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Fonction Exponentielle

1. Problème différentiel f 0 = f
On cherche, s’il en existe, les fonctions dérivables sur R telles que
¨
∀x ∈ R, f 0 (x) = f (x)
f (0) = 1.

Lemme 1.
Si f est une fonction dérivable sur R telle que, f 0 = f avec f (0) = 1, alors pour tout réel x,

f (−x) f (x) = 1 et f (x) 6= 0.

Démonstration. On pose pour tout réel x, ϕ(x) = f (x) f (−x).


f étant dérivable sur R, ϕ l’est aussi et pour tout réel x :
ϕ 0 (x) = f 0 (x) f (−x) + f (x)(− f 0 (−x)) = f (x) f (−x) − f (x) f (−x) = 0 donc ϕ est constante sur
R et ϕ(0) = 1 donc ∀x ∈ R, ϕ(x) = 1 soit f (x) f (−x) = 1.

Remarque.
On déduit du lemme ?? que pour tout réel x, f (x) 6= 0.
En effet, si ∃ x 0 ∈ R, f (x 0 ) = 0, alors f (x 0 ) f (−x 0 ) = 0 6= 1. Ce qui contredit le lemme ??.

Théorème 1.
Le problème différentiel :
¨
∀x ∈ R, f 0 (x) = f (x)
f (0) = 1
admet une unique solution sur R.

Démonstration.
• L’unicité : supposons f et g solutions de ce problème différentiel.
Soit h la fonction définie par : pour tout réel x, h(x) = f (−x)g(x).
h est dérivable sur R et pour tout réel x,
h0 (x) = − f 0 (−x)g(x) + f (−x)g 0 (x) = − f (−x)g(x) + f (−x)g(x) = 0
FONCTION EXPONENTIELLE 2. PROBLÈME DIFFÉRENTIEL f 0 = kf AVEC k∈R 2

donc h est constante sur R et h(0) = 1, donc pour tout x réel,

g(x)
f (−x)g(x) = 1 ⇐⇒ = 1, puisque f (x) 6= 0 et f (−x) f (x) = 1
f (x)
⇐⇒ g(x) = f (x)
• L’existence : On l’admettra (elle peut se prouver avec les suites mais c’est assez technique et
nécessite le théorème des suites adjacentes (hors programme)).

Définition 1.
On appelle exponentielle l’unique fonction solution du problème différentiel :
¨
∀x ∈ R, f 0 (x) = f (x)
f (0) = 1.
On la note exp. Ainsi pour tout réel x, exp0 (x) = exp(x) et exp(0) = 1.

Proposition 1.
Pour tout réel x :
• exp(x) 6= 0
• exp(x) > 0
1
• exp(x)exp(−x) = 1 ou encore exp(−x) =
exp(x)
• exp est strictement croissante sur R.

Démonstration.
• Le premier et le troisième points découlent directement du lemme 1.
• La fonction exp est dérivable donc continue sur R.
exp(0) = 1 > 0, supposons que ∃ x 0 ∈ R tel que exp(x 0 ) 6 0, d’après le théorème des valeurs
intermédiaires, il existe c compris entre x 0 et 0 tel que exp(c) = 0 , ce qui contredit les
hypothèses. donc pour tout réel x, exp(x) > 0.
• On a pour tout réel x, exp (x) = exp(x) et exp(x) > 0 donc exp est strictement croissante sur
0

R.

2. Problème différentiel f 0 = k f avec k ∈ R

Théorème 2.
Soit k ∈ R et y0 ∈ R. Le problème différentiel :
¨
∀x ∈ R, f 0 (x) = k f (x)
f (0) = y0
admet une unique solution sur f sur R. Elle est définie par /
f (x) = y0 exp(kx).
FONCTION EXPONENTIELLE 3. RELATION FONDAMENTALE f (x + y) = f (x) f ( y) 3

Démonstration.
• L’existence : soit la fonction f , définie sur R par f (x) = y0 exp(kx).
Elle est dérivable sur R et f 0 (x) = k y0 exp(kx) = k f (x).
• L’unicité : la démonstration est identique à celle du théorème 1 avec f (−x)g(x) = y0
2

3. Relation fondamentale f (x + y) = f (x) f ( y)

Théorème 3.
Soit f une fonction dérivable sur R telle que f (0) = 1. Les assertions suivantes sont équivalentes :
1. il existe un réel a, tel que pour tout x, f (x) = exp(ax)
2. il existe un réel a tel que f 0 = a f
3. Pour tous réel u et v : f (u + v) = f (u) f (v)

Démonstration.
• L’équivalence (1) ⇐⇒ (2) découle du théorème ?? en prenant y0 = 1.
• Montrons que (2) =⇒ (3), pour cela considérons pour un réel u, quelconque, la fonction gu
définie sur R par gu (x) = f (u + x) − f (u) f (x)
— Montrons que gu0 = agu . En effet, gu0 est dérivable et ∀x ∈ R,

gu0 (x) = f 0 (u + x) − f (u) f 0 (x)


= a f (u + x) − a f (u) f (x) car f vérifie (2)
= agu (x).
— Montrons que gu (0) = 0. En effet, gu (0) = f (u + 0) − f (u) f (0) = f (u) − f (u) = 0.
— On en déduit que gu = 0 sur R. En effet, gu0 = agu sur R avec gu (0) = 0, d’après le théorème
??, ∀x ∈ R, gu (x) = gu (0)exp(ax) = 0.
— On conclut que ∀x, u ∈ R, 0 = gu (x) = f (u + x) − f (u) f (x) ⇐⇒ f (u + x) = f (u) f (x).
• Montrons que (3) =⇒ (2). En effet, ∀x, h ∈ R,

f (x + h) − f (x) f (x) f (h) − f (x)


=
h h
f (h) − 1
= × f (x)
h
f (h) − f (0)
= × f (x)
h
f (x + h) − f (x) f (h) − f (0)
Or f est dérivable, donc lim = f 0 (x) et lim = f 0 (0).
h→0 h h→0 h
On en déduit que ∀x ∈ R, f 0 (x) = f 0 (0) f (x) = a f (x) en posant a = f 0 (0).
FONCTION EXPONENTIELLE 4. MÉTHODE D’EULER 4

Résumons l’importance du théorème 3 :


• Si f est une fonction exponentielle (de la forme f (x) = exp(ax)) alors f transforme les
sommes en produits.
• Réciproquement toute fonction transformant les sommes en produits est une fonction exponen-
tielle du type f (x) = exp(ax) avec a ∈ R.

Conséquence :

Proposition 2.
La fonction exponentielle transforme les sommes en produits :
Pour tous réels u et v, exp(u + v) = exp(u)exp(v).

