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ORAUX

Amphitryon 38 est une pièce de théâtre en trois actes de Jean Giraudoux, écrite en 1929.
Giraudoux prétendait fournir la 38e et dernière version du mythe d'Amphitryon, d'où le
titre de la pièce. Il rappelait L'Amphitryon de Molière parfois représenté à la Comèdie
française. En ajouant ce 38 d'une pédante précison au titre illustré par Plaute, par Molière
ou Kleist son auteur affirmait qu'il allait traitre à sa propre façon un thème porté par une
longue et pesante tradition.

C'est une version à la fois moderne et comique où le vocabulaire fin et soutenu est mêlé
au vocabulaire courant et actuel. Cette pièce est une tragi-comédie car il s’y trouve des
dieux, des héros, des scènes mythologiques, mais aussi des esclaves, des situations
cocasses.

C'est la strucutre d'une pièce classique car il a une seule unité d'action, une unité de
temps et une unité de space. C'est à dire, c'est une pièce en trois actes, un lieu unique, le
palais d'Amphitryon mais le premier el le troisième actes se déroulent en plein air, sur une
terrasse, le second se passe dans la chambre d'Alcmène. L'action dure vingt-quatre
heures, d'un doir à un autre soir, avec deux entractes qui symbolisent les nuits.
Alcmène est la favorite de l'auteru pusiqu'il lui consacre la plus grannde partie de texte. Jupiter suit
avec une différence importante et le rôle de Mercure semble aussi riche en propros que celui Jupiter.
Par contre. Le personnage d'Amphitryon paraît un peu silencieux, doté de 192 lignes de texte, ce qui
l'éloigne sensiblement des trois autres protafonistes. Léda, Éclissé et Sosie vont de pair la
conception de leur créateur tanids que la partie ssumée par le Trompette se montre plus volubile que
celle assumée par le Guerrier. La danseuse, laf foule, l'écho aisni que la voix d'un esclave sont
presque dépourvus de paroles. Seule la voix de Céleste profite d'un texte un peu plus long.

Pour la distribution des rôles, Alcmène est la meneuse de jue, la chef d'orcheste poisqu'elle participe
beaucoup. Elle a de longues entrevues avec tous les personnages principaus ; Amphitryon, Jupiter,
Mercure, Léda, Ecclisssé. En oure, même si la grande confrontation de la pièce reppose sur deux
personnages des sexes opposés, Alcm+ene et Jupiter, un des plus longs duos se développe entre
duex personnages féminins, Alcémene et Léda. Notons que Léda en fait qu'une seule apparition
dans la pièce mais assez prolongée. En oure le total de la conversation entre Alcmène et
Amphitruon est beaucoup plus retreint que celui entre Alcmène et Jupiter. De même, le face à face
d'Alcmène et de Mercure est notablement abrégé, tandis que les total entretienes de Mercure avec
Jupiter dure beaucoup plus longtemps.
Le titre de la pièce cette fois en justifie pas son nos. Ampphitryon 38 n'est pas centré sur le
personnage du général Amphitryon mais sur la figure de sa femme alcmène qui prend ka majeure
partie du nombre total de lignes. De plus, elle participe à la plupart des duos et se trouve toujours au
sommet pour la fréquence desapparitions scéniques, du fait qu'elle est présente dans les trois actes
et dans presque toutes les scènes.

LES FLEURS DU MAL


Dans ce recueil, j’ai pu remarquer que Baudelaire n’a pas écrit de longs poèmes ; il les préfère courts. Il pense,
comme un certain nombre d’auteurs de son époque (Edgar Poe par exemple) que la poésie doit aller à l’essentiel des
choses.

