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CM histoire de l’art contemporaine.

La crise de la représentation. Art du XIX


et du XXème.
1800-1914.
La notion de modernité ne se fonde pas sur la continuité mais sur la rupture. Champ de
bataille artistique qui oppose 2 écoles :
-la peinture officielle/ académique. Fondée sur le respect d’une tradition picturale, hérité de la
tradition italienne et de la beauté idéale de l’art antique. Peinture de tradition, conservatrice
inscrite dans une continuité et une perpétuation des formes du passé. Ils sont majoritaires sur
la scène et seront soutenu par l’Etat (il forme et achète ses œuvres principalement).
-la peinture indépendante/ école moderne : fondée sur la transgression des règles
académiques. Pour eux, on doit se fonder sur l’art moderne. L’art académique est désuet, il
faut le rénover. Rupture avec la tradition classique. Rejet mais ils sont minoritaires, et ils ne
sont pas soutenus par l’Etat. Ils vont être très critiqués et moqués par le grand public, mais ils
trouveront des alliés (Baudelaire – Eugene Delacroix ; Zola – Manet et impressionnistes).
Critiques d’art qui vont tout faire pour expliquer la peinture au grand public ; des marchands
qui prennent le risque d’investir (très rare).

1780 à 1914 :
Louis XVIIIème (frère de Louis XVI) règne jusqu’à sa mort ; Charles X jusqu’en 1830, il
voulait mettre un système totalitaire : révolution. Louis Philippe monte sur le trône, duc
d’Orléans. Quelqu’un de modéré, son règne est beaucoup plus long. Le règne s’achève en
1848. Mouvement sociaux, développement de la révolution industrielle. On se révolte contre
le roi. Climat tendu. 2eme rep proclamée. Election au suffrage universel (hommes seulement).
Louis Napoléon Bonaparte élu, 1er président en 1848. en 1851, il fait un coup d’état, 2nd
empire : règne de Napoléon III. Mise en place d’une grande bourgeoisie d’affaire. Mais en
1870, guerre Allemagne / France. L’armée allemande va envahir tout le nord du pays. Fin 2nd
empire 70-71. Paris assiégé, gouvernement provisoire, début de la 3eme rep. Début de la
Commune : les ouvriers ne font pas confiance au nouveau gouvernement. Révolution écrasée
dans le sang. Paix signé : alsace et Lorraine + lourd tribut. 3eme rep 70 ans. France grande
puissance (au coté de l’Angleterre et de l’Allemagne). Siècle des révolutions scientifiques et
industrielles. Transformation du visage de la France. Exode rural. Les villes deviennent des
métropoles. Les richesses sont dans les mains de la bourgeoisie.
Chemins de fer, réseau ferré mis en place, + facile circulation ; dvt architecture métallique (ex
Tour Eiffel) ; la photo arrive et est vue comme une rivale de la peinture. Réverbère éclairé au
gaz, électricité, télégramme.
La ville est remodelée avec Haussmann pour éviter les petites rues qui favorisent les
barricades pour les révolutions. Immeubles de rapports, Haussmannien ? Nb gares, parcs, rues
pavées, réverbères. Paris= capitale culturelle de l’époque. Avènement d’une société de loisir :
Opéra Garnier (Nap3) ; théâtres et brasseries ; bals pop, guinguettes ; cabarets ; capitale de la
mode, de l’art.

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Gustave Caillebotte, Rue de Paris ; temps de pluie, 1877.

Académie et écoles des Beaux Arts (fondée en 1648). Système administratif hérité de
l’Ancien Régime. A l’origine pour les rois, ils doivent former les générations futures. Système
ouvert à un plus grand nombre, mais tjrs sur la tutelle de l’Etat. Les peintres passent et
conseillent pour les commandes. Jury pour les diplômes, ils décident qui va aux expos, et ils
donnent des récompenses. Académiciens. Les différents codes picturaux sont registrés. La
peinture d’histoire est le plus noble (peinture monumentale, de l’antiquité, mythologie, de
l’histoire de France, religion…), portraits puis peinture de genre (l’homme au quotidien),
paysage, nature morte. Enseignement hérité du XVIIème siècle, fondé sur l’art de l’antiquité.

