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JOSEPH GIRARD

Conservateur Honoraire du Musée Calvel


et de la Bibliothèque d'Avignon

HISTOIRE
DU

MUSEE CAlY·ET

AVIGNON
IMPRIMERIE RULLlÈRE
HISTOIRE OU MUSEE CALVET

Le Musée Calvel et.l une institution unique en France. Créé


pour êlre un e bibliolh èque, il esl devenu égalem ent un musée d'art,
d'histoire et d'archéologie, un Museum d'histoire nafure.fle, un"e
œ uvre de charité et d'encouragement aux arts, le toul constituant
un seul élablissement, dirigé par une administration particulière
- 1' « Administration du Musée Calvel ». - et soumis à un règle~
m ent spécial.
Comment cet organisme est né, comment il s'eri formé el déve-
loppé depuis près de cent cinquante ans, commen t ses collections
ont été rassemblées et se sont enrichfes , c'est ce que nous avonJ
vOlllu étudier .dans les pages .qui suivent.

Les sou rces principales. de ce travail sont :

l ') l.é., Archives du Musée Calvet comprenanl les séries sui-


vanles : A. Délibérations de la Commission administrative. -
B. R egistres de correspondance. - C. Dossiers de correspondance.
- D. Dossiers administratifs. - E . Registres de comptabilité. -
F . Dossiers de comptabilité. - G. Propriétés urbaines el ruralet. -
H. à L. R egistres d'entrée et d'inventaire des collections (') .
2') De nombreux recueils de pièces réunis el reliés à diverse.'
époques et versés dans le fonds général de la bibliothèque (impri-
mé.< ou manuscrits) : m s. 1693-1694, 4' 998 (fondation du Musée
Calvet, procès de la Condamine), ms. 3154-3159 ( notes de Re-
quien), 45·29-4535 (notes diverses ), 5617-5628 (docllments sur Cal-
vel), 5629-5631 (Archives de l'ancienne bibliothèque de la Vil/e
d'Avignon avant sa réunion au Musée Calvet) , etc.
3') Letlres d'administrateurs ou de conservateurs du Musée
classées par Requien dans sa collection d'autographes (') ou dans
sa correspondance (') .

(1) Les documcnh de ces archives fl0t:t t cités dam les notes par leur leUre de
flérie, A.. B. C, etc., su ivie du nO d'ord re du volume ou du dossier,' Mention du
Musée OlI ve t sou s-ent endue.
(2) Citée en abrégé : Autogr. Requi en (Musée Calvet sous-entendu) .
(S) ~itée en abrégé : Correspond. Requien (Musée Calvet eous-entendu) .
-8-

4") Il a élé parfois fait élal des lraditions de l'élablissemenl el


des souvenirs personnels de l'auleur.
Les Archives Municipales d'Avignon el les Archives départe-
mentales de Vaucluse (série T ) onl peu fourni, les pièces qu'elles
possèdenl faisanl le plus souvenl double emploi avec celles des
Archives du Musée Calvel (') .

BIBLIOGRAPHIE - Les Documents divers SUT le Musée Calvet


(1" édil. en 1893 ; 2m , en 1934) renfermenl le lestamenl de Calvel,
le règlemenl el les avis du Conseil d'Elal relatifs au Musée Calvel,
des analY'ses avec ex/raits des leslamenls ou ac/es de donation
des bienfaileurs. - Les procés-verbaux des séances du Conseil
Municipal d'Avignon souvenl cités fonl l'objel d'une publicalion
officielle depuis 1884. - Dans les noies relalives aux collec/ions
ou œuvres du Musée, nous nous réfèrerons principalement à :
GIRARD (Joseph), Musée Calvet de la Ville d'Avignon, catalogue
illustré (titre abrégé: Catal. iUustré du Musée Ca lvet) , 1924, in-12.
- Les autres nombreuses publications ou monographies u1i1isé'es
seront mentionnées à leur place au cours de ce travail.

(4-) No us n 'indiquons la provenance df'!I doc uments que po ur ceux qui n'ap-
partienn ent pas au Mu sée Cal vel.
CHAPITRE PREMIER

ORIGINES DU MUSEE CALVET

l. - LES COLLECTIONS D'AVIGNON AVANT CALVET

1. - PROJETS DE ' BlBLIOTHEQUE PUBLIQUE AU XVlII""


SIECI.E.

Au XVIIlm. siècle, l'archevêque François-Maurice de Gonteri


(1705-1742) voulut fonder une bibliothèque publique à Avignon,
comme le firent à Carpentras l'évêque d'Inguimbert et à Aix le
marquis de Méjanes, A la mort de l'archidiacre Pertuis (') qui
laissait une riche bibliothèque, il en ach eta la plus grand e partie et
la réunit à la librairie du monastère-collège de Saint-Martial. Cet
ensemble devait ""nstituer le fonds primordial de la bibliothèque
publique, « mais, dit Cambis-Vell eron, ce proj et échoua, parce que
ce vertueux ,prélat épuisa, par ses charités immenses envers les
pauvres, les moyen s qu'il avait destinés pour cette fond ation » (').
Calvet dit de même que les livres recueillis par l'arch evêque Gonteri
« furent, en grande partie, vendus à sa mort pour payer les dêtes
que son zèle à secourir les pauvres luy avoit fait contracter » (' ).
Un peu plus tàrd, le marquis de Cambis-Velleron ('), qui avait
réuni une magnifique bibliothèque « se proposait, nous dit Barj.-
vel, de la donner à sa vill e natal e, sous la condition de la rendre

(l) Pierre Fran çois de Pertuis, archidiacre de l'égli se métropolitaine, gra nd-
vicaire ct o(·ficial -général de l 'égli se d'Avignon , décédé en 1720 ou 1722-23 (Aab<t-
nès-Chevil lier, Cama christla na novissima. Avig non, col. 1065) .
(2) Cambis- VeHeron , Cœtalogue raisonné des prin cipaux manuscrits de son 00-
binet, p. 74 et 580.
(3) Bibliothèque d'Avi g non, m s 2348 , fol. 366 vo .
Cl) Joseph-t1.oui s-Dominique de Cambis, marqui s de Velleron, né à Avignon
cn 1706 , mort dand la même ville en 1772, auteur d 'importants t.ravaux sur l 'his·
toire d 'Avig non, pour .ta plupart manuscrits (Barjavel , Dict. hisfor., biogr. et bi·
bliograph . du départ. de Vau cluse, t. l, p. 330) .
-10 -
publique, lorsque la mort le surprit, en 1772, et l'empêcha de
réa liser ce projet » (').
A la même époqu e, une préoccupation semblabl e animait déjà
le Dr Esprit Calvet. Mais la Révolution le devançant men a le proj et
à bonne fin en rassemblant les bibliothèqu es des établissements
ecclésiastiqu es supprimés et des ém igrés (') .

2. - LES ANCIENNES BlBLIOTHEQUES D'A VIGNON.

De la magnifiq ue bibliothèque pontificale con servée au som·


met de la Tour des Anges et que Benoit XIII avait transportée il
P euiscola, il n 'était resté à Avignon qu'un petit nombre de livres
qui furent donnés par le cardinal Julien de la Rovère au collège
du Roure qu 'il avait fondé, puis, en 1594, transférés à Rome. Seuls
six volumes oubliés finiront par àrriver au XIXme siècle de. diver-
ses manières à la Bibliothèque d'Avignon C).
A l'exemple du pape. les cardinaux avaient fo rmé des librai·
ries ; quelques-uns en firent bénéficier des institutions avignon-
naises et c'es t ainsi que des épaves nous en sont parvenues. D'autres
bibliothèques furen t fl orissantes au XIVm. siècl e. Mais par la suite
des t emps, plusieurs d'en tre elles disparurent ou furen t dilapi-
clées ('). Ce fut le cas de la bibliothèque de l'Univers ité fo ndée par
le cardinal Amé de Saluces ; elle fut vendue en 1578 pour parer au
déficit du budget universitaire. La bibliothèque du collège du Roure,
après le départ des manuscrits pontificaux, fut dispersée on ne
sait comment.
Parmi les bibliothèques qui avaient gardé leur importance, le
premier rang appart enait sans conteste à cell e des Célestins qui
passait pour conserver les livres de l' illustre J ean Gerson (') . Un
auteur du XVIIm. siècle, le P. Louis Jacob, dans son Traité des plus
belles biblioth èques la signalait comme « la plus splendide et l,
pl us entière de cette ville (d'Avignon) » (W).
La bibliothèque des Dominicains n'avait pas été si bien tenue
à jour ; mais eJl e avait conservé ses glorieux manuscrits anciens,

(') Ibid. , l'. 331.


(1) Pour l 'h istoire des ancie nnes bibliothèques d 'Avignon, voi r la magistrale
int rod uction placée par I{.abande en têt e du lome XXVII du Catalogue généra.! de8
bibliothèques publiq uf.~ de France .. Départements.
ma n uscrit.~ de~
(') 'L.h.nde, op. cit. , p. 1lI.
(II) Traité des plus belles bibliothèques publiques et particuUère$, par le P.
Louis Jacob , religieux carme , 1644 , p. 608-611.
(9) Labande (op. ci t. , p. XXVI), cite une le ltr€ datée de 1428 par laquelle le
rameux théologien manifestait sa volonh: de laisser ses livres aux Célestins d 'Avi-
gnon ; ma is il pense que Iii' projet m anifesté dans cette lettre fi 'est resté qu'à
l'éta t d'intent ion; car, parmi Je6 Iivre8 des Célestins qui nou s ont été conservés,
il n'a pu en distinguer aucun susceptible d'être attribué avec cf' rliluct e à la biblio-
thèqu e de Jea n Gerson.
("1 P. 611 ·612.
-11-

notamment la première partie de la Somme de Saint Thomas don-


née par le pape J ean XXII (U)., le Sane/oral de Bernard Gui (D) et
les livres que lui avait légués le cardinal de Poitiers.
Les Bén édic tins cru monastère-coll ège de Saini-Martial avaient
aussi une belle bibliothèque riche en manuscrits anciens installée
dans le clocher du couvent (11). -De même. un autre établissement
universitaire, le collège d'Annecy, nous a laissé quelques livres,
notamment un Breviarium juris, œuvre du célèbre cardinal de
Brogny, son fondateur, qui lui avait légué sa bibliothèque (").
Le chapitre métropolitain avait recueilli au XIV'" siècle de
précieux ouvrages; il avait été favorisé des dons du pape .Jean XXII
(") et de l'évêque Gill es de Bellemère. Au XVIm. siècle, le cardinal
Georges d'Armagnac, archevêque et colégat d'Avignon, lui légua
les livres de sa chapelle ce) . Tous ces volumes se retrouvent main·
tenant à la bibliothèque d'Avignon.
Les bibliothèques que nous venons de citer étaient surtout
riches en manuscrits ancien s et en livres de théologie. Plus moder-
nes et plus éclectiques étaient celle des J ésuites ("), - dispersée
après leur expulsion en 1768, - et celle des Capucins qui était,
a dit 'Calvet. ce qu'il y avait « de plus choisi depuis la dispersion de.
Jésuites > ("). En dehors d'Avignon, il y avait en core deux biblio-
thèques notables, celle de la chartreuse d e Bonpas, près de Cau-
mont (") et cel,le des Célestins de Gentilly, à Sorgues (~) ; mais
Ce n'est qu'au XIX'" siècle et par achat que qu elques manuscrits
de la riche bibliothèqu e des Chartreux de Villeneuve entreront au
Musée Calvet (n).

Dans d'autres villes, les bibliothèques municipales ont recueilli


nombre de livres d 'émigrés. Il n'en a pas été de même à Avignon,
où il semble que les grandes familles, à part de ra res exceptions, ne
se sont j a mais di stinguées particulièrement par leur amour des
livres. Au moment de la Révolution, les bibliothèques de François-
Balthazar de Merles, seigneur de Beauchamp (D) , du marquis de
Pérossis (D), du marquis de Calvière (M), de Joseph-Louis-Domini-

( 11 ) .Ms. 2~1 d e la Bibliothèque d'Avignon .


(12) Ms. 296.297.
(13) Voir dans le prix.rait publié par Laband~ . loc . cU. , p. XLVn. ·les indica.
tions données pour la construction de la librairie.
(1"') Pansier . Hisf. du 'ivre et '.'imprimerie .à, Avig no n du XIVe au XVIe S . ,
lam e 1er, p. 58-59.
(1.5) Qui lui donna un Pontifical rom~in pOllf .In rhapelle ponlilirall'! (nO 203
de la Bibl. d'Avignon).
(U) Ms. 145 à 172.
(11) Le P. louis Jacob , op. cH., p. 611.
(18) Ci té par Laband e, loc. dL , p. LXXXV.
( 19) Sur III ri ve droi te de la Dnrancc, à 9 kms d'Avignon .
(20) Sorgucs-sur-l'Ouvèze. à 12 kms. d'Avig non , sur la route Nationale nO 7.
(21) Labnnde , op. cil. . p. XLII , el ci-dessous chap. IV , S 5.
(22) Cata logue imprimé 1t Avignon , chez F.-S. Offray, 1702'. in-12 , 123 p.
(2;3) Td .. chez J.-J. Ni el et A. Aubanel , 1774, in-12.
( 24 ) M. r.hez MlorAnd f' 1'1 Dl1hié , 1778. in· go. 1"'6 p .
- 12 -

que de Cambis, marquis de Velleron, étaien t depuis longtemps


dispersées.
Celle de Cam bis-Velleron (1706-1772 ) que son fond ateur, on
s'cn souvient, aurait voulu rendre publique, était la plus impor-
tante et la mieux composée . Elle comprenait une bell e collection
lte manuscrits (") , dont une partie s·c trouve maintenant à la
Bibliothèque Nationale dc Madrid ("), tandis que d'autres son t
entrés au XIX'" siècle à la Bibliothèque du Musée Calvet qui a pu
recueillir la plupart des œuvres personnelles du Marquis (n), ain si
que les riches archives de sa maison (U) .
Après celle de Cambis-Velleron, la plus notable bibliothèque
avignonnai se était celle de Joseph de Seytres, marquis de Caumont,
correspond an t de l' Académie des Inscriptions et BerIes-LeUres
(1688-1745) (") . Elle avait été conservée par son fil s « l'émigré Sey-
t res"Caumont », ch ez qui ell e fut confisquée (M) . Chez les au tres
ém igrés, on n e trouva qu e trois bibliotbèques modestes et quelques
volumes dispersés (n). On y a dj oindra les livres d'un suisse nommé
Polier qui s'était fixé dans une propriété du Pontet (n ) , non loin
d'Avignon, oi. il fut assassiné 1" 21 pluviôse an III (a ) ; ces livres
sont reconnaissables à J'emblème révolutionnaire, un glaive su r-
monté d'un bonnet phrygien , poussé sur les plats de la reliure (M).

3. - LES COLLECTIONS D'ART

Nous ne sommes pas aussi bien ren.seignés sur les colleotions


d'art et de curiosité que sur les bibliothèques.
Quelques auteurs du XVIIm, siècle ont publié des li stes de
« cu rieux » de leur époque. L'une d'elles, publiée par Edmond
'Bonnaffé, donne les noms ,g,uiv.an t.s pour Avignon :
« Rus tani, marchand de soye, médailles ; - Thevenon,
stampes, t ableaux; - Ribaire, pétrifications ; - Valsinède, stam-
pes ».
Un autre auteur cite ,parmi les « cabinets curieux » à Avignon.
ceux « d" Mr T est acy, de Mr de S. Remé, de Mr Ribere ou Ribenc,

e
ll
) Ca lalog ue ra isonn é des principaux man uscrits du cabinet de M. Joseph-

Louis- Domi nifl ue de Cnm bis, m arq u-ü de l'r. Ueron , A\'i::m nn , Louis Chambcau,
1770, in-4°,
(26) G. de Manl eyer, La Marche rie Provence ju.squ'aux partages et l'év2ché
d'A1Ji!1non jll !<f/lL'à la comm une; inlrod'uction. J90] -1939, p. 139.
1
( ) M". 2776-2781. notnmment s,cs A nnales d e ln Ville d.'Avigno n.
( 28 ) M ~ . 3340-3552 _
( 9 ) Barja\'cJ, Die !. , H, p. 407-408_
(3 0) R<l pporl. ne l'<l gf' nt nationa l Bruny en J'an In publié par Labande, op. cil.,
p. J.XXIV.
(" ) Ibirl. p. LXXJJ1.
(3 2) Snr ln ronte nat.ion<ll e nO 7 , à 4 km s d'Avig non .
(U) Sur J'a(faire Poli cr, voir Charpenn c, Les Grands épisode.s de la Révo lution
da n.~ A vignon el le Comtat , t. III , p. 229 et ~uÎ\' .
(") 8' 18.897, 4' 10.367 , dc.
-13-

médecin, de Mr Henry le Beau, de Mr Desanobis, du sieur Giles


Barre, chirurgien italien, et de Mr Gonis, advocat ».
Enfin un troisième mentionne les « cabinets de curiosités et
d'antiquités » de : « Mr Beyrede, tableaux et médailles ; - Mr
Grégo;re, orfèvre, médailles antiques » (" ') .
A ces noms, il faut ajouter, d'après Barjavel, celui de Françoi'S-
Balthazar de Merles, collectionneur de livres, de médailles, de
tableaux et correspondant de Cassini.
Le marquis de Caumont, correspondant de l'Académie des
Inscriptions, dont nous avons déjà men tionné la bibliothèque, était
au premier rang des collectionneurs du XVIII'" siècle. « Amateur
éclairé ·de l'archéologie et de l'his toire naturelle, dit Barjavel, il
avait formé une .collec tion curieuse d'antiquités. de livre s rares et
à'insecles » (MC).
Le marquis de ·Calvière, ami et correspondant de Calvet, col-
lectionnait les livres, les tableaux, les monnaies, - son médaillier
était fort important, - et les curiosités d'histoire nabureLle (" d).
Lady Invernes's, femme de lord Inverness, qui avait suivi ~
Avignon le prétendant Stuart et y était resté, possédait un riche
méd-aillier qui lui venait en Partie de Jacques III Stuart et qui
sera acquis plus tard par Calvet.
Au XVlIIm. siècle, en dehors des « curieux » dans la tradition.
du siècle précédent, comme Calvet, uniquement attachés à la re-
cherche des antiquités, des monnaies et des objets d'histoire natu-
relle, il se rencontrait que lques amateurs de peinture, t els que le
marquis de C"lvière, J ean-Joseph de Silfredy de Mornas (" e), le
marquis de Pérussis, le marquis de Donis.
La collectiou du marquis de Pérussis fut achetée en grande
partie par un Mr Armand dont pa rl e Calvière dans une leUre à
Calvet du 6 avril 1774 : « Le nouvel acquéreur de la maison de
feu Mr de Monréal s'est fort bien e t fort grandement logé ? Il 3
même aquis ' (s ic ) chès feu Mr de P éruss is quantité d'assès bons
tableaux qui pouront concourir à faire un e collection .... (" f).
Les Donis, d'origine italienne, établis à Avignon à la fin au
XVrue siècle, avaient une c()llection d-e tapisseries el de tableaux
parmi lesquels se trouvaient les portraits de deux membres de
cette famille .peints par Raphaël qui seront ramenés en Italie au
XIXm. siècle sans qu'on ait ·s u ou pu les retenir à Avignon (" g) .
Les amaleurs que nous venons de mentionner éltaienl des
grands seigne urs qui recherchaient les tableaux, avant tout pour
meubler leurs vastes hôtels. Tout autre était le médecin Sauvan,

(U b) Edmond Bonnaffé , Les Collec tion neu.rs de l'a ncienne l"rance, 1873, in-12.
p. 94. - Pierre Borel , Les Antiquitez , rurelez". de la ville et comté de Castres,
1649. in-12 , p. 124. - .1. Spon , Re cherche 'des antiquités et cu riosités de la ville
de Lyo n , édit. de 1858, IP. 255 ; l 'ou vrage orig inal es t de 1673.
e" c) Barjavcl, Dict., t. 11 , p. 123 et 401.
(34 d) Voir sa correspondance avec C.1 h'cl (Ms. 2356).
(34 e) ~f s . 1522 (Notes de Véras) .
(" Il Ms . 2356, fol. 146.
(3.\ g) Voir ci . après Ghap . III. S 13 'el noles 205b.206.
-14-

modeste bourgeois, qui n'était vraiment inspiré que par l'amour


de l'art ; c'était le vrai cohlectionneur. Il recherch:ait les tableaux
des écoles flamande et hollandaise et en avait réuni plus de 80 .
Aucune de ces collections n'est entrée au Musée d'Avignon
par l'elTet des mesures législatives révolutionnaires . Seule, celle de
Sauvan, y est venne en 1827, mais par un achat des adminis-
tr.ateurs ("i) .
Les égli'scs et les couvents possédaient de nombreux tableaux
représentant des scènes religieus es, réunis pour meubler les murs
ou ·dans un but d'édification, sans constituer à proprement parler
des coll'e ctions d'art. Ils furent tous com.pris dans les confisca-
tions de 1792.

4. - LE MUSEUM ET DEPOT LITTERAIRE PUIS BIBLIOTHE-


QUE D'A VIGNON .

Les livres rassemblés furent groupés dans trois édifices dif-


férents, le Petit Palais ou ancien archevêché, le couvent des Céles-
tins et -l'hôtel de Seytres-Caumont (U). Les tableaux pris dans les
. églises ou les couvents furen t centralisés à l'Arch evêché ; on en
compta 836 (~). D'après l'agent na tional Bruny qui en fit rapport
en l'an 11[. ce rassemb1ement fut un « vrai chaos » -et bien des
œuvres sourirent du « vandalisme • . Il Y eut des dilapidations et
des ventes malencontreuses.
Le 3 pluviôse an III, l'ex-chanoine Meynet fut nommé conser-
va teur du « Museum et dépôt littéraire» qu'on allait organiser (").

On fit un tri des tableaux. 77 seulement furent jugés dignes


d'être conservés ; Meynet en publia le catalogue en l'an X (~) ; ils
étaient tous à sujets religieux et de très grandes dimen sions. Le,
autres furent réservés pour des ventes qui eurent lieu en J'an V,

(34 i) Voir ci-après Chap. n, s 7 el llol.es 10"2·103.


el!) Rue Violette, 5 (actuellement caserne de 'g endarmerie) .
(31\) Orig i n es du Musée "d' Avignon , par 'L. Duhamel, dan6 le Compte rendu de
la réunion des Sociétés des Beaux.Arts des départements. 1889, p. 657. Getle bro-
chure a été mi se à contribution pour la suite de ce chapitre.
(S1) André-Joseph -Vinccnt i\feyn et éta it né à Avignon en 1759. Il avait été
bénMicier de Sa int-Pierre , chanoin e coadjuteur de Saint·Agricol , c uré consti tution-
nel de Saint-Didier. Etal)t bénéfi cier de Saint-Piel're, il avait écrit il Gall'ct, le
14 décernOrr. 1715, :pollr lui demander d e lui « faire tenir une attestation pour
pom'oi r m'absenter de matines et annive rsa ires pro m en.se à rai son d'un rhume
qn(~ j'ai gardé et que j'ai encore qu'on nomme vulgairement la grippe: ce qui
m 'u occasionné UIl t! !l'ès grande inflammation , que prcsql!e loul mon visagc est
~ IJ croùte ... li (Ms. 3050, fol. 501) .
(38) Notice historique des tablellu.:t 'lu i se trouvent au Mu sé.e d'Avig non . .. par
le. cito;ven A/eyneL.-. Avignon , J. -J . Niel, (I n X, io-12°, 181 p . Ge catalogue m en-
tionne 3 Simon de Châlons, ] GuiUanme Grève , 6 Reinau d Lc\'ieux, 24 Nicolas
Mignanl, 4 Pierre Mignard, 23 Pierre Parrocel, 2 Joseph ParroceJ, 1 aulre Par·
ro('el , 2 S<lllVan , 1 Vi ~ n , l Tre\'isani , 9 inconnu :;.
-10-
en l'an IX et même en 1808 ("). Alphonse H.astoul qui avait des
souvenirs de cette époque écrivait en 1836 dans s,on Tableau d'Avi-
gnon (") : « Il faudrait un volume entier pour dénombrer tout
ce que notre pays a perdu à l'époque de la H.évolution ; pendant
près de vingt années successives, les marchands de tableaux et
d'objets d'art ont pu faire à Avignon des opérations excellentes » .
On avait décidé que les tableaux conservés, ainsi que les livres,
seraient Iransférés dans l'immeuble national de Sainl-Martial. Mais
celui-ci était dans un délabrement tel que la majeure partie n'avait
« point de couvert » . La ville, à qui le gouvernement demandait de
se charger des réparations, s'y refusait, alléguant par l'organe de
son maire Guillaume Puy, qu'elle n'était pas « propriétaire de ce
musée C'esl alors que l'Etat céda à la ville d'Avignon la jouis-
sance de l'ancien couvent de Saint-Martial et des collections,
à charge de faire tous les frais nécessaires ("). De nationaux, le
Musée et la Bibliothèque d'Avignon devinrent dès lors municipaux.

Peu ap.rès, Meynet mourut (" ) et fut remplacé par l'ex-chanui-


ne Calvet, petit parent du futur fondateur du Musée (U). Ce fut
celui-ci qui opéra le transfert des livres et des tableaux à Saint·
Martial. Il organisa la bibliothèque, la classa, l'ouvrit au public
en 1806 et en termina le catalogue en 1812. D'.a près un relevé dressé
alors, elle comprenait 619 manuscrits et 25.832 imprimés dont pa3
moins de 13.250 rien que pour la théologie.
L'établissement du catalogue avait permis de m e ttre de côté
un grand nombre de doubles dont plus de 6.000 furent llittribués
à d'autres établissements, bibliothèque de l'Ecole centrale à Car-
pentras, Lycée et Séminaire d'Avignon. D'autres doubles furent
utiHsés pour des échanges qui permirent de. faire entrer quelques
livres modernes ; Je ministère de l'Intérieur ftt aussi des envbis.
Malgré ces quelques nouveautés, la Bibliothèque, formée de
vieux fonds ecclésiastiques, conserva son aspect vétuste. « C'élait,
dit Rastoul, quelque chose de bien pauvre et de bien borné que cel
RjlI1as . bizarre de poudreux in- folio , qui remplissaient trois ou
quatre salles de l'ancien couvent des Bénédictins, à Saint-Martial.
« Dans ces mêmes salles avaient lieu les séances de l'Athénée
de Vaucluse, et je me souviens d'avoir vu dans mon enfance. avec
une respectueuse émotion, le tapis vert qui recouvrait le bureau
de l'Athénée. Sur Ce tapis, était brodée en lettres jaunes, la devise
de la socIété, dont la triple spécialité embrassait les muses, le>
arts et l'agriculture : J.l1usis, artibuf.! arvis » (") .
Les tableaux du Musée Municipal avaient été eux aussi trans.

(ail) Duhamel, op. cil., p. 23 Ju tirage il parI.


(") P. 300.
('t! ) En plu"iôse an XlI (jamicr 1804), Ouhamel, p. 22.
(42) Le 15 ve ntôse an XII (6 mars 1804).
(4.3 ) André-GuHlaume Calvel, né à Avignon le 24 avril 1759. Sa nomination
pOI'~e la date du 15 Germinal an XII (4 avril 1804). Voir J . Girard, Bibliothèque
dll Musée Calvel. Catalogue des ouvrage~ concernant Avignon. t. 1er, p. JII, note 4.
CH) Ra sloul , Tableau d ' Avignon, p. 301.
-16-

férés à Saint-Ma rti a l et exposés dans la chapell e, m ais, en 1810, le


p réfe t, jugeant que ce local était t ro p hu mide et malsain pour les
peintu res, fit retirer cell es qu' il jugeait les meill eures et ,l es distribua
entre l'Hôtel de ville, l'Athénée et la chapell e des Insen sés. Quel-
ques années après, la Restauration mit fi n à la cou rte exis tence
de cette galerie; en effet, en 1816, tous les tabl eaux furen t r estitués
au x Eglises (") .

Il .- ESPRIT CALVET

5. - VIE D'ESPRIT CALVET ,

La vie d'Esprit Ca lvet a été écrite plusieurs fois, par lui-m ême
d'abord (~) , p uis en 1825 p ar J .-X.-B. Guérin (" ) qui fut le second
conserva teu r du Musée Calvet, en 1828 pa r J au lIret (U), bibliothé-
caire de Ma rseill e, en 1891 , par L.-H . Labande (" ), septième conse r-
va teur du Mu sée Calvet ; et enfin en 1911 (~ ), à l'occasion du cente-
naire de sa mort. Nous nous borneron s donc à rés umer les données
fou rni es par cette copieu se bibliographie.
Espri t-Cl aude-Fra nçois Ca lvet naquit à Avignon , le 24 novem-
bre 1728, d'un e vieill e famille fixée da ns cette vine depuis le XVm,
siècle (").
Il Y fit toutes ses études, <l'abord au Collège des Jésuites, puis
à la F aculté de médecin e qui j etait alors ses derniers feu x avec Î e
brilI ant professeur J ean-Baptiste Gas taldy. C'es t dan s cette Faculté
qu' il prit tou s ses grades, baccalauréat, licence, doctorat et même
l'ag régation qui ét ai t « fo rt au-dessus d u simpl'e doctorat ». Il a lIa
cepend ant cûm pléter sa form ation médicale à Montpe llier, puis il
Paris. Il revint ensuite s'établir dans la vieill e ma ison familiale de
la rue Pugell e (appelée plu s t ard ru e Calvet ) (~) .
Ses contem porains se sont p1u à reconnaître ses qualités pro-
Cessionnell es . Peu de temps après son retou r, il fut nommé pro-
fe sseur d'ana tomi e à la Faculté de médecine ; le succès de ses
leçons lui valut, en 1756, la ch aire de pre mier professeur de méde-

(45) Du hamel, loc. cH., p. 25-26.


CU) Vie de "auteur, au tOlll e VI de ses Œuvres manuscrites (Ms. 2349).
(4.1 )
Vie d'Esprit Calvet, Avignon , Seguin , 1825 , in -12°.
(48) l' 'olice sur la vie et les OtWragis d 'Esprit,C/(Jud e.Prançois Calvel, dans le
C()Il .~ervateur Marse i/.luÎs, t. 1er , 1828.
(49 ) ESJJrit Cell vet et le XII I/le s. à Ilt.'ig non, dans Mém . Académie Vauoluse,
l. X, 189l.
(~ 1I) Mém. Acud . Vaucluse, 2c série . t. XI, 1911 . Outre le comp te -l'c ndu d' un e
p ublique dl! l'Académi e Je Vaucl use Icnuc le 14 ma i 1911 en l 'ho nneur d e
ec volume conlien l les mémoires sui va nts : Calve t ct l'A cadémie de Vau.·
par A. Brun ; 1...'Œ.:ttv re <l'Espr:t Calve l, pHr J. Girar·d ; Ca~vet et les mo -
num ents antiques d'A vignon, pa r Bug. Dnprat.
(.JI) Laua nde , foc. ci !., p. 252-253 .
(52) Ce lte m aison , ainsi (lue les imHlc ubl l!'$ voisin s, li ~ lê J~moli t! il y a quel.
ques a n n~ !l.
l. -- A r.:C IE N AS I'H.: 'L' nu Vl\STIIIULE
IlE L'IlOTE!. lH~ V,LI.I;;Nl::V V'1!
-Iï-

cine, puis le titre de médecin en chef des hôpitaux de Sainte-


Marthe et de Saint-Bénézet (A).
Mais il ne se lai ssait pas absorber ·p ar son métier et sa curio-
sité était universelle. Il s'intéressait à la médecine et à l'histoire
naturelle (M), comme à la philosophie et à la poésie. La diversité
de ses trava ux apparait par les six gros volumes de ses Œuvres
conlplètes tran scrites de sa main d'une écriture menue el pr essée.
en doubl e exemplai re, l'un conservé dans sa bibliothèque, l'autre
confié par cet homm e précautionneux et défiant à un autre dépô~
public, la Bibliothèque de Marseille (R). Mais il n'a publié qu'm,
opuscule, un e Dissertation sur un monum ent singulier des utri-
culaires de CavaU/on (M) , imprimée en 1766 après avoir ét é lue à
l'Académie des Inscri ptions et Belles-Lettres et qui fut traduite
ensuite en latin par un profeSlSeur de Leipzig (''').
De bonne heure il s'était a ttaché à recueillir les rnonnaie5
anciennes ; à sa mort il en possédait 12.000 dont un grand nom-
bre de pièces d'or. Ses cabinets d'antiquités et d'hi~toire naturelle
s'étaient formés en m ême temps. Le premier était riche en poteries,
en verres, en petits bronzes ; il renfermait aussi quelques insc rip-
tions sur pierre ou su r marbre et même deux grandes statues dont
il fera mention d'ans son testament el
qui, selon lui, auraient fait
« partie du tombeau "d'Adrien à Rome ». Ses cabinets acquirent
vite un gran d renom et aucun étranger de marque ne passait par
Avignon sans lui rendre visite. Millin, dans son Voyage daM les
d'épartements du Midi de la France, raconte en ces termes celle
qu' i! lui fit : « M. Calvel... est à la fois savant naturaliste et savant
anHquaire ... Son âge avancé et ses infirmités sont souvent un
obstaole au désir qu'on aurait de voir sa collection et le r endent
peu accessible . J e ne puis qu e me louer de ses bontés et de son
gracieux accueil.. . • (") .
Son immense correspondance fit aussi beaucoup pour sa répu-
tation scientifique. Nous n'avo ns qu'une faibl e partie de ses lettres;
quelques-unes adressées au comte de Caylus ont é té imprimées dans
un recueil d e-s Lettres inédites d'Henri IV el de plusieurs person-
nages célèbres (M) ; d'autres, adressées au Marquis de Cambis-Vel-

(53) Girarll , L'Œu_v re d'Esprit Calvel, dans Mém. Acad. ValtCluse, 1911, p.
1G4-167. .
(5") J. Girard, Esprit Calve t naturalisle, dans ·le Bu!l. de la Soc. d.'étudte des
sciences naturelles de Vau oluse, 1935.
(") Ms. 2338 à 2369 de la Bibl. d'Avig non et M,. 1504 -à 1509 de la Bibl. de
Marseille.
(56) DisserlaUon sur un monttment singu.lier des utriculaires de Cavaillon, où
l'O r! édlai rcit u n point intéressant de la navigaHon des Ancien..s, par M. Calvct,
premier professeur en médecine dans l'Université d'Avignon, correspondant de
J'Académie royale des Ios<:riptions et 'Belles-Lettres. Avi.gnon. J . Niel ; Paris,
Desaint , 1766. in ·go, 60 p.
(;; 6 b) Pendant Je premier <l.emi-siècle du l\!usée, il sera question à plusieuf6
repri SC5 de faire imprimer les Œuvrt.'S de .Calvel. Mais chaque rois, les fonds des-
li~-és à cette publication devront èlre a!.fectés à une dépense plus u rgente, jusqu'au
jour où le proJet devenu inactuel sera abandonné.
) Girard, Loc. cit., p. 168-171.
1
(
(.58) Publiées par A. Sérieys, Paris, Tardieu, nn X-IS02, in-S o.
-18-

leron et au président de Vérone (~) , ont pn être recueillies par le


Musée Calvel. Par contre, celles de ses correspondants soigneuse-
ment conservées et classées par lui forment à'ix·sept volumes
reliés et plusieurs dossiers ; ell es émanent des savants les plus
notables de son temps, le comte de Caylus, Lebeau, secrétaire de
l'Académie des Inscriptions, le président de Vérone, le président
Séguier, de Nîmes, le président de Saint-Vinecns, d' Aix, l'helléniste
Ansse de Villoison, d'Ennery, l'abbé Barthélémy, Marielle, le mar-
quis de Calvière, etc. Grâce à l'appui du comte de Caylus et de
l'abbé Barthélémy, il fut nommé correspondant de l 'Académie
des Inscriptions (~ ).
C'est dès l'âge de quinze ans, a-t-il dit, qu'il avait formé le pro-
jet d'une bibliothèque. Celle qu 'il réunit comptait 1382 ouvrages en
1791. Elle n'abondait ni en raretés bibliographiques, ni en reliures
de luxe, et se composait presque exclusivement d'exce!.lents livres
de travail , en ' exemplaires uniformément recouverts, sauf quelques
pièces exceptionnelles, de veau raciné i> tranches dorées ou rouges .
Il n'a eu ni fer de reliure ni ex· lib ris gravé. Mais chacun de ses
livres porte sur la feuille de garde du titre un numéro d'ordre de
son écriture, correspondant à un ca(frlogue qu'il avait pris plaisir
à rédiger lui·même. « Croiri'Cz-vous, écrivait-il à un ami, que je suis
tendrement attaché à cette collection ; elle n'es t pas nombreuse,
mais elle est choisie ; j'y trouve toujours les lum'ères dont j'ai
besoin, quelle matière que j'entreprenne de discuter ou même d'ap-
profondir •. (").

6. - LES BIENS DE CALVET.

Comment ce vieillard paisible, de vie si réglée, t rès atlaché du


reste aux institutions établies, aurait-il pu supporter les change-
ments révolutionnaires ? Il s'enfuit à Marseille et y vécut retiré
pendant près de trois ans. Rentré à Avignon en juillet 1793, il subit
le désagrément d'une dé tention de quatre mois pour « incivisme
et craignit un moment la confiscation de son médaillier.
Rendu à la liberté pour soigner les sol<lats malades, il reprit
ses occupations et put enfin remetlre ordre à ses affaires (C).
Au début de la Révolution, il s'était vu à peu près ruiné, ne
pouvant loucher ni s'cs fermages, ni ses pensions sur les commu-
nautés, ce qui était ,le plus clai r de son revenu . « Je me vis, assure-
l-il, au moment de manquer de .tout • . Mais, après son retour à la
vie calme, des restitutions spontanées, l'inscription de ses droits
sur le Grand Livre de la Dette publique, l'heureuse acquisition de
quelques pièces de t erre près d'Avignon et de Cavaillon, une stricte

(") Ms. 3472 et 4447.


(") Ms. 2350 à 2~9. 3050, 5618.
(61) .1. Girard. Les vrais bibli.ophiles. II. Calvet et Requien, dans Les Trésors
des biblioth èques de Pranee, t. XIV, 1931, p. 72-87.
(62) Girard. L'Œuvre d'Esprit Calvel, p. 186. 193" .
-19-

économie qui, dit-il , le faisait taxer d'ava rice, réparèrent en grande


partie « ce dérangemen t » .
Les t erres que Calvet avait achetées p rès de Cavaillon con sti-
tu aient le domaine de 1a Con damine, ancienne propriété des évêqu es
de Cavaillon, acqui se comme bien n ation al par le révolutionnaire
avignon nfais Minvielle. Les créanci ers de la veuve Minvielle et de
son fil s la firent vend re en 1804 et c'est alors qu'elle flit ach et ée
par Ca lvet au prix de 55 .000 fr s. Elle mesur:i.it 3'5 salmées 1 éminée,
soit près de 2,2 hecta res (U).
Ce domaine, avec I·es quelques terres ache tées près d'Avignon.
produisait environ 8.400 frs d e revenu . Calvet possédait en out re
quelqu es petites rentes que nous précis-erons en p arlaIlJt de la liqui-
dation de sa succession. De plus. cet h omnlc avisé et qui ava it
con nu des t.em ps -difficil es conserva it c hez lui une réserve d e pièces
d'or ou d'a rgent qui sera estimée, à son décès , à un p eu plu s de
17.000 frs, soit à deux années de son revenu et à 3 millions de notre
monnaie (M) .

_7 - SES TESTAMEN TS .

Mais où en était le grand proj et qu 'il avait formé bien ava nt


qu 'i l y eut une bibliothèque m unicipa le?' Ses déboires de l-a pério de
révolutionnaire ne l'avaient pas fait y renoncer. « Il est just e, disait-
il, que j e rende au public ce qu' il m'a donné » . Son premi e-r testa-
ment da tait de 1771 ; il le refit en 1785, en 1788, en 1790, puis,
à partir de 1804, tou s les ans. Dan s ch acun de ses textes, il expri-
mait sa volonté de laisser sa bibliothèqu e à sa ville n atale, en
insist ant touj ours de plu s en p lus su r les précautions à prendre
pour assurer J'autonomie e t la pérennité de son œ uvre C"). Il
considérait notamment comme indispensabl e de c ne confier le
poste de bibliothécaire ... qu'à des gens de lettres non mariés et à
destituer les pourvu s s'il s se ~a ri ent » .

Son dernier testament o lographe porte la date du 10 j anvier


1810. Couronnement d'une longue élaboration et de multiples essais,
c'est un cbef d'œuv re d'organisation prévoyante et minutieuse.
« J e lègue, stipu le-t-il, laisse el donne à cette dite ville d'Avi-
gnon ma bibliothèque pour la rendre publiqu e avec ses m anu s-
crits .... sous lia condition expresse que les livres et man:u scrits de
ma coll ec tion n e seront... jamais eon fondus et mêlés avec ceux
de la bibliothèqu e établie par le Gouvernement...
« Ma bibliothèque sera organisée en d étail par huit citoyen,;
gens de lettres, parmi lesquels seront constamment admis m es
exécuteurs t estamentaires et leurs successeurs, tandis qu e le Con,;eil
de ville désignera les cinq autres • .

(. 3) Recueil sut' la Co nda mi ne (40 998).


(U ) Gi rard, L'Πuvre d 'Esp rit Calvet , p. 198.
(" ~ ) Voir le rec ueil des di vers testaments de Calvet da ns le Ms. 5628.
- !!o -

,Calvet annexait à sa bibliothèque ses c'abin ets de médailles,


ses « monum_ents antiques et modernes ~ , sa coHection d'histoire
natu relle. Il la dotait en outre de la presque totalité de ses biens,
sans toutefois, insistait-il, « que la ville puisse s'appoprier aucun
de mes fonds ou r;ev\enus ni par emprunt ni autrement dan!'Ô
aucun cas » ; et comme il se souvenait de la failEte des rentes sur
les communes et de la débâcle des assignats, il stipulait encore que
« l'argen t comptan t. .. devait être placé en t erres ... et jamais en
capitaux à constitution de rente, Ce que j'interdis pour toujours h .
Pour recevoi r sa bibliothèque, Calvet demandait à la ville de
« fournir sans frais » un imm euble, tel qu'un couvent, où loge-
raient « le di recteur ou bibliothécaire » et les gens de service,
mais, ajoutait ce contempteur du mariage, « il n'y logera point de
femmes • . Quant à sa ma ison de la rue Pugene, ene serai.! vendu e,
ainsi que son mobilier, et l'argent placé en « terres labourables de
ce terroir, sans bâtiments ».
Calvet léguait ensuite une rente de 240 livres par an au j a rdin
botanique, conseillait de « décerner solennellem ent des distinc-
tions honorifiques aux donateu rs :t , recommandait de fourni r « san:l
abus de l'encre et du papier aux lecteurs connus qui feront des
extraits de livres » et désignait « pou r montrer les cabinets les
jours d'entrée, M. Joseph-Bénezet-Xavier Guérin, docteur en méde-
cine et professeu r de botaniq ue, ou M. J ean-Joseph-François Cos·
taing » dont l'honoraire serait assigné et payé pa r la vil·le.
J e n'aurai garde d'oublier de rappeler ses fondations particu-
lières : pension perpétuelle de 720 frs par an à la personne la plu 3
âgée de la ville, pension de 200 frs pendant six ans à un cultiva-
teu r à journées le plus chargé d'enfants ; don annuel de deux
couvertures il des indigents pendant vingt ans ; prix biennal de
dessin de cent francs. Ce n'est pas un des caractères les moin5
originaux de l'établissement créé par Calvet que cette mission de
bienfaisance et d'encouragemen t aux ar ts qu'il a reçue de son fon-
dat"ur (~ ).

'Calvet mourut le 25 juillet ]810, à l'âge de 82 ans, et fut selo n


sa volonté inhuni.é dans le ci metière qui existai t alors sur le Roche :'
des Doms. Il fut mis en t erre, selon son désir, dans un simpl e
sac, « sans caisse ni tombeau » (fI).

(66) Vojr le lexie du dernier Lestament de Calve L ùuns Docu.ments divers, 2e éd . ,


p. ]·27.
(f1) A. Brun , Calvet et l'A cadémie de Vau clu.se , dans M ém. de l'A call. de Vau.
cluse , 1911 , p, 147. A:près la désaffectation du cimetière du Rocher des Dom s,
l'exhu ma tion des res les de Calvel <c ut li eu le 12 f!lepte.mbre 1846. c( Les restl'S de
M. Calvet , dit ulle relation faite à la Commission du Musée, ont été trouvés chacun
en p lace , posés sur le roc , sans dé bris de ca isse ni de linceul , la tête placée contre
le mur du côté du midi ». Les 06sements recue ilHs dans une: caisse furent déposés
provi soirement (c dan s l 'e nlrepôt des morts auprès de la Métropole» en attendant
leur transfert au Musée Calvel (A 2 , p. '192).
CHAPITRE II

FONDATION, ORGANISATION
ET DEBUTS DU MUSEE CALVET

I. - FONDATION ET ORGANISATION

1. - ACCEPTATION DU LEGS CALVET.

Dès le 4 août 1810, c'est-à-dire dix jours après le décès de ce


grand bienfaiteur de la ville, le Conseil municipal réuni en
séance extraordinaire sous la présidence de M. de Bertrand, maire,
décidait à l'un animité d'accepter les dispositions renfermées dans
le dernier test ament de Calvet >.
Moins d'un an après, le 9 avril 1811, un décret impérial inter-
venait autorisant la ville à accepter le legs universel, dont elle
était bénéficiaire, « aux charges et conditions y apposées » (a ) .
Entre temps, M. de Bertrand avait cessé d'être maire et avait
été remplacé par le célèbre Gnillaume Puy, investi pour la troisiè-
me fois de la fonction municipale le 19 mai 1811. C'est ce dernier,
qnalifié par Napoléon de « maire modèle .>, qui assura l'exécution
du legs et présida aux commencements du Musée Calve!.
Le décret impérial autorisant l'acceptation . du legs avait été
notifié le 25 juin 1811. Quelques jours plus tard, le 8 juillet, le
Conseil municipal nommait les cinq administrateurs qui devaient.
avec les exécuteurs testamentaires, form er le Cons eil des huit.
Ce furent GuHlaume Puy, maire, l'abbé Dejean, ancien doctri-
naire, consemer municipal , Guérin, pharmacien, également conseil-
ler municipal , Pamard, médecin, et Vigne, propriétaire.
Les exécuteurs testamentaires, désignés par le fondateur, étaient
Xavier d·e Bertrand, ancien maire, Tempier, conseHler de préfec-
lure, et Broutet ;ainé, homme de loi.
Le 1"' ao ût suivant, le Conseil municipal, statuant sur 'les hon-
neurs à rendre à la mémoire de Calvet, décidait : 1") de faire élever
un monument de. marbre avec inscription sur la tombe de Calvet ;
2') de placer son portrai.t dans sa salle des séances; 3') de mettre
sur la porte extérieure des bâtiments affectés aux établissements

(III) Doc. d ivers, 2c édiL. p . 28.30.


-22-
qu'il avait fo nd és l'inscription : Museum Calvel ; 4') de faire
célébrer il perpétuité une m.esse anniversaire de Requi em à la
ca thédrale (-).
On r emarquera qu'on avait donné le nom de Museum et non
d e Bibliothèque à l'institution créée par Calvet. C'était en cfTet
l'appell ation en usage à l'époque pour les établissements de ce gen -
re ; il en existe un exemple illustre, le British Museum, Musée
britannique de Londres, qui était aussi à l'origine une bibliothèqu e
avant de devenir un des plus grands Musées du Monde .

