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Des chiffres sur les inégalités sociales

“Ces dernières décennies, les inégalités de revenus ont crû dans presque tous
les pays”. Voilà le verdict sans appel d’une étude inédite menée par une centaine
de chercheurs, dont les économistes français Thomas Piketty et Gabriel Zucman,
regroupés au sein du collectif wid.world, sur l’évolution des revenus et des
patrimoines au cours des dernières décennies, partout dans le monde. Un travail
encore plus poussé que celui mené par Thomas Piketty avec son livre “Le Capital
au XXIème siècle” en 2013, puisque les auteurs ont mis la main sur des bases
de données jusque-là inaccessibles, en particulier concernant les pays
émergents.
Certes, depuis les années 80, les plus pauvres ont vu leurs revenus augmenter
sensiblement, du fait notamment de l’essor de la Chine ou de l’Inde. Mais les
revenus des plus riches ont progressé encore plus vite. Ainsi, depuis 1980, les
1% les plus riches ont capté 27% de la croissance des revenus, alors que les
50% les plus pauvres se sont contentés de 12% de cette croissance. Quant aux
classes moyennes, elles apparaissent comme les principales perdantes. “Pour
les individus situés entre ces deux catégories (et notamment pour l’ensemble des
classes moyennes et populaires nord-américaines et européennes), la
croissance du revenu a été faible”, notent les auteurs.
Conséquence, la part des revenus concentrés par les plus aisés a crû
sensiblement au cours des dernières décennies. Celle des 1% les mieux lotis est
montée de 16% en 1980 à environ 20% en 2016 (avec un pic à 22% dans les
années 2000). En parallèle, la part de revenu allant aux 50 % des individus les
plus pauvres a stagné, autour de 9%.

Cette progression des inégalités est particulièrement forte aux Etats-Unis. Outre-
Atlantique, les 1% des plus aisés concentraient environ 20% de ces revenus en
2016, contre 10% en 1980. Alors que dans le même temps, la proportion de
revenus captée par la moitié la plus pauvre de la population a suivi une courbe
inverse, passant de 20 à 13%.

La France et plus généralement l’Europe sont un peu moins touchées par cette
montée des inégalités. Dans l’Hexagone, la part de revenus captée par les 1%
les plus aisés est passée de 8,2 à 10,8%, entre 1980 et 2014, tandis que celle
des 50% les plus pauvres est passée de 23,4 à 22,5% sur la même période. Les
auteurs expliquent cette différence par une plus grande progressivité de l’impôt
en Europe (le fait que les hauts revenus paient davantage, en proportion) par
rapport aux Etats-Unis et des “politiques éducatives et salariales relativement
plus favorables aux classes moyennes et populaires”.
Quelques régions font exception à cette hausse des inégalités de revenus. Mais
il s’agit en fait… de ceux où ces inégalités atteignent déjà des sommets. Par
exemple, au Moyen-Orient, où les 1% les plus aisés captent 26,4% des revenus.
https://www.capital.fr/economie-politique/les-chiffres-qui-demontrent-lexplosion-
des-inegalites-de-revenus-dans-le-monde-1260920

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