Cet essentiel, il l’écrit à l’aide de sonnets (71 sonnets sur 123 poèmes). Il a l’art d’écrire. Il manie bien la langue
française. Ainsi, il utilise l’alexandrin, l’allégorie, l’allitération, l’assonance, l’ironie, la métaphore, l’oxymore, la
personnification etc.
Il a aussi un goût indiscutable pour la rime riche. Il respecte les règles du lyrisme et de la poésie ; l’un des registres et
l’un des genres les plus adaptés pour l’expression des sentiments. Baudelaire n’est pas le genre de poète qui écrit ce
qui lui passe par la tête, en ne prêtant pas attention à la rime et à la sonorité de ses vers, bien au contraire.
Avec Les Fleurs du Mal, Baudelaire annonce quelques-uns des traits les plus marquants de la poésie moderne.
Ses vers y respectent sans doute les règles les plus strictes de la prosodie classique, mais l'audace des figures
de style, la précision dans l'analyse des mouvements de l'âme, un goût certain pour la provocation, tout cela
mène à Rimbaud puis, avec lui et avec quelques autres artistes comme Lautréamont et Mallarmé, à l'art
poétique de notre temps.

Rappelons-le, Les Fleurs du Mal constitue l'unique recueil de vers composé par Baudelaire. Dès 1845, le poète
annonçait la publication d'un livre qui devait s'appeler Les Lesbiennes. En 1848, Baudelaire se mit à préférer un
autre nom pour son oeuvre, Les Limbes. À l'époque, il imaginait que ses poèmes devaient évoquer les sept
péchés capitaux, péchés au-dessus desquels trônerait le mal suprême, l'Ennui. Ce n'est qu'en 1857 que
Baudelaire publia son recueil sous son titre définitif, Les Fleurs du Mal. Une seconde édition suivit en 1861 et
c'est celle-là qui est reproduite sur ce site.

Les Fleurs du Mal est un titre particulièrement heureux. Il renvoie à la beauté en germe dans la perversité, mais
aussi à celle que recèle la souffrance physique ou morale dont on peut être la victime. Cette beauté, des poètes
romantiques comme Byron s'étaient déjà chargés de la révéler; en ce sens, Baudelaire s'inscrit dans une
tradition qui avait fait de Satan le plus splendide des anges. Mais le titre rappelle aussi que la fleur d'un objet en
désigne l'essence; et, de fait, Baudelaire a décrit, dans son recueil, à la fois la cause première du mal, c'est-à-
dire l'Ennui, et ses effets les plus pervers.

Mais on aurait tort de ramener le livre de Baudelaire à l'unique thème du mal. La palette de l'artiste est
évidemment plus variée que cela: l'exaltation la plus vive (Élévation), l'évocation de la pureté spirituelle,
l'éblouissement devant la beauté et même le caractère anodin de certains poèmes comme La Pipe font
des Fleurs du mal l'une des créations les plus variées de l'histoire de la poésie.
C'est l’une des œuvres majeures de la poésie moderne. Ses quelque 150 pièces rompent
avec le style convenu, en usage jusqu'alors. Elles rajeunissent la structure du vers par
l'usage régulier d'enjambements, de rejets et de contre-rejets. Elles rénovent la forme
rigide du sonnet. Elles mêlent langage savant et parler quotidien. Elles utilisent d'inédites
associations d'images (tel l'« Ange cruel qui fouette des soleils » - Le Voyage) pour
chanter, avec une sincérité absolue :

•la souffrance d'ici-bas (conçue comme une conséquence de la finitude humaine et une
nécessaire expiation, selon une conception toute chrétienne) ;
•l'obsession de la mort ;
•la possibilité de susciter un monde idéal par de mystérieuses correspondances.
Empreintes d’une nouvelle esthétique, où l'art poétique juxtapose toute la palette des
sentiments humains et la vision lucide d'une réalité souvent crue – voire triviale – à la plus
ineffable beauté, elles exerceront une influence considérable sur des poètes ultérieurs
aussi éminents que Paul Verlaine, Arthur Rimbaud et Stéphane Mallarmé.
Le poète divise son recueil en six parties :

•Spleen et Idéal ;
•Tableaux parisiens ;
•Le Vin ;
•Fleurs du Mal ;
•Révolte ;
•La Mort.
Un poème liminaire, Au Lecteur, sert de prologue. Il est exclu de la numérotation des
poèmes.

