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Salut à toutes et à tous, bienvenue.

Je suis très content


de vous retrouver après cette longue pause, vous
m’avez manqué. De votre côté, j’espère que vous avez
bien profité de vos vacances, si vous avez eu la chance
d’en avoir. Moi, comme vous le savez, je n’en ai pas eu
parce que cet été, je me suis consacré à la création de
mon deuxième cours. Malheureusement, il n’est
toujours pas prêt, c’est plus long que prévu. J’ai besoin
d’encore un peu de temps pour terminer tout ça.
J’espère que le cours sera prêt au mois de novembre.
Donc voilà, il va falloir être encore un peu patient pour
celles et ceux qui l’attendent. Mais malgré ça, j’ai décidé
de reprendre le podcast parce que je ne pouvais pas
vous laisser tout seuls plus longtemps.

[0min59] En parlant de ce programme, je voulais aussi


vous dire que lundi prochain, le 16 septembre, je vais
rouvrir les inscriptions pour mon premier cours « Build a
Strong Core ». Comme habitude, les inscriptions seront
ouvertes pour une semaine, vous aurez une semaine
pour rejoindre le programme. Et sachez que ça sera la
dernière possibilité de le faire cette année. Ensuite, les
prochaines inscriptions seront en 2020. Si vous avez
besoin de plus d’informations pour savoir exactement en
quoi ce cours consiste, vous pouvez tout simplement
aller sur mon site Internet innerfrench.com/strongcore.

[1min44] Alors cet été, j’ai reçu beaucoup d’emails de


votre part, ça m’a fait très plaisir ! Mais en même temps,
ça devient un peu difficile à gérer pour moi. Ça prend
beaucoup de temps de répondre à tout le monde, ce qui
fait que j’ai pris du retard. Donc peut-être que vous
m’avez envoyé un email il y a quelques semaines et que
vous n’avez toujours pas reçu de réponse de ma part.
Là aussi, il va falloir être un peu patient. Je suis en train
de me rattraper et d’essayer de répondre à tous ces
emails en retard, mais ça va prendre un peu de temps.

[2min16] Et vous m’avez aussi envoyé beaucoup de


témoignages. Maintenant, j’ai un stock énorme de
témoignages. Je pense que j’en ai suffisamment pour
les dix prochains épisodes. Donc, si vous aviez prévu
de m’envoyer un témoignage, je vous conseille
d’attendre un peu parce que si vous me l’envoyez
maintenant, vous n’allez pas pouvoir l’entendre avant
plusieurs mois. Donc ce n’est peut-être pas la peine de
le faire. Mais merci à toutes celles et ceux qui l’ont déjà
fait. J’ai vos témoignages dans mon stock et je vais les
passer au fur et à mesure dans les prochains épisodes.

[2min56] Alors, pour que ça aille un peu plus vite, je vais


passer trois témoignages dans cet épisode. On va en
écouter deux qui sont assez courts pour commencer et
puis, un autre à la fin.

Bonjour Hugo, j’espère que vous allez bien. Moi, je


m’appelle Shane et j’ai 18 ans. J’habite à Dublin en
Irlande. J’apprends le français depuis quelques années
à l’école et je vais passer mes grands examens de
Leaving Cert dans quelques semaines. C’est un peu
similaire au système du bac. Je dirais que vous et votre
podcast m’ont beaucoup aidé avec mes notes à l’école
et aussi avec mon intérêt pour la langue et la culture
française. Surtout, par exemple, dans les épisodes du «
Petit Prince » et « L’école en France ». En outre, je me
sens capable de passer du temps dans l’hexagone
pendant mes heures à la fac. Tout ce que je peux dire,
c’est que vous faites un travail merveilleux, merci
beaucoup. À bientôt. Shane.

[4min10] Merci Shane pour ton message. Je crois que


c’est la première fois qu’un Irlandais passe dans le
podcast, si mes souvenirs sont bons (je ne suis pas sûr
parce qu’il y a déjà eu pas mal de témoignages). En tout
cas, tu parles beaucoup mieux français que moi je
parlais anglais à ton âge donc bravo. Je pense que tu
as bien travaillé et que tu n’as pas peur de t’exprimer.
C’est vraiment super, beau travail ! Je suis content
d’avoir pu t’aider avec mon podcast. Comme j’ai reçu
ton témoignage en juin, c’était avant que tu passes ton
examen. Mais je suis curieux de savoir si tu l’as réussi.
Donc envoie-moi un email pour me dire comment ça
s’est passé et ce que tu vas faire ensuite pour tes
études.