Ingres, Le vœux de Louis XIII, 1824

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Le dessin est plus important que la couleur. Eclairage clair/ obscur, violent, donne du relief
(draperie). Narration qui doit être intelligible. Louis XIII a eu du mal à avoir un enfant, et
lorsque ce fut le cas il désigna la Vierge comme la sainte Patronne de la France.
On ne doit pas voir le coup de pinceau. L’aspect artisanal ne doit pas être vu (différent avec
les modernes).

Le Salon : le marché de l’art est très rare. On allait directement chez le peintre. Invention de la
monarchie du XVIIème : 1667 1er Salon, au Louvre au Salon Carré (ensuite Palais Royal,
Tuileries, Palais de l’Industrie…), jusqu’en 1833, biannuel, puis annuel (1855-1863 période
biannuelle). 1876 : 500000 visiteurs en 3 mois. Lien qui permet de se faire connaitre, où on
reçoit des récompenses (médiatisées, les collections s’achètent, parfois l’Etat peut même
confier la décoration d’un mouvement). Il faut passer devant un jury qui empêchera
l’apparition de tendances nouvelles (sur 7000/ 4000 rejetées). Paysagistes, réalistes et
impressionnistes souvent rejetés. Cézanne s’est présenté 15 fois au Salon, il a été accepté 1
fois.

Henri Gervex, le jury du Salon des artistes français.

1) Le néoclassicisme (vers 1780-1830).


Principal représentant du mouvement : Jacques Louis David (1748-1825).

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Le serment des Horaces, 1784.
Tableau manifeste, fondateur du mouvement. Formation classique, a étudié pendant 2 ans la
Renaissance à Rome. Quand il revient, Louis XVI passe commande. Art nouveau, il
s’intéresse à l’histoire romaine (inspirée des auteurs de l’antiquité et d’Horace de Corneille).
Il est très proche de Diderot, des Lumières (il voulait que la peinture ait une valeur morale).
Exemple de patriotisme et de stoïcisme. Tableau réalisé à Rome. Moment où le père demande
à ses fils de passer serment du patriotisme sur les autres sentiments. Espace clos, sans trop
d’accessoire ni de fond. Dallages et 3 arcades. Parait comme dans 1 pièce de théâtre. Unité
classique respectée (temps lieu action). 3 fils prêts a se battre / père demandant le
serment/mères et sœurs pleurantes. Schémas triangulaire et symétrique. Bras forts comme des
épées. Femmes effondrées molles. Hommes debout/ femmes au dessous. Dessins très nets.
Pour donner aspect dramatique : clair obscur pour modeler la musculature (force guerrière).
Proportions des corps respectées (modèles antiques). Couleurs froides et ternes mates.
Néoclass : art fonction lisible et moral. Idéal classique : modèle éthique.
Atelier qui forma des dizaines de peintres qui diffuseront le neoclass dans toute l’Europe. Très
rigoureux, il veut donner une dimension morale à ses tableaux.
Mouvement d’envergure internationale. Accompagne la révolution française, le1er empire et
la restauration. Mouvement qui s’oppose à la peinture galante, frivole, rococo, débauche.
Style qui va préconiser un retour à l’art antique.
Jacques Louis David – influencé par Nicolas Poussin, Lebrun… peintre préféré de Napoléon,
officiel de la Révolution et du 1er Empire.

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La mort de Marat

:
Serment du jeu de paume


• Le sacre de l’empereur

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2) le romantisme (1820-1850).

Eugene Delacroix : la mort de Sardanapale (présenté au Salon en 1827).

Le romantisme est partout en Europe. Foyer : Allemagne et Angleterre, France après empire
Napoléonien. Différent du neoclass car multidisciplinaire : Goethe, Bairon, Hugo et
Chateaubriand. Mouvement littéraire puis philosophie, musique, ensemble des beaux arts.
Pendant la restauration, monarchie de Juillet et 2nd empire.
Il s’oppose point par point au néoclassicisme.
Néoclassicisme : Romantisme :
Raison morale Imagination/ fantaisie
Antiquité Nouveaux sujets, inspiré litté contemporaine
Règle classique Besoin de s’évader, civilisation orientale,
Art despotique volonté retour nouvel état primaire
Intérêt M A, litté et Archi
Souffle de liberté dans la pratique picturale
Nouvelle sensibilité, intérêt pour les
mouvements intérieurs
Prône le subjectif et l’irrationnel

« Le romantisme c’est ce qui est malade, le néoclassicisme, c’est ce qui est saint » Goethe

Delacroix : formation classique mais finit son cursus en autodidacte avec Géricault. Au
Louvre, il n’y va pas pour voir Raphael, mais Rubens (flamand, mouvement, peu lisible,
couleurs et composition) et Ronèse (vénitien, couleurs et lumière).

