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Chapitre 1.

Généralités sur la métrologie

1.1. Définitions

La métrologie est la science de la mesure. Elle s’intéresse traditionnellement à la détermination


de caractéristiques (appelées grandeurs) qui peuvent être fondamentales comme par exemple une
longueur, une masse, un temps ... ou dérivées des grandeurs fondamentales comme par exemple une
surface, une vitesse ... Mesurer une grandeur physique consiste à lui attribuer une valeur quantitative
en prenant pour référence une grandeur de même nature appelée unité.

Dans le langage courant des «métrologues», on entend souvent dire mesurer c’est comparer les
résultats des mesures servent à prendre des décisions :
 acceptation d’un produit (mesure de caractéristiques, de performances, conformité à une
exigence),
 réglage d’un instrument de mesure, validation d’un procédé,
 réglage d’un paramètre dans le cadre d’un contrôle d’un procédé de fabrication
 validation d’une hypothèse,
 protection de l’environnement,
 définition des conditions de sécurité d’un produit ou d’un système, …
L’ensemble de ces décisions concourt à la qualité des produits ou des services : on peut
qualifier quantitativement la qualité d’un résultat de mesure grâce à son incertitude.
NB : Sans incertitude les résultats de mesure ne peuvent plus être comparés :
 soit entre eux.
 soit par rapport à des valeurs de référence spécifiées dans une norme ou une spécification
(conformité d’un produit).

1.2. Vocabulaires métrologiques


Si la gestion de la fonction métrologique dans les entreprises reste accessible, elle demande un
minimum de connaissances relatives à son vocabulaire, sa terminologie ou encore aux
mathématiques. Il ne s’agit pas ici de revenir sur les concepts mathématiques, mais de définir les
principales notions employées lorsque l’on évoque la fonction métrologique. L’un des prérequis pour
appréhender la métrologie et ses concepts est de se familiariser avec le vocabulaire. Dans ce qui suit
sont définies les principales notions métrologiques tirées du VIM (Vocabulaire international de la
métrologie).

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1.2.1. Grandeur
Caractéristique d’un phénomène, d’un corps ou d’une substance, qui est susceptible d’être
distingué qualitativement et déterminé quantitativement.
Sens général : longueur, temps, masse, volume, vitesse, debit, etc.
Sens appliqué : longueur d’une tige donnée, masse du corps A, durée d’un cycle donné, etc.
1.2.2. Valeur d’une grandeur

La valeur (d’une grandeur) est son expression sous la forme d’un nombre et d’une unité.

Exemple : Longueur d’une tige = 5,12 m, Masse du corps A = 14,58 kg. Vitesse d'un fluide V=
10m/s. Debit volumique d'eau Qv = 15 m3/h.

1.2.3. Valeur vraie

Valeur compatible avec la définition d’une grandeur particulière donnée. C’est la valeur que
l’on obtiendrait par un mesurage parfait (sans incertitudes). Il faut bien avouer que valeur très
exactement vraie nous est inaccessible étant donné les imperfections qui sont le lot de tout mesurage
Autant dire que la valeur vraie est imaginaire. C’est pourquoi le métrologue doit prendre du recul sur
la mesure qu’il effectue.

1.2.4. Valeur conventionnellement vraie

Valeur attribuée à une grandeur particulière et reconnue, parfois par convention, comme le
représentant avec une incertitude appropriée pour un usage donné. Cette valeur est parfois appelée:

 valeur assignée (attribuée) ;


 meilleure estimation ;
 valeur convenue ;
 valeur de référence.

Cette valeur est retranscrite dans le certificat d’étalonnage (le certificat d’étalonnage fait
référence à des conditions particulières pour l’étalonnage). C’est cette valeur qui doit ensuite être
prise en compte lors des mesures. Il convient de corriger la valeur vraie avec cette valeur
conventionnellement vraie.

Résultat(s) de(s) mesurage(s) + décision d’accorder ma confiance = valeur


reconnue comme vraie.

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1.2.5. Mesurande
Grandeur particulière soumise à mesurage. Le mesurande est ce que l’on souhaite mesurer.

Exemple : Masse du corps A soumis aux conditions du laboratoire X.

1.2.6. Mesurage

Ensemble d’opérations ayant pour but de déterminer la valeur d’une grandeur.

