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BANQUE CENTRALE DU CONGO

Développement d’un marché de titres


privés en RDC: schéma
d’opérationnalisation

Guy MBULA ea LOONDO & William PAMBU PAMBU

Janvier 2020
Plan de l’exposé

I.  Contexte
II.  Evaluation de la place financière de Kinshasa
III.  Stratégie de développement du marché des titres privés
IV.  Conclusion et recommandations

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I. Contexte
1.1. Evolution historique de l’écosystème financier congolais de 1960 -
1980

•  Prévalence du financement de grandes entreprises et de l'Etat via les


marchés financiers étrangers ;
•  Développement du secteur bancaire, des institutions de financement
spécialisées et de l’épargne intérieure après 1965 ;
•  Décision de développer les marchés financiers congolais prise en 1970 et
responsabilité de matérialiser cette décision confiée à la Banque Centrale
par le Président de la République ;
•  Sur le terrain juridique, promulgation de l’ordonnance-loi n° 72/004 du 14
février 1972 régissant la protection de l’épargne et le contrôle des
intermédiaires financiers. (Cette ordonnance-loi regroupait dans un
même texte l’activité bancaire, la gestion collective et l’appel public à
l’épargne. Les dispositions relatives à la gestion collective et à l’appel
public à l’épargne n’ont jamais été mises en œuvre) ;
•  Zaïrianisation et accroissement de la charge de la dette publique.
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I. Contexte
1.2. Evolution de la situation entre 1981 et 2002
Une évolution en dents de scie :

§  Mise en place du Programme d’ajustement structurel ;


§  Lancement du marché des bons du Trésor (1984) et des obligations du
Trésor (1986) ;
§  Instabilité politique du pays ;
§  Instabilité monétaire et effondrement du secteur bancaire (1992 – 1998 ) ;
§  Réforme monétaire du 30 juin 1998 ;
§  2ème guerre de l’est à partir du 2 août 1998 ;
§  Ouverture vers l’extérieur ;
§  Reprise de la coopération avec les partenaires techniques et financiers du
pays ;
§  Mise en place des programmes de stabilisation macroéconomique et de
relance ;
§  Reprise des opérations d’émission des titres publics (CDD);

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I. Contexte
1.3. Evolution positive de la situation depuis 2003 à nos jours

§  Restructuration du secteur bancaire;


§  Désengagement de l’Etat des entreprises du portefeuille et transformation
de ces entreprises en société commerciale;
§  Réduction de la dette publique extérieure dans le cadre de l’IPPTE (2010) ;
§  Réforme en profondeur du cadre juridique des sociétés commerciales ;
§  Amélioration des formalités de création d’entreprises, en particulier les
sociétés de capitaux ;
§  Développement de l’épargne structurelle et de long terme (assurance-vie,
épargne professionnelle ou fonds publics );
§  Développement sans précédent des infrastructures de marché et
modernisation de leur cadre juridique ;
§  Lancement du marché des valeurs du Trésor.

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1960-1980

1981-2002

2003-20…
I. Contexte
1.4. Points d’attention

§  portage du projet de développement du marché financier local ;


§  dollarisation de l'économie ;
§  part importante de l’économie informelle et non observée ;
§  faiblesse de l’épargne intérieure longue ;
§  climat des affaires peu propice à l’investissement ;
§  faible niveau des infrastructures informatiques, routières, aéroportuaires,
etc. ;
§  indisponibilité des informations économiques et financières sur les
entreprises ;
•  faible cohérence et coordination des politiques publiques économiques.

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II. Evaluation de la place financière de Kinshasa
1.1. Méthodes de travail :

•  Une évaluation globale de la place financière: méthodologie de Global


Financial Centres Index;
•  Une évaluation juridique: méthodologie d’évaluation de la mise en œuvre
des objectifs et principes de la régulation financière de l’OICV.
•  Une évaluation située : méthodologie interne du cadre juridique existant.

•  www.longfinance.net
•  www.iosco.org
•  www.bis.org.

