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DROIT CIVIL

1er Semestre
Le Contrat

Les droits patrimoniaux sont dans le patrimoine d’une personne, ce sont des droits qui ont une valeur
marchande et qui peuvent se transmettre.
Les droits extra-patrimoniaux n’ont pas de valeur marchande, ce sont les droits fondamentaux relatifs à
la personne.
L’obligation est le lien de droit entre 2 ou plusieurs personnes en vertu duquel l’une des deux parties, le
créancier peut exiger de l’autre, le débiteur, l’exécution d’une prestation (ce peut être un travail à accomplir, …) :
donner, faire ou ne pas faire.

Introduction générale

Chapitre 1. L’obligation

§1 La notion d’obligation, élément du patrimoine


L’obligation désigne le titre négociable que représente la part de son titulaire dans une société. C’est le lien de
droit entre le créancier et le débiteur qui permet au créancier d’exiger du débiteur quelque chose. L’obligation et plus
particulièrement le contrat est le support de toutes les opérations économiques. Le créancier est le sujet actif.
La créance est le droit d’exiger que le débiteur fasse quelque chose généralement la remise par celui-ci
d’une somme d’argent. La clause de non-concurrence est une clause d’un contrat par laquelle une des parties
s’interdit, dans certaines limites de temps et de lieu, d’exercer une activité professionnelle déterminée susceptible de
faire concurrence à l’autre partie, ex : ré-implantation d’un fonds de commerce.
Le droit de créance est un droit personnel (termes synonymes) qui ne vise pas la personne du débiteur
mais son patrimoine, le droit personnel est le droit subjectif d’exiger d’une personne une prestation. Tout
créancier a sur son débiteur un droit de gage général, si le créancier n’est pas satisfait au jour de l’échéance, il peut
faire saisir et donc vendre tous les biens de son débiteur. C’est le pouvoir que tout créancier tient de la loi sur
l’ensemble des biens de son débiteur, grâce auquel le paiement peut être poursuivi par la saisie de l’un
quelconque des éléments du patrimoine du débiteur. Ce droit du créancier chirographaire, celui qui n’a précisément
qu’un droit personnel sur le patrimoine de son débiteur.
Droit réel : droit sur un bien particulier ; droit qui porte directement sur une chose, il s’oppose au droit
personnel. Les droits réels principaux sont le droit de propriété et ses démembrements. Le droit de propriété comporte 3
prérogatives : le droit d’user de la chose, le droit d’en percevoir les fruits, le droit d’en disposer. Par opposition aux
droits réels principaux, il existe des droits réels accessoires ; ils sont liés à l’existence d’une créance dont ils
garantissent le recouvrement (ex : hypothèque).
Droit réel accessoire, sert de garantie à la créance. Les droits réels emportent toujours un droit de
préférence et un droit de suite.
Un droit de préférence signifie que le créancier qui en bénéficie peut faire par ex saisir l’immeuble et
faire préférence aux autres créanciers que le débiteur peut avoir.
Les créanciers privilégiés ont un droit réel sur le bien du débiteur, s’opposent aux créanciers chirographaires.
Droit de suite : le débiteur titulaire du droit de propriété peut vendre son immeuble mais le créancier
hypothécaire à un droit de suite, il peut aller le saisir dans le patrimoine de l’acquéreur. Ces droits n’existe pas
pour le créancier chirographaire.
Droit de créance actif/passif.
Créancier chirographaire : créancier de somme d’argent ne bénéficiant d’aucune garantie particulière
pour le recouvrement de son dû. Il est donc en concours avec les autres créanciers dans le partage du produit de la
vente des biens du débiteur insolvable.
Créancier hypothécaire : créancier bénéficiant d’un droit d’hypothèque sur un immeuble du débiteur.
Ce droit constitue une garantie lui permettant d’obtenir la remise du produit de la vente de l’immeuble sur saisie, par
préférence aux autres créanciers.
Créancier privilégié : créancier qui en raison de la nature de son droit personnel, peut obtenir paiement
avant d’autres créanciers et bénéficie d’un rang déterminé par la loi.

§2 La classification des obligations


A. Classification selon leur objet
1) Classification dans le Code civil
Art 1101. 3 catégories d’obligation si on les considère selon leur objet. Obligation de donner, faire ou de ne pas
faire.
Obligation de donner, c'est-à-dire transférer la propriété, transfert de droit réel, qui peut être fait à titre
gratuit ou à titre onéreux.
Obligation de faire : exécuter un fait positif, accomplir le travail auquel on s’est engagé.
Obligation de ne pas faire : s’abstenir.

2) La classification doctrinale

Distinction entre les obligations de moyens ou de résultat.


Les obligations de moyens : Chaque fois que le débiteur s’est engagé à mettre en œuvre tous les moyens pour
faire ce que le créancier lui a demandé. Ex : Le médecin s’engage à mettre en œuvre les moyens, mais ne s’engage
jamais à obtenir la guérison.
Les obligations de résultat : le débiteur s’engage à atteindre un certain résultat. Ex : Sncf, s’engage au
transport et à faire arriver l’usager sain et sauf.
Celui qui ne s’est engagé qu’à une obligation de moyen, le créancier à la charge de la preuve que le débiteur n’a
pas mis en œuvre tous les moyens. Si le résultat n’est pas atteint, le créancier doit en apporter la preuve. Celui qui a
une obligation de résultat est plus sévèrement puni que celui qui a une obligation de moyens. L’intérêt est la
charge de la preuve. L’obligation en nature et l’obligation en somme d’argent. Intérêt de la distinction : La monnaie est
instable.

B. Classification selon leur source


1) Dans le Code civil

Cinq sources : La loi, le contrat et le quasi-contrat. Chaque fois qu’une relation juridique est née entre 2
personnes, que ce n’est pas un accord de volonté qui l’a fait naître. Art 1370-1371 : Le gérant d’affaire : Une personne
spontanément, s’occupe des affaires d’autrui et ce qu’elle a effectué pour autrui la rend créancière vis à vis d’autrui,
initiative utile. Délit et quasi-délit : délit civil, faute qui cause un dommage à autrui art 1382 : responsabilité civile. Le
quasi-délit : faute d’imprudence, erreur : art 1383.

2) Classification moderne

Deux sources :
L’acte juridique : destiné à produire un effet juridique, exemple par excellence : le contrat
Le fait juridique : événement quelconque auquel la loi attache des effets juridiques.
Acte juridique : le contrat.
Fait juridique : les quasi-contrats, délits civils et quasi-délits.

Chapitre 2. Le droit des obligations


Droit commun dont découle beaucoup d’autres. Traduction juridique de tous les rapports économiques.

§1. Histoire et facteurs d’évolution


Une grande partie vient du droit romain. Avec des nuances, en droit romain, le droit des contrats était un droit
formaliste, il nécessitait des rites, ex : la vente n’existait que si le bien vendu était remis à l’acquéreur. Il n’y avait pas
un principe général de responsabilité civile art 1382. Les grandes catégories, classifications et modes de raisonnement
subsistent. Au M-A, il y a eu influence de l’Eglise, dont ait restée le principe du respect de la parole donnée. Ce principe
est toujours un principe fondamental du droit des contrats : principe de la force obligatoire des contrats art 1134.

La Révolution a eu une influence profonde et durable sur le droit civil, la valorisation de la liberté individuelle s’est
déclinée, ex : la liberté d’entreprendre, de contracter : on est libre de conclure ou pas un contrat, prévoir son contenu et
choisir son co-contractant. Cette promotion de la liberté individuelle s’est essaimée ce qui a donné liberté contractuelle.

Les facteurs d’évolution essentiels : Ce système fondé sur la liberté a régné longtemps se fondant sur la libéralité
économique et idéologique. A partir du milieu du XIXème, essor des échanges, on prend conscience des injustices que ce
libéralisme peut générer. Est apparue la présence du faible et du fort. Ces injustices économiques, sociales ont provoqué
le déclin de la liberté contractuelle, même si elle reste encore le principe. Le dirigisme économique est apparu dans ces
années. Du point de vue juridique, multiplication des règles impératives : règles que les contractants ne peuvent écarter
de leur contrat. Ceci à amener les législations successives à intervenir, reconnaître des catégories de personnes qui sont
plus faibles, les salariés, les locataires, les consommateurs.

§2. Renouvellement des sources

A. Sources constitutionnelles
1804, la source est la loi, puis d’autres sources viennent s’ingérer. Les sources constitutionnelles art 34 et 37
répartissent la compétence du législateur et du pouvoir réglementaire. Il est prévu à l’art 34 que c’est au législateur
de déterminer les principes fondamentaux du droit des obligations. Décision CC 1971 relative à la liberté
d’association a donné valeur constitutionnelle au préambule de la C° de 1958 (DDHC + préambule de 1946 et
aujourd'hui Charte de l’environnement). Constitutionnalisation du droit civil. Ce mouvement devrait s’accentuer avec la
révision constitutionnelle de 2008 et la permission d’invoquer l’exception d’inconstitutionnalité. Les grands principes
constitutionnels : principe d’autonomie de la volonté, principe d’immutabilité des conventions, principe de la liberté
contractuelle, principe de non rétroactivité de la loi n’a pas valeur constitutionnelle : le législateur peut modifier un
contrat en cours d’exécution si ceci est motivé par l’intérêt général.

B. Les sources internationales

Il y a une primauté dans la hiérarchie des normes à condition que soit respectée la réciprocité. Chaque fois
qu’une règle est issue d’une convention internationale, elle a la primauté sur la règle interne. Il existe un grand nombre
de conventions internationales relatives à la compétence juridictionnelle ou à la loi applicable. Il y a également des
conventions relatives au droit substantiel, elles décident de la règle de droit applicable dès lors qu’on entre dans le
domaine prévu. Ex : La Convention de Vienne, relative à la vente de marchandises. Il y a à côté de ces conventions de
nombreuses codifications « savantes ». Les principes unidroits, règles relatives aux contrats internationaux, prévoient de
régler les différends.

C. Sources européennes
Il s’agit du droit de l’UE (droit communautaire), et le droit du Conseil de l’Europe qui émane de la Convention
EDH. Droit communautaire : 2 catégories de normes : le règlement qui s’applique directement aux Etats membres,
textes fondés sur le principe de la libre circulation afin d’assurer la libre concurrence. Les directives : pour être
obligatoires dans un E, elles doivent être transposées par le moyen prévu par le droit de l’E membre. La
concurrence et la consommation sont 2 domaines dans lesquels l’UE a compétence. La CJCE a décidé que dans
l’attente de la transposition, les juges nationaux doivent interpréter à la lumière des directives.

Influence de la CourEDH et de la ConventionEDH, la jurisprudence de la CourEDH. La convention n’a pas de caractère


spécifique en droit des contrats. Ex : Un des droits garanti est celui d’avoir un domicile, la Cour estime qu’un
employeur ne peut pas imposer de changer de domicile lorsque l’entreprise change de région. La CEDH protège au titre
des droits fondamentaux le droit de propriété. La Cour a estimé que la créance est un bien et donc doit être protégée,
donc la CEDH a d plus en plus d’influence sur le droit des obligations.

D. Sources administratives
Il y a de plus en plus d’Autorités Administratives Indépendantes, ex : le Comité d’éthique, la Commission des
clauses abusives…n’ont pas véritablement de pouvoir normatif, elles émettent des avis instructions, mais elles ont une
influence sur le législateur et sur le juge. Ce ne sont pas de véritables sources du droit. En droit de l’entreprise il y a de
nombreux usages prévus par les professions, auxquels le juge peut se référer. Le juge crée-t-il du droit ou ne fait-il
qu’interpréter ? En droit des contrats, il a pris une puissance créatrice d’une importance extraordinaire.

§3. Bilan et perspectives d’avenir

A. Le bicentenaire du Code civil


Tout le monde est d’accord pour dire que le code est vieux et qu’il faut le rénover, toutes les lois nouvelles qui
s’adaptent à l’économie depuis 1945 ne sont pas dans le Code civil mais ailleurs. Il est concurrencé par d’autres codes,
en particulier l’Allemand. Le code de 1804 était imprégné d’une idéologie individualiste, aujourd'hui encore mais plus
la même. Exigence de singularité qui n’est plus l’idéologie philosophique de 1804. Aujourd'hui, la philosophie est dans
l’efficacité du résultat, les acteurs sociaux s’approprient le droit. Tout processus législatif s’inscrit dans un contexte
international. On constate qu’aujourd'hui il n’y a plus de cohérence, objectif d’ensemble, le mouvement législatif est
désordonné. Il y a en outre, une coexistence des sources et une difficulté de hiérarchiser toutes ces sources. Le droit
communautaire est un droit du marché qui véhicule des valeurs différentes des valeurs civiles traditionnelles.
B. Initiatives de rénovation
Il faut donc une rénovation.Il y a une initiative européenne, en 2001, la commission européenne a lancé une
consultation adressée à tous les juristes des E membres (universitaires, praticiens et G), sur laquelle elle leur demandait
de donner un avis, l’opportunité de création d’un code européen des contrats. Cela a donné lieu à des réactions
opposées. Personne n’était favorable à un code européen. La commission a lancé un plan d’action en 2003, axé autour
de l’idée de préparer un cadre commun de référence (CCR), une espèce de « boîte à outils » qui contiendrait les
définitions et les notions fondamentales du droit des contrats (concepts fondamentaux) et elle proposait que soit rédigé
un instrument optionnel c'est-à-dire des règles qui n’auraient pas été obligatoires mais optionnelles par rapport à leur
droit interne. La commission a chargé plusieurs réseaux. L’objectif du CCR serait des références qui permettraient aux
législateur nationaux de s’y référer en harmonisant petit à petit le droit des contrats.
Il y a eu également des initiatives privées menées par des universitaires : ex : les PEDC, Principes Européens du Droit
des Contrats qui sont le travail de la commission Lando composée de juristes euro. Il y a également des initiatives
internes, 3 avant-projets : avant-projet Catala, avant-projet Terré et la chancellerie a également élaboré un projet
septembre 2008.
13/10/09

LE CONTRAT
Chapitre 1. Les principes directeurs

§1 La liberté contractuelle
La liberté contractuelle désigne le fait d’être libre de contracter ou de ne pas contracter. Il y a des
contrats qui sont interdits (vendre de la drogue), et il y a des contrats qui sont imposés, ex : toute personne qui
dispose d’un véhicule automobile est obligé de s’assurer pour sa responsabilité à l’égard des tiers. Tout contractant a
le choix de son co-contractant, ex : l’employeur choisit son salarié. La CourEDH est sévère sur la manière dont
chaque E membre du traité applique le principe de non-discrimination. Le principe de liberté contractuelle, signifie
que chacune des parties a en principe la liberté de déterminer le contenu du contrat, ex : sans un contrat de vente,
le prix est librement déterminé par les contractants. Mais art 6 C. civ., le contrat ne doit pas porter atteinte à l’ordre
public et aux bonnes mœurs.
On distingue les lois impératives et les lois supplétives, on ne peut pas écarter les lois impératives, mais
on peut écarter les lois supplétives au profit d’autres dispositions. Un contrat d’adhésion est un contrat qui est
rédigé par l’une des parties et que l’autre ne peut modifier (ex : contrat d’assurance), une des 2 parties est en position de
force et impose les dispositions qui l’arrange. Décision de 1994 CC, le principe de liberté contractuelle n’a pas de
valeur constitutionnelle. Dans une décision postérieure, 1997, le CC a nuancé sa position.

§2 La force obligatoire du contrat


Art 1134 al 1 : une fois qu’on est engagé dans un contrat, celui qui s’est engagé doit l’exécuter. Ce qui explique le
principe de la force obligatoire : traditionnellement on le fonde sur l’autonomie de la volonté, dogme qui vient de la
philosophie des Lumières, Kant, estime que chaque individu est libre, libre de se donner sa loi à lui-même. Ce principe
imprègne le droit des contrats mais est remis en cause. La loi est au-dessus du contrat et c'est elle qui décide du
caractère obligatoire du contrat (pyramide de Kelsen). En droit anglo-saxon, théorie de relience, théorie des attentes
légitimes du créancier.

§3 La bonne foi
Art 1134 al 3. La bonne foi est un principe qui domine tout le droit contractuel. La bonne foi est difficile à définir, on
peut dire que c’est la loyauté, l’honnêteté, c'est un état d’esprit et une manière d’agir. Ex : au moment de la conclusion
d’un contrat, vente de photographies d’un photographe célèbre, le vendeur n’en savait rien mais l’acheteur si et en a
profité, le vendeur estime que l’acheteur l’a trompé en étant pas de bonne foi. La Cour de cass. estime que les clauses
résolutoires doivent être de bonne foi. À partir des ‘60s, la jurisprudence a inventé de très nombreuses obligations
implicites dans un contrat : obligation de sécurité, obligation de renseignement, …

Chapitre 2. Les idéologies contractuelles

§1 Place actuelle du postulat de l’autonomie de la volonté


Ce postulat vient de la philosophie des Lumières, seule la volonté de chacun est de nature à engager la volonté de
chacun. Aujourd'hui ce postulat est critiqué, Kelsen, puis Demogue civiliste qui a estimé qu’il fallait revoir la façon
dont le contrat est conclu. La relecture du dogme a été faite à partir du fondement moral du droit des contrats. Ce n'est
pas parce que le contractant s’est donné cette loi qu’il doit respecter sa parole, est ce que ça signifie respecter la parole
telle qu’elle a été donnée dans des circonstances économiques particulières ? ex : un contrat conclu sous l’Ancien
régime, est resté en vigueur, 150 ans plus tard le propriétaire des canaux dont il était question demande à ce que la
redevance soit augmentée. La Cour de cass. a estimé que la redevance n’avait pas à être augmentée. Le respect de la
parole donnée à encore un sens. Le contrat est un instrument d’échange qui n’est viable que du fait de sa prévisibilité, il
faut pouvoir prévoir, le contrat est un acte de prévision. La stabilité ne signifie pas rigidité, le contrat n’a d’utilité
économique que s’il peut s’adapter aux circonstances économiques.

§2 Le solidarisme contractuel
C’est une doctrine nouvelle (une dizaine d’années), part d’un postulat opposé au postulat d’autonomie de la volonté,
conteste la base même de la théorie libérale (égalité des parties, un contrat est nécessairement juste), ils estiment qu’en
réalité, le postulat est celui de l’inégalité des parties. Il y a aujourd'hui un développement considérable des réseaux de
distribution. Il n’y a pas d’égalité des parties entre le fabricant et le concessionnaire. Relations de dépendance des
parties. La vision libérale du contrat a pour effet d’assujettir le plus grand nombre des contractants. La loi est là pour
corriger les excès du marché, notamment lorsque les relations sont trop déséquilibrées. Ce point de vue a été pris en
compte par le législateur. Pour la majorité de la doctrine, la loi doit être la plus discrète possible, en conséquence les
restrictions liées à la liberté contractuelle doivent être exceptionnelles.

Chapitre 3. Définitions et classifications


Art 1101 donne la définition générale du contrat, convention est un terme plus général que le terme contrat qui
est un accord de volonté pour créer des obligations, alors que la convention peut avoir pour objet de transmettre
ou d’éteindre des obligations.

L’acte juridique unilatéral est la manifestation de la volonté d’une seule personne (ex : un testament, …). Pour le
contrat, il faut être au moins 2 pour l’acte unilatéral il faut être seul.
Différence contrat / acte juridique collectif : acte conclu entre plusieurs personnes et qui a des effets à l’égard de
personnes qui n’y ont pas forcément consenti, n’ont participé ni à la négociation ni à la conclusion de l’acte. (ex :
la convention collective du travail établit par une org° syndicale et le groupe patronal, elle s’applique à tous les
salariés).
Distinction contrat et acte de pure courtoisie ou engagement d’honneur : accords qui ne sont pas destinés à
produire des effets de droit, ce ne sont pas des contrats.

