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Communications

Avant-propos
Jean-Paul Simon, Marc Vernet

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Simon Jean-Paul, Vernet Marc. Avant-propos. In: Communications, 38, 1983. Enonciation et cinéma. pp. 1-2;

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Avant-propos

tant
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dimension pragmatique (relation entre les interlocuteurs et l'énoncé) et
sémantique (relation entre l'énoncé et l'univers de référence). Emile
Benveniste avait d'ailleurs indiqué la voie dans au moins deux de ses
travaux : « Structure des relations de personnes dans le verbe » (1946)
et surtout « L'appareil formel de renonciation » (1970). Pour lui,
renonciation est « la mise en fonctionnement de la langue par un acte
individuel d'utilisation », au sein de laquelle il faut distinguer « l'acte
même, les situations où il se réalise, les instruments de
l'accomplissement » . Il relève enfin que « ce qui en général caractérise renonciation,
(c')est Y accentuation de la relation discursive au partenaire, que
celui-ci soit réel ou imaginé, individuel ou collectif » .
La linguistique de première génération, et avec elle la sémiologie,
avait défini son objet par coupure, pour en extraire sans interférence
externe, et selon un protocole réglé, un certain nombre d'unités dont
l'exhaustion et la hiérarchisation achevaient l'analyse. Démarche
légitime dans un premier temps (celui de la constitution de concepts et de
procédures analytiques), mais qui débouchait sur nombre de problèmes.
Ceux-ci impliquaient une refonte pour dépasser l'analyse structurale et
pour penser le sens comme opération, comme procès de signification
dont les voies se trouvaient du coup à la fois assouplies, diversifiées et

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Avant-propos

rendues plus complexes. Dans ce contexte, il était plus logique que la


linguistique, redessinant sa problématique, se tourne vers d'autres
disciplines : psychanalyse, bien sûr, mais aussi recherche
socio-historique, puisque l'on devait faire entrer en jeu, d'une part, le sujet, et,
d'autre part, les conditions concrètes déterminant la naissance de l'acte
d'énonciation.
Si la linguistique avait assez tôt mis en évidence la présence, dans
l'énoncé, des marques d'énonciation, et si la pragmatique devait mettre
en avant les « actes du discours », la mise en œuvre de ces acquis
théoriques dans le domaine de la littérature (voir les travaux de Gérard
Genette par exemple) ou dans celui du cinéma, devait s'avérer pour le
moins délicate. Pour le cinéma, on peut distinguer trois grandes séries de
difficultés que les apports de la psychanalyse, dans le cadre de la
sémiologie de seconde génération, n'ont pas encore totalement résolues.
Les premières difficultés tiennent à l'impossibilité d'importer sans
modification dans le champ du cinéma ce que la linguistique avait isolé
sous le terme de « marques d'énonciation » . La présence du metteur en
scène à l'image ou l'existence de cadrages excentriques n'épuisent pas, et
de loin, une typologie des marques d'énonciation cinématographique.
Trop souvent l'analyse s'est limitée au seul constat ou relevé de ces
occurrences, ce qui, au-delà d'un premier effet de diversification et de
nouveauté, n'a en rien réduit la confusion.
Ces difficultés sont encore renforcées par un second problème qui n'a
pas été clairement résolu : celui de l'identification de l'instance
narratrice. Si les choses sont maintenant relativement claires pour la
littérature, elles sont loin de l'être pour le cinéma où l'on oscille encore
entre la pré -notion d'auteur et celle de responsabilité collective, sans que
pour autant la notion de narrateur soit développée, retravaillée. Ce
problème est redoublé par celui de l'identification à l'instance narratrice.
Enfin, l'accentuation de la relation discursive qui, selon Benveniste,
caractérise renonciation, remet en cause ce qui était apparu comme
spécifique du film de fiction, à savoir que la diégèse finissait toujours par
occulter, aux yeux du spectateur, ce qui restait de traces du « discours »
dans le film projeté. Cette dernière question dessine le cadre de réflexion
sur l'inclusion du spectateur dans la diégèse et de ses diverses modalités,
depuis la place « dans » le texte jusqu'au régime d'identification.
Les articles qui suivent procèdent, chacun selon son angle d'attaque, à
l'examen attentif de ces questions centrales, non seulement dans le
champ du cinéma, mais aussi dans celui de ce que le sens commun
appelle « audio-visuel ». Les recherches qu'ils présentent espèrent à la
fois dépasser ce qui était naguère de hâtives évidences, et remodeler, par
les éclaircissements qu'ils apportent, la question des rapports entre
énonciation, énoncé et spectateur.

Jean-Paul SlMON et Marc VERNET