Mesure = résultat du mesurage d’un mesurande

Résultat de la mesure Action de mesurer Grandeur mesurée

I.2.7 Mesure (X) :

La mesure est l’ensemble des opérations ayant pour objet de déterminer la valeur {X} dans des
conditions expérimentales spécifiées (appelée aussi mesurande), en la comparant directement ou
indirectement à un étalon qui est la représentation matérielle de l’unité [X] dans laquelle sera
exprimée la valeur de X.

Le procédé de mesure est direct lorsque le résultat de la mesure est obtenu par comparaison à
un étalon de même nature que la grandeur mesurée (Fig. I.1)

Le procédé de mesure est indirect quand une grandeur Y est liée à des grandeurs X1, X2,...,Xk par une
relation du type :
Y= f(X1, X2, .......Xk

Fig I.1 – Procédé de mesure direct

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Par exemple, la valeur de l’aire S d’une surface rectangulaire se calcule à partir de la mesure de la
longueur L et de la largeur l et en appliquant la relation S = Ll. Par conséquent, la valeur {Y} de Y est
obtenue, à partir des valeurs de {X1}, {X2}, ..., {Xk} de X1, X2, ..., Xk selon le procédé de mesure (Fig.
I.2).

Fig I.2 – Procédé de mesure indirect

1.2.8. L’incertitude:
Le résultat de la mesure x d’une grandeur X ne peut pas être entièrement défini par un seul
nombre. Il faut le caractériser par un couple (x, dx) où dx représente l’incertitude sur x due aux
différentes erreurs liées au mesurage: x−dx <X< x+dx.

1.2.9. L’erreur absolue:

C’est la différence entre la vraie valeur du mesurande et sa valeur mesurée. Elle s’exprime en
unité de la mesure.

1.2.10. L’erreur relative:


C’est le rapport de l’erreur absolue au résultat du mesurage. Elle s’exprime en pourcentage de
la grandeur mesurée.

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1.2.11. Grandeurs d’influence

Grandeur qui n’est pas le mesurande mais qui a un effet sur le résultat du mesurage.

Exemples : Température, humidité, pression atmosphérique

1.2.12. Résultat d’un mesurage:


Valeur d’un mesurande, obtenue par mesurage. Ce résultat est dit
 indication: si c’est la valeur fournie par l’instrument
 résultat brut: si c’est la valeur avant correction des erreurs systématiques présumées ;
 résultat corrigé: si c’est la valeur obtenue après avoir apporté au résultat brut les corrections
destinées à tenir compte des erreurs systématiques présumées.

1.3 Instituts de métrologie et de normalisation


1.3.1 Instituts nationaux de métrologie

Pays Instituts

PTB (Physikalisch-Technische Bundesanstalt) (Institut Fédéral Technique


Allemagne
de Physique

France LNE Laboratoire National d'Essais et de Métrologie

Grande Bretagne NPL (National Physical Laboratory)

Pays-Bas NMi (Nederlands Meetinstituut)

Suisse METAS (Métrologie et Accréditation suisses)

1.3.2. Organismes internationaux de métrologie

OIML Organisation Internationale de Métrologie Légale

BIPM Bureau International des Poids et Mesures

Metrologia Revue internationale sur les aspects scientifiques de la métrologie

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1.3.3 Instituts de normalisation

Institut National de la Propriété Industrielle (qui gère les normes en


INAPI
Algérie)
Organisation Arabe des Normes et Mesures (dont participent la totalité des
OANM
pays arabes)
AFNOR Association Française de Normalisation
CEN Comité Européen de Normalisation
DIN Deutsches Institut für Normung
Bureau de Normalisation - est l'organisme belge responsable de la
NBN
réalisation et publication des normes en Belgique
ISO International System Organisation

1.3.4 Organismes d’accréditation

BELAC/BELTES
Organisation Belge d'accréditation
T
COFRAC Le portail français de l'accréditation
DKD Deutscher Kalibrierdiens
EA European co-operation for Accreditation
ILAC International Laboratory Accreditation Cooperation

1.3.5 Autres instituts et organismes de métrologie

BIPM Bureau International des Poids et mesure

I.4 Le système d’unités internationales et ses symboles


Grandeur Unité
Nom Symbole Nom Symbole
Longueur L Métre m
Masse M Kilogramme Kg
Temps t Seconde s
Courant electrique i Ampére A
Temperature T Kelvin K
Quantité de matiere Mole mol
Intensité lumineuse I Candela cd

Tableau 1.Unités de base.


