chimiques de
la combustion.
Vitesse de
• Le front de flamme est une fine zone dans laquelle se déroule la combustion ; elle sépare le Combustible propagation
milieu contenant le combustible et le milieu contenant les produits issus de la vF en m/s
combustion
Gaz naturel 0,20…..0,30
Vitesse de propagation du front de flamme
C’est la vitesse à laquelle se déplace la flamme dans un tube horizontal contenant un mélange Propane 0,43
immobile de gaz ou de vapeur de combustible et d’air. Elle fonction de ;
• la composition du mélange, (à l’intérieur des limites d’inflammabilité) Butane 0,39
• la nature du combustible,
• la température, (qui augmentera la vitesse) Ancien « gaz de
0,60…..0,80
• de la pression, ville »
• des obstacles. Fioul domestique 0,35
La vitesse de propagation peut dépasser celle du son =>détonation.
Essence 0,41
Exemple: Front de flamme d’une bougie:
Cône À l'intérieur duquel, la « cire » de la bougie fond, progresse dans la mèche, puis se
volatilise ; le gaz combustible progresse par diffusion vers le front de flamme où il est
consommé.
• Le dioxygène est consommé dans le front de flamme, vers lequel il progresse par diffusion.
• Les gaz de combustion chauds, plus légers que l'air, s’élèvent, ce qui créé une dépression à
la base de la bougie, qui attire l'air frais, permettant à la combustion de continuer.
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FACTEURS D’ÉMISSIONS DE CO2

Facteurs d’émissions des combustibles :


• il s’agit des ratios transformant une quantité donnée de combustible fossile (gaz, fioul…) en
CO2 émis lors de la combustion.

• Ils dépendent du contenu en carbone et du pouvoir calorifique du combustible considéré


(facteur d’émission spécifique en KgCO2/kWh)

Exemple: combustion de CH4, C2H6..

• Ces facteurs d’émissions sont fiables car ils sont basés sur une réaction chimique, et fournis
par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC, IPCC en anglais).

• Dans certains cas, les bases de données intègrent également pour ces combustibles des
facteurs d’émissions amont, correspondant au CO2 émis lors de la phase de production et de
transport, éventuellement de raffinage du combustible

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Émission du dioxyde de carbone Par fuel

Soit Cf la teneur spécifique en carbone du fuel (kg


C/kg fuel)
La quantité de carbone dans une masse mf du fuel est:
mC=Cf*mf
La quantité de CO2 émis par la combustion de cette
masse est:
mCO2=Cf*mf*MCO2/Mc
Mc=12g et MCO2=44g
L’énergie thermique libérée par la combustion de cette
masse mf de combustible est
Eth=mf. PCf (kWh)
L’émission spécifique (kg CO2/kWhth)
qCO2 = (Cf / PCf ) (MCO2 / Mc)=qCO2 = 3.7*(Cf / PCf )

Pour un fuel de formule CnHm

Cf= 12 n/(12*n+m)
Ex. Méthane Cf=12/(16)=0.75
On peut généraliser à tout type de combustible..
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Facteurs d’émissions pour la production d’électricité :
• il s’agit des ratios transformant une quantité d’électricité en CO2 émis à la production.
• Au niveau national, ils dépendent du parc de production d’électricité du pays considéré, notamment du mix de
combustibles utilisés et de la performance des centrales (rendements).

• Ces facteurs varient d’un pays à un autre et avec le temps puisque les contributions des différentes sources d’énergies à la
production électrique varient!! (ex. Maroc)
Eolienne et photovoltaïque et CSP (source n’émet pas de gaz à effet de serre lors de la phase de conversion):
• les émissions sont liées aux phases de fabrication et de recyclage, donc à la quantité et au type d’énergie consommée.
• plus faible que ce qui est produit avec les combustibles fossiles.

https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/20
18/02/ipcc_wg3_ar5_annex-iii.pdf

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Exemple: Facteur d’émission de l’électricité

En 2017, l’électricité produite en France utilisait les


sources suivantes : Les émissions de CO2 par kWh de ces différentes
sources de production d’électricité sur leur cycle de vie :
•Le nucléaire, à 71.6%
•L’hydraulique à 10.1% •Le nucléaire : 12 g de CO2 par kWh
•Le gaz à 7.7% •L’hydraulique : 24 g de CO2 par kWh
•L’éolien à 4.5% •Le gaz : 490 g de CO2 par kWh
•Le solaire à 1.7% •L’éolien : 11 g de CO2 par kWh
•Les bioénergies à 1.7% •Le solaire : 41-48 g de CO2 par kWh
•Le charbon à 1.8% •Les bioénergies (biomasse) : 230 g de CO2 par kWh
•Le fioul à 0.7% •Le charbon : 820 g de CO2 par kWh
•Le fioul : donnée non disponible

• Facteur d’émission de la production électrique en France en 2017 : 74 g de CO2 par kWh.