Cette construction reflète le désir d'ascèse de Baudelaire, dans une quête d'absolu. Spleen
et idéal dresse un constat sans concession du monde réel : c'est une source d'affliction et
de blessures (le spleen), qui suscite chez Baudelaire un repli sur soi mais aussi le désir de
reconstruire mentalement un univers qui lui semble viable. Les trois sections suivantes
constituent autant de tentatives d'atteindre cet idéal. Le poète se noie dans la foule
anonyme du Paris populaire et grouillant où il a toujours vécu (Tableaux parisiens),
s'aventure dans des paradis artificiels résumés par Le Vin et sollicite des plaisirs charnels
qui s'avèrent source d'un enchantement suivi de remords (Fleurs du Mal). Ce triple échec
entraîne le rejet d'une existence décidément vaine (Révolte), qui se solde par La Mort.
Thèmes recurrents :
Le spleen[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Spleen baudelairien.

Le dégoût du monde réel, soumis au péché, et la tristesse (le spleen) qu'il inspire (« Loin !
Loin ! Ici la boue est faite de nos pleurs ! » - Mœsta et errabunda) expliquent toute l'œuvre
de Baudelaire.

L'abattement prend souvent le visage de l'ennui, dénoncé dès le prologue comme le « plus
laid, plus méchant, plus immonde » de nos vices.

Baudelaire se débat, impuissant, « au milieu / Des plaines de l'Ennui, profondes et


désertes » (La Destruction). « L'ennui, fruit de la morne incuriosité / Prend les proportions
de l'immortalité » (Spleen II). Il poursuit les humains sous toutes les latitudes (« Nous nous
sommes souvent ennuyés, comme ici » - Le Voyage).

La création baudelairienne constitue une tentative - souvent désespérée - de répondre à


cet accablement en édifiant un univers idéal.

La vision de Baudelaire proposée par le thème de la femme sont des personnes inaccessibles qui
a deux fonctions : être un objet de culte et de haine, en effet la femme (qui occupe une majeure
partie du recueil et plus particulièrement dans la section "spleen et idéal" ) causes de nombreux
maux qui détruisent le poète comme dans le poème "La destruction" "

Le spleen : ce sentiment de dégoût se manifeste par des images d'angoisse, comme dans le poème Spleen où
l'auteur décrit un paysage sinistre (« Le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle ») qui englue son esprit. On
retrouve ce thème dans un autre recueil de Baudelaire , Le Spleen de Paris. Le Spleen est opposé à l'Espoir,
qui sort systématiquement vaincu de ce combat.

- L'idéal : c'est un monde supérieur, un « ailleurs » poétique où « tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et
volupté » (L'Invitation au voyage), une image du paradis dans lequel s'épanouit le moi.
- La beauté : comme les fleurs du titre l'indiquent, elle participe du mal. Le thème de la beauté est indissociable
de celui de la femme. Chez Baudelaire, elle comporte une zone d'ombre, quelque chose d'inquiétant, de
menaçant. Tour à tour sensuelle, envoûtante et inaccessible, la beauté féminine est aussi périssable. Dans son
poème intitulé "La Beauté", Baudelaire propose un modèle esthétique inspiré de l'idéal parnassien. Celui-ci
relève d'une mesure stricte et ordonnée. "Je hais les mouvements, jamais je ne ris", écrit Baudelaire. Mais la
solenité du poème évoque un amour impossible. Le poète utilise les règles de la poésie classique pour mieux
s'en démarquer en soulignant le caractère vain et destructeur de la quête du Beau.
- La mort : très présente dans le recueil, elle est le dernier espoir du poète, le voyage ultime « au fond de
l'inconnu pour trouver du nouveau » (Le voyage)
- La théorie des correspondances : elle inspire le fameux poème « Correspondances » qui repose sur le
système des synesthésies. La correspondance jaillit de l'image poétique, elle crée une association entre le
monde sensible et le monde spirituel qui permet au poète d'entrevoir les sphères supérieures.
A mon goût personnel, ce livre est toute la splendeur de la poésie. Un vocabulaire irréprochable, des jeux de mots, un
langage soutenu, des rimes riches, un tout qui laisse place à l’imagination et l’évasion de la pensée.

