Vous êtes sur la page 1sur 401

Richer, Paul (1849-1933). Nouvelle anatomie artistique du corps humain... par le Dr Paul Richer,.... 1920.

1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart des reproductions numériques d'oeuvres tombées dans le domaine public provenant des collections de la
BnF.Leur réutilisation s'inscrit dans le cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 :
*La réutilisation non commerciale de ces contenus est libre et gratuite dans le respect de la législation en vigueur et notamment du maintien de la mention de source.
*La réutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait l'objet d'une licence. Est entendue par réutilisation commerciale la revente de contenus sous forme de produits
élaborés ou de fourniture de service.

Cliquer ici pour accéder aux tarifs et à la licence

2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques.

3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il s'agit :

*des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés, sauf dans le cadre de la copie privée, sans
l'autorisation préalable du titulaire des droits.
*des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque
municipale de ... (ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation.

4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle.

5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre pays, il appartient à chaque utilisateur
de vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays.

6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de non
respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet 1978.

7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter reutilisation@bnf.fr.


NOUVELLE ANATOMIE AETISpOTE
DU CORPSHUMAIN:

. ai

COUBS SUPÉRI lî'lj II

MORPHOLOGIE'.

LA .FEMME;
ay ministèrede.Fintérieuren 192fc
\Ëè yolftmëàtété déposé^

^D^^MEMEV^L^ÊlJït:

ANATOMIEARTISTIQUE-: Description des formes extérieures


du corps humain au repos et dans les principaux mouvements.
Ouvrage accompagné do110planches,renfermant plusde 300liguresdessinées
par l'auteur.Deuxvolumes in-4°Jésusdansun portefeuille 75francs.
(Ouvrage couronnépar l'Académie
desSciences,
prixMonlyon,
el par l'AcadémiedesBcaax-Arls,
pria:Bordin.)
Nouvelle Anatomie artistique du corps humain. Yol.1.Courspratique.
Elémentsd'Anatomie. — L'HOMME.Unvolumein-8*'écu.50plancheset
29 liguresdansle texte 9fr.
Nouvelle Anatomie artistique. —Les Animaux : I. Le Cheval. Un
volumein-8"écuillustréde18planchescl,de ligures 4 fr.

Physiologie artistique de l'homme en mouvement. Unvolumeiti-8°do.


350pagesavec123figuresdansle lexte.dessinées
par l'auteuret 6 planches
en phototypic. «
Canon des proportions du corps humain. Unvolumein-8"de 90pages
avecliguresdans le texte. Ouvrageaccompagnéd'unestatueen plâtredes
• proportionsdu corpshumain.(Haut'VImètre.)
Introduction à l'étude de la figure humaine. Unvolumem-8°do
190pages.
L'Art et la Médecine.Unvolumein-4"do 562pages,illustréde345repro-
d'art.
ductionsd'oeuvres
(Ouvrage'couronnépar l'Académie
desBeaux-Arts,
prixBordin.)

l'AUIS.
TV T C10,8, HUE
15
P.l'J.ON-NûUUUIT GARAXCIÈIU3.
24015.
NOUVELLE, MAT^

ii

COURS SUPERIEUR

MORPHOLOGIE

El FEMME

PAU
LirD' PAUL RICHER
'M
EMIIR13.
BE h'INST1TtlT

PARIS
LIBRAIRIE PLOM
PLON-NOURRIT ET C", IMPRIMEURS-ÉDITEURS
— 6'
8, HUEGAHA"KCIÏJRK

1920
Tousdroitsréservés
WANT^PROP0S

Ge petit ilYre-est un fragment de monCours à1-Écoledes Beaux-


Arts, dans lequel, à côté dés Leçonspratiques consacréesà Fanatomie
élémentaireet déjà publiées dans un premier volume (1),je traite de
la forme extérieure^de la jibysiologie artistique (attitudes et mou-
vements) (2) et de l'interprétation artistique du nu aux diverses
époquesde l'art. '.".,'
De cette partie démon Cours que l'on pourrait appeler courssupé-
rieur, j'extrais aujourd'hui les notions de morphologie, et plus parti-
culièrementcelles qui ont trait à la femme.
A ceux qui se demanderont pourquoi je ne donne pas ici une place
égale aux formesmasculines,je répondrai qu'elles ont été déjà traitées
aveô.toute l'ampleur désirable dans un premier et important ouvrage
d'anatomie artistique (3) publié il y a déjà trente ans et que, depuis
cette époque je n'ai rien d'essentiel à y ajouter. Mais, dans ce
travail, la forme fémininen'a été abordée qu'accessoirementet comme
en passant. Je crois donc le moment venu de combler cette lacune
en consacrant à la femme un volume spécial, d'autant plus que le
meilleur moyen de décrire les formes de la femme étant de les com-
parer à cellesde l'homme, ces dernières sont loin d'être absentes du
présent ouvrage,qui offre ainsi un tableau à peu près complet des
formeshumaines en général.

(1)Notivelle Vol.I. Courspratique.Eléments


analomieartistique. —
d'anatornie
Lhomme. Paris,Plon-Nourritet O, éditours,1906.
(2)Cesqucst.ions.de
physiologie ontdéjàfait l'objetd'unvolume.Physiologie
artistiquedel'hommeenmouvement. Unvol.in-8°de 330pages,avec123figures
dansletexteet6 planchesenphototypio. Doin,éditeur,1895.
('A)Anatomieartistique.Descriptiondesformesextérieuresdu corpshumainau
reposetdanslesprincipauxmouvements. In-4°avec110planches.Paris,l'Ion,édi-
teur, 1890;
li ARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
iViNATOMlE
11y est également parlé de l'enfant mais d'une façon malheureu-
sement assez concise,et cela à cause de la richesse mêmede notre
sujet prindpal et des limites dans lesquelles nous avons dû nous
maintenir.
Pour composerl'illustration de ce petit volume,nous avons puisé
dans nos cartons où, depuis notre entrée à l'École dès Beaux:Arts,
s'accumulentdes dessinsdestinés à noter au jour le jour des détails s
de conformationcurieux ou simplementintéressants. Ces dessins,
exécutés plus ou moins hâtivement,revêlent en général la forme de
croquis traités tantôt au.crayon Conté, tantôt à la mine de plomb. 11
en est même quelques-unsqui ont été faits, sur papier teinté, aux
deux crayons.
Nous iravonspas cru nécessairede les reprendre pour en composer
des ensemblesplus homogènes.11nous a semblé, au contraire, que,
par leur caractèrede notes prises surnature et sansidées préconçues,
ils-..avaientun accent de vérité que les photographies elles-mêmes
n'ont pas toujours. •
Nous nous sommesdonc borné à choisir les croquisqui nous ont
paru les plus démonstratifset à les grouper de 'manièreà composer
des planches se rapportant au même sujet. C'estainsi que se trouvent
rapprochés des dessins d'intensité fort variable et de facture parfois
très différente.
Celui qui croirait trouver ici des modèles de perfection et de
beauté se tromperait étrangement. Là n'a pas été notre but. Notre
oeuvréest exclusivementscientifique.Loin de chercherla réalisation
d'un idéal artistique quelconque, toujours éminemment variable
avec lés époques et avec les individus, elle s'essaie à montrer sim-
plement aux artistes ce qui est et les raisons de ce qui est. Sans vou-
loir définir ce qu'on appelle courammentle beau et le laid, dont les
limités d'ailleurs n'ont jamais été nettement fixées, elle se contente
de mettre ,en valeur, autant que possible, les conditions de l'état
normaLPour y atteindre, nous nous attachons:surtout à signaler les
défectuosités qu'il importe avant tout de ne pas reproduire lors-
- ' III
;:-.; .'..-
A;V-A«ï:-l>'ROP:pS
qu'elles se rencontrent sur lés modèles.Maisnous n'oublionspas que
le libre jeu des organes et l'intégrité des fonctions qui constituent
l'état de santé sont compatiblesavec des formes variées entfe les-'
quellesle choix de l'artiste doit s'exercer librement.
Cet ouvrage ne ressemble donc en aucune façon à d'autres parus
dans ces derniers temps et qui tentent de définirles «beautés > de la
.femme,,ou qui veulent enfermer.^dansune forme unique,l'expression
de l'état.normal et dé la santé.
Notrebut a été plus modeste,et j'ai tenu, tout au début de ce livre,
à le nettement indiquer.
En retardant cette publication,des circonstancesheureuses auraient
pu enrichir encore la masse des documentssur lesquels elle repose.
Maisil vient un temps où il faut songer à la récollesous peine de voir
la moissonperdue sur pied faute de moissonneurs.
Il a semblé, en outre, à quelques-uns de mes auditeurs que cette
partie de mon cours présentait quelques aperçus nouveaux dont
l'intérêt dépassait le cercle forcément restreint des élèves, Nous
offrons donc aujourd'hui aux artistes le résultat de nos observa-
tions telles qu'elles sont, suivant le précepte du poète : qui ne sut
se borner, etc., etc. Ce n'est pas que j'aie la prétention de rien
apprendre de nouveau à ceux qu'une longue expériencea familiarisés
avectoutes les variétés de la formehumaine. Mais peut-être trouve-
ront-ils dans ce petit traité, condenséeset formuléesd'une façon plus
exacte, des connaissancesqu'ils ont mis longtempsà acquérir et dont
l'empirismelaisse .toujourssubsister un peu d'imprécision.En rensei-
gnant les artistes sur les modalités diverses que l'inépuisable et
fécondenature ne cesse de leur offrir, il doit les aider à mieux juger
et comprendrela réaiité où ils cherchent leurs modèles.
.- '
-'.' :'.'''*'.•.-':- -.::;'':'''
-'.*'»'--.
L'hommeet la femmesont établissur le mêmemodèle. Ils dérivent
d'un typeunique. Décrirelesformes de la femme,c'estindiquer surtout
par quoi elles diffèrent de celles dei'homme. L'anatbmieest la même
IV ANATOMIEARTISTIQUEDU.CORPSHUMAIN

pour les deux. La morphologieseule varie non seulementavec lé


sexe mais aussi avec chaque individu. Ces variations n'ont pour
ainsi dire pas de limites et constituentl'individualité physique de
chacun.
A ce point de vue, il peut s'établir une longue série de types inter-
médiaires se transformantinsensiblementles uns dans les autres et
aux deux extrémités de laquellese trouvent les types les plus diffé-
renciés, d'un côtéles types masculins,de l'autre les types féminins
les plus purs: C'est dans ces types intermédiaires que les anciens
ont puisépour créer l'image si curieusede leur hermaphrodite(1). ''
Les caractèresmorphologiquesde l'homme et de la femmesont"la
conséquencede différencesdansle volumeet dansles proportionsdes
mêmesélémentsanatomiqueset aussiparfoisdansleur modederépar-
litiô.n,ainsi que dansleur plus.ou moins grande finesse.
Lesparties sur lesquellesportent cesvariationssont principalement
les os, là graisse et la peau.
11en résulte que nous distinguerons,chezla femme,trois sortes de
caractéristiquesmorphologiques: les caractéristiquesosseuses,grais-
seuseset cutanées.
Nousles décrironsdans une premièrepartie et, dans une seconde,
nous ahorderonsla morphologiede chacunedes principalesrégions.

tel que l'a conçuet figurél'art antique,n'est pas un


(I) L'hermaphrodite,
casde tératologie.
Lamalformation des organessexuelsn'y entrepourrien.
C'estunmélangé,unesorted'amalgame desformesextérieures
del'homme et dei
lafemme.Unetelleconceptior^duniandait, pourêtre exécutée,unesciencepro-
fondedésformes.L'hermapTiroditè, du Muséede Berlinest la plus étonnante
réalisation
decetype."/'.>.,'•'!.'*"'
"C/'Vv.
NOUVELLE ANATOMIE ABTISTTQTJE

LA FEMME

CARACTÉRISTIQUES OSSEUSES

Noustraiterons, en deux chapitresdistincts,premièrementdes prop.orv.


tions qui sont toujourssousla dépendancedela longueuret du volumedes
os, et en secondlieu, de la conformationparticulière,suivant les sexes,
decertaines'partiesdu squelette.

I. — LES PROPORTIONS.
11importetoutd'abordd'établirles proportionsmoyennesdé l'individu-. Ce
canonmoyen,basé exclusivement sur des donnéesscientifiques,n'est, il est
vrai, qu'uneabstraction.11n'en constituepas moinsune règlegénéralequi
régitlés rapportsdesdiversesparties du corpsentre elles.ll.est commeun
centre autour duquel les individualitésévoluentclans un sens ou dans
l'autre. Il ne représenteexactementaucunede cesindividualitéset cëpen^
dant se rapprochele plus detoutesà lafois. Seul,il peutpermettrela com-:
paraisonentreles proportionsde l'hommeet cellesde la femme!'

Pnoi'bit'rio.NSDP.L'HOMME
(pi.'1).
Lecanon moyende l'hoinmea été donné, il y a longtempsdéjà, par le
docteurTopinard(1)en se basantsur les mensurationsfort nombreuses

(i) Éléments
d'aïUliropoloijie iSS'6:
générale, , ." .
ANATOMIE
ARTISTIQUEDUCORPSHUMAIN

1. —CAIIACTÉMSTIQUISS
PLANCHE OSSEUSES.
Proportions del'homme.
moyennes
Latèteestcomprise1fois1/2danslahauteurdu corps.Unehorizontale passant
parl'angleinternedesyeuxla diviseendeuxpartieségales.
Letroncmesure4 hauteursde tête,du vertexau pli fessier.
Lemembre inférieurmesureégalement 4 tôtes,du solaumilieudu plidel'aine
correspondant,dansla profondeur,à l'articulation
dela hanche.
Lemilieudu corpsestsituéau-dessous du pubis,à laracinedesorganes.
Lemembre supérieurne comptepastoutàfait3 tôles1/2.
Lagrandeenvergure dépasse lahauteurdolataille.
Onrelèveauxmembres leségalitéssuivantes:
Aumembresupérieur, ladistance
quis'étenddudessusdel'acromion au-dessous
delatètedu3"métacarpien est diviséeendeuxpartieségalesparlesommet
del'olôcrAncoulafossettecondylienne situéeau mêmeniveau.
Aumembre lecentredelarotulediviseondeuxparties
inférieur, " ' égalesla dis-
ancequis'étenddusolà l'épineiliaque. -.
CARACTERISTIQUESOSSEUSES 1»L;
t.

Proportionsmoyennesde l'homme.
PROPORTIONSDÉ L'HOMME . 5

prisésantérieurementpartouslesanthropologistes. bornéadonner
.Temesuis
uneformeà cecanonuniquementfait dechiffreset à yappliquerla méthode
artistiquequi prendunedes parties du corps commeunité de mesure,ou
module,et j'ai choisi,à cet effet,la hauteurdela tète. Il a été renduainsi
plusdémonstratifet d'uneapplicationplusfacile(!•).Gecanonscientifique,
fait d'après des mensurationsabsolues,s'est laissé morceleravec une
grande précisionsuivantla méthode des artistes. Et c'est un exemple
remarquable de l'excellencede l'observationchez ces derniers dont le
coup d'oeilet l'intuition avaient ainsi devancéles patientes recherches
dessavants.
Cecanonmoyendel'hommeeuropéenadultepeut se résumerainsi:
La tête,qui sert de communemesure,est comprise7fois1/2dansla hau-
teur du corps;elle est elle-mêmesubdiviséeen deuxpartieségalespar une
lignehorizontalepassantpar l'angleinternedes yeux.
Le tronc, y comprisla tête, mesure 4 hauteurs de tète. Les subdi-
visionscorrespondentà des points de repèresituésa la partieantérieureet
àla partiepostérieuredutorse.Lapremièresubdivision,tangenteaumenton
en avant, coupela nuque,en arrière, un peu au-dessusde la proéminente.
La deuxièmecorrespondauxmamelonsen avant et, en arrière, à-la région
dorsale,un peuau-dessusde la pointedu scapulum.Latroisièmeest située,
en avant, aux environsdu nombril et, en arrière, elle touchela limite
supérieurede la fesse.La quatrièmeenfin coupe,en avant, les organes,
tout à leur partie inférieureet, en arrière, elle se confondavecle pli fes-
sier. Detouscespoints de repère,ce dernierest le plusimportantenraison
desa fixité.
Onrelève, en outre, à la partie antérieuredu torse, d'autrespoints de
repère également.fixes,parce qu'ils appartiennentau squelette.Ainsi,
l'épineiliaqueest situéeà 1/4 detète au-dessousde la troisièmedivision
qui passepar l'ombilic,ou mieuxà 3/4 detête au-dessusdé la limiteinfé-
rieure du tronc. De l'épine iliaque, on mesure2 têtes, en directionver-
ticale, jusqu'à,la clavicule,et aussi, du:même point à la fourchettedu
sternum,en directionoblique.
Il s'ensuit ôjue la claviculeest située à 1/4 de tête au-dessousdu
menton et que le creux sternal, situé un peu plus bas, en est distant

(i) Canondesproportions
du corpshumain.Paris,Çh.Delagrave,
1893.
6 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
d'environ1/3 de tète; ce qui correspondà la hauteur du coumesuréen
avant.
Le membreinférieurmesure,commele torse, 4 tètes, du soljusqu'au
pli del'aine en sa partie médianequi correspond,dansla profondeur,à
l'articulationde la hanche.Maiscesdeuxmesurestronc, et membreinfé-
rieur, chevauchentl'une sur l'autre de juste une demi-tête.11en résulte
que la figuredanssatotalitén'a que7 têlesl/2 dehautet que sonmilieu
correspondaucentredela partiecommune,c'est-à-dire à mi-distancede la
limiteinférieuredu torseet de la limite supérieuredu membreinférieur,
enun pointsituéà la racinedes organes.
Lemembreinférieursesubdiviseainsi : du sol à l'interlignearticulaire
du genou,2 tètes; dece dernierpoint à un traversde doigtau-dessusdu
grand trochanter,à la hauteur du milieudu pli de l'aine, 2 têtes égale-
ment.
Vu.parsa faceinterneet par sa face postérieure,le membreinférieur
mesure3 têtes1/2,du solau pli fessieret à peu dedistancedu périnée.
Onrelèveégalement,sur le membreinférieur,les égalitéssuivantes:
Del'épineiliaqueau centredela rotule,la distanceest la mêmeque du
centrede la rotuleausol. Cettemesurepeutêtreprised'unefaçonun peu
différenteen comprenantla rotule entièredans chacunede ses moitiés;
par exemple,du sol au-dessusde la rotuleet du dessousde la rotuleà
l'épineiliaque.Maisalors cettenouvellemesurepeuts'appliquerégalement
au torse, de la fourchettesternaleau-dessusdu pubis.
Lemembresupérieurmesuré,danssa totalité,du sommetdel'acromion
à l'extrémitédu doigtmédius,compteplus de 3 têteset pas tout à fait
3 tètes d/2 (1)_.Au membresupérieur,on trouveles égalitéssuivantes
déjà signaléespar LéonarddeVinciet souventrappeléesdansles ateliers:
dusommetdel'acromionà l'olécrane,la dislanceest la mêmeque del'olér
crâneà la tête du troisièmemétacarpien,etchacunede cesmesureségale
une tèle,l/2.Lesommetdel'olécranepeutêtre remplacéavantageusement,,.
commepointde repéré,par'la fossettecondylienne.
La coudée,oula distancecompriseentrele dessusde l'olécraneet l'ex-.
trémitéinférieuredu doigtmédius,mesure2 têtes.

(1)Voir,pourle détail,monCanondesproportions
du corpshumain.
Delàgrave,
"
éditeur.-.'•' ;
PR0P0P.T10MS DE L'HOMME 7
Lés principales mesures,de largeur du tronc sont lés suivantes :
La plus grandelargeur des épaulesn'atteint pas 2 tètes.
Le diamètre bi-trocbantérien,ou la plus grande largeur des hanches,
égaleune tête 1/2.
PHOI'OBTIONS
DEl.AFE51J1E
(pi. 2).

Dansleurscanons, les artistes ont généralementdonné à la femmeles


mêmes proportions en hauteur qu'à l'homme. Les subdivisionsdu corps
sont les mêmeset les points de repèreaussi.Ils n'ont guèreinsisté que sur
les différencesd'étenduedes diversdiamètrestransversesdu torse. Maisun
travaild'ensemblen'a pas élé fait, commepourl'homme,surles proportions
moyennesscientifiquesde la femme à causede l'insuffisancedu nombre
des mensurationsla concernant,les recherchesanthropologiques, ayant sur-
tout porté sur des sujets masculins(1).

(!) J'ai été ainsi conduit,pour comblerautant que possiblecelte lacune,à


mesurerun grandnombrede sujets féminins.Je ne les ai pas choisisspéciale-,
ment, d'aprèsun idéalquelconque. Je les ai mesuréstousau fur et à inesuro
qu'ilsse-présentaientà monobservation, et leur seulpointcommunest d'ôlre
modèlesdo profession.Ils sont au nombrede cent au-dessusde vingtans,
d'après lesquelsj'ai établiun. canonmoyencomparableau canonmoyende
l'homme. -
Touteslesmesuresontétéprises,fui chaquesujet,suivantunemômeméthode'
facilitéepar l'emploidefeuillesdémesureimpriméesd'avance.
Pourfaciliterla comparaison entrel'hommeet la femme,j'ai appliquémon
systèmede mesuressur un nombresuffisantde modèleshommesafind'établir
une moyennequi, étant obtenuepar les mômesprocédés,put être miseen
parallèleavecla moyennedesmodèlesfemmes.
Celtemoyennehommedéduitedesmesuresprises* sur trentesujetsest, comme
on pouvaits'y attendre,presqueidentiqueau canonmoyendes anthropologistes
décritplus haut. La seulemesurequi diffèresensiblement sur les deuxostle
diamètredes épaules,pluslargessur la moyennedomestrentemodèlesque sur
le!-canon-moyen. La raison de cettedifférenceexistepeut-êtredanslasélection
des sujetsquej'ai mesurés,qui tous exerçaientla professionde-modèles etdont
quelques-uns étaientdes athlètesremarquables.
Aveccetteréservé,il mesembleque le canonmoyenadmispar les antliropo-
logistesest assezprochede la moyenneobtenueavecles mesuresdo mestrente
sujetshommes,pourque je soisautoriséà'nie servirde cette dernièrecomme
termedocomparaisonavecla moyennedès mesures,prisessur un nombrede
femmesbeaucoupplus grand. S'il était besoin,la similitudedes professions,
hommes ' et femmesétant modèles,rendraitla comparaison encore,plus légi-
time..
ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

2. — CAIIACTÉIUTISQUES
PLANCHE OSSEUSES.
Proportions delafemme.
moyennes
Latèteest comprise7 fois1/2dansla hauteurdu corps.
Le tronc,du vertexau pli fessier,mesureplusde4 hauteursdetôle.Le point
de repèreinférieur,constituéparle pli fessier,dépassesensiblementla limite
inférieuredela 4'tête.
Le milieudu corpsest situénu niveaudu bord supérieurde la' symphyse
pubienne. .
Lemembreinférieur,du solà l'articulationcoxo-fémorale; n'atteintpas toutà
fait4 têtes,conséquenced'uneplusgrandelongueurdutorse.
Lemembresupérieurn'a pas 3 tètes1/2.
Lagrandeenverguren'atteintpaslahuuteurde la taille.
CARACTÉRISTIQUESOSSEUSES PL."2.

moyennesdela femme.
Proportions
PROPORTIONSDl^ LA FEMME ; . ; 11^
C'est donc d'après nos mensurations personnellesqu'à été établi le .
tableau ci-dessousaur lequel se trouvent rapprochéesles deux moyennes,
celle de l'homme et cellede la femme(tableauI).

1(1).-,— Proportionsmoyennes
'TABLEAU de l'hommeet dela femme
en mesuresabsolues. -.-'
Toise,hauteurau-dessusdu sol.\.
Homme, l'cinine.
Vertex.... 107 158,63
Fourchettesternale... 136 130,41
Nombril.... ........ ..../..../!. .99^6 . 93,99
Épineiliaque antérieureet supérieure..:..... 93J5 88,32
Grandtrochanter (dessus)................... 87,4 .82,90
Basdu pubis 82,09 75,06
Proéminente 141,3 . 135,04
' Tubérosité
iliaque.... .. 96,2 92,38-
Sommetdu-sacrum.'. .,..-.- 90 87,01
Pli fessier '.-.'.' :....V.- 76:6 70!66

(1)Chacundestableauxquisuiventreproduit,dansl'ensemble,-les feuillesimpri--
méesd'avancedestinéesà recevoirlesînensurationset disposéesainsiqu'ilsuit ;
En tète, une place est réservéepour le nom, l'âge,la nationalitédu sujet à
mesurer.
Puis,lesmesuressont groupéessuivantlanaturedél'instrumentqui sert à les
prendreet indiquélui-mêmeonlettresitaliques. v
Unmotsur chacundécesgroupesetsur lesinstrumentsqui nousont servi.!
. Lesujet étantplacédansla stationdroitesans effort,la iotsémobileest tout,
d'abordamenéeenfacedé lui et un peu sur le côté,et la branchesupérieureen
estdescenduesuccessivement auniveaudes différentspointsdu corpsdontelle
indiquela hauteurau-dessusdu sol. C'esttout,d'abordles pointssituésen avant
ou sur le côté,puisceux placésen arrièreoblenùsalorssoitendéplaçantlatoise,
soit en faisantretournerle sujet. Ces mesurespeuventêtre prises assezrapi-
dementpourque le sujetgardel'immobilité: complète,conditiondelà régularité
del'opération. -:
Latoisepeutêtreremplacéeparlé dispositifsuivantquin'exigéaucuninstrument
anthropométrique spécial.Le sujet est placé contreun mur sur lequelest fixée
d'avanceune réglettede boisverticale.Cetteréglettesert dé guideau petit côté:
d'uneéquèrreordinairedontle grand,côté!est amenésuccessivement en regard
des pointsà mesurer,Elleporte en outreles divisionsmétriquescomïijoncàntà
partirdu sol.
Le compasd'épaisseur, qui sert au groupedemesurés'suivantes,,peut!eti/e
quel-:
12 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
Compas.
Homme. Femme.

Diamètrebi-huméral...... .-. 42,5 36,85


bi-acromial..' 39,1
Diamètre
' transversethorax maximum 29,4 25,40
— verticaldu thorax.. 32,06 31,40
'' — bi-iliaqueexterne. 28,78 30,10
— bi-iliaqueantérieur... ...... 23,87 23,49
-—•' bi-trochantérien.. 32,6- 33,31
—. bi-l'émoralsupérieur.......' 32 33,65
— bi-iliaquepostérieur 8,87 10,33
' —T thorax 17,60
antéro-postérieur. 20,4
— sacro-pubien 19,8 20,68
Membresupérieuren totalité. 75,58 69,78
Coudée 45,78 41,54
Médius 11,5 10,67
Main ..." 18,8 17,37
Pied.............. ..,.....' 26,2 24,25
Dusolà interligneart'0 du genou. 45 , 41,91
Dusolà sommetmalléoleinterne. . 8,58 7,76

Glissière.
Hauteurtête.... ......... .....:..... 22,99 21,06

conque.Pourplusdefacilité, je mesuisservid'uncompasconstruitspécialement,
porteurd'un arc decercleindiquanten centimètresle degréd'écartément des
extrémitéset dont la faiblecourburedes branchespermettaitd'obteniraussi
facilementles mesuresensurfacequelesmesuresd'épaisseur.
dontil est questioniciest la glissièreanthropométrique.
Laglissière Ellepeut
être remplacéeau besoinpar un systèmede régletteet d'équerrefacileà ima-
giner.Onpeuty suppléerégalementen prenant,avecla toise,la hauteurdu
^dessousdu menton,au-dessusdu sol. : .
_ Lerubanmétrique est appliquésansexercerde constriciion.
Ce compasangulairese composedé deuxtigesarticuléesde façonqu'elles
laissentapparentle sommetde l'anglequ'ellesfontentréellesen s'ouvrant!Ce
sommetest appliqué,pourlesmesuresrelevéesici, à lanaissancedélarainure
ouen un pointdu.creuxépigastrique
interfessière, à la pointede
correspondant
l'appendicexyphoïdé,lesdeuxbranchespassantpar lemilieudesfossetteslom-
PROPORTIONSDE LA FEMME 1»
Rtibanmétrique.
Homme. Femme.
Circonférence.Thorax au-dessousdes seins
dans le reposrespiratoire 89,1 71,89
Circonférencedes " hanchesau niveaudu tro-
chanter ... . 91,4 93,13
'four de taille. » 65,88

Compasangulaire.

