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RECOMMANDATION

Internet et développement durable I :
L’accessibilité des services de communication
publique en ligne du secteur public

25 novembre 2008

www.foruminternet.org
Le Forum des droits sur l’internet
6, rue Déodat de Séverac 75017 PARIS

L’accessibilité des services de communication
publique en ligne du secteur public
25 novembre 2008

Introduction 4

I. Ŕ Champ et sources techniques de l’accessibilité 9

A. Ŕ Le champ de l’accessibilité 9

1. – Un cadre large non limité par les technologies 10
2. – Une limite importante : les services de communication du secteur
public 11
3. – La question des « intranets » et des « extranets » 13
a. Les intranets 13
b. Les extranets 15
4. – Le droit à la compensation 15
5. – Le périmètre des pages concernées par la mise en accessibilité 16
a. Le principe : accessibilité de niveau AA de toutes les pages internet et
documents 16
b. La phase transitoire 17
c. L’exception patrimoniale pour les archives de sites internet 18

B. Ŕ Les règles de l’accessibilité 19

1. – Les recommandations internationales pour l’accessibilité 20
2. – La méthode d’application : le RGAA 21
3. – Le dispositif d’évolution 23

II. Ŕ Le dispositif de mise en œuvre et de contrôle 24

A. Ŕ La structure en charge du pilotage de l’accessibilité 24

1. – Organisation de la structure de pilotage 26
a. Forme juridique de la structure de pilotage 26
b. Financement de la structure de pilotage 27
c. L’appui d’un réseau de correspondants locaux 27
2. – Missions 28
a. Le pilotage stratégique et la coordination des acteurs publics 28
b. La mission d’information 29
c. La mission de vérification et de contrôle 30
d. La gestion d’un « canal de plaintes » 30
e. Assurer la formation des personnels impliqués 31

B. Ŕ Le plan de déploiement de l’accessibilité 31

1. – La mise en accessibilité pour les nouveaux sites internet 32

2

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2. – La difficulté posée par les refontes partielles des sites internet 33
3. – La mise en accessibilité pour les sites préexistants 34

C. Ŕ La valorisation des bonnes pratiques et les sanctions 34

1. – La valorisation des bonnes pratiques 34
2. – Quels comportements et quels acteurs doivent être sanctionnés ? 36
3. – Les sanctions proposées 36
a. Les sanctions de nature pénale 37
b. Les sanctions financières 39
c. L’inscription sur une liste noire publique des sites non-conformes 41
d. Sanctions mixtes ou complémentaires 41
4. – Une procédure étalée dans le temps 42

III. Ŕ La procédure d’adoption du texte d’application 43

A. Ŕ La procédure nationale 43

1. – La consultation du CNCPH 43
2. – La consultation de la CCEN 43
3. – L’avis du Conseil d’État 45

B. Ŕ La procédure communautaire 46

1. – La notification préalable aux États membres et à la Commission dans
le cadre de la directive 98/34/CE 46
a. Champ d’application de la directive 46
b. Procédure prévue par la directive 46
2. – Le respect de la directive 2000/31/CE relative à la libre circulation de
l’information sur le marché intérieur dans le cadre du commerce
électronique 48

ANNEXES 50

Annexe 1 : Composition du groupe de travail 51

Annexe 2 : Lettre de mission de la Délégation interministérielle aux
personnes handicapées 54

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publique en ligne du secteur public
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INTRODUCTION

Les problématiques de développement durable sont progressivement entrées au cœur de
la pensée collective : d’abord cantonnée aux aspects purement « écologiques », c’est-à-
dire aux interactions entre les milieux physiques et les organismes vivants 1, cette
réflexion s’est ensuite rapidement portée sur les sphères sociales et économiques,
formant ainsi les 3 « piliers » traditionnels du développement durable. La création, en
France, en 2007, d’un ministère d’État en charge du Développement durable atteste, si
besoin en était, de cet intérêt croissant des pouvoirs publics et de la société en général
pour ces réflexions.
Qu’est ce que le développement durable ?
Pour beaucoup, la signification de cette expression reste pourtant floue : qu’entend-on
exactement par « développement durable » ? Selon la première définition2 proposée en
1987 par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement durable, il
s’agit d’un « développement qui répond aux besoins des générations du présent sans
compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ».3
Il s’agit donc d’un concept très vaste, qui trouve une application dans tous les domaines
de nos sociétés. La sphère culturelle a été l’une des premières déclinaisons du concept en
dehors du contexte socio-économique et environnemental : dans cette optique, il s’agit
en effet de préserver la diversité des solutions locales afin d’assurer la continuité
culturelle.
Les technologies de l’information, et en particulier internet, sont rapidement apparues
comme pouvant être des vecteurs importants du développement durable, ce qui a
soulevé de nombreux débats dont les réponses semblent incertaines. L’essor du
télétravail, facilité par les technologies de l’information, a-t-il réellement un effet
bénéfique sur l’émission des gaz à effet de serre, en limitant l’usage des transports ?
L’essor de la vente à distance de produits et de services limite t-il aussi le recours aux
transports ? L’abandon du papier au profit des systèmes informatisés est-il réellement
bénéfique à l’environnement4 ? La part croissante dans la consommation d’énergie
mondiale des technologies de l’information et plus particulièrement des « fermes de
serveurs »5 hébergeant des millions de pages internet et les données qui y sont
attachées n’est-elle pas inquiétante ?

1
. Charles J. Krebs, Ecology, Benjamin Cummins, 5e éd., 2001.
2
. La définition complète est la suivante : « un développement qui répond aux besoins des générations du
présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Deux concepts sont
inhérents à cette notion : le concept de “besoins”, et plus particulièrement des besoins essentiels des plus
démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos
techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux
besoins actuels et à venir. »
3
. Rapport dit « Bruntland » intitulé « Notre avenir à tous », soumis à l’Assemblée générale des Nations unies
en 1986 par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement.
4
. Selon une étude menée par The Climate group dans le cadre des travaux de la Commission Européenne
sur le changement climatique et publiée sur le site Euractiv, l’utilisation rapide d’ordinateurs, de
téléphones portables et de l’internet dans les pays émergeants devrait doubler les émissions de CO2 d’ici
2020.
http://www.euractiv.com/fr/changement-climatique/etude-jette-lumiere-empreinte-carbone-secteur-
tic/article-173728
5
. La question de la consommation d’énergie des « fermes de serveurs » est une préoccupation grandissante
chez les exploitants de quantités de serveurs importantes, si bien que l’optimisation de la consommation
d’énergie ou PUE (Power Usage Effectiveness) est devenue un enjeu stratégique pour ces organismes.
Pour illustrer ce propos, on consultera par exemple la politique d’utilisation de l’énergie électrique de la
société Google : http://www.google.com/corporate/datacenters/measuring.html

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Il est également possible de réfléchir aux liens entre développement durable et internet
en privilégiant une autre approche et en abordant la manière dont la société de
l’information elle-même peut se concevoir comme durable.
Comment appliquer le développement durable à l’internet ?
Dans cette optique plus spécifique, plusieurs enjeux se dessinent : l’internet permet-il
davantage d’échanges culturels ? En facilitant l’accès aux contenus étrangers, favorise t-
il la diversité culturelle ? Une meilleure diffusion des langues et du savoir ? Permet-il
d’assurer la durabilité dans le temps des supports d’information ? La structure technique
de l’internet permettra-t-elle à chaque individu d’avoir accès au réseau dans de bonnes
conditions ? De même, les contenus diffusés sont-ils accessibles à tous, que ce soit au
niveau linguistique, ou au niveau technique ?
Dans la mesure où l’accès à l’internet devient progressivement un droit garanti et
opposable à tous les citoyens6 et qu’il permet désormais l’accès à l’information et à
l’emploi, il ne faudrait pas que les évolutions technologiques soient l’occasion
d’augmenter les freins à l’insertion, que ce soit pour les personnes en situation de
handicap ou les personnes ne maitrisant pas certaines langues.
Le Forum des droits sur l’internet a installé en mai 2008 un groupe de travail sur le
thème « internet et développement durable »7 afin d’examiner de façon transversale les
problématiques de développement durable qui peuvent se poser dans la société de
l’information. Ce cadre reste en majeure partie à explorer, il a été largement ignoré lors
du Grenelle de l’environnement8 qui s’est déroulé en France de mai9 à octobre 2007.
Parallèlement au lancement de cette réflexion large sur le développement durable
appliqué à l’internet, les pouvoirs publics ont souhaité saisir le Forum d’un sujet
spécifique, celui de l’accessibilité des services de communication publique aux personnes
en situation de handicap. Les services du ministre chargé des personnes handicapées,
futur chef d’orchestre du dispositif, et notamment la Délégation interministérielle aux
personnes handicapées (DIPH), membre du groupe de travail dès sa création, ont
demandé au Forum de formuler des recommandations détaillées sur la mise en œuvre de
l’accessibilité pour les sites internet publics et de susciter une dynamique positive au-delà
du périmètre des services publics10.
L’accessibilité des sites, un sujet spécifique du développement durable appliqué
à l’internet
Il peut être considéré que l’accessibilité des sites internet à tous les individus est une
condition nécessaire au développement durable de l’internet et au bon fonctionnement
d’outils aujourd’hui incontournables tels que les moteurs de recherche, les outils
d’archivage des pages internet ou encore les outils de traduction automatique des

6
. Sur l’idée d’un « droit opposable » à tous les citoyens en matière d’accès à internet en haut débit,
consulter le discours de M. Eric Besson, Secrétaire d’ État en charge du développement de l’économie
numérique, prononcé le 20 octobre 2008 à l’Élysée à l’occasion de l’annonce du plan « France Numérique
2012 » :
http://www.elysee.fr/documents/index.php?cat_id=7
7
. Voir la page de présentation du groupe de travail sur le site du Forum des droits sur l’internet :
http://www.foruminternet.org/spip.php?action=redirect&id_article=2686
8
. Voir sur ce sujet le document récapitulatif des tables rondes finales du Grenelle de l’environnement :
http://www.legrenelle-environnement.gouv.fr/grenelle-environnement/IMG/pdf/07-11-
23_GE_TR_recap_bis.pdf
9
. Le Grenelle de l’environnement a été annoncé par Alain Juppé, ministre de l’Écologie, du Développement
et de l’Aménagement durable le 18 mai 2007.
10
. Voir infra page 54 Annexe 2 « Lettre de mission de la Délégation interministérielle aux personnes
handicapées ».

5

php?article420 15 . n°105. Selon l’étude « Measuring Progress of eAccessibility in Europe » réalisée en octobre 2007 dans le cadre de l’initiative eInclusion.0 de la Web Accessibility Initiative. ces dispositions13 ont fait très récemment l’objet de sanctions financières lourdes. voir infra page 20 « Les recommandations internationales pour l’accessibilité ».asp 16 . publiées en version 1. article en français de l’association de parents d’enfants déficients visuels (APEDV) : http://www.eaccessibility-progress. Plus récemment.gov. Selon l’étude réalisée en 2005 par l’institut Cabinet Office en Grande Bretagne sous forme d’un questionnaire envoyé aux 25 États membres : http://archive.org/TR/WCAG10/ Pour plus de détails à ce sujet.legifrance. Loi américaine Americans with Disabilities Act (ADA) de 1990 : http://www.ada.eu/ 18 . 14 États indiquent l’existence de moyens de surveillance du niveau d’accessibilité des sites publics15. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 contenus.gouv. une chaine de supermarchés ayant été condamnée à payer la somme de 6 millions de dollars suite à un recours collectif intenté contre lui en raison de l’inaccessibilité de son site internet14. Aux États-Unis en particulier. les dispositifs de lutte contre les discriminations des personnes handicapées ont été appliqués dans le cadre du non respect de ces recommandations pour l’accessibilité de sites internet privés. la France se dotait d’un dispositif ambitieux : la loi du 11 février 200519 relative à l’égalité des droits et des chances. 19 .fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=SANX0300217L 6 . Parmi les différents États de l’Union Européenne. les pays nord-américains ont pris de l’avance et ont imposé progressivement l’accessibilité aux sites internet publics à partir des recommandations pour l’accessibilité établies dès 199911 par le Web Consortium (W3C)12. 13 . http://www. l’initiative eInclusion16 a publié un certain nombre de recommandations incitant les États à déployer au plus vite l’accessibilité numérique sur les sites internet publics. Pourtant. extrait de E-Access Bulletin. il y a quelques années. Bien qu’il n’existe pas encore de norme juridique. 12 . tel que défini dans les WCAG version 1. une majorité (16 sur 24 répondants) dispose aujourd’hui d’un dispositif juridique favorisant la mise en œuvre de l’accessibilité sur les sites internet. Compte tenu du calendrier réglementaire resserré des pouvoirs publics sur ce sujet. la participation et la citoyenneté des personnes handicapées introduisait en effet une nouvelle obligation à la charge des administrations.uk/e-government/resources/eaccessibility/content. collectivités locales et services publics : rendre accessibles 11 .w3.fr/spip.gov/ 14 . Loi n°2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances. considérées de facto comme les standards internationaux en matière d’accessibilité. Sur les différents niveaux de priorité des recommandations pour l’accessibilité.cabinetoffice. seule une infime partie des sites publics français sont aujourd’hui accessibles.0 le 5 mai 1999 et non modifiées depuis : http://www. Au niveau mondial.eu/information_society/activities/einclusion/index_en.apedv. la participation et la citoyenneté des personnes handicapées : http://www. le Forum a accepté de traiter en priorité de ce sujet. seule une infime partie des sites publics français atteindraient le premier niveau d’accessibilité. voir infra page 20 « Les recommandations internationales pour l’accessibilité ». septembre 2008.htm 17 . aucun n’étant conforme au niveau « double-A »18 des standards internationaux émis par le Web Consortium recommandé par la Commission européenne. voir infra page 20 « Les recommandations internationales pour l’accessibilité». Selon une récente étude17 menée par cette initiative. ce qui étend considérablement le périmètre de l’obligation de mise en conformité de ces recommandations. Groupe d’étude de la Commission européenne consacré aux problématiques d’accès à l’internet et aux technologies de l’information et de la communication : http://ec.europa. Au sujet du W3C. Il s’agit des Web Content Accessibility Guidelines (WCAG). Voir notamment « Target accepte la condamnation de 6 millions de dollars pour l’inaccessibilité de son site ».

pdf 23 . L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 leurs services de communication publique à tous.php?action=redirect&id_article=1174 7 . Consulter le rapport de synthèse des contributions des internautes sur la consultation. Aujourd’hui.htm http://questions. Jean-Pierre Grand (UMP) au ministre de la solidarité et n° 27954 de M. La troisième24. publiées au Journal officiel du 22 juillet 2008.foruminternet.htm 24 .fr/q13/13-27955QE. La forte attente des utilisateurs en matière d’accessibilité des sites internet s’est enfin exprimée lors de la consultation des internautes 25 menée par le Forum des droits sur l’internet en 2007. publié par le Forum des droits sur l’internet le 7 juin 2007 : http://www. à partir des débats et des travaux du groupe de travail « internet et développement durable » qui se sont déroulés au Forum entre juin et octobre 2008. La Recommandation du Forum des droits sur l’internet Dans ce contexte.assemblee-nationale. http://assisesdunumerique. Question parlementaire n° 27458 de M.fr/pdf/081020_FRANCE_NUMERIQUE_2012. développer l’usage du numérique par les personnes handicapées (action n°28) . lancer un plan stratégique de l’administration électronique avant la fin de l’année 2008 (action n°120) . http://assisesdunumerique. Trois questions parlementaires ont par ailleurs été posées par des députés.fr/ 21 . secrétaire d’État chargé du développement de l’économie numérique et rendu public le 20 octobre 2008. .fr/pdf/27pistes.pdf 22 .assemblee-nationale.fr/q13/13-27954QE. des relations sociales. . bien que le champ couvert par ce sujet soit beaucoup plus vaste et concerne 20 . Les deux premières. Assises organisées en France par M. le Forum a souhaité pouvoir proposer rapidement aux pouvoirs publics des recommandations opérationnelles sur la mise en œuvre de l’obligation légale de mise en conformité aux règles internationales d’accessibilité. concernait les sites privés et faisait état de l’impossibilité pour les malvoyants de consulter leurs comptes bancaires en ligne sur les sites des établissements financiers. Ces trois questions sont restées à ce jour sans réponse. secrétaire d’État en charge du développement de l’Économie numérique. http://questions. Ces propositions se sont traduites par trois « actions » spécifiques dans le plan France Numérique 201222 proposé le 20 octobre 2008 par Eric Besson : .org/spip. Le document traitera de façon prioritaire l’accessibilité des services de communication publique.assemblee-nationale.htm 25 . En 2008. Consulter le plan « France numérique 2012 » réalisé par Eric Besson. http://francenumerique2012. Michel Terrot (UMP) adressée au ministre du Travail. demandaient au gouvernement de répondre sur les raisons du retard français en matière d’accessibilité des sites internet publics et sur les délais escomptés de publication du décret d’application. Jean-François Chossy (UMP) au ministre de la solidarité. mais aussi des entreprises. en date du 15 juillet 2008. de nombreux acteurs s’en émeuvent et réclament la mise en application sans plus tarder du dispositif législatif : des associations représentant les différents types de handicap. http://questions. Éric Besson de mai à juillet 2008 visant à recueillir les attentes des internautes en ce qui concerne le numérique. Voir les propositions d’Eric Besson dans son rapport en date du 29 mai 2008 intitulé « 27 pistes de travail ouvertes à la concertation pour préparer le plan de développement de l’économie numérique ».fr/q13/13-27458QE. notamment aux personnes handicapées. aucun texte d’application n’a encore été pris pour préciser les modalités de mise en œuvre des dispositions de cette loi. en date du 22 juillet 200823. qui se sont exprimées lors des Assises du numérique20 sur les trois propositions21 d’Eric Besson. Questions parlementaire n° 27955 de M. assurer l’accessibilité des sites de l’administration (action n°127). de la famille et de la solidarité. publiée au Journal officiel du 15 juillet 2008.

d’information. et sur la procédure d’adoption du texte d’application (III). sur le champ d’application de l’accessibilité et sur ses sources techniques (I). ainsi que les acteurs étrangers. Elle a été définitivement adoptée par le Conseil d’orientation du Forum le 25 novembre 2008. Cette Recommandation a fait l’objet d’une consultation auprès de l’ensemble des membres du Forum des droits sur l’internet du 5 novembre au 20 novembre 2008. Les travaux et les auditions du groupe de travail du Forum se poursuivront jusqu’en 2009 dans le but de proposer. en apportant des réponses pratiques aux différentes obligations posées par l’article 47 de la loi de 2005. Ce document se limitera aux points les plus sensibles devant être couverts par le décret. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 également les acteurs du monde parapublic et privé. représentés dans le groupe de travail. sur le dispositif de mise en œuvre et de contrôle (II). un plan de mise en œuvre de l’accessibilité des sites internet en France. 8 . de formation et de sensibilisation des publics concernés. Ce plan assurera la mise en mouvement des pouvoirs publics et des acteurs privés en matière d’accompagnement. après avoir établi un état des lieux de l’accessibilité en France et en Europe.