Le Conseil des huit se réunit pour la première foi s le 13 août


à la Mairie. Il constitua aussitôt son bureau ; le mai re Puy fut
élu président, Vigne, secrétaire et Bertrand , trésorier . Il choisit
en outre, en dehors du Conseil, un « agent el exacteu r » Joseph
Sardon neveu, chargé de faire exécuter les dispositions pécuniaires
du t estament de Calvel et de faire rentrer ses créances (").
n fut décidé que .Ie nouveau Museum serait installé dans la
vieille abbaye de Saint-Marti al où se trouvaient déJà le musée el
la bibliothèqu e de la vill e ; le conseil des huit con sentit à avancer
les sommes nécessaires à la mise en état des locaux qui devaient
être distincts de ceux occupés par les coll ections municipales.
Ce fut un savant illustre, originaire d'Avignon , François
Artaud, direct eur des Musées de Lyon et plus tard membre de
l' Jnstitut, qui voulut bien se charger d'installer dans le nouveau
local les a'ntiqu es légu ées par Calvet. En t émoignag<l oe gratitude.
le Conseil des huit lui confêra le titre de direcleur associé du
Mllseum Calvel (ft). C'est l'occasion de dire que le rôle d'Artaud,
dans les commencements du MuséeCalvet, a été capital. On
recourra sans cesse à lui pour des services ou des avis ; il sera
ainsi un véritable conseiller technique du Musée n aissant avan!
d'en devenir un des administrateurs el ensuite un des bienfaiteurs
insignes .
Le classement des livres, médailles et objets de curiosité fut
fait par l'abbé Dejean qui rédigea en outre le catalogue complet
des collections et celui des médailles (ft). Dejean s'occupa égale-

(et) Arc h . d u Musée Calvet, A l , p. SO.


(") A l, p. 37.
(11) Séance du 13 mars 1812 (A l , 'P. 50) , Antoine-Françoi s-Marie Artaud était
né a. Av ignon le 8 av ril 1767 ; directeur des mu sées de Lyon , il fut él u corres-
pondont (1811 ), puis membre libre de l'Académie des fnsc l'iplions (2Q novemb re
18"35). Il moumt à Orange le 27 mars 1838. Son ouvrage le plu s important (resté
inachevé) est intitulé Mosaïques de l..yo n et du Midi de la France (pari$, 181'8,
in·(ol.. 12 li vra isons) .
(12) Ces deux na talogucs sont cotés H 1 el li 2 . Pierre·Ber-trand Jean, dit
Dejea n , élait né à Barbentane (Bouches-du-Rhône). le 25 mar-s 1754. Ancien doctri-
naire. professeur de mathématiques, il avait publié en l 'a n IX des Principes
d'arithmétique décimale et de géomitrie pratique, appliqués aux usages de la
...odété et principalement au système décimal d.es poids et mesure,ç". ; suivis de
XX tables de réductio n des mesures et pOIds anciens du dépa rtement de Vaucluse
et lieux circo nvoisins en mesures et poids nou.veaux , et des m esures et' poids nou·
vetlUX en m esures el poids ondens du mêm e département (Avig non, AlphoJVIP
Bérenguier, petit in.8°).
-23-
ment des intérêts du Musée dans le procès de la Condamine dont il
sera question dans un instant. En reconnaissance, le Conseil des
huit le nomma, en 1814, conservateur aux appointements annuels
de 300 frs , bientôt portés à 1.200 ; il fut maintenu en même temp'
comme administrateur, mais, précisait la délibération, « sans tirer
à conséquence et sans qu'on puisse s'en prévaloir à l'avenir » . Le
soin du cabinet d'histoire naturelle fut confié à Costaing de Pusi-
gnan aux appoi ntements de 200 frs par an (U). Enfin c'est à la
même époque qu'un ancien soldat de Napoléon d'origine belg',
pensionnaire à ]a succursale des Invalides, Jacques Binon, entra au
Musée comme concierge~gardien ('~). Il devait conserver ces fonc-
tions jusqu'à la date de son décès en 1873 , c'est-à-dire pendant
soixante ans.
.'.
Le compte-rendu d'une séance extraordinaire du Conseil muni-
cipal tenue le 17 avril 1817 nous fai.! connaltre, sans nous en donner
les moLifs, la démission de quatre administrateurs, l'ancien maire
Puy, Pamard, Guérin père et Vigne. Cette quadrupl e démission fut-
elle provoquée par un incident survenu au Musée Calvet ou par
une crise politique au sein du Conseil Municipal ? Nous n'avons
trouvé aucun indice à ce suj et. Les démissionnaires furent rempla-
cés par d'André de Renoard, Guérin fils, médecin, Michel de Beau-
lieu , g rand vicaire, et Bruneau , juge honoraire (") . La présence
parmi les nouveaux élus d'un dignitaire ecclésiastique, le grand
vicaire Michel de Beaulieu, donne peut-être son sens à ceUe petite
révolution.
L'élection de Guérin fils est également à souligner. Dan s son
testament, Calvet l'avait désigné comme « le plus expérimenté »
avec Costaing, « pour montrer les cabinets, les jours d'entrée '.
Or si Costaing avait été chargé du cabinet d'hi~toire naturelle,
Dejean avait été préféré à Guérin pour le poste de conservateur.
La nomination de ce dernier à la Commission du Musée était donc
une sorte de réparation.
En 1819, le grand vicaire Michel de Beaulieu fut choisi com-
me exécuteur testamentaire à la place de Brou.!et décédé. Cette
désignation rendait vacante une place d' administrateur, 'q ui fut
aussitôt attribuée à .« M. Requien fils » ("). Ce dernier, Esprit Re-
quien, savant naturaliste, bibliophile et collectionneur émérite, va
jouer désormais, au Musée Calvet, un rôle si prépondérant qu'il
en deviendra véritablement le second fondateur, ainsi que nous le
verrons au chapitre suivant.

CU) A l, p. 73, 81 et 82.


(14) Binon Cut payé pour la première fois le 7 novembre 1813 à rai80D de
200 Irs par an ; il était cnlre en fonctions le 1er septembre (E 2 , p. 3) . Il avait
é té bapti sé à Bruxel·les le 20 déœmbre 1789 et fut naturalisé français le 18 mai
1830 CM.. 3983).
(") A l, p. 97.
(U) A l , p. li 5.
-24-
La mort de Dejean, le 3 octobre 1823, permit de donner enfin
la place de conservateur à Guér;n (" '). Guérin était marié; c'était
peut être .la raison qui l'avait fait écarter en 1814, puisque Calvet
ne voulait pas de femme dans son Musée. En 1823, on tourna la
difficulté en considérant que le fondateur, ayant désigné lui-même
Guérin dans son testament, semblait avoir prévu une exception en
sa faveur. Mme Guérin fut donc autorisée à habiter le Musée, mais
ce précédent, soulignait-on, devait être « sans conséquence» (").

2. - LIQUIDATION DE LA SUCCESSION CA LVET.

Dès leur entrée en fonctions, les administrateurs s'étaient appli-


qués en premier lieu à la liquidation de la succession de Calvet.
Une grosse difficulté avait surgi aussitôt au sujet du domaine
de la Condamine, à Cavaillon. Quel n'avait pas été l'élonnement
de tous, quand, au lendemain de la mort de Calvet, il avait été
présenté à l'un des exécuteu rs lestamc.n laires par les sieurs Blaze
de Cavaillon, un acte sous seing privé, sous la date du 20 janvier
1807, non encore enregistré, et terminé par ces mots : « J'approu-
ve l'écriture ci-dessus porlant vente de la Condamine » suivi d'une
signature du nom de Calvel.
Cette prélendue vente élait consentie à Jules-Gabriel-Barthé-
lémy Blaze, propriétaire à Cavaillon, moyennant la rente annuelle
et viagère de 4.600 frs, plus 2.400 frs comptant à titre de « pol
de-vin ».
Elle fut aussitôt contestée par le Musée. Le tribunal d'Avi
gnon n'étant pas en état de juger, l'affaire fut commise par la Cour
d'appel au tribunal de Nîmes. Il y eut deux vérifications d'écriture
qui ne purent prouver l'authenticité de l'acte incriminé, tandis
qu ·un mémoire fortement motivé, rédigé par Dejean, apportait des
preuves décisives contre les prétentions de Blaze ("). Débouté en

(18 b) Joseph . Xavier.Bénézct Guérin était né à Avignon le 4 avril 1773. Docteur


en médecine de la Faculté de Montpellier, il fut un dce arden ts propagandistes de
1:1 vacc inutioll jc.nnéricnne. TI avait publié plusielll's mémoil'cs ou ouvrages Je
rilêdcdnr., <Ir S{'i('ncc!'; natureu,es el de météorologie, notamment une Description
rie la Fontaine de Vaucluse qui eut deux éditions, plusieul's €tud-es sur les Mesures
barométriques, une Vie d'Esprit Calvet que nous avons mentionnée au cbapitre
pr&édent (ci·dessus note 47).
(11) A 1, p . 173 .. 174. Le règlement du 6 février 1841 sur le service intérieur
du Musée porte dans sçm art.. 19 : « Aucune femme n.e 'Pourra être logée dans
le Mu s€e. Le Conseil pourra néanmoins pour des moüfs graves et da.ns des cas
rares di~penscr 'de cette prohibition. {..es· enfants ne pourront même dans ce cas
entrer dans les -salles où sont placés Jes collections et ·Ies li vres II (D 1). Le logement
qui fut concédé oà Guérin était des plus .modestes, « deux ceUules d'anachorèt-e ))
où il se plaignait de n'être pas même à l'abri de la pluie (Autogr. RC<Juien 11339·
11347). 'Le 15' ,s eptembre 1838, Guérin donna sa démission de conservateur ù cause
de la faiblesses de sa vue. Il mourut à Visan (Vaucluse), le 8 avril 1850.
(1!1) Mémoire pour M. Fra.nçois-lgnace·GuilÙlurn.e Puy, maire d~ la ville d'Avi.
gnon, légataire universelle d'Esprit--Claude-François Calvet , m&iecin, contre le
sieur Jules-Barfhélemy Blaze. (Avignon, impr. Seguin), s. d., in-4°. Voir toutes
1es p"ièc('~ du procès dans 4° 998 et. da n s G. 3·4.
-25 -

première instance, celui-ci fut également condamné en appel le


1·' mars 1815 et dut payer les frais du procès.

Calvet possédait également dans le terroir d'Avignon plusieurs


parcelles dont l'envoi en possession ne souffrit nulle difficulté.
Le revenu des terres de Cavaillon et d'Avignon s'élevait en
1810 à 8.43-l frs, d'après une déclaration des exécuteurs testamen·
taires enregistrée dans une délibération du Conseil municipal du
14 novembre 18l0.
Nous avons dit que Calvel n'avait pas voulu qu'on gardât s.a
maison de la rue Pugelle trop exiguë et exigeant d'ailleurs de gran··
des réparations. Elle fut vendue aux enchères a.ll prix de 4.700 frs
à Thomas-Gabriel Bruneau, juge au tribunal (3 ).
Calvet avait également prescrit la vente de son mobilier. Déci-
sion regrettable, car on a perdu ainsi des pièces qui pouvaient
avoir quelque intérêt, notamment un meuble de salon, une tapis-
serie de cuir doré, de l'argenterie, etc. Mais Calvet ne considérait
pas ces objets modernes comme dignes de figurer dans un musée.
Cette liquidation produisit 4.413 frs 58, auxquels s'ajoutèrent
17.133 frs 85 en espèces d'or ou d'argent que Calvet avait chez lui
en réserve (-).
Les quelques revenus mobiliers que possédait Calvet com.pre-
naient en premier lieu un titre de rente de 1.505 frs sur le tiers
consolidé qui était à partager entre le Musée et l'Œuvre de bien·
faisance. En outre, il avait prété à divers particuliers des capitaux
dont le revenu s'élevait au total à 1.046 f.rs. Ces capitaux, rembour-
sés en 1817 et 1837, furent remployés en acquisitions de terres non
bâties, conformémenl aux volontés du testateur (" ).
-Calvet avait fait mention dans son testament de ses deux taba-
tières en or et demandé qu'on les conservât. On préféra les vendre;
elles furent achetées par Bertrand, orfèvre, au prix de 84 frs l'once
et produisirent 696 frs qui ne furent pas comptés dans la succes-
sion, mais furent immédiatement employés au payement d'une
boiserie et diverses fournitures pour le Musée (U).
Les droits de succession, dont le Musée avait demandé sans
succès la remise au Ministre des finances , s'élevèrent à 2.859 frs 20
pour les biens d'Avignon et à 5.922 frs 70 pour la Condam.ine à
Cavaillon (a ).

3. -- LE REGLEMENT DE 1823.

En même temps que l'Administration du Musée Calvet proc~­


dait à la mise en marche de l'établissement, elle se préoccupait

(n) E l , p. 1. Voir ci-deS8US note 52.


("') E 6, p. 14 cl p. 2.
( ~ I ) Livre de rai son du Mméc Calvel , }o8l1-185O (E 1).
(U) A l , p. 67-69.
(" ) E 6. p . 11·12.
-26-
de mettre au point son statut ("). Mais le Préfet l'avait devancée;
un projet préfectoral arrêté le 10 septembre 1821 fut adressé au
Ministre de nntérieur qui 1" soumit ,au Conseil -d'Etat. Le Comi té
de l'Intérieur de la haute assem blée, par un « avis » du 19 mars
1823, donn a son approbation au text e proposé « sau f quelque '
modifications tendantes à écarter l'intervention du Gouve rnement.
conformément aux volontés expresses du lestat eur ».
Bien qu'ils aient été tenus en dehors de la rédaction de ce
règlement. les ad ministrateurs du Mu sée Calvet s'y soumirent
« par déférence pour l'autorité >. Mais ils proposèrent quelques
amendements qui furen t acceptés par la suite (avis du Con seil
d'Etat des 26 août 1831 et 7 mars 1832 ).
C'est ce règlement de 1823, modifié en 1831-1832, calqué su r
les dispositions de Calvet, qui est auj ourd'hui encore la charte de
l'établissement.
Les articl es 1 à IV règlent la composi tion de la Commission
du Mu sée qui comprendra: l') le Maire d' Avignon, président, _.
innovation introduite pa r le règlement, car Calvet n'avait pas prévu
cette présidence ; - 2') trois exécuteurs t est amentaires nommés
à vie et se recrutant par cooptation ; en cas de décès ou de démis-
sion de l'un d'eux, les deux autres désignant le successeur; 3')
cinq administrateurs nom més pa r le Conseil municipal, ch acun
pour une période de dix ans, et r enouvelés par cinquième de deu x
ans en deux ans (" '). A l'origin e, la nomination des exoouteur-s
testament aires, aussi bien que celle des administrateurs, devait être
soumise à l'approbation préfectorale ; en 1832, cette obligation
fut supprimée pour -les exécuteurs testamentaires comme contrai-
re à la vol onté de Calvet. Enfin, l'année précédente. on avait intro-
duit un article IV obligeant les administrateurs à être domicilés à
Avignon et à y résider. Cet ensemble de dispositions r elatif à- la
composition de la Commission du Musée -Calvet est, on le sait,
unique dans l'organisation des Musées français et n'a d'analogue
qu e la constitution des Conseils de trustees des Musées d'Angle-
terre.
L'art. V du règlement de 1823 institue un receveu r cornpta-
ble pris h ors du Conseil et l'art. VI règle les attributions du Conser-
valeur qui aura « la garde » des col1ections « sous sa responsabilité
personnel1e :t .
Les art . VII et VIII fixent le fonctionn em ent du Conseil dont les
séances auront lieu le dernier samedi de chaque mois. D'après le
règlement de 1823, le mai re absent devait être suppl éé par un
exécuteu r testamentaire désigné à chaque séance ; mais en prati·
qu e, un vice-président avait été élu ; en 1832, le Conseil d'Etat

(84 ) Le règlem en t qu ' ils ava ient réd igé avait été approuvé par le maire d 'A vi·
pnon le 2'2 mars 1823 (Voir le! considé ranl,s de l'Avi s du Conseil d 'Etat du 11 mai
183 1. Do('uments dive rs, p. 128).
(84 b) POUf me ltre à exécution le renouvell ement décennal, la Commission tira
AU sort , le 3 janvier 1835, J'ordre de 60rtie de!! cinq administ.rateurs en fonctions
el le d~bu t de chaque Sé l'Îe Mccnnale .fu t .fixé à 1836 , 18.!\8. 1840. 1842 ct 1844 (A l ,
p. 358). f:f' t ordre e~ 1 (! n cor~ !' ui vi au.iourd 'hui.
-':n-

régularisa ceUe institution d'un vice-président, choisi parmi le,


exêcuteurs testamentaires, élu pour ciuq ans et suppléant dans
toutes ses attributions le maire~président empêché.
L'art. IX du règlement dit que : « Le Conseil aura la direc-
tion généraIe de toutes les parties de l'établissement » ; il admi-
nistrera les biens et réglera les dépenses selon les volontés du
fondateur et « les formes voulues par les lois pour les établisse-
ments publics >. Un m.embre sera désigné « pour surveiller la
comptabilité et signer les mandats » (").
Le règlement traite ensuite de l'administration des biens (art.
X i> XIII), des catalogues ou inventaires des objets d'art et des
livres (art. XIV), des distinctions honori.fiques à décerner aux
bienfaiteurs (art. XV), du buste de Calvet à placer dans la princi-
pale salle du Musée (art. XVI), de .l'ouverture de la bibliothèque
el du musée quatre jours par semaine, les lundi, mercredi.
vendredi et samedi de. 10 h. à 4 h., de la fourniture « sans abus
de papier et de plumes aux lecteurs « pour faire des extraits », de
l'interdiction de porter au dehors aucun livre ou objet -de la collec-
tion (art. XVII), de la communication des médailles qui ne pourra
avoir lieu qu'en présence du conservateur et d'un administrateur
(art. XVIII), etc. Il termine par ceUe disposition (art. XX) : « Pour
tout ce qui n'est !>as exprimé dans le présent règ.l·ement, 'le Conseil
aura soin de se c.onformer aux volontés du testateur» (").

II. - PREMIERS DEVELOPPEMENTS.

REUNION DE LA BIBLIOTHEQUE MUNICIPALE

4. - PREMIERS DEVELOPPEMENTS DU MUSEE

Pendant que s'instaurait ainsi son régime administratif, le


Musée Calvet connaissait ses premiers enrichissements. Dès 1818,
il avait obtenu de la ville le don du beau médaillon, en marbre. de
lord Inverness qui était resté dans un « hûcher » du ci-devant
arr;hevêché (M). L'année suivante, l'achat de la bibliothèque de
M. de Fléchier, conseiller de préfecture, ouvrait la série des acqui-
sitions ("). On note en 1820 l'achat de la tête de satyre rieur,

(8S) L'avis du Conseil d'Etat du 26 août 1831 obligea l'Administration du


Musée Calvet à presenter un budget annuel <à J'approbRtion du Préfet. EUe s'y
était refusé jusque-là, prétendant qu'elle avait reçu de Calvel les pouvoins l~ plus
étendus et qll'nu surplus il était impossible de prévoir les dépenses, celles-ci, achats
de lil"rr.5I; ou cl 'objets d'art, dépendant. d ' occa~ions fortuites. Mais le Conseil d'Etat
exigea .Ia présentation d ' un budget annuel, obligation (( indispensable !pour l'exer-
cice d'une bonne c'o mptabilité )) (Doc . divers, 1re édit., p. 34 et suiv.).
(S6) Documents divers, p. 31 et 8uiv.
(111 ) Autogr. Requi~n, 12004.12006.
( A~) A 1. p. 113.
-28-
marbre, de Vaison CU) et celle d'une momie avec son coffre ; on
désirait en etIet constituer un fond égyptien et on aurait acquis
en bloc une collection, mais Artaud conseillait la prudence (M).
Nouveaux achats, en 1821 et 1823, d'ant iquités et, en 1828, de la
mosaï.que Sautel , d'Orange, représ entant un e enceiint e fortifiée.
En 1823, gros ach at pour la bihliothèque ; on acq uiert tout Ce q ui
avait paru du « Voyage de MM. Humboldt et Bonpland » au pri x
de 7.560 frs (~).
Mais ces premiers développements étaien t bien minimes à
côté de celui que procura en 1826 la réunion de la bibliothèque
de la ville au Musée Calvet.

O. - REUNION DE I.A BIBLIOTHEQUE MUNICIPALE A U


MUSEE CALVET.

On n'avai t pas ta rdé à penser que la possession de deux biblio-


thèques étai.t pour la viUe d'Avignon un luxe excessif. Celle de
C~lvet, avec l'altrait de la nouveauté, avait conquis la faveur des
au torités et du public. Son 'Conseil était influent et plein d'ambi-
tion. Il ne cachait pas son désir d'éliminer ou plutôt d'absorber
l'établissemen t r ival. En 1816, on l'accusait de vouloir accaparer
les antiquités du Musée municipal et Costaing de Pusignan, « con-
servateur du Musée de la vi lle et du cabinet Calvet > , écrivait an
maire: « Je d'O is me retirer si l'établissement de la vil·le es t sacrifié
à celui que M. Dejean di rige» (H).
C'était cepend ant cette dernière s'Olution que la municipalité
envisageait. Puisque Calvet avait interdit de confondre ses livres
avec ceu x de la ville, on se rés oInt à donner la bibli<>thèque de la
viOe au Mu sée Calvet, Le 25 juillet 1820, c'est-à-dire onze ans
jou r pour jour après la mort de Calvet, les ad ministrateurs du
Musée eurent une conférence à la Mairie avec les membres de la
Commission du Conseil Municipal chargée d'étudier le projet de
réunion (H) .
A la suite de cette entrevue, le Conseil municipàl se réunit le
31 juillet 1820 en séance extrao rdin aire pour statuer sur eeUe
importante question . Dans son exposé, le rapporteur du ConseH
s'attacha à démontrer qu'il n'y avait pas n écessité pour la vi-ll e
d'avoir deux bibliothèques publiques ; que si ces deux bibliothè-
ques restaient séparées. l'une, celle de la vi lle, végète rai t faute

(RR b) Sa utel, dan s Revue de .~ Etudes an.ciennes, 1913, p. 136.


(11 9) 'Lcltre ,lu 26 no\'embre 1825 à Requicn : ( Suns vouloir vou s refroidir IIU
sujel d e' J'ac hnL qu'on "Ol1~ propose, je VOli S dirai que les an tiq uités égypt. sont
de venu es si abondant e!", l"i communes, qu 'elles onl perdu oon5idérabl(' menl de leur
va leur ... ~fa rse iJl{' . ·dam cc moment , fou rmille de ces sortes d'objets ... JI vaudrai t
mieux acheter lorsqu'on en trou ve J'occasion des morceaux séparés ... que d 'acqué rir
e n ma sse dl'S mélanges pen sa ti.s.Caisants 1). (Correspond. Req uien, 287-348) .
(" ) A l , p. 153, 221, etc.
(91 ) Aul,o gr. Requien. 10990-10996.
(" ) C I (ù l, d, te).
-e9-

de fonds suffisants et l'autre, celle de Calvet, « réduite encore à un


petit nombre de volumes >, ne pourrait acquérir avant longtemps
« l'importance d'un établissement de cette nature » ; que d'autre
part la probibition faile par Calvet de confondre ses livres avec
ceux de la ville, ne faisait pas obstacle au projet envisagé, car le
fondateur avait lui-même prévu et souhaité l'enrichissement de
sa bibliothèque par des dons ou des achats de collections. En
conséquence, le ConseiI municipal décida de donner sa propre
bibliothèque à celle de Calvet et de rénnir, par ce moyen, ces deux
établissem'e nts en un seul sous la « dénomination de Museum
Calvet > (").
La réunion ainsi décidée ne s'opéra pas tout de suite. parce
qu'elle devait itre précédée d'aménagements de locaux qui ne
purent se faire.
A la mort du chanoine Calvet, bibliothécaire de la ville (22
janvier 1825 ), le maire lui donna comme successeur le Dr G.uérin,
déjà conservateur du Musée Calvet, en précisant qu'il fallait voir
dans cette nomination une préface à la réunion prochaine des deux
établissements (N). Celle-ci avait Hé déjà amorcée par le transfert
des plus beaux livres de la bibliothèque de la ville dans les salles
Calvet. Elle fut votée de nouveau par le Conseil municipal Je 12
mars 1826 et enfin autorisée par un arrêté du. Ministre de l'Inté-
rieur Corbière du 20 juillet de la même année (M).
On ne saura{t assez, souligner l'enrichissement procuré au
Musée Calvet par la do~ation de la bibliothèque municipale. C'est
de celle-ci que lui viennent ses beaux manuscrits anciens prove-
nant des couvents supprimés par la Révolution et ses nombreux
imprimés des XVme et XVI"'· siècles. Le Musée Calvet lui doit éga-
Iement de posséder une des collections de théologie les plus consi-
dérabl es de France et il y a peu d'années M. Alfred Coville, membre
de l'Institut, s'émerveillait ·de la richesse exceptionnelle de son
fl)ods de jurisprudence ancienne.

6. - LA GALERIE VERNET.

P eu après la réunion de la Bibliothèque municipale, cette


même année 1826 vit l'in ..uguration, au Musée Ca.lvet, d'une galerie
de peinture destinée à remplacer l'ancien musée municipaL
Aux quelques loties laissées par Calv,el on avait ' ajoulé, dès
1823 et 1824, deux tableaux importants, l'Education d'Achille de
J .-B. Regnault et la beUe M,arine, soleil levant, de Joseph Vernet,
provenant du cabinet d'Astier de Montfaucon (N).

(93) Documents divers, p. 39-42.


(u.) Lettre du Maire aux administra teurs du Musée Calvet transmettant l'arrêté
de nomination de Guérin . Par le même arrêté, Laribe, ancien employé au Minis-
tère de la Guerre, était nommé sous- bibliotJlécaire , en remplacement de Mensac
CD 1).
(1$) Documents divers, p. 42 el su iv. Voir aussi: Arch. dépal1: de Vaucluse ,
St!ric T. bibliothèque d'Avignon , carton 1817-1834.
COI) A 1, p. 294. .
- 30-

L'illustre peintre de marines était, comm., chacun sait, origi·


naire d'Avignon, où son prestige n'avait jamais été plus grand.
C'est pourquoi, l'Académie de Vaucluse prit pour suj et de son
concours de 1826 l'éloge du grand homme. Carle et Horace Vernet,
ses fil s et petit-fils, peintres eux aussi et fort en vogue, fu ren t
invités à venir s'associer à cette commémoration et à inaugurer au
Musee Calvet la nouveile galerie de peinture, à laq uelle on voulut
donner le nom de Galerie Vernel' (").
Le marquis de Cambi's, grand ami de Requien et .lui-même
administrateu r du Musée depuis 1822, fut chargé de porter à Pa ris
la double invitatio n . Les deux peintres acceptèrent et promirent
de donner chacun une œ uvre, le père, la Course des Barberi, à Rome;
le fi.ls , un de ses fameux Mazeppa . Leur voyage à Avignon qui
devait avoir lieu en mai fut remis à plusieurs reprises . Le tableau
de Carle n 'était pas termin é et celui d'Horace, crevé accidentelle-
ment ·dans _son atelier, àut être rentoilé. Cela donna le temps a ux
ad ministrateurs du Musée Calvet d'acquérir deux autres toiles des
Vernet, le Cosaq ue de Carle et un second Mazeppa d'Horace (").
Celui-ci, exécuté en trois jours, était absolument semblable au
précédent ; « instruit de cc fait extrao rdinaire et jalou x de se
procurer une œuvre si étonnante li , le Musée Calvet obtint qu'elle
lui fut cédée, bien que déjà promise à un « personnage illusotre» (").
A Avignon, les Vernet furent les hôtes d'un au t re ami du
Musée, le ba ron de Montfaucon, alors mai re d' Avignon (~). L'inau-
guration de la ga lerie eut lieu le 12 octobre. En souvenir de ce
mémorable événemen t, les administrateu rs du Musée offrirent aux
Vernet deux vases d'argent, œuvre de Gloria, habile orfèvre de
Paris. originaire d'Avignon. Les dames Vernet, qui avaient a~com·
pagné leurs époux, reçurent deux pièces de soie de fabrique avi-
gnonnaise l'"'). En outre, le Musée Calvet fit frapper une médaill e
commémorative portant, au droit, le buste de Joseph Vernet et.
au revers, cette ,légende: « J oseph , Carle et Hora ce Vernel. Ce nom
seul illus/rerait Irais villes ». L'unique exemplaire en or de cette
médaille fut offert à la duchesse de Berry, lorsqu'elle visita le
Musée Calvet lors de son séjou r à Avignon, le 21 novembre
1829 ('0> ').

(97) Sur l'ina ug uration de la Ga lerie Vernet , voir J. Girard , Les Souvenirs des
Ve rnet au Muséc Calvel , dans Mem. di! l'Acad. de Va.ucluse, 1927, p. 5O-6l.
(98) Notice des tableaux exposés au profit des pauvres dan$ la Galerie Vernet
ou Mus eu m Calvet. Avignon, Gu ichard ainé, oelobre 1'826, in-12, 15 p _
(et ) Plus lard , on ::IC lassera de voir cote 'à côte deux tableaux si exactement
part'Îls_ On essaya d 'écba nger J'un d'eux con tre une aulre toile d'Horace Vern et
ou oonlre un tableau d' un au tre martre_ Horace Vernet ne s'y opposait pal! (Voir
la leUre de Mme Horace Vernet du 2 août 1844 , Correspond_ Requien 13738- 13747);
mais le! négociations n 'eurent pas de résul tat.
( lOO) L'hol el de Montfaucon por le le n O 17 de la n U! Sai nt.Etienne.
(lO I) Les cc urnes el accessoires)) orrerts aux Vern et coûtèrent 7195 trs ; les
cc deux pièces tl or~nce » remisee aux dames Vernet, 376 (r. (E 2, p. 37)_ Le vase
d' Horace Vernet, el~ (orme de samovar, a été racheté par le Musée Calvel en 1931
et figure dans ses coHections 60U5 le nO 21.819.
(lOI b) L'Echo de Vaucluse, nO du 29 novembre 1829, p. 1.
-31-

7. - NOUVEAUX ENRIClllSSEMENTS.

En ' l827 , l' Administration du Musée Calvet réussit, par l'entre-


mise d'Artaud, l'achat de la collection de peinture -du chirurgien
avignonnais Sauvan.
Celui-ci, malade et fort âgé, s'était montré plus exigeant qu'on
ne l'espérait. « Je me flatte, écrivait Artaud, qu'il reviendra à des
sentiments plus généreux ». Mais Sa uvan, ajoutait-il quelque;
jours plus tard, «est fort chatouiHeux sur .l'article de ses tableaux>
et si on ne se h âte pas, « il est i> craindre qu 'il ne soit fâché d'un
re tard qui peut paraître, à ses yeux, hésitation ou indifférence et
si nous avions le ch ag rin de le perdre bientôt, j'ai lieu de penser
qu'il ne serait pas si fa cil e de traiter av~c ses héritiers » ('n).
Le marché fut enfin conclu au prix de 15.000 frs . Sauvan mou-
rut s ur ces entrefait es e t l'acte de vente- fut signé par sa veu'1e.
respectueuse des engage ments pris (1" février 1827) . Cette acqui-
sition faisait enti'er d'un seul coup au Musée Calvet 83 tableaux
presque tous des écoles flam ande et holl andaise ('n) . Elle fut com-
plétée qu elques années plus tard par l'achat à un ma rchand de
Ma rseill e, nommé Michel, du Calvaire de Van den E eckhout payé
800 frs ('~).
Tout ,le monde s'employai,t alor~ aux acquisitions. En 1830.
le ba ron de Montfaucon, revenant de P aris, achetait en cours de
route les célèbres bas-reliefs, fragments du tombeau du Maréchal
de la Palisse, tué à la bataille de P avie. D'après la tradition , il les
aurait payés 60 frs à' Chandorat, m aître de l'hôtel de la Poste à
la Palisse ('n).
T rois ans plus tard, le même Chandora t offrait à Montfaucon
le eJessus d~un mauso lée « d'un Chabannes et de son épouse :t avec
les sta tu es tombales « dans toute leur grandeur » et intactes, plus
deux autres fragments, le tout pour 300 frs ('M). On n e sait pour
quelle ra~so n . J'affaire ne ful pas poursuivie COf ) .

(102) Corres.poud. 1\equ ie n , 287-348.


(l03) Voir le contrat de vc nte dans ·le regist re d-e! délibéra tions (A l, p. 234-
240) . Le prix de la.()(X) fr. éLa it payable , 4.0û0 fr. comptant , le reste" en 3 annuités
Je 3.000 (r. en 1828, 1829 et 1830, le ,solde de 2.000 (r. en 1831.
( ' '') AI , p. 331.
(105) Celte 3(:qui sition n 'est m entio nnée dans aucun def; registres du .Musée
Calve l , si bien qu'on n 'est r~d u il à son sujd qu'oÙ des rcnse,ignem ents tra ditionnels.
. (11'6) ·t a lettre de Chanrioml es t du 20 décembre 1833 (C 1, Correspondance
1811-1845).
(101) 'La famill e de Chabannes , qui avait laissé disperser la tombe de son
illu stre an œLre, mani/es ta plus tard le d~sir de recouvrer les fragments d'Avignon.
'Le 16 m ai 1853, ~1. Je Cbabann(!s de la Palisse en réclama la (<remise» en n'offrant
en echange que l'ouvrage de Vivant Denon sur l' Egypte. îLe Musée répondit par
un refus pol i ; il po s...~dait d'ailleurs déjà l'ouvrage de .Denon (C 2., à la date).
Une aut re in tervention de la Camille eut lieu plu s récemment, e t Cut éeartée de même.
En 194-8 , le CODfseil Généra l de l'Allier rëclama .sans plu s de succès le retour à
leur li eu d'origine des ba s·rcJiefs qui ne doivent leur conservatio n qu'à l 'heureu se
initiative d'un administrateur du Musée Ca-Ive!.
A cette époque, le Musée Calvet était l'unique autorité archéo-
logique du département. Aussi, en 1825, le Préfet lui avait-il deman-
dé de s'intéresser au déblaiement du théâtre antique d'Orange,
alors complètement recouvert de constructions parasites ; les
objets d'art que ces fouil'les meUraient à jour, précisait le Préfet,
la Commission du Musée Calvet « verr·a it sans doute avec orgueil
qu'ils lui fussent attribués Plus tard, en 1830, le Maire d'Orange
demandait avec instance l'envoi d'un délégué pour surveiller les
travaux. Le Musée Calvet recueillit alors une certaine quantité de
fragments; mais, à la sollicitation de la municipalité d'Orange, ces
fragments furent restitués en 1838 contre 'r einboursement des
2.000 frs que le Musée Calvet avait versés pour les fouilles ('- ).

8. - DEBUTS DU MUSEE D'HISTOIRE NATURELLE.

Le Musée Calvet et la Bibliothèque de ta ville avaient chacun,


dans le principe, un cabinet d'histoire naturelle.
Celui de la viIle avait été donné au Musée Calvet en même
temps que ,l a biblio.thèque. Aux dires de Requien, il ne se com-
posait que de quelques oiseaux mal empaillés et de quelques miné-
raux et coquiJles qui « ne valaient même pas la peine d'être men-
tionnés » COlI) .
La collection de Calvet était plus digne de considération. Son
auteur la recommandait à l'aUention des naturalistes ; mais elle
était d'importance encore bien limitée. Le 28 mars 1815, François
Costaing, qui avait été désigné par Calvet, en reçut la surveillance
aux appointements de 200 frs par an (''').
Nous n'avons pas d'autres renseignements sur ce premier
musée d'histoire naturelle qui parait avoir suscité peu d'intérêt. Le
12 septembre 1832, la Commission du Musée se plaint que la salle
d'ornithologie sert depuis plusieurs années à diverses réunions et
qu'eMe est actuellement occupée par des officiers polonais ; on ne
peut ouvrir les armoires qui renferment les oiseaux et les quadru-
pèdes. Le Maire est prié de faire évacuer le local (1" ).
Calvet avait laissé une rente annuelle de 240 frs au jardin
botanique « qui , dit-il , &era établi à Saint,Martial, si ce loc·al est
jugé assez spacieux >. CeUe pènsion devait être employée unique-
ment à des achats de plantes et d'arbres. Des leçons de botanique,
ainsi que la direction, seraient confiées au Dr Guérin.
Ce vœu de Calvet fut rempli. Guérin prit la direction du jardin
botanique, mais après av"ir donné quelques leçons de phytologie
médicale, il la passa à Requien. En 1829, ce .jardin renfermait plus'
de 6.000 plantes, arbres ou arbustes différents C").

( lOB) C l, (29 avril 1825, 13 décembre 1830, 22 et 30 m.lÎ 1838), etc.


("') A 2, p. 52.
(110 ) A 1, p. 82 . Costain g, dit Costoing de Pü signan, Plourut le 21 novembre
1820 (E 2, p. 28).
(11 1) n l , Col. 12 vo.
(112) Guerin, Panotctfl'U!. d'Avtgnon, p. 106.
-33-
9. - ABANDON DE SAINT-MARTIAL.

P endant que le Musée Calvet réalisai t ses rapides progrès, son


inst alla tion dans les ruineux bâtiments de Saint-Martial devenait
déplorable. « C'est, disait le conserv·a teur Guérin, dans trois o.u
qua tre salles dont le sal·pêtre et l'humidi t é rongent san s cesse les
murs, que sont entassées nos collections •. La .terrible inondation .
de 1827 précipita la décadence de l'édifice (m) ; en 1829, les bâti-
ments étaient m en acés d'un écroulement général ("') .
En 1828, l'architecte municipal Gay avait dressé les plans
d'un nouvel aménagement de « l'ancien cIaus!ral de Saint-Mar-
tial qui aurait permis de loger plus dignement le Musée Calvet et
le cabinet d'histoire naturelle, tout en réservant des salles à l'Aca-
démie de Vaucluse, à la Société d es Amis des Arts, à l'école de
dessin, à l'école de musiq ue, à l'école de chimie et. de m écanique,
institutions qui, sauf l'Académie beaucoup plus ancienne, venaient
d'être fondees sur l'initiative du baron de Montfa ucon qui contre-
signa les plans de Gay ("'). Mais ce proj et trop arnbitieux dut
être ajourné à cause de la situation financière de la ville.
L'état des bâ timents de Saint-Martial devint alors critique et
les collections du Musée Calvet durent être transférées d'urgence,
partie à la mairie, partie dans la maison Maumet ou local des
.4mis du roi, conlruc tion « de plâtre e l de briques ». située derriè·
re la Mairie sur l'emplacement de la caserne de gend arm erie
actuelle.
C'est alors qu 'une occasion in~spérée se présenta de donner
a u Musée Ca lvet un cadre digne de lui. Le 17 juin 1831, les
administrateurs écrivaient au maire : « Nous croyons devoir appe·
1er vo tre attention sur un pâtimenl qui sera bientôt mis en vente,
et qui réunirait avec beaucoup moins de frais tous les avantages
qu'on a urait obtenu en rebâtissant St-Martial ; c'est la maison
Deleulre ; on trouverait dans cette acquis i~ion un local vas te et
supe rbe, un sol élevé et à l'abri des ' inondations, une position
plus centrale que l'ancienne, et enfin l'avantage de conserver intact
le plus bel hôtel de cette ville» (U').
La maison Deleutre, dont l'acquisition était ainsi d emandée,
étai t l'hôtel de Villeneuve-Martignan.

10. - L'HOTEL DE VILLENEUVE-MARTIGNAN.

La famill e de Villeneuve-Martignan, qu'il ne faut pas confon-


dre avec l'illu stre famille provençale des Villeneuve aux ramifi-
cations si nombreuses, étai t originaire d'Orange et de Valréas. Elle
était venue se fixer à Avignon au début du XVIII'" siècle. Le cons-
tructeur de l'hôtel fut le dernier r eprésentant mâle de la famille,

(l U) Guérin , i.bid. , p. 104 ; Rasloul, Table/lu d'Avignon, p. 303.


(' '') A 1, p. 266·267.
(m) Ms. 4028.
("') A 1, p. 292 ; B 1, 101. 11 v'.
-:Jj -

Joseph-Ignace de Villeneuve, comte du Saint-Empire romain, sei-


gneur de Martignan, Coutelet et autres li eux, une fois viguier et
trois fois premier consul d'Avignon , marié à . Henriette-Victoire de
Sade ("'). Son a rchitecte, Jean-Baptiste Franque (1683-17 58) , était
alors à l'apogée de sa renomm ée; il avait construit la plupart des
édifices avignonais du XVlIIm. siècle et de nombreux monuments
de la région, n otamment l'évêché de Vivie rs, l'église Saint-Jacqu es
à Tarascon et l'église Noti-e-'Dame des Pommier·s à Beaucaire. Dans
les derniè res an n ées de sa vie, il était souvent assisté de son fils
aîné, François Il Franq ue, a ncien pen sionn ai re de l'Académie de
France à Rome, architecte du roi à Paris (1710-1793). Aussi est-il
de tradition que François Franque participa à la construction
de l'hôtel de Villeneuve et qu e c'est à lui que serait dû le grand
caractère de l'édifice.
Le prix-fait en fut donné le 18 décembre 1741 a u maître maçon
François Lamy et c'es t le 29 septembre 1753 que fut payé à Piefre
Bon don, dit Bondon l'aîné, le solde de la sculpture. " fau t donc
place r en tre 1741 e t 1753 la construction de l'hôtel.

C'était la plu s vast e et la p lus somptueuse des demeures aris-


tocratiques d' Avignon. Elle était bâ tie entre cour et ja rd in. Sur le
vestibule mo num ent al surmonté d'une de ces belles voûtes pla tes
qu i ont fait la renommée des Franque, s'ouvraient les pièces d'appa-
rat, entre autres les salons en enfilade exposés au midi sur le jar-
din. En tête de ceux-ci était un salon à l'italienne • embrassant
deux étages. avec balcon à la hauteur du 1er ; à la suite, venaient
trois autres sa.lons, le « salon de compagnie " la « ch ambre lam-
brissée • et le « cabinet la mb rissé >. Devant la façade, le jardin,
e à la fran çaise >, n e comportait pas d'arbres, m ais des plates-
bandes bordées de buis et garnies d'œillets, avec bassin et jet d'eau
au centre ; les arbres form aient un bosquet a u fond du jardin,
à la place occupée aujourd'hui par les construc tions édifiées au
XIXme siècle en- bordure de la rue Bouquerie.
Ign ace de Villeneu ve s'était, en cons truisan t sa magnifique
delneure, mis dans une situa tion fin ancière difficile. Aussi fut-i.I,
dès 1753, obligé de louer une partie du rez-de-chaussée. Sa fill e et
héritière Paulin e de Villeneuve continua cette pratique et c'es t à
celle-ci qu'il faut attribuer la première des modifications que subit
le plan primitif des Franque. En 1771 , un n ouveau locataire exi-
gea la su ppression du salon Il! l'italienne et sa division en deux
pièces à chaque étage (no).

(1 11 ) Sur la famille de Villeneuve cL la <:onslrnction de leul' hôtel. Voir J .


GÏlard , Les VUientuve-Martigrwn et leur h ôlel à Avignon, dans les Mém. de !'A cad.
de Va""l.,e, 1935, p . 103·138.
(118) Bail du 13 mars 177J const!nli à Jean -François Coudougnan, (( habi tant de
l'i Sole de St-Oomingu.e IJ. a c tll e ll~m e nt à Avignon. fi y est précisé qu 'il se ra
eonslru it (( incessamment lin mur en moHon 1) jusqu'aH ni veau du f( plancher
el pavé IJ du 1er é lage pour séparer la (( grande sa lle à l'ilil li enne Il en 2 parlies,
la première à trois croisées, et la seconde à deux, avec porte à l 'alignement de
cell es des autres pièœs du rez-de -chaussée (Arch. départ.. de Vaucluse, Nota ires,
fOlllls Pradon. 2e versem ent, n O 1290, rol. 335 vO-339 VO).
- 35-

A la Révolution, l'hôtel de Villeneuve, saisi comme bien natio-


nal, ne fut pas vendu à cause de sa valeur trop élevée qui écartait
les acquéreurs. Pauline mourut à Apt en 1791 ; elle eut pour héri-
tier son mari Etienne-Joseph de Raousset-Soumabre. Celui-ci obtint
la r estitution de l'hôtel, en 18()1, à son retour d'émigration. Mais
il se hâta de .le vendre, dès l'année suivante, au prix de 33.000 frs,
à Joseph-Véran Deleutre, moulinier en soie d'Avignon, qui y ins-
talla son industrie et eut pour successeur son fils Joseph-Antoine-
François Deleutre, associé à Jacques Mante!. Au cours de la crise
économique qui suivit la Révolution de Juillet, la maison Deleutre
et Marutel fit faillite et c'est alors que l'hôtel de Villeneuve ~ut mis
en vente.
Repondant au vœu des administrateurs du Musée, le maire
Delorme se présenta aux enchères le 8 mars 1833 et en devint adju-
dicataire au prix de 85.860 frs . Aucun autre oblateur ne fit d'offre.
c: Nous n'attendions pas moins du patriotisme avignonais :. , dit
à ce propos le journal local L'Echo de Vaucluse. .
CHAPITRE III

ESPRIT REQUIEN,
SECOND FONDATEUR DU MUSEE CALVET

J. - ESPRIT REQUIEN

1. - ESPRIT REQUIEN ET MERIMEE

Esprit Requien est surtout réputé i> Avignon comme fondateur


du Musée d'histoire .naturelle ("'). A ce titre, son buste en bronze,
enlevé pendant l'occupation aHemande, ornait une des fontaines du
square Agri·col Perdiguier, ancien cloitre du couvent de Saint-
Martial, devenu 'ensuite le jardin botanique de la ville et que les
vieux avignonnais continuent à appeler .le « jardin des planles •.
Dans les milieux littéraires, Requien est connu comme corres·
pondant de Prosper Mérimée. Requien était entré e n rapports pour
la première (ois avec Mérimée, quand celui-ci récemment nommé
inspecteur des Monuments historiques, commençait ses tournées
dans le midi de la France (=) . Dès lors, s'établirent des relations
qui ne devaie nt cesser qu'à la mort de Requien. En dehors d'Avignon,
les deux amis se rencontraient à Paris, notamment chez la minia-
turiste Mme de Mirbel, dont le mari intimement lié avec Requien
était directeur du Museum d'histoire naturelle, et chez Buloz, le
fondateur de la Revue des Deux-Mondes. En outre, ils s'écrivaient
souvent. Les leUres de Mérimée à Requien publiées en grande par-
tie dans le numéro de la Revue de Paris du 15 avril 1898 sont bien
connues et ont révélé au public l'aimable flgure du doc~e avignon-

(1111) J. Girard. Les 'Vrais bib.Uophile!. n. Cat1.let et Requien, dans Triso; des
bibliothèques de France, t. XIV, p. 72-87.
(UO) André Hallays, Mérimée, impecteur de! Monument. historique,_ dans la
Revuf. des Deu:e-Mort.tùs, 1911 , t. II, (1. 761 et suiv. .
-38-
nais. Un portrait du peintre Bigand CU) nous le représente aussi
avec un ,beau visage de savant bien nourri et bon vivant. lels que
nous l'ont fait entrevoir les I-eltres pleines de verve de Mérimée.
On sait que celui-ci avait composé pour son ami cette plaisante
épitaphe : Vir milissimus, doctissimus, ornatissimus, aUquantis-
[1er pail/ardus dominus Requie/IU .,

2. - LA MAISON DE REQUlEN.