§1 Les classifications du Code civil


Un certain nombre de contrats ont été inventés par la pratique, car les contrats « classiques » ne répondaient
pas à certaines branches d’activité. Les contrats nommés, et innomés. Franchise. Le code oppose le contrat
synallagmatique (art 1102) : réciprocité des obligations, chacune des parties est à la fois créancier et débiteur
(catégorie qui a une fonction économique très importante), au contrat unilatéral : accord de volontés mais une seule
des parties à une obligation, l’autre partie se borne à accepter, ex : le contrat de dépôt, le déposant n’a pas
d’obligation, seul le dépositaire en a une. Ne pas confondre contrat unilatéral et acte unilatéral.
14/10/09
La preuve est normalement littérale. La formalité du double est exigée, art 1325, autant d’exemplaires que de
parties. Cette exigence n’existe pas pour le contrat unilatéral puisqu’il n’y a qu’une personne engagée. Art 1326 du
C.civ. la formalité du bon pour n’existe plus. Dans les contrats unilatéraux, le débiteur doit écrire de sa main le montant
de son engagement. Ces exigences sont des exigences de preuve. Sur le terrain de l’exécution du contrat, dans le contrat
synallagmatique il y a une réciprocité qui engendre une interdépendance des obligations, si bien que l’une des parties
n’est jamais tenue d’exécuter si l’autre n’exécute pas, l’acheteur ne paie pas au jour convenu, le vendeur n’est pas tenu
de délivrer le bien. Un certain nombre de règles sont propres au contrat synallagmatique. Ex : la résolution du contrat
pour exécution etc.
Cette distinction n'est pas toujours aussi tranchée, il y a des contrats qui naissent unilatéraux et qui en route deviennent
synallagmatiques. Ex : un contrat unilatéral au départ, on remet ses meubles chez un ami, contrat de dépôt, il est
unilatéral car ne fait naître des obligations qu’à la charge du dépositaire.
2ème opposition : art 1105 et 1106, contrat à titre onéreux et à titre gratuit.
Contrat à titre gratuit : contrat par lequel celui qui s’engage a la volonté de procurer un avantage à l’autre partie
sans rien recevoir en échange (ex : contrat de donation d’un parent à un enfant, le prêt sans intérêt).
La donation avec charge : le donateur donne un bien mais avec une contrepartie qui consiste par exemple, à dire
que sur le bien les enfants devront loger la grand’mère.
Contrat à titre onéreux : chaque partie reçoit quelque chose.
Intérêt de la distinction : Le contrat à titre gratuit est soumis à des règles particulières pour sa formation, ex : la
donation n’est valable que si elle est faite par un acte authentique. L’exigence du notaire est destinée à expliquer et
protéger l’engagement du donateur. Généralement, ce sont des contrats conclus intuitu persone (en fonction de la
personne). Lorsque le contrat est à titre gratuit celui qui commet une faute est apprécié de façon plus généreuse, que
celui qui commet une faute alors qu’il est rémunéré.
Contrat communatif opposé au contrat aléatoire art 1104.
Dans le contrat communatif, les prestations de chacune des parties sont connues. Alors que dans le contrat
aléatoire, la prestation de l’une des parties dépend d’un événement incertain, c’est pour cette raison que chacune
des parties a des chances de gain ou pertes, ex : le contrat d’assurance, contrat de vente viager. Il y a d’autres
classifications possibles.

§2 Les classifications complémentaires


Les contrats nommés et innommés.
Les innomés ne sont pas dans le code civil, mais de plus en plus réglementés par des lois particulières ex : le contrat
d’hôtellerie, peut être un contrat de bail (location de la chambre) et contrat d’entreprise (prestation de services), le
contrat de coffre-fort (location d’un coffre à la banque). Ces types de contrats sont difficiles à qualifier. Il y a en outre
un certain nombre de contrats qui ont été inventés par la pratique.
Opposition entre contrats consensuels et contrats formalistes.
Le contrat consensuel est formé par le simple échange des consentements, c'est-à-dire sans aucune formalité
particulière.
Les contrats formalistes ou solennels exigent pour leur formation ou validité qu’ils ne soient conclus ou
obligatoires que si des formalités ont été accomplies, ex : le contrat de donation nécessite un acte authentique, le plus
souvent ce genre de contrat est soumis à l’exigence d’un écrit, acte authentique ou sous seing privé.
Les contrats réels ne sont formés que par la remise d’une chose.
Contrats instantanés et à exécution successive : de plus en plus la jurisprudence tient compte de la durée pour
admettre plus ou moins facilement la rupture de contrats de longue durée. Autre problème : l’instabilité monétaire.
Opposition contrat interne et international.
Contrat interne : toutes les opérations sont conclues sur le territoire national.
Contrat international : comporte un élément d’extranéité, problème quelle est la juridiction qui doit connaître le
litige relatif au contrat ? Il existe des conventions international qui prévoient les règles relatives aux contrats
internationaux.

PREMIÈRE PARTIE. LA FORMATION DU CONTRAT


Art 1108, 4 conditions de validité.

Titre 1. Le processus de formation


Contrat = accord de volontés. Le processus de formation est dominé par le principe du consensualisme.

Chapitre 1. Le principe du consensualisme

Section 1. Sens du principe


Dès qu’on a consenti, on est lié, aucune forme n’est nécessaire. Le consensualisme est une manifestation éclatante de
l’autonomie de la volonté. Le consensualisme est né au M-A, lors du développement des foires internationales, et avec
l’influence de l’Eglise, respect de la parole donnée. Le C.civ. ne l’énonce pas de manière expresse. Le consensualisme
présente beaucoup d’avantages : évite que le contrat ne soit annulé parce qu’une formalité sans importance n’a pas été
faite, simplicité et rapidité favorables aux échanges commerciaux, il valorise la moralité contractuelle. Il y a beaucoup
d’incertitudes sur le moment de la conclusion du contrat. Difficulté de preuves et du contenu du contrat. Ce principe est
le droit positif (droit commun). Mais il y a à ce principe beaucoup d’exceptions.

Section 2. Exceptions au principe


Les contrats solennels : contrats qui nécessitent une solennité, ce peuvent être un acte authentique qui est justifié par
l’intérêt général Le notaire a un rôle de conseil pour ses actes jugés importants. La loi exige l’écrit sous seing privé, il y
a une multiplication de textes qui exigent un acte écrit. Beaucoup d’écrits ne sont valables que si certaines mentions y
figurent : c’est le formalisme informatif.
Contrats réels : ex contrat de prêt dépôt ou gage, en plus du consentement il faut la remise de la chose. L’accord de
volonté n’a aucun effet tant que la chose n’a pas été remise.
Contrats électroniques, loi du 21 juin 2004, à propos de l’admission du contrat électronique, a ajouté les articles 1108-
1 et 1108-2. Lorsqu’un écrit est exigé pour la validité d’un contrat, il est possible que cet écrit soit électronique.
Renvoie à l’art 1316 1) et s. qui résultent loi 30 juin 2000 relative à la preuve du contrat électronique.

Section 3. Portée du principe


Y a-t-il une renaissance du formalisme, dans la mesure où de plus en plus de textes l’exige ? Formalisme s’entend
pour la validité de l’acte, pas de la preuve. Il y a des formalités qui sont exigées qui n’ont pas d’incidence sur la validité.
Règles de publicité : il s’agit essentiellement la publicité foncière, règles applicables à tous les droits immobiliers,
contrats opposables aux tiers, translatifs de droits immobiliers ou constitutifs de droits réels accessoires. Ces contrats
sont valables, même s’ils n’ont pas été publiés. Ces contrats sont publiés, mais n’ont d’effet qu’à l’égard des tiers que
s’ils sont publiés. Pour parer au risque de malhonnêteté : vendre 2 fois la même chose. La publicité a pour effet
d’informer de la vente et de l’identité du propriétaire. En cas de ventes successives c’est la 1 ère publiée qui est
opposable.
20/10/09
Preuves: preuve des actes juridiques en général art 1341 : tout acte juridique doit être prouvé par écrit. Exceptions :
art 110 3) C.com., liberté de la preuve en matière commerciale. Art 1347 : il existe un commencement de preuve par
écrit : ne remplit pas toutes les conditions pour avoir valeur de preuve parfaite au sens de 1341, écrit qui émane de la
personne à laquelle on l’oppose et le contenu de l’écrit doit rendre vraisemblable le fait allégué, peut être un écrit
quelconque, carnet, facture… cette preuve doit être complétée par des indices quelconques. Art 1348 : l’impossibilité
de se procurer un écrit (incendie, perte…). Dans les relations familiales ou amicales, il est impossible d’exiger un
écrit, dans ce cas : preuve par tous moyens.
L’écrit authentique définit à l’art 1317 : prévoit que cet acte a une force probante jusqu’à inscription de faux.
Les actes sous seing privé font foi jusqu’à la preuve du contraire de ce qui est écrit.
Les copies peuvent tenir lieu de preuve art 1334, mais l’original peut toujours être exigé.
Depuis la loi du 13 mars 2000, l’écrit électronique est admis art 1316 1) et s.

Chapitre 2. Analyse du consentement


Manifestation de volonté de chacune des parties, l’importance du consentement explique le caractère volontaire du
contrat.

Section 1. Les éléments du consentement

§1. L’offre
Celui qui émet l’offre est appelé pollicitant.

A. Les caractères de l’offre

Elle doit être précise, contenir tous les éléments essentiels du contrat, celui qui va accepter doit savoir ce qu’il
accepte. Pour savoir si la proposition est une offre de contracter il faut analyser les éléments, l’offre doit contenir les
éléments essentiels qui dépendent des contrats. Ex : contrat de vente : la chose et le prix. À côté de cette précision
l’offre doit être ferme, le pollicitant émet une volonté d’être lié par la seule acceptation de celui auquel l’offre
s’adresse. Une offre n’est pas ferme chaque fois qu’elle comporte des réserves, ex : offre d’emploi. L’acceptation
n’entraîne pas la formation du contrat.
La forme de l’offre : aucune forme n’est requise puisque le principe est celui du consensualisme, peut être un
écrit, une parole, un geste (taxi). De plus en plus, certains contrats sont soumis à un certain formalisme protecteur des
parties, c'est le cas de tout le droit de la consommation. Cette offre peut être faite à une ou à des personnes
indéterminées. Lorsqu’un délai est fixé, le pollicitant doit s’y tenir, la jurisprudence a estimé que quand aucun délai
n’est fixé le pollicitant doit tenir son offre pendant un délai raisonnable.

B. Le régime juridique de l’offre

Le régime juridique dépend de la nature de l’offre, que se passe-t-il si pendant le délai, le pollicitant révoque ? Pour le
droit français, en principe l’offre est librement révocable, le principe est celui de la liberté contractuelle.
Exception : s’il y avait un délai, ce n’est qu’au terme du délai que le pollicitant peut révoquer. L’offre n’a plus d’effet
quand le délai arrive à terme, elle est caduque. La caducité : l’offre tombe d’elle-même parce que le délai expire ou
que les circonstances changent, ex : Le pollicitant devient incapable au cours du délai (il est mis sous tutelle), ou
décède. L’offre est intransmissible, ne se transmet pas aux héritiers. Mais la Cour de cass a modifié sa position en
1997. Au cours du délai, l’un des membres du couple meurt, la cour estime que le décès n’a pas rendu l’offre caduque.
Est-ce un revirement de jurisprudence ? Le droit français n’accepte pas qu’un engagement unilatéral soit un engagement
juridique.

§2. L’acceptation
L’acceptation pure et simple forme le contrat. Jurisprudence : on accepte que ce qu’on connaît.
Jurisprudence à propos des documents publicitaires ou de clauses écrites en petit, les personnes doivent pouvoir être au
courant. Quelle est la valeur du silence ? Le silence ne vaut jamais acceptation. Exceptions : lorsque les parties sont
en relation suivie, ou quand l’offre est faite dans le seul intérêt du destinataire, le silence vaut alors acceptation.

Section 2. L’accord de volonté


Résulte de l’acceptation de l’offre.

§1. La négociation précontractuelle


A. Les pourparlers

Il n’y a rien dans le code. Il y a le principe de la liberté des négociateurs, liberté de négocier parce qu’il y a la
liberté contractuelle. Distinction de l’invitation à entrer en pourparler et de l’offre. Au cours des négociations il y a une
obligation d’information de chacune des parties qui a pour objet de faire connaître au partenaire ce qu’il a intérêt à
connaître. La Cour de cass est relativement sévère avec les banques, elle décide que l’obligation du banquier va jusqu’à
une mise en garde contre les risques du contrat. La liberté contractuelle emporte la liberté de rompre, celui qui
rompt les pourparlers, n’engage normalement pas sa responsabilité. Il y a éventuellement possibilité d’engager
celui qui abuse de sa liberté de rompre, c’est d’avoir laissé espérer que les négociations arriveraient à terme. La rupture
brutale est une faute.

B. Les accords préparatoires

Pour les contrats importants, il arrive que les négociateurs se mettent d’accord au cours ou avant la négociation sur
un certain nombre de points. Ces documents ont des appellations diverses : lettre d’intention…
Protocole d’accord : les parties mettent par écrit les projets communs sans avoir encore élaboré les contrats. N’a
pas valeur d’un contrat.
Tous ces documents ont une grande utilité s’il y a un conflit pendant l’exécution du contrat. Le juge doit interpréter le
contrat selon les communes intentions des parties.
Les contrats de promesse : sont de véritables contrats, il s’agit essentiellement des promesses de vente. Les ventes
immobilières sont toujours précédées de promesses de vente.
Promesses unilatérales de vente : contrats unilatéraux, unilatéral car il n’y a que le promettant qui s’engage à
vendre son bien au prix fixé dans la promesse, le bénéficiaire n’a pas d’obligation à l’égard du vendeur, il se
borne à accepter. Au terme du délai d’option ou bien le bénéficiaire a levé l’option le transfert de propriétaire a lieu le
jour de l’expiration du délai, si le délai est dépassé, le transfert est caduc. Promesse synallagmatique.

§2. Le contrat conclu par correspondance


Deux parties concluent un contrat, mais ne sont pas au même endroit. Difficulté pratique : quand et où ?
Le transfert de la propriété du vendeur vers l’acheteur se fait au moment de l’échange des consentements. Ce
transfert emporte le transfert des risques. Le principe est que c’est la loi en vigueur au moment de la conclusion
du contrat qui régit le contrat. En droit international privé, quelle est la loi applicable ? en principe c'est la loi du lieu
de conclusion.
21/10/09
La tendance est d’admettre le lieu de l’émission de l’acceptation : jour et lieu où celui qui accepte, accepte :
théorie de l’émission de l’acceptation. On pourrait estimer que le contrat n’est conclu que quand celui qui a fait l’offre
voit son offre acceptée. Il y a le principe de la liberté contractuelle. Les parties peuvent décider que le contrat sera formé
lorsque le pollicitant aura reçu l’acceptation. Les juges préfèrent l’émission de l’acceptation. En ce qui concerne le
contrat électronique : une loi prévoit les formalités à accomplir pour que le contrat soit conclu, c’est la théorie de la
réception qui va prévaloir.

Titre 2. Conditions et validité

Au terme de l’art 1108, 4 conditions : le consentement des parties, capacité, objet, cause.

Chapitre 1. Le consentement
Le contrat ne peut être bien formé que si le consentement a été émis en connaissance de cause, en sachant ce sur
quoi on contracte. Le consentement doit être « libre et éclairé ».

Section 1. L’intégrité du consentement


L’art 1109 vise 3 vices du consentement, qui s’ils sont reconnus vont faire admettre que le consentement n’était pas
libre ou éclairé.

§1. L’erreur
L’erreur, vice du consentement est définie à l’art 1110. Prévoit que l’erreur puisse porter sur l’objet ou le co-
contractant.

-L’erreur sur la substance : substance de la chose objet du contrat, c’est la matière. Le contractant s’est fait une
opinion contraire à la réalité. La jurisprudence a entendu le mot substance comme qualité substantielle.
2 conceptions : conception objective des qualités substantielles : les qualités que l’objet du contrat a selon la nature des
choses, qualités que tout le monde attribue. Conception subjective : les qualités attendues de la chose sont celles que les
parties ont eu en vue de la conclusion du contrat.
La jurisprudence a définitivement adopté la conception subjective. Marché des œuvres d’art : l’authenticité d’un
tableau, est une qualité essentielle. Jurisprudence abondante concernant les œuvres d’art. Ex : affaire de Poussin, un
tableau est mis à prix, le Louvre achète ce tableau comme étant un tableau de l’école de Karache, le Louvre le présente
comme étant un authentique Poussin, le vendeur ne pensait pas que s’en était un, il invoque la nullité pour erreur. Le
tribunal de Paris confirme l’erreur, la CA de Paris infirme cette décision, elle dit qu’il y avait un doute et que de fait il
n’y avait pas d’erreur, la Cour de cass, estime que la CA aurait dû rechercher que le vendeur avait la conviction erronée
que ce n’était pas un tableau de Poussin. Une opinion contraire au doute est une erreur. Lorsqu’il y a doute de la part
des 2 parties, le contrat est aléatoire, on ne peut invoquer l’erreur. L’aléa chasse l’erreur. Pour que l’erreur soit retenue,
il faut qu’il y ait conviction erronée sur la réalité, peu importe qu’elle soit une certitude ou douteuse.

-L’erreur peut être aussi une erreur de droit. Un héritier renonce à une succession car il ignore les règles relatives à la
succession. Est ce que le co-contractant doit avoir connu cette attente particulière, la jurisprudence décide que le contrat
ne doit être annulé que si les 2 parties avaient connaissance.

-Les contrats intuitu persone (contrat conclu en fonction de la personne du co-contractant), l’erreur peut porter sur
l’identité de la personne ou de ses qualités.

-L’erreur obstacle, n’apparaît pas dans l’art 1110, expression doctrinale qui estime que l’erreur est telle que le
contrat n’a pas pu se former. Ce peut être une erreur sur la nature du contrat. C’est un obstacle absolu à la
formation du contrat. Ce peut être aussi une erreur sur l’objet du contrat.

Il y a des erreurs qui sont indifférentes, des erreurs dont la jurisprudence ne veut pas, erreur sur une qualité qui
n’est pas essentielle. Plus importante est l’erreur sur la valeur, autrement dit sur l’évaluation économique du contrat. Les
justifications à l’indifférence de l’erreur : vice qui s’appelle la lésion, il y a différence entre le prix stipulé et la valeur
marchande du contrat. La lésion n’est admise que dans des cas très exceptionnels. Lorsqu’elle est admise la loi prévoit
quel est le montant de l’écart. Elle est admise dans les ventes immobilières, que s’il y a une lésion de plus des 7/12èmedu
lot. Elle est admise dans le partage, la règle est l’égalité, à condition que la lésion soit supérieure à ¼ du lot. De manière
générale, il n’y a pas en droit du contrat une obligation d’exacte équivalence. Autre erreur indifférente : l’erreur
inexcusable, elle procède d’une légèreté absolue, c’est l’erreur que le bon père de famille ne ferait pas. Elle ne va pas
entraîner la nullité du contrat, la loi ne protège pas les imbéciles. Le contrat ne doit pas être à la merci d’un caprice ou
d’une légèreté blâmable.
La preuve de l’erreur : la charge de la preuve incombe au demandeur (art 1315), en l’espèce la victime de l’erreur, elle
doit faire la preuve qu’elle a fait une erreur sur les qualités essentielles.

§2. Le dol
L’art 1116, désigne toutes les tromperies lors de la négociation et de la conclusion du contrat qui ont amené le
contractant à la conclusion du contrat. L’auteur du dol va mettre en scène un mensonge. C’est un délit civil de la
part de l’auteur, qui provoque l’erreur en face et un vice du consentement.
27/10/09
Principe général : la bonne foi domine tout le droit des contrats de la négociation à la rupture.
A. La notion
1er élément constitutif : malhonnêteté du co-contractant, le dol a un aspect délictuel, c’est une faute civile. Le
texte parle de manœuvres, toute mise en scène qui a amené le partenaire à conclure le contrat. Ex : Lors de la
vente d’un véhicule d’occasion : trafiquer le compteur kilométrique. La jurisprudence assimile le mensonge et la
réticence. Le mensonge peut être écrit ou verbal. Ex : une banque qui fait un prêt, est qualifié de dol le mensonge de
la banque sur les dates du compte du débiteur. Les mensonges permis : le fait pour un commerçant de vanter sa
marchandise, difficile d’attaquer pour dol, la publicité, en principe il est possible de vanter sa marchandise. Cela fait
partie du jeu commercial, il y a pour tout un chacun, l’obligation de s’informer. La loi punit la publicité mensongère
lorsque le mensonge est énorme. La publicité mensongère est réprimée par le Code de la consommation.
Outre le mensonge, la jurisprudence assimile le dol par réticence, c’est le silence dont on sait que l’autre a
intérêt à en avoir connaissance pour se déterminer. Ex : Dans la vente d’une maison rurale, ne pas dire que l’eau du puit
n’est pas potable, ou qu’il y a des termites dans les poutres. Ceci est lié à l’obligation générale d’information. Ces
manœuvres doivent avoir créé une fausse apparence, une erreur dans l’esprit du partenaire et cette erreur doit
avoir été déterminante du consentement. Le dol est une erreur provoquée. Ex : lettre de motivation de candidature
à un emploi, le candidat n’a pas écrit la lettre lui-même mais la faite écrire par son épouse, l’employeur estime que c’est
un dol puisqu’il souhaitait une lettre manuscrite de la part du candidat. La Cour de cass estime qu’il n’y a pas dol car
l’employeur n’a pas apporté la preuve qu’il ne l’aurait pas embauché sans cette manœuvre. Appréciation in concreto
en fonction des circonstances de l’espèce. L’auteur de la malhonnêteté doit être le co-contractant, le dol d’un tiers
n’entraîne pas la nullité du contrat.

B. La sanction
Le dol ne fait double emploi avec l’erreur sur les qualités substantielles, certes là aussi les manœuvres créent une
erreur, avec le dol c’est n’importe quelle erreur qui peut provoquer la nullité du contrat dès lors qu’elle a été provoquée
par l’autre, ce qui est sanctionné c’est la malhonnêteté, aspect délit civil. Dans la mesure où c’est un vice du
consentement, la sanction classique est la nullité du contrat. La victime du dol peut demander outre la nullité du contrat
des dommages et intérêts.

