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Pr Philippe Monvaillier – Université de Djibouti FICHE D'AIDE

Rédiger un article sous la forme d'un reportage (ou d'un témoignage).

Le reportage :

On peut parler de reportage chaque fois que le journaliste rapporte ce qu'il a vu, lu ou entendu. Le lecteur prend alors contact avec l'information via le vécu
du journaliste. Le style des reportages est souvent plus narratif, plus vivant. Le journaliste y est aussi plus fréquemment impliqué. Le ton, le langage laissent
aussi, souvent, transpirer la perception propre du journaliste. Ce type d'information objective mais personnalisée est généralement bien perçue par le lecteur.

Cest un texte dans lequel le journaliste rapporte les événements en allant sur le terrain, en se rendant sur les lieux de l'action. Il raconte alors ce qu'il a vu et
ce qu'il a entendu sur place. Il devient en quelque sorte un témoin "subjectif" qui observe les faits avec sa propre sensibilité.

Mais il ne suffit pas d'être sur les lieux pour réaliser un bon article-reportage. Encore faut-il que le reporter trouve le ton et les mots qui conviennent pour
persuader ses lecteurs qu'il y était et pour leur faire vivre I'évènement presque en direct.

Le journaliste utilise un vocabulaire imagé qui traduit ce qu'il a "vécu" (vu, entendu, senti) sur place. Et fréquemment, il cite l'une ou autre phrase prononcée
par l'un des acteurs ou des témoins, des phrases qu'on lui a parfois confiées en exclusivité ou qu'il a saisies au vol.

L'intérêt du reportage réside finalement dans le fait qu'il dépasse la sécheresse des dépêches de presse pour raconter l'événement avec un autre regard.

Deux exemples de reportage :

http://www.grands-reporters.com/Afghanistan-Je-ferai-des-briques.html

http://www.grands-reporters.com/Reportage-Une-journee-a-Kobane.html

Sources complémentaires :

http://fr.vox.ulule.com/comment-ecrire-bon-reportage-1202/

https://taskeriout.wordpress.com/2011/05/13/fiche-technique-n%C2%B01-l%E2%80%99ecriture-journalistique/

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FICHE TECHNIQUE N°1:


L’ÉCRITURE JOURNALISTIQUE
Le journaliste écrit pour donner des informations précises à ses lecteurs et pour être compris par tout le monde. C’est pourquoi ses articles doivent toujours avoir
les qualités suivantes:

ARTICLE CLAIR.
L’article de journal doit être facile à lire et à comprendre. La simplicité paraît toujours évidente mais c’est parfois difficile de “faire simple”.
Il faut donc préférer les phrases COURTES aux phrases longues. Certaines phrases sont si longues qu’on oublie le sujet du début quand on arrive à la fin.
Aussi, il faut éviter les constructions grammaticales trop compliquées. L’ordre logique le plus simple (sujet, verbe, compléments) est toujours le meilleur. Les
points et virgules doivent apparaître clairement et les petits mots de liaison qui forment des liens logiques entre les phrases doivent être utilisés (par exemple:
en effet, car, mais, pourtant, aussi, donc…).

ARTICLE CONCRET.
L’article de journal doit apporter au lecteur des informations précises. Il faut donc éviter de dire des “généralités” que tout le monde sait déjà. Le journaliste
est là pour raconter ce qui est nouveau, curieux, intéressant, remarquable, impressionnant, inattendu. Pour intéresser son lecteur, il doit donner des détails
CONCRETS, et non pas rester dans l’abstrait. Des informations concrètes, ce sont des descriptions précises de quelque chose qu’on a vue et qui existe
vraiment. Ce sont aussi des citations (entre guillemets. Par exemple: Monsieur Alain est boulanger et aime son métier: “Je fais du pain depuis 20 ans et
toujours avec le même bonheur…”) de personnes qu’on a rencontrées et interrogées.
Ce sont enfin des INFORMATIONS précises. Il ne faut pas écrire: “Monsieur Alain a expliqué comment il fait son pain tous les jours” mais il faut écrire ce
qu’il a dit: “Tous les matins, il allume son four (1) tout en chantant pour se réveiller et commencer la journée dans la bonne humeur (2). Puis il mélange sa
farine avec de l’eau (3)…” Il y a là trois informations concrètes qui permettent au lecteur de bien savoir ce que fait monsieur Alain alors que si le journaliste
écrit seulement: “Monsieur Alain a expliqué comment il fait son pain tous les jours”, le lecteur ne sait pas comment cela se passe.