Je comprends pourquoi ce recueil à cette audience aujourd’hui. Il traite des thèmes divers et variés encore
d’actualité malgré les époques. Ce qui fait de ce recueil un recueil populaire.

JE VOUDRAIS QUE QUELQU'UN M'ATTENDS QUELQUE PART

Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part est un recueil de


douze nouvelles écrites par Anna Gavalda en 1999.

Dans ses nouvelles, Anna Gavalda met en scène des personnages dans des situations
plutôt loufoques ou grotesques. À travers ces 12 textes, retentissent les émotions et les
espoirs de chacun des personnages. Cela peut aller d'un orgueil démesuré à un couple qui
ne tient plus la route. Ces nouvelles nous révèlent au fond une part de chacun d'entre
nous, la faiblesse de l'être humain et en même temps ses espoirs et ses pensées les plus
insensées ou les plus profondes. Anna Gavalda a cette faculté de traiter des situations
avec légèreté et justesse, alors qu'à première vue ces situations semblent assez
dramatiques. Les personnages de ces nouvelles nous attendrissent et nous touchent. On
peut facilement s'identifier à eux, et comprendre leurs motivations dans l'existence.

Le thème qui revient le plus souvent dans les nouvelles d'Anna Gavalda est celui de l'amour.
L'amour sous toutes ses facettes : le rêve d'amour, le manque, l'absence d'amour, l'amour
maternel, l'ancien amour, l'amour désir.

Le titre lui-même " Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part " est très significatif.
Cette phrase là nous la retrouvons dans la nouvelle " La permission ".
Ce recueil de nouvelles fait partie du registre réaliste et je trouve intéressant le fait que
l’auteur crée un véritable contraste, en effet, d’une nouvelle à l’autre, on passe vraiment du sourire aux larmes, on
ne peut donc pas choisir entre les deux opposés comique et dramatique pour ce livre.
Ces récits sont les reflets de la vie quotidienne et sentimentale de différents personnages. Le principe est simple,
je pense que l’auteur veut nous dépeindre la vie de gens communs, nous les montrer tels qu’ils sont, dans leur
attachante simplicité. On entre facilement dans la vie du protagoniste grâce aux descriptions de ses habitudes, de
ses envies, de sa « routine ». Il leur arrive des choses qui pourraient nous arriver, ils nous ressemblent et cela
dans le but de nous toucher encore plus, de nous rendre vraiment concernés.
Presque toutes ces histoires parlent de l’amour sous toutes ces facettes : le rêve d’amour, le manque, l’absence
d’amour, l’amour maternel, l’amour désir. C’est un phénomène universel et cela ne peut qu’amener chez nous de
la compassion et de l’enthousiasme face aux problèmes ou réussites des personnages.
Un jeune homme de 23 ans revient chez lui en congé de quelques jours. Tout au long de son
trajet en train il pense au beau ramassis d'abrutis qu'il a rencontrés à l'armée. " Y' a rien en
eux que tu pourrais considérer comme de la matière. Comme des fantômes, tu peux passer
ton bras à travers leurs corps et tu touches que du vide bruyant. Au début j'avais des
insomnies à cause de tous ces gestes et de toutes leurs paroles incroyables et puis maintenant
je m'y suis habitué. On dit que l'armée, ça vous change un homme, personnellement l'armée
m'aura rendu encore plus pessimiste qu'avant. Je suis pas près de croire en Dieu ou en un
Truc Supérieur parce que c'est pas possible d'avoir crée exprès ce que je vois tous les jours à
la caserne de Nancy-Bellefond. Quand j'arrive à la gare de l'Est, j'espère toujours secrètement
qu'il y aura quelqu'un pour m'attendre. C'est con. J'ai beau savoir que ma mère est encore au
boulot à cette heure-là et que Marc, mon frère, est pas du genre à traverser la banlieue pour
porter mon sac, j'ai toujours cet espoir débile. Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque
part...C'est quand même pas compliqué."