Esprit Requien était né à Avignon, le 6 mai 1788. Son père et


son grand-père étaient tanneurs et lui-même pratiquera longtemps
ce métier jadis florissant à Avignon où il s'exerçait le long de la
Sorgue, rue des Teinturiers et rue des Lices; mais Requien s·occu~
pait peu par lui-même de soh industrie que gérait un homme de
confiane·e.
Armand de Pontmartin qui fut un familier de Requien décrit
dans ses Mémoires (m ) le pittoresque logis, moitié tannerie, moitié
hab,tation, où était reçu Mérimée. « La demeure de Req-uien, - je
n e di~ pas la maison, -- était certainement une des plus originales
que peut rê ver une imagination fantaisiste ; elle occupait le coin,
- et quel coin ! - d'une ruelle qui n 'était en réalité qu 'un cu I-
de-sac, que l'on appelait la rue de l'Ombre ("') et qui me rapp.elait
la rue Soly de Ferragus (Histoire des treize). Le rez-de-chaussée
n'existait pas. Ce n'était qu'un hangar où l'on entassait les pro-
duits de la tannerie administrée par un régisseur. On monLait par
un escalier de bois (scilicet échelle) aux appartements du maître.
Sa chambre donnait sur un tout petit jardin, dont le principal orne-
ment était un immense figuier, connu et presque célèbre dans
toule la ville .... .
Les loisirs qu e lui laissait son métier exercé en amaleur, Re-
quien les consacra surtout à l'étude des sciences naturelles, de la
botanique principalement et de la conchyliologie ; il Y acquit une
t elle compétence et réunit des collections d'un si grand intérêt qu'il
fut bientôt en relations avec les savants les plus éminents de son
époque. Mais sa culture s'étendait bien au-d-elà de sa spécialité et
rien ne le laissait indifférent. « Sa science encyclopédique, disait
encore P ontmartin, n'avait rien de pédantesque, d'officiel ou de
gourmé. Vivant familièrement .avec elle, il lui avait communiqué
quelque chose de sa simplicité et de sa bonne humeur ... ».
Son étrange d.emeure devint vite le rendez-vous de tous les
artistes et écrivains de passage à Avignon. « Son hospitalité éga-

(121 ) N0 56 du Catalogu.e des tableaux du Musée Calvel, 1909. Ce beau portrait


date de' 1832 ; il a é té lithogra phié par Pascal e t édité par Griolet, rue Paradis, 24 ,
Marseille (F.6tampes Album 13 , nO 1) . Nous possédons un autre portrait de Requien
i'i g~, peint 'P,Ii' Emï Jc C ham~narlill cl donn é Jlil't' te lui- c i C'1l 1846 (N° 101 dl.
Colologue des tableaux , 1909) .
55 et 6uiv.
(122) Mes' m ém oires. Seconde jW1ll!S3e , p.
e~13) Aujourd'·hui rue CaMan (de la rue des ·Lices il la rue Portail-Magnanen) .
-39-
lait son savoir, ajoutait Pontmartin. J'en ai peu connu de plus
expansives. de plus cordiales. de plus avenantes. de plus absolues ...
Comme sa table était excellente. ses dîners du dimanche... avaient
un succès universe!. J'ai vu à cette table hospitalière le duc de
Luynes. Horace Vernet. Paul Delaroche. Marmier. Méry. Ampère.
Fauriel . M. de Mirbe!. ..• Champmartin. Liszt. Cas til-Blaze... » et
naturellement Mérimée. « Si j'ajoute que sa cuisinière éta it sa
rnére. c'est pour le rehausser encore plus dans l'opinion -des gens
d·esprit... » Pontmartin décrit un de ces dîners à la fin duquel
Mérimée. suivant son habitude. donna la primeur d'une de ses
œuvres ; c'était cette fois Les Ame" du Purga,toire. nouvelle qui
devait par,,"tre dans. la Revue des Deux-Mondes en 1834 ("').

3. - REQUIEN ET LE MUSEE CALVET.

Sur le plan local. la situation de Requien était considérable.


Conseiller municipal , administrateur des hospices. administrateur
du Mont-de-Piété, son amitié étroite avec les parlementaires du
temps. le marquis de Cambis. pair de France. et le baron de Mont-
faucon, député, lui assurait une grosse influence. Ceux-ci étaient
comme lui membres de l'Administration du Musée Calvel.
Requien. avons-nous dit. était entré de bonne h eure dans le
Conseil du Musée comme administrateur nommé par le Conseil
municipal le 8 juin 1819 ; il fut ensuite. après la liquidation de
sa tannerie. nommé exécuteur testamentaire. le 25 mai 1838 ; il
deviendra enfin. nous le verrons plus loin. directeur du Musée de
1849 à 1851. Mais depuis plus de vingt-cinq ans. il exerçait les
fonctions de directeur sans en avoir le titre. Tout le monde s'ef-
façait devant lui ; sa grande expérience. son savoir. ses relations,
lui assuraient une autorité indiscutée. Aurait-il d'ailleurs soulIert
une contradiction? « Le Musée. c'est moi ! » dira-t-il un jour (=).
Rien ne se faisait donc sans lui au Musée. Il inspirait notamment
loutes les acquisitions et n'avait pas son pareil pour provoquer d'es
libéralités. « Vous faites arriver les dons de tous côtés. voire même
de l'argent pour des achats. lui écrivait Artaud. Vous avez si bonne
grâce en demandant qu'on ne saurait vous payer d'un refus :. (ut) .
Il obtenait beaucoup parce qu'il donnait beaucoup lui-même. Nous
allons le voir à l'œuvre pendant les années fécondes qui suivent
le transfert du Musée Calvet dans l'hôtel de Villeneu-ve. Pendant
cette période. l·institution. suivant l'expression de Louis Gillet.
conserva « l'élan de la nouveauté » (m) ; elle fut transformée et
développée dans de telles proportions qu'i1 ne paraît pas exagéré
de considérer Requien comme le second fondateur du Musée Calvel.

(m ) 1834. t. III. p. S77-433.


eU) Dans Elon testament du 21 janvier 1849 (Doc . . di'lltl"S, Ire édit, p. 68).
( 26 )Correspond. 'Requien, 287.348. ..
(121) Le Trésor des Musées de Province, p. 29.
. - 40-

II. - INSTALLATION DU MUSEE CALVET


DANS L'HOTEL DE VILLENEUVE

4. - LES TRAVAUX D'INSTALLATION.

Requien présida au transfert du Musée Calvel dans l'hôtel de


Villeneuve. Ce fut son ami Paul Renaux, architecte du .départe-
ment. qui dressa les plans et devis de la nouvelle inst all ation .
On fit bon marché des dispositions anciennes . Le vestibule
devait recevoir les an tiques ; on <lémolit les voû tes plates qui le
couvraient parce qu'on les trou vait trop lourdes pour les murs.
Dans les salons donnant sur le j ardin, on enleva les ch eminées de
marbre, les trumeaux et les glaces ; 'les bois'eries dispar.urymt
derrières les rayonnages de bibliothèque ; le salon du milieu , ancien
« salon de compagnie» devint la salle de lecture. Au premier étag'e
destiné aux tableaux, on supprima les séparations des chamb res
pour ne faire qu 'une grande salle dont le plafond, exhaussé ju. -
qu'à la toiture, reçut une forme cintrée ·suivant un « système in-
venté par Philibert Delorme • . Bien d'au t res détails des intérieurs
conçus par les Franque avec leur sens si juste des proportions et
des ensembl es dééor;lIifs disparurent également ("').
Les travaux marchèrent avec lenleur à cause de « la pénurie
des finan ces • de la vUle. Pour les activer, le Musée décida d'y
afTecter 3.000 frs votés précédemment pour l'impression des œuvres
de Calvel.
En octobre 1834, les locaux de Saint-Martial étaient à la
veille d'être complètement évacués et le mois suivant, les aména-
gements «. indispensables » touchant à leur fin , il fut décidé ' que
les personnes qui en feraient la demande seraient admises, à parti r
du 1" décembre, à visiter les lundi, mardi, j eudi et ven<lredi de
chaque sema ine de.10 h. du matin à 4 h. du soir (m). La première
visite publique eut lieu sans cérémonie le 3 mai 1835 ' ; la nouvelle
install ation eut aIors un grand succès et fut, d'après le journal
L'Echo de Vaucluse, l'obj et de « l'approbation unanime CU) . Pour
la circonstance, les trois gardien s, Monier, Maumet et Sigaud,
avaient reçu un costume « à l'uniforme du Musée », comportant
. r edingote, pantalon et gil et en drap bleu avec « boutons blancs »
et chapeau rond (m).
Pendant l'hiver qui suivit, on ferma temporair.ement le musée
pour parachever cette prem'ïère inst allation (m). C'est ·alors que

(12') Girard, Les Villeneu ve-Martignan , dans Mém. de l'Acad. de Vauolu$t ,


1935, p. 130·131.
(13') A l, p. 349, 354, ete. ; B 1, fol. 17 vo, 22, etc .
(130) L'Echo de Vaucluse , n OI du 30 avril, 2'8 ma i et 25 juin 1835.
(131) Chaque costume acheté Il à l'enseigne du Pauvre Diable)) cot1tait 56 rr. 3 ~;
le chapeau pris chez Ferréol, 6 ,fr. (A 1 , p. 363 et 370).
("') B 1, 101. 28.
-41-
fùrent mises en place, sur un des côtés de l',a ncienne salle des
antiques au ' le, étage, les grandes armoires vitrées, qui en ont été
retirées en 1946. Elles étaient l'œuvre du menuisier Brunet ("').
La réouve rture du musée eut lieu le 7 février 1836 ('M).

5. - DESCRIPTION DU MUSEE EN 1836.

Si nous voulons connaltre les aménagements du Musée à ce


moment, nous n'avons qu'à ouvrir de nouveau fe Tableau d'Aui~
gnon d'Alphonse Rastoul CU). Voici comment il nous décrit le
Musée:
« Une grande et belle cour qui aUend une porte en fer conduit
au vestibU'le où sont exposés d'un côté quelques monuments de
l'art au moyen âge, et de l'autre des amphores et des inscriptions
antiques ».
« A gauche, se trouve la saHe des antiques, où tout est disposé
avec un gotît exquis ; où l'on a tiré un parti merveilleux de l'irré-
gulari>té du local; d'abord, les monuments grecs et romains, ces
derniers provenant presque tous d'e fouilles opérées <'ftans le départe-
ment de Vaucluse CR), ,p uis, vient une galerie étroite consacrée aux
souvenirs du moyen-âge, et éclairée par des vitraux gothiques ;
enfin, 's ur la cour, les monuments égyptiens.
« En face, la bibliothèque qui occupe plusieurs salles prenant
jour sur le jardin ... »
« Au premier étage se trouvent la galerie de tableaux, les gra-
vures, les figurines, lampes, statuettes, momies; les manuscrits au
nombre de 750 et les médailles qui s'élèvent au chiffre énorme
d'environ 15.000.,. Dans la seconde salle au nord, on a placé les
ouvrages pittoresques, tels que le beau travail sur l'Egypte ; le
Voyage dans l'ancienne France de MM . Nodier, Taylor et de Cail-
leux ; le Musée de Robilla~d ; les Monument" de ['Hindostan ; la
Henriade avec portraits ... » •
Rastoul , revient sur la galerie de peinture, « Elle fut inau-
gurée en 1826, sous les auspices de MM. Carle et Horace Vernet :
depuis lors, des dons du gouvernement et des particuliers, ainsi que
de fréquentes acquisitions, ont agrandi le cercle de nos trésors

("') Elles coûtèrent 3,000 Ir, (A 1, p, 374.375),


n'rUnet exécuta ég.a.Iem~ nt en 1838 et cn 1850 des c( bijoutières » pour les
médailles (A 2, p. 21 e t 266). En 1863, l~ même Brunet garnit le <:ôté Nord de
la stl l1 e des antiques d'armoires en acajou sem.blahles à celles qu'il avait faites
cn 1835 (A 2, p. 521 et 547). A sa mort, cn 1873, Brunet. Cit au Musée Calvet
nn .legs de 3.000 fr. pour achat de gravures.
("') Ms, 3156.
(''') p, 304·307,
(13&) Une lithographie de Magny d'après Chan t·'ron insérée dans l'ouvrage de
Rastoul (p. 305) <lonne une vue de cette galerie qui deviendra plus tard la salle df'
lecture; on distingue la st.èle du quatuorvir d'Avignon, Iles deux statues antiques
de la collection Calvet el.• dans la deuxième partie de la salle, un des monume·n w
Mal'audi.
- 42-
artistiques. Presqu~ toutes les Ecoles se trouvent dignement repré-
sentées, et cela par les maîtres les plus célèbres ». Le journal
UEcho de Vaucluse du 7 avril 1836 dit également : « T out l'im-
mense vaisseau de la galerie est maintenant décoré de tableaux
qui produisent le meilleur efTet » (''' ) .

6. - VIS ITE DE STENDHAL.

L'année suivante, le Musée Calvet reçut une visite mémora-


ble. Arrivé le 12 juin 1837, Stendbal descendit à l'hôtel du Palais-
Royal où les souvenirs sanglants de 1815 (~ ) le plongèrent dans
une sombre méditation. « Afin d'oublier ces idées n oires, <lit-il, je
me suis Cai t conduire au Musée. Les tableaux sont placés d'une
manière ch armante, dans de grandes salles qui donnen t su r un
jardin solitaire, lequ el a de gr ands arbres. Il règne en ce lieu une
tranquillité profonde qui m'a rappelé les belles églises d' Italie ;
l'âme, déj à à ·demi séparée des vains intérêts du monde , est dispo-
sée à -sentir ,la heauté sublime.. .. » (-).

III. - DEVELOPPEMENT DE LA BIBLIOTHEQUE

7. - LA BIBLIOTHEQUE AU TEMPS DE REQUlEN.

A son arrivée dans l'hôtel de Villeneuve, la Bibliothèque ne


comptai t encore que 30.000 ouvrages ('~). On voit qu'eIle ne s'était
que peu augmen tée depuis la réunion de la Bibliothèque de la ville
au Musée Ca'l vet. •
Sous l'i mpul sion de Requien, les·acquisitions se multiplièrent ;
d'après un ét at dressé par Th . Clauseau, administrateur, les achats
de livres s'élevèren t du 19 avril 1823 au 30 décembre 1847 à
42.526 Crs 89. Quelquefois même, pour acquérir une coll ection
importante, on n'hésitait pas à entamer le capital mobilier de l'éta-

( U 1) Joutl ou (Av ignon, sOn histoi re, ses JX1'pes, ses monuments, 1842 , p. 368)
donne les précision s 6uÎvantes sur Id galerie Vernet « qui lorme un carré ~ong
et qui se divise en troi s parHe s. La première renferme les tablea ux de l 'enfance
de "art; la seconde, qui est la plus vaste, cont.ient la plu"p<lrt des grands lableaux;
dan s la troisième , plu6 spécia leme nt. aUoc lée 'à la gloire dc!l. Vernet, on a plaœ
leurs ouvrages e l quelques dons plu s nouvellement reçus l). Celte répartition a
subsisté jusqu'à ces dernières année5 .
(138) C'<,st cn efret dans cet 'hôtel qu 'avait é té assassiné le maréchaJ Brune.
(1311 ) Klémoires cL'un louriste , édit. Royer,"t. 1er, p. 285 ·286. La citation repro-
duite ci·dessus a élé gravée sur une plaque de pierre apposée en 19'29 dans le
jard in du Mu sée (voir"c i-après chap. V, S 13 et note 425).
( UO) C 1 (fi ln natt' du 19 avriI1~) .
- 43-
blis's ement ("') . Mais c'étaient quand même ,les dons, ceux de l'Etat
et ceux des parhicuJiers, qui constituaient les sources prin~ipales
d'en richi ssemen t de la bibliothèque.
Requien h arcelai t ses amis haut pl acés, Mérimée, inspecteur
général des Monuments historiques, le marquis de Cam bis, pair
de F ra nce, influ ent dans les ministères, J ean-Baptist e Teste, qni
avait' été a vocat à A"ignon et fut plu sieurs fo is minis tre sous Louis-
Philippe ('n) . L'action de Cambis, qui était, on s'en souvient, admic
nistrateur du Musée Ca,lvet et ami de Requien, ét ai t la plus cons-
tante comme la plus efficace ('~). Aussi j amais , autant qu'à cette
époque, les envois de l'Etat n'ont-ils été plus nombreux et impor-
tants . Le libraire Allouard, correspondant du Musée à Paris ('"),
écri vait alors : « Le Musée, par su ite de la haute influence qui le
protège, se voit acco rder toutes les publications sans exception
qu'encourage le gouvernement :& (161).

8. - DONATION DE LA BIBLlOTHEQUE HISTORIQUE.

Requien sollicitait également les dons particuliers. Mais les


siens étaien.t de beaucoup les plus généreux et les plus fréqu ent,.
De toutes ses largesses, la plus imporl:ante fut la donation de
sa « bibliothèque historiqu e » .
Avant lui, la hibliothèque du Musée Calvet n 'avaH pour ai nsi
dire pas de fonds loca l. L'ancienne bihliothèque municipale ne
possédait que quelques volumes de la petite collection du chanoine
de Véràs et celle de Calvet n'éta,it guère mieux pourvue.
« Convaincu qu'une des choses les plus utiles à un pays est
le recueil des documents qui le concernent », Requien s'était a don-
né à leur recherch e et « non sans peine et non sans dépense >, il
avait pu réunir, au bout d'une trentaine d'années, « une biblio-
thèqu e de livres imprimés ou manuscrits relatifs à Avignon, au

( 141) Ainsi. -le 23 avril 1844 , un arrêté du IPréfet de Vaucluse au torise Je Musée
à aliéner 100 fr. de rente 5 % pou r ('n !!mployer le capital à l'acqui sition de vingt.
volumes du Recu eil des historiens des Gaules et de diverse-s publica tions similaires
(C 1.).
(142) Lettre è Teste, m inistre des Travaux publics, du 26 décembre 1842 :
t( L'Adm inisl.ration du Mu sée Calvel d 'Avig non n 'oubliera jamais ce que cet
é tablissement doit à la haute éloquence et ail dévouemen t si éclairé e t si actif
qui vous en ont e n quelque sorle rendu ·Ie second fond..'ILeur .. . )) ( B l , fol. 65).
(1.3) Nombreuses leUres mini stérielles ad ressées à Cambis principalem ent de
1839 à 1842 (C 1).
(144) Mlouard est resté Œ rrespondant de la bibliothèque à Paris jusqu'en
1880. " sera remplacé par Gaulon , puis Ipar un aut·re lib raire, Isidore Barne l, qui
était orig inaire d'Avignon. L'année suivante, Barnel décédé , on reprendra Gaulon
qui sera remplacé en 1885 par .Ia librairie de la Société bibliographique (A 4 , fol.
32 vo, 41 vo, IlS). A partir de 1891, on renonœra à avoir un corresponda nt -à
Pari s et on 5'ad re~ra dès lors à un li braire d'Avignon (A 6, 28 nov. 1891) .
(loU) Ldtre du 23 mai 1848 (C l, à la date). Un des minietères qui fu t le
plus génére ux fut celui de la 'Marine, "à qui le "Musée Calvet dut a-loTs le don de
plll sieurs dcs beJl('s puhlica tions de v oyage~ . comme ceux de Dumont d 'Urville.
- 44-
dèpartement de Vaucluse et aux trois provtinces qui l'entourent >,
bibliothèque qu'il c<>nsidérait à juste titre comme la plus complète
qui fût.
Cette collection qu'il appellera « Bibliothèque historique <lu
Midi de la France > , il avait e]l l'intention de la donner après sa
mort, mals « voyant, chaque jour des lecteurs demander à notre
bibliothèque des ouvrages qu'elle n'a pas et que je possède >, il
s'était décidé à l'offrir immédiatement, à condition toutefois qu'on
construirait une salle pour la recevoir, aucun des locaux existants
n'.é tant alors disponible C").
La proposition de Requien présentée à l'Adm;nistration du
Musée dans sa séance du 5 janvier 1839 fut accueillie avec reCon-
naissance. Le don était inestimable et les quelques chiffres qui
suivent permettront d'en apprécier l'importance. Cette bibliothè-
que comprenait en effet :

1· Imprimés :
in-S · et petits formats 2.326 volumes
in-4· 7S2
in-folio .............. . . .... .. 149
affiches et placards 14
2·) Manuscrits in-fol. et in-4· . 301

Total.. 3.572

Il est à remarquer que nombre de ces volumes sont des recueils


de pièces et beaucoup de celles-ci des exemplaires uniques. C'est
également, grâce à Requien, qu'on trouve au Musèe Calvet, et là
seulement, la série presque complèt.e de tous les journaux publiés
à Avignon et dans le département de Vauclu se, à commencer par
le fameux Courrier d'Avignon qui a <lébuté en 1734 ; cette collec-
tion formait au temps de Requien, plus de 100 volumes in-folio,
in-4° et in-8 °.
Ce qui ajoute encore du prix à· la Bibliothèque historique,
c'est qu'elle n'était pas limitée à la seule ville d'Avignon et au
Comtat Venaissin ; ainsi, en ce qui concerne la littérature pr<>-
ven~ale pré-mistralienne, elle a gr<>upé presque toutes les publi-
cations de langue d'oc.
La salle que Requien avait réclamée pour recevoir sa collec-
tion, la Ville ne mit pas de retard à la construire. Elle fut bâtie
dans le bosquet qui occupait le fond du jardin, perpendiculaire-
ment au grand bâtiment élevé par les Franque C"). Le plan signé
« Charles <l'Eyssautier, architecte de la ville d'Avignon >, montre
qu'on projetait dès cette ép<>que de la prolonger en bordure de la
rue Bouquerie jusqu'à la rue Basile (aujourd'hui rue Horace Ver-

(14.1) Documents divers, 1re édit :. p. 4R et suiv.


("') Ms. 3157 et 3787.
-45-
net) , ce qui devait si malheureusement défigurer l'ensemble archi-
tecturaI et pittoresque réalisé au XVIIlm. siéele ("' ).
A la fin de 1839, la saHe de la Bibliothèque historique était
« sur le point d'être achevée» et les armoires placées. Requien y
tU transporter aussitôt les livres et manuscrits composant sa dona·
tion ("'). Par la suite, cette salle deviendra la « Galerie des illus-
trations Vauclusiennes » ou · plus brièvement. la « Galerie Vau-
clusienne ».

En 1841, la collection Moutte vint rejoindre la collection


Hequien .
Xavier Moutte, ancien pharmacien des armées de Napoléon,
avait recueilli, on ne sait comment, les manuscrits d'un chanoine
du XVIII'" siècle, Henri-Joseph-Léon de Massilian, qui avait com-
pulsé avant la Révolution les chantriers des institutions ecelilsias-
tiques d'Avignon et par suite .prit note de nombreux documents
disparus. Les précieux recueils de fiches et de copies ainsi formés,
accompagnés d'une certaine quantité de livres et de pièces impri-
mées, Xavier Moutte les donna au Musée Calvet pour « compléter,
disait-il, la belle collection Requien • ('M).
Victor-Dominique Chambaud a été secrétaire-trésorier de l'ad-
ministration du Musée Calvet, puis conservateur de 1841 à 1849
date de sa mort ('''). Fils du notaire Dominique Chambaud qui
avait commencé des mémoires sur la Révolution d'Avignon et
recueilli des documents, ainsi que des brochures sur cette période,
Victor Chamballd continua l'œuvre paternelle ; il concurrençait
ainsi Requien, avec qui il s'entendait, paraît-il, fort mal. Outre ses
recueils sur la Révolution, il avait composé de volumineux manus-
crits de notes sur l'histoire locale, ainsi que plusieurs études histo-
riques qui n 'on t pas perdu· toute leur valeur. A sa mort, ses recueils
et ses notes restèrent à la bibliothèque (W). Il est à remarquer que
nombre de pièces qui se trouvaient dans sa collection et man-
quaient à celle de Requien, passèrent alors dans cette dernière ; ce
fut le sort notamment des affiches et des placards.

9. - FONCTIONNEMENT DE LA BlBLIOTHEQUE.

Citons Rastoul une fois de plus, « La Bibliothèque, nous dit-il,


occupe plusieurs salles prenant. jour sur le jardin. La division des
malières est logique et rationnelle. Dans la première salle, la Théo-
logie ; dans la seconde. la Jurisprudence ; dans la troisième, les
Sciences et Arts; dans la quatrième, les Belles-Lel/res ; dans la

(lU) Le plan de Ch. d'E)'ssa utier est conservé au Musée Calvel.


(1"' ) Documents divers, Ire édit., p. 54.
( 150) J. Gjr~rdt Catalogue des ouvrages concernant Avignon, t. 1er, p. XlII
( 131 ) li é tait né à Avignon, PJroissse Saint-Symphorien, le 2 novembre 1773.
Dans le pos te de coneervat.eur du Mu sée Calvel, il avait suooédé o. Casimir de
Blégier (1838· 1840) qui lui-même avait remplacé Joseph Guérin.
(1112) Labande. Catalogue général des manuscrits, t. XXVII , p. XCIV-XCV.
-:- 46-
cinquième, l'Hist oire. Les corridors et cabinets latéraux sont rem·
plis de livres doubl es et d'ouvrages que l'on n'a pu classer dans une
de ces grandes divisions.
« La Bibliothèqu e est ouverte, plusieu rs jours de la semaine,
aux hommes de recherches et de "laborieuses investigations ; même
un e clause du testament du docteur Calvet enjoint aux conserva-
teu rs de délivrer du papier et de fournir des plumes et de l'en cre
à toutes les personnes qui en useront avec discrétion » (1"" ).

S ÉANCES "E LECT U R E. _. Les _jours d'ouverture de la bibliothè-


que étaient les lundi, mardi , j eudi et vendredi , de 10 h . à 4 h . En
1838, i, la demand e du Ministre de l'Instruction publiqu e, on ins-
tauta en outre des séances de ,lecture (ru soir -de 6 h. ài 9 h ., du 1"'
Novembre à P âques. Dès 1839, le nombre des lecteurs assidus à ces
séances « dépassait toutes les espérances » ; on en comptait jus-
qu'à trenle ! (!iH). Ces lectures du soir ne pouvaient se faire dans
l'ancien salon de compagnie à cau se de la trave rsée du jardin non
éclai rée. Elles eurent lieu provisoiremen t dans la « salle de l'admi-
nistration > . Puis en 1840, pour rapprocher la salle de lecture de
l'entrée du Musée, on l'in stall a dans son local ac tuel ('U). On se
rappelle que celui-ci avait été, à l'origine, salle des antiques; toutes
les antiquités furent dès lors groupées <lans le vestibule.

IN SPECTI ONS GtNÉ RALES. - L'intervention du Ministre en fa-


veur"des séances du soir faisait partie de tout un ensembl e de mesu-
res destinées à organiser et à contrôl er en France la lecture publi-
que. De ce nombre, fut l'établissemen t d'une inspection générale
àes bibliothèques in staurée par ordonnance royale du 15 mars 1839.
Le 14 juin 1841 , le P réfet de Vaucluse informa le Maire d'Avignon
qu'en conformité de cette ordonnance l'inspecteur général ' F èlix
I\avai sson visiterait du 15 juin au 15 août les bibliothèques d'Aix,
Marseille, Avignon, Carpentras, Nîmes, Montpellier et Tou louse CM).
A partir de celte époque, la Bi'b liotbèque r ecevra régulièrement les
inspecteurs générau x; quelques-uns d'cntre eux, Baudrillart. Ulysse
Robert, Po l Neveux, ont laissé un grand souvenir.

CATALOGUES. - C'es t sous l'im.p ulsion du Ministère qu'on s'oc-


cupa du catalogue des imprimés .
Calvel avai t établi celui de sa bibliothèqu e. II fut repris dans
le catalogue de Dejean en 1814 et continué jusqu'en 1827. Pour tes
livres de la bibliothèque mun·icipa le, il y avait les catalogues rédi-

(153) Raslon! , Tableau d'Avignon , p. 305·306.


(1;;4) :\ 2, p. 15 ; B l , fol. 39 ct 43 va .
("") fi J, fol. 51.
(US) C 1 (à la dak). Les inspect.eurs généraux cités dans ,le paragraphe c i.
~es su s sont Félix Rava isson-Mollien, célè bre philosophe ct archéologue (1813 ...I 9(0) ,
Léon Bal.ldrillart, économis te (182 1-1892), Ul ysse Roberl , ;membre de l'AcadémÎe
dee In ~ ription s (1845 -1 903), Pol Neveux, m embre dc J'Académie Goncourt (1865-
1939).
-47-

gés par le chanoine Calvet. Sous Louis-Philippe, ces répertoires


étaient périmés.
Sur l'intervention de Cambis, le Ministère accorda une sub-
vention de 500 frs pour la réfection des catalogues ("'). Le travail
de rédaction des cartes fut commencé par le sous-bibliothécaire
Larribe et continué par son successeur Cathelany. Celui-ci, qui
cumulait ses fonctions avec celles de receveur du Musée, abandonna
ces dernières pour se consacrer exclusivement au catalogue. En
1842, on put adr·esser au Ministre une copie de la partie « Histoi-
re » ; en 1843, celle de la partie « Bclles-LeUres » et en 1844, celles
de la partie « Sciences et Arts , et de la partie « Sciences naturel-
les " celle-ci rédigée par Requien ('" ). En 1847, la commission
constatait que le catalogue était fait aux trois quarts et que, main-
tenant, les lecteurs avaient à leur disposition 4 énormes volumes
in-folio contenant ensemble plus de 3200 pages ("').

Le Ministère s'intéressait aussi à la rédaction des catalogues


de manuscrits. Le trop fameux Libri avait été chargé d'une mission
à ce sujet. Le 13 septembre 1842, le maire d'Avignon annonçait
son arrivée. « Veuillez, je vous prie, ajoutait·il. assurer à M. Libri
toutes les facilités qui lui seront nécessaires pour l'accomplisse-
ment de sa mission » ('00 ). On sait que Libri pilla effrontément les
bibliothèques publiques et fut condamné en correctionnelle . .Mais
le Musée Calvet, où la défiance était extrême et la surveillance très
stricte, ne fut pas victime de ses déprédations ("').

10. - L'INONDATION DE 1840.

La bibliothèque eut à souffrir de la grande inondation de 1840,


un e des plus fortes qu'on ait connu e à Avignon. Bien que l'hôtel
de Villeneuve soit surélevé d'environ 1 m .. 50 au-dessus du niveau
de la rue, les eaux pénétrèrent dans les salles 'le 2 novembre dans
la soirée ; dans la bibliothèque, on avait eu le temps d'enlever les
livres du rayon inférieur. Mais après une courte baisse le 3, les
eaux remontèrent de nouveau dans la nuit du 3 au 4 et s'élevèrent

(m) C 1 (26 lévr;er 18(2) .


( m ) B 1, loi , 75.
(1 15' ) A 2, p. 205. - Ces anciens catalogues avaient été rédigés d'apI'$ le
cadre de cla ~ m c nl donné dan s la première éd ition du Manuel du l~braire du
rameux bibliographe Brune t. De ·Ji'I, certain s litres qui par la suite choquèrent. des
lecteu rs. Ain :si l 'un d'eux fit insérer en 1879 Hne p rotestation dans le journal
Le p etit .\ léridwna.l de Mon tpel'Iier à eau se du mot Anarchie employé dans le
catalogue pour dési gner les gouvernements qui s'étaient 6ucœdé en France depuis
1789. La .co mmission du Musée répon dit que la rédaction du catalogue datait de
1840 e t qu'on n 'avait fai t que reproduire alors 1&.1 titre's adoptés par Brunet (B 4,
loI. 187v·· 188).
(''') C 1 (à la dale).
(1111 ) A J'occasion du procès de 'L ibri, j'ouvrage Omnia opera Mantuan.i avait
été envoyé en dépôt à la Bibliothèque n:l tionale. Il ne tut renvoyé par celle-d
qu'en 1878 (A 3, loI. 179 v' el B 4, loI. 142).
- 48-
a 70 ou i5 centimètres au-dessus des carrelages; les seconds rayons
de la bibliothèque furent aUeints ('M) . 1500 volumes environ furent
détériorés. La bâtisse subit quelques dégâts (,a) et l'inondation
laissa une humidité persistante, « fléau opiniâtrement attaché à
tous les rez-de-chaussée de notre ville » ('~) et si préjudiciable à la
conservation des livres qu'on envisagea un instant l'évacuation
de l'hôtel de Villeneuve. Il fut en effet question de le céder au
Conseil général qui en aurait fait la Préfecture de Vaucluse ; avec
le prix obtenu, on pensait pouvoir « construire a Sainl-Martial et
sur un plan régulier des galeries qui permissent de réunir à ce qui
s'y trouve déjà la bibliothèque et le reste des collections» ('U). En
18154, ce projet n'était pas encore abandonné ('M).

IV. - LES COLLECTIONS D'ART

11. - DEVELOPPEMENT DU MUSEE : LES ANTIQUITES.


I.E MUSEE NANI.

Pendant et surtoul après le transfert dans l'hôtel de Villeneu-


v·c, dons et acquisitions ne chômèrent pas. En 1832, achat de
tableaux et d e gravures il la vente Deleutre ; amateurs et mar-
chands s'effacèrent devant Requien et les prix payés furent bien
inférieurs à ceux qu'on avait escomptés ("') . En 1833, Artaud se
rend, pour le compte du Musée, à la vente de la collection Sallier,
a Aix ('M) ; il y acquiert ue morceau hors de pair, le célèbre Torse
,/"Apollon Sauroctone CM), un bas-relief gréco-romain représeu.

(1112) A 2, p. 83-84 ; Ms. 3156. En 1841, la Commission d~ida d'instaJler,


dau s la Cour du 'Mu sée, une plaque de marbre 1( pour consta ter la hauteur des
dh:erscs inondat ions» (A 2, p. 94) ; ce projet ne fui p36 réalisé i on se contenta
d'une plaque de {on te donnant le niveau dt, -1840 j plu s lard, une p1aque d-e
marbre rut ajoutée pour indiquer ce lui de 1935.
(163 ) Ainsi le perron de la COUf d 'entrée qui était de forme pentagonale dut
êLl'e 'l'efait e t reç ut ln diflpos ition rL'CIlIugulairc qu'il présente aujourd'hui. On con·
serve au Musée Calvct un dagllerréot)'pe représentant ] n façade avant la transforma -
lion un perron.
(''') A 2, p. 180.
(Il l) DéIibêralion de la Com mission du Musée du 27 décembre 1845 (A 2 ,
p. 180·1S2).
(ue) M. Il. Chobaut a bien vonlu me communiquer un dossier de plans et
devis établis cn 1854 pour l'instaJ.lation de.Jo Préfecture de Vaucluse dans )'H6te1
de Vill4..'neu\'c (Arch. de Vaucluse, Série N, Bâtimen16 départementaux, prefecture.
carton 1850.1 8(4).
("') A 1, p. 311·3-13 eL Ms. 3155.
(''') Ms. 3155.
(ln) Héron de Viljcfosse. l~e Torse d'AppoUon. Sauroctone au Musée Calvet,
uans Fondation. Piof. Monuments et rn.imoire.ç. tome XIX. 2e rase., pl. 13,.
- 49-
tant un banquet funeraire (n.) et plusieurs pièces égyptiennes.
entre autres une peinture sur stuc d'une grande qualité (m). D'au-
tres pièces égyptiennes entrèrent au Musée Calvet par achat en
1836 et par don de Clot-Bey en 1846.

:.
Une des affaires les plus importantes conclue~ alors par le
Musée Calvet fut l'acquisition des marbres grecs de la coI.lectit>n
Nani qui témoigne d'une grande hardiesse de la part de Requien
et de ses collègues. Cet événement si remarquable mérite qu'on
s'y arrête un instant ("%).
La collection fo.rmée au XVll'"' e t au XVIllm, siècle à Venise
par la famille .p atricienne des Nani comprenait des tableaux et des
objets d·",rt. aussi bien que ·des antiquités. Elle tomba au début du
XIXm, siècle entre les mains 'd'un français. A.-L. de Sivry. établi
ft Venise. Celui-ci la mit en vente. Le gouvernement impérial autri-
chien acheta les tableaux et les objets d·arl. A.-L. de Sivry intéressa
il la vente des marbres grecs le numismate Michel Hennin . de Paris.
Hennin qui était en relations avec Requien -e t connaissait son
désir d'enrichir les coUeetions du Musée Calvet lui signala les
marbres Nani en 1840 et le poussa fortement à les acquérir. Après
de longues négociations épistolair·es et renseignements pris à Venise
par les soins du consul de France sQllicité par le Marquis de Cambis.
le Musée Calvet dècida d'acheter la collection au prix de 10.500 frs.
payables par annuités de 1.500 frs de 1842 à 1848 ('n). Entre temps.
Michel Hennin avait pris l'affaire à son compte (''').
Les marbres vinrent par mer de Venise à, MarseiHe où ils arri-
vèrent le 19 février 1842.
Transportés aussitôt à Avignon où ils étaient impati emment
attendus. ces marbres qui sont aujourd 'hui un des titr·es de gloire
du Musée Calvet. causèrent quelque déœption. Requien dut lui-
même manifester de l·humeur. car Hennin lui écrivit : « L'effet
produit en général par l·es monumens du Musée Nani est tel . d'après
ce que vous m'en "dites. qu'on devait s'y attendre. Les monuments
anciens sont appréciés par les .p ersonnes instruites ... ; mais au pre-
mier aspect. ils I).e frappent pas les masses. Cependant une collec-
tion comme celle que vous formez finit toujours par être jugée
comme el,le doit l·être .. .. ,lorsqu'un peu de temps e t un arrangement
convenable ont contribué à former l'opinion publique » CU).
En haut lieu. l'initiative du Musée Calvet fut hautement appré-
ciée et une letlre du Directeur des Beaux-Arts transmit les féli-

(110) Espérandieu. Recne il gênéral des bas· reliefs, statues et bustes de la. Gaule
romaine. 1. J, nO 76.
(171) Reproduit€' par A. Moret, Le Nil et la civilistttion tgyptienne, 1926 , pl. XIII..
(112) Vo ir le dOS6icr complet de celte aUaire dans C 1 (Correspondance du
Musée Calvel, 18 11.J 845).
( m ) A Z. p. 103-107 (délibération du 16 octobre 1841).
{l U) Lettre à Requien du 22 mars 1841 (Correspondance Requi-eD , 7391.7407).
(17.'1) Lettre de Hennin du ]7 octobre 1842 (Correspond. Requien , 7391 .7407).
-50 -

citations du Ministre ("' ). Mais à Avignon, l'opinion resta réti-


ve ('n) et nous verrons qu'on fit longtemps grief à Requien de
l'acquisition des marbres Nani . Ce ne sera que plus tard que cette
précieuse coll ection sera appréci ée à sa juste valeur ; on sait que
Théodore Rein ach y a retrouvé le seul texte épigraphiqu e où le
nom de Démosthène, martelé dans tous les documents de ce gebre,
mais ici insuffisamment, peut être encore déchiffré en b) .

A ces marbres, vinren t s'ajou ter en 1847 une petite collection


de 66 vases grecs l'rovenant de fouilles effectuécs dans des tom-
beaux à Ath èn es et aux environs par Chaix de Verninac, directeur
à e la poste des bateaux à vapeur à Athènes, en 1845-1846 ; ces
pièces furent données par un des administrateurs, Théophi-le
Clauseau.
Dans le groupe des antiquités romai n es, signalons le legs
Cl ément, de Ma rseill e, -en 1842, et des acquisitions d'objets des
coll ections P erro l et Aubanel, à Nîmes , l'année suivan te.
Les séries locales s'cflrichirent également de pièces de premier
ordre. Le fameux Guerrier gaulois, d e Mondragon, ful acquis en
1834 (''' ). Les bas-reliefs Maraudi de Vaison (''' ), l'année suivante ;
ceux-ci avaicnt coùlé 1.400 frs , plus 1.189 frs 50 pour les frais
d'enlèvement et de transport; le Mi nistère ayant accordé une sub-
vention de 1.000 frs , la dépense total e se réduisit à 1.589 frs 50 ( ~ ).
En 1849, le Musée put se procurer J'étrange statue de monstre
androphage, trouvée à Noves (Bouches-du-Rhône), sorte d'ours ou
de lion ten a nt d a ns sa gueule des restes. hu mains et appuyant ses
deux pattes anté rieures sur des têtes barbues CS!). En outre, en
1838, en 1841-1 842 , des fouilles à Vaison avaient fo urni de riom-
b'reux obj e ts, poteries, verres, bronzes ('a ) .

12. - LES MONUMENTS GOTHIQ UES.

La période de Louis-Philippe, si féconde en résultats heureux


pour le Mu sée Ca lvet, coïncide avec le grand saccage des monu-
ments gothiqu es d' Avignon par le va ndalisme bourgeois. C'est alors
qu e furent détruits les couvents des Dominicains, des Cordeliers et

(116) Lell re ciu 22 avri l 1842 (Ms. 3155).


(171) Ma lgré les c rrorl s d u j ourn al L' Indica teur d ' Avignon qui multiplia les
artidt's élog ieux c L publi a le ca talogue complet tle la collectio n No ni (nOI du 13
au 17 m nl';; 1842) , t.ir~ il part SOUs le titre: Mal'ures gf';ecs et rom ain s provenant
du Mu sée ;\'<tlli de l' e ll i,~t~ acquis en 18·U par l' Ad.mini,d ration du Mu s~ Calvet
d ' A 1J iflnOn (Avig nort , imp\'. JaoqucL), 5, d" in -12, 16 p.
(' 77 h) Th ~od o l't · f{ einoc h , Pier,.es qu,i route nt. I. Un déc ret de Démosthène
ou Musée d' Av ignon (Hl'lltl-e des Ettldp.s grecqu es, t. X11I , 1900, p. 158-169) .
( li 8) Espéra ndie u , 8 as· reliefs , 1. l , n O 27l.
(1 79) E ~ p é randi (,lI, l. (. n OI 290 et 293.
( 180) A l, p . 364 cl Ms. 3155.
( 181 ) Espéra ndieu , Bets· relie/s , t. l, n O 121.
("') M•. 3155.
-51-

des Augustins, que furent mutil és et dévastés ceux de Saint-Mar-


tial et des Célestins, ainsi que l'ancien palais de la commune d'Avi-
gnon c~mnu depu is la dom~nation pontificale sous le nom de Vice-
gérence.
Le Musée Calvel" s'attacha à rassembler tout ce qui pouvait
être sauvé de ces illustres édifices, statues funéraires, colonnes de
cloîtres, chapiteaux historiés, morceaux de décoration, etc. C'est
alors qu 'il recueillit le bas-relief roman dit de la Vice-gérence re-
présenlan t un chevalier d'A vignon en équipement et monture de
guerre ('U), la bell e pierre tombale de Raymond Roger de Beaufort,
oncle du pape Grégoire XI ('U) et celle d'Olivier Darian, archidia-
cre dè Béziers ('U), .la Pietà du collège Noire-Dame de Pitié, rue
Ann anell e C~) , 'deux tombeaux monumentaux, un arc et des élé-
men ts de cloît re, ainsi que divers fragments provenant du couvent
des Dominicains (U'), de nombreuses statuettes de t ombes gothi-
ques CM), les statu.es, lc bas-relief du transi. et de nombreux débris
du fa meux to mbea u du cardin al de Lagrange (~), et enfm une foule
·de scu lptu res ou de fragments, reliqu es trop souvent mutilées des
trésors d'a rt que l'époque des papes et des légats avait prodigués
dan s les églises d'Avignon . .
Uabondanle récolte s'entassa dans la cour de l'hôtel de Ville-
neuve en attendant l'aménagement d'une salle qui put les rece-
voir . Le 3 mai 1837 , l'Administration ·du Musée écrivait au maire:
« Il existe dans la cour même d'entrée un assez vaste local
occupé auparavant par les mo ulins à soie de M. Deleutre. Ce local,
approprié et exhaussé au niveau du vestibule et éclairé par .le haut,
serait suffisan t pour placer d'une m anière convenable et les monu-
ments du moyen âge ct les portraits de nos illustrations. Les dépen-
ses ne s'élèveraient Probabl ement pas à plus de 4 à 5.000 frs. Cette
somme qüoique forte ne parait pas e1(hor bitan te » ('M).
Les plans (:I.e la nouvell e' salle furent approuvés en 1838. Au
préalable, on avait fait examiner le mur de façade sur la-cour-qui
présentê "cm son mi lieu «' un cintre- assez' prononcé » produit sans
doute par la pesée de la voûte qui couvrait primitivement cette
salle ; l es experts estimèrent le mur parfaitement solide tout en
conseill an t de le m unir de quelques tirants ('U). La salle fut alo rs

( 183) Don Bosse frères, maçons, en 1834. "·Mérimée, J'·oles d'ull voyage dall3
I.e M idi de la France , p. 150.
(184) }> roy-c nanl de l 'église .St-Martia l. Don de la Ville, cn 1835.
( 18.5) Acquise en 1835 pal· échange du Générul vicomte Lenoir, commandant la
s u cc1Jn~a l e
des Ifl\'alidcs, contre l'flistoire de Fran ce de Daniel, in _4°, 17 vol.
(U') Don Ca l'loux, :pépiniériste , -en 1835.
(lS7) Don H. de Châtillon e t Pons, propriétaires ùes Fo nderies de Vaucluse, en
1836 et années su ivantes .
( US) En 1837 , achat de 4 staluettes alhlih·e ct 8 c hapiteaux gothiques, e nsem-
hI c. 45 (r. ; huil !\ Ialuctl es albâtre provena nt du tombe.1" du cardinal Philippe
Je Cab!lssole 11 Bonpa s, acquises du c m é de Caumont, pr ix 100 fr. (A 2, p. 3 et 9).
(189) Provcnant de .1 'ég 1i ~e St-Martia l. Don de la ville, 1839.
("') BI , fol. 31. ,-
~
(m) A 2, p. 26 el Ms. 3157.
,:;; .,;:
~:.,' r;..;.
-~-
débarrassée de ses agencements industriels et de la roue hydrau-
lique qui avait servi à actionner le moulin à soie des Deleutre.
Elle était terminée en 1841 et fut aménagée lentement au cours des
années suivantes ('ft). Elle reçut le titre de « Salle des monuments
gothiques » qu'elle a conservée jusqu'à la création du Musée lapi-
daire en 1933.

Le sauvetage des souvenirs gothiques, le Musée Calvet ne le


pratiquait pas seulement à son profit. En 1833, il intervint pour
empêcher la destruction des peintures du Palais des Papes ('»). En
1849, pou r contribuer à la restauration du rétable de Laurana, le
Porlemenl de croix, il restitua à la fabrique de Saint-Didier deux
fragment s de cette œuvre célèbre ('H) .

.13. - LES PEINTURES.

