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PREMIERE EDITION - OCTOBRE 2016

Ce manuel a été réalisé par MECATER Ingénierie pour la Direction de la Mine de COMILOG.

Ce manuel est la propriété de COMILOG et ne peut être reproduit même partiellement sans l’autorisation écrite du directeur général de
COMILOG ou de son représentant dûment autorisé.

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Le stockage des rejets de la laverie de la COMILOG se fait dans des
bassins de décantation formés par des digues d’enclôture en pisolites et
aménagés sur les niveaux exploités de la carrière.

Huit bassins de rejets de laverie (B1 à B8) ont été conçus par MECATER
Ingénierie et aménagés progressivement par la COMILOG depuis 2007.
En moyenne, chaque bassin couvre une superficie de 10 ha et offre une
capacité de stockage proche de 1 million de m3, qui correspond à la
quantité annuelle de rejet.

Le présent document intitulé « Manuel CCES » comporte une


formalisation des bonnes pratiques relatives à la conception, la
construction, l’exploitation et la surveillance des bassins de rejets de
laverie et de leurs ouvrages annexes.

Ce manuel permet de rappeler les méthodes de conception, de donner


des ordres de grandeur des paramètres de dimensionnement et de
vulgariser les bonnes pratiques de construction et d’exploitation pour les
besoins du personnel de la COMILOG. Il constitue aussi un référentiel
pour les sous-traitants dans le cadre des prestations qui leur seront
confiées.

Les méthodes et techniques, présentées dans ce manuel, doivent être


appliquées par les concepteurs et les exploitants de la COMILOG qui
restent responsables de mener une analyse critique spécifique à tout
ouvrage résultant d’une analyse multicritère et d’une analyse de risques.
Le recours à des pratiques différentes de celles présentées dans ce
manuel doit être justifié et validé par les référents de la COMILOG.

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Les rejets de laverie sont des stériles miniers issus d’un processus de
traitement de lavage / criblage sans ajout d’additifs chimiques. Réf :
Flowsheet Laverie N°2094 A-P-P-00066.
Ce manuel a été élaboré en se référant à la réglementation en vigueur et aux
études qui ont été réalisées dans le cadre des projets de construction des
bassins de rejets de laverie :

■ Réalisation de bassin pilote et d’essais de laboratoire pour l’étude


expérimentale du comportement des digues et de décantation des rejets /
Etude de cadrage technico-économique pour la création d’une structure de
stockage des boues résiduelles de l’ancienne usine Comilog, Réf : 1720 A-
RP-80024B-XM, TEC Ingénierie, 2003

■ Justifications géotechniques relatives au projet de construction du


bassin de rejet B3, COMILOG, Moanda - Gabon, Réf : Mecater/COM/11/SG/
A/2009, MECATER Ingénierie, 2009

■ Elaboration d’un schéma directeur pour le stockage des rejets de


laverie, Proposition d’alternatives pour l’optimisation du stockage des ultras
fines après le remplissage des bassins B1 à B4, COMILOG, Moanda -
Gabon, Réf : Mecater/COM/41/SG/A/2010, MECATER Ingénierie, 2010

■ Stockage des rejets de la laverie, Avant-projet détaillé, Aménagement


du bassin de rejets de laverie B8, COMILOG, Moanda - Gabon, Réf : COM-
15-07, MECATER Ingénierie, 2015

■ Stockage des rejets de la laverie, Avant-projet détaillé, Aménagement


du bassin de rejets de laverie B9, COMILOG, Moanda - Gabon, Réf : COM-
16-04, MECATER Ingénierie, 2016

■ Cahiers des Clauses Techniques Particulières des travaux


d’aménagement des bassins de rejets de laverie B1 à B7, COMILOG,
Moanda - Gabon, MECATER Ingénierie.