[4min51] Bonjour Hugo, je m’appelle Celina et j’habite à


Brasilia, la capitale du Brésil. J’ai étudié l’économie à
l’université et j’ai étudié le français pendant plus de dix
ans à l’Alliance Française quand j’étais jeune.
Maintenant, je suis retraitée et j’ai du temps pour me
dédier à la langue française que j’aime. Même si tes
podcasts et vidéos ne représentent pas un challenge au
niveau de la compréhension, je les écoute jusqu’au
bout, car je trouve les sujets que tu choisis très
intéressants, actuels et toujours présentés d’une
manière équilibrée en montrant les différentes visions
possibles. Merci beaucoup, tu es un excellent prof.

[5min38] Merci Celina pour ton message. On a


beaucoup de Brésiliens dans le podcast. Je vois dans
les statistiques que le podcast fonctionne très bien, qu’il
est très populaire au Brésil. Donc, ça me fait vraiment
plaisir. Celina, tu profites de ta retraite pour continuer
ton apprentissage du français et ça, je trouve que c’est
génial. D’ailleurs, il y a pas mal d’études qui montrent
que l’apprentissage des langues est un excellent
exercice pour retarder le vieillissement du cerveau.
Donc, je pense que c’est une super idée d’apprendre
des langues quand on est à la retraite. Et puis, je suis
content que ma manière de présenter les sujets te
plaise. J’essaye de vous présenter différents
arguments, mais en général, c’est assez facile de
connaître mon point de vue sur le sujet.

[6min31] Pour cet épisode de la rentrée, j’ai décidé de


vous proposer quelque chose d’un peu différent, d’un
peu spécial. J’ai eu la chance de pouvoir interviewer
Steve Kaufmann qui est l’un des polyglottes les plus
influents sur Internet. Ça fait des années qu’il partage
ses expériences et ses conseils sur sa chaîne YouTube.
Il a aussi créé une plateforme pour aider les apprenants,
une plateforme qui s’appelle « LingQ ». Il va en parler
dans cette interview. Les vidéos de Steve m’ont
beaucoup influencé personnellement. Elles ont
beaucoup influencé ma manière d’enseigner et mes
idées sur l’apprentissage des langues.

[7min15] Dans cette interview, Steve va nous raconter


comment il a appris le français dans sa jeunesse, les
expériences qu’il a vécues en France quand il était
étudiant à Sciences Po et surtout, il va nous donner plein
de conseils très utiles pour apprendre les langues.
Comme Steve parle parfaitement français, vous allez
voir que je n’ai pas adapté ma façon de parler. Donc,
c’est une interview à vitesse réelle, à vitesse normale.

[7min45] Avant de commencer, je vous rappelle que


vous pouvez lire la transcription de l’épisode sur mon
site et retrouver toutes les ressources qui seront
mentionnées dans l’interview dans la description de
l’épisode. Voilà, maintenant, je vous laisse en
compagnie de Steve Kaufmann.

[8min04] Alors, aujourd’hui, j’ai l’honneur d’accueillir


Steve Kaufmann pour une petite interview où il va être
question d’apprentissage des langues et en particulier,
d’apprentissage du français. Pour commencer, Steve,
est-ce que tu pourrais te présenter ?

[8min20] Eh ben, je suis un vieux retraité là, j’habite


Vancouver. Mais j’aime bien les langues. Pendant ma
carrière, j’étais plutôt dans le commerce du bois et
avant ça, j’étais brièvement un diplomate canadien. J’ai
eu à apprendre des langues : le chinois, le japonais
parce que je vivais au Japon et par la suite, j’ai fait pas
mal de business en Europe, en Allemagne, en Suède,
etc.

[8min48] Le français, je l’ai appris parce que… Bon, j’ai


grandi à Montréal, mais Montréal à l’époque, c’était une
ville divisée en anglais/français mais je m’y suis
intéressé. Je n’ai pas appris le français à l’école, mais je
me suis intéressé au français. Et pour ça, je suis allé en
France où j’ai fait mes études universitaires (un an à
Grenoble, deux ans à Sciences Po à Paris). Et puis, j’ai
maintenu mon français parce que je l’aime. J’aime lire
en français, j’aime écouter des livres sonores, des livres
audio en français.

[9min21] Et puis depuis l’âge de 60 ans, là, je me suis


intéressé au russe, coréen maintenant. Beaucoup de
langues. Et plus récemment, j’ai commencé, disons, un
défi, j’essaye d’apprendre trois langues du Moyen-
Orient, c’est-à-dire le persan, l’arabe et le turc. Et je dois
ajouter qu’avec mon fils, on a fondé, créé un site Web
pour l’apprentissage des langues qui s’appelle « LingQ
» et j’ai d’ailleurs un canal YouTube qui s’appelle «
LingoSteve » où je parle de l’apprentissage des
langues.

[9min57] Tu veux dire une chaîne sur YouTube.

Chaîne, oui, une chaîne.

Et combien de langues tu parles ?

