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Université Ibn Zohr

Ecole Nationale des Sciences Appliquées


Agadir

Composantes
d’une installation photovoltaïque d’un site isolé

I. Les régulateurs de charge


1. Définition
Le régulateur est un maillon indispensable dans une installation solaire photovoltaïque. Il permet de
surveiller automatiquement la charge/décharge des batteries afin d’éviter une surcharge/décharge profonde
de ces dernières.

2. Les caractéristiques du régulateur


On rencontre les régulateurs de charge/décharge indiqués pour les applications domestiques où des
dépassements de consommation sont prévus, et ceux uniquement de charge qu'on utilise que lorsque le
système ne présente aucun risque de décharge accidentelle. Les autres fonctions du régulateur peuvent être
la surveillance et la sécurité de l’installation, la recherche du point maximal de puissance ou la commande
de recharge de la batterie par d’autres sources.

 Tension nominale: Elle doit pouvoir supporter la tension en circuit ouvert du panneau PV à soit
environ deux fois sa propre tension nominale.

 Courant d’entrée: C’est le courant de charge maximum provenant des panneaux et que le régulateur
peut contrôler sous une tension donnée. Choisir 1.5 fois le courant de court-circuit des panneaux PV
pour un régulateur shunt et 1.5 fois le courant nominal des panneaux PV pour un régulateur série.

 Courant de sortie: C’est le courant maximum que tirent les appareils branchés simultanément.

 Courant de pointe: c'est le courant transitoire de certains appareils (Ex : Les réfrigérateurs) que doit
supporter le régulateur. Généralement il est égal à 3 fois le courant transitoire.

 Protection: Les conducteurs arrivant au régulateur doivent être protégés contre les surcharges,
l’inversion de polarité et l'augmentation de température.

3. Fonction des régulateurs de charge (batterie au plomb)

 Contrôle de la charge
La tension d’une batterie chargée à courant constant augmente de façon linéaire jusqu’à ce qu’elle atteigne
pratiquement la fin de charge où soudainement elle augmente beaucoup plus rapidement lorsque sa matière
active est presque complètement transformée et où l’électrolyte commence à libérer des gaz. Cette
gazéification est la décomposition de l’eau de l’électrolyte en hydrogène et oxygène et correspond en fait à
une électrolyse. Si on laisse durer ce phénomène, la batterie deviendra surchargée, ce qui accélérera la
corrosion du plomb, fera perdre de l’électrolyte et endommagera les plaques de plomb. La fonction
principale du régulateur est gérer cette surcharge. Les inconvénients (gazéification, sulfatation,

 Egalisation
Lors des cycles de charge/décharge, pour faire face aux différences de capacité entre les cellules, aux
variations de température entre cellules, les variations d’auto décharge, il est recommandé d’effectuer une

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charge d’égalisation qui va permettre la charge complète de toutes les cellules de la batterie (environ une à
deux charges d’égalisation par an). Peu recommandée pour les batteries fermées !

 Contrôle de la décharge
Permet d’éviter la décharge profonde de la batterie nuisible pour sa durée de vie. Un circuit de délestage
permet de déconnecter les récepteurs lorsque la tension de la batterie est descendue au-dessous d’un seuil
critique. Seuil choisi en fonction de la durée de vie espérée, la température ambiante et le niveau de
courant.

 Délestage
Trois critères permettent de choisir En cas de grand froid (<-7°), l’électrolyte peut geler. Il y a des valeurs
limites de décharge à ne pas dépasser en fonction de la température et de l’électrolyte utilisé.

4. Technologie des régulateurs de charge

 Régulateur shunt « tout ou rien »


C’est le modèle le plus répandu car facile à fabriquer. Convient aux applications de petite puissance
comportant 1 ou 2 panneaux PV. Lorsque la batterie atteint la pleine charge, le courant provenant des
panneaux PV est dérivé par l’intermédiaire d’un interrupteur (transistor). Inconvénients : problème de
protection contre les surtensions, dissipation thermique de l’interrupteur, risque de hot-spot quand
l’interrupteur est fermé (la tension inverse répercutée sur la cellule ombrée étant plus élevée).