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I.5 Les Instruments Mécaniques:

En mécanique, il est important de savoir prendre les mesures. La qualité de celles-ci dépend de la
précision de l’instrument de mesure utilisé. Dans les cas de mesures exceptionnellement précises, il
faut avoir tous les instruments nécessaires.

I.5.1 Instrument Pour la mesure directe


I.5.1.1 Règle:

Fig. 1.3- Règle

Une règle est un instrument de géométrie, utilisé aussi pour le dessin industriel et la mesure de
distances. À proprement parler, une règle sert à tracer des lignes droites.
Une règle est généralement en bois, en métal, en plexiglas ou en matériel composite souple. Les
règles modernes comprennent généralement une échelle, avec laquelle des longueurs peuvent être
mesurées par comparaison, généralement au millimètre près.
I.5.1.2 Le Pied à Coulisse

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Fig I.4 – Pied à coulisse.

Un pied à coulisse est un outil de mesure utilisé pour les prises de mesure internes, externes et de
profondeur. Les pieds à coulisse sont disponibles en échelons métrique et impérial que l’on appelle
«vernier». Un vernier comporte deux règles graduées, l’une fixe et l’autre mobile, se déplaçant sur la
première pour la prise de mesure. Le relevé de la longueur est indiqué sur le vernier.

Le pied à coulisse possède une règle mobile qui est parallèle à une règle fixe (figure I.4). Ces
instruments de mesure de précision servent à mesurer les diamètres extérieurs et intérieurs, et dans
bien des cas, peuvent mesurer la profondeur. Les pieds à coulisse sont disponibles en mesures
impériales (Pouce, Inch .....)et métriques.
a- Précision de mesure :
Si la règle est toujours graduée en mm, il n’en est pas de même pour le VERNIER. Celui-ci, gravé
sur le coulisseau, a une graduation particulière dont le nombre de divisions va déterminer la précision
de lecture du calibre à coulisse.
Le Vernier au 1/10ème possède 10 graduations égales, et mesure 9 mm.
1 graduation = 0,9 mm.
Précision du 1/10ème = 0.1 mm
Le Vernier au 1/20ème possède 20 graduations égales, et mesure 19 mm.
1 graduation = 0,95 mm.
Précision du 1/20ème = 0.05 mm
Le Vernier au 1/50ème possède 50 graduations égales, et mesure 49 mm. 1 graduation
= 0,98 mm.
Précision du 1/50ème = 0.02 mm.
b- Méthode de mesure :
1° Lire le nombre entier de mm, à gauche du zéro du vernier.
2° Localiser la graduation du vernier (une seule possible) qui coïncide avec une graduation
quelconque de la règle
3° Ajouter les millimètres, les 1/10è, 1/20è ou 1/50è, selon les cas, pour obtenir la mesure exacte.

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Exemples de mesures :
VERNIER AU 1/10

Le zero du vernier est en face d’une graduation de la règle

Lire sur la règle le nombre de mm correspondant


cette graduation.
Sur l’exemple : 9 mm.

Le zéro du vernier n’est pas en face d’une graduation


de la règle

 Lire sur la règle le nombre entier de mm avant


le zéro du vernier.

 Repérer la graduationdu vernier qui est la


mieux alignée à une graduation quelconque
de la règle.
 La graduation du vernier indique les dixièmes
du mm.
Sur l’exemple : 9 + 0,7 = 9,7 mm.

VERNIER AU 1/50

 Lire sur la règle le nombre entier de mm


avant le zéro du vernier.

 Repérer la graduation du vernier qui


est la mieux alignée à une graduation
quelconque de la règle.

Lire sur le vernier, le chiffre situé avant les graduations alignées. Ce chiffre indique le nombre de
1/10 de millimètres.
Compter le nombre de divisions après le chiffre et le multiplier par 2. L’on obtient les 1/100 de mm
correspondant ‘ la cote mesure.
Sur l’exemple : Nombre de graduation avant le 0 du vernier 6 = 6mm ► pour la lecture du mm.
- Chiffre sur le vernier avant la graduation alignée 5 = 0,5 mm ► pour la lecture du 1/10 mm
- 4eme graduation alignée le chiffre 5 multiplier par 2 ► 4 X 2 = 0,08 ►pour la lecture du 1/50 mm
6 + 05 + 0.08 = 6.58 mm.

