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2.

1) Histoire du béton

L’ingénieur Bernard Forest de Bélidor, auteur de L’architecture hydraulique (1737) a étudié la


composition du béton et introduisit le mot béton dans son sens actuel. L’invention du ciment
par Louis Vicat en 1817, celle du ciment Portland par Aspdin en 1824 et l’installation des
premiers fours par Pavin de Lafarge au Teil en 1830 préparent l’avènement du béton. Les
premières cimenteries se développent en France entre 1850 et 1860, dans le Boulonnais avec la
Société des Ciments Français. [1]

C’est en fait le mariage ciment-métal, appelé ciment armé, puis béton armé, qui va donner au
béton son plein essor. Le premier exemple est la barque de Lambot (1848), le plus significatif,
l’immeuble Hennebique à Paris (1898). [2]

Au XXème siècle, le béton se développera considérablement et, parallèlement, l’évolution de


ses techniques : usage croissant des adjuvants, béton prêt, à l’emploi, matériel de mise en œuvre,
mise au point du béton précontraint par Freyssinet. Plus récemment, les progrès réalisés dans
les bétons de hautes performances lui donnent ses lettres de noblesse dans le bâtiment, avec une
réalisation comme l’Arche de la Défense, ou en génie civil : pont de l’Île de Ré, pont sur l’Elorn,
pont de Normandie, Viaduc de Millau. [1]

2.2) Définition et composition du béton

Le béton est un mélange de plusieurs composants : granulats, sable, eau, ciment, et le plus
souvent, adjuvants qui constituent un ensemble homogène. Les dimensions de leurs grains
s’échelonnent de 0,5 μm (grains les plus fins du ciment) à 25 mm (gravillons).

Dans les bétons où une très grande compacité est recherchée (tels que les Bétons à Hautes
Performances, par exemple), la dimension des éléments les plus fins peut descendre en dessous
de 0,1 μm (fillers, fumée de silice). De même les granulats très légers ont des masses
volumiques inférieures à 100 kg/m³. La pâte (ciment + eau), élément actif du béton enrobe les
granulats. L’objectif est de remplir les vides existants entre les grains. La pâte joue à l’état frais
le rôle de lubrifiant et de colle à l’état durci.

Tableau 1 : Ordre de grandeur des proportions des constituants d’un béton courant.

Constituants Eau Air Ciment Granulats


Volume (en %) 14-22 1-6 7-14 60-78
Poids (en %) 5-9 9-18 65-85
La confection d’un béton approprié à sa destination consiste, à partir d’études graphiques ou
expérimentales, à déterminer et à optimiser la composition granulaire et le dosage des divers
constituants. [3]

2.2.1) Ciment

Le ciment est l’ingrédient essentiel pour la formation d’un béton. C’est par définition un
matériau dont les propriétés de liaison et de cohésion permettent de lier en un ensemble compact
des fragments de matériaux. C’est un liant hydraulique à la base de calcaire et d’argile, qui se
présente sous forme d’une poudre minérale fine, s’hydratant en présence d’eau. Il forme ainsi
une pâte qui fait prise et qui durcit progressivement. Dès que le ciment et l’eau sont mis en
contact, plusieurs réactions chimiques ont lieu [4]. La surface des grains de ciment se recouvre
d’un film d’hydrates.

Ces réactions s’opèrent alors plus lentement pendant une période dite dormante, avant
d’accélérer pendant la phase de prise (Figure 1). C’est le constituant de base du béton puisqu’il
permet la transformation d’un mélange sans cohésion en un corps solide.

Figure 1 : Diagramme de prise du ciment

Il existe différents types de ciments sur le marché, qui se distinguent par leurs relations avec les
propriétés du béton. De ce fait, le choix du type de ciment et son dosage dépendent à la fois des
performances recherchées (résistance mécanique, résistance aux agents agressifs) et de la nature
des autres composants. Pour un béton courant, les ciments les plus utilisés sont les CEM II de
classe 32,5 – 32,5 R – 42,5 – 42,5 R. Ce sont des ciments bien adaptés aux usages les plus
courants du bâtiment, dans les environnements 1 et 2 au sens de la norme P 18-305 [5].
Différentes additions peuvent être mélangées au ciment pour modifier les propriétés du béton
frais et durci [5]. Les principales sont les fillers calcaires, la fumée de silice, le laitier de haut
fourneau et les cendres volantes.

2.2.2) L’eau de gâchage

Le "gâchage" est l'opération irréversible d'ajout de l'eau au ciment. Cette opération se poursuit
par le malaxage. L’eau de gâchage est la quantité totale d’eau que l’on utilise pour faire le béton.
Les eaux naturelles conviennent comme eaux de gâchage, à moins qu'elles ne contiennent des
substances qui gênent le durcissement comme certaines eaux usées ou des eaux marécageuses.
En cas de doute, une analyse chimique s'impose.

L’eau a une influence directe sur la résistance initiale du béton à travers le rapport E/C
(quantité d’eau/quantité de ciment), elle est observable sur le graphique ci-dessous : trop peu
d’eau offrira peu de résistance, car la réaction n’aura pas lieu et ajouter trop d’eau (soit
dépasser le facteur E/C=0,5) fera chuter très rapidement en résistance et le béton risquera de
ne plus résister aux charges.

Figure 2 : Graphique des effets de l'ajout de l'eau dans le béton

2.2.3) Les granulats

Les granulats sont un constituant essentiel des bétons qui conditionne à la fois leurs
caractéristiques et leur coût. Les granulats sont définis par la norme P18-540, comme un
ensemble de grains minéraux, destinés à la confection des mortiers, des bétons, des couches de
fondations, de bases de roulement des chaussées et des assises et des ballasts de voies ferrées.

Les granulats utilisés pour le béton sont d'origine naturelle, artificielle ou recyclée :
 «Naturels», lorsqu’ils sont issus de roches meubles ou massives et qu’ils subissent
aucun traitement autre que mécanique (réduction de dimensions) ;
 «Artificiels», lorsqu’ils proviennent de la transformation à la fois thermique et
mécanique de roches ou de minerais ;
 «Recyclés», lorsqu’ils proviennent de la démolition d’ouvrages ou lorsqu’ils sont
réutilisés [3].

Les granulats ne sont pas réellement inertes et leurs propriétés physiques, thermiques et, dans
certains cas, chimiques influencent les performances du béton. Par ailleurs, les granulats
présentent un certain nombre de propriétés intrinsèques qui ne sont pas reliées à la nature du
massif rocheux d’origine, telles la forme et la dimension des grains, la texture de surface et
l’absorption, or toutes ces propriétés peuvent avoir une influence considérable sur la qualité du
béton, autant à l’état frais qu’à l’état durci.

L’étendue de taille des grains des bétons peut être illustrée dans la figure 3

Figure 3 : Etendue de la taille des grains des composants granulaires et de la matrice


cimentaire [Nguyen, 2007]

A partir de la figure 3, on constate clairement dans le cas des bétons ordinaires, la présence
des gros granulats et l’absence de la fumée de silice.
2.2.4) Adjuvants

Les adjuvants sont des produits solubles dans l’eau, qui incorporés aux bétons à des doses qui
doivent être inférieures ou égale à 5% du poids du ciment permettant d’améliorer certains de
ses propriétés [1]. Ils fournissent au formateur de béton une gamme étendue, variée et nuancée
de possibilités pour faciliter la mise en œuvre des bétons, adapter leur fabrication par temps
froid ou chaud, réduire les coûts de mise en œuvre, améliorer les propriétés des bétons durcis,
voire même lui conférer des propriétés nouvelles.

2.3) Utilisation du béton

Performances et souplesse d’emploi permettent au béton d’être présent dans tous les
domaines du bâtiment et du génie civil :

1. Le béton fait partie de notre cadre de vie.

Il a mérité sa place par ses caractéristiques de résistance, ses propriétés en matière thermique,
sa résistance au feu, son isolation phonique, sa durabilité, ainsi que par la diversité qu’il permet
dans les formes, les teintes et les textures. Le béton a sa place dans les bâtiments d’habitation
(logements, écoles, hôpitaux, etc.) aussi bien que dans les constructions liées à l’activité
professionnelle (usines, ateliers, commerces, bureaux) ou dans des réalisations diverses (socio-
culturelles, sportives ou de loisir, etc.).

2. Le béton structure et participe de manière visible à l’architecture.

Le béton n’est plus une « pierre artificielle », mais un matériau adapté aux formes élancées,
propres aux ouvrages d’art, au même titre qu’aux exigences des réalisations actuelles des
architectes.

3. Le béton permet de franchir.

Grâce à la précontrainte, le béton a pu améliorer ses performances et rend possible les très
longues portées. Les dernières évolutions techniques concernent la précontrainte extérieure et
l’allégement des âmes des tabliers, en particulier par l’utilisation de structures treillis.

4. Le béton est dans les routes.

Supprimant pratiquement toutes les servitudes inhérentes à l’entretien, le béton routier s’est fait
sa place dans tous les types de voiries, de l’autoroute au chemin de vignoble, en passant par les
pistes cyclables. Dans les villes, les dalles et les pavés en béton apportent leur esthétique
particulière, en harmonie avec le mobilier urbain.

2.4) Différents types de béton.

Le béton varie en fonction de la nature des granulats, des adjuvants, des colorants, des
traitements de surface, et peut ainsi s’adapter aux exigences de chaque réalisation, par ses
performances et par son aspect :

Les bétons courants sont les plus utilisés, aussi bien dans le bâtiment qu’en travaux
publics. Ils présentent une masse volumique de 2500 kg/m³ environ. Ils peuvent être
armés ou non, et lorsqu’ils sont très sollicités en flexion, précontraints.
Les bétons lourds, dont les masses volumiques peuvent atteindre 6000 kg/m³ servent,
entre autres, pour la protection contre les rayons radioactifs.
Les bétons de granulats légers, dont la résistance peut, néanmoins, être élevée, sont
employés dans le bâtiment.
Les bétons cellulaires peuvent répondre aux problèmes d’isolation dans le bâtiment.
Les bétons fibrés, plus récents, correspondent à des usages très variés: dallages,
éléments décoratifs, mobilier urbain.
Les BHP (1), les BAP(2), les BFUP(3).

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