Voir en ligne la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances. leur infrastructure réseau. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 I. mais celui-ci doit être précisé. Ŕ CHAMP ET SOURCES TECHNIQUES DE L’ACCESSIBILITÉ Article 47 de la loi de 200526 : « Les services de communication publique en ligne des services de l’État. la participation et la citoyenneté des personnes handicapées sur le site Légifrance : http://www. Quelles sont les technologies sont concernées ? Quels sont les acteurs concernés ? Quels sont les services concernés ? Comment le droit de compensation peut- il être mis en œuvre ? Quel est le périmètre exact de l’obligation ? 26 . il s’agit de « mettre le Web28 et ses services à la disposition de tous les individus. ou leurs aptitudes physiques ou mentales ». directeur du Web Consortium (W3C)27. des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être accessibles aux personnes handicapées. Au sujet du W3C. L’accessibilité des services de communication publique en ligne concerne l’accès à tout type d’information sous forme numérique quels que soient le moyen d’accès. » Qu’entend-on précisément par le terme « accessibilité » ? Selon Tim Berners-Lee. Un décret en Conseil d’État fixe les règles relatives à l’accessibilité et précise. le périmètre exact de l’obligation de l’article 47 de la loi de 2005 (A). d’une part.legifrance. quel que soit leur matériel ou logiciel. Ŕ Le champ de l’accessibilité Le champ d’application de l’accessibilité est fixé par la loi de 2005. que l’on connait surtout par son acronyme « www » figurant dans la plupart des adresses internet. Deux questions doivent se poser préalablement à la mise en place d’un dispositif de mise en œuvre de l’accessibilité pour la France : elles concernent. est composé du réseau de pages internet utilisant le protocole de navigation hypertextuel (protocole HTTP). 28 . ou « toile ». voir infra page 20 « Les recommandations internationales pour l’accessibilité ». leur langue maternelle. leur localisation géographique.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=SANX0300217L 27 . les règles techniques qui trouvent à s’appliquer (B). leur culture. qui ne peuvent excéder trois ans. Les recommandations internationales pour l’accessibilité de l’internet doivent être appliquées pour les services de communication publique en ligne. et les sanctions imposées en cas de non-respect de cette mise en accessibilité.gouv. et d’autre part. par référence aux recommandations établies par l’Agence pour le développement de l’administration électronique. la nature des adaptations à mettre en œuvre ainsi que les délais de mise en conformité des sites existants. les contenus et le mode de consultation. A. Le décret énonce en outre les modalités de formation des personnels intervenant sur les services de communication publique en ligne. 9 . Le World Wide Web.

legifrance. quels que soient le moyen d’accès. » La secrétaire d’État aux personnes handicapées. de données numériques n’ayant pas un caractère de correspondance privée. Le Forum recommande aux pouvoirs publics de ne pas limiter le champ de l’obligation de mise en conformité aux règles d’accessibilité prévu par l’article 47 de la loi de 2005 à une ou plusieurs technologies de diffusion étant donné la nature mouvante de celles-ci. qui relèvent du régime largement différent de la communication audiovisuelle au sens de la loi du 30 septembre 1986 30. quelles que soient les modalités de mise à disposition auprès du public. » Cette notion dont le périmètre exact fait encore aujourd’hui l’objet d’incertitudes recouvre a priori l’ensemble des diffusions publiques sous forme électronique.legifrance. Il convient naturellement d’écarter du champ d’application de l’article 47 de la loi de 2005 les services audiovisuels stricto sensu. sur demande individuelle. des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être accessibles aux personnes handicapées ». les contenus et le mode de consultation. dite Loi Léotard : « on entend par communication audiovisuelle toute communication au public de services de radio ou de télévision. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 1. Article 3-1 de la loi n°86-1067 du 30 septembre 1986 : « Le Conseil supérieur de l’audiovisuel. comme par exemple une communication par lettre de diffusion publique (parfois appelées newsletter). » http://www. telles que les sites internet. La technologie employée importe peu. qui définit les services de communication au public comme suit : « On entend par communication au public en ligne toute transmission. Ce périmètre large est confirmé par la phrase suivante du premier alinéa de l’article 47 : « l’accessibilité des services de communication publique en ligne concerne l’accès à tout type d’information sous forme numérique. garantit l’exercice de la liberté de communication audiovisuelle en matière de radio et de télévision par tout procédé de communication électronique. Article 2 de la loi n°86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication.legifrance. certaines correspondances par courrier électronique pouvant en effet appartenir au périmètre concerné par l’obligation légale.fr/texteconsolide/PCEAJ. Voir article 4 IV alinéa 4 de la loi n° 2004-575 en date du 21 juin 2004 (Loi pour la confiance dans l’économie numérique) : http://www. » http://www. Ces diffusions peuvent revêtir diverses formes. Ŕ Un cadre large non limité par les technologies L’article 47 de la loi de 2005 dispose que « les services de communication publique en ligne des services de l’État. et soumis au contrôle du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel31 (CSA).fr/texteconsolide/PCEBX. dans les conditions définies par la présente loi.gouv. autorité indépendante. Mme Marie-Anne Montchamp. avait en outre précisé lors des débats devant l’Assemblée nationale sur la loi du 11 février 2005 que les services de communication publique pouvaient recouvrir des canaux aussi variés 29 . qu’elles soient sous forme hypertextuelle ou multimédia. une expression proche de celle posée par la loi pour la confiance dans l’économie numérique du 21 juin 200429. ainsi que toute communication au public par voie électronique de services autres que de radio et de télévision et ne relevant pas de la communication au public en ligne telle que définie à l’article 1er de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique. certains services téléphoniques ou multimédia sur internet. par un procédé de communication électronique permettant un échange réciproque d’informations entre l’émetteur et le récepteur.htm 31 .htm 30 .htm 10 .fr/texteconsolide/PCEAJ.gouv. Sont visés ici les « services de communication publique en ligne ».gouv.

Ŕ Une limite importante : les services de communication du secteur public Le premier alinéa de l’article 47 dispose que seuls les services de communication publique « des services de l’État. Les régions. la loi de 2005 ne posant aucune restriction au niveau des supports utilisés pour la consultation des services de communication publique en ligne.fr/12/cra/2003-2004/248. Le Forum recommande par conséquent aux pouvoirs publics de s’assurer de la bonne adéquation des référentiels techniques avec les technologies utilisées par les citoyens. Néanmoins. devraient également être mis en conformité de façon prioritaire. le Forum des droits sur l’internet recommande aux pouvoirs publics de faire de l’accessibilité des pages internet proprement dites (pages HTML/XHTML classiques) une priorité. si cela s’avère nécessaire. Compte rendu des débats devant l’Assemblée nationale. l’élaboration de nouvelles méthodes d’application pour ces formats par les acteurs concernés. le SMS. ou encore des documents issus de logiciels de traitement de texte. 2. en raison de la forte présence de documents sous forme PDF sur internet. des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent » sont concernés par l’obligation de mise en accessibilité. Cela inclut tous les documents échangés par ce biais ou proposés aux visiteurs. en y faisant expressément référence dans les textes d’application. format créé par la société Adobe Systems. 34 . la présente Recommandation traitera plus spécifiquement de l’accessibilité des sites internet . comme par exemple des documents sous format PDF33. ou encore des terminaux ou des téléphones mobiles. des régies de transports publics ou de tout autre service dépendant d’une administration décentralisée. ces documents. mais peut recouvrir une grande diversité de sites internet : ceux de l’administration française. les autres « canaux » de diffusion pourront faire l’objet de recommandations ultérieures. Il est ensuite recommandé aux pouvoirs publics d’identifier quels sont les formats les plus répandus et utilisés par les producteurs de contenus sur internet. L’obligation se voit donc cantonnée aux services de communication en ligne mis en œuvre par le secteur public. afin de prévoir.assemblee-nationale. les départements et les communes sont donc tout autant concernés par l’obligation d’accessibilité. En dépit de ce champ large de l’obligation de mise en conformité avec les règles de l’accessibilité. L’obligation de mise en conformité aux règles de l’accessibilité s’applique au site internet dans son intégralité. Un site internet peut par exemple être consulté indifféremment depuis des matériels informatiques. Compte tenu de la grande diversité des formats de documents disponibles sur le marché. et de leur bon niveau de référencement par les différents moteurs de recherche sur le marché. la rédaction du décret d’application devra être suffisamment souple pour s’adapter aux modes de consultation existants aujourd’hui et demain34. en première lecture. qui font déjà l’objet de plusieurs tests dans la méthode d’application des règles d’accessibilité.asp#P146_33381 33 . des structures centrales et déconcentrées de l’État. très répandus. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 que « l’internet. des consoles de jeux. de même que les services qui en dépendent : sites internet des universités. 32 . l’agenda électronique et les futurs moyens de communication »32. 1ère séance du mercredi 9 juin 2004 : http://www. Enfin. des ministères. le Minitel. ou encore ceux de toutes les structures décentralisées. 11 . Portable Document Format.

org/ 37 . La question du nombre exact de sites publics a fait l’objet de débats importants et reste entourée d’incertitude. La Poste ou encore L’Opéra national de Paris relèvent du champ d’application de l’article 47 de la loi de 2005 en raison de leur statut public. le critère semble plus délicat à apprécier lorsqu’il s’agit d’acteurs privés investis d’une mission de service public.fr : http://lannuaire. la RATP. une association dont la mission est de sensibiliser les sites internet publics à l’accessibilité linguistique. 38 . Selon l’Observatoire des éditions numériques. par exemple en reprenant l’expression utilisée dans l’article 1 du Code général de la propriété des personnes publiques38. L’extension .legifrance. est vaine.editions-numeriques.fr/ 36 . Voir l’article 1 du Code général de la propriété des personnes publiques sur Légifrance : http://www. Les débats sur l’appréciation du caractère public ou non public d’un service de communication au public ont donné lieu à de multiples interrogations.fr/affichCode.fr est réservée aux seuls sites gouvernementaux (477 noms de domaine). la rédaction de l’article 47 étant ambigüe sur ce point. ou encore d’une crèche à structure associative financée par une mairie ? Par ailleurs. service-public. on dénombre en effet plus de 10 000 sites publics.gouv. ces derniers devant relever de l’obligation de mise en conformité aux règles de l’accessibilité compte tenu de leur importance pour les usagers. » Il semble par ailleurs important d’inclure tous les établissements publics dans le champ de l’obligation légale. il y en a probablement d’autres. et d’autre part. puisqu’un nom de domaine peut-être utilisé par un nombre illimité de sites internet distincts. Un site internet financé en majeure partie par des fonds publics doit-il être considéré comme public ? Un site internet réalisé et tenu à jour par des acteurs privés avec des fonds privés et publics mais réalisé en partenariat ou sur mission des pouvoirs publics est-il soumis à l’obligation de mise en conformité ? Qu’en est-il du site d’un centre de recherche ou d’une formation fonctionnant sur fonds privés mais rattaché à une université relevant de l’État. s’agissant du périmètre de l’obligation. qui n’ont pas été référencés36.do?cidTexte=LEGITEXT000006070299&dateTexte=20081107 12 . Étant donné que ceux-ci ne sont pas expressément mentionnés. l’INA. puisqu’il n’existe pas d’extension spécifique pour les sites publics d’une part37. s’il semble acquis que les établissements publics tels que la SNCF. Compte tenu du nombre de communes françaises (36 000). Sur l’annuaire du site Service-public. l’accès aux services de communication publique des établissements publics de l’État étant particulièrement important pour les usagers. Le Forum recommande aux pouvoirs publics de clarifier le périmètre de l’article 47 de la loi de 2005 afin de lever toute incertitude concernant l’inclusion des établissements publics relevant de l’État dans ce périmètre. ainsi qu’aux établissements publics. périmètre beaucoup plus restreint que celui des « sites publics » proprement dit. il semble que la réponse soit 35 . il y en aurait 10 000 environ. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 Le Forum des droits sur l’internet souhaite attirer l’attention des pouvoirs publics sur la grande quantité de sites internet concernés par l’obligation légale. Voir l’annuaire de l’administration en ligne sur le portail de l’administration française.fr35.fr. http://www.service-public. Il semble par conséquent nécessaire de clarifier la définition du périmètre. plus claire : « le présent code s’applique aux biens […] appartenant à l’État. l’AFNIC. aux collectivités territoriales et à leurs groupements. Se pose ensuite la question de savoir si l’expression « les établissements qui en dépendent » est rattachée aux « collectivités territoriales » ou aux « services de l’État » et aux collectivités territoriales.gouv. La recherche d’un chiffre plus précis auprès de l’organisme gestionnaire du domaine .

http://www. d’incitation et d’accompagnement. 5213-6 du Code du 39 . La Recommandation finale du Forum des droits sur l’internet sur le sujet de l’accessibilité comprendra une partie consacrée à l’accessibilité des sites internet privés. aujourd’hui. le cas échéant. et ne dépendant pas directement de l’État. et non accessibles au public. Les intranets L’expression « les services de communication publique » de l’article 47 de la loi de 2005 semble exclure du champ d’application de l’obligation d’accessibilité les sites internet utilisés en interne dans les structures de l’administration (les intranets). le périmètre de l’obligation légale de mise en conformité aux règles de l’accessibilité aux organismes privés investis d’une mission de service public. 3. il sera beaucoup plus simple pour ces personnes de consulter leur compte bancaire en ligne. au même titre que les citoyens internautes. outils généralement réservés aux personnels de ces structures.legifrance. En effet. 40 . en raison du principe à valeur constitutionnelle de séparation des pouvoirs39. aux erreurs ou insuffisances de codification ». le Forum recommande aux pouvoirs publics d’étudier la possibilité d’élargir. Compte tenu des incertitudes liées à l’appréciation du caractère public des exploitants des services de communication en ligne et des difficultés d’application pouvant en résulter. Les intranets sont cependant susceptibles d’être concernés par deux autres textes législatifs. Ŕ La question des « intranets » et des « extranets » a. le Forum recommande aux pouvoirs publics d’associer les acteurs privés concernés aux démarches de promotion de l’accessibilité dans le but de mettre en œuvre auprès d’eux des politiques d’information.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=SOCX0700017R 13 . la question de l’applicabilité du dispositif aux services de communication publique des assemblées peut aussi ce poser. Par conséquent. codifié par l’ordonnance du 12 mars 200740 et modifié par la loi du 27 mai 200841 à l’article L.gouv. en procédant à une modification législative. » Dans sa décision n° 86- 224 DC du 23 janvier 1987. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 négative. Il parait en effet difficile de considérer que les fonctionnaires employés par l’administration puissent être qualifiés de « public » et faire l’objet des « communications publiques ». Le paragraphe IV de l’article 24 de la même loi tout d’abord. Enfin. le Parlement n’étant pas à proprement parler un établissement public. le Conseil Constitutionnel a par ailleurs indiqué que le principe de séparation des pouvoirs était un principe fondamental reconnu par les lois de la République. les sites de commerce électronique offrent par exemple aux personnes en situation de handicap des facultés d’achat beaucoup plus pratiques que le déplacement dans des magasins . L’article XVI de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789. ni la séparation des Pouvoirs déterminée. ces services pourraient utilement faire l’objet d’une réglementation ultérieure particulière visant à les ajouter au périmètre de l’obligation d’accessibilité. plutôt que de se rendre dans leur agence bancaire. n’a point de Constitution. citée par le préambule de la Constitution d’octobre 1958 dispose que : « Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée. Le Forum souhaite enfin souligner l’intérêt des acteurs privés pour les démarches relatives à l’amélioration de l’accessibilité. portant recodification à droit constant et visant « à inclure (dans le code du travail) les dispositions de nature législative qui n’ont pas été codifiées. de même. Ordonnance n°2007-329 du 12 mars 2007 relative au Code du travail (partie législative). l’internet est devenu un mode d’information et de consommation incontournable . d’améliorer le plan du code et de remédier. Cependant.

l’employeur prend. http://www. Les obligations de mise en conformité aux règles d’accessibilité des intranets de l’administration ne pouvant pas être sanctionnées par le dispositif prévu pour l’application de la loi de 2005 dans l’état actuel de la loi. les collectivités territoriales. La méthode de mise en œuvre de cette disposition n’est cependant pas précisée. semble donc s’appliquer aux intranets.gouv. Le dispositif de l’article 24 de la loi de 2005.fr/affichTexte. ces règles étant une des conditions nécessaires de l’usage des nouvelles technologies par les personnes en situation de handicap. les intranets sont donc soumis à une obligation de mise en conformité aux règles d’accessibilité.legifrance. Loi n°2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique. qu’à la structure qui sera chargée de mettre en œuvre ces dispositions. 5212-13 d’accéder à un emploi ou de conserver un emploi correspondant à leur qualification. Le périmètre de cette obligation est limité au secteur public et aux acteurs privés investis d’une mission de secteur public.htm 14 . en fonction des besoins dans une situation concrète. y compris l’accompagnement et l’équipement individuels nécessaires aux travailleurs handicapés pour occuper ces postes ». http://www. Le Forum recommande par conséquent aux pouvoirs publics d’unifier les régimes des services de communication publique et des intranets au bénéfice de la loi du 11 février 2005 pour les rattacher au régime général mis en œuvre par le décret d’application de l’article 47 de la loi de 2005. la coexistence de deux régimes juridiques différents étant préjudiciable. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 travail dispose « qu’afin de garantir le respect du principe d’égalité de traitement à l’égard des travailleurs handicapés. ces dispositions visent cependant en premier lieu les salariés du secteur privé. Codifié dans le Code du travail. L’article 3 de la loi pour la confiance dans l’économie numérique42 semble quant à lui plus explicite : « l’État. contrairement à l’article 24 de la loi de 2005. outil de travail indispensable.fr/texteconsolide/PCEBX. Loi n°2008-496 du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d’adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations. tant aux utilisateurs. les mesures appropriées pour permettre aux travailleurs mentionnés aux 1° à 4° et 9° à 11° de l’article L. les établissements publics et les personnes privées chargées d’une mission de service public veillent à ce que l’accès et l’usage des nouvelles technologies de l’information permettent à leurs agents et personnels handicapés d’exercer leurs missions. aux besoins spécifiques de son personnel en situation de handicap pourrait être ainsi reconnu coupable d’une discrimination.do?cidTexte=JORFTEXT000018877783&dateTexte= 42 . dès lors qu’ils constituent des outils utiles à l’activité du salarié dans l’exercice de son activité professionnelle. » En vertu de ce dernier texte. il est recommandé aux pouvoirs publics de rappeler aux usagers les voies de recours qui leur sont ouvertes auprès des 41 . de l’exercer ou d’y progresser ou pour qu’une formation adaptée à leurs besoins leur soit dispensée ». l’employeur qui n’aurait pas pris les mesures pour adapter son intranet. les fonctionnaires de la fonction publique faisant l’objet de dispositions particulières. L’article 24 de la loi de 2005 précise que « ces aides peuvent concerner notamment l’adaptation de machines ou d’outillages. Ces aides semblent donc recouper aussi bien les matériels informatiques que les logiciels l’accompagnant .gouv.legifrance. Le Forum des droits sur l’internet attire l’attention des pouvoirs publics sur la difficulté résidant dans la coexistence entre deux régimes juridiques : l’un relatif aux services de communication publique (article 47 de la loi de 2005) et l’autre relatif aux intranets (article 3 de la loi pour la confiance dans l’économie numérique). bien qu’à portée très générale. l’aménagement de postes de travail.