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Les données d’exploitation relatives aux rejets industriels de la laverie de Moanda
sont fournies par ERI et sont récapitulées dans les tableaux ci-dessous :
Paramètres des rejets industriels et de la pompe de refoulement des rejets
Débit volumique de la pulpe (m3/h) 550
Siccité (%) 23
Densité de la pulpe (g/cm3) 1,15
Densité humide (g/cm3) 1,48
3
Densité des grains solides (g/cm ) 2,85
3
Densité sèche (g/cm ) 0,73
Pluie maximale journalière (mm/j)* 200
Pompes Warman pump
Type des pompes de refoulement des rejets (2
à montage horizontal
pompes, une en marche et une en réserve)
10/8 FM A05/A05/F
Repère d’installation des pompes 37P01A/B
Diamètre de roue (mm) 549
Diamètre bride d’entrée (‘‘) 10
Diamètre bride de sortie (‘‘) 8
Type d’entrainement Poulies-courroies
Vitesse rotation maximale (tr/mn) 1450
Moteur d’entrainement Asynchrone
Puissance d’entrainement 250 KW
*Donnée interpolée à partir de mesures réalisées par l’ORSTOM entre 1956 et 1976 sur quelques
station (Lastourville, Libreville, Lambaréné,…)

Vue des pompes de refoulement des rejets industriels

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Les données géotechniques adoptées pour les projets de bassins de rejets de
laverie réalisés sont basées sur des essais de laboratoire effectués sur des
prélèvements d’échantillons intacts à différentes zones du plateau de Bangombé.
Les caractéristiques de référence retenues pour le dimensionnement des bassins
sont récapitulées dans le tableau ci-dessous :

Caractéristiques géomécaniques et géotechniques des matériaux


Remblai en
Pisolites
Paramètre pisolite Ampélites Pélites Rejets Unité
en place
compactée
γsat 21 21 21 18 20 kN/m3

γunsat 19 19 19 16 18 kN/m3

E - 50 1000 - - MPa

ν - 0.3 0.25 - 0.4 -

C 5 5 50 10 5 kPa

φ 32 32 20 15 25 Degrés

Kx 10-5 10-6 10-7 - 10-8 m/s

Ky 10-5 10-6 10-8 - 10-8 m/s

Avec :

■ Densité saturée (γsat en kN/m3)


■ Densité non saturée (γunsat en kN/m3)
■ Module de déformation élastique (E en kN/m²)
■ Coefficient de Poisson (ν)
■ Angle de frottement (φ en °)
■ Cohésion (C en kN/m²)
■ Perméabilité verticale et horizontale : Ky et Kx (m/s)

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D’après l’évaluation de l’aléa sismique dans la région de Franceville, il apparaît
que la sismicité est « négligeable mais non nulle », correspondant à une intensité
inférieure à VI selon l’échelle MSK (échelle de Medvedev-Sponheuer-Karnik)
avec une récurrence rare (inférieure à la centennale). Cf. Evaluation de l'aléa
sismique dans la région de Franceville - Réf : Mecater/COM/17/KG/A/2010.
L’accélération horizontale pseudo-statique adoptée pour la conception des
projets de bassins de rejets de laverie est de 0.09 g pour les sols meubles et 0.06
g pour les sols rocheux. Cf. Rapport GEOTER, 2017.

Les investigations géotechniques nécessaires à la justification du projet ont pour


objectif d’évaluer la résistance mécanique de l’assise et de vérifier l’absence
d’une configuration défavorable du substratum.

Ces investigations sont obligatoires au niveau de la zone d’ancrage de la digue


d’enclôture et sont recommandées au niveau de la zone de la retenue du bassin
de rejets de laverie.

Afin d’évaluer la résistance mécanique de l’assise du bassin de rejets de laverie,


les travaux suivants sont à prévoir :

■ Réalisation d’une cartographie géologique de la zone du projet.

■ Réalisation de sondages géotechniques in-situ sur une profondeur minimale de


10 m dans l’assise avec identification des matériaux recoupés et mesure du
niveau de la nappe. Le nombre et l’emplacement des sondages dépendent des
spécificités de chaque site.

■ Dans le cas où des horizons non identifiés sont retrouvés au niveau de l’assise,
des essais de caractérisations mécaniques doivent être réalisés sur ces
matériaux particuliers (analyses granulométriques, limites d’Atterberg, teneur en
eau, densités humides, essais œdométriques, essais triaxiaux non consolidés
non drainés, essais triaxiaux consolidés non drainés avec mesure des pressions
interstitielles).