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Quelques modèles de Pied à coulisse

- Pied à coulisse à cadran

- Pied à coulisse digital

Mesures extérieures Mesures intérieures

Mesures d'épaulement Mesures de profondeur

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- Pieds à coulisse spéciaux

Pied à coulisse à Pied à coulisse


becs pointus à becs décalés

Pied à coulisse à becs fins Pied à coulisse à pointes Pied à coulisse pour la mesure
de mesure intérieures de l'épaisseur des tubes

I.5.1.3 Le micromètre (Palmer) :


Le micromètre est un instrument de mesure directe permettant de mesurer des dimensions dans une
tolérance de plus ou moins 1/100e de millimètre pour des mesures allant jusqu’à 1500mm.
Il existe des micromètres donc la précision de lecture est le micron (μ m) soit 0,001 mm.

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Il est composé de :
 La partie en U ou demi‐circulaire possédant une touche fixe et une touche mobile actionnée par un
tambour.
 La partie cylindrique (fourreau) dont la génératrice est graduée en millimètre, voire en ½ mm
 D’un tambour composé d’une vis micrométrique en acier traitée et rectifiée ;
 La douille de lecture comportant 50 divisions sur sa circonférence (lecture au 1/100è)
 Le bouton de friction qui permet de manoeuvrer le micromètre sans le détériorer.
 Le système d’étalonnage (vis de réglage).

Procédure de lecture d’une grandeur avec un palmer:


 La lecture des mm s’effectue sur le fourreau. La limite côté gauche du tambour gradué est proche
de l’échelle des mm.
 La lecture des 1/100 de mm s’effectue sur le tambour gradué.
 Le relevé de l’échelle des 1/100 doit être le trait du tambour gradué qui correspond à l’axe de
l’échelle des mm. Le sens de lecture du tambour gradué est dans le sens contraire des aiguilles
d’une montre

I.5.2 Instruments de mesure indirecte :


C’est le relevé à l’aide d’un capteur de l’écart entre une pièce à mesurer et un étalon (pièce de
référence) on a vu dans le TP comme outil de mesure indirecte qui est le comparateur

I.5.2.1 Le comparateur :
Le comparateur est constitué d'un cadran gradué avec une aiguille pivotant en son centre. Autour du
cadran une lunette comportant un ou plusieurs index peut pivoter manuellement. L'index permet à
l'utilisateur de matérialiser le point zéro.

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Le comparateur dit à course normale comporte un totaliseur qui indique le nombre de tours effectués
par l'aiguille. Par exemple, pour un comparateur ayant une course de 10 millimètres, chaque tour
d'aiguille représente 1millimètre. Si le palpeur se déplace d'un millimètre, l'index du totaliseur
marquera un.
Le palpeur est constitué de deux parties : la tige et la touche (on trouve aussi le terme "le toucheau").
La touche est vissée au bout de la tige. Il est possible d'utiliser diverses formes de touche et ainsi
adapter la forme de l'extrémité à la pièce à mesurer.

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Le comparateur est constitué d'une tige mobile en translation. Le déplacement de cette dernière est
transmis à un dispositif mécanique transformant la translation de la tige en rotation de l'aiguille.
L'angle total de rotation est proportionnel au déplacement en translation de la tige.
Pour effectuer une mesure on fait un point zéro à l'aide par exemple d'une cale étalon. Le corps du
comparateur étant fixe l'on place la pièce à mesurer sous le comparateur qui indique alors la
différence entre le point de référence et la dimension de la pièce mesurée.

I.5.2. 2 Control des dimensions fixes


a- Etalons
Cales étalons
Les cales étalons sont des étalons de longueur en forme de parallélépipèdes rectangles.

Equerres et angles étalons


Ces étalons permettent un contrôle rapide d’angle. Ils ont des angles de 45°, 60°, 90°, 120°, 135°.
Les blocs équerres (90°) sont les plus utilisés pour le contrôle de perpendicularité.

Equerres

Jauges
Les jauges sont des instruments d’ateliers qui permettent un contrôle rapide et simple, peu précis. On
peu distinguer les jauges à rayons, d’épaisseurs, de filetages…

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Jauge de filetage Jauge à rayon

b- Calibres à limites

Pour assurer l’interchangeabilité des pièces, on les cote souvent à l’aide d’ajustement fixant ainsi une
cote mini et une maxi. Pour vérifier ces pièces en cours de fabrication ou à la réception, on utilise
souvent des calibres à limites.