Angle sacré 62"7 78H7


Anglexyphoïdien 72*'5 60°98

Compasd'inclinaison.
Inclinaisondu sternum. ..'. 26"1 27"67
Inclinaisondu sacrum 18"6 29"12
Poids 64k753 55k002

Nousvoyons,dans ce tableau,que,sur l'hommemoyende 1 m. 67 corres-


pondant à la femmemoyennede1 m. 58, le plusgrand nombredesmesures
l'emportentsur cellescorrespondantesdela femme,ce qui sembled'ailleurs
asseznaturel, étant donné la différenceentre les tailles. C'est ainsi que
nousrelevonsles chiffressuivantsnotés en centimètres:
Lahauteurdola têteest do 22,99chez1*11.
et de 21,06chezla F.
Le membresupérieur " 75,58 — 69,78 —
La coudée 45,78 — .41,54 —
La main...: .....18,8 — 17,37 —

baires ou appliquéesle longdes rebordsdes cartilagescostaux' 1.Le compasest


reporté ensuite sur la feuillede mesure,et lé tracé des branchesmarquéau
crayon.L'angleainsidécritest mesuréensuiteau rapporteur.
Le compasd'inclinaison, destinéà donnerle degréd'inclinaison d'unesurface
par rapport à la verticale,a étéspécialementconstruitâ cet effet;il est décrit
page58note1.
Lesmesuresindiquéesici auraientpu être multipliées.Ons'est contentédes
principalesafinde ne pointabuserde la bonnevolontédes sujets. Prisestoutes
suivantla mêmeméthodeet par le mêmeobservateur,elles sont parfaitement
comparables chezles différentssujets,ce qui étaitle principalrésultatà obtenir.
14 ANATOMIE
./ARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
Le membreinférieur(de
l'épineiliaqueau sol),... .93,5 chez1*11.
et de 88.32chezla F.
La jambe................. 45 — 41,91, —
Le pied .............. 26,2 — 24,25 —

Par contre,la hauteur du torse de la femmetendrait à égaler celuide


l'homme et'même, à le dépasserlégèrement,si nous en croyonsles
mesuressuivantesdéduitesdenotretableau:
Creuxslèrnalà pli fessier.... 59,4 chez;111.et 59,75chezla F.
Creuxsternalà basdu pubis.. 53,91 — 55,35 —

Lethoraxde l'hommel'emportedans toutesses dimensionssur celuide


la femme:
Diamètretransversal.....!... 29,4 chezl'H.et 25,40chezla F.
— • vertical............ 32,06 — 31,40 . —
— antéro-postérieur...20,4 — " 17,60 ' —
Anglexyphoïdien. 72,5 — «0,98 —.
Tourde'poitrine 89,1 — 71,89 —

Il en est de mêmedela largeurdes épaules:


Diamètrebi-huméral chez!l'H.et 36«,85
: 42»,5 chezla F.

Maisl'inversese produit dans la moitiéinférieuredu torse, où nous


-voyonsle bassinde la femmel'emporter,danstoutesses dimensions,sur
celuide l'homme,à l'exceptiond'une seule,le diamètre bi-iliàqueanté-
rieur, ce qui tendrait à.démontrerque le bassinde la femmeest relative-
ment plus ferméqueceluide l'homme.Voici,en effet,les chiffresquenous
relevons:".• . ".
Diamètrebi-iliaqueexterne..-..28,78chezl'H. et 30,10chezla F.
— '.'"'.-^' antérieur.. 23,87 — 23,49 —•
.^- — postérieur. 8,87 —' 10,33 —
_ bi-trocliantérien.. ... 32,6 —'' 33,31 —
; -^ sacrO-pubien...:.... 19;8: — 20,68—
Anglesacré..."!:..!:.. .!.,. 62,7 ; — 78,17 —
Tourde hanche.:.,..........:' 91,4 ^- , 93,13 —

L'inclinaisonplus grandedu bassinchezla femmeressort égalementdé


„ inôsmensurationsj!.-> !
du sacrum:18?,6chez:l'H,et 29*,12
vluclinaison chezla F.
PROPOÏtTIONS DE LA FEMME 15-
En transformant ces mesures absolues en mesures relatives à la taille
= 100 (tableauII), lés différencesque nous venonsde noter entre l'homme
et la femme s'accentuent, sauf sur deux points. Le diamètre verticaldu
thorax l'emporte chezla femme, la longueur de la main également. On
remarque eh outre, chezla femme,l'augmentation de la distancedu sol à
la fourchettesternale et à la proéminente, ce qui est la conséquencede la
plus grandelongueurdu torse chezelle.Il en est demêmepour la tubéros'ité
iliaqueet le sommetdu sacrum dont la plus grande élévationau-dessusdu
sol sembleêtre le résultat de l'inclinaisonplus grande du bassin,
TABLEAU IL — Proportionsmoyennes de l'hommeet,de la femme
ramenéesâ la taille— 100.
Toise, hauteur au-dessusdu sol. .-.';'.
Homme. Femme.
Verlex. 100 '• 100
Fourchettesternale................. . ... 81,4 82,21
, Nombril.... ..:...... ...... 59,6 59,25
. Epineiliaque antérieure et supérieure....... . 56s 55,67
Grandtrochanter (dessus)............. . . 52,3 52,26
lias du pubis.... ..... ....!...........!. 49,1 47,31
Proéminente... '..,.... 84,6 85,12
Tubérositéiliaque 57,6 58,23
: Sommet du sacrum.. . . ., , !. : ...; .... : "
53,8; 54y85
Pli fessier.................... :. . 45,8-, 44,54;
Compas.,
- Diamètrebi-huméral . 25,4 23,23
— bi-acromial.......... ! ........ 23,4
transversethorax maximum....... 17,6 16,01
— vertical du thorax.! ..............:
19,2 19^79
-— bi-iliaqueexterne;. .....:........ 17,2: :! 18,97 :
— bi-iliàqueantérieur.. .............. 14,2 14,80
-— biUrochantérien........... ,....;. 19,5 20;93
--—'., bi-fémoralsupérieur., !... !, : ...... 19,1 21,21
;..— bi-iliàquêpostérieur.............,' 5^3 : 6^51
— thorax antéro-postérieur......... i2;2 11,09
' —". sacro>pubien... .,!....:,......... !.. ; !i!l,8\: 13,03-\
16 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
Compas.
Homme..Femme.
Membresupérieurentotalité 45,2 43,98
Coudée 27,4 26,18
Médius 6,8 6,72
Main. 11,2 11,94
Pied. '.., 15,6 15,28
Dusol à interligneart™du genou 26,9 26,41
Du solà sommetmalléoleinterne 5,13 4,89

Glissière.
Hauteurtête. ' .. 13,7 13,27

Rubanmétrique.
Circonférence.Thorax au-dessousdes seins
dans le reposrespiratoire 53,3 45,31
Circonférencedeshanchesau niveaudu tro-
chanter 54,7 58,70
Tourde taille » 41,53

Compas
angulaire.
Anglesacré 37"4 49°27
Anglexyphoïdien , 40"3 38"44

d'inclinaison.
Compus
Inclinaisondu sternum 15"6 17"44
Inclinaisondu sacrum 1J»J 18°35
Poids: 38k600 34k673

Pour mettre ce canon moyende la femmeà la portée des artistes, il


nousfaut procéder,commenous avons déjà fait pour le canon moyende
l'homme,c'est-à-direle subdiviseren^prenantune de ses parties, comme
communemesure,qui, dans l'espèce,est la hauteurde la tête.
Nous trouvons ainsi, dans l'application d'une même méthode aux
PROPORTIONSDE LA FEMME 17
deux canons, de nouveaux éléments de comparaison qui":mettent en
valeur, sous!un autre aspect, les similitudeset les dissemblancesdéjà
signalées.enpartie.
En comparantles deux canonsainsi tracés (pi. 1 et pi. 2), nousconsta-
tons tout d'abord que lesmembress'y subdivisentexactementdela même
façon. Au torse, au contraire, si dans la moitié supérieureles similitudes
persistent,les différencess'accusenten bas et sont la conséquencenatu-
relle de la longueurplus grande du torse chezla femme.C'estainsi que,
chezelle, les limitesinférieuresdu torse dépassent,par en bas, lès repères
indiquéspour l'homme.Le pli fessier,par exemple,descendnotablement
au-dessousde la limite inférieure de la quatrièmetète. Et l'épine iliaque
antérieureet supérieuresetrouve situéeau-dessousdu quart supérieurde
cette quatrièmetête, au lieu d'êtrejuste à ceniveau commechezl'homme.
Le milieu de la figurese.trouveen conséquencereporté un peu plus haut.
Au lieu d'être, commechez l'homme, situé au-dessousdu pubis, il est
placéjuste au niveaudu bord supérieurde la symphysepubienne.
Onobserveaussi que la grande enverguren'atteint pas la hauteur dela V
taillechezla femme,tandis qu'elle la dépassechezl'homme.Dans cette-,
diminutionrelativede la grandeenvergureentre,pour une part, la faiblesse
des différentsdiamètresdu thorax,ainsi que l'amoindrissementde la lar-
geur des épaules.
Quantaux mesures de largeur du torse, ta méthode artistique*avec.l'a.'
hauteur de la tête et ses subdivisionscommeunité de"mesure,ne se prêle-
pas aux précisionsque nous ont donnéesles mesuresabsoluesen centi-
mètres. Toutefoison peut noter que si, chez l'homme, la largeur des;
épaulesmesuredeux têtes, elle n'y atteint pas chezla femme. Chezcelle-
ci, au contraire,la largeur des hanchesl'emportesur la largeurdes han-
chesmasculines,dont la mesureexacteest une tête et demie.
Le grand nombredes sujets femmesque nous avons mesurésnous per-
met de comparer entre elles les grandes -et.les-petites tailles. A cet
effet,tous nos sujets ont été classéspar ordre de taille..La moyennedes
cinquantepremiersreprésente les grandes tailles, et là moyennedescinV
quantederniersles petites tailles. La moyenne!généralevient s'intercaler
entre les deux. C'est ainsi qu'un coup d'oeil jeté sur les deux tableaux,
(tableaux3 et 4) permet de constaterqu'en mesures absolues,toutes les
proportionssont plusgrandesdans les grandestaillés que dans lespetites,
18 ANATOMIEARTISTIQUEDU COR1>SHUMAIN
à la seuleexceptiondel'inclinaisondu bassin,quiaugmenteraitainsiavec
la diminutionde la taille.
TABI>BAUIII.
enmesuresabsolues
Proportions desgrandeset despetitesluilleschezla femme.
Toise,hauteurau-dessus
dusol.
(irandc
taille.Moyenne. taille.
Fetile
Verlex... .• 163,56 158,63 153,70
Fourchettesternale."'.': 134,61 130,41 . 126,20
Nombril.................... ..... 92,20 93,99 90,78
Épineiliaqueont™et sup" 91,55 . 88,32 85,09
Grandtrochanter(dessus) 85,42 82,90 80,38
Hasdu pubis 77,88 75,06 73,24
l'roéminenle. 139,28 135,04 130,80
Tubérositéiliaque 95,70 92,38 89,05
Sommetdu sacrum... 90,38 87,01 83,64
Pli fessier 73,19 70,66 67,82
*'
Compas.
Diamètrebi-huméral............. 37,69 36,85 36.01
— transverse thorax maxi-
mum... 26,08 25,10 24,73
— verticaldu thorax...... . 32,47 31,40 30,63
— bi-iliaqueexterne.. 31,07 , '30,10 29,13
^- bi-iliaqueantérieur...... 24,1-1 23,49 22,86
— bi-lrocbantérien. .. 34,19 33,31 32,43
., — bi-fémoralsupérieur.... . 34,54 33,65 32,75
'-—[. bi-iliaquepostérieur.'.!.:. 10,65 10,33 10,01
— thorax antéro-postérieur. 18,01 17,60 17,20
— sacro-pubiën........ 21,47 20,68 19,90
Membresupérieurentotalité. 71,92 69,78 67,65
Coudée... '...... .............. 42,68 ..' 41,54 40,39
Médius,.... ............. .. 10,94 10,67 40,43
""'-."Main.,...........:.:!..^.!.,. ... ..^:::17,84 ;17,37 1.6,91
Pied...!....:.... .!...,..:...... 24,94 24,25 23,56
Dusol à interligne.art'1'-du genou:. ,; 43,50. 44,94 40,33
Dusol à sommetmalléoleinterne. 7,99 7,76 7,54
PROPORTIONSDE LA FEMME 19
Glissière:: . ^
taille. Moyenne.
Grande Petitetaille.
Hauteurtête. ....'.....;...... . 21,41 21,06 20,70
Rubanmétrique.
Circonférence.Thorax au-dessous
des seins dans le repos respira-
toire : .... 73,82 71,89 69,95
Circonférence des hanchesauniveau
du Irochanter. 95,49 93,13 90,78
Tour de taille. . : . 68,06 65,88 63,71
Compasangulaire,.
Anglesacré 79»42 78M7 7T22 .
Anglexyphoïdien... ..:........... 61°24 . 60°98 60°72

Compasd'inclinaison.
Inclinaisondu sternum '.-. 27"88 27"67 27°46
Inclinaisondu sacrum.. 28°26 29"-12 29°98
Poids.. 58v994 55"002 5P0I0

TAIILKAU IV.—^Proportions'ramenées'à la (aille= 0


desgrandesel despetitestailleschezla femme. .
Toise,hauteurau-dessusdu sol. .' - '
'
. Grande . Pelilelaille.
taille. Moyenne.
Vcrlex..'... ......:.............. 400,00 400^00 100,00
Fourchettesternale ". . ... 82,23 82,*21 82,10
Nombril..',-!.................., 59,42 59,25 ! 59,06 !
Epineiliaque ant10et sup"......... 55,97 55,67 55,36
Grand trochanter (dessus),.. 52,22 52,26 52,29
Bas du pubis 47,61 47v31 47,00 .';.-
Proéminente.......'......./!... .. 85,15 85,12" 85,11)
Tuhérositéiliaque 58,51 58,23 57,93
Sommetdu sacrum., .:,..!..,.. ...' 55,25. 54,85. ! 54,41
Pli.fessier,! ,/.........:....... 44,92.";!, 44,54 ,- 44.12 •;
20 ANATOMIEARTISTIQUE DU CORPSHUMAIN
Compas.
. Grande
taille:Moyenne.
Petite
taille.
Diamètre.bi-huméral 23,04 23,23 23,42
— transverse thorax maxi-
mum 15,93 16,01 16,08
— verticaldu thorax... 19,66 19,79 19,92
. . —- bi-iliaqueexterne. 18,99 48,97 18,95
— bi-iliaque-antérieur 14,74 14,80 14,87
— bi-lrochantérien 20,90 20,93 21,09
— bi-fémoralsupérieur 21,11 21,21 2-1,30
— bi-iliaquepostérieur 6,51 6,51 6,51
— thorax antéro-postérieur. 14,01 11,09 11,19
-— sacro-pubien 13,48 13,03 . 12,94
Membresupérieuren totalité 43,97 43,98 44,01
Coudée. '.•• 26,09 26,48 26,27
Médius 6,67 • 6,72 6,78
Main: 10,90 40,94 11
Pied 15,24 45,28 15,32
Dusolà interligneart" du genou.. 26,59 26,44 26,23
Dusol à sommetmalléoleinterne. 4,88 4,89 4,90
Glissière.
Hauteurtête 13,09 13,27 43,46
Rubanmétrique.
Circonférence.Thorax au-dessous
des seins dans le reposrespira-
toire/. 45,13 45,31 45,51
deshanchesau niveau
Circonférence
du troehanter.. 58,37 58,70 59,06
Tourdétaille. 41,61 41,53 41,45

Compas angulaire.
• Anglesacré. ......... ............ 4S°37 49°27 50»24
Anglexyphoïdien 37°44 38°44 39°50
PROPORTIONSDE LA FEMME 21
Compasd'inclinaison.
Grandetaille.Moyenne.
Petite
taille.
Inclinaisondusternum............ 17°04 17044 17°86
Inclinaisondu sacrum.. .....:. 17"27'' 18°35 19°50
Poids. '..- 36l068: 34l673 33488

Maisles choseschangent si ces mesures absoluessont transforméesen


mesuresrelativesà la taille = 100.Dansce cas, la tête, le membresupé-
rieur, les diamètres transverses du torse augmentent dans les petites
tailles,commeaussila hauteurdu torse,le tour dehancheet naturellement
aussil'inclinaisondu bassin.
La méthodedes moyennes,dansl'étude des proportions,offre de sérieux
avantages,ainsi qu'on vient de le constater,mais elle ne saurait exclure
l'étudedes individualités,toujours pleined'enseignementset seulecapable
de mettre en valeur certaines particularitésmasquéespar les moyennes.
Je n'en donneraiqu'unexemple.
Il résulte des:moyennesprécédentesque, dans les grandes tailles, les
membresinférieurssont relativementplus longsque le torse, tandis que
c'estl'inversedans les petitestailles, remarquablessouventpar la brièveté
des jambes. Cesdonnéess'accordentavecl'opiniongénéralementadmise,
el vraie dans son ensemble,que les différencesde taille se font surtout
aux dépensdesmembresinférieurs.
Orla nature se plaît, pour ainsi dire, à rompre le;cadre dans lequelon
a la prétentionde l'enfermeret à réaliser des exceptionsaux règles géné-
rales que tendent à établir les moyennes.Ainsiil n'est pas rare d'observer
un torse court chezun sujet de petite taille, et un torse longchezun autre
de grande taille. Et l'on pourra rencontrerdeuxfemmesde même taille,
soit petites, soit grandes, avec, chezl'une,:un torse relativementlong et,
chezl'autre,un torserelativementcourt.Avecbeaucoupde sagacité,le doc-
teur Manouvriera attirél'attentionsurcésdeuxtypes,pourlesquelsil a créé
des néolpgismesqui tiennent comptede la longueurdes membres(1).
Cetteoppositionentrela longueurdes deuxmoitiésde la figurehumaine,:

(1)Il désignesousle nomde bracliyéhèle


les sujetsqui ontdesjambescourtes
et sousceluidemacroskèlecex\\qui ontlesjambeslonguespar rapportautorse.
et Mémoires
(Btilletins dela Société
d'Anthropologiede Paris,1902,n° 3.)
ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

3. —CAHACTÉIWSTIQUES
PLANCHE OSSEUSES.
Variétésdanslesproportions.
Sujetschezlesquelsdominent lesproportions
dela
moitiéinférieure
du corps(longuesjambes)Aoucellesde la moitiésupérieure
(courtesjambes)B. Uneliguepointilléehorizontaledivisela hauteurdes
figuresdéboutjuste par la moitié.Surla droite,les mêmessujetsdansla
positionaccroupie, -
L'examencomparatif docesdifférentesligurespeutdonnerlieua d'inté-
ressantesremarques.Onobservera, par exemple,dansces deuxtypes,les
différencesde hauteurdu coudeet du poignet,parrapportà la ceinturéet
au pubis,etc.
La stationaccroupie metbienen valeurles proportions relativesde la
cuisseet du tronc,danslesdeuxcas. ,. •
eAlVAC;TJj:iWST'l:;QOtï:S:
6«S:EIJ:S-ÊS:;;'.' Pi-!!3y

!Importions:^Variétés.
PROPORTIONS DE LA FEMME 25
torse et membre inférieur, peut être l'occasion d'une sérié de remarques
intéressantes(pi. 3),
Dansla station droite, les bras tombant naturellement le long du corps,
le poignet, sur le type «jambes courtes •, n'atteint pas le niveau de la
limite supérieure du |pubis, tandis que, sur le type « jambes longues», il
descendbien au-dessousde celte région. Si nous considéronsla hauteur du
coudeou de la saignée par rapport à la ceinture, nous voyons que si les '
jambes sont courtes, ceinture et coude,sont situés à peu près au même
niveau. Avec des jambes longues, le coude descend manifestement au-
dessousde la taille.
La station assise mettra en valeur la longueur du torse par rapport à~
•celle-des'membresinférieurs.
Et la station accroupie,commecelle qui est représentéesur les figuresde
la planche 3 fera naître des oppositions saisissantes. Chezles t jambes
courtes», le genou n'atteint pas la hauteur de l'aisselle,pendant que, chez
les «jambes longues»,le genoupeutdépasser le dessus de l'épaule.Là com-
paraison entre les deux types peut être continuéedans d'autres positions
variéeset donner lieu à de curieuseset instructivesobservations.L'artiste
y trouvera les raisons d'attitudes à préférer, chez un type plutôt que chez
un autre; il y verra un exemple,parmi les plus frappants, de l'importance
du choixdu modèlepour rendre une action donnée.
Acôtédes proportionsen longueur, il y a les proportions en largeur. A
côtédes individus longs, minces, sveltes,il y-a les individuslarges, carrés,
à forte carrure, trapus. De là, deux types très différents,doués d'aptitudes
diverses,de qualités opposéeset, au point de vue plastique, exprimant des
idéesdissemblables.Malgrél'ampleur de son bassin, la femme, de par la
gracilitégénérale de ses membres, se rattache plutôt au type long.
11n'est pas rare, à ce point de vue, de trouver chez certains sujets un
défautd'harmonie analogue à celui qui crée, à propos des proportionsen
longueur,le type « jambes longues » et le type « jambes courtes »,
Je veux parler de ces femmes dont les deux moitiés du corps, moitié
supérieureet moitié inférieure, semblentappartenir à des sujets différents,
chezlesquelles,par exemple,la moitié supérieuregracile, mince et svelte,
s'adapte à une moitié inférieure large et trapue, bassin puissant, membres:
inférieurscourts, solides et épais. Il y a, dans ce type, une exagération des
tendancesmorphologiquesnormalesqui,jointe au contraste dû à larèunion,
26 ANATOMIEARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
chezun même sujet, de significationsexpressivesopposées,a porté les
artistes à s'en servir quelquefois;mais il n!enest pas demêmepour le type
inverse,thorax développé,épauleset membressupérieurspuissants avec
bassin étroit et jambesgrêles, dont le caractère contradictoires'éloigne
trop de la normalepour être à noire avis conseillédansles oeuvresd'art.

m::L'KNKANÏ.
PHOPOJITIONS

Sansentrer dans uneétudedétailléedes loisdela croissance,je me con-


tenterai d'exposerici les faits principauxqui peuventaiderles artistes à
donneraux figuresd'enfantdés proportionsen rapport avecles différents
âges, et j'emprunteraila plupart des notionsqui vont suivre aux travaux
du savant anthropologislebelgeQuétclet(4).
Très rapidedans la premièrepériodede la vie, la croissancediminueau
fur et à mesuredes progrèsde l'âge. La taille s'accroîtjusqu'à trente ans
chezl'homme, mais dans une très faible proportionà partir de vingt-
cinq ans. «'En considérantla grandeurabsolue,dit Quételet,la croissance
devientd'autant moinsrapide qu'on,s'éloignedavantagede l'époquedela
naissance.Dansla première année, le développementen hauteur est de
près de deuxdécimètrespour les fillescomme pour les garçons;pendant
la deuxièmeannée,il se trouve réduit de moitié et ne s'élèvepas à un
décimètre.L'accroissementannuel est réduit au quart ou à cinq centi-
mètresversdouzeans, et il continueà diminuerjusquevers l'âge de vingt
ans, où il devientà peu.près nul pour les filles;pourles hommes,il se ter-
mineun peu plustard. »
La croissancesubit toutefoisdes irrégularités, des temps d'arrêt sous
l'influencede certainesconditionsphysiologiquesencoremal déterminées.
11résultetoutefoisd'uncertainnombred'Observations régulièrementprises,
qu'elles'accélèred'unefaçonmanifesteaux approchesde la puberté.Quant,
à la taille finale,c'est presqueuniquementdu sexe et de la race qu'elle
dépend.
Pour ce qui est des autres dimensionsdu corps,,largeur et épaisseur,
ellesne subissentpas un accroissementproportionnelà l'accroissementen
hauteur. La largeur du torse, par exemple,ne croit pas proportionnelle-

1871.
(t).Anthropométrie';
PROPORTIONSDE L'ENKANT 27
ment à la taille, et il est constant que les individus de petite taille sont,
généralement-plustrapus que ceuxde hautestature. ...'*
Des recherchesde Quételet,on peut conclure avec une approximation
suffisanteque l'enfant, à sa naissance,a un peu moins du tiers de la hau-
teur tolaie à laquelle il parviendra; à trois ans, il a atteint la moitiéde
cettehauteur; verssept ans, lesdeux tiers, et vers dix ans, les trois quarts.
Maisun autre point important à connaître pour fixer les propprtionsde
l'enfant, c'est l'accroissementrelatifdes diverses parties du corps aux dif-
férents âges. Et c'est encore dans les travaux de Quételetque nous trou-
vonsles renseignementsles plus précisà ce sujet.
D'unefaçongénéraleon peut dire que les parties les plusdéveloppéesau
moment de la naissance sont cellesqui se développentultérieurementle
moins vite. Quételetdit un peu différemmentque la croissanceest d'autant
plusgrande qu'elles'éloignedavantagedu sommetde la tête. C'est ce que
démontrent,en effet, Jes faits observéspar cet auteur, parmi lesquels Ici
plus intéressantsà relever pour noussont les suivants:
Ala naissance,la hauteur de la têleest à peu près la moitiéde ce qu'elle
sera après le complet développementde l'individu.La tête se développe
plus en hauteur que transversalement; toutes les mesures verticales se
doublentà peu près el c'est surtout par leurs parties inférieures que cet
accroissements'opère.
11en résulte que l'enfant a la figure d'un ovale])lus court que1celuide-
l'adulte,et que la lignehorizontalequi dioisela tèteen deuxpartieségalesétant
: situéechezl'adulte:ail niveaudes anglesinternesdes yeux,doit, chezl'enfant,
êtrereportéeplus
haul. (Fig:'l.)
Le cou croit
dans lesmêmes
proportionsque
la tête.
Le tronc tri-
ple sa hauteur
initiale.
Le .diamètre'
Fia.1. —Schéma Aetd'unetôledebébéB.
d'unetôled'adulte transverse dû
Unelignehorizontale
pointiliée
passe
parlumilieu
delahauteur.
desdeuxfigures. thorax est un
ANATOMIIiARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

2.—Schémas
FIG. auxd'uTércnls
del'enfant âges.Toutes
lesfigures
sontramenées
à la
même
hauteur
qu'une discontinue
ligne.horizontale endeux
partage parties
égales.

peu plusquedoublé,le diamètreantéro-postérieur ne s'augmenteque de


1 à 2,36.
La longueurdu membresupérieur,moinsla main, est doubléeentre
quatreet cinq ans, tripléeentretreizeet quatorzeans, puis quadrupléeau
momentdu développement complet.
D'autrepart, la main est doubléeentrecinqet sept ans, puis tripléeà
l'âge adulte.
Desosdu membresupérieur,ce sont ceuxde l'avant-brasqui croissent
avecleplus d'intensité.
Lemembreinférieurest doubléavantla troisièmeannée,triplé à sept
ans, quadrupléà douzeanset quintupléà vingtans.
Lacuisse acquiertcinqfoissa longueurprimitive.Lajambe croitdans
le rapportde 1 à 5,52.
• Chezl'enfantcomparéà l'adulteon peut concluredece qui orécèdeque
touslesmembres sontpluscourts— cequi donnean torseplusd'importance —
et lesmembresinférieurspluscourtsencorequelesmembres supérieurs.
Lemilieudu corps"est doncsituéchezl'enfant bienau-dessusdu point
PROPORTIONSDE L'ENFANT a»

—Léschill'rcs
Fie 2 (suite). lesannées:
duhautindiquent ceuxdubas,lenombre
destètescomprises delatailleà 1,4,9. 16et-25ans.
danslu hauteur

où il se trouve chezl'adulte, et sa déterminationsuivant les âges aideraà


fixerla longueurrelativedes membresinférieurset du torse.
A la naissance,lepoinlmédiandu corpsdansle sensdela hauteurestau-dessus
du nombril;à deuxans il estau nombril;à trois ans sur la ligneqtiijoint les
hanches ; à dix ans sur.cellequijoint les troclianters;et à treizeans au pubis:
Chezl'adulte il est situé plus bas, commenousl'avons vu, à la naissance
des organes.(Fig. 2, p. 28-29.)
Pour ce qui est de la grande envergureil est intéressant de noter qu'à
la naissanceelle est moindre que la taille. Elle d'égale vers trois et cinq
ans. Et ce n'est que vers l'âge de quatorze ans qu'elle la dépasse d'une
manièresensible. •
Dela connaissancedu rapport de la grande envergureà la taille on peut
déjà tirer quelques indications sur les proportionsdu membresupérieur.
Sinous comparonscedernierau membreinférieur,voiciquelquesremarques
intéressantes. Versseptansla longueurdu brasjusqu'àl'extrémitéde la main
égalela hauteurde la bifurcation(périnée)au-dessusdu sol.Avantcette époque
le bras est comparativementplus grand; après ii est moindre.
30 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

PLANCHE 4.— CAIUCTÉIUSTIQUES OSSEUSES.