§3. La violence
Art 1111 à 1115. La violence c’est lorsque l’une des parties conclut le contrat sous la menace. Comme le
dol, la violence est à la fois un vice du consentement en ce qu’elle porte atteinte à la liberté de l’intéressé, et elle
est un délit civil peut être plus grave, c'est de la menace. Le texte précise que la menace doit être grave et
illégitime. La gravité peut atteindre la personne ou la fortune autrement dit, le patrimoine. Ce peut être la menace
de perdre son emploi, ou la perte ou destruction d’un bien, menace sur la réputation. Art 1114 : est légitime toute crainte
qui provient d’une autorité d’une personne sur une autre. La jurisprudence a par exemple décidé qu’il n’est pas
illégitime d’exercer une voie de droit. Ex : Un locataire de terrain avait volé son bailleur et s’engage à quitter le
domaine sous la crainte de la plainte du bailleur pour vol. L’employeur menace de porter plainte contre son salarié qui
démissionne sous le coup de la menace. La menace est alors légitime. Pour que la menace soit légitime, il faut que les
moyens employés soient réguliers et que le but poursuivi soit légitime. La violence peut émaner d’un tiers au
contrat, elle est considérée comme plus grave que le dol, quel que soit l’auteur de la menace, le contrat est
susceptible d’être annulé. Si quelqu'un se trouvant dans un état de nécessité (de danger), ce contrat peut-il être
annulé ? Un bateau de sauvetage en sauve un autre, mais le remorqueur lui demande un prix excessif. La jurisprudence
décide qu’il y a violence chaque fois que l’une des parties, profite ou exploite la situation de l’autre. La violence
économique est-elle un vice du consentement ? contentieux abondant en matière de réseau de distribution. La
jurisprudence n’est de manière générale pas favorable à l’annulation des contrats pour cause de violence économique.
Elle privilégie l’abus de droit ou la résilience. Ex : Un salarié chargé de rédiger des ouvrages, il était entendu que le
salarié garderait une partie des droits d’auteur, le salarié a conclu un acte dans lequel il renonce à tous ses droits
d’auteur. Par la suite il regrette et demande la nullité de la convention sur le fondement de la violence économique en
faisant valoir que l’entreprise avait engagé une restructuration, il avait renoncé par crainte d’être licencié. Les juges du
fond avaient admis la nullité de cet acte d’annulation. La Cour de cass a cassé l’arrêt d’appel, parce que selon elle, il n’y
avait pas violence et il n’était pas démontré que l’employeur avait utilisé cette situation de crainte pour renoncer à ses
droits d’auteur.

Section 2. Mesures préventives de protection du consentement


Le contexte économique engendre des inégalités. La jurisprudence et le législateur ont estimé que la sanction
de la nullité d’un contrat qui est une sanction a posteriori n’était pas la bonne solution, qui serait d’informer pour éviter
les conséquences des inégalités.

§1. L’obligation générale d’information


La jurisprudence a créé une obligation générale d’information parce qu’il y a certainement une très grande
inégalité des parties dans l’accès à l’information. À partir du principe général de bonne foi, elle a estimé qu’il existe
une obligation de renseignement ou d’information à la charge de tous les contractants qui détiennent une
information utile pour le contrat. On rencontre le plus souvent un professionnel qui s’adresse à un profane.
L’obligation d’information est due à la personne qui a légitimement besoin de cette information. Le contrat est fondé sur
la confiance entre le consommateur et le professionnel = fonde la théorie de l’obligation d’information. Lorsque
l’information était due et qu’elle n’a pas été donnée, la jurisprudence sanctionne par la responsabilité contractuelle.

§2. Mesures législatives


Aujourd'hui toutes ces dispositions sont regroupées dans le C. de la consommation. On en trouve dans
d’autres codes. Ces dispositions sont dérogatoires au droit commun. Il y a des mesures préventives d’ordre
informatif. Les vendeurs de biens mobiliers doivent préciser les caractéristiques de leur produit. C.cons. L111 et s. Une
kyrielle de textes oblige à rédiger les contrats de manière claire et compréhensible. Il existe des mesures
préventives formalistes, c’est le cas en matière de contrat de consommation. Certains contrats doivent être rédigés
par écrit et en plus pour certains, il doit y avoir des mentions obligatoires. On parle de contrat formaliste ou
solennel. Si ces règles n’ont pas été respectées, le consommateur peut demander la nullité du contrat. Ces mesures de
protection du consommateur semblent avoir un effet minimum.
Les mesures qui relèvent d’un délai de réflexion : le législateur a estimé que pour certains contrats risqués
l’information était insuffisante et qu’il fallait laisser au consommateur un délai de réflexion. Pour certains contrats, ce
délai est obligatoire entre l’offre et l’acceptation. Il s’agit essentiellement des contrats de crédit, contrat de crédit
mobilier ou immobilier. Dans certains cas, la loi accorde au consommateur un droit de repentir : possibilité pour le
consommateur de revenir sur son consentement. Il possède ce droit pendant un certain délai. Ces délais de réflexion et
de repentir ne sont pas uniformes, ils diffèrent en fonction des contrats. Ce droit de repentir est un droit discrétionnaire,
droit qui n’est pas susceptible d’abus, exercé à discrétion sans avoir besoin de donner de motifs.
28/10/09
Chapitre 2. La capacité de contracter
Tout sujet de droit est capable mais certaines personnes, dans le but de les protéger se voient affectées
d’une incapacité d’exercice. L’incapacité d’exercice : l’intéressé est titulaire de ses doits objectifs mais décide de ne
pas les exercer lui-même et quelqu'un d’autre va le représenter dans toute opération juridique. Personne dont la loi
estime que le discernement est limité : mineurs de 18 ans et majeurs protégés. Personnes qui ont une maladie qui
affectent leurs facultés mentales. Majeurs protégés pour avoir ce statut, il faut qu’un juge décide de placer le majeur en
question sous tutelle ou sous curatelle. Tout contrat doit être conclu par le représentant de la personne incapable.
Incapacités de jouissance sont des hypothèses dans lesquelles une personne est privée d’un droit particulier.

Chapitre 3. L’objet du contrat


Art 1108. Le contrat pour être valable doit avoir un objet. Le texte dit un objet certain qui forme la matière de
l’engagement. Art 1126. Art 1128. Art 1130 spécial aux choses futures.
La doctrine distingue entre l’objet de l’obligation née du contrat, c’est la prestation qui a été promise, une
chose au sens d’un bien (vente ou bail) ou peut être une prestation matérielle (peintre qui peint l’appartement ou
consultation juridique chez un avocat ou un notaire). Ce que le créancier attend de son débiteur et ce que le débiteur
attend du créancier. L’objet du contrat est l’opération juridique envisagée dans sa globalité. On distingue entre la
détermination de l’objet et sa licéité.

Section 1. La détermination de l’objet du contrat


L’objet de l’obligation doit être déterminé, ceci ressort de l’art 1108 et 1126. Distinguer les obligations non monétaires
et monétaires.
§1. Obligations non monétaires
L’objet de l’obligation est un bien ou une prestation.
Cet objet doit exister c’est l’exigence de l’art 1126. Si l’objet périt par cas fortuit (entrepôt brûle), ce n’est la
faute de personne, la question est de savoir qui subit la perte de l’objet : « Les risques sont pour le propriétaire ».
C’est celui, vendeur ou acquéreur qui est propriétaire qui subit la perte. Le transfert de propriété se fait de
manière automatique dès l’échange du consentement. Si le contrat de vente est conclu mais que la chose n’a pas été
donnée, l’acheteur doit payer le prix et c’est lui qui subit la perte. C’est donc son assureur qui va devoir indemniser.
Avant que le contrat ne soit conclu, accord des parties pas définitif, c’est le vendeur qui subit la perte.
Le bien doit exister, mais l’art 1130 admet qu’un contrat puisse porter sur une chose future. Ex : un
contrat qui porte sur la construction d’une maison. L’objet de l’obligation, la prestation, doit être précisée. S’il s’agit
d’un corps certain (bien individualisé de manière précise), l’objet est déterminé de manière précise. En revanche
s’il s’agit de choses de genre, cette chose de genre peut être objet d’une prestation. L’objet du contrat doit être
discerné dans le contrat.
§2. Obligations monétaires
Ce sont toutes les obligations de payer une somme d’argent. Dans tous les contrats à titre onéreux, il y a
une obligation à payer une somme d’argent. Dans la vente, on appelle ça le prix, dans le bail, le loyer, dans les
distributions, les redevances, les honoraires pour les professions libérales. Ce type d’obligation pose plusieurs
problèmes : est-ce que la quantité de monnaie doit être déterminée lors de la conclusion du contrat ?
L’art 1129 aide à résoudre cette question. Le montant du prix peut n’être pas fixé en monnaie pourvu que
ce montant soit déterminable. Cet article relève du droit commun des contrats. Le contrat de vente en application de
l’art 1591 exige pour la validité de la vente que le prix soit déterminé lors de la conclusion mais aussi le bien.
Sur le point de l’application de l’art 1129, la jurisprudence a évolué, 4 arrêts : Ass. plén. 1er décembre 1995, la
jurisprudence, à partir à la fois de l’art 1591 propre à la vente et l’art 1129, a fait du prix déterminé ou déterminable
une condition de validité du contrat. Le prix devait pouvoir être déterminé en fonction d’un mode de calcul fixé
par les parties dans le contrat. La jurisprudence exigeait que ce mode de calcul ne devait pas dépendre de la
volonté par les parties, une des parties ne devaient pas prendre le pouvoir. La jurisprudence a admis que le prix
soit fixé au départ, et également que l’annulation des contrats d’application puis des contrats cadres qui en
application de l’art 1129, ce ne sont pas des contrats car le prix n’était pas déterminé. L’annulation d’un contrat a pour
effet d’anéantir un contrat.
Ass. 1er décembre 1995, 4 décisions : a commencé par dire que l’art 1129 n’est pas applicable à la
détermination du prix, valide les contrats dans lesquels les prix des prestations ne sont pas fixés. Ceci justifie qu’il
faille distinguer obligations monétaires et de nature. La Cour a ajouté que le contrôle du prix ne se fait pas au
moment de la conclusion du contrat cadre mais au moment de la fixation du prix par celle des parties qui s’est
réservée dans ce cadre. Le contrôle se fait par le juge, a posteriori, qui contrôle désormais l’abus de la
prérogative unilatérale. L’abus dans l’exercice de la prérogative unilatérale est sanctionnée soit par des dommages et
intérêts, soit par la résiliation du contrat. Par ailleurs, la Cour de cass a déterminé que l’indétermination du prix
n’affecte pas la validité du contrat sauf dispositions légales particulières, pour les contrats pour lesquels la loi
prévoit que le prix doit être déterminé (vente ou bail) la mention du prix est déterminante pour la validité. La
jurisprudence vaut donc pour les contrats cadre. Outre la détermination du prix, il doit exister et être licite. La
jurisprudence admet que le prix soit sérieux, c'est-à-dire pas dérisoire, un prix dérisoire n’a aucune commune
mesure avec la prestation, la jurisprudence admet que ce prix n’existe pas. Il n’y a pas une exigence de balance parfaite.
Il peut arriver que le juge requalifie un contrat intitulé vente en donation si le prix est symbolique, on appelle ceci une
donation déguisée. Il faut que le donateur est une intention libérale, l’intention de se dépouiller. Le prix doit être
sérieux, il n’est pas nécessaire qu’il y ait une stricte équivalence entre les prestations et il est possible de requalifier en
donation.

Y a-t-il une liberté des prix ou les prix sont-ils réglementés ? Le principe est celui de la liberté sauf exception.

Section 2. La licéité de l’opération contractuelle


Art 6 du C.civ. interdit de déroger à des règles impératives ou qui relèvent de l’ordre public. Cet article est
destiné à contenir la liberté contractuelle dans des limites acceptables. L’art 1128 est spécifique à l’objet des
contrats. Il s’agit de savoir quelle est la source de l’ordre public et quelles sont les finalités de l’ordre public.

§1. Les sources de l’ordre public


Pendant longtemps il était admis que seule la loi était susceptible de porter atteinte à la liberté contractuelle. La
loi intervient désormais de plus en plus dans le domaine économique. Il y a un ordre public économique, politique.
La loi, lorsqu’elle est d’ordre public, le dit. Quelques fois, c’est la jurisprudence qui va le décider. Il existe un
ordre public international, quelle est la loi compétente pour régir tel contrat international ? Est-ce que telle loi
étrangère peut être appliquée en France ou porte-t-elle atteinte à l’ordre public ? Le juge si elle porte atteinte l’écarte,
ex : le mariage polygamique. Il existe désormais un ordre public communautaire qui s’impose au droit interne des
E membres. Lorsqu’il y a incertitude c’est la CJCE qui va décider si la règle est d’ordre public ou pas.

§2. Les finalités de l’ordre public


Une règle est d’ordre public lorsque l’E juge que tel ou tel intérêt doit être défendu, qu’il n’est pas à la
disposition des particuliers. L’ordre public politique, c’est l’organisation de l’E et de ses institutions.
Conventions sur le corps ou éléments du corps sont normalement gratuites. Les droits fondamentaux ne peuvent
pas non plus faire l’objet de conventions. De manière générale, ce sont les conventions portant atteinte à la
liberté des personnes. Le droit public commercial distingue l’ordre public de direction (règles destinées à protéger
l’économie) et l’ordre public de protection (protéger les faibles contre les forts, droit du travail, de la consommation,
du bail d’habitation). L’ordre public monétaire : principe du nominalisme monétaire, principe qui pose problème en
période d’inflation.
03/11/09
Chapitre 4. La cause du contrat
Article 1131 : la cause est une condition de validité du contrat : la cause doit exister et être licite. La
question de la cause contractuelle a donné lieu à beaucoup de débats doctrinaux. Dans le langage courant, il existe 2
sens pour le mot « cause » : la source : cause efficiente et, le but : cause finale. En matière contractuelle c’est la cause
finale qui prévaut. On peut retenir que la cause est le sens commun du terme. L’objet du contrat répond à la question : à
quoi étions-nous engagés par le contrat ? Alors que la cause répond a la question : Pourquoi ?
Exemple : la vente. Pourquoi le vendeur remet-il la possession du bien ? Parce qu’il perçoit le prix. Mais pourquoi
vend-il ? car il a envie…
À partir de cette dualité, on va admettre que la première raison (la contrepartie est le prix) est la même pour
tout les type de contrat. À chaque fois, on est dans une cause identique. Si je m’attache a la 2 ème notion de la cause, elle
est complètement différente d’un contrat a un autre.
Quand la cause est envisagée comme contrepartie : on parle de cause objective ou abstraite : CAUSE DE
L’OBLIGATION. Mais si je m’attache au motif, on parle de cause subjective ou concrète : CAUSE DU CONTRAT. Cette
distinction n’est pas toujours très nette.

Section 1. Existence et cause de l’obligation


Art 1131. Cette exigence de l’existence d’une cause à l’obligation est justifiée certainement pour les contrats
synallagmatiques. Mais on va voir que la jurisprudence admet une évolution de la notion de cause vers une
subjectivation de la cause.

§1. La notion classique


Distinction entre contrat à titre onéreux et à titre gratuit.
A. Contrats à titre onéreux : la contrepartie
Surtout dans le CONTRAT À TITRE SYNALLAGMATIQUE. La cause de l’obligation de l’un est l’objet de l’obligation de
l’autre. Obligation du vendeur: la cause de son obligation c’est le prix or, l’objet de l’obligation de l’acquéreur, c’est de
payer le prix. La cause de l’obligation est définie comme la contrepartie.
Mais s’il n’y a pas de contrepartie, le contrat est nul. On se fiche des motivations de chacun. Ex : Contrat entre un
gardien d’immeuble et son successeur. Pas de cause à l’obligation pour le nouvel arrivant de payer une somme. Contrat
sans cause. Brevet industriel : droit d’exploiter avec une redevance, si déchéance, contrat sans cause.

- CONTRAT ALÉATOIRE les obligations des parties dépendent d’un événement incertain. Chacune des parties ne
s’engage pas en fonction d’une contrepartie qu’elle connaît, mais s’engage en espérant faire un gain. La cause est
l’aléa. S’il n’y a plus d’aléa le contrat est sans cause.
Ex : contrat d’assurance de chose : au moment où le contrat est conclu le bien avait déjà péri : pas de cause a
l’obligation car pas d’aléa. Contrat de généalogiste : aléa : pas de cause a chaque fois que l’héritier aurait su qu’il était
héritier né d’une personne. Que si la personne ne connaissait pas sa qualité d’héritier. Assurance invalidité : aléa car on
ne sait pas si la maladie va causer l’invalidité.

- CONTRAT UNILATÉRAUX : pas de contrepartie, la cause est extérieure au contrat, la cause est la dette principale. Si
cette dette n’existe pas, le cautionnement tombe parce qu’il n’a pas de cause.
Ex : un acteur se blesse, l’exploitant de la salle de spectacle lui promet une indemnisation mais en fait ce n’est pas à lui
d’engager sa responsabilité, alors son engagement est sans cause. La cause est extérieure au contrat. Si cette raison
n’existe pas, son contrat est nul.

Ne pas confondre défaut d’équivalence et défaut de cause. Ce qui est sanctionné est l’absence totale de contrepartie.
Ex : la contrepartie est très inférieure, affaire du bijou Cartier.

B. Contrats à titre gratuit : l’intention libérale


La cause est l’intention libérale. Dans ces contrats, par définition même il n’y a pas de contrepartie, le
donateur veut se dépouiller sans contrepartie , il veut que le bénéficiaire s’enrichisse et qui lui s’appauvrisse. Il y
a un intérêt moral, mais pas d’intérêt pécuniaire au contrat. Si un contentieux s’élève à propos du défaut de cause,
le juge doit pour valider le contrat, rechercher l’intention libérale. Si le juge ne trouve pas l’intention il requalifie en
vente et annule le contrat parce qu’il n’y a pas de contrepartie. La cause de l’obligation comme intérêt du contrat, intérêt
moral ou pécuniaire. L’utilité du contrat pour les parties.

§2. Évolution de la notion : vers un contrôle de l’équilibre contractuel


L’évolution de cette notion a débuté il y a 15-20 ans vers une immixtion du juge dans le contrat pour contrôler
l’équilibre contractuel. Dans la théorie classique, ni les parties, ni le juge ne peut remettre en cause, cette conception
assure la sécurité juridique.

A. Le contrôle judiciaire
Le contrôle de l’équilibre contractuel par le juge s’est fait par le biais d’une subjectivisation de la cause. Le
juge du fond s’est arrogé le pouvoir de vérifier de manière qualitative l’intérêt économique du contrat, il vérifie
si le contrat est économiquement viable.
Arrêt du 3 juillet 1996, contrat passé entre un distributeur de cassettes vidéos et un paysan d’un coin reculé. Le
producteur de cassette fait un contrat avec le paysan propriétaire d’un « point club vidéo », il va lui louer 200 cassettes
par mois entre contrepartie d’une redevance de la part du paysan-distributeur. L’arrêt relève que le village est paumé
dans la montagne. De ce fait le paysan n’arrive pas à louer ses cassettes, donc il demande l’annulation du contrat. Le
contrat est parfaitement valable, mais le paysan perdait ses vaches pour payer sa redevance, ce n’était donc pas viable.
Eut égard à la commune et au nombre d’habitants (1314), cette activité était au départ vouée à l’échec. Il y a une
subjectivisation de la cause, le juge fait une appréciation économique de l’opération contractuelle. Cet arrêt a
une portée sur l’idéologie contractuelle.

Ex : Chronopost, entreprise de livraison de courrier en temps record. Une société avait répondu à un appel d’offre d’une
collectivité territoriale pour un chantier, et envoyé les documents demandés par la collectivité par Chronopost pour être
dans les délais, le document est arrivé trop tard, la société à fait un procès à Chronopost, car, à cause de l’entreprise, elle
avait perdu la chance de faire un chantier. Chronopost a dans son contrat une clause qui prévoit l’indemnisation de la
victime si le courrier n’arrive pas à temps, le plafond est le prix du contrat. La Cour a annulé la clause de limitative
de responsabilité. Elle a estimé que cette clause n’avait pas de cause parce que le job de Chronopost est d’être
rapide donc la clause rentre en contradiction avec l’objet du contrat.

Clause de réclamation de la victime : clause par laquelle l’assureur ne couvrait les risques (responsabilité de l’assuré)
que si la victime réclamait l’indemnité pendant la durée du contrat d’assurance. L’assureur s’engage à payer les
dommages et intérêts dus par l’assuré responsable du dommage, ces contrats ont une durée d’un an. La clause prévoyait
que l’assureur ne paierait que si la victime réclamait pendant la durée du contrat d’assurance. Autrement dit, dans
l’année, or la victime a un délai de 10 ans pour réclamer réparation, quand il y a dommage corporel, il peut y avoir des
séquelles, les juges ne peuvent décider que quand les experts estiment que le dommage est consolidé, est irréversible et
ne va pas s’aggraver (pour savoir si l’indemnisation va être viagère, ex : le type qui termine en fauteuil roulant). Ces
clauses de réclamation ont été déclarées nulles, sur le fondement de l’absence de cause car le paiement des primes
d’assurance a pour contrepartie la garantie des dommages qui se sont produits pendant la durée du contrat. C’est le juge
qui va entrer au cas par cas dans le contrat pour vérifier. S’il y a une trop grande disproportion, il décide que le contrat
est sans cause. La caution lorsqu’elle est assignée par le banquier, est en général une dette considérable que la caution
ne peut pas payer. Cette notion de disproportion est retrouvée dans le droit de la consommation par ex. ou encore dans
des droits étrangers.