Quand il arrive à la maison ses chiens lui sautent dessus et, pour la première fois depuis des
semaines, il se sent mieux. " Alors comme ça, y en a quand même, des êtres vivants qui
m'aiment et qui attendent après moi sur cette petite planète ". Ce soir là c'est son anniversaire
et ses parents ont organisé une petite fête. Son frère a emmené une fille, Marie. Il la regarde
et il y a comme un truc qui fait le mariole dans son ventre. Au cours de la soirée il se la
disputent au baby-foot. Notre héros perd la partie, mais lorsque la maison s'est tue, les
lumières se sont éteinte les unes après les autres et qu'il est seul dans le salon il se la retrouve
nue au milieu de la pièce en train de se couvrir le corps avec les papiers cadeau. (Là encore le
thème de la liberté sexuelle est abordé). Lui est content mais a un peu peur de la vitesse à
laquelle vont les choses.

La première nouvelle aborde le rêve d'amour qui ne se réalise pas. Une fille coquette,
mignonne et vive qui envoie des fax du côté de Saint Germain-des-Près, espère le grand
amour. Nourrie de Sagan et de Baudelaire elle est romantique et sensuelle à la fois. Ce jour là
elle croise sur le boulevard un jeune homme au col roulé gris en cachemire, une veste en
tweed de chez Old England tout juste sortie des ateliers des Capucines et qui l'invite à dîner au
restaurant. Elle est prête à aller jusqu'au bout de son désir. Au restaurant tous deux sont
émus lorsque soudain son téléphone portable se met à sonner. Comme un seul homme tous
les regards du restaurant sont braqués sur lui qui l'éteint prestement. Ces maudits engins, il
en faut toujours un, n'importe où, n'importe quand. Elle est furieuse. Mais elle le sera encore
davantage lorsqu'elle l'apercevra un peu plus tard jeter coup d'œil furtif vers la messagerie de
son portable. A ce moment là tout bascule. Elle hait Sagan, elle hait Baudelaire, tous ces
charlatans qui promettent le grand amour, elle hait son orgueil qui lui fait quitter le jeune
homme sur un coup de tête.

On croit apercevoir à travers les tergiversations in time de la jeune fille ; les contradictions qui
l'habitent. Si elle est prête à se donner au jeune homme inconnu, l'idée qu'il pourrait être un
séducteur aux multiples femmes lui est insupportable car secrètement elle avait espéré être la
femme de sa vie.

Tous les personnages sont en quête d'amour, ont besoin de tendresse, ils sont libérés vis-à-vis
de leur corps, mais en même temps ils ont un peu peur de cette liberté là qui les fragilise.

Pendant des années est l'histoire d'un vieil amour qui ne veut pas mourir. La vie est une drôle
de farceuse. Le jeune homme en question pense toujours à Hélèna qui l'a quitté il y a bien
longtemps. Depuis il s'est marié et ses enfants sont la meilleure chose qui lui soit jamais
arrivée. " Une vieille histoire d'amour ne vaut rien à côté de ça. Rien du tout ", pense-t-il. Un
jour Hélèna lui téléphone, elle veut le rencontrer." C'est la vie, dit-elle, je ne t'appelle pas pour
détricoter le passé ou mettre Paris dans une bouteille tu sais. Je...Je t'appelle parce que j'ai
envie de revoir ton visage. C'est tout. C'est comme les gens qui retournent dans le village où
ils ont passé leur enfance ou dans la maison de leurs parents...ou vers n'importe quel endroit
qui a marqué leur vie. Ecoute Pierre je vais mourir. " Il n'a pas pu dormir cette nuit-là. Il ne
voulait pas pleurer. Il avait peur de se tromper, de pleurer sur la mort de sa vie intérieure à lui
plutôt que sur sa mort à elle. Il savait que s'il commençait, il ne pourrait plus s'arrêter.