114-1 du code de l’action sociale et des familles. du développement de groupes d’entraide mutuelle ou de places en établissements spécialisés. Ŕ Le droit à la compensation Un site internet. Cette technique s’est fortement développée ces dernières années. une difficulté d’agir sur des productions de contenus externalisées. Les sites qui publient des contenus générés par les utilisateurs sont de plus en plus nombreux. messages de forum. 46 . ou forte. Article 11 de la loi de 2005 : Après l’article L. des aménagements du domicile ou du cadre de travail nécessaires au plein exercice de sa citoyenneté et de sa capacité d’autonomie. notes. Il dispose ainsi que « la personne handicapée a droit à la compensation des conséquences de son handicap quels que soient l’origine et la nature de sa déficience. Authentification simple. permettant notamment à l’entourage de la personne handicapée de bénéficier de temps de répit. de l’insertion professionnelle. L’article 11 de la loi de 2005 garantit un nouveau droit aux personnes en situation de handicap : le droit à la compensation. 45 . des aides de toute nature à la personne ou aux institutions pour vivre en milieu ordinaire ou adapté. sites internet ouverts au public mais dont l’accès est protégé par des identifiants de sécurité43. provenant d’autres sites44 ou des utilisateurs45 eux-mêmes. Les flux « RSS » permettent par exemple de reprendre des « fils d’actualités » en provenance d’autre sites internet sur son propre site. de la scolarité. » 15 . ces derniers s’adressent à des publics extérieurs à l’administration qui ne sont donc pas couverts par les obligations spécifiques formulées à l’égard des personnels des administrations en ce qui concerne les intranets. affectée par un grand nombre de paramètres qui font du numérique un secteur tout à fait spécifique. au moyen d’un identifiant de connexion et d’un mot de passe. marqué par une évolution et une obsolescence rapide des logiciels utilisés et des standards techniques de développement. contrairement à un bâtiment. formulé par la personne elle-même ou. à défaut. du développement ou de l’aménagement de l’offre de service. de l’enseignement. Les extranets Concernant les extranets. de l’éducation. 114-1-1. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 organismes existants tels que la HALDE ou le Fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées au sein des fonctions publiques d’État (FIPHFP). Ces réponses adaptées prennent en compte l’accueil et l’accompagnement nécessaires aux personnes handicapées qui ne peuvent exprimer seules leurs besoins. 43 . son âge ou son mode de vie. Cette compensation consiste à répondre à ses besoins. Ils permettent par exemple à leurs visiteurs de publier des avis. Le Forum recommande aux pouvoirs publics d’inclure expressément dans le champ d’application de l’article 47 de la loi de 2005 les extranets publics. images. Les besoins de compensation sont inscrits dans un plan élaboré en considération des besoins et des aspirations de la personne handicapée tels qu’ils sont exprimés dans son projet de vie. Il parait donc nécessaire de les inclure dans le champ de l’obligation prévue par l’article 47 de la loi de 2005. Il sera dans certains cas difficile voire impossible d’imposer aux producteurs de contenus de ne soumettre que des documents accessibles. qu’il s’agisse de l’accueil de la petite enfance. assurée par un certificat de sécurité sur un protocole tel que HTTPS. 114-1-1 ainsi rédigé : « Art. vidéos ou tout autre media.La personne handicapée a droit à la compensation des conséquences de son handicap quels que soient l’origine et la nature de sa déficience. est une technologie mouvante. il est inséré un article L. . 44 . sans qu’il soit possible de modifier la forme du contenu repris. L. des interactions de plus en plus profondes avec d’autres sites internet. ou encore en matière d’accès aux procédures et aux institutions spécifiques au handicap ou aux moyens et prestations accompagnant la mise en œuvre de la protection juridique régie par le titre XI du livre Ier du code civil. 4. avec ou pour elle par son représentant légal lorsqu’elle ne peut exprimer son avis. son âge ou son mode de vie »46. b. comme par exemple des séquences audiovisuelles sous-titrées.

la réponse à donner est claire : l’article 47 de la loi de 2005 prévoit une accessibilité des pages des sites internet conforme aux recommandations internationales. de l’insertion professionnelle. en application du droit à la compensation de l’article L. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 Il est ensuite précisé que « cette compensation consiste à répondre à ses besoins. Ce droit pourra faire l’objet d’un réexamen régulier par la structure pilote. voir « les recommandations internationales pour l’accessibilité ». Selon le point 31 de la résolution du parlement européen du 13 juin 2002. Le Forum recommande aux pouvoirs publics de veiller à la bonne application du droit à la compensation en ce qui concerne l’accessibilité des services de communication en ligne. Le Forum recommande à tous les exploitants de services de communication publique de mettre en œuvre tous les moyens à leur disposition pour permettre aux personnes en situation de handicap d’accéder dans des conditions satisfaisantes aux documents recherchés. Le niveau minimal d’accessibilité recommandé par la Commission européenne est le niveau double-A des recommandations internationales48. des aménagements du domicile ou du cadre de travail nécessaires au plein exercice de sa citoyenneté et de sa capacité d’autonomie. pages ou rubriques. a. pourra être appliqué et mis en œuvre en ce qui concerne l’accessibilité des services de communication en ligne. qu’il s’agisse de l’accueil de la petite enfance. Toutes les pages d’un site internet doivent par conséquent être mises en conformité aux règles de l’accessibilité. Pour plus de détails sur ce sujet. celle des sites existants. Le principe : accessibilité de niveau AA de toutes les pages internet et documents Concernant les sites qui seront développés postérieurement à l’entrée en vigueur des textes d’application de la loi. qui font l’objet d’une période de transition. sans qu’il y ait lieu de mettre en œuvre de traitements différenciés ou prioritaires pour certains services. de l’enseignement.legifrance. page 20. principe phare de la loi de 2005. 16 . postérieurs à la mise en œuvre du dispositif. 48 . de la scolarité. de l’éducation. du développement ou de l’aménagement de l’offre de service […] » Il semble par conséquent important de rappeler que le droit à la compensation. 5.gouv. il faut entendre l’obligation comme s’appliquant à l’intégralité des contenus diffusés par les services de communication publique. C’est par ailleurs le niveau recommandé par l’initiative « eInclusion » de la Commission européenne. Sur les sanctions applicables.do?cidTexte=JORFTEXT000000809647&dateTexte= 47 . ces derniers étant une condition nécessaire à l’insertion professionnelle ou au plein exercice de la citoyenneté de ces personnes. et le cas particulier des archives.fr/affichTexte. Ŕ Le périmètre des pages concernées par la mise en accessibilité Il faut ici distinguer plusieurs situations : celle des nouveaux sites internet. voir infra page 34 « les mesures de valorisation des bonnes pratiques et les sanctions ». http://www. le niveau minimal à atteindre pour les sites internet publics est la conformité double-A (AA). 114-1-1 du Code de l’action sociale et des familles. En l’absence de mention restrictive particulière de la loi. Le Forum recommande à la structure chargée du pilotage de l’accessibilité de déterminer les conditions d’appréciation des efforts faits par les exploitants publics et de prendre en compte la mise en place de mesures de compensation lors de l’application de sanctions47 en cas de manquement à l’obligation légale de conformité aux règles d’accessibilité.

La phase transitoire Les sites internet existants devront mettre en conformité l’ensemble des pages de leur site internet au terme de la « période transitoire » prévue dans les textes d’application. et de leur permettre. Il est recommandé aux pouvoirs publics de rappeler de manière expresse dans les textes d’application la nécessité pour les responsables de sites internet d’informer les publics en situation de handicap lorsque des documents ne sont pas encore accessibles pendant la phase transitoire des sites existants. une page accessibilité50 devra présenter à l’usager la politique accessibilité du site internet. qui dans certains cas ne présentent pas de surcoût ou de difficulté majeure dans leur mise en œuvre. de contacter le service ou la collectivité territoriale légalement responsable du site internet. afin de les informer qu’un document ou 49 . ainsi que son niveau de conformité. voir infra page 29 « Le plan de déploiement de l’accessibilité ». sauf dans le cas où celui-ci provient d’un moteur de recherche qui l’a mené directement sur une page interne du site. et notamment avec les producteurs de contenus. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 Compte tenu des nombreux échanges qui se sont déroulés au sein du groupe de travail à ce sujet. qui n’empêche pas les administrations concernées de respecter des règles plus exigeantes. A défaut d’indication sur la page d’accueil. La page d’accueil du site internet devrait donc en toute logique faire l’objet d’un traitement prioritaire. Les sites existants disposeront donc d’un délai maximal de 3 ans à compter de la publication du texte d’application leur permettant de mettre en conformité leurs pages internet. si des pages ou documents ne sont pas accessibles. Il ressort des travaux du groupe de travail qu’il est absolument nécessaire de tenir les usagers informés de la pratique en matière d’accessibilité. Il est par ailleurs recommandé aux exploitants publics de tenir compte dans leur objectif de mise en accessibilité des recommandations internationales de priorité triple-A. Pour plus de détails sur les niveaux de priorité fixés dans les recommandations internationales. b. sans préjudice du principe d’obligation globale de mise en accessibilité du site internet. le Forum recommande aux pouvoirs publics de poser dans les textes d’application de l’article 47 de la loi de 2005 le principe essentiel de mise en conformité de l’ensemble des pages et documents internet avec les recommandations internationales pour l’accessibilité de niveau double-A49. 17 . afin de pouvoir les obtenir par un autre moyen (courrier électronique ou téléphone par exemple). 50 . voir infra page 20 « les recommandations internationales pour l’accessibilité ». étant donné qu’elle conditionne généralement l’accès aux autres pages du site pour l’utilisateur. étant entendu que ce délai ne pourra excéder 3 ans comme il est indiqué dans la loi. La mise en œuvre de l’accessibilité sur ces sites pourra donc se faire de manière progressive. Sur le caractère obligatoire que pourrait présenter cette page. Le Forum recommande aux pouvoirs publics de prévoir une phase transitoire garantissant aux responsables de sites publics existants un délai de mise en œuvre suffisant. et les mesures compensatoires mises en œuvre pour les parties du site qui n’ont pas encore été mises en conformité avec les règles d’accessibilité. Il s’agit d’un niveau d’exigence minimal. La page permettant à l’usager d’entrer en contact avec une administration. dans l’objectif d’atteindre un niveau d’accessibilité maximal au bout de 3 ans.

et de lui offrir un moyen de contact facile avec l’équipe en charge du site et avec la structure en charge de la mise en œuvre de l’accessibilité. L’exception patrimoniale pour les archives de sites internet La question de la mise en accessibilité des archives des sites publics a soulevé un important débat au sein du groupe de travail. Il importe donc de limiter au maximum le champ d’application de cette exception. 18 . et de permettre à l’usager de connaître quels sont les autres moyens d’y accéder. Par ailleurs. ceci afin de permettre la bonne navigation des usagers sur le site en question. 51 . En outre. une telle exception risquerait d’encourager certains acteurs à ne pas rendre accessibles certains de leurs contenus plus anciens en les classant de façon abusive « archives ». logiciel installé côté serveur et permettant d’affranchir les producteurs de contenus des contraintes techniques en leur fournissant une interface simplifiée pour la publication desdits contenus sous forme standardisée à partir des modèles ou « gabarits » prédéfinis par les prestataires techniques et les créatifs. à des fins de recherche. A contrario. devrait être elle aussi faire l’objet d’une accessibilité prioritaire. ou encore d’authentification. la grande majorité des sites reposant sur des bases de données et sur un logiciel serveur. eu égard au grand nombre de pages conservées au titre d’archives. Pour autant. Dans certains cas. générant les pages aux usagers à la demande à partir de modèles de pages définis pour les différentes rubriques et styles d’affichage des documents et des contenus présents en base de données. il est tout d’abord apparu nécessaire de garantir aux personnes en situation de handicap un accès normal et dans des conditions satisfaisantes aux archives des sites internet publics. la faisabilité financière de telles opérations. c. de même qu’un « gabarit de page article » définira le style et l’affichage de toutes les pages de contenu de ce même site. ceci leur permettant de s’affranchir de toute obligation de mise en conformité avec les règles de l’accessibilité. il faut préciser que la forme (aspect visuel et « maquette » des pages internet) et les contenus sont de mieux en mieux séparés. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 qu’une page spécifique n’est pas accessible. un seul gabarit dit « de rubrique » déterminera l’affichage de toutes les pages de rubrique sur un même site internet. Le Forum recommande aux responsables de sites publics d’informer l’utilisateur en situation de handicap dès la page d’accueil dans le cas où l’accessibilité n’a pas encore été mise en œuvre. l’opération consistant à modifier ou altérer un document archivé et authentifié comme source historique datée peut sembler contraire au principe patrimonial de la conservation dans son état initial des documents historiques. En effet. par exemple de type « CMS »51. Il est recommandé aux responsables de sites internet publics de mettre en accessibilité de façon prioritaire les gabarits communs à l’ensemble du site internet pour les différentes pages de rubrique et de contenu. Ceux-ci pourraient par ailleurs choisir une stratégie d’évitement qui consisterait à supprimer tout accès public aux archives afin de s’exempter de l’obligation de mise en accessibilité de leurs archives. de mémoire. ceci afin de leur permettre un libre accès à la culture et aux recherches documentaires. Content Management System : littéralement « système de gestion de contenus ». à l’heure de l’internet « dynamique ». pourrait être difficile à supporter pour les services publics qui les tiennent à disposition du public.

appliquées suivant la méthode précisée dans la méthode d’application établie par l’Agence pour le développement de l’administration 52 . et concernant le dépôt légal. lesquelles faut-il appliquer ? Le Forum tient à signaler aux pouvoirs publics que de nombreux acteurs publics et privés ont fait part de leur inquiétude concernant l’utilisation d’un document d’application complexe. et dispose que « les recommandations internationales pour l’accessibilité de l’internet doivent être appliquées pour les services de communication publique en ligne ». d’obtenir un accès aux documents demandés figurant dans les archives des sites internet.html 53 . sur leur demande expresse. Il est recommandé à la future structure de pilotage en charge du déploiement de l’accessibilité de déterminer quels sont les sites.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MCCX0300082L 54 . Ŕ Les règles de l’accessibilité Lorsque l’on souhaite rendre accessible un site internet. l’article L132-2-1 du Code du patrimoine. par référence aux recommandations établies par l’Agence pour le développement de l’administration électronique. Cette contradiction juridique donne lieu à de sérieuses difficultés d’application au Canada. http://www. Le Forum leur recommande par conséquent d’exclure expressément du champ de l’obligation de mise en conformité aux règles d’accessibilité les contenus relevant de la mission de sauvegarde à titre patrimonial de l’internet par les acteurs publics désignés par la loi53. qui charge La Bibliothèque nationale de France (BNF) et l’Institut national de l’audiovisuel (INA) d’effectuer le dépôt légal des œuvres sous forme numérique : http://www.legifrance. Il est indiqué ensuite qu’un « décret en Conseil d’État fixe les règles relatives à l’accessibilité et précise. Sur le droit à la compensation. Les exploitants concernés mettront en œuvre une solution de compensation 54 permettant aux utilisateurs en situation de handicap. B. concernant les archives. rubriques de sites ou documents pouvant relever de l’exception en faveur des sites ayant pour mission la sauvegarde à titre patrimonial de l’internet et d’arbitrer les exonérations demandées par les acteurs publics concernés.gc. Le cadre juridique de l’accessibilité en France est posé : l’obligation légale repose sur les recommandations internationales. 19 . où Bibliothèque et Archives Nationales du Canada est prise en tenaille entre sa mission d’archivage à titre patrimonial des contenus numériques et la politique volontariste de mise en conformité aux règles d’accessibilité poussée par les pouvoirs publics. L’article 47 de la loi de 2005 est pourtant clair concernant les règles techniques de l’accessibilité. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 Le Forum tient à attirer l’attention des pouvoirs publics sur la contradiction entre les finalités de conservation patrimoniale des sites internet conférée à certains acteurs publics et la mise en conformité aux règles d’accessibilité de toutes les pages et documents d’un site internet52. voir supra page 15 « Le droit à la compensation ». la nature des adaptations à mettre en œuvre ».collectionscanada. les articles 221-1 et suivants du Code du patrimoine.ca/index-f. et dont la mise en œuvre semble nécessiter plus de ressources que celles requises par les recommandations internationales à proprement parler. Voir notamment. comment faut-il procéder ? Existe-t-il des recommandations techniques à ce sujet ? S’il en existe plusieurs.gouv. ajouté par l’article IV de la loi n°2006- 961 du 1er août 2006 sur le Droit d’auteur et les droits voisins dans la société de l’information.

1.org/Consortium/ 57 . Consulter la Recommandation des WCAG 2.w3.org/WAI/ 58 . La version 2. Cette initiative a conduit à la publication le 5 mai 1999 de la Recommandation intitulée « Web Content Accessibility Guidelines »58 (recommandations pour l’accessibilité des contenus internet). consulter « About the World Wide Web Consortium » (à propos du World Wide Web Consortium) sur le site du W3C : http://www.eu. communément désignées sous leur acronyme WCAG. Les WCAG 1. la « Web Accessibility Initiative»57 (initiative pour l’accessibilité de l’internet). administré conjointement par le MIT Computer Science and Artificial Intelligence Laboratory (CSAIL). créée par un décret n°2003-141 du 21 février 2003 dans le cadre du projet ADELE (ADministration ÉLEctronique). Une formulation qui fait indirectement référence aux travaux du Web Consortium « W3C ». Il faut par ailleurs prévoir la procédure d’adaptation de ce cadre en cas d’évolution des recommandations internationales. le document prévoit plusieurs niveaux de conformité classés par « priorité » : 55 . 56 . La version en vigueur aujourd’hui est toujours la 1.0 en ligne sur le site du W3C : http://www. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 électronique (ADAE) 55. Le W3C s’est rapidement doté d’une équipe de spécialistes « accessibilité » dans le but de formuler des recommandations pour la mise en accessibilité d’un site internet.htm 60 .org/TR/WCAG10 59 .org/TR/WCAG20/ 20 .0 sont utilisées par de nombreux sites internet soucieux de l’accessibilité de leurs contenus dans le monde entier. Les WCAG 1.w3. mais une réécriture complète de ces recommandations est sur le point d’être finalisée.w3. Annoncé dans le plan eEurope 2002 puis confirmé par le plan eEurope 2005 : http://europa. dont la version actuelle est en statut de « Recommandation proposée ». et refondue dans la DGME par le décret n°2005-1792.w3. l’European Research Consortium for Informatics and Mathematics (ERCIM) et l’université de Keio (Japon)56.060 a en effet été publiée sous forme de « Proposed Recommendation » le 3 novembre 2008 pour adoption par les membres du W3C prochainement. Composé de 14 recommandations déclinées sur 65 points de contrôle permettant aux responsables du site internet d’effectuer des tests de validation sur leurs pages. L’Agence pour le développement de l’administration électronique (ADAE) était une agence gouvernementale française rattachée aux services du Premier ministre. Ces règles ont été reconnues par la Commission Européenne comme le standard international pour tous les sites internet publics59. Pour plus de détails. doté d’une équipe permanente et de représentations dans de nombreux pays. Ŕ Les recommandations internationales pour l’accessibilité La loi fait en premier lieu référence aux « recommandations internationales pour l’accessibilité de l’internet ». consulter le site du WAI : http://www. Pour plus d’informations sur la structure et ses travaux.0. le décret d’application assure la mise en œuvre de ce dispositif.0 sur le site du W3C. Le W3C est un consortium international fondé en 1994.int/information_society/eeurope/2002/index_en. Certains sites choisissent de montrer à leurs visiteurs leur niveau de conformité à ces critères d’accessibilité en affichant l’un des logos proposés par le W3C. organisme de référence au niveau international et dont la mission consiste à fixer les standards techniques et ergonomiques de l’internet. en date du 3 novembre 2008 : http://www.