• Vérifier

• Calculer le facteur d’émission pour la production électrique au Maroc pour l’année 2018 (voir TD).

https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/2018/02/ipcc_wg3_ar5_annex-iii.pdf
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Centrale thermique

• La source chaude (1) chauffe de l’eau qui se transforme vapeur (2)


• La vapeur ainsi crée, arrive dans une turbine (3) où sa détente provoque la rotation de la turbine, reliée à un générateur qui
transforme l’énergie de la turbine en énergie électrique.
• À la sortie de la turbine (3) la vapeur est condensée dans un condenseur (4) alimenté par une source froide (eau de mer,
eau de rivière,...), elle se retrouve à l’état liquide et est renvoyé dans le système d’alimentation en eau pour un nouveau
cycle de vaporisation (1, 2, 3, 4).
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Turbine à gaz
Une turbine à gaz (abrégée en TG), appelée aussi turbine à
combustion (TAC) ou parfois turbine à gaz de combustion(dénomination la
plus précise), appartenant à la famille des moteurs à combustion interne dont
le rôle est de produire :

•Soit de l'énergie mécanique par l'entrainement en rotation d'un arbre lui-


même couplé à une machine industrielle ou à une hélice (helicopter)
La plupart des moteurs thermiques utilisent l'oxygène de l'air ambiant
comme comburant et lui font subir des transformations suivant trois phases
principales qui se succèdent dans l'ordre :

•Compression, afin d'élever sa pression et sa température


•Mélange dans le système de combustion avec le carburant (fioul, gaz
naturel,..) pour créer le mélange qui y est enflammé.

•Production de l'énergie thermique (par combustion) nécessaire à


l'entrainement du compresseur par détente dans la turbine puis l'énergie
cinétique ou mécanique demandée par l'application.

Ce type de machine peut utiliser soit du combustible gazeux (gaz naturel, mais aussi butane ou propane), soit
du combustible liquide (kérosène, fioul …).
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Paysage énergétique Mondial
-Consommation énergétique -Forte dépendance en sources
fortement croissante primaires d’origine fossile

Source IEA
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2016 ENERGY MIX (MOROCCO)
TPES: 19.6 MTOE

Wind Solar
Imported Electricity

Natural Gaz

Hydro

Oil products

Coal

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Conséquences
Augmentation des émissions de GES et de leurs concentrations
dans l’atmosphère

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Conséquence: Effet de serre
• L'effet de serre: phénomène naturel existant dans les planètes ayant
une atmosphère: une partie de l’énergie rayonnée (sous forme IR) par la
terre est renvoyée par les GES verre celle-ci (piégeage de la chaleur au
voisinage de la surface de la terre).

• Sans effet de serre, la température moyenne de la terre serait de -18°C


 Effet de serre naturelle Important pour la vie dans la planète.

• Gaz à effet de serre (GES): gaz qui contribuent à l’effet de serre: vapeur
d'eau, dioxyde de carbone (CO2 ), le méthane (CH4), oxyde d'azote (N2O)
et ozone (O3) et les hydro-carbures halogénés (CFC, Fréons,..)
• L'eau (sous forme de vapeurs ou de nuages) est à l'origine de 72 %
(naturel)

• Le dioxyde de carbone est le principal (en quantité) gaz à effet de serre


produit par l'activité humaine, 74 % du total (tous modes d'émissions
réunis)
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Conséquence: Forçage radiatif
• Activité humaine: augmentation de la
concentration de ces gaz dans
l’atmosphère..

• Effet de serre s'est amplifié par le rejet de


quantités importantes de GES dans
l'atmosphère(combustibles fossiles,
déforestation, …..)

• Déséquilibre radiatifs: forçage radiatif


vers la terre plus importants

• Augmentation de la température
moyenne de la terre Réchauffement
climatique

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Concentrations atmosphériques en volume, durée de séjour et potentiel de réchauffement des principaux
gaz à effet de serre
Durée de PRG
• Chaque GES a une nocivité différente: effet différent sur le Gaz vie selon la période considérée
réchauffement global. (années) 20 ans 100 ans 500 ans
• Pour comparer les gaz, en fonction de leur impact sur
Dioxyde de
les changements climatiques on utilise des unités carbone (CO2)
100 1 1 1
communes: l'équivalent CO2 ou l'équivalent
carbone, plutôt que de mesurer les effets de chaque Méthane (CH4) 12 72 25 7,6
gaz. Oxyde
114 289 298 153
nitreux (N2O)
• L'équivalent CO2 est aussi appelé potentiel de
PFC-14
réchauffement global (PRG): c’est le facteur par lequel il
(tétrafluorure 50 000 5 210 7 390 11 200
faut multiplier la masse du GES pour obtenir une masse de de carbone, CF4)
CO2 qui produirait un impact équivalent sur l'effet de serre
que la masse du gaz. HFC-23
(trifluorométha 260 9 400 12 000 10 000
ne, CHF3)
• Il vaut 1 pour le CO2 (référence)
Hexafluorure de
3 200 15 100 22 200 32 400
• PRG calculées dans le deuxième rapport d’évaluation soufre (SF6)
du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du
climat (GIEC) doivent être retenues pour s des calculs
globaux de sources et de puits. https://fr.wikipedia.org/wiki/Potentiel_de_r%C3%A9chauffement_global
Comustion et GES, Master RESMA , A. Outzourhit 29
PRG et equivalent Carbone
• Le PRG de la vapeur d’eau est non significatif car l’eau réside moins de 2 semaines dans l'atmosphère, dont elle
est éliminée par les précipitations. Sa contribution au réchauffement sur 100 ans est donc négligeable.