[10min05] Eh ben, c’est toujours la question… C’est-à-


dire… J’ai à peu près une douzaine de langues où je
peux facilement m’exprimer, je comprends, je fais des
fautes, mais enfin ça va. Et puis un autre, disons 10
langues que je parle à différents niveaux, je comprends,
mais j’ai du mal à m’exprimer, surtout si je ne l’ai pas
utilisée. Et puis finalement, il y a les trois langues que je
suis en train d’apprendre maintenant où, bon, je suis
débutant, disons. Donc, ça fait 21, 22 langues.

[10min37] Et pourquoi tu t’es lancé ce défi d’apprendre


ces trois langues en même temps ?

Eh ben parce que je suis un peu… Voilà… Ça dépend


de… Ce n’était pas l’intention au début, j’ai décidé
d’apprendre l’arabe. J’habite Vancouver, il n’y a pas
beaucoup de gens qui parlent arabe ici à Vancouver, par
contre, il y a pas mal d’Iraniens. Donc, je me suis dit :
j’ai appris l’écriture arabe donc, je vais en profiter pour
apprendre le persan pour pouvoir parler à l’épicier
iranien du coin, là. Et par la suite, ma femme regardait
des séries, des drames sur Netflix en turc et je me suis
dit « Hey, pourquoi pas ? ». Ça fait trois langues qui sont
liées historiquement, culturellement, etc. Bien que ça
soit des familles de langues très différentes, il y a quand
même 15 % de vocabulaire qui est commun donc c’est
très intéressant.

[11min34] Et puis, c’est une expérience aussi parce


que… Normalement, je me suis toujours concentré sur
une langue à la fois parce qu’il faut une certaine
intensité, justement, pour se convertir en personne qui
parle bien une autre langue. Mais là, j’essaye de voir…
Là, je me concentre pendant trois mois sur l’arabe, par
la suite le persan, par la suite le turc. Et bien sûr, je
perds un peu, j’oublie un peu, mais par contre… Parce
que dans l’apprentissage des langues, c’est toujours
une question de répétition et de nouveauté. Parce que
des fois, j’apprends le français et puis, je n’y arrive pas,
puis je ne fais pas de progrès. Des fois, si on étudie une
autre langue, on a envie de retourner à la première
langue et ça devient nouveau. Donc, c’est un peu
l’expérience que je fais.

[12min24] C’est vrai. Moi, j’apprends le polonais depuis


quelques années et du coup, par rapport au polonais,
l’anglais et l’espagnol maintenant, ça me semble
vraiment être un jeu d’enfant.

Bah oui.

Ça permet de mettre les choses un peu en perspective.

[12min36] Et puis, c’est très intéressant parce que…


Bon, en faisant ces trois langues… Quand j’écoute, par
exemple, l’arabe ou le persan après trois mois de turc,
bien qu’il y ait des mots que j’ai oubliés, je l’entends
mieux, c’est plus clair. Donc, je crois que plus on
apprend de langues, mieux notre capacité d’apprendre,
notre capacité de se rendre compte des sons et des
structures s’améliorent. Il y a une espèce de perte du
point de vue vocabulaire, certaines structures, mais
point de vue de notre capacité d’apprendre, je crois que
c’est positif.

[13min16] J’aimerais qu’on revienne un peu justement


sur ton histoire avec le français parce que tu dis souvent
que le français, c’est ton premier amour. Alors à quel
âge tu as commencé à apprendre le français et
comment ça se passait au début ?

[12min29] Bon, on avait le français à l’école. Il faut


comprendre que Montréal dans les années 50, c’était
deux villes : ville anglophone, ville francophone. Donc
tout se passait en anglais autour de moi et les
professeurs qu’on avait, c’était des anglophones. Et
c’était un sujet comme les maths, comme n’importe quoi
et on n’était pas très intéressé. Les bons élèves avaient
des bonnes notes, mais ils ne savaient pas parler, tout
simplement. Une fois rendu à l’université McGill à
Montréal, j’avais un professeur de français donc qui était
français, non seulement francophone, il était français. Il
nous a stimulé, il nous a présenté la civilisation,
l’histoire, la culture françaises d’une façon
très attrayante. C’était stimulant, intéressant.

[14min15] Alors, là, Montréal, on a les moyens parce


qu’il y a des journaux en français, la radio en français,
tout. Alors je me suis intéressé au français… C’est ça
finalement, il faut faire l’effort soi-même, ce n’est pas
dans la classe que tu vas apprendre une langue. Il faut
que tu plonges là-dedans. Ça m’a rendu… Il y avait les
films de La Nouvelle Vague, tout ce genre de choses à
l’époque. Je me suis dit : « Il faut aller en France ». Et
pour moi, c’était un rêve. Je me souviens quand je suis
allé à Paris, je voyais l’Arc-de-Triomphe, ce n’était pas
réel parce que j’avais vu ça dans des films et pour être
là en réalité, c’était sensationnel.