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La conception d’un projet de bassin de rejets de laverie doit tenir compte de
plusieurs paramètres, parmi lesquels :

■ Topographie, morphologie et bassin versant de la zone du projet

■ Hydrologie et hydrogéologie de la zone du projet

■ Contexte géomorphologique du site

■ Disponibilité sur le site, ou à proximité, de pisolites nécessaires pour la


construction des digues

■ Sismicité

■ Impact sur l’environnement et incidence du projet sur les ressources


minérales

■ Délais de réalisation

■ Considérations technico-économiques, contraintes d’exploitation et


analyse de risques

La conception d’un projet de bassin de rejets de laverie comprend l’élaboration


d’un design conceptuel qui devra faire l’objet de justifications et de vérifications
techniques.

Le profil type de la digue d’enclôture qui satisfait les conditions de stabilité


géotechnique présente une hauteur de 12 m avec une largeur en crête de 6 à
10 m.

Le talus amont sera construit avec une pente de 32° et le talus aval avec une
pente de 27° pour chacun des talus séparés par une banquette de 5 m de large.

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Profil en travers type d’une digue d’enclôture

Vue en plan montrant la disposition des drains sous la digue d’enclôture

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Vue de la mise en place des drains sous la digue d’enclôture

Vue de la sortie des drains en aval de la digue d’enclôture

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Le système de récupération des eaux claires est composé des éléments suivants :

■ Une buse perforée « clarinette » de 300 mm de diamètre placée sur le talus amont de la
digue du côté opposé aux différents points de rejet
■ Un regard en béton armé de collecte des eaux claires placé à la côte du TN au niveau
du pied de talus amont de la digue d’enclôture
■ Une buse en PEHD qui passe à travers la digue d’enclôture
■ Un puisard cylindrique en acier placé en aval immédiat de la digue d’enclôture et muni
d’une pompe de type FLYGT débitant 400 m3/h
■ Une conduite de refoulement en PEHD, diamètre 500 mm

Circuit d’acheminement des eaux claires du bassin vers le puisard

La mise en place et l’assemblage des ouvrages du système de récupération des eaux


claires doivent être réalisés en concordance avec le phasage de construction de la digue
d’enclôture.
Les eaux claires sont récupérées par une buse métallique placée sur le talus amont de la
digue du côté opposé aux différents points de rejet. Il s’agit d’une buse perforée à des
distances égales qui fonctionne par débordement des eaux claires dans les trappes de la
buse qui seront fermées au fur et à mesure que le niveau des boues augmente.
Ces buses débouchent dans un regard en béton armé placé à la côte du terrain naturel.
L’eau claire passe par la suite à travers la digue d’enclôture moyennant une buse en
PEHD et est acheminée jusqu’à un puisard. Cette conduite en PEHD sera connectée à la
conduite métallique du puisard par un collet à souder avec une bride en acier.
Les eaux claires collectées dans le puisard seront pompées vers une zone à spécifier lors
de chaque étude de projet.

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Le système de récupération des eaux claires est normalement conçu pour
évacuer les eaux surnageant ainsi que les eaux de pluie. Toutefois, dans un
objectif d’atténuation des risques de débordement, il est recommandé de mettre
en place un système d’évacuation des crues exceptionnelles à « surface libre »,
dimensionné pour une période de retour minimale de cinquante ans.

L’aménagement d’un évacuateur de crues pour un bassins de rejets de capacité


moyenne de 1 million de m3 être pourrait mis en place moyennant :

■ Un évacuateur de crues mis en place moyennant un déversoir à seuil libre


de 2 m de large installé à 1 m sous la crête des digues d’enclôture. Ce seuil
déversoir en béton armé est prolongé par un coursier en perrés maçonnés
jusqu’au pied du talus aval des digues.

■ Un évacuateur de crues mis en place moyennant trois conduites en PEHD


Ø=300 mm installées à 1 m sous la crête des digues d’enclôture. Ces trois
conduites sont prolongées jusqu’au pied du talus aval des digues.

Vue 3D d’un évacuateur de crues muni d’un déversoir à seuil libre

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Coupe longitudinale d’un évacuateur de crues muni d’un déversoir à seuil libre

Coupe transversale au niveau des conduites d’évacuation des crues

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Coupe longitudinale au niveau des conduites d’évacuation des crues

Coupe transversale au niveau des conduites d’évacuation des crues

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La justification d’un bassin de rejets de laverie repose essentiellement sur les trois critères
suivants :

Les caractéristiques hydrauliques de la pompe de refoulement de la pulpe « pompe 37 »


limite l’implantation des bassins dans un rayon de 4 km par rapport à la laverie de la zone
industrielle de Moanda et à une cote maximale de rejet égale 596 m.

A défaut un système de relevage doit être réalisé.

■ Le rendement topographique du bassin de rejets de laverie, défini par le rapport entre le


volume de la retenue et le volume de remblai de construction des digues d’enclôture, doit
être supérieur à 1. Pour respecter ce critère, l’emprise du site de bassin de rejets de
laverie doit être la plus plane possible.

■ La hauteur des digues (dénivelé entre pied et crête) doit être limitée à 18 m.

■ La construction des bassins dans les cours d’eau permanents n’est pas autorisée
■ Les bassins doivent être situés à plus de 50 m par rapport à la crête des talwegs et des
berges des cours d’eau permanents
■ Les bassins doivent être éloignés à plus de 100 m des crêtes du plateau de Bangombé
■ Les rejets des eaux claires dans le milieu naturel sont autorisés
■ Le comblement des fonds des carrières exploitées par les rejets est privilégié

La conception des digues d’enclôture doit permettre de garantir la stabilité des digues et
des rejets en cours d’exploitation et à long terme (contrôle de la qualité de l’assise,
géométrie adaptée et dispositions de fermeture des bassins dès la fin de l’exploitation).

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La vérification du fonctionnement du réseau hydraulique de refoulement des rejets est
réalisée moyennant l’estimation des pertes de charges dans le réseau.

Les pertes de charge linéaires sont calculées par la formule suivante :

  L V 2
JL 
2 g  D
Avec :
■ JL= Perte de charge linéaire (m)
■ V= Vitesse d’écoulement dans la conduite (m/s)
■ L= Longueur dans la conduite (m)
■ D= Diamètre de la conduite (m)
■ λ= Coefficient de perte de charge déterminé par la formule de Colebrook :

1 2,51 1 K
  2 log10 ( .  )
 Re  3,7.d
Avec :
■ k= Indice de rugosité de la conduite (≈0.01)
■ Re = Nombre de Reynolds = φ.V.D/µ avec µ est la viscosité dynamique = 10-3 kg/ms
■ φ = Masse volumique de la boue (= 1,12 )

Les pertes de charge singulières sont déterminées par la formule suivante :


J S   ki 
2 g
Avec :
■ ki : Coefficient de perte de charge relatif à chaque singularité.

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L’objet de ces justifications est de vérifier que le niveau hydrodynamique demeure en-
dessous du niveau du talus aval de la digue et d’éviter ainsi l’érosion régressive
interne (phénomène de renard).

Les simulations numériques calées par des mesures in-situ dans les bassins
existants ont permis d’adopter le modèle de rabattement présenté dans la figure ci-
après.

Modèle de rabattement du niveau hydrodynamique dans la digue d’enclôture

Ce modèle est valable pour la géométrie de référence et pour la phase ultime de


l’exploitation, soit pour moins d’un an après la fin du remplissage.

Le bassin doit être mis hors d’eau dès la fin du remplissage. En cas de changement
de géométrie, le modèle doit être justifié par des calculs hydrodynamiques
spécifiques à la nouvelle conception.

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Pour éviter le phénomène de Renard, la règle de LANE est appliquée pour empêcher
l’érosion régressive dans la digue. La formule de LANE est la suivante :

Sf = [(Lv + (1/3) Lh) / H] / C

Avec :
■ Lv : Longueur de cheminement vertical (m)
■ Lh : Longueur de cheminement horizontal (m)
■ H : Charge hydraulique en amont de la digue (m)
■ C : Coefficient de LANE (6,5 pour les pisolites)

Le facteur de sécurité Sf donné par la formule de LANE doit être supérieur à 1.