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II. Evaluation de la place financière de Kinshasa

1. Grille d’évaluation GFCI

Développement
Environnement
Capital humain Infrastructure du secteur Réputation
des affaires
financier

Profondeur et
Stabilité politique Disponibilité des Infrastructure largeur des clusters Attraction de la
et état de droit RH qualifiées immobilière (pôle de ville
compétitivité)

Qualité des des


institutions Flexibilité du Disponibilité des Niveau
publiques et de la marché du travail IT capitaux d’innovation
régulation

Education et
Environnement développement Liquidité du attractivité et
macroéconomique Transport marché diversité culturelle
des compétences

Système fiscal et Informations Positionnement


coûts affectant la Développement économiques et comparatif avec
Qualité de la vie durable
compétitivité financières d'autres centres

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II. Evaluation de la place financière de Kinshasa
2. Grille d’évaluation OICV

L’évaluation de l’OICV se base sur les 30 Principes de la régulation financière.

Entièrement Un Principe sera considéré́ comme entièrement appliqué lorsque


appliqué tous les critères d’évaluation (précises dans les repères) sont
dans l’ensemble respectés sans carence significative.
Largement Un Principe sera considéré comme largement appliqué lorsque
appliqué l’incapacité d’une juridiction à donner des réponses affirmatives
aux Questions essentielles pour un Principe particulier se limite
aux Questions faisant l’objet d’exceptions dans le repère
largement appliqué pour ce Principe et que, de l’avis de
l’évaluateur, ces exceptions n’ont pas de conséquences
importantes quant au respect général de la règle que le Principe
vise à satisfaire.

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II. Evaluation de la place financière de Kinshasa
2. Grille d’évaluation OICV

Partiellement Un Principe sera considéré comme partiellement appliqué


appliqué lorsque les critères d’évaluation précisés dans le repère
partiellement appliqué pour ce Principe sont dans l’ensemble
respectés sans carence significative.
Non appliqué Un Principe sera considéré comme non appliqué lorsque
d’importantes carences sont constatées concernant le respect
des critères d’évaluation tels qu’ils sont précisés dans le
repère non appliqué.
Non applicable Un Principe sera considéré́ non applicable lorsqu’il ne
s’applique pas compte tenu de la nature du marché financier
dans la juridiction concernée et de considérations
structurelles, juridiques et institutionnelles pertinentes. Les
critères définissant cette catégorie d’évaluation ne sont pas
précises pour tous les Principes.
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II. Evaluation de la place financière de Kinshasa
3. Grille d’évaluation interne

Complet Ce critère indique qu’au stade actuel le cadre juridique est


satisfaisant conformément aux Principes de l’OICV et du CSPR
ainsi qu’aux bonnes pratiques raisonnablement appliquées par
d’autres juridictions
A compléter Ce critère indique qu’au stade actuel le cadre juridique est
(logique satisfaisant conformément aux Principes de l’OICV et du CSPR
quantitative) ainsi qu’aux bonnes pratiques raisonnablement appliquées par
d’autres juridictions, mais nécessite des dispositions juridiques
complémentaires pour que ces principes soient entièrement
applicables
A améliorer Ce critère indique qu’au stade actuel, le cadre juridique n’est
(logique pas satisfaisant, en tout ou en partie, conformément aux
qualitative) Principes de l’OICV et du CSPR ainsi qu’aux bonnes pratiques
raisonnablement appliquées par d’autres juridictions.

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II. Evaluation de la place financière de Kinshasa
3. Grille d’évaluation interne

Inexistant Ce critère indique que le cadre juridique, au regard des


Principes de l’OICV et du CSPR ainsi qu’aux bonnes pratiques
raisonnablement appliquées par d’autres juridictions, n’existe
pas.
Conflictuel Ce critère indique qu’un principe de l’OICV et du CSPR ainsi
qu’une bonne pratique raisonnablement appliquée par d’autres
juridictions est ou pourrait être inapplicable au cadre juridique
en rapport avec le marché financier en raison d’un conflit avec
une exigence relevant d’une législation nationale ou
internationale de force juridique supérieure

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II. Evaluation de la place financière de Kinshasa
4. Résultats de l’évaluation