61 . Ŕ La méthode d’application : le RGAA La méthode d’application. en préambule de chaque document. 2. les différentes versions et traductions disponibles. il est également recommandé de préciser au public s’il s’agit d’un document final. le niveau minimal à atteindre pour les sites internet publics est la conformité double-A (AA). le site officiel du RGAA.gouv. la méthode d’application venant ensuite.fr. le référentiel français ne bénéficie pas d’une valeur normative et contraignante.fr est indisponible. et de les présenter suivant le même ordre. Compte tenu de l’importance pratique de ces règles techniques. Il est cependant mentionné à quelques reprises sur des sites publics61. ou d’un document qui est encore susceptible d’évolutions. À l’heure de la rédaction de cette Recommandation. correspondant au niveau triple-A (AAA) de conformité. il est recommandé de préciser la date de toute nouvelle version du référentiel.modernisation. Enfin. mais aucune date de sortie « officielle » ni de numéro de version n’a été indiqué. priorité 3 : éléments pouvant être mis en œuvre pour faciliter l’accès de certains contenus à certains utilisateurs. Selon le point 31 de la résolution du parlement européen du 13 juin 2002. selon l’article 47 de la loi de 2005. le statut du document et son processus d’adoption. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 . il est également recommandé de préciser dans le décret d’application que le référentiel d’application « reprend les standards internationaux de l’accessibilité tels que définis par le W3C ». Le Forum des droits sur l’internet recommande aux rédacteurs du décret d’application de reprendre la « hiérarchie » des documents de référence. rgaa. Le Forum recommande aux pouvoirs publics de préciser le numéro de version sur le document d’application ainsi que sur toutes les pages à caractère officiel où il peut être téléchargé. afin de faciliter l’identification et l’ancienneté des différents documents publiés. Ce document a été publié en 2007 sur le site des référentiels de l’État.dgme. . correspondant au niveau A de conformité . 21 . priorité 2 : éléments importants à mettre en œuvre levant des obstacles majeurs à l’accessibilité de l’information chez certains utilisateurs. . C’est le niveau recommandé par l’initiative « eInclusion » de la Commission européenne. Il est néanmoins possible de le télécharger à partir de l’adresse suivante : rgaa. Afin d’assurer la stricte compatibilité du référentiel d’application proposé par la DGME avec les règles internationales. énoncée dans l’article 47 de la loi. la date d’adoption de la Recommandation. « la nature des adaptations à mettre en œuvre ». les recommandations internationales devant apparaître en premier. le numéro de version. qui précisent. En l’absence du décret d’application de la loi de 2005. et qu’il en constitue la méthode d’application. dès lors qu’elle constitue un outil de mise en conformité aux recommandations internationales en vigueur. priorité 1 : éléments obligatoires et indispensables à mettre en œuvre pour l’accès de tous les usagers à l’information. Concernant la mise en œuvre de ces recommandations méthodologiques. correspondant au niveau double-A (AA) de conformité . les pouvoirs publics pourront se référer utilement aux référentiels d’accessibilité du W3C. intitulée « Référentiel général pour l’accessibilité des administrations » (RGAA) est le document technique préparé par la DGME et qui précise.referentiels.

Certains tests absents des WCAG 1.1. 68 .3. Voir par exemple le point de contrôle 8. Le caractère « obligatoire » ou « recommandé » de chaque test est mentionné. 67 . Il détaille les modalités de leur mise en œuvre. AA. mais il ne correspond pas aux niveaux de priorité définis par le W3C. 64 .org/uwem1_2/. actuellement en version 1. AAA).1) du RGAA.0 mais présents dans la future version des WCAG 2. Le document UWEM 1.1 et 4. Ces différences rendent en effet difficiles68 la conformité totale d’un site transnational qui souhaite s’engager dans 62 . Voir par exemple le point de contrôle 4. 63 . 22 . niveau d’accessibilité minimal déterminé par la Commission Européenne66.0 à l’exception notable de deux points qualifiés d’ « obsolètes » dans la méthode d’application. 2 et 3. Il s’agit d’une déclinaison des WCAG 1. page 20. de test et de validation de façon détaillée. ce qui peut rallonger le processus de validation. Le document compte 300 pages et ne comporte pour le moment pas de textes d’accompagnement. le Forum des droits sur l’internet recommande aux pouvoirs publics de réétudier avec précaution ces points. de présentation. mais simplement de proposer une méthode de déclinaison de celles-ci.0 « d’obsolètes » et l’ajout de nouveaux tests qui ne seraient pas requis par le niveau de conformité minimal double-A du W3C67. Le RGAA fait par ailleurs référence à la méthode d’application Unified Web Accessibility Evaluation Methodology (UWEM)65.3. Les outils de tests automatisés de l’accessibilité disponibles (voir infra note 93 page 30 pour des exemples) ne pourront pas valider la conformité des sites internet avec les tests qui n’étaient pas prévus dans les WCAG 1. développée en 2003 par le consortium WABcluster sur demande de la Commission européenne. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 Le document est une méthode d’application de toutes les recommandations estimées non obsolètes des WCAG de priorité 1. Il recommande aux pouvoirs publics de modifier les paragraphes « priorité » figurant dans la méthode d’application pour les aligner avec les niveaux de priorité définis dans les WCAG dans leur version en vigueur. Le document reprend les points de contrôle des WCAG 1.0 ainsi qu’une méthode d’évaluation et d’audit des sites internet. et de niveau de priorité A du W3C.3 « identifier la langue de traitement et son sens de lecture ». 65 . Elle a été versée aux travaux communautaires relatifs à l’élaboration d’une norme d’accessibilité européenne dans le cadre du mandat 376 de la Commission européenne.2. le rôle de la méthode d’application n’étant pas de définir quelles sont les règles applicables. 66 .1 « rendre accessibles les éléments programmables ». Cette méthode a été réalisée par 23 organisations de 13 États membres en étroite collaboration avec les experts du W3C. le Forum recommande de mentionner de façon claire dans la méthode d’application que le niveau de priorité obligatoire retenu dans le RGAA est le niveau double-A. Compte tenu de la pluralité de niveaux de conformité définis dans le référentiel international (A. http://www. Il en résulte que des points de contrôles obligatoires selon la priorité double-A du W3C ne sont que « recommandés » dans le RGAA63 tandis que certains points de contrôle de priorité triple-A sont quant à eux obligatoires64.0.wabcluster. ou d’annexes. recommandé selon le seul test (8.2 propose une méthodologie d’application stricte de tous les points de contrôles de priorité AA des WCAG 1. mais de priorité triple-A selon le W3C. Voir supra « Les recommandations internationales pour l’accessibilité ». Concernant la qualification de certains points de contrôle des WCAG 1. obligatoire selon les tests 4. les points de contrôle du référentiel étant l’application des recommandations du W3C.2 du RGAA. Le Forum recommande aux pouvoirs publics de faire référence dès la première page du document aux règles du W3C et d’indiquer un lien hypertexte vers la dernière version en vigueur des WCAG.0 ont été repris dans le RGAA.0 au niveau des tests unitaires62.

compte tenu des délais imposés par la procédure de publication des textes d’application. 69 . 23 . afin d’arbitrer ces points.0 ont été proposées aux membres du W3C pour adoption le 3 novembre 2008 : http://lists.0. en concertation avec les acteurs responsables de l’évolution de la méthode d’application. Il est recommandé aux pouvoirs publics de déterminer dans le décret d’application. les pouvoirs publics peuvent s’appuyer sur les WCAG 2. actuellement en phase finale d’adoption69.w3. les WCAG 1. 3. en vigueur depuis plusieurs années. le délai et la procédure de « transposition » des standards internationaux de l’accessibilité dans la méthode d’application française.0. Les WCAG 2. Les recommandations pour l’accessibilité du W3C. en tenant compte des ressources budgétaires disponibles et des délais de validation qui seront nécessaires. Il faudra ensuite prévoir le délai dont disposeront les exploitants de services de communication publique pour mettre en conformité leurs pages lors d’une évolution des recommandations internationales.0 voir supra note 60 page 20 et note 69 page 23.html 70 .org/Archives/Public/w3c-wai-ig/2008OctDec/0091. afin de s’assurer de la conformité dans le temps de la méthode d’application avec les standards internationaux de l’accessibilité. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 une démarche d’accessibilité auprès de plusieurs pays européens sur la base du niveau AA des recommandations internationales stricto sensu. Néanmoins. qui pourrait être la publication de la nouvelle version des recommandations internationales ou de la méthode d’application française. sont d’ailleurs sur le point de passer à une version entièrement nouvelle70. Sur les WCAG 2. Le Forum recommande par ailleurs à la structure de pilotage de coordonner la mise en œuvre des nouvelles recommandations internationales de l’accessibilité par les exploitants publics et de s’assurer de la progression globale du niveau de conformité en cas d’évolution de ces recommandations. Ŕ Le dispositif d’évolution Il est nécessaire de prévoir dans le décret le mécanisme d’adaptation du référentiel d’application français aux évolutions des recommandations internationales. et déterminer le point de départ de ce délai.

afin de lui délivrer une marque de qualité strictement définie une fois l’ensemble des contenus diffusés vérifiés. la procédure retenue devra répondre à plusieurs objectifs : un objectif de souplesse. de la technicité des règles de mise en conformité. pour inciter les exploitants à se mettre en conformité aux règles et assurer le partage de la connaissance et des savoir-faire. afin de garantir la pérennité du dispositif pendant et après la phase de transition. Cet aspect est au demeurant essentiel compte tenu de l’attente très longue (presque 4 ans) de la mise en œuvre des dispositions de l’article 47 de la loi de 2005. Compte tenu de la procédure longue d’adoption et de publication du décret d’application71. La première voie envisageable est celle de la certification par une autorité qui assure le travail de vérification et de validation des règles techniques. Voir partie III page 43 de la présente Recommandation. un objectif de logique vertueuse. Le Forum recommande aux pouvoirs publics de privilégier une démarche incitative et souple afin de responsabiliser les acteurs concernés sur les enjeux de l’accessibilité numérique. paramètre essentiel à la réussite du dispositif. ensuite. 72 . enfin. au fil de l’évolution des standards internationaux de l’accessibilité . tout d’abord. Cet organisme sera désigné sous le nom de « structure de pilotage » de l’accessibilité pour les besoins de l’exposé. un objectif de contrôle des démarches faites par les exploitants publics. compte tenu de l’importance du dispositif à mettre en place. afin de s’assurer de l’effectivité des efforts qu’ils auront porté . Ŕ LE DISPOSITIF DE MISE EN ŒUVRE ET DE CONTRÔLE L’article 47 de la loi de 2005 ne fait pas référence à une structure ou à un organisme particulier en ce qui concerne la conduite de la mise en conformité aux règles de l’accessibilité des services de communication en ligne. celles-ci pouvant en effet nécessiter des ajustements réglementaires ou législatifs. Pourtant. en partenariat étroit avec chaque exploitant. Cette voie nécessiterait de la part des pouvoirs 71 . il semble nécessaire de confier ces missions à une structure dédiée à cette tâche. Le Forum recommande aux pouvoirs publics la mise en place d’une structure de pilotage assurant les différentes missions afférentes à la mise en œuvre de la conformité aux règles de l’accessibilité des services de communication publique dans un objectif d’amélioration continue de l’accessibilité. le Forum des droits sur l’internet recommande aux pouvoirs publics de définir le plus clairement possible cette structure de pilotage (A) et son plan de déploiement (B). L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 II. La valorisation des bonnes pratiques et les sanctions encourues en cas de non respect des obligations posées (C) doivent également être étudiées. Ŕ La structure en charge du pilotage de l’accessibilité Quelle doit être la philosophie générale de régulation et de pilotage de la mise en conformité aux règles de l’accessibilité ? Dans ce cadre précis. et du grand nombre d’exploitants publics concernés par l’obligation. A. afin d’envoyer un signal clair aux acteurs concernés et aux usagers 72. et d’assurer une bonne visibilité de l’agenda de mise en œuvre pour les responsables de sites internet publics. 24 .

L’article R. Elle repose ensuite sur un système de déclaration par lequel les exploitants attestent auprès de la structure de pilotage et sur leur propre site de la conformité de leur service de communication aux règles de l’accessibilité. et notamment les caractéristiques certifiées faisant l’objet d’un contrôle ». ensuite. l’identification précise du […] service concerné ainsi que les éléments essentiels du référentiel. « peuvent seuls procéder à la certification […] les organismes qui ont déposé auprès de l’autorité administrative une déclaration relative à leur activité et contenant notamment toutes informations nécessaires en ce qui concerne les mesures destinées à garantir leur impartialité et leur compétence ». 115-8 du Code de la Consommation prévoit que « les référentiels doivent […] être élaborés et validés en concertation avec des représentants des diverses parties intéressées. sur les déclarations déposées. Selon le texte réglementaire. » La mention au JO concerne non pas le référentiel d’accréditation de l’organisme certificateur mais le référentiel des produits ou services certifiés. La structure de pilotage effectue. 73 D’après l’article L. » Selon l’article L. Le rôle des pouvoirs publics est ici réduit au minimum. La troisième voie est une solution intermédiaire dans laquelle chaque exploitant évalue lui-même avec précision la conformité de son service de communication avec les règles de l’accessibilité. 74 . la publication au JO comporte « le nom et l’adresse de l’organisme certificateur. Leur consultation s’effectue soit gratuitement sur place auprès de l’organisme certificateur. ou font état de leurs démarches de mise en conformité. au besoin en sollicitant l’avis de tiers experts en accessibilité. 115-28 du Code de la Consommation. Elle assure par ailleurs un rôle indispensable d’accompagnement. 25 . tout en effectuant des contrôles réguliers à partir des informations publiées sur les services de communication et des données recueillies dans le cadre de leur validation de conformité aux règles de l’accessibilité. soit par la délivrance de copies aux frais du demandeur. La seconde voie envisageable est celle d’un système autorégulé dans lequel les exploitants de services de communication effectuent eux-mêmes le travail de vérification et de validation de leurs contenus. ainsi que des administrations concernées. 115-28 alinéa 4. Dans ce cadre. 115-11 du même code détaille les modalités de la publication au JO. Voir infra note 93 page 30. Lorsqu’il s’agit de documents élaborés unilatéralement. et s’octroient ensuite un « label » attestant de leur conformité aux règles de l’accessibilité. « l’existence des référentiels fait l’objet d’une mention au Journal officiel de la République française. L’article R. et soumettait l’ensemble du dispositif à un cadre juridique fortement contraignant73. L’organisation de la concertation et de la validation incombe à l’organisme certificateur qui est tenu d’y associer l’ensemble des partenaires intéressés. ils doivent au moins être validés par les représentants des diverses parties intéressées précitées. les associations ou organismes représentatifs des consommateurs et des utilisateurs. une partie de la validation des tests techniques pouvant être effectuée au moyen d’outils mis à disposition et adaptés par la structure de pilotage à partir des outils existants74. et notamment les associations ou organismes représentatifs des professionnels. et le risque de voir des exploitants s’octroyer le label de façon abusive paraît important. un contrôle a posteriori. sous le contrôle de la structure de pilotage. Cette philosophie ne semble par ailleurs pas suffisante pour créer une logique vertueuse de mise en conformité chez les exploitants publics. sur plainte ou à son initiative. Cette articulation repose tout d’abord sur les outils mis à disposition par la structure de pilotage pour les aider dans cette démarche. et qu’il y a une progression effective du niveau de conformité des services concernés par l’obligation. d’information et de formation des acteurs concernés. les autres tests étant guidés par un questionnaire de vérification des tests « humains ». la structure de pilotage doit s’assurer que les exploitants publics mettent en œuvre des démarches de mise en conformité aux règles de l’accessibilité. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 publics et des exploitants de services de communication publique des ressources financières et humaines importantes.

il est recommandé à la structure de pilotage de s’inspirer des recommandations européennes formulées par le Comité européen de normalisation (CEN) dans le CEN Workshop agreement n°15554 en date d’avril 200677 et des normes ISO78 y afférentes. Évaluation de la conformité – Déclaration de conformité du fournisseur – Partie 1 : Exigences générales .ch/med_prof_f. EN 45011:1998. EN ISO/IEC 17050-2:2004. Un statut privé ne pourra être retenu si la structure de pilotage doit appliquer auprès des acteurs publics des sanctions financières de nature administrative. 26 . un groupe d’experts indépendants formule les normes de classement qui sont appliquées par le l’Institut néerlandais de classification des médias audiovisuels (NICAM) aux éditeurs qui ont rempli un formulaire automatisé en ligne . ISO 10002:2004. ou encore Health On the Net76 (HON). Concernant la méthodologie de vérification de la conformité. Le système appartient à la Fédération européenne des logiciels de loisirs (ISFE) . http://www.Lignes directrices pour le traitement des réclamations dans les organismes. Forme juridique de la structure de pilotage Le Forum des droits sur l’internet considère qu’il est indispensable de donner une impulsion politique et des moyens suffisants pour mettre en œuvre de façon pérenne et durable l’accessibilité sur les sites publics français. EN ISO/IEC 17000:2004. le CEN a établi. Management de la qualité . Ŕ Organisation de la structure de pilotage a.info/fr/ 76 . Dans le cadre du projet Support-EAM financé par la Commission européenne. Voir le site officiel de la Fondation la santé sur internet (Health on the Net) et les principes garantis par le HONCode.org/ 79 . Concernant la forme juridique de la structure de pilotage. Ces normes sont disponibles en français sur le site de l’AFNOR : http://www. Critères généraux pour le fonctionnement de différents types d’organismes procédant à l’inspection .Satisfaction des clients .doc 78 .hon. 1.pegi. concernant la « certification » de la qualité de l’information médicale. en concertation avec 42 organisations de 14 États membres. http://www. en ce qui concerne le classement par tranches d’âge des jeux vidéo. En France. cette institution a été choisie par la Haute Autorité de santé (HAS) pour certifier les sites de santé. Dans la ligne posée par les travaux préparatoires des pouvoirs publics sur le sujet de l’accessibilité et afin d’établir une dynamique vertueuse de mise en conformité des acteurs concernés. les pouvoirs publics pourront choisir différentes options relevant du secteur public ou privé79.boutique. tel que le système PEGI75. un recueil de « spécifications pour un schéma d’évaluation de la conformité du Web et pour une marque de qualité de l’accessibilité du Web ». Une traduction française de ce document est également disponible sur le site de l’association BrailleNet : http://www. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 Plusieurs institutions du monde numérique ont mis en pratique ces méthodes de gouvernance avec succès et peuvent être citées pour illustrer le propos. Il semble par ailleurs important de constituer un « guichet unique » permettant aux usagers et aux exploitants de services de communication de s’informer et d’effectuer leurs démarches auprès d’un acteur formellement identifié. Exigences générales relatives aux organismes procédant à la certification de produits .accessiweb.html 77 . Évaluation de la conformité – Déclaration de conformité du fournisseur – Partie 2 : Documentation d’appui . EN ISO/IEC 17050-1:2004. Évaluation de la conformité – Vocabulaire et principes généraux .org/_repository/files/version_francaise_CWA_WAC_15554_20juin2006. 75 . Voir le site officiel du Pan European Game Information (PEGI). et une présentation succincte de ses activités sur le site du Forum des droits sur l’internet. EN ISO/IEC 17020:2004. dès lors que cette structure dispose des moyens nécessaires pour remplir ses missions et d’un statut souple lui permettant de s’adapter aux évolutions du secteur. un canal de plainte (Complaint board) permet quant à lui aux utilisateurs de faire remonter les contestations éventuelles.afnor. le Forum recommande aux pouvoirs publics de mettre en place l’auto-évaluation des acteurs publics sous le contrôle d’une structure de pilotage.