Equivalent carbone
• 44 g de CO2 (Masse molaire) contient une mole de carbone (12g) correspondant à une
fraction de 12/44=0.2727 g de C/g de CO2
• L'émission d'1 kg de CO2 vaut donc 0,2727 kg d'équivalent carbone.

• Pour les autres gaz, l'équivalent carbone est:


équivalent carbone (kg de C) = PRG × 0,2727

• Pour calculer les émissions de CO2 à partir d'un combustible, la teneur en carbone du
combustible doit être multipliée par le rapport du poids moléculaire (44) de CO2 au poids
moléculaire du carbone 12: 44/12 = 3,7

Comustion et GES, Master RESMA , A. Outzourhit 30


Intensité carbone
L'intensité en carbone est le rapport des émissions de CO2 à la production de l'entreprise ou
du pays(PIB).
Le volume des émissions gaz à effet de serre (GES) d’un pays est le produit de trois facteurs :

• GES=Pop* (PIB/Pop) *(GES/PIB)


• la taille de sa population Pop;
• le montant de sa production par habitant (niveau de vie);(PIB/habitant)
• Intensité carbone de l’économie (GES/PIB)

Cette décomposition permet de dissocier, dans l’évolution des émissions de gaz à effet
de serre:
• ce qui résulte de la croissance (démographique et économique),
• de ce qui résulte de l’efficacité écologique des moyens de production mis en
œuvre
Comustion et GES, Master RESMA , A. Outzourhit 31
Formule de Kaya
GES=(GES/W)*(W/PIB)*(PIB/Pop) * Pop
• A l’échelle planétaire, on s’attend à une augmentation de Pop au cours
des décennies qui viennent, jusqu’à un maximum assez plat vers 2050.
• Pour stabiliser la concentration de CO2 à un niveau légèrement au-
dessus de l’actuel, GES doit rester constant ou, mieux, diminuer
• Mais l’accroissement de PIB/pop est souhaitable, les deux autres
fractions doivent diminuer.

• utiliser des sources d’énergie dépourvues de carbone de façon à


diminuer GES/W;
• utiliser des technologies sobres en énergie afin de diminuer l’intensité
énergétique W/PIB
Comustion et GES, Master RESMA , A. Outzourhit 32
Conséquence: Réchauffement climatique

Comustion et GES, Master RESMA , A. Outzourhit


Source: http://stephenschneider.stanford.edu/Climate/Climate_Science/Science.html 33
Réchauffement climatique
Janvier 2015: 0,75 °C plus chaud que la moyenne de 1951-1980

SOURCE
Comustion et GES, NASA
Master RESMA , A. Outzourhit 34
Conséquences du changement climatique

1. Conséquences environnementales

• Inondations, sécheresses et intensification des tempêtes


• modification ou la disparition des écosystèmes menacent directement de
nombreuses espèces
• Modification du Gulf Stream

Pays en voie de développement sont les plus vulnérables et les plus


affectés!!!

2. Conséquences géopolitiques et humaines


• Désertification,
• Augmentation du niveau des mers(fonte des glaciers, réchauffement de
l’eau..)
• Iles et régions côtières menacées
• Augmentation des flux migratoires (réfugiés climatologiques)

Accentuation des situations précaires des populations les plus démunies


Comustion et GES, Master RESMA , A. Outzourhit 35
Scenarios futures du réchauffement climatique

• Scenario de 6°C en 2050: (6°C)


Les tendances actuelles de la consommation
d'énergie:

• Le Scenario de 4°C
Exige des changements importants dans la
politique et les technologies (4°C)

• Le Scenario de 2°C . (2°C)


Exige la réduction des émissions de CO2 par près
de 60% d'ici 2050 (par rapport à 2012)
Energy Technology Perspectives 2015, (IEA)
 Utilisation des énergies propre

http://www.iea.org/etp/explore/

Comustion et GES, Master RESMA , A. Outzourhit 36


Solutions
Atténuation:
• Consommer efficacement et intelligemment (efficacité énergétique, maitrise/conservation de
l’énergie)
• Augmenter la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique (Solaire, Eolienne,
hydroélectricité, bioénergie..)

Problèmes de l’Intermittence des sources renouvelables (solaire et éolienne)


 nécessite des dispositifs de stockage à grand échelle
 Couplage avec d’autres sources: bioénergie
Comustion et GES, Master RESMA , A. Outzourhit 37
Et pour le transport?
• Transport: grand émetteur de GES
• 98% de l’énergie utilisée est d’origine fossile

 substituts non émetteurs de GES:


• Biocarburants  conventionnels (bioéthanol, biodiesel)
 de synthèse (à partir de H2, CO..)
• Véhicules électriques (ou hybrides)
• Véhicules à l’hydrogène

Comustion et GES, Master RESMA , A. Outzourhit 38