En même temps que les sculptures, on recueillait les « ta-


bleaux gothiques » - qu'i,ls fussent français ou étrangers, - du
XVme ou du XVlme siècle ; on faisait ainsi preuve de compréhension
et de goùt, car de telles œuvres étaient peu prisées à cette époque.
En 1834, on acheta à Astruc, marchand d'Avignon. « sept
t abl eaux gothiques » pour .le prix total de 165 frs ("'). 1836 est
l'année où il est entré le plus de tableaux au Musée <lepuis l'achat
de la collection S..uvan. Les tableaux gothiques acquis .. lors com-
prennent: le tableau à ·deux faces: l' Sainl Michel; 2 ' l'A nnon-
ciation CM) ; Simon de Châlons, Adoration des bergere. C~t) ; deux
panneaux du XIVm. siècle représentant l'un Sainte Barbe et Sainte
Luce, l'autre Deux Saints ('") ; la Création de l'Ecole flaman-
de ('") ; la Résurrection de J ean de Koerbecke ("'). En 1837, on
achète· la Fon taine de pitié (~') ; en 1841, le Bienheureux Pierre

(192) BI, fol. 67 . La I( roue hydraulique Il avail .é te installée a1,l XVIlle 6iècle
pour é lever le plan d 'ea u de la Sorgue el pe rm ettre ainsi I{ l 'alimentation du jet
d 'cau qui ~x i s tilit au milieu du jardin )) de. l'hô tel de Villeneuve . Sa suppression
élait r\.~ l améc par les voisins de la rlle Caladc (rue Joscph·Vern-ct actuell e) d~puis
1834 (C 1, 27 juin ct 13 .ont 1834).
( U3) Lettre du 29 janvi.e r 1833 au maire d'Avigno n (B . l, Col. 13).
('U ) Délibération du 29 "'ptembre 1849 (A 2, p. 224).
(''') A l, p. 350.
(I") N° 10 du cala logue 1924. Acq uis de Joseph Bouscarle (100 fr.).
( lU) N0 fi du ca Lalogu.e. Acqui::; du Grand Séminaire d'Avignon en échange
de livres doubles .
(198) N0 411 ·412 . Acquis de Gu~rin t marchand d'Avignon (25 tr. c haque).
(U9) N0 485. Don du baron de Montfaucon.
eOO) N° 473. Acquis de Guérin, en !S36, pTÏx (100 fr. ) . C'es L un panneau

d'un grand· relable ('x,'ic ul ~ en 1457 ponr l'cgliSt.' du monast.ère de MarienCeld , à


Mün :::tcr (\Vcslpha·lil') cl .dispersé cn lre Münster, Bà·l c, Avignon ct Chic.1go ( Hu gcl.
shofer , dan s Zeitschrift für Bildende Künst , 1930).
(20 1) N° 8 . Acquis de Lun~l, marchand d'Avignon , en m êm e tempe qu 'un
autre tableau gothique non spécifié , une épée ct une urne de verre, le tout pour
70 rr.
-53-
de Luxembourg en extase (M) ; en 1844, le re/able du couvent de
Saint Ma urice à Venasque ('œ), et en 1852, la Mort de la Vierge, de
l'Ecole d'Avignon (-). Ces viei lles peintures, à leur entrée au
Musée, ont ét é souvent l'obj et de restaurations ; on cite parmi les
restaurat eurs employés à cette époque, un certain Dubois en 1828,
le peintre Clérian, d'Aix, et Pierre Fontana en 1835-1836, et un
certain Peyre en 1837 (-).

Il est surprenant qu'une ad ministra tion si active et si avisée


n'ait pas su' ou pas pu retenir à Avignon les portraits d'Angelo
Don i et de Magdalena Strozzi, par Raphaël, conservés dans l'hôtel
des Donis, rue Dorée (au jourd'hui rue Cbauffard). Après la vente
de l'hôtel en 1845 (- '), les deux ta bleaux reprirent le chemin de
l'Italie, laissant à Avignon la déception d'une occasion manquée.
Jules Courtet, qui avait ét é administrateur du Musée Calvet de
1861 à 1873, par conséquent à une époque où le souvenir de cette
affai re étai t encore présent à toutes les mémoires, nous dit dans'
son Diction"",ire des communes: de Vauc/uS'e : « Dans il enr galerie
à Avignon, les Donis avaient les portraits de deux membres de
leur familole peints, disait-on, par Raphaël. On les eût donnés, il
y a quelques années, pour un prix raisonnable', mais le nom du
peintre faisait élever des doutes. Portés à Florence, ils ont été
reCQnnus auth entiques et ont excité l'enthousiasme général. Le
grand-duc de Toscane les paya 72 .000 frs et ils sont aujou rd'hui à
la place d'honneur dans le Pal ais Pitti. Comme dédommagement,
le Musée Calvet a reçu deux bonnes copies de l'époqu e. Le doute
a souvent ses inconvénients . ('").

Parmi les tableaux modernes, les principales acquisitions de


cette période sont le Portrait d'un étudiant florentin par Capas-
sini (=) ; le Portrait d'homme autrefois aUribué à Holbein (.. ), le
Portrait de Sebastien Bourdon par lui-mêine (-) ; le Portrait de
vieille religieuse, par Lenain (m) ; Mme de Montespan et son fils
le duc du lIIaine, par Pierre Mignard (m), le Portrait de Lasso-

«(2 0:1) N° 3 . Acquis - de Bernard d'Orange en même temps qu'une « hache


gauloise )} et une (( lête ma rbre li, ensemble 110 fr.
(203) N0 7. Acquis de Reynes, professeur à l'Ecole des Bea ux. Art-s d'Avignon
(150 Ir.).
(2 04) N0 474. A.cquis de Sauvet , mnrchand li. Avignon.
(205) Payement 8. Dubois d(' 666 fr. en 1828 (E 2, p. 41) ; leUre de Glé rian à
Rcquien , du 22 juillet 1835 (C 1 , à la date) ; (acture de Pierre Fontana , 24 (évrier
1836 (ibid. ) , et leUre de Barj avel à Requien, du 24 mai 1837 (Correspond. Requien,
n" 1756.1771) . .
(205 b) A. Marcel, dam Ms. 5606, ( 0 1. 819.
(20e) Courtet , Dict. des communes de Vaucluse, p. 172, note 1 (Voir ci-deesus
Chap. 1er. S 3). Les deux copiCo! (u rent donn~ s ,par la marquise de Doni en 1849
(Deloye, Nolice des tableau.: , p. 145).
(201) N0 lJ4 . Acquis de Guérin en 1834.
("a) N' 476. Acquis du même en 1834.
(''') N' 101. Acquis de Lunel en 1835 (50 Ir).
(U O) N0 278. Don Peyre, d'Avignon, en' 1838.
(2~ 1 ) N0 305. Acquis de Bouisse d'Avignon; en 1832 (473 ,fr·. ):
- 54-
Ile (m) et le Portrait de Péru ("') par Duplessis. Horace Vernet
donna en 1846 le Bara de Louis David et la Bataille de Nazareth, de
Géricault (211). En mentionn ant le Bara, on pourrait dire avec Loui.;;
Gillet : « Ce chef ,d'œuvre suffirait à la gloire du Musée. C'est
l'honneur de Requien de l'avoir obtenu pour sa patrie» (:15).
Les envois de l'Etat, inspirés par Cambis, ne sont pas moins
notables, puisqu 'ils apportent des œuvres, telles que le Paysage
d'Italie de Corot (''') et la Nymphe endormie de Chassériau ("').
Enfin le Musée lui-même avait fait preuve de modernisme en com-
mandant des œuvres à -des artistes vivants, un e Vue d'Avignon
à Paul Huet ("') et un tableau d'histoire, dont il devait fix.er lui-
même « les dimensions et le sujet », à Paul Delaroche ('''). La VU'e
d'Avignon seule fut exécutée.

Une autre initiative fut moins heureuse. La municipalité avait


formé à la Mairie une collection de <: portraits des grands hommes
et des savants qui ont illustré notre patrie ». En 1834, l'adminis-
tration du Musée, trouvant qu.e les ,tableaux qu 'elle posséd,ait
n'étaient pa's « assez nombreux pour garnir en totalité la nouvelJe
galerie du Musée », demanda que les portraits des grands hommes
lui fuss ent confiés (""). CeUe galerie fut en elTet transférée au
Musée en 1836. A plusieurs reprises, le Conseil général du départe-
ment de Vaucluse tiendra à honneur de l'augmenter de ses sub-
ventions ("'). Artaud, qui était resté' le conseiller technique du
Musée, regreUait que ceUe collection, qui ne pouvait servir qu'à
natter la vanité des familles , n'eut pas été « laissée trés honora-
blement à l'hôtel de ville ... Les amateurs et connaisseurs alors ne
seraient pas choqués en voyant un tas de croûtes à l'entrée de la
galerie -des tableaux »(222) .

(212) N0 178. Acquis de ·M. de Besa ure, de Cavaillon, en 1836 (30 k ).


(213) N° 179. Acquis de X. , e n 1840 (40 Cr.) .
(214) N0' 146 ct 192. Don d'Horace Vernet , qui ava it don né ~gale m ent ('n
1839 I('!s dess.ins de Joseph Vernet pour les tabl('!aux des Ports de Fran('c.
(215) Loui s GiHet, Le Tréso r des Musées de Province , p . 29.
("') N' 135. Dépôt de l'Etal , 184.2.
(m) N' 124. Dépôt de l'Etat, 1851.
(2 18) N0 250. Com mand é cn 1841, le t:lblcau fut li vré cn 1843 aprè5 avoir
figuré au Sa lon; le prix fixé était de 2.000 fi . Cett.e acqu isition provoqua que-Iq ues
remoll S dans les milieux artistiques d'Avignon. Voir lln ~ petite hroch ure de 4 p.
in ·8° intitulée [..'Indicateur, l'Echo et M. H u..el, sig née S. T. Reyne;;, professeur
de dessin et de pe inture de la 'ville d'Avignon, fit impriD:lcr une lettre pnr laquelle
il se déclara étranger à ce factum (Ms. 3008 , nO 28 et 29).
(2 19 ) i.e prix convenu tlta it.. de 12.000 tr ., dont 2.0CO fr. vot~s pa l' le Conseil
Général de Vaucluse, 2.000 Cr. accordés par le Conseil municipal d'Avignon ,
2.000 Cr. du legs de Teste au Musée Calvd et entin 6.000 Cr. payables partie cn
1847 el partie en 1848. La délibération du Musée Ca lvet ajoutait: (( 'l.'Admini s·
tration verrait ave<: pl aisir que le tableau Cut. exposé au Louvre, l'tfin qu'on sache
q ue .Je Mu sée d' Avignon '"en est propriétaire)) (A 2 , p. 165.166).
("') B l , .101. 18 et Ms. 3155.
(m) C 1 (1831) ; A 2, p. 99, 122, etc.
(222) Correspond. Requien , 287-348.(18 janvier · 1835).
- 55-

14. - FONCTIONNEMENT DU MUSEE.

Le règlement de 1823 avait fixé quatre jours d'ouverture par


semaine, les lundi , mercredi, vendredi et samedi, de 10 h. du matin
à 4 h. après-midi ; on finit par autoriser la visile des étrangers
tous les jours de 9 h. à 4 h. Il Y avait visite publique le dimanche,
de Il h. à 3 h.
En semaine. un concierge-.gardien, Jaques BinQn, accompa-
gnait les visiteurs. L'Annuaire de Vaucluse de 1835 par Rastoul
le qualifiait d'« exceJlent cicerone pour apprécier toutes les riches-
ses du Musée >. Il se signala par son dévouement pendant l'inon-
dation de 1840 (m). En mars 1848, il fut cependant sur le point
d'être révoqué par la municipalité révolutionnaire ; la Commis-
sion du Musée ,le défendit en déclarant son concours « presque
indispensable » ("'). Il devait rester en fonctions jusqu'en 1873.
Le dimanche, ce seul gardien n'aurait pas suffi. Comme il y
avait alors à Avignon une succursale de l'Hôtel des Invalides de
Paris, c'est à ces anciens militaires qu'on avait recours pour garder
les salles. Chaque dimanche, la succursale fournissait donc onze
invalides qui touchaient chacun une rétribution de 0 fr. 75 (-).
Il était délivré des cartes spéciales aux artistes et aux élèves
de l'Ecol e des Beaux-Arts qui désiraient dessiner ou copier au
Musée. On conserve dans un dossier la letlre par laquelle le jeune
Pierre Grivolas, qui devait plus ta rd faire figure de chef d'école à
Avignon, demandait en 1843 une de ces au torisations (-).

V . -- DONATION DU MUSEE D'HISTOIRE NATURELLE


ET DERNIERES ANNEES DE REQUIEN

15. - DONATION DU MUSEE D'llISTOIRE NATURELLE.

Lors du transfert de la bibliothèque et des collections d'art à


l'hôtel de Villeneuve, le Musée d'histoire naturelle était resté à
Saint-Martial. On n'avait pas voulu le .éparer de son complément,
le jardin botanique aménagé, selon le vœu jadis exprimé par
Calvet, dans les jardins de l'ancienne abbaye.
Rcquien avait obtenu non sans peine qu'on laissât au Musée
d'histoire naturelle les trois salles quï étaient occupées antérieu-
rement par la bibliothèque. Mais j,\ fallut longtemps avant que

(223) Dl , rapport Deloye, 1857. Sur Jacqu~s Binon . voir ci·dessus note 74.
(m ) B 1, lo\. 95.
(225) nI, fol. 120 vo. 1.a succursale d~8 Inva lides était installée dans les bâti·
ments de l'ancien Noviciat. des Jésuites, aujou rd'hui hospice Saint·Louis.
(m) Al, p. 361 et C 1 (17 mars 1843).
-56-
Ce musée fût réinstallé. Enfiu le 27 octobre 1838, on annonçait sa
réouverture prochaine ; on ajoutait qu'il était nécessaire de nom-
mer « quelqu'un d'instruit et de capable pour en a\"Oir la direc-
tion » et Maurice Palun, disciple de Requien, fut désigné comme
conservateur eU).
Ce premier musée d'histoire naturelle. réduit à l'ancienne col-
lection municipale et à celle de Ca.lvet, était bien peu de chose à
côté des collections que Requien avait su rassembler et qu'il allait
-donner à la ville d'Avignon.

Le 18 janvier 1840 ("'), il s'adressait en elIet en ces termes


aux adtninistrateurs du Musée :
« Ma vie entière ayant été employée à faire des collections,
pour lesqu elles j'ai fait peut-être plus de dépenses que mo n modeste
patrimoine n e me le permettait, mon opinion a toujours été que
c'était folie que de faire des collections pour les laisser vendre ou
dilapider après soi... ».
En conséquence, « ayant pris en quelque sorte l'engagement
de faire un ca-b inet d'histoire naturelle >, il avait décidé de faire
transporter à Saint-Martial ses coUections de minéraux et de
fossiles , ses coU ections classées de coquilles vivantes et fossiles , ses
herbiers, ainsi qU'e sa biblil>thèque d'histoire naturell e. « Avec tout
cela, ajoutait-il, il y aura plus qu'il n'en faut pour garnir à'une
manière convenable les vastes galeries que la Ville nous a concé-
dées » .
Cette lettre de donation contenait toutefois une réserve qui
montre qu'à l'époque de Louis-Philippe .Ia stabilité monétaire
n'était pas plus assurée que de nos jours. « Nous vivons, disait
Requien, dans des temps de vicissitudes et d'injustice. Si je
donnais pleinement et entièrement dès aujourd'hui tout ce que j'ai
mentionné ci-.dessus, qui me garantit qu'une nouveHe révolution
ou tout autre événement imprévu ne viendra pas en bouleversant
encore notre pays détruire et emporter le peu que je possède ; et
dans la posi-tion pénible où je pourrais me trou ver, tel bel ouvrage
de botanique, telle coquille rare, en les vendant, pourraient me
donner du pain pendant un mois, pendant un an ; vous sentirez
mes motifs et mes craintes et vous les approuverez » ("').
L'A'dministration du Musée Calvet accepta le nouveau don de
Requien et se déclara « heureuse, en lui témoignant sa reconnais-
sance, d'être l'interprète de celle de ses concitoyens • . Elle ajouta
toutefois que, tant que Requien vivrait, elle ne considèrerait ses
-c ollections que comme un ,dépôt, dont il pourrait disposer 'à son
gré, si la nécessité l'y obligeait.

("'') A 2, p. 26.
(t28) Voir des extra its de la JeUre de Requien dans Doc . diver" 1re édil.,
p. 56·61.
cm) A 2, p. 53.
~ 07-

Le transfert et l'installation à Saint-Martial furent rapide-


m ent exécutés ' et le 12 juin 1841, on annonçait que le nouveau
cabinet d'histoire naturelle serait ouvert, à partir du dimanche
27 courant, tous les dimanches de Il h. à 3 h. ('~ ).
Requien avait le titre de directeur ; Palun restait conserva-
teur des collections assisté de Godefroy Lunel, empailleur et gar-
dien , et de Lardat, jardinier; en 1847, Lunel, nommé préparateur
à la Faculté des sciences de Montpellier, fut remplacé par SOli
père et LardaI par Coindre (m ) qui devait COllserver ses fonctions
jusqu'en 1879 (m).
En 1842, la Commission du Musée chargea Palun de faire
des observations météorologiques et vota la dépense d'achat des
instruments nécessaires estimée de 150 à 200 frs (m ) .

16. - DIFFICULTES .4!)MINISTRATIVES.

Croirait-on que, malgré tant de services rendus et de dons


généreux, Requien fut un moment payé d'ingratitude ?
A la suite des élections municipales de 1843, le maire d'Avi-
gnon, capitaine d'Qiivier, avait démissionné. Le gouvernement avait
nommé à sa place un négociant en soie, Eugène Ponce t, oncle d'un
autre maire du même nom dont quelques très vieux avignonais
ont conservé le souvenir. Il y avait antipathie de caractère ,entre
Po ne et et Requien. Grâce au sectionnement électoral, celui-ci fai-
sait toujours partie du Conseil municipal, mais Poncet l'accusait
d'y diriger l'opposition. Au cours d'une scène violente en présence
du préfet, Poncet se plaignit à M. de Cambis. « Depuis cinq mois,
M. Requien ne cesse d'cnlrav,er mon administration et mes projets;
je n'ai pas d'ennemi plus acharné que lui et vous le soutenez » (~ ).
Au cours de la discussion du budget au Conseil municipal en no-
vembre 1846, l'Administration du Musée fut l'objet de critiques et
l'acqui·sition d es marbres du Musée Nani le sujet d'amèr·es ré-
flexions ('~) ; on se permit même de rappeler que le devoir du
Conseil du Musée était de « conserver les collections et de main-
tenir les revenus •. Celui-ci protesta. « Notre Musée, disait-il, est
aujourd'hui cité comme un des plus beaux, des plus riches, -des
mieux organisés qui existent en province ». Il proposait de le prou-
ver devant une commission que désignerait le Conseil municipal , ce
qui permettrait de « rétablir les faits et de mettre fin à tout malen-
ten:du ». D'ores et déjà, il faisait remarquer que, loin d'avoir été
dilapidés, les revenus du Musée étaient passés de 8.414 frs en 18Ol1 ,
'date de l'acquisition des marbres Nani, à 9.061 frs en 1846. '
Par ailleurs, le Maire avait signalé des irrégularités dans la

("'» A 2, p. 98.
(m ) A 2 , p. 207.
(m ) B 4, fol. 184v'·185
(m) A 2, p. 121.
(234.) l ...ettrè de Ayme du 6 octobre 1846 (Corr-espond. Requien, n~' 1366.1539)
( 23~ ) Lettre du 29 novembre 1846 (Ibid.) .
- 58--

nomination des administrateurs dont les pouvoirs. aux termes du


règlement de 1823, auraient dûs être renouvelés tous les dix ans,
alors que certains étaient en fonctions, sans réélection, depuis une
plus longue durée. LI fit aus'sitôt procéder à des nominations et
Jacques-François Ayme, J'ami intime, l'alter ego de Requien, fut
remplacé par Joseph-Marie Chaix, peintre médiocre, qui avait
exprimé à plusieurs reprises des critiques acerbes contre l'Admi-
nistration du Musée Calvet et en voulait particulièrement à
Hequien ('").

Celui-ci ulcéré parla de donner sa démission . On le détourna


de cette extrémité. < Ce serait, lui écrivait Ayme, faire trop beau
jeu à nos ennemis. L'opinion publique fait déjà justice des mesqui-
nes et viles rancunes en). Néanmoins, Requien décida de s'éloi-
gner quelque temps et se rendit d'abord chez son ami Moquin-
Tanrlon à Toulouse, puis accepta une mission d'histoire naturelle
en Corse que ses amis de Paris lui obtinrent du Ministère de l'Ins-
truction publique.
Poncet ne se satisfit de ceUe retraite. Le 28 mai 1847, il réunit
à l'hôtel de ville la Commission du Musée pour lui demander de
reconnaître explicitement que le Musée Calvet était propriété com-
munale et que son administration devait admettre « l'intervention
du Conseil municipal dans tous les actes intéressant l'établisse-
ment Les administrateurs présents acquiescèrent à tout ce qu'on
leur demandait, car Requien soucieux avant tout d'éviter les diffi-
cultés leur avait recommandé d'Ajaccio où il se trouvait alors « de
faire toutes les concessions possibles » (218).
La situation très tendue se dénoua peu après par la chute de
la municipalité Poncet. Quant au hms droit de Requien, François
Ayme, il entra à la commission du Musée en 1848 à titre d'exécu-
teur testamentaire. Chaix voulut bien s'opposer à cette nomination
sous prétexte qu 'Ayme n'était pas « homme de leUres », mais la
Commission , saisi de sa protestation par le Préfet, déclara approu-
ver le choix des exécuteurs testamentaires ('D).

17. - REQUIEN EN CORSE.

Reqllien était alors dans une situation financière difffcile ('~).


Il s'était ruiné en formant les collections qu'il avait données au

('''') A 2. p. 206-208.
(231 ) 'L('lIr(' de A)'mc du 12 oclobl'e 1846 (Ibid.) .
(238).C 2 (a la date).
(m) 23 juin 1848 (A 2, p. 235-6).
(24tl) Lellrc d'Ayme n Requien du II avril 1849 : «( Tu trouveras ci-inclus,

:lÎnsi que t.u me Je dt'mandes, un billet de bHnqu e de 100 franc s. Je t'invite à faïre
picho, ca r ton sal' es l. vide et. ne sc remplira probablement pas de sitôt. Il cs t pénible ,
.i ~ l'avoue , dfl sc réduire à la portion congrue , mais par le temps qui court qui
~st-ce qui n'es t pas obligé d'en passer par là. Les événements de 1-848 ont déra ngé
tant d{' fortun es que beaucoup de les amis ~ont obligés de compt<!r (If de compter
hie n jmilf' J). (Corre$pond. Rrqnicn, 1366-15..'-19).
- 59-

Musée. Il finit par liquider son argenterie à Lyon et vendre sa


maison de la rue de l'Ombre ; le fidèle Ayme rem.isa ses meubles.
Aussi ses intimes 1" suppliaient-ils de ne plus faire « la moindre
acquisition ». Joseph de Bertrand, un des administrateurs du
Musée, lui écrivait: « N'achetez rien pour en faire don » et mettez
fin à « une générosité qui ferait de la peine à tous vos amis ;
ainsi, mortifiez-vous en esprit <le pénitence » ('U). Mais Requien ne
pouvait renoncer à ses habitud es. C'est alors qu'il forma sa col-
lection des coquilles de la Corse et son herbier de l'î le; c'est égaIe-
ment pendant ce séjour qu'il acheta le sceau du célèbre Paoli,
« roi de Corse » et bon nombre d'objets ·d'art et de curiosité.
Malgré son éloignement, Requien restait une notabilité avi-
gnonnaise. Aux élections de 1848, il fut porté sur la liste des
candidats pour les fonctions de représentan t du peuple. Le 26
avril 1848, un de ses correspondants, Isidore d'Athénosy, dont les
lettres sont d'un intérêt capital pour l'histoire de cette époque, lui
écrivit : « Vous n'ê tes pas nommé (lU). VOS amis ont agi, suivant
vos intentions, pour détourner ,les électeurs de vous donner leurs
voix » (~a).

18. - LE TOMBEAU DE CALVET.

C'est pendant son absence que les res tes de Calvet, précédem-
ment inhumés dans le cimetière du Rocher des Doms récemment
désaffecté, furent transférés dans le jardin du Musée Calvel. La
translation fut faite en grande pompe par les chanoines de la
Métropole (~). Le tombeau avait été dessiné par Joffroy, achitecte
de la ville ; le buste en bronze qui le surmonte, copie de celui <le
J.-B. Péru, était sorti de la fonderi e avignonnaise Pierre Pierron (111) .
Divers travaux eurent lieu dans 'les années suivantes. Les
toitures avaient été mal faites ; la grande galerie de peinture
avait reçu une couverture de zinc peu solide (~). Les réparations
étaient fréquentes et plus nombreuses encore les demandes adres-
sées à la Mairie pour les h âter. En 1849, on refit complètement la
toiture de la galèrie de tableaux ; on avait dû au préalable la
débarrasser des peintures. C'est alors qu'on prit le parti de 1' . éc1ai-

(2H) Lettre de Joseph de Bertrand du 6 janvier 1848 (Correspond. Rcquien.


2143·2211 ) .
( 2<&2) Souligné dan s le texle.
(243) Correspond. Rcquie n , n OI 367-458.
(2•• ) Le transfert fut autorisé par ordonnance roya le du 1er mars 1846. La
Co mmi ssio n du .Mu sée vo ta le 7 fénier 1847 les dé penses pour le cave<'lU entoure
d'un e grill e de fer, le trnn~porl -et la cérémonie religieuse, le tout évalué à 500
fran cs. Le buste -e n hron~ Cut éga lement payé 500 franc-s en 1850 .et une ( corni-
che Il de marbre Cut ajou tée en 1853 au prix' de 85 fr. (A 2, p. 160, 170 , 192 , 210,
266, 336. cI e.). Vo ir aU!;8 i J. Girard, Les ViUenwtle-Mart ignan, dane Mém.
Acod. l'auel. , 1935 , p. 132.
(2<1 5) A 2. p. 170 cl 266. La niche dOln s laqu elle avait. été pl acée la i<lèle é l:tit
prim itivement ocçupée par une stal.ue dp faune (Id . , ibid., p. 120) .
( 24.1 ) Ms . 3157 (no Les de Requien ).
- 60-

rer par le haut» et de boucher les fenêtres latérales. Les admi-


nistrateurs du Musée avaierut manifesté quelqu e inquiétude au
suj et de ce changement ; « ce serait une vraie fournais e pendant
l'été » ("').

19. - REQUIEN DIRECTEUR DES MUSEES.

Cependan t le séjour de Requien en Corse se prolongeait. II


parlait même de faire un voyage en Italie. Ses amis s'alarmaient ('4)
et le suppliai ent de rentrer à Avignon. « Notre pauvre Musée se
meurt d'atonie >, lui écrivait Ayme ('* ).
Sur ces entrefaites, Victor Chambaud, conservateur du Musée
depuis 1841 , décède le 8 octobre 1849 (-) . Dix jours l'lus tard, la
Commission du Musée propose de conférer Cc poste à Requien.
Aym e lui écrit et le presse d'accepter. On a besoin de lui ; il aura
un logement, un traitement de la ville auquel le Musée ajoutera
1.200 frs. Il restera administrateur comme jadis Dejean et sera
directeur, titre jugé plus honorifiqu e que celui de conservateur. Il
n'aura donc pns un e situation subordonnée. « Les administrateurs
ont voulu s'effacer en quelque sorte devant le directeur >. Pour
vaincre ses dernières hésitations, on lui fait valoi r que s'il refuse,
« il ne serait pas impossible que nous fussions livrés à Ce misé-
rable Chaix dont nous aurions en quelque sorte justifié les atta-
ques » (m) .
Requien rentra à Avignon au .printemps de 1850 après pres-
que trois ans d'absence CU). Sa nomination de « conservateur des
Mu~ées , directeur cre la Biblioth.èqu e et du jardin botanique >, avait
été signée par le Maire le 30 octobre 1849 (W) .
La courte période pendant laquelle Requien exerça ses nou-
velles fonctions fut marquée par l'aménagement au rez-de-chaus-
sée de l'hôtel de Villeneuve d'une salle nouvelle où devaient pren-
dre place les antiquités égyptiennes, grecques et étrusques, au pre-

(247) Lettre d'A ym e du 13 septembre 1849 (Correspond. Requien , nO' 1366-


1539).
(24ft ) Aymc lui écrhrit I.e 3 mars 1850 : (( C'est une dé pense que tu (erais
mi eux d 'évit er el d'ajourner à des tempe me illeurs ) (Ibid .).
(",1)) Lettre du 7 novembre 1849 (Ibid.).
(250 ) Dans sa m aison , m e des Lices, nO 25 , à Avignon. !J..eUre d'Ayme du
10 oclobre 1849 : Il Le pauvre Chambaud n ' e ~ t plus ; il est morl avant hier à
5: heurcs- du matin ; il ava it eu le temps de se confesser la ve ille. Sa maladie de
v('ssie é tai! guérie, mai6 une attaque de paralysie est nmu e après el a mi s lin à
S~'S jours )1. (Ibid.) .
( 2 ~ 1 ) .LeUre d'Aymc du 7 nov-cmbre 1849 (Ibid .) . On avait parlé de dive rs
ca ndidats, 1(>ls que Paul Achard, archivj ste du département , et Aug ustc Deloye,
qui devait !ll<ccéde r quel qu es années plus tard à Requicn. Mais tous se défendirent
dt: voul oir .fnt.rer e n concurrence avec celui ·c i. Voir notamment unc lettre d'Achard
:. R('quj('n, du 12 jan vier l R50 (A.utogrophes Requicn , nO- 2-9) .
(2:'1 2) JI l'('paraÎI pOlit: la première fois à la Commission du Musée à la séance
du 25 mai 1850 (A 2, p . 261).
("") 0 1.
-61-

mier rang desquels il plaçait les marbres Nani dont l'achat lui
avait valu les ennuis que nous avons relatés. Pour la réalisation
immédiate de ce projet, il fit abandon de deux annuités de son
traitemênt de directeur (~). Celte' galerie qui fait suite au vesti-
bule fut décorée de colonnes pour dissimule r l'irrégularité du locaI;
elle avait été formée en prenant deux anciennes petites salles et
deux pièces du logement du conservateur. Elle est aujourd'hui
afTectée à la collection de ferronnerie Bire!.

2(J. - MORT ET TESTAMENT DE REQUIEN.

Hequien, qui s'était pris comme son ami Mérimée d'une


a trec tion particulière pour la Corse, repartit pour cette île (W) ,
afin d'y poursuivre les travaux enta més pendant son séjour pré..:.
cédent sur la 1I0re et la faune conchyliologique . Il devait mourir peu
après dans une chambre d'hôtel à Bonifacio le 30 mai 1851 (" ) .
Dans son testament du 21 janvier 1849, Requien avait confirmé,
en les augmentant, ses précédentes donations. Ainsi il renouvelai t
la Èonation de sa bibliothèque historique, en y ajoutant sa « pré-
cieuse collec tion d' autographes » et sa "c volumineuse correspondan-
ce » (n, ) ; la première ne rassemblait pas moins de 12.324 pièces ;
elle avait été formée en grande partie par des dons d e Prosper
Mérimée, de Ca·stil-Blaze, d ' Arman d de Pontmartin , du professeur
de Mirbel, etc. La correspondance était plus abondante encore,
comptant 14.172 pièces. Requien donnait également les peintures,
des!.ins eL objets d'art qu'il possédait encore. Il confirmait ·' Ie p lus
la donation de sa bibliothèque et de ses collections d'histoire natu-
relle qu'il recomma ndait à « toute la sollicitude » des administra-
teurs, précisant que le cinquième des revenus du Musée devait leur

CU 4. ) Séance de la . Commission du Mu sée du 25 janvier 1851 : RequiE!ll propose


de faire pOUl' IeE! sc ulp lu res a nLiqu es (( unc galerie con vena ble en adj oignant aux
deux piè<:es qui suivent le vestibule e t où sont ac Luelh.' ment. placées des antiquités
grecques, égyptiennes, elc. , Ict! deux pièces qui vienne nt après el qui font . partie
du 10gem enL affec té a u di recleu~ ou con sc r valt'ur d u Musée l'. Il a Cail établir un
d evis par l'architecte de la ville qui s 'élève à 3 .500 Ir. ].1 offre pour couvrir cette
dépense d'abandonner 6CS é m oluments (1.200 fr.) , p OUl' 1850 ct 1851, ce qui
lerait 2.400 Ir . La ville n 'a urn it don c plus qu 'à dé bourser 1.100 for. (A 2, p. 271.280).
(2 55) 11 assistait encore li la séa nce de la Commission du iMusée du 29 mars
1851 (A 2, p. 283).
(20'11) Une le ttre de François A:yme à A. · J .· A. d 'Olivier , dépu té de Vauclu se ,
admini strateur du I\~u sée Calvet , du 5 juin 1851 , donne les d é tail~ euiva nt s sur III
mor t de Roqukn : (( Arrivé à BoniCacio le 28 m ai après une lon gue roule laite
presque toujours à pied , il paraissait en Lonne santé i mais le 29 vers les 4 heures
du soir , en préparant des pl a nt~ ElUf ulle table da ns sa c'h ambre, il fut frappé
d ' une attaqu e d 'a po.plexie c t , m algré les soin s les plu s prompts cl les plus em·
prt'ssés de trois médeci ns de oSeE! ami s qui ne l'onl pas quitt é, il 11 expi ré le 30 mai
à un e he ure du m alin l ) (Ms. 4320 , fol. 590) .
(251) li stipu la il toutefois que ces pièces n e ser aient If communiquées , surtout
les pièces poHtique6, qu'i;l vec l'assentime nt de MM. les e xécut eurs testa mentaires
de M. Cal vel Il .
-62-
être afl'ecté, « ce qui avait été convenu » . Lui-même léguait le tiers
de son modes te bien , regrettant « de n e pouvoir faire devantage » ,
el il ajoutait : « La pensée de ma vie entière a été de doler ma
viHe natale d'un Musée d 'histoire naturelle digne d'elle ; j'y suis
pan'cnu, je crois ; ct il a fallu , pour ce faire, toule mon activité,
tout mon temps et le sacrifice de la majeure partie de mon pa-
trimoine.

« Je compte donc que l'Administration du Musée Calvet, que


la ville d'Avignon et le Gouvernement, s'ils trouvent que j'ai a tteint
mon but, le seconderont, l'encourageron t et l'augmenteront » (US).

En témoignage de reconnaissance, le nom de Requien fut


donné au Musée d'histoire · naturelle et son buste érigé dans le
Jardin des Plantes (m).
Son corps fut ramené à Avignon et inhumé aux f rais de la viile
da ns un tombeau dessin é par l'architecte Iyonnai.g A. Chen a-
va rd eGO). Sur cette tombe, on grava ce verset de la Bible qui résu-
ma it toute sa vic:

COR RECTUM INQUIRI1' SCIENTIAM (:leI ).

Di'vers, 1re éd il. , p. "70.


p. 77. Cc buste en bronze Il été en levé pendant l'occupalion alle-
sou hait able qu'i.J soi t bientôt remplacé par une autr~ reproduction
en marbre conS(!rvé au Musée Calvel.
(260) A 2, p. 350 ct A 3, roI. 9 '0'0 el 357. Le dessin . odginal de la grille de
cc lombelll sc· trouve dan s un de-::; recueil s de Requien (Estampes, Atlas 13, n OI 2·3).
(" ' ) Prov., 27, 21.
CHAPITRE IV

LE MUSEE CALVET
DANS LA SECONDE MOITIE DU XIX"" SIECLE

1. - HISTOIRE ADMINISTRATIVE

1. - - lA SUCCESSION DE REQUlEN

Après la mort de Requien, la Commi ssion estimant impossible


de lui trouver un successeur auss.i uni versellement compétent, déci-
da de ne pas faire provisoirement de proposition pour le remlplaceJ'.
En attendant, chaque membre devait « donne r plus particulière-
ment ses soins à la partie qui aura été l'objet de ses études » (~) .
~[ais au bout de quelques mois, on cons tata que li( la priva.t ion d'un
conservateur est devenue de plus en plus pénible pour l'admini,-
tration obligée ... de 'se ..Iivrer eUe-même aul' soins jonrnaliers .qu'exi-
ge l'e service du Musée » . Comme il s'étai t présenté « un sujet
très dis t ingué et digne en tout point de la confiance de l'admi-
nistration », la Commission décida de le proposer ('~). LI s'agissait
d'Augus te Deloye, originaire de Sérignan , archiviste-paléographe,
licencié en droit, archivis te d'Indre-et-Loire. En réalité, Deloye,
dont il avait ét é déjà question lors de la nomination de Requien ,
ne s'était pas p résent é, mais avait été sollicité par un des admi-
n ist rateurs, Casimir de Millaudon. Après quelques hésitations.
l',a mour du pays n ata l et le goût des an tiquités l'emportan t, Deloye
accepta et fut nommé par arr êté municipal du 23 avri,l 1852 (~) .
Il devait occuper ce posle jus qu'en 1890, c'est-à-dire pendant 3\1

(0112) 06lioomlion du 16 juillet 1851 (C 2, JI , 28-').


(:63 ) Délibération du 27 mars 1852 (Ibid. , p. 296).
e U ) Dclo)'c avait é l ~ un mois auparavant ('objet d'un arrêté préle<:toral de
nomination en date du Z7 mars 1852. C'est pour 6e mettre en règ le avec le règle-
ment de 1823 que j'arrêté du Maire est interven u par la suite (D 1) .
- 6& -

Un incident se produis\t au début de ceUe périod e. Le 16 août


\852, les administrateurs étant réunis sous la présidence du maire
furent invités à prête r le serment de fid élité exigé par la Consti-
tution. Quatre 'cres 3'dminislraleurs nommés p ar le Conseil muni-
cipal ,'exécutèrent, à commencer par le marquis de Cambis qui
Il 'en était pas à <mn premier serment de ce genre. Mais M. d'Oli-
vier, ancien mai re, et les exécuteurs t es tamentaires refusèrent. ces
derniers alléguant qu 'ils n'étaient investis que par ·l'autorité de
Calvet, que leurs fonctions n'avaient rien de politique et qu 'au sur-
plus jam ais un serment de cetbe ' na ture ne leu r avait été deman -
dé (-). Anssi M. d'Olivier seul fut-i·l déclaré démissionnaire et -rem-
placé. Pe u après, ,lorsque le p rince-président vint à Avignon.
l'Ad ministration du Musée prêta. pour la décoration de la
Préfecture et de 'la Mairie, des tabl eaux et dcs armures a nci en-
nes, ai nsi que ·le lutrin en bronze de la Chartreuse de Bonpa.
qui servit d e pupitre au ohef d'or.chestre du bal donné
i> celte occasion à l'Hôtel de Ville ('M). Mais quelques années plus
tard. nou vel incident politique; les Administrateurs, ·sous prétext c
qu 'il s n'étaient pas fonctionnaires, ne s~ rendirent pas au T e
Deum chan té à l a cathédrale pour célébrer l'échec de l'atlental
d'O rsini contre Napoléon III. Le Préfet, outré de cette abstention,
demanda la dissolution de la Commission et la réforme de son
règl ement. Mais telte fois, l'incident n 'eut pas de suite (* ').
Une inonda tion aussi forte qu e celle de 1840, mais de durée
plus courte, se produisit en 1856 et eu t des e!Tels non moins déplo-
rables, puisque le rez-de-chaussée du Musée fut de nou veau envahi .
La Commission demand,a à figurer 'a·u nombre des établissements
sinistrés (''') et, comme ap.r ès 1840, e lle se pla indra longtemps de
l'humidité laissée par l'inondation.

LeCo mte Hubert d'Anselme fut vice-présiden t de la Commis-


sion du Musée de 1848 à \885, c'est-à-dir·e, pendan t 38 ans. Ses
successeurs furent :

Eme... t de Millaudon, 1885-1888.


Joseph Ducos, 1889-1895.
Félix Digonnet, 1896-1923.

Pendant celte période, Avignon fut le théâtre de luttes pol iti-


ques ardentes. D' Anselme, Ducos. qui fut dépu té d'Orange, et
surtou.t Di gonnct, rédacteur en chd d'un journal loca l t rès violent, .
y furent mêlés. Leur présence à la tête de l'Administration du

("" ) A ~ , p. 313.
eU) C 2. IL e lutrin fut encore pl'èlê cn 18ûO pour le bal ·0((.c r1 à la Muir ic à
l'Emperr.nt' ct à "Impératrice (C 3) .
(2116 Il) Arch. rl ~pal'l. de Vauclu se, T , Musée ct hilJlio lhèqH C d 'Avi g non, 5.
(''') A 2, p. 367 et 380.
- 65-

Mu sée sembla donner une couleur politique à l'institution et ne fut


pas pour faciliter ·les relations av·ec des administrations munici-
pales imbues de princi-pes opposés CM).
Léon-Hon oré Labande, né à Orrouy (Oise ), le 17 "eptembre
1867, ancien élève de l'Eco le des Chartes dont il était sorti premier
en 1890, succéda la même an née à Auguste Deloye. Sa nomina-
tion fut l'occasion d'un conflit avec l'Administration municip.ale
dont il sera question pIns loin. Comme son prédécesseur, Labande
fut un conserva teur éminent et nous soulignerons en parlant de la
Bibliothèque l'œuvre considérable qu'il a accomplie au Mnsée
Calvet C~ ) .

2. - PROJETS DE TRANSFERT DES MUSEES AU PALAIS DES


PAPES.

Il f.ut à deux reprises question de transférer les Musées au


Palais des Papes.
La première fois, en 1860, l'hôt el de Villeneuve était menacé
de destruction complète, ainsi d'ailleurs que les bâtiments de Saint-
Martia l et le J ardin de" plantes. La ville devait céder ces immeu-
bles et terrains à l'Eta t qui construirait des casernes sur leur
emplacement en échange de l'évacua tion du Palais des Papes pa:·
l'armée cm). On avait alors en vue la réalisation du fameux plan
de restaura tion du Pala is des P apes dressé par Viollet-le-Duc.
Comme à cette époque on ne concevait pas la restauration d'un
édifice historique san s son utilisation, Viollet-le-Duc se proposait
d·aménager au Palais des Papes une cathédrale, d'y loger l'archevê-
que et, dans le restant de l'édifice, d'installer les Musées de la
ville. Dans d"s • Observations présentées à l'encontre de ce
projet, "Administration du Musée n'eut pas de peine à faire valoir
qu e l'espace qu 'on se -proposait d'affecter aux Musées ser ait insnf-
fisant, - il ne représentait qu e la moitié de celui qu'occupaient les
salles de l'Hôtel de Vill eneuve et de Saint-Martial ; - que les
saHes du Palais d es Papes ne communiquaient entre elles que par
des escaliers et des couloirs aussi étroits qu'incommodes, que l'éclai-
rage y était défectueux et enfin · que l'accès extérieur de l'édifice
était difficil e et peu agréable par les temps rigoureux ; la fréquen-
tation de la bibliothèque en serait -donc fort réduite, notamment
pour l,es ,lectures du soir cependant 1( si recommandées par le
Gouvernement » en).

(2(18) Voir ci-après même chapitre, S 4.


(269) Voir les S 4 et 7 du Iprésent chap itre, et note 316.
(''') A 2, p. 367 .
(21'1 ) Obse rvatio ns sur le projet de transférer les Musées de la. ville d'Avignon
au Palais des Papes. La Commissio n administrative des Musées à Monsi eur le
Maire et à Messieurs ks membres du Conseil municipal. Autographié (21 septem~
bre 1860), in-Bo o Ces observations avaient é té rédigées par Deloye, conservateur
du Mu sée (A 2, p . 431 el suiv.),
-ou -
Cette argumentation parut convaincante et la Municipalité
renonça à son projet de transfert des Musées (m). Le projet de
restauration du Pa-lais des Papes par V;oll et-.Ie-Duc ne fut égaIe-
ment et heureusement pas réalisé.
Le péril écarté en 1860 faillit renaître quelques vingt ans plu s
tard. En efIet, en 1884, à une demande cl'agrandissement formu-
lée par la Commission du Musée, la Munici·palité répondit qu 'elle
envisageait le transfert a,u. Palais des Papes ('n). Mais le membre
de la municipalité qui avait lancé cette idée, l'adjoint Reynard-
Lespinasse, après une étude plus serrée de la question, renonça de
lui-même à son projet.

a. - L'HOTEl, DE VILLENEUVE.

L'hôtel de Villeneuve resta donc affecté -"'U Musée Calvel.


Somptu eux mais bâti en m,alériaux médiocres, maladroitement
adapté à sa nouvelle destination .et surtout mal entretenu, l'édi -
fice périclita. Les délibérations du Musée Calvet de cette époque
sont remplies de plaintes au sujet de l'état d'abandon dJans lequel
sont laissés les bâtiments. Pris de bonne volonté, le Conseil muni-
cipal, vers 1885, vou lut réaliser quelques « améliorations », d'ail-
leurs malheureuses. On « am.élio1'3 » ainsi la cour d'entrée en
faisant 'd is'paraître les ancien nes calades de caiUoux, pavage habi-
lu el des cours des hôtels avignonnais, et en la recouvrant d'une aire
en « ciment Vieat » avec troltoirs e"). L'année suivante, au lioeu de
la traditionnelle porte pleine en noyer, on dota l'entrée du Musée
d'une gri.lle en ferronn.erie, œ uvre du serrurier Noël Biret (211).

On s'occupa aussi d'agmndü l'édifice.


Dès l'install ation du Musée dans l'hôtel de Villeneuve, on
avait envisagé que des agrandissemen ts pourraient se faire aux
dépens du bosqu et qui occupait 1" fond ·du j ardin en bordure de la
ru e Bûuqueric . Ce bosquet avait été entamé une première fois par
la constmction en 1839 de la salle destinée à la Bibliothèqu e Re-
quien et dev,enu e ensu ite ·la Galerie des « IIlnstrations Vauclu-
cienncs ». on projetait de prolonger l'édifice jusqu'à la rue Victoire
(aujourd'hui rue Horace Vernet), dès que les circonstances le per-
mettraient C$) ,1

Quant au beau jardin qu 'a"ait aim é Sten dhal , on avait conser-

("') Ibid."P . 442.


( 213) B 5, fol. ]00 "D,
(274.) Ville d'A1'Îgnoll, Pro cè~,ve rboux des seances du Conseil mUTlicipal., t. III ,
1885-86, p. 437-439.
(275) Celte grillt: , que Je Maire qua lifia d' « œuvre d'arL remarquable )) Jonl
u le prix ne saurait êlre dis.culé Il, (ul Pilyée à Bil'el 7.133 fr. 75 (I;bid., t. VI ,
1888, p. 366\.
(276) Voi r ci,dessus. Chapitre III, S 8.
-67-
vé Le plan primitif, mais le rond-point avait été entouré de platanes
et les plates-bandes, plantées d'arbustes. A la fin du Second Em.pire,
on installa des bancs pour ,le public du dimanche (m) ; on demanda
une canalisation d'eau pour l'arrosage (m) ; on songea même à
rétablir le bassin qui occupait autrefois le centre du jardin ('N) ; on
voulut y avoir des fleurs (~ ) ; mais dans le même temps on faislait
abattre des arbres du bosquet à qui on reprochait de donner de
l'humidité à la Galerie vauclusienne (''' ).
Une partie même du terrain occupé .par le bosquet fut prise
pour une construction nc>uvelle, lorsque le Conseil municipal décida,
en 1887, de pro.longer jusqu 'à ia rue Bouquerie l'aile en façade au
Midi sur le jardin, ce qui fit disparaître la façade paraJ.lèle à la
rue Bouqueri e. On obtint ainsi au rez-de-chaussée une salle à demi-
obscure utilisée comme magasin de livres et au 1er étiage une salle
de musée. L'ouvrage fut terminé au début de 1891.
Dix ans plus tard" le plan suggéré en 1839 par ·Charles d'Eys-
sautier fut réalisé. On prolongea jusqu'" la rue Victoire {rue Horace
Vernet) l'aLle amorcée par la sal·le des IIlustr·ations vauclusiennes.
Le 4 janvier 1899, le Conseil municipal appmuva les plans, devis
et cahier d'es charges de cette construction . Une pétition des « ar-
tistes vauclusiens deman.da qu'elle fût surmontée d'un étage,
requête qui ne fut heureusement pas adoptée, mais le nouveau
bâtiment fut couvert d'une toiture en .tuiles plates -rouges qui
déshonore depuis 40 ans cette partie du Musée. Cette aile était
destinée à recevoir le Musée d'hi stoire naturelle déménagée de
Saint-Martial ; ·l'installation nouvelLe fut inaugurée le 4 septembre
1902 ('D).

