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N OT R E S I X I È M E CHRONIQUE…

Chapitre

Les autes erres


rthuriennes

Le samedi 21 septembre 2019


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Allocution d’accueil
de la Grande Maîtresse des Hautes Terres Arthuriennes
es très chers amis, compagnons, gentes dames et chevaliers….

Le bonheur est toujours là quand il s’agit de vous accueillir pour un Chapitre… du plaisir sans conteste
pour ce moment privilégié.

Je ne serai pas longue en ce début de cérémonie… le programme est copieux et je prendrai encore la
parole tout à l’heure…

Je voulais vous dire que 4 maillons de notre chapitre nous quittent. Il s’agit en premier lieu de Catherine
de DIJON… et oui, elle n’est plus à DIJON mais à LORIENT… Elle ne pourra donc plus se joindre à nous
même si elle m’écrivait qu’elle gardera toujours un souvenir ému… elle adore l’ambiance et l’accueil…
son amie Ghislaine, si elle n’a pas quitté DIJON rencontre des problèmes de santé important et ne sent
pas l’énergie de venir nous rejoindre, la route lui étant trop longue.

Jacky et Jacqueline quittent aussi pour le moment le chapitre. Ils doivent faire front ensemble à des
problèmes de santé lourds qui les empêchent d’être assidus et qui les éloignent malheureusement.

Je suis très heureuse d’être dans ce lieu…. Quand je suis arrivée sur les Vosges professionnellement il y
a 26 ans, j’ai donc connu l’ancienne papeterie et je me souviens des papiers fabriqués ici. Il s’agissait de
papiers uniques… techniquement très pointus… avec la spécificité du procédé de filigrane…. Encore
merci à Christian TARANTOLA de nous y accueillir aujourd’hui…. Je suis heureuse que notre Chapitre
des Hautes Terres Arthuriennes participe donc, modestement, à faire « vivre » ce site si chargé d’histoire.

Voilà, je n’en dis pas d’avantage…

Dame Enora des Terres du Milieu


Le samedi 21 septembre 2019

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C
’est le samedi 21 septembre 2019 que le Chapitre des Hautes Terres Arthuriennes de l’Ordre In-
ternational des Chevaliers et Gentes Dames de la Table Ronde de la Cour du Roi Arthur s’est réuni
pour la sixième fois….

Ce sixième Chapitre s’annonçait tout aussi palpitant que les précédents… en début d’été, Claude avait
rencontré Christian TARANTOLA, le Maire de Docelles et conseiller Départemental des Vosges, pour lui
demander s’il serait possible de le faire dans l’enceinte de l’ancienne papeterie… fondée il y a plus de
quatre siècles.

Sa réponse fut tout de suite positive pour le principe… il s’agissait main-


tenant de trouver une date compatible avec l’agenda de l’occupation
du site…

La réponse m’a ravie… j’avais des souvenirs de ce lieu que j’avais


connu quand il fonctionnait encore… cela devait être dans les an-
nées 1996… j’étais alors venue rencontrer le comptable dans le
cadre de mes fonctions professionnelles…

Nicole l’avait découvert pour s’y être produite, cet été, lors de huit
représentations de « La prophétie du papier » , un spectacle déambu-
latoire sur le site associant danse et théâtre…

Quelques calages d’organisation et c’est à 14h30 que nous sommes arrivés sur le
site avec Claude… journée radieuse s’il en est… une chaleur bien prégnante à peine dissimulée par les
flots du Barba et de la Vologne…

Découvrir les lieux vides, c’est toujours un moment particulier… prémices d’un ressenti timide qui sub-
merge bien vite tant, il m’a semblé d’entrée, que ce choix n’était pas anodin…

On observe, on détermine avec Claude où sera placée la table ronde … la lumière inonde par lignes
transversales l’immense pièce où nous sommes…

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Iger…
l est temps de déchar- Gino et Elise nous rejoignent
nous commen- peu après notre arrivée…
çons à nous y connaître… Gino met en place le son…
plus de secret pour Claude il est détenteur de la table
pour charger et décharger ronde et de la pierre, travail-
la voiture… accessoires, lée et offerte par Félix pour
costumes et autres… tous accueillir en ses profondeurs
trouvent leurs places… la lame d’une épée…

On s’affaire, on installe et
bientôt, c’est la voix d’Elise
qui prend possession
des lieux…

Les voûtes s’em-


plissent de sono- Vous êtes toutes et tous ar-
rités… instants rivés avec la même expres-
fugaces mais oh sion de surprise… le lieu est
combien intimes exceptionnel… il se remplit
et puissants… tranquillement de sons…

Quelques instants Sylvie teste l’espace où elle


nous sont nécessaires officiera dans quelques mi-
pour nous costumer et nutes… et les murs et co-
ainsi, nous pouvons vous ac- lonnes de gré se teintent des
cueillir… couleurs sonores de Luc Arbo-
gast…

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ntre temps, Christian TARANTOLA a rejoint dustrielle pour un site d’exception qui fabriqua
Claude en extérieur qui vous accueille dans plus de 2 500 papiers différents.
l’entrelacs des bâtiments. De nouveaux visages
pour ce Chapitre… Carole, une amie de Fanny, et Nous étions dans l’antre des femmes qui triaient
son frère… elle vient de Paris… le coton… dur labeur, pour préparer la matière
première à la création de papiers d’exception…
Les costumes ont remplacé nos tenues au profit
de la célébration du Chapitre… nous allons com- Enfin, il nous offre en partage son plaisir et son
mencer… émotion de voire vivre le site au travers du Cha-
pitre…
Le Hérault fait alors son entrée pour regagner la
Table… et c’est un à un qu’il invite chacun des D’autres engagements l’ont appelé… et nous re-
officiers à regagner le cercle parfait de la Table prenons le cours de la cérémonie non sans émo-
Ronde. tion…