B. Droit de la consommation : clauses abusives


À partir des ‘70s, première loi sur la consommation 1978, a édicté des texte dérogatoires au droit commun pour
protéger le consommateur. Cette loi a créé ce que l’on appelle les clauses abusives dans les contrats de
consommation, contrats conclus entre professionnels et consommateurs. On la retrouve à l’art L132-1 du code de
la consommation. Loi du 4 août 2008, désormais l’art 132-1 décide qu’entre les contrats conclus entre
professionnel et consommateur, les clauses qui ont pour objet de créer un déséquilibre significatif entre les
parties doivent être exclues. Liste noire des clauses abusives créées par le CE, clauses irréfragablement abusives, sont
exclues du contrat. Et liste grise, clauses présumées abusives. Cette présomption est simple, le professionnel peut
démontrer que le déséquilibre n’existe pas. La notion de disproportion est prise en considération par la loi et
spécialement par le droit de la conso.

§3. Preuves de la cause


Art 1132. C’est ce que la doctrine appelle les billets non causés, ce n’est pas qu’il n’y a pas de cause mais
qu’elle n’apparaît pas dans le contrat. Ex : dans carte postale, je reconnais devoir à une autre une certaine somme mais
on ne sait pas pourquoi. Celui qui est créancier va réclamer la cause et l’autre va lui dire c’est un billet sans cause.
L’existence de la cause est présumée. Le débiteur doit payer, exécuter son engagement sans que le créancier ait à
justifier sa créance. La cause est présumée. C’est une présomption simple, le débiteur peut en faire la preuve contraire.
La fausseté de la cause art 1131 : Arrêt de 2003. Reconnaissance de dette d’un montant de x francs, le
débiteur a dit mais non le montant que je dois est inférieur, le débiteur était en train d’expliquer que la cause était
fausse. Il tentait de démontrer que la cause était fausse, certes il doit de l’argent, mais il en doit moins que ce qui est
demandé. Le gars arrive à prouver qu’il doit moins que ce qui est demandé. La Cour de cass a admis que sur la
preuve de cette fausseté partielle de la cause, la somme due devait être réduite à la somme réellement due. Arrêt
postérieur 31 mai 2007, un actionnaire cède ses actions à un cessionnaire et cède en même temps le solde créditeur du
compte courant qu’il a dans la société, rente viagère. Le cessionnaire débiteur de la rente viagère assigne le cédant en
nullité. On est allé regarder l’équivalence des prestations.
04/11/09
Section 2. La licéité de la cause
Article 1133 : la cause sert de police : « la cause est illicite quand elle est prohibée par la loi , quand elle est contraire
aux bonnes mœurs ou à l’ordre public ».
§1. La notion
Recherche psychologique. La démarche est la même que le contrat soit onéreux ou gratuit.
Ex : les mères porteuses, le contrat est contraire à l’ordre public (et c’est un détournement du droit à
l’adoption). Ou encore, quand un homme fait une donation à sa concubine, la jurisprudence estime que cette donation
est contraire aux bonnes mœurs. La jurisprudence distinguait entre la donation faite par le vieux monsieur (considère
comme morale et valable car la femme s’occupait de lui comme une infirmière), et la donation « pour le plaisir »,
considéré comme immorale.
Si le contrat à une poursuite illicite ou immorale, il est annulé.
Le motif blâmable, doit-il être connu du cocontractant pour obtenir la nullité du contrat ? Arrêt de 1998 : le motif
blâmable doit être connu de l’autre. Revirement : il n’est pas nécessaire que le motif soit connu l’autre.
Ex : il s’agissait d’un couple marié. Emprunt entre époux, et le jugement dit que le mari doit payer une pension
alimentaire, mais quelque temps après le divorce, il propose de rembourser cet emprunt, sur la somme de la pension
alimentaire. Plus tard, l’ex-épouse demande le remboursement de la pension alimentaire. Ils avaient signé un contrat.
Elle dit devant les tribunaux que c’était pour qu’il puisse payer moins d’impôts, lui rétorque que elle était pas au
courant : résultat, il n’était pas nécessaire qu’il soit connu de l’autre pour qu’on annonce la nullité.
Pourquoi ce changement de jurisprudence ? Au nom de la sécurité juridique, mais aussi du principe de bonne foi, celui
qui l’était a le droit de demander la nullité du contrat.

§2. La preuve
La bonne foi et l’honnêteté sont présumées. La charge de la preuve, comme d’habitude.

DEUXIÈME PARTIE. LA NULLITÉ DU CONTRAT


La nullité est la sanction prononcée par le juge consistant dans la disparition rétroactive de l’acte juridique
qui ne remplit pas les conditions requises pour sa formation : un élément essentiel fait défaut. Art 1108 et 1304.
En revanche, la caducité, c’est quand l’acte, ou le contrat est valable au moment où il est conclu, mais
postérieurement à cette conclusion, un événement qui va lui faire perdre cette validité originaire. Ex : un
testament a été fait en faveur d’un légataire, si le légataire meurt avant, caduque.
La cause réputée non écrite : une seule clause du contrat est nulle, le reste est bon. Le juge décide d’évacuer la
clause nulle, le contrat est donc maintenu.
La résolution du contrat : une des parties a failli à ses obligations. La résolution est une sanction consistant dans
l’effacement rétroactif des obligations nées d’un contrat synallagmatique, lorsque l’une des parties n’exécute pas ses
prestations. Comme la nullité, la résolution a un effet rétroactif mais à la différence de la première, elle sanctionne un
défaut d’exécution et non pas un vice existant lors de la formation du contrat.

La théorie générale des nullités :


* Peut-il y avoir des nullités sans textes ? Si la loi ne dit rien, le juge s’arroge tout seul les pouvoirs. On appelle ça la
nullité virtuelle (opposée à textuelle).
La nullité virtuelle est une nullité qui peut être prononcée alors qu’aucun texte ne la prévoit expressément.
La nullité textuelle est la nullité qui ne peut être prononcée que si un texte la prévoit de façon formelle (ex : les
nullités de mariage)
* Les nullités sont-elles facultatives ou obligatoires ? Le juge a-t-il un pouvoir d’appréciation ?
* Nullité partielle ou totale ?
* Nullité absolue ou relative ? Les effets sont les mêmes, anéantissement rétroactif du contrat. La différence se trouve
dans les causes. Le contrat doit remplir des conditions de formation, celles-ci sont prévues par la loi.
La nullité est absolue quand l’irrégularité touche l’intérêt général, c'est-à-dire que les conditions de formation
imposées par la loi sont essentielles et tendent à protéger l’intérêt général, ou l’ordre public ou les bonnes
moeurs.
En revanche, la nullité est relative (aux parties) quand la condition qui fait défaut entraîne la nullité pour
protéger un intérêt particulier.

Chapitre 1. Caractère judiciaire

§1. Les titulaires de l’action en justice


Pour la nullité relative : n’est titulaire de l’action en nullité que celui que la loi protège. Ex : sur les 4 conditions du
contrat : incapacité et le vice du consentement. Les ayants causes universels sont les héritiers.
Pour la nullité absolue : protection de l’intérêt général : toutes les personnes qui ont un intérêt à agir sont
titulaires, même les ayants causes particuliers (quelqu’un qui reçoit un droit).

§2. La prescription
Les possibilités de demande de nullité sont soumises à des délais. En matière de contrat, il faut encore distinguer la
nullité relative de la nullité absolue (loi de 2008) :
Pour la nullité relative : le délai était de 5 ans, pour la nullité absolue : le délai était de 30 ans.
Aujourd'hui, que ce soit pour la nullité relative ou la nullité absolue, le délai de prescription est de 5 ans, sauf
exceptions.
Le point de départ du délai de prescription se situe le jour où le titulaire de l’action a connaissance du vice, donc
le délai ne court pas pour celui qui n’est pas titulaire. Mais même si l’action se prescrit, l’exception perpétuelle
survit : celle-ci concerne les contrats pour lesquels le créancier a commis un dol.

Chapitre 2. Effets de la nullité


Les effets sont les mêmes que la nullité soit absolue ou relative. Plusieurs difficultés se posent :
- une seule clause est nulle : problème de l’étendue de la nullité.
- si le contrat à déjà été en partie exécuté : il y aura lieu à des restitutions.
- la nullité du contrat est-elle de nature à porter préjudice ? Si oui, dommages et intérêts ?
10/11/09
§1. Étendue
Il y a des cas où la nullité peut n’être que partielle. Par exemple, l’indexation du prix illicite dans le contrat
de bail. Lorsque la clause relative à l’indexation est nulle elle doit être évincée du contrat.
Il y a dans le C.civ. deux textes : art 900 relatif au contrat à titre gratuit, pour ces actes, c’est seulement la
clause qui est annulée, le contrat est maintenu. Ex : un testament fait par un mari à sa femme en mettant la condition
qu’elle ne se remarie pas, une telle clause est nulle comme portant atteinte à la liberté du mariage. Le 2ème texte est l’art
1162.
La jurisprudence n’applique ni l’un, ni l’autre des 2 textes. Elle va adopter la même solution quelle que soit la
nature de l’acte : il faut selon la jurisprudence se référer à la volonté des parties. Le juge recherche si la clause
incriminée a été pour les parties impulsive et déterminante (autrement dit, sans cette clause auraient-ils conclu le
contrat ?). Si la clause incriminée a été déterminante, tout le contrat tombe, si elle été accessoire, ce n’est qu’elle
qui va être annulée et ce même dans les contrats à titre onéreux.
Lorsque l’ordre public est en cause (clause illicite comme étant contraire à l’ordre public), dans ce cas-là
recherche de la volonté des parties est inutile. La jurisprudence décide dans ces cas-là de vérifier à qui nuit ou
profite la clause. Ex : un contrat de travail conclut avec un salaire inférieur au SMIC, le montant du salaire est contraire
à une disposition d’ordre public. Quand c’est une règle d’ordre public, on recherche ce que la loi a voulu. Le
contrat est maintenu et l’on rétablit la règle impérative.
De plus en plus la loi utilise l’expression de clause réputée non écrite : il y a une multiplication de ces textes,
la clause réputée non écrite signifie que la clause va être évincée du contrat et que le contrat est maintenu malgré la
nullité de la clause. Ex : contrat de vente d’un appareil mobilier entre un professionnel et un consommateur, si le
contrat prévoit une garantie d’un mois, clause abusive : la garantie appliquée est celle prévue par la loi c'est-à-dire 2
ans.
Dans le cas de contrats liés ou contrats indivisibles, Si un des 2 contrats est nul qu’elle est l’incidence sur
l’autre ? L’appréciation de la liaison est laissée au juge : la jurisprudence a décidé que la nullité d’un contrat
entraîne la nullité de l’autre. La jurisprudence va dire que l’un des contrats est la cause de l’autre, ou va recourir à
l’expression « indivisibilité » des contrats.

§2. Restitutions
La nullité du contrat est rétroactive, on fait comme si le contrat n’avait jamais existé, on remet les
parties dans l’état où elles étaient avant de conclure. Ces restitutions existent que la nullité soit relative ou
absolue.
La nullité du contrat peut intervenir longtemps après que le contrat ait été conclu. Il peut y avoir des
difficultés : est-ce-que c’est la somme nominale qui doit être restituée ou une somme réévaluée parce qu’il y a eu une
dépréciation de la monnaie. La réponse à cette difficulté est que le droit français connaît le principe du nominalisme
monétaire. Autrement dit, c’est l’acheteur qui subit la dépréciation de la monnaie (il a donné 100 il y a 15 ans il reçoit
100 aujourd'hui).
Le bien a pu être détérioré, ex une voiture, le vendeur récupère un bien qui n’est plus neuf. Dans ce cas de
manière générale, la jurisprudence estime qu’il faut qu’il y est remise en état et ceci est à la charge de l’acheteur.
Si le bien en question a été revendu, ou détruit par un cas fortuit, la restitution du bien en nature est
impossible, il faut faire une restitution en valeur. Le principe est qu’il va être décidé que c’est la valeur du bien
au moment de la vente qui doit être restituée. Au contraire si le bien a été amélioré (travaux de rénovation dans une
maison) le bénéficiaire doit rembourser ces travaux.
Il résulte d’une règle du droit des biens, la conservation des fruits par le possesseur de bonne foi, art 549 du
C.civ. ex : vente d’un terrain agricole, l’acquéreur est un possesseur de bonne foi, il va pouvoir garder les fruits en
l’occurrence, la récolte. C’est une règle de protection du possesseur de bonne foi. Sinon, il devrait restituer des sommes
considérables au nom des fruits.
En ce qui concerne les incapables, ex : un mineur : le mineur ne doit pas restituer tout ce qu’il a reçu,
seulement ce qui l’a enrichi (c'est-à-dire ce qui lui reste). Le cocontractant en revanche doit tout restituer.
L’exception d’indignité : « nul ne peut être entendu qui allègue sa propre turpitude ». On va faire obstacle
à la réclamation de la restitution par celui qui a été l’immoral dans le contrat. La sanction supplémentaire qui affecte est
de ne pas pouvoir réclamer la restitution. À l’origine, la turpitude est l’immoralité et la jurisprudence l’étend à l’illicéité.
La raison d’être de cette règle est de prévenir de l’exécution d’un contrat nul. Si on distingue l’hypothèse où il y a une
seule des parties qui était immorale de l’hypothèse où l’immoralité était partagée. Si l’immoralité était partagée, les
restitutions auront lieu. Si, en revanche, une des parties ne connaissait pas l’immoralité, elle pourra obtenir la
restitution, l’autre non.
La question s’est posée de savoir si à la suite de la nullité d’un contrat, on pouvait demander des dommages et intérêts
pour la nullité ? C'est une question de responsabilité civile. En application de l’art 1382, pour pouvoir être mise en
œuvre, celle-ci suppose une faute et un préjudice. En général la jurisprudence accorde des dommages et intérêts en
plus de la nullité du contrat.

Chapitre 3. Confirmation d’un acte annulable


Contrat atteint d’une malformation quelconque, donc susceptible d’annulation. L’acquéreur d’un terrain peut
avoir fait des emprunts et consenti des hypothèques ou un testament dans lequel il dit que le terrain sera légué à ses
enfants. Quid du droit des tiers lorsque le contrat est annulé rétroactivement ? La réponse est oui les droits sont
annulés. Mais il existe des techniques de sauvetage des contrats, art 1338 à 1340.
Définition générale de la confirmation : renonciation au droit de critique de l’acte, la critique est l’action
en justice pour demander la nullité de l’acte, la confirmation consiste à renoncer à demander la nullité de l’acte.
Notions voisines :
- La régularisation du contrat : hypothèse où les parties d’un commun accord apportent à un acte l’élément qui
lui manque. Par exemple, un contrat de mariage négocié par les futurs époux mais qui n’a pas encore été régularisé
chez le notaire. La régularisation fait que l’acte est validé à compter de sa date originaire.
- La réitération est un nouvel accord de volonté éradiquant la cause de nullité. Ce nouveau contrat se substitue
au précédent. Ex : 2 époux savent qu’ils vont demander le divorce mais ils avaient un régime matrimonial
communautaire, ils se disent qu’avant de demander le divorce, il décide de liquider leur régime matrimonial, la loi
n’admet pas le changement de régime. Ils ne pourront réitérer qu’après avoir divorcé.
- La ratification : Le contrat doit avoir le consentement d’un tiers à la cause, ex le tuteur d’un mineur décide de
vendre un immeuble appartenant au mineur. Il le vend et il se porte fort de ce que le mineur va ratifier l’acte lorsqu’il
sera majeur. Le contrat n’est valable que si un tiers (ici le mineur) le ratifie. La ratification valide l’acte nul.

§1. Conditions
La confirmation est un acte unilatéral par lequel le titulaire de l’action en nullité y renonce cela veut dire
que les conditions tiennent à la personne.
C’est seulement à condition qu’il s’agisse d’une condition relative. Désormais avec le développement des
règles d’ordre public de protection, la jurisprudence décide que dès lors que la règle est sanctionnée par la nullité
relative, le contractant protégé peut demander la nullité. En revanche, lorsque la nullité encourue est une nullité
absolue, sont seuls sanctionnés ceux qui sont contre l’ordre public. On ne peut confirmer que lorsque le vice a
disparu. Il faut que ce soit la personne protégée qui ait la connaissance et la volonté de confirmer le contrat. La
confirmation peut être expresse ou tacite art 1338 al 1 et 2. La jurisprudence admet une confirmation tacite
chaque fois que le titulaire protégé a eu un comportement non équivoque qui manifestait sa volonté de confirmer,
c'est-à-dire chaque fois que le contrat a été exécuté en connaissance de cause.
§2. Effets
La confirmation va rétroactivement valider l’acte, l’acte sera valable depuis le jour de sa conclusion.

=> Conclusion : 2 sortes de nullités : relative et absolue. Du point de vue des causes, pour la nullité relative ce sont les
règles visant à protéger une partie de l’acte, pour la nullité absolue c’est l’intérêt général qui est en cause. Les titulaires :
soit le contractant protégé (relative) ou toute personne qui a intérêt à faire tomber le contrat (absolue). Les 2 causes de
nullités ont des actions qui se prescrivent par 5 ans.
TROISIÈME PARTIE. LES EFFETS DU CONTRAT
Deux textes sont essentiels : art 1134 et 1165 du C.civ.

Art 1134 : dispose la force obligatoire des contrats.


Art 1165 : texte qui exprime l’effet relatif de cette force obligatoire. Seules les parties au contrat sont tenues
d’exécuter l’effet relatif des parties contractantes. Le contrat n’a normalement pas d’effet à l’égard des tiers. Les
parties dont il est question ne sont pas que les contractants. Quant aux tiers, il y a une multitude de personnes qui
peuvent être concernées par le contrat et ce, à des degrés divers. C’est le problème de l’exécution du contrat. Lorsqu’il y
a une difficulté d’exécution, le juge va être amené à interpréter le contrat, peut-il à travers cette interprétation modifier
le contrat ? L’inexécution du contrat, non-respect de la force obligatoire.

Titre 1. La durée du contrat


C’est la première question à envisager en ce qui concerne les effets du contrat. Si beaucoup de contrats
s’exécutent de manière instantanée, il y a en beaucoup qui sont prévus pour durer (contrat de travail, de bail).
Ces contrats sont nécessairement prospectifs, les parties doivent anticiper leurs besoins. Ce qui permet
d’anticiper la durée est le terme.

Chapitre 1. Le terme
Le terme est un événement futur et certain. On est certain que l’événement qui constitue le terme va se
produire, on peut avoir un terme certain ou incertain, ex : on est sûr que l’événement va se produire mais on ne sait
pas quand : ex : décès d’une personne, contrat de location de matériel pour la durée d’un chantier. Et à l’opposé, il peut
y avoir un terme certain, moment auquel le contrat est arrêté, c’est le cas lorsque l’on fixe une date pour la fin
des obligations contractuelles (location saisonnière). Le terme est dans tous les cas, soit extinctif des obligations,
soit extinctif du contrat, lorsque l’événement est la date à laquelle l’obligation est exigible.
Ex : contrat de bail avec un loyer mensuel, les parties conviennent que le paiement s’effectue tous les 25 du mois, ce
terme est suspensif.

Quelles sont les relations entre les parties pendant cette période d’incertitude ?
Ce sont les art 1185 et suivants qui sont relatifs aux obligations à terme. Avant que le terme ne se réalise, en ce qui
concerne le terme suspensif, l’obligation n’est pas exigible (le créancier ne peut pas en exiger le paiement) mais elle
naît au jour du contrat. Il peut prendre des mesures conservatoires, prendre un droit sur un bien de son débiteur.
Le terme est une sanction, la loi prévoit un terme dans certains cas, par exemple celui des liquidations judiciaires.
17/11/09
Terme suspensif : jour où le créancier peut exiger l’exécution de l’obligation, il peut concerner la totalité du contrat ou
que certaines des obligations. Le terme suspensif est celui qui suspend l’extinction de l’obligation ( ex : le paiement
sera effectué dans 3 mois).
Terme extinctif : terme qui éteint le contrat. Il indique la durée du contrat, cette durée peut être ou pas prévue.
Distinction contrat à durée déterminée (CDD) et contrat à durée indéterminée (CDI).

Le CDD, l’extinction du contrat est prévue, le terme est soit certain, soit incertain. Un bail d’habitation ne peut pas
être inférieur à 3 ans. Un bail commercial à 9 ans. En principe le contrat s’éteint au bout de la durée, on ne peut pas
rompre avant l’extinction prévue du CDD, mais il y a des exceptions : les parties peuvent décider de renouveler, soit
elles décident au terme du 1er contrat de le renouveler et c’est un nouveau contrat qui démarre.
Les CDI : aucun terme n’est prévu. Il y a une prohibition pour sauvegarder la liberté individuelle, principe de la
prohibition des contrats perpétuels. Le CDI a une efficacité pratique, la jurisprudence ne décide pas qu’un CDI serait
nul comme transgressant la prohibition : chacune des parties peut y mettre fin. Liberté de rompre unilatéralement sauf
abus du droit de rompre. Est abusive la rupture brutale sans préavis.