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Influence : la mort de Sardanapale : manifeste du romantisme. Scandale au Salon, mais chef
de file du mouvement. Composition chaotique. Sujet litté contemporaine (1821 – Byron),
histoire du Proche Orient, Antiquité. Minime, assiégée depuis 2 ans. Le roi et sa concubine
demandent à être immolé. Mais D va changer la fin. Il va imaginer ce qu’était ses dernières
heures. Interprétation scène de carnage orientaliste, prétexte pour une débauche de nue,
d’accessoires…
Composition : longue diagonale. Sardanapale au serviteur. Accumulation des preuves de la
rupture :
-dessin très peu important. S : très peu esquissé, scandale car perso principal. Beaucoup
accentué sur les accessoires.
-tableau pas construit sur une perspective. Accumulation de perso. Non sens car les perso ne
sont pas debout, le cheval est à moitié. Dynamique.
- tout repose sur la ligne serpentine. Jeux de courbes et d’arabesque (influence de Rubens).
-narration du tableau incohérente. Pas de construction contact visible entre les perso. Unité
classique non respectée, annonce de la défaite/ massacre déjà engagé. Lecture difficile car
beaucoup d’objet.
Fond ocre vert et brun : fait ressortir le rouge et les accessoires dorés. Lumière violente qui
met en valeur les différentes carnations.
Peinture d’imagination grâce a laquelle le peintre va exprimer ses passions. Aucun message
moral pour la collectivité. Expression via la couleur. Imaginaire, orient, folie, désespoir,
tragique.
1er fois que Delacroix va s’émanciper de l’Académie.

3) L’académisme (1830-1880)
Jean-Dominique Ingres (1780-1867), l’Apothéose d’Homère, 1827, paris musée du Louvre
presque 4m/5m. Manifeste d’opposition à la mort de Sardanapale.

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Deux peintres dominent la peinture d’histoire après la mort de David : Delacroix (couleur
véhicule de l’expression) ; Ingres (défend la tradition académique, défend le dessin).
Antagonisme 1824-1860
Delacroix meurt 1863 ;
1867 pour Ingres (80 ans, il peignait encore). Il a traversé le siècle. Il peint Napoléon en
temps qui 1er consul ; puis en tant qu’empereur. Peintre dont l’apogée se situe avec louis
Philippe et Napoléon III.
1780 : naissance a Montauban. Il hésite entre la peinture et la musique (le violon). Il vient à
Paris. 1797 : atelier de David le + grand peintre de son temps. Enseignement néoclassique. En
1799 : admis comme élève à l’Ecole des Beaux-arts. 1801 : Lauréat Prix de Rome (major de
sa promo), 5 ans d’études gagnées à Rome pour étudier les œuvres de l’antiquité et la
renaissance.
1825 : membre de l’académie des Beaux Arts. Remplace David à la tête de l’Académie
(institut : regroupement des différentes académies (arts, sciences, lettres).
1829 : professeur à l’Ecole des B-A.
1835-1842 : directeur de la villa Médicis. Il a régné sur toutes les étapes.
1855 : grand officier de la Légion d’honneur.
1862 : sénateur.
1824 : récompensé par ses œuvres, on lui commande beaucoup de tableaux. En 1826 : est
désigné par l’Etat parmi les artistes pour décorer le Louvre. 9 salles pour des expos antiques et
étrusques. Toile a la base au plafond. Homère au centre. On trouve tout les philosophes et
écrivains. On découvre tous les gens sur lesquels le classicisme est posé.

