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Enjeux politiques contemporains

Nous allons nous intéresser à la mutation des sociétés contemporaines, en lien avec
l’actualité.

Introduction : Notions générales

I. La politique

Il n’y a pas de définition universelle de la politique. Aucune définition n’emporte l’adhésion


générale. C’est un mot polysémique. Pour définir la politique, nous allons nous intéresser à
l’étymologie du mot politique : « Polis » qui veut dire « la cité » en grec. Derrière
l’étymologie de ce mot se trouve l’idée d’une organisation de la cité, l’idée d’un
gouvernement de la cité, l’art de gouverner la cité.
En grec ancien, il existe 3 autres mots qui dérivent du mot « polis » et qui ont été traduit en
français par « politique » :
 Le mot « politikos », qui correspond au cadre général d’une société organisée, un
corps des règles de société, de politesse.
 Le mot « politeia », qui renvoie à l’idée de constitution (ensemble de règles relatives
au pouvoir politique).
 Le mot « politikè », qui désigne l’art politique, l’art de pratiquer la politique, le
pouvoir. On se situe ici dans le champ de la science politique.
En français, ce terme « politique » s’emploie dans différents cas de figure, avec différents
sens.
 La politique : évoque les affaires en court, les affaires dont on gouverne un pays
 Les politiques : les mesures prises par les pouvoirs publics
 Le politique : le politicien

George Burdeau, juriste publiciste français du début du XXème siècle, distingue dans un de ses
ouvrage le politique et la politique :
 Le politique (sens noble) concerne le champ politique, en tant que l’art de gouverner
la cité, la sphère politique.
 La politique (sens péjoratif), renvoie à la pratique politicienne, la stratégie, tactique.

 Les politiques peuvent être les personnels politique ou les politiques dans un
domaine particulier (médecine, sport, …).

II. L’État

a. L’État est un fait social qui s’est institutionnalisé (faits)


L’État est précisément une forme, parmi d’autres, d’organisation politique qui s’est imposé
au terme d’une longue évolution comme le stade ultime d’organisation politique de la
société.
Toutes les sociétés n’ont pas constitué d’État au sens moderne du terme (certaines tribus ne
connaissent pas la notion d’État).
Or, dans toutes sociétés, il y a une forme d’organisation politique, même rudimentaire.
L’État est donc un phénomène social qui peut apparaitre dès lors qu’on considère que dans
toute société il existe une forme d’organisation politique.

Chez certains auteurs, l’existence de l’État est caractérisée à partir du moment où la société
présente une organisation politique.

L’État résulte d’une différenciation politique entre deux types d’individus.


La distinction qui se fait est la distinction entre les gouvernants et les gouvernés, on retrouve
cette différenciation dans presque toutes les sociétés.

Auteur présentant une approche sociologique de l’État :

 Léon Duguit
Pour Duguit dans toutes société il y a une distinction entre gouvernants et gouvernés et
cette distinction est à la base de l’État. Ce qui fonde cette distinction c’est l’autorité
politique des gouvernants sur les gouvernés. L’autorité politique pouvait se fonder sur la
place dans la famille, l’ancienneté, la richesse, le rang, …
6 éléments caractéristiques de l’État pour Duguit :
 Un groupe social
 Distinction gouvernants/gouvernés
 Les gouvernés ont obligation de se soumettre aux règles
 Les gouvernants doivent édicter des règles, produire des règles
 L’emploi légitime de la force (Ce que Max Weber appelait le « monopole de la
violence légitime »)
 L’existence d’institutions pour assurer le respect et la continuité des règles

Raymond Carré de Malberg, juriste français du XXème siècle.


Pour lui, l’État se caractérise à partir de trois éléments constitutifs :
 Un territoire,
 Une population
 Un pouvoir politique qui va s’exercer sur cette population et ce territoire
Pour Carré de Malberg, l’État est « une communauté d’hommes, fixée sur un territoire propre
et possédant une organisation d’où résulte pour le groupe envisagé dans ses rapports avec
ses membres une puissance suprême d’action, de commandement et de coercition … »

L’État apparait dans les sociétés et il s’institutionnalise. Il fonctionne avec des institutions,
qui vont exercer un certain nombre de pouvoirs. (Les pouvoirs étatiques sont également
appelés pouvoirs régaliens).
Pouvoirs régaliens : police, justice, monnaie, … (régalien signifie le roi en latin).
 L’État est un pouvoir politique institutionnalisé. Il est doté d’une personnalité morale. Il
est fondé sur une constitution.

b. Le concept d’État repose aussi sur une construction idéologique (idées)


Ces théories se développent à partir de la Renaissance, c’est à cette époque que l’État
monte en puissance. C’est à cette époque que des théories apparaissent pour expliquer
l’avènement de l’État.
Les premières théories qui apparaissent, sont des théories qui collent parfaitement avec la
monarchie d’autrefois, ce sont des doctrines théocratiques (pouvoir vient de dieu) ou
absolutistes, qui vont rattacher les pouvoirs de l’État à la volonté de Dieu.

