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LA MOELLE EPINIERE

I- CONFIGURATION EXTERNE
La moelle occupe la partie du canal rachidien qui s’étend de la
première vertèbre cervicale au disque intervertébral L1 -L2.
C’est une tige cylindrique blanchâtre, légèrement aplatie dans le
sens transversal.
Elle se continue en haut avec le bulbe rachidien et se termine en
bas par un cordon fibreux, le filum terminal qui la fixe au sacrum.

On subdivise la moelle en 5 segments qui ont des particularités


fonctionnelles différentes (figure 47):

 un segment cervical supérieur qui s’étend de C1 à C4 ;


 un segment cervical inférieur, le renflement cervical d’où
naissent les racines destinées aux membres supérieurs et
s’étend de C5 à C7 ;
 un segment dorsal qui s’étend de la vertèbre D1 à D10 ;
 le renflement lombaire d’où naissent les nerfs destinés aux
membres inférieurs qui s’étend de D11à D12 ;
 le cône terminal situé en regard de L1.

La surface de la moelle comporte des sillons qui délimitent des


surfaces appelées des cordons (figure 48).

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1.1- Les sillons :
 le sillon médian antérieur est profond.
 le sillon médian postérieur est une simple dépression.
 les sillons collatéraux antérieurs.
 les sillons collatéraux postérieurs.

1.2- Les cordons :


 le cordon antérieur entre les sillons collatéraux antérieurs .
 les cordons latéraux entre les sillons collatéraux antérieurs et
postérieurs.
 le cordon postérieur entre les sillons collatéraux postérieurs.

2- Les rapports
2.1- Avec le rachis :
La moelle ne remplit pas le canal rachidien ni en hauteur ni
en largeur. Elle n’occupe en somme que les 2/3 du rachis :

- En hauteur : sa longueur est en moyenne de 45 cm pour un


canal rachidien dont la longueur moyenne est de 70 cm. Elle
occupe la partie du canal rachidien qui s’étend de C1 à L2 (figure
47).

- En largeur : Le diamètre transversal de la moelle est de 10 à 12


mm et son diamètre antéro-postérieur est de 8 mm. Ces
mensurations sont nettement inférieures aux diamètres du canal
rachidien qui se situent en moyenne de 14 à 22 mm (figure 49).

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Dans le canal rachidien, La moelle est en rapport avec (figure 49):

- En avant : les corps vertébraux, les disques intervertébraux et


ligament longitudinal commun postérieur.

- Latéralement : les pédicules qui délimitent les trous de


conjugaison.

- En arrière : les ligaments jaunes, les lames et les apophyses


épineuses.

2.2- Avec les méninges :

(Voir figure 49)

a- La dure mère :
Elle forme une enveloppe fibreuse entourant la moelle qui
s’étend du trou occipital au sacrum. La surface extérieure de
la moelle est séparée du rachis par l’espace épidural que
remplissent des plexus veineux et de la graisse.

b- L’arachnoïde :
Il s’agit d’une membrane sous jacente à la dure mère dans
laquelle se trouve le liquide céphalo-rachidien.

c- La pie mère :
Elle constitue une fine membrane adossée à la moelle.

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2.3- Avec les racines :
De façon symétrique et de chaque côté :

 les racines antérieures motrices émergent du sillon


collatéral antérieur
 les racines postérieures sensitives émergent du sillon
collatéral postérieur
 les racines antérieure et postérieure s’unissent pour
former les 31 paires de nerfs rachidiens.

La direction des racines rachidiennes :

Au cours de l’évolution embryonnaire, la longueur de la


colonne vertébrale s’accroît beaucoup plus que celle de la moelle
épinière, de sorte que l’extrémité inférieure de celle-ci remonte de
plus en plus par rapport aux vertèbres. Ainsi, les premières racines
cervicales sont presque horizontales et sortent du canal rachidien à
un niveau voisin de leur émergence médullaire, puis au fur et à
mesure que l’on progresse vers le bas, elles deviennent de plus en
plus obliques en bas et en dehors. C’est ainsi que les racines
lombo-sacrées ont un trajet presque vertical. Elles occupent le cul
de sac dural et forment la queue de cheval.

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II- CONFIGURATION INTERNE

La moelle comporte 2 parties : une partie centrale appelée la


substance grise et une partie périphérique : la substance blanche.