Géométrie du modèle hydrodynamique de la digue d’enclôture

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L’objet des justifications hydrologiques est de vérifier les dimensions de
l’évacuateur de crues. Cet ouvrage doit être conçu pour évacuer la crue
maximale probable équivalente à 200 mm/j*.

Le déversoir est dimensionné moyennant la formule suivante :

Avec :

■ D : Diamètre de la conduite de vidange (mm)


■ Vs : Volume de la tranche de sécurité correspondant au mètre supérieur du
bassin (m3)

Pour un bassin d’une superficie de 10 ha, il faut prévoir 3 conduites de diamètre


Φ=300 mm.

* Donnée interpolée à partir de mesures réalisées par l’ORSTOM entre 1956 et 1976 sur quelques station
(Lastourville, Libreville, Lambaréné,…)

La démarche à suivre pour la justification géotechnique d’un projet de bassin de


rejets de laverie est résumée dans le tableau ci-après.

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Phénomène étudié Types de calcul et paramètres Critères Illustrations

Méthode des tranches verticales à Conditions


l’équilibre limite (Bishop) normales : Coefficient
Rupture intrinsèque de sécurité > 1,5
de la digue Code de calcul « Talren »
Conditions
Caractéristiques non drainées C’ et φ’ sismiques : >1,2

Méthode des tranches verticales à


l’équilibre limite (Bishop)
Rupture profonde Coefficient de sécurité
affectant l’assise Code de calcul « Talren » > 1,3

Caractéristiques non drainées C’ et φ’

Calcul aux éléments finis

Hypothèse de Terzaghi Surpression résiduelle


Consolidation des
maximale de 30 kPa
rejets Caractéristiques non drainées C’ et φ’ après un an
Code de calcul « Plaxis »

Calcul aux éléments finis Code de


Tassement des digues < 10 cm
calcul « Plaxis »

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Les couches de pisolites et de remblai existants sous l’emprise des digues doivent être
décaissées. Cette procédure permet de garantir un ancrage de la digue sur une assise
constituée de matériaux non remaniés.

Chantier de terrassement de l’emprise d’un bassin de rejets de laverie

Des drains doivent être aménagés à la base de la digue d’enclôture. Ils permettent le
rabattement de la nappe dans la digue en cas d’une remontée anormale des pressions
d’eau. Ces drains, constitués de ballast, doivent présenter une section minimale de 1 m².
Toutefois, dans le but de minimiser le coût des travaux, les drains en ballast peuvent être
remplacés par des drains en fines (sable du terril) entourés par du géotextile séparateur.

Les emplacements de ces drains doivent être relevés sur plan topographique et leurs
sorties au pied de la digue doivent être dégagées et bien signalées par des panneaux.

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La construction de la digue d’enclôture se fait par couches de 0,5 m de pisolites* étalées
au bull.

Chaque couche doit être compactée au rouleau afin d’homogénéiser les pisolites et
d’obtenir une compacité optimale (densité proche de 21 kN/m3).

La crête de la digue d’enclôture doit être nivelée en respectant un dévers de 2% vers


l’amont afin de mettre hors d’eau le talus aval de la digue et empêcher le développement
d’érosion régressive sur le talus aval.
* Ip pisolite <20 et infra 80µm<10%

Construction de la digue d’enclôture par poussage au bull des pisolites

Talutage de la digue d’enclôture par pelle

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Typiquement, la digue d’enclôture d’un bassin de stockage des rejets de laverie est
construite en continue par remblai jusqu’à atteindre la cote ultime du projet.

Le méthode de construction de la digue d’enclôture est la méthode dite « aval » qui


consiste à ériger les rehaussements sur la crête et sur l’aval de la digue.

La méthode de régalage et de compactage des talus est la méthode dite de « remblai


excédentaire » qui consiste à réaliser le piquetage du pied de remblai avec un excédent
horizontal de chaque côté d’une largeur de 1 m de manière à compacter efficacement le
remblai sans danger pour le compacteur. Les matériaux d’excédent doivent être enlevés
lors du régalage final du talus. Ces matériaux peuvent être réutilisés en remblai.