La musique accompagne nos déplacements… Après avoir donné lecture des treize préceptes
de la Chevalerie, énoncé chacun sur les notes
C’est à ce moment que j’ai décidé de suspendre mourantes d’une pièce musicale de luth, il est
le rituel, afin d’inviter Christian TARANTOLA, à temps de partager avec vigueur et bonheur les
l’emploi du temps chargé, à prendre la parole et à coupes d’hydromel…
nous parler de ce lieu pour lequel il se bat depuis
maintenant 12 ans… Vous y avez toutes et tous mouillé vos lèvres…
saveur douce et sucrée…
Christian nous a livré un petit bout d’histoire
par le prisme d’exception qu’est la papeterie.
Nombre d’entre nous, découvrons qu’en remon-
tant quelques 400 ans en arrière, ce n’étaient pas
moins de 12 moulins qui œuvraient sur les rives
de la rivière sur la commune de Docelles… une
histoire de papiers, une histoire artisanale et in-

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e temps est maintenant
donné à l’appel par le
Chevalier Woow, l’Officier
de l’Epée, des trois
Compagnons que sont
respectivement Gino,
Jean-Marie et François.

Tous trois ont donc mis


genou en terre pour
accueillir sur les épaules le
poids de l’épée Excalibur
qui les a consacrés
Chevaliers.

Quand François, le
Chevalier Woow me confie
l’Epée par trois fois, son
poids et sa symbolique à
la fois la rende encore plus
lourde.

Tableau d’un autre temps,


j’ai oublié mon propre
siècle pour toucher du
doigt, un instant fugitif,
la responsabilité qui
m’incombe… anoblir un
Compagnon pour faire de
lui un Chevalier, à jamais
compagnon d’arme sur le
cheminement symbolique
de la Quête du Roi Arthur.

C’est un moment unique


et particulier.

J’ai la grande chance de


reproduire cet acte de
confiance, acte de respect
et pacte qui me lie aux
Chevaliers d’aujourd’hui et
qui m’unit aussi, de façon
naturelle, à une longue
lignée.

Vous êtes maintenant tous


trois Chevaliers…

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Gareth du Tolloy

Vous nous avez offert avec


humilité vos trois noms…
désormais, ils sont vôtres et
nous vous appellerons ainsi.
Notre Chapitre continue son
chemin avec désormais trois
nouveaux Chevaliers. Vous
êtes par votre engagement
les guides pour les
Compagnons et pour celles
et ceux qui souhaiteront
nous rejoindre. Il en est ainsi
Jean d’Aubel, Francescus
Vetus Via Arduna et Gareth
du Tollot

Jean d’Aubel

Francescus
Vetus Via Arduna
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’émotion passée, il est temps pour
moi d’appeler notre Dame de la
Quête, Nicole, qui va donc nous livrer le
fruit de ses réflexions. Elle nous fait part
de son parcours depuis le début du pro-
jet… elle partage les doutes qu’elle a eus,
les questionnements qui ont été les siens,
les craintes d’une aventure sur un terrain
qui lui était inconnu.

Pour moi, elle a indiscutablement mis


sur le métier un maillage de fils qui fe-
ront la solidité de son étoffe. Elle cherche
et réunit des fragments de réponses qui
lui ouvrent le champ des possibles dans
l’expérimentation de sa propre percep-
tion d’un imaginaire qui lui est cher. C’est
comme l’ébauche d’un tableau tissé à l’in-
fini qui saura prendre les couleurs de son
cœur, de sa créativité et de son plaisir de
plénitude.

La parole a circulé… comme nous pou-


vons dire… une certaine assurance s’est
installée permettant un réel échange.
C’est certainement un effet induit d’une
aisance de plus en plus palpable quant au
rituel lui-même, et aussi, d’une confiance Aucun jugement mais une très forte envie d’aller dans
et d’une bienveillance qui rendent toutes une relation de partage qui permet à chacun de puiser
deux plus aisée la parole. un fragment de vérité.

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’est à mon tour de reprendre la parole… tenant indissociables des travaux présentés.
difficile pour moi qui rédige la chronique Comme je vous l’ai dit, l’expression de chacun,
d’en parler… vous l’avez écouté, entendu… il chacune, participe à l’enrichissement de tous.
me tenait à cœur de pouvoir réaffirmer que nos
choix n’étaient pas anodins… le papier a été un Les deux supports sont annexés à cette chro-
de mes sujets… il a guidé aussi les écrits nique comme les quelques mots de cha-
des épopées chevaleresques du Roi cun des trois nouveaux Chevaliers
Arthur… pour exprimer le choix de leur
nom.
Donner la parole est donc
un choix, que nous
avons pris et qui, bien
au-delà de mes es-
pérances n’est plus à
défendre. Echanges,
partages sont main-

près ce temps précieux, Sylvie nous offre une pause musicale.

Chacun des officiers reprend place autour de la Table Ronde du Roi Ar-
thur… et après que chacun ait marqué son attachement par le salut des
chevaliers autour de cette
table, le rituel continue sa
route pour vous inviter, à
l’issue de quelques lignes
lues, à former une chaîne d’union.

La musique remplit le lieu à nouveau…. Elle épouse


chaque centimètre carré de ses arches et colonnes qui
les soutiennent… le lieu est devenu « son »… seulement
« son »…

Le temps à Sylvie de nous rejoindre pour profiter pleine-


ment du moment… Nous ne faisons plus qu’un. Cette
chaîne, à laquelle participent nos visiteurs, véhicule une
énergie qui s’inscrit dans la réciprocité, puisqu’elle puise
elle aussi dans nos énergies.

Sylvie avec Luc Arbogast

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l va bientôt pourtant être temps de rompre cette chaîne pour laisser à chacun la possibilité de
reprendre sa route…

Comme vous l’avez vu depuis le début de notre rencontre… notre Page, Lili, n’est
pas avec nous aujourd’hui… elle est dans nos pensées puisqu’il est d’usage, de-
puis l’origine de nos Chapitres, qu’elle soit mon aide afin de vous remettre les
petits présents que je réalise pour marquer d’une tonalité différente chacune
de nos rencontres. Ce sera donc le Chevalier Jean d’Aubel qui viendra vous re-
mettre un marque page spécial « Chapitre » !

L’heure tourne et il est temps maintenant de vous souhaiter à tous bon


voyage sur les chemins de vos vies.

Gino et Fanny nous offrent l’hypocras et les grignotages qui hument bon
l’amorce d’un apéritif… sur la table dressée pour l’occasion…

Avant de lever nos verres à la ferveur de notre amitié, telle une ruche, c’est tous ensemble
que tout a été rangé et remis avec doigté dans les coffres de voiture… ça y est… nous pouvons enfin
entrechoquer nos verres à la gloire du Roi Arthur !

Ça papote, ça échange… et nos chemins nous mènent à l’Auberge de la Poste…

Nous sommes attendus… Gérard et son épouse ont ouvert pour nous…

On s’installe, on boit à nouveau à la gloire du Roi Arthur… le temps est au festin…

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ujourd’hui, je suis chargée de toutes vos énergies… je me suis nourrie de votre présence, de votre
bienveillance, de votre curiosité…

Je ne me sens pas seule dans cette fabuleuse aventure…entourée et confiante d’une fraternité que je
peux sentir tellement elle transpire…

A vous toutes et tous, Amis, Compagnons, Gentes Dames et Chevaliers, je veux vous affirmer mon
attachement tant c’est tous ensemble que nous construisons ces moments qui me sont si précieux…

Longue vie au Chapitre des Hautes Terres Arthuriennes !

Que notre cercle s’ouvre aux Amis… pour s’ouvrir davantage sur le Monde et que nos voix et notre
engagement rayonnent de bienveillance…

Que nos chemins nous mènent en Île d’Avalon… et que ce temps d’errance qui nous sépare d’une nou-
velle rencontre soit propice à chacun et chacune pour que toujours nous cherchions ce qui est de plus
précieux en notre cœur…

Que vivent la mémoire et les exploits du Roi Arthur….

A la gloire du Roi Arthur…

Et Vive le Roi Arthur !

Dame Enora des Terres du Milieu


Le dimanche 22 septembre 2019

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L’Ordre international des
chevaliers et dames de la Table Ronde
de la cour du roi Arthur à Camelot (OITR)

Ses buts :
- « promouvoir et préserver les souvenirs du Roi Arthur et de ses chevaliers, les idéaux de la Quête
du Graal,
- défendre les droits de l’homme et de tous les hommes dans le respect de leurs différences
religieuses, culturelles, philosophiques».

L’ordre est signataire de « l’appel commun à la Fraternité» des grandes organisations humanitaires et
religieuses en 1983.

Le Compagnonnage (période d’errance) est lié à une production de travaux avant de devenir


chevalier ou dame

Chapitres (cérémonies) : ils ont lieu, pour chaque branche, deux fois l’an à des dates proches
des solstices et se tiennent dans des lieux chargés d’une symbolique en rapport avec la matière
arthurienne. L’assiduité est indispensable. Les travaux portent exclusivement sur le symbolisme de la
légende arthurienne tel que l’ont transmis traditions orales poètes et historiens.

Autres activités : voyages d’études, réunions de travail, actions humanitaires.


A périodes régulières, les membres de l’Ordre se rendent en l’Ile Avalon (Glastonbury) et au Grand Hall
de Chevalerie de Tintagel (haut lieu arthurien), tout membre se devant de les visiter au moins une fois
dans sa vie.
Depuis mai 2017, il existe en France quatre branches : Normandie, Ile de France, Anjou et Vosges.

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09- 1967 : 
Georges Bertin a 17 ans. Passionné de littérature arthurienne, il rencontre, à La Ferté Macé (61) où il
habite, un érudit local, René Bansard qui l’initie à la recherche arthurienne de terrain, ils prendront
contact avec J.C. Payen, professeur arthurien à l’Université de Caen, en 1969. Correspondances.

10- 11-1969 : 
adhésion, en Angleterre, de René Bansard, Georges et Annie Bertin. à la fraternité des Chevaliers de la
Table Ronde (OTR), ordre chevaleresque hospitalier international, fondé par Thomas Glasscock, qui a
pour but de proclamer les hauts faits du Roi Arthur et de ses chevaliers et de militer pour la fraternité
universelle.

Pentecôte 1978 : 
Georges et Annie Bertin et Michel Goussin se rendent à Glastonbury pour être invités par Tom Mor,
1er chevalier de l’OTR, à poursuivre leur quête arthurienne sans relâche.