Chapitre 2. La condition
Le C.civ. lui consacre beaucoup de textes art 1168 à 1183.
La condition est un événement futur, mais contrairement au terme cet événement est incertain.
Ex : contrat de vente immobilière : vente d’un terrain, l’acheteur projette d’y construire une maison, mais quand il
achète il ne sait pas encore s’il pourra obtenir le permis de construire ou s’il aura l’emprunt. Le contrat est conclu à la
condition qu’il obtienne le permis de construire et qu’il obtienne le prêt.

Ces conditions sont suspensives : le contrat est né, conclu mais la naissance de l’obl° est suspendue à la
survenance de l’événement qui est prévu. Si la ou les conditions se réalisent, le contrat est pleinement efficace. Au
fond c’est l’efficacité du contrat qui est suspendue.
Avant l’obtention du permis de construire, le créancier a un droit conditionnel. Le créancier de l’obl° qui est suspendu,
c'est-à-dire l’acheteur. Le contrat conditionnel est transmis à ces héritiers.
Si la condition se réalise, elle a un effet rétroactif, on fait comme si elle avait existé depuis le départ, le transfert
de propriété a de ce fait eu lieu le jour de la conclusion du contrat. En revanche, si le permis de construire n’est pas
obtenu, il y a un effet rétroactif de la condition. Le contrat n’est censé jamais avoir existé.

La condition résolutoire : elle est opposée à la condition suspensive. Avec cette condition, le contrat est
définitivement formé, l’obligation est née, mais si l’événement constitutif de la condition résolutoire se réalise,
tout est anéanti et ce rétroactivement au jour de la constitution du contrat, il y aura des restitutions entre les
parties.

Qu’elle soit résolutoire ou suspensive la condition ne doit pas être potestative. La condition potestative c’est
lorsque l’événement constitutif de la condition est au pouvoir de l’une ou l’autre des parties. Lorsque la
condition est au pouvoir du débiteur la condition est nulle car pas obligatoire pour lui.
Ex : achat d’un appartement sous la condition de vente d’un autre appartement de la part de l’acquéreur. Ceci semble
être au pouvoir du seul acquéreur. S’il ne met pas en vente, c’est potestatif et donc nul. En revanche s’il apporte la
preuve qu’il a mis en vente ce n'est pas de son seul fait si l’appartement n’est pas vendu.

Titre 2. L’exécution du contrat


Deux textes sont essentiels : 1134 al 1, 2, 3 et 1135. Ces 2 textes sont relatifs à la force obligatoire du
contrat. Le juge est tenu à ce que les parties ont conclu, il ne peut pas dénaturer le contrat. La force obligatoire ne
concerne que les parties, pas les tiers mais la distinction n’est pas toujours facile.

Chapitre 1. La force obligatoire à l’égard des parties


Qui est engagé par le contrat et les obligations qui sont engagées par celui-ci ? Ce sont les parties ayant donné
leur consentement mais dans d’autres cas, les personnes peuvent être représentées, il peut y avoir décès et le contrat
peut être cédé.

Section 1. Les parties contractantes

§1. Le contrat par représentation


Le contrat par représentation :Une personne agit sur la scène juridique au nom et pour le compte d’une autre
personne.
Ex : agence immobilière, la vente ou location par une agence, l’agence représente le bailleur ou le vendeur.

La représentation peut être conventionnelle, c'est-à-dire qu’elle a sa source dans une convention, elle résulte
d’un contrat de mandat. Il y a également des hypothèses de représentation légale : mineur qui n’a ni père, ni mère. Il
peut y avoir également une représentation judiciaire.
Le représentant doit avoir le pouvoir de représenter. La représentation est matérialisée par la procuration.
Le contrat conclu produit ces effets entre les représentés et le tiers contractant.
S’il y a dépassement de pouvoir : vente d’une maison à tel prix, l’agence trouve un client à un autre prix, elle
n’a pas conclu le contrat comme il le fallait, le contrat n’a pas d’effet à l’égard du représenté.
Autre exemple : un appartement et 2 chambres de bonnes, on veut vendre l’appartement mais pas les chambres,
l’agence vend tout, la vente des chambres n’a pas de force obligatoire pour le vendeur. Lorsqu’il y a dépassement de
pouvoir le contrat conclu par le représentant n’a pas d’effet à l’égard du représenté.

§2. L’ayant cause universel


L’ayant cause universel reçoit la totalité du patrimoine d’une autre personne. L’exemple type est l’héritier.
L’ayant cause universel continue la personne de son auteur, il est engagé pas les contrats conclus par son auteur.
Ex : l’héritier reçoit la totalité du patrimoine actif et passif. L’ayant cause universel est assimilé à son auteur, il prend sa
place, « l’héritier continue la personne du défunt ». Si l’auteur était engagé par un contrat en cours d’exécution, l’ayant
cause est tenu par ce contrat.
Ex : une mère ou père cautionne son enfant qui crée une entreprise. Si le père qui est caution meurt et qu’il y a d’autres
enfants, ceux-là sont tenus par les dettes du père-caution.
Les contrats conclus intuitu personae, c'est-à-dire en considération de la personne du cocontractant, par exemple un
contrat de travail n’est pas transmis.

§3. Le cessionnaire
Sur le principe un contrat peut être cédé, un des cocontractants transfère sa qualité de cédant à une autre
personne que l’on va appeler le cédant. Le cessionnaire est tenu par les obligations du contrat cédé. La cession
conventionnelle de contrat nécessite l’accord du débiteur cédé.
La loi prévoit des cessions de contrat. Ex : le Code du travail prévoit que lorsqu’il y a cession d’une entreprise,
l’acquéreur d’une entreprise doit poursuivre les contrats de commerce.

§4. Les groupes de contrats


Plusieurs contrats présentent entre eux des liens très forts.

Les chaînes de contrats : succession de plusieurs contrats qui ont le même objet. Ex : les produits achetés en
supermarché, ont été fabriqués, vendus à un grossiste, à un intermédiaire et au supermarché, il y a eu une chaîne de
vente.

Les ensembles contractuels : une opération nécessite plusieurs contrats différents mais liés entre eux car
nécessaires à une même opération. Contrat entre le propriétaire et le promoteur et entre le promoteur et les
constructeurs et avec un publicitaire pour vendre les maisons.

Cette distinction représente deux intérêts essentiels à savoir, qui est partie, ou qui est tiers au contrat. Ex : action
en responsabilité, vente successive d’un produit, une bouteille de Cola explose à la figure du consommateur, il revient
chez Carrefour, qui estime que ce n’est pas sa faute… La jurisprudence décide que le dernier acquéreur dispose d’une
action directe en responsabilité contre n’importe lequel des vendeurs successifs.

En cas de contrats en chaîne, la question est de savoir quelle est la relation entre les 2 parties aux extrêmes de la
chaîne.
Lorsqu’il y a une chaîne homogène de contrat, la jurisprudence estime qu’il y a une action directe entre les
parties extrêmes. Mais lorsque la chaîne n’est pas homogène (ensemble contractuel, les contrats sont différents), il
n’y a pas d’action contractuelle directe, les extrêmes de la chaîne sont des tiers les uns par rapport aux autres.

Section 2. L’étendue de la force obligatoire


Il s’agit de commenter l’art 1134.
L’alinéa 1 exprime l’essentiel de la force obligatoire. L’obligation contractuelle est assimilée à la loi. Les parties
ont voulu le contrat, elles doivent l’exécuter, considérations d’ordre moral. Les parties lorsqu’elles s’engagent,
s’engagent à exécuter. En principe le contrat doit être appliqué à la lettre.
Ex : un couple avait fait construire une maison mais ils se sont aperçus qu’il y avait une différence de hauteur de la
totalité de la maison par rapport au plan, ils ont estimé que ça n’était pas conforme au contrat, ils ont obtenu la
démolition et reconstruction de la maison.
La jurisprudence actuelle a eu recours à l’alinéa 3. Et à l’art 1135. La jurisprudence actuelle recours à la
bonne foi et à l’art 1135 pour exiger des parties un comportement irréprochable.

§1. La bonne foi contractuelle


Cf. préambule sur les principes directeurs.

La bonne foi est difficilement définissable, c’est pour la jurisprudence la loyauté et la collaboration entre les
parties, que chacune tienne compte des intérêts de l’autre.
18/11/09
La loyauté c’est par exemple : le défaut de loyauté, l’abus de droit, ce peut être à propose de l’abus, l’abus
dans la résiliation du CDI. Ce peut être la contradiction résultant du comportement d’une partie.
Ex : Arrêt Chronopost, l’obligation essentielle correspond à ce à quoi elle s’est engagée, transport rapide et fiable. Or,
dans le contrat une clause au terme de laquelle si le colis n’arrive pas dans les temps, l’entreprise ne doit des dommages
et intérêts qu’avec un plafond, montant de ce qui a été payé. La Cour a estimé qu’il y avait l’interdiction de se
contredire qui est une espèce de déloyauté contractuelle.
Le dol dans l’exécution : c’est l’inexécution délibérée du contrat. Inexécution intentionnelle, il ne s’agit
pas d’avoir l’intention de nuire, mais c’est pour le contractant le fait de savoir qu’il n’exécute pas en ne pensant
qu’à ses propres intérêts. La Cour a donné la définition de l’inexécution dolosive dans un arrêt des comédiens
français, contrat entre la Comédie française et un sociétaire, le comédien s’engageait pendant un certain délai à ne jouer
que pour la Comédie française. Le comédien est sollicité pour faire du cinéma, a été embauché par un producteur, il
savait qu’il n’exécutait pas mais il ne pensait qu’à ses intérêts. La Cour a estimé qu’il y avait inexécution dolosive.

Comportement brusque : ex dans les contrats de concession, concession automobile. Les concessionnaires
sont des commerçants indépendants, la marque demande que des investissements soient effectués. Le concessionnaire
fait des frais et il s’attend à ce que son contrat dure au moins le temps que les investissements soient amortis. Le
concédant qui ne renouvelle pas le contrat ou qui le rompt alors que les investissements qu’il a demandé ne sont pas
amortis, la jurisprudence estime qu’il est de mauvaise foi parce qu’il ne pense pas aux intérêts du cocontractant.

Collaboration : contrat en matière de distribution, les 2 parties ont intérêt à ce que ça marche, intérêt
commun au 2 parties (ex : concessions automobiles). Ils doivent travailler ensemble à la bonne exécution du contrat.
Cela suppose une coopération, une confiance. Ex : arrêt du point club vidéo. Pour la Cour de cassation, le loueur de
cassette aurait dû aider le paysan à faire une étude de marché. La collaboration c’est s’efforcer d’assurer l’efficacité
du contrat.

La bonne foi innerve tout le contrat.

§2. Les suites de la convention (art 1135 C.civ.)


Art 1135 : L’exécution du contrat ne se limite pas à ce qui est strictement prévu, il faut compléter le
contrat. Les lois relatives au contrat sont supplétives de la volonté des parties.

L’équité : il est rare que la loi y fasse référence. C’est que le juge doit vérifier que chacune des parties trouve son
compte dans le contrat. La jurisprudence a inventé des obligations qui n’étaient pas, ni explicitement, ni implicitement
prévues par les parties, c’est ce que la doctrine a appelé le forçage du contrat.

La jurisprudence a mis à la charge des parties une obligation de sécurité, c'est-à-dire que l’une des parties est tenue
de ne pas porter atteinte à l’intégrité corporelle de l’autre partie. Le transporteur est tenu d’amener le passager sain et
sauf. Cf. la responsabilité contractuelle. La jurisprudence a essaimé, cette obligation de sécurité à tous les contrats où le
corps du cocontractant est à la merci du contrat. Dans tous les contrats relatifs aux loisirs. L’obligation de sécurité est
mise à la charge de celui qui a la possibilité de prévenir le dommage.

L’obligation de renseignement vaut non seulement avant l’exécution du contrat, elle pèse sur celui qui sait ou doit
savoir en raison de sa position. Concerne les contrats de vente et tous les contrats entre professionnels et non
professionnels.

L’obligation de conseil est mise à la charge des professionnels et notamment à la charge du notaire. Les notaires ont
l’obligation de conseiller.
Le banquier a une obligation de mise en garde du client et peut aller jusqu’à refuser de donner un crédit si le client ne
peut pas rembourser.

Section 3. La révocation du contrat

§1. La révocation conventionnelle


La jurisprudence prévoit que les parties peuvent défaire le contrat d’un commun accord.
La révocation peut être conventionnelle, c'est-à-dire qu’elle intervient par l’accord des parties. Le contrat
révocatoire obéit aux mêmes règles que le contrat qui a été conclu. Il peut arriver qu’au moment de la conclusion du
contrat une clause de révocation ait été prévue. Ex : les clauses de dédit, les parties peuvent se dédire, on les trouve
souvent dans les promesses de vente.

§2. La révocation unilatérale


La révocation unilatérale : une seule des parties décide unilatéralement de rompre le contrat, en violation de l’art
1134 al 1.
Dans les contrats à durée indéterminée et en raison de la prohibition des engagements perpétuels, le droit a toujours
admis de résilier unilatéralement un tel contrat. Les CDD ne peuvent en revanche normalement, pas être rompus. Mais
sous l’influence des projets de droit européen, on voit émerger en droit français, l’unilatéralisme, la Cour de cassation
admet depuis un arrêt de 1998, jurisprudence réitérée plusieurs fois depuis, qu’une des parties rompt un contrat
avant le terme y compris un CDD lorsque l’autre partie a un comportement contraire à l’intérêt commun. Elle
ajoute que l’auteur de la rupture le fait à ses risques et périls. L’une des parties peut sortir du contrat en sachant que la
victime de la rupture pourra aller voir le juge. C’est l’influence de l’efficacité contractuelle.

Chapitre 2. La force obligatoire et le juge


Lorsqu’il est saisi d’un problème d’exécution du contrat, quel est le pouvoir du juge ?
Pour pouvoir résoudre le litige qui lui est soumis, le juge doit interpréter le contrat. En revanche, il ne doit pas modifier
le contrat parce que l’art 1134 al 1 estime que c’est la loi des parties.

Section 1. L’interprétation du contrat


Il s’agit de rechercher quel est le sens et la portée que les parties ont voulu donner à leurs obligations, c’est
différent de qualifier (affecter le contrat à une catégorie).

§1. Les directives d’interprétation


Une série de textes est relative à l’interprétation du contrat, art 1156 et s.
Une des méthodes possibles est la méthode subjective, cela signifie rechercher la commune intention des
parties. Art 1156 à 1164. La directive de base est l’art 1156 : il s’agit de rechercher la volonté réelle des parties au
moment de la conclusion du contrat. Pour rechercher cette volonté, le juge doit étudier chacune des clauses. S’il n’y a
pas de termes juridiques mais des terminologies courantes, le juge va rechercher la volonté des parties, fait une analyse
grammaticale. Il s’attache au texte lui-même puis au contexte, c'est-à-dire qu’il va étudier les clauses du contrat, les
unes par rapport aux autres. Cette interprétation est donc casuistique. Il est tenu compte de l’environnement
contractuel et le comportement des parties. Cette recherche de l’intention des parties signifie que l’esprit l’emporte
sur la lettre. Les textes suivants ne font que prolonger l’art 1156. L’art 1162, dit que dans le doute, le juge doit
interpréter en faveur du débiteur.

On peut dire qu’il y a aussi à coté de l’interprétation subjective, une interprétation objective ou créatrice. Il y a des
hypothèses où le contrat est silencieux, le juge a l’obligation de statuer, c’est en raison de cela qu’il va à partir de l’art
1135 créer des obligations qui sont inspirées soit de l’équité ou d’un sentiment de justice en général. C’est le cas de
l’obligation de sécurité par exemple.

§2. Le rôle de la Cour de cassation


L’interprétation est une question de fait, c’est donc le pouvoir souverain des juges du fond. La Cour ne
contrôle pas ces interprétations, parce qu’elle est chargée d’assurer l’unité d’interprétation de la loi qui a une
portée générale alors que le contrat est propre aux parties. Mais il y a une limite au pouvoir souverain des juges du
fond qui est la dénaturation du contrat. La dénaturation c’est lorsqu’une clause claire et précise ne doit pas être
interprétée parce qu’il n’y a pas lieu à interprétation. Le juge ne peut donner à un sens clair un sens autre à ce que le
contrat a donné. C’est sur le fondement de l’art 1134 al 1 que les décisions du fond sont censurées pour
dénaturation du contrat.

La dénaturation peut se faire soit par adjonction, soit par omission.


L’adjonction : le juge va ajouter une condition qui n’existe pas dans le contrat : un contrat de bail dans lequel le
locataire était autorisé à faire des travaux, le juge a estimé que le locataire n’avait pas apporté la preuve écrite qu’il
pouvait faire des travaux. La Cour casse car l’exigence de l’autorisation écrite n’était pas prévue dans le contrat.
La dénaturation par omission : le juge ne prend pas en compte une des clauses du contrat. Ex : contrat d’assurance
de personnes qui garantissait l’assuré pour les accidents du travail et les maladies professionnelles. Le juge estime que
la garantie n’est pas prévue par l’assureur alors que la maladie était contenue dans la liste prévue par le contrat.

Le juge a une marge de manœuvre d’interprétation, mais il est pris dans le respect d’interprétation.

Section 2. Imprévision et révision


La question s’est posée à l’occasion de contrats de longue durée, une des prestations devient beaucoup plus
onéreuse pour l’une des parties en raison de nouvelles circonstances économiques.
§1. Le principe : l’interdiction de la révision judiciaire
Interdiction de la modification du contrat par le juge quelles que soient les circonstances.
Arrêt Canal de Craponne 6 mars 1876, quelles que soient les circonstances même l’équité interdit de modifier le
contrat. En l’espèce, un sourcier fournissait l’eau pour l’irrigation des champs, les paysans devaient une quittance au
sourcier, elle était due en florin, lorsque la monnaie a changé, le distributeur d’eau a voulu que soit réévaluée la
quittance à sa valeur. Les juges du fond ont dit que c’était normal. La Cour de cassation a cassé, au nom de 1134 al 1,
force obligatoire du contrat, le contrat s’exécute quelles que soient les circonstances postérieures. Cette
jurisprudence n’a pas évolué. (La jurisprudence administrative admet depuis longtemps que le JA modifie les
prestations en fonction de circonstances imprévisibles).

§2. Le débat actuel


Critiques de cette jurisprudence :
Argument de la prévisibilité. C’est quand les circonstances étaient imprévisibles que l’on demande la révision cela
n’atteint pas la prévision des parties. Économiquement on peut penser que la position de la Cour n’est pas justifiée, car
cela peut entraîner la ruine par des faillites en chaîne. Certains auteurs invoquent la cause du contrat. La cause est un
instrument d’équilibre contractuel. Si en cours d’exécution il y a un déséquilibre important, l’obligation perd sa
cause.
L’alinéa 3 de l’art 1134, prescrit l’exécution de bonne foi. Est-ce que c’est de bonne foi que celle des parties qui
bénéficie de la circonstance imprévisible, d’exiger l’exécution telle qu’elle était prévue au départ alors que les
circonstances ont changé ?
Dans les principes européens et d’unidroit, il n’est pas prévu que le juge modifie lui-même, qu’il refasse le
contrat mais que le juge impose la renégociation du contrat.
24/11/09
Soit les parties ont anticipé et ont prévu des clauses de renégociation dans leur contrat. Le juge va ordonner de
renégocier et cela peut aboutir à la résiliation. Il est également possible de redonner au juge le pouvoir de conduire les
parties à renégocier.

Chapitre 3. Les effets des contrats à l’égard des tiers


Art 1165 exprime l’effet relatif du contrat, force obligatoire du contrat à l’égard des parties. Un contrat est un
événement juridique modifiant la situation des parties contractantes. C’est une situation nouvelle. Le contrat est
opposable aux tiers, ils ne peuvent pas l’ignorer, ils doivent faire avec. Qui est tiers ?
Plusieurs catégories.

§1. Les tiers absolus


Les tiers absolus sont ceux qui sont complètement extérieurs au contrat, n’ont aucun lien juridique avec
les parties. Pour ces tiers absolus, le contrat est un fait juridique susceptible de leur nuire ou de leur profiter.
Hypothèse d’un contrat qui crée une situation juridique, contrat constitutif de droits réels, ex : hypothèque est
un droit réel immobilier. L’hypothèque pour être opposable aux tiers doit être publiée. Le créancier titulaire de
l’hypothèque grâce au contrat d’hypothèque va pouvoir faire valoir son droit contre toute personne venant le
contrecarrer. C’est en ce sens que le titulaire du droit réel sur le bien va pouvoir opposer à tous son droit réel.
Autre ex : contrat de mariage, prévoit la répartition des biens des époux, ce contrat est opposable aux tiers en
ce sens qu’ils doivent respecter la manière dont les époux ont organisé la répartition de leur patrimoine.
Hypothèse où un contractant a un droit de créance, né d’un contrat, il peut faire valoir son droit à l’égard des
tiers en ce sens que les tiers ne peuvent pas faire obstacle au droit dont dispose la partie. Ex : clause de non-concurrence
dans un contrat de travail, le salarié est interdit de ne pas s’engager avec un concurrent de son entreprise actuelle. Si le
salarié méconnaît son obligation de non-concurrence et qu’il accepte de se faire embaucher chez un concurrent, il viole
son contrat. Mais le 2ème employeur est tiers, et s’il connaît la clause, il s’en rend complice, commet une faute et engage
sa responsabilité.