4. Méthode d’Euler
On cherche à résoudre de manière approchée l’équation f 0 (x) = f (x), avec f (0) = 1, sur
l’intervalle [0; 1].
On découpe pour cela l’intervalle [0; 1] avec les N points régulièrement espacés :
1 k N −1
x 0 = 0, x 1 = , . . . , x k = , . . . , x N −1 = , x N = 1.
N N N
et on cherche alors les valeurs prises par la fonction f aux points x n .
f (x n + h) − f (x n )
On peut approximer la dérivée de f au point x n par le taux de variation : f 0 (x n ) '
h
l’approximation étant d’autant meilleure que h est petit.
1 f (x n+1 ) − f (x n )
En prenant h = , cela s’écrit f 0 (x n ) '
N h
et l’équation f 0 = f devient approximativement en chaque point x n :
f (x n+1 ) − f (x n )
f (x n ) = f 0 (x n ) ' soit aussi : f (x n+1 ) = (1 + h) f (x n )
h
Si on note : yn = f (x n ), la suite ( yn ) est ainsi définie par y0 = f (x 0 ) = f (0) = 1, puis, pour tout
entier 1 6 n 6 N , yn+1 = (1 + h) yn .
1 1
• Avec N = 4 points ; h = = = 0, 25.
N 4
y0 = 1
2.
y1 = (1 + h) y0 = 1, 25
y2 = (1 + h) y1 = (1 + h)2 y0 ' 1, 56
1.
y3 = (1 + h) y2 = (1 + h)3 y0 ' 1, 95
y4 = (1 + h) y3 = (1 + h)4 y0 ' 2, 44 x0 x1 x2 x3 x4
0 0.25 0.5 0.75 1.
1 1
• Avec N = 10 points ; h = = = 0, 1.
N 10
y0 = 1
y1 = (1 + h) y0 = 1, 1 2.
y2 = (1 + h) y1 = (1 + h)2 y0 ' 1, 21
y3 = (1 + h) y2 = (1 + h)3 y0 ' 1, 33 1.

y4 = (1 + h) y3 = (1 + h)4 y0 ' 1, 46 x0 x5 x10


y5 = . . . c 0 0.5 1.
FONCTION EXPONENTIELLE 5. UNE NOUVELLE NOTATION ex 5

• Courbe représentative de la fonction exponentielle

x −5 −4 −3 −2
2.
exp(x) ' 6.10−3 ' 0, 01 ' 0, 04 ' 0, 13
1.
x −1 0 1 2 3
exp(x) ' 0, 36 1 ' 2, 718 ' 7, 4 ' 20
0 1.

Remarque.
Cette méthode d’approximation d’une fonction solution d’une équation différentielle s’appelle la
méthode des différences finies, car on approxime l’expression de la dérivée :
f (x + h) − f (x) f (x + h) − f (x)
f 0 (x) = lim par une différence finie : f 0 (x) ' .
h→0 h h

5. Une nouvelle notation e x

Théorème 4.
Pour tout réel x et tout entier relatif n, on a :
exp(nx) = (exp(x))n

Démonstration.
1. Si n ∈ N, la démonstration se fait par récurrence.
• Initialisation : exp(0 × x) = exp(0) = 1 et [exp(x)]0 = 1 donc la propriété est vraie pour
n = 0.
• Hérédité : soit n ∈ N. On suppose que la propriété est vraie à ce rang n, c’est-à-dire
exp(nx) = (exp(x))n .
On démontre qu’alors elle est vraie au rang n + 1, c’est-à-dire exp((n + 1)x) = (exp(x))n+1 .
exp((n + 1)x) = exp(nx + x) = exp(nx)exp(x) d’après le théorème.
Or, d’après l’hypothèse de récurrence, exp(nx) = (exp(x))n , donc
exp((n + 1)x) = (exp(x))n × exp(x) = (exp(x))n+1
• Conclusion : La propriété est vraie pour tout entier naturel n.
2. Si n ∈ Z− , −n ∈ N, d’après (1),∀x ∈ R,

exp(nx) = exp(−(−n)x)
1
= car exp(−(−n)x) × exp((−n)x) = 1
exp((−n)x)
1
= d’après (1), puisque −n∈N
(exp(x))−n
= (exp(x))n

Définition 2 (Notation).
On note e le nombre exp(1).
FONCTION EXPONENTIELLE 5. UNE NOUVELLE NOTATION ex 6

e ' 2, 71828182845904523536028747135266249775724709369995957496696762772407663035354759

On a alors pour tout entier n : en = (exp(1))n = exp(n).


Comme l’exponentielle transforme les sommes en produits. On aura pour tous entiers relatifs m
et n :
em+n = em en
Définition 3 (Notation).
Par extension, on note, pour tout réel x ∈ R,
e x = exp(x).

Cette notation est légitime, elle ne fait que prolonger à tous les réels, une propriété constatée sur
les entiers relatifs.
Avec cette nouvelle notation, nous pouvons résumer les propriétés de l’exponentielle que nous
connaissons :

Proposition 3.
∀x, y ∈ R et ∀n ∈ N :
x 0
• (e ) = e
x

• e =1
0

• e =e
1

• e e =1
x −x

• e >0
x

• e e =e
x y x+ y
ex
• e
x− y
=e e = y
x −y

x n
e
• e = (e )
nx

Exemple 1.

• e
3x−1 2−x
e = e3x−1+2−x = e2x+1
1
• x−2 = e = e2−x
−(x−2)
e
e3x
• 2 =e
3x−2
e
• (e ) = e
x 4 4x

Mini-exercices.
e2x+3 e x + e−x
1. Simplifier les expressions : a) (e x )5 e−2x b) c)
e2x−1 e−x
2. Démontrer que pour tout réel x,
−2x
e2x − 1 x1−e
a) x =e . b) (e x + e−x )2 − (e x − e−x )2 = 4.
e +1 1+e −x

e x − 1 1 − e−x ex − 1
c) = d) e−x − e−2x =
e x + 1 1 + e−x e2x
FONCTION EXPONENTIELLE 6. ÉTUDE DE LA FONCTION EXPONENTIELLE 7

6. Étude de la fonction exponentielle

6.1. Limites aux bornes

Proposition 4.

lim e x = +∞ lim e x = 0
x→+∞ x→−∞

Démonstration.
1. Soit la fonction ϕ, définie sur R par
ϕ(x) = e x − x.
On dresse le tableau de variation de ϕ pour en déduire son signe.
ϕ est continue et dérivable sur R et, pour tout x réel, ϕ 0 (x) = e x − 1.
On a vu que la fonction exp est strictement croissante sur R et que e0 = 1 donc,
si x < 0, e x < 1, soit ϕ 0 (x) < 0 et si x > 0, e x > 1, soit ϕ 0 (x) > 0.
On en déduit le tableau de variation de ϕ :

x −∞ 0 +∞

ϕ 0 (x) + 0 −

ϕ(x)
1

D’après le tableau de variation, ϕ(x) > 1, donc ϕ(x) > 0 pour tout x réel, soit e x > x.
lim x = +∞, donc, par comparaison lim e x = +∞.
x→+∞ x→+∞
On a aussi montré que ∀x ∈ R
e x > x + 1.
2. Étudions maintenant la limite de la fonction exp en −∞.
On pose t = −x, on a lim e x = lim e−t .
x→−∞ t→+∞
1
Or lim e = lim t = 0 car lim e t = +∞. On a donc lim e x = 0.
−t
t→+∞ t→+∞ e t→+∞ x→−∞

Mini-exercices.
Déterminer les limites en −∞ et +∞ des fonctions suivantes :
a) f (x) = e−3x b) g(x) = e x + e−x c) h(x) = x + e x d) k(x) = e2x + e x + 1
ex + 1 −2e x
e) l(x) = e3x
−e x
f) m(x) = x g) n(x) =
e +2 1 + ex
FONCTION EXPONENTIELLE 6. ÉTUDE DE LA FONCTION EXPONENTIELLE 8

6.2. Variations
On a ainsi le tableau de variation suivant de la fonction exponentielle :

x −∞ +∞

exp’(x) +

+∞

exp

Ainsi, on a la courbe :
y

y = exp(x)

y = ex

e y =x+1

0 1 x

Remarque.

ex − 1
lim =1
x→0 x
En effet, la fonction x 7−→ e x est dérivable en 0, donc
ex − 1 e x − e0
lim = lim = exp0 (0) = e0 = 1
x→0 x x→0 x
FONCTION EXPONENTIELLE 7. APPLICATIONS 9

7. Applications

7.1. Résolution d’équations et d’inéquations

Proposition 5.
Pour tout réel a et b,
ea = e b ⇐⇒ a = b
ea > e b ⇐⇒ a > b

Démonstration. La fonction exp est strictement croissante.

Mini-exercices.
1. Résoudre les équations et inéquations :
2
• (E1 ) : e x = 1 • (E2 ) : e2x = e • (E3 ) : e x = e−x • (E4 ) : e x = (e−x )2 e3
6 1
• (E5 ) : e2x+1 = e x • (I1 ) : e x > e • (I2 ) : e2x 6 1 • (I3 ) : (e x )3 6
e
1 2
• (I4 ) : e x −x
>0 • (I5 ) : e x > e−x−1
e
2. On note C la courbe représentative de la fonction exponentielle dans un repère orthonormal
(O; ~i, ~j).

1) Soit a un réel. Déterminer l’équation de la tangente Ta à la courbe C au point d’abscisse


a.
2) Etudier la position relative de la courbe C par rapport à la droite T
(Indication : on pourra étudier les variations de la fonction ϕ définie par ϕ(x) = e x − y, où
y désigne l’équation de la tangente Ta ).

7.2. Fonctions composées du type eu


C’est un cas particulier de fonction composée à connaître impérativement.
Proposition 6.
Soit u une fonction définie et dérivable sur un intervalle I. Alors
(eu )0 = u0 eu

Démonstration. Posons v = exp. Puisque v 0 = exp, la formule de dérivation des fonctions compo-
sées s’écrit f 0 = (v ◦ u)0 = u0 × (v 0 ◦ u) = u0 eu .

Mini-exercices.
Étudier la fonction définie par f (x) = e−x pour tout x ∈ R.
FONCTION EXPONENTIELLE 7. APPLICATIONS 10

7.3. Croissance comparée

Proposition 7.
ex
1. lim = +∞.
x→+∞ x

2. lim xe x = 0.
x→−∞

Démonstration.
x ex
1. Nous allons montrer que 6 pour x > 0.
2 x
x ex
Comme lim = +∞, par comparaison, lim = +∞.
x→+∞ 2 x→+∞ x
x2
On pose ϕ(x) = e x − . La fonction ϕ est dérivable (deux fois) sur R∗+ et, pour tout x > 0,
2
ϕ 0 (x) = e x − x et ϕ 00 (x) = e x − 1
D’après la proposition ??, ϕ 00 (x) > 0 pour tout x > 0.
Donc ϕ 0 est strictement croissante et ϕ 0 (x) > ϕ 0 (0) = 0 pour tout x > 0.
Ainsi ϕ est elle aussi strictement croissante et ϕ(x) > ϕ(0) = 1 > 0.
On en déduit que pour tout x > 0,
x ex
6
2 x
x 1 ex
2. lim xe x = lim −xe−x . Pour tout x > 0, −xe−x = − x = − e x . Or lim = +∞, donc
x→−∞ x→+∞ e x
x→+∞ x

lim xe x = 0.
x→−∞

Un corollaire de cette propriété est la généralisation suivante :


Proposition 8.
Pour tout n ∈ N∗ ,
ex
1. lim = +∞.
x→+∞ x n

2. lim x n e x = 0.
x→−∞

Démonstration.
Montrons le 1), le second point se montrant de la même façon qu’en proposition ??.
Pour tout x ∈]0; +∞[, on définie les fonction suivantes :
ex ex
f (x) = n et g(x) =
x x
 x/n n  x/n n  ‹n
e e 1
Or, pour tout x > 0, f (x) = = × = Cn (g(x/n))n , où Cn > 0 est une
x x/n n
constante fixée (puisque n est fixé). De plus, d’après les limites usuelles et la proposition ??,
lim x/n = +∞ lim g(x) = +∞ lim x n = +∞
x→+∞ x→+∞ x→+∞
x
e
Donc, par composition des limites lim = lim f (x) = +∞
x→+∞ x n x→+∞
FONCTION EXPONENTIELLE 8. ACTIVITÉS NUMÉRIQUES 11

Mini-exercices. 1. Déterminer la limite en +∞ des fonctions suivantes :


2e x − x ex
a) f (x) = x 2 + 2 − e x b) g(x) = c) h(x) =
p x
2 x2 + 1
ex + 2 e2x + x 2
d) l(x) = e2x − (x + 1)e x e) k(x) = f) t(x) = 2
x x + x −3
2. Étudier la limite en +∞ des fonctions :
2
e2x+1 2e x −1 p
a) f (x) = b) g(x) = c) f (x) = x 3 − x
e .
x x2

8. Activités numériques

Cours 1 (La fonction logarithme).


Voici une très courte introduction de la fonction logarithme pour les besoins de la suite.
• La fonction logarithme ln :]0, +∞[→ R est la bijection réciproque de la fonction exponen-
tielle, c’est-à-dire :
y = exp(x) ⇐⇒ x = ln( y).
Plus précisément :

exp ln(x) pour tout x > 0,

ln exp(x) pour tout x ∈ R.
Le logarithme vérifie ln(1) = 0 et ln(x × y) = ln(x) + ln( y).
• L’exponentielle permet de définir une puissance avec des exposants réels :

a b = exp b ln(a) .
Autrement dit a b = e b ln(a) .

xa (a > 1)
y exp x

x
xa (a < 1)

ln x
1

0 1 x

Cours 2 (Exponentielle et logarithme avec Python).


• Pour obtenir une valeur approchée de l’exponentielle en un point il faut importer le module
math par la commande from␣math␣import␣* puis utiliser la fonction exp().
FONCTION EXPONENTIELLE 8. ACTIVITÉS NUMÉRIQUES 12

• Il y a plusieurs fonctions logarithmes accessibles depuis le module math. Celle qui correspond
au logarithme népérien ln(x) s’obtient par l’appel à la fonction log(). (À ne pas confondre
avec la notation mathématique log(x) qui désigne habituellement le logarithme décimal !)
• Il est possible de faire des calculs de puissances, sans importer le module math, par la
commande :
a␣**␣b

Objectifs des quatre premières activités : découvrir le comportement de l’exponentielle à


travers des activités variées.

Activité 1 (Les grains de riz).


Pour le remercier d’avoir inventé le jeu d’échec, le roi des Indes demande à Sissa ce qu’il veut
comme récompense. Sissa répond : « Je souhaiterais que vous déposiez un grain de riz sur la
première case, deux grains de riz sur la seconde, quatre grains de riz sur la troisième. . . et ainsi
de suite en doublant à chaque case le nombre de grains. ». « Facile ! » répondit le roi. . .
1. Combien faut-il de grains de riz au total pour recouvrir l’échiquier de 64 cases ?
2. Un kilogramme de riz contient 50 000 grains. Quelle est la masse totale (en tonnes) de tous
les grains de riz de l’échiquier ?
Et toi : préfères-tu recevoir 1 million d’euros d’un coup ou bien 1 centime le premier jour, puis
2 centimes le second, 4 centimes le jour suivant. . . pendant un mois ?

Activité 2 (Le nénuphar qui s’agrandit).


Un nénuphar multiplie sa surface d’un facteur 1.5 chaque jour. Au dixième jour sa surface vaut
100 m2 .
1. Quelle surface recouvre le nénuphar au quinzième jour ?
2. Quelle surface S9 recouvrait le nénuphar le neuvième jour ? Et le huitième jour ? Calcule la
surface S0 que recouvrait le nénuphar le jour initial (le jour 0).
3. Trouve la formule S( j) qui exprime la surface recouverte au jour j, en fonction de j et de S0 .
Définis une fonction surface_nenuphar(x) qui renvoie cette surface S(x). Le paramètre
x représente le nombre de jours écoulés, mais n’est pas nécessairement un nombre entier.

 une commande du type a␣**␣x (pour a ) ou


x
Vérifie que tu peux utiliser indifféremment
bien exp(x*log(a)) pour exp x ln(a) .
4. Trouve par tâtonnement ou par balayage au bout de combien de jours la surface du nénuphar
est de 10 000 m2 . Donne la réponse avec deux chiffres exacts après la virgule.
5. (Si tu maîtrises le logarithme.) Trouve l’expression de x en fonction de la surface couverte S.
Programme une fonction jour_nenuphar(S) qui renvoie le nombre de jours écoulés x pour
atteindre la surface S donnée. Par exemple jour_nenuphar(200) renvoie x = 11.709 . . .

Activité 3 (Demi-vie et datation au carbone 14).


Le carbone 14 est un élément radioactif présent dans le corps de chaque être vivant et qui
disparaît peu à peu à sa mort par désintégration. En mesurant le taux de carbone 14 par rapport
au taux de carbone ordinaire (qui lui ne se désintègre pas), on peut dater l’époque à laquelle a
vécu l’être vivant (jusqu’à 40 000 ans en arrière).
FONCTION EXPONENTIELLE 8. ACTIVITÉS NUMÉRIQUES 13

Le nombre d’atomes de carbone 14 suit une loi exponentielle donnée par la formule :
t ln(2)
 ‹
N (t) = N0 exp −
T
où :
• N (t) est le nombre d’atomes restant après t années,
• N0 est le nombre d’atomes initial, on prendra ici N0 = 1000,
• T est la période de demi-vie des atomes de carbone 14, T = 5730.

N (t)

N0

N0
2

0 T t

1. Programme une fonction carbone14(t,N0=1000,T=5730) qui renvoie N (t). Combien


reste-t-il d’atomes sur les 1000 atomes de départ au bout de 100 ans ?
2. (a) Vérifie mathématiquement et expérimentalement que
N (t) = N0 · 2−t/T .
(b) Combien reste-t-il d’atomes au bout de T = 5730 années ? Justifie le terme de « demi-vie »
pour la durée T .
(c) Combien reste-t-il d’atomes au bout de 2T années ? Au bout de 3T années ? . . .
(d) Saurais-tu trouver de tête environ combien il reste d’atomes au bout d’une période de
10 demi-vies ?
3. On souhaite dater un échantillon à partir de sa teneur en carbone 14.

(a) Vérifie mathématiquement que


N (t)
 ‹
T
t =− ln .
ln(2) N0
(b) Programme une fonction datation14(N,N0=1000,T=5730) qui renvoie la date de
l’échantillon en fonction du nombre d’atomes N mesuré.
(c) Vérifie que si on mesure N = 500 atomes sur les N0 = 1000 initial, alors l’échantillon a
bien l’âge que l’on pense.
(d) Tu as trouvé un échantillon d’une espèce disparue, l’Animagus Pythoniscus avec N = 200
atomes sur les N0 = 1000 initial. Quand a vécu cet animal ?

Activité 4 (La loi de refroidissement de Newton).


On place un corps chaud de température initiale T0 (par exemple T0 = 100 ◦ C) dans une
pièce plus froide de température T∞ (par exemple T∞ = 25 ◦ C). Le corps chaud se refroidit
progressivement jusqu’à atteindre la température de la pièce (au bout d’un temps infini). La loi
FONCTION EXPONENTIELLE 8. ACTIVITÉS NUMÉRIQUES 14

de refroidissement de Newton exprime le température T (t) du corps en fonction du temps t


(en minutes) :
T (t) − T∞ = (T0 − T∞ )e−kt
où k est une constante que l’on va déterminer expérimentalement.

T (t)

T0

T∞

0 t

1. Vérifie mathématiquement que T (0) = T0 et que lim T (t) = T∞ .


t→+∞
2. On fixe T0 = 100 C, T∞ = 25 C et on va déterminer k à l’aide d’une information supplé-
◦ ◦

mentaire. On mesure qu’à l’instant t 1 = 10 minutes, la température du corps est T1 = 65 ◦ C.


Prouve que la constante k est donnée par la formule :
1 T1 − T∞
 ‹
k = − ln .
t1 T0 − T∞
3. Maintenant que tu connais k, programme une fonction temperature(t) qui renvoie la
température T (t). Quelle est la température au bout de 20 minutes de refroidissement ?
4. Par tâtonnement, par balayage ou en résolvant une équation, trouve au bout de combien de
temps (arrondi à la minute près) la température du corps atteint 30 ◦ C.

Activité 5 (Définition de l’exponentielle).