 Régulateur série
Convient aux applications de moyenne puissance dont le courant des panneaux PV est supérieur à 10 A.
Lorsque la batterie atteint la pleine charge, le régulateur coupe le courant provenant des modules PV.

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 Régulateur PWM (Pulse Width Modulation)


Ce type de régulateur rassemble les avantages des techniques précédentes en utilisant un interrupteur actif
modulé par impulsions de largeurs variables. Les avantages c’est que l’on peut maintenir une tension
constante aux bornes de la batterie pour terminer la charge tout en dissipant dans le transistor uniquement
les pertes de commutation et les pertes due à la résistance de passage (MOSFET). Les deux techniques,
shunt ou série peuvent être utilisées mais dans la majorité des cas les fabricants utilisent la technique série
plus efficace pour les conditions de charge de la batterie (boost, absorption, floating), le panneau solaire est
mis en contact puis coupé de la batterie (jusqu'à 160 fois par seconde)

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 Régulateur MPT (Max Power Tracker)


Convient aux applications de grande puissance (> 100 W). Il garantie une récupération maximale de la
puissance provenant des panneaux PV en mesurant en permanence le courant et la tension. En général, ces
régulateurs fonctionnent soit en élevant, soit en réduisant la tension. Un premier circuit ajuste la demande
au point de puissance maximale de l’ensemble des panneaux, et un deuxième circuit transforme le courant
et la tension pour l’adapter au type de batterie. Cependant il faut considérer les pertes dues à cette
technique. Ce régulateur peut travailler dans une vaste gamme de température.

5. Exemple de régulateur

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II. Stockage de l’énergie


Une batterie solaire est un appareil destiné à stocker l'énergie électrique produite par les panneaux solaires
photovoltaïques. Le courant qui y entre ou qui en sort est forcément continu (DC). Les batteries sont
indispensables dans les installations autonomes car les modules photovoltaïques ne fonctionnent que quand
il y a de la lumière. Pour consommer de l'électricité le soir ou la nuit, il faut donc que les batteries en aient
emmagasiné la journée.

1. Principe de fonctionnement d'une batterie Plomb Acide

A la décharge, les deux polarités se sulfatent, l'électrolyte est consommé ( les ions SO42- vont sur les
électrodes). L'oxygène libéré par l'électrode positive s'unit aux ions H+ en solution pour former de l'eau. Si
la décharge est totale, l'électrolyte ne sera plus composé que d'eau distillée.

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A la recharge, les deux polarités se désulfatent, l'électrolyte est regénéré (mise en solution d'ions SO42- ).
La plaque positive est peroxydée (formation de PbO2) et des ions sont libérés (augmentation de la
concentration H+ de l'électrolyte).

2. Caractéristiques des batteries

 Capacité nominale: C’est la quantité maximum d'énergie que contient une batterie (sous température
idéale de 25°). Elle s’exprime en Ampère heure (Ah).

 Etat de charge: C’est le pourcentage de la quantité d'énergie disponible dans la batterie à un instant t.

 Profondeur de décharge (PDD) : C’est le pourcentage d’énergie maximum que l'on peut retirée d’une
batterie. Elle ne doit pas être déchargée au-delà de cette valeur, afin de prolonger sa durée de vie. En
général, on choisit PDD = 25% pour 2 jours d’autonomie ou moins, PDD = 70% pour 4 jours
d’autonomie, PDD = 80% pour plus de 8 jours d'autonomie.

 Température : La variation de température influence le rendement de la batterie. Celle-ci a un


fonctionnement idéal à température ambiante de 25°C ; Il faut donc prévoir si possible une régulation
thermique pour maintenir sa durée de vie.

 Tension nominale: C’est la tension type de la batterie. Elle correspond aussi à la tension de
fonctionnement du système autonome. Ex : Tension 12V, 24V, 48V...

 Taux de décharge : C’est le temps nécessaire pour décharger entièrement la batterie. Supposons une
batterie de capacité de 100Ah et de courant de décharge de 5 A : Le taux de décharge sera 100Ah / 5A
soit 20 heures ; Il est noté C/20.