Selon les contraintes d’exploitation, il est possible de construire la digue du bassin des
rejets de laverie en deux phases :

■ Réaliser une digue de démarrage dont les dimensions sont de 6 m de hauteur et de 6 m


de largeur en crête

■ Rehausser la digue vers l’aval jusqu’à atteindre la cote ultime du projet

Construction phasée des digues d’enclôture selon la méthode « aval »

Quelque soit le mode de construction, la hauteur maximale recommandée des bassins ne


doit pas dépasser 18 m.

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Le système de récupération des eaux claires est composé de 4 ouvrages principaux :

■ Une buse perforée « clarinette » placée sur le talus amont de la digue du côté opposé
aux différents points de rejet

Montage des trappes d’une buse perforée « clarinette »

Buse perforée « clarinette » fonctionnelle

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■ Un regard en béton armé de collecte des eaux claires placé à la côte du TN au niveau
du pied de talus amont de la digue d’enclôture

Regard de collecte des eaux claires en béton armé

Préparation de l’emprise du regard de collecte des eaux claires et de sa jonction

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■ Une buse en PEHD ou en béton armé qui passe à travers la digue d’enclôture

Pose de la buse à travers la digue d’enclôture

Vue de la buse passant sous la digue d’enclôture

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■ Un puisard cylindrique placé en aval immédiat de la digue d’enclôture

Pose du puisard cylindrique des eaux claires

Vue du puisard cylindrique des eaux claires après sa pose

La mise en place et l’assemblage des ouvrages du système de récupération des eaux


claires doivent être réalisés en concordance avec le phasage de construction de la digue
d’enclôture.

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Vue d’une conduite de refoulement des boues sur la crête d’une digue d’enclôture

Vue en plan d’un réseau de de refoulement avec les points de rejets

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Les évacuateurs de crues exceptionnelles devront être calées à un mètre sous la
crête de la digue d’enclôture en veillant à respecter une pente aval de 2% au droit du
radier constituant le déversoir ou des conduites d’évacuation.

Le radier constituant le déversoir ainsi que le coursier en perrés maçonnés devront


être ancrés dans la digue moyennant des longrines en béton armé. Le coursier est
prolongé jusqu’au pied du talus aval de la digue d’enclôture.

Au niveau de l’exutoire de la conduite d’évacuation, le talus aval de la digue doit être


protégé par de la géomembrane ou par des bandes de convoyeur usagées de 1 m de
large afin d’éviter son affouillement en cas de déversement des eaux. Les conduites
sont prolongées jusqu’au pied du talus de la digue d’enclôture.

Détail de la sortie de l’évacuateur des crues à seuil déversoir

Détail de la sortie des conduites d’évacuation des crues

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Le suivi de la qualité d’exécution permet de vérifier la conformité du projet par rapport à la
conception et de détecter les éventuelles anomalies.

Le suivi d’exécution doit être maintenu du début de la construction jusqu'à la réception de


l'ouvrage. Les principales procédures de suivi sont récapitulées dans le tableau ci-après :

Procédures de suivi d’exécution d’un bassin de rejets de laverie


Objet de la
Dispositifs Intervenant Fréquence et commentaires
mesure
Mesures mensuelles à
1 repère (plot Géomètre
traduire en courbes, précision
Déplacements topographique) COMILOG +
et fréquence adaptables en
superficiels tous les 100 m en Prestataire
fonction du vieillissement de
crête de la digue externe
l’ouvrage
Ligne de
saturation / 6 Piézomètres /
Mesures hebdomadaires en
Niveau d’eau bassin à poser en Technicien
phase d’exploitation puis
dans le corps crête et sur la géotechnicien
annuelle
des digues banquette
d’enclôture

Exemple de plan d’implantation de piézomètres Coupe type d’un


(cas du bassin B2) piézomètre

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Les principaux contrôles réalisés par le bureau d’ingénierie externe concernent les points
suivants :

■ Implantation de la digue notamment l’emprise du talus aval par rapport aux différentes
contraintes géotechniques locales identifiées en phase conceptuelle

■ Géométrie des talus amont et aval de la digue (pente, hauteur et largeur en crête)