27-12-1983 : 
Georges Bertin et Michel Goussin se rendent à Tintagel où ils sont reçus par le chapitre anglais de
l’OTR et adoubés chevaliers avec mission de créer un chapitre en France.

Pentecôte 1984 : 
Tom Mor, International First Knight, vient en Normandie adouber publiquement de sa main 10 nou-
veaux chevaliers et dames français qui ont manifesté leur attachement aux valeurs de l’OTR.
Georges Bertin est le premier Grand-Maître de l’OTR en France. Il occupera cette fonction 8 années,
jusqu’en décembre 1992.

Solstice d’hiver 2004 : 


Tom Mor International First Knight vient à Paris pour célébrer le vingtième anniversaire de la nais-
sance du chapitre français au chapitre d’hiver. Il rappelle les principes fondateurs de l’ordre et son
caractère d’ouverture et de tolérance absolue.

2010 :
Tom Mor transmet la grande maîtrise internationale de l’Ordre à Georges et Annie Bertin. Il reste GM
pour le Royaume Uni.

2011 :
création de la branche Ile de France

2013 :
création de la branche Anjou Plantagenêt, dont le Grand Maître actuel est Lauric GUILLAUD

2017 (mai) :
création de la branche vosgienne de l’Ordre à Epinal par Claude Vautrin et moi-même.
Pour ma part, comme certains d’entre vous le savent déjà, j’ai rencontré Georges BERTIN en mai 2016
lors du festival des Imaginales à EPINAL… des échanges qui nous ont conduit à la création d’un cha-
pitre sur nos terres vosgiennes…
Pour terminer, je citerai Georges BERTIN « l’Ordre est ouvert aux hommes et aux femmes majeur(e)
s qui acceptent de pratiquer les uns vis-à-vis des autres une solidarité active. Ni société secrète, ni
confrérie folklorique, l’Ordre tente, sur la base de l’étude et de la pratique de la symbolique des Ro-
mans de la Table Ronde, d’apporter une pierre à l’édifice d’une humanité plus fraternelle, à la cause
de la paix et de la compréhension universelle. »La Dame de la Quête :

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En[quête]
Je dois dire que j’ai été surprise en découvrant la pratique des rituels, la solennité de nos chapitres. Les
costumes, les objets connotés… les références à la cène du Christ, à la foi dans le livre de Georges Bertin
“La quête des chevaliers de la table ronde“ il est écrit page 139 : « résolument déiste l’ordre impose la
croyance en Dieu » tout cela m’a dérouté.
Pourquoi porter des costumes, pratiquer des rituels, utiliser des symboles , tous ces objets… de culte ?

Parallèlement à nos retrouvailles d’équinoxe en équinoxe, je cherchais des pistes de réflexion pour pré-
senter un travail. Passant d’un sujet à un autre je n’arrivais pas à trouver un fil conducteur ou en lien
avec le mythe arthurien.

Et puis ce fut une évidence, trouvez des réponses quant à l’usage des chapitres, le sens du mythe, l’im-
portance des symboles, c’était peut-être par là qu’il fallait que je creuse.

Tout d’abord, un peu clin d’œil à Dame Enora…


(Anne-Laure n’aime pas du tout que l’on emploie le mot «déguisement» )

COSTUME / DÉGUISEMENT
Souvent les deux termes sont employés sans distinction costumes / déguisements,

DÉFINITIONS
Costume
Le mot costume est emprunté à l’italien “coutume”. Un costume, c’est un ensemble de vêtements et
d’accessoires assortis et fait pour être portés ensemble.
Il est à la fois identification et différenciation.
C’est une manière de marquer son âge, sa profession, sa condition sociale, sa zone géographique…
Certains costumes sont imposés pour marquer une appartenance à un groupe et les signes distinctifs
sont porteurs de sens.

Déguisements,
Le mot déguisement serait, lui, plus accoutrement et travestissement. Dérivé du verbe se déguiser, il
sous entend un changement de ses vêtements habituels ou de son aspect pour se rendre méconnais-
sable.
Il n’est nul besoin que les vêtements et accessoires soient bien assortis et l’on peut chercher dans l’ac-
tion de se déguiser, la dissimulation, la provocation, l’humour, la recherche d’une rupture avec le quo-
tidien.

L’un aide à la définition de tout ou partie de la personne qui le porte, le second cherche à la travestir,
L’un est ancrage, l’autre est évasion,
L’un s’inscrit dans la durée, la transmission ou l’évolution, l’autre est court terme,
L’un est, l’autre imite,
L’un tend le plus possible vers le réalisme, l’autre est caricature,
L’un est porteur de sens, l’autre s’en fiche.

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Rituel
Définitions
Voici d’abord quatre définitions d’après Albert Piette (Anthropologue, professeur au département d’eth-
nologie de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense.

1 Le premier sens associe le rituel à une cérémonie religieuse ou à un ensemble de cérémonies liées à
un culte.

2 Le deuxième, extension du premier, associe le rituel à toute cérémonie réglée, plus ou moins codi-
fiée, comme le 14 juillet.

3 Le troisième sens désigne un geste particulier d’une liturgie ou d’une cérémonie, quelle qu’elle soit :
un dépôt de gerbe ou une séquence d’actions d’un rituel religieux.

4 Le quatrième sens associe le rituel à un ensemble de pratiques réglées, plus ou moins invariables,
plus ou moins « routinisées », comme la poignée de main, par exemple.

Une rupture espace-temps spécifique


Émile Durkheim né en 1858-1917 à Épinal
(Considéré comme le père fondateur de la sociologie moderne,
Émile Durkheim a centré sa réflexion sur le lien social.)

Durkheim décrit un rituel religieux en Australie en termes de rassemblement, d’émotion, d’efferves-


cence collective, « on conçoit sans peine que parvenu à cet état d’exhalation, l’homme ne se connaît
plus, entraîné par une sorte de pouvoir extérieur qui le fait penser et agir autrement qu’en temps nor-
mal » . (Macumba)

Le rituel met donc en mouvement les individus, les rapproche et suscite des sentiments exceptionnels.
Le rituel constitue un monde en rupture avec la vie quotidienne, un espace-temps spécifique et ex-
traordinaire où il est question de sacré où l’autorité du groupe est réaffirmée.

Selon cette théorie, le rituel a une fonction de canalisation des émotions, une fonction de communica-
tion et de médiation avec les puissances divines mais surtout une fonction de communion des indivi-
dus avec leur groupe et associé à une forte charge symbolique.

Véhicule d’informations et de réaffirmation périodique de celles-ci, avec l’effet de raviver l’union, la


communauté, l’intégration des individus, le rituel est interprété comme un mécanisme transformateur.
Les rites de passage visent ainsi à transporter un individu d’un statut à un autre, ou une société d’une
période à une autre.

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Rituel et psychanalyse
Pour Ghislaine Bourgogne, psychanalyste spécialiste des thérapies traditionnelles, le rituel est chargé
de sens. Il a pour fonction de mettre en œuvre le symbole, dans un cadre collectif.
Tout le monde se trouve un jour confronté au sens de l’existence : qui suis-je ? Où dois-je aller ?
Face à ces interrogations, surgit le besoin de se rassembler, de se relier en tant que semblables et de se
refonder dans un sentiment d’appartenance à une nature commune, mais aussi de faire alliance avec
un principe supérieur. Le rituel répond à ces besoins.
Pour trouver l’inspiration juste et se sentir en lien avec la source, il ne suffit pas de s’asseoir, de fermer les
yeux et de battre des mains : nous devons nous mettre dans des conditions particulières, nous désen-
combrer des pensées parasites, nous rendre perméables. Là est aussi l’un des rôles du rituel.
Ce qui peut nous aider à vivre, c’est d’avoir des repères. Nous avons tendance à balayer nos racines, au
nom de l’individualité. Cela peut être source d’angoisse, car nous avons besoin de nous sentir reliés.
Nous devons parler à nos enfants (à leur niveau) de leur place et de leur filiation ; c’est ainsi que se
construit le symbolique.

Mythes et symboles
Pour Isaac Newton 1642-1727
philosophe, mathématicien, physicien, alchimiste, astronome et théologien anglais

Les mythes fonctionnent comme les contes, avec des images, des figures et une structure qui nous ren-
voient à une forme d’inconscient collectif. Ils sont à la base de nos différentres cultures, qu’ils rattachent
à un fond commun universel.
Les mythes présentent une espèce d’approfondissement du mystérieux. Ils jouent aussi un rôle décisif
dans notre vie sociale, ils sont une sorte de connaissance ritualisée et codifiée. Ils servent de lien à la
collectivité qui y puise ses représentations collectives.
Les symboles et les mythes donnent du sens à notre vie, ils nous enrichissent et nous permettent de
traverser les épreuves de la Vie.
Fondamentalement, les mythee sont des «histoiree de la réalité» et ne font pas que décrire les origines
du monde et des choses : ils relatent aussi des histoires exemplaires pour chacun.

Comme le précise M. Eliade (1907 - 1986 historien des religions) dans « Aspects du mythe » (p. 23) : «Les
mythes relatent aussi tous les évènements primordiaux à la suite desquels l’homme est devenu ce qu’il
est aujourd’hui, c’est-à-dire un être mortel, sexué, organisé en société, obligé de travailler pour vivre, et
travaillant selon certaines règles. Si le Monde existe, si l’homme existe, c’est parce que les Etres Surnatu-
rels ont déployé une activité créatrice aux « commencements » (Les Titans, les Géants, Adam et Eve…).

Si l’on veut aller plus loin dans le sens interprétatif, il faut donc dépasser la pensée structurale et pos-
tuler qu’il existe quelque chose à quoi renvoient les mythes, qu’il s’agisse du monde, du Cosmos sacré,
comme l’indique Mircea Eliade, ou la profondeur du psychisme comme le décrit Jung.

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L’approche de Jung
Karl Gustav Jung psychiatre(1875 -1961)
Fondateur de la psychologie analytique

S’accomplir dans la vie, aller vers le Soi profond, le Divin en chacun de nous, consiste à vivre les mythes,
et notamment, pour les hommes, le mythe du Héros (J. Campbell, Le Héros aux mille et un visages). Les
mythes ne sont pas des structures intellectuelles à apprendre mais des mystères à intégrer et à vivre. Ils
sont les passerelles entre le conscient et l’inconscient, ce dernier étant en rapport direct avec la nature
et avec l’ensemble de l’univers.
Les étudier permet d’entrer en dialogue avec soi-même et avec les autres hommes. Contrairement à ce
que certains croient, ils sont d’une criante actualité. Ils nous révèlent les fondements de la vie sous ses
différentes formes, soulignant les liens entre désir et violence, entre force de vie et force de mort. Ils dé-
voilent les ressorts cachés de la toute-puissance et ses conséquences désastreuses. Souvent ils parlent
de chute, non pas pour nous décourager mais pour nous montrer que la chute elle-même est le temps
de la fécondation et de l’accession de l’homme à sa propre humanité.

Comme l’indique Jung, l’homme occidental a particulièrement développé son moi, et ce faisant, s’il est
moins « dans son inconscient » que l’homme tribal, il a d’autant plus besoin de symboles pour renouer
avec son être primitif.

Les symboles nous amènent à nous intégrer à l’univers. A ressentir un sentiment de participation avec
le Kosmos, avec le Divin.

Le mythe, lorsqu’il est véritablement vécu, ne peut être relaté qu’à certains moments précis, généra-
lement lors de cérémonies initiatiques, ou dans le cadre de rituels précis. Par exemple, la légende Ar-
thurienne, ne doit pas rester de l’ordre de la discussion de salon : nous sommes Uther, Arthur, Lancelot,
Gauvain et Bohor. Merlin et le Graal vivent en nous.

Mythes et rituels sont donc liés. Ils se réfèrent tous deux au monde du «sacré».

Raconter et agir sont deux manières complémentaires de recréer le monde divin, ce monde essentiel
qui est au-delà de nos yeux.

Symbole / symbolisme
MARYSE CHOISY
Parution originale in « Psyché, Revue Internationale de Psychanalyse et des Sciences de l’Homme », N°
8, juin 1947. Tous droits réservés

« Le symbolisme fait partie de la vie psychique inconsciente. C’est la “langue fondamentale“

Le symbole repose sur des associations.

Pfister cite le cas d’un petit garçon qui à deux ans rêve d’un ours. Il en a terriblement peur. Une analyse
montre clairement que cet ours n’est pas autre chose que l’image du père. Le père est barbu, poilu. De
plus il effraie l’enfant avec un petit ours de bronze. L’association paraît simple.

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Mais voici qui l’est moins. C’est que précisément l’association ours = père appartient au fonds collectif
et se retrouve dans divers folklores. Coïncidence ? Allons donc ! Trop fréquentes, ces sortes de coïnci-
dences ! Le hasard a bon dos. Pourquoi rêver d’un ours plutôt que d’un martinet ? Lui aussi s’associe
avec un père sévère.

Les symboles fournissent la vraie clef dynamique de la vie. Ces grandes forces qui dorment dans le
fonds commun de l’humanité sont mises à la disposition de chacun de nous.

Dans la mesure où ils mettent en œuvre des grands archétypes, le rituel, le blason, le drapeau, le ta-
lisman même sont efficaces. « Tel symbole nous achemine vers tel autre, parce qu’il est la source d’un
courant d’énergie ainsi orienté. » Nous sommes ici à l’origine énergétique du mythe. Nous pouvons
même le définir « drame formel d’une portée restreinte ou universelle, dans lequel les personnages
sont des symboles ».
Les symboles sont des médiateurs entre le monde physique et le monde de la pensée.

Peu m’importe de savoir si Œdipe et Jocaste sont issus de l’imagination populaire ou sophoclienne, ou
s’ils ont bu et mangé comme vous et moi. Par cette résonance qu’ils trouvent en nous, ils ont plus de
réalité universelle que Monsieur et Madame Dupont en chair et en os que je peux toucher du doigt tous
les jours.

Le mythe est une projection extérieure du conflit entre les instincts de vie et les instincts de mort, du
conflit amour-haine, au plus secret des âmes. »

POUR CONCLURE
Et du coup mon ressenti ?

Les diverses traditions spirituelles disposent de rituels pour accroître notre conscience, nous relier à la
dimension verticale de l’existence, et changer notre regard sur les autres et le monde. Voir, sentir, com-
prendre au-delà du monde matériel.

Les rituels sont cette parenthèse, en dehors de la vie quotidienne, dans un autre espace temps (les
costumes nous ont transportés à l’époque médivale), en des lieux lourds de sens, de spiritualité et d’his-
toire (église templière, chapelle…) Moyen-âge, ajourd’hui ?

J’ai ressenti le plaisir de vous retrouver, le bonheur de partager, jai ressenti de l’émotion la joie d’être
ensemble. J’ai vécu une forte union, reliée à vous tous physiquement, par la chaîne, j’ai vraiment eu une
sensation de plénitude et d’élévation.

«L’homme est une poussière d’étoile» Hubert Reves

Je vous remercie pour votre écoute.

Nicole SCHER
21 septembre 2019

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La Papeterie,
une étape équinoxiale de notre quête

Chers amis visiteurs, chers Compagnons, chères Gentes Dames et Chevaliers de notre Ordre et du Cha-
pitre des Hautes Terres Arthuriennes en particulier.

Si j’officie régulièrement en prenant la parole, comme je l’ai fait d’ailleurs pour l’ouverture de ce Cha-
pitre, il m’est particulièrement plaisant de partager avec vous, en cette fin d’après-midi des réflexions
issues d’un questionnement quotidien.

Mon dernier travail avait été présenté en mai 2017, en notre demeure, avec un auditoire limité, mais oh
combien important… vous en étiez pour certains et certaines d’entre vous… et encore Georges BER-
TIN, Grand Maître International de l’Ordre, venu de ses terres d’Angers et accompagné de quelques six
Chevaliers et Gente Dame… nous étions à l’aube de la création de notre Chapitre.

Une date choisie…. Et il se fait jour pour réaliser qu’aujourd’hui, nous sommes très proches de l’équinoxe
de septembre puisqu’elle aura lieu lundi, dans deux jours. Selon le rituel de l’Ordre, nos Chapitres nous
réunissent par deux fois l’an, sous la bannière des solstices ou équinoxes.

Pour notre Chapitre, depuis sa création, si nous respectons le cadencement de deux rencontres l’an,
nous œuvrons à nous retrouver à deux autres moments…. Besoin de nous voir, besoin de partager et
surtout plaisir de nous retrouver.

Nous sommes « nomades »… en tout cas, c’est effectivement notre « marque de fabrique »… et pour
chacun des Chapitres à venir notre recherche d’un lieu, s’attache toujours à trouver des sites emprunts
de sens, de mémoire, d’histoire et de partage.

Il ne me surprend donc pas que nous soyons aujourd’hui sur un site chargé d’une histoire artisanale, in-
dustrielle et culturelle. Si la page industrielle de cette papeterie née il y a plus de 400 ans a malheureu-
sement rendu les armes dans un déchirement incontestable, c’est aujourd’hui la culture et des projets
d’envergure de restauration qui perpétuent la vie d’une façon certaine de cette Papeterie.

Le papier est un élément incontournable pour moi… je l’aime pour sa quantité de textures, sa noblesse
et surtout sa mission… il devient par la main de l’Homme témoin des époques qu’il traverse. Il se plie
aux exigences de la main qui le travaille pour accueillir les mots qu’il enserrera bientôt dans ses bras.
Au-delà de sa mission d’écriture, il est aussi source de création, il peut même être une œuvre d’art à lui
tout seul.

A la recherche de sa symbolique, il nous est dit que le papier est le support des idées…

Il est à mon sens indissociable de la tradition orale dont il a immortalisé les sonorités….

Il a accueilli les textes de Chrétien de Troyes il y a fort longtemps. La légende du Roi Arthur, que nous
connaissons tous de près ou de loin, est un témoin sans équivoque du rôle que le papier a endossé. Il
traverse les années en se modifiant certes dans son état, mais il est surtout le témoin d’une époque, il
devient comme le messager porteur d’une idée.

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Il a tout autant pour vocation à transmettre les mythes, les légendes...

Sans lui, l’épopée du Roi Arthur n’aurait certainement pas traversé les âges… elle aurait certainement
été contée ou chantée pendant un temps, pour après disparaître dans l’oubli collectif, en ne laissant
d’elle que des bribes, des sensations et une information qui au fil des générations aurait certainement
perdu de son sens.

Arrêtons-nous un peu sur cette notion de transmission. Intimement et justement liée à celle du sens à
donner à la Vie, notre si chère et fugitive Vie.

Donner du sens.

C’est-à-dire ouvrir en et pour chacun d’entre nous des champs du possible.

Tout autant que nous sommes, nous ne tirons pas nécessairement les mêmes leçons de la légende,
nous privilégions sans doute telle ou telle vertu qui s’y exprime.

La fidélité aux valeurs défendues et illustrées est a priori la même, mais un tel sera sensible au courage
de Galahad, payant de sa vie d’avoir vu l’intérieur de la Coupe, tel autre n’a d’yeux que pour Perceval,
Yvain, Gauvain, Lancelot. Sans négliger, loin de là, et bien au contraire, Merlin et nos chères fées et
gentes dames.

Cette transmission servie par le papier participe donc de l’art de l’éducation. Sans domination du
maître sur l’élève. A chacun, chacune sa voie. Qu’en cela, que lire est bon, ouvre la réflexion, met en
confrontation les idées, bouscule les certitudes, imaginaire et raison mêlés. Le papier œuvre en cela à
l’émancipation.

Qu’il est donc bon de travailler ce jour en ses murs, intimement liés au papier.

«Personne n’est l’éducateur de quiconque, personne ne s’éduque lui-même, seuls les hommes s’édu-
quent ensemble, par l’intermédiaire du monde.», nous dite Paulo Freire, le pédagogue brésilien, dans
son ouvrage « La pédagogie des opprimés », cher à Claude, son vaillant messager.

Le papier a toute sa place dans ce projet dont la question centrale est bien d’en finir avec le monde
des manipulations, la pratique de la division. La Table ronde symbolise cette fraternité combat-
tante. Chacun dans sa différence, sa personnalité, parfois acérée, participe au projet commun : la paix,
la justice, la lutte contre les félonies et les traîtrises, la prospérité. Vaste projet.

Souvenons-nous que Perceval et le Conte du Graal, le cinquième roman de Chrétien de Troyes, le premier
texte où il est question du Graal, reste une œuvre inachevée, ayant exercé, nous dit-on, une énorme
influence sur le monde littéraire du Moyen Âge. Bon pour le papier. A nous d’en poursuivre l’écriture.

Je voudrais évoquer un autre pouvoir, un autre charme lié au papier, qu’il porte l’écrit, la peinture, ou
qu’il prenne du relief quand, par exemple, le papier mâché, à la portée a priori de tous, dès la petite
enfance et jusq’aux plus sublimes artistes, sert en effet la création et l’art. En Chine hier, en Europe, à
Cuba... Ce pouvoir-là est bien celui de la créativité justement.

A partir de vieux journaux naissent des personnages colorés, des animaux merveilleux, se matérialisent
des rêves d’enfants, d’adultes.

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C’est impressionnant ce qu’un artiste peut tirer d’une simple feuille de papier A4. Découpe, pliage :
des scènes naissent, générant la magie, le plaisir. Tout récemment notre Gente Dame Nicole... en a fait
théâtralement une belle démonstration ici-même. Je vous laisse méditer sur cela.

L’autre vertu du papier est de se révéler un précieux « accompagnant » sur les traces de la recherche
intime et personnelle. Née en quelque sorte de l’oralité, le papier et les écrits ont permis de conserver
intact les propos tenus, les histoires racontées… les recherches.

La quête qui nous est contée dans la Légende du Roi Arthur nous plonge sur un chemin initiatique
emprunté par le Roi lui-même et ses chevaliers.

Ce chemin est par essence symbolique.

Charge à chacun d’y découvrir sa propre quête. Ainsi, chacun pourra emprunter ce chemin pour une
Quête éminemment personnelle qui ne demande qu’à être partagée.

Pour moi, les préceptes de la chevalerie, les aventures et l’histoire de ce monde arthurien sont autant
d’éléments pour tendre à une compréhension du Monde contemporain et de ma vie.

Les récits nous mènent sur les rivages de l’humanité. Chacun des tableaux décrits sont l’illustration
de ce maillage humain. On y retrouve tous les travers de l’humanité combattus par des Chevaliers au
service du Roi Arthur, guide d’exception, puisqu’il veut incarner des notions fortes comme la justice, la
droiture et l’envie impérieuse d’une humanité harmonieuse.

L’humanité de sa personnalité le rend attachant et sincère à la fois. Il vit ses émotions et ses engage-
ments avec ferveur. S’il n’en reste pas moins un homme, il donne à la chevalerie des préceptes de per-
fection. Le Roi Arthur est dans une quête de l’absolu. Il fait de sa quête une recherche de perfection.

Il permet l’espoir pour chacun d’évoluer et de s’améliorer. Par ces serments, il montre la voie pour un
monde qu’il veut meilleur.

Le Roi Arthur est un utopiste… et l’utopie est le moteur de ma vie. L’utopie, comme le rêve me permet
de continuer ma route même quand l’énergie me boude ou que l’environnement est si loin d’une dy-
namique collective.

Par delà la posture chevaleresque, il nous importe donc que le lien qui nous relie à la légende s’étoffe
de nos réflexions, de nos engagements, de notre vie d’hommes et de femmes.

Sur notre cheminement, rien n’est anodin. Tout a du sens et notre vie elle-même est pleine de sens.
Cette quête qui nous est propre, mais qui, grâce à notre appartenance au Chapitre participe d’un col-
lectif, rend hommage à ce rituel si singulier de la Table Ronde du Roi Arthur.

Elle se prête à une égalité tant dans les regards que dans les places occupées. Si la treizième section
reste vide, les symboliques du partage et de l’équité sont parties prenantes de la volonté de justice
portée par la notion allégorique de la table.

J’en terminerai là, non sans abuser encore un peu et m’arrêter sur un conte « Le Roi sans réponse » ins-
piré de la Légende du Roi Arthur. On le doit au metteur en scène Jean-Baptiste Puech. Créé en 2016, le
récit, servi par le musical et le visuel, met en scène le roi du « Plus beau pays du monde », « là où la na-
ture est douce, où chacun peut vivre paisiblement, où les maladies graves n’existent pas... ». Se perdant

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un jour d’orage dans la forêt, il pénètre involontairement le Pays d’à coté, est surpris par son méchant
souverain qui menace de le tuer lui et son peuple s’il ne revient pas dans un an jour pour jour, avec la
réponse à la question : « qu’est-ce que les femmes désirent le plus au monde ? »

Je vous laisse là encore exercer votre sagacité, sachant, paraît-il, que la bonne réponse, trouvée
in extrémis et servie par le conseil d’une sorcière, voulait que les femmes cherchent avant tout
« d’être libres de leurs choix et ainsi de choisir ce qui est bon pour elles ».

Un vaste chantier auquel ne peuvent que souscrire gentes dames et preux chevaliers.

Dame Enora des Terres du Milieu


En la ville de Docelles sur les Terres des Vosges

L’an 2019, le samedi 21 septembre.

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Nom de chevalier de François Médard 


« Voici enfin ce que vous attendiez Dame Enora, 
C’est plus qu’occupé et sollicité que je suis pour l’instant, dans un univers
haut en stress de la rentrée scolaire, mais voici...
mon nom.

J’aurais pu choisir un nom, qui en lien et lieu m’est cher, et où la symbiose


harmonieuse entre celui-ci et un acte créateur en particulier, aurait été
scellée, martelée à jamais sur une stèle, balise du temps qui passe, en point
d’orgue à cet événement extatique. Puis, non...

Cela aurait pu être un nom avec des qualificatifs évoquant un territoire


comme l’Arizona, mais...ne troublons pas la dynamique cyclique de la ronde
dansante des Kachinas.

Ou de rendre hommage à mes ancêtres frisons, qui sous les ordres de «De
Lamarck», le descendant du «Sanglier des Ardennes » piratait les caboteurs
de la mer des Waden, en mer du Nord. Mais, les arrière-pensées, entre les
effluves de bière, de henna de genièvres et autres maatjes, entre les coups de
rames, m’ont éloignés...

Finalement, en pistant sur l’ère de chasse de l’inspiration, en passant. J’ai


aperçu et salué au loin dans les brumes du temps jadis, le gamin rêveur et
ses potes. Qui dans mes souvenirs, affublés de panoplies moyenâgeuses
recréant, à leur façon, les mythes des épopées filtrées par le petit écran,
s’époumonaient.
La soif de bravoure, d’honneur et d’honnêteté sans failles, distillat
d’exemples à suivre étaient nos valeurs !
Pour finalement prendre mon prénom et le nom de ma rue.
 
C’est ainsi que je me présente, FRANCISCUS VETUS VIA ARDUINA. »

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