Objectifs : programmer le calcul de exp(x) par différentes méthodes.
1. Limite d’une suite. On a  x n
exp(x) = lim 1 + .
n→+∞ n
Déduis-en une fonction exponentielle_limite(x,n) qui renvoie une valeur approchée
de exp(x) pour une valeur de n (assez grande) fixée.
Teste ta fonction pour calculer exp(2.8), avec n = 10, puis 100. . . Compare tes résultats
avec la fonction Python exp().
2. Factorielle. Programme une fonction factorielle(n) qui renvoie
n! = 1 × 2 × 3 × · · · × n.
Indications. Le plus simple est d’initialiser une variable fact à 1 puis de programmer une
boucle. Par convention 0! = 1. Par exemple 10! = 3 628 800.
3. Somme infinie. On note
n
x x2 x3 xk xn X xk
Sn = 1 + + + + ··· + + ··· + = .
1! 2! 3! k! n! k=0
k!
FONCTION EXPONENTIELLE 8. ACTIVITÉS NUMÉRIQUES 15

Alors
exp(x) = lim Sn .
n→+∞
Déduis-en une fonction exponentielle_somme(x,n) qui renvoie la valeur de la somme
Sn et qui fournit ainsi une valeur approchée de exp(x).
Teste ta fonction avec n = 10, n = 15. . .
4. Méthode de Hörner. Afin de minimiser les multiplications (du genre x k = x × x × x · · · )
voici la formule de Hörner qui est juste une réécriture de la somme Sn définie à la question
précédente :
x x x x  x 
Sn = 1 + 1+ 1++ ··· + 1+
1 2 3 n−1 n
Et bien sûr :
exp(x) = lim Sn .
n→+∞
Programme une fonction exponentielle_horner(x,n) qui implémente cette méthode
et renvoie la valeur de Sn .
x
Indications. Il faut partir du terme le plus imbriqué 1 + puis construire cette expression à
n
rebours à l’aide d’une boucle.
5. (Un peu de théorie plus difficile.) Compare le nombre de multiplications effectuées pour les
x3
méthodes des deux questions précédentes pour le calcul de Sn . Par exemple le calcul de
3!
nécessite deux multiplications pour x 3 = x × x × x et deux multiplications pour 3! = 1×2×3.
(Note : on ne compte pas les additions car c’est une opération peu coûteuse, et ici on ne
tient pas compte des divisions car il y en a autant pour les deux méthodes.)
x x2 xn
6. Fraction continue d’Euler. Voici une nouvelle formule pour Sn = 1 + + + ··· +
1! 2! n!
sous la forme d’une succession de fractions :
1
Sn = x
1− x
1+ x −
2x
2+ x −
3x
3+ x −
..
.
4 + x − ···
(n − 1)x
n−1+ x −
n+ x
On programme cette formule en partant de la fraction tout en bas par l’algorithme suivant :
Algorithme.
• Action : calculer la somme Sn en fonction de x.
• Initialiser S ← 0.
• Pour k allant de n à 1 (donc à rebours), faire :
x
S←
k + x − kS
1
• À la fin, faire S ← .
1−S
• Renvoyer S.

Programme cet algorithme en une fonction exponentielle_euler(x,n).


FONCTION EXPONENTIELLE 8. ACTIVITÉS NUMÉRIQUES 16

7. Exponentielle de grandes valeurs. Les fonctions précédentes sont valables quel que soit
x, mais pour de grandes valeurs de x (par exemple x = 100.5) il faut de grandes valeurs
de n pour obtenir une bonne approximation de exp(x). Pour remédier à ce problème nous
allons voir un algorithme qui permet de se ramener au calcul de l’exponentielle d’un réel
f ∈ [0, 1[ pour lequel les fonctions précédentes sont efficaces.
L’idée est de décomposer x en sa partie entière plus sa partie fractionnaire :
x =k+ f où k est un entier et 0 6 f < 1.
On utilise la propriété de l’exponentielle :
e x = ek+ f = ek × e f .
Maintenant :
• e = exp( f ) s’obtient par le calcul de l’exponentielle d’un petit réel 0 6 f < 1 et se
f

calcule bien par l’une des méthodes précédentes.


• e = e × e × · · · × e est le produit de plusieurs e, c’est donc un simple calcul de puissance
k

(et pas vraiment un calcul d’exponentielle).


• Il faut au préalable avoir calculé une fois pour toutes la valeur de la constante
e = exp(1) = 2.718 . . . par l’une des méthodes précédentes.
Voici l’algorithme à programmer en une fonction exponentielle_astuce(x,n) :

Algorithme.
• Action : calculer une approximation de exp(x).
• Préalable : calculer une fois pour toutes la valeur de e = exp(1) avec le maximum de
précision.
• Poser k la partie entière de x (utiliser floor()).
• Poser f = x − k.
• Calculer une valeur approchée de exp( f ) par l’une des méthodes précédentes en
fonction d’un paramètre n.
• Calculer exp(k) = ee par le calcul de puissance e × e × · · ·
k

• Renvoyer l’approximation correspondant au résultat exp(x) = exp(k) × exp( f ).


FONCTION EXPONENTIELLE 9. CODES PYTHON-EXPONENTIELLE 17

9. Codes Python-Exponentielle

Activité 1 à 4

Code 1 (Activité 1 à 4 exponentielle_1.py).

##############################
#␣Exponentielle
##############################

##############################
#␣Activité␣1␣-␣L'exponentielle
##############################

from␣math␣import␣*

##############################
##␣Question␣1␣##

#␣---␣Grains␣de␣riz␣---

##############################
##␣Question␣1.a␣##
N␣=␣64␣#␣Nombre␣de␣cases
n␣=␣1
somme␣=␣0
for␣k␣in␣range(N):
␣␣␣␣somme␣=␣somme␣+␣n
␣␣␣␣n␣=␣2*n

print("---␣Grains␣de␣riz␣---")
print("Nombre␣de␣grain␣de␣riz␣:",somme)
#␣print(2**N-1)

##############################
##␣Question␣1.b␣##

#␣50␣000␣grains␣de␣riz␣pèse␣un␣kilogramme
masse␣=␣somme␣/␣(50000*1000)␣␣#␣en␣tonne
print("Masse␣(en␣tonnes)␣:",masse)

##############################
FONCTION EXPONENTIELLE 9. CODES PYTHON-EXPONENTIELLE 18

##␣Question␣2␣##

#␣Enoncé␣:␣nénuphar,
#␣surface␣mutliplié␣par␣1.5␣chaque␣jour
#␣jour␣10,␣surface␣=␣100
#␣surface␣au␣jour␣15␣?
#␣surface␣au␣jour␣0␣?
#␣équation␣S(x)␣=␣c␣*␣(1.5)**x␣=␣c␣*␣exp(1.5␣*ln(x))
#␣quand␣surface␣vaut␣10000␣?