voir le site internet du FIPHFP : http://www. 83 . il est créé une commission communale pour l’accessibilité aux personnes handicapées composée notamment des représentants de la commune.fr/ 82 . Elle établit un rapport annuel présenté en conseil municipal et fait toutes propositions utiles de nature à améliorer la mise en accessibilité de l’existant. b. Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées.33 milliards d’euros.uk/e-government/resources/eaccessibility/content. le Fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées au sein des fonctions publiques d’État (FIPHFP). respecter les règles de l’accessibilité qu’elle préconise pour ses services de communication au public. L’article 46 de la loi de 2005 a inséré un nouvel article L. un établissement public dont la mission est de « favoriser l’insertion professionnelle des personnes handicapées au sein des fonctions publiques d’État. l’éventail de ses missions ayant été précisé et élargi par la loi du 11 février 2005. localtis. qui dispose que « dans les communes de 5 000 habitants et plus. Il sera par ailleurs utile de se référer aux structures mises en place dans d’autres États pour la mise en œuvres des règles de l’accessibilité. http://www. 15 octobre 2008. Selon l’étude réalisée en 2005 par l’institut Cabinet Office en Grande Bretagne sous forme d’un questionnaire envoyé aux 25 États membres. d’information et d’animation pour suivre la qualité du service rendu aux personnes. Le budget prévisionnel adopté par le CNSA le 14 octobre 2008 pour l’année 2009 s’élève à 18. qui relève de ses attributions.gov. Financement de la structure de pilotage La question du financement de la structure de pilotage est déterminante et devra prendre en compte les besoins exprimés dans la présente Recommandation. et notamment son site internet d’information.fr/ 85 .cnsa. des espaces publics et des transports. 2143-3 dans le Code général des collectivités territoriales. dans tous les cas.fiphfp. un établissement public créé par la loi du 30 juin 200482 disposant d’un budget conséquent83 et dont les missions sont de financer les aides en faveur des personnes âgées dépendantes et des personnes handicapées. consulter « Le budget 2009 de la CNSA est adopté mais suscite des remous ». L’établissement public a été installé le 1er janvier 2006. Le financement de cette structure de pilotage pourrait être pris en charge au moins en partie par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie81. d’associations d’usagers et d’associations représentant les personnes handicapées. Concernant la dotation en ressources financières et humaines de la structure de pilotage de l’accessibilité. L’appui d’un réseau de correspondants locaux La loi de 2005 a mis en place des commissions d’accessibilité dans les communes de plus de 5 000 habitants ayant pour mission le suivi et l’accompagnement de la mise en œuvre de l’accessibilité du bâti85. Cette commission dresse le constat de l’état d’accessibilité du cadre bâti existant. Pour plus de détails. de la voirie. 84 . 14 répondants indiquent disposer de moyens spécifiques pour surveiller et contrôler le niveau d’accessibilité des sites publics : http://archive. et d’assurer une mission d’expertise. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 Elle devra. de garantir l’égalité de traitement sur tout le territoire et pour l’ensemble des handicaps. voir le site de la CNSA. En ce qui concerne le financement spécifique de la mise en accessibilité des intranets. Jean-Noël Escudié / PCA. afin d’éviter de concentrer tout 80 . » 27 . composées notamment de représentants des personnes handicapées. le Forum recommande aux pouvoirs publics de mener une étude comparative des différentes institutions existant déjà dans ce domaine80 au niveau européen.info.cabinetoffice.asp 81 . Pour en savoir plus sur sa composition. pourrait être utilement étendu à l’accessibilité des services de communication en ligne. territoriale et hospitalière »84 pourrait prendre en charge de manière plus significative le dispositif. c. Le champ d’action de ces commissions.

Cette commission intercommunale est présidée par l’un des maires des communes. Cette solution permettrait en outre de stimuler l’emploi des personnes en situation de handicap dans la fonction publique. Le Forum estime nécessaire de confier à la structure une mission de pilotage stratégique. de services et de canaux concernés est considérable. Est également prévue dans la loi86 la possibilité de créer des commissions intercommunales pour les communes de moins de 5 000 habitants qui souhaiteraient disposer de ces structures. il importe de mettre en place une structure apte à fixer et à ajuster en permanence une stratégie globale d’amélioration continue de l’accessibilité. qui sera prioritaire. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 le travail d’accompagnement. » http://www. 2143-3 du Code général des collectivités territoriales dispose : « des communes peuvent créer une commission intercommunale. L’article L.trouver toutes les informations et documents techniques et aides nécessaires à la mise en place d’une politique d’accessibilité . qui arrêtent conjointement la liste de ses membres. Le pilotage stratégique et la coordination des acteurs publics Dans la mesure où le nombre de sites. 2. intercommunales et d’arrondissement à l’accessibilité des services de communication en ligne. Ce rôle stratégique ne devra pas s’arrêter au contrôle du respect des standards internationaux. Celle-ci exerce pour l’ensemble des communes concernées les missions d’une commission communale. il suggère d’élargir le domaine de compétence des commissions d’accessibilité communales. Il semble par ailleurs indispensable que la structure de pilotage assure l’accompagnement et la coordination des acteurs concernés par l’obligation de mise en accessibilité. 86 . évaluera les moyens nécessaires à la mise en œuvre de ces objectifs et en assurera la diffusion auprès de tous les acteurs concernés. Ŕ Missions La structure de pilotage devrait mener plusieurs missions afin de s’assurer de la bonne mise en œuvre de l’accessibilité sur les sites publics : a.rcv 28 . Pour ce faire. puisque le travail sur l’accessibilité numérique est destiné à évoluer en fonction des usages et des technologies de consultation. elle fixera notamment des objectifs annuels d’amélioration. Pendant la phase transitoire. le Forum recommande à la structure de pilotage de mettre à disposition des acteurs publics une plate-forme internet à partir de laquelle ceux-ci pourront notamment : .fr/WAspad/UnCode?code=CGCTERRM. de vérification et de contrôle sur la structure de pilotage en charge au niveau national.legifrance.gouv. afin de les faire entrer dans une démarche positive et de leur fournir toutes les informations nécessaires. Le Forum recommande aux pouvoirs publics de permettre à la structure de pilotage de s’appuyer sur un réseau de correspondants locaux afin d’aider les collectivités territoriales dans leurs démarches de mise en œuvre de l’accessibilité. Eu égard à la mission de coordination des exploitants de services de communication publique.

Au niveau local. Ces plates-formes affranchissent en effet les internautes des savoir-faire techniques nécessaires à la réalisation d’un site internet autonome.accéder à la clause de conformité aux règles d’accessibilité devant être incluse dans les cahiers des charges de projets internet . de créer un site dynamique et facilement modifiable. Exemples d’outils fréquemment utilisés par les exploitants de sites internet : systèmes de gestion de contenus (CMS). la structure de pilotage pourra utilement mener des actions auprès des principaux éditeurs ou auteurs de ces solutions afin d’améliorer leur conformité aux règles de l’accessibilité. 89 . La mission d’information La structure de pilotage veillera à sensibiliser les acteurs publics. Un certain nombre de tests proposés dans le RGAA sont automatisables et ne nécessitent pas de vérification humaine. Parallèlement à cette tâche d’identification des solutions techniques. à l’instar des plates-formes de « blogs » qui ont rencontré un vif succès chez les particuliers en France notamment 89. 88 .ladocumentationfrancaise. et tiendra informés les usagers de la réglementation applicable. ce qui pourrait inciter les éditeurs ou auteurs de solutions à améliorer leurs outils de sorte qu’ils soient davantage conformes aux règles de l’accessibilité. de leurs droits et de leurs recours. Voir supra page 27 note 85 sur les commissions communales d’accessibilité. . « La France compte 9 millions de blogs dont 2. conforme aux règles de l’accessibilité. 91 . leur permettant. à plus long terme. Elle se classe ainsi au 4e rang mondial. les producteurs de contenus et le grand public sur le sujet de l’accessibilité. En matière d’information. le Forum invite les pouvoirs publics à réfléchir. la Chine et le Japon. il pourrait être opportun d’indiquer aux acteurs concernés les solutions techniques91 qui permettent de faire facilement des sites internet accessibles. et au premier rang mondial en nombre de blogs par internaute. et notamment aux communes de moins de 5000 habitants.fr/BRP/084000612/0000. Voir infra note 97 page 32 sur la Charte ergonomie des services publics. » http://lesrapports. systèmes de gestion de documents (GED). système de suivi ou de travail collaboratif… 29 . b. Selon le rapport « Les médias et le numérique » de Danièle Giazzi publié à la Documentation française en septembre 2008. La structure de pilotage devra par ailleurs veiller à la bonne mise en œuvre du principe de compensation si certaines ressources demeurent inaccessibles. Afin de faciliter la mise en ligne de contenus conformes aux règles de l’accessibilité. à partir des informations qu’ils souhaitent mettre en ligne. 87 . les prestataires techniques. Une plate-forme publique pourrait enfin proposer une interface conviviale aux collectivités.5 millions de blogs actifs. et coordonner l’application de l’exception en faveur des services proposant des archives de sites internet. à la création d’une plate- forme mutualisée de sites internet.accéder à des outils de vérification automatisés87 et à un formulaire en ligne permettant de guider la vérification « humaine » de conformité aux règles de l’accessibilité. les mesures de compensation pourront être mises en œuvre par les commissions d’accessibilité88 présentes dans les communes de plus de 5 000 habitants. Les pages générées par cette plate-forme devraient également respecter les critères de qualité de la charte ergonomie90 des services publics. après les États-Unis.pdf 90 . L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 . systèmes de gestion de relations clients/ fournisseurs (CRM).

voir supra page 15 « le droit à la compensation ». L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 Le Forum estime nécessaire que la structure de pilotage mette en ligne un site d’information de référence. Ce site d’information de référence comportera notamment un « observatoire des usages » visant à informer les internautes et les exploitants publics de l’évolution des pratiques en matière d’accessibilité et des différents outils leur permettant de produire des pages accessibles ou d’en effectuer la vérification lorsque cela est possible. d. http://www. L’observatoire pourra utilement réaliser un rapport annuel complet de l’accessibilité du parc de services de communication publique. Concernant les vérifications des sites en période de transition (présence d’une page mentionnant les démarches accomplies par le site en termes d’accessibilité. Cette liste pourra être maintenue à jour par une démarche collaborative avec les différents acteurs concernés. le Forum recommande la 92 . et de la mise en œuvre des mesures de compensations de l’article 11 de la loi de 200592. Il est en effet apparu que de nombreux outils de vérification de conformité aux règles d’accessibilité existaient93. Voir supra page 12 note 36 sur le débat lié aux listes de sites internet publics. consulter le site internet du WAI (Web Accessibility Initiative) qui en présente une liste exhaustive agrémentée d’options de recherche sélectives. conforme aux règles de l’accessibilité. La mission de vérification et de contrôle La structure de pilotage devra effectuer des contrôles réguliers afin de s’assurer du respect de l’obligation d’accessibilité des sites internet. 93 . La plupart de ces outils sont disponibles en ligne ou sous forme de modules pour les navigateurs internet.w3.org/WAI/ER/tools/complete 94 . pour sensibiliser les acteurs publics et le grand public à l’accessibilité et aux démarches de qualité. Pour des exemples d’outils de vérification. Concernant les vérifications des sites déclarés conformes. qu’il sera possible de réaliser à partir de la base de données de sites publics tenue à jour par la Documentation française dans le cadre de son site internet service-public. La structure de pilotage indiquera par ailleurs sur son site d’information le contenu minimal des formations à l’accessibilité qui devront être dispensées aux acteurs concernés. Il est enfin recommandé à la structure de pilotage de s’assurer de la mise en œuvre du droit à la compensation de l’article 11 de la loi de 2005 par les exploitants publics de services de communication publique. mise en place progressive de l’accessibilité sur les pages du site). le Forum recommande aux pouvoirs publics de doter la structure de pilotage d’une liste de sites internet publics la plus exhaustive possible. le Forum recommande aux pouvoirs publics de s’efforcer d’automatiser au maximum ces procédures de vérification. 30 . c. Sur le droit à la compensation. et que ces outils permettaient généralement de vérifier la conformité d’une partie non négligeable des points de contrôles des règles d’accessibilité. La gestion d’un « canal de plaintes » Afin de permettre aux utilisateurs et aux associations de faire remonter les difficultés qu’ils rencontrent sur les différents sites qu’ils fréquentent.fr (plus de 10 000 références) 94. de la mise en ligne d’informations relatives à l’accessibilité pour les sites en période de transition exonérés de l’obligation d’accessibilité. Il faut noter cependant qu’ils n’ont pas fait l’objet d’une procédure de certification particulière.

BTS. . de création graphique. le Forum recommande aux pouvoirs publics de rendre obligatoire pour tous les sites publics la création d’une page « accessibilité » faisant état du niveau de conformité du site internet et des démarches accomplies en cas 95 . le ministère de l’Éducation nationale et la Délégation aux usages de l’internet (DUI). compte tenu des coûts financiers que cela peut représenter. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 mise en place d’un « canal de plainte95 » accessible par téléphone et par voie numérique auprès de la structure de pilotage. .de mener une action au niveau des formations universitaires (IUT. Les responsables de sites internet publics devront prévoir un lien vers le canal de plainte depuis la page « accessibilité » de leurs sites internet. en coopération étroite avec les différents ministères concernés 96. B. de communication et concours de la fonction publique). créatifs. producteurs de contenus .braillenet. le contenu minimal des formations dispensées aux différents publics concernés et notamment les techniciens. Un tel canal de plainte a déjà été mis en œuvre avec succès. 31 . afin de faire progresser le niveau de compétence des prestataires et de diminuer le coût de réalisation de projets conformes aux règles d’accessibilité . le ministère de la Culture et de la Communication et la Direction du développement des médias (DDM). Cet organisme a indiqué recevoir 1 à 2 messages en moyenne par an et par site internet labellisé. au besoin avec l’appui des principaux syndicats de salariés et du MEDEF. S’il peut en effet être bénéfique aux exploitants de services de communication publique d’avoir accès à une liste d’instituts de formation accrédités. il semble en revanche délicat de demander à la structure de pilotage d’évaluer les formations relatives à l’accessibilité et d’accréditer celles qui remplissent certains critères de qualité. Ŕ Le plan de déploiement de l’accessibilité Considérant l’importance des éléments d’information relatifs à l’accessibilité des sites internet pour les usagers. écoles d’ingénieurs. En ce qui concerne la formation. Le décret d’application devra indiquer que la structure de pilotage participera à la définition des éléments essentiels des programmes. http://www.de mener une action forte au niveau de la formation professionnelle continue. élément indispensable pour l’amélioration des compétences des personnels existants. communicants. l’organisme délivrant le label d’accessibilité Accessiweb. dans le domaine de l’accessibilité des sites internet : les sites labellisés « Accessiweb » proposent en effet à leurs visiteurs de faire part de leurs difficultés d’utilisation auprès de BrailleNet.de déterminer avec précision.fr/ 96 . le ministère de la Recherche. » Il est par conséquent recommandé aux pouvoirs publics : . dans le décret d’application. Assurer la formation des personnels impliqués Ce point doit obligatoirement être repris dans le texte d’application. La question de l’accréditation préalable des organismes de formation par la structure de pilotage a fait l’objet d’un débat entre les participants. diplômes et certifications en matière d’accessibilité. e. Les actions de formation pourraient être utilement relayées par un réseau de partenaires locaux. des Relations sociales et de la Solidarité et la Délégation interministérielles aux personnes handicapées. sont notamment concernés le ministère du Travail. en France. l’article 47 de la loi de 2005 disposant en effet que « le décret énonce en outre les modalités de formation des personnels intervenant sur les services de communication publique en ligne.

la conception de nouveaux sites internet. ou de la charte graphique des sites préexistants. 32 . qui comportent un grand nombre de clauses visant à sécuriser le contrat liant l’administration avec le prestataire. Ils peuvent. L’article 12 du Code des marchés publics. Cette page devra être accessible directement depuis la page d’accueil du site internet. 1. ne rend pas obligatoire la référence à un CCAG. a priori plus lourdes que le simple défaut de conformité. la Direction des affaires juridiques du ministère de l’Économie a entrepris en 2006 la rédaction d’un CCAG consacré aux technologies de 97 . L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 de non-conformité. Compte tenu de l’état de l’art en matière d’outils de publication côté serveur (CMS notamment). la mise en conformité d’un site préexistant en dehors du cadre d’une refonte importante de la forme peut générer des coûts importants qui peuvent être très variables suivant les choix techniques opérés et l’ancienneté des outils de publication dynamique utilisés. Si le marché atteint un certain seuil fixé par le Code des marchés publics. Face au développement des nouvelles technologies et notamment des marchés portant sur la conception de sites internet. faire référence aux cahiers des clauses administratives générales (CCAG). elle est néanmoins très répandue en raison de la sécurité juridique que cela apporte au pouvoir adjudicateur. la forme exacte de ce lien pouvant faire l’objet de recommandations spécifiques de la « Charte ergonomie97 » des sites internet publics. Considérant cet état de fait. dans ce cadre. 99 . Rappelons que la phase transitoire de 3 ans permettra pour la plupart des responsables d’éviter de mener des travaux trop importants consacrés à la seule mise en accessibilité du site internet. cette phase d’information des usagers et de la structure de pilotage étant indispensable pour la mise en place d’une dynamique vertueuse de mise en accessibilité des sites existants. et pourra donner lieu à des sanctions adaptées. de même que la refonte complète de l’interface publique. Bien que cette pratique ne soit pas obligatoire 99. En revanche. En ce qui concerne la passation de marchés publics. et dans le prolongement de l’adoption du nouveau Code des marchés publics de 2006. doit se faire avec pour objectif obligatoire la conformité totale aux recommandations exprimées dans le référentiel technique. Charte en cours d’élaboration par les pouvoirs publics et posant un certains nombre de critères d’ordre ergonomique aux sites publics. les exploitants de services de communication (pouvoir adjudicateur) qui souhaitent faire appel à un prestataire tiers doivent généralement passer par un appel d’offres98. afin d’assurer une continuité et une homogénéité des sites administratifs et de simplifier l’usage par le citoyen de ces outils. le Forum recommande aux pouvoirs publics de distinguer deux situations dans la mise en œuvre de l’obligation d’accessibilité : les nouveaux sites internet. Cette nouvelle obligation sera fixée dans le décret d’application de l’article 47 de la loi de 2005. qui énumère les conditions de forme devant être remplies dans le cadre de la passation de marchés public. 98 . il est ressorti des échanges entre les participants du groupe de travail que le développement d’un nouveau site conforme aux règles d’accessibilité n’engendrait pas de surcoût significatif. Le Forum recommande aux pouvoirs publics l’application immédiate de l’obligation d’accessibilité à tout projet de développement d’un site internet public qui n’a pas encore fait l’objet d’un marché public. de l’ergonomie. Ŕ La mise en accessibilité pour les nouveaux sites internet Étant une obligation légale. et les sites préexistants.