Squelettedela femme.Vueantérieureet'vuelatérale.
. D'unemanièregénérale,le squelettede la femmediffèrede celuidol'hommepar
une massemoindre,un aspectplus lisse, des arêtesplus délicateset des
empreintes d'insertionsmusculaires,dépressions ou m
aspérités, oins accen-
tuées.Enoutre,certainesdoses parties,commela tète,le bassin,lethoraxet
la colonnevertébrale,ontuneconformation un peuspécialedont il est parlé
plusloin. ... .-
CARACTÉRISTIQUES
' OSSEUSES Pt. 4:
A .', . ';' B

Squelette,dela femme.VueantérieureA: Yué:latôràléYi!,.


PROPORTIONSDE:L'ENFANT . . 33,
Relativementà la taille, voici quellessont les proportionsdu piedet de
la main.
Apartir de cinq ans la main est le neuvièmede la taille. A tous les âgés
le pied formeenviron0,15 ou 0,16 de la hauteur totale prise pour unité.
A dix anslepiedégalela hauteurde la tête.Avantdix ans le pied est plus
court,après il est plus long.
Enfinles rapports simples de la taille à la hauteurde la tête sont les
suivants:
La hauteur de la tête est comprisedans la hauteur du corps :
Quatrefoisà.un an;
Cinqfoisà quatreans;
Sixfoisà neufans;
Sept[oisà la périodedel'adolescence:
Septfoiset demiechezl'adultearrivéà soncompletdéveloppement.
Nousavonspenséque les donnéesgénéralesqui précèdentpeuventaider
les artistes dansla représentationde l'enfancesans qu'il soit nécessairede
leurfournir pourchaqueâge un type déterminéde proportions.
C'estainsi que la ligure2, qui résume les proportionsaux différentsâges
en ne tenant compteque dela situationdumilieudelà figureet du nombre
de fêtes comprisesdans la hauteur totale, paraît déjà donner des rensei-
fort intéressants établir les '
gnements pour lignes généralesd'une figure
d'enfantà un âge déterminé.
Pour être pluscomplet,il faudrait égalementpréciserles formes mêmes:
del'enfanceauxdifférentsâges,mais cettequestiondesformesenfantines,
malgrél'intérêt qu'ellepeutprésenter, est presquetoute à faire. On peut
notertoutefoisqueles «bambiniVdela Renaissance,eommelesVamours»
du dix-huitièmesiècle, nous montrent le plus souvent des formes plus-
jeunes que leur âge. Ainsi l'enfant ayant 5 tètes de haut et répondant
à l'âge de quatre ans, qui paraît avoir été spécialementchoisi par les
artistespourreprésenterl'enfance, a presquetoujours les formesrondes,
-
pleineset poteléesdes enfantsde un à deuxans.
Je n'insisté pas sur les gesteset lés attitudes donnéesà ces enfantsqui
sont presque toujours semblablesà ceux des adultes, au lieu d'avoir là
gaucheriecharmantecaractéristiquedu jeune âge:
11est encoreun autre éeueildans là représentationde l'enfanceque les
artistesn'ont pas toujoursévité. En voulantfaire des figuresd'enfants,ils
ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

5. — ÇAKACTÉUISTIQUES
•PLANCHE OSSEUSES.
Squelettede la femme.Vuepostérieure.
CARAÇTÉRtSTI QUES^&S.EUS ES
'%:.%

Squelette,Je la: femme.Vuepostérieure.:


"'"" PRINCIPALES PARTIES DU SQUELETTE 3'
ont quelquefoisreprésentéinconsidérémentdes nains-,par le seul fait de ;
l'exagérationdu contraste,vrai en sommedans l'enfance,qui résulte dela
longueurdu torse opposéeà la brièvetédesmembres.

II. _ CONFORMATION.SPÉCIALE DES PRINCIPALES


PARTIES DU SQUELETTE

Dansson ensemble,le squelettede la femmeest d'une massemoindre


que celuidel'homme.(PI. 4 et 5.) Les os sont plus petits, leur surfaceest
plus lisse, leurs arêtes sont plus délicates,les. aspérités qui servent aux
insertionsmusculairessont moins accusées.Mais,à la tête et au tronc, en
particulierau bassin, il s'ajoute des caractères spéciauxqui méritent une
descriptionà part.
TÉTÉ.(pi..(S).
Le crâneféminin emprunte d'abord aux caractères générauxdu sque-
letteles traits suivants: poids et volumemoindres, épaisseurdes parois
diminuée,surfaceplus unie et saillie plusfaiblede toutes les crêtes, aspé-
rités ou apophysesservantaux insertionsmusculaires,telles que la protu-
béranceet les crêtes occipitalesexternes,les crêtessus-mastoïdiennes et
temporales,les apophysesmastoïdes,zygomatiqueset orbitaires, etc. Les
contourset la surfacede la régionfacialesont plus lisseset plus arrondis,
les fossescaninessont moins profondes.Les maxillairessupérieursainsi
que les (lents sont moins volumineux.Le maxillaire inférieur est plus
petit,son angle est plus ouvert,se rapprochant eh celade la forme infan-
tile.^
Mais, en dehors de ces caractères qui ont pour causesgénéralesune
niassemoindreet un plus faible développement musculaire,il en est d'au-
tres qui consistenten une conformationun peu différenteet qui, influant
directementsur la forme extérieure,impriment à là tête féminine son
aspectcaractéristique.
C'estd'abordl'effacementplus ou moins completdesbossessourcilières!
et de la saillie (bossenasale)qui les rejoint sur là ligne médiane.Puis,là
partie faciale de l'os frontal s'élève presque verticalementet rejoint la
partie crânienne!en formant avec elle un! angle plus fermé, au niveau
duquelles bossesfrontalessont plus saillantes. Les bossespariétalessont
3S ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAlN

6. —CAitACrÉrtisTiQUEs
PLANCHE OSSEUSES.
et crâneféminin.
Crânemasculin
Crâneféminin. — Effacementdesbossessourcilièreset dela bossenasale.Front
verticalse continuantdirectementavecles os nasaux,"Vertex aplati.Saillie
desbossesfrontaleset pariétales.
Crânemasculin.— Sailliedes bossessourcilièreset de labossenasalesur-
plombant laracinedunez.Frontalfuyant.
CARACTÉRISTIQUESOSSEUSES ' l'i. S.
PRINCIPALES PARTIES DU SQUELETTE 41

égalementplus développées.Enfin,la région du vertex.est aplatie dansson


ensemble.11n'est pas sans intérêt de rappeler ici que la saillie des bosses
frontaleset pariétales est Undes caractèresdu crâne de l'enfant.
Le crâne masculin se distingue par le relief des bosses sourcilièreset
nasale en bas d'un frontal d'aspectfuyant.
11convientd'ajouter que tous les crânes féminins n'ont pas aussi nets et
précisles caractères sur lesquelsje viens d'insister. Il en est qui présentent
quelquesformes viriles, et là contre-partie existe pour le crâne masculin.
11n'en est pas moins vrai-, ainsi qu'on le verra au chapitre des formes
extérieures, que le type féminin le plus pur est celui dont le squelette de
la tête présente les caractères spéciauxqueje viens d'indiquer.
Crâne du nouveau-né(fig-3 lî):
Ce qui frappe tout d'abord lorsqu'on examine le squelette de la tête de
l'enfant à sa naissance, c'est la différencede volume entre la portion
faciale et'la portion crânienne — face très réduite sous un crâne volumi-
neux,— différenceque j'ai déjà eu l'occasionde relever au chapitre des
proportions,qui demeureraun des grands caractères delà tête de l'enfant
et ne s'atténuera que progressivementau fur et à mesure des progrès de
l'âge. '.' .
A propos du crâne féminin, j'ai déjà signalé d'autres caractéristiquesdu
crâne.infantile consistant dans une saillie exagéréedes bossesfrontales et
pariétales, qui constituent de véritables proéminences. Il convient d'y
ajouter un effacement considérable de l'angle du maxillaire inférieur
de dents. " •
dépourvu
Enfin, les différents os dont se compose le eràne ne s'engrènent point
commechezl'adulte. Leursbords sont contigus et réunis par des sutures
membraneuses qui permettent à ces os de se déplacer les uns sur les
autres par un léger chevauchement.Maistoutes les sutures ne permettent
pas un jeu égal aux pièces qu'elles relient; 11en résulte néanmoins, dans
certaines conditionsdonnées, une diminution des différentsdiamètres du
crâne, destinée à favoriserle mécanismede l'accouchement.
En outre des trajets linéaires membraneux qui: forment les sutures, il
existe, aux points où se rencontrent les angles de certains os du crâne,
des espacesmembraneux plus considérables,dits fontanelles.
Les fontanellessont au nombre desïx. Deuxsontsupérieureset médianes.
42 ANATOMIEARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
L'antérieure,grandefontanelleou bregmatique, est grande,quadrilatèreet se
trouve à la réuniondes pariétauxet du frontal. La fontanellepostérieure,
petite ou lambdaliquc,est une petite lacune triangulaire, situéeà la ren-
contredespariétauxet de l'occipital, c'est-à-diredes sutureslambdoïdeet
sagittale.
Les quatre autres fontanellessont situées de chaque côté du crâne :

'S.—Crâne
IMG. Aclel'Ane
devieillard denouveau-né
,11.

fontanelleslatérales,antérieureset postérieures,qui se trouventaux points


de rencontredes os de la région et sont d'ailleurstrès' réduites.
Les progrès de l'ossificationrétrécissent peu à peu les fontanelles,
d'abordles latérales,puis les supérieures,qui ne disparaissent complète-
ment que vers l'âge de deux ans. On lès a vuesquelquefoispersister chez
l'adulte.
La croissancedes os du crâne s'achèvepar l'oblitérationdes sutures, qui
a lieu vers trente ans. D'aprèsGratiolet, l'ossificationest plus précoce
dans lesracesinférieures,chezlesquellesellesse produitd'avanten arrière,
tandis qu'ellea lieu d'arrièrCen avant dans les races supérieures,favo-
risant ainsi, chezcelles-ci,le développementdes parties antérieures du
cerveau.
: L'os frontal est formé, à la naissance,'de deux moitiés symétriques
PRINCIPALES PARTIES DU SQUELETTE .43
réunies par une suture qui persiste très longtempset ne disparaît entière-
ment que vers l'âge de vingt ans.

Crâne du vieillard(fig. 3 A).

Le caractèrede sénilité du crâneconsistedans Tankylose, dernier terme


de l'oblitération des sutures.Il se produitégalement,dansla vieillesse,des
troubles trophiques qui amènent un amincissementsur certains os, les
pariétauxle plus souvent, coïncidantavec un èpaississementsur d'autres
points.
Mais,au point de vue:morphologique, le caraclère le plus saisissant du
crâne du vieillai;d le rapproche,jusqu'à un certain point, de celui de
l'enfant par la diminutionen hauteur dela face, conséquencede la perte
des dents et de l'atrophie des alvéolesqui en résulte. Celle diminutionde
hauteur de la face s'accompagne,chez le vieillard, de projection en avant
du menton,qui s'avanceà la rencontrede la saillie nasale, en même temps
que les lèvres, qui ne sont plus soutenuespar l'armature dentaire, ont une
tendanceà rentrer dans l'intérieur de la bouche.
La projectionen avant du menton est également due à une autre cause
assez curieuse,consistant dans l'ouverture de l'angle maxillaire par une
sorte de retour à la. forme infantile. Cet angle est, à la naissance,
de 150"à 160°.Par les progrès,de l'âge, il se ferme et, chez l'adulte, il est
de 110°à 120°.Chezles vieillards, alors que les dents sont tombées, il
' revient à 130" et
140°,dimensionsvoisinesde cèdes de l'enfant dont lès-,
dents ne sont pas.encore sorties.

. . C0.1,0N'N.-K (pi. 4!et .5). :;


V1Ï«TÉ.11RA],E

C'est dans la région lombaire:queles différencesexistent entre les deux


' - '
.sexes. ;;
Ainsi la courbure lombaire est plus accusée chez:la femme,et, sur!ce
point, tous les anàtomistes sont d'accord.Elle s'ajoute aune plus:grande
inclinaisondu bassin pour réaliser la carnbrùrelombaire,dite aussi ensel-
lure, qui distingue eri général le sexe féminin.
Quant,à la hauteur de la colonne:lombaire,:on a longterpps considéré
qu'elleétait plus grande chezla femmeet qui) en résultait un accroisse-
ment du diamètre vertical de la cavité abdominale,mieux adaptée ainsi à-
U ANATOMIEARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
la gestation.Maisles dernièresrecherchesplusprécisesde Papillauïtetde
Cbarpys'accordentpour donnerà la femme une colonnelombaireun peu
moinshaute que cellede l'homme,toutes proportionsgardées.
Si la femme a la taille plus longue et plus mince, il faut en trouver
l'explicationdans un thorax plus étranglé à sa basé, dansun bassinmoins
haut, et non dansune plus grandedimensiondela colonnelombaire.
- . TuonAX (pi. 4 et Sa-

chez l'homme,'lethorax,bien développé,.aun-diamètre,transverse qui


l'emportelargementsur le diamètreantéro-postérieur.Sa base,biendilatée,
a sa largeurmaximasur la huitièmecôte.L'anglexypboïdien(1)dépasse80°.
Les-dernièrescôtesne rentrent que faiblement.
D'aprèsnosmesures,les différentsdiamètresontles proportionsmoyennes.
: '
suivantes ' \
DiamètreIransversc 2!)c,4
— antéro-postérieur 20c.4
— vertical 32?,0G

On s'accordegénéralementà reconnaître au thorax fémininun sternum


court, un resserrement,plus accentuédesa portion abdominalequi aboutit
à une taille plus fine,et desformes plus arrondiescontrastantavecle type
mâle à pans taillés plus carrément. D'après nos observations,le thorax
féminin se ferait remarquer en outre par une prédominancerelative du
diamètrevertical.
La moyenneétablie d'aprèsnos mesures donne, en effet,pour les diffé-
rents diamètresles chiffressuivants:'
Diamètretransverse.. 2ac,40
— ! -antéro-postérieur:', 17c,60
'''—' vertical: 31°,40

Ôr, si nous comparonsces mesuresaveccellesdu thorax masculin,nous


trouvons sur toutes une différenceen moins pour le thorax féminin,mais
i cette différence:varie entre les différents diamètres.Elle est de 4 centL

, (t) Ondésigne,sousle nomd'anglexypboïdien,l'anglecomprisentrelesdeux


bordsdeféçliancrureantérieuredu thorax.11est formépar deux lignesqui
suiventlesrebordscostauxet serencontrent,
à l'appendicexyphqïde.
PRINCIPALES PARTIES DU SQUELETTE 4:>
mètres pour le transverse, de 2e,8 pour l'antéro-postérieur et de 0C,66seu-
lement pour le vertical.
Il en résulte que ce dernier, ne le cédant que de très peu à celui de
l'homme, demeure chez la femme relativement élevé, comparativement
aux autres sensiblementmoindres.
Charpydistingue trois types de thorax chez la femme, un type large, un
type rond et un type long. D'aprèsnos observations,c'est le type long qui
serait le plus fréquent.
La longueur du thorax s'accorde avecle rétrécissement déjà signalé de
sa moitié inférieure et la diminution de l'ouverture de l'angle xyphoïdien
dont la moyenne, chezla femme, est de 60°,pendant que, chezl'homme, la,
moyenneest de 72°.
', La circonférencethoràcique donne une moyenne de 71 chezla femme et
de 89chezl'homme. En outre du type ordinaire, certains auteurs ont voulu
distinguer un type costo-supérieur,dans lequel le maximumtransverse est
à la quatrième côte avec un maximum antéro-postérieur au milieu du
sternum. Le thorax est bombéet le haut de'la. poitrine est très développé.
Mais Charpya fait observer que ce développementde la moitié supérieure
se faisait au détriment de la moitié inférieure, remarquablealors par son
étroitesse. 11a constaté, en effet, ce type costo-supérieursur des femmes
qui portaient, sur leurs viscères et notamment sur le foie, des traces
irrécusablesde la déformationpar les vêtements.
L'usage abusifdu corset, et surtout du corset cintré qui fut l'a mode pen^
dant si longtemps, altère la cagethoràcique,jusqu'à la déformer complè-
tement, tout au moins dans sa moitié inférieure, Cruveilhiéra bien décrit
ces altérations, que l'on peut résumer ainsi : les dernières côtes, refoulées
en dedans,en avant et en haut, impriment leurs traces sur les viscères(foie,
rate, etc.) et les refoulentvers la cavitéthoràcique;.l'abaissementdu dia-
phragme dans l'inspiration est ainsi forLlimité; aussi la femmetient-elle
à utiliser la partie supérieuredu thorax dans la respiration. L'étranglement
de la taille produit le tassementde l'intestin qui va refouler les organes
contenusdans l'excavationpelvienne. Il n'est pas rare de rencontrer sur le
foie des sillons creusés par les.côtes.
Dansla moitié inférieure du thorax, les extrémités antérieures des côtes
de chaque côtése rapprochent si bien que les cartilagescostauxdeviennent
parallèles, que l'angle xipho'idiendisparaît, remplacé par un sillon long et
v46" ANAT'''OM1
"EA RTISTlQUE DU CORPSHÙMAIN

7. — CAUÀCTÉIUSTIQUES
PLANCHE OSSEUSES.
Bassinde l'homme.;
CARACTÉRISTIQUESOSSEUSES Pi.. 7.

Bassinde l'homme.
PRINCIPALES PARTIES DU SQUELETTE 49

étroit, partant du creux de l'estomac pour s'élargir seulementau niveau de


l'ombilic. . ..
C'estlà le terme extrêmed'une déformation qui n'a pas toujours besoin
d'être aussi accentuéepour être fort préjudiciableà la santé.
La mode du corset droit a fait disparaître les gros inconvénients du
corsetcintré, et la taille de guêpen'entre plusdans l'idéal de nos,élégantes.
Lecorset droit a le grand avantage de dégagerl'épigâstre et tout le thorax
inférieuren prenant son pointd'appui surles os du bassin,maisson danger,
qu'il importe aussi d'éviter, est la compressionexagéréede l'abdomen, dont
les organes ont également besoinde se développerlibrement.
BASSIN(pi. 7 et 8):
Le bassin est, de tout le squelette, la partie la plus différenciéechezla
femme,car il est directement en rapport avec les fonctions spécialesqui
lui sont dévolues.11est plus large et moins haut que celui de l'homme. On
donne généralementles chiffressuivants:
Homme,l'enune.
Largeurmesuréedospointsles pluséloignés
<lola crôtoiliaque.......... 28c. 30e.
Hauteur... 20c. 18c.
Cesdifférencesde proportion sont déjà fort caractéristiques. Mais en
descendantaux formes de détail; on constate, en outre, que, chez la
femme,les fossesiliaques sont plus larges, plus évaséeset en général plus
déjetées en dehors; le sacrum,est plus concave, plus large à sa base et
moinshaut; le petit bassinest plus bas et plusspacieux; le détroit inférieur
est plus large; la symphyse pubienne est moins" haute; les arcades
pubiennessont ouvertes,larges, à.lèvres déjetées en dehors; les ischions
sont plus distants; la grande échancrureseiatiqueest plus ouverteet moins;
profonde;l'inclinaison du bassin dans son ensembleest plus prononcée;
enfinlescavités cotyloïdessont plus éloignéesl'une de l'autre, d'où résulte -
une obliquitéplus grande des fémurs.
Lesmensurations auxquellesnousnous somméslivré et que nous:avons
consignéesplus haut (tabl. 1) nous permettent d'établir que, même d'une
façon absolue, le bassin de la femme remporte dans toutes ses dimen-
sions, à l'exceptiond'une seule (1), sur cehii de l'homme.
(1)Lediamètrebi-iliaqueantérieur.
so ANATOMIEARTISTIQUE DU CORPSHUMAIN

'
8. — CAIUCTÉIUSTIQUISS
PLANCHE OSSEUSES.
Bassindela femme.
Lebassindela Femmediffèredeceluidel'hommeenceque,dansl'ensemble, il
estmoinshautet pluslarge.Enoutre,les fossesiliaquessontplusétendues,
lesacrumplusconcaveet moinshaut,le petitbassinplusspacieux,le détroit
inférieurpluslarge,lesarcadespubiennesplusouvertes.
CARACTÉRISTIQUESOSSEUSES Pi,. 8.

Bassinde la femme.
P RINCJP ALES PARTIES DU SQUELETTE 53
En. outre des caractères généraux du bassin féminin dont je viens de
parler, iLy a lieu de signaler quelquesvariations individuellesqui ont de
l'importanceau point de vue morphologique.

Bassin ouvert et bassin fermé (fig. 4). — Chezles animaux, le


bassinest long et étroit, et l'épine iliaque antérieureet supérieure, au lieu
d'être tournéevers la ligne médiane, est déjetée en dehors, de sorte que,
contrairementà ce qui a lieu dans l'espècehumaine, le diamètrebi-iliaque
antérieur est plus considérableque le diamètre bi-iliaque externe. Sans
jamais atteindre cette conformation,il est des cas dans lesquelsla for-
mule humainetend à s'en rapprocher.

FIG.4.-r-Bassins'
ouverts fermés.'
et bassins
Agauche, bassins
(l'hommesA^..
Adroite,bàssinsde
femmes CD.
En baut,bassinsfennés AC,
Eiïbas,bassinsouverts
BD.
Si ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
La ceintureosseuseforméepar le bassinest séparéeendeux partiespar
le détroit supérieur.C'est,au-dessus,le grand bassin et, au-dessous,le
petit bassin.Lepetit bassin,quicommenceaudétroit supérieur,se termine,
en bas, par uneautre partie rétréciequi est le détroitinférieur.Lesdimen-
sionsdu petit bassinet de ses détroitsimportentseulespourl'accomplisse-
ment régulier de la parturilion.Quant aux proportionsdu grand bassin,
ellespeuventvariersansinfluencerla gestationde façonnotable.
Aussiobserve-t-on, au sujetdela conformationdu grandbassin,degrandes
variationsindividuelles,aussi bienchezla femmeque chezl'homme.Deux
typesextrêmessont à noter : le bassinlargementouvertet le bassinfermé.
Dansle premiertype(15,D, fig..4),l'ilion s'évase,s'étale pour ainsidire,
les crêles iliaquess'éloignentl'une de l'autre et les épines iliaques se
portent en dehors.Lebassins'ouvreen avant.Dansce cas, les dimensions
du diamètrebi-iliaqueantérieur se rapprochentde cellesdu diamètrebi-
iliaqueexterne,sansjamais les égalertoutefois.
Dansle secondtype (A, C, fig. 4), au contraire, l'ilion se redresse,les
crêtes iliaquess'incurventtransversalementet les épinesiliaques se rap-
prochentl'unedel'autre. Le bassinse ferme. Lesdimensionsdu diamètre
bi-iliaqueantérieurdiminuentet s'éloignentdavantagedecellesdu diamètre
bi-iliaqueexterne.
C'estdoncune erreurde considérercommeun des caractèresobligésdu
bassindel'hommele resserrementdela circonférencedu bassinqui est le
du bassin fermé.Car les deux se rencontrentdansles deux —
propre types
sexeset, suivantla statistiquede Charpy,le bassin ouvert serait même
un peuplusfréquentchezl'homme,qui en présenteraitles types les plus
accentués.
Sinousconsidéronsseulementla différence d'étendueentrele diamètrebi-
iliaqueexterneet le diamètrebi-iliaqueantérieur,différencequi traduitle
degréde courburedela moitié antérieuredela circonférence supérieuredu
bassin,les chiffresquel'on obtientsont en faveurd'uneplusgrandeaccen-
tuationde la fermeturedu bassinchezla femme.Cettedifférenceest, en-
effet,de6c,61chezla femme,tandisque,chezl'homme,ellen'est quede 4C,91.
Il résulte de ceci qu'il existe des hommesavecun bassin ouvert.et
des femmesavec un bassin fermé, d'où des variétés individuellesqui
semblentaller à'rencontrede la notioncouranteet vraie,sommetoule, du
bassinlarge chezla femmeet du bassinplusétroitchezl'homme,mais qui,
PRINCIPALES PARTIES DU SQUELETTE b.ï
au contraire, à tout bien considérer, ont l'avantage de mettre une limite
aux exagérations auxquelles se sont livrés, à ce sujet, certains artistes.
Elles contribuentà mettre en valeur ce fait sur lequel nous insistons dans
nos cours, depuis longtemps, à savoir que l'étroitesse du bassin, chez
l'homme, ne saurait dépasser un certain degré, et qu'une belle largeur der
hanchesfait partie d'une bonne et solide conformation.De même, chezla
femme,la largeur des hanches ne saurait s'exagérer sans dépasser les
bornes d'une constitutionnormale.
Dans les formes extérieures de la région du bas-ventre et de l'aine, ces
deuxtypes de bassin jouent un rôle important, ainsi que nous le verrons
quand nous traiterons de la morphologiede"ces régions. Le bassin évasé
chez l'homme concourtà réaliser le type large, qui présente, d'autre part,
un puissant thorax développéen largeur et des membres massifs douésde
musclesd'un beau volume.

Position du sacrum (fig. 5). — Le sacrum peut être plus ou moins


entré entre les deuxos coxaux, de manière que le promontoire, c'est-à-dire
l'angleque formela colonne lombaire et le sacrum, se trouve situé plus
liasou plus haut par rapport au détroit supérieur. Dansle type « promon-
toire haut », la dislance qui sépare la crête iliaque des dernièrescôtes s'ac-

°-'— ositio"dusacrunl I>iir aubassin.


rapport A,position moyenne.
w sacrum
13, l iant C,s acrum e nfoncé
dansl ebassin d'oùil dans
lestroiscas,uplacé.
ne-liaulcur
du liane<jifl'éreiite,
; résulte,
ainsiqu'onpeut"s'enrendre
compte sur ces'schémas,par l'intervalle
qui sépare ladernière côtedeJa
crêteiliaque. Unelignepoinlilllée
horizontale surlestroisfigures
passe au
même niveau del'oscoxal.
ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

9. —CAHACTGI\ISTIQUISS
Pl.NCHIÎ OSSEUSES.
Diamètres
transversesdu torse.

Exemplesde bassinrelativementétroitA et de bassin'largeB. Mômedansce


derniercas,la largeurdeshanchesne dépassepas celledesépaules.
CARACTÉRISTIQUESOSSEUSES' Vh\ ».:..

•DiamètresIJ'ansversesdu
torse.
PRINCIPALES PARTIES DÛ SQUELETTE S9

croît, et les proportions en hauteur du flanc augmentent. C'est l'inverse


dans le type du « promontoirebas », qui s'accompagnede brièvetédu flanc.
SuivantCharpy,sur 80 bassins examinés,la différencede hauteur variait
de 50 à 35millimètres. Le type à promontoire bas s'est rencontrédans la
proportionde25 °/„, le type haut dans 20 °/0,le reste était du type moyen.
A quelquesunités près, les deux sexes présentent, à ce sujet, le même
pourcentage.