1- La substance grise
Sur une coupe transversale, elle est centrale en forme de H
centrée par le canal de l’épendyme qui est virtuel (figure 48).

Elle comprend :
 2 cornes antérieures
 2 cornes postérieures
 une zone commissurale périépendymaire.

Les cornes antérieures contiennent les cellules qui véhiculent la


motricité ; les cornes postérieures contiennent celles qui véhiculent
la sensibilité.

2- La substance blanche
Dans la substance blanche on trouve un certain nombre de
faisceaux dont les uns transportent les influx sensitifs ascendants
et les autres, les influx moteurs descendants.
Physiologiquement, la moelle est un intermédiaire entre la
périphérie et les centres nerveux supérieurs.

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2.1- Les voies ascendantes ou sensitives :

a- Les voies extéroceptives (sensibilité cutanée) :

Comportent le tact diffus (sensibilité protopathique), le tac t


fin (sensibilité épicritique) et la sensibilité thermo -algique.
Les corpuscules sensitifs se situent dans la peau et les corps
cellulaires se trouvent dans le ganglion spinal (figure 51).

La sensibilité protopathique et themo-algique: les fibres qui la


transportent font relais au niveau de la corne postérieure ; les
fibres vont ensuite croiser la ligne médiane et constituent le
faisceau spino-thalamique (figure 51).

La sensibilité épicritique : ses fibres ne font pas relais dans la


corne postérieure, elles montent dans le cordon postérieur dans les
faisceaux de Goll et Burdach (figure 51).

b- Les voies de la sensibilité profonde :

Le premier neurone a ses dendrites dans les os, les articulations


ou les muscles, le corps cellulaire se trouve dans le ganglion spinal.
L’axone ne passe pas par la corne postérieure. Il pénètre dans le
cordon postérieur du même côté et montent dans les faisceaux de
Goll et Burdach (figure 51).

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c- Les voies proprioceptives inconscientes :
Elles transmettent au cervelet les renseignements sur la
position des différents segments de membres. Elles sont à la base
de la régulation du tonus musculaire et de la statique.
Les dendrites se trouvent dans les os, les muscles et les
articulations.
Le premier neurone se trouve dans le ganglion spinal.
Les fibres font relais au niveau de la corne postérieure puis vont
passer dans le cordon latéral de la moelle formant dans le faisceau
spino-cérébelleux.

2.2- Les voies descendantes ou motrices :


Elles peuvent être subdivisées en deux types de voies :
a- La voie pyramidale :
C’est la voie de la motricité volontaire. Elle naît des grandes
cellules de la circonvolution frontale ascendante du cerveau. On
distingue (figure 51) :

 Le faisceau pyramidal croisé :


Il est le plus important, il est dit croisé car il croise la ligne
médiane avant d’arriver au niveau de la moelle, et plus
précisément au niveau du bulbe. Il descend à la partie moyenne
du cordon latéral. A chaque segment de la moelle, des axones
sortent de ce faisceau, se terminent dans la corne antérieure du
même côté. A ce niveau, le relais est pris par un deuxième
neurone dont l’axone quitte la moelle par la racine antérieure
pour gagner le muscle correspondant.

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 Le faisceau pyramidal direct :
Il descend dans la partie la plus interne du cordon antérieur
de la moelle. Les axones quittent à chaque étage, traversent la
ligne médiane se terminer dans la corne antérieure opposée.

b- Les voies extrapyramidales :


Elles n’obéissent pas à la volonté et transportent les influx
venant d’un certain nombre de noyaux encéphaliques : noyau
rouge, noyau olivaire, noyau vestibulaire….(figure 51).

III- VASCULARISATION DE LA MOELLE


La moelle est vascularisée de façon étagée par des artères
radiculo-médullaires qui pénètrent par les trous de conjugaison et
accompagnent les nerfs rachidiens (figure 50).
Ces artères vont alimenter les artères spinales qui sont au nombre
de trois : une artère spinale antérieure et deux artères spinales
postéro-latérales.
L’artère spinale antérieure qui est la plus volumineuses de ces
artères naît en avant de la moelle de l’union de deux fines branches
des artères vertébrales droite et gauche.
Chez l’adulte quelques artères radiculaires seulement persistent.
Une des plus importantes de ces artères est l’artère d’Adamkieviec z
qui assure à elle seule l’essentiel de la vascularisation du
renflement lombaire. Son niveau d’entrée est le plus souvent situé
entre D 10 et D 12.

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