Calibres d’alésages

Entre N’entre pas

Tampon lisse double

Entre N’entre pas


Jauge plate

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Calibres d’arbre

Entre

N’entre pas

Bagues lisses

Calibre à mâchoires

Contrôle de filetage

Tampon fileté

1.6. Les capteurs


1.6.1 Définition
Un capteur est un organe chargé de prélever une grandeur physique à mesurer et de la
transformer en une grandeur exploitable. Le capteur est un organe de saisie d'informations. C'est le

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premier maillon de toute une chaîne de mesure, acquisition de données, de tout système
d'asservissement, régulation, de tout dispositif de contrôle.

1.6.2 Caractéristiques métrologiques des capteurs

Il est fondamental de connaître avec précision les caractéristiques d’un capteur afin de pouvoir
déterminer les limites de fonctionnement de celui-ci. En effet, les limites de fonctionnement d’un
capteur conditionnent les limites de fonctionnement du système dont il fait partie.

6.2.1 L'étendue de mesure:


L'étendue de mesure est la zone nominale d’emploi. Zone dans laquelle les caractéristiques du
capteur correspondent aux spécifications de fonctionnement normal ; elle est bornée par la limite
inférieure et la limite supérieure (portées)

1.6.2.2 Sensibilité:
C’est le rapport de la variation du signal de sortie à la variation correspondante de la grandeur à
mesurer. C'est à dire à la pente de la courbe de réponse du capteur pour une valeur donnée :

S=ds/de

ds : variation de sortie
de : variation de l'entrée

1.6.2.3 Précision:
C’est l’aptitude du capteur à donner des indications proche de la valeur vraie de la grandeur
mesurée.
1.6.2.4 Fidélité et justesse:
La justesse est la qualité d’un capteur à fournir des indications précises.
La fidélité est la qualité d'un capteur à fournir des indications identiques pour une même
valeur de la grandeur à mesurer.

1.6.2.5 .Rapidité:
C’est l’aptitude du capteur à suivre dans le temps les variations de la grandeur à mesurer. Il
faut donc tenir compte du temps de réponse, de la bande passante et la fréquence de coupure du
capteur.

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1.6.2.6 Stabilité
La stabilité qualifie la capacité d'un capteur à conserver ses performances pendant une longue
durée (problème de dérive du zéro par exemple).

1.6.2.7 Répétabilité et Reproductibilité:


 La répétabilité est l'étroitesse de l'accord entre les résultats de mesures successifs d'une
même grandeur effectuée avec la même méthode, par le même observateur, avec les mêmes
instruments de mesure et à des intervalles de temps assez courts.
 La Reproductibilité est l'étroitesse de l'accord entre les résultats de mesures successifs
d'une même grandeur dans le cas où les mesures sont effectuées dans les conditions
différentes que pour la répétabilité.

1.6.2.1 les erreurs de mesure:


Les seuls mesurandes dont les valeurs sont parfaitement connues sont les grandeurs étalons
dont les valeurs sont fixées par convention. La valeur de tout autre mesurande ne peut être connue
qu’après le traitement par une chaîne de mesure. L’écart entre la valeur mesurée et la valeur vraie est
l’erreur de mesure qui est due essentiellement aux imperfections de la chaîne de mesure qui
dégradent l’information du signal au cours de son traitement. Une conception rigoureuse de la chaîne
de mesure permet de réduire l’erreur de mesure et donc l’incertitude sur la valeur vraie. Il existe
différents types d’erreurs de mesure que nous présentons dans ce qui suit.
a- Erreurs illégitimes
Elles résultent d’une fausse manoeuvre, d’une mauvaise utilisation ou d’un dysfonctionnement
de l’appareil de mesure. Ce sont des fautes commises lors de la mesure et elles ne sont généralement
pas prises en compte dans la détermination de cette dernière.
b- Erreurs systématiques
Ce sont des erreurs reproductibles, elles sont constantes et/ou à variation lente par rapport à la
durée de mesure. Elles introduisent donc un décalage constant entre la valeur vraie et la valeur
mesurée. Ces erreurs peuvent avoir plusieurs causes, dont nous présentons les plus fréquentes.
- Les erreurs de décalage entre la valeur vraie et la valeur mesurée
Nous citons à titre d’exemples le décalage du zéro d’un appareil analogique, la valeur erronée de la
température de référence d’un thermocouple ou la valeur inexacte de la tension d’alimentation d’un
pont. Ces erreurs peuvent être éliminées par la vérification rigoureuse des appareils de mesure.

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- Les erreurs sur la valeur d’une grandeur de référence
Ce sont des erreurs sur la sensibilité ou sur la courbe d’étalonnage d’un capteur. Le
vieillissement d’un capteur, la fatigue mécanique ou l’altération chimique de ses composants,
entraînent une modification de sa courbe d’étalonnage initiale. Ces erreurs peuvent être réduites par
un réétalonnage fréquent des capteurs.

- Les erreurs dues au mode ou aux conditions d’emploi

Les principales sont :


 l’erreur de rapidité qui résulte d’une mesure faite avant que le régime permanent ne
soit atteint.
 l’erreur de finesse qui est due à la modification de la valeur du mesurande par la
présence du capteur lui même.
- Les erreurs dans l’exploitation des données brutes de mesures
Ce sont des erreurs de correction ou d’interpolation qui résultent d’une appréciation erronée
des corrections qu’il peut être nécessaire d’appliquer au résultat brut de la mesure afin d’obtenir une
valeur plus juste. Ces erreurs peuvent être des écarts à la linéarité d’un capteur dont la caractéristique
n’est pas une droite …

c- Les erreurs accidentelles ou aléatoires


Ce sont des erreurs non reproductibles, leurs apparitions et leurs valeurs sont considérées comme
aléatoires. Certaines de leurs causes peuvent être connues, mais les valeurs des erreurs qu’elles
entraînent au moment de la mesure sont inconnues. Elles sont déterminées à partir de lois
statistiques.

1.3.2.1 Les erreurs liées aux indéterminations intrinsèques des caractéristiques instrumentales
- L’erreur de mobilité εm : c’est la variation maximale du mesurande qui n’entraîne pas de
variation détectable de la grandeur de sortie du capteur. Exemple : un potentiomètre bobiné
pour lequel un déplacement du curseur inférieur à la distance entre deux spires peut
n’entraîner aucune variation de la tension de sortie.
- L’erreur de lecture d’un appareil analogique εl : elle résulte de la plus ou moins grande
habilité de l’opérateur ainsi que de ma qualité de l’appareil. Exemple : finesse de l’aiguille.

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- L’erreur de résolution εr : c’est la variation minimale du mesurande mesuré avec un
capteur donné. Elle est la combinaison de l’erreur de mobilité et de l’erreur de lecture :

𝜀𝑟 = 2 + 𝜀2
𝜀𝑚 𝑙

- L’erreur d’hystérésis : Lorsqu’un des éléments de la chaîne de mesure comporte un


composant présentant de l’hystérésis (par exemple un ressort), sa réponse dépend de ses
conditions d’utilisation antérieure. Cette erreur est évaluée en supposant qu’elle est égale à
la moitié de l’écart maximal des valeurs de la grandeur de sortie correspondant à une valeur
du mesurande, selon que cette dernière est obtenue par des valeurs croissantes ou
décroissantes.

- L’erreur de quantification d’un convertisseur analogique/digital : l’opération de


quantification attribue une valeur unique à l’ensemble des valeurs analogiques comprises
dans une plage correspondant à un bit de poids le plus faible (L.S.B). L’incertitude
maximale est de ±1/2 LSB.

- Les erreurs dues à la prise en compte par la chaîne de mesure de signaux parasites de caractère
aléatoire
Le bruit de fond produit par l’agitation thermique des porteurs de charge dans les résistances qui
entraînent des fluctuations de tension qui se superposent au signal utile, les fluctuations de tension
des sources d’alimentation qui agissent sur les performances des appareils et modifient l’amplitude
du signal … engendrent ce type d’erreurs.

- Les erreurs dues à des grandeurs d’influence


Lorsque les conséquences des variations des grandeurs d’influence n’ont pas été prises en
compte lors de l’étalonnage du capteur, on peut considérer que leur contribution est aléatoire. Ce
type d’erreurs apparaît lorsque l’appareil de mesure est utilisé dans des conditions environnementales
différentes de celles dans lesquelles il a été étalonné.

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