Les tiers ne doivent pas faire obstacle à ce qu’un droit de créance s’exerce normalement.

Autre cas de figure : un tiers invoque un contrat à son profit contre les parties (alors que le principe est l’effet relatif du
contrat). Un contrat entre A et B n’est pas exécuté et ce contrat entraîne un dommage chez un tiers, ex : un contrat
médical, entre patient et médecin, le patient meurt, les proches peuvent invoquer le contrat médical et la faute du
médecin commise dans l’exécution du contrat.

§2. Les ayants causes particuliers


Ce sont ceux qui ont reçu un droit particulier, par exemple l’acheteur d’un bien parce qu’il a reçu un
droit particulier sur le bien acheté. Lorsque l’auteur de l’ayant cause a conclu des contrats par rapport au bien qu’il a
transmis quel est l’effet de ce contrat vis-à-vis de l’ayant cause particulier ?
L’acheteur de l’immeuble, ayant cause particulier est-il tenu de payer le solde dû à un entrepreneur qui avait
conclu avec le vendeur. En principe l’ayant cause particulier n’est pas tenu par les contrats passés par son auteur.
Il y a des exceptions légales. Ex : art 1743. Lorsqu’une entreprise est vendue, les contrats de travail que l’entrepreneur
avait passés avec ses salariés se poursuivent avec l’acquéreur. Ex : servitude de passage, l’acquéreur vend son bien sur
lequel le voisin a une servitude, l’acheteur, tiers au contrat ne peut remettre en cause la servitude.
L’ayant cause particulier est en principe étranger aux obligations contractées par son auteur sauf quand
la loi dit le contraire ou que c’est un droit réel.
On peut transmettre des droits mais jamais d’obligations, on ne peut pas devenir débiteur contre son gré.

§3. Le créancier chirographaire


C’est un créancier qui n’a pas de droit garanti sur le patrimoine de son débiteur, il n’y a pas de droit de
préférence, les créanciers sont tous en concurrence. La particularité de ce dernier est qu’il subit ou bénéficie des
« fluctuations » du patrimoine de son débiteur. Entre la naissance de sa créance et l’exigibilité, droit international le
débiteur s’enrichit, il a plus de chance d’être payé, sinon il a plus de chance de ne pas être payé. Le créancier
chirographaire est touché indirectement par tous les contrats de son débiteur.
Le créancier chirographaire est protégé par deux actions particulières, l’action oblique art 1166 et
l’action paulienne art 1167.

L’action oblique : le créancier peut agir contre le débiteur de son débiteur pour se faire payer lorsque son propre
débiteur est négligent. Cette action est destinée à protéger le créancier chirographaire face à la négligence de son
débiteur.

L’action paulienne : c’est lorsqu’un débiteur s’appauvrit exprès parallèlement aux droits des créanciers. Ex :
pour ne pas que sa maison soit saisie, le débiteur fait donation à ses enfants. Cette action est destinée à rendre au
créancier inopposable l’acte d’appauvrissement. Le créancier pourra faire comme si la maison était toujours dans le
patrimoine du débiteur et la saisir directement chez les enfants.

§4. Les actions directes


Seules les parties au contrat peuvent se prévaloir de l’inexécution du contrat. Mais si cette inexécution
nuit à un tiers au contrat, ce dernier peut l’invoquer. Ex : responsabilité d’un produit défectueux. La jurisprudence
admettait que le dernier acquéreur pouvait agir contre n’importe lequel des vendeurs antérieurs.
C’est une action directe en responsabilité contractuelle contre des personnes qui ne sont pas liées par le contrat.

Ex : Lorsque plusieurs contrats interviennent pour aboutir à une opération contractuelle. Vente d’un terrain entre A et B.
B fait construire une maison et fait un contrat d’entreprise à C qui achète des matériaux à D. C, l’entrepreneur n’a
aucune relation avec A. Mais si au moment de la construction, il se rend compte qu’il y a un défaut dans le sol, peut-il
actionner A ? Si les tuiles fournies par D sont défectueuses, B peut-il demander réparations à C, oui mais celui-ci est-en
faillite, alors peut-il agir contre D ?

L’évolution de la jurisprudence sur les chaînes de contrat (ou ensemble contractuel) : La 1ère chambre civile a
souvent admis l’action directe du maître d’ouvrage contre le fabricant de matériaux (dans l’exemple B contre D). Le
problème est de savoir sur quoi ceci est fondé, il est décidé que la décision de l’Ass. plén. de 1986 : la propriété
accessoire d’un bien, la jurisprudence admet que l’action est un accessoire de la propriété du bien. Dans une décision de
1988, la 1ère chambre civile a admis que le particulier pouvait agir en responsabilité contractuelle contre le laboratoire de
photo qui les avait perdu (alors qu’il y avait un magasin en intermédiaire). L’Ass. plén. réintervient en 1991, pour
mettre un terme à l’extension de l’action directe, il faut distinguer entre les chaînes de contrat translatives de propriété,
l’action est accessoire au droit acquis par la chaîne, et les chaînes non translatives de propriété (comme pour le labo de
photo), il n’y a pas d’action contractuelle directe. On revient dans cette hypothèse à l’application de l’art 1165.

§5. Les contrats pour autrui


Art 1119. On ne peut créer des droits que pour soi-même, c’est une application de l’effet relatif du
contrat, et le principe de 1165, imposer à autrui quelque chose.
L’art 1120 prévoit l’hypothèse de la promesse de porte fort, lorsqu’une personne s’engage envers une
autre à ce qu’un tiers au contrat ratifie le contrat. Ex : un couple marié sous le régime de la communauté ont en
commun un appartement. Ils souhaitent le vendre. Le mari conclut seul une vente, il ne peut le faire qu’en commun avec
son épouse, il s’engage auprès de l’acquéreur d’obtenir le consentement nécessaire du tiers (épouse) pour que le contrat
soit valable. L’épouse reste libre d’accepter ou pas. Si elle refuse de ratifier, la vente est nulle. Le mari avait un
engagement contractuel qu’il n’a pas pu honorer, cette inexécution se résout en dommages et intérêts.

L’autre hypothèse est l’art 1121, la stipulation pour autrui. C’est une exception à 1119 et à 1165.
Assurance vie : un souscripteur fait un contrat avec un assureur, le père de famille souscrit une assurance au bénéfice de
ses enfants. Celui au profit duquel est stipulé l’assurance est le bénéficiaire, le père est appelé stipulant, l’assureur est le
promettant. Le bénéficiaire est le tiers. Peut-on stipuler pour n’importe quel tiers ? On ne peut stipuler que pour un
tiers déterminé (nommé) ou déterminable (ex : je stipule au profit des héritiers). Problème les enfants à naître, le
code des assurances prévoit qu’il peut stipuler au profit des enfants à naître. Pas de personne indéterminée. C’est une
opération à trois personnes. Le plus simple est le rapport stipulant / promettant. Le stipulant peut exercer toutes les
actions dérivant du contrat d’assurance à l’égard du promettant. Le bénéficiaire peut agir directement contre le
promettant bien qu’il soit tiers au contrat. Le bénéficiaire sans ce droit ne pourrait rien faire. Ce tiers est créancier du
promettant en raison de la stipulation pour autrui. Rapport stipulant/bénéficiaire : le bénéficiaire peut accepter le
bénéfice, et une fois qu’il a accepté la stipulation en sa faveur devient irrévocable. En revanche, le bénéficiaire peut
changer le stipulant. Ex : un mari qui souscrit une assurance vie au profit de son épouse. Ils se séparent et le mari a une
maîtresse, il décide de révoquer, le mari ne peut plus changer le bénéficiaire si sa femme avait accepté. Cette opération
est un acte à titre gratuit, c’est une donation.
25/11/09
Section 2. L’opposabilité du contrat

§1. L’opposabilité du contrat au tiers


L’opposabilité du contrat est la possibilité pour un tiers de faire valoir le contrat qu’il a passé avec son
cocontractant. L’hypothèse est qu’une partie contractante reproche à un tiers d’avoir perturbé l’exécution du contrat.

Ex1 : débauchage de personnel, i.e. de reprocher à un salarié dont le contrat de travail est terminé mais dont le contrat
détient une clause de non-concurrence et qui, malgré cette clause a accepté une embauche dans une entreprise
différente. Le salarié est cocontractant du contrat de travail. L’employeur va invoquer cette clause de non-concurrence à
l’encontre de l’entreprise concurrente car l’entreprise a été complice de la violation du contrat.

Ex2 : Pacte de préférence i.e. qu’une personne s’engage a donné à une autre la préférence dans l’hypothèse où il
déciderait de vendre un bien qui lui appartient. Donc obligation du promettant c’est de proposer par priorité la vente au
bénéficiaire du pacte. Le bénéficiaire du pacte peut invoquer le pacte pour l’opposer au tiers qui s’est rendu complice de
la violation du pacte car a acheté au promettant.

Le résultat de l’opposabilité est que le tiers voit engagée sa responsabilité civile, contractuelle,
extracontractuelle. Cette faute, cause un préjudice au contractant. On va substituer le bénéficiaire du pacte à
l’acquéreur. Le tiers n’est pas sanctionné sur le plan contractuel car n’avait formé aucun contrat mais sur le plan
extracontractuel car le contrat lui est opposable.

Un tiers à un contrat peut-il invoquer ce contrat qui lui nie ? Il arrive souvent que l’inexécution d’un contrat ne
satisfasse pas le cocontractant mais qu’elle ait aussi une incidence sur les tiers.
Ex : traitement médical qui tourne mal. Préjudice matériel puisqu’il ne peut plus subvenir aux besoins de sa famille.

La difficulté est de savoir si la responsabilité que le tiers invoque à l’encontre d’un contractant est contractuelle
ou extracontractuelle. Les conditions de mise en œuvre de la responsabilité extracontractuelle s’appliquent.
La seule inexécution contractuelle est une faute à l’égard du tiers. Ainsi, le débat était de savoir si le tiers qui
demande réparation du préjudice qui lui est posé par l’inexécution d’un contrat, doit apporter la preuve d’une faute
extérieure au contrat ou est-ce que l’inexécution contractuelle suffit ?
La conséquence de ce que l’inexécution contractuelle suffit pour avoir la réparation au tiers est très critiquée, car le tiers
gagne tous. Il va bénéficier sans subir les limitations de réparation que le cocontractant va subir. Le tiers est mieux
protégé que le cocontractant.
Les parties peuvent opposer au tiers et les cocontractants peuvent opposer au tiers.
Le résultat de cette opposabilité est que le tiers engage sa responsabilité extracontractuelle. Le tiers a commis
une faute extérieure au contrat mais qui porte préjudice au cocontractant. Il y a une faute qui est réparée par
l’allocation de dommages et intérêts le plus souvent. La réparation en nature n’est pas exclue.

§2. L’opposabilité du contrat par les tiers


Un tiers à un contrat peut-il invoquer un contrat qui lui porte préjudice ? Il arrive souvent que l’inexécution
d’un contrat ne satisfait pas le cocontractant. Mais cette inexécution peut avoir une incidence sur les tiers. Cette
responsabilité que le tiers invoque à l’encontre d’un contractant est-elle contractuelle ou extracontractuelle ? Il
est admis que cette responsabilité est extracontractuelle. La conséquence qu’en tire la Cour. L’inexécution
contractuelle est une faute à l’égard du tiers. Le tiers doit-il apporter la preuve d'une faute extérieure au contrat ou
bien une inexécution contractuelle suffit-elle ? La Cour a décidé que le tiers peut seulement invoquer l’inexécution
d’un contrat. Le problème consécutif est que le tiers va obtenir réparation du préjudice sans avoir à subir la loi
contractuelle. Dans la loi, il y a pu y avoir des clauses limitatives de responsabilité. Cette conséquence est très critiquée,
en effet le tiers est gagnant. Le tiers est mieux traité que le cocontractant. C’est la raison pour laquelle les avants projets
prévoient la possibilité pour le tiers d’annuler le contrat.

Section 3. La simulation
La dissimulation : les parties à un contrat décident de cacher leur accord aux tiers, ou un élément de
l’accord. Pourquoi dissimuler ? Fraude du genre dessous-de-table ou fraude à l’égard de la famille, par exemple
avantager un enfant. Il n’y a pas toujours de la fraude dans la simulation, par ex : une société peut vouloir se porter
acquéreur d’un bien sans apparaître, parce que par exemple une autre est susceptible d’acquérir pour un meilleur prix.
Lorsqu’il y a simulation, il y a un acte ostensible et un acte secret qui manifeste la volonté des parties. Art 1321 :
l’acte secret est appelé contre lettre.

Soit il y a un contrat fictif : ex : quelqu'un simule une vente pour faire sortir le bien de son patrimoine et
organiser son insolvabilité. Soit on déguise un contrat sous un autre : vente qui dissimule une donation. Prête-nom :
une personne cache une autre.

§1. L’effet entre les parties


La simulation n’emporte pas en principe la nullité. Car la faute ne se présume pas art 1321. Ce qui
intéresse le droit est la volonté réelle des parties. S’il il a un litige entre les parties c’est l’acte secret qui est
obligatoire et devra être exécuté.

§2. L’effet à l’égard des tiers


Les tiers ne connaissent que l’acte ostensible, à leur égard l’acte secret (contre-lettre) n’a pas d’effet.
L’acte secret est inopposable aux tiers, ils peuvent l’ignorer. Cette règle est justifiée par l’idée de ceux qui ont été
trompés par l’apparence.
Ex : le propriétaire d’un immeuble loué le vend. Mais avec le locataire ils avaient simulé le prix du loyer (le
loyer était inférieur à celui officiellement déterminé). Le résultat est que l’acheteur, qui est tiers peut exiger du locataire
qu’il lui paie le même prix, le locataire ne peut pas opposer à l’acheteur la contre-lettre. C’est la protection des tiers
trompés par l’apparence. Il s’agit de sanctionner les parties. Les tiers peuvent invoquer l’acte secret lorsqu’ils en ont
connaissance dès lors que l’acte secret leur est favorable. Le tiers peut par tous moyens faire la preuve de l’existence
de l’acte secret.
Ex : pour maintenir l’acte secret, les créanciers du vendeur peuvent invoquer l’acte secret, ils dévoilent la simulation, il
n’y a pas eu vente et peuvent saisir l’immeuble.

Titre 3. L’inexécution du contrat

L’inexécution est un manquement à la force obligatoire du contrat. Ce peut être soit l’inexécution
complète de l’obligation ou bien une inexécution défectueuse ou bien un retard dans le délai
d’exécution.
Ce manquement contractuel peut résulter de 2 ordres de cause. Ce peut être d’abord une
impossibilité d’exécution. Soit un manquement, une défaillance du débiteur contractuel.

Chapitre 1. Le sort du contrat

Le sort du contrat n’est pas le même soit parce que c’est devenu impossible soit elle était possible
mais il y a manquement du contractant.

Section 1. L’impossibilité d’exécution

« À l’impossible nul n’est tenu » : c’est la règle selon laquelle l’impossibilité est la force majeure ou
cas fortuit. Elle libère le débiteur. C’est l’impossibilité d’exécuter.
§1. La notion d’impossibilité

Art 1148, ce texte signifie que le débiteur d’une obligation devenue impossible est libéré. Le
problème est de savoir quand il y a force majeure. De manière classique la force majeure se définit
par 3 éléments : l’imprévisibilité, l’irrésistibilité de l’événement et le caractère extérieur du
débiteur.

- l’irrésistibilité : il faut que l’exécution soit absolument insurmontable. Les difficultés


d’exécution ne sont pas suffisantes. La jurisprudence n’admet pas l’imprévision.
Ex : un tour opérateur s’était engagé à emmener des touristes en mer, n’a pas pu le faire à cause
d’une grève de la compagnie maritime avec laquelle il avait à faire. Il a invoqué la force
majeure. Il lui a été répondu qu’il n’y avait pas force majeure parce qu’un autre moyen de
transport était possible, le transport aérien.
Ex : Un entrepreneur construit un immeuble, il se trouve qu’il y a des rochers, des sources dans
le sol, ça va lui coûter plus cher, mais ce n’est pas de la force majeure car il est possible de
toruver des solutions.
Ex : agression dans un train d’un passager par un autre en état d’ébriété. La victime demande
réparation du préjudice à la SNCF car pas arrivée saine et sauve à destination. Ce n’est pas un
cas de force majeure car des contrôles étaient possible et la SNCF aurait pu surmonté
l’insécurité.

Le principe est qu’il s’agit qu’à chaque fois qu’il existe une solution de remplacement il n’y a
pas de force majeure. Mais le juge doit-il faire une appréciation in abstracto (comparer la
situation à l’homme diligent) ou in concreto (ou des considérations personnelles au débiteur) ?
La jurisprudence fait les 2, parfois in abstracto, parfois in concreto.
Ex : une pollution des eaux due à une agriculture intensive, la compagnie de distribution peut
elle cesser de distribuer parce que l’eau est polluée. Non ce n’est pas irrésistible, il y a
possibilité de se fournir ailleurs ou de la dépolluer.
Ex : mort d’un acteur sur un tournage, le metteur en scène décide qu’il arrête tout, force
majeure, les autres acteurs estiment que ce n’est pas irrésistible, l’acteur peut être remplacé.

Il faut que l’événement invoqué soit un événement imprévisible au moment de la conclusion du


contrat. Ce caractère s’apprécie au jour de la conclusion du contrat. Ass. plén. la redit. La
méthode d’appréciation du caractère imprévisible de l’événement tantôt in abstracto, tantôt in
concreto.
Mais dans l’absolu tout peut être prévisible.
01/12/09
- L’imprévisibilité doit s’apprécier au moment de la conclusion du contrat. Si un événement
était prévisible au moment de la conclusion du contrat. Ex : déraillement d’un train dû à des
opérations terroristes n’est pas un cas de force majeure. Grève peut être force majeure. Dans
la mesure où dans une hypothèse seulement une décision gouvernementale peut mettre fin à
la grève c’est un événement de force majeure. Une grève inopinée, sans préavis, peut être
force majeure. Toutes les hypothèses de grève ne sont pas des cas de force majeure. Il se
trouve que la place de l’imprévisibilité a donné des divergences ente 1ère et 2ème chambre
civile. La 1ère avait estimé que l’irrésistibilité suffisait à qualifier la force majeure. En
revanche la 2ème distinguait les 2 caractères. Donc Ass. plén. 14 avril 2006 : un contrat qui
avait pour objet la fabrication d’une machine sur mesure pour le client, au cours du contrat,
l’état de santé de l’artisan se dégrade, les parties se mettent d’accord pour que le délai soit
plus long. L’artisan meurt, le client oppose l’inexécution du contrat aux héritiers. Il fait
prévaloir que la mort était prévisible au moment du report de l’échéance. Le pourvoi de
l’acheteur est rejeté. La maladie est un cas de force majeure dès lors qu’elle était
imprévisible lors de la conclusion et irrésistible lors de l’exécution. Ass. plén. adopte donc
position de la 2ème chambre. La non-fabrication de la machine était irrésistible parce qu’elle
était spécialement prévue pour le client, lui seul pouvait la réaliser.

Tout ceci s’explique et est cohérent avec la force obligatoire du contrat art 1134 al 1. Le débiteur
s’étant engagé, les risques du contrat doivent être assumés.

- L’extériorité de l’événement : Si l’événement n’était pas extérieur au débiteur et à sa sphère


d’activité, il lui serait imputable, l’inexécution du contrat lui revient. L’événement répond de tout le
personnel utilisé dans l’exécution du contrat, il répond aussi du matériel. Une jurisprudence
constante en matière de matériel dit qu’une déficience du matériel dû à un défaut de fabrication
n’est pas une force majeure. Problème de la grève, la cause de l’inexécution est extérieure au
débiteur. La maladie du débiteur ne lui est pas extérieure pourtant la Cour a admis avant l’arrêt
d’ass. plén. de 2006, en 1998 la maladie peut être un cas de force majeur. Un élève à conclu un
contrat de formation par correspondance, il est tombé malade et a refusé de payer les mensualités, il
a été admis que cette maladie était un cas de force majeure.

§2. Les conséquences de la force majeure

Art 1148. Lorsque la force majeure est admise, le débiteur est libéré de son obligation.

A. Libération du débiteur

Dans un contrat unilatéral, la partie qui ne peut pas exécuté pour cause de force majeure, le
débiteur, seule partie à être engagée est libéré.
Dans le cas d’un contrat synallagmatique, quel est le sort du co-contractant ?
Ex : contrat de bail. L’immeuble loué est détruit par incendie. Le bailleur est libéré, le locataire doit-
il continuer à payer ?
Ex : contrat entre un touriste et un voyagiste, le touriste doit-il payer son voyage s’il y a une guerre
dans le pays de destination ?

Par hypothèse, le débiteur de l’obligation non exécutée n’est pas en faute, ça ne lui est pas
imputable, il est libéré son obligation est éteinte, il ne doit rien. Mais le créancier est victime. C’est
la question des risques du contrat. Qui supporte les risques ?Le débiteur de l’obligation non
exécutée ne peut rien exiger.
Le locataire n’a pas a payé, le touriste n’a pas a payé et si c’est déjà fait le voyagiste doit restituer.
Les risques sont pour le débiteur.
Le contrat de vente est un contrat translatif de propriété, la règle est res perit domino, les risques
sont pour le propriétaire. Dans la vente, le transfert de propriété a lieu à l’échange des
consentements. Le transfert de propriété est immédiat. C’est l’acheteur qui subit le risque de ses
biens. Même s’il n’a pas été livré, il devra en payer le prix. Lorsque le bien est une chose de genre
le transfert se fait le jour de l’individualisation.

Enfin, la mise en demeure fait repasser les risques sur celui qui est en retard, c'est-à-dire que dans
l’hypothèse d’une vente avec livraison, les risques sont sur le propriétaire, le vendeur ne livre pas, il
est en retard, si l’acheteur le met en demeure (exige l’exécution de l’obligation) de livrer, la mise en
demeure refait passer les risques sur le vendeur.

Ex : la toiture de la maison louée a été arrachée par le vent, le bail est-il interrompu ou suspendu ? Il
a été décidé qu’il n’est que suspendu et elle n’est valable que pendant e temps nécessaire pour les
réparations. La force majeure n’exonère le débiteur que pour le temps où elle n’a pas réparé.

Section 2. Le manquement contractuel


Le manquement peut être une inexécution partielle ou totale, un retard.
Le créancier qui est déçu dans son attente légitime a plusieurs possibilités, soit il recourt à
l’exécution forcée soit il oppose l’inexécution du contrat soit la résolution.

§1. L’exécution forcée

L’exécution forcée c’est chaque fois qu’il n’y a pas d’exécution volontaire. Il n’y a pas d’exécution
sans sanction. Tous les recours a des moyens de coercition sont très minutieusement réglementés ils
visent à sauvegarder les droits du créanciers, c'est-à-dire que le créancier peut prendre des mesures
conservatoires sur les biens du débiteur. Tous ces moyens dont disposent le créancier s’expliquent
par son droit de gage général sur le patrimoine de son débiteur. Toutes ces mesures sont
subordonnées à une condition préalable qui est la mise en demeure.

On peut définir la mise en demeure comme étant la constatation officielle d’un retard du débiteur
dans l’exécution. Elle manifeste la volonté du créancier d’obtenir l’exécution. Elle s’explique aussi
par le fait que dans la mesure où le créancier dispose d’un arsenal de mesures conservatoires. Elle
est définie à l’art 1139, à l’origine c’était un acte extra judiciaire. Une lettre suffit, mais par
prudence et pour se réserver une preuve que la mise en demeure ait été faite il est fortement
conseillé de faire une lettre recommandée avec accusé de réception. La mise en demeure répare le
préjudice que subit le créancier. Les intérêts moratoires sont des intérêts dus au taux légal. S’il
s’agissait d’une obligation en nature, ça n’est qu’au jour de sa liquidation qu’on sait ce qui est dû.
Soit le juge calcule le préjudice subit par le créancier et fait courir des intérêts moratoires à compter
de la mise en demeure.

Le vendeur mis en demeure de livrer voit les risques à sa charge.

Les mesures conservatoires sont inscrites dans une loi de 1991 : c’est chaque fois que le créancier
craint que sont débiteur n’exécute pas, qu’il ne s’exécute véritablement pas et le risque est que le
débiteur dilapide les biens. Pour protéger le créancier, cette loi lui donne des mesures de
sauvegarde. Ces mesures sont toujours données par le juge. Par exemple en cas de saisie
conservatoire, le bien ne peut plus être vendu.

Les mesures d’exécution proprement dite : c’est obtenir la prestation due par la contrainte. La
contrainte ne peut porter que sur le patrimoine du débiteur, pas sur la personne. Pour ces mesures
d’exécution, il faut distinguer selon la nature de l’obligation, souvent payer une somme d’argent. Le
juge peut saisir les comptes bancaires, ou un bien du débiteur. La saisie d’un bien aboutit à la vente
aux enchères qui permet de récupérer des sommes d’argent.
02/12/09
Le créancier chirographaire sera payé en dernier s’il attend trop.
Loi de 1998 relative à la prévention de l’exclusion ; code de la consommation prévoit une procédure
particulière pour les gens qui sont surendettés : il s’agit de toutes les dettes non professionnelles,
procédure faite en faveur du débiteur ; il peut saisir la commission de surendettement, qui va établir
un budget pour les aider, elle prévoit un plan conventionnel de redressement du particulier : on va
appeler les créanciers (banques, supermarchés,…)et s’ils acceptent, elle établit le plan ;
négociations avec les créanciers. Si il n’y a pas d’accord, saisi du juge qui a pouvoir formidable : il
peut supprimer les intérêts, rééchelonner la dette, prévoir des remises partielles de dettes, il peut
mm aller jusqu'à l’effacement des dettes. Il s’agit de permettre à l’intéressé de se rétablir.

- Obligations de faire et ne pas faire : plus de difficultés.


Les obligations de faire font que la prestation promise implique la personne du débiteur ; risque de
mauvaise prestation.
Art 1142 C.civ. : ce texte prévoit que les obligations de faire ne sont jamais susceptibles
d’obligation forcée en nature mais seulement peuvent être faite en équivalent du paiement d’une
somme d’argent. Mais la jurisprudence dit le contraire : elle réduit le domaine d’application de
1142, réserve cette règle que dans les cas limités où véritablement la liberté de l’individu est en
cause (domaine de l’art et du travail). Aujourd’hui la jurisprudence donne la primauté à l’exécution
en nature y compris pour les obligations de faire ; ex : Civ. 3ème 11 mai 2005 : principe de l’art 1142
a été renversé. Autre ex : Civ. 1ère 16 janvier 2007, à propos d’un éditeur qui cède à un autre éditeur
ses droits d’exploitation sur un ouvrage, le cédant s’engage à ne pas publier ce mm ouvrage sauf
dans des conditions de poche. Le cédant n’a pas respecté cette obligation. La CA avait estimé qu’il
s’agissait d’une obligation de ne pas faire, et applique 1142. Décision cassée aux visas des art 1134
et 1142 et reprend la décision de la 3ème chambre civile. L’exécution en nature a la priorité si elle est
possible et si elle demandée par le cocontractant. Le juge n’a pas de pouvoir d’appréciation. Les
différents avant projet de réforme de droit des contrats ont adopté cette solution, le principe de
l’obligation en nature dès lors qu’elle est possible.
Les textes qui suivent 1143 (obligation de ne pas faire : ici l’exécution n’est plus possible ; ex
clause de non concurrence, l’un ne respecte pas la clause ; sanction peut être en nature, fermeture de
l’établissement) et 1144.

- L’astreinte : moyen de pression sur le débiteur pour qu’il exécute une décision de justice, c’est
une sanction pécuniaire et forfaitaire. Lorsque l’exécution a lieu, on revient devant le juge pour
demander une liquidation de l’astreinte.
Moyens dont dispose le créancier chirographaire contre la fraude ou l’inertie de son débiteur :
action oblique et action paulienne, qui lui permet de faire déclarer inopposable qui ont eu pour effet
d’appauvrir le débiteur. Ces deux actions ont pour objet de reconstruire le patrimoine du débiteur
pour permettre au créancier d’exercer son droit.

§2. L’exception d’inexécution

Moyen de pression à l’encontre du débiteur récalcitrant. Le créancier peut lui opposer l’exception
d’inexécution : « vous n’avez pas exécuté, je n’exécute pas non plus ». Solution provisoire car
aboutit à une suspension du contrat. . Le juge n’est pas encore intervenu à ce niveau.

- Le domaine d’application et les conditions d’application

Sanction qui est réservée aux contrats synallagmatiques. Dans le contrat unilatéral, impossible car il
n’y a d’obligation que d’un côté.
Est-ce que l’exception d’inexécution s’applique aux contrats synallagmatiques imparfaits ? Réponse
généralement positive. Beaucoup de jurisprudence en matière de contrats de bail. Autre exemple, en
matière de contrat d’exercice de la profession médicale : il s’agit d’un contrat entre un anesthésiste
et une clinique. Dans le contrat, il était prévu que la clinique mette à la dispo du médecin un certain
nombre de lits, et le médecin devait acquérir un matériel qu’il mettrait à la disposition de la clinique
le temps de l’amortissement et à la fin, médecin devait rembourser à la clinique. Le médecin est
d’accord sur le principe mais pas sur la somme. Il ne paie pas. Riposte de la clinique : il lui retire
tout le personnel de réveil. Juge dit que riposte est disproportionné.

- Il est possible d’utiliser ce moyen mais avec proportion et modération car chacune des 2
parties peut saisir le juge. Le juge doit apprécier l’importance de l’inexécution par rapport à l’effet
de la riposte.

- Les conséquences :
Conséquence : suspension de l’exécution jusqu'à soit ca se débloque tout seul, soit on va voir le
juge. Cette mesure n’a de sens que si le cocontractant est encore en mesure d’exécuter sinon autant
saisir le juge immédiatement.
08/12/09
§3. La résolution

C’est une action judiciaire exercée par le créancier de l’obligation inexécutée pour obtenir
l’anéantissement du contrat. Le créancier a le choix entre l’exception d’inexécution qui aboutit à la
suspension du contrat. Ce choix, il l’exerce en fonction de son propre intérêt. Si la prestation qu’il
attend présente encore un intérêt ou alors la prestation ne présente plus d’intérêt. Il vaut mieux
chercher un autre partenaire et se débarrasser de celui qui n’exécute pas correctement. La résolution
du contrat est fondée sur la cause du contrat. Elle est prévue à l’art 1184.

A. Domaine et conditions de la résolution

Le domaine :
Le domaine est le contrat synallagmatique. L’art 1184 y fait référence. L’obligation du
créancier qui agit en justice perd sa cause puisque l’autre n’exécute pas. Ex : Dans le dépôt onéreux,
normalement le dépôt est un contrat unilatéral, mais si ce contrat conduit à la rémunération du
dépositaire, il devient un contrat synallagmatique pour lequel la résolution est admise. Il n’est pas
nécessaire que la preuve d’un préjudice soit effectuée. L’inexécution doit-elle être fautive ? La
réponse est négative. Peu importent les raisons invoquées. Dès que qu’il n’a pas exécuté, le contrat
est susceptible de résolution.

Le caractère judiciaire :
Cette possibilité qu’a le créancier est aux mains du créancier, le juge n’a aucun pouvoir sur
l’objet de la demande du créancier. Le créancier peut en cours d’instance modifier l’objet de la
demande. C’est la force obligatoire du contrat. Il peut opposer l’exception d’inexécution et ensuite
changer pour demander la résolution du contrat (le juge ne peut pas le faire).
Le débiteur qui se trouve être défendeur, que se passe-t-il s’il offre d’exécuter le contrat ? Le
créancier peut-il accepter ? Dans une affaire de construction de maison, le client ne veut pas que
l’entrepreneur qui a commis des malfaçons et qui se propose de les corriger au cours de l’action,
viennent les réparer et demande à un autre. Le juge a un très grand pouvoir d’appréciation, ce que le
droit ne veut pas c’est que pour une inexécution de moindre importance le créancier obtienne des
dommages et intérêt. Le juge apprécie la gravité de l’inexécution, proportion entre inexécution et
résolution qui conduit à l’anéantissement du contrat. Il s’agit de ne pas déstabiliser les contrats et
prendre en compte le fait que pour les créanciers le contrat peut n’avoir plus aucun intérêt, ainsi cela
lui permettrait d’être libéré.
Le juge est en mesure de prendre un éventail de mesures. Il peut accorder au débiteur des délais
pour exécuter sauf si le créancier s’oppose à l’offre d’exécution. Il peut aussi rejeter la demande de
résolution et il peut le faire en allouant des dommages et intérêts au créancier.

La résolution non judiciaire :


La Cour de cassation a admis la résiliation unilatérale du contrat, c'est-à-dire a rupture sans
action en justice. Cette résolution unilatérale est admise à 2 conditions : que le co-contractant ait eu
un comportement inadmissible. Et la rupture est aux risques et périls, puisque la victime de la
rupture unilatérale va pouvoir aller saisir le juge. Le juge peut allouer des dommages et intérêts à la
victime de la rupture. Cette jurisprudence a fait du bruit. Le juge intervient a posteriori pour
apprécier la légitimité de l’exercice d’une prérogative unilatérale d’une des parties. Cette
jurisprudence n’est pas sans lien avec les principes de droit européens qui ont une influence. (Cf.
l’objet, les 4 arrêts de 1995, et la fixation du prix dans les contrats cadre). L’intérêt de la rupture
unilatéral : c’est un intérêt économique. Influence de la théorie anglo-saxonne de l’efficacité
économique.

Lorsque les parties ont conclu dans le contrat une clause résolutoire : en cas de non
exécution d’une obligation, la rupture du contrat. Ceci permet d’éviter l’action en justice.
C’est une arme conventionnelle de protection du créancier. Celui des contractants qui est le
plus fort impose la clause à l’autre partie, inconvénient, il pourrait faire jouer cette clause à
tout moment. La clause résolutoire joue de plein droit, le créancier protégé par la clause peut
la faire jouer sans intervention du juge. Normalement elle joue de plein droit, mais le recours au
juge est toujours possible mais celui-ci n’interviendra qu’a posteriori, une fois la rupture
consommée. La jurisprudence en fait une interprétation restrictive. La Cour de cassation exige que
la clause ne soit pas équivoque, si c’est le cas elle ne s’applique pas et le juge retrouve le pouvoir de
juger. La jurisprudence exige que la clause précise quelle inexécution elle sanctionne. La
jurisprudence décide aussi que la présence de la clause résolutoire dans le contrat ne dispense pas le
créancier de mettre en demeure le débiteur. Enfin, la Cour de cassation vérifie que la clause
résolutoire a été mise en œuvre de bonne foi. Ex : Le créancier qui fait jouer la clause résolutoire de
mauvaise foi en donnant un délai trop peu suffisant.
Clause résolutoire : clause par laquelle un créancier gagiste ou hypothécaire obtient de
son débiteur qu’il deviendra propriétaire de la chose gagée ou hypothéquée en cas de non-
paiement.

La présence d’une clause résolutoire n’empêche pas le créancier de recourir à l’exécution


forcée. Et dans certains domaines particuliers, la loi interdit ou encadre la clause résolutoire, ex :
dans le bail d’habitation, dans le contrat d’assurance.

B. Les effets de la résolution

L’effet essentiel est l’anéantissement du contrat qui vaut pour l’avenir. Mais, l’anéantissement vaut
également pour le passé, en principe la résolution est rétroactive. Les effets sont alors très proches
de ceux de la nullité du contrat. Il va y avoir lieu à des restitutions soit en nature, soit si la
restitution en nature n’est pas possible, en valeur. On retrouve les difficultés d’évaluation, ex : le
bien a subi des réparations ; à l’inverse le bien a subi des dégradations, dus à la vétusté ; si le bien a
produit des fruits, la restitution n’a lieu qu’à compter de l’assignation de la résolution. Il peut y
avoir restitution d’indemnités de jouissance de la part d’un locataire.
À cette rétroactivité, il est apporté un tempérament pour tous les contrats à exécution successive, on
parle à leur sujet de résiliation (la résiliation n’a lieu que pour l’avenir). Ex : le contrat de bail,
généralement il y a résiliation. Problème : départ de la résiliation, à la date de la première
inexécution, à compter du début de l’action en justice ou à compter du jugement définitif. Le
jugement serait en ce dernier cas constitutif de droit, la jurisprudence ne l’admet pas. On fait
rétroagir jusqu’à la première inexécution.
Le sort des clauses qui prévoient les conséquences d’une inexécution : il est admis que ce type de
clause est maintenu car elles étaient prévues pour le cas où le contrat serait mal exécuté.
Les conséquences de la résolution d’un contrat à l’égard des tiers : les droits acquis par les tiers
tombent aussi, grande insécurité. Lorsque des contrats sont liés entre eux, la résolution de l’un
entraîne l’anéantissement des autres, la Cour de cassation fonde ceci sur la notion d’indivisibilité
des contrats ou bien de l’obligation.

Chapitre 2. La responsabilité contractuelle

La responsabilité contractuelle va jouer chaque fois que l’inexécution forcée n’est pas
possible, elle a pour objet un équivalent.
Philippe Rémy a démontré que la responsabilité contractuelle n’existait pas. Il y a débat.
La responsabilité contractuelle a pour objet de réparer un préjudice. Elle a pour fonction
essentielle une indemnisation du préjudice subi du fait de l’inexécution du contrat. Il y a principe de
non-cumul des deux ordres de responsabilité, la victime d’un dommage ne peut pas choisir la
responsabilité contractuelle ou délictuelle. Dès lors que la victime impute un dommage à un
cocontractant, il se place sur le terrain contractuel.
La responsabilité contractuelle apparaît aux art 1146 à 1155 C.civ.
La responsabilité extracontractuelle : art 1382 à 1386.
Les auteurs sont divisés, certains estiment qu’il devrait y avoir une unification des règles de
la responsabilité car la fonction essentielle de la responsabilité est de réparer un dommage. Les
conditions de mise en œuvre de la responsabilité sont très largement identiques. La question
essentielle désormais : les dommages et intérêts alloués en matière contractuelle le sont-ils
seulement pour remplacer la prestation due ou pour compléter celle-ci ? Les avants projets
maintiennent la responsabilité contractuelle.

Section 1. Les conditions de mise en œuvre


Ces conditions sont au nombre de 3.

§1. Le fait dommageable


Le fait dommageable est nécessairement l’inexécution de l’obligation contractuelle.

A. L’inexécution de l’obligation contractuelle

Cette inexécution c’est ne pas avoir fait ce qui a été promis. C’est la prestation essentielle,
celle pour laquelle on a contracté. Mais les juges qui ont un grand pouvoir d’appréciation, à travers
leur pouvoir d’interprétation, les tribunaux ont découvert des obligations accessoires ou implicites
qui sont liées à l’obligation principale. C’est le forçage du contrat.
La première de ces obligations est l’obligation de sécurité, il s’agit de ne pas porter atteinte à
l’intégrité corporelle ou physique du cocontractant en cours d’exécution du contrat, cette obligation
a été découverte dans une décision de 1911 relative au transport de personnes. Art 1147. Cette
obligation de sécurité s’est essaimée dans de nombreux contrats. Ex : contrat de vente, obligation de
sécurité relative aux produits. Y a-t-il obligation de sécurité contractuelle dans le magasin ? Contrat
d’hôtellerie, y a-t-il obligation de sécurité pour les installations de l’hôtel ?
15/12/09
Outre l’obligation de sécurité est l’obligation d’information que la jurisprudence fonde sur la
confiance qu’un contractant a dans le cocontractant. Cette obligation est aussi fondée sur la bonne
foi contractuelle. Elle existe non seulement à la conclusion mais aussi au cours du contrat. La
question s’est posée et se pose qui est de dire, ces obligations qui existent en dehors du contrat
pourquoi ne pas les sortir du contrat, un mouvement est favorable à la décontractualisation afin que
ces obligations soient relatives à la responsabilité délictuelle et non contractuelle.

La question d’actualité de la responsabilité contractuelle est celle-ci, est-ce que aux sommes
allouées au créancier doit-on ajouter la réparation de tous les préjudices consécutifs à l’obligation ?
En droit positif, il est admis que le créancier doit être indemnisé des dommages créés par
l’inexécution du contrat. Il ne fait pas de doute que le créancier doit faire la preuve du préjudice
qu’il subit. En revanche une faute est-elle nécessaire ? L’inexécution du contrat doit-elle être fautive
ou bien la seule inexécution suffit-elle à engager la responsabilité civile du débiteur ?

Il y a deux textes susceptibles de répondre à la question.

Art 1137, texte relatif à l’obligation de garde (ex : le contrat de dépôt), ce texte décide que celui qui
a l’obligation de conservation ne peut voir sa responsabilité engagée que s’il n’a pas agit en bon
père de famille, ce texte semble subordonner la responsabilité à l’existence d’une faute.

L’autre texte est l’art 1147, il n’exige pas la faute, l’inexécution suffit à engager la responsabilité du
débiteur sauf quand cette inexécution est liée à la force majeure. On s’accorde aujourd'hui pour dire
que l’art 1137 est une règle de fond, la faute est exigée, et l’art 1147 est une règle de preuve,
l’inexécution est donc présumée. Dans la responsabilité extracontractuelle, la faute est exigée.

Il y a cependant des nuances, un auteur a concilié cette question en distinguant l’obligation de


résultat et de moyen. C’est au juge de décider en interprétant le contrat. Cette distinction sur l’objet
a pour intérêt principal la charge de la preuve.

Pour l’obligation de moyen l’inexécution de suffit pas, le créancier doit prouver que l’inexécution
est due à une faute (1137). L’appréciation du comportement du débiteur dans le cadre de l’exécution
du contrat se fait in abstracto, c'est-à-dire par rapport à un bon père de famille. Ex : faute d’un
médecin, le juge va vérifier que ce dernier s’est comporté comme un bon médecin, même chose
pour l’avocat qui doit faire tout ce qu’il peut pour faire gagner le procès à son client, le juge va
regarder si l’avocat a soulevé tous les moyens qu’il devait soulever. Si un client souhaite faire appel,
si l’avocat rate le délai, sa responsabilité est engagée, c'est une obligation de résultat. Dans
l’obligation de résultat, l’inexécution suffit pour l’allocation de dommages et intérêts. Le débiteur
de l’obligation peut se décharger en apportant la preuve d’une cause étrangère, c'est-à-dire que la
cause du dommage ne lui est pas imputable, elle est imprévisible et irrésistible, c’est la force
majeure mais aussi le fait du créancier ou le fait d’un tiers, il faut que ce soit extérieur au débiteur
(c'est-à-dire à sa sphère d’activité, ex : extérieur aux salariés). Si la force majeure est admise le
débiteur est libéré. Le débiteur peut faire valoir la faute de la victime, jurisprudence abondante et
sévère à l’égard de la SNCF (gens qui ouvrent la porte du train et qui sautent).

En matière de responsabilité contractuelle, le contrat peut prévoir une répartition des risques, c’est
une question de négociation. L’impossibilité si elle est seulement temporaire ne libère pas le
débiteur mais suspend simplement le contrat. La jurisprudence admet entre l’obligation de moyen
(ex : obligation du médecin) et l’obligation de résultat (ex : obligation du transporteur) une
obligation intermédiaire. La jurisprudence apprécie plus sévèrement la conduite du débiteur
professionnel. La doctrine l’appelle obligation de moyen renforcée, c'est-à-dire que la faute est
présumée être à l’origine du dommage, la victime n’a pas à faire la preuve de la faute. Le débiteur
est déchargé de sa responsabilité en renversant la présomption c'est-à-dire en faisant la preuve de la
présomption de faute.
On a un dommage dont on ne connaît pas la cause, si la victime bénéficie d’une obligation de
résultat, le défendeur doit apporter la preuve de la cause étrangère en rompant son lien avec la cause
du dommage, s’il n’arrive pas à le prouver, la cause inconnue lui incombe. Alors que dans
l’obligation de moyen renforcée (ou résultat atténué), le débiteur a une présomption de faute, il doit
apporter le preuve de son absence de faute, c’est plus facile, s’il y a toujours incertitude la preuve
apportée, le débiteur est libéré.

Les critères :

De manière générale, est une obligation de moyen, celle dont le résultat est aléatoire. Le juge va
décidé que l’obligation est de moyen car quel que soit ce à quoi le débiteur s’est engagé, le résultat
est aléatoire. L’obligation de soin est une obligation de moyen, car on ne sait jamais comment un
patient va réagir.
Lorsqu’il n’y a aucun aléa c’est l’obligation de résultat. Il y a d’autres critères. On observe si la
victime avait un rôle actif ou passif au cours de l’exécution du contrat. En matière d’accident de
télécabine et téléski, jurisprudence abondante. Pendant le transport en téléski c’est obligation de
résultat, pas de rôle actif, rôle actif en montant et descendant c’est une obligation de moyen. Le
critère essentiel est un croisement entre l’aléa du résultat et rôle actif ou passif de la victime.
S’ajoute à cela la question de savoir si le débiteur est ou non assuré, s’il est assuré, les tribunaux
feront peser de plus lourds dommages et intérêts. Cette distinction n’est pas impérative, la
convention des parties peut décider de la nature des obligations. La question de la charge de la
preuve n’est pas impérative, les parties peuvent la répartir comme elles veulent. L’application de ces
critères posent des difficultés pour les obligations de faire, parce qu’il y a une infinie variété
d’obligations de faire.

L’obligation d’information est toujours une obligation de moyen. La jurisprudence est sévère avec
certaines professions, par exemple les notaires et leur obligation de conseil. Le notaire ne doit pas se
laisser aller au prétexte que son client est compétent ou assisté d’une personne compétente. En
1997, la Cour de cassation a dit que la charge de la preuve en matière d’exécution repose sur le
médecin. À propos de la responsabilité médicale une loi de 2002 est venue précisée que la
responsabilité du médecin ne peut voir sa responsabilité engagée que pour faute prouvée. Cette loi
est arrivée après l’arrêt Perruche. Le médecin peut aussi causer un dommage à son patient avec les
outils qu’il utilise.

B. La gravité de l’inexécution

La gravité de la faute a-t-elle une incidence sur la réparation ?


Dans le Code, il n’y a pas de hiérarchie des fautes mais à partir de textes particuliers, on prévoit des
conséquences particulières pour des fautes graves. Une véritable hiérarchie est difficile parce que
les termes utilisés ne sont pas les mêmes. Ce qui différencie c’est la faute volontaire et la faute
involontaire. La faute intentionnelle, c’est la faute de celui qui avait l’intention de causer le
préjudice, elle est prévue par le droit des assurances et n’est pas assurable. Il y a également la faute
dolosive, dans l’exécution du contrat c’est la faute délibérée, le débiteur sait qu’il n’exécute pas. La
faute dolosive fait sauter les clauses limitatives de responsabilité et oblige à réparer le dommage
imprévisible. À la faute dolosive, la jurisprudence assimile la faute lourde, la faute lourde est celle
de celui qui s’est engagé sans être capable d’exécuter ce à quoi il s’est engagé. En droit du travail
on connaît la faute inexcusable de l’employeur à propos des accidents du travail, ex : l’amiante.
L’employeur verra ses cotisations sociales majorées. Il peut y avoir des fautes qualifiées. Cette
prise en compte de la gravité de la faute ne joue qu’en matière contractuelle, pas extracontractuelle.

§2. L’existence d’un dommage

La 2ème condition pour obtenir des dommages et intérêts c’est le dommage. Le créancier de
l’obligation peut obtenir des dommages et intérêts supplémentaires s’il prouve qu’il y a un
dommage supplémentaire (ex : commande de fournitures qui servent à la fabrication, les dommages
et intérêts sont dus pour le paiement des fournitures mais en plus parce qu’elle ne peut fournir le
client).

A. Les variétés du dommage

Plusieurs catégories de dommages, le dommage corporel, conséquence pécuniaire de toute atteinte à


l’intégrité physique. Perte de gain due à l’incapacité de travail. Le préjudice matériel : toute atteinte
au patrimoine, tout manque à gagner dû à la perte ou détérioration du bien. Le droit admet la
réparation du dommage moral c'est-à-dire tout dommage de nature extrapatrimoniale, difficulté
d’évaluation, les ayants cause vont demander le prix de la douleur (chagrin). Inadéquation de la
réparation en argent. Le dommage moral peut être une atteinte au droit de la personnalité : honneur,
image, diffamation, liberté d’expression… et ce sont les conséquences non économiques de
l’atteinte à l’intégrité corporelle, ex : la victime du dommage a une diminution de ses capacités
physiques, c’est le préjudice d’agrément ensuite prix de la souffrance, préjudice esthétique et le
préjudice d’affection c'est-à-dire les souffrances qu’endurent les proches de la victime.
16/12/09

B. Les caractères du dommage

(dommage = préjudice)

Le dommage doit être prouvé par le créancier de l’obligation inexécutée.

1) Le dommage doit être certain

C'est-à-dire qu’il doit exister.


Le problème du dommage « aléatoire ». Ce qui est sûr c’est que le dommage seulement éventuel
parce que futur, n’est pas réparé. Alors que le dommage certain est réparable. Le préjudice futur et
certain est la réparation de toutes les conséquences.

La question de la perte d’une chance : c’est qu’il y a un aléa, une incertitude sur la réalisation même
du préjudice.
Ex : un avocat laissant passer le délai pour faire appel, il a certainement commis une inexécution,
mais ce qu’on ne sait pas c’est que ce recours était sûr d’aboutir.
Ex : un propriétaire de cheval de course qui ne peut pas faire courir son cheval parce qu’il est
blessé, il perd la chance de gagner la course mais on ne sait pas si la course aurait été gagnée. Le
juge se fonde sur des probabilités, si la probabilité il va admettre la perte de chance sinon il ne va
pas l’admettre.

Il faut concilier l’incertitude et la certitude.


Ex : opération de chirurgie esthétique, le chirurgien pratique lui-même l’anesthésie. Le patient
meurt. Il est certain que la mort est provoquée par le produit anesthésiant. Ce qu’on ne sait pas c’est
si l’anesthésiste avait été là les convulsions auraient eu lieu, peut être l’anesthésiste aurait injecté un
autre produit. On ne sait pas si les conséquences auraient été évitées, ce qu’on sait c’est qu’elles
auraient peut être été évitées. La formule qui définit la perte de chance : Lorsqu’il est constaté la
disparition d’un élément favorable par le fait dommageable.
Lorsque la perte d’une chance est retenue, ce n’est pas la totalité du préjudice qui est réparée mais
seulement une fraction.

2) L’intérêt lésé doit être légitime

Arrêt Perruche : naissance d’un enfant handicapé. Civ. 17 novembre 2000. Une femme enceinte fait
des examens. Le médecin ou le laboratoire s’est trompé. La femme a la rubéole et elle met au
monde un enfant handicapé. La naissance d’un enfant ne peut pas être un préjudice. La Cour a dit
que la naissance d’un handicapé est un préjudice. Mais certains disaient, le handicap vient de la
rubéole et pas à la faute du médecin. Loi anti-Perruche 2002: « nul ne peut se prévaloir d’un
préjudice du seul fait de sa naissance. La Cour avait à résoudre le problème du handicap, la femme
avait dit qu’elle avorterait si l’enfant à naître serait handicapé. Il a été décidé dans la loi que la
responsabilité n’incombe pas au médecin, et la réparation incombe à la solidarité nationale.

La victime par ricochet : préjudice des personnes autres que la victime immédiate. Ce peut être
pécuniaire, chaque fois que la personne subvenait aux besoins d’autres personnes. Ce peut être
moral : le préjudice d’affection, la personne souffre de voir quelqu'un souffrir ou mourir. La
jurisprudence exige la preuve du préjudice d’affection, c’est difficile à prouver, la jurisprudence
regarde le lien entre les personnes sans exigé un lien juridique, pas forcément de la même famille.
La fiancée peut obtenir réparation. C’est au juge qu’il appartient de déterminer qui.
3) Le préjudice pour être réparable doit être prévisible

Art 1150, il faut qu’au moment de la conclusion du contrat les parties puissent évaluer les risques.
Les contractants s’engagent en fonction de ce qu’ils pensent pouvoir supporter dans l’exécution du
contrat. Ce n’est pas la même chose que l’imprévision. La théorie de l’imprévision interdit au juge
de modifier le contrat, la force obligatoire s’impose au juge qui ne peut modifier les droits et
obligations.
L’obligation n’est pas exécutée, le créancier réclame réparation, le problème est le quantum.
Beaucoup de jurisprudence sur les contrats de transport de marchandises. Ex : un colis se perd,
l’indemnisation doit-elle aller jusqu’à la valeur de l’objet perdu ? Le problème est de savoir à quoi
s’applique la prévisibilité de l’art 1150, à la cause du dommage ou à l’imprévisibilité du dommage ?
Le transporteur sait qu’un colis peut être détérioré ou perdu, s’il n’y a pas de déclaration de valeur,
il ne peut la prévoir. La prévisibilité s’applique à la quotité du dommage. L’art 1150 : les
contractants doivent savoir au moment où il s’engage à quoi il s’engage. Si l’inexécution est
délibérée ou résulte d’une faute lourde (inaptitude absolue) dans ce cas le débiteur de l’obligation
inexécutée doit réparer l’intégralité du dommage.

§3. L’existence d’un lien de causalité

Lien de causalité entre le fait dommageable (l’inexécution de l’obligation) et le préjudice. Cette


condition résulte de l’art 1151 du C.civ. qui prévoit que seuls les dommages directs seront réparés,
le dommage doit avoir un lien direct avec l’obligation. Ex : une personne doit prendre l’avion, elle
prend un taxi, la personne manque l’avion, prend le suivant qui se crashe, la femme de la personne
se suicide. Quel est le lien direct entre le retard et le suicide ? Le plus souvent il y a une multitude
de causes qui auront un lien avec le dommage.
La doctrine a élaboré deux théories :
- La théorie de l’équivalence des conditions, c'est-à-dire que toutes les causes antérieures qui ont un
lien quelconque sont équivalentes dans la production du dommage. La victime peut demander
l’entier dommage à l’une des parties cause du dommage.
- La théorie de la causalité adéquate : laquelle ou lesquelles ont été essentielles dans la production
du dommage. Il y a des présomptions de causalité. La jurisprudence décide que si le résultat n’est
pas atteint, la réparation du dommage qui en résulte appartient au débiteur. Il lui appartient pour être
libéré de son obligation de détruire la présomption en apportant la preuve de la cause du dommage.

Ex : contrat avec garagiste qui répare la voiture, plus tard la voiture a un accident, en cause une
défaillance mécanique, la jurisprudence dit que le garagiste est responsable.
Ex : transfusion sanguine, des gens se sont retrouvés séropositifs. Ils ont demandé réparation au
laboratoire ayant fait les transfusions. La jurisprudence a condamné les laboratoires.
Ex : vaccin contre l’hépatite B, sclérose en plaque. Les personnes qui ont contracté la sclérose en
plaque ont demandé réparation aux laboratoires ayant fabriqué le vaccin. La jurisprudence estimait
que le lien de causalité n’était pas prouvé car il n’y avait pas d’études scientifiques formelles.
Dans un arrêt de 2009, la Cour de cassation a reviré en estimant qu’il y avait un lien.

Lorsqu’il y a une présomption de causalité, il appartient au défenseur d’apporter la preuve contraire.


La force majeure exonère le défendeur. En outre, le fait du créancier, la victime peut être de nature à
l’exonérer : le défendeur dit que le dommage est dû à une faute de la victime. La faute de la victime
entraîne une exonération totale du débiteur chaque fois qu’elle recouvre les caractères de la force
majeure. EN revanche elle est de nature à exonérer partiellement lorsqu’elle n’a pas ces caractères.
Le dommage pouvait être évité, il était prévisible, mais la victime par sa faute a contribué à son
propre dommage.
La Cour a modifié sa jurisprudence, ou bien la faute était imprévisible et irrésistible et il y a
réparation ou bien elle n’était ni imprévisible ni irrésistible il n’y a aucune réparation. Ex : un
passager de la SNCF entre Paris et Marseille, elle descend à Avignon et remonte dans le train qui
démarre, elle meurt, la CA estime que certes la SNCF a une obligation de résultat mais la victime a
commis une faute en montant dans le train en marche. La Cour de cassation décide de casser
estimant que le détenteur d’une obligation de résultat ne peut être exonéré partiellement. La Cour
estime que tout n’avait pas été fait pour éviter l’accident. La portée de cette solution, est-ce que la
sévérité de la décision concerne seulement la SNCF ou tous les transporteurs ou tous les débiteurs
d’obligations de résultat ou est-ce que ça ne vaut que pour les personnes ou aussi les marchandises.
La Cour dit « le transporteur », « le passager ». L’autre question est droit international la faute de la
victime était très grave est-ce que ça pourrait avoir une incidence sur la SNCF ? Dans un autre arrêt,
la Cour dit que quelle que soit la gravité de la faute même si elle est inexcusable, elle a estimé que
ce n’était pas imprévisible dans la mesure où il n’y a pas un système qui verrouille les portes une
fois le train en marche. Problème du suicide y a t il responsabilité de la SNCF.

Fait d’un tiers, le débiteur peut faire valoir que l’inexécution n’est pas de son fait mais de celui d’un
tiers, lorsque c’est imprévisible et irrésistible.

Section 2. La réparation

Section 3. Les aménagements conventionnels

Révisions :
La cause
La cause objective, abstraite ou de l’obligation est la prestation attendue dans le contrat. Le contrat
de vente la cause de l’obligation est la contrepartie, le vendeur doit transférer la propriété et délivrer
la chose, l’acquéreur a l’obligation de payer le prix. La cause répond à la question pourquoi ?
Pourquoi le vendeur doit livrer la chose ? Parce qu’il va recevoir le prix. Pourquoi l’acquéreur paie-
t-il le prix ? Parce qu’il va recevoir une chose. Dans les contrats synallagmatiques, la cause de
l’obligation de l’un est la cause de l’obligation de l’autre.

La cause subjective ou concrète est la cause du contrat lui-même, on ne s’attache pas aux
prestations mais à la cause pour laquelle le contractant contracte.

À quoi sert la cause ? Elle a deux fonctions. Tout d’abord, elle doit exister c’est la cause de
l’obligation. Il doit y avoir une contrepartie à l’obligation de l’un et une contrepartie à l’obligation
de l’autre. Si la cause n’existe pas le contrat est nul.
La cause subjective sert à vérifier la licéité de la cause, sert à vérifier que le contrat est conforme à
l’ordre public ou aux bonnes mœurs. Cette cause devait être connue des 2 parties, ce n’est plus le
cas. La Cour de cassation a modifié sa jurisprudence en 1998 (pensions alimentaires entre époux),
la cause peut n’être connue que de l’une des 2 parties, la Cour de cassation a considéré que le motif
illicite ou immoral soit connu des deux.
La subjectivation de la cause : on parle de la cause objective c'est-à-dire de la contrepartie. Cela
signifie que le juge de plus en plus est sensible à l’intérêt économique que les parties trouvent dans
le contrat. Dans un certain nombre de décisions de la Cour de cassation a approuvé les juges du
fond qui avaient admis qu’un contrat était sans cause du fait d’un déséquilibre économique. Arrêt
qui illustre cette position est l’arrêt point club vidéo, il y avait la cause objective, la société
fournissait les cassettes et le cocontractant devait payer une redevance, il y avait une cause à
l’obligation de chacune des parties. Mais les juges du fond ont été sensibles à la situation du point
club vidéo, ont inventé la notion d’économie du contrat, considère que le contrat n’avait pas
d’intérêt économique pour l’une des 2 parties. Certains auteurs en sont venus à penser que peut être
que l’équilibre contractuel serait une condition de validité du contrat. Ce n’est pas le cas dans la
théorie classique car la valeur des prestations n’est pas prise en cause. Les parties sont libres de
fixer les prestations et leurs valeurs. Le principe est que l’équilibre contractuel n’est pas une
condition de validité bien que la jurisprudence ait tendance à s’intéresser à l’équilibre des parties.
Pas de confusion entre subjectivation de la cause et la cause subjective.

L’erreur inexcusable :
Il faut distinguer selon que l’on parle de l’erreur sur les qualités substantielles et l’erreur par le dol.
Pour l’erreur sur les qualités substantielles, l’erreur inexcusable ne conduit pas à la nullité du
contrat. L’erreur sur les qualités substantielles qui est excusable peut entraîner la nullité du contrat.
L’erreur excusable ou pas engendrée par le dol conduit à la nullité du contrat.

L’erreur obstacle est une erreur énorme, les deux parties ne sont pas tombées d’accord sur un
élément essentiel du contrat. Elle entraîne la nullité du contrat. Les consentements des parties n’ont
pas porté sur le même objet.

Lorsque le prix est une condition essentielle du contrat (vente et bail), la question de la vileté du
prix ne se pose qu’à cette condition. La nullité du contrat entraînée par la vileté du prix est une
question de cause. Le contrat est sans cause lorsque le prix est dérisoire.

La bonne foi domine tout le contrat, formation, exécution et rupture.

Le terme et la condition :
La condition suspensive : le contrat est conclu de manière certaine, mais la conclusion définitive
est suspendue à un événement futur et incertain. On fait une promesse de vente, il y a un délai
pendant lequel on suspend le transfert de la vente et le paiement du prix en attendant de savoir si le
permis de construire peut être donné… On ne peut pas se rétracter pendant ce délai. Si les
conditions défaillent, le contrat tombe rétroactivement.
La condition résolutoire : le contrat est conclu définitivement et il y a un événement incertain qui
peut conduire à résoudre le contrat.
Le terme est aussi un événement futur mais on sait que l’événement se réalisera mais on ne sait pas
quand. Il y a des termes incertains, on ne sait pas quand (mort de quelqu'un), et d’autres certains
(location d’un chalet pour les vacances).

L’ayant cause particulier est tiers au contrat.

Il existe des chaînes translatives de propriété (ex : les chaînes de vente), la jurisprudence décide que
les extrêmes de la chaîne sont dans une relation contractuelle. En revanche, dans les chaînes non-
translatives de propriété (les contrats n’ont pas pour objet de transférer un bien), la Cour de
cassation décide qu’il n’y a pas d’action directe.

L’offre et l’acceptation, à quel moment le contrat est-il conclu ? Ou bien on dit que le contrat est
conclu dès que l’acceptation est formulée, donc celui qui a fait l’offre est engagé. Si en revanche on
décide que le contrat n’est formé que lors de la réception de l’acceptation. Le droit commun décide
que le contrat est formé lorsque l’acceptation est formulée, théorie de l’émission de l’acceptation
et non de la réception de l’acceptation.