##############################
##␣Question␣2.a␣##

surface_15␣=␣100␣*␣1.5**5

##############################
##␣Question␣2.b␣##

surface_0␣=␣100␣/␣1.5**10

##############################
##␣Question␣2.c␣##

def␣surface_nenuphar(x):
␣␣␣␣"""␣Surface␣au␣bout␣de␣x␣jours␣"""
␣␣␣␣S0␣=␣100␣/␣1.5**10␣␣␣#␣Surface␣initiale
␣␣␣␣S␣=␣S0␣*␣exp(x*log(1.5))␣#␣ou␣alors
␣␣␣␣return␣S

print("---␣Nénuphar␣---")

print("Surface␣jour␣15␣:",surface_15)
print("Surface␣jour␣0␣␣:",surface_0)

##############################
##␣Question␣2.d␣##

#␣Trouver␣jour␣par␣tatonnement␣ou␣balayage
x␣=␣21.3578
print("Jour␣:",x)
print("Surface␣:",surface_nenuphar(x))

##############################
##␣Question␣2.e␣␣##
FONCTION EXPONENTIELLE 9. CODES PYTHON-EXPONENTIELLE 19

#␣Trouver␣jour␣par␣équation
def␣jour_nenuphar(S):
␣␣␣␣"""␣Nb␣de␣jours␣pour␣atteindre␣la␣surface␣S␣"""
␣␣␣␣S0␣=␣100␣/␣1.5**10␣␣␣#␣Surface␣initiale
␣␣␣␣x␣=␣(log(S)-log(S0))/log(1.5)
␣␣␣␣return␣x

print("Jour␣:",jour_nenuphar(200))
print("Jour␣:",jour_nenuphar(10000))
print("Jour␣:",surface_nenuphar(jour_nenuphar(10000)))

##############################
##␣Question␣3␣##

#␣Loi␣de␣refroidissement␣de␣Newton
#␣T(t)␣-␣Tinfini␣=␣(T(0)-Tinfini)*exp(-k*t)

#␣Temperature␣ambiante␣(au␣bout␣d'un␣temps␣infini)␣=␣25
#␣Au␣départ␣100␣°C,␣au␣bout␣de␣10␣minutes␣65␣degrés
Tinfini␣=␣25
T0␣=␣100␣#␣t0␣=␣0
T1␣=␣65
t1␣=␣10

##############################
##␣Question␣3.a␣##

#␣Calculer␣k
k␣=␣-1/t1␣*␣log((T1-Tinfini)/(T0-Tinfini))

##############################
##␣Question␣3.b␣##

#␣Fonction␣+␣temperature␣au␣bout␣de␣20␣minutes
def␣temperature(t):
␣␣␣␣"""␣Temperature␣au␣bout␣du␣temps␣t␣"""
␣␣␣␣T␣=␣(T0-Tinfini)*exp(-k*t)␣+␣Tinfini
␣␣␣␣return␣T

print("---␣Loi␣de␣refroidissement␣de␣Newton␣---")
print("k␣=",k)
print("Température␣initiale␣",temperature(0))
print("Température␣à␣10␣mn␣",temperature(10))
print("Température␣à␣20␣mn␣",temperature(20))
FONCTION EXPONENTIELLE 9. CODES PYTHON-EXPONENTIELLE 20

##############################
##␣Question␣3.c␣##

#␣Quand␣température␣atteint␣30␣°C␣(tatonnement,␣balayage,␣équation)
print("Temperature␣de␣30␣°C",temperature(43))

##############################
##␣Question␣4␣##

#␣Demi-vie␣et␣datation␣au␣carbone␣14

##############################
##␣Question␣4.a␣##

def␣carbone14(t,N0=1000,T=5730):
␣␣␣␣"""␣Nb␣d'atomes␣de␣carbone␣14␣au␣bout␣d'un␣temps␣t
␣␣␣␣N0␣est␣le␣nb␣d'atomes␣initial,␣T␣est␣la␣période␣de␣demi-vie␣"""
␣␣␣␣return␣N0*exp(-t*log(2)/T)

#␣Test
print("---␣Carbone␣14␣---")
t␣=␣100
print("t␣=",t)
print(carbone14(t))

##############################
##␣Question␣4.b␣##
def␣carbone14_bis(t,N0=1000,T=5730):
␣␣␣␣␣"""␣Variante␣avec␣exposant␣au␣lieu␣d'exponentielle␣"""
␣␣␣␣return␣N0*2**(-t/T)

#␣Test
print(carbone14_bis(t))
t␣=␣5730
print(carbone14_bis(t))

##############################
##␣Question␣4.c␣##
def␣datation14(N,N0=1000,T=5730):
␣␣␣␣"""␣Temps␣écoulé␣afin␣qu'il␣reste␣N␣atomes␣de␣carbones
␣␣␣␣␣N0␣est␣le␣nb␣d'atomes␣initial,␣T␣est␣la␣période␣de␣demi-vie␣"""
␣␣␣␣return␣-T/log(2)*log(N/N0)
FONCTION EXPONENTIELLE 9. CODES PYTHON-EXPONENTIELLE 21

print(datation14(500))
print(datation14(200))

Activité 5

Code 2 (Activité 5 exponentielle_2.py).

##############################
#␣Exponentielle
##############################

from␣math␣import␣*

#␣La␣fonction␣exponentielle␣est␣importée␣mais
#␣juste␣pour␣vérification␣des␣formules

##############################
#␣Activité␣2␣-␣Définition␣de␣l'exponentielle
##############################

##############################
##␣Question␣1␣␣##

def␣exponentielle_limite(x,n):
␣␣␣␣"""␣Valeur␣approchée␣de␣exp(x)␣par␣limite␣"""
␣␣␣␣expo␣=␣(1+x/n)**n
␣␣␣␣return␣expo

##############################
##␣Question␣2␣␣##

def␣factorielle(n):
␣␣␣␣"""␣Calcul␣de␣n!␣par␣une␣boucle␣"""
␣␣␣␣fact␣=␣1
␣␣␣␣for␣k␣in␣range(1,n+1):
␣␣␣␣␣␣␣␣fact␣=␣fact*␣k
␣␣␣␣return␣fact

##############################
##␣Question␣3␣␣##

def␣exponentielle_somme(x,n):
FONCTION EXPONENTIELLE 9. CODES PYTHON-EXPONENTIELLE 22

␣␣␣␣"""␣Valeur␣approchée␣de␣exp(x)␣par␣somme␣"""
␣␣␣␣expo␣=␣0
␣␣␣␣for␣k␣in␣range(n+1):
␣␣␣␣␣␣␣␣expo␣=␣expo␣+␣(x**k)/factorielle(k)
␣␣␣␣return␣expo

##############################
##␣Question␣4␣␣##

#␣e^x␣=␣1␣+␣(x/1)␣(1␣+␣(x/2)␣(1␣+␣(x/3)␣(........)␣)␣)
def␣exponentielle_horner(x,n):
␣␣␣␣"""␣Valeur␣approchée␣de␣exp(x)␣par␣Hörner␣pour␣limiter␣les␣mutliplications␣"
␣␣␣␣expo␣=␣1
␣␣␣␣for␣k␣in␣reversed(range(1,n+1)):
␣␣␣␣␣␣␣␣expo␣=␣x/k␣*␣expo␣+␣1
␣␣␣␣return␣expo

##############################
##␣Question␣5␣␣##

#␣Exponentielle␣via␣les␣fractions␣continues
#␣https://en.wikipedia.org/wiki/Euler%27s_continued_fraction_formula
def␣exponentielle_euler(x,n):
␣␣␣␣"""␣Valeur␣approchée␣de␣exp(x)␣par␣les␣fractions␣continues␣"""
␣␣␣␣expo␣=␣0
␣␣␣␣for␣k␣in␣reversed(range(1,n+1)):
␣␣␣␣␣␣␣␣expo␣=␣x/(k+x-k*expo)
␣␣␣␣expo␣=␣1/(1-expo)
␣␣␣␣return␣expo

##############################
##␣Question␣6␣␣##

#␣e␣=␣exponentielle_somme(1,n=25)

def␣exponentielle_astuce(x,n):
␣␣␣␣"""␣Valeur␣approchée␣de␣exp(x)␣en␣réduisant␣d'abord␣la␣valeur␣de␣x␣"""
␣␣␣␣e␣=␣2.718281828459045
␣␣␣␣k␣=␣floor(x)␣␣#␣partie␣entière
␣␣␣␣f␣=␣x-k␣␣␣␣␣␣␣#␣partie␣fractionnaire
␣␣␣␣expo_entier␣=␣e**k
FONCTION EXPONENTIELLE 9. CODES PYTHON-EXPONENTIELLE 23

␣␣␣␣expo_frac␣=␣exponentielle_somme(f,n=n)
␣␣␣␣expo␣=␣expo_entier␣*␣expo_frac
␣␣␣␣return␣expo

#␣Test
print("---␣Définition(s)␣de␣l'exponentielle␣---")
print("-␣Exemple␣1␣-")
x␣=␣2.8
print("x␣=",x)
print("Valeur␣python␣:",exp(x))
print("Valeur␣limite␣:",exponentielle_limite(x,n=100))
print("Valeur␣somme␣:",exponentielle_somme(x,n=10))
#␣print("Valeur␣somme␣inverse␣:",exponentielle_somme_inverse(x,n=20))
print("Valeur␣somme␣Hörner␣:",exponentielle_horner(x,n=10))
print("Valeur␣Euler␣:",exponentielle_euler(x,n=10))
print("Valeur␣astuce␣:",exponentielle_astuce(x,n=10))

##
print("-␣Exemple␣2␣-")
x␣=␣0.1
print("x␣=",x)
print("Valeur␣python␣:",exp(x))
print("Valeur␣limite␣:",exponentielle_limite(x,n=100))
print("Valeur␣somme␣:",exponentielle_somme(x,n=10))
#␣print("Valeur␣somme␣inverse␣:",exponentielle_somme_inverse(x,n=20))
print("Valeur␣somme␣Hörner␣:",exponentielle_horner(x,n=10))
print("Valeur␣Euler␣:",exponentielle_euler(x,n=10))
print("Valeur␣astuce␣:",exponentielle_astuce(x,n=10))

##
print("-␣Exemple␣3␣-")
x␣=␣100.5
print("x␣=",x)
print("Valeur␣python␣:",exp(x))
print("Valeur␣limite␣:",exponentielle_limite(x,n=100))
print("Valeur␣somme␣:",exponentielle_somme(x,n=10))
#␣print("Valeur␣somme␣inverse␣:",exponentielle_somme_inverse(x,n=20))
print("Valeur␣somme␣Hörner␣:",exponentielle_horner(x,n=10))
#␣print("Valeur␣Euler␣:",exponentielle_euler(x,n=35))
print("Valeur␣astuce␣:",exponentielle_astuce(x,n=10))
FONCTION EXPONENTIELLE 10. EXERCICES 24

10. Exercices
Exercice 1.
On sait qu’une fonction f est dérivable sur R, qu’il existe x 0 ∈ R tel que f (x 0 ) 6= 0 et que pour
tous réels x et y, f (x + y) = f (x) f ( y).
1. Montrez que f est à valeurs positives.
2. Montrez que f (0) = 1.
3. Soit a un réel fixé. Montrez que, pour tout réel x, f 0 (x + a) = f (a) f 0 (x).
4. On suppose que f 0 (0) > 0
(a) Quel est le sens de variation de f ?
(b) Déterminez lim f (x).
x→+∞
5. Une fonction strictement croissante et à valeurs strictement positives diverge-t-elle forcément
vers +∞ ?

Exercice 2.
Prérequis : la fonction exponentielle, notée exp, a les trois propriétés suivantes :
1. exp est une fonction dérivable sur R ;
2. sa fonction dérivée, notée exp0 , est telle que, pour tout nombre réel x, exp0 (x) = exp(x) ;
3. exp(0) = 1.
En n’utilisant que ces trois propriétés de la fonction exp, démontrer successivement que
• Pour tout nombre réel x, exp(x) × exp(−x) = 1 ;
• pour tout nombre réel a et tout nombre réel b, exp(a + b) = exp(a) × exp(b).
Exercice 3. 
 f (x) = exp x − 1
 ‹
si x 6= 0
La fonction f est définie sur R par x2
 f (x) = a si x = 0

1. Rappelez la définition d’une fonction continue en zéro.


2. Existe-t-il une valeur de a telle que f soit continue en zéro ?
ex
3. Sachant que lim = +∞, montrez que lim xe x = 0.
x→+∞ x x→−∞

4. Rappelez la définition d’une fonction dérivable en zéro.


5. La fonction f est-elle dérivable en zéro ?
6. Calculez f 0 (x) pour tout x ∈ R∗ . La fonction f 0 est-elle continue en zéro ?
¨
f (x) = u(x) exp (v(x)) si x 6= 0
7. Déterminez une fonction définie sur R de la forme telle
f (x) = a si x = 0
que f soit continue en zéro mais pas dérivable en zéro. Vous expliquerez au maximum les
raisons qui vous ont conduit à chercher u(x) et v(x) sous une forme plutôt qu’une autre. tout
raisonnement sera évalué même s’il n’aboutit pas à une solution explicite.
FONCTION EXPONENTIELLE 10. EXERCICES 25

Exercice 4.
Etudier sur R les fonctions suivantes (sens de variations et limites) :
a) f (x) = e−x b) g(x) = e x + e−x c) h(x) = x + e x d) k(x) = e3x − 3e x
2
e) l(x) = e−x f) m(x) = (0, 4x − 2)e−0.1x g) n(x) = (x + 1)2 e−x
Exercice 5. 
f et g sont les fonctions définies sur R par : f (x) = −x 2 e x et g(x) = x 2 − x − 1 e x . c
1. Déterminer les coordonnées des points d’intersection des courbes C f et C g représentatives des
fonctions f et g.
2. Déterminer la position relative de C f et C g .
3. Déterminer les limites de f et g en −∞ et +∞.
4. Dresser les tableaux de variations de f et g.

Exercice 6.
Un capteur solaire récupère de la chaleur par le biais d’un fluide. On s’intéresse à l’évolution de la
température du fluide dans un capteur de 1m de longueur.
Cette température est modélisée par : T (x) = 170 − 150e−0,6x , où x ∈ [0; 1] est la distance, en
mètres, parcourue par le fluide depuis son entré dans le capteur, et T (x) est la température en C.
1. Déterminer la température à l’entrée du capteur.
2. (a) Etudier les variations de la température T sur [0; 1].
(b) En déduire la température maximale, au degré près, atteinte par le fluide.
(c) Tracer dans un repère la courbe représentant la température T .