Orientation du bassin. — Sur le vivant, le bassin n'est guère hori-


zontal que dans la station assise, le siège reposant sur les ischions. Dans
la station verticale, il s'incline manifestement de façon à présenter en.
avant sa circonférencesupérieure. Celte inclinaison varie avec les indi-
vidus, mais on peut considérer comme une moyenne la position dans
laquelle le bord antérieur du pubis et les deux épines iliaques antérieures
et supérieuressont compris dans le même plan vertical.
11suffit d'avoir observéquelques modèles pour se rendre compte des
variations que subit la ligne sinueuse qui suit le contour postérieur de la
moitié inférieure du torse. Celle ligne épouse d'abord la concavité de la
colonnelombaire pour circonscrireensuitela convexitéde-la région sacrée
cl des fesses.Auxreins, elle révèleles variations de courburede la colonne
lombaire; au sacrum, elle traduit l'inclinaison dubassin.Dans l'ensemble,
-elle reproduit ce qu'on est convenu d'appeler l'ensellure du torse ou la
cambrure.
Charpya démontré que la courburedes reins subit quelques variations
suivantles individuset qu'elle est toujours un peu plus accentuéechezla
femnieque chezl'homme.
Maisles variations de l'inclination du bassin sont plus considérableset
jouent un plus grand rôle dans la production de l'ensellure.
Aussil'inclinaison du bassin a-t-elle plus particulièrement retenu l'at-
tention des anatomistes. On a d'abord recherchécette inclinaison par rap-
port à la colonnevertébrale.Mais quand on parle d'inclinaison pelvienne,
on a surtout en vuel'inclinaison du bassin sur une ligne idéale verticale
on horizontale.La plupart des auteurs ont choisi pour représenter l'axe
du système le diamètre antéro-postérieur'du détroit supérieur. En pré-
sencede la difficultéde sa mesure sur le vivant, Charpy l'a remplacé par
l'axe de la symphysepubienne qui, facilement abordable.sur le cadavre,
60 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
n'est pas sans être d'unaccèsmoinssûr et plus délicatsur le vivant.Le
résultat auquelil est arrivésur le cadavreest d'un haut,intérêt, parcequ'il
établit, d'une façonindiscutable,l'étenduedes variationsindividuellesen
dehorsdel'influencedel'attitudeet.dumaintien.Sur 1-16sujets,il a trouvé
que l'obliquitéde la symphysepubiennevarie de 45"à 70°.Lechiffre45
correspondà ce que j'appelleraile bassindroit et le chiffre70 au bassin
incliné.
Dans mes recherchesà ce sujet sur le modèlevivant,j'ai eu recoursà
une autre méthode d'une grande facilité d'application.Elle consiste à
mesurerl'inclinaisonde la face postérieuredu sacrumà l'aided'un compas
spécial(1).
Voiciles résultatsobtenus:
Sur 30 hommes,la moyennede l'inclinaisondelà surfacesacréeest de
18°,avecminimumde 6°et maximumde30°.
Sur-100femmes,la moyenneestde29°,avecminimumde17°el maximum
de43".
Les sujetsobservéspeuventse répartir ainsi suivant,le degréde l'incli-
naison:
Sur30 hommes
Lebassindroitmesurede 6°à -12°
— moyen — 12"à 20°
— iiieîhio — 20»à 30"
Sur100femmes:
Lebassindroitmesurede 17°à 25°
— moyen — 2H°à 30"
— incliné — 36"à 43"
Danschacunede ces catégories,on compte:
Pourle bassindroil 2osujets.
— moyeu • Cl —
— incliné li —

|l) Cecompasse composed'uneplaquede bois destinéeà la régionsacrée,


sur laquelleon la maintientsoigneusementappliquéed'unemain,pondantque
une.tigodecuivrearticuléeà sonbord
dol'autreonsoulèvejusquà l'horizontale
supérieur.Un niveaud'eaufixésur cette branchemobiledu compaspermet
d'obtenirl'horizontalitéparfaite.Undemi-cerclegraduédonnela mesurede
l'anglefait parla plaquedeboisavecla verticale.
PRINCIPALES PARTIES.DU SQUELETTE 61
11résultede ceschiffres: 1°quel'inclinaisondubassinest manifestement,
plusgrandechezla femmeque chezl'homme;
2"Quechezla femme,le nombredes bassinsmoyensest le plus considé-
rable (61): viennentensuiteles bassinsdroits (25),et les bassinsinclinés
sont en pluspetit nombre.
Si l'on voulait ne retenir que les sujets dont l'inclinaison du-bassin
répondexactementà la moyenne29°,considérant comme bassin incliné
ceux qui mesurent davantage et. commebassin droit ceux qui mesurent-
moins,on compte:
A29° 10sujetsbassinmoyen.
Au-dessus ' bO — — incliné.
Au-dessous 40 — — droit.
La prédominance,dans ce cas, du nombredes bassinsinclinés(50) sur
celuides bassins droits (10)provient de la proportionqui existe dans le
groupemoyen(61)entre les bassins moyens(10),les bassins inclinés(36).
et-les bassinsdroits (15).
D'oùil résulte q(ie,dans les proportionsau voisinagede la moyenne,le
nombredes bassinsinclinés est plus considérableque celui des bassins
droits,tandisque si l'onconsidèreles degrésextrêmes,c'est le nombredes
bassinsdroitsquil'emporte.
L'inclinaisondu bassinvarie avec les altitudes. Elle diminue dans la
station assise. Elle augmentedans la station à genou aussi bien chez
l'hommeque chezla femme,ce qui résultede l'inexlensibilité,au delàd'un
certaindegré,du droit antérieurdela cuissequi, distenduparla flexiondu
genou,attire à lui le bord antérieur du bassin,pendantque la flexionde la
cuissesur le tronc, dansla station assise,libèrele bassinet lui permetde
se redresserjusqu'à atteindrel'horizontale.

DIAMÈTRES
TUANSVHUSKS
DUTOBSE.
Dansla différenciation
des sexes,les différencesdansles diamètrestrans-
versesdu torseoccupentune premièreplace.
Ondistir.pueaux épaulescommeaux hanchesdeux mesuresde largeur,
deuxdiamè es, l'un pris sur le squelettedu tronc lui-même,diamètrebi-
acromial,diamètrebi-iliaque,l'autre pris sur le vivantel englobantla ra-
cinedesmembres,diamètrebi-buméral,diamètrebi-trochantérien.(Fig. 6.)
62 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
Cesont ces derniers qui nous intéressent plus particulièrementet l'on
donneles chiffressuivants:
Homme.Femme.
Diamètrebi-buméral 39 35
— bi-lrochanlérien 31 32
Différence 8 3
Nosmesuresnousfournissentdeschiffresun peu plus forts :
Hommes.Femmes.
Diamètrebi-buméral 42,5 36,85
— bi-trochantéi'ien 32,6 33.31
Différence : 9,9 3,54
On voit que lu différenceentre les deuxdiamètresest sensiblementla
même,dans les deux cas, chezla femme,tandis que, dans nos mensura-
tions,elles'accroîtsensiblementchezl'homme.
Si cesmesuressontramenéesauxproportionsrelativesà la taille = 100,
les résultatssontà peuprès les mêmes,commeen témoignentles chiffres
suivants :
Homme.Femme.
Diamètrebi-huméral 25,4 23,23
— bi-troebantérien 19,5 20,93
Différence 5,9 2,30
Si l'on considère,au contraire, les diamètres transversesdu tronc,
abstraction faite des membres, diamètres bi-acromiauxet diamètres
bi-iliaquesexternes,leur rapportssont en sens inverse chez l'hommeet
-chezla femme.
Chezl'homme,le diamètrebi-acromiall'emportetoujourssur le diamètre
bi-iliaque.Chezla femme,au contraire,le diamètre bi-iliaquel'emporte
sur le diamètrebi-acromial,mais la différenceest moindre.
Yoicides chiffres:
Homme.Femme.
Diamètrebi-acromiul 32 cent. 29 cent.
Diamètrebi-iliaque 28 — 30 —
Différence
entrelesdeuxdiamètres 4 — 1 —
Si l'on rejointpar des lignesdroitesles pointsextrêmesdecesdifférents
•diamètres(lig. 6), on remarquequ'ellesfigurent des trapèzes dont les
PRINCIPALES PARTIES DU SQUELETTE 63
'
petits et grands côtéssont orientésdans le même sens pour les diamètres
comprenantles racines.des membres,tandis qu'ils sont orientésen sens
inverse,pour les diamètresdu squelettedu torse seul.
Lesdiamètrestransversesdu torse aux épaules et-aux hanchesne s'ac-

o.—Diamètres
|.-IC. Iransvcrses
dutorsechezl'homme etchezla femme.
Lestraitsdiscontinus
indiquentlesdiamètresdela racinedesmembres,
diamètre et
bi-liuméral diamètrebi-IrorlinuLoricii.
testraitsenpointillé
indirucnl
lesdiamètresprissurlesquelette
duironclui-même,diamèlre
bi-cruni'iaret
diamèlre interne.
bi-iliaque Cosdernierscirconerivenl
un
Ir.-mèze
ouia étélés/èrcinenl
teintédecris.
croissentpas proportionnellementa la mue. un mi;oui<=o Uv»uiuv.°, ^u,
diamètressont plus grands dans les grandes tailles que dans les petites.
Maissi nousramenonsces mesuresen proportionde la taille = 100,nous
constatonsque, dans les petites tailles, la largeur du torseest relativement
plus grandeque dans les grandes.
Voiciles chiffres: .Ui-ando • .
taille. Petitetaille.

Mesuresabsolues[\ Épaules 37,69 36,01


Hanches 34,19 33,43
en centimètresj ,3,ob
„„
( Différence 3,50
23,0i 23,42
Mesuresrelatives (Épaules
\ Hanches 20,90 21,09
à la taille= i00 ) „ ..
Différence A™ 2 oo
_AO*
>64 ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN

PLANCHE 10. — Musci.iss.


Ecorché superlicicll'éminiu.
Vue antérieureet vue latérale.
La myologie,chez la femme, ne diffère point de ce qu'elle osl chez l'homme.La
masse musculaire est moindre,mais, si le voiumedes muscles est plus petit,
leur formeot leurs insertions au squelette ne changent point.
MUSCLES PL. iO.

Musclesde la femme. Vue antérieure et vue


latérale.
PRINCIPALESPARTIES DU SQUELETTE 67
Chezla femme,les deux diamètres du torse tendentdonc vers l'égalité
et, enraisonde la plus grandeaccumulationde graisse aux hanches,l'at-
teignentquelquefois,maisle rapportinversene se réalisejamais.
Il n'est doncpas exactde comparerle tronc dansson ensembleà un oeuf
dont le gros bout seraittourné en sens différentdans les deux sexes,en
haut chezl'homme,en bas chezla femme.
Ilexistedansla naturede grandesvariationsrelativementauxdimensions
transversesdutorse(pi.9).Lessujetsauxépauleslargeset au bassinmoyen-
nement développéne sont pas rares. Les déessesantiques sont toutes
tailléessur ce modèle. Et la jeunesse, qui s'accompagne d'un pannicule
adipeuxmodéré,donneà certainesjeunesfillesl'allure de jeunes adoles-
cents. Tandisque, dans l'âge mûr, l'on rencontreles puissanteslocalisa-
tions graisseusesqui, jointes au développement du squelette,créent les
typesauxlargeset amplesbassins.

Aprèsles os, il conviendraitde parler des muscles.Maisils sont exacte-


ment les mêmeschez la femmeque chezl'homme.D'un volumegénéral
moindre,ils ne jouent pas, dansla formeféminine,le rôle qu'ilsont chez
l'homme.Leurreliefest d'ailleursatténué, chezla femme, par la couche
de graissedont nous allonsparler au chapitresuivant.Toutefoisla graisse
n.estpas l'uniqueagentdesformesfémininesnormalesquidoiventrésulter
d'unharmonieuxconcoursdes modelésgraisseuxel des modelésmuscu-
laires.
Je n'ai doncpas à décrireici les musclesde la femmeet je renvoiele
lecteura la partie élémentairede ce cours,publiéeil y a déjà une dizaine
d'années.Il m'a semblébonnéanmoinsde les résumeren deux planches
représentantl'éeorchésuperficiel(pi. 10et pi. M).
68 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

11.—MUSCI.ES.
PLANCHE
Kcorché féminin.
superficiel
Vuepostérieure.
MUSCLES. Pi,..11.
I

Musclesde la femme.Vuepostérieure.
CARACTÉRISTIQUES GRAISSEUSES

11est de notioncourante qu'une des principalesdifférencesmorpholo-


giques,entre l'hommeet la femme,consisteen ce que, chezcettedernière,
la graisse plus abondanteadoucitles heurtsde i'écorché,effaceplus ou
moinsles sailliesosseuses,et, en résumé,arronditles surfaces,y creusant,
en certainsendroits,des plis et des fossettescaractéristiques.
C'estsur cettenotionvraie en elle-même,quoiqueassezsimpliste,qu'ont
vécu jusqu'ici les artistes. Mais,en réalité, la questionest un peu plus
complexe,et les idéesgénéralementadmisessur le rôlede la graissedans
la conformationféminineont.besoind'êtrerevueset précisées.
Il est vrai que l'anatomie médicalea systématiquementnégligél'étude
du tissu adipeux.Pour les anatomisl.espenchéssur le cadavre,la graissea
toujoursété sans intérêt, encombrante,nuisibleà la clartéet è la netteté
des préparations.C'est1' « anatomievivante » qui a montré la part consi-
dérableque prenaitla graissedansla morphologiedu corps humainet lui
a rendu la place légitime qu'elle doit avoir-à côté du squeletteel des
muscles.
Elle a mis en lumièrece fait capitalque la couchegraisseusequi double
la peau ne varie pas seulementd'unindividuà un autre, réalisantainsile
type des gras et celui des maigres, mais qu'elle changed'épaisseur,sur
un.même sujet, suivantles régionsdu corps,devenantainsi l'uniquecause
de formes spécialesque le squeletteel les muscles ne peuventexpli-
quer.
Dumêmecoupont été démontréesl'existencede la graissemêmechez
les sujetsréputésmaigreset son importancephysiologique surtoutchezla
femme.Cheztout sujet bien portant une réservede graisseest nécessaire,
et la craintede l'obésiténe doit pas conduireà la faire disparaîtreentière-
ment. Cesréservesde graisses'accumulenten desendroitsde prédilection.
Ellessontbienconnuesdes éleveurset desvétérinairesqui leur ont donné,
chezles animaux,le nom de maniements. Dans l'espècehumaine,on les
72 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

PLANCHE12.— CAHACTKIUSTIQUES GIIAISSBUSES.


graisseuseschezl'hommeet chezla femme.Le trait
Schémadeslocalisations
noiravecsesdifférencesd'épaisseurindiqueles variationsde l'épaisseurdu
panniculcadipeuxchezl'homme.La zoneclairequi luiestextérieure montre
queprennentchezla femmelesmêmeslocalisations
le développement grais-
seuses.
A. Coupeverticaleaiitéro-postéricure sur laquellesont indiquéslestracésdos
coupeshorizontales suivantes:
U.Parlemilieudesseinsperpendiculairement authorax.Cettesectionrencontre
l'extrémité inférieuredu sternum,la cagethoràcique,la septièmeouhuitième
vertèbredorsale,et passeau-dessous du scapulum.Enarrière,ellecoupeles
spinauxdorsauxet le faisceauradiédu granddentelé,tousdeuxrecouverts
par le granddorsal,et, en avant,le grandpectoral.
C. Par le milieudu liane.Cellesectionrencontrela colonnevertébraleversla
troisièmelombaire,coupeles grandsdroitsde l'abdomen,lestroismuscles
latérauxde l'abdomen, grandoblique,petitobliqueet transversc.l'extrémité
inférieuredugranddorsalet les spinauxlombaires,
D. Parletraversdelahanche.Cottesectionpasseparl'épineiliaqueantérieureet
latubôrosité coupelesacrumprèsdosa base,lesmoyenset
iliaquepostérieure,
petitsfessiersprès deleurmilieu,le grandfessierà sapartiesupérieureetles
spinauxlombaires.
E. Parle pubis(dessus)et le grandtrochanter.Ccltosectionpasseau-dessus de
l'ischion,rencontre,en avantdo la tête fémorale,unemassemusculaire for-
- méedesmusclesinternesde la cuisse,du couturier,dudroitantérieuret du
tenseuret coupe,enarrière,le grandfessier.
F. Parla partiesupérieuredela cuisse,au-dessous dugrandfessier.
GRAISSEUSES
CARACTÉRISTIQUES PL.12.

Schémades Réalisations chez,'hommeet chezla femme.


graisseuses
CARACTÉRISTIQUESGRAISSEUSES 7S

appelleles localisations Elles ont, en général, le même siège


graisseuses.
chezl'homme et chez la femme. La seule différenceest que, chezcette
dernière,elles sont beaucoupplus abondanteset deviennentun des prin-
cipauxcaractèressexuelssecondaires.
En dehorsdes proportionsdu squelette, c'est donc à la graisse que
revientlerôle prépondérantdansla différenciation morphologique dessexes.
Si bien que, dans certains cas pathologiques,sa disparitionatténue ou
mêmesupprimeles caractèressexuelsde la forme,surtoutsite cass'accom-
pagne d'un bassin ouvert chez l'homme et d'un bassin fermé chez la
femme. L'excèsd'embonpointconduitau même résultat en faisant dispa-
raître les localisationsgraisseusesspécifiquesdans l'accumulationgrais-
seusegénérale.
La graisseaffectedans l'organismedeuxlocalisationsdifférentes.
L'on sait que toute la surfacede l'écorcbôest recouverted'une grande
aponévrosecontinuequi l'entourede toutesparts. C'est l'aponévrosegéné-
rale d'enveloppeque la dissection détruit d'ordinaire pour montrer le
muscleà découvert.
La graisses'accumuleau-dessuset au-dessous.
Au-dessous,elle remplit les vides que laissent entre eux les différents
organes;ellecombledesintersticesmusculaires,accompagneles vaisseaux
et les nerfs, entoure les ligaments et les insertions musculaires.Elle
constituele tissuadipeuxd'interposition.
Elle n'est jamais en.quantitécon-
sidérablemêmechez les gens très gras et son rôle morphologiqueest
restreint (-1).
11n'en est pas de même du tissu adipeux situé au-dessusde la grande
enveloppeaponévrotique,directementau-dessousde la peau à laquelleil
estintimementuni. Il portele nomde panniculeadipeuxsous-cutané, et son
rôle morphologiqueest très important. Il est causeque la peau n'est pas
directementappliquéesur Técorché.C'est dans son intérieur que se for-
ment les localisationsdont l'effet est d'ajouter, aux formes osseuseset

(1)Toutefoisle tissuadipeuxd'interposition
tient en certainspointsuneplace
quivautd'êtresignalée.C'estlui quiremplitlecreuxdel'aisselle,le pli del'aine
etlocreuxpoplité.Au-dessus du tendonrotulien,il intervientdansle mécanisme
de l'articulation
du genouet dans l'extensiondecettearticulationformedeux
reliefslatérauximportantsdansla morphologie dela région.
Enfin,la boulegraisseusedeBiehatcomble,à la face,le videquiexiste,sur le
squelette,au-dessous del'osjugal.
76 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
auxformesmusculaires,d'autresformesspécialesqui méritentde prendre
rang à côtédesprécédentessousle nomde formesgraisseuses.
Cesont cesformesqu'ilimportede préciser.Lesrecherchesdanscebut
ontété entreprisessurle vivant,et une dispositionanatomiquespécialede

7.- Coupe
FIG. d'unplidelapeau,
verticale uneplancbe
d-après murale
dessillée
parle DrCMcotot.
la couchegraisseuseles a renduesfaciles,permettantde mesurer,par un
procédérapide et simpleson épaisseur,dansles diversesrégions.
Cettedispositionanatomiqueest la suivante(fig.7) :
Le panniculeadipeuxest formé de trois couches: une couchesuperfi-
ciellefaite d'unelame réticuléeintimementunie à la peau; une couche
profonde,sortede feuilletcelluleuxquiglissefacilementsur l'aponévrose
généraled'enveloppeet entre les deux, en quantitévariable,la graisse
CARACTERISTIQUESGRAISSEUSES 77
sous forme de pelotonsmaintenus dans des loges constituées par des
cloisonnementscellulaires.
Il résulte de cette dispositionque si l'on fait un pli à la peau, on
entraîneforcémentavecellele panniculeadipeuxqui glissesur les parties
profondes.D'oùil suit que, dans un pli de la peau, il y a deuxfoisl'épais-
seur dela peau elle-mêmeet deux fois l'épaisseurdu panniculeadipeux.
Maiscommel'épaisseurde la peau est une valeurà peuprès constantequi
ne dépassepas 1 à 2 millimètres,la différenced'épaisseurdes plis cutanés
réponddoneà des différencesd'épaisseurdu panniculeadipeux.
11suffit done de mesurer l'épaisseur des plis cutanés aux différents
endroitsdu corps pour apprécierles variationsdu panniculeadipeuxsur
un même individu.Un compasd'épaisseurspécialementconstruit à cet
effetfacilite cette recherche.Mais avecun peu d'habitudeon arrive, à
l'aide de plis faits simplementavec les doigts, à une précision suffi-
sante.
Au torse, les localisationsgraisseusessont communesaux deux sexes.
Ellesexistentprincipalementà la régionmammaire,k l'abdomen,au flanc
et auxfesses(pi. 12).
Sur les limites du torse et aux membres,elles sont plus spécialesau
sexeféminin(pi. 15).
Nousallonsdire un mot des principalesen les classantpar ordred'im-
portance.

Localisation graisseuse de la fesse. — Le volume'et' la formede


cette région ne sont point dus, comme on le pense généralement,au
musclegrand fessier,quelquevolumineuxqu'il soit.La graissejoue là un
rôle prépondérant.Lesfesses fermes et en pointede l'adolescencesont
duesà un tissu graisseuxdense et résistant (pi. -13).Les fesses aplaties
des vieillardstiennenten grandepartie à la fonte et à la disparitiondu
mêmetissu. On peut remarquer,en outre, que, mêmechezles individus
. quiprésententun développementmusculaireconsidérable,avec un panni-
cule graisseux aussi réduit que possible,commeles athlèteset les gym-
nastes,la fesseoffreune saillietrès peu marquée.Elle est même parfois
aplatieet, sauf quand le musclese contracte,ellea uneconsistancemolle
et fluctuantequeles fessesdites graisseusesn'ont pas au mêmedegré.
Chezla femme,au contraire,qui est peu muscléed'ordinaire,la région
78 ANATOMIEARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN

PLANCHE 13.— CAIUCTÉIUSTIQUES GRAISSEUSES.


Exemplesde localisationsgraisseusesdes fesseset des flancs.
A, B.Fessesvolumineuses chezde jeunesmodèles..
C. LemodèleBdansla stationassise.
D. Fessesaplatiesdo vieillard.
E. Croquismontrant,chezun jeunesujet,le flancse confondanten basavecla
fosseet limitéen haut par uu sillonprofondqu'accentue la stationhanchée.
F. Bourreletgraisseuxdu lianechezun hommeun peugras.
G. Bourreletgraisseuxdu lianedistinct,chezcertainssujets,dela sailliemuscu-
• lairedu grandoblique,dispositionqu'accentuele renversementdu torse en
arrière.
CARACTÉRISTIQUESGRAISSEUSES PL.13.

Localisations
graisseusesdes fosseset des liane
CARACTÉRISTIQUES GRAISSEUSES 81
fessière prend un développementremarquable presque entièrement dû à la
graisse. Et c'est à la graisse également que la fesse doit sa forme, consé-
quence d'une disposition anatomique spéciale sur laquelle nous revien-
drons et qui maintient nettement délimité, en bas par le pli fessier, la
masse graisseuse accumulée dans cette région. De plus, la largeur du bas-
sin, chezla femme, en augmente encore l'étendue transversale et ajoute à
l'importance exceptionnelleque la localisation graisseuse fessière acquiert

lue.8. —Bourrelet du lianeétiez,


graisseux l'homme
elcliezlitfemme.
au point d'en faire un des premiers éléments de différenciationsexuelle.
En aucune autre partie de l'organisme, d'ailleurs, la graisse n'est aussi
abondante.

Bourrelet graisseux du flanc. — Après la fesse, la partie posté-


rieure du flanc tient le second rang dans l'échelle des localisations grais-
seuses.
En cet endroit, sur la limite des reins, il existe constamment,même chez
les maigres, un véritable bourrelet graisseuxqui non seulement combleun
vide normal sur l'écorché, mais fait encore une saillie très nette dont
l'importance a été méconnue. Chezles sujets qui commencent à faire de
82 ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN.
l'embonpoint, le bourrelet graisseux du flanc prend rapidement un déve-
loppementremarquable; mais c'est chezla femmeque la graisse accumulée
en cette région acquiert son plus grand développement(fig.8).
Cettemassegraisseuseatteint, par en haut, les limitesdela région,c'est-à-
dire le sillon supérieur du flanc qui la sépare toujours de la région sous-
scapulaire souvent aussi envahie par là graisse. Dans ce cas, un sillon '
oblique plus ou moins profond se creuse à cet endroit, qui s'accentuedans
le bancbement,du côté de la jambe portante (pi. 13, E).
En bas, au contraire, le bourrelet graisseux'du flanc n'a guère, chezla
femme, de limites préciseset se confondavecle tissu graisseuxde la partie
supérieure de la fesse, si bien que les deux régions, fesseet flanc, semblent
se confondreet que la fesse augmentant de hauteur paraît remonterjusqu'à
la taille.
La graisse de celte région fait disparaître la fossettelatérale lombaire
supérieurequi correspond à l'angle rentrant de la crête iliaque el qui est
constante chez l'homme, de sorte que, chezla femme, l'a fosselte lombaire
latérale inférieurecorrespondantà la tubérositéiliaque subsisteet, par son
isolement même, gagne en importance (fig. 8).
Chezcertains sujets et en particulier chezle vieillard, il arrive parfois
que la surface du flanc est diviséepar un sillon obliquequi sépare sa partie
antérieure musculeusedu bourrelet graisseux situé en arrière (pi. 13, G).
Cette dispositions'accentue lors du renversementdu torse en arrière.

Localisation graisseuse de l'abdomen. — La peau de l'abdomen


est doubléed'une couchegraisseusetoujours moins abondante que dans les
deux régions précédentes,contrairement à l'opinion courante qui fait du
développementabdominal le signe principal de l'embonpoint. 11n'en esl
pas moins vrai que l'épaisseur de la graisse de l'abdomen l'emporte sur
celle des régions immédiatement voisines,différencequi s'accroît rapide-
ment dès que le ventre prend un peu de volume.
Chez la femme, la graisse qui s'accumuleen cette région lui donne un
aspect caractéristique.Elle a son siège de prédilectionautour de l'ombilic,
entre la taille et le pli courbesitué à quelques,travers de doigt du pubis.
L'ombilicse trouve ainsi placé au fond d'une sorle de cratère dont la pro-
fondeurvarie avec l'abondancede la graisse environnante.Le modelé des
muscles grands droits de l'abdomen, toujours bien accentués chez un
CARACTERISTIQUESGRAISSEUSES 83
homme musclé, est plus atténué chezla femmeà causede la superposition
de la graisse en question, mais il n'en persiste pas moins nettement chez
les beauxmodèles.
Ajoutonsque, contrairementà ce qui arrive chezl'homme,la graisse chez
la femme est en général plus abondante dans la région sous-ombilicale
qu'au-dessusde l'ombilic (pi. 12).

Localisation graisseuse de la région mammaire. — Mêmechez


l'homme,dont la mamelle est rudimentaire, le tissu graisseuxjoue un rôle
important dans la forme de la région. Ce lissu augmented'importancede
haut en bas, de façon à acquérir sa plus grande épaisseurdans la partie
inférieure. Si bien que le relief de toute la région n'est pas uniquement
dû au musclegrand pectoral,mais, comme à la fesse,le lissu graisseuxy
entre pour une part.
Il arrive parfois que cette localisation graisseuse est assez délimitée
autour du mamelon pour être la cause d'un modelé'spécial,sorte de sein
rudimentaire souventbien observépar les artistes de l'Antiquité et de la
Renaissance.
Chezla femme, c'est de la graisse, beaucoupplus que de la glandemam-
maire elle-même,que dépendent,levolumedes seins, leur forme hémisphé-
rique ou coniqueet aussi leur affaissementquand elle disparaît.