ARTICLE AU PRÉSENT.
Il faut écrire au PRÉSENT pour que l’histoire que l’on raconte au lecteur soit vivante. Le présent, c’est plus facile, plus simple que le passé, donc c’est plus
clair. Le présent permet de raconter des choses plus proches de nous, “comme si elles avaient lieu maintenant”, donc c’est plus concret. Parfois le passé est
nécessaire mais il est possible aussi de raconter une histoire ancienne au présent.

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FICHE TECHNIQUE N°2 :


QUI? QUOI? QUAND? OÙ? POURQUOI?
QUI?
Dans un reportage, il faut citer des gens qu’on interroge. Il faut parler de ce que ces gens font. Bref, pour que le lecteur comprenne de qui on parle, il faut
donner quelques informations sur ces personnes. Par exemple: “Mohamed Hosni, 20 ans, étudiant en deuxième année d’histoire à l’Université du Caire, aime
la musique…” ou bien “Alice Lejeune, infirmière depuis 8 ans dans une clinique de Bretagne, descend tous les étés dans le Midi pour la récolte des
olives…” Ainsi, le lecteur connaît un peu la personne dont on parle dans l’article.

QUOI?
Un reportage raconte une histoire vraie, quelque chose qui s’est passée ou qui se passe. C’est un “quoi?”. Il faut donc raconter le mieux possible son sujet de
reportage en citant des personnes interviewées et en écrivant des descriptions précises. “Il se passe quoi?”; le lecteur peut répondre correctement après avoir
lu l’article si l’information s’y trouve.

QUAND et OÙ?
Le temps et le lieu sont deux informations fondamentales dans un reportage ou un article. Ce sont des repères de toutes les actions des hommes et de la vie
des choses. A ne jamais oublier!

POURQUOI?
Cette dernière question est souvent remplacée par le “COMMENT?”. Il faut en effet toujours chercher à savoir pourquoi les choses se passent comme ça et
pas autrement, pourquoi cette femme pense comme ceci, pourquoi cet homme agit comme cela. Bref, vous devez toujours poser la question “pourquoi?” aux
personnes que vous interrogez. Parfois, il n’y a pas de réponse ou elle est trop difficile à trouver, ou alors la réponse est : “C’est ainsi parce que ça a toujours
été ainsi!”. Dans ces cas, il faut alors oublier le “pourquoi” et passer au “comment” en décrivant avec beaucoup de détails (IL FAUT TOUJOURS
BEAUCOUP DE DÉTAILS). Il faut décrire comment les choses se passent, comment agit ce monsieur et comment pense cette dame. Bref, il faut toujours
écrire en gardant à la mémoire que le lecteur veut tout savoir!

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FICHE TECHNIQUE N°3 :


ANGLE ET AXES DU MESSAGE
Une fois que l’on a choisi le sujet, il faut être conscient que l’on ne pourra pas en aborder tous les aspects. On aurait toutes les chances d’aboutir à un article
difficile à construire et, au final, confus pour son lecteur. Un article s’élabore à partir d’un angle, et un seul. Choisir un angle, c’est donc aborder un seul
aspect d’un sujet.

Pour le lecteur, l’angle choisi est une porte d’entrée dans le sujet qui doit susciter sa curiosité. Pour le journaliste, c’est le moyen de porter un regard précis
sur ce sujet. C’est le fil conducteur qu’il suit scrupuleusement dans sa recherche préliminaire d’informations, son enquête sur le terrain puis la rédaction de
son « papier ».

Le message essentiel doit pouvoir se formuler en deux phrases maximum quelle que soit la complexité du sujet. Si l’on y parvient pas, c’est que l’angle n’est
pas assez précis et qu’il y a là matière à plusieurs articles.