Les constructions réalisées à la fm du XIXm. siècle ne peuvent


être reprochées uniquement aux édiles et à leurs architectes . Sou-
haitées et ardemment réclamées par l'administration du Musée elle-
même ('U), elles dénotaient chez tous une. absence com.plète de res-
pect pour le plan primitif et une étude insufll~ante d es possibilités
que laissaient les espaces libres de l'édifice. Ou aurait pu en effet,
dans la cour du Nord, en prolongement du vestibule d'entrée et sur
l'emplacement des anciennes écuries, élever une construction .qui
aurait procuré un espace supérieur C") à celui qu 'ont donné les
bâtiments édifiés au fon d du jardin. Elles auraie nt eu en outre
l1avantage d'être invisibles d e l'extérieur et de conserver intactes

(m) A 2, p. 424 (26 mai 1860).


(218) B 3, fol. 132 VO (l èr aoûL 1871). Celle concession ne fut obtenue qu'cn
1885 ; on installa alors sept uou ches d'cau pour l'arrosage du jardin e~ le cas
d'incendie (Procès-verbaux d.es séances du Conseil municipal, t. III , 1885-86, p. 78).
(m) A 3, fol. 64 v· (27 novem bre 1869).
( 280) A 3. fol. 93 vO,
(''') A 3, Jol. 68 v· ('l6 mars 1870).
(2112) J. Girard, Les V1fleneuve-Marti.grum, dans Mém. Acad. Vaucl., 193;;, p . 133
(283) B 1, fol. Hr2 ; B 4, fo'l. 8, 6:6 vo, 172, ek.
(284.) En tenant· COIIl;p te df:s étages qui auraient pu être superposés.
-68-
les belles ordonnances dn XVllIm, siècle. C'est dans cet esprit qu'a
été aménagée, en 1939, une nouvelle salle de bibliothèque sur le
passage qui donnait autrefois accès aux écuries.

4. - LES PHOGES DU MUSEE GAl.VET.

Durant cette période, quelques frictions se produisirent entre


l'Administration du Musée et l'Administration municipale, notanl-
lll~n t sous la mairie de Paul Pamard (1852-1865) et sous celle de
Paul Poncet (1884-1888), neveu du maire du même nom qui avait
soulevé du temps de Requien quelques difficultés. Les discussions ne
portaient cependant que sur des points secondaires, tels que 1..
heures d'ouverture, l'application de règlements désuets, le choix des
livres à acquérir pour la bibliothèque, le maintien d'un rigoris- <0::

m·e » périmé,
Dans les dix dernières années du XIXru" siècle, les heurts oe
tendances s'accentuèrent, avivés par l'âpreté des luttes politiques et
des querelles personnelles entre le maire Pourquery de Boisserin et
le vice-président de la commission du Musée, Félix Digonnel. L'an-
tagonisme se traduisit par plusieurs procès qui mirent en cause
J'autonomie même du Musée et son E~xistence indépendante C·)'

.**
Un premier incident éclata en 1890 à propos de la mise à la
retraite de Deloye et de la nomination de son successeur Labande.
Ces deux décisions avaient été prises par le Préfet, et non, comme
le voulait Je règlement de 1823, par le Maire, sur la proposition
de la Commission du Musée Calvel. Elles furent donc cassées par le
Conseil d'Etat ('M).
Lors de la visite du président Carnot à Avignon en 1890, qua-
rante-un tableaux du Musée .avaient été transportés à la Mairie
pour la décoration d,es salLes. Ils y 'furent retenus malgré les récla-
mations du Musée. De là un second conflit qui dura dix ans et où
toutes les ju ridictions jusqu'au Tribunal des Conflits et à la Cour
de Cassation furent appelées à se prononcer. Partout gain de cause
fut donné au Musée qui finit par recouvrer ses tableaux après un
dernier arrêt de la cour suprême en 1898 ( ~').
Pendant que se poursuivait ce long procès, d'autres étaient
soulevés. On déniait à l'Administration du Musée le droit d'avoir un
budget spécial, de toucher le produit d'une expropriation, de rece-

(llHi) Pour le détail dt! ces procès, voir It!s registres de délibérations du Musee
A 7 (1889-1895) et A 8 (1895·1908), ainsi que F. Digonncl, Notice historique sur
le Musée Calve l d'Avignon, 2e édit., Avignon, Seguin , 1910, in-12.
eU) Décision du Conseil d' Etat du 19 mai 1893 (Doc. divers, he édit., p.
169.173).
(281) Ib id., p. 175·1 82 cl Reg. des délibérations A 7 et A 8.
- 69-

voir des legs. Sur le premier de ces points, le Préfet de Vaucluse


maintint le nlusée dans son droit CIIIJ ) ; la Cour de Nîmes fit de
même dans les deux autres (V$).
Enfin il fut même qu estion de revenir sur les délibératio ns de
1820 et de 1826 q.ui réunissaient la Bibliothèque municipale au Musée
Calvel. Le Conseil municipal prit une délibération (-) dans ce
sens qui fut approuvée par le Préfet, mais ne fut h eureusemen t
pas suivie d'effet.
La chute de la municipalité Pomquery de Boiss·erin, en 1902,
mit fin à une lutte judiciaire qui avait duré dix ans et qui fut aussi
inutil e que préjudiciable aux intérêts des deux parties.

II. - LA BIBLIOTHEQUE ET LES COLLECTIONS D'ART

5. _ .. FONCTIONNEMENT DE LA BIBUOTHEQUE.

LE « PIEUX RI GORISME » . - - Faut-il , com me on n e s'en es t pa.;


fait faute , attribuer au comte Hubert d'Anselme, vice-président tout·
puissant de la Commission administrative ·de 1848 à 1885 (H'), l'ins-
tauration au Musée Calvet d'un pieux ri gorisme » (-) qui .e
m.a nifesla, en premier lieu par le retrait d'un certain nombre d'ou-
vrages dont le titre a été rayé sur les catalogues ? T els ·s ont les
ŒUllres de Rabelais, les Œuvres complètes et la Vie des dam es illus-
tres de Brantôme, le Cymbalum mundi de Bonaventure Desperier;,
le Temple de Gnide de Montesquieu, l'Œuvre complète de J ean-Jac-
qu es Rousseau, le Recu·eil ,des pièces galantes de la comtesse de la
Suze et Pélisson, De l'esprit d'Helveti-us, le Livre du peuple de La-
mennais et De l'esclavage moderne du même. etc. Dans son numéro
du 15 septembre 1867, l e Courrier de Vaucluse prétend même qu'on
avait retiré de la communication la R evue des Deux-Mondes jugée

(211) Le legs T.ojard Ott Musée CalveL d'Avigno n , Mémoi re présen té au tribu-
Ilal civil d'Avignon , Avi g non , impr. Seguin, 1901, in-12.
(289) Cour d'appel de Ntmes. Affaire du Musée CalveL cOntre la Ville d'Avignon:
arrêt du 11 juin 1901. Avignon, impr. Seguin, 1901, in _So, 13 p. - Le legs
Lajard au Musée Calvel. A rr~ t Olt profil du Musée Ca·lvet co ntre la ville d'Avignon
rendu le ] 6 décemb re 1903. Ibid ., 1904, in-So, 20 p.
(2U) Le 12 (évrier 1892. L'Administration du Mu sée demanda l'a nnulAtion de
cette délibération; Je Préfet reruS3. par arrêté du 9 (évrier 1893. -L'Administration
du Mu sée intent.a alors un recours au Conseil d'Etat qui (ut retiré pllr la suite
devant la probabili té d'un échec (Voit' un dossier de l'affaire dans Dl ).
(291) Voir ci.odessus même chapitre, S 1.
(292) L'expression se trouve dam une leUre de J'Administration du 'Musée,
lIignf-t· de d'Anselme , du 1er (é vrier 1855 (B 2, (01. 21).
- 70-

c immora'le et athée» et qu'on limitait trop exclusivement les achats


aux publications ,d'<Irchéologi" et de numismatique (n') .

•*.

ACHATS DE LIVRES. - Le rigorisme s'exerçait en efTet aussi sur


le choix des acquisitions. On proscrivait ain,i presque tou.te la litté-
ra ture con temporaine, spécialement les romans. « Les grandes biblio-
thèques de Paris, prétend·ait-on, à part celle où les auteurs sont
obligés de déposer un exemplaire de leurs œuvres, ne contiennent
pas de romans » ("'). Le Conseil Municipal I)rotes tait ; en 1885, il
regrettait l'absence de la plus grande partie des œuvres de Victor
Hugo CH). ainsi d'aÎ,ncurs que la pénurie des livres scientifiques et
historiques modernes ("'), ceux qui entraient à la bibliothèq.ue du
Musée Calvet provenant presque exclusivement d'envois ministé-
riels (ft').
La Commission s'intéressait alors à peu près uniquement aux
pièces anciennes et on doit reconnaître que, d·ans cette partie. elle
réussit quelques opérations heureuses, comme cel.le qui fit en trer
en 1854 .douze manuscrits de l' ..ncienne 'Chartreuse de Villeneu.ve,
parmi lesquels le fameux Evangéliaire du IXm. siècle (*). D'·autres
acquisitions sauvèren t de la destruction la plus grande partie des
importantes et riches archives des fam.iIIes de Cambis .. t de
Doni (m). En 1870, on réussit l'achat, - dont nous parlerons plus
loin, -- de la copieuse collection de portraits gravés du paléographe
et calligraphe Silvestre (~) .e t, en 1892, de la bibliothèque du cha-
noine Corenson, composée de Bvres, de manuscrits et d.'estampes
intéressant principalement l'histoire locale .

•**
PRtTS DE LIVRES. - Le .p rêt des li vres au dehors avait été inter-
dit ·p ar Calvet ; toutefois, il était autorisé pour les admi nistrateurs
qui empruntaient ·sous leur nom en faveur de personnes de leurs
relations. Ma'Ïs les livres ainsi sortis ren traient mal ; certains

(213) 't a Commj ~ ion laissa celte att,lquc sans réponse (A 3, fol. 38).
(2U ) 24 avril 1880 ( A 4, fol. 22) . Cell e pro.h ibilion fuL maintenue jusqu'au
lendemain de la première gu cl're mondiale.
e'li) Procès-verbaux des slances du Con,<;eil m.uni.cipal, tome II (séance du
14 janvier 1885).
(''') A 4, Col. 40.
(29 1) ~ ux -c i furenl interrompus pendant quelques moil! cn 1877.1878, le
Mini stère ayant vo ulu imposer au Mu sée Calve l. la formation d'un Comité de
survei ll an ce sembla·blc 'à ccux des autres bibliol'hè.q11 es munic ipal-cs (B 4, '( 01. 11 8
VO e L 125). Ils reprirent après examen de la siLutllion sp&:ialc du l\fllsée Ca-lve t
(A 4, Col. 1 v').
("') Ms. 22 (A 2, p. 216 el sui v.).
("') Ms. 2776·2781, 3563-3779.
(300) Voir ci.après <: hap. V, S 6.
-71-
même pas du tout, ainsi ceux qui avaient été prêtés sous le couvert
de '<'l'Anselme à l'archevêque Mgr Debelay et à son grand vicaire,
l'abbé Martin. Le professeur Martins, d e Montpellier, et J.-H. Fabre
qui ava ient emprunté des "livr.es d'histoire naturelle ne les rcsUluè-
rent qu'au bout <le plusieurs années. Devant de tels abus, au lieu
d'organiser sérieusement le prêt, on préféra le supprimer; toutefois.
sur ,les observations de l'inspecteur général Baudri.llart, on continua
à prêter ;aux professeurs de l'Univer<sité les livres pr{)venant de
l'Etat (m) . Mais ce prêt réduit finit par tomber en désuétude.

COMMUNICATIONS SUR PLACE. - La communication sur place


était elle-même h érissée de dilTicultés (""). Mlle Pellechet, savante
bibliographe, venue pour étudier l'histoire de l'imprim eri e dans le
Comta t, s'en plaignait amèrement ('M).
On maintenait fidèlement les règles imposées par Calvet, celle
notamment q,uÎ défendl8it de « transcrire a ucune feuille de manu,,"
crits » . On refusait donc toute dérogation. même à un admirateur de
Fléchier qui voulait copier ses autographes (-), au savant Hirschfeld
qui désirait faire des extraits des manuscrits de Calvet, à Pontmar-
tin qn'intéressaient les letlres de Mérimée (-). Celles-ci su rtc>ut
étaient maintenues à l'.abri des regards indiscre ts et, malgré l'in-
tervention du Ministre, on ne voulut pas les laisser éditer par la
maison Michel Lévy ('M). Si plus t a rd· la Revue de Paris en fit une
ppublication partielle moyennant un versement de 2.000 rrs au
Musée ("'), les inédits continuèrent à être défendus Jalousement.
Enfin l'édition que fit Labande d'une partie' des Mémoires du cheva-

(''') A 2, p. &24 , 563 ; A 3, fol. 4, 4&, 54 , 58 v' , 64, clc. ; B 5, 101. 100.
( SO I b) Jusqu'cn 1890, l'ouvertu re de la Bibliot.hèque était limitée :li quatre jours
par Sl'main e comme don s J(! S premierfl temps de l'é tabli ssement; en core le Conseil
Municipal se plaignait.-i1 du trop g rnn rl nombre de fêtes chômées, l'Immaculée-
Conception, le jour des Rois, ctc ... (ProcPs-verbau x des séa nces du Conseil muni-
dpl1/., 1. Il, 1884.85). A plu'tir de 1891 , on mn' rit I O Il .~ les jours, le matin de 9 h.
li miJi ; le floir, de 2 h. à 4 h . ~n hiv(' r et de 2 h. ~ 5 h. en été. Les séances du
!>oir -e urent lieu à partir de 1885 , de 8 h. il 10 h. , en hiver s::tüement. Auparavant,
elles sc tenaient de 6 h. à 9 h . Elle!" furen t ~ l1pprim l'es tempora irement à deux
r ."'pr!fH"s, cn 1857-1858 (A 2, p. 371 cl 392) ('1 en 1884 (Procès-verbaux des séances
du Conseil nwni.ci.pol. t. H , J.884.-85. p. 11 et t. HI , 1885-86, p. 363). Elles linirent
par être Iri'>; pen .Créqu c ntée~ e t ne Cure nt pa s re prises ap rès ·l a gue rre de 1914-1918.
(302) Voir à œ sujet une leUre de Deloye à Servois, inspecteur général des
bibliothèqncs el des arehives, 3 aOlH 1885 (R 5, fol. 15.1) ct suiv. ). Mlle Pellec'h et
trouva plus de Cacilités à Carpentra s et· son tra va il !parut sous Je titre: Notes sur
des imprimeurs du Comtat V.enaissin el de la principaul'é d.'Orange et Ca,talogue
de$ liv res imprimés par eux qui $e trouvent à. la bibliothèque de Carpentras. Paris,
Alph. Pi cnrd, 1887, in_4°.
(''') En 1863 (A 2, p. 551).
("') En 187& (A 3, 101. 141).
(''') B 4, 101. 36.
( ~Ol) Rel'ue de Paris. 15 mai 1898, p. 225-256.
-72-
lier de Corberon fut fortement désapprouvée (~') ; il s' agissait en
eITet .ceUe foi s non plus seulement d'un texte dont le Musée, estimait-
on, aurait dû tirer .p rofit, m ais encor e d'une de c·es pièces « politi-
ques » dont Requien avait cru devoir réserver la com munication
aux seuls exécuteurs testamentaires.

6. - L'AFFAIRE DU MANUSCRIT COMMIN.

Parmi ces « pièces politiques », aucune n'était plus sévèrement


gardée que la «. Relation d es événements révûlutionnaires d'Avi-
gnon en 1789 et 1791 » par Joseph-Ign'ace Com mi n, ancien consul ,
de cette vi.lle. Ce document passait pour abonder en dét ails inédits
et sa révélation était, paraît-il, fort redou tée de gens notables qui
tenaient à f·a ire oublier leur ascendance sans-cu loUe. Aussi ce ma-
nu scrit ne d.evait-il être Cûmmuniqué que cent ans après l'a mort de
son au.teur survenue en 1827. Donné par lui sou s ce.tle conditi on
à Requien, il fut détenu ensuite par Ayme, p uis ap rès le décès de
celui-ci, remis au vice-président Hubert d'Anselme. Ce dernier, au
lieu de le verser à ,l a bibliothèque sous pli cacheté, comme il es t
d'usage en pareil cas, vou.lut en assurer lui-même la gard·e. Pour plus
de sû reté, il l'emporta chez lui et le cacha si bi en qu'il ne put le
retrouve r lorsqu'on le lui r éclama.
Le mai re d'alors, P ou rquery de Boisserin, en lutte conlre le
Musée, se saisit de l'aITai re (~). Une action judiciaire s'en suivit,
intentée contre l'hûirie d'Anselme, - celui-ci étant décédé entre
temps. - et contr,e Delaye mis en cause en qualité de conservateur.
Ce qui contribua à embrou i.ller le procès, ce fut que le fils d'Hu-
bert d'Anselme avait en. sa possession -une copie du manuscrit qu'OD
pdt pendant quelque t emps pour l'origina1 et qui fut consignée
par autorité de justice dans une étude notariale d'Avignon ("').
Deloye n'eut pas de peine à se justifier en prouvant qu'il n'avait
jamais eu en mains le document origin al (''') . Quant à celui-ci, il
avait été retrouvé, san s qu 'on Ie sût, dans la cachelte d'un meuble
de bibliothèque où Hubert d'Anselme l'avait di ssimul é et. .. oublié.
Après la mort de ce dernier, .Ie meuble avait été vendu et l'acqu é-
reur, ayant découvert le manuscrit, prit soin de noter sur la page

(307) A 8, p. 188 et ~uh. lfI publicatio n de Labande porte le t.ilr(' : Un diplo·


male français à la cour de Catherine Il ( 1775.1780). Journal inlim r. du chevalier
de Corberon, c hargé d'a!faire~ de France en Russie. Paris , Plon . Nollfrit , 1901,
'2 vo l. in·So,
(S08) En 1890. Voir Notice s!~ r l'uffaire du manuscrit Commin. (Avignon, impr.
Segu in ), s . d., in ·Bo, 16 p. Celle brochu re non Sig IH!C est sans nnl doule l'œuvre
de Dtloye.
(S O') Il ne fut rendu à 1:'1 ramill e d'A nselm e qU'l'n° ]927 après la restitutio n
du document autographe (Procè.~·verbaux des séa nces du Con seil municipal , 1927 .
p. 199.200). .
(31 0) .luge.ment du tribunal d'Avignon du 26 té v.rier 1893 c l arrt'!t de lA Cour
d'appel de Nimes du 15 janvier 1894 (Notice, p . 11 et 12).
-73 -

de garde .les circonstances de sa trouvaHle, mais il la garda secrète


et ce n'est qu'en 1920 que le document fut restitué par son héri-
tier (''').
On a bien de la peine à s'.expliqller aujourd'hui qu'un texte
en fait très anodin aiol pu soulever tant de passions.

7. - CATALOGUES DE LA B1BUOTHEQUE

Cette période avait vu l'achèvement des catalogues d'imprimés.


Ceux de la Jurispruden~e et de la Théologie furent rédigés ou ache-
vés, le premier par Deloye qui était licencié en droit ('U) , le second
par l'abbé Pougnet ('U) qui était encore séminariste et s'illustra
plus tard comme « archit~ te religieux » (h') .
i.e catalogue des manuscrits se fit attendre plus longtemps. La
besogne était particulièrement ardue à cause du nombre et de la
diversité des documents. Il fut qu",tion de la confier à un spécialis-
te, Auguste Molinier. Mais elle' fut entreprise par L.-H. Labande
qui succéda à Deloye en 1890 (" ). Après un premier Catalogue som-
maire paru en 1892, Labande réussit à publier en peu d·'années
quatre gros volumes donnant l'inventaire détaillé et complet des
manuscriols du Musée Calvet ; ils forment les tomes XXVIII à XXIX
(ce dernier en 2 volumes) du Catalogue général de-s manus,crits des
bibliothèques de France et sont comptés parmi les plus r emarqua-
bles de cette célèbre collection.
Labande eut un autr·e mérite, celui de mettre de l'ordr,e dans
le fonds des imprimés en. substituant à l'ancienne cotation par
ordre de matières, devenue à la longu," un fouillis inextricable, le
système plus clair et plus simple de la numération continue des
volumes, classés uniquement par formats.
Labande réalisa donc une œuvre considér·able au Musée Calvel.
Mais ses talents et son exceptionnelle capacité de travail n e furent
pas appréciés comme ils auraient dû l'être. Aussi se retira-t-il en
1906 pour remplir le poste de conservateur des Archives du Palais
de Monaco qui lui avait été offert. Il y poursuivit une brmante car-

(311 ) JI porte au Musée Calvel ]a cote Ms. 4480 .


( S12) Il étai t I.ermint.! ('n l R59 (A 2, p. 408) ; un e copie . en (u l adressée 311
Min istre cn 1861 (B 2 , roI. 69).
(3 13 ) Il Y travaillait :'l u moin s depuis 1855 au traitemenL de 600 fr. par an
(A 2, p. 357) . Le 18 oct.obre 1858 . il "éc rivit aux adminisLrateurs qu 'appelé par
l 'a rc h c \' ~que à renlrer an Séminaire pOlll' préparer ln prêtrise, il demandait à y
emport e r ses fiches et le papi er nécessaire pour termin er la tr:ln scription du cala-
log ue (C 2) . Mal·gré des rappels en 1860 et, 1863, il ne livra la rin de son travail
q u'au début de 1864 (A 2 , p. 424, 521 ct 555).
(s u.) Joseph .Guillaum e Poug nel (1829-1892), né à Avig non , a construit dans
cette villc le bas · cô t~ de l'église Saint-Pie rre c l la taça-de de la chapelle des Péni-
lenls Blan cs ; à Marseille , l'égli se de SAint -Vincent -de-Paul ou des Réformés ;
cn Tunish'. la cathédrale de Carthage.
(S U) Voir c i-dessus S 1 rf l.1 prése nt f' hllpitre.
-74 -
rière qui lui ouvrit les portes de l'Institut, d'abord comme corres-
pondant en 1910 et enfin comm e m embre libre en 1927. Il devait
s'ét eindre à A"ignon le 22 septembre 1939 ("') .

8. - DEVELOPPEMENT DU MUSEE

Les soins ·donnés à la Bibliothèque n'em.pêchèrent ni Deloye,


ni Labande de s'occuper ŒU Mu sée. La période du premier fut la
plus riche en acquisitions. c·ar cell es-ci étaien t encore, surtout au
début, a isées, fréq,u.entes et peu coûteuses. Les r egistr.... d'entrée de
Deloye, les premiers qui aie nt été tenus régulièrement au Musée
Calvet, fourmillent de mentions il'acquisiti<>ns diverses. Dans le
nombre, figurent quelques pièces exceptionnell es, l'Aulel à Mercure,
le .Tupiler de Séguret, le Dieu au maillel également <le Séguret, ·la
Vénus de Pourrières , les patères d'argent trouvés dans .le Rhône, la
batterie de cuisine d'Apt (ua b), la Alosarque de Narcisse, provenant
de Vaison ("'), qu.i montrent qu'en ce qui concerne les antiq ui'tés
l'œuvre de 'Calvet et 'de Requien étai t poursuivie sans défaillance
et ·avec un égal bonheur.

Il Y a toutefois une ombre à ce tableau. Comm"nt n'a-l-on pas


pu empêcher le départ du fameux Diadwn ène ·de Vaison? Ce n'étai t
pas faute cependant de s'être inquiété des fouilles de J acquet (le
futur inventeur de la statue) s ur son terrain de ,la colline <le Puy-
min à Vaiso n ("') ; J acqu et céda quelques pièces au Musée, pui"
dev.int réticent. C'est alors, en 1862, qu'il décou.vrit le Diadumène
brisé en plusieurs morceaux. Il atte ndit des off res. Mais, malgré
l'insis tance de Delaye. la comm ission du Mu sée ne comprit .pas
l'importance de la 'trouvaj].)e et temporis·a. Eugène Ras pail, de
Gigondas, mon tra plus de décision e t enl eva l,a statu.e pour 700 frs ,
Ensuite, après l'avoir fait remonter, H l'oITr.it au su rintendant <les
Beaux-Arts du gouvernement de Napoléon III , le com.te de Nieu-

e(6
) Voir deux notices sur 'Laba n de pal' J. Gil'aril, dans Mém. de l'Acad. de

l'al/rltue , 1939. p. 51-62 , cl dan s Annales du. Midi , 1942 , p. 143-154 ,


(:\ 111 h) POlir 'l 'aul el à Mcn:urc , le Jupite r et 1(' l)i4 'U au maillet, voir Espéran-
dicu, Bo);-reliejs. J. 278, 300 el HI , 2459. Pour I {'~ patères e l la lJalterie d'Apt,
voir J. Girard, Catat. iUustré, p. 122 et 111.
(3 11) Lafaye, ln t'enl. des mosaïques de la Gau.le, nO 121 ; J. Girard, Catalogue
ilfllSf'ré , p. 145. La mo ~a ïqu e de Narcisse fui reconstit uée dans la Ga le rie Vau-
C'"lmd cnn-t', ('n 1860, par Chri sto foli d "Mo ra. m m aïs l c~ il Njmc~, pOlir le pl'i x de
2 .200 ( r_ Cc trava il donna lien à des plaintes; le sOlls-i)ol n 'ayant. é té qu'in suffi-
samm en t aSJ:.1i ni , dès J'année 6uivanle, la mos,'l.ïquc é tait e nvahie par le sa'l-p èl re
( A 2 , p. 429, clc j Il 2 , fol. 8 1) j le m o lif central li. beaucoup souffert de celle
malfaçon. En o utrc , (.o.m me It pavement é tait incomplet, les mosaïstes ont intro-
du it , da ns les part ies refa it es, des motifs anachroniql1es (Gallckl er, dan s Bulle/in
Archéologique , 1901 , p. 34 1).
(m ) En 1853, 1859, 1860, 1862, etc. (A 2 , p. 336 , 400, 44Z, 497 , ctc. ; BI ,
{nI. 131 ct suh-. ; B 2', (01. 56 VO).
-75 -
werkerke ; puis, après un ·double refus -de ce dernier motivé par
une insuffis'a nce de crédits, il s'adreS5a au British Museum de Lon-
dres, se résignant ainsi li priver son pays de la plus belle statue
antique trouvée sur son sol. Le grand musée anglais dépêeha aussi-
tôt son conservateur des Antiquités grecques et romaines, C.-L.
Newton, qui en lit l'acquisition, en août 1869, pour le prix de mille
livres sterlings (25.000 fr·s ) , sur lesquels Raspail remit miHe francs
à Jacquet (m). Le Musée Oalvet en reçut, plus tard un moula-
ge (~).

L'année 1862 fut marquée par l'entrée au Musée du Chris!


d'ivoire des Pénitents noirs. Pour une fois, - ·Ia seule dans l'his-
toire du Musée, - le Préfet vint présider la Commission qui reçut ·Ia
garde du fameux crucifix, en promettant de I·e r emettre aux Péni-
tents pour la procession annuelle de la F ête-Dieu (n'). Ce dépôt fut
accueilli avec une grande s:alisfaction par les administrateurs du
Musée. L'ouvrage de J ean Guill ermin a toujours été fort populaire
à Avignon et on l'a considéré et bien des gens le considèrent encore
d", nos jc>urs oomme un inestimable chef d'œuvre. Calvet ne parta-
geait pas l'a'dmiration commun e de son temps; il le trouvait «frai:t
ct d'une expression faible » , qu-oiqu e « d'un beau fini et dessiné lassez
correctement (m).
En peintur"" on ne saurait citer à cette époque d'entrée nota-
ble, s'il n'y avait les deux tableaux du XIV'" siècle italien envoyés
par l'Etat en 1876 (n'). Quant aux primitifs avignonnais, l'exemple
donné par Requien n 'a pas é té suivi quand on pouvait le faire encore
à 'p eu de frais ; on a ·a insi laissé échapper au profit du Musée du
Louvre le Chris·! de pitié, de Boulbon (no) et les deux panneaux de
Thouzon représentant des scènes dc.Ja vie de Saint ·André et 'de Saint
Sébastioen (m); ce ne furent pas les seules occasions manquées (m).
Même carence pour la peinture moderne; le Musée Calvet ne pos-
sède pas de Cézanne et, ce qui est plus surprenant, pas de Paul

(3 19) Voir une leUre de Deloye PlI·bliée pnr Sautel , Vaison dans t'antiquité,
Le Gras, Le DÙJ....
1. J. p. IX -X ] , ainsi que ]a brochure (lavorable à Raspail) de Ch.
dl.lmèn.e de Vaison au British Museum (Cahiers d ' MsLoire et d'archéologie , Ntmcs,
1948).
(1120) Don du Mu sée de Sa int.Germain -en-Laye cn 1893 (li 9, p. 380).
(m) Séa nce du 30 juillet 1862 (A 2, p. 507).
{m ) Œuvres autographes de Calve l, 1. V. (Ms 2348. fo l. 381 v·.382).
(11211) J. Girard, Catalogue illUstré, 1924, nO 409 cl 410.
(32"' ) !J~flbande , Les PrimUifs français, J, p. 193.
(325) Id . , p. ]95. Ils figurèrenl encore en 1907 à .1'Exposition régionale
d'Avignon (Mai-Juin 1907. Exposition rétrospective des Beaux-Arts . .. Cata!ogue ... ,
Avignon, impr. Auzac, 1907, in-So, p. 14) .
(326) Pour justifier œ tte abstention, o n al'léguait - é tait-ce naïveté ~ _ que
ces tableaux si longtemps S.'lOS valeur. mar('han<le, leurs possesseu rs seraient quel-
que jour , Ja mode passée , trop heureux d'e n Caire cadeau au Musée! Labande
s'indignai t d'une telle mentalité .
-76 -

Guigou qui Hait c,ependant d'origine vauclusienn e. On se souciait


moins d'a rt que d'archéologie.

On se préoccupait également peu de la présen tation des œuvre.


ou plutôt o n l'entendait très d ifféremment d'a ujourd'hui. Il fal·l·ait
exposer tout ce qu'on possédait et on tapissait les murs e n laissant
le moins de vide possible. Qua nd une nouvell e pièce arrivait, on
serraH les r·a ngs pou.r lui faire place. Si on félicit e, en 1875, D,eloye
« de son discernement et de son goût éclairé >, c'est qu'il avait
réussi, en rem<lni·a nt la galerie de peinture, à y introduire de nou-
veaux « ~nvo i s du Gouvernement » eU). Dans la sall e des Monu-
Inenls gothiques oit de tels resserrem·ents s'avéraien t à peu près im -
possibles. on a rriva à un encombrem ent inouï (t:.I). Laba nde s'attela à
une refonte complète, mais si son travail fut parfait au point de vue
du cl'Ussem ent chronologique, l'ensemble continua à pa raître, non
une galerie de musée, mais, selon l'expression d'André Hallays, un
véribable « charnier de pi erres » (~).

9. - FONCTIONNEMENT DU MUSEE.

OUVERTU RE DES GALERIES . - Au début de cette période, l'Qu-


verture des ga leries du Musée était fix ée, le dimanch e, «entre 11 h.
du maHn et 3 h. de relevée, c'est-à-dire entre la fin des messes
paroissial es et ·le commencement des offices du soir ». En 1857, la
Commission invitée par le Maire à modifier cet horaire s'y refusa
et c'est à cette occasion qu'eHe invoqu:a un « pieux rigorisme :.;
qui devait empêch er de « lenir des galeries de curiosités ouvertes
aux h eures où les exercices de .hi religion appellent les fidèles dans
les églises >. Le Maire et le Conseil municipal tinrent bon. La
Commission dut donc se résigner à ouvrir le Musée ·l e dimanche de
midi à, 4 h. en hiver et d'une heure à 5 h. en été (m '). Mais le rigo-
risme dont elle se targuait lui fit fermer la salle de sculpture
moderne à cause des nudités » (~) et la Nymphe endormie, de

(U1) » Quelques toiles de moindre val eur ont été reléguées sur des points
D il leuN. déff'cill osités paraissent mo'im )1 ( A. 3, roI. 141 VO) .
(328) Voir 1.1 photographie insérée dans Cahie rs de la Rip ubliqlle des letlres,
rle.~ scien ces Pol, des nrls. Xlll. Musées. p. 240 , pl. XXXVII.
(329 ) Andl'l~ Hallays , Al1ignon el le Comtnl Ven aissin, p. 104 .
(329 b) A 2. p., 273, e l fi 2 , roI. 45 VO. Voir aussi note 292
(33 0 ) Séance du 26 m ~ i 1855 présidée par Hubert d'Anselme: (t Prenant en
co nsiMrati on le!! plaintes !lou yent reitérécs des pères et des mères de Camille que
choqw' la vue des nudités exposées dans la Aa ll e dite du Faune, qui (ait su ite au
vestibule du Mu sée, l'Admini stration délibère que l'entrée de celle salle sera
Msormai!l rermée par une porte . Ell e vole un e balustrade en (cr à main courante
en hois pour p ro t~ g{'r 1(1 Baigneuse ('t Je Fau n e contre le public qui se presse
parloi s autour de ccs statues ~ (A 2, p. 3~6 ) . 'Les deux œuvres incriminées étaient
entrées au Mu sée pnr dépôt de l 'Etat, l'une, la Baigneuse. grecque d'Espercieux , en
1837. l'antre le PfI""P'. du .~(, lIlpt (, lIr a\'ignonnais Louis Bria n . en 1841.
VI. - J.\ 01 Cil ,,,,.rUlII ' LAl\mn1~~d: " )J 1lI~ r} II OTEt. nH VII.T.F.N IOI \' l ·:
ul::·Q·,\un6: HN ]I]:rl
-77-
Chassériau, reçue de l'Etat en 1851, resta longtem.ps reléguée loin
des regards du public (- ').
Jacques Binon continua son office de ciceron e jusqu'en 1873,
date de son décès. Il fut a lors remplacé par son fils Auguste
Binon (1131). Le ·d.ïrnanche, la garde des salles était ass urée, depuis
la suppression de la Succursa le des Invalides, par des soldats de la
garnison qui recevaient ch acun une r étribution de 50 centimes ; les
c pontonniers • étaient p lus zélés que les soldats de la « ligne •
parce que leu r modest e salaire le ur était remis individuellement.
tandis que celui des fantassins était « v,ersé d·ans la masse» en) .
Ce gardiennage dominical par les militaires est resté en pratique
jusqu'à la guerre de 1939.
:.
Le travail dans les salles du Musée et l'étude des collections
étai,ent soumis à des règles aussi strictes que celles qui régissaient
la bibliothèque.
Les copist es n'étaient autorisés qu'à des jours et heures fixés
par l a Commission ; ils ne devaient pas déplacer les tablooux (m).
En 1852, le respectable a bbé T erris ayant voulu étudier les sceaux
et cachets du Musée, on lui imposa l'obligation de ne les examine r
de près et de ne prendre des empreintes que sous la surv,ciHance
constante ,de Binon ( ~ ). Quant ,au médaillier, les numismates se
plaignaient souvent de son peu d'accessibilité ; l'un d'eux, Charvet
le fit avec tant de violence qu'on le poursuivit en diffamation ('H) ;
par contre, Ca rpentier, auteur ,d 'études sur -le monnayage de Pro-
vence, se plut à reconnaître les facilités qui lui avaient été accor-
dées (-) .
On n e pouvait pas photographier (U'), encore moins, - c'était
plus naturel , - f.aire exécuter des m oulages, sans une délibération
spéciale de la Commission (m ) .

(33 0 b) Le 24 janvi er 1856, 011 0llposa Uil l'du s ù un pdntre qui avait demandé
l'autorisation de la copier (C 3, à la date) . -
(3:11) Sur Jacques Bin on, voir ci-dessus notes 74 et 223. li mourut le 27 janvier
1873 CA 3, fol. 101). Augu ste Din a n e lait attacllé à la Bibliothèque depuis 1858
CA 2, p. 384) j il ful nommé concierge-gardien à la . place de son père par arrêté
du Maire du 1er avril 1873 (B 3, fol. 159 vo-J.t30 ct D l , dossiers diver,s 1811-1910).
(332) B 5, fol. 58 vo.
("') A 4, fol. JO cl A 7, p. 152.
(''') A 2, p. 305,
(335)En 1863 CA 2 , p. 524 ct sui v.) , M. de Baroncelli·Javon se plaignait en
ou lre qu 'on n 'avai t pas voulu lu i experti scr une monnaie; on lui répondit que
(.'of n 'étail pas Je rôle du conscrva teur (B 2,(01. 60 Vo).
("') A 2, p. 553.
(337) Braun obt int celle faveur cn 1887 (A 4, Col. 141 Vo).
(338) En 1866, on fit mouler le Guerrier Gattlois de Mondragon à la deman-de
de l'Empereur. C'cst le Capi:ain e A. de R err~' e, officier d 'ordonnance, qui négocia
à ccl effet avec le Musée. 'Le rno"ulage fut exécuté Ipar Roux de Luc, sculpteur
d 'Avignon , pour le prix de 400 fr . (A 3, fol. 16 et suiv. ; B 3, fol. 38 Vo et suiv. ).
En 1893, le Guerrier gaulois de Vachères rut moulé à, l 'intention du Musée de
Saint-Germain ; Je moule est encore au Mu s~e Calve t C A 7, p. 96) ; on fit alors
-78 -

PRtTS AUX E XP<lSITI ONS. - Cette ad ministra tion, si sourcil-


I.euse pour tout ce qui concernait la conserva tion et la communi-
cation des obj ets d'ar.!, s'est montrée plus J;arge quand ;'1 s'l'st
agi de prêts aux grandes expositions, peu t-être parce qu 'on y voyait
un hommage rendu à lïmportance du Musée et une occasion de le
faire connaître. Ainsi en 1861, sur la recommanda tion d'Horace
Vernet, on prête des tableaux et des -dessins à l'Exposition régionale
de Marseille (m ) . On participe également aux exposi.tions de Paris :
exposition des ch efs ,d'œuvre d,es Musées de provinces en 1875,
e"positions universelles de 1879 et 1900. Celle dernière donna lieu
à un incident. Parmi l,es ohj ets prêtés figuraien t une serrure de
colIre Renaissance provenant du château de Grignan et sa c lef.
Au retour, celle-ci manquait. Elle fu.t retrouvée dans la collection
Le Secq des Tourn ell es, 'donn ée depuis à la vill e de Rouen (~) . Le
Secq des Tou rnelles l'avai t achetée de bonne foi sans connaître sa
provenance . On dut, pour ravoir la clef, lui rembourser les 500 fr.
qu"eUe lui avait coiltés (H') .

RESTAURATIONS. - Quelques r,es taurations ·de tabl eaux eurent


lieu dans la seconde moitié du XIXme siècle. E Hes furent confiées,
comme précédemment, à des a rtistes locaux. En 1854, ,le Bienheu-
reux Pierre de Luxembourg fut restauré par Reynes, professeur à
l'Ecole de d essin ; en 1863, la Vierge avec l'Enfant de Pierre Par-
rocel le fut .par Guilbe"t d' Anelle, directeur de la même école, qui
la fit rentoiler à Paris ; le peintre Reboul fut employé également
à des restaurations en 1878 ('n) .

CATA LOGUES. - Le Préfet avai t réclamé, en 1838, le catalogu e


des antiquités du Mu.sée pour le transmettre au Ministre de l' Inté-

moule r ég alenlt'IIL le bas relief de Sainte lIêlène don t les é.prcuves sc vendirent
aH pro fit ~ u Mus":·i!. En 19:1 5, le I( Mu"SCo de}.!' hnpcro Roman o 1) à Rome scr',J
aut od :ll.! (1 ·(aire exéc ut er plusÎeUl's moulages d e sc ulptures romaine,;; dl l ·Musé\:
lapidllire.
("') A 2 , p. 474.
(HO) La coll ec tion a\·ait é té déposée pendant quelqu e tem ps au Musée des Arts
décoratiCs, à Paris . Elle {ut reproduite alors dan s la collection: .Le Mu sée des Arls
d éco rCltifs, pu.blié sous la direc tion de Louis .\fetma n.. Le Mé tal. Ire part ie : Le Fer.
Pll d s. Lo ngul:t, s. d. , in -fol. La cler de Grignan ("St rep rod uite i. la ll'hlllc !J e
XXXIIJ. n 324. C'est Nœ l Bire t, (u tm' donat eur d-e la collect ion de fe rronnerie ,
Q

qui l'X découvrit , cc qui permit d 'entam er des démardH's rpour cn obtenir la
rcetitution.
(34. 1) Ces 50\) rI'. auraient diJ è lrc payés p:lr l 'Ela t, organi sa te ur de l 'Ex-posi·
lion ·de 1900. Deva nt sa care nce, ce ful la Ville d 'Avig non qui s'exécuta (P rocès-
verba ux des séa nc es du Co nseil muniCipal , 1. XXX III , 27 décembre J9 17) .
(3 "~ ) A 2, 'P. 345, 52 1, 563, 576 ; B 3, roI. 13 \,Q ; A 4, fol. 2 \ . Q. Pour les
l'cs taul'ations dan s la pre-mi~re mo ili ~ du XIX'" siè{'l!(' , voir t'i-(Jess us chap. 111 ,
S 13 el note 205.
-7\1 -
rieur qui voulait cons.tituer 4: un inventaire complet des richesses
archéologiqu es du royaume ». Ge fut Jacques Binon qui s'occupa de
recuei llir les éléments de ce répertoire en utilisant les manuscrits
de Calvet et les n (}tes d·e Requien . En 1847, la Commission annon-
çait que ce travai·l était presque achevé. Ce n 'est pourtant qu'en
1856 que la Commission put décider « qu e ·les nomb reuses no(.es
rédigées -p ar M. Binon, concierge du Musée Calvet, su r .les objets
d'an.tiquité, seront transcrites sur un registre particulier ... qui ser-
vira d' inventaire » (m). Ge registre fnt ensuite tenu à jour par
des intercalations (-).
En 1&58, Deloye fit imprimer un catalogue des tableaux qui
eut une seconde édition en 1879. Il publia également, en 1881, un
catalogu e des sculptures de la Renaissance et des temps modernes.

UI. - LE MUSEUM REQUIEN

10. - LE MUSEE D'HISTOIRE NATURELLE APRES REQUIEN.

Les volontés de Requien furent fidèlement exécutées. Les pièces


qu 'il avait recueillies après sa donation furent réunies au fonds de
Saint-Martia.l, à ,l'exc~ption des p.lantes et coquilles de la Corse qui
furent, selon son vœu. con fiées pour classement à son ami Moquin-
Tandon, -p rofesseur de botanique à TOlLl<>use ("' ). EHes ne devaient
rentrer qu'-a près de longues années.

Le percement du cours de la rue Bonaparte (cour.s Jean-Jaurès


et rue de la République ) qui a été la grande oeuvre édilitaire du
Second Empire eut de graves conséquences pour le Musée Requien .
Le tracé adopté passait en effet au travers des bâtiments de Saint-
Martial et du Jardin botanique.
Les Administrateurs du Musée Calvet avaient proposé un autl'e
tracé qui, « au lieu de prendre pOllr second point directeur un point
situé à 7 m. 50 de l'angle de l'ég.lise du Lycée prendrait ce second

("') C l, el A 2, p. 205 el, 364.


(~ 44 ) A partir Je 1926, il a é té ('ontillué sur fich-cs.
eU) Appelé ensuit e à la Faculté de mé decine d.c Paris, Moquin-Tandon lai ssa
les coquilles de Hequien à Alfred de Sainl -Simon , à To ulouse, c t emporta avec
lui l ' h e rb ~er. Il m ourut sans avoir terminé son travai l. Sop ( il s, qui avait d'abord
l'o ulu le continu er, finit par y renoncer ct renvoya l'herbier cn 1872. Alfred
dt': Sa int ·Simon rut encore moine rapide ; la dernière caisse de coquiHes n 'é tait
de retour à Avignon qu 'en 1877 CA 2 , p. 460 , 48 1, 566 , 567 ; B 3, roI. 3 v o ,
77 v·, 82, 143 ; B 4, ~ol. 126) .
-80-

point à 7 m. 50 de l'angle Sud-Est de Saint-Louis ». Ce seconr!


tracé aurait 'Iaissé à peu près intact « le local de St-M artial en se
bornant à en redresser les mu railles el 'aurait conservé le Jardin
botanique » (;1<6). Des lettres furent adressées dans ce sens au Maire
d'Avignon, au Consei·l municipa,I, aux Ministres de la Guerre, des
Finances, des Trava ux publics, de nnstruction publique ("') .
Le pro.jet primitif fut maintenu . Il compo.rtait do.nc la démo.li-
tio.n d'une partie des bâtiments du Musée d'histoire naturelle. Les
co.llections et la bibliothèque furent déménagées en 1857 et Ira ns-
férées provisoirement à l'Hôtel de ViUe ("').
Le Maire inv,ta les administrateurs du Musée Calvet à lui
fournir un projet de réfection partiell e des bâtiments de Saint-
Martial. Les· travaux furent adjugés à Ponge, entrepreneur de
maçonnerie ("') ..
Une nou velle façade fut en etfet rebâtie à l'alignement de la
no.uvell e rue. La façade s·u r la rue Calade (auj o.urd'hui rue Henri-
F abre) le fut également sur les fo.ndations primitives. Po.ur ces
deux façades on utilisa les matériaux anciens et on eut l'heureuse
idée de repro.du ire exactement l'o.rdo.nnance ado.p tée par Pierre
Mignard ,Io. rs de la co.nstructio.n de cette partie des bâtiments de
Saint-Martial au début du XVIlJ m• siècle.
Le j ardin bo.tanique ayant été sacrifié, la vill e céda une partie
de l'ancien parc des Invalides (ancien parc des Célestins) po.ur y
établir un nouveau j ardin des plantes ("' ) . Afin de ranimer le go ùt
des étu des botaniques « qui semble s'éteindre à Avignon depuis la
perte du savant M. Requien », on avai t chargé M. Fabre « a!t·aché au
Lycée d'Avigno.n et natura liste distingué » de faire un cours élé-
mentaire de botanique au Jardin des plantes (a,) . Maurice Palun
qui était touj o.urs co.nservat eur d·u Musée d'his>loire nalurel,le était
alo.rs abso.r,bé par la rédaclion de son « catalo.gue des plantes qui
croissent aux environs d'Avigno.n >,_commandé en 1854 par l'Admi-
nistra tion Calvet (~' ) , et aussi par les multi-ples déménagements de
so.n Musée. Celui-ci fut réinstallé à Sainl-Martia·1 en- 1859-1860 ; la
ch apelLe faisait alo.rs partie des locaux qui lui étaienl affectés (a, ) ;
ell e renfermait la co.llec tio.n de minéralogie.