Localisation cervic'o-dorsale. — Sur les limites du cou el du dos,


au niveaude l'aponévroseovalaire du trapèze, coiffant pour ainsi la saillie
de la proéminente,il existe souvent, chezla femme d'âge mûr, une accu-
mulation graisseuseassezvolumineusepour former commeune véritable
tumeur. Mais celte formation adipeuse n'est point l'apanage exclusif des
femmes qui, sur le retour, prennent un peu d'embonpoint.Elle se ren-
contre aussi chezles jeunes filles (pi. ii). Sa constancen'est pas absolue.
Lorsqu'elleexiste, sescontourssont asseznettement délimitéset il ne faut
pas la confondreavec l'épaississeinent constant et à limites diffusesdu
panniculeadipeuxqui doublela peau de la nuque.

Masse adipeuse prépubienne. — A la partie inférieure du torse,


en avant, on.observe,surtout chezla femme, une accumulationde graisse
qui couvrela symphysepubienne. De forme triangulaire, elle est limitée
84 ANATOMIE ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN

14. — CARACTÉRISTIQUES
PLANCHE GHAISSEUSES.
Localisationgraisseusecervico-dorsale
chezune jeune fillede dix-neufans. Cette
formen'est pas l'apanageexclusifde l'âge mûr, bien qu'elley soit plus fré-
quenteel plus développée.
CARACTERISTIQUES GRAISSEUSES PL. «.

Localisationgraisseuse'"cervico-dorsalo.
CARACTÉRISTIQUES GRAISSEUSES 87
en haut par le pli horizontal sus-pubien et, sur les côtés, par les sillons
obliques des cuisses. C'est principalement à elle qu'est due la saillie de
toute la région.

Localisation graisseuse post-deltoïdienne. — A la partie posté-


rieure et supérieure du bras, en arrière de l'insertion deltoïdienne, s'accu-
mule, chez la femme, une masse graisseuse plus ou moins volumineuse
mais fort caractéristique (pi. 15). Elle est la cause de l'élargissement,' dans
le sens antéro-postérieur, de la racine du bras. Elle apparaît avec d'autant
plus de netteté que le bras est porté en arrière, et il est certaines poses
qui la incitent particulièrement en valeur (pi. 15 C, D). Ses contours sont
assez nets, el, chez les femmes musclées, le modelé du triceps apparaît
au-dessous dans la moitié inférieure du bras.

Localisation graisseuse sous-trochantérienne. — Cette locali-


sation graisseuse jou'! un rôle important dans la forme féminine. Elle con-
siste on une masse d' graisse parfois très volumineuse siluée à la. partie
supérieure et externe 'e la cuisse (p). 45, E, F, G). La saillie qui en résulte
commence en haut au' uveau du grand frochanfer, atteint rapidement son
maximum d'épaisseur, \uis diminue graduellement pour cesser au niveau
du tiers inférieur de la cuisse-. Au-dessous, se distingue le sillon latéral
externe de la cuisse, qu'c'le comble dans sa partie supérieure.
En avant cl en arrière, ses limites sont bien moins nettes. En avant,
elle se confond avec le tiss*. grr'sseux de la face antérieure de la cuisse et,
en arrière, avec celui de laisse.
Lorsque, la graisse de ces t ;\ -régions est abondante, on observe souvent,
à leur surface, de multiples- è. p- essions plus ou moins profondes qui les
- font ressembler, d'assez loin ' o;- vrai, car la régularité du dessin manque,
à un rembourrage capitonné. i_-a comparaison mérite toutefois d'être
ratemi' a.cause de la raison an;fornique qui est la cause de ce singulier
aspect d-\ à i existence de tractus fmreux inextensibles reliant la face pro-
fonde de la peau à l'aponévrose d'enveloppe au niveau des dépressions. La
graisse faisant saillie dans les intervalles, l'analogie avec le mécanisme du
capitonnage est assez frappanle.
Les localisations graisseuses de ,a fesse et de la cuisse prennent, dans
certaines races, un développement extraordinaire et vraiment monstrueux.
6
88 ANATOMIEARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN

PLANCHE lo. — CAUACTËIUSTIQUES GAIUSSEUSES.


Localisations de la raciuodesmembres.
graisseuses
A, B, C. Localisation chezlo même sujet vue sous
graisseusepost-deltoïdieime
diversaspects.Lerenversement dubrasenarrièreaccentuelo reliefdecette
localisation.
D. Croquispris surun autremodèle.
E. F. Localisation
graisseusesous-lrochanlérionnevue on avantet enarrière
chezun modèled'uncertainâge. '
G.Mômelocalisation graisseusechezun modèlemoinsâgéappartenantau type
desfaussesmaigres.
CARACTEII1ST1QUKS LiHAlSSEUSt:S Pi,.15

Localisations dela racinedesmembres.


graisseuses
CARACTÉRISTIQUES GRAISSEUSES 91
(fig. 9). La stéatopygie des femmes boschiman.eset hottentotes n'est pas
autre chose. Le volumeseul diffère et nos Européennes nous en montrent
tous les degrés
d'atténuation. Il
est néanmoins un
caractère différen-
tiel intéressant à
signaler, c'est que,
dans la vraie stéa-
topygie,quelleque
so'itl'abondancede
la graisse qui s'ac-
cumule d a ns 1a
fesse, au point d'en
faire un véritable
promontoire qui
sert de- siège aux
enfants, elle reste
exactement confi-
néedansla région,
elle ne se confond
pas, comme il ar-
rive chezles Euro-
péennes, avec la l'i';.9 —SttSalopygie
desHottentotes
- A,B.Môme sujetvupurderrièreeldeprofil.
graisse du bour- G.Sujetplusjeune,deprofil.
relet du flanc,tou-
jours, chez les Boschimanes et les Hottentotes, séparé de la fesse par un
profond sillon.

sur les membres ' D'une


Képartition de la graisse (fig. 10).
manière générale, l'épaisseur du pannicule adipeux sous-cutané diminue de
la racine des membres vers l'extrémité.
Au membresupérieur, cette diminution tout le long de la face postérieure
est d'une constance remarquable et ne souffre pas une seule exception sur
les 20 sujets examinés à ce propos. C'est naturellement à la partie supé-
rieure, au niveau de la localisation post-deltoïdienne,qu'il est le plus épais.'
92 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
A'ientensuite,aubord interne,la régiondu coude,à deuxexceptionsprès
sur 20. .
Au bras, le maximumd'épaisseurest en arrière, et le minimum, en
avant, au niveaudu biceps.
Au niveaudu coude,la moindreépaisseurest en dehors.
A l'avant-bras,l'épaisseurest plus grandeen dedansqu'en dehors et en
dehorsqu'enarrière.
Enfin, au dosde la main, la graissedisparaitpresqueentièrement.
Ces résultats sont consignéssur les schémas ci-contre (fig. 10) el
représentéspar les
chiffresdisposésle .
long dosprofils.
Au membreinfé-
rieur, l'accumula-
tion graisseuseesl
notablement plus
abondante qu'au
membresupérieur.
11se produith la
cuisseune curieuse
oppositionentre la
face externeet la
face interne. En
dehors, la couche
graisseuse,qui est
représentée par la
Fie.10.—Épaisseurdupatmieule aumembre
adipeux supérieur
eta.lacuisse l
chez afemme. masse sous-t.ro-
Leschilires enmillimclreE,
cetteépaisseur
indiquent quelaforce chantérienne, vaen
dutraitnoirreprésente
approximativement. diminuant au fur
et à mesure qu'elles'approchedu genou.En dedans, c'est le contraire.
Faible à la racine du membre, elle augmented'épaisseuren descendant
pouracquérirà la face interne du genou une importancesouventconsi-
dérablequi joue un rôle dansla morphologiedela région. Je n'insistepas
ici sur les formes graisseusesdela partie antérieuredel'articulation.
La forme bombéeen avant que présente la cuisse, chez certaines
. femmes, est due à un pannicule adipeux abondant,toujoursplus épais
GRAISSEUSES
CARACTÉRISTIQUES 93
d'ailleursdans cette région qu'à la face interne et à la face externe.

Leslocalisationsgraisseusessi spécialesau sexefémininont, pour ainsi


dire, une existenceindépendantedu restedutissu adipeux.Ellesn'existent
pas chezl'enfant; elles ne se développentqu'au momentde la puberté,
prenantplace ainsi parmi les caractèressexuelssecondaires,et leur part
est importantedans la réalisation du type féminin.Descausesvariées
d'amaigrissementpeuvent faire fondre le pannicule adipeux sans les
atteindre.Mômeà l'état normal,cette séparationplusoumoinsnette entre
les deuxformationsgraisseusespeutexisteret il n'est pas rare de voir des
localisationsgraisseusesabondanteschezdes sujetsdénuésde graissepar-
tout ailleurs.Cettedispositionréaliseun type bien connuque l'on désigne
sousle nomde « faussemaigre».
C'estgénéralement,dansun panniculeadipeuxgénéraliséplus ou moins
abondant,que se développent les formationsgraisseusesspécialesqui sont
bienloin d'atteindre,cheztoutesles femmes,un égaldéveloppement.
Il existe,sousce rapport, de nombreusesvariationsindividuelles.Dans
certains cas, les localisations graisseusesmodérémentdéveloppéesse
fondentsanslimitesprécisesavecla graissevoisine,créant,ainsi un type
particulièrementharmonieux,,auquel on pourrait rattacher les Vénus
antiques.Dansd'autres,la localisationplusdéveloppée acquiertplusd'indé-
pendanceet occasionnedes formes plusvariées,parfois même particuliè-
rementheurtées.C'est dans les oeuvresde la Renaissance,surtout de la
Renaissance allemande,qu'onles rencontre.Dela fusiondeslocalisations
graisseusesdansun panniculeadipeuxdenseetrésistantrésultecelteforme
pleine,simpleet puissantequeRaphaëls'est plu à représenterel dont les
fresquesdela Farnésineoffrentde magnifiques exemples.Dansles figures
fémininesde Michel-Ange, le musclel'emportesur la graisse.
Endehorsde cescas dans lesquelsles diverseslocalisationsgraisseuses
detout le corps semblentobéir aune même loi, il en est d'autres fort
nombreuxoùl'inégalitéde leur développement dominela scèneet conduit
à des variétésmorphologiques en nombrepour ainsi direindéfini.
J'en signaleraideuxexemplesrelatifsà la conformationdes hancheset
des cuissessur un sujet vu de face(fig.11).
graisseusedes hanches peu abondantecoïncideavec
Si/Une.localisation
undargedéveloppement de la localisationsous-trochantérienne,
les courbes
ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

'PLANCHE 16.—CARACTÉRISTIQUES
GRAISSEUSES.
dola graissesousl'influence
Déplacement delaconstriclion du corset.
Habituelle
' A, 13.Bandedorsaleet chutedu ventrechezle mêmesujet (25ans),constric-
La formedorsales'accentuedanscertainesposi-
liondes côtesinférieures.
tions,par exempledansla stationhanchée.C Mêmesujet.
D,E. Mêmesdéformations à un degrémoindred'accentuation de 26 ans).
(modèle
de la basedu thoraxet chutedu ventrechezun jeunesujet
F. Conslriction
(19ans). -
G.Chutedu ventrechezun modèleplusâgé(45ans).
H.Id. chezun autremodèle(28ans).
GRAISSEUSES
CARACTÉRISTIQUES 97
symétriquesqui embrassentla partie inférieuredu torse féminin repro-
duiront la formed'une amphore.Maissi c'est l'inverse,et qu'une abon-
dante accumulationde graisse aux hanchesexiste en-mêmetemps que
l'absencecomplètedelocalisationsous-lrocbantérienne, la formed'amphore
disparaîtra pour se rapprocherde celle d'un autre vase moins.'barraÔT
nieux, voire même d'une
véritabletoupie.
C'estainsiquela femme,
bienqueforméedesmêmes
organes,des mômestissus
que l'homme: mêmesos,
mêmes muscles, mêmes
vaisseauxet mêmesnerfs,
possèdecependantdesfor-
mes infiniment,plus va-
riées. La principalecause
dé celle variété qui rend
la formefémininecomme
ondoyanteet diverseet si
difficileà fixer,résidejus-
tementdanslesvariations
pourainsidire sanslimite H. —Variations
I''IG. duprofil
deshanches et
de cetissu presquefluide, desc uisses
suivant
la dela.loca-
prédominance
lisation
sous-frochantérienne
A,oula.prédo-
nese présentantpoinlsous minancedelalocalisation
deshanchesB.Dans
lesdeuxligures,
lasilhouette
del'écorché
est
laformed'organesdistincts lamême.
commeles os et les mus-
cles, et dont l'accumulationconstitueles localisationsgraisseuses.
Usemblemêmeque l'afemme,non contentedecettevariétéqueluia don-
néela nature,s'ingénieà en augmenterles manifestationsd'unefaçonartifi-
cielle.C'estainsi que,sousla construction continuedesvêtementsencertains
pointsducorps,la graissefinitparse déplaceretdévientla cause!d'unemor-
phologienouvellebienfaite pour dérouterl'observateur.Un des exemples
les pluscurieuxen estdonnépar la compressiondu corsetsur lemilieudu
torse. La graisserefluepourainsi!dir,e;en'hautet en bas aux limitesde la
zonecompriméeet produit eh arrière, du dos, et en avant,
versVl^Njiiilieu
au bas del'abdomen,des
môd|ficajtipnsrdelagpVmecaractéristiques.
9S ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
Nousavonsobservé,sur certainsmodèles,une manièrede longuebande
saillanteétendueen travers du dos, au-dessusdu sillon oblique dû au
faisceauradiédu grand dentelé(pi.16)dont nousn'avonspas reconnude
suitela signification.Maissa situationjuste au-dessusdu bord supérieur
du corsetet sa coïncidenceconstanteavecla déformationabdominalene
laisseguèrededoutesursa véritablecause.L'étranglementde la taille qui
souventl'accompagnevientconfirmercettemanièrede voir. En avant, la
graisse descendau bas du ventre,qui fait, au-dessusdes plis le limitant
intérieurement,un véritablebourrelet.Lesainesen sont commeempâtées
et chargéesde graisse.
Cesdéformationssontsurtout fréquenteschezles personnesd'âgemûr,
dontle lissu graisseux,moinsfermeet plus fluide,doit se laisser plus
facilementdéplacer.
La.constrictionde la jarretièreau-dessusdu genoueslsouventla cause
d'un sillon circulairetrès préjudiciableà la bonne conformationde la
région.11est aiséde constater,par le procédéquej'ai indiquéplushaut
(p. 77) et qui consisteà mesurer l'épaisseurcomparativede plis faits à
la peauen différentsendroits,que la graisse a totalementdisparujuste au
niveaudusillonlaissépar le lien, tandis qu'ellepersiste en quantitépar-
foisconsidérableau-dessuset au-dessous.La femmeprésente cettedéfor-
mation avec d'autant plus de fréquenceque, chez elle, le genou est le
siège d'amasgraisseuxparfoisconsidérables,particulièrementà sa partie
interne.
GRAISSEUSES
CARACTERISTIQUES Pi,.16.

du corset.
de la graissesousl'influence
Déplacement
CARACTÉRISTIQUES CUTANÉES

De la peau. — La peau est une enveloppemembraneusecontinue,


résistanteet élastique,étenduesur toute la surfacedu corps.Elle n'offre,
en aucunpoint,de solutionde continuitéet, au niveau des orificesnatu-
rels, ellese continue,sans interruption,avecles muqueuses.Sa résistance
est considérable,son élasticitélui permet do se modelerpour ainsi dire
sur les parties profondes,commefait un maillot soupleel élastiqueà la
surfacedu corps.Dansles mouvements,elle accompagneet suit exacte-
ment le déplacementdes parties profondes,se laissantdistendres'il y a
lieu, revenantensuite sans difficultéà sa forme première. Dansla jeu-
nesse,cetteélasticitéest parfaite,mais elle tend u.diminueravec les pro-
grès des ans, cl cet affaiblissementde l'élasticitéest la cause,dans la
vieillesse,des plis cutanésconnussousle nomderides.
La peauesl d'une épaisseurqui varie suivant les régions,et oscilledo
1/2millimètreà 2 millimètres.Elle est de 3 millimètresà la paumedes
mains cl à la plante des pieds; elle atteint jusqu'à A millimètresà la
nuque
La peau est doublée,ainsi que nous l'avons vu au chapitreprécédent,
d'une couchegraisseusequi adhèreintimementà sa face profondecl dont
l'épaisseur variable donne naissanceaux localisationsgraisseusesque
nousvenonsd'étudier.Peau et graisse intimementunies glissentsur les
partiesprofondes,ce qui permetau tégumentde s'adapterexactementaux
déplacementsdes organesprofonds,ainsi que de glisser et de fuir pour
ainsidiresousla pressionou le chocdes agentsextérieurs.
La peau se composede deux parties, une partie profonde,le derme,et
une partiesuperficielle,l'épidémie
(fig.7).
Ledermeseul reçoitdesvaisseauxet desnerfs qui pénètrentjusqu'àsa
partie la plus superficielledans une multitudede petites éleveurs,les
papilles,qui hérissentsa surface. Sa couche profonde,ou réticulée,est
100 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
constituéepar des trabéculesentre-croisésen toussens et qui relient la
peau a.la couchegraisseusesous-jacente.C'estau dermeque la peaudoit
sa résistance,sonélasticitéet aussisa sensibilité.
L'épiderme.qui recouvrele derme, est uniquementconstituépar des
cellulesépithélialesdisposéesen deuxcouches.La coucheprofondereçoit
dans son épaisseurles papillesdermiquesdont la trace disparaît à la
surfacecutanée,à l'exceptiontoutefoisde la. paumedes mains et de la
plantedespieds,où de finssillonscirconscrivent les rangéespapillaires.
Cettecoucheprofondede l'épiderme,en contactdirectavecles papilles,
est molle et humide. Elle porte le nom de couclwmuqueuseou de
Malpighiet est le sièged'uneaccumulationde pigmentqui a lieusurtout
dansles cellulescylindriquesappliquéesdirectementsurledermeel devient
l'uniquecausede la couleurdela peau.Lenègrene doit sa colorationqu'a
la quantitéplus considérabledes dépôtspigmentaires.
Dansla couchesuperficielleou couchecornée,les celluless'aplatissent
de plus en plus en s'éloignantde la profondeuret se dessèchentprogressi-
vement.Les plussuperficielles de ceslamelles,impropresdésormaisà des
fonctionsanimales,se détachentde l'épidermeel, commedes éléments
morts, tombentdans le milieuextérieur.
La surfacedela peauest parcouruede plis nombreux(1).
Suivantleurcauseon distingue: ' • '
d"Les plispar adhérence,c'est-à-direceux qui sont occasionnéspar la
présencede tractus fibreuxqui unissentla peau aux parties profondes,.
commele sillonde la ligne médianedu corps en avant et en arrière, le
pli fessier, le pli de l'aine, le pli de l'aisselle, les plis de flexiondes
membres;
2"Lesplispar mouvementsoccasionnéspar la flexiondu cou,du torseet
l'extensiondesmembres;
•3°Lesplis musculairesoccasionnéspar la contractiondes musclesde la
face;

(1)Qu'ils'agissed'uneétoffeou de la peau,lé mot pli se prenddansdeux


sensdifférents;tantôtil désignedessailliesplusoùmoinslongues,des replis
formésparl'adossement dedeuxépaisseursde la peau;,tantôtde simplesdé-
1ou de
pressionslinéairesqui, suivantleurlargeur,prennentla forme.desillons
Enrésumé,il y a despliscreuxourentrantset dosplissaillants.C'est
gouttières.
des premierssurtout que s'occupel'anatomiedesformes.Ils sont d'ailleurs
les plusnombreux, telssontle pli del'aine,le plidu coude,etc.
CARACTÉRISTIQUESCUTANÉES 101
4°Lesplis par perte de l'élasticité de la peau,qui sont les rides de la
vieillesse;
3°Enfinles plis de structure, sur lesquelsnousnous étendronsplus spé-
cialementparcequ'ilsinfluentsur l'aspectde la peau.
Cesplis de structureplus ou moins microscopiques sont de deuxsortes.
A la faceinterne des mains el des pieds, ce sont les sillonspapillaires
reproduisantle dessindes rangées des papilles dermiqueset dont nous
avonsdéjàparlé.
Sur le reste du corps,de véritables petitsplis de forme variablesont
désignésparfoissousle nom de hachuresou derideslosangiques. Ils ont été
étudiés,sous le nom de rides par ressort,par Gçi'dy,qui en a donnéune
descriptionminutieuseet très exacte(1).
t Lesridespar ressort,dit-il, sont produitespar l'élasticitémême de la
peau; aussi changent-ellessingulièrementpar les tiraillementsqu'on lui
fait éprouver.Ellesjouent un grandrôle danslesrefletsqu'ellesimpriment
à la lumière.Cesridessont extrêmementfines,on ne les aperçoitqu'à la
. loupesur presquetoutela surfacedu corps.En les regardant de près sur
le poignetet sur la main, on peut jusqu'à un certain point les étudierà
l'oeilnu.
« Decesrides, les unes,affectentl'apparenced'unesuitede quadrilatères
en losange,d'autres.la formede lignesà peu près parallèles,qui commu-
niquententre ellespar des rides intermédiaires,obliquesou transversales,
moins visibles; d'autres encoresont irrégulières.Les premières,qui sont
qîiadrilatèrcsà peu près, s'observentau pli du coude,autour du poignet,
au dos do la main. Les secondes,qui sont linéaires, se voientdans les
mêmespoints,mêléesaux précédentes.Onles distingueaussiauventre des
doigts.Lestroisièmesexistentsur tout le reste du corpsà peuprès,et ne se
voientbienqu'à la loupe."Ellesformentdesréseauxirréguliers.
« Quandon tire la peau dans un sens, ces diversesrides s'y allongent
aussitôt,et aussitôtqu'ontire la peau dansle sens opposé,elles-s'yallon-_
gent encore^!précisémentcommeles maillesd'un filet. Lesrides quadrila-
. tères el linéaires,ou du moinscellesd'entreelles qui sontLes.plusvisibles,
sont dirigéesen sensinversedes grandsmouvementsauxquelsellesobéis-
sent. Ainsiellessont transversalesautour du poignetet sur le dos de la

Anatomie
(d)GISRDY, desformesextérieures
:ducorpshumain.1829,p. 307..
102 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
main; longitudinalesentre les tètesdes os du métacarpeet transversales
au.dosdes doigts; ainsi encoreellessuiventdes directionsopposéesdans
les lieuxoù la peaudoits'étendredansplusieurssensàla fois; parexemple,
entre le-pouceet l'index,sur les têtesdesos du métacarpe.
<Il suitdelà que,parleur seuledirection,on pourraitindiquerles mou-
vementsde la partie où on les observe,et auxquelsellesparaissentdesti-
néesà se prêter librement.Ellesserventaussi,toutes, à l'ampliationde la
peaudans l'embonpoint.Telleparaît êlre surtoutla destinationdesrides
longitudinalesdu ventredes doigts. Les rides irrégulièresn'en ont pas
d'autrehabituellement;et c'est probablementparcequ'ellesdoiventservir
au déploiementde la peau en tous sens,qu'ellesne sont pas, commeles
rides régulières,plus prononcéesdans un sens que dans l'autre; celles-ci,
en effet,ne diffèrentdes autres que par ce caractère.Ellesformentdes
réseauxcommeles rides irrégulières,mais des réseauxdont lesmailles
sont plusprononcéesdansun sensque dansl'autre. Cesrides, en cédantet
en se déployantdansl'embonpoint,donnentà la peauune surfaceunieet
luisante, où la lumièrese réfléchitavec éclat; en se rapprochantcl se
recouvrantpar le froid,ellesfont saillirle dermedansleurs intervalleset
donnentlieuà la chairde poule.»
A part cette dernière explicationdela chair de pouledont la causeest
tout autre, ainsi qu'on le verra plus loin,il n'y a rien à reprendreà la
descriptionquiprécède.
Dela-présencedu lacisenchevêtréde cespetitesridesà la surfacede la
peau ou de sonabsence,dépendson aspectmat où luisant.
La colorationde la peau ne varie pas seulementavecles races qu'elle
servaità diviser,suivant l'ancienneclassification,en race blanche,race
jaune et race noire, ellevarie aussi avecles individus,,et dansla racola
plus décolorée,dansla race blanche,cesvariationssonttrès sensibles.On
dislingue,en effet, des peauxtrès blancheset plus oumoinsrosées,des
peauxjaunâtreset des peauxbrunes.Sur un même sujet, la teinte dela
peaun'est pas égalepartout,et elle devientsouventun peuplus soutenue
et commeambréesur certainespartiesdu corps:
Ceton localde la peaudépendde lanature el de la quantitédes grains
de pigmentquerenfermentles cellulesde la couchela plus profondede
l'épiderme. ..
Maisil estd'autresfacteursdela colorationcutanéequiviennents'ajouter
CUTANÉES
CARACTÉRISTIQUES 103
au précédent.C'estd'abord la richesseplus ou moins granded.ela circu-
lation sanguinedontl'importanceestdémontréepar la pâleurdela syncope
et la rougeurqui monte parfoisau visage, élément variable,d'ailleurs,
suivantles individuset, sur un mêmeindividu,avecles régionset les sen-
timentsquil'animent.
De plus, la peau est transparente,ainsi qu'on peut s'en convaincreen
regardantà contre-jourles endroitsoù elle se détacheassezmince,comme
sur le borddes espacesinterdigil.aux,au pavillondel'oreille,auxpaupières.
Et cettetransparenceaugmente,chezla femme,avecle degréde finessede
la peau.11en résulteque la colorationdes partiesqu'ellerecouvre,comme
le ventrerougedes muscleset les aponévrosesblancheset nacrées,appa-
raît plus oumoinsau traversd'ellessuivantles régions.
La multiplicitédes petitesrides décritesplus haut donneà la teinte de
la peausa matité.Et le follet abondantrépandupartoutajoute auxcauses
quiprécèdentun nouvelélément.
Cesfollets,qui couvrenttoutela surfacedu corps,lui constituentcomme
unedernièreenveloppelumineusesouscertains aspects,car ils sont blonds
et retiennentla lumière.Ils sont surtoutbien visiblessur les profilsqu'ils
cernentd'unesorted'auréole,mais ils n'en existentpas moinssur les sur-
facesoù ils jouent nécessairementun rôle. Leur directionne peut-elle
point contribueradonner à cessurfacesun certain aspecten quoiconsiste,
en partietout au moins,ce qu'onappellel'enveloppedo la forme?