Ces doctrines-là sont balayées avec les Lumières et la révolution française, d’autres doctrine
se chargent alors d’expliquer l’État, comme avec Jean Jacques Rousseau qui développe une
théorie contractualise de l’État, puisqu’elle imagine qu’il y a une sorte de contrat qui est
passé entre l’individu et l’État, c’est ce contrat social qui est le fondement politique du
régime. Cette théorie-là est plutôt utopiste (car personne ne passe véritablement un contrat
avec l’État).

Selon Thomas Hobbes, philosophe anglais du XVIIème siècle, c’est la nécessité qui pousse les
individus à s’organiser politiquement.
Pour expliquer cette propension humaine à constituer des sociétés organisées
politiquement, Hobbes évoque l’État de nature.
Dans cet État de nature, il explique que les individus sont dans une situation d’insécurité
permanente. Pour sortir de cet état d’insécurité permanente, les Hommes sont poussés à
abandonner leurs libertés originelles et s’organisent autour d’une autorité unique qui les
commandera tous et qui pourra utiliser la force légitime pour assurer la sécurité des biens et
des personnes. L’État est donc une nécessité pour sortir de l’État de nature et assurer la
sureté de la société.

Burdeau : le pouvoir politique existe dans toutes sociétés.

L’État est une idée qui s’est concrétisée. Ce pouvoir et ses institutions ont évoluées.
A l’origine le pouvoir était monarchique et par la suite il y a eu d’autres fondements avec la
révolution et les idées des lumières, …
Aujourd’hui l’État démocratique a remplacé l’État théocratique, l’ensemble des individus se
trouve à la source du pouvoir, et non plus Dieu.

La construction étatique s’est réalisée dans le cadre des nations.


Une nation se caractérise par un peuple, une culture commune, une histoire commune et
une langue commune.
A partir du XIXème siècle, le concept d’État-nation a émergé.
Ce concept repose sur l’idée d’une adéquation entre l’organisation politique d’une part et le
sentiment identitaire, l’appartenance qui relie les individus dépendant de cette organisation,
d’autre part.
Le problème est que le sentiment national a été exacerbé au court du XX ème siècle par des
conflits mondiaux qui sont les conséquences des nationalismes. Ce concept d’État-nation, a
été en perte de vitesse après 1945, notamment car il y a eu une volonté de pacifier les
tensions.
Aujourd’hui les États actuels sont confrontés à une perte de leurs souveraineté
(mondialisation, droit international, régionalisation, …).
III. La démocratie
Démocratie vient de « demos » le peuple et « cratos » le pouvoir. Ce terme signifie : le
pouvoir au peuple.
« Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » (Formule d’Abraham
Lincoln)
La démocratie est une forme de gouvernement qui caractérise aujourd’hui la plupart des
régimes politiques.
Cette classification ancienne est obsolète. La question de la démocratie dans certains pays
se pose. Ne sommes-nous pas dans une oligarchie ? Présence d’un monarque au Royaume-
Uni ?
On peut distinguer les formes de gouvernement de deux façons différentes :
Selon la manière dont sont produites les normes, on va alors distinguer les systèmes
démocratiques et les systèmes autocratiques :
Démocratie : les normes sont produites par ceux qui y sont soumis
Autocratie : les lois seraient produites par d’autres personnes

Hans Kelsen, juriste théoricien du droit à l’origine de la pyramide des normes, à exactement
la même distinction et distingue l’autonomie et l’hétéronomie.
On peut aussi s’attacher aux lois elles-mêmes, à leurs contenues, on va alors distinguer les
systèmes totalitaires et les systèmes libéraux :
Systèmes totalitaires : les lois ont vocation à régir énormément d’aspect de notre vie,
seulement une petite partie de liberté est laissée
Systèmes libéraux : les lois ne portent que sur certains aspects fondamentaux de la vie des
individus, et leurs laisse un certain nombre de libertés.

La démocratie est liée à la notion de souveraineté. Dans le cadre de la démocratie, c’est le


peuple qui détient le pouvoir souverain. Ce qui est intéressant c’est qu’il y a deux théories de
la souveraineté qui se distingue : souveraineté populaire et la souveraineté nationale.

Démocratie directe : système dans lequel le peuple exprime directement sa souveraineté


par l’intermédiaire du vote, mais aussi par d’autres procédés de démocratie directe
(référendum, …).
Exemples de démocratie directe : nombreux référendums en suisse, recall aux USA, …

A côté de cette démocratie directe on trouve la démocratie représentative, qui est fondée
sur une autre théorie de la souveraineté. Dans le cadre de cette démocratie représentative,
on estime que le peuple n’est pas souverain, le peuple va se contenter d’élire des
représentants, qui une fois élu vont représenter la volonté populaire.

En France, on a un mélange entre ces deux types de démocratie. Le Parlement est le lieu de
la représentation nationale, le référendum est un mécanisme de démocratie directe.
(Démocratie semi-représentative en France).