Exercice 7. 
Soit f la fonction définie sur [0; +∞[ par : f (x) = (x − 1) 2 − e−x .
On note C sa courbe représentative dans un repère orthonormé d’unité graphique 2 cm et ∆ la
droite d’équation y = 2x − 2.
1. (a) Etudier les limites de f en −∞ et +∞.
(b) Etudier la position relative de C et ∆.

2. (a) Calculer f 0 (x) et montrer que, pour tout réel x, f 0 (x) = xe−x + 2 1 − e−x .
(b) En déduire que, pour tout réel x positif, f 0 (x) ¾ 0.
(c) Préciser la valeur f (0), puis établir le tableau de variation de f .
3. Avec le plus grand soin, tracer C et ∆ dans le même repère.
4. Déterminer le point de A de C où la tangente à C est parallèle à ∆.
Tracer cette tangente dans le repère précédent.

Exercice 8.
Soit f et g deux fonctions dérivables sur R qui vérifient les propriétés suivantes :
(1) Pour tout réel x, ( f (x))2 − (g(x))2 = 1
(2) Pour tout réel x, f (x) = g 0 (x)
(3) f (0) = 1.
FONCTION EXPONENTIELLE 10. EXERCICES 26

1. a) Montrer que pour tout réel x, f (x) 6= 0.


b) Calculer g(0).
2. En dérivant la relation (1), montrer que g(x) = f 0 (x).
3. On pose u = f + g et v = f − g.
a) Calculer u(0) et v(0).
b) Démontrer que u0 = u et que v 0 = −v.
c) On déduit de ce qui précède que u(x) = Ae x et v(x) = Be−x , A et B étant deux réels.
En déduire alors f et g.
Exercice 9.
On se propose de démontrer qu’il existe une seule fonction f dérivable sur R vérifiant la condition :
¨
f (−x) f 0 (x) = 1 pour tout réel x,
(C) .
f (0) = 4
1. On suppose qu’il existe une fonction f satisfaisant la condition (C), et on considère la fonction
g définie par g(x) = f (−x) f (x).
a) Démontrer que la fonction f ne s’annule pas sur R.
b) Calculer la dérivée de la fonction g.
c) En déduire que la fonction g est constante et déterminer sa valeur.
d) Montrer que la fonction f vérifie :
1
f0= f et, f (0) = −4
16
2. Démontrer qu’il existe une seule fonction dérivable sur R satisfaisant la condition (C) et
préciser cette fonction.
Exercice 10.
2e x
Soit f la fonction définie sur R par : f (x) = x + 1 − .
ex + 1
On note C f sa courbe représentative dans un repère orthogonale.
1. Démontrer que f est une fonction impaire. Que peut-on en déduire pour la courbe C f ?
2
2. Montrer que pour tout réel x, f (x) = x + 1 − .
1 + e−x
En déduire la limite de f en +∞.
2
3. a) Montrer que pour tout réel x, f (x) − (x − 1) = .
+1ex
En déduire que la droite d’équation ∆ d’équation y = x − 1 est asymptote à C f en +∞.
b) Préciser la position de C f par rapport à ∆.

Exercice 11.
1
On considère la fonction f définie sur R par : f (x) = , et on désigne par Γ sa courbe
e x + e−x
représentative.
1. Etudier la parité de f . Que peut-on en déduire pour la courbe Γ ?
2. Démontrer que, pour tout réel x positif ou nul, e−x 6 e x .
3. a) Déterminer les limites de f en +∞.
b) Etudier les variations de f sur [0; +∞[, et tracer l’allure de Γ .
FONCTION EXPONENTIELLE 10. EXERCICES 27

Exercice 12.
f est la fonction définie sur R par f (x) = (2x + 1)e−2x .
C est sa courbe représentative dans un repère orthonormal (O; ~i, ~j) (unité graphique 2 cm).
1. a) Déterminer la limite de f en +∞. Que peut-on en déduire ?
b) Déterminer la limite de f en −∞.
2. Dresser le tableau de variation de f .
3. a) Déterminer les coordonnées du point A d’intersection de C avec l’axe des abscisses.
b) Etudier le signe de f (x) suivant les valeurs de x.

Exercice 13.
g1 et g2 sont les fonctions définies sur R par :
g1 (x) = xe−x et, g2 (x) = x 2 e−x
1. a) Etudier les limites de g1 et g2 en −∞ et +∞. Interpréter graphiquement ces résultats.
b) Etudier le sens de variation de g1 et g2 .
2. Dans un repère orthonormal du plan, on note C1 et C2 les courbes représentatives de g1 et g2 .
a) Préciser la position relative des deux courbes.
b) Tracer les deux courbes.
3. a) Donner une équation de la tangente à la courbe C1 au point d’abscisse a (a réel).
b) Cette tangente coupe l’axe des ordonnées en un point N .
Déterminer en fonction de a, l’ordonnée de N .
4. t est un réel donné. On note T le point de l’axe des ordonnées qui a pour ordonnée t.
Etudier à l’aide de la courbe C2 , suivant les valeurs de t, le nombre de tangentes à C1 passant
par T .
Exercice 14.
On appelle cosinus hyperbolique la fonction définie sur R par
e x + e−x
ch : x 7→ ch(x) =
2
sinus hyperbolique la fonction définie sur R par
e x − e−x
sh : x 7→ sh(x) =
2
et tangente hyperbolique la fonction définie par
sh(x)
th : x 7→
ch(x)
1. Déterminez les dérivées de ces fonctions en fonction de ch et sh.
2. Étudiez ces fonctions pour montrer que cosh est à valeurs dans [1, +∞] et que tanh est définie
sur R et à valeurs dans [−1, 1].
3. Calculez th(x) en fonction de e x et e−x , puis en fonction de e2x , enfin en fonction de e−2x .
4. Montrez que ch2 (x) − sh2 (x) = 1.
5. Montrez que ch(x + y) = ch(x) ch( y)+sh(x) sh( y) et que sh(x + y) = sh(x) ch( y)+ch(x) sh( y).
th(x) + th( y)
6. Déduisez-en que th(x + y) =
1 + th(x) th( y)
FONCTION EXPONENTIELLE 10. EXERCICES 28

1 + t2 2t
7. On pose t = th(x/2). Montrez que ch(x) = 2
puis que sh(x) =
1− t 1 − t2
8. Résolvez dans R l’équation 5 ch(x) − 4 sh(x) = 3. Vous donnerez une valeur approchée de la
solution à 10−3 près.
2 sin(x) sh(x)
9. Pour le plaisir : dérivez la fonction x 7→
(sh(x) + sin(x))2
10. Soit y ∈ R. Comparez sh( y) et y.
11. Montrez que sh(2x) = 2 sh(x) ch(x) puis étudiez la fonction f définie sur ]0, +∞[ par
th(x)
f (x) = .
x