Des poils (pi. 17).— Parmi les dépendancesdelà peau,je ne parlerai


pas des ongles,sur lesquelsune observationmêmesuperficiellerenseigne
suffisammentl'artiste. Il n'en est pas de mêmedes poils,qui, à part,les
cheveuxet la barbe, passent,généralementinaperçus.Or, il fautsavoirque
l'homme,à l'égal des animaux,a toutela surfacedu corpsrecouverted'un
véritablepelage,avecceltedifférencetoutefois,qu'àpart certainesrégions
très limitées,touscespoilsn'atteignentpas leur développement completet
restentà l'état de follet. Leurétude n'en est pas moinsintéressante,car
ils existentavecune égale abondanceaussi bien chezla femmeque chez
l'homme. Les seules parties du corps qui en soient dépourvuessont la
plantedes piedset la paumedesmains.
Le poil naît dans la profondeurde la peau, au milieudes aréolesgrais-
seusesdu panniculeadipeuxqui la double,par une partie renfléeformant
104 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

17.—CARACTÉRISTIQUES
PLANCHE CUTANÉES.
Les poils.
A.Follicule pileux.
13.Lignesd'implantation et de directiondes poilsà la surfacedu corpschez
l'hommecommechezla femme,d'aprèsBoaunisel Bouchard.
C.Lignesd'implantation des poilsde la télé. Lespoilsfolletssont représentés
par des traitsfinsqui deviennentgros aux endroitsoùles poilsarriventà
leurcompletdéveloppement pourformerles sourcils,les cheveux etla barbe.
CUTANÉES
CARACTÉRISTIQUES Pi..V,

Les poils.
CARACTÉRISTIQUESCUTANÉES 107
la racineet portant le nomde bulbe(pi. 17A).Il y est logé dans une sorte
de pocheallongée,composéede plusieurstuniquesou membraneset dont
le fond,est occupepar une papille,d'où dériventles élémentsdu poil.Celte
poche est,le folliculepileux auquel s'adjoignent d'autres organes placés
latéralement.C'estd'abordune ou deuxpetitesglandes— glandessébacées
— dont les canauxexcréteurss'ouvrentdans lïnlérieur mêmedu follicule
à sa partie supérieure. Le produit de sécrétionde ces glandes est une
malière grasse, matière sébacée,qui se répand à la surfacede la peau
qu'ellelubréfie. •
Desfibresmusculaireslisses(I) forment,les musclesredresseursdespoils..
Ces petits muscles,sous la-forme de faisceaux,cylindriquesou aplatis,,
prennent naissancedans les couchesprofondesdu derme, pour se porter-
obliquement.,au nombre de deux ou trois, vers le fond du follicule-
iiuquel ils sont annexés et s'implantent sur ce follicule, un peu au-
dessousde ses glandes sébacées.Lorsque ces faisceaux viennentà. se-
contracter,les folliculessont soulevéset.commeprojetés en dehors,for-
mant ainsi à la surfaceextérieurede la peau ces myriades de petitesélc-
vuresdont l'ensembleconstituele phénomèneconnusousle nomde chair-
de-poule.
LorsqueTon contemplela robed'un cheval,on remarque que les poils,,
dirigés dans un sensvariable suivant,les régions, décriventdes sortes
d'ondesqui réfléchissentvivementla lumière.En certains points, ce sont
de véritablestourbillons,centres où les poils convergentou bien d'où ils-
s'éloignenten divergeant.D'autresfoisils sont disposéscommede grandes-
se rencontrentformantainsi une saillanteou bien au '
nappesqui ligne qui,
contraire,s'éloignentlaissant à leur point de départ unevéritableraie.
Unedispositionanalogue des poils se rencontreà la surfacedu corps;
humain quela planche17 fig, Best,destinéeà melire en relief.
On voit des tourbillonsdivergents à l'angle interne de l'oeil, à l'oc-
ciput, au creux de l'aisselle, au pli de l'aine, à l'angle interne delà.
fesse, au dos du pied et de la main...: des tourbillonsconvergentssous

(t) Lesfibresmusculaireslissesse distinguent,au pointdevue fonctionnel,,


desfibresmusculaires striéesen ce qu'ellesnesecontractentpas sousl'influence
de la volonté.Ellesn'entrentonactionque demanièreréflexe.Ellesexistenten
d'autresendroitsde l'organisme, on particulierdansla paroi dol'intestindont
ellescomposent exclusivement lacouchemusculaire.
7
108 ANATOMIEARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
l'angle de la mâchoire, sur l'olécrane, à/ l'ombilic, à la racine des
organes...
Une longue ligne nodule sur les côtés du Ironc rejoint le tourbillon de
l'aisselleà celuidel'aine. Les poils divergent de chaque côté de celle ligne.
Par contre, sur la ligne médiane du torse en avant,comme en arrière, on
voit les poils convergerel former commeun long épi, elc...
En certaines régions généralementbien limitées, ces poils, dont le très
grand nombre demeure à. l'état de follets, se développentcomplètement
pour formerles cheveux.,les sourcils,la barbe, les poils de l'aisselleet ceux
du pubis. Strictementlimité à ces régions, le développementdes poils est
constant et normal. Mais il arrive souvent chez l'homme qu'en d'autres
points du corps les follets subissent un accroissement plus ou moins
marqué. Ce qui est. fréquent sur les'membres dans foule leur étendue.Au
torse, il n'est pas rare de voir do véritablestouffesde poils au milieu de la
poitrine, au sommetdes épaules, à la.région sacrée, dans la région sous-
ombilicaleet tout,le long de la ligne médiane.
Chez la femme, la peau et ses dépendancesprésentent des caractères
particuliers. La peau est remarquablepar sa finesseet par-sa blancheur.
Si les cheveuxsont plus longs et plus abondants, tous les poils à la surface
du corps sont réduitsà l'état de follet,.11n'y a, d'exceptionquepour le creux
de l'aisselle dont le fond est occupépar quelquestouffesde poils peu abon-
dants cl.pourla région du pubis, qu'il est d'usage néanmoins,dans les arts,
de rcprésenterdépourvuedepoils.Si la présencedes poilsdans celte dernière
région est constantechezla femme, il convientde faire remarquer qu'ils y
restent étroitement limites cl qu'ils ne dépassent,jamais le sillon trans-
versal qui la borne supérieurement, tandis que, chez l'homme, presque
toujours ils remontent plus bu moins liant dans la région hypogaslriqueel
gagnent mêmela partie interne el supérieure des cuisses.
La femme, de par sa constitution même, est soumise à des conditions
biologiquesspéciales que nous n'avons pas à étudier ici en détail. 11nous
suffirade signaler que des travaux scientifiques récentsont montré que
l'adipose était une des conséquencesnécessaires de ces conditions biolo-
giques. 11convientd'y rattacher égalementl'absence de.'pigmentcutané el
la rareté et la décolorationdes poils. Une corrélation intime existeentre
Ja graisse et le pigmenl et, dès le commencementdu siècledernier, une loi
biologiqueavait été émise qui disait que la proportion du pigment dans
CARACTERISTIQUESCUTANEES' 109
l'épiderme est en raison inverse de la quantité du tissu adipeux sous-
jacenl. Cetteloi n'a pas été infirmée.
C'est vers un résultai de sens contraire que tendent les processus
intimes de la vie du mâle. Et les conséquencesmorphologiquesde cette
orientation physiologiqueinverse sont l'existence de deux types sexuels
dont les extrêmes sont : un mâle 1res maigre, et très pigmenté, une
femellemunie des localisationsgraisseusesspécifiqueset douéed'une colo-
ration cutanée claire.
Naturellementces typesextrêmesne sauraientse reproduiredans tous les
individus, car il en est de plus ou moinsmâleset déplus oumoinsfemelles.
Le type suffisammentmâle ou suffisammentfemelle est bien celui qui
parait se rencontrer le plus fréquemmentdans l'humanité; mais au degré
le plus élevéde la différenciationsexuelle,on conçoiltrèsbienles sujets très
mules et très femelles, chez lesquels se rencontreront au plus haut degré
les caractéristiquesadipeuseset pigmentaires dont il vient d'être question.
Les théories évolulionnisles en honneur aujourd'hui attribuent à
l'homme un ancêtre fort lointain, encore proche de l'animalité, et remar-
quablepur la vigueur de ses muscles, l'absencede graisse sous la peau, la
colorationfoncée du tégument el l'abondancedes poils répandus sur toute
la surface du corps. Les sexes ne se seraient distingués à cette époque
primitive que par l'existencedes organesspéciauxnécessairesà la repro-
duction et, les caractères sexuels secondaires manquant, l'homme et la
femme se devaient ressembler comme deuxfrères. On admet alors qu'à la
suite d'un long temps, sous l'action de causesvariéesencore mal définies,
une transformationprogressives'est accomplietendant à la réalisationdu
type actueldouéd'une vigueur moindre,d'une quantité de graisse variable,
d'un tégument de coloration,plus ou moins claire et sur lequel les poils
disparus en grande partie ne sont demeurésabondantsqu'en cerlains points
déterminés.
Maispar suite de conditionsinhérentes à leur constitutionpropre, les
différenciationssomaliques ont été plus considérableschez la femme que
chezl'homme. L'hommes'est dépigmenté,mais moins que la femme!11est
plus glabre que ses ancêtres, mais moins que sa compagne.El s'il est plus
gras que son ascendant à demi sauvage, il ne possèdepas l'adipose spéci-
fique du sexe féminin.
Celte théorie qui donne à l'homme el à la"femme une morphologie
11.0 ANA'ROMIE
ARTISTIQUED-UCORPSHUMAIN
semblableà l'origine conduit,à-la réalisationdes types extrêmesdiffé-
renciésqui seraientpour la raceblanche: lemâlebrunau torsevelu,aux
pigmentationscutanéesintenses,aux musclessaillantssous un pannicule
mince;la femellerousseà la peautransparente,aux pilositéslongueset
clairsemées,muniedeslocalisationsadipeusesspécifiques largementdéve-
loppées(1).

(1)Celteintéressante
questiona éléfortbientraitéepar ledocteurP. CLEKGIÎAU
danssonouvrage:Différenciations
adipeuseset pigmentairesdu'typefémininau
pointdevuede la physiologie,
de l'artel de l'anthropologie,
auquelnousavons,
empruntéles principaux
détailsquiprécèdent.
FORMES EXTERIEURES DES RÉGIONS

Dansles descriptionsdu nu féminin,nous ne suivronsque de loin le


- morcellementde la surfacedu
corpsende nombreusesrégionsadoptépour
faciliterl'étudede la morphologiechezl'hommedéjà entrepriseailleurs
avecdétail (d).

i-2.—Topographie
FIG. morphologique del'homme
comparée etdelafemme.
(Plan
antérieur.)
(!) Anatomieartistique.Description
des formesextérieures
du corpshumain
Pion,éditeur,1890.
li2 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

PLANCHE18.— TÈTB.
Frontet oeilnormal <
A. Frontfémininavecun croquisle transformant en front,masculinpar une
inclinaison,
en arrièredetoulesa partiesupérieureet parla sailliedesbosses
sourcilières
el nasalesdonnantnaissanceà l'éehancrure
dunez.
13.OEildumêmesujetvu deface. .
Losautresyeuxappartiennent à unautre sujet,Us sonlvussoustroisaspects,
detroisquartsetdefaceet représentés
de-profil, ouverts(C),à demifermés(D)
et ferméscomplètement (35).
TÊTE Pi..18.

Frontcl d'ilnormal.
FORMESEXTERIEURESDES REGIONS W5.
Néanmoinsje croisutile de reproduireici les figuresquiy sont con-
sacréesdans ce premierouvrage(fig.12et 13),parce.qu'enpremier lieu
elles montrent bien les analogies morphologiquesfondamentalesqui
existententre l'hommeet la femmeet qu'ensuiteelles suppléeront,dans
unecertainemesure,à l'absence,dansles descriptionsqui.vontsuivre,de
l'indicationdétailléedeleurs pointsde démarcation.
11en résultera, dansnotre exposé,une simplificationqui n'est possible
aujourd'huiqu'à cause de l'étude préalable déjà faite; dont il importe

Vu;.VA Topographie
morphologique del'homme
comparée etdelalemmc
(Plan
postérieur.) '
116 AtfATOMIEARTISTIQUE-DUCORPSHUMAIN
d'avoir toujoursprésentsà l'esprit la précisionet les détails.Je prie donc
le lecteurdes'y reporter,s'il y a lieu, pourla clartéde ce qui va suivre.
Car l'hommeet la femmedérivantdu mêmetype, la connaissanceappro-
fondie de l'un facilite el éclaire singulièrementl'étude de l'autre. Au
momentoù j'abordela morphologieféminine,je supposedoncconnuecelle
de l'hommequi n'en recevra,pasmoins, par uneactionen retournaturelle,
un complémentd'éclaircissementfort utile, au point de vue surtout des
généralisationset des formesd'ensemble.Le plus souvent,en efi'et,nous
partirons de la formemasculineconnuepour montrer comment,par des
simplificationsou de légères altérations, se trouve constituéela forme
féminine.D'autresJ'ois,noussuivronsle chemininverse.11est bienentendu
que nousavonsen vue les types les plus accuséscl les plus completsqui,
. ainsi que je l'ai déjà l'ait remarquer,occupentles confinsopposésd'une
série composée,dans la nature, d'une quantitéde formesintermédiaires
participantplus oumoinsdesdeuxextrêmes.Car, sousdes rapportsvariés,
combiend'hommessont femmes et réciproquementcombiende femmes
présententdes caractèresmasculins.
TETE

Dansla formedela tête, le squelettetient la premièreplace. C'estainsi


qu'à son sommet,la boîtecrâniennedessineson ovoïdesousla chevelure
•quin'en voile que les détails,pendantque la face quiregardedirectement
en avant reproduit,dans toute sa partie supérieure,la formedel'os fron-
tal. Nousverronsaussila part prépondéranteque les os nasaux,lesjugaux
•etlesdeuxmaxillairesprennentdansla conformationdu reste du visage.
C'est aux différencesqui existentdansla charpenteosseuseque la tête,
chezl'hommeet chezla femme,,doit ses traits générauxles plus carac-
téristiques.
FnoNT.
Defront est partagéen deuxplans réunis, à angleplus,oumoinsobtus,
au niveaudes bossesfrontales.Le degré de cet angle est plus près de
l'angle droit chez la femme,tandis qu'il s'en éloigne davantage chez
l'homme, de tellesorteque, chezcelle-là,le plan inférieurdu frontalest
presqueverticalet les bossesfrontalessont plus saillantes,pendantque,
chezcelui-ci,le front est plus fuyantet les bossesfrontalesgénéralement
moinsaccusées.
Lefrontreproduitpresqueexactementla l'onnede l'os sôus-jacent,mais
non complètementtoutefois.Car,si les bossesfrontalesdu squelettese
lisent parfaitementsous la peau, la bosse nasale, chezcertains sujets,
occupelefondd'une dépressionoccasionnée par les saillieslatéralesde la
massedessourcils.Sur ce pointencore,existeunedifférencecapitaleentre
l'homme et la femme. Cbezl'homme, la bosse nasale, toujours bien
accentuée,accompagnéesur les côtésd'une région sourcilièreépaisse,
détermineune fortesaillie transversaleterminantle front par en bas, et
surmontantune encocheplusou moinsprofondequi conduità la racinedu
nez.Chezla femme,au contraire,le plan presqueverticaldufront descend
sans arrêtjusqu'auniveaudesorbiteset se continuesansinterruptionavec
le dosdunez.Labossenasaleet les arcadessourcilièresosseusesn'existent
pour ainsi dire pas chezla femme(pi. 18A).
Toutefoisl'arcadedu sourcilne doit pas èlre confondueavec l'arcade
118. ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

19.— TISTIS.
PLANCHE
Exempledo sourcilplacétrès bas,d'oùla diminutionde hauteurdela paupière
supérieurechezunjeunemodèlevu.de profil(A),de profilperdu(15),de trois
quartsde face,les yeuxbien.ouverts(C),et id.les yeuxà demibaissés(D).
Lesyeux.dumêmemodèlesontdessinésplusbasdéfacecl de profil,grands
ouverts(li),à demifermés(F)et fermés(G).
11.Autremodèlemontrantun sourcilhaut placé vu de profil.Sur le môme
modèle,oeilvu de faceouvert(,T),fermé(K),demiferméde l'ace(L),demi
ferméde profil(M).
TÊTE H. 19.

Sourcilhautet sourcilbas.
FORMESEXTÉRIEURESDES REGIONS— TÈTE 121
orbitairè qui termine le frontal par en bas. Superposéesà leur partie
interne, ces deuxarcadesse séparentpresquetoujoursen dehors,par suite-
dela directiondifférentequ'ellessuiventen se portant.danscettedirection,
l'arcadedu sourcilse dirigeantun peu en haut et l'arcade orbitairèen sens
opposé.Il en résulteque le sourcilreposetout entiersur l'osfrontal et que
l'apophyseorbitairèexterne,situéeun peuau-dessousdelà queuedu sourcil,
fait son relief sous la peau de la. paupière supérieureen haut et en
'
dehors(pi. 20,B, C).
SOU11CIL.
Le sourcil est une élevurctransversalepourvuede poils qui séparele
front de la paupièresupérieure.Là peau,très mobile,en est ôpiiisse,doublée
dégraisseet, à sa faceprofonde,s'attachent plusieursmusclesde l'expres-
sion destinésà le mouvoir.
Lesourcildécrit, au repos, un arc de cerclepeu accentuédans sa moitié-
interne, qui est quelquefoisreeliligne,mais toujours nettementmarquéen
dehors.Lespoilsqui le composent,de mêmecouleurque les cheveux,ont
une directionquin'est pasla mêmedanstoutleur parcours'.Dansla partie-
interne, ils sont tous dirigés de bas en haut et couchésles uns sur les
autres. Us formentle point le plus épaisdu sourcil, dit têtedit sourcil.Ils
s'inclinent ensuite en dehors pour prendre la direction horizontale,
deviennentpluslongs,parfoisse hérissent.Puis,s'avançant à la rencontre
de poils venusdu front,ils formentcommeun épi plus minceet plusétroit
qui s'appellela queuedusourcil(pi. -17,C).
L'espaceinlersourcilier,complètementglabred'ordinaire,est exception-
nellement,pourvude poilsqui font que les deuxsourcilsse rejoignentsur
la ligne médiane.11exisLede grandes variétés quant à.la quantitéet à la
des le sourcil.'
longueur poilsqui garnissent
Chezla. femme, l'arc du sourcilbien dessinéest plus mince et plus
accentué.Lespoilssont strictementlimitésà l'étroite région.
Lasituationdu sourcil,par rapport au globede l'oeil,est variable.11peut
en être plus ou moins distant, augmentantou diminuantainsi la hauteur
de la paupièresupérieure,haut placésur le plan même de l'os frontal, ou
descenduau niveaudu bord supérieurde l'orbite.Plusil est haut, plussa
courbures'accentue.Plusil est bas,plusil devienthorizontal(pi. 19,C, II,J).
Sousl'influencedes passions,le sourcils'élèveou s'abaisse,exagèresa.
122 ANATOMIIS
ARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
courbureoudevientrectiligne,horizontalou obliquedansun sensou dans
l'autre.Mêmedans le reposde la physionomie,le sourcilconservechezles

1A}
Figure leglobe
montrant oculaire
découvertendehors
parlerebord
orbitairè
i exk'nie
placé enarrière
plus quelesauln-s
rebords.
1.%
Figure oculaire
globe enchâssé
dansl'orbite.
personnesâgées,une des tonnespassagèresde la passion,imprimantainsi
à la physionomieune expressionpermanente.
OKIL(pi. 18. 19,20. 21).
Orbite. — Logédansl'intérieurde l'or-
biteavecl'appareilmusculairedestinéà le
mouvoir,le globe de l'oeilne montreau
dehors,parl'ouverturedespaupières,qu'une
portionde son segmentantérieur;il est en-
châssélui-mômedansle quadrilatèreosseux
quil'ormelepourtourdutrouorbitairè.Celte
portiondu squelettesel'aitsentirtout autour
del'oeilet joue un rôle capitaldansles for-

Vu;.1G. Globeoculaire
entourémes la
dequelques-uns
desmusclesqui de région.Daloudisait qu'il n'était
servent
à Memouvoir,avecla
glande
lacrymale en haut pas malaisédemodelerun oeil,mais que le
placée,
etendehors La difficileétaitdele bienenchâsser.Ilimporte
(vuesupérieure).
paroi dol'orbite
supérieure a été
sectionnée.
Unelignetangentedoncde bienpréciserles rapportsdu globe
auxrebords
orlùlaires
interne
et
.externe
montre
commentleglobe de l'oeilavecles bordsde la cavitéosseuse
oculaire,
protégé
par se
ailleurs,
trouve endehors. qui l'abrite (fig. 14,15, 16). Le bord supé-
découvert
FORMESEXTERIEURESDES RÉGIONS— TÈTE 123
rieur est le plussaillant; fin et déliéchezla femme,il appartientau frontal
et supportele sourcil.L'inférieur,formé parles bords correspondantsdes
os de la pommetteet de l'os maxillairesupérieur,est peu ou point appa-
rent, il se déprimeen dehors.Le côté interne se confondavec les plans
latérauxdu nez,et le côtéexterne,concave,reportéen arrière,découvrel'oeil
qui, moinsabrité de ce côté, apparaît en entiersur une tète vuede profil
(fig.14).Onsait, en effet,que, sur le squelette,l'orbitene s'ouvrepas direc-
tement en avantet que sa basese trouvecontenuedans un plan vertical
légèrementinclinéen bas et en mêmetemps fortementdéviéen dehorset
en arrière.Le'globcoculaireplacéen sonmilieu,pluspréstoutefoisdubord
supéricurquedel'inférieur,est dirigédirectementen avant.Il enrésulteque,
protégéen dedanspar la racine du nez, en haut et en bas par les rebords
orbitairessupérieuret inférieur,il est presquetotalementdécouvertendehors
par le rebordorbitairèexternesitué plus en arrière et de formeconcave.
Toutefoisles veuxsont, suivantles sujets,plus ou moins enfoncésdans
l'orbite.Lesyeuxsaillants,à (leurde tôle,s'opposentauxjeux profondément
enfoncés.Dansles premiers,la fentepalpébralerepousséeen avant s'ouvre
plusgrande et l'oeilest rond; dans les seconds,au contraire, l'ouverture
palpébralemoinsgrande est plus tailléeen amandeet l'ajil est pluspelit
(pi. 21,A, B, C).
Lesdimensionsapparentesde l'oeildépendentdonc de deux facteurs,de
sa saillie et de l'ouverturede'la fente palpébrale,le globe oculairelui-
mêmene présentantd'un sujet à l'autre que de minimesvariationsindivi-
duelles,nullement en rapport d'ailleursavec la variété et l'étendue des
dimensionsapparentes.

Paupières. — En avant du globe do l'oeil,s'étendune cloisonfibreuse


attachée au pourtour de l'orbite et formant commele squelettedes pau-
pièresqui y sont directementappliquées.Cettecloisonest diviséeen deux
parties d'aspectet de texture différents,une partie centrale et une partie
périphérique.La partie centrale circonscritl'ouverturedes paupièreset
est formée de deuxpiècesd'apparencecartilagi-
neuse, résistantes, soupleset llexibles,que l'on
désignedu nomde cartilagestarses (fig. 17). Ils
diffèrentà chaquepaupièredeformeet d'étendue.
Le tarse supérieurressemble à un croissantà FIG. 47.—Cartilagestarses.
1-24 . ANAÏ0M1E ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN

20.— 'J'ÈTIÎ.
Pl.ANCHIi
Paupières.
.A.Portionorbitairèdela paupièresupérieurehorizontale.
li. C. Portionorbitairède la paupièresupérieurediviséedanssa hauteurpar
un pli qui soulignel'ap'opliyso
orbitairèexterne.
I). Portiouorbitairèdo la paupièresupérieureverticale.OEilboursouflé,vu de
profilouvert (E), denii-formô (lf), fermé(G); vu de lace, ouvert(II), demi-
i'ermé(.1),formé(K). .
TÊTE PL. 20.

Paupières.
FORMESEXTÉRIEURESDES RÉGIONS—TETE 127
convexitédirigéeen haut, il mesureensonmilieuun centimètredehauteur.
Le tarse inférieurrevêtla formed'un longrectangledisposétransversale-
mentetd'undemi-centimètre dehaut.
Lesdeuxtarses s'appliquentet se moulentpour ainsi dire sur le globe
oculaire.Leursextrémitésinterneset externessontréuniespar un ligament
qui les rattachesolidementau bord
orbitairècorrespondant.
Tout au pourtourdes tarseset de
leurs ligaments, s'étend jusqu'aux
rebordsorbitairesla partiepériphé-
, riquedela cloison,—partiedésignée
sous le nom de ligamentslargesdes
paupières.—d'unestructurefibreuse
beaucoupplus faible et inégaleet.
qui ferme en avant la cavitéorbi-
tairè!(fig. 18).
Il convient d'ajouter que celte
cavitéest rempliejusqu'aubordpar 1S.—Paroiobturant
Kir.. complète-
ment labasedel'orbite.Cetteparoi
un tissu graisseux dans lequel se est tonnéeaucontre par car-
les"
tilagestarseset à la'périphérie
trouvent commenoyésle nerf op- pourles ligaments larges. A sa
surface,lespartiesfaiblesparoù
tique, le globede l'oeil,les muscles pourront se produire les liernies
sontteintées
et fous les autres organes, vais-. graisseuses denoir.
seaux ou nerfs qui font partiede l'appareil de la vision. Celle graissea
pour rnis'siond'en préserver la délicatesse, lors des mouvementsdu
globe oculaire. Mais, de plus, par son abondanceou sa pauvreté, par
les hernies qu'elle peut envoyerau traversdes parties affaibliesdes liga-
ments larges, elle constitueun élémentmorphologique important de la
région.
La cloisonfibreusequeje viensde décrire ferme en avantle trou orbi-
tairè et constituela coucheprofondedes paupièresdont elle fait partie
intégrante.Sur elle, viennents'appliquerune couchemoyenneconstituée
•parle muscleorbiculairede l'oeilet une couchesuperficielle forméepar la
peau particulièrementfine et délicate.Ces trois couchessont étroitement'
uniesentreelles(fig.19et 20).
La paupièresupérieurecommenceenhaut immédiatementsousle"sourcil
et la paupièreinférieurese continueen bas avecla.peau de la. joue. Sans
128 AKAT0M1EARTISTIQUE DU CORPSHUMAIN

21.— TÈTE.
Pl.ANGMS
A, B.Deuxexemplesd'un oeilenfoncé,se trouvantpar suiteassezdistantdela.
racinedu nezsur le prolil.
C.oeilsaillant.
DD'.OEilbridévude profil,D"le mêmedetrois quarts.
E. OEiljaponais.
F. OEiltriangulaire.
G.Pocliegraisseusedela paupièreintérieure.
11.Pochesgraisseusesdesdeuxpaupièresde face,II' de profil.
.1.Pochegraisseusedela paupièreinférieuredoface,J' (leprofil.
K. Pochesgraisseusesauxdeuxpaupièresde face,1Cde profil.
TÊTE PL.81.

de l'oeil.
Morphologie
FORMESEXTÉRIEURES-DESRÉGIONS— TETE 131.
parler de la fente palpébrale,la séparationdesdeuxpaupièresest marquée,
en dedans,par un petit relieftransversalsur lequelse réfléchitvivementla
lumièreet qui est le fait du ligament tarsal interne.Au pointcorrespon-
dant en dehors,c'est au contraireune dépressionqui sépareles paupières
et reposesur le ligamenttarsal externe.La paupièresupérieureest beau-
couppluslongueque l'inférieure.

Structure
despaupières detroiscouches
composées : unecouche profonde formée
(les-
attachés
larges
ligamenls nurebord
dol'orbilo
etauxtarses(onnoir),(luecouche
supcr-
lapeau(engris)etuneconcile
tieielle, intermédiaire
(en oùle
clair) pointillé la.
indique
dumuscle
section orbitairè.

Les paupières,voilesmembraneuxétendusdu pourtour de l'orbite-au-


devant de l'oeil,sont.donc,.toutesdeux, composéesde deux parties, une
partie centralerépondant au tarse (portiontarsale) en rapport avecle
globe oculaire lui-môme,et une partie périphérique,extérieureà la pre-
mière, reposantsur les parties molles qui séparent le globe oculairede
l'orbite(portionorbitairè).
,1edécriraisuccessivement la,portion centrale ou tarsaledes deux pau-
pières,et leur portionpériphériqueou orbitairè.

1° Portion centrale ou tarsale des paupières. — Cette portion


est cellequi, reposant directementsur le globeoculaire,en reproduitla
formearrondie et saillante: elle circonscritla fente palpébraleel par ses
8
132 ANATOMIE
ARTISTIQUEDU COUPSHUMAIN
mouvements permetl'ouvertureet l'occlusionde l'oeil.Dansces mouve-
ments,la plusgrandepartiede la courseestfourniepar la paupièresupé-
rieurequi.monteoudescendau-devantdu globeoculaireen semoulantsur
lui,pondantquela paupièreinférieurene subit,que desdéplacements assez
restreints.
La l'entepalpébraleest limitéepar les bords libresdes paupièresqui se
rejoignentendedanset en dehorsformantdeuxangles,l'interneou grand
.angleet l'externeou pelilangle(fig.21).

—l'iisdespaupières.
fi.;.--'].