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L’école d’Athènes, Raphael, 1509-1510. A très inspiré Ingres.
1511 fresque 440 × 770 cm Vatican
La composition est très structurée. Il va y mettre 46 personnages grandeur nature. Tous les
noms des personnages sont écris sur les marches du temple. Composition très construite et
très hiérarchisée.
Homère au centre, position très large, pour montrer la puissance et la virilité, pour lui il en fait
une sorte de Jupiter. Il a 2 accessoires : un rouleau de parchemin (l’écriture) et un sceptre
(caractère royal, le roi des poètes)
Victoire : allégorie chargée de récompenser les guerriers et les poètes. Laurier et la palme.
Rouge : allégorie de l’Iliade : glaive, renvoi à l’épisode de la guerre de Troie. En vert avec
une rame: l’Odyssée. On apporte une lyre à Homère symbole poésie lyrique.
Gauche : fils spirituels : Orphée (couronne et capuchon bleu), Hérodote en dessous d’Orphée,
Euripide, Eschyle, Sophocle, Apelle au milieu avec sa tunique bleu, le + grand peintre de
l’antiquité il tient par la main Raphael pour le présenter à Homère, Virgile toge blanche, met
sa main derrière le dos de Dante.
Droite : philosophe en 1er lieu : Platon, Socrate et Aristote. Toge rouge : Phidias. Derrière
avec son casque : Périclès. Et juste derrière encore Alexandre.
En contre bas : les modernes : fraise et moustache : Shakespeare. Celui qui désigne : Nicolas
Poussin. La fontaine et Corneille, et derrière Poussin : Mozart.
Celui qui regarde Molière, en, bas, Boileau, et plus haut : Racine. En toge qui se retourne :
Michel Ange. Derrière lui, Gluck et Fénelon.
Rigueur contre spontanéité (Sardanapale). Le fini contre l’ébauché. Composition statique.
Ingres avec cette œuvre va vraiment imposer sa vision. « Je suis un conservateur des bonnes
doctrines, et non un innovateur ». Parmi ses élèves, tous n’ont pas son génie mais ils

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continueront de dominer la peinture d’histoire. Contesté dans les années 1860, notamment par
Gustave Courbet (opposé au Classicisme d’Ingres et au Romantisme de Delacroix mais
ouverture du réalisme.

4) Le Réalisme (1850-1870)
Mvt pictural né en France, se développe a partir de 1848, et se diffuse petit a petit a travers
l’Europe (All & Belgique) grâce a Courbet. Contexte éco et social : 1848 : révolution
industrielle sur l’Europe. Va bouleverser la Sé française et européenne. Les paysans quittent
la campagne pour la ville, s’y entassent, et début des tensions sociales qui vont se développer
à travers toute l’Europe. Dvt de la gauche ; Charles Fourier : il jetait les base d’un idéal
communautaire ; Pierre joseph Proudhon philosophe et économiste qui commencera à publier
des ouvrages importants : qu’est-ce que la propriété ; la misère… s’intéresse a l’art et son
impact du principe de l’art et de sa destination sociale. Ami de Courbet, qui va servir à
travers sa peinture les théories sociales de son ami (de 48 à 77). Réagie contre le romantisme
et le néoclassicisme, le sentimentalisme. Refus de la doctrine classique, les sujets historiques,
religieux et mythologiques. Le réalisme : nécessité de montrer le réel, et de montrer une
réalité sociale. Sujet issue du quotidien, les couches les + défavorisées de la pop (paysans
ouvriers). Peintures très épaisses. Perso très important. Très moderne, volonté de stratégie.
Scandale pour faire parler de lui. Sens très moderne de la publicité. Quelqu’un connu en tant
que contestataire. Ne cache pas ses opinions. Il va faire parti du gouvernement de la
commune. Destruction de la colonne de la place Vendôme. A partir de 1871, part en exil.
Courbet n’est pas un citadin, originaire du Jura, et reste attaché a ses origines et a sa région.
Va représenter villages. Fils de propriétaires aisés. Il monte à paris faire des études de droits,
et pendant ce séjour, il décide de devenir peintre. Il est sur de sa vocation. Il va se former de
manière autodidacte. Ne passera pas aux BA. Passe par l’Académie libre (suisse). Quelqu’un
solitaire et travaille énormément. S’intéresse à l’école espagnole, aux vénitiens, et à l’école
hollandaise. Intéressé par Géricault. Travaille le jour, et le soir, partage la vie de la bohème
parisienne. Il entre en contact avec les 1ers opposants républicains : Proudhon, Baudelaire,
Castagnani, Duranty, Champfleury.
1844 : accepté au salon. (Il se présente des 1840). 1848 : climat tendu après la nouvelle
révolution. N’importe qui pourrait exposer (nouvelle loi). Il se situe comme un républicain, il
participe aux émeutes.