ANGLE.
Un “angle” est une manière de voir, un point de vue précis sur un sujet. Comme on ne peut pas tout dire dans un reportage (un journal n’est pas une
encyclopédie!), on doit faire des choix.
Pour être lisible, tout reportage doit avoir un angle. Voici un exemple: si je suis à Tunis et que je choisis comme sujet d’article “le tourisme en Tunisie”, j’ai
là un très vaste sujet! En 20 ou 30 lignes de reportage, il m’est impossible de tout dire sur ce sujet.
J’ai le choix entre plusieurs façons de parler de ce tourisme: visiter une agence de tourisme pour
– connaître les goûts des clients;
– rencontrer des touristes dans un grand hôtel et les montrer;
– décrire les différentes campagnes publicitaires pour attirer les touristes en Tunisie;
– faire le portrait (article à partir de l’interview d’une personne) d’un guide touristique;
– rencontrer les responsables d’une grand musée et les gardiens…etc.
Toutes ces façons de parler du tourisme en Tunisie sont des angles différents de reportages et d’articles sur un même sujet.

TROUVER DES INFORMATIONS.


La meilleure façon est de poser des questions aux gens. Avec votre petit carnet de reporter, notez toutes les informations intéressantes que vous donne la
personne que vous interrogez. N’oubliez pas les 5 questions fondamentales: qui?, quoi?, quand?, où? pourquoi? ou comment? (fiche technique n°3). Notez
les phrases les plus importantes, les plus étonnantes, les plus drôles de ceux qui vous répondent. Il faut aussi des anecdotes et beaucoup de détails.
Une “anecdote” est une petite histoire vraie, curieuse et humoristique. Lorsque vous citez quelqu’un dans votre reportage, décrivez-le en quelques mots. Par
exemple: “Lucia, 22 ans, vendeuse de livres, porte une mèche rebelle et des petites lunettes rondes”. C’est plus vivant!

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FICHE TECHNIQUE N°4 :


CHOISIR UN TITRE “ACCROCHEUR”
Le lecteur le lit rapidement et, souvent, décide de lire complètement l’article si le titre lui plaît. On dit qu’il est “accrocheur” s’il accroche l’attention du
lecteur, c’est-à-dire: s’il l’attire, s’il éveille chez le lecteur l’envie et la curiosité d’en savoir plus.
Au contraire, un mauvais titre peut dissuader de lire un article même si celui-ci est bon. On comprend alors la nécessité de toujours soigner le titre. Il a deux
familles de titres: les titres informatifs et les titres incitatifs.

TITRES INFORMATIFS.
“Informatifs” parce qu’ils donnent une information précise. Ils doivent ainsi répondre à deux ou trois des 5 questions fondamentales (fiche technique n°3).
En lisant le titre, on apprend quelque chose, on connaît les informations principales de l’article. Le titre n’est alors rien d’autre qu’un résumé très court de
l’article où se trouve le message essentiel.
Exemple: “Sommet de Hanoï: Boutros Ghali nommé secrétaire général de la Francophonie”. En lisant de titre informatif, on sait de qui il s’agit (Boutros
Ghali), de quoi il s’agit et où cela se passe. Bref, c’est bien un titre informatif.
Le titre peut aussi être une citation importante d’une personne interrogée. Il faut alors utiliser les guillemets (“…”) et citer le nom de la personne qui dit cela.
Par exemple: Alexandre Soleil: “Vivement demain, les grandes vacances!”

TITRES INCITATIFS.
Ce ne sont pas des titres qui résument les informations principales de l’article mais des titres qui sont curieux, originaux, étonnants. En les lisant, on ne
connaît pas l’information principale de l’article mais on a très envie de lire cet article pour savoir de qui et de quoi il s’agit.
Ce titre “incite” le lecteur à entrer dans l’article et à le lire en entier. Il y a plusieurs genres de titres incitatifs. Voici quelques exemples:
– Le titre “paradoxe”. C’est-à-dire qui dit le contraire de ce que l’on croyait, qui semble contradictoire. Un exemple: “Le désert n’est pas vide”.
Normalement, ce qui est désert est vide.
Ce titre d’un article parlant de tous les animaux vivant dans les déserts, est un paradoxe. Il attire le lecteur.
– Le titre “jeu de mot”. Lorsqu’un mot a un double sens, il permet de faire un titre original.
Par exemple: “Très cher pétrole”. “Cher” signifie qu’on aime beaucoup (car le pétrole permet de faire beaucoup de choses), mais aussi qui coûte cher,
beaucoup d’argent.
– Le titre “déformation”. On peut utiliser une expression courante, un titre de film très connu par exemple ou une expression populaire dont on change
un mot.
Par exemple: “La ruée vers l’eau” pour un article sur la recherche de l’eau. Vous connaissez tous le film de Charlot ou même la simple expression: “La
ruée vers l’or”. On a simplement changé un mot.
– Le titre “recette”. Comme une recette de cuisine, le titre vous promet de tout dire dans l’article sur un sujet. Par exemple: “Tout sur la vie cachée de
Ramsès II”. Le titre attire le lecteur car, si le lecteur lit l’article, il saura tout ce qu’il faut savoir.