 Taux de recharge : C’est la quantité de courant qu’il faut pour recharger une batterie en un temps
donné (temps du taux de décharge). Supposons une batterie de 100Ah et de taux de décharge C/20 : Le
taux de recharge sera 100Ah / 20h soit 5 A.

 Cycle et durée de vie: C’est le nombre de séquences de charge/décharge, que peut subir une batterie à
sa profondeur de décharge. Il détermine les performances de la batterie et sa durée de vie.

 Nombres de jours d’autonomie: C’est la durée pendant laquelle la batterie peut alimenter toute seule
l’installation en courant, sans être rechargée ni endommagée.

3. Les types de batteries


On distingue dans les systèmes à énergie renouvelable, les batteries Acide-Plomb et les Nickel-Cadmium.
Les Nickel-Cadmium sont beaucoup plus chères et ne sont utilisées que dans des cas très particuliers (peu
d’entretien). Par contre les batteries Acides-Plomb de types ouvertes et Acides-Plomb de types fermées
sont les plus utilisées dans les systèmes solaires autonomes avec un coût initial bas.

 Batterie au plomb (Pb)


Les batteries Pb (Plomb-acide) sont des composants développés depuis le XIXème siècle. Deux électrodes
de plomb et d’oxyde de plomb sont plongées dans un électrolyte composé d’acide sulfurique dilué. En
reliant les électrodes à un récepteur externe consommant du courant, les électrodes se transforment en
sulfate de plomb et l’acide se dilue (Cette dilution permet d’évaluer l’état de charge de la batterie en
mesurant la densité d’acide). En fournissant un courant à la batterie, l’acide se concentre et les électrodes
retournent à leurs états initiaux.

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 Batterie au Nikel-Cadmium (NiCd)


Les batteries Ni-Cd ont une longue durée de vie (15 à 20ans) et sont employés dans des systèmes
photovoltaïques particuliers quand l’accès au site est très compliqué (haute montagne, désert,…).
Inconvénient de ce type de batterie est le problème de recyclage du cadmium (toxique).

 Batterie au Nickel-Métal hydrure (NiMH)


Les batteries au NiMH (Nickel-Métal-Hydrure) peu polluant mais de faible capacité (quelque mAh à
quelques Ah sont réservés aux applications de faibles capacités (modules < 5Wc).

 Batteries AGM "Absorbed Glass Mat"


L'électrolyte est absorbé et donc immobilisé dans des buvards en fibre de verre (boro-silicate), placés entre
les électrodes. Le processus de recombinaison des gaz est différent du cas des batteries ouvertes : les
molécules d'oxygène diffusent à travers les tissus-séparateurs, des électrodes positives vers les électrodes
négatives pour y former de l'eau. Les alliages Pb - Ca et Pb - Ca - Sn sont utilisés pour les batteries AGM
car ces alliages de plomb permettent de limiter l'électrolyse de l'eau (peu de dégazage).

Avantages : Inconvinients :
 Pas d'entretien  Durée de cyclage assez faible
 Très faible dégagement d'hydrogène  Diminution de la durée de vie de moitié avec
 Faible taux d'autodécharge (1 à 3 % par mois) une augmentation de la température de 8°C
 Densité énergétique élevée
 Peux délivrer des courants de décharge
importants
 Moins d'emprise au sol pour une même capacité
que les batteries ouvertes
 Technologie robuste : bonne résistance aux
chocs et vibrations

 Batterie gel
Les batteries gel ont de très bonnes performances en cyclage et acceptent les décharges profondes. Les
batteries gel peuvent même être laissées complètement déchargées sans que cela ne pose de problème. Par
contre elles tolèrent moins les forts courants de charge/décharge que les batteries AGM.

 Pas de dégagement gazeux, résistantes aux chocs.


 L'autodécharge faible 1 à 3 % par mois (contrairement à une batterie normale acide plomb qui se
décharge très vite, si on ne l'utilise pas un certain temps).
 La durée de vie est accrue donc le prix d'achat est rentabilisé sur la durée sans compter le gain en
performance.

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 Comme l'électrolyte est Gélifié (GEL) elle est étanche et le transport en est beaucoup plus aisé et sans
danger en n'ayant pas de liquide qui puisse couler.
 Les Gélifiées sont très peu sensible aux effets dommageables du gel.

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