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En 1849 : Une après-dinée à Ornans, 1848-1849. Expose sa qualité de peintre (figures claires
avec fond sombre) récompense : médaille de deuxième classe : champs libres pour présenter
ce qui lui plait pour le Salon de 1850 :

Un enterrement à Ornans. Toile qui n’aurait jamais été accepté si elle avait été présentée.
Toile de + de 6 m de long. Donne à la vie quotidienne et rurale les sujets de la peinture
d’histoire. Enterrement anonyme (probablement son grand père mort l’année d’avant). Au fin
fond du Jura. Réalisé sur place. 40aines de personnages inconnus. Perso posés en frise. Gens
importants représentés en taille réelle. Mur humain. Perso : proche ou notables qu’il connait.

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Le berceau de son vécu, de son expérience. Raccourci de toute la Sé française rurale : 1er plan
le curé, accompagné de ses enfants de cœurs, porteurs de pierre, bedeaux laïcs qui aident le
clergé. Partie civile : maire et juge de paix. Son père, et son grand père. Il joue sur son
anonymat. Vétérans de 1793 (fait pensé qu’ils viennent enterrer un camarade).
Femme, sœurs du peintre, représentées à l’opposé. Œuvre d’après nature. Tout le monde est
venu à lui pour se faire peindre. Il les représente tel qu’ils sont, il ne les embellira pas.
Peinture objective. Attitudes et expressions réalistes. Atmosphère lourde et lugubre. Œuvre
très horizontale avec cette croix qui se détache. Les visages mis en valeur. Blanc / femmes en
noir. Harmonie chromatique.
Ce tableau va déclencher un scandale. Peintres et critiques d’art vont s’associer pour défendre
le modernisme. Culte rendu a la laideur, trivialité odieuse.
Raison du scandale ? Les dimensions : trop grandes, volonté manifeste de bouleverser. Aucun
intérêt de représenter des villageois laids que personne ne connait. Image très négative de la
province sa manière d’appréhender la mort, dénuée de tout sentiment et de toute consolation.
Tombe vide qui laisse penser qu’il n’y a pas de paradis terrestre. Montré comme un simple
aspect sociologique, désacralisation de l’aspect religieux dans la mort.
Le réalisme va vraiment bouleverser les hiérarchies : scène de genre, nature morte pour
Courbet. Mouvement de réaction du public. Lui est vu comme un révolutionnaire qui veut
renverser les idées hiérarchisées.
Jean François Millet (1814-1875) : exact contemporain de Courbet. Inspiré de la vie
paysanne. Points communs : issu de la ruralité, paysans aisés, mais habitué aux labeurs
demandés aux gens, mais va recevoir une excellente éducation. Passion littérature et peinture.
En 1837, il monte à Paris pour apprendre son métier. Différence : il va suivre les BA.
Parcours positif, se présente au concours de Rome, mais échoue. Cependant éducation
picturale très pratique. Peintre préféré : Nicolas Poussin. Mais il n’aime pas les sujets
historiques ou mythologiques. Il aime la paysannerie. C’est à partir de son sujet qu’on le
désigne comme réaliste. En 1848 il se fait connaitre. Il ne donnera pas dans le trivial et le
vulgaire. Il veut anoblir et donner un visage à la paysannerie française.

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Jean-François Millet, 1857 Huile sur toile 83 × 111 cm Musée d'Orsay, Paris

Analyse iconographique : 3 paysannes, glaneuses, les + défavorisées. Autorisées a la fin de la


journée à récupérer les derniers germes.
Œuvre très réaliste, au niveau de la temporalité (fin de journée). Met en valeur la marginalité
des glaneuses (arrière plans, paysans). Meules contrastent avec le terrain désertique où elle se
trouve.
Inspiré de la grande antiquité, reprise de la frise du Parthénon. On retrouve la science
anatomique de la statuaire grecque. Lourdeur = idée de monumentalité. Idée de la fatigue du
corps habitué à se baisser et à faire un travail éprouvant.
Angle droit atténué par la 3eme, courbe qui permet de différencier et qui englobe les deux
autres. Représentées bronzées, conditions de vie difficiles. Dépareillées, reprises + couleurs
vives, progressions de l’œil vers la courbe. Œuvre scientifiquement composée. La faction ne
posa pas scandale, mais le sujet. On pense que Millet prend parti vis-à-vis de la pauvreté,
alors que le gouvernement de Napoléon plaide qu’il a mis fin a la paupérisation des
campagnes. Champfleury : dit qu’il saisit la réalité du quotidien. La critique de gauche va se
servir de son œuvre pour défendre ses idées.

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1860. Henry Fantin-Latour, Hommage à Delacroix.
Huile sur toile 160 × 250 cm Musée d'Orsay

Tableau de personnalités rendant hommage au peintre, assis autour de son autoportrait.