À moyen terme. d’autre part. d’une part. Voir l’article « Dernier tour de concertation avant l’adoption définitive du projet de CCAG-TIC ». visuelles ou ergonomiques105 majeures y sont apportées.rtf 103 . mais il ne comprend pas de clauses relatives à la conformité aux règles de l’accessibilité.marche-public. Ils sont invités à reprendre ce visuel graphique sur toutes les pages de leur site. une refonte d’ordre purement éditoriale ou technique. Sur ce point particulier. La dernière version du projet de CCAG-TIC est téléchargeable depuis le site internet de la Direction des affaires juridiques du ministère de l’Économie.info.gouv. 26 août 2008. Ce dispositif devrait permettre. 102 . composée des clauses obligatoires de mise en accessibilité aux recommandations internationales telles qu’interprétées par le RGAA.htm 101 . Il semble logique de répondre que la partie ou les rubriques du site ayant été refondues relèvent de l’obligation de mise en conformité immédiate de l’article 47. En ce qui concerne les refontes partielles de sites internet effectuées pendant la phase transitoire. localtis. et. visant par exemple à optimiser une base de données ou à renforcer la sécurité d’un applicatif. le Forum recommande aux pouvoirs publics d’ajouter une partie « conformité à l’accessibilité » dans le projet de cahier des clauses administratives générales relatif aux technologies de l’information (CCAG-TIC). 100 .fr/Marches-publics/Textes/CCAG/CCAG-TIC/CCAG-TIC. 104 .fr : http://www. 105 . Voir notamment l’article « Publication de l’ensemble des CCAG pour fin 2008 ». Le « CCAG-TIC »102 devrait être adopté avant la fin de l’année 2008103. une mise en conformité progressive de l’internet public.info. parfois aussi appelés templates ou squelettes. ne devrait pas emporter obligation de mise en conformité immédiate sur les pages et rubriques concernées. de tirer vers le haut le niveau de compétence des prestataires techniques français en matière d’accessibilité104. voir infra page 48 les questions juridiques que cela peut poser au regard de l’application de la directive 2000/31/CE. 2 septembre 2008. localtis.minefi. de l’industrie et de l’emploi : http://www.fr/directions_services/daj/marches_publics/ccag/projet-ccag-tic. Ce document a été amendé par les contributions reçues lors de plusieurs consultations. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 l’information et de la communication100. C’est-à-dire des modifications portant sur les gabarits ou modèles de pages. En revanche. Les sites accessibles devront obligatoirement faire figurer sur leur page « accessibilité » l’indication de la conformité aux règles d’accessibilité. Ŕ La difficulté posée par les refontes partielles des sites internet Se pose la question de savoir si le site internet d’un exploitant public qui a opéré une refonte partielle de son site internet pendant la période transitoire sort entièrement ou seulement partiellement du périmètre de la phase transitoire. 33 . consulter la présentation du CCAG-TIC sur le site marche-public. Afin de garantir l’efficacité du dispositif de mise en œuvre de l’accessibilité. Pour plus d’informations sur le contenu de ce document. le Forum recommande à la structure de pilotage de considérer que l’obligation de mise en conformité immédiate doit être appliquée sur les rubriques ou zones du site internet concernées par la refonte dès lors que des modifications graphiques. 2. dont la dernière s’est achevée le 29 septembre 2008101. éventuellement accompagnée d’un visuel graphique fourni par la structure de pilotage. c’est tout l’internet privé qui bénéficierait de cette montée en compétence des prestataires techniques.

Cette mention.eu/ 107 .region-alsace. les pouvoirs publics doivent privilégier une dynamique positive . Par ailleurs. dans un souci constant de proportionnalité et de mesure. pourra être complétée par une mention « site non accessible » sur la page d’accueil du site internet.org/files/RapportInitiativeFranceNumeriquePointCom. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 3. Ŕ La valorisation des bonnes pratiques et les sanctions Conformément à ce qui a été indiqué précédemment. Il pourra être bon de rappeler qu’un site accessible peut être utilisé par tous. C. 1. dont la forme exacte reste à déterminer. Une fois passée la phase de transition. effectuée plus tard. dont la réalisation a coûté 30 000 euros.pdf 34 . voir notamment la mesure 11 page 38 du rapport produit par l’initiative Renaissance Numérique. Le principe d’égalité d’accès et de 106 . le même prix.renaissancenumerique. ils devront valoriser les bonnes pratiques afin de susciter une dynamique positive chez les exploitants de services de communication publique. ce qui est un principe fondamental du service public. http://www. Ce dispositif de transition n’exonère pas le responsable du site internet de l’obligation relative à la page accessibilité mettant en ligne les informations destinées au public et faisant état du défaut partiel ou total de conformité du site. À ce sujet. L’Association des Régions de France (ARF) rapporte à titre d’exemple le cas du site internet de la région Alsace. qui illustre en détail les principaux bénéfices de la mise en conformité avec les règles de l’accessibilité. afin de récompenser les efforts parfois importants qui pourront être faits. une politique de sanctions devra être mise en place. en conséquence. http://www. tout en bénéficiant d’une exonération totale des sanctions relatives au défaut de mise en conformité de leur site internet. Ŕ La valorisation des bonnes pratiques L’objectif du dispositif proposé aux pouvoirs publics est de faire entrer le plus rapidement possible les exploitants et responsables de sites publics dans une démarche de mise en œuvre des règles de l’accessibilité. et la mise en conformité avec les règles de l’accessibilité. il est apparu nécessaire de prévoir différentes mesures de valorisation des bonnes pratiques des acteurs publics. Au fil des débats. le Forum recommande aux pouvoirs publics d’établir une période de transition qui ne pourra excéder 3 ans durant laquelle les sites internet publics préexistants devront s’efforcer de mettre tous les moyens en leur disposition pour rendre leurs contenus accessibles. tous les sites internet publics devront être conformes à l’obligation légale d’accessibilité. mais plutôt de communiquer sur les bénéfices multiples107 liés à la mise en accessibilité d’un site internet. et notamment les contenus prioritaires mentionnés précédemment. conformément à ce qu’exige la loi. La durée et les modalités de la phase de transition devront figurer de manière expresse dans le décret d’application de la loi. Ŕ La mise en accessibilité pour les sites préexistants Compte tenu du coût parfois élevé de la mise en accessibilité des sites existants106. Il est tout d’abord recommandé à la structure de pilotage d’éviter de présenter l’obligation de mise en conformité sous l’angle de la contrainte.

Selon une étude TNS-Sofres réalisée en novembre 2007 et publiée le 22 juillet 2008. Afin de valoriser les efforts produits par les acteurs publics. Par ailleurs. Un site accessible sera. 51% des français disposent d’un téléphone mobile permettant d’accéder à internet. Les exploitants de sites. 112 . ou par leurs Représentants.htm Article 1er : Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. la remise à niveau et l’optimisation des interfaces de navigation facilitera l’usage des services de communication par toute la population. systèmes d’exploitation. les derniers sites internet mis en conformité aux règles d’accessibilité. Article 6 : La Loi est l’expression de la volonté générale. 109 .fr/html/constitution/const01. Les mots tels que les titres des pages. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.legifrance. 132-1 et suivants du Code du Patrimoine. et de présenter des liens vers ceux-ci. images. et notamment ceux qui ne bénéficient pas de compétences particulières en termes d’usages de l’internet. pourront tirer directement profit d’une mise en conformité de leur site avec les règles d’accessibilité. Ces avantages s’appliquent à deux niveaux : la meilleure structuration du contenu permettra aux robots d’archivage automatique111 de découvrir et de copier un plus grand nombre de documents . un site conforme sera mieux référencé. Voir la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 en ligne sur le site Légifrance : http://www. selon leur capacité. par ailleurs ces contenus eux-mêmes seront plus faciles à conserver sur le long terme grâce à l’emploi de standards plus pérennes. Cette citation officielle permettra d’augmenter la notoriété de ces sites et leur fréquentation. soit qu’elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités. 111 . et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents. Cette précision est d’autant plus importante que les citoyens sont de plus en plus nombreux à utiliser des terminaux de téléphonie mobile pour accéder à l’internet109. la bonne structuration du contenu et la présence sous forme textuelle des mots représentatifs du contenu110 permettant une meilleure remontée de ces informations dans les moteurs de recherche. On entend par « forme » l’habillage graphique et la maquette des pages internet.tns-sofres. ces démarches permettront de donner une image positive à l’administration concernée. un site accessible offre de meilleures garanties en termes d’archivage et de conservation des données mises en ligne. Reprises dans leur communication.gouv. le titre des rubriques seront mis en avant si le site internet est développé dès l’origine dans une optique de conformité avec les règles de l’accessibilité. Elle doit être la même pour tous. Cela signifie dans la plupart des cas un coût de maintenance réduit. 35 . En outre. 108 . plus facile à modifier et à faire évoluer. à sa formation. enfin. étant donné qu’il nécessite dès sa conception une séparation forte de la forme et du contenu 112. places et emplois publics. documents…) produits par l’organisme. eux-mêmes. La mise en conformité aux règles de l’accessibilité garantira aussi une meilleure compatibilité des pages avec les différents logiciels de navigation. http://www. dans la plupart des cas. matériels et terminaux numériques utilisés par les internautes. et 19% utilisent cette fonctionnalité. le titre des sections et sous-sections du document. Ces robots d’archivage sont notamment utilisés par les institutions en charge du dépôt légal de l’internet au titre des articles L. dès la page d’accueil. Au-delà des aspects techniques. il est recommandé à la structure de pilotage de mettre en avant sur son site d’information. de valeur constitutionnelle108. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 traitement des citoyens par les services publics est issu des articles premier et 6 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.com/etudes/telecoms/220708_gti. soit qu’elle protège. et des économies financières substantielles à long terme. et « contenu » les différents éléments éditoriaux (textes.pdf 110 .

la structure de pilotage devra privilégier le dialogue avec les parties concernées plutôt que d’adopter une démarche coercitive. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 Il est par ailleurs recommandé à la structure de pilotage d’organiser de façon annuelle une remise de prix récompensant les meilleurs projets internet en termes de conformité aux règles de l’accessibilité. doivent cependant respecter le cadre législatif et constitutionnel strict en matière d’édiction de sanctions. Ŕ Quels comportements et quels acteurs doivent être sanctionnés ? Plusieurs dispositifs doivent être prévus parmi les outils proposés pour sanctionner les manquements aux obligations décrites précédemment : . Cet événement permettrait en outre de distinguer les meilleurs prestataires et de susciter une dynamique de qualité chez les acteurs privés. Ŕ Les sanctions proposées L’article 47 de la loi de 2005 dispose que le décret indique « les sanctions imposées en cas de non-respect de cette mise en accessibilité ». Tout d’abord. Ces dispositions. souvent par des proches du personnel de la collectivité ou par le personnel administratif lui-même. Des sanctions administratives ou pénales d’ordre contraventionnel pourraient être adaptées. eu égard notamment à la taille et aux moyens dont dispose l’acteur public concerné. La non-conformité du site internet au référentiel technique : des sanctions plus légères pourront être retenues si le site internet a déjà engagé des travaux de mise en conformité accessibilité ou si la vérification échoue sur un ou plusieurs points de contrôle isolés. Il est recommandé à la structure de pilotage d’appliquer avec discernement les sanctions qui seront prévues par les textes réglementaires. Pour éviter de voir les municipalités mettre hors ligne ces sites internet par crainte du dispositif. Le texte d’application devra donc obligatoirement prévoir des sanctions en cas de manquement à l’obligation de mise en accessibilité d’un site internet. qui n’auraient de toute façon pas eu les moyens de faire réaliser un site internet par un prestataire professionnel. fortement demandées par les usagers en situation de handicap. il semble fort délicat de sanctionner les sites dont le coût comptable est égal à zéro. Ces services de communication résultent d’une démarche souvent bénévole de leurs producteurs. étant donné la facilité de mettre en place cette page sur un site. il a été rapporté qu’une part importante des sites internet des communes de moins de 5000 habitants n’avait pas été mise à jour depuis plus de 3 ans. Tous les exploitants publics doivent-ils être sanctionnés de la même façon en cas de manquement à ces obligations ? Les débats ont mis en exergue plusieurs difficultés dont il faudra nécessairement tenir compte dans la mise en œuvre du dispositif. Ensuite. Le Forum des droits sur l’internet recommande aux pouvoirs publics de mettre en place un dispositif de sanctions proportionné aux manquements à l’obligation de nature légale. . L’absence de mise en ligne de la page accessibilité sur un site internet public : le Forum recommande la mise en place de sanctions plus lourdes. qui ont été développés dans de petites collectivités. 2. 3. 36 .

En l’absence de jurisprudence sur ce point. pourrait en effet conduire à condamner les plus hauts responsables juridiques des exploitants fautifs. le Forum considère préférable d’écarter la possibilité d’invoquer le non-respect de l’article 225-2 du Code pénal pour sanctionner le défaut d’accessibilité d’un site public. 113 . Application des articles 225-1 et suivants du Code pénal L’article 225-1 dresse une liste des discriminations réprimées pénalement. Les sanctions de nature pénale Il faut tout d’abord signaler qu’en matière de sanctions pénales les pouvoirs publics devront être particulièrement prudents. Le dernier alinéa de ce texte prévoit en outre que « lorsque le refus discriminatoire prévu au 1° est commis dans un lieu accueillant du public ou aux fins d’en interdire l’accès. s’agissant de prononcer des sanctions à l’égard de personnes publiques. a. conformément au principe de légalité des peines113. des aménagements d’ordre législatifs pouvant être nécessaires en fonction des solutions retenues. et mentionne que « constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques à raison […] de leur handicap […] ». élément indispensable en matière pénale. notamment de ses structures centrales. apparait problématique. et la relative lourdeur du dispositif à mettre en œuvre. de les modifier afin d’en élargir le périmètre. outre le caractère disproportionné que peuvent revêtir ces sanctions pénales eu égard au manquement constaté par la structure de pilotage. Se pose ici la question de savoir si le premier cas. les articles 111-2 et 111-3 du Code pénal. voir l’article 34 de la Constitution de 1958. les peines sont portées à cinq ans d’emprisonnement et à 75 000 euros d’amende ». Sur le principe de légalité des délits et des peines. L’article 225-2 pose ensuite différentes conditions préalables à la mise en œuvre d’une sanction pénale lourde (3 ans d’emprisonnement. 37 . Par ailleurs. et d’autre part que la loi pénale est d’interprétation stricte. consistant à « refuser la fourniture d’un bien ou d’un service » peut-être appliqué aux services de communication en ligne. plutôt que de créer de nouvelles incriminations. La difficulté d’identifier clairement les auteurs de l’infraction. l’autre inconvénient de ces solutions réside dans le fait que les sommes versées ne pourraient pas être réutilisées au bénéfice de l’accessibilité. Le Forum recommande tout d’abord aux pouvoirs publics de mobiliser le dispositif pénal avec prudence et d’opter pour l’utilisation des mécanismes déjà existants. et considérant d’une part que le défaut de conformité aux règles de l’accessibilité d’un site internet ne fait pas explicitement partie de cette liste. nécessitant l’intervention du juge pénal. l’article 7 de la déclaration des droits de l’homme de 1789. Il faut noter que les modifications des textes d’incrimination des délits existants nécessitent l’adoption d’une loi. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 Les modalités du dispositif de sanction devront figurer de manière expresse dans le décret d’application de la loi. D’une manière générale. 45 000 euros d’amende). . et. au besoin. la mise en cause de la responsabilité pénale de l’État.