(346) Dd ibératioll ÙU 30 aVI'il 1853 CA 2, p. 330- 335'). \'oir : Les Administra .


leu rs du Mu slle à Monsieur le Mail'e et à Messieu rs les Conseille rs Munici puu.x de
la v ille d 'Av ignon, 15 mars l S53 (aulograph ié in .4°) .
(347 )0 J, fo l. 1.32 et suiv . ; 0 2, fol. 2 VOet sui\'.
(3"8) A 2, :p. 362, 375, elc. ; B 2, fol. 29 vO, d e.
(349) :\ 2, p. 36-1 cl .h c h. départ. de Vauclu se , T. 'Mu$ée-biblio thèque d'Avi-
gnOIl. <J
e iJ O
) Le 2 3 (é\'l'icr 1856 , o n décide de raire dre sser le plan de ce j ard in
(A 2, p. 363).
(3.~ 1 )
28 a\'l'i1 1855 (A 2 , p. 354) . En 1858, o n paye 24 (r. à Bonnet. impri-
pour l'arfid ll: du cours ..le botanique (A 2, p. 391) .
111 1.' 111' ,
(31) 2) A 2, p. 348 ; le 25 septembre 1854 , la Commission décide que le cala.
log ue P.. lun sera tiré à 500 exemplaires (A 2 , p. 390).
(' '' 3) En 1861 , o n sc pl aint du mauvais é lal d {~ la voùle , d 'où tombent des
Jébl'is (U 2, roI. 69 v').
\' JJ . - L A CUL L E t; TlQ N IIV. Pt:lU\QN NlmlF. nlH ET

AMÉNA G I~ E t :N 1939
-81-

La Commission du Musée se déclara satisfaite. Les bâtiments,


dit-elle, « s<Jnt commodes, parfaitement éclairés et, <:omme .\a co-
quill e que Dieu ·a ,départie au mollusque, susceptibles de s'étendre
pour abriter le Musée d'histoire naturelle dans tout son développe-
ment futur » (~) . Quant au jardin botanique, ses jours étaient
comptés ; en effet, en 1861, la viHe céda à l'Etat, pour la cons-
truction d 'un e caserne, les t errains qui avaient été affeotés au jar.
din botanique dans l'ancien parc des Invalides (-). On transporta
le J a"din des p lantes au Sud de la gare, mais peu d'années après, if
devait être malheureusement supprimé .

11. - HENRI FABRE CONSERVATEUR.

En 1866, Palun étant décédé, Henri Fabre fut nommé conser-


vateur. L'illustre a).lteur des Souvenirs entomologiques, était alms
professeur de chimie et de 'physique au Lycée impéria l. Le 25 avril
1868, la Commission décida de faire une démarehe auprès de lui
pour l'engager à composer un « Catalogue des insectes du terri·
toire d'Avignon et de ses environs » . Ce catalogu.e fut en effet
rédigé, et, le 26 juin 1869, la Commission décidait son impres-
sion (*).
Au m<Jis d 'août suivant, Fabre, obligé par une cabale de pren-
dre une retraite prématurée (~'), annonçait son inten tion de quitter
Avignon « à cause de la difficu lté qu 'il éprouve d'y trouver un
logement »; mais il comptait conserv:er la direction scien'tifigue du
Musée d'histoire naturelle CM). CeUe soluHon fut acceptée par la
Commission du Musée CaIvet qui paraît avoir toujours'-marqu,;
à Fabre beaucoup de déférence et de considération (.. ) .M'a is elle
n e fut pas du goût du maire Paul Poncet, n eveu de ce maire du
même nom qui avait eu des difficultés avec Requien. Le 1er novem-
bre 1873, Fabre fut remplacé par Jean-Marie Châtelet, professeur
de chimie, de physiq·ue et d'histoire naturelle aux Cours commu-
naux (-): '. ! :t "

(3.~4) A 2, p. 395, 410, cie., el Ms. 3787 (dossier "Patlca l, architecte de la ,'ille).
eH) A 2, p. 455-6 cl suÎv. ; }j 2, fol. 110 VO ct suiv.
("') A 3, fol . 17 v', 19.20, 44 et 60.
(U1 ) Augu sl.in Fable, Jean-Henri Fabre, l'entomologiste raconté pa,. lui-
même, 'Lyon-Paris, Vitte, s. d., in -12° , t. l, p. 221 -224.
(3:58) A 3, Col. 72 VA.
(3S9) Fabre rcn\'oya de Sérignan , cn 1883, quarante-trois volume" ou fascicules
qu'il ava it empruntés Ip lus de vin gt ans auparavant à la Bibliothèque du Musée
Rcquicn. La Comm issio n lui ac·cusa rP..œption cn aj outant: « Nous nous plaisons
à reconnaître que le long séjour de CleS ouvrages, auprès de VOliS, en -servant à
\ 'OS profondes él ud ~'s, a été particulièrement profitable à la sci<encc )l (8 5, fol.
72 v') .
(3150) A 3, fol. 115 et suiv.
-82-

12. - LA FlN DE SAINT-MARTIAL.

Le départ de F,a bre fut fâcheux pour le Musée d'histoire natu-


relle. On di minua ses locaux en lui en levant d'abord un e parti e,
puis la t otalité de la chapelle de Saint-Martial (K') ; faute de
,u rveill ance, il fut victime ,d.'un vol commis par le frère Samuel,
dét rou,"eur des musées d'h is toire naturell e (~) ; enfin en 1888, aux
dires du Conseil m unicipal, il était « dans un état d'abandon
regrettable» (W) .
Les vieux avignonnais peuvent se souvenir encore de l'insta l-
lation du Musée d'histoire naturelle dan, les derniers t em ps de son
séjour à Saint-Martial. Elle « comprenait, au rez-de-chaussée, un
très grand vestibu le, plafonné à la française, où étaient ,dépo,és
les gr,a n ds fossiles et -les gros.es pièces de minéralogie. Dans trois
va,tes salles du premier étage, étaient rangées les collections des
trois règnes. animal, végétal et minéral » CGt). Les serres aménagées
entre les contreforts de la chapelle rappc.Iaient et rappellent enco-
r e l'ancien Jardin des plantes.
En 18'98, le locHI de Saint-Martial fut évacué pour faire place
à la Recelte principale des postes. Les collections furent transfé-
rées dans la nouvelle aile const ruite à cet elTet dans le jardin du
Musé CalveL Le déménagement devait avoi r lieu sous li a survei·l·
lance {le Ch âtclet, qui, décédé le 10 juillet 1898, eut son fils Casimir
Châtelet pour successeur, et d'Auguste Binon, préparateur (~) .
L'inauguration du Musée réinstallé a eu lieu, comme nous l'avons
déj à dit, le 4 septembre 1902 (~ ) .

("') En 1872 (A 3. fol. 88) el en 1876 (A 3, fol. 149 v' cl suiv.).


(162) 'Lettre au procureur de la Rép ublique , il ~I o ntpelli er. du J7 mars 1883
(8 5, fol. 77).
(36 3) Proâs-'I)el"l,wux des séonces du Conseil muiûcipol , t. VI, . 1888, p. 3..i7.
(3601.) F. Di go nnd , Notice histol'ique wr le Mu sée Calvet, 1901, p. 54.
eU) Procès. verbaux des séa nces du Conseil municipal, 1897, p. 573.
e l16
) » '<lpl"~S un e plaque dt! marbre placée dans une dl~ sa llcs du Muséc .
CHAPITRE V

LE MUSEE CALVEl
DANS LA PREMlfRE MOIT1E DU XXm • SIECLE

I. - SITUATION LEGALE

ET FONCTIONNEMENT DU MUSEE CALVET

1. - SITUATION LEGALE.

Le XX me siècle a vu cesser la lutte stéri'i e qui avait mis aux


prises l'administration municipale et le Mu~ée Calvet (M'). Désor-
mais la situation autonome de ce dernier n'a plus été contestée.
D'a illeurs un avis du Conseil d'Etat du 8 juillet 1925 a défini elai-
re,m ent son ~ tatut légal en déelaraiü qu'il «.constitue un établisse-
mentpublic 'communal ».' Or, on sait ' qu'un tel établissement est un
service public ,f'a dministrant d'une façon autonome et jouissant
de la personnalité morale, capable ,d'ester en justice, de recevoir
des dons et des legs.
Mais, pendant qu e la situation du Musée était ainsi précisée et
mise hors de discussion, le contrôle de sa gestion financière était
rendu plus efficace, L'avis du ,Conseil d'Etat du 8 juillet 1925 a
rappelé, en eITet, - ce qui semblait avoir été oublié, - que « les
deniers de cet établisseme nt sont des deniers publics », que les
règles de la comptabilité publique ' sont par conséquent « appli-
cables d,e plein droit à la gestion du Musée Calvet » et que son
receveur « ne saurait s·c soustraire au contrôle des comptables supé-
rieurs du Trésor ni aux vérifications de l'Inspectio n générale des
Finances » (M).
Plu s récemment, le fonctionnement même du Musée a été pro-

Voir chapi tre IV , S 4.


Doc. divers, p. 45-46.
-84-

fondément alIecté par la législation nouvelle sur les bibliothèques


et les m.usées. Les premières sont régies par la loi du 20 juillet 1»31
et le décret du 29 avril 1933 (~), les second·s par l'ordonnance du
13 juillet 1945 et h; décret du 31 août 1945 (''' ). Cette législation
a établi un régime commun à toutes les « Bibliothèques de France »,
à ,tous les « Musées de France », ' faisant de l,e.urs rollservateurs
des fonctionnaires d'Etat et soustrayant aux autorités locales la
direction intérieure des établissements, aussi bien que l'initiative el
la liberté des acquisitions. Mais le nouveau statut n'a pas modifié
la situation légr.le du Musée Calvet qui a conservé sa qualité d'éta-
blissement public et tous ses droits sur l'administration de ses biens.

2. - LE PATRIMOINE DU MUSEE CALVE7'.

Le patrimoine dont le Musée Calvet avait hérité de son fonda-


teur n'est pas resté immuable. Le domaine de la Condamine qui e n
était la partie principale a vu sa superficie diminuée à pillsieuf3
reprises par des expropriations - pour la création (en 1845 ) et deux
agrandissements (en 1885 et 1932 ) du cimetière de Cavaillon el
pour la construction en 1865 de la voie ferrée d'Avignon à Cavail-
lon, - puis reconstituée pres'qu.e aussitôt, par des achats CU). Mais,
depuis que ce travail a été écrit, le domaine es t menacé d'une expro-
priation totale en).
C'est de bonne heure que le patrimoine d·u Musée commença
à s'augmenter. En 1838, François Artaud, ancien directeur des
Musées de Lyon, dont nous avons signalé le rôle éminent dans les
commencement du Musée, lui laissa deux m aisons, rue de la Masse,
i> Avignon, aliénées par la suite (m). En 1851, le legs Requien com-
prenait également un petit immeuble rue Saint-Michel. Il y eut
ensuite de nombreux legs ou dons de sommes d'argent, les uns plus
ou moins modestes, d'autres importants, comme celui de Léopold
Rouvière, qui était de 10'0.00'0 fr's, somme considérable en 1901, date
de cette libéralité (m). Le patrimoine immobilier s'était accru en
même temps: Charles Berti avait laissé deux maisons (m) ; Augus-
te Laj ard, un grand immeuble, ru e Joseph-Vernet, 83 (ancien col-
lège d'Annecy), et 100.000' frs ; le Dr Pierre P ansi er, un immeu-
ble, également rue Joseph-Vernet (avec réserve d'usufruit) . Enfin

t!l69) Journal Officiel Ju 23 juillet 193 1. p . 7930. du 30 ,Ivril 1 93:~, p. 4521 ,


et du 2 juillel 1933, p. 6914.
(''') Ib id., t4 juillet 1945, p. 4242, el 12 septembre 1945, p. 5698 .
(371 ) A 2, p. ] 15 et. suiv . j A 3, fol. 10 VO et suiv. i A 10, 101. 145 et .suiv. ;
G 4. Un plan du domaine a été établi par Fonzes, géomètre, -cn 1838 (Autogr. Re-
quicn, nO. )1]73-11174) .
(.H2) JI a déjà subi une expropriation partielle pour la construction d'habita-
tions à bon marché.
(!I73) D .JO (dossier legs Artaud).
eU) Doc . divers, Ire el 2e édit.
(m) Aliénés en 1928 (A 10, p. 92).
- 85-

de 1924 à 1938, Michel Jouve, président honoraire à la Cour de


Nîmes, Auguste Jouve, son frère et Marie-Thérèse Jouve, sa sœur,
ont légué au Musée Calvet , toute leur fortune consistant en
un immeuble à Avignon et plusieurs à Cava Hl on à charge d'entrete-
nir dans cette dernière ville un double musée consacré à ses, anti-
quités et à son histoire locale CTB ) .
La fortune imlmobilière du Musée s'est également aug,m entée
par d·es achats de parcelles rurales et même d'un grand immeuble
confrontant ·le Musée ,Calvet, rue Joseph-Vernet, 67 ("' ).
Enfin , il est à noter que, depuis la loi des finances du 30 juin 1923,
le Musée ,Calvet, comme les établissements du même genre jouit
d'une exemption de droit de mutation ou d'enregistrement pour les
legs ou donations d'œuvre d'art ou de livr·es et d'un tarif réduit
de 9 % pour les dons et legs de sommes d' argent et d'immeubles
destinés à rachat d'objets d'art ou de livres.

3. - ORGANISATION BUDGETAIRE.

Comme l'avait voulu Calvet, la vill·e d'Avignon paye depub


l'origine le traitement du personnel (~ ). Les frais d'entretien des
bâtiments lui incombaient également. Mai·s, depuis le classement de
l'hôtel de Villeneuve comme monument historique, en 1928, ces
dépenses ont été dirigées ·et en partie financées par l'Etat ; toute-
fois, le Musée Calvet a dû acquitter des travaux de restauration
sur les fonds de sa propre trêsorerie ('" ). Toutes 'les autres dépen-
ses, telles que frais d'administration et d'entretien des propriétés,
d'accroissement et de présentation des éollections, sont à la charge
du Musée, ainsi .que l es pensions charitables, prix de dessin ou
autres ('~ ), insHtuées par Calvet et, à son exemple, ' par d'autres
bienfaiteu.r·s, fondations généralement modestes à l'origine et aujour-
d'hui dérisoires.
'Conformément aux Avis du Conseil d'Eta t du 26 août 1836 et
du 8 juillet 1925, que nous avons relatés précédemment, le' Musée
Calvet a un budget spécial et ses comptes sont présentés à la véri-
fic ation et à l'approbation de l'Administration supérieure. En outre,
son receveur est soumis aux investigations d·es comptables supé-
rieurs du Trésor et de l'Inspection générale des Finances.

(316) f)oc. dl,ver.~. :p. 63. et dossiers de ce triple legs .


[.37 1 ) G 2, J. lI , ct A 11 , p. 22 d 31 et ci-après, S 16.
(3 78) 18 juillet 1911 , vo le d e l'assimilation des employés du Mu sée Cal vet
aux <! ffi ployé5 communaux (Procès -verbaux des séances du Con sei-l municipal , t.
XXIX , 1911) _ Depuis la nou velle législation sur les bibliothèques et les mu sées,
le traitement du con se rvaleur est payé par l 'Etal , avec participation · pour moitié
de la ville_
(319) Voir ci -;lprès S 9 comment s\.'St fait le ,finan cem ent de .IR restauration
de ~ sa lons -de l'-hô:.el de .Villeneuve d divers travaux exécutés en 1939.
(38 0) Doc. divers , p. 49-64 , et dossier du legs Aug uste Jouve . Ce dernier a ins-
titné un prix de 2_000 fr. à attribuer chaque année aux cour.res de chevaux de
Ca vaillon.
- 86-

Il. - LA BIBLIOTHEQUE

La période (D') que nous étudions en ce moment est celle


où la Bibliothèque a reçu ses accroissements les plus considéra-
bles. Grâce à des libéralités particulièrement importantes et à des
acquisitions plus modestes qu'on ne l'aurait voulu, mais réguliè-
res, le nombre des imprimés, - les chiffres de la cotation le prou-
vent, - a littéralem.,nt doublé et le fonds des manuscrits s'est
augmenté de plus de 1800 unités.

4. - DEVELOPPEMENT DES COLLECTIONS LOCALES .

Beaucoup de ces nouveaux apports intéressaient l'histoire loca-


le et ont complété sur bien des points la collection Requien. Ainsi,
en premier lieu, les papiers de Charles Cottier reçus en 1906. Cottier
(1749-1822) avait été premier consul de Carpentras avant la Révo-
lution ; il entra plus tard dans la magistrature et termina sa
carrière comme conseiller à la Cour de Nîmes. Il est l'auteur de
Notes historiqu'es concernant les recteurs du ci-devant Comté Ve-
naissin, parues en 1806 et qui sont toujours consultées. Dans les
diverses fonctions qu'il avait remplies, il avait eu soin de recueillir
nombre de documents intéressant l'histoir,e locale. principalement
pendant la période révolutionnaire. Ils sont maintenant conservés
au Musée Calvet ("').
A la fin du XIXme siècle et au comm~ncement du XXme, deux
érudits, le chanoine Requin, puis Adrien Marcel, s'étaient appli-
qués à dépouiller 'les riches archives notariale s d'Avignon au point
de vue de l'histoire des arts et des artistes .
Pierre-Henri Requin, né à Jonqu erettes (Vau cluse) en 1851 ,
mort à Avignon en 1917, s'était fait un e réputation comme historien
du sculpteur co mtadin Jacques Bernus, de l'école avignonnaise de
peinture et des origines de l'imprimerie à Avignon. Il avait projeté

(.U I ) Au début de cette période , M. Joseph Girard . né à Avig no n le Il r~vri~ r


1881, ar (' hi v i ~ te-pa l éog raph e, licen cié e n droit, avait succédé il. M. L. ·H. Labande,
il parlir du 1er octobre 1906 .
(3 82 ) Sur Cotti er. voir Barj:-lvd , Di.c l. , t. 1e r. p. 4·0 9·413. Ln bibliothèqu e dc
Ch arl e·f: Co ltier fut ve ndue du 1er au ;} mai 1900 à Pari s (Catalogue de la bib liothè.
qu e for m ée par :\1. Cha rles Cottier. Li')reS anciens, rares e t cu rieux da ns tous le.~
genres, h is toire d It t a'figuedoc. de la Provence, du Co mlat Vencfs,dn t e tc . Pa ris,
Paul ~I. Guille rmin. 1900, i~· 8°). An préalable, le D r Ravo llx, descen dant de la
famill e Cotti er, av ait do nné au Mu sée Cal ve l un ce rtain nombre d'imprimés loc.lUx
et 57 manu scrits (Ms. 4162.4218). Trois manu scrit s (Ms. 3908·3910) et d'autres
imprimés furent acqui s il la vente ,
- 87-

d'écrire un dictionnaire des artistes d'Avignon et du Corn lat et avait


recueilli à cet effet plus de 20.000 fiches. Celles-ci, ainsi que le
dictionnaire des artistes resté inachevé, furent achetées par le Dr
Pansier et données par lui en 1920 (-).
Adrien Marcel était né à Marseille en 1848 ; après avoir fait nne
carrière de fonctionnaire à 'Ia Préfecture de la Seine, il avait pris
sa retraite comme chef de bureau en 1909 et était venu sc fixer à
Avignon. II avait été coHaborateur à Paris de la Bibliothèque d'ar t
et d'archéologie fondée par Camille Doucet. A Avignon, il se fil
l'émule et le continuateur ·du chanoine Requin ; vingt ans d'un
travail régulier .et assidu lui permirent d'accumuler une masse
énorme 'de notes plus abondantes encore et plus détaillées que celles
de Requin. II mourut à Avignon en 1929, laissant, outre plusieurs
études publiées dans les Mémoires de l'Académie de Vaucluse, une
trentaine d'épais recueils comprenant un dictionnaire des artistes
d'Avignon et du Comtat, des notices sur les Mignard, les Péru, les
Franque et les Parrocel , un copieux dictionnaire des rues d'Avi-
gnon, des notices sur les hôtels de cette ville, des notes sur des
sujets divers (*). Ce q.ui prouve l'intérêt de ces manuscrits acquis
par le Musée en 1936, c'est qu'ils sont consultés presque quotidien-
nement par les érudits locaux.

:.
La bibliothèque Raynolt dont le Musée a hérité en 1922 cons-
titue, après le fonds Mariéton dont nous allons parl·er, la plus
importante entrée dont ait bénéficié le Musée Calvet depuis une
vingtaine d'années ; elle ne c()mprend pas moins de 8.000 ouvra-
ges et d·e 262 manuscrits . Parmi ces derniers, on remarque la biblio-
thèque Martial Millet ,d'Orange, qui est de première importance
pour l'histoire de l'ancienne principauté. Edouard Raynolt (1861-
1922) avait été greffier en chef du tribunal d'Avignon, puis biblio-
thécaire de Carpentras. Sa curiosité ne ,,'était pas limitée à l'his-
toire locale ; sa bibliothèque contenait nombre d'ouvrages littérai-
res ou historiques d'intérêt général et même un fonds assez copieux
de livres sur les sciences occult-es .

.•.
Le Dr Pierre Pansier, qui est un des principaux bienfaiteurs du
Musêe Calvet, était né à Carpentras le 19 aoM 1864. Après ses
études médicales à la Faculté de Montpellier, H s'était établi à
Avi.gnon comme ophtalmologiste en 1893. Mais la pratique de sa
profession, où il fit cependant longtemps autorité, ne suffisait pas
à absorber toute son activité. 'De bonne heure, il avait été attiré

(383) Ms. 4491 à 45]9. cr. MauriCi! Barber , La 'Vie et l'œuvre de M. le Chanoine
Requin , dans Mém . de l'Acad. de Vaucluse , 1920, p. 35 el suiv.
(U' ) Ms, 5586 à 5614, CI, H. Choh.u!, M. Adrien Marcel (1848·1929), dane
Mém. de l'Acad . de Vaucluse, 1929, p. 135.
- 88-

par les recherches d'érudition et avait débuté par des études d'his-
toire médical-e, ce qui l'avait amené à s'occuper de l'histoire de la
médecine locale, puis de l'histoire locale tout court. Il s'était alors
formé à la paléographie et était devenu le « client. » le plus assidu
des Archives départementales. Il .produisait avec facilité et abon-
dance. Aussi, pour éditer ses nombr,eux travaux, auxquels il voulait
bien associer ceux des autres érudits locaux, il avait fondé en 1912,
une publication d'une périodicité intermittente, les Annales d'Avi-
gnon et du Comtat Venais'sin dont il devait confier plus tard la
continuation au Musée Calvet (MI b). Dans les dernières années de
sa vie, il s'élaH adonné à l'histoire du livre à Avignon et passionné
pou.r l'étude de la langue provençale. A sa mort, surv·enue le 26
octobre 1934, il laissait .une masse considérable de notes prise;;
pour ses travaux et même ,certains d'enlre eux encor,e .inédits, entre
autres ses copieuses études sur les hôpitaux et les remparts d'Avi-
gnon. Il les léguait en même temps que sa bibliothèque au Musée
Calvet. Pansier qui, en 1928-1929, avait versé une somme de 40.000
frs pour l'aménagement de diverses salles de la bibliothèque, ins-
tituait en outre le Musée Calvet son héritier universel (-).

:.
L.-H. Labamle, - nous avons signalé précédemment le grand
rôle rempli par lui comme conservateur du Musée Calvet de 1890 à
1906, - avait, même après son départ, continué à travailler sur
Avignon et ·publié notamment deux magi'straux ouvrages, l'un sur
Avignon au XIl/'m, siècle .en 1908, l'autre S,Ir Avignon au XVm. siè-
cle en 1920. Les nombreuses notes et copies de documents qu'il
avait réunies sur ces deux périodes ont été données par sa veuv-e
au Musée Calvet. Une partie avait été utilisée dans ses ouvrages,
mais la mort l'a empêché de réaliser la publication d'un volume, qui
,eu t été d'un intérêt primordial, consacré à l'histoire des institutions,
de la vie privée et des mœurs avignonnaises à la fin du XVme siècle .
Les fiches que lui avait fournies sur ces sujets un énorme dépouil-
lement des archiv·es notariales représentent donc des recherches
encore inéd.ites de la plus haute val'eur.

:.
Après ,les fonds si importants que nous venons d'énumérer,
nous devons en mentionner encore quatre autres, celui de Marc
Deydier (1845-1920) composé de notes sur la paléontologie, la pré-
histoire et l'archéologi,e vauclusiennes, celui du Dr Victorin Laval
(1848-1930), consacré à l'histoire de l'Is.le-sur-Sorgue, celui de
Louis Wyststraëte, ancien condudeur des travaux de la viHe d'Avi-

(3U b) En précisant loutefoi s ; (( tant que cela S~r'd possible Il.


(385) J. Girard, Notice biographique et bibliographique sur le Docteur Pierr€
Pansier (1864.1934) , dans Annales d'Avignon, t. XXXI, 1935-37, p. 5-28 j ·D r E.
Wickcl'sheirner, Pierre Pansier, dans Janus, 1934 , p. 220-222, etc.
- 89-

gnon, formé d'imprimés et de documents manuscrits conoernant


l'histoire de cette ville depuis la Révolution jusqu'à nos jours (- ')
et enfin l'abondante collection relative à Villeneuve-lès-Avignon , for-
mée par Paul Meissonnier et acqui.se en 194i,

Bien que survenue après 1949, date limite de ce travail, l'entrée


du fonds Chobaut doit êtr,e mentionnée. C'est l'exploration des
registres notariaux qui avait été la constante occupation, - on
peut dire la passion, - d'Hyacinthè Chobaut (1889-1950), archi-
vi'ste en chef de Vaucluse. Il avait recueilli ainsi une masse énorme
de fiches, de notes et de copies relatives à ,l 'histoire des faits politi-
ques, des mœurs, des arts, de la vie économique et agricole d'Avi-
gnon et du Comtat Venaissin et l'avait léguée dès 1944 au Musée
Ca,lvet, dont il était administrateur.

5. - LES DONS MISTRAL ET LA COLLECTION MARIETON .

A côté d'e "es collections intéressant l'histoire locale, le Musée


Ca.lvet a reçu , au XXme siècle, d'autres apports d'un caractère plus
général, d,e nature à satisf'aire la clientèle nouvelle de la bibliothè-
que moins portée que par le passé à se livrer exclusivement aux
recherches d'érudition loca le. Dans ce nombre figurent les envois
mensuels que faisait Frédéric Mistral pendant les quinze dernières
années de sa vie. Le grand poète, qui recevait en hommage
quantité de publications, les div,i sait en deux parts; celles
qui concernaient la Provence ou la langue provençale allaient à
son Muséon Arlaten, les autres prenaient le chemin d'Avignon. Le
Musée Cal v-et a été gratifié ainsi de plus de six miHe ouvrages, sans
compter Iles très nombreux fas·cicules de revues en toutes langues
'lue le poète joignait à ses envois ("').

Mais tous ces apports, malgré leur importance, ont été dépassés
de beaucoup par le legs Ma riéton. La bibliothèque de .l'auteur de la
Terre provençate a fourni au Musée Calvet e nviron 15.000 ouvra-
ges, dont beaucoup très r-ares, et 430 manuscrits. Paul Mariéton
(1862-1911), grand 'lettré féru de r"mantisme, l'avait constituée en
bibliophile parfaitement averti et en homme de goût. En nombre et
en qualité, seule la bibliothèque Requien lui est comparable.

(385 b) Fonds Labande, Ms. 5775-5790 ; - Deydicr, Ms. 4539-4608 ; - Laval,


1\1s. 5394·5494 ; - Wyst slraële j Ms. 5791·5831 "(Voir: Catalogue général des ma.
nuscrits des Bihliothèques publiqu_es de Fronce. Déportements, t. X'LlX).
'Mouzin (Le Deuil vauclusien pou,. la mort de Frédér~ Mistral, dans
Mém . Vaucluu, 1914, :p. 22.'23). dit : « Mi stral a fait confid ence à plusieurs
d'cntre nous d'un legs inestimab kment p.récieux qui ac-c ..oîtra les l'i<:hef3ses Htté.
rail1es d'Avignon )) .. Cette allusion vise la correspondance du g rand :poète qui
devait être lais~!e par lui au Mu sée Colvet. Mais ce legs, inscrit sur un testament
resté inachevé, est demeuré à l 'éta t d ' intention ct n'a donc pas é té suivi d'etfet.
- 90-

L'entrée au Musée Calvet d'une aussi remarquable d précieuse


collcction s'est faile dans des conditions qui méritent d'être rap-
portées.
Par un testament écrit au Chêne-Vert près d'Avignon, le 12
février 1911, Paul Mariéton, lyonnais de naissance, mais provençal
d'adoption, chancelier du félibrige et fidèle disciple du maître de
Maillane, avait légué ses -livres ·au Musée Arlaten dans une pensée
de ferment hommage à Mistral; mais il avait stipulé qu'en cas de
refus, - et celui-ci était escompté, - sa bibliothèque irait au
Musée Calvel. Frédéric Mistral n e put en etret accepter cette c!}lIec-
lion trop considérable et pour la plus grande partie étrangère au
musée qu'il avait fondé. Le Musée Calvet demanda aussi tôt l'envoi
en possession. Mais l-e Conseil généra'l des Bouches-du-Rhône, pré-
textant que le Museon Arlaten avait été donné à ce département,
contesta la validité de la renonciation pour laquelle Mistral s'était
prononcé. II s'ensuivit un procès interrompu par ,la première
guerre mondiale et qui se termina en juillet 1920 devant le tribunal
de Bourg, lieu d'ouverture de la su cces';on, par une transaction
amiable en vertu de laquelle la partie de la bibliothèque de Mariéton
intéressan t ·Ies pays de langue d'oc fut adjugée au Muséon Arlaten,
tandis que les autres livres de beaucoup les plus nombreux, ainsi
que les correspondances, 'au tographes, manuscrits et archives, étaient
dévolus au Musée Calvet. Une délibération du Conseil général des
Bouches-du-Rhône entérina définitivement cette transaction le 13
octobre 1920 (m).
Au Musée Calvet, la colilection Mariéton, remarquable par
la qua1lité autan t que par le n ombre, particulièrement riche pour
,l a Iittéralur'e française du XIXm. siècle, a comblé en grande partie
les lacunes qu'avait causées le « pieux rigorisme :. des administra-
teurs de la seconde moibié du XIX"" siècle.

6. - FONDS SPECIAUX.
~; .

Comme le fonds général, les fonds spéciaux ont enregistr., des


accroissements notables.
Le fonds d'estampes constitu é presque exclusivement pendant
longlemps par le seul fo nds Requien s'étai t enrichi d·an s la seconde
moiti é du XIXme siècle de quelques collections particulières, celles
notamment du chanoine avignonnais Joseph-Magne Corenson (1807-
1892), acquise à son décès en même temps que ses livres et ses ma-
nuscrits et intéressant presque exclusivement Avignon ou le Comtat
Venaissin.
Bien p lus considérable et d'un intérêt plus général était la
collection de portraits gravés de personnages historiques formée
paT le célèhre calligraphe et paléographe Silvestre, acquise de sa

(~ 81) Cdtobule (Eugène Vial). Pau l Mariélon d'après sa correspondance. Paris.


Crt>s. 1920, 3 vol. in-12° t 1. n I , p. 231-234.
-91-

veuve en 1870. Joseph-Balthazar Silvestre était l'auteur d'une


Paléographie universelle parue chez Didot en 1839-1841 et long-
temps célèbre; il avait été professeur de calligraphie des enfants de
Louis-Philippe. I.l était né à Avignon le 21 aoÎn 1791. Retiré à
Tours, il accueillit favorablement les ouvertures qui lui furent faites
pour la vente au Musée Calvet de sa collection de portraits gravés.
Il mourut pendant les négociations en décembre 1869. La vente fut
conclue avec sa veuve au prix de 3.000 frs ("'). Les recueils de
Silvestre forment 37 gros registres et comptent au total plus de
12.000 pièces ; ils sont accompagnés d'un fichier par noms de per-
sonnages représentés dressé par Silvestre lui-même.
Ce premier fonds a été plus que doublé par les apports du XXM'
siècle, principalement par ceux de la bibliothèque Raynolt dont
nous avons signalé plus haut l'importance. Raynolt avait cdllec-
tionné les estampes avec autant de bonheur que les livres.
Un aut.e bibliophile avignonnais, Paul Dauvergne, contem-
porain et rival de Raynolt, avait donné en 1909 une très complète
collection d,'imagerie ,populaire et religieuse locale.
C'est une colilection analogue qu'un ancien sous-bibliothésai.e
du Mus'é e Calvet, Bienvenu R<>ux, avait recueillie, mais sans la limi-
ter à la production des anciens Etats pontificaux. Né à Avignon en
1850, Roux avait été aUaché à la bibliothèque du Musée C..lvet à
parHr de 1873, puis sous-bibliothécaire de 1886 à 1891. Il mourut
en 1923 en laissant à son ancien établissement dive .. objets d'art
et sa collection d'imagerie comptant 40.000 pièces.
La même année, un avignonnais d'adoption, Louis-Z. Perrot, né
à la Louisiane en 1847, dècédé à Avignon le 23 février 1923, léguait
au Musée Calvet d'abondants recue,ls d'ex-libris.

Dans cette revue des enrichissements de la 'bibliothèque, on


n'aurait garde d'omettre de mentionner la constitution rècente d'un
fonds musical. Pendant longtemps le Musée Calvet ne possédait
qu'un petit nombre de 1ivres de musique entrés pour ainsi dire par
accident et dont le lot le plus important comprenait quarante-qua-
tre partitions d'opéras du XVlIIm. siècle acquises e n 1857 des héri-
tiers de CasUI-Blaze (~) . Au début de la présente guerre, on a
pu obtenir de la municipalité le dépôt des partitions de J'ancien
théâtre d'Avignon brûlé le 26 janvier 1846. Peu après un amateur
avignonnais M. Charles Le Gras a donné sa propre bibliothèque de
musique, exemple suivi presque 'aussitôt par un autre amateur,
M. Albert Groz, et par Mme Maurice Barber, pour les livres de son
mari.
On voit par ce bref exposé quelles ont été l'ampleur, la variété
et la qualité des accroissements de la bibliothèque pendant la pre-

(388) A 3, loI. 63 VO eL suiv. ; B 3, fol. 112 VO et suiv. ; Ms. 4529, fol. 170.
(389) A 2 , p. 375. Le prix convenu était de 300 fr. ; il fut payé au représen-
tant d ~ Bulot , gendre de Castil·Blaze, en 1859 (C 3) .
-92-

mièr.e moitié du X,Xm. siècle, surtout pendant les 25 dernières


années . La Bibliothèque d'Avignon a gardé ainsi le rang éminent
qu'elle avait acq,uis au temps de Requien et eUe est restée une des
prin ci pal·es hibliothèques de France (*).

7. - FONCTIONNEMENT DE LA BIBLIOTHEQUE. - LA BIBLIO-


THEQUE POUR ENFANTS.

En m ême temps qne .la Bibliothèque réahsait ces remarqna-


bles développements, d'importantes améliorations étaient apportées
à son fonctionnement. En particulier, les règles l'C&tf.Îctives ou tra-
cassières signalées à la période précédente tombaient en désuétude .

CATALOGUES. - Un catalogu~ sur fiches était mis à la disposi-


lion du public pour tous les ouvrages entrés à la Bibliothèque depuis
1900. Pour le fonds local, un catalogue (auteurs) a été publié en
1921 ; le reste (pièces administratives et factures) est sur fiches.
Le catalogue d·es m.anuscrits réd.i gé par Labande a reçu trois supplé-
ments : en 1902, en 1911 et en 1951, Ce de rnier portant sur 1510
manuscrits (_1) ,
.'.
PR1lTS DE LIVRES. - Un double service de prêt a été institué ;
l'un, e n 1911, pour ·Ies livres d'étude; l'autre, en 1930, pour le:;
livres de vulgarisation ou de distraction. Celui-ci, fonctionnant par
abonnements, a été partiouHèrem en t fréquenté pendan t la dernière
guerre ; on a compté en elTet près de 45 .000 prêts dans chacune des
deux années 1943 et 1944. En outre, la Bibliothèque Calvet a conti-
nué à participer au service de prêt en-lre bibliothèques (-) .

.'.
STAGE DE BIBLIOTHÉCAIRE. _.- Depuis la création en 1932 d·'un
stage pour l,es candidats au diplôme de bibliothécaire, la Bibliothè-
que d'Avi~non a reçu chaque année un et parfois deux stagi""Ns.

:.
BIBLI OTHÈQUE POUR ENFANTS. - Nous la mentionnons en der-
nier lieu, parce qu'elle est la pl,us récente, mais non la moins utile

( 390) Pol N C\'è Il X et Emile Dacier, L es Richesses des Biblio thèqnes provinciales
dl' Frona. Pari!'. 1932', 2 vol. g r. in-4<" p. 48-56.
( 391) Dan s les lom es X'L , XLIV et XLIX du Catalogue Général des mnnuscr:ts
des Bibliothèques ptLbliques de France (Dépârlcment-s) .
(392) Arrèté d u Mini sl re de l'Educat ion nalionalc du 12 décembre 1935 por-
tant règlementation des prêts d'imprim~s et de manuscrits entre bibliothèques.
-\13-

des activités diverses qu'assume le Musée Calvel. ElBe a été insti-


tuée en 1948, grâce à un don de la famille Lyon-Bernheim, et des-
tinée à perpétuer le souvenir de Mme veuve Lucien Bernheim , de
sa sœur et de son frère, Andrée ct Raymond 'Lyon , tous tr'Ûis mOl"'ts
en déportation. Instigatrice de cette libéraHté et y participant elle-
même, Mme Pierre Abraham assuma avec une compétence parfaite
le soin d'aeheter le mobilier et les livres. Organisée sur le modèle
de l'Heure joyeuse de la viHe de Paris et instaUée dans l'·a gréable
cadre Louis XVI du grand salon de l'hôtel de Monlaur, avec entrée
particulière sur la rue Bouquer.ie, cette bibliothèque est réservée
aux enfants et aux jeunes gens de 8 à 16 ans. Elle fonctionne et
est dirigée par une bibliothécaire spéciaHsée ~t, depuis sa création,
avec un suc.e.ès de plus en plus affir.mé.

nI. - LES MUSEES

8. - DEVELOPPEMENT DES COLLECTIONS D'ART ET D'AR-


CHEOLOGIE.

Avec :le XXrne siècle, les aC'quisHions ont été moins fréquentes
qu'au siècle précédent, parce que -les antiquités et les objets d'art
sont plu~ disputés que par le passé. Et puis, parce que le temps
n'est plus - heureusement - où une vHle ancienne comme Vaison
était une sorte de mine archéologique d'où les Musées pouvaient
extraire ce dont i!s avaient besoin ,p our ga.rnir leurs vitrines.
Mais ce qu'on n 'acquiert plus maintenant par achats isoles se
retrouve maintes fois da.Ds des co.llections particulièr,es, qui ne
sont pas toutes dispersées par la brocante et apportent d'un seul
coup le fruit de longues années de recherches d'un amateur spé-
cialisé. Tel est, entre autre~ ,le cas de deux g.randes collections don-
nées au Musée Ca·lvel dans ces trente dernières années, ceHes de
Noël Bir·el et Marc Deymer.
...
Noël Biret, né à Avignon le 12 novembre 1838, était serrurier.
Après -a voir travaillé quelques années à Paris, il était revenu s'êta··
blir dans sa wHe nata"e où son atelier, rue PétramaIe, conquit un
renom dépassant le cadre ayignonnais. Tout en exerçant son art, il
recueillait les ferronneri os anciennes à une époque où on les trou-
vait encore ,en place sur les vieilles portes ou les "m eubles vermou-
lus. Il réussit ainsi à former une ,coHection de près de 6000 pièces
recueillies presque exclusivement à Avignon, à Carpentras et dan.s
le Comtal. Il la donna de son vivant au Musée Calvet en 1918 et
- 94 -
eul ainsi la satisfaction de l'insta Uer lui-même (D') . II m(}urut peu
après .l'inauguration le 30 août 1918.

Marc Deydier, né à Modène (Vaucluse) le 17 octobre 1845, dé-


cédé à Cucuron (même déparlement) ,l e 4 avril 1920, fut n(}taire
dans ceUe <lernière localité <le 1876 à 1911. II commença par s'in-
téresser à l'histoire naturelle, principalement à la géologie et à la
pal éontologie. Ses recherch es l'amenèrent ensuite à rétude de la
préhistoire, jusque-là peu explorée dans Vaucluse. C'est ainsi qu'il
réunit de très abondantes séries lithiques au cours de ses inv<lSti-
galions dans la vallée du Largue (Basses-A-Ipes), le Lubéron , la ré-
gion de Murs, le Sud-Ouest du Mont-Ventoux, etc. ; ses trouvailles
de maillets de pi~ rre avec lesquels les artisans néolithiques ex-
trayaient le s il ex assurèrent un renom à ses trav,mx (~) . LI explora
également avec méthode la r égion avoisinant sa résidence, ce qui lui
valut l'heureuse chance de mettre la main sur une pièce exception-
nelle, le bas-relief représentant une Scène de halage sur la Durance
I.rouvé à Cabrières d 'Aygues (M), ainsi que sur un au tel chrétien
en marbre proven an t de Vaugines (Vaucluse) (M) . Il testa en faveur
du Musée Calvet, le 14 novembre 1919. C'est grâce à .Iui que l'ëta-
blissement, jusque là assez pauvre dans ce tte part·ie, a été pourvu
d'une abondante série préhistorique, enrichie pluil tard des collec-
tions des frères Catelan et Léon Vareilles ("") .

.'.
E n dehors des deux grandes collections Biret et Deydier, il
faut citer qu elqu es acq uisition s particulières notables. Pour l'anti-
quité, deux pièces rares, la vasque à ablutions avec inscription
grecque du VI"· siècle provenant .d'Apt ("') et le cadran solaire

A.. 1\l ouziu, Lu (;olledio!t ~~ ,!wUre ferronnie r Noël ,Bifel au A{usé~ Çalvet,
dan s Acad. l'auel., 1919 , p. }·15. Un très "grand nombre de pièces d e la
coll ection sont },'l'proJlliies dans Documents de fe rronnerie ancienne conservés au
Musée Calvet et do rIS divers h6tels d 'A vignon, recueü de 42 planches, présenté pu.r
Joseph Girard, Paris. Con te l , 1926, in-fol.
(3U.I) Il a publié le compte-rendu J e ses fouill es sous Corme d 'articles pa rus
dam les Comp/es-renflus de l'A ssociatio/l f rançaise pour l'avancement des scien-
ces, I,t Uevu.e préhistorique et le Congrès préhistoriq ue d.e France, de 1904 à 1910,
Vo ir la Iisie complète de ses p ub lica tions et sa biographie dans CUl'inier, Diction-
naire national des co ntem porains. Su pplément , p. 114- 11 5 et C. Colle, dans Rho-
douia, Bnlfetin, 1920, nO 75, p. 3-5.
(105) Dl~yd i el" et Héron de Villcfosse . Un mon ume nt romain. à Cabrières d'Ay-
gues ( l'auduse) . Le Halage à l'époque romaine et les utriculaires de la Gaule , dans
Bull. arclléologiqu.e, 1912.
(3f16) Deydicr, Table d'uu.lel chrétien à Vaugi nes, dans Bull. archéologique,
1911 . p. 225·228.
(ln b) Voh' c i·a près 1ll ~IllC chapitre, S 16.
(3&7) Décri le par 'Le B1ant (No l/vcou recueil des inscriptions chrétien nes de la
Gaule, p. 373·375, nO 326, fig .) , clic avait disparu. Ell e Iut rctrouvée en 1934 par
M. Vayso ll de Pradcnn c, dans la Cave de M. Arnaud, ferblantier à Apt, qui , sur
ses În slance6, l'offrît au l\I uséc Calvel.
- 95-

concave de Chusclan (Gard) (~ ). Pour les séri·es de scu.lpture avi-


gnonnaise, trois statues de Vierge. l'une provenant d'une maison
gothique de la rue Fusterie, du XIVm. siècle ; une autre du XV'"
siècle, . qui décorait avant la Révolution l'entrée du couvent des
Célestins ; et enfin la troisième, œuvre de J ean-Bap tiste Péru , le
prince des sculpteurs avignonnais du XVlIIroe siècle.

Le Musée Calvet, pauvre en meubles, a bénéficié de ceux que lui


ont légués ou donnés, Augwste Lajard en 1901, Paul Mariéton en
1911 et Henri Goubet, en 1944, ce qui a permis de garnir les salons
restaurés de .l'hôtel de Villeneuve.
On se souvient q·ue, lors de l'inauguration de la Galerie Vernet
en 1826, deux vases d'arg·ent avaient été offerts par le Musée Calvet
à Carle et à Horace Vernet. Celui qu'avait r eçu ce dernier, un samo-
var, a pu être racheté en 1931.

La galerie de peinture a reçu également des développements


notaMes. Grâce à l'initiative du préfet de Vaucluse, M. Ju'l es Belleu-
dy, eUe a .re.cuei,lIi en 1907, le Sainl Siffrein attribué à Nicolas Fro-
ment, autrefois au Grand Séminaire d'Avignon, et en 1937, le comte
de Laborde-Caumont lui a légué deux grands e t beaux portraits du
Marquis et de la Marquise de Caumont par J,e an Valade (1709-1787),
Ce qui a enrich i fort heureusement la série des peintures du XVlIIm.
siècle (m ) . Enfin des acquisitions ont été faites pour constituer
une série de peinture mod-erne, peut-être trop exclusivement limi-
tée jusqu'ici aux artistes locaux . Mais en 1946, une grande dona-
tion, faite par un collectionneur parisien M. Joseph-Rignault,
retiré à Saint-Cirq-Lapopie (Lot), a apporté d'un seu l coup
au Musée Calvet une centaine d'œuvres (peintures et dessins)
des XIX'" et XXm• siècl'es, plusieurs Daumier, un Manet, uri Sisley,
deux Modigliani, un Toulouse-r,.autrec, deux Utri'))o, un Raowl Dufy,
un Vlaminck, cinq Soutine, etc.

9. - LA RESTAURATION DE L 'ROTEL DE VILLENEUVE .