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III. Stratégie de développement des titres privés
3.1. A court terme : construire avec les matériaux disponibles

1  Ne pas lier le développement du marché des titres privés à une loi générale
sur les opérations du marché financier (art. 202, point 17, de la Constitution) ;
2  Adopter un portage le plus élevé possible du projet ;
3  Mettre en place un cadre de concertation (comité de place), plus ou moins
formalisé (charte, secrétariat et une périodicité des rencontres), intégrant
toutes les parties prenantes ;
4  Se baser sur une logique croissance organique et d’amélioration continue
comme l’indique l’histoire de plus grandes places financières;
5  Accompagner les entreprises qui sont disposer à émettre sur le marché
local. Il existe deux types d’entreprises: celles dont les maisons mères sont
listées sur une place financière donnée (elles réunissent a priori toutes les
conditions pour émettre) et celles qui acceptent de se soumettre aux
contraintes de transparence, de révision de leurs statuts et, si nécessaire,
d’ouverture du capital;
6  Mutualiser les infrastructures de marché existantes.
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Mutualisation des infrastructures

Marché des Marché des actions


Marché Marché des
valeurs du et des obligations
monétaire changes
Trésor privées

Infrastructures de
marché (émission-
négociation)

Infrastructures de post-marché
(conservation des titres, compensation,
règlement et enregistrement)

Infrastructures de
Bourse de matières premières
communications financières

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III. Stratégie de développement du marché

3.2. A moyen et long termes (2 ans – 3 ans) : S'engager à se conformer le


marché financier congolais aux standards internationaux

1  Définir les ambitions de la place (globale, internationale ou locale);


2  Améliorer la qualité et la disponibilité de l’information financière et
économique (respect de normes de publication, adoption des IFRS,
informatisation de la centrale de bilans et connexion avec les réseaux
internationaux d’informations économiques et financières);
3  Procéder à une évaluation du cadre juridique selon les standards de l’OICV ;
4  Améliorer la compétitivité de la place financière à l’aide de l’indice GFCI ;
5  Promulguer une loi qui corrige ou complète le cadre juridique existant;
6  Améliorer l’infrastructure de marché.

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IV. Conclusion et recommandations

Le décor est planté pour que le pays dispose d’un marché des titres privés. Des
entreprises le réclament et sont prêtes ou disposées à émettre des actions et des
obligations. En effet, à ce jour, plusieurs barrières sont déjà levées:

•  La base juridique pour ce faire est disponible suite à l’adhésion du pays à


l’OHADA en 2012 et à la loi n°18/019 du 09 juillet 2018 relative aux
systèmes de paiement et de règlement-titres;
•  Il existe expertise dans le pays, y compris avec l’appui technique des
partenaires, pour la concrétisation du projet d’émission des titres privés ;
•  Les structures centrales du marché existent ;
•  L’infrastructure de marché existante est disponible, de qualité et flexible (à
mutualiser pour les différents marchés) ;

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IV. Conclusion et recommandations

•  Le marché des titres de l’Etat est déjà opérationnel ;


•  Les banques commerciales peuvent commencer à fournir des services
d’investissements ( tenue des comptes titres, conseil en investissements,
placement des titres émis, etc.) ;
•  L’épargne longue se constitue progressivement avec la libéralisation des
assurance, le développement de l’épargne professionnelle et la création des
fonds publics ;
§  Potentiel économique et opportunités d’investissement (ressources
naturelles, hydroélectricité, infrastructures, agriculture, etc.);
§  Existence des entreprises disposées à se financer localement par émission
de la dette ou ouverture du capital.

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IV. Conclusion et recommandations

Il reste donc une action concrète et immédiate des autorités :


-  Un plan d’opérationnalisation (à élaborer avec l’appui des cabinets
« Bourse Consult & Genesis Analytics » ;
-  Un plan de communication permettant notamment d’afficher les ambitions
réelles ;
-  Un portage le plus haut possible de l’opérationnalisation du marché des
titres privés comme en 1970 ;
-  Un cadre de suivi régulier et rigoureux (mettre fin aux stratégies de « stop
and go »).

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Merci de votre attention