Mise en place d’une contravention spécifique Il a été débattu de la possibilité d’introduire une nouvelle incrimination de nature contraventionnelle dans le Code pénal. de leurs compétences et de leurs ressources ». 114 . . http://www. » La HALDE pourrait alors proposer une amende transactionnelle à la partie défaillante dont le montant pourrait atteindre 15 000 euros en ce qui concerne les personnes morales.fr/html/constitution/constitution2. Application de la loi en date du 30 décembre 2004 sur la lutte contre les discriminations La loi du 30 décembre 2004 114 installant la Haute Autorité de Lutte contre les discriminations (HALDE)115 pourrait néanmoins permettre aux usagers qui s’estimeraient victimes d’une discrimination du fait de la non-conformité d’un site internet de saisir cette autorité au titre de l’article 4 qui dispose que « toute personne qui s’estime victime de discrimination peut saisir la haute autorité. des contraventions susceptibles de viser des collectivités territoriales devraient cependant faire l’objet d’une loi spécifique. http://www.htm#titre5 38 .fr/affichTexte.html 116 . Voir le site de la HALDE pour davantage de détails : http://www.legifrance. Le Forum recommande aux pouvoirs publics d’écarter l’idée de mettre en place un nouveau dispositif pénal d’ordre contraventionnel. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 . dans des conditions précisées par décret en Conseil d’État.do?cidTexte=JORFTEXT000000423967&dateTexte= 115 . qui réprimerait le défaut de conformité accessibilité d’un site public. ce qui rendrait le poids de la sanction inégal selon qu’elle s’applique à une structure importante ou une structure de taille modeste. voir supra page 13 « La question des intranets et des extranets ».fr/Missions-et-pouvoirs. Sur ces dispositions spécifiques. L’autre inconvénient de cette solution serait la fixation du montant de cette sanction de façon rigide (parmi les 5 classes contraventionnelles en vigueur). 117 . L’article 34 de la Constitution de 1958 dispose notamment que « la loi détermine les principes fondamentaux de la libre administration des collectivités locales.gouv.legifrance.gouv.halde. Le Forum met en exergue une incertitude : les dispositions visant les intranet 116 peuvent- elles faire l’objet d’un recours devant la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) au titre de l’article 4 de la loi en date du 30 décembre 2004. dans des conditions précisées par décret en Conseil d’État » ? Le Forum des droits sur l’internet sollicitera officiellement la HALDE sur la question de savoir si l’accessibilité des services de communication publique et les discriminations qui peuvent en résulter entrent dans le champ de compétence de la Haute autorité. Loi n°2004-1486 du 30 décembre 2004 portant création de la haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité. qui dispose que « toute personne qui s’estime victime de discrimination peut saisir la haute autorité. Instituées en principe par le pouvoir réglementaire. compte tenu du principe de libre administration des collectivités territoriales énoncé à l’article 34 de la Constitution de 1958117. outil qui semble trop rigide et peu adapté à l’extrême diversité des acteurs concernés par l’obligation de mise en conformité aux règles de l’accessibilité.

legifrance. Il a été discuté de la possibilité pour la structure de pilotage de s’appuyer sur le FIPHFP et de lui déléguer la mission de collecter les indemnités versées au titre de l’accessibilité des services de communication en ligne. de collecter les financements versés par les entreprises. à 1 500 fois le salaire horaire minimum de croissance. 5212-12 du Code du travail : Lorsqu’ils ne satisfont à aucune des obligations définies aux articles L. Les sommes collectées sont ensuite affectées à des aides en faveur de l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique. d’une part. Pour plus d’informations concernant l’AGEFIPH.do?idArticle=LEGIARTI000006903691&idSectionTA=LEGISCTA00 0006195884&cidTexte=LEGITEXT000006072050&dateTexte=20081107 120 . Article L. qui collecte les contributions des employeurs publics qui ne satisfont pas à l’obligation d’emploi d’un minimum de 6% de personnes handicapées. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 b. Concernant la méthode de collecte. 5212-8 pendant une période supérieure à trois ans. Article L. Le contrôle est effectué à partir des déclarations annuelles transmises par les employeurs publics et par des contrôles effectués sur le terrain. http://www. et qu’ils facilitent l’intégration des personnes handicapées dans le monde du travail.fr/affichTexte. Décret n° 2006-501 du 3 mai 2006 relatif au fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique : http://www. Le FIPHFP.agefiph. Les modalités de fonctionnement de cette structure ont été précisées par un décret du 3 mai 2006 118. n’ont passé aucun contrat prévu à l’article L. les employeurs sont astreints à titre de pénalité au versement au Trésor public d’une somme dont le montant est égal à celui de la contribution instituée par le second alinéa de l’article L. consulter le site internet de l’association : http://www. tandis que les modalités de la contribution financière sont intégralement détaillées dans l’article 36 de la loi de 2005 repris dans le Code du travail119. Les sanctions financières Il ressort des débats et des travaux menés par le Forum des droits sur l’internet l’intérêt de mettre en œuvre des sanctions financières pour s’assurer de la bonne mise en œuvre du dispositif. Ces deux illustrations montrent que ces mécanismes de sanction ou de collecte de fonds fonctionnent bien. 5212-10 du Code du travail : Les modalités de calcul de la contribution annuelle. dans des conditions définies par décret. la limite de la contribution est portée. Elles reposent toutes les deux sur un dispositif législatif. Cette possibilité.2 millions d’euros d’aides en 2007.fr/ 39 . est un établissement public institué par l’article l’article 36 de la loi de 2005. est une association qui a pour mission de gérer le fonds. qui ne peut excéder la limite de 600 fois le salaire horaire minimum de croissance par bénéficiaire non employé. 5212-2 et L.fr/affichCode. majoré de 25 %. devrait cependant nécessiter des modifications statutaires du FIPHFP. Il a ainsi financé 465. 5212-6 ou n’appliquent aucun accord collectif mentionné à l’article L. L’AGEFIPH. et de financer l’insertion des personnes en situation de handicap dans le secteur privé 120. d’autre part.gouv. 5212-10.do?cidTexte=JORFTEXT000000814863&dateTexte= 119 . Il a néanmoins été fait état de plusieurs modèles qui ont appliqué des sanctions financières avec succès et qui doivent être observés en détail avant de se prononcer définitivement sur le mode de sanction devant être retenu. différentes possibilités ont été évoquées au cours des débats. levier qui semble important pour s’assurer de la 118 . qui aurait pour avantage de simplifier la mise en place de la structure de pilotage. 5212-6 à L. 5212-11. Pour les entreprises qui n’ont occupé aucun bénéficiaire de l’obligation d’emploi.legifrance. sont déterminées par décret. Le Forum recommande aux pouvoirs publics de réfléchir à la mise en œuvre de sanctions financières au bénéfice de l’accessibilité. Le FIPHFP dispose de la structure permettant de percevoir les sommes de l’administration.gouv.

il est souhaitable de réduire ou de les exonérer de la sanction financière. il a été évoqué plusieurs hypothèses. Il a tout d’abord semblé particulièrement délicat de mettre en œuvre une sanction qui porterait uniquement sur un des éléments (page ou document isolé par exemple) du service de communication. chaque sanction prononcée devant faire l’objet d’un suivi par la structure de pilotage. ce qui accroitrait l’efficacité du dispositif. le montant de la sanction appliquée à la fin de l’année augmente de façon substantielle . si les acteurs sanctionnés obtempèrent et corrigent le défaut dans l’année. Il semble par ailleurs souhaitable d’assurer une progressivité de la sanction. afin de sanctionner de façon plus forte les exploitants qui préfèrent payer et contourner le dispositif plutôt que de rendre leurs services conformes. Il serait possible de rendre public sur le site d’information de la structure de pilotage les sanctions financières prononcées pour les manquements aux obligations de mise en conformité. . si l’exploitant ne fait aucune démarche pour se rendre conforme. Concernant les modalités de la sanction. Le mécanisme pourrait ainsi se dérouler de la façon suivante : . augmentation continue du montant de la sanction pour les années N+2 et suivantes. à la fin d’un délai déterminé par la structure de pilotage. notamment si le site est développé en interne par l’exploitant . . 40 . Le montant de la sanction devra en revanche être réduit si celui-ci se rend conforme pendant l’année. et que la faculté pour les exploitants du site en question de corriger le défaut ne soit pas prise en considération. . L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 mise en œuvre de l’obligation de conformité aux règles de l’accessibilité par les exploitants. puis un autre jour pour un défaut sur une page B. deuxième mise en demeure et notification de la sanction pour l’année en cours . sans apprécier le contexte général du service en question. Le Forum recommande aux pouvoirs publics d’établir une sanction annualisée. Il est donc apparu nécessaire de prévoir un mécanisme annualisé. si l’exploitant n’est toujours pas conforme. avec indication des sanctions encourues . s’il obtempère. le montant est réduit . première mise en demeure pour mise en conformité du service de communication. Les sommes collectées en cas de manquement aux obligations prévues par le décret d’application de la loi de 2005 pourraient utilement financer les activités de la structure de pilotage et la mise en accessibilité des sites internet de l’administration. notion dont le périmètre semble particulièrement délicat à apprécier. il est sanctionné. une modification législative peut s’avérer nécessaire. différentes possibilités ont été évoquées sans qu’aucune ne soit privilégiée : . Il n’est par ailleurs pas souhaitable qu’un site internet puisse être condamné un jour pour un défaut sur une page A. dont le montant sera progressif si l’exploitant ne rend pas son service conforme aux règles de l’accessibilité. Concernant l’assiette de calcul de la sanction. . Dans le cas contraire. à la fin de l’année N+1. La nature de la sanction prévue par l’article 47 de la loi de 2005 n’étant pas clairement définie. un pourcentage calculé sur le budget global du site internet.

. Sanctions mixtes ou complémentaires D’autres sanctions complémentaires pourraient être introduites : affichage obligatoire sur toutes les pages du site d’un bandeau indiquant aux visiteurs le défaut de conformité du site. c. qui renseigne les usagers sur les statistiques de visite des sites publics les plus importants : http://www. déplacement 121 . car c’est le seul moyen d’identifier les exploitants « discrets » qui ne font aucune démarche auprès de la structure de pilotage. Sur la légalité d’un dispositif de sanctions se fondant exclusivement sur ce mécanisme. absence de budget de communication ou site réalisé à titre gratuit). Une difficulté dans l’application de cette mesure doit être portée à l’attention des pouvoirs publics : elle nécessiterait de s’appuyer sur une liste de sites publics exhaustive qui n’existe pas pour le moment. Ce montant variable pourrait éventuellement être complété par un seuil plancher en cas de défaillance du premier critère (par exemple. et découpée en plusieurs pages. et risque de ne pas recevoir un avis favorable du CNCPH123. permet de modifier le titre de la page apparaissant généralement en haut de la fenêtre du navigateur internet. un pourcentage calculé sur le budget de fonctionnement global de l’exploitant. Il apparait par ailleurs qu’une telle mesure ne pourra être efficace que si elle assortie d’une importante communication visant à assurer une visibilité maximale de la liste sur le site internet de la structure de pilotage. Le Forum émet des réserves quant à l’efficacité de cette mesure qu’il ne considère pas comme une sanction à proprement parler122. un pourcentage calculé sur les statistiques de visite du site internet121. présente sur son site internet et accessible directement depuis la page d’accueil le site en question. tandis qu’elle stigmatise les acteurs ayant effectué des démarches sans y parvenir totalement.gouv. Cet attribut est 41 . tenue à jour. elle inscrit sur une « liste noire » publique. et ce d’autant plus si la liste est longue. 123 . L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 .fr/informations/information/statatgouv/ 122 . Pour plus d’informations sur la procédure particulière d’adoption du texte d’application. et d’un commentaire rapide indiquant la nature des défauts constatés. Cet attribut. défini au moyen de la balise <title> sur une page internet. accompagné d’un lien vers celui-ci. qui pose comme préalable l’utilisation par les sites publics d’une méthodologie de calcul statistique uniforme . . L’inscription sur une liste noire publique des sites non-conformes Quand la structure de pilotage constate un manquement à l’obligation de mise en accessibilité d’un site internet.internet. voir infra page 38 « l’avis du Conseil d’État ». Le Service d’information du gouvernement (SIG) tient à disposition du public le service Stat@gouv. Le choix de la méthode de calcul de la sanction financière doit dans tous les cas faire l’objet d’une étude approfondie par les pouvoirs publics préalablement à leur mise en œuvre. modification de l’attribut TITLE124 des pages non conformes. un pourcentage calculé sur le budget de communication de l’exploitant . voir infra partie III. et éventuellement des relais de diffusion sur d’autres sites internet. d. 124 . Il semble dès lors que l’inscription sur une liste noire ne remplisse pas l’objectif qui est d’inciter les acteurs à entrer dans une démarche de mise en conformité aux règles d’accessibilité. Cette mesure prise de façon isolée ne semble donc pas répondre à la rédaction de l’article 47 qui implique la mise en œuvre de sanctions.

à l’instar de ce qui se fait au Royaume-Uni125. Pour ces raisons. Les sites gouvernementaux britanniques non accessibles sont temporairement privés du bénéfice des sous-domaines . La mise en conformité peut par ailleurs être complexe.fr pour les sites gouvernementaux. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 temporaire hors du sous-domaine . le Forum recommande à la structure de pilotage de gérer une politique de sanction dans le temps. Voir.uk. particulièrement mis en évidence sur les logiciels de revue d’écran utilisés par les personnes affectées d’un handicap visuel. 42 . 125 . Ŕ Une procédure étalée dans le temps Les sanctions proposées peuvent être lourdes à supporter et elles doivent permettre de remplir l’objectif de mise en conformité aux règles internationales de l’accessibilité du plus grand nombre de sites possible. Cette dernière solution est néanmoins fortement déconseillée en raison du préjudice important qu’elle peut causer aux utilisateurs.2 du RGAA : « proposer des contrastes de couleur suffisants ». ces derniers ne pouvant plus accéder du tout aux services de communication dont ils connaissent l’adresse internet. Il sera particulièrement important d’indiquer la durée des délais prévus entre les différentes étapes de la procédure. ce qui peut nécessiter des développements supplémentaires. concernant le CEN Workshop agreement n°15554 en date d’avril 2006. Compte tenu des risques qui peuvent peser sur les exploitants de services de communication publique en cas de non respect des règles techniques. La structure de pilotage pourra utilement s’inspirer des travaux réalisés sur la méthodologie d’évaluation effectués dans le cadre de la Commission européenne 127 en ce qui concerne la détermination des délais et des étapes du processus de mise en demeure suite à une non conformité. il convient par ailleurs d’appliquer un principe de transparence de la procédure de mise en demeure puis de rectification par l’exploitant défaillant.gov. 4. 126 . Il est par conséquent recommandé à la structure de pilotage d’indiquer sur son site internet la méthode d’évaluation de la conformité aux règles de l’accessibilité pratiquée. Une fois la charte adaptée. qui nécessite une adaptation de la charte graphique du site internet si celle-ci n’a pas été conçue dès l’origine par les créatifs dans une optique d’accessibilité. notamment sur certains points de contrôle nécessitant par exemple une adaptation de la charte graphique126. gage de son impartialité. il faut ensuite la mettre en œuvre sur les pages du site. 127 . en prévoyant un délai de réponse et de mise en conformité de 3 à 6 mois consécutif à l’envoi d’une mise en demeure.gouv. supra notes 77 et 78 page 26. et la procédure contraignante qui sera mise en œuvre en cas de non-conformité. Un délai plus court d’environ un mois pourra néanmoins être prévu pour le manquement à l’obligation de mettre en ligne une page « accessibilité » sur le site. Voir par exemple le point de contrôle 2.

Une première version du décret a reçu en 2006 un avis conforme du CNCPH. dans la mesure du possible.legifrance. Cet article dispose « qu’il est créé au sein du comité des finances locales une formation restreinte dénommée commission consultative d’évaluation des normes.do?cidTexte=JORFTEXT000019507022&dateTexte=&oldAction=r echJO 43 . et de tenir compte. CE. après avoir recueilli son avis. Ŕ La consultation du CNCPH L’article 101 de la loi du 11 février 2005 dispose que « les textes réglementaires d’application de la présente loi sont publiés dans les six mois suivant la publication de celle-ci. la Commission consultative 128 . « l’organisme dont une disposition législative ou réglementaire prévoit la consultation avant l’intervention d’une décision doit être mis à même d’exprimer son avis sur l’ensemble des questions soulevées par cette décision. » 131 . Le Forum recommande aux pouvoirs publics de solliciter un nouvel avis du CNCPH. principaux bénéficiaires de la loi de 2005. Elle est consultée préalablement à leur adoption sur l’impact financier des mesures règlementaires créant ou modifiant des normes à caractère obligatoire concernant les collectivités territoriales. 23 octobre 1998. Ŕ LA PROCÉDURE D’ADOPTION DU TEXTE D’APPLICATION La procédure d’adoption des textes d’application de l’article 47 de la loi de 2005 présente certaines spécificités que le Forum tient à signaler aux pouvoirs publics. leurs groupements et leurs établissements publics.fr/affichTexte. Ass.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=BCFX0770033L 130 . Composée de représentants des administrations compétentes de l’État. A. du Parlement et des collectivités territoriales. selon un arrêt du Conseil d’État. Union des fédérations CFDT des fonctions publiques et assimilées. des éventuelles remarques qui seraient formulées par ce biais. l’autorité compétente pour prendre ladite décision envisage d’apporter à son projet des modifications qui posent des questions nouvelles. 2. Dans le cas où. 129 . Or. » Le projet de texte d’application doit donc être transmis pour avis au Comité national consultatif des personnes handicapées (CNCPH).gouv. elle doit le consulter à nouveau. cette institution représentant la grande diversité des personnes en situation de handicap. Ŕ La procédure nationale 1. elle est présidée par un représentant élu des collectivités territoriales. Loi n°2007-1824 du 25 décembre 2007 de finances rectificative pour 2007 : http://www. sous peine d’irrégularité de la procédure. après avoir été transmis pour avis au Conseil national consultatif des personnes handicapées. tant au niveau national (A) que communautaire (B). L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 III.legifrance. Ŕ La consultation de la CCEN Prévue par la loi du 25 décembre 2007 129 codifiée sous l’article L1211-4-2 du Code général des collectivités territoriales130 et mise en place très récemment par un décret du 22 septembre 2008131 complété par une circulaire. mais le projet a beaucoup évolué depuis lors.gouv. Décret n°2008-994 du 22 septembre 2008 relatif à la commission consultative d’évaluation des normes : http://www. »128 La saisine du CNCPH pour avis est donc obligatoire pour tout nouveau projet de décret. qui statue en assemblée sur la conformité du texte proposé. Son avis n’est cependant pas contraignant.

En revanche. Le caractère contraignant du dispositif de mise en œuvre de l’accessibilité semble donc résulter de ses textes d’application. il semble impossible d’appliquer l’article 47 de la loi. « l’avis du Conseil d’État ». 44 . Il consacrera le point de départ de la phase transitoire. faute d’accompagnement. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 d’évaluation des normes (CCEN) doit être consultée préalablement à l’adoption de normes réglementaires contraignantes pouvant avoir un impact financier sur les collectivités territoriales. au terme de laquelle tous les sites existants devront être accessibles. très peu de sites publics français ont accompli des démarches de mise en œuvre de l’accessibilité. Voir infra page 45. en l’absence de texte d’application. Compte tenu du caractère contraignant que pourra revêtir le décret d’application de l’article 47 de la loi de 2005 et de son impact financier potentiel sur les collectivités territoriales. Cet article a-t-il un caractère contraignant ? En l’absence de référentiel technique. Compte tenu des coûts de mise en conformité aux règles de l’accessibilité des sites existants. le décret d’application de cet article doit mettre en œuvre un dispositif d’accompagnement. n’a d’ailleurs pas encore été précisé. et le référentiel d’application reprenant les différentes règles techniques. et non de la loi en elle-même. depuis bientôt 4 ans. voir l’actualité à ce sujet sur le site secteurpublic. dénuées de tout caractère contraignant. sauf si elles ont un caractère contraignant. il parait difficile d’affirmer le contraire. et renvoie au décret en ce qui concerne la mise en œuvre. Compte tenu du fait que l’article 47 de la loi de 2005 est antérieur à la mise en place de ce dispositif. L’article 47 de la loi de 2005 pose un principe de mise en conformité des services de communication en ligne aux règles internationales de l’accessibilité. le Forum recommande aux pouvoirs publics de consulter la Commission consultative d’évaluation des normes dans le cadre de la procédure de l’article L1211-4-2 du Code général des collectivités territoriales préalablement à la transmission pour avis au Conseil d’État132 du projet de texte et à sa publication. Il faut ensuite se demander si le décret d’application pourrait avoir un impact financier sur les collectivités territoriales. Pour un commentaire. Les normes techniques comme la norme AFNOR ne sont pas concernées. Le décret doit permettre l’application effective de l’article 47 de la loi de 2005 et l’application de sanctions aux acteurs qui ne répondent pas aux obligations posées par la loi. En outre. il convient de se demander si le caractère contraignant provient de la loi ou du décret. et des besoins en termes de formation des personnels concernés. Seules sont exclues de cette consultation préalable les normes justifiées directement par la protection de la sûreté nationale.html?id=14557 132 . de vérification de conformité. aucune impulsion politique pouvant attester de l’effectivité de cette disposition n’a pu être constatée.secteurpublic. En pratique. Les dispositions de l’article 47 de la loi semblent donc. les adaptations à effectuer. Pour répondre à cette question. de sanctions et consacrer la valeur normative de la méthode d’application des standards internationaux. se pose la question de savoir s’il est nécessaire de consulter la CCEN dans le cadre de la publication du décret d’application de cette règle. leurs groupements et leurs établissements publics.fr : http://www. Le point de départ du délai de mise en conformité. et aucun n’a été sanctionné.fr/public/rubrique/la-commission-consultative-d-evaluation-des-normes- (ccen).