Le lendemain ils se rencontrent sur un banc écaillé en face d'une fontaine qui n'avait rien dû
cracher depuis le jour de son inauguration. Tout était laid. Triste et laid. Elle lui a dit " j'ai une
faveur à te demander, juste une. Je voudrais respirer ton odeur. Elle est allée derrière son dos
et elle s'est penchée vers lui. Elle est restée comme ça un long moment et il se sentait
terriblement mal. Puis elle lui a dit " Je voudrais que tu ne bouges pas et que tu ne te retourne
pas. Je t'en supplie. Je t'en supplie ". Et elle est partie.

Clic Clac est l'histoire d'un amour désir. L'histoire d'un jeune homme qui s'initie aux choses de
l'amour.

Cinq mois et demi qu'il a envie de Sarah Briot, la responsable des ventes. Il fantasme sur elle.
Depuis cinq ans il habite chez ses sœurs. Myriam, l'aînée collectionne les amoureux. Fanny la
cadette est romantique, fidèle et sensible. Myriam améliore souvent l'ordinaire en trouvant des
petites combines qui lui permettent de gagner de l'argent. Pendant plusieurs semaines elle a
potassé des tas de bouquins et des magazines sur Diana (impossible de traverser le salon sans
marcher sur la défunte...) et s'est exercée à la dessiner. Et tous les week-ends, elle plante son
barda au-dessus du pont de l'Alma et croque les pleureuses du monde entier à côté de leur
idole. La " Daina-manie " est un phénomène de société qu'il serait intéressant d'approfondir.

Finalement parce qu'il est amoureux il décide d'être indépendant et déménage. A partir de ce
jour là Myriam et Fanny lui laissent souvent des messages sur le répondeur et parce qu'il est
seul il a appris à guetter et même à espérer le petit clignotant rouge des messages en rentrant
le soir. Les premières semaines il dort sur un matelas à même le sol, mais au bout de 17 jours
parce qu'il a trop mal au dos il décide d'acheter un canapé-lit et le moins cher c'est un clic clac.
Puis soudain sa vie s'est accélérée. Sarah Briot lui a fait des avances et il l'a invitée chez lui.

Au cours de la soirée alors qu'ils sont assis sur le canapé il commence à se demander
vraiment, intensément et posément comment ça s'ouvrait ce clic clac qu'on venait de lui livrer.
Soudain il pense à ses sœurs, à comment elles se seraient marrées si elles l'avaient vu ainsi
avec ses soucis domestiques dans les bras d'une miss Univers. Et il s'est mis à sourire et Sarah
Briot n'a pas résisté à ce petit sourire là.

Cette nouvelle est très amusante. Mais Anna Galvada sait aussi passer, avec une grande
aisance, d'une histoire farceuse à une histoire qui tourne au drame. S'il y a donc beaucoup
d'amour et d'humour dans ces nouvelles très modernes, la cruauté n'y est pas absente.

Le fait du jour par exemple relate l'histoire d'un agent commercial de chez Paul Pridault. C'est
le soir et il est tranquillement assis devant son téléviseur après une journée passée sur les
routes. Il suit les informations. Les journalistes se complaisent sur un accident mortel survenu
sur l'autoroute au cours de la journée. D'après eux ce serait le délit d'un imprudent conducteur
qui aurait commis une faute grave qui serait à l'origine du carambolage inattendu qui aurait
entraîné la mort de plusieurs personnes. Soudain notre agent commercial se souvient de la
manœuvre qu'il a effectuée pour rattraper la sortie de Bourg-Achard qu'il avait failli louper et
se rend compte que le conducteur criminel n'est autre que lui-même. Parce qu'il ne s'est rendu
compte de rien il a continué son chemin semant derrière lui la mort. Sa vie tranquille bascule
dans la tragédie. Une seconde d'inattention a suffi pour le transformer en un dangereux
criminel. Son existence ne pourra jamais plus être la même.