■ Travaux de préparation de l’assise notamment le curage des matériaux remaniés sous


l’emprise du talus aval de la digue d’enclôture

■ Mise en place des drains sous le talus aval de la digue et particulièrement la qualité du
matériau drainant et les dimensions des tranchées

■ Construction du système de récupération des eaux claires (compactage de l’assise,


raccordement des buses, ferraillage, qualité du béton, …) et test de mise en charge en fin
d’exécution

■ Qualité de construction des digues (qualité des pisolites, épaisseur des couches étalées
au bull, procédure de compactage, …)

■ Mise en place des évacuateurs de crues (dimensions, qualité des matériaux, …)

■ Mise en place du système de refoulement (tracé, dimensions des conduites,


emplacement des points de rejet, …)

■ Mise en place du système de surveillance (échelles limnimétriques pour le contrôle du


niveau de remplissage du bassin, piézomètres, plots topographiques)

■ Contrôle des plans de recollement fournis par l’entreprise

■ Revue finale du projet TQC (Tel Que Construit) afin de vérifier sa conformité avec le
projet conceptuel et émettre les recommandations (conditions d’opération, action
correctives en cas de divergences/écarts, monitoring, ...), et ce, en vue d’obtenir un quitus
technique

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Le mode d’exploitation des bassins de rejets consiste à acheminer les boues de la
laverie par pompage via une conduite et à les refouler à l’intérieur des bassins au
niveau de plusieurs points de rejet placés sur la digue d’enclôture.

Le remplissage des bassins est basé sur le principe de ségrégation granulométrique


des produits qui s’établie normalement par gravité au cours du refoulement des
boues. Ce principe permet la création d’un dépôt de grossiers (sables) à proximité
des points de rejets et d’un dépôt de fines (argiles) au centre des bassins.

Les points de rejet des boues sont déplacés au fur et à mesure du remplissage du
bassin de manière à permettre la décantation des produits sur sa partie périphérique
et l’évacuation de l’eau surnageant vers le centre du bassin.

Refoulement des boues dans un bassin de rejets de laverie

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Les eaux claires sont collectées moyennant un système de récupération (clarinette et
conduite enterrée sous la digue) avant d’être déversées dans le milieu naturel ou
recyclées par pompage vers la laverie.

L’exploitant doit contrôler de façon quotidienne le niveau des eaux claires dans le
bassin et la hauteur de la lame d’eau qui ne doit pas dépasser 1 m.

Durant l’exploitation, un contrôle quotidien du niveau d’eau dans le bassin devra être
assuré selon les recommandations suivantes :

■ Toutes les trappes situées au dessus du plan d’eau doivent être ouvertes.

■ Lorsque le niveau de sédiments atteint 20 cm en dessous de la trappe d’évacuation


des eaux claires, l’exploitant doit procéder à son scellement par boulonnage.

■ Mesure de la quantité de boue journalière déversée dans le bassin.

■ Contrôle visuel du bon fonctionnement de la conduite d’évacuation des eaux claires


au pied de la digue (débit et coloration) dans le but de prévenir le risque de colmatage
de la conduite.

Pose d’échelles limnimétriques à la fin des travaux de terrassement

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Le contrôle mensuel du bassin consiste à :
■ L’inspection générale du bassin et de ses ouvrages annexes.
■L’évaluation de la vitesse de remplissage du bassin (estimation de la quantité
stockée, niveau des sédiments, niveau d’eau, volume résiduel et échéance de la fin
d’exploitation).

Fiche type d’inspection des bassins de rejets de laverie

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L’objectif des inspections visuelles est de vérifier le bon déroulement de l’exploitation
du bassin et détecter les éventuelles anomalies pouvant se produire.

L’inspection visuelle consiste à effectuer une description de l’état des digues et des
ouvrages annexes qui doit être formalisée sous forme d’une fiche d’inspection
spécifique.

Ces inspections visuelles seront assurées par un géotechnicien d’un bureau


d’ingénierie indépendant qui peut être accompagné par un agent de la COMILOG.
Ces inspections seront réalisées aux fréquences suivantes :

■ Une inspection systématique après chaque épisode pluvieuse remarquable


(de plus de 50 mm/j).