[14min54] J’avais la même impression la première fois


que j’ai mis les pieds à New York. J’avais l’impression
d’être dans un film et d’entendre les acteurs autour de
moi, c’était… Je comprends, je connais bien ça. Donc,
tu as fait un échange en France, à Sciences Po, il me
semble.

[15min09] C’est-à-dire, là, j’avais fait deux ans d’études


à McGill et puis, j’en avais assez, ça ne m’intéressait
plus donc j’ai fait de l’autostop sur les bateaux parce
que je suis allé sur le port de Montréal et pendant trois
jours, j’allais sur les bateaux, je voulais rencontrer le
capitaine et je disais : « Voilà, je vais travailler
gratuitement si vous m’emmenez en Europe ». Et j’ai
trouvé un bateau après trois jours.

[15min37] Et puis j’ai décidé pour la première année


d’étudier à Grenoble. J’ai fait un tas de jobs, je vendais
« France Soir » dans les cafés, j’enseignais l’anglais, je
faisais un tas de choses. Par la suite, j’ai eu la chance
d’obtenir une bourse du gouvernement français. Donc,
c’est les contribuables français qui m’ont payé mes
études. Merci beaucoup.

De rien.

[15min59] C’est toute une expérience parce que


l’enseignement en France, en sciences politiques
surtout, c’est très basé sur les faits. Il faut savoir. Il ne
suffit pas de raconter un tas de choses, « je crois ceci,
je crois cela…» (comme en Amérique du Nord, trop
souvent). Il fallait avoir les faits. Et la deuxième chose, il
fallait pouvoir s’exprimer. Sciences Po, je me souviens
qu’il y avait un professeur qui a dit : « La forme est plus
importante que le contenu ». Donc, il fallait maîtriser ce
genre d’exposé (première partie, deuxième partie, etc.).
Il y avait un tas d’exposés, d’examens oraux. Et je crois
que c’était aussi un défi parce que pour moi, j’étais en
France pendant ces trois années-là, il a fallu que je
devienne un étudiant français comme n’importe qui.

[16min57] Donc ce n’était pas seulement la barrière de


la langue ou les difficultés liées à la langue, mais aussi
un étudiant qui découvre Sciences Po, la méthode
Sciences Po, le plan en deux parties, etc.

[17min09] Oui, oui, oui. Enfin, finalement, c’est un peu


comme… Quand on apprend une langue, évidemment,
on doit imiter certains aspects de la culture de la langue
qu’on est en train d’apprendre. On imite les sons par
exemple, on imite les façons de s’exprimer. Et
finalement, on devient un peu… Il faut qu’on ait la
volonté de vouloir faire partie de cette culture. Je ne vais
pas devenir musulman parce que j’apprends l’arabe,
mais c’est-à-dire, c’est important, pour réussir, il faut
vouloir sortir de cet espace confortable de sa langue, sa
culture, pour justement se baigner dans l’autre.

[17min55] Et est-ce que tu te rappelles un peu de tes


premiers contacts avec les Français ? Parce qu’en
français, c’est vrai qu’il y a une vraie différence entre la
langue formelle, qu’on apprend à l’école et la langue
informelle, qu’on entend dans la rue.

[18min06] Oui, mais ça, c’est à la marge. Finalement, 90


%, c’est la même langue. Donc, ces quelques mots
de slang, d’argot, on les entend, on les apprend, on les
assimile. Je crois que c’est plus important d’avoir la
base, la langue, qui peut venir de films, de livres, de
n’importe quoi. Et puis les autres, même les jurons,
n’importe quoi, on les apprend au fur et à mesure. Pour
moi, ce n’était pas… Je n’étais pas conscient d’une
espèce de besoin d’apprendre un vocabulaire que je
n’avais pas.

[18min45] Mais le premier contact avec les Français,


tout était très, très positif. Je faisais de l’autostop donc
le bateau sur lequel je travaillais allait de Montréal à
Londres. J’ai fait de l’autostop de l’Angleterre en
Belgique. Ensuite, je suis arrivé donc en France ayant
traversé la frontière avec la Belgique, il y avait deux
personnes, d’ailleurs deux instituteurs dans une école
à Lille, qui m’ont pris dans leur voiture. Mais ils ont dit :
« Mais où tu vas rester ce soir ? », j’ai dit : « J’ai pas
d’idée », « Tu vas dormir dans l’école parce que c’est
fermé » (c’était l’été). J’ai dormi, donc, dans une salle de
classe. Et puis, on s’est retrouvé pour dîner, ils m’ont dit
qu’il y a je ne sais pas qui, Jean, Jacques, qui va à Paris,
il peut t’emmener avec lui à Paris. Très bien. Arrivés à
Paris, ils m’ont invité à rester deux semaines avec eux,
ils habitaient le 20ème arrondissement. Donc c’est un
quartier plutôt ouvrier. Et ils m’ont même… J’ai travaillé
parce que je parlais anglais et français. Je les ai aidés
dans une espèce d’agence de voyages, si je me
rappelle bien. Donc, ils me payaient. Et tout, en faisant
de l’autostop à l’époque en France, souvent les gens
t’invitaient chez eux, t’invitaient à manger… Tout le
contact que j’avais avec les Français était très, très
positif.

[20min10] Je ne sais pas si les Français sont aussi


hospitaliers maintenant, mais…

[20min15] Je crois qu’ils le sont. Il suffit de ne pas trop


se concentrer sur les quelques mauvaises rencontres
qu’on peut avoir. Bien sûr, les marchands souvent, ils
t’engueulent pour aucune raison. OK, ils vivent comme
ça, c’est leur culture. Il ne faut pas s’énerver pour ces
choses-là. Parce qu’il y a tellement de personnes… Et
même récemment avec ma femme, on a voyagé en
Bretagne, les gens étaient… Toutes les personnes, si
on fait le moindre effort, bien sûr ça aide si on parle la
langue, les gens sont très abordables, très intéressants,
ils aiment discuter de tout et de rien, les Français. Mais
c’est bien, j’aime bien !

[21min02] Ouais je pense que souvent, le problème est


plus dans notre attitude à nous. Parce que voilà, si on
est très stressé en arrivant pour parler à quelqu’un, c’est
sûr que cette personne ne va pas être à l’aise non plus
parce qu’elle voit qu’on a peur, on a peur de parler, on
est en difficulté. Et c’est sûr que l’échange ne va pas
être super.

[20min20] Oui et puis, ça dépend aussi de son niveau.


Alors, si on ne parle pas très bien la langue, ce n’est pas
uniquement en France et si l’autre personne parle mieux
l’anglais, par exemple, ben l’autre personne va
commencer à parler en anglais. Ce n’est pas une insulte
parce que, finalement, cette personne qu’on aborde,
qu’on rencontre, elle n’est pas notre professeur de
langue, c’est une personne qui veut communiquer.
Donc, si elle ou lui sent qu’il parle mieux l’anglais que
toi, tu parles français ou allemand ou n’importe quoi, il y
a des fortes possibilités qu’il va répondre dans ta
langue. Ce n’est pas une insulte.

[22min00] Mais il y a beaucoup de gens qui sont très


sensibles à ça. C’est une question de communication,
ce n’est pas une question de… Pourquoi, toi, tu as le
droit de parler français, même mauvais français, alors
que lui, il n’a pas le droit de parler anglais ? Il faut tout
prendre comme ça vient. Même s’il parle mal l’anglais,
mais il veut imposer son anglais alors que ton français
est mieux… meilleur. Pas grave. Alors, je crois… La
France, c’est un pays très accueillant. Ça a toujours été
mon expérience et même pour ma femme qui ne parle
pas très bien le français. Il ne faut pas y aller avec des
idées préconçues.

[22min43] J’entends souvent que c’est un problème


pour les anglophones et les Américains qui déménagent
au Canada, surtout dans les parties francophones. À
chaque fois qu’ils commencent à essayer de parler
français, on leur répond systématiquement en anglais et
au final, c’est très difficile pour elles de pratiquer le
français.

[22min59] Oui. Le cas du Québec, c’est un peu différent.


Il suffit d’aller au lac Saint-Jean, à Saguenay, là où ils
parlent peu anglais. Mais à Montréal, c’est une ville très,
très bilingue. Les anglophones passent au français, les
francophones passent à l’anglais. Et puis, voilà, c’est
probable qu’à Montréal, ils vont passer en anglais si tu
ne parles pas très très bien le français. Ce n’est pas pour
t’insulter, les gens pensent que c’est plus commode, ils
veulent être aimables, ils passent en anglais. Pour
l’étudiant de français, ce n’est pas très bon.

Effectivement, mais c’est simplement de la politesse,


finalement.

Oui, oui.

[ 23min41] Et une fois que tu es rentré au Canada, est-


ce que ça a été facile pour toi de maintenir ton français
?

[23min50] Pas tellement, mais j’ai eu l’occasion de


voyager en France. D’ailleurs, il y a eu des moments où
j’ai été mal reçu par les Québécois à cause de mon
accent plutôt français. « On n’aime pas les français là-
bas », on m’a dit. Mais c’était à un moment où, disons,
le mouvement nationaliste était plus…

Plus fort.

[24min21] Mais maintenant, ça n’existe plus. Mais je


dois dire que je crois que je parle mieux français
maintenant qu’il y a… même quand j’étais en France.
Parce que j’ai beaucoup écouté des livres sonores. Et
quand tu écoutes… et je comprends, donc je comprends
les mots, il ne me manque pas de vocabulaire mais il me
manque cet entraînement. Et je me rappelle quand
j’écoutais des livres, même des livres du XVIIIème
siècle ou de Balzac, XIXème siècle et tout ça… C’est
une façon et je recommande pour les gens, après le
niveau de tes podcasts, ça vaut la peine d’étudier dans
des livres, livres sonores et surtout, du XIXème siècle
parce que les textes sont disponibles. Parce que tu peux
lire les textes s’il y a des mots que tu ne comprends pas.
Je crois que ça m’a beaucoup aidé. Je me rappelle, je
travaillais dans le jardin et j’écoutais, je ne sais plus ce
que c’était. C’est très bon pour son niveau d’expression,
dans n’importe quelle langue.
[25min20] Et est-ce qu’il y a des auteurs que tu
affectionnes tout particulièrement ?

J’aime Balzac parce qu’il parle.

Longues descriptions.

Longues descriptions. Et même des livres qui sont pour


moi, « inlisables », parce que trop ennuyants, comme
Proust, par exemple. Si tu les écoutes, ça devient
digérable.

Hum, hum.

Et puis, c’est joli quand on l’écoute, c’est très ennuyant


quand on le lit, pour moi, pour moi.

[25min56] Donc dans ton… en tout cas, pour maintenir


le français maintenant, les livres audio jouent vraiment
un rôle important pour toi.

[26min04] Oui mais il faut dire que j’ai moins de temps


maintenant parce que, bon, je me concentre sur d’autres
langues donc je n’ai pas eu tellement l’occasion. Mais
s’il fallait rafraîchir mon français, je prendrais des livres
audio.

[26min15] OK. Et il me semble que cette entreprise que


tu as, LingQ, au départ, c’était un outil que tu avais
développé pour tes besoins à toi, c’est ça ?

[26min25] C’est ça, oui. Deux choses, d’abord, on avait


un employé chinois qui parlait mal l’anglais. On faisait
des logiciels pour les scieries, on était dans le bois. Et
on a créé quelque chose pour l’aider, lui. Lui, il est rentré
en Chine. Donc ça, c’était un point de départ.

[26min49] Mais un autre point de départ, c’est que


j’avais un tas de livres ici, par exemple, en espagnol. En
français, à peu près, enfin, il y a très peu de mots que je
ne connais pas. Mais en espagnol, il y en avait, chaque
page il y avait 10 mots que je ne connaissais pas. Et
c’est très fatigant de chercher dans le dictionnaire, on
oublie tout de suite, on fait des listes, on ne lit jamais ses
listes. Enfin, c’est un peu ces deux choses, je me suis
dit : « Voilà, comment il faut faire maintenant avec tous
les textes, comment dit-on ? « digital » [numériques] et
puis les dictionnaires en ligne, ça serait génial de
pouvoir lire et puis de tout voir par la suite, voir quels
étaient les mots qu’on a sauvegardés, un peu travaillés,
etc. »

[27min34] Donc, ces deux besoins-là, le besoin de cet


employé et le besoin pour moi de lire en allemand, en
espagnol et d’avoir le sentiment que je
pouvais faire croître mon vocabulaire en lisant.
[27min49] Est-ce que tu pourrais décrire un peu
comment ça fonctionne pour quelqu’un qui n’a jamais vu
LingQ ?

[27min55] OK. LingQ, il y a, disons, 35 langues de


disponible. Le principe, c’est que l’apprentissage des
langues, ça passe par l’écoute et la lecture. On ne peut
pas apprendre une langue en parlant parce qu’on n’a
pas les mots et on ne comprend pas ce que dit l’autre. Il
faut d’abord atteindre un niveau de compréhension et
un niveau de vocabulaire qui nous permettent d’avoir
des discussions réelles, significatives, avec d’autres.

[28min34] Donc dans chaque langue, il y a une


bibliothèque, une bibliothèque avec toujours audio et
texte, il faut qu’il y ait les deux. Et pour les débutants, il
y a par exemple des histoires comme « Piotr » en
Pologne [chez Real Polish] avec beaucoup de
répétitions. Et que j’écoute… Pour l’arabe, le persan,
j’écoute 30-40 fois parce que la langue… Il faut que la
langue entre dans sa tête. Parce qu’avant que
l’apprenant ait eu une vraie expérience avec la langue,
toutes les explications ne servent à rien. On peut
seulement expliquer une chose qui a un point de
référence avec quelque chose que tu connais déjà.
Donc, chez nous, on a des choses pour débutant et par
la suite, il y a des choses plus difficiles et même des
livres.
[29min30] Et aussi, on permet à nos membres d’accéder
à n’importe quoi qu’on peut trouver sur Internet. Donc
des articles de journal, des livres, même maintenant
avec ce qu’on appelle une extension du browser, je ne
sais pas comment ça se dit…

[29min52] Une extension du navigateur.

Une extension du navigateur, n’importe quel article de


n’importe quel journal etc., on peut l’importer tout de
suite pour devenir une leçon. Une vidéo sur YouTube,
on peut l’importer, ça devient une leçon. On a la vidéo,
l’audio, le texte pour qu’on puisse travailler les mots et
les expressions. Et même Netflix, on peut importer des
épisodes des séries. Sauf qu’avec Netflix, ils nous
empechent de prendre le son. L’avantage avec les
choses qu’on trouve sur YouTube, c’est qu’on a le son
et c’est d’ailleurs « estampé temps » donc «
timestamped ». Ça veut dire que quand on lit… Parce
que sur LingQ, on a aussi ce qu’on appelle « sentence
mode » donc phrase par phrase, on lit la leçon et on a
le son qui correspond à cette phrase puisqu’il y a le «
timestamp », donc comment dirais-je…

Je ne sais pas comment on dit « timestamp » en


français. « Marqueur temporel », je crois.

[30min57] Et donc, c’est très bien. Mais l’idée avec


LingQ, c’est de… On est axés sur l’idée qu’il faut surtout
apprendre la langue à travers l’input donc la lecture et
l’écoute. On a un tas de matériel dans chaque langue
pour te lancer et, disons, te pousser à un niveau où tu
peux commencer à accéder à des choses plus
intéressantes, plus authentiques.

[31min23] Et là, il y a toute une gamme, et tu peux


chercher à travers Internet et tout ce que tu trouves, tu
peux l’importer sur LingQ. Et toutes les fonctions, des
statistiques sur les mots sus, sur les mots appris,
heures d’écoute… Enfin, il y a un tas de statistiques.
Parce que souvent, on a l’impression qu’on n’avance
pas. Et puis finalement, l’important dans l’apprentissage
des langues, c’est l’activité, il faut y mettre le temps.
Donc, quand on voit… « Effectivement, j’ai écouté tant
d’heures, j’ai lu tant de mots, j’ai appris tant de mots… »
C’est un peu, disons, encourageant. Et puis, finalement,
si on continue, on va éventuellement y arriver.

[31min03] Mais le fait est que, dans l’apprentissage des


langues, au début, on fait des progrès, on est très excité,
on arrive à comprendre quelque chose, à dire quelque
chose. Mais de là à vraiment pouvoir maîtriser la langue,
c’est une longue, longue journée… Euh non, journey…
Voyage. C’est pour ça qu’on a un tas de statistiques
pour encourager les gens. Donc disons que c’est une
société, c’est une ambiance, c’est une plateforme où
tout est là. C’est commode. Il ne faut pas gaspiller son
temps à chercher partout pour des contenus, les
différentes astuces pour apprendre, tout est là sur
LingQ.

[32min47] Maintenant, pour finir, j’aimerais te poser une


ou deux questions qui sont propres au français, à
l’apprentissage du français. Tu dis souvent que pour toi,
ce n’est pas nécessaire et là-dessus, tu es d’accord
avec Stephen Krashen, ce n’est pas nécessaire de
parler dès le début ou d’essayer de parler dès le début.
Est-ce que c’est quelque chose que tu soutiens toujours
et à ce moment-là, à ton avis, combien de temps est
nécessaire avant de commencer à parler ?

[33min14] Moi, ce que je dis, c’est qu’il faut commencer


à parler quand on en a envie. Voilà. Donc, il n’est
pas nuisible de commencer à parler au début. Quand
je vivais au Japon, j’apprenais par moi-même. Mais
quand j’avais la possibilité d’utiliser mon japonais, je
l’utilisais. On ne doit pas forcer les gens à parler.

[33min40] Au début, on a très peu de choses à dire et


on ne comprend pas. Donc, si j’habite dans un pays où
la langue est parlée, je vais parler au début, chaque fois
que j’ai l’occasion. Mais s’il faut que je m’arrange avec
un tuteur sur Internet, 30 minutes, et je ne comprends
pas ce qu’elle dit et je n’ai pas de mot… Moi, je préfère
passer mon temps à développer ma compréhension et
mon vocabulaire.
[34min10] Et puis, arrivé à un moment donné, j’aurai
envie de parler parce qu’il y a un tas d’expressions dans
ma tête, un tas de mots. Je veux me lancer, je veux
m’exprimer. Et bien sûr, au début, c’est difficile, c’est
difficile, mais ça sera difficile à n’importe quel moment.
Parce qu’une fois, quand il faut activer tout ce qu’on a
appris, ça sera difficile. Mais plus haut est son niveau de
compréhension, plus on a de mots, d’outils, mieux ça
sera, donc plus on sera confiant. Et la confiance est très
importante. Donc je dis que ce n’est pas une question
d’interdire les gens de parler au début, mais ce n’est pas
nécessaire et je crois qu’il faut parler quand on en a
envie.

[34min58] Et dernière question. Moi, j’ai souvent parmi


mes élèves, surtout les élèves anglophones, des
personnes qui me disent que c’est assez difficile pour
elles de comprendre quand il faut utiliser le passé
composé ou l’imparfait. Mais, j’ai entendu dans une
interview que tu disais que pour toi, les temps en anglais
et les temps en français ne sont pas si différents, et je
suis assez d’accord avec toi. Mais comment tu
expliquerais ça à un anglophone ?

[35min21] Je dirais qu’il faut se faire des habitudes. Les


habitudes se font à travers l’écoute et la lecture. Il faut
savoir se rendre compte de ce qui se passe. Par
exemple, souvent, pour les langues comme le russe, je
vais souligner certaines expressions, certaines
structures pour aider mon cerveau à se rendre compte
de ce qui se passe dans la langue. Il y a certains, disons,
modèles qu’il faut essayer d’assimiler.

[35min55] Mais jamais pour le français ni pour l’anglais,


jamais je ne pense aux termes « passé composé », je
ne sais pas… Il y a un tas de termes pour les temps en
anglais que je ne connais même pas. Si on s’efforce de
penser : « est-ce que je dois utiliser ceci ou cela ? », on
n’arrive plus à s’exprimer.

[36min16] Donc, ça prend du temps, beaucoup,


beaucoup d’écoute, de lecture et même, il faut
beaucoup parler. Parce que quand on parle, on se rend
compte souvent de ses propres difficultés. C’est mon
expérience. Après une discussion, je me rends compte
de là où j’avais du mal. La prochaine fois que j’écoute
ou que je lis, je vais essayer de faire davantage attention
à ce genre de structures. Mais il faut… Et même si on
fait des fautes de temps, de subjonctif, ce n’est pas
grave. Finalement, l’important, c’est de prendre du
plaisir et dans l’écoute et la lecture, et aussi dans
l’expression. Si on prend du plaisir, on va continuer et si
on continue, on va s’améliorer petit à petit. Voilà, c’est
tout. Et sans trop se compliquer la tâche avec des
règles, je ne crois pas que ça aide.

[37min17] Super. Bon, je suis complètement d’accord


avec toi, je pense qu’on va finir sur cette note très
positive. Merci pour tous tes conseils, merci pour ton
temps, Steve.

[37min25] Et félicitations pour ce que tu fais, je crois que


c’est très important pour l’apprentissage non seulement
du français, mais pour toutes les langues. Ce genre de
contenu, c’est ce qu’il nous faut absolument. Merci
beaucoup.

Merci beaucoup, à bientôt.

À bientôt.

[37min40] Voilà, j’espère que cette interview avec Steve


Kaufmann vous a plu. Si vous voulez en apprendre un
peu plus sur Steve et sur sa méthode d’apprentissage
des langues, vous pourrez retrouver sa chaîne YouTube
et son podcast, etc. dans la description de cet épisode.
En tout cas, je pense qu’il y avait plein de choses
passionnantes dans ce que Steve a raconté et j’espère
que ça vous a motivé pour continuer votre
apprentissage du français. Avant de finir cet épisode,
comme promis, on va écouter un dernier témoignage,
celui de Victor.

[38min15] Bonjour Hugo, je suis Victor. Je vous salue


depuis la péninsule du Yucatan au Mexique. J’ai 49 ans
et je suis tombé amoureux de votre podcast. Je l’écoute
régulièrement dans ma voiture. Cela a beaucoup
amélioré ma compréhension orale et je crois que c’est
un exercice magnifique pour mon cerveau. Je veux dire
que si on va à la salle de sport pour entraîner nos
muscles, pourquoi ne pas faire la même chose pour
notre cerveau ?

Au début, j’écoutais les podcasts en lisant les


transcriptions, mais maintenant, je les écoute seulement
et je suis heureux de voir que près de 90 % de tout ce
que j’entends, je le comprends.

J’étudie à l’Alliance française de ma ville. Je dirai à tous


mes copains d’écouter les podcasts. Eh bien, votre fan
mexicain vous dit : « Au revoir ». Merci.

[39min18] Merci beaucoup, Victor, pour ton message.


Je suis complètement d’accord avec toi. Je pense qu’on
peut entraîner son cerveau de la même façon qu’on
entraîne ses muscles à la salle de sport. Victor, tu as fait
beaucoup de progrès parce que maintenant, tu n’as plus
besoin des transcriptions pour comprendre les
épisodes. Donc, bravo, tu peux être fier de toi. Je sais
que cette méthode fonctionne parce que je l’utilise moi-
même pour apprendre le polonais. Mais quand même, à
chaque fois que j’entends ce genre de témoignage, je
trouve ça extraordinaire. C’est super de voir tous les
progrès que vous faites grâce au podcast ! D’ailleurs,
merci d’en faire la promotion auprès de tes camarades
de l’Alliance française. Ça m’aide beaucoup et ça
permet d’agrandir la communauté InnerFrench.

[40min09] Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, on va


s’arrêter là. Et comme d’habitude, on se retrouve dans
deux semaines pour un nouvel épisode. À bientôt, ciao
!