Portraits permettant de s’afficher, et de montrer leur solidarité.
L’artiste a la chemise blanche, Baudelaire en bas a droite ; à droite, Edouard Manet par Nadar.
Baudelaire : fondamental dans les années 50-60. Va lancer l’histoire de la modernité. Très
intéressé par la peinture, lancera la mode pour l’écriture sur la peinture. Censuré, il ressent les
mêmes passions que les peintres. Pour B, E. Delacroix : maitre incontesté de la peinture
française. Vu qu’il est mort, il demande un génie digne de lui succéder. « Celui-là sera le
peintre, le vrai peintre, qui saura arracher à la vie actuelle son coté épique, et nous faire voir et
comprendre avec de la couleur et du dessin comme nous sommes grands et poétiques dans nos
cravates et nos souliers vernis ».
Manet commence à exposer en 1859.
Delacroix, Courbet, Manet.
« Etre de son temps, et faire ce qu’on voit ». Peintre réaliste. Il ne va pas idéaliser, il va juste
le traduire en peinture.

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La musique aux tuileries 1862.
Huile sur toile 76 × 118 cm National Gallery (Londres)

Quotidien de Manet : univers social et intellectuel.


Manet n’est pas un révolutionnaire, c’est un vrai parisien, citadin. Un vrai bourgeois. Issu de
la riche bourgeoisie (père haut fonctionnaire, mère fille de diplomate). Manet à suffisamment
d’argent il n’a pas besoin de vendre ses œuvres à tout prix. Manet veut être reconnu en tant
que grand peintre. Il veut se situer dans l’histoire de l’art. Acharnement à se présenter au
Salon. Il va se présenter presque chaque année, 1859-1883 (jusqu'à sa mort). Ses parents l’ont
poussé à passer le concours naval, qu’il fait exprès de rater. Puis on lui permet de se mettre
dans un atelier. Manières souples.
Il ne s’y sentira pas à l’aise. Il reste 6 ans. Alors il va au Louvre et va copier les grands
maitres. Puis il voyage, il va à Madrid. En Italie, et recopie les chefs ‘œuvres de la renaissance
italienne. Manet a 30 ans quand il réalise cette œuvre. Il est au fond à gauche. Cette peinture
typique va faire la réputation de Paris. C’est ce que Baudelaire voulait. Baudelaire aime la
foule, les jolies passantes. « Pour le parfait flâneur, pour l’observateur passionné, c’est une
immense jouissance que d’élire domicile dans le nombre, dans l’ondoyant, dans le
mouvement, dans le fugitif et l’infini ». Baudelaire 1863. Réalisé dans un atelier. La
technique donne l’impression que ca a été réalisé en plein air.
Manet, successeur de Delacroix. Sujet, successeur de Courbet. Précurseur de
l’impressionnisme.

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Le bain ou Le Déjeuner sur l’herbe, 1863. Huile sur toile, H. 208 ; L. 264,5 cm
Musée d’Orsay

2eme échec au Salon (59 ; 61 admis, médaille honorable ; 63 refus) cette année la, je jury était
sévère. 5000 œuvres représentées, la moitié refusée. Scandale si bien que Napoléon organise
le Salon des Refusés. C’est le public qui juge. Succès retentissant. 7000visiteurs par jour.
Salon des refusés : on y va pour se marrer. Le public du XIXème siècle rejoint une partie de la
critique conservatrice.
Réponse de Manet à la critique parisienne. Une petite expo dans la galerie Martinet. Il voulait
se tester avant le Salon. La critique a reconnu ses techniques, mais on lui reproche de ne pas
s’attaquer au nu féminin. Alors Manet va s’exécuter. Mais il va le faire à la manière de
Baudelaire. 2 amis de Manet et deux femmes. Victorine Meurent. Choix iconographique :
objet du scandale. Il était impensable de représenter un nu féminin dans une scène de genre
accompagné de deux hommes habillés.

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Alexandre Cabanel : La naissance de Vénus. 1863.

Se borne dans l’imitation et le pastiche. Succès auprès des professionnels. Napoléon III va
l’acheter pour sa collection personnelle. Position équivoque. Mais petits angelots. Italianisant
(porcelaine), garant d’une vertu gardée, mais c’est quand même hypocrite.
Œuvre de Manet influencée par Le Concert champêtre, de Titien. Deux musiciens entourés de
Nymphes.

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Aussi influencé par Raphael. Tableau perdu, mais il reste la gravure. Le jugement de Paris. Il
reprend la composition du tableau.

Carrière de Manet paradoxale : très indépendant des techniques, mais très influencé par les
grands peintres. Il emprunte des postures, des techniques, et il les adapte a la modernité. Il
n’est pas dans l’imitation, mais dans la réinterprétation (plastique et iconographique).
Facture de la toile inhabituelle.
Peinture aca : traitement du corps humain fondamental. Chez lui, les corps sont plats. Loin de
la suavité des œuvres de Cabanel par exemple. Il ne résonne que par des valeurs plastiques
chromatiques (blancheur différents des couleurs sombres). Pas de dégradé, ni de clair obscur,
traité par tache. Paysage plat. Pas de perspective. Traité par petites taches de couleur posé en
aplat. Même traitement que la figure humaine, scandale car celle-ci doit être mise en valeur. Il
va unifier les figures et l’espace au même moment. Il veut nous montrer de la peinture avant
de nous montrer une femme nue.

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Olympia, 1863, présenté au Salon de 1865. Huile sur toile 130,5 × 190 cm Musée d'Orsay

Victorine Meurent. Elle regarde indifférente, paravent, bouchant la perspective. Mise en


valeur du nu féminin. Dialogue établi entre l’art ancien. La Vénus d’Urbino de Titien. Petit
chien, petit chat chez Olympia. Position des oreillers prédominante. Cf. La grande Odalisque
d’Ingres. Accessoires orientaux : narguilé, turban et éventail de plume de paon.
Olympia = Odalisque moderne. La servante noire fait référence au genre de l’Odalisque. Les
courtisanes préférées étaient déguisées en Vénus. Olympia = prostituée. Olympia c’est le nom
qu’on donne aux femmes de petite vertu. Tableau insolent, le chat noir fait le gros dos et
crache sur les spectateurs. Facon d’emmerder les hypocrites de son temps.
Chien (fidélité) replacé par le chat (symbole de la luxure).
Main forte sur le sexe, qui représente l’interdit. Placée au centre de la composition. Alors que
celle de Titien est équivoque.
Cf. Les Fleurs du mal. Beauté noire (fascination B pour l’exotisme)
« La très chère était nue et connaissant mon cœur elle n’avait gardé que ses bijoux sonores »
« Sous tes souliers de satin, / sous tes charmants pieds de soie/ Moi je mets ma grande joie, /
mon génie et mon destin »
« J’eusse aimé vivre auprès d’une jeune géante comme aux pieds d’une reine un chat
voluptueux. »

La Vénus d’Urbino.
Titien, 1538 Huile sur toile 119 × 165 cm Galerie des Offices

19
La Grande Odalisque
Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1814 huile sur toile 91 × 162 cm Musée du Louvre

Victorine Meurent n’est pas idéalisée. Petite, menton en avant.


Sa silhouette est entourée de noir. Permet de faire ressortir le corps. Couleur crème. Il bouche
sa composition. On a l’impression qu’elle est au bord du lit. Tout est mis sur le même plan.
Ce n’est pas seulement l’indécence du nu qui nous fait face, mais la peinture dans toute sa
surface. Manet joue sur les crèmes. Peu de peintres en saisissent la subtilité. Zola va défendre,
le reste de la critique va s’acharner. « Gorille femelle » « créature coquasse » « vierge sale ».
Manet est considéré comme un dangereux révolutionnaire de la peinture. Manet a des amis.
Café Guerbois. Rendez vous de la bande à Manet : Fantin-Latour, Whistler (1834-1903)
Cézanne, Renoir, Degas, connu en 1874 avec les impressionnistes. Manet a influencé
l’impressionnisme, mais il n’en fait pas parti.

20
Symphonie en blanc n°1. La jeune fille en blanc, 1862
Huile sur toile - 213 x 107,9 cm
Washington, National Gallery of Art

Américain. Carrière internationale. Il passe son enfance en Russie. A 14 ans, il retourne à


Londres. Ensuite, retour aux EU, pour une formation militaire. Il part pour Paris. 1855. il va
travailler dans un atelier académique, pas reçu aux BA, mais il rencontre des gens importants
comme Fantin-Latour, Courbet, qui l’encourage. Passerelle entre France et Angleterre. Œuvre
refusée au Salon Royal Academy, exposé à Londres, petit succès, puis présenté au Salon,
refusé donc Salon des refusés.
Portrait jeune femme rousse, représenter en pied, grandeur nature. Pas de gestuelle, un peu de
mélancolie. Robe blanche, manche bouffante. Bras ballants, fleur tète en bas. Décors neutres.
Quelques motifs blancs. Tête loup 1er plan, gueule grande ouverte. Fourrure posée sur un
tapis. Joanna Hiffernan, alias Jo. Elle pose pour cette toile, maitresse et modèle de Whistler.
Jeune irlandaise catholique, célèbre pour sa beauté, appréciée pour son intelligence, et qui s’y
connaissait en peinture. Elle sera présentée à Courbet, et deviendra sa maitresse. 2 fois
représentée : la belle irlandaise et le sommeil. Nouveau canon de la beauté féminine. Initié
par les préraphaélites. Ils commencent à peindre début des années 50. Femmes élancées,
chevelure rousse, peau blanche, beauté fragile.

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Ophélie, J. Everett Millais. Exposée en 1865 à Paris.
Renvoi à l’esthétique anglaise.
Œuvre divisée en 2 : verticale qui passe par la fleur et l’épaule gauche. Le motif de la fleur :
au centre. Symétrie tête de Joanna, et tête du loup. Figure très aplanie. Pas de décors
architecturés. Pas cette fameuse perspective. Tout est blanc. Les seules notes : tapis, pétales
de fleurs, mise en valeur de la coiffure. Il veut montrer a quel point il maitrise la peinture.
Le blanc de la robe est le + mat, il saute aux yeux. Ombres : un peu de gris. Le rideau est
légèrement ocré, doré. Fond animé. La peau du loup est beige, rousse. Animé par des reflets
dorés et argentés, ce qui renvoi aux manches et aux rideaux. Œuvre ou tout le travail de
l’œuvre peut être vu. Il va varier sa touche en fonction des effets qu’il veut. Robe : verticale,
tissu du baptiste. Opposé fourrure du loup, façon soyeuse, petit pinceau léger. Tapis fait de
manière à ce qu’on dirait qu’il est tissé. Œuvre qui donne à voir la peinture plutôt que ses
sujets. Whistler très influencé par la France. Des deux cotés de la manche, les discussions
vont tourner autour du sujet. La clé de ce portrait réside dans l’inexpression du portrait.
Renforcé par les bras ballants. Ses grands yeux ne traduisent aucune émotion. Œuvre d’un
réalisme radical. C’est un modèle habillé en blanc. Pour la critique c’est impossible qu’il n’y
est pas d’interprétation. Dickens, femme adultère.
Castagnari : dit qu’il s’interroge le lendemain de sa nuit de noce sur sa virginité.
Fantômes… médium, spiritisme.
Symphonie, variation, harmonie. Il essaye de trouver des équivalences entre la peinture et la
musique.

5) le symbolisme.

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Gustave Moreau (1826-1898). Hésiode et la muse
Huile sur bois, 59 x 34,5 cm

On est inquiet pour le grand genre, la peinture historique. Celui qui va lui donner une nouvelle
modernité. A 7 ans, il lit Ovide, Homère et Dante. Il va illustrer la culture classique toute sa
vie. Il va rater le concours du prix de Rome en 48-49. 10 ans après, il décide de partir en Italie
à ses frais. Tour de l’Italie pendant 2 ans. Il copie l’antiquité, et la Renaissance. Il la parcourt
de long en large. Passion pour Raphael et Léonard.
Inspiré d’un bas relief antique. Bonnet frigien, flute, et bâton de berger. Il est considéré
comme le père de la mythologie. Elle lui amène les attributs du poète : lyre, et couronne de
laurier. Sorte d’annonciation. Coté surnaturel (bâton qui fleurit). Mission sacré : se battre pour
la peinture d’histoire.
En 58-59, il revient en France, 35, a peu exposé, et peu connu.

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Œdipe et le Sphinx. Grand succès pour l’artiste. 1864, Huile sur toile - 206 x 105 cm
New York, Metropolitan Museum

Resserré dans un cadre vertical. Moreau ne raconte pas un épisode mythologique.


Confrontation muette, le sphinx est agrippé à lui. Lutte homme/ femme ; homme/ animal,
Bien/ Mal. Apparition Manet, Delacroix et Ingres disparaissent, Moreau : rénovateur.

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