■ 2 visites d’inspection par an, assurées par un expert spécialiste en


géotechnique du bureau d’ingénierie indépendant.

La procédure d’inspection des bassins de rejets de laverie est détaillée dans le


tableau ci-après.

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Procédure d’inspection des bassins de rejets de laverie

Etat / Dégradations à Classe Fréquence


Eléments à inspecter
signaler d’action* d'inspection
Etat des talus amont Présence de niveaux
A1
et aval dénudés ou d'érosion
Présence d'érosion
régressive / Fissuration /
Etat du talus aval A3 à A4
Fluage / Fuite d'eau
chargée / Renard
Dévers des Présence de stagnations
A1
banquettes d'eau et/ou ravine
Pente longitudinale Ecoulement le long du fil Hebdomadaire
A1
des banquettes d'eau et après les
Digue Suintement en dehors des épisodes
d'enclôture sorties drains / Ecoulement pluvieux
Pieds de talus aval
en pieds de talus / Débit en A2 remarquables
des digues
sortie des drains / (Plus de 50 mm)
Colmatage des drains
Débit à la sortie des Mesure du débit/
A1
drains Augmentation
Section de la conduite /
Evacuateur de crue A1
Protection de l’exutoire
Mesure piézométrique Montée du niveau A1
Revégétalisation Etat du couvert végétal A1
Niveau de comblement
Retenue Remplissage observé / Hauteur de la A1 Hebdomadaire
lame d’eau
Conformité de
Localisation des l'emplacement des points de
A1
points de rejets rejets et des tracés des
Système de
conduites
refoulement Hebdomadaire
Débit de pompage /
des rejets
Connexions des conduites /
Refoulement A2 à A3
Etat des vannes et des
brides
Evacuation de l'eau Evacuation des eaux par la
A3 à A4 Hebdomadaire
claire clarinette
Système et après les
Etat de la clarinette, du
d'évacuation épisodes
regard de collecte des eaux
des eaux pluvieux
Etat des installations claires, puisard cylindrique A2 à A3
claires remarquables
et des conduites de
(Plus de 50 mm)
d'évacuation des eaux

*Cf. CLASSES D’ACTIONS EN CAS D’ANOMALIES

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Après l’exploitation d’un bassin de rejets de laverie, l’exploitant doit procéder à sa
fermeture et à sa réhabilitation. Ces opérations doivent faire l’objet d’une étude
spécifique qui traite des différentes dispositions à prendre :

■ Vidange du bassin par l’ouverture de l’évacuateur des crues

■ Confinement de l’emprise du bassin par étalement de sable stérile sur la plateforme


sommitale sur 1 m d’épaisseur

■ Remodelage de la surface du bassin et consolidation des rejets mous par une


couche de pisolites afin de permettre la traficabilité du bassin

■ Aménagement d’un système de gestion des eaux de surface et de drainage de


l’emprise du bassin afin de recréer un réseau hydrographique stable qui sera
raccordé au réseau hydrographique naturel

■ Réintégration paysagère du bassin dans son milieu naturel par la revégétalisation


de la surface du bassin et des digues d’enclôture

Vue en perspective d’un projet de réhabilitation d’un bassin de rejets de laverie

Procédure d’inspection des bassins de rejets de laverie

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Vue du bassin de rejets de laverie B1 après la décantation des boues et l’évacuation
des eaux claires

Reconstitution numérique de la réhabilitation des bassins de rejets de laverie

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CLASSE A1 :
 Augmenter la fréquence de surveillance

 Réaliser des actions correctives par les moyens internes sans inter-
ruption du refoulement dans le bassin

CLASSE A2 :
 Idem à classe A1

 Engagement de travaux par des entreprises spécialisées

CLASSE A3 :

 Idem à classe A2

 Décision d’arrêt de stockage par l’intervention d’un spécialiste en


géotechnique

CLASSE A4 :

 Arrêt immédiat du refoulement et déclenchement du plan d’urgence

 Evacuation des eaux surnageant

 Réalisation des travaux correctives par des entreprises spécialisées

 Reprise du refoulement après réception des travaux correctifs par un


expert en géotechnique

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