I. des négociants et transformateurs de saumon. du commerce extérieur des produits alimentaires et Synd. Le Forum des droits sur l’internet recommande aux pouvoirs publics de saisir le Conseil d’État de tout nouveau projet de décret modifiant l’économie générale du texte par rapport au projet initial. Féd. elle ne peut pas retenir un texte traitant de questions nouvelles par rapport au projet soumis à consultation et aux observations ou suggestions éventuellement émises par l’organisme consulté ». Sur le calendrier prévisionnel de la saisine. 5505 et CE. Cependant. « il est rappelé qu’en cas de consultation obligatoire. Il apparait nécessaire que cette nouvelle version du texte doive faire l’objet d’une nouvelle saisine du Conseil d’État134. 3. afin de déterminer les moyens de mise en œuvre les plus adaptés. Fédération nationale interprofessionnelle des mutuelles.gouv. Voir infra. mais ils ne peuvent édicter que des textes ou des projets soumis pour avis133.shtml 134 . 2 juin 1993. même si l’autorité administrative n’est pas liée par l’avis.fr/ce/missio/index_mi_cg01. 133 .gouv. une fois que toutes les institutions devant obligatoirement rendre un avis ont été consultées. Selon le guide de légistique de Légifrance sur l’adoption d’un décret en Conseil d’État. Guide le légistique de Légifrance : les consultations préalables.conseil-etat. Voir le rappel détaillé de ces règles sur le site du Conseil d’État : http://www.legifrance. il est ainsi indiqué que « le Conseil d’État refuse d’examiner les projets qui n’ont pas été soumis à la Commission ou pour lesquels le délai dont elle dispose n’est pas expiré »138. http://www. http://www. La sanction d’un défaut de consultation est l’illégalité de l’acte. en le complétant. le guide de légistique de Légifrance136 précise que « le Conseil d’État doit être saisi après les autres organismes dont la consultation est requise ou souhaitée ». Rec. nat. depuis 3 ans. Ŕ L’avis du Conseil d’État Les décrets en Conseil d’État ne peuvent être pris ou modifiés qu’après saisine de celui- ci. 136 . « la notification préalable aux États membres et à la Commission dans le cadre de la directive 98/34/CE ». Voir supra note 120 page 38. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 Cette consultation pourrait permettre d’obtenir des indications supplémentaires de nature financière. C. La saisine du Conseil devra donc intervenir en dernier. page 40. 138 . nat. les pouvoirs publics ont modifié de façon substantielle l’économie générale du projet de décret. 45 .htm 135 . On trouvera des applications jurisprudentielles de ce principe sur les consultations requises pour les textes nationaux instituant des aides au sens des articles 92 et 92 du Traité CE139. en modifie l’économie générale sans pour autant revenir à celle du projet initial » 135. Voir notamment CJCE.fr/html/Guide_legistique_2/212. 21 novembre 1991. qui peut-être soulevée d’office par le juge administratif. Concernant les actes nécessitant une communication à la Commission européenne dans le cadre de la directive 98/34/CE137.fr/html/Guide_legistique_2/242. 10 janvier 2007. même par des dispositions qui figuraient dans le projet initial du Gouvernement.legifrance. Il a en effet été jugé que « ne peut être regardé comme ayant été pris en Conseil d’État un décret qui reprend le texte adopté par le Conseil d’État mais qui. 354/90. Un premier projet de décret d’application de l’article 47 de la loi de 2005 a été soumis au Conseil d’État en 2005. 137 . aff. Voir notamment CE. Les pouvoirs publics ne sont pas tenus par l’avis de l’institution.htm 139 .

auquel cas une simple information quant à la norme concernée suffit. http://www. de réglementer de manière explicite et ciblée ces services ». réglementaires ou administratives d’un État membre qui renvoient soit à des spécifications techniques ou à d’autres exigences ou à des règles relatives aux services. Quelles règles et textes doivent faire l’objet de la procédure ? Le paragraphe 11 de l’article 1er de cette directive précise ensuite qu’il faut entendre par règle technique « les dispositions législatives. Procédure prévue par la directive L’article 8 de la directive dispose que « les États membres communiquent immédiatement à la Commission tout projet de règle technique. Il semble que le sujet de l’accessibilité entre dans le champ visé par la directive. Christoph De Preter.eu/LexUriServ/LexUriServ. soit à des codes professionnels ou de bonne pratique qui se réfèrent eux-mêmes à des spécifications techniques ou à d’autres exigences ou à des règles relatives aux services. Directive 98/34/CE du Parlement européen et du Conseil du 20 juillet 1998 portant modification de la directive 98/34/CE prévoyant une procédure d’information dans le domaine des normes et réglementations techniques. Cette définition particulièrement large semble donc viser à la fois les référentiels techniques tels que le RGAA et tous les documents qui y font référence. Ils adressent également à la Commission une notification concernant les raisons pour lesquelles l’établissement d’une telle règle technique est nécessaire. de même que « les accords volontaires auxquels l’autorité publique est partie contractante et qui visent.eu/enterprise/tris/about/index_fr. Ŕ La notification préalable aux États membres et à la Commission dans le cadre de la directive 98/34/CE a. dans sa totalité ou dans certaines dispositions ponctuelles. 46 . à moins que ces raisons ne ressortent déjà du projet. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 B. Champ d’application de la directive La directive 98/34/CE140 (ex-83/189/CEE) met en place une procédure qui oblige les États membres de l’Union européenne à notifier à la Commission et aux autres États membres tout projet de règle technique relatif aux produits et aux services de la Société de l’information avant que ceux ci ne soient adoptés dans leurs droits nationaux141. » 140 . le respect de spécifications techniques ou d’autres exigences ».org. réglementaires ou administratives ». dont le respect confère une présomption de conformité aux prescriptions fixées par lesdites dispositions législatives. Ŕ La procédure communautaire 1. http://eur-lex.htm Pour un commentaire plus détaillé de cette directive. Voir la procédure expliquée en détail et les rapports annuels au Parlement européen sur le site de la Commission européenne : http://ec.europa. tels que les décrets ou arrêtés d’application mettant en œuvre l’accessibilité.europa. au regard de sa motivation et du texte de son dispositif. 20 février 2003. elle a pour finalité et pour objet spécifiques. sauf s’il s’agit d’une simple transposition intégrale d’une norme internationale ou européenne. voir notamment « La directive de notification : anguille sous roche ? ». L’accessibilité des services de communication en ligne entre-t-elle dans le champ des « services de la société de l’information » ? Le paragraphe 5 de l’article 1 de la directive vient étayer cette expression : « une règle est considérée comme visant spécifiquement les services de la société de l’information lorsque.do?uri=OJ:L:1998:217:0018:0026:FR:PDF 141 . b.droit-technologie. dans l’intérêt général.

Il incombe par ailleurs au juge de refuser d’appliquer toute règle technique nationale qui n’a pas été notifiée. ou d’une autre exigence ou d’une règle relative aux services. d’un délai de 3 mois pour formuler un avis circonstancié concernant le projet de règle technique. Aux termes de l’annexe II de la directive 98/34/CE. qui est élaboré dans le but de l’établir ou de la faire finalement établir comme une règle technique et qui se trouve à un stade de préparation où il est encore possible d’y apporter des amendements substantiels.eu/information_society/policy/accessibility/deploy/pubproc/eso-m376/index_en. Mandat 376 de la Commission Européenne : http://ec. à compter de la réception de la communication. 142 .etsi. avant que ces documents ne soient finalisés. » Il est par conséquent recommandé aux pouvoirs publics de communiquer à la Commission européenne. en France. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 Au terme du paragraphe 12 de l’article 1. seuls. European Committee for Standardization (CEN) et European Telecommunications Standards Institute (ETSI). le référentiel technique d’application (RGAA) et tous les textes d’application y faisant référence. y compris de dispositions administratives. CIA-Security : « Les articles 8 et 9 de la directive 83/189.eu/cenorm/index. Ce délai est porté à six mois concernant l’adoption des projets de règles techniques réalisés par les organismes de normalisation142. L’article 9 précise ensuite que « les États membres reportent l’adoption d’un projet de règle technique de trois mois à compter de la date de la réception par la Commission de la communication prévue à l’article 8 ». l’AFNOR et l’UTE sont soumis au délai prolongé de 6 mois en ce qui concerne le report de l’adoption du texte par l’État membre. dès que possible. Éléments d’opportunité Le respect de cette procédure par les pouvoirs publics français apparait d’autant plus important que la Commission européenne a donné mandat 144 aux différentes autorités de normalisation communautaires145 pour faire un audit des normes existantes en matière d’accessibilité dans les États membres et de proposer une norme européenne d’accessibilité. d. Une fois la communication à la Commission européenne effectuée. http://www. telle que modifiée par la directive 88/182. celle-ci transmet le projet aux autres États membres. afin que les éventuelles demandes de modification puissent être prises en compte.europa. » http://ec. qui peuvent présenter des observations.org/ 47 . CJCE. il faut entendre par règle technique « le texte d’une spécification technique. La Commission ou les États membres disposent. doivent être interprétés en ce sens que les particuliers peuvent s’en prévaloir devant le juge national.htm 145 .cen. c.europa. 30 avril 1996.pdf 144 .htm http://www. Sanctions encourues en cas de manquement L’arrêt de la Cour de Justice des communautés européennes (CJCE) CIA-Security du 30 avril 1996143 confirme la sanction appliquée par la Commission européenne en cas de manquement à cette obligation : une disposition qui n’a pas été notifiée est inapplicable aux particuliers.eu/enterprise/tris/194_94/index_fr. auquel il incombe de refuser d’appliquer une règle technique nationale qui n’a pas été notifiée conformément à la directive. 143 .

la détection et les poursuites en matière pénale. à distance par voie électronique et à la demande individuelle d’un destinataire de services ». Directive 2000/31/CE du Parlement européen et du Conseil du 8 juin 2000 relative à certains aspects juridiques des services de la société de l’information. qu’ils soient techniciens. 146 . restreindre la libre circulation des services de la société de l’information en provenance d’un autre État membre. qui mettent en ligne des pages internet à disposition du public.2 de la directive et ne devra pas restreindre la libre circulation de l’information.do?uri=CELEX:32000L0031:FR:HTML 147 . L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 2. de sexe.l’ordre public.eu/LexUriServ/LexUriServ. applicable dès l’entrée en vigueur des textes d’application aux nouveaux sites. et notamment du commerce électronique. des mesures qui dérogent au paragraphe 2 si les conditions suivantes sont remplies : a) les mesures doivent être : i) nécessaires pour une des raisons suivantes : . dans le marché intérieur («directive sur le commerce électronique») : http://eur-lex. y compris la protection de la sécurité et de la défense nationales. elle conditionne donc l’exercice de l’activité d’un exploitant ou d’un prestataire de la société de l’information en imposant la mise en conformité avec les règles de l’accessibilité. qu’elles revêtent un caractère général ou qu’elles aient été spécifiquement conçues pour eux. Cette notion recouvre donc non seulement les prestataires de développement des sites internet. relevant du domaine coordonné. l’obligation de mise en accessibilité devra se conformer à l’article 3. » Qu’entend-on par l’expression de « prestataires des services de la société de l’information » ? La définition donnée par la directive est très large et désigne « toute personne physique ou morale qui fournit un service de la société de l’information ». les investigations. . de religion ou de nationalité et contre les atteintes à la dignité de la personne humaine. à l’égard d’un service donné de la société de l’information. c’est- à-dire « tout service presté normalement contre rémunération.europa. . mais aussi et surtout tous les exploitants de sites internet publics. Ŕ Le respect de la directive 2000/31/CE relative à la libre circulation de l’information sur le marché intérieur dans le cadre du commerce électronique L’article 3 paragraphe 2 de la directive 2000/31/CE 146 dispose que « les États membres ne peuvent. si celui-ci répond à plusieurs conditions cumulatives relativement strictes147. Il semble dès lors acquis que. Les États membres peuvent prendre. en particulier la prévention. » S’agissant du domaine coordonné. 48 . communicants. pour des raisons relevant du domaine coordonné. Le paragraphe 4 de l’article 3 de cette directive offre cependant une possibilité pour l’État membre de déroger à la règle posée par l’article 3 paragraphe 2. L’article 47 de la loi de 2005 prévoyant une obligation de mise en conformité des services de communication publique aux règles de l’accessibilité. les « exigences » recouvrent « l’accès à l’activité d’un service de la société de l’information » et « l’exercice de l’activité d’un service de la société de l’information ». le paragraphe h) de l’article 2 de la directive le définit comme « les exigences prévues par les systèmes juridiques des États membres et applicables aux prestataires des services de la société de l’information ou aux services de la société de l’information. notamment la protection des mineurs et la lutte contre l’incitation à la haine pour des raisons de race.la sécurité publique. Qu’entend-on ensuite par l’expression « d’exigences » ? Une obligation de mise en conformité d’un site internet avec des règles techniques constitue-t-elle une exigence au sens de la directive ? Selon la définition donnée par l’article 2 de la directive.la protection de la santé publique. producteurs de contenus ou créatifs.

ii) prises à l’encontre d’un service de la société de l’information qui porte atteinte aux objectifs visés au point i) ou qui constitue un risque sérieux et grave d’atteinte à ces objectifs . le cas échéant. y compris la procédure préliminaire et les actes accomplis dans le cadre d’une enquête pénale: . b) l’État membre a préalablement et sans préjudice de la procédure judiciaire.4. y compris des investisseurs . L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 Il est par conséquent recommandé aux pouvoirs publics d’être particulièrement vigilants à la conformité du dispositif de mise en œuvre de l’accessibilité avec la directive 2000/31/CE compte tenu des exigences qui seront demandées tant aux prestataires relevant du secteur privé qu’aux exploitants publics de sites internet et. iii) proportionnelles à ces objectifs . 49 . . dans l’hypothèse d’un recours de la Commission européenne.demandé à l’État membre visé au paragraphe 1 de prendre des mesures et ce dernier n’en a pas pris ou elles n’ont pas été suffisantes. .la protection des consommateurs. d’examiner dans quelle mesure la France peut s’exonérer des obligations posées par la directive par le jeu de son article 3.notifié à la Commission et à l’État membre visé au paragraphe 1 son intention de prendre de telles mesures.

L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 ANNEXES 50 .

responsable des affaires publiques Renaissance Numérique o Jérôme Adam. relations institutionnelles Microsoft France o Frédéric Géraud de Lescazes. délégué général de l’association Société Générale o Eric Bouthier. président Association française pour le nommage internet en coopération (AFNIC) o Stéphane Bortzmeyer. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 ANNEXE 1 : COMPOSITION DU GROUPE DE TRAVAIL Représentants des acteurs économiques : Association française des opérateurs mobiles (AFOM) o Stéphane Hayat Fédération des entreprises de vente à distance (FEVAD) o Marc Lolivier. chargée d’études Association pour la promotion et la recherche en informatique libre (APRIL) o Frédéric Couchet. responsable des relations interbancaires o Représentants des utilisateurs : Aquitaine Europe Communication (AEC) o Marcel Desvergne. ingénieur R&D. journaliste 51 . délégué général Google France o Olivier Esper. délégué systèmes d’information Agence de développement en charge du développement de la société de l’information et du numérique en Ile-de-France (ARTESI Ile de France) o Claude Virlogeux. responsable développement Association des maires de France (AMF) o Véronique Picard. spécialiste des techniques multilingues Association française de normalisation (AFNOR) o Jean-François Legendre. maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris et membre de l’association o Éric Von Rompay. délégué général Association des régions de France (ARF) o Marc Tailliez.

responsable des développements internet et chef de projet accessibilité Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC) o Pierre de Bernières Comité National pour la Promotion Sociale des Aveugles et des Amblyopes (CNPSAA) o Fernando Pinto Da Silva. membre du Conseil National Handicap La Documentation Française o Bénédicte Roullier. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 Bibliothèque nationale de France (BNF) o Gildas Illien. département du dépôt légal o Clément Oury.fr o Olivier Roumieux. département du dépôt légal Centre-Inffo. ministère de l’Économie. chef de la mission emploi et diffusion de la langue française 52 . département des produits internet Internet Society France (ISOC) o Sébastien Bachollet. président de la commission NTIC Conseil National Handicap o Aude de Chavagnac. conservateur au service du dépôt légal numérique. administrateur des sites. ministère de la Culture o Odile Canale. président Union Latine o Daniel Prado. administratrice.org o Jérôme Gouadain. bureau du régime juridique de la presse écrite et des services d’information Délégation générale à la langue française (DGLFLF). responsable du site portail service-public. ingénieur général Direction du développement des médias (DDM) o Axelle Hovine.fr o Jean-Philippe Simonnet. de l’industrie et de l’emploi o Robert Picard. déléguée générale Observateurs des pouvoirs publics : Conseil général des nouvelles technologies de l’information (CGTI). président Linguo-responsable. directeur de la direction Terminologie et industries de la langue Villes-Internet o Florence Durand-Tornare. chef du service du dépôt légal numérique.

maître de conférences au département langues et sciences humaines Temesis o Aurélien Levy. 53 . expert accessibilité o Élie Sloïm. chargé de mission Délégation interministérielle aux personnes handicapées (DIPH) o Soraya Kompany. conseiller juridique o Pascal Souhard. L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 Direction générale de la modernisation de l’État (DGME) o Perica Sucevic. directeur de l’Institut de la francophonie numérique Spécialistes : Accessiweb (BrailleNet) o Pierre Guillou. directeur La coordination des travaux est assurée par Thibault GROUAS et David MELISON. chargé de mission accessibilité numérique Délégation aux usages de l’internet (DUI) o Pierre Perez. secrétaire général Organisation internationale de la francophonie (OIF) o Pietro Sicuro. Conseiller juridique : Stéphane HOYNCK. ingénieur. responsable de la cellule Accessibilité du Web Institut national des télécommunications (INT) o Fabrice Flipo. Maître des Requêtes au Conseil d’État. docteur en Philosophie des Sciences et Techniques. ingénieur qualité. chargés de mission au Forum des droits sur l’internet. chef de cabinet. chargée de mission accessibilité o François Tanniou.

L’accessibilité des services de communication publique en ligne du secteur public 25 novembre 2008 ANNEXE 2 : LETTRE DE MISSION DE LA DÉLÉGATION INTERMINISTÉRIELLE AUX PERSONNES HANDICAPÉES 54 .