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FICHE TECHNIQUE N°5 :


CONSTRUIRE UN PLAN DE REPORTAGE
Un bon reportage est écrit clairement, dans une langue précise et simple (fiche technique n°1). Mais la clarté doit se trouver aussi dans le plan suivi. Plus le
plan sera simple et logique, plus le lecteur de votre reportage comprendra facilement et lira avec plaisir. C’est pourquoi il faut faire des paragraphes (un
paragraphe pour chaque idée importante). C’est aussi pourquoi il faut soigner particulièrement le premier paragraphe et le dernier.

PREMIER PARAGRAPHE.
On l’appelle “l’accroche” parce qu’il doit “accrocher”, attirer l’attention du lecteur. Comme le titre (fiche technique n°5), il peut donner l’information la plus
importante ou il peut faire appel à la curiosité du lecteur. Le début du reportage (l’accroche) peut être une CITATION importante et étonnante d’une personne
que vous avez interrogée. Par exemple: “Voici 20 ans que je suis poissonnier et pourtant je ne mange jamais de poisson!”. Ricardo Luigi est un solide
gaillard avec un large sourire qui le fait ressembler à un chanteur à la mode…”
L’accroche peut aussi être une DESCRIPTION d’un lieu, d’une situation, d’une personne. Par exemple, un reportage publié dans un journal égyptien
commençait ainsi: “Place de l’ancien opéra, dix heures du matin. Les bouquinistes ouvrent leurs étals…” et la description de la place peut se poursuivre pour
donner une atmosphère. Le lecteur a l’impression de se trouver lui-même sur la place et imagine bien ce que l’article montre. Une accroche n’est jamais une
introduction. N’écrivez pas « Nous allons dans cet article vous parler de la gare du Caire » mais emmener tout de suite le lecteur au centre de la gare.
Enfin, l’accroche peut être une ANECDOTE, c’est-à-dire une petite histoire vraie qui donne des détails, qui est très significative (qui résume bien une
situation) ou qui est amusante, étonnante et curieuse.

LES AUTRES PARAGRAPHES.


Un petit conseil d’ami: pour plus de clarté, laissez une ligne blanche entre chaque paragraphe. Dans chacun, vous réunissez toutes les informations, les
citations, les descriptions sur la même idée. Une idée importante par paragraphe et une succession logique entre tous les paragraphes. Un exemple pour
reprendre les bouquinistes de la place de l’opéra. Après l’accroche, le deuxième paragraphe raconte une anecdote (l’exemple d’un bouquiniste qui ne sait ni
lire ni écrire), le troisième paragraphe décrit les livre vendus et les clients. Le dernier paragraphe parle du rêve et des espoirs des bouquinistes (avoir un
syndicat, un plus grand espace et participer à la Foire internationale du livre…).
La succession des paragraphes est logique: description de la place et de l’installation des bouquinistes (accroche répondant aux questions qui et où?), portrait
d’un bouquiniste original (deuxième paragraphe), description de leur activité et des livres vendus (troisième paragraphe), présentation de leurs espoirs
(quatrième paragraphe).
Par exemple: un article sur les bateaux-bus dans une grande ville traversée par un fleuve se terminait comme ceci: “Les gens s’y rencontrent et font
connaissance. “Ils ne font pas que connaissance, ils se marient même!”, comme aime à le dire un jeune couple de passagers”. Voilà, c’est une touche finale
qui tombe bien. C’est pour cela qu’on appelle aussi ce dernier paragraphe la CHUTE. Quant au mot “conclusion”, il est plutôt utilisé pour la fin d’un
raisonnement, d’une démonstration ou d’une rédaction. Un reportage, c’est différent.

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