Louis GHlet a dit en parlant du Musée Calvet : « Ici le local


du Musée est le premier des chefs-d'œuvr,e » ('00) . li était temps que
ce « local » fut soustrait à une autorité qui , tout ell le laissant se
délabrer, s'acharnait à le défigurer. Par arrêté ministériel du 12
juillet 1928, l'hôtel de Villeneuve fut classé « monument histori-
que » et bientôt des travaux importants furent faits au gros, œuvre

(:ID S) G. Bonn eL de Villa rio, Descrip tion d 'un CUflNIH solaire gallo,/'ol1w;n dé.
(;ouvert il Chusclan , dan s Mém.. Acad-. Vau cluse, 1937, p. 123.129 .
(1 99) 'L oui s Ré all , AIL Musée CaLvel d ' Avignon . Deux porlraits de J ean Valade ,
dnn s V :s Beaux . .4rts, 20 se ptembre 1942, p. 5.
(". 00) L. Gi llet, Le Trésor des Musées de province , p. 7.
-00-
et ,a ux toitures (~'), ainsi qu'aux balustrades <lu couronnement de
l'édifice ( ~).
A peu près en même temps, la ViU e ache tait, pour
l'agrandissement du Musée, un grand immeuble voisin, rhôtel de
Monlaur, 18, rue Bouquerie, confrontant au nord et à l'est l'hôtel
de Villeneuve ('œ), acquisition qui était réclamée par le Musée depuis
1845 ('~). L'aile la plus voisine d e la Bibliothèque, aussitôt répa-
rée et aménagée grâce à un don manuel du Dr Pansier, reçut une
portion importante de la bibliothéque et permit ainsi de déba rras-
ser de leurs dépôts de livres ,les salons de l'hôtel de ViHeneuve en
façade sur le jardin. On entreprit aussitôt leur restauration eh
commençant par le « salon de compagnie» dont I,e lambris gris et
or est décoré de trophées d'instruments de musique (,œ). On res-
taura ensuite les deux autres salons, la « chambre boisée » et le
« cabinet lambrissé », ainsi que la « méridienn e» décorée de stu cs.
La restauration des salons avait été faite aux frais du Musée,
de même que, ap rès le transfert des coUeclions lapidaires à la
chapell e du Lycée, la restauration du vestibule et de l'escaHer, --
la suppression d'un mur interposé entre eux lors de l'installamon
du Musée en 1832 permit de rétablir .leurs anciennes dispositions. -
En 1939, ce fut le ,t our des autres salles du rez-de-chaussée, grâce
à un crédit de 500.000 frs que le Musée Calvet fut autorisé à « em-
prunter » sur ·Ie capital mobHier légué par la famille Jouve ('~).
Innovation -Ï1mportante, les salles rénovées furent ;munï:es d'un
éclairage indüect (~').
Sur le même crédit Jouve, une n(}uvell e salle de bibliothèque
fut aménagée en couvrant le passage qui, de la cour d'entrée, con -
duisait aux écuries de l'hôtel de Villeneuve. On .I-a garnit de rayons
métalliques a u cours de l'été 1940 (- ).

10. - NOUVELLES PRESENTATIONS.

1<1 Y a vingt-cinq ans, la plu part des musées de province


n 'étaient guère moins encombrés, ni mieux présentés que le Musée

(401 } Le dev is des Monume nt s :hi storiques s'éleva it à 151.324 fr. 58 ; la con·
Irihulion dt>mandée à la ,,· me fui de 75.000 fr. (Procès·verbaux des sêances du Con-
:;f!il mu nicipal, p. xun , l!ns, p. 574.575).
(402) En 1933 , lkvis dt~ 21-415 fI'. 07 ; :pal'lieipalion de la ville, 11 .000 Cr.
(l l>id., 1. XLVII , 1933 . JI. 61-62) ..
(4 0:'1 ) Procès -verhau.x des séances du Conseil municifM~ , 1., XLII (séa nce du
~)' odoLrc 1927).
(40'4) A 2. p. 180·182 ; nouvelles demandes e n 18û6 d 1868 (A 3, Col. 27,
43,45).
(403) Lu llibliol hèque du Mu sée Calvet possède plusieurs partitions musicales
portant. J'ex -libris des ViIlcncuve·i\farlignan (in.fol. 1974, 197,6, 1977).
("') A 10, p. 260-261.
(m) A 10, p. 494, 510, 563 ct 571.
(408) A 10. p. 581 et su iv. el dossier de l'a.ffsire (0 13).
VIII-: " 'U:'IOE ~ IIAI ·F. LI. E ""El: ~T"TUl-: ~ ilE r: \tH ,' )J!'
l'E \'.''~·\ I' U:~ "IU RlI~ III~ I.A NJ': F (ln:1:1)
- 97-

Calv.et. Cel·ui-ci n 'était certainement pas de ceux qui avaient le


moins besoin d'une réforme ; il fut un des premiers à l'entre-
prendre (-).
Après une rigoureuse élimination du moins bon et du médio-
cre », toutes les séries, aussi bien les peintures que les sculptures
modernes, les marbres Nani (m) que la collection de verres. céra-
Il1IÏques et bronzes an tiqu es ("') et que le médaillier ('U), furent l'objet
de reclassements et de nouveUes présentations. Les ferronneries
Biret ElUes-mê mes qui intimidaient parfois les visiteurs par leur
abondance un peu désordonnée .furent aUégées de leurs exemplaires
doubles ou d'intérêt secondalire et reclassées. En 1949, il n'y avait
plus une salle au Musée Calvel qui rappelât le brie-à-brac antérieur.
Une étude intitulée Les Musée .• de France « publiée avec la collabo-
ration de l'Inspection générale des Musées de Province >, fit a lors
état de ce changement et concluait ainsi : « Que ce soit la riche
proces'sion des peintures locales du. XVm~ au XVIlIrme, si variées et
saisissantes sur de beaux fonds à la simplicité et à la sérénité de
cloitre, la présentation si souvent copiée ailleurs de la belle collec-
tion de ferronnerie du don Biret.. .. l'exquise suite des salons du
XVIIIme animées d,es peintures du t emps ..., il n'y a pas, dans ce bel
bôtel Calvet, de salle où l'on n'aime à rêver et à respirer l'arome du
temps passé, du temps présent » ("').

11. - LE MUSEE LA P/DA (RE.

Le Musée Lapidaire a été instaUé dans l'ancienne chapelle du


CoUège des Jésuites d'Avignon, œuvre non pas d'E tienne Marte-
lange, le célèbre arcbitecte des J ésuites, - comme on le croit
généralement, -:- mais . d'un architecte avignonnais, François de
Royers de la Valfenière ; ,jes prh-faits relatifs à sa construction
sont de 1628 et de 1645 ; celui relatif à l'ornementation intérieure,
de 16515" ; celui de la façade, de 1661. C'est un vaste édifice formé
d'une nef flanquée de chapelles latérales, ceJ.les-ci "surmontées de
tribunes.

(401) Auparavant Félix Digonnet dont nous avons signalé précédemment le


rôle (voir d ·dcS€us chap. IV, S 1 et 4) avait quitté la vice-présidence du Musée
Cah'et cn 1923. Ses 6uc<x:sseurs onl été MM. Pierre de Guilhermier (1923.1928) ,
Henry Lulé-Dej ardin (1928-1944) , Honoré Vernet (1944.1948) et le général de
Widerspach . Thor actuellement en fon clion s.
(U O) J. Girard,. Cal~logue iUustré, p. 41-44.
("') I d. , ibi.d., ". 109·130.
('02) Le médai~l icr a fait l 'objet en 1930 , par les soi ns Je M. Pierre J'E9J)czel ,
du Cabi ne t des médailles de la Bibliothèque Nationa le, d'un inventaire sommaire
pour les monnaies d 'or, ain si que pou r les monnaies d' Avignon cL d'Orange , et
cn 1935, d 'un in ventaire numériq ue de l ' c nse mb~e de la collection qui ne compte
pas m oins de 30.000 pièces ; J&! répertoires sont dactylographiés.
(U3) La Document(lltion française illustrée , nO 25, janvier 1949, p. 16.
- 98-

Devenu chapelle du Lycée en 1857, il avait cessé d'ep uis long-


temps d'être utilisé, lorsqu 'en 1926 le Musée Cahet le demanda
pour y installer ses collections lapidaires. Mais ce n'est qu'en 193~
qu 'il fut lois à sa dis-p osition par une décision du Minis tre de
l'Education Nationale, puis, le 3 juin 1932, par un décret rendu
en ConseH d'Etat déclarant que la chapelle du Lycée c"ssait cd'être
alfectée au Culte pour être utilisée en Musée lapidaire annexe du
Musée Calvet >. D'importantes restaurations fur,ent a lors exécu-
tées par les « Monuments histodques » avec la participation de la
Ville. Fait unique dans l'histoire du Musée Calvet, le Conseil géné-
ral de Vaucluse accorda éga lement une subvention de 30.000 frs ("').
Le trans fert et l'installation se firent d'avril à juillet 1933. Les
pièces les mieux conservées et les plus monumentales occupèrent
le rez-d e-chaussée, les antiquités romaines .dans la nef et les cha-
pelles de droite ; les « monuments gothiques » et quelques pièce"
des XVl m, et XVIIm. siècles, dans le reste du vaisseau. Les tribunes
reçurent les morceaux secondaires ou de moins bonne conservation ;
comme les chapel'l"s, elles forment des sall es distinctes perm ettant
les classements (,a ).
Peut-on dire, avec le t exte autorisé cité précédemmen t, que
« ·rien n'est aussi fâcheux pour f~ire un musée qu'une église ? ..
Et pourtant, concède-t-il, Avignon est probablement le seu l endroit
où, à fo rce de discrétion, d'application et de goùt, la belle architec-
ture du XVII"" supporte sans mal ..ise les mosaïques et les sculptu-
res antiqu es ou médiévales ... C'est ici l'exception qui confirme la
règle, mais d'une manière éloquente :t (ut).

12. - FONCTIONNEMENT DU MUSEE .

Nous nous bo~nerons à quelques indications sommaires : les


enlrées ont été payantes à partir de 1907 (m) , - le Musée Calvet
est probablement un des premiers qui ait supprimé la gratuité des
visites ; - des calalogues ont été publiés ("') ; des reslaurations de
tableaux ont été confiées à un habil e et consciencieux spécialiste

(41 4) J. Girard, L 'ancie nne église du coUège des J ésuites et le Musée lapidaire
d 'Avignon, dans Mém. de L'Acad. de Vau cluse, 1933, 3e et 4e trimest~, p. 81-110.
(4 1$) Paul Vitry, M u.~ée Calvel à Avignon, nouvelle présentation des sculpt ures,
da ns Bull. des Musées de France, a\'l'il 1934, p. 81-83 i S. Cagniêre , Un nUUvea u.
Musée lapidaire en Avignon, dans Bull. de la Soc . d'Etude des sciences naturelles
de Vaucluse, 1934, nO 1.
(UI) Article cHé ci-dessus, note 413.
(U1) A 8 , séa nce du 6 av ril 1907.
(411) J . Girard , Catalogue des tableaux exposés da ns les galeries du Musée
CaLvet d'Avignon. A\'ignoll, F. Seg uin . 1909, in_go; Id. Mu sée Col-ee! de la ville
d'Avignon, Ca talogue illustré, Avignon, impr. Ru.llière (l'ères, 1924, in -16° i Id.
Ville d'Avignon, Musée CaLvet, Guide du visiteur , Avignon, Musée Calvel, 1931.
in-12° i Id . Le Musée d'At.'ignon, Musée Calvel: sculpture et peinture. Paris, Lau·
rens, 1931 , in -12° (Collections publiques de France, tMemoranda).
-99-

des Musées Nati(}naux, M. Lucien Aubert, qui a restauré notam-


m ent tous les primitifs d' Avignon ("') ; des réserves ont été consti-
tuées pour le classement et la conservation des œuvres non expo-
sées, tan-dis que eertaines de celle-ci éta,ient mises en dépôt dans
des établissements publics : Mairie, Préfecture, Trésorerie générale,
etc . (~').
Enfin le Musée a participé à l'Exposition des primitifs français
en 1904 ; puis, ou l'a fait -s'abstenir pendant une longue période en
prenant pour prétexte la mésaventure survenue à la liquidation de
l'Exposition de 1900. Mais, par la suite, le Musée a participé de
nouveau à de nombreuses expositions, celles de l'Art français, à
Londres (1932), de l'Art Italien, à P aris (1935), des « Chefs d'œ u-
vre de l'Art français '. à l'Exposition internationale des Arts et
Techniques (1937), ain si qu'aux Expositions de Chassériau (1933) ,
Corot (1936 ) , Géricault (1936) , Louis David (1947-1948) , etc. ("').

13. - EXPOSITIONS ET MANIFESTATIONS.

La célébra tion du céntenaire du Musée Calv-e t en 1911, prési-


dée par M. Dujardin-Baumetz, sous-secrétaire d'Etat aux Beaux-
Arts, a été purement oratoire. Il y a eu banqu et au 'palais des
Papes et réception d'ans le jardin du Musée. Une médaille commé-
morative,dessinée par Félix Charpentie r, fut frapp ée à cette occa-
&ion (<H).
Ce n'est qu'après la deuxième Guerre mondial e qu'on &e mit à
organiser au Musée Calvet des expositions ou des manifestations
des tinées à en faire connaître les richesses peu connues ou à attire r
les visiteurs, pa rticulièrement les plus rétifs, c'est-à-dire les Avi-
gnonnais eux-mêmes.
Voici le titre des principales :

1927. - Les Manuscrits à miniatures (~). - 'Les souvenüs de.


Vernet, en commémoration de l'inauguration de la Galerie Ver-
net (~).
1929. - .Avignon au temps de Stendhal, à l'occasion de la pose
dans le jardin du Musée d'une plaque offerte par M. J.-B. Aquarone,
reproduisant le passage des Mémoires d'un touriste relatif au Mu-

(419) A 9, p. 256-257 ; A Il , p. 103, 200 ct" suiv .


("') B 2, 101. 70 ; A 3, roI. 121 v' ; A 9, A 10 el A Il, passim.
\ .J.~l) A 10 , cl A Il , passim ct D 9.
(422) A 9, 101. 32 e l sui \'. i André lIall ays, Le Ct:ntetUlire du Musée Calvet .
dan s La Revue de l'Art ancien et mode rne, 10 avril 1911.
(4.23 ) J. Gi rard . L'Exposition des manuscrits à miniatures du Musée Calvet
19 Plars-ler mai 19"27), dans M êm. Acad. Va ucluse, 1927 , ;p. 35-47.
rl !!4 ) J. Girurd. Les Sou venirs Iks Verne t au Musée Calve t, dans Mém . Acad.
Val/cluse , 1927, p. 50-61.
- 100 -

sée Calvet ; la cérémonie .d'inauguration, le 18 avril, fut présidée


par Pol Neve ux, de l'Académiie Goncourt, inspecteur généra l des
bibliothèques ("'). - Centenaire de la naissance de Théodore
Aubanel (a).
1933 . - L';mprimerie à Avignon à l'occasion de la réunion du
Comité international des bibliothèques au Musée Calvet les 13 et
14 novembre.
1935. - Victor Hugo et .Ies romantiques. - Centenaire de !'ins-
tallation du Musée Calvet dans l'hôtel de Vmeneuve (m).
1937. - Exposition itinérante de tableaux de l'Ecole hollan-
daise prêtés par le Musée ·du Louvre (du 24 octobre au Il novem-
bre).
1938. - Deuxièm e centenaire du musicien avignonnais J ean -
Joseph Mouret (1682-1738 ) célébré par un brillant concert, donné
dans le vestibule du Musée, le 21 mai ("').
1939. - La Révolution à Avignon et dans le Comtat. A cette
occasion, grâce aux instaUa-lions d'éclairage récemment effec-
tuées (""), le Musée put être ouvert à quatre reprises le soir, le
29 juin, les 14, 22 d 29 juillet; le succès fut considérable ; p.lu5
de 20.000 personnes visitèren.t les galeries réorganisée".
1940. '- Exposition des Beaux-Arts du 27 avril a u 26 mai ("') .
1945. - Centenaire d'Anatole France, eXiposition organisée
pour la plus grande partie, avec des pièces de la collection de
Jacques Lion, alors déporté en Allemagne ('H).
1946. - Exposition de dessins d'enfants anglais organisée par
le British Counc'I de Londres.
1948. - La Révolution de 1848, Agricol Perdiguier et le com-
pagnonnage.

(42[,) L 'ullœulioH j'))'ono ll{'éc par Pol Neveux a é l«! I"i.'p roduite dan s Il's J1/p,n .
A (;a.d. Vaucluse, 1930, JI. 77·84 cl lirtlc à part so u~ le li./I'C : Stendlwl au MUSt;C
Calvet, Vaison- la -Romai ne , impr. MuculJcl, 1931, in·So.
(.::!6) CommémOl'ation du cenleMire de la naissance de Th . AubaneL pllr
l 'Acadénlie de Vau cluse. Gonférellce de Jean-Louis Vaudoj'er, Exposition des sou.-
venirs du poète rcClteUlis pur son petit·fils Jean Théodore-Aubanel. Avig no n , 1929,
in ·~O (Mu sée Ca lvel).
(l:!7) Publi é dan s IlOS 'J'/Ibfe lt c~ d'!1viO llOll cl Ile PrO/'I'Ilce , 27 ndol.m_' 193;"
p. 1·5 cl 16-20, cL d ,lIls les Anlwlt:'s d 'A 'v ignon et d.1t Gvmlat Velwissill 1 XXXI
1935. 1937, p. 29·39. ' . .. ,
('U8~ Ch . 'Le Gra~. Jeun·Jusr. ph Mouret, « le musicien des gl'âcr.s )) (1682. 1738),
dans Mem . Acad. Vau cluse , 1938, p. 11 5.132.
(<428 b) Voir d·dessus même cha;pitre, S 9.

27 ..
~~:'~?a:'i~~ 1~~i~Uli~~~" (A~ii::~t,io;I~I~:.s ~~~~:~.)l,l'f:. ~. !';::~'~~~UC 11t1~!;t· Cu,fllf~l.
(~3~) Ville d'Avignon, Musée Gaivet, Anatole Pranee, 'l'homme, l 'écrivain:
ex~os'tlOn de documents, de portraits ,de manuscrit.!, Ide livres . Mai 1945 . Avignon,
Maison du peuple ct de ·la culture, in.l6 0 •
-101-

.'.
Je n'aurai garde d'omettre que le renom du Musée Calvet lui
a valu d'être le siège de plusieurs congrès importants : le Congrès
des conservateurs des c'ollections publiques de France, le 23 sep-
temhre 1929 ; le Congrès préhistorique, en 1931 (m) ; le Congrès
international des bibliothèques en 1933 ; et le Congrès entomologi-
que de France, en 1936.
Puis-j e rappeler également que deux représentations théâtrales
ont été données dans la cour d'entrée du Musée, - le perron étant
transformé en scène, - Psych é et Andromaque (actes IV et V) 1"
7 juillet 1945 ·et Phèdre le 18 septembre 1948.
Enfin, n'y a-t-i.! pas lieu de mentionner, parmi les manifesta-
tions destinées à faire connaître le Musée Calvet, que son conser-
vateur a été appelé par le Directenr des Musées nationaux à faire
à l'Ecole du Louvre, le 31 janvier 1940, une conférence ayant pour
sujet : « Présentabion du Musée Calvet et de ses nouveaux amé-
nagements ».

14. - LES MUSEES JOUVE A CA V AILLON.

Avec les fondations Jouve, le Musée Calvet a cessé de limiter


son action au territoire d'Avignon. Il a été chargé de créer deux
musées à CavaiHon.
Le premier, que la fondatrice, Mlle Jouve, appelait le • petit
m.usée lapidaire », est organisé dans l'ancienne chapelle de l'hôpital
de Cavaillon, gracieux édimce du XVIIIm. siècle dÎl à un arohitecte
avignonnais, Ahel Mottard. Son acquisition par les Jouve l'avait
sauvée de la destruction. A l'origine, ce musée ne contenait que
les sept f.ameuses stèles à inscriptions cclto-grecques de CavaUJon
et un autel chrétien du VI"" siècle sauvés également par les Jouve.
Son conservateur actuel, M. André Dumoulin, 'en a fait un musée de
Fouilles constamment enrichi de trouvailles nouvelles, au surplus
remarquablement tenu et présenté (~).
Le second des Musées Jouve ou « Musée du Vieux-'Cavailolon »
doit être installé dans la maison familiale des Jouve, place Casbil-
Blaze; l'édifice est l'ancien couvent des Dominicains de Cavaillon,
dont rien ne subsiste des anciennes dispositions intérieures. Les
très nombreux meubles, tableaux, gravures et pièces de costume,
aonsi que l·es livres et docume nts d'histoire locale, .laissés par , les
Jouve, doivent permettre d'y reconstituer, comme le voulaient les

C... .11)Congrès préhistorique de FMnce, Compte-rendu de la dixième session.


Nîmes-Avignon, 1931 , P-dris, 1933.34 , in-8°,
(432) André DU.ffioulio, Le Muste Archéologique de CaooUlon (Cavaillon, impr.
Rimh.1ud , 194!l), in.12°,
-102 -

donateurs, l'histoire de leur famille depui s la Révolution et, en


attirant d'autres souvenirs locaux, d'y réaliser un intéressant mu·
sée d'histoire et de folklore.

15. - LE MUSEE CALVET PENDANT LA GUERRE DE 1939-1945

En 1870, après l'occupation d'une partie du territoire par les


AUemanids, Deloye s'était préoccupé des précautions à prendre
pour la préservabion des collections. Mais l'invasion s'étant limitée
à une portion du pays, aucune mesure ne fut envisagée alors ('N).
De même pendant la guerre de 1914-1918. Mais les menaces résul -
tant du danger aérien nécessitèrent l'établissement d'un plan de
protection dès qu'une troisième guer~e parut imminente. Lors de
l'alerte dite de Munich en septembre 1938, un certain nombre de
tableaux, d'œuvres d'art et de livres ou manuscrits, furent mis en
caisses, prêts à être évacués. La même précaution fut prise lors
d'une nouvelle a lerte, en avru 1939. Enfin en septembre 1939, les
caisses furent remplies pour la troisième fois et, cette fois trans-
portées au château de Gadagne près d'Avignon. Elles furent rame-
nées .après l'armistice du 22 juin 1940.
Après l'occupation de la zone Sud, en novembre 1942. de
nouveau . le Gouvernement ordonna l'évacuation des objets d'arL Les
caisses du Musée furent transportées cette fois au château de J avon ,
commune de Lioux (Vaucluse) ; un certain 'nombre de caisses d'2
livres reçurent asile au château de Murs situé li 20 kolomètres
du précédent ; ces deux châteaux appartiennent li M. Vayson de
Pradenne. D'autres caisses restées sur place devaient être abritées
dans les sous-sols du Musée Calvel.
En juin 1944, à la veille du débarquement des alliés en Pro-
vene-e, la direction des Musées Nationaux fit transporter les cais·
ses d'objets d'art de Javon au château de Contenson , commune
de Saint-Just-en-Ch evalet (Loire), tandis que les caiss'es de livres
restaient à Javon et à Murs. JavoD étant sHué dans une zone occu-
pée par le maquis pendant la période de la « clandestinité >, son
immunité fut quelquefois menacée ; le 5 aofl.! 1944, un engage-
ment eut lieu li proximité, mais .le château resta indemne. Aucune
perte dans le dépôt ne fnt donc à déplorer .
Les collections conservées au Musée lapidaire n'avaient pas
été évacuées, mais protégées sur place au moyen de sacs de sahle .

•*.
On sait qu'Avignon a subi, du 27 mai au 25 aoflt 1944, de
multiples bombardements pRr l'aviation alliée ; mais la partie

(0133) Deloye s'éta,il renseigné auprès de son collègue d'Orléans sur cc qui
s'était passé dan!! cettE> villc Joc!' de son ()('cllpa!ion (f par I('s Prll s!\ if'n ~ ») ( A :l,
roI. 35).
-103-

de la ville comprise dans les anciens remparts a été soigneuse-


ment épargnée. Une seule fois, le 8 aoCtt, quelques bombes de
petit calibre abandonn.ées par un avion touché par la D.C.A. sont
tombées sur le centre d·e la viJ.Je ; l'une d'elles a été retrouvée non
éclatée dans le jardin du Musée Ca Ive!. Les dégâts subis par l'éta-
blissement se sont donc réduits à qu elques vitres cassées par les
déflagrations ou par des éclats. Le Musée lapidaire n'a également
subi aucun dommage.
Ce dernier, réquisitionné par l'armée allemande, fut occupé à
partir du 10 juillet 1944. Après la Libération, la réquisition fut
maintenue au bénéfice de l'Administration des Domaines qui en fit
un dépôt provisoire de matériel non militaire abandonné par l'ar-
mée allemande. Le Musée Calvet ne put en reprendre possession
que le 22 juillet 1946. 11 fut peu après réorganisé.
Les collections du Musée Calvet furent ramenées à Avignon
au complet et en bon état, pour les livres en mars et avri.l 1945 et
pour les objets d'art au mois d'aoCtt de la même année.

16. - NOUVELLE INSTALLATION DU MUSEUM REQUIEN

Après son transfert au Musée Calvet, dissimulé pour ainsi dire


derrière les arbres du jardin, le Musée Requien ne fit plus parler
de lui et pendant plus d'un quart de siècle, sembla complètement
<>ublié. Il se trouva même un Conseil municipal pour taxer d'inu-
tHe le poste de conservateur de ee musée et pour le supprimer ("').
Le Musée Requien resta alors sous l'unique surveillance du prépa-
rateur Auguste Binon. Celui-ci fut mis à la retraite en 1923 et il
n'y eut dès lors plus d'employé au Musée Rcquien pendant deux
années.
En 1925, la Commission du Musée Calvet, chargea M. Léon
Germand, ai-de-bibliothécair" , ·de . s'en <>ccuper et notamment
d'y installer et classer les riches séries d'histoire naturelle et de
préhistoire héritées de Marc peydier. M. Léon Germand lui
redonna vie. Mais, œléguées au Cond -du jardin du Musée Calvet,
les belles collections données par Requien et enrichies par de nom-
breux bienfaiteurs, n'avaient pas une installation digne de leur
importance. Il leur manquait surtout d'avoir c pignon sur rue :. .
Inspiré par les protestations que le déménagement de 1898-
1900 avait soulevées et espérant procurer au Museum Requien un
logement définitif, un bienfaiteur du Musée, Auguste Lajard, avait
légué en 1901 un 'grand immeuble, - l'ancien Collège d'Annecy, rue
Joseph-Vernet, - en stipulant qu'il serait affecté « si possible.
au Musée d'histoire naturelle. Les dispositions intérieures de cet
hôtel ne parurent pas se prêter à l'utilisation souhaitée par le dona-
teur. L'Administration du Musée envisagea ru<>rs l'acquisition d'un

(":54,) ProcèE;-vE:rbaux des séances du Conseil municipal, 1907, p. 58-63,


- 104-
autre immeuble, l'ancien hôtel de l'Espine, celui-ci confrontant le
musée au S"J et à l'Ouest et en façade sur la ru e Joseph-Vernet,
n ' 67. En 1883, le marquis de l'Espin e avait proposé d'en vendre
ou d'en louer une partie, celle qui touchait la salle des Monumen,t s
gothiques ('U). Cette offre n 'av·a it pas été retenue par la Ville. En
1940, l'Administration du Musée put acquérir .!Iimmeubl", tout
enM·er qui fut affecté au Musée d'histoire naturelle (œ).
M. Léon Germand, n(}mmé conservateur en 1943, y transféra
les collections récemment enrichies des bel·les séries conchyliol<>gi-
q,u es réunies et données par M. Albert Vayssière, professeur hono-
raire à la Faculté des SCÎ'ences de Marseil le, auxquelles s'adjoigni-
rent bientôt la co!.lection de conchy.jjologie et de paléontologie de
Casimir Châtelet, ancien conservateur du Museum Requien.

Quant à la préhistoire, bi'en que rattachée à l'Histoire natu-


rel,le, par suite de la place insuf.fisan te, elle était restée classée
et exposée dans l',ancien local du Museum au ·fond du jardin de
l'hôtel de VHleneuve. Aux collections de Marc Deydier vinrent
s'ajouter en 1946 celles non moins copieuses des frères Catelan
(don de Mme A~l au<l et du Dr Arlaud, leurs nièce et "eveu) , et
en 1948, celles de Léon Vareilles, d'Avignon .
Augus'le Catelan (1863-1928) et Louis Catelan (1866-1938 )
étaient nés à Buis-Ies-Baf{)nn ies (Drôme) où ils dirigèrent en com-
mun l'usin e paternelle <le fil ature et de moulin age de soie. Comm<l
Deydier, ils étaient venus de la géologie à la préhistoir,e. Ils avaient
Coui.1lé surtout aux environs de Buis-les-Baronni es, dans la vallée de
l'Ou vèze, à Mollans, à Malaucène et dans la région nord du Mont-
Ventoux. Leurs observations et leurs trouvaill es ont apporté une
contribution de h au te valeur à l'étude de la préhistoire du Sud-Est et
complété pour un e région plus septentrionale les rech erches d e
Marc Deydier (U'). Leurs coll ections sont heur eusement exposées
à côté d e cenes du notaire de Cuc uron.
La coll ection de Léon Varei,"'es donnée .p ar sa veuve est plus
réduite, mais constitue égalemen,t une acquisition précieu se par la
qualité des éléments réunis.
.*.
Ainsi, pendant cent quaTa nte ans, le M>llsée Calvel, né d'une
initiative privée, a reçu , d'initiatives et de libéralités également pri-
vées, la plupart de ses rapides et constants développements . Grâce

(m ) B 5, (o!. 72.
(4 3&) 1.:\ !'ommc dé ho UfSk par le Musée s 'éleva à 325.000 fr. pour J'a chat de
J'immeubl e et (1 œ.793 fi' . 20 pour les Crais et honoraires .
(431) l .<: nr~ publicatio ns donnanl le compte-rendu de leurs foui lles on t paru
de 1914 à 1928 dans Je Bulletin de la Société d 'Histoire el d'Archéologie de la
Drf, m e , d,ms le!' compt cs- rrndus des Co ngrès de l'A ssociation fro.n çai.se pour l'atla n.
r.ement des Sciences et dans le Bl1jlletin de la Société Préhistorique Française (voir
un e courte notice nécrologique dans ce bulletin , 1938, nO 1 , p. 59 .60) . Voir aussi:
Claudius Roux , M. A uguste Calelan (1863.1928), dans Rh0d4nia , Burletin périodi.
que. n' X. 1928, p. 9·13.
-105-

à sa constitution spéciale et à son au tonomie, son « Administra-


tion • a joui d'une <ndépendance et d'une liberté d'action à peu
près complètes. C'est ce qui lui a permis de réaliser une œuvre
dont le caractère et l'importance ill ustrent d'une manière éclatan te
l'observation souven t faite qu'il n'existe aucun rapport entre l'im-
portance d'·une ville et la richesse de son musée. Au moment où
l'entrée en application de l'organisabion nouvelle .des « Bibliothè-
ques de France » et des c; Musées de Fran'Cc » va commencer à
produire ses elTets, n'y avait-il pas lieu de dres~er le bilan de la
période à laquelle elle a mis fin et d·c montrer comment, pendant
un siècle et demi. s'cst poursuivie au Musée Calvel une entreprise
unissant des bonnes volontés et ,des concours généreux qu'i-l était
juste de rappeler?

'Avignon, le 12 Mai 1949.


APPEND ICE

LISTE DES ADMINISTRATEURS ET FONCTIONNAIRES


OU MUSEE CALVET

EXECUTEURS TESTAMENTAIRES DE CALVET

1810-1827 DE BERTRAND (Agricol-Josep h-Xavier), a'ncien maire d'Avignon.


1828-18t, 8 DE BERTR.\ND (Al exand\-e-Pierre-Joseph) 1iI ~, conseiller d.
préfecture (vice-président 1842-1848),
18.18-1 860 AnTE (Jacques-François), tlmi ef, exé cuteur testamentaire de
Requien.
1860-1884 SARDON (Joseph), avoca l.
1884-1 888 DE iMlLLAUDON (Ern es t-J~seph), numi sm ate (vice-·président
1885-1 888),
1889-18U6 Ducos (Joseph), ancien ollicier, déput. (vice-présidont 1889.'
1890),
1896-1 922 B ONNET (Juli en) , ancien conseill er de préfecture.
1922-1 928 DE GUILH E RMrER (Pierre) , ancie n o fficier (vice-présiden t ] 923-
1928),
Hl28-19!13 lL u I.É·DEJAnDIN (Henri) , andcn officier (vice ..présid1en t 1928-
1943),
1948- DE \tVIDERSPAc lI-Tlion (Fernand), généra l d'e division dou cadre
de rés"C rYC' (vice-présid.ent 1948. ).

JI

1810-1832 TEMPIER (Jea n-André), conse il'Ier de Préfec ture (vi ce-pl'ésid'ent
1811-1832),
1 ~~?- l S:18 ARTAllD (Anto ine-françois-Marie), ancien ciil'ecleur des MuISPe~'
IJe Lyon , membre de l'Tn slitul.
- 108 -

1838-185 1 REQUIEN (Esprit ), Ion dateur du Musée d'histoire naturelle, bi en_


1aitellr insigne d'u Musée Calve l.
1851-1R72 D ' :\TIIBNOS Y (Isid ore) , docteur en m édlecine.
l R 72- 188~ DE MU. LA UDON (Casimi r)" numi s mat~.

J 8,q~- 1 80G Mu.o s~F. PONTIER DR S AI NT-GERVA SY (Pa ulin).


1800- 1930 DICo",,,' (Félix), avO<'.at (vice-président 1800-1923),
IH31-1948 VEnNF.T (Ho n ol'-é), an cien n égocia nt (vice-présid'e nt 1944-1 948).
l 048 GAGNIÈI\E (Sylvain), d'irecleur de ta XIIe cir-conscription dies
Antiquités Pl'é'historiqu es.

NI

1810-1817 BROIITET (Guillaume-Jc>se ph-Véran),


1819 -1 8.'12 =MlcIIRL DE BEAU LI EU (Esprit-Denis-Jose ph ), !' hano in e, vii"'Hire
g~n ér. l , (vice-président 1832-1842),
1842-1 8R7 D' A NSBLME (Hubert-Deni .s-M-arie) , anci en of,Cicier (vice-prés i-
dent 11\,\8-1885),
1 8S.7 -1 8~6 D.~ BONF.,. D'OLÉO N (Frédéri c-Jos'ep h.Sla nisla.s), doc teur en' d:roit.
1896-1931 DES IONA'" (Vi comte ' Helen),
Hl:ll.19~1 D E B OUCn ONY (Louis) , ad ministrateur de$ ('olonies en re traite.
101.1-1910 DE n ONET D'O LÉON (Régi, ),
HlM)· GIR"no (.Jo_~(' ph) , consc naleur -du .Musée Ca lvet.

.•.
ADMINISTRATEURS NOM,MES PAR LE CONSEIL MUNICIPAL

1811-1817 PAMARO CJean-Bapl.iste-Antoine-Bénézl't) , docteur en m éd'eci ne.


18 17· 1823 Gt;É RIN fil s (J osCtp-h-Xavier·Bénéze t), d~ t eu r en m édeeine,
nommé conservateu r du Mu~ée Ca lvel en 1823.
l R?:l·H~ .,,? Tm'TE (.J1I1 es d:e) , GOn sciIJt' f mun k ipal.
18!.:?- 18M> :\VMt-:: (Jacqu es.Françai ~),
conseill er municipal, nommé exécu-
teu r testamentaire en 1R4S.
1846-I R50 CHAIX (Joseph-Marie-A lexi,) , peintre , directeur de l ' Ecole de
dessi n.
1850-1 800 GOUDA REAU (E.mile), 'Cabri·cant de . soieries.
1861-186.1 VERDF.T (Gabriel) , n égoc;a nt , président de la Cha mb re de Com-
- lOU-

1863- 18'70 GEND,\I\MJ:; DE :l3ÉVO'l'TE · (Auguste), ingénieur en cbef des Ponts


el C hau ssées.
1870-1872 RO URCJ::S (Cam ille), ","n cieu maire d ' Avi gnon .
18ï3- 18ï5 LAUlUOL (E rnest), docteur CH mùJ:ccin c, l'onseiHcl' Illuuidpal.
1876-1878 GOUI>AREAU (tolli~), conseiller municipal.
18 78-1885 D. LA BAS'!',"E (Edmond), con,eiller muni cipal.
1885-1895 DE!'IiIS(Edou'ard), docteur .en médecine, conseiJlel' municipal,
présid'ent du Consc.i! d'arrondhsement.
1896- 1003 GAl\DE (A lexandre) , premier adjoint au Mairc .
1003-1905 MF.ISSONNJER (joseph) , artiste peintre.
1906-! g:-?5 PRf:VOT (PJli.Jippe), imprim eur , eo n scill~r muni cipal.
1925-]93& PANSŒI\ (Pierre), docteur cn médecine, auteur d'ouvr-ages d ' his-
loire loca.Ie.
19311· 1IJ45 L E GUAS (C har1es), nolaire honoraire.
1946- VOULA1'Π(!Louis), industriel , coll ec lionneur dl'art.

Période délcennale en cOUrs: 1946-1955.

Il

1811-1817 VIGNE (Jea>n-Silvcstre), propriétaire.


"1817-1'810 MICIIJo:L ilE BEAUI.IEU (Denis), chanoine, conseHlel' munici'Pal,
n om m é exécuteur testam entaire en 1819.
18tn- 18a8 HEVUlHN ( E.pril) fi b , conseiller munidpal, natur.lis le, nommé
l'xécul eur testamentaire en 1838.
18:J:J- 18.f! C JJANTliO~' (A nl oi ne), colonel d'artill erie e n retraite, artiste (Ycin-
tre.
1843· 1872 C HA U DON (Jacques Benoit), 3 \ 'Oc at , a dj oin t au Maire.
1872- 1883 AC.HARD ~Paul), a1"chiv isle départemental en retraite.
18S3·1896 Bo u nGEs (Gauriel). profe"."r de dc"in au Lycée.
1800-1007 BRUN (Auguste), conseiller municipal.
1908-1918 DIlŒT (Noël), serrurier, donale ur d.c la collec tion de ·f erron-
neTie,
1920·1U2ï OLAŒ'iŒH (E rnest), l:IrchHe cte.
1928- IHm BUSQUET (Léopold) , orchil ec le .
1938-1051 iS I LVE~TR": (Emile), directe ur J 'école en retrait e, conseiHer
municipal.
LOba· LOMUA:Rn (Raoul), avoc<ll, anCi1.."ll bâtonniel' , co nseiller muni-
cipa l, adjoint au maire.

Période décennale en CO"rs : 1\)48-1957.


-!LO -

III

ISlI-1S1 7 DE PUY (François-Ignace-Guillaume), dit GuHlaume Puy, .n-


cien maire d'Avignon.
1817-182 1 Bn U !'iE.'\ U (Ga briel-Antoine), juge honoraire au Tribunal.
1821-1822 VERGER (Joseph . Marie), p.";sident ho noraire du Tribunal ,con-
se iller municipal.
1822-1843 ROQUE (Hippo!y le), baron de Saint-Prégnan , conseiller muni-
cipal.
1843-1849 DELOM'E (:ld'olphc) , con seiller municipaL
1850-1851 D ' ATITÉONSY (lsiùore), adjoint au maire, nommé exécuteur
tes tam ellltaire.
18,,1-1 852 D ' OLIVIER PEZET (Albert-Joseph-Augustin), ancien officier
OE
du Génie, .a ll c ien maire d'Avignon.
185::-L 864 P ERROT (Edb uard ), juge au Tl'ibuna'l.
1865- ]870 CII'\HPEN~E (Piene), conseiller de préfectu re.
18ïO-l 88a DUMAS (Joseph), secrétaire d:e la Cha mbre de Commerce.
1883-1885 MAlI_LET (A lbert), professeur au :Ly'cée.
1,885- 1800 BnmŒL (L éon), ,conseiller muniuipa1.
18\JO-H)07 AH:'\:\ U U D E FABRE (Joseph), docteur en ,m 'é decine.
J 008-1 000 P"J\I;Hl.D (Alfre d), docte ur en m ~d-ecin e .

1910-1 931 l'\EUVI ALJ...E (Fran çois), j,nsp ecteul' die l'enseignement primaire
-e n retrait.e , conse ill er municipal.
I n~rl-IOfJl V:\lLf.. ,\ NIl ET (P ierre) , p-rofesseu!' ;\ l 'Ecole norm:a:l c, 'Premier
ad joint aH maire , dépul.t':.
l\l U-lU45 G OU HET (Henri), avocat., ancien bàLonnier.
IHq6 -lD4S G :\ GN IÈRE (Sy lvain), naturaliste et archéologue, nommé exé-
c ut eur d'c ,~ t am.e n ta ire en 1948.
UJ/j8-19!,O .M OREAU (.J can) , artiste p eintre.
1050- MO~TEL (Pi erre), avocat , a'lIcit!D bâtonnier.
Période décennale en cours 1950-1959.

IV

18 11-1 8:(3 (P ien e- Berlnmd) , a ncien doctrinaire, professeur Je


DEJ E A;\,
mathé matiq ues, premier conserva teur du Musée Calvel.
182:l-J8!,2 D E M ONT FAUCON (Eugène de Pertuis , baron) , mair.e d'Avignon,
député.
18/,2-1850 C l ,AUSEAU(Théophile), industriel en soie, et garance, conseil-
ler municipal.
-111-

1850 -1 871 DE .MILLAUDON (Casimir), numismate, nomm~ exécuteur tes ta.


menlaire en 1872 .
1871-1 875 lLo\cŒn, professeur d'histoire au Lycé.€ .
1876-1-881 DE S I i'iETY (Vicomte Jul es), arti ste peintre.
188'2-1901 PAMARD (Allrcd), dOc leur en médecine.
1902- 1912 CHAUVET (Jul es), pharmacien , ·cons. i1J. r municipal.
1912-1921 LALO (Henri ), ingéni eur.
1922-Ht29 GUIGOU (Henri), imprimeur , ancien maire d"Avignon.
1929- 1937 J OUVE (Marius), négocia'lll , juge au Tribunal de commerce.
1938-1951 F AURE (Henri), artiste peintre.
L958- .MlCIJE L-B ÉC Hf.:T (Régis), docteur çn médecine, a.d~oint .a u Maire
dJ'Avignon .

Période décenTUl,le en cours: 1952-1961.

1811-1817 GUÉRIN (Joseph-Raymond), ,pharmacien.


1817-1822 D 'ANOU:t: DE RENOAR D (Joseph..ij\{arie-Bas-iJe), proprié taire, con-
seiller municipa1.
1822-1860 CAMBIS D'OUSAN (Auguste marquis die), dép uté , puis pair de
France .
1801- 1873 COU RTET (Jules), ancien so us-préfet, auteur dlu {( Di ctionnaire
des 'c ommu'n e!S du département die Vau cluse Il,
18ï4 -1 UW SAGl'iI EH (Alphon se), docte ur e n dro it , ancien avo ué.
190!,- W30 LAVAL (Victorin), doc teur cn m éd'fcine, auteur d'o uvrages
d'histoire loca le.
1900· 1033 B OU RGUES (RaouD, inspecteur de l ' Ass istance pwb'liquc , adjoint
au Maire .
1931,-1950 C UOBAUT (Hyacinth e), archi viste e n chef du départem ent de
Vauclu se.
1950-1953 ILAPEYRE (André) , -ool<li,·e.
1954- . FAUI\l-: (Henri), artiste peintre.

Période décen nale en COUrs : 1954-1963.


- 112 -

CONSERVATEURS DU MUSEE CALVET

]81 4-1823 Lh.: .IE.\l\' (Pierre- Bertrand ) .


18:!3-1 838 GUt:Rlr; (J o~cph-Bé l\ é ze t-X avi c l').

1838·1 8!IO nE Bd:Gllm (.Mal'ic .. Charles-Je.an-Louis-Casimir)


184 1-1849 C luMnAcn (Dominique-Victor-Hyacinlhe).
1&49-1851 HEQCIE' (E, pl' it ).
185:!-1 800 L>.EL OYJo:: ( .-\ ugu stin).
1890-1906 L ARAN V" CLéon-Ho noré).
1906-1049 G IRA"V (.105e [>h).
] H40· DE Lon : ( Ge o r f!c ~) .

*
CONSERVATEURS DU MUSEUM REQUIEN

1 8~O -1 80 1 IÜ ': VliIEl\' (Esprit).


J8bl - l 86ü PAL U N ( Malt1'i cc) .
1866- 1873 FA""" (Hend).
187;3·1 898 C II ,\TEJ.l:: T (J€'.III-.\ I aric).

1898- 19Oï C " ,ITEI.ET (Cas imir).


1U?5- (;EHiIIAND (Léon) .

*
BIBLIOTHECAIRES

-182b Ml::N ~AC.


Ht~5-1845 LAnnm}; (Jeall -Bapti ste).
] 8~5-18r)? C :\TIIEl.ANl' (Frilll(o is-Augus lin ) .
185?-IR60 .' ' l''T'' (.l ea·n-n"plist<).
1861-1 &% HI " " ,IHf) (Joachim).
1&86- 18\11 n OI" (Bi ellv enu ).
1891-1902 (Gus lave) .
fi..1\' I.E

1\)07-1923 GA I' QLw,ic n) .


}9:..13- Bl'lu:J. (Fernand').

*
-113-

RECEVEURS

L8 U-IBI 3 DE BERT1\A I'\ D (Xa vi er), provisoire.


1823-1831 SARDON (Joseph).
1831-1 811 CUAMDAliD (Viclor).
18fl-18~7 GAT II ELANY (Fran çois- _\u g uslÎn).
181,8-1 849 CLAUSEAU (Thc'oph ile), in t< rimair •.
1849-1863 GlUVOLAS (Pierre-François).
1863-1885 RI CHARD (J.oachim).
1885-1909 ODE (Guslave).
1909-1\)21 MOUZIN (Alexis).
1921-1922 GInARD (.loseph). intérimaire.
192-2-1 927 DE LOYE (Paul).
1927- B UREL (Fernand).

*
PREPOSES AUX GALERIES ET GARDIENS-CHEFS

1813-1 873 BINON (.Jacqu esl.


1873-1924 BINON (Au·gusle).
1924-1942 FLonENT (Etienne).
1942- ILACROIX (And'ré) .
INDEX ALPHABÉTIQUE

L{'s chiffres ren voien t aux pages, sa uf ce ux préCtx:Ms cie N. qui rcnvoii'o l
au x notes.

1. Noms de Lieux et de Personnes


Abraham (Miltl t Pie rre) , 93. - Augu stin s, 51 .
Achard (Paul), 109 ; N. 25l. - Cap ucins,l 1. ,
Allier (Conscii f!'!néral de 1'), N. 107. - Célestins, 10, 14 , 51 , 95 ; N. 9.
AlIoua·rd, ~ ih roire à Pari~ . 43 ; N. 144. - Chapell e des In sensés, 16 ; -
dn crol~gc des Jésuites, pui s dll
Ampère, 39.
'I.ycée, 79 , 96-98 ; N. 414.
André de Renauarù (Joseph-Marie.Basi.
- Col,lège d'Annecy , Il , 84, 103 ;
le d'), 23, Ill.
- docs Jésuites, 16 ; --- du Roure ,
Anselm e ~ ramHle <l'), 72 ; N. 309. 10 ; - Notrc.Dame de fPi li é, 51.
- (Hubert. Denis.Marie d'), 64, 69,
Con )~c il municipfrl , 8, 98; N. 219.
72, 108 ; N. ~92, 330.
Cordeliers, 50.
Ansse de Villoi son (D'), 18. - Dominica ins, 10, 11 , 50, 51.
Apt, 35, 74, 94 ; N. 316b, 39,. - F-acu.aé de méd,edne, 16.
Aquarone (J.-B.), 99. - Fondocri C5 de Vaucluse, N. 187.
:\'rlaud (~pn e el Dr), 104. - Hôpi,tal Saint.Bénézef, 17 ; -
Arles (Mu scon Al1lak>n), S9 , 90. &tinte-:Mar~he, 17.
Armagnac (Cardirul'i Georges d '), Il. - Hospice Saint.'Lou is, 80.
Armand, 13 . - Hôtels, 87 ; N. 393 ; - hôtel de
Arnaud , à Apt; N. 397. Doni (tableaux de Raphaël), 13, 53;
Arn~lUd de Fa'bre (J oseph) , 110. - de 'l 'Espin.e. 104 ; N. 436 ; -
Arlaud (Antoine .François.Marie), 22 , 28 , (le Monlaur , 93 , 96 ; - de Seytros_
31 , 39, 48, 54, 84, 107 ; N . 71 , 89, Caumont, 14 ; - d'e ViUcneu vc-
373. Miu ügnan , 33·35, 40, 41 , 44 , 45,
Astier de Montfaucon (D') , 29. 4~.~~ , ~,~,U , m , E,9~
A.8-t.ruc, m archand' d'antiquités, 52 . 98, 100 ; N. 117 , 118, 192 , 245,
A~llèn es, 50. . ~74_284 , 379, 40l.
Alhé nosy (Isidore d '); 59, 108, , ]10. - Hôtel de ViNe, 16, 80.
Aubanel (CoHcction), de Nîmes , 50. - Imprime ri e, 100.
- (Théodore); 100 ; N. 4~6. - Inonda tion de 1827, 33 ; - d.e
Aubcrt (Ludcn) , 99. 1840, 47, 48; - de 1Eô , 64 ; -
Avignon, ]8, 30, 42 , 93, 99 et passim. de 1935, N. 162.
Académie de Vaucluse , 33 ; N . .50. Jésuites, 11 .
- Ac hevilché, 14. - Local des «( Ami-s du roi n, 33.
ATChivcs déparlem enbll;es , 8 . - 'Lycée , 15.
Ac hivcs municipales , 8. - Maire , 33 , 57, 5'8, 80 et passim.
Arti stes, 86,87. - Maison ,~1aumet. 33 ; - Requien,
- Allhé née de VQuclu!IC, 15, 1-6. 38,39.
- 116-

Monuments an tiques, 50 ; - go- Bigo nd (Auguste) , 38.


thiques, 50-52. Bin on (Augu ste), préposé aux ga leries
- Palais des Papes, 10, 52, 65, 66; du Mus€e Calvet, 77 , 82, 103 , 113 ;
N. 27l. N. 331.
Parc des In vulides, 80 , 8l. - (Jacqucil) , cicerone ct gardien du
- Pén itcnLs blancs , N. 314. MH ~~ Ca lvel , 23, 55, 77 , 79, 113;
- Petil Pa-Iais, 14. N. 74, 331.
- P rMecture (Projet de), 48. mrct (Noël), 61, 66, 93 , 94, 97, 109 ;
- Préret, 26, 64, 68, 69, 75 ; N. N. 275, 340, 393.
290. Blaze (Jul es .Gabrie.I-Barthé lemy), 24,
- Rue Bon apal'te, 79 ; - Bouque_ 25 ; N. 78.
ric, n3, 96 ; - Ca'lade, 80 ; N. 192; Illé.gjer (Ca simir de), co nservateul' du
- Ca!:san, N. 123 j - Fu sferie, 96; Mu ~c Cil lvet , 11 2 ; N. 151.
- Henri Fab re, 80 ; - d~ la Bondo n (Pierre), dit Bondo n atné, 34.
M';l s.~e, 84 ; - Joseph_Vern el, 84; Bonifacio, 61 ; IV. 256.
85, 103 ; - de l'Ombre, 38 , 59 ; Bo nnaITi! (Ed.rnond) , 12.
- Pét ramale, 93 ; - Pugelle, 16, Bonnet , imprimeur , N. 35 1.
20, 25 ; - Saint ..Michel, 84. - (Julien),107.
- Sn int.Didier , 52. Bonpas (Chartreuse de), 11, 64 ; N.
- Sa int -Martial, 11 , 15, 16 , 22, 188.
32,33,37,51 ,80,82 ; N. 13 , 189. Bosse frères, 183.
-:- Sa inl. Picrre , 15; N. 37, 314. Bou chcs·(lu_R.hône (Consf> il Gt! néral).
- Sémin aire , 15 ; - (Grn nd), 95'; 90.
N. 197. Bouc hon y CLouis d e) . 10~.
- Sorgue, 192. Boni sse, N. 211.
- Succursale d-es In valides, 55 ; Bou lbon (Bollches-du· Rhô!lc) , 75 .
N. 185, 225. Bourdo n (Sébasl,ien), 53.
- Théâ l're (Ancien), 91. Bourg (Tribuno"1 de), 90.
- Vi ce·gérc.nce,5l. I k I UI'gC!\ (Gam iUe), 109.
- Université, 10. - (Gab"iel), 109.
Ayme (Jacq ues- François), 58-61 , 72 , 107 , Bourguc!\ (Raoul ), Ill.
108 ; N. 240,256. ROlI!:ea rle (.loseph ). N. ] 96.
Bâ le , N. 200. Brantôme, 69.
Bara, 54. Braun, N. 337.
B.1rber (Mauri ce), 91. Bria n (Lou is), N. 330.
BarJa vel (D''), 9, 13 ; N . 205. Brogn y (Cardinal de), 11.
Barnel (Isidore), N. 144. Broutet (GuiJ"laurn c.Jose.ph_Vh"... n), 21,
BaroncdlLJavon (Oc), 335. 23, 108.
Barre (Giles) , 13. B"un (A.), N. 50.
B,,;hélcmy (Abbé), 18. - (Aug uste), 109.
Baudrillart (Léon), 46, 71 ; N. 156. Rrnnc (M;lréclud ), N. 138.
B.lyle (Gu stave) , bibliothécaire au Mu_ Brnne:lu (Gabriel-Anto in e), 23 , 110.
s:é-t' a ll·vet, 112. - (Th omas-Gabriel) , 25.
B elJ~'ml' re (Gil les de), 11. Br un ei (Léon), 110.
Belleudy (Jules) , 95. Rr un el, 41 ; N. 133.
Henoit XIlI , 10. Rmny, 12, 14.'
rkrnarcl, d'Ora nge, N . 202 . BllÎ s·'les.Iktronn il's (Drôme), 104.
II pmh(' im (~(ll\e tLucicn), 93. BII.loz. 37 j N. 389.
Herry (Duchesse .o e), 30. Bun'l (Fernand ). b ihliolhéca irc ct recc.
Ik ,'U (C harles), 84 ; N. 375. H "' 1I1' du Mu sée G.d v(· t , 112, 113.
lkrti'antl, orfèvre, 25. Bu . qu e, ~Léo po l d ), 109.
- (Agricol·Joscph .Xav ier de), 21,
22, 107, 113. Cahassole (Cardinal Philippe de), .TIl. 188.
- (Alexandre-P it!r re.Joseph de), 59, Cnbrières d' Ayg ucs , 94 ; N. 395".
107. Cah"e t ( An Jré.Guill~lUm e), bibliothéca i.
Be",ur. (Dc), N. 212. re de la ville d'Av ig non, 15 , 29 ,
Beyrede, 13. 47 ; N. 43.
- 117 ,-

- (Esprit_C laude·Françoi s) . 7. 9, Chicago, .N. 200.


10, 11 , 13, 16·20, 21 , 27, 59, 71 , Ohobaut (Hyodnl he) , 89, 111 . ; lV. 384 .
74 , 75, 79 , 85 ;· N. 244. Chri st d ' ivoire , 75.
Ca lvière (Marqui s de), Il , 13, 18. Ghr istolol i et Mora, N. 317.
Ca m'b !s d'Orsan (Augusle, marquis de), Chusc],n (Gard), 95 ; N. 398.
30. 39 , 43 , 47 , 49, 54, 57 , 64 , Clausea u (Théophile), 42, 50, 110, 113.
111 ; N. 143 . Clémenl , de Marseille, 50.
Ca mhis-Vell eron (Famille de), 12, 70. Cléd a.n, d ' Aix, 53 ; N. 20n.
- (Joscp h-Louis_Dominique, mor_ Clot_bey, 49.
q"; s de), 9, 12 , 17 , 18 ; 1'.4,25.27. Coindrc, 57 .
Capass ini, 53. Commin (Joseph_Ig nace), 72, 73.
Carnot (Président), 68. Comlat-Vcn1l. issin, 71, 86, 87, 93, 100;
Carpenti er , numi smate , 77 . N. 302.
Carpent.ras, 9, 15, 71 , R6 , R7. 93 ; Conlenson (Châtea u de), 102 .
N. 302. Corberon. (Chevali er de), 72 ; N. 307.
C,Mh'ge, N. 314. r.oro t, 54 , 99.
Cartollx , N. 185. COl'renson (Jose ph .Magne), 90.
Cassini , 13. Co rse , 58-61 , 79 ; N. 345.
Casl n ·BI.,e, 39, 61, 91 ; N. 389. Cos.tni ng (Jean_Joreph -Fronçois). dit
Catelo n (Aug uste et Louis) , 94, ]04 ; Costa in g de Pusig nan. 20 . 23, 2R,
N. 437 . 32 ; N. 110.
Ca l.h clan y (François-Aug ustin ), biblio- CnUi"r (Chorl. s) , 86 ; lV. 382.
l'h éca irc e t r eceveur du Mu sée Cal. Coudougnan (Jean·Fran çois) , 34 ; N.
vet , 47, 112, 113 . 118.
Cau mon t , Il ; N . ]88 . Courrie r de Va ucluse, 69.
- (J osC',ph de Sey tres , marquis de), Comt el (Ju les), n3, 111 .
12.13. Covil-Ic (Alf red) , 29.
- (Marquis el Marquise de) , 95. Cucu-r on (Vôl lIcl uS(!) , 94, 104 .
C.av,;!; on, 17, 18, 19, 85 ; N. 56. 380;
- Condam ine, 7, 18, 19 , 24 , 8-1 ; Dnrian (Oli vier) . 51.
N. 370·372, 380. Daumier (Honoré), 95.
- ,'rIh_ sées Jouve , 101 , 102 ; N. 43? Dau vCI'gn c (Pau l) , 91.
C'yl", (Comte de), 17 , 18. David (Louis) , 54 , 99.
Channe, 75. Dcbelay (Mgr), 71.
Chahannes de la Pa.lisSoC ('(luniIIe) , 31 ; Dej ean (Pierre_Bertrand') , conservo,teur
N. 107. du Musée C:llvct, 21. 22·24, 28 , 4&,
Chai'"1: (Joseph_Marie _Alexis), 58, 60 , 108. 110, 112 ; N. 72.
Chaix de Verninae, 50. Dcl:lroch e (Paul ), 39, 54 ; N. 219 .
Chnmbau d (Victor-Dominiqu e) , con!'1er· DN('l!lre (François), 33, 35, 48, 51, 52.
wteur du Mu sée Cah·et, 45 , 60 , - (Joseph· Véra n), 35.
112. 113 ; N. 151. 250. O('lormc (Adolphe), 35, 110.
- (Dom inique), 45. Deloye (Aug uste), conserv·a lcur du Mu·
Chnmpmartin (Emile), 39 ; N. 121. sée Calvel, 63 , 65 , 68 , 72·74 , 76,
Cha.ndornl, 31 ; N. 106. 79 , 102 , 112 ; N . 223, 251 , 264,
Chantron (Antoine), 109 ; N. 136. 271, 302, 308, 319, 433.
Cha rpenne (Pierre), 110. Démosbhèn c (Décret de), 50 ; N. 11711.
Charpentier (Félix), 99. Deni s (E do1lard), 109 .
Ch,1Tvet , 77. Denon (Viv:l. nl), N. 107.
Chassé ria.u, 54, 77, 99 ; N. 330 b. DeS:lnobi g, 12.
Ohâlel et (Casimir), co n se rval~ ur <lu Mu_ Des I.s nard:s (Vi comte He l~ n). 108.
seum llequien , 82, 104 , 112. Dcspc rriel's (Bonaventu re), 69.
- (.Tc.an.Mll.rie), con SCl'vateur du Dcydier (Mo,.e), 88, 94 , 103 , 104
M'usc um Rcquien , 81, 82', 112. N. 385b, 394_396 .
Châtillon ( H. de), N . 187. Diodumène d:e- Vaison , 74, -75 ; N. 319 .
Chaudon (Jacques.Benoîl.), 109. Di ad umène de Vaison , 74 , 75; N. 319.
Chauvel (Ju.les) , 111 . Ono·; (Angelo), 53.
Chena vord (A.). 62. - (Marqui se de) , N. 20;;.
- 118-

Doni ().u Oouis (famille de), 13, 70. G\")ubct (Henri), 95, 110.
Doucet (ü«mille), 87 . Goud'.lreau (Emile), 108.
Dubois, peintre, 53 ; N. -205. - (Loui s), 109.
Ducos (Joseph) , 64, 107. Gri-goire Xl, 51.
Dury (Haoul) , 95. Cl'i-goil'c. 13.
Oujardin·naumetz, 99. GI'èvc (G uHlaume), N_ 38.
Dumas (Joseph), 110. Grignan (Serrure et clet de). 78 ; 1\'.
Dumont d'Urville, 43. 340,341.
Dumou.1in (A ndré), conservah~ur des :\t1l- Griolct, N. 121.
st.~s de Cavaillon, 101 ; N. 432. Gt'ivolas (Pierre), 55.
Duph'ssis (Joseph -Sircrein), 54. - ~Picrr('.Françoi-s), rc<'Cveur d11
Duprat (Eugène), N. 50. MllséeCalvet, 113.
Dur:mcc, 94 ; N. 395. Gt·oz (Albert ), 91.
GIII~rin, N. 198, 200, 207, 208_
Ellner)' (D'), 118. -- (Joseph-Xavicr.BénézcL~ fUs, Hi .
E~pcrcieux, N. 330. 20, 23, 24, 29, 32, 33, 108, 112 ;
F.:ip:czel (Pierre d'), N. 412. N. 76b , 94 , 151.
Ey~lUlt.it':r (üharles '1:1:'). 44, 67. - 0~fm6 .Joseph-Xavier , etc.), 24.
- (.Joseph -Raymond) père. 21. 23.
Fabre (Jea,n-Henri), .conSCrvateur du Mu. 111.
:--Cl1m Requien, 71 , 80-82. 112 ; Cui (Bema.rd) , 11.
N. 357, 359. Guigou (Hen ri) , 111.
Faure (Henri ), 111. Guilbert d'AnelJe, 78.
Fauriel, 39. Gui-lhermie l" (Pierre dc), 107 ; N. 409.
FI('chi.er (Autographes) , 71. Gui.I1(~rmitl (.Tean), 75.
-- (De), 27.
F.lorence, 53. Hadri en (Tombeau d'), 17.
Florent (Etienne) , Ipréposé aux ga leries H<lllays (And,'''), 76 ; N. 422.
du MtlSée Ca·lvet, Il3. He lvé tiu€i, 69.
Fontana (Pierre), 53 ; N. 205. Hennin ~J\.1ic h :eI), 49.
FOllzes, N. 371. Henri IV , Toi de France, J7.
France (Anatole), 100 ; N. 430. Hirschfeld, 71.
Frnnque (les) , 87. Holbein , 53.
- (Fra nçoi s), 34. Huel (paul), 54 ; N. 218.
-- (Jean. Baptiste), 34. Hugdshofe.r, N. 200.
Froment (Nicolas), 95. Hugo ( Viclor) , 70, 100.
Humboldt et Bonpland, 28.
Gadagne (Château de), 102.
Inguimber.t (d' ), évêque de Carpentras,
Gagnière (Sylvain), 108, IlO ; N. 415.
9.
Gap ~Lucien),sous.bi'bliothécai.re, 112.
Inverne.s s CÙldy) , 13.
Garde (Alexandre) , 109.
- éLord), 13,?:l.
Gastaldy (Jean-Baptiste), 16.
Gaulon, ,libraire là ·Paris , N. 144. Is.le.sur.Sorgue eL'), 88.
Gay, arehitecte municipal , 33. J.acob QLe P. Loui s), 10 ; N_ 8.
Gendanme de Bévolte (Auguste), 109. Jacquet, de Vai son, 74, 75.
Gentil ly (Célestio.s de) , Il. Jauff.ret , ],6.
G-t:ricault, 54, 99. Ja von (Chât ea u de). 102.
Germand (Léon) , COn9CI'V{It.eur du Mu- J.ea n XXII, Il.
sc.um Requien, 103, 104, 112. Jea n (Pierre-Bertrand) , dit Dejf'an . VOiT:
(;crson (J ea n), 10 j N. 9. De.jean.
Gigondas, 74. Joffroy, architede municipal . 59.
Gillet (Louis) , 39, 54, 95. Joseph.- Rignault, 95.
Girard (Joseph, consct'v'lteur du Musére Joudou, N. 137.
Calvel, 8, 108 , 112, 113 ; N. 50. Jouve (rGmille), de Cavaillon, 96, 101.
381, 393, 418, 423, 424. - (Auguste) , 85 ; N. 380.
Gloria , 30. - ~M-arie·Thérèse), 85,' 101.
Gonis, 13. - (Marius), 111.
Gonteri (Françoi.sJM.allriee die), 9. - ---j)\lichcl), 85.
- 119 -

Kœrbecke (Jeo n de), 52 ; N. 200. Ll1XCm OOl1l'S' (Pierre de), cilnl inal, 52.
53.
Lalmll<.lc CU o n.Honoré), conser vateur du Luyn es (duc Je), 3-9.
i\lu rec CaJvel, 10, 65, 68, 71 , 73 , Lyon, 59.
74 , 76, 88, 9"2, 112 ; N. 6, 7, 9, 'Lyon (André et Hilym ond ), 93.
316, 326, 881, 385b. 'Lyon -Bern heim (famBle), 93.
La Bastide (Edmond de), 109.
Labo l-dc_Caumon t (Comle de) , 95. ~h (h' id , 12 .
I.AICfOiX (André) , ,gardie n-chef du Mu- Magn y, N. 136.
sée Ca lvel., 113. Maill et (Albert), no.
Lagier, 111. Maine.' (du c du), 53.
La gronge (Ca rdina l de), 51. Mal-a ucène, 104.
'Lajard (Au g u s t ~), 84, 95, 103 ; N. 288, .Ma lo&!c Ponlier de Sa int-Gervusy (Pau-
289. Jin ),108.
laJo (H<nri), Ill. ~J.llne.t, 95.
ltlm (' nai~. 69. ,.\lu nt.o.1 (J acqu-cs) , 35.
Lam ~' (François) , 34. Mao'œ} (Adrien), 87 ; N. 384.
La Pa.li ssc, 3l. l\Iariéton (Pau l) , 89, 90, 95 ; N. 387.
- ( Maréchal 00). 31. ,;\Iariott.e, 18.
'L0p" yre (André), Ill. ·.Ma l·mier, 39.
·[.ardu.! , 57. \hrse ille, 17, 18, 49, 78. 87 ; N. 314.
brgue (Val lée du), 94. MaTLelange (Etienne , 97 .
La Rovère (JuJien de), cardinal, légat Martig nan, 34 .
d 'Avignon, 10. Marti n (A.bbè) , 71.
Larribe (l ean-Baptiste), sous.bibliothé . - (Jean.Ba.ptiste), sous.bi·b liol héca i.
caire, 47, 112 ; N: 94. l'C du :i\fusée Ca.l vet , 112.
'La Suze (Comtesse d'c). 69. ~(artins (Pl'Ofesseur) , 71.
Laurana (Francesco), 52. Massilia n ( Henri-Joseph -'Uan doc), 45.
lJ.,aul'iol (Ernest) , 109. .\{aumet, 40.
Lava.! (Dr Victorin) , 88, III ; N. 385b. \ Ieissonnier (Joseph) , 109.
LA Va lfcnière (Fmnçois de , Roy~ rs de), Méj.a nes (IMnrquis de), 9.
97. IMen sae , 112 ; N. 94.
Lebeau , 18. Mérimée (Prosper) , 37 , 38, 39, 43, 61,
Le Ileau (Henry), 13. 71 ; N. 120.
Le Gra s (Charle,), 91 , 109 ; N. 319, Merles dt: Bea·uehamp WTançois.B a:ltha.
428. zar de) , lI , 13.
Leipzig, 17. ) Iéry , 39.
Lcnain , 53. ~lcy n et ( André-J oseph-Vinœnt) , 14 , 15";
Lcnoil' (Général vicom te) , N. 185. N. 37 , 38.
Le 5ecq des Tou rlliClles, 78 ; IV. 340. Midlcl, tt!e Mars;e ille, 31.
t[. 'Espine (Marqui5 de) , 104 . Michel-Béchet (IY Régie), 111.
Leviclix (Reinaud), N. 38. ~tiohe l de Beaulieu ( Espl'i l.Denis.Jo-
Lt!v ~' (Mich el), 71. seph) , 23, lOB, 109.
Li IJri , 47 j N. '61. ~Ii g n Qrd (les), 87.
Lion (.1acques), 100. - (Nicolas), N. 38 .
'Liollx (VUUclll!OC), 102. - Wierre), 53, 80.
Liszt, 39. ~1illalltlon (Casimir de), 63, 108, III ;
Lomba ..d (llaoul ), 109. - (Ern.. t.Joseph de), 64 , 107.
Londo'es, 22, 75. 99, 100 ; N. 319. Mill et (iMartial), 87.
Loye (Georges de), con ser\'ateur du Mu- Millin , 17.
SL'e Cfl lvct, 112. Minvielle, 19.
-- (Pau l de) , receveur du ~ftl sée Ca l- Mirbel (M"''' de), 37.
vel , 1l 3. - (Prol<, .. ur de), 37, 39, 61.
Lubéron , 94. Mi,tral (FTé<léric), 89 ; N. 386 .
Lulé _.Dejordin (Henry) , 107 ; N. 409. .Modène (Vaucluse), 94.
Lund, 52 ; N . 209. ~lodigliani, 95.
- (Godelroy), 57. -'{olinier (Auguste), 73 .
- 120 -

,\Iol1all-s (Drôme), 104 . l'ad" 15 , 17, 78, 87, 93, 99, 100 ;
\1 0 11(1(:0, 73. N. 144, 145, 340, 34 1, 345.
,\Iondragon, 50 ; N. 338. (les) , 87.
IPaI'l'OL~ J
\l ouÎl'l', 40. - (Joseph ), N. 38.
:\[onl'éal (De), 13. - (Pierre) , 28 ; N. 88.
'Ionlcl (Pierre), 110. - «Un), N. 38 .
.\I olltcspan (Mme de), 53. Pascal, architec le municipal, N. 354.
,\{o ntesqui~u, 69. -- lithographe, N. 12l.
MontrHl1COn (EUgt: il~ P~rtuÎs, baron de), Pé lisso n , 69 .
30, 31, 33, 30, 110 ; N. 100 , 199. PcJlechet i\'l l1e) , 71 j N. 302.
~ I onl'pdl i el', 16, 82. Pei'i iscola, 10.
.\foquin·THlldon (P rofesse ur), 58, 79 ; PCl'ùigu icl' ( Agricol), lQO.
N. 345. Perrot (Collec tion), 50.
:\I01 ol , N. 317.
v - (Edouard) , 110.
Morea u (.lean), IIO. - (Loui s·Z.),91.
MOl'n'JS (Jeau.Josep h d e SiffTedy de), 13. Perluis (Pierre_François de), 9 ; N. 1.
Mollard (A lbel), 101. Péril ~Le s) , 87.
Mourd (Jea n·Josep h), 100 ; N. 428 . - (J ea n.Baptiste), 59, 95.
'\I o ult~ (Xavier), 45. Pél'ussis (Marqui s de), lI , 13.
Mo1tzi n (Alexis), l'eceveu[' du Musée Cal_ Peyre , 53 ; N. 210.
vel , 113. Pi erron (Pierre), 59 ; N. 244.
"Hi nstcr , N. 200. Poit iers (Car.d inal de), 11 .
Murs, 94 , 102. Polier , 12.
Ponect (Eugène) , 57, 58.
Nall i (Marbrc.s) , 49, 50, 57, 61, 97 j - (Paul) , 68, 81.
,v. 177, 177b. Pon-ge, 80.
:\' ap o l~!on 1er , 21. Pons, N. ]87.
Napolêo n III, 64 . PonlcL (Le), l'l.
~c lI\'iillJ e (François), 110. Po nt martin (Armand de), 38, 39, 61 , 71.
Xc,"" " , (Pol ), 46, 100 ; N. 156, 425. POllgnc t (Abbé Joseph-Guillau me), 73 ;
i\ewio n (C A ... ), 75. N . 313,3 14.
Nicuwel'k erkc (Comte Je), 74, 75. Pourqllel'y de Boi sserin, 68, 69, 72.
Nîmes (Cour d 'appel), 24, 86 j N. 289. Poul'rières, 74.
- (Trib"nal), 24. P"évot (Phil;,ppc), 109.
N o \'~s ( Bou(' hes ·du.~ I I~ne). f,Q. r'mssiens, N. 433.
("'IIY (François.Ignace-GuiJ.lanme"de) , dit
()J c (Gu sla\'e), recc\'c"ur 'du l\f~ Sêe Cal. Gllillaume ~ Puy, 15 , 21.~3, ~1O.
vel , 113.
Olagitier (Ern ëst), 109'. Rabelai s, 69 .
Oléon (Frédéric_Josep h. Sta ni slaS de Bo- Baousset· Soumabre (Etici::me .J oseph de) ,
net d'), 108. 35.
- (Régis de Bonel d'), 108. Ibphaël, 13 ,53 .
Oliv ier de Pezet (Albert-Joseph-Augus- Baspa il (Eugène), de GigoIlJas,.74, 75 ;
tin de), 57, 64, 150 ; N. 256. N. 319.
Orange, 32, 87 ; N. 30'2. Hasrolll (Alphonse), 15, 41 , 45 .
Od l~ all s , N. 433. na\'aisson·MoJlicn (Félix), 46 ; N. 156.
UIl\'èze ( Vo !l~ e de l'), 104 . navo ux (or), N. 382 .
Haynol-t (FAoua'rd), 87, 91,
Pa lun (Maurice), eonservat.eur du Mu. IIcbou l, 78.
:-:Î'c d 'hi sloire nature'lIe , 56, 57, SO, ndryc (Capit.a ine A. de), N. 338.
81 , 11 2 ; N. 352. Hcglloa ult (J .. B.), 29.
"amard (A,lrred) , 110, 111. Hein ach (Théodore), 50.
- (Jea n. Bapti.ste-Antoine!- Bénézelj , Henaux (Paul), 40.
21, 23 , l OB. Hequien (Esprit) , 7, 23, 3'l, 37.62,
- (Paul ),68. 74. 75, 79.81, 84, 86, 90, 92 , 103,
Pa n ~ i eT (Pierre) , 84, 87, 88, 96 , 109 ; 108, 109, 112 ; N. 89, 260, 345.
N. 384b, 385. Itequ in (Pierre_Henri), 86, 87 j N. 383.
Paoli (Pasca l), 59. Revue de Paris, 71.
- 121 -

Hevue des Deux-Mondes, 69 . l~le (Jean.Baptiste), 43 ; N. 142.


Reynard.J.....espjnasse, 66. - (Jules de) , 108 ; N. 219.
Rey.ne., 78 ; N. 203, 218. Théodore·Aubonel (Jean) , N. 426.
Rhône, 74. 1!hévenon, 12 .
Ribaire, 12. Thomas d'Aquin (Saint), 11 .
Ribenc ou Ribere, 12. Thouzon, 75 j N. 325.
Richard (Joachim), bibliothécaire et re· Toscane (Grand_Duc de), 53.
ceveur du Musée Calvet, 112 , 113. Toulouse , 79 j N. 345.
nignault (J oseph), 95. Toulouse·Lautrec (De) , 95.
Robert (Ulysse) , 46 ; N. 156. Tours, 91.
Roger de Beaufort (Raymond) . 5l. Trevisani, N. 38.
Rom e, 10, 17 ; N. 338.
Roque ( Hippolyte), baron de Sa int_Pré· Utrillo, 95.
gnan, 110. Vachères (Basses. Alpes), N. 338.
Rouen , 78. Vaillandet (pjerre), no.
Rousseau (Jea n-Jacq ues), 69. Vaison (Vaucluse), 28, 50, 74, 93 ;
Rouvière (Léopold), 84. N.317.
Roux (Bienvenu), bibliothé<:aire au Mu- Valade (Jean), 95 ; N. 399.
sée Calvet, 91 , 112. Valsinède, 12.
Houx de :r.uc, $CUlpteur, N. 338. Van den Eeek.hout, 31.
Ru slani, 12. Vareillee (Léon), 94, 104.
S!'ide (Henriette_Victoire de), comtesse Vauclu.e (Conseil général de), 54, 98 ;
de Villeneuve-Martignan, 34 . N. 219.
Sagnier (Alphon se), Ill. Vaudoyer (Jean.Louis) , N. 426 .
Sa int_Germain .en_Laye , N. 320, 338. Vaugin·es (Vaucluse), 94 ; N. 396.
Sainl.Just-en· Che valet (Loire), 102. Vayson de Pra'denne, 102 ; N. 397.
Saint·René (De), 12. Vayssière (Albert), 104.
Saint.Simon (Alfred de), N. 345. Vénasque, 53.
Saint·Vincene (Président de), 18. Venise, 49.
SaHier (Collection), 48 ; .N.. 169. Venloux (Mont), 94, 104.
Saluces (Cardinal Ainé de)., 10. Véras (Chanoine .de), 43.
. Samu<l (Le Frère) ; '82. Verdet (GabrÏ<l), lOS .
Sardon (Joseph), 22; 107 , Ila. Verger (Joseph.Marie), . no.
Sautel, d'Orange, 28. Vernet Oes), 99 ; N. 424.
Sauva n, peintre, N. 38. - (Carle), 30, 41, 95.
- (Coll ection), 13, 14, 31. - (Honoré) , 108 ; N. 409.
Séguret (Vaucluse), 74. - ·.(Horace), 30, 39, Al, 54, 78, 95 ;
Séguier (président), 18. N, . 99, lOI , .214. ..
Seine (Préfecture de: la), 87. - ~1trm.e Horace), N. 99.
Sérignan (Vaucluse), N. 359. - (Joseph), 29, 30 ; N. 214 .
Servois, N. 302. Vérone (Président de), 18.
Sigaud, 40. Vien, N. 38.
Sil vestre (Emile) , 109. Vigne (Jean-Silvestre), 21 -23, 109.
- (Josoph·Balthaza r), 70, 90, 91. Vileneuve _·lez.Avignon (Chartreuse de),
Simon de ChAlons, 52 ; N . 38, 197. Il , 70.
Sinety (Vicomte Jul es d:e), Ill. Villeneuvc.Martjgnan (Famille de), 33,
Sisley , 95. 34 ; N. 117,405.
Sivry (A.•. L. de), 49. - (Joseph· Ignace , combe de), 33 ,
Sorgues (Vaucluse), Il. 34.
Soutine , 95. - (Pauline de), 34 , 35.
SL. ndhal, .42 , 66, 99 ; N. 139, 425. Viollet_le.Duc, 65, 66.
Strozzi (Magdalena), 53. Vitry (Paul), N . 415.
Stuart (Le préœndant), 13.. Vlaminck, 95.
Sud· Est, 104. Vouland CLouis), 109.
Tempier (Jean. André), 21, 107. \Viderspach_ Thor (Généra·l de), 107
Terris (Abbé), 77. N.409.
Tc."'cy, 12. Wyststraëte (Loui s), 88 ; N. 385b.
- 122-

II. Noms de Matières

Adlab JI.! Ji\'l'CS, 27, 28, 70 ; N. 293 , Ctllkdions d 'art (Anciennes), J2.14 , 17 .
294. Com lHuni ca tion des Unes et des ma·
·\dmil1i.stru Lc ur~, 21-23 , 26 , 57, 5'8, 63, Illl sc l'ib , ?7, 71 ; IV. 30lb , 302, 304·
64,108· 111 ; N. 84b. ;J07 .
·\ dmini:str..lLion , 22, 23, 2t.i, 57, 5S, COlllpt.abi li l1.!. Yoir : Budgd el compla.
83·85. hiliiA!.
·\ntiqui tés, 28, 50 j - ch réli enn~ :: , 9-1, CUlIgrh aya nt. siégé au Musée Calvel.
101 ; N. 397 j - d~ Mparteme nt 101.
de Vauclust', ·n ; N. 136 ; - égyp· Cnu:'t'l'v.. tI1.!UI'S, 24, 26, 45, 60, 61, 63 .
lieullt!s, 28, 41 , 49 j j'Ii. 89 ; - (,5, 85, 101, 112 ; N. 77, 151, 264,
g-recqucs el l'omain'cs . 1ï, ·U ! 49 ; 2'11 , 378 ; - du Museum rl'his_
- préhistoriques, 88, 94, lOI, 103, toirc wltul'dlL', 80-82, 112 j N. 357-
104 ; N. 394 , 437 ; - romain-s, 359.
50, 94, 95, 98 ; N. 395.398. Copies dt: tableaux, 55, 77 j N. 330u _
Archives , ·7. Coquillcli de la Corsc , 61, 79 j N. 345.
Correspoudants de la bibliothèque à Pa -
Autographes, 61 , 7!, 72, 90.
ri s. 43 j N . 144 .
Avis du Conseil 'd ' Ela-t, 26, 68, 83.84 j
Cours de botanique, 32, 80 ; N_ 351.
,V. 286.
Oé,pôt littéraire (pend<lut la Rëvolution),
Bibliothecaires, lIt. H,15.
Bibliol!hèq-uc de Calvd, 18, 20 ; L>épôts de table:J ux dans des ~tabliilsc_
municipale (ancienne), la, 28, 29, ments ·publi cs, 99.
69; N. 290 ; - du Musée Calvel. Diadllmène de Vai son, 74 , 75.
Voir Table lh.'t:i matières ; - histo- Dirricul tés {! V~ l'Admini stration muni-
rique du ,Midi de la France, 43.45. cipal e, 57, 58, 72, 83. Voir: Pro-
61 ; - poUl' itm fanLs, 9'2, 93. cès.
Bihliothèques ( A",ci en n ~), 10·12. Distin ct ions honorifiques à décerner, 27.
Bien s et patrimoine du Musée CalveL,
18, 19, 57, 84. 85 ; N. 371 , 372, Eclairage des sall e~, 96. 100_
380. Voir il u ~s i Ca \'a illon (Conda- Entrk s payantes, 98.
mint:!) . Em'ois des Ministères , 43 , 5-1, iO ;
Bronzes antiques, 50, 97. N. 145, 297.
Budget el comptabilité, 21, 96 j N. 85'. Estampes, 90, 91.
IllIste de Calvel, 27 ; - de Uequien , 62; Ex-libris, 91.
N. 259. Exécuteurs testamentaires dc Cah'et,
21, 26. 58, 64, 107, 108.
Catalogues de la bibli ot h~u c (impri. Expœ itions et manirest.1Iions , 99 , 100 ;
més et mallu ~c rits), 46 , 47, 73 , 92. ; .Y.4'11l·430.
N. 159, 312, 313, 316 , 391 ; -
des objets d 'art et 'p:einlures, 78. Fe[,l'onneri e aucicnlll', 93, 94 , 97 ; N.
79, 98 ; N. 343. 344, 418. 393 .
C('nlenaire du .M·usée Calvel, 99 ; N. Fon ctionnement J e la Libliothèquc , 27 ,
422. 45·47, 69·72, 9'2, 93 ; N. 390·392 ;
Cérumiques i.m liqu è::i, 50, 97. - du Mu,"", 27, 55, 76·79, 98, 99;
Christ d 'ivoirc de5 Pénitents noirs, 75. - du l)Iusé um, 32, 33, 55.62, 72_
Cicerone, concierge ou gardien, 77, 79; 82 , 103.
N.33L Fondations cha ritables, 20, 25, 85 ;
Clef de Grignan, 78 ; N. 340. N. 380.
- 123 -

Fourniture d e papier ct de plumes, 27. Portraits de deux ~Di par Raphaël, 13,
53 ; N. 206.
Gal(!rie des (( lJIustrations vauclusien- Portroits gravés, 70, 90, 91.
nes )) ou Galerie vauclusienne, 45, Pl'éparateurs au Musée d'histoire natu.
5J, 54, 66 ; - des tableaux, 41, relie , 82, 103.
51, 59, 60, 95 ; - Vernet, 29, 30, Présentation des œuvres, 76, 96, 97 ;
41 , 42 , 99; N. 137. N. 327-330.
Gardien-che!, 113. Prêts à -la 'Mairie, 64, 68, 78 ; N. 266 ;
Gardiennage, 55, 77 ; N. 331, 332 ; -aux Expositions, 78 ; N. 339·
- du dimanche, 55. 341.
Gue"e de 1939.1945, 10'2, 103. Prèts de livres, 27, 70, 71, 92 ; N, 359,
392.
In sectes Ju territoire d 'Avignon , 81. Procès, 24, 25, 68, 72, 73, 00 ; N.
Inspeclion s génér.tles, 46 ; JV. 156, 30"2. 285-200, 308_311.
'Proj ets de bihliothèque publique au
.Ial'din botanique on jarJin des plantes , xvnpne siècle, 9 ; - de lransJerl
32, 37 , 55, 62, 79_82 ; N. 259, des Musées au Palais des Papes, 65,
350, 351. 66 ; N. 271.
Rece veurs , 26 , 113.
Lettres de -Mérimt'C à Roqui(!D, 71. Règlement de 1823 , 2j)_27.
Représentations théâtralee, 101 .
~(ànu scrit Commin (Affaire du), 72, 73; Réserves, 99.
N.308-3I1. Restaurations d'objets d'art et de ta·
Marbres Nani, ' 49, 50, 57, 61, 97 j bleaux, 53 , 78, 98, 99 j N. 205,
N. 177, 177b. 317. 342.
Méda illieT, 22, 27, 41, 77 ; N. 335, 412. Hôle nr'Chéologiq uc, 32 , 52.
M-cuhl es, 95,
~(onuments gothiques, 50-52, 98 ; J\'. Salle de la Bibliothèque historique du
188 j - de]a Rcnraissa nœ , 31 , 105. ·Midi d e la France, 44, 66 ; - de
107 ; - modernes, 95, 97. lecture, N. 136 ; - des Antiques
'fosaïque de Narcisse, N . 317. (Ancienne), 41 ; N. 136 ; - des
Moulages, 77 ; N. 338. Antiquités aménagée par Requien,
MuEée -lapidaire, 97, 103 ; - municipal 60, ûl ; - des ~onuments goth i.
(ancien), 15, 16, 38 ; - Jouve à ques, 51, 52. Voir aussi: Galerie...
CavaWon, lOI , 102. Scea ux et cachets, 59, 77.
Museum d ' Avignon (période révolution· Sculptures modernes , 95, 97.
naire) . 14 , 15. Séa nc~ de lecture, 27, 46, 71 ; N. 301b;
~fuseum d 'Jtistoire natureUe. Voir: Ta. - du soir, 46, 65 ; N. 301b .
ble des Matières. Serment, 64.
)Iusiqu e (Foods de), 91, 92 ; N. 405. Situation légale, 83, 84.
Sto.ge de bibliothécai re, 92.
(1 Nudités )), 76, 77, ; N,330, 330 b. Succession Calvel, 24.

Ouverture des galeries , 27, 76, 77 ; - Testament de Calvet, 19, 20 j - de Re_


'le -soir, 100. quien, 61, 62 j - testaments di-
ver.s, 8.
Participation s aux expositions, 99. Tombeau de Cahet, 20, 59 ; N. 67, 244;
Peintures, 13, 14, 31,49,52_54,95,100. - de Requien, 62 j N. 260.
Personnel, 112, 1I3 ; N. 378.
Photographie<!, 77 ; N. 337. Vases d'argent offerts aux Vernet, 30,
Phytologie médicale, 32. 95 ; N. 101.
(( Pieux rigorisme n, 69, 76 ; N. 292, V:ases grecs; 50.
329b, 330, 330b. Verres antiques, 50, 97 .
Plantes des environs tl"Avignon , 80 ; Viœ-président du MU5ée Calvel, 26, 27,
IV. 352 ; - el coqui.lles de la Corse, 64; N. 400.
61, 79 ; N. 345. Vitraux, 41.
ERRATUM

V. - Ln Gale rie de peinture remaniée en 1945 .. . .............. . 68


VI. - lA {( Chambre lambri:,~-.e )J JI ' l'hôtel dt! Villeneuve res taurée cn 193 1. . 76
VU. - LR Col-lection de ferronn erie Dircl ;'lmén~lgéc en ]939 .... ...... ... 80
TABLE DES PLANCHES

1. - Ancien aspect du vestibule de l'hôlel de Villeneuve .. 17


Il. - 'Les ( Monuments gothiques » avant leur transfert au Musée lapidair( . 32
nr. - L'ancienne sa lle des Sculptures modernes . . 48
IV. - Nouvelle sa lle des peintures de l 'Ecole avignonnaise du xv-n· sièch.. 64
V. - La Galerie de peinture remaniée en 1945 . . 80
VI. - La (1 Chambre lambri ssée » de l 'hôtel de Villeneuve resta urée en 193 J . . 84
VIT. - La Collec ti on de ferronnerie Bi rel amé nagée en 1939 . 92
VIII. - l.e Mu.sée lapida ire: "ue d'une chapelle avec stat ues d e Gaulois.. 96
TABLE DES MATIERES

Avant-propos [sources, bibliographie] . . ... • ......•......•.....•...

CHAP ITRE PREMIER

Origines du Musée Calvet


T. - LES COLLECTIONS D'AVIGNON AVANT CALVET

1. Projets de bibli othèque publique au XV fI [ 1' siècle ..


2. L es anciennes biblioth èques d'Avig non 10
3. L es collections d'art .. . .... . ...... . ....... . ............ 12
4. Le Muséum et dépôt li ttér aire pu is bibliothèque d'Avignon . .. . 14

Il. - ESPRIT CALVET

5. Vie d' E sprit Calvet . .. . .. ... ... ... . . ... . ...... . .• • .... ..• ... 16
6. Les biens de Calvet . ... •.. . ...•... . .•.. ... .••. ...••. .. .. •... 18
7. Ses testamen ts . 19

*
CHAP ITRE II

Fondation, Organisation et Débuts


du Musée Calvet
r. - FONDATION ET ORGANISATION
1. Acceptation du legs Calvet . . . .......... . •. ........... • ...... 21
2. Liquidation de la succession Calvet ....•...... • .....••.•... . . 24
3. L. règlement de 1823 . . , ... ... . . .. ..... ,. .. . . . . •. 25
-128-

II. - PREMIERS DEVELOPPEMENTS


R éunion de la Bibliothèque municipale

4. Premiers développements . . 27
5. Réunion de la Bibliothèque municipale .... . .. . 28
6. La Galerie Vernet . . . . . . . . . . . •••. . . . . •. . . 29
7. Nouveaux enrichisse ments . 31
8. Débuts du Musée d'Histoire Naturelle 32
9. Abandon de Saint-Marti nI . . . 33
10. L'hôtel de Villeneuve-Martignan . . . . .. .•.. . . .. . • .. . . . . . 33

*
CHAPITRE III

Esprit Requien, Second Fondateur


du Musée Calvet
1. - ESPR IT REQUIEN

1. E sprit Requien et Mérimée . 37


2. L a m ai.son de Requien 38
3. Requieh et le Musée Calvet . 39

II. - INSTALLATION DU MUSEE CA LV E T


DANS L'HOTEL DE VILLE NEUVE

4. L es tra vaux d'i nsta llation . . ... • .. • • • ••• .. 40


5. Desc ription du Musée en 1836 41
6. Vi site de Stend hal .. 42

tIl. DEVELOPPEMENT DE LA BIBLIOTHEQUE

7. L a Bibliothèque a u temps d e Requien ... 42


8. D ona ti on d e la Bibliothèque hi st orique ....... 43
9. F on ctionnement de la bib liothèque ( In stallation, Séances de
l ecture. Inspections générales. Catal og ues ) 46
JO. L'i nondation d e 1840 . 47

IV. - LES COLLECTIONS D'ART

Il. Développem ent du Musée: les Antiqués. le Musée Nani.... . ... 48


12. L es Monuments gothiques . 50
13. L es P eint ures . 52
14. Fon ctionnement du Mu sée. . . . . . ..• . . .. . . •• . .. . . . • • • 55
-12\l~

V. - DONATION DU MUSEE D'HISTOIRE NATURELLE


ET DERNIERES ANNEES DE REQUIEN

15. Donation du Musée d'histoire naturelle .. 55


16. Diff'icultés administratives. . .. ... . •... . • . • . . . .•• .. 57
17. Requien en Corse . . . . . 58
18. Le tombeau de Calvet . 59
19. Requien directeur des Musées. . . . . .••. . . . .• • . 60
20. Mort et testament de Requien . . . . .. . • . . ... . •... . .. •. .... •. . 61

*
CHAPITRE IV

Le Musée Calvet dans la Seconde Moitié


du XIXmo Siècle
1. - HISTOIRE ADMINISTRATIVE

1. La succession de R equien . ...,. 63


2. Projet de transfert des Musées au Palais des Papes 65
3. L'hôtel d e Villeneuve 66
4. Les procès du Musée Calvet . . 68

II. - LA BIBLIOTHEQUE ET LES COLLECTIONS D'ART

5. Fonctionnement de l a Bibliothèque (Le le pieux rigorisme ".


Achats et prêts de livres, etc.) 69
6. L'affaire du Manuscrit Commin . 72
7. CÔ'!talogu es de la bibliothèque. .. 73
S. Développement du Musée. 74
9. Foncti onnement du Musée (Ouvertur e des galeries. Copies, com-
munications, photographies, moulages. Prêt s a ux expositions.
R estaurations. Catalogues) 76

III. - LE MUSEUM REQUIEN

10 Le Muséum d'histoire naturelle après Requien ... 79


11. Henri F abre, conservateur. 81
12. La fin d e Saint-Martia l . . . . .•. . . . . • • . .. . 82

*
- 130 -

CHAPITRE V

Le Musée Calvet dans la Première Moitié


du XX"· Siècle
1. - SITUATION LEGALE ET FONCTIONNEMENT

1. Situation légale . 83
2. L e patrimoine du Musée Calvet . 84
3. Organisation budgétaire. 85

TI. - LA BIBLIOTHEQUE

40. Dév eloppement des collection s locales .... 86


5. Les don s Mis tr al et la collection Mariéton . 89
6. Fonds spéciaux . 90
7. Fonctionnement de la bibliothèque. La Bibliothèque pour enfan ts. 92

ITT. - LES MUSEES

8. Développement des collections d 'a rt ct d'archéologie . 93


9. Res taur ation d e l' hôtel de Villen euve 95
10. Nouvelles présentation s . . . . 96
11. L e Musée lapidai r e . ....... . . •. . • . . . ...... . .• • . . 97
12. Fonctionnement des Musées . 98
13. Exposition s et manifestation s . 99
14. Les Musées J ouve à Cavaillon . 101
15. Le Musée Calvet pendant la Guerre de 1939-1945 102
16. Nouvelle in stallation du Muséum Requien 103

*
Epilogue .. 104
Appendice Li s t e des Adm ini strateurs et f onctionnaires du Mu sée Calvet J0 7

*
[ndex alphabétiqu e : 1. - Noms d e lieux et de personnes . 11 5
II. - Noms de matières ...... .. ..... . . •• . .... 122

Table des planches . . .. .... ... .. . .. . . ...... .... ....... 12~


Table des mati ères . 125