Dans Catgut nous sommes à la campagne. Une jeune vétérinaire se bat pour se faire une place
au milieu de ces paysans un peu rustres. Parce qu'ils ont trop bu, un soir trois éleveurs
l'appèlent chez eux sous prétexte d'une visite à leur bétail et il la violent. Tout faisait pitié.
L'alcool les avait rendus inoffensifs et elle a profité pour leur administrer une dose de
Ketamine. Puis avec un rare sang froid elle les a émasculés avant de téléphoner à la police.

Avec sa sensibilité à fleur de peau Anna Gavalda semble aimer les gens et leur vie ordinaire.
Qu'ils soient de n'importe quel milieu social elle a observé leurs faiblesses et elle ne les en
aime que davantage. Elle semble jeter sur eux un regard tendre et parfois un peu amusé. Avec
sa dernière nouvelle qui pourrait être autobiographique, elle semble vouloir démystifier le rôle
de l'écrivain et le dépeint sous ses traits les plus communs, voir même un peu comiques.
Sensible, névrosé, vulnérable, livrés aux cruautés des éditeurs. Epilogue relate donc la vie
d'une jeune femme qui écrit des nouvelles. Elle a acheté un vieil ordinateur d'occasion et elle a
fait imprimer cinq de ses récits avant de les envoyer à un éditeur. Elle avoue que ses nouvelles
parlent de tout mais surtout d'amour. Trois mois plus tard elle reçoit la convocation d'un
éditeur élégant de la rive gauche. Ce jour-là elle se dit " je ne regrette pas tout ce temps
passé à me ronger les ongles, et à faire de l'eczéma devant l'écran minuscule de mon
ordinateur. Ah non ! Tout ça, tous ces bras de fer usant contre la trouille et le manque de
confiance en soi, toutes ces croûtes dans ma tête et toutes ces choses que j'ai perdues ou
oubliées parce que je pensais à Clic Clac par exemple eh bien je ne les regrette pas…

Ce jour là elle hésite beaucoup sur la tenue vestimentaire qu'elle doit endosser. Finalement
elle décide de s'habiller simplement avec des jeans, mais avec de la lingerie à tomber par
terre. Elle se dit que ses hommes-là savent. Et elle se dit en même temps " ne m'aimez pas
pour mes gros seins ; aimez-moi pour ma substantifique moelle. Ne m'aimez pas pour mon
talent ; aimez-moi pour mes page people ". C'est donc par ce qui est secret, par ce qui ne se
voit pas au premier coup d'œil mais qui peut se deviner, c'est donc par quelque chose de très
intime qu'elle veut le séduire. Mais le jour de l'entretien l'éditeur lui a lâché " Il y a dans votre
manuscrit des choses intéressantes et vous avez un certain style, mais nous ne pouvons pas
dans l'état actuel des choses le publier ". Elle est tellement déçue par ce refus de son
manuscrit qu'elle en reste littéralement paralysée sur son fauteuil. Et elle reste longtemps ainsi
sans pouvoir bouger, cela ressemble à une farce tellement c'est incroyable.

Finalement, parce que les bureaux vont fermer il la descendent, avec le fauteuil, sur le trottoir
et là elle reste encore longtemps à contempler son désastre. Puis elle se lève enfin et en se
dirigeant vers une jeune femme splendide assise sur le socle d'une statue d'Auguste Comte qui
attend peut-être son amoureux elle lui fait cadeau de son manuscrit. " Voilà pour que le temps
vous paraisse moins long. " lui dit-elle et elle s'en va un peu consolée.

Je pense qu'Anna Gavalda a voulu nous signifier que l'écrivain aussi veut être aimé, cherche
l'approbation des éditeurs pour pouvoir atteindre ses lecteurs mais ne rencontre pas toujours
cet amour pour lequel il s'est donné tant de mal.

Anna Gavalda a maintenant réussi à nous atteindre et nous ne sommes pas prêtes de l'oublier.