Lesbordslibresdes paupièresoui unecerliiineépaisseur,unà deuxmil-


limètres.Ils s'appliquentétroitementcontrele globede l'oeilel.sontlégè-
rementarrondisen dehors.Ils portentles cils distribuésen lignesirregu-
lièressur touteleur épaisseur,d'oùil suit quela rangéedescilsn'estpoint
une ligneidéalementmince,mais plus oumoinsépaisse.
Lescilssont plus longschezla femmequechezl'homme,ils sont plus
IOIIÏSà lu paupièresupérieureet se recourbentversle haut; à la paupière
inférieureils sont pluscourtscl se courbentensensinverse,de sorteque
dansla fermeturedes paupièresles cilss'adossentpar leur convexité;et il
arrivequeceuxdela paupièreinférieuredisparaissentcomplètement sous
l'abri deceuxd'enhaut.
Le bord librede la paupièresupérieure,lorsquel'oeilest ouvert,est
noyédans l'ombredes cils, tandisque celuide la paupièreinférieure,se
présentantà découvert,réfléchitvivementla lumière.Enfin,le bordde la,
paupièresupérieuredécrit un arc beaucoupplus accentuéque celuide la
paupièreinférieure.
L'angleinternea la formed'uneéchancrurcarrondie,combléepar une
FORMESEXTÉRIEURESDES REGIONS— TETE 133

petiteélevurerose forméed'un amasde glandessébacéeset qui s'appelle


la caroncule lacrymale.11ne faut pas la confondreavecla glandedumême
nom qui n'est point visibleet. se trouveplacée à l'opposé,enfouiesous
l'angle externeet supérieurde l'orbite(fig.-1C).La partie du bord libre
des paupièresqui entourela caronculene porte pas de cils el rejoint la
partie ciliaire par deux petites élevuresopposéesl'une à l'autre — l'une
en haut,l'autre en bas — et percéesà leur sommetd'un petit pertuisqui
conduitles larmesdestinéesà lubrifierl'oeiljusque dans les voies lacry-
malesaboutissantà l'intérieurdes fossesnasales.
L'angleexterneest plus ou moinsaigu et marquéd'un sillonsuperficiel
qui continuele bord,libredela paupièresupérieure.
En raison de l'obliquitédu trou orbitairèqui s'ouvreen avant cl en
dehors, commeje l'ai déjà,signalé,l'angleinterne est situé sur un plan
antérieurà celuide l'angle externe.De plus, une lignequi passeraitpar
ces deuxangles et qui constituel'axe do l'oeil n'est point parfaitement
horizontale.Elle se dirige un peu en haut et en dehors,dispositionqui
exagéréeconstitue un des caractèresde l'oeil mongol.Lorsquel'oeilse
ferme, la paupière supérieure recouvre l'angle externe, qui parait
s'abaisser.-

Plis palpébraux (fig.21). — La partiecentraleel nettementglobu-


leusedes paupièresest,séparéedelà partiepériphériquepar un sillon cir-
culaireinterrompuau niveaudes anglesel par suitediviséen deux: en
haut, le sillon palpébralsupérieur,en bas,le sillon palpébralinférieur.
Lorsqueles deux yeuxsont fermés, le sillon palpébralsupérieur,large
el peu profond,contournele globeoculairevoilé.11suit doncun trajet
courbeà concavitéinférieure,naît, en dedans,au-dessusde la caroncule
pour se terminer,en dehors, dans la dépressionsituée près de l'angle
externede l'oeil.
Lorsquel'oeil s'ouvre (fig.20) la portion tarsale, entraînée avec le
larse lui-mêmeau bordsupérieurduquels'attachele musclercleveurdo la
paupièresupérieure,s'engagesousla portionorbitairèqui la recouvre,non
complètementtoutefois.En effet, la partie la plus voisinedu bord libre,
dans une étendue de quelquesmillimètres,reste toujours visible.Elle
apparaîtsousla formed'un rebordplus ou.moins large, suivant,les indi-
vidus,légèrementgonfiéchezles enfantsel chezla femme, et toujours
134 ANAT0M1EARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

pluslargeenson milieu,au-dessusdela pupille,qu'auxextrémités,au voi-


sinagedescommissures.
Au sillonpalpébralsupérieur,sortede valléesuperficielle lorsquel'oeil
est ferméou pli profondlorsquel'oeilest,ouvert,corresponden bas le sil-
lon palpébralinférieur,moinsarqué,moinsprofondel situéplus près de
la fentepalpébrale.11naît au-dessousdelà caronculelacrymale,prend la
formed'unedépressioncurviligneet finità l'angleexterne.
Cetteportiontarsale de la paupièreinférieureest d'ordinairelégè-
rement gonflée,beaucoupmoins haute que la région correspondante
de la paupièresupérieure.Elle ne reproduit pas exactementla forme
du tarse sur lequelelle repose.Dansl'occlusionde l'oeil,elles'élèvelégè-
rement, allant au-devantde la paupièresupérieurequi fournilun plus
long trajet et rendant plus superficielle sillonqui la limite par en bas.
Lorsquel'oeilest grandouvert,elle s'abaissedavantage,tournantversla
lumièresonbord librequi suitun trajet plus curviligne.lîlle diminueun
peu de hauteur, mais jamais le sillon palpébralinférieurne se creuse
très profondément.
Ce sillon présenteplusieursvariétés.Parfoistrès rapprochédu bord
libre,il s'en éloigned'autresfoisjusqu'àun centimètre.Assezsouvent,au
lieu de suivreune directionhorizontale,il est franchementoblique el
n'existequ'endedans.Il part de l'angle interne, se dirige en bas et en
dehors,donnantainsià cettepartie de la paupièreun aspecttriangulaire.
La partieexterneest alorsdépourvuede sillon,ou n'en possèdequ'un très
légerle longdu tarse.
Le sillon obliques'accompagnepresquetoujoursd'un oudeux sillons
accessoiressituésau-dessousde lui, plusrarementau-dessus.

Portion orbitairè ou périphérique des paupières (fig.21et 22).


— En haut, cette partie de la paupièresupérieurecommenceau bord
inférieurdu sourcil, pour se terminer au.sillon palpébralsupérieurau
milieu,et, surles côtés,au niveaudesligamentstarsiens.
En bas, les limitesde la,partie orbitairèdela paupièreinférieuresont
analogues.Elle s'étenddu sillon palpébralinférieurau niveaudu bord
inférieurde l'orbite,qu'elledépasseun peu d'ordinairepour se continuer
avecla peau de la joue. Sa limite inférieureest forméepar deuxsillons
obliquesindépendantsel fort inégalementtracés. Le plus constantet le
FORMESEXTÉRIEURESDES RÉGIONS— TÊTE 135
plus accentuéest l'interne, quicommenceau-dessousdu ligamentpalpébral.
interne,descendobliquementsousun anglede 1,5°et se termineassez'brus-
quementquelquefoispar une petite fossetleau niveaud'une ligneverticale
quipassepar le milieu de la paupière.Il séparela paupièredu plan latéral
du nez, cl méritele nom de sillonnasal.Simplegouttièrearrondiedans le
jeuneâge el chezla femme,il s'accentuepar le jeu des muscles..Souvent il
se dislinguepar sa coloration,laissant, chezles blondes,transparaîtrela
leinle bleuâtre d'une veinesituée a, son niveau et, chezles brunes,il est
parfois le sièged'unetraînéesombrequi
aller la teinte de suie.'
peut jusqu'à
Lesillonobliqueexterne,sillonmalaire,
fait défaut chezles enfantset-lesjeunes
gens. 11n'apparaît souvent qu'à la fin
^Ic l'âge mûr et peut manquer, même
chezle vieillard.11est situé un peu au-
dessousdu bord de l'os malaire dont il
suit la direction.11commence, en dehors,
dans le sillonde l'angleexternede l'oiil
et finit, en dedans,au niveaude l'extré-
mitédusillonobliqueprécédent.Lesdeux Fic. 22.—Rapportsdol'uni'avec
leglobeoculaire
el la basede
sillonss'unissentparfoispour former un l'orbite enpointillé.
indiqués
demi-cerclerégulier,donnantune forme
ovaleà la paupière.Le plus souvent,les deux plis ne se raccordentpas,
le pli interne descendplus bas et il reste entre les deuxextrémitésun pelit
espaceplissé assezconfus : la paupièreparaîttriangulaireet sonsommet
descendsur la joue. L'accentuationde ces formes n'apparaîtque par les
progrèsde l'âge. -
Les moitiés périphériquesdes paupièresoffrent à l'étude des détails
.morphologiquesdu plus.hautintérêt.
A la paupièresupérieure,la portion orbitairè apparaîtsousdeuxaspects
différents.Le plus souvent,elleformeun véritablepli plus ou moinsépais,
descendantsur la portion tarsiennedont ellelaisse toujourslibrela partie
la plus voisinede la fente palpébrale, ainsi que je l'ai déjà dit. Dans
sa partiesupérieure,ellese déprimelégèrementavantde rejoindrelesour-
cil. Son bord inférieur,qui limite le sillon palpébral, n'est pas toujours
uniformémentcourbe.Il se redresse parfoisvers le milieu.Ce pli se ter-'
•13fi ANAT0M1E ARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
mine, en dedans, au niveau d'une forte dépression"qui surmonte l'angle
interne de l'oeil.En dehors, il surplombe l'angle externe, se prolonge vers
la tempe en suivant un trajet rectiligne ou courbe et remonte se joindre à
la sailliede la queue du sourcil.
11existe parfois un second pli fort mince qui est comme un dédouble-
ment du premier et qui s'applique exactement sur.la portion tarsale (pli
tarsal des auteurs) (pi. 19, .1 et L). Une forme analogue se produit
lorsque l'oeil est à moitié fermé, au moment où la paupière,se déroulant
pour ainsi dire sous l'influencedu mouvementd'abaissement,voit sa por-
tion orbitairè divisée en deux parties par un sillon surtout accentuéen
dehors, une partie inférieure appliquée sur le tarse el une partie supé-
rieure soulevée par l'apophyse orbitairè externe. Ces formes de mou-
vement disparaissent lors de l'occlusion complète de l'oeil (pi. 18, D,
et 19, F).
Sousun secondaspect plus rare, la partie orbilaire de la paupièresupé-
rieure ne forme point de saillie.Elle est étendue comme un toit plus ou
moins oblique allant du sourcil en arrière de la portion tarsale, qui
apparaît alors dans une beaucoupplus grande étendue. Cette disposition
accompagnesouventune situation assezhaute du sourcil (pi. 20, A).
A la paupièreinférieure, la portion orbitairè placée sous la portion tar-
sale est limitée en bas par les deux sillons obliques décrits plus haut.
Danstoute sa moifiéjnlerne, elle est,déprimée, au-dessusdu sillon nasal. '
Elle se relèveen dehors pour faireune saillievariable.
Ces portions périphériques des paupières sonl le siège de fréquentes
déformationsqui modifientl'aspect des yeux et sont occasionnées,soit par
un boursouflementgénéral ou partiel avec ou sans allongement de la
peau, soit par la graissede l'orbite venant faire hernie au travers des liga-
ments larges.
Lorsqueles paupièressont boursouflées,commeil arrive souventchezles
jeunes enfants, la portion orbitairè supérieure descend comme un mur
vertical sur la partie tarsale qu'elle recouvre presque complètement
(pi. 20, D et E). Ceboursouflementest parfois localiséà la partie interne,
recouvrant complètementla caroncule. 11n'est pas rare de voir cette dis-
position,qui est presquela règle chezles tout jeunes enfants, persister, à
un certain degré, dans l'adolescence(pi: 21, D, D', D"). Sa constance,sa
persistanceà tous les âges, son exagération qui en fait une sorte de bride
FORMES EXTERIEURES DES REGIONS — TETE 137
falciforme cachant tout l'angle interne de l'oeil, sont un des caractères de
la race jaune (pi. 21, E).
La paupière inférieure a aussi .parfois sa portion orbitairè légèrement
gonfléeavec maximum de saillie en dehors et accentuation des sillons qui
la séparent, par. en bas, du nez et de la joue.
Le simple relâchement des tissus a pour effet d'allonger la peau des pau-
pières et cet allongement se traduit par les formes suivantes :
A la paupière supérieure, la portion orbitairè retombeet descend au-
devant de la portion tarsale jusqu'au niveau du bord libre qu'elle peut
masquer dans tontôson élenduc.Parfoisla. partie externe seuleest.le siègede
cette chute palpébrale, cl l'ouverture de l'oeil prend un aspect triangulaire
(pi. 21, F). Lorsque cette ptôse est générale el. très marquée, le relèvement
de la paupière s'exécute incomplètementet les veux restent voilés.
A la paupière inférieure, le relâchement de la peau, accompagnement
obligé de l'âge, se traduit par un plissement en tous sens, surtout marqué
dans le sens transversal, el par l'acccntualion des plis qui la bordent par
en bas el au-devant desquels même elle descend inégalement. Ce plisse-
ment de la peau, dans ce cas, s'observe également à.la paupière supérieure
dans toute son étendue el jusque dans la région tarsale d'ordinaire si
unie.
La cloisonfibreuse qui ferme l'orbite en avant s'affaiblit,avec l'âge cl au
travers des parties les-.plus faibles, d'ailleurs toujours situées aux mêmes
endroits, la graisse, qu'elle a pour mission de contenir, vientfaire hernie et
donne naissance à des reliefs occupant des points fixes (fig. 18).
A la paupière supérieure, c'est au-dessus de l'angle interne, comblant
plus ou moins un creux constant d'ordinaire, que se produit l'élevure due à
la graisse, et dans cet endroit seulement (pi. 21, 11).
Tandis qu'à la paupière inférieure c'est dans toute son étendue que
s'accumule la graisse en question, mais avec prédominance sur les côtés;
ainsi se trouve constituée une véritable poche bien connue, soulignée en
bas par les deux sillons latéraux réunis et très accentués (pi. 21. G, 11,.1,K).
Le plissement cutané déjà signalé et occasionnépar la perte de l'élasticité
de la peau dans la secondemoitié de l'âge mûr et dans la vieillesse vient
s'ajouter et se superposer aux déformations graisseuses.

Globe oculaire. — Sans entrer dans les détails de la constitution de


138 ANAT0M1EARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
l'appareiloptiquequ'est l'organe de la vision — véritable chambrenoire
— il nousfaut dire quelquesmots maintenant de la portion du globe de
l'oeilvisiblepar l'ouverture palpébrale.
Au centre, un segment de la sphère apparaît, transparent commedu
cristal et d'une convexitéanalogueà celle d'un verre de montre. C'est la
cornée,sertie pour ainsi dire dansla membraneblanchetrès solideet résis-
tante qui forme tout le reste du globeoculaireet qui se nommesclérotique.
Le relief de la cornée sur cette dernière est tel qu'il est parfaitement
appréciableau traversde la paupièreabaissée.-Lasclérotique n'est visible
que dans une faible portion de son étendue. 1511e est recouverted'une
membranetrès fine d'un blanc jaunâtre, la conjonctive,qui se réfléchitde
la face profondedes paupières sur le globe de l'o.'il pour se terminer aux
limites delà cornée. Leblanc de l'oeil est plus ou moinspur, suivantque
la conjonctive,toujoursseméede petils vaisseaux,est,plusou moinsinjectée
de sang ou infiltrée de graisse. 11 est blanc bleuâtre, commechez les
enfants,lorsque la.sclérotiquepeuépaisseet la conjonctivepeu vaseulairc
laissent transparaître légèrement la. teinte noire de la membrane qui
tapisseintérieurement,commedans tous les appareils optiques,le globede
l'oeil.
Immédiatementderrière la cornée se trouve placé un diaphragmeplan
et verticalqui porte le nom d'iris et dont l'orificecentral, — la prunelleou
la.pupille,— qui.paraît obscur parce qu'il s'ouvredansl'intérieurdu globe
oculaire,a la faculté de s'agrandir ou de se rétrécir, suivant les circons-
tances,pour laisser passer un plus ou moins grand,nombrede rayonslumi-
neux. L'iris est coloré,bleu, brun, noir, etc..
D'ordinaire,l'iris est légèrement recouvert par la. paupière supérieure
pendant qu'il vient affleurer, en bas, le bord libre de la paupièreinfé-
rieure. 11n'est pas rare, lorsque l'oeilest saillant, de voirl'iris bordé, en
bas, d'unliséré blancde sclérotiquequi le sépare de la paupièreinférieure:
d'autres fois l'iris est entièremententouré d'un cercle blanc, ce qui donne
au regard un aspect étrange el commeeffaré.

NEZ.

Le nez, par sa partie la plus supérieure,esl en continuitédirecteavecle


front. Chezl'homme,une échancrureconstante marquela racine du nez et
FORMES EXTÉRIEURES DES RÉGIONS TETE 139
est occasionnéepar la saillie médiane de la partie inférieure du front, au
niveau de la bosse nasale, bossevisible surtout sur le squelette, mais qui,
bien que transforméesouventsur le nu en dépressionpar les sailliessourci-
lières, n'en conserve pas
moins son relief sur le
plan de la racine du nez.
Chezïafemme,celleéchan-
crure manque, el son ab-
senceconstitueavecla ver-
ticalité du front un des
traits les plusfrappants de
son profil.Laligne dufront
se continue directement
avec la ligne du nez, ce
ne veut pas dire que l'ic. —
23. dunez.
Conformation
qui
les deux lignes suivent la
môme direction, car celte dernière se relèvetoujours, si peu que ce soit, de
façon à décrire avecla prôcédenleun angle plus ou moins obtus ouvert en
savant. Ce n'est que
dansla forme conven-
tionnelle adoptéepar
l'Antiquité grecque
que l'on voit le dos du
nezcontinuerla direc-
tion du front.
Les os nasaux, qui
soutiennent la racine
et le dos du nez dans
sa partie supérieure,
—Cartilages
Fui.'2<i. dunez.
le squelette
quicomposent sonl continuéspar des
pièces cartilagineuses
qui servent de squelette au reste de l'organe (fig. 24).
La base du nez est libre et tournée en bas.
Je ne décrirai pas dans les détails les variations deforme du dos du nez,
de môme que les différencesd'orientation de sa base (pi. 22).
La base du nez est percée de deux ouvertures séparéespar une cloison
140 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

22.—QUELQUES
PLANCHE PHOPII.S.
A.Nezrelevé.
B.Nezlongel droit.Lèvresupérieurebienourlée.
C.Nezdroit.Frontvertical.
D.Frontbombé.
E. Nezlégèrement busqué.
F. Nezdroit,relevé.
G.Profild'unejeunepaysannerappelantle profilgrec.
TÈTE Pi..82.

Quelques
proiils.
FORMESEXTÉRIEURESDES RÉGIONS— TÊTE U»
médianeel quisontlesnarines.Cesouverturessontdeformeovalaireavec
grosseextrémitédirigéeen arrière,et la cloisons'attachesur le milieude
la lèvresupérieurepar une partieplusépaisse.Labasedu nezs'élargitsui-
les côtés pour former les ailes du nez. Elle possèdeà sonextrémité
antérieureun renflementqui est le lobuledu nez.
Lesailes du nez sont circonscritesen haut el en arrière par un sillon
curvilignequiles séparedu restedu nezet desjoues.Lesnariness'ouvrent
en baset en dehors,ce qui tient à ce quela cloisonquiles-séparedescend
plus bas que le bord inférieurdes ailes.D'oùil suit que ses orificesappa-
raissenttoujourssur uneligurevuede profil(fig.23).
Lelobulecsl parfoisuniformément arrondi; d'au1resfois,il présentedivers-
plansdéterminéspar lesinflexionsdescartilagesqui entrentdanssa struc-
ture; il n'estpas rare alors,sur un nezsec et maigre, de voir le lobese
diviseren deuxsailliesétroites,séparéespar un légersillonverticalet dues
auxdeuxcartilagesqui de chaquecôté entourentl'ouverturedesnarines.
Le dosdu nezest souventmarquéd'unlégerrenflementau pointderéunion
desosdu nezavecles cartilages.
Lapeaudu.nezest minceau niveaudela racine,oùellese doubled'une
couchecellulo-graisseuse assezépaisseet quise continueaveccelledufront
et dessourcils,tandis que,sur le lobule,ainsi que sur l'aile du nezet sur
la cloison,elle est très épaisseet adhèreintimementà la couchesous-
jacente.Lesglandessébacéesy sonttrèsnombreuses, principalement sur le
lobuleet sur les ailes, cequi donnesouventun aspectluisantà la région,
à causede la matièregrassequi se répandà sa surface.La sécrétiondes
glandessébacéesse figequelquefoisdans leconduitexcréteuretse montre
alorssousl'aspectd'un petit pointnoir. Une simplepressionexercéesur
le pourtourde l'orificeoblitéré suffitalors pour en faire sortir un petit
cylindredematièresébacéequi ressembleà un petit ver jaune avecune
petite tète noire.Delà, l'expressionvulgaire: tirer les vers du nez.
Chezla femme,la peau,beaucoupplusfine,a rarementl'aspectluisantet
est moinsricheen glandessébacées.Le nez minceel délicat,aux narines
fineset mobiles,au lobulesec et modelépar plan,estun desattributsdu
visageféminin.
'. BOUCHE.
Laboucheestcirconscritepar les lèvres,qui reposentsur la sailliedes
arcadesdentaires.Larencontredes dents d'en haut el decellesd'enbas
144 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
maintientla hauteurdes lèvres;aussi,lorsqueles dents manquent,comme
il arrivechezle vieillard,leslèvresdiminuentdehauteuret semblentrentrer
dans la bouche.11n'est pas inutile de faire remarquerque les dents qui
se rencontrentsont les mo-
laires; les dentsde devantse
croisent à la manière des
lamesd'unepaire deciseaux;
lessupérieuresdcscendentau-
devanld.es inférieures,
qu'elles
circonscrivent. Lorsque la
boucheest fermée,les dents
rapprochéesau contact en
arrière et croiséesen avant,
commeil vientd'êtredit, l'in-
tersticedeslèvresrapprochées
sanseffortcorrespondenviron
FlG. — des
2."i. Conformation lèvres. dela à la partie médianedesinci-
Itapporl
boucheaveclesdents. sives d'en haut (fig.25, 26).
Les dentsde la femmesont
plus petites,^d'un émailplus blancet plusrégulièresquecellesde l'homme.
La lèvre supérieureest creuséed'un sillon vertical médianà la partie
supérieureduquelvient s'implanterla eleisondu
nez. Un sillon semblable,moins profondet plus
large,existeaussisur litlèvreinférieureel seter-
mine brusquementsur la sailliedu menton.
Lesbordsvermeilsdesdeuxlèvressontconsti-
tués par la muqueuseel l'endroitoù elle s'unit
-avecla peauest marquéd'unlisérésaillantqui en
arrête lés contours.Malgré la variété de leurs
formes,ils répondenttoujoursà un typedifférent
aux deux lèvres et déterminé par les phasesde
leur développement.
La lèvre supérieurese forme en trois parties
qui se soudent ensemble dans les premières
semainesde l'embryon, une partie médianeel' l'ic.'26.—Rapport dela
bouche
aveclesdents
deux latérales (leur réunion incomplèteocca- (prolil).
FORMESEXTÉRIEURESDES RÉGIONS— TÈTE 155
sionnelamalformationditebecdelièvre).C'estpourquoila lèvresupérieure
est composéede trois parties, une médiane,constituéepar une éminence
arrondiefaisant suite au sillonmédian,et deux latérales, sousla forme
dedeuxbourreletssymétriquesqui s'effilent"versles commissures(fig.25).
La lèvreinférieureest dueà la réunionde deuxproductionslatéralesqui
opèrentleur souduresur la lignemédiane,avantmême que la lèvresupé-
rieuresoitconstituée.Aussila voyons-nous forméede deux moitiés,symé-
triques séparéespar un léger sillon persistant, trace de la formation
embryonnaire.C'estainsi qu'àla doublearcalurcqui donneau bord dela
lèvre supérieurel'apparenced'une accolade,répond à la"lèvre inférieure
unecourbureunique La lèvresupérieurel'emporte toujoursen sailliesur
l'inférieure.Quantà leur épaisseur,elle est fort variablesuivantles indi-
vidus.Et l'onrencontredansla naturedenombreuxtypes différents,depuis
les lèvreslargementourlées,jusqu'auxlèvresminces qui font ressembler
la boucheà.l'entailled'un coupde couteau.
Lesexlremitesexternesd.es deux lèvreseffiléesse joignenten formant,
lescommissuresque deuxpetiteséminencescutanéesabritenten dehorset
sur lesquellesvientmourirle sillonnaso-labial(fig.27).
MEKÏ oN.
Lementonterminela face par en bas. 11 fait une saillie fort variable
suivantles individus,uniformémentarrondiechezles uns, marquéechez
les.autresd'une,dépressionmédiane.Celle dépressionest due à la pré-
senced'un rapbé médian qui unit à l'osla face profondedela peauà cet
endroit.La sailliedu mentonest un caractèrehumainet n'existepas chez
les singes.Elleest occasionnéed'unepart par le corps du maxillaireinfé-
rieursur lequelreposele mentonet d'autre part par l'accumulationd'un
tissugraisseuxassezdensequi doublela peau.
Lementonest nettementlimité en haut par un sillon courbequi le
séparedela lèvreinférieure(pli menlo-labial.)
(fig..27).Il s'arrondit par en
bas, oùil empiètelégèrementsurla faceinférieure.11est séparédu sous-
mentonpar un pli transversalplus ou moins profond,mais constant et
qui ne s'effacejamais, quel que soit l'embonpoint.Cepli sous-mentonnier
sépare nettementle menton,surles faceschargéesde graisse,des reliefs
transversauxquichargentla régionsous-mentonnière et que.l'on désigne
vulgairementsousle nom desecondel troisièmementon.
146 ANAT0M1EARTISTIQUEDUCORPSHUMAIN
Surles côtés,le mentonn'a pas delimitesaussiprécises.Chezl'homme,
il s'élargitavant dese continueravec le bord inférieur des joues. Mais.

Km.27.—Plisdelal'ace.

•chezla femme,il est généralementplus étroitet formela petite extrémité


de l'ovaleque dessinele visagedansson ensemble.

TEMPE.
Lestempescontinuentle frontendehors.Ellesrépondentsur le squelette
aux fossestemporales,maisn'en reproduisentquetrès exceptionnellement,
el chezles genstrès maigres,la formeexcavée.En effet,sur le vivant, la
dépressiontemporaleest occupéepar un musclepuissantqui comblecl au
delà, mêmechezla femme,la fossedu mêmenom, d'où résulte la forme
toujoursun peu arrondiede la région surtout à sa partie supérieure.En
haut, ellesecontinuesans interruptionavecle sommet de la têle, Mais,
en avant, elle est séparéedu front par une ligne courbesaillante répon-
dant au reliefosseuxqui borde,à ce niveau,la fossetemporaleet se con-
tinue avecle bord supérieurde l'os des pommettes.Très accentuésouvent,
chezl'homme,il est toujours senti chezla femme.11sépare la tempe dé
l'oeilet la sailliehorizontaledel'arcadezygomatiquelui fait suite par en
FORMESEXTÉRIEURESDES REGIONS— TETE 147
bas. Danstoute sa partie inférieure,au-dessusde celte arcade,la tempe
est un largeméplat.
.1ouE.

L'osdelà pommellecontinuéen arrièreet.en dehorspar l'arcadezygo-


maliqueformeavecle maxillaireinférieurle squelettede la régioncl y
joue un rôle morphologique important.Lasaillieexagéréede l'os malaire
situé auxlimitesde la face antérieureet de la face latéraleimprimeau
visagel'aspectlargeet aplatiqui caractériseles racesmongoles.
L'arcadezygomalique maintientla largeur du visage et par la dépres-
sionde sa racinepostérieureau-devantdu trou auditifimprimeà la joue
sa formearrondietransversalement.
La conformationde toute la moitié inférieuredes joues est sous la
dépendance du maxillaireinférieur,qui, toujourspluspetit chezla femme,
concourtà donner à sa face l'ovalequi lr caractérise,pendantque chez
l'hommele développement du maxillaireinférieur,joint à celuidu mas-
séter,donneà sonvisagel'aspectanguleuxel carré-.
La joue, en avant, est séparéede la paupièreinférieurepar le sillon
nasal, el de la lèvresupérieurepar un autre sillon, le sillonnaso-labial
(fig. 27). Entreles deux, la joue remonteobliquementpour rejoindrele
, planlatéraldu nez,dontelle est séparéepar un sillonlarge et peuprofond.
L'angledu maxillaireinférieursoutientla joue enbaselen arrière,oùelle,
est séparéedu coupar un sillonassezlargequisuit le bord antérieurdu
musclesterno-mastoïdien. Cetangle,dedegrévariable,avecl'âgen'esttrès
visibleque chezles personnestrès maigres,maisil n'en a pas moins,par
son degré d'ouvertureet par son relief,une importancemarquéesur la
formedela région.
Chezles personnesjeunes,les sillons de la facese bornentà ceuxque
nousavons déjà signalés,sillon naso-labial,sillon monto-labial,sillon
sous-menlonnier. Maisaveclesprogrèsde l'âge,d'autressillonssecreusent
sur la jouequi sont,remarquablespar leurconstance.Lepremierqui appa-
raissenaît sous la sailliede la pommelleet descendverticalement,jus-
qu'à rejoindre quelquefoisle pli sous-menlonnier. On peutl'appelerpli
jugal. Un secondpli, moins marquéet qui suit la mêmedirection,vient
s'ajouterplustard au précédentdont il est commel'accessoire.Il est situé
à peu de distanceen dehorset coupela joue en son milieu.Cesplis se
148 ANAT0M1EARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
creusentavecles annéeset apparaissentsurtout sur les,visagesmaigres.
Ils sont, le premier surtout, un des premierssignesdu ravage des ans.
Et s'ilssont moinsapparentschezles personnesgrasses,une observation
attentiveen révéleraaisémentles premiersindicesrévélateurs.Ils sontun
guideprécieuxpourle modelédesjoues(fig.27).

0 iîKihî.K.

Lepavillondel'oreille,situésurleslimitesdela face,ducrânecl du cou,


a, dansson ensemble,uneformeovoïdedontla grosseextrémitéesttournée
en haut. Il adhèreaux paroisdela lôte par son tiersantérieurenviron.Le
reste du pavillonprésentedoncune l'aceinternedistantedu crânede un à
un centimètreet demi,mais quiquelquefois s'enécartebeaucoupplus.Son
grand axe n'est pas vertical,mais un peu obliquedehaut en bas et d'ar-
rière en avant, llerlillonlui donnepour dimensionsG'1",2 de longueurel
Chez
la i l est mais il ne sauraitdescendre '
3,6delargeur. femme, pluspetit,
au-dessousdecertainesproportions.Sa positionest déterminéepar le con-
duit auditifexterne.El sur le profild'unetète dontle masqueest vertical,
il est généralementcomprisentredeux ligneshorizontalesparallèlesdont
la premièrepassepar le sourcilet la secondepar la basedu nez.
Le pavillonauriculaireressembleà un cornet aplati suivantson grand
axedont la paroi,plusieursfoisrepliée
sur elle-même,offreun assemblagede
formessingulièresquivarientbeaucoup
suivantles sujets, maisque l'on décrit
dela façonsuivante(fig.28):
Au centre, une cavité,sorte d'anti-
chambredu conduitauditifexternequi
tic.28.—Pavillon
del'oreille. y aboutit: la conque.A la périphérie,
un repli qui borde toute la. partie
du l'hélix. ' son-extré-
et
supérieure postérieure pavillon.: L'hélix,par
mité antérieure, prend naissanceau fond de la conque,au-dessusdu
conduiljauditif.11se termineen bas par unemassecharnueovoïde,libre
sur sesfaceset adhérenteà la joue par la partiela.plusélevéedesonbord
antérieurseulementet qui estle.lobule.
La cavitéde la conqueest bordéeenarrièrepar Vanthélix, qui se termine
FORMESEXTERIEURESDES REGIONS TETE 149
en haut par deuxbranchesentre lesquellesse trouveune dépression,la
fossenaviculaire.L'hélixet l'anthélix sont, en outre souventséparés par
une fossetteallongée,la fosse scaphoïde.Enfin deux saillies,en bas et en
avant,rétrécissentl'entréedela conqueen la réduisantà une sorle~d'inci-

i'io.2'J.—Quelques demauvaise
exemples dupavillon
conformation del'oreille.
A.Oreillenonourlée. 11.Conquetraversée.
li.Bordure elaplatie.
inétrale K.Lobulenid.
C.Lobule adhérent. 1''.Lobule
hypertrophié.
sure fort caractéristique;c'est, en avant, le trugusqui abrite l'entréedu
conduit auditif, puis, en arrière et en
bas, Yanlilragusquiprolongel'anthélix.
Cettedescriptioncorrespondà la nor-
male, maisil existefréquemment,chez
lesmodèles, desaltérationsdecetteforme
dontl'artisledoitaumoinsconnaîtreles
principalesqui sont : l'absencede l'an-
thélix (oreillenon ourlée),l'absencedu
lobuleou son hypertrophie,son adhé-
rence à la joue dans toute sa hauteur,
la saillieanormaledel'hélixqui divise
la conqueen deuxcavités,etc. (fig. 29).
Au-dessous del'oreilleet en arrièrede
la mâchoire,setrouvecreuséela dépres-
sionsous-auriculaire, limitée en arrière
par la sailliede l'apophysemasloïdeet
le bordantérieurdumusclesterno-mas-
toïdien qui s'y attache. Cette saillie
osseusetrès prononcéeest séparéedu hio.30.—Diagramme
délalace.
pavillonauriculaireparunsillonprofond leprofesseur
(D'après LAK-I-KHI.)
9
ISO ANATOM1E
ARTISTIQUEDUCORPSHUMAIN
qui limitesa portionadhérenteet conduit,en bas, à la fossesous-auricu-
laire.
Je termineraila descriptiondes formesdu visage par la figure ci-
contre(fig.30), quej'emprunteau très intéressantouvragedu professeur
Lanteri(1).
Ellerésumeadmirablement les formesde la face.Les massesindiquées
par des contoursne sont pointoccasionnées par un élémentanalomique
unique.Les os, les muscleset aussi la peau y concourentégalement.Ce
sontenrésumédes formesmixtes.M.Lanteriaccompagne cellefiguredes
observationsles plusjudicieuseset qui révèlentun sensde la formetrès
profond.
» Cesformes,dit-il,ainsicirconscrites existentavecune certainevariété
de dessinel de façonplusou moinsaccentuée,aussi bienchezles femmes
quechezles hommes.Surla facede l'enfant,oùellesparaissentmanquer
totalement,on peut,lorsqu'onest prévenu,les retrouverindiquéespar des
plansextrêmement délicats.
« Surla,figured'unepersonneâgée,ellesapparaissenttrès clairement.Si
sur une facequisemblede formetrès simplel'existencede cesunissesne
frappepas, un éclairageintenseà jour frisant révélera,sur la figuredu
modèle,unevariétéde demi-teinles, résultatdes plansou dépressionsqui
séparentcesformesdevenues alorsclairementapparentes.Par ce procédé,
on évitera,cesformesrondesetlissessansvariétédansle modeléel,quisont
dénuéesde délicatesseel d'expression.»

(1)Modelling a guidefor Tca.cli.crs


andsludenls.
l$yEd. Lanteri,professorof
sculpturealtlteroyalcollègeof art SouthK.ensiugton.
London: Cliapmanand
Hall,Ltd.11,Hcnrietta Slrcel.AV.C.1902.
TORSE

Letorse dela femmeet celuidel'hommediffèrententre euxpar le déve-


loppementinégalet de sens inversede leurs deuxmoitiés supérieureel
inférieure(fig.31).
L'hommel'emportepar le
"volumede la moitié supé-
rieure qui donne au torse
masculinle type thoracique,
pendant que la femme, au
contraire,par le développe-
mentdela moitiéinférieure,
se rattache au typeabdomi-
nal.
Unaulrecaractèredifféren-
tiel est, chezla femme,l'ac-
centuationde la cambrure
lombaire,conséquence d'une
colonnelombaireun peuplus
incurvéeet d'uneplusgrande
inclinaisondu bassin.
Je rappelleici les figures V'.G.
31.— Schéma du-torse
del'homme(lync
thoracique)
etdu
12et 13consacréesà la topo- nement torse
d elafemme(type Bassin
abdominal). moyen-
incliné, peupluschezla femme
un quechez
graphiemorphologique com- l'homme.
parée de l'homme et de la
femme.Ellesaiderontàfixerlesidéessurles limitesprécisesdesrégions
dontil va être successivementtraité.

Cou
Lacharpentemusculaire'ducouest composée, enarrière,desmusclesdelà
nuqueet,sur les côtés,desslerno-mastoïdiens
appuyéssur quelquesmuscles
132 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

23.— Cou.
PLANCHE

Charpentedu cou de profilA, defaceB. Os hyoïde,larynx et corpsthyroïde


chezl'homme.
C,D.Figuresmontrantle rôleinversedu larynxet du corpsthyroïdedansla
•formeducouchezl'hommeet chezla femme.
COU PL.23.

du cou.
Charpente
FORMESEXTÉRIE.URESDES RÉGIONS— TORSE 1S5

profonds.Le faibledéveloppement musculaire,chezla femme,est-lacausé


dela gracilitéde la nuque,dontla formegénéraleest néanmoinsla même
que chezl'hommeavecles deux saillieslatéralesséparéespar une dépres-
sionmédianeplus oumoinsprofonde.Pour la mêmeraison,le planlatéral
du slerno-masloïdien n'apparaîtpointdistinctet se confondavecles régions
voisines. Cen'est qu'à ses insertionsinférieures, à la clavicule(tendon
aplati)et surtout au sternum(tendonarrondi),de chaquecôlé du creuxsus-
sternal, que ce musclese révèle,à l'extérieur,par un modeléspécial'qui
s'accentuedansles mouvementset s'étend,au muscletoutentier lors de la
rotation de la tôle. Au repos, la formed'ensembledu epu est presque
uniformémentarrondie.
Danssa partie antérieure, plus spécialementdésignéesousle nom de
gorge,le couvoit sa morphologiedominéenon pluspar les musclesrepré-
sentésici par quelquesunitésminceset platesse modelant surles parties
profondes'(musclessous-hyoïdiens),mais par des organesspéciauxà la
région dontils sont en quelquesortele squelette,el dontle développement
inéga)imprime,à celle partie du cou, uncaractèrebiendislinclet spécialà
chaquesexe.
En effet,le grand espacevidequi existesur le squelette,enlrele maxil-
laire inférieuret le sommetdu thorax, est en partieoccupépar les voies
supérieuresde la respiration(pl. 23, Ael B).A l'os hyoïde,qui occupele
fond du sillon séparantla gorge de la régionsous-mentonnière, se trouve
suspendule larynxauquelsuccèdela trachée-artère.Et uneglandedésignée
sousle nom de corpsthyroïdeest appliquéesur cette dernière tout à sa
partiesupérieure.Larynxel corpsthyroïdesontles deuxorganesessentiels
de la région.
Le larynx, appareil cartilagineuxoù se formela voix, a l'apparence
d'unepyramidetriangulaireorientéedetelle façonqu'undes côtésest dirigé
en avant et quela baseest tournéeen haut, pendantquele sommettronqué
et arrondi s'aboucheen bas avec la trachée-artère.L'angle de la base,
dirigé en avant, est fortement émoussôet il est la cause de la saillie
connuesousle nomde pomme d'Adam.Cellesaillieconstantechezl'homme,
maisvariablesuivantles individus,n'existepas chezla femmeà caused'un
moindrevolumede cet organe.
Le corpsthyroïde est une glande à surfacelisseforméed'une partie
médianeéfroilc, sortede ponl, qui réunitdeuxlobeslatérauxvolumineux
156 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

Cillî24.—Cou.
Pi.AN
Schémadu coulongel du coucourt.Danscesdeuxexemples,la colonnecervi-
caleest de mêmelongueur.Seulesont variéles limitesosseusesdu cou,
maxillaireinférieurpetit C, D ou volumineux
A, 1$,sternumot clavicules
élevésA,BouabaissésC, D.
COU PL.24.

Raisonanatomique
desvariationsde longueurdu cou.
FORMESEXTÉRIEURESDES RÉGIONS— TORSE dbi-
places sur les côtésde la trachéeel qui remontentjusquesur les parties-
latéralesdu larynx.
Généralementpeu volumineuxchezl'homme,le corpsthyroïden'inté-
resseguèrela formeextérieure,pendantque,par son développement cons-
tant chezla femme,il tient soussa dépendancetoutela morphologie de la.
partieinférieureet antérieuredu cou.II est la cause de l'élargissement el
du modeléarrondi de la région,chez cette dernière,juste au-dessusde
la fourchettesternale.Cellesaillie, dont l'exagérationmorbideconstitue-
le goitre,suit les déplacementsdela trachéeel monteel descendlorsdes-
mouvementsde déglutition.
Lemodeléde la partie antérieureducou est doncessentiellement diffé-
rentdansles deuxsexes.Chezl'homme,il est dominépar la saillieangu-
leusedu larynx ou pommed'Adam;chezla femme,c'est le reliefdouxet
uniformede la glandequi l'emporte(pl. 23 C, D, et 2SA, B).
Ajoutons,pourcompléterla morphologiedu cou féminin,l'existencede
plusieursplis cutanéscirculairesquisontdes plis de flexionet semblent
être un attribut de beautépuisqu'onles désignesous le nom de collier
de Vénus(pl. 26).
Apremièrevue,lecouparaitpluslongchezlafemmequechezl'homme,ce
quiest,dûauvolumemoindredes muscles,à la petitessedu maxillaireinfé-
rieurel souventà la chutedesépaules.Mais,souscerapport,il y a degrandes
variationsindividuellesquidépendentdu déplacement deslimitesosseusesdu
cou(pl.24).Ainsi,à la limitesupérieure,sil'osoccipitalconstitueenarrière
uneformefixe,le maxillaireinférieuren avant,suivantle degrédesondéve-
loppement,augmenteoudiminuela hauteurapparentedu.cou.11en est de
mémoà la limiteinférieure,par suitede la situationvariabledu sternum,
delaclaviculeetdesépaulesen général.Unlongcoucoïncideratoujoursavec-
unthoraxplusoumoinsdéprimé,desclaviculesobliquesen bas cl en dehors
. et des épaulestombantes.C'-^stsouventlà un caractèrerecherchépar les
artistes, que les maîtres de la Renaissanceont en général accentuéet.
qu'AlbertDureraccompagne toujoursd'undéveloppement exagérédutrapèze.
Lorsquele couest longet mince,sa directiongénéralesuit cellede la
colonnecervicale(pl. 28, Cet D). 11est plus ou moinsincurvéaveccon-
vexitétournéeen avant, et c'est celtedispositionqui a pu faire comparer
par les poètesle coudela femmeau coudu cygne.
Ala partie inférieuredu cou,il convientde signaler, chezla femme,le:
"160 ANATOMIEARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN

PLANCHE 25.— Cou.


Coumasculin,et quelquesexemplesde cous féminins.*
A. Trèsfortesailliede la pommed'Adamchezl'homme.
B.Convexitéde la faceantérieuredu cou et absencedela pommed'Adamchez
la femme(modèlede d8ans).
C. là. chezun autremodèle(d7ans)avecaugmentationdu couen longuour.
D. Coulong'aveclocalisationgraisseusecervicaledorsale(modèlede25 ans).
E. F. Proportionsmoyennesdu cou. On remarqueen E une légère sailliedu
larynx.
G. Coucourt.
COU Pi.. 2o

Cou masculinet cous féminins.


FORMESEXTÉRIEURESDES RÉGIONS— TORSE 163
creux sus-stcrnalmoins profondque chezl'homme, les saillies clavicu-
lairesmoindreslimitantdes creuxsus-claviculaires, ou salières,variables
suivantl'état d'embonpointet la positiondes épaules,l'élévationde ces
dernièresen augmentantla profondeur.Sur les côtes, le développement
musculaire(trapèzeet musclessous-jacents) produit un élargissementdu
couen bas et en arrière qui, sur un sujet vu de face, dessinedeuxlignes
courbes,convexes,inclinées,descendantdu milieudu couversle sommet
del'épaule.Cetteforme,constantechezl'hommeun peumusclé,est souvent
remplacéechezla femmepar une lignedroiteoumêmeconcave.
Enfin,en arrière, il nousfaut signalerune formeexclusivementfémi-
nine. Noussavonsque,chezl'homme,à la limite du couet du dos, l'apo-
névroseovalairedu trapèzedessineun méplatde mêmeformeau milieu
duquels'élèvela sailliede la proéminente.Chezla femme,non toujours,
mais assezsouvent,surtout chezles personnesqui ont pris un peu d'em-
bonpoint,reliefosseuxet méplat disparaissentsousune saillieà. surface
uniformeet arrondiedue à une accumulationgraisseuseasseznettement
localiséeet quej'ai déjàsignaléeplushaut (pl.14et pl. 25D). '

Poitrine. — 11convientdenommerainsi,aussibienchezla femmeque


chezl'homme,nonplus seulementlesseinsquel'on désigneaussi quelque-
foissousle nom de gorge,mais toutela partiesupérieuredu torsecorres-
pondant,en avant, à la cagethoracique.
Nousavonsvuailleursque,chezl'homme,cellerégion se subdivisenatu-
rellementen plusieursrégionssecondaires: au centre, la région sternale
correspondantà l'os sternum et, sur le côté,deux régionssuperposées,
la régionmammairecorrespondant aumusclegrandpectoralet, au-dessous,
la régionsous-mammaire reposantsur les dernièrescôtes.
Il n'y a pas lieu, chezla femme,de maintenirces subdivisions,bien .
qu'il soit possiblede les retrouver(voyezfig. 12), et il est préférablede
comprendre,en une seule description,tout le haut du torse répondantau
thoraxen avant.
Le développement de la mamelle,qui est un des principauxattributsdu
sexeféminin,ne doit pas faire oublierles autrestraits morphologiques de
la région.Carle sein,quelleque soitsa forme,a besoind'êtrebienassiset
doit être entouréde détails de conformationqui ont leur base dans la
structuremêmede la poitrine.
164 ANATOMIEARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN

PLANCHE 26.—-Cou.
Colliorde Yénus.
-A,A'. Plisdu couassezvisibleschezune jeunefillede 1!)ans.
11.Plisdu coutrès visibleschezunejeunefillede 18 ans.
•C.Plisdu cou chezunefemmede47 ans, ayant eu de l'embonpoint
el commen-
çant à maigrir.
COu PL.26

Collierde Vénus
FORMESEXTÉRIEURESDES REGIONS TORSE d67
La formeconvexede l'ovoïdethoraciquese révèletoujoursà l'extérieur,
quellequesoitl'épaisseurdespartiesmollesquilerecouvrent.Lepointleplus
saillantenavantel enhaut correspondau sternumdont la convexitéanté-
rieureest toujoursplus accentuéechezla femme.
L'anglesternal, quirépondà l'unionde la premièrepiècesternaleavec
la seconde,dessineune crêtetransversaleel moussequidivisela régionen
deuxplans inclinés.L'un supérieur,limité,en haut, parla fourchettester-
naleet qui se confond,sur les côtés,avecles régionsvoisinessans ligne
de démarcationprécise;l'autre, situéau-dessous,qui descendentreles deux
seins pour aboutirau creuxépigaslrique.
Sur les côtés, le dessin des côtes
apparaîtquelquefois,surtoutchezles
sujetsmaigres,et, dansla partieinfé-
rieure du thorax (région sous-mam-
maire),bordéeendedanspar la saillie /
des cartilagescostaux.Dansla moitié
-
supérieure, un muscle puissant, le ^
grand,pectoral, s'interpose entre la
peau et la cage thoraciquedont le
modelé,ne peutapparaîtreque discrè-
tementau voisinagedusternum.Dans l'ic.3ï\—Assises dusein.
analoiniuues
le restedelarégion,eneffet,le muscle
augmentantd'épaisseurdomineseulla formeet dessine,à sa partie infé-
rieure et au voisinagedu bras,'un puissantreliefqui formelé bord anté-
rieur del'aisselle.
C'estsur cesassises(fig.32)ques'élèvele sein,s'ôtendahtde la troisième
à la septièmecôle, c'est-à-direreposant sur la quatrième,là cinquième
et la sixièmedébordantle grandpectoralpar en bas et orientédans une
directionintermédiaireau plan antérieuret au plan latéral. Le mamelon
se trouvesituéversle milieude la saillie,plus près du bord supérieurque
du bord,inférieur, au point de rencontredes deux plans, et tourné en
haut. Lesseinssont séparéspar un' espacemédiande plusieurstraversde
doigtquidiminuede largeuravecl'augmentationdeleur volume.
Unevalléeplus oumoinslargedescenddoncentreles deuxseinsjusqu'au
creuxépigaslrique,aveclequelelle se continueen s'élargissantet s'y ter-
mineen pentedouce.A ceniveau,il arriveparfoisqu'unvéritableenfonce-
168 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

PLANCHE27.— POITIUNU.
bienquedevolumeet deformevariables.
Seinsbienconformés,
A.B.D.Seinshémisphériques;C.Seinconique.
E. F. Thoraxinfundibulilbrmo
chezunejeunefillede14ans.
P0 1T11INt, PL 27.

SeinsbienconformésThoraxinfundîbuHforme.
FORMESEXTÉRIEURESDES REGIONS'—TORSE 171
nient de l'extrémitéinférieuredu sternum détruit toute l'harmoniede la
région. Lorsquecette malformationest très accentuée,comme sur la
figure33, l'artiste ne saurait s'y méprendre,maisle thoraxinfundibuli-
forme,ainsi que l'onnommecettedéformationspéciale,peut,existerà des
degrésatténués,et commeil nousa étédonnédela rencontrersur des mo-
dèlesde profession(pl.27.E, F), d'ailleurs
assezbien conformés,il nous a semblé
intéressantd'eninstruirelesartistes.
Lesseinsdoiventse détachernettement
du plan qui les entoure,et toujours,au-
dessuset en dehors d'eux, doit se voir la
sailliedu môlemusculaireétenduentre le
thoraxet l'humérusel quiconstituelebord
antérieurde l'aisselle.Jamaisle sein ne
doil être séparé de l'épaulepar une vallée
qui ne pourrait ôlre que l'indice d'une
pauvretémusculaireexcessive.
Lesformesassezvariablesdu sein peu-
vent être ramenéesà deuxtypes : le type
hémisphériqueet le type conique(pl. 27).
Chezcertainssujetset particulièrement l'ui.33.—Thorax infumlibnliformo,
danscertainesracesinférieures,cedernier clie/unvieillard.
types'exagèreau pointderessemblerà une
mamelled'animal.La forme hémisphériqueest la plusrépanduechezles
Européennes.Maisl'hémisphèren'est jamais d'unerégularitégéométrique,
la moitiéinférieureétant généralementplus accentuéeque la moitié supé-
rieure.Même,sur un seinpeuvolumineux, jeuneel ferme,on observeque,de
profil, ia courbe, convexeau-dessousdu mamelon,est très surbaisséeet
même légèrementconcaveau-dessus.
Lemamelonreposed'ordinairesur une aréolede colorationbruneet fai-
santune légèresaillie.Il existeà ce sujet,de mêmequepourle volumedu
mamelon,d'assezgrandesvariations.individuelles et certainesfemmesont
une aréolefort-étendueet très saillante.L'absencepresquetolule d'aréole
s'observeégalement.
Levolumedu sein,de mômequesa forme,n'est pas dû uniquementà la
présence de la glande mammaire. L'existenced'un tissu graisseux qui
10
172 ANATOMIEARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN

28. — PuITltlNB.
Pl.AXCIIIi
Soinshauts, A, B, C.
Seinsbas,D, E, F.
Relèvementdu seindu côlédu braslevé.Aisselle,G, B.
P 0 ITR INE PL 28.

Seins hauts et seins bas.


FORMESEXTERIEURESDES REGIONS— TORSE 173
entourela glande,commepourla proléger,y entre pour une bonnepart.
C'estl'abondancede graissequi, en augmentantleur volume,fait que les
seinsarriventpresqueà se touchersur la lignemédianeet ne sont plus
séparésquepar une vallée plus ou moins profonde.La même causeles
rendlourdset tombants.Unsillonprofondles circonscritalorspar en bas,
pendantque,surunseinbienconformé,cesillon,toutenétantplusaccentué
que celuiqui le limite par en haut, est toujourssuperficielet largement
ouvert.Si, sur un sein graisseux,la limiteinférieurequi le séparede la
régionsous-mammaire s'accentuetoujoursavecl'accumulation dela graisse,
sesautres limitespar contretendentà disparaître.11se noie pour ainsi
diredansla graissedes régionsvoisines.En haut, sa.surfacecontinuecelle
de la poitrine; en dehors,il recouvrela sailliedu grandpectoralet se
prolongejusquedansl'aisselle.
La localisationgraisseuseduseinest peut-êtreune des plusvariablesde
toutescellesqueprésentela femme,el elle échappesouventà la loi qui
régitles autres; c'estainsi qu'iln'est pas rare devoirdes jeunesfillesdont
toutesles localisationsgraisseusessont absentesou à peinedéveloppées,
présenterdesseinstrès volumineux, pendantqued'autressujetsd'âgemûr,
porteursd'unecouchegraisseusepartoutabondante,montrentde tout petits
seins.
Lasituationdu seinn'est pas maintenuepar une dispositionanatomique
rigide,d'oùil suit que"d'assezgrandesvariationsexistentsous ce rap-
port (pl. 28).Il y a desfemmesqui ont les seins haut placéset d'autres
au contrairequi lesont situésassezbas,sansqu'ilssoientvolumineux pour
cela,11est vrai quela modequelquefois s'enmêle.A l'époquedela Renais-
sance,il était bien portéd'avoirsur une poitrineplutôtmaigre,desseins
petits, assezéloignésl'unde l'autreet placéstrèshaut presquesousla cla-
vicule.Jene saisjusqu'àquelpointlesfemmesd'alorsparvenaientà réaliser
detelles formes.Il esl vraisemblable, qu'autrefoiscommeaujourd'hui,la
naturemêmejouait le principalrôle, et quebeaucoupdevaientse résigner
à ne pas suivrela mode.Car,s'il est toujourspossible,sousle vêtement,
de parerà une défaillance,il esl des exubérancesque nul artificene sau-
rait masquer.ouentraver.Lesartistesde l'époquen'enontpas moinslaissé,
dansleursoeuvres,maintsspécimensde cetidéalfort curieux.

Epaule. — Deformearrondie,l'épauledépasseendehorsla saillie de


176 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
l'acromion.Unseulmuscie,le deltoïde,soulevélui-mêmepar latête humé-
raie, occupela régionlimitéeen avant par le sillonpectoro-deltoïdien et
confondueen arrière, sans limite précise,avec la régionscapulaireoù
pénètrele tiers postérieurdumuscle.Saillanteen avant,aplatieenarrière,
l'épaulesedéprimeendehorsel enbasauniveaudel'insertiondeltoïdienne,
toujoursmarquée,sur le nu, par une dépressiondontla constanceesl due,
malgré une assezgrande quantité de graissequi adoucitles heurts de
Técorché,auxadhérencesqui unissentà son niveaula peau aux parties
profondes.
Chezla femmedont la peau est doubléed'un panniculeadipeuxmême
modéré,l'épaulene montredetouscôtésquedessurfacescourbesadoucies
qui serelientinsensiblement auxpartiesvoisines.
L'épaulen'est reliéeà la cagethoraciquequepar un seulpointfixequi
consistedansl'articulationde l'extrémitéinterne de la claviculeavecle
sternum,l'omoplaten'étant maintenuesur la face postérieurede la cage
thoraciquequepar les musclesquiy prennentinsertion.Il en résulteque
la raisonde la positionnormalede l'épaulerésidedanslesforcesIoniques
combinéesdetouslesmusclesdela région.C'estainsiquel'affaiblissement
dela moitiésupérieuredu trapèzeetdel'angulairedel'omoplateoccasionne
un abaissementdu moignonde l'épaule,pendantque l'exagérationdeleur
forceproduiraun effetopposé.
Lafaiblessede la partieinférieuredutrapèzeetdu granddorsalarrondit
transversalementle dos,creusela poitrineen faisantsaillirles clavicules
et avancerle moignonde l'épaule.La prédominance toniquedu grandpec-
toralet du granddenteléconduitau mêmerésultat.
La positionnormalede l'épauledue à un heureuxéquilibredes forces
musculairesse traduit dela façonsuivante:
La claviculeest horizontaleet, sur une vue de profil,le moignonde
l'épauleest situéjuste au milieud'uneligne horizontalequipasseraitpar
l'anglesternal.Chezl'hommetrès musclé,la claviculedevientobliqueeh
haut et en dehors tandis que chezla femmeelle s'inclinetrès souvent
ensensinverse,en raisonde sonfaibledéveloppement musculaire.L'accen-
tuationdecette dernièredispositionconduitaux épaules tombantesqui
sont l'apanagedes figuresdela Renaissance.Unedesconséquences decette
qui tend à dispa-
chutedes épaulesest d'atténuerla fossesus-claviciilaire,
raître mêmechezles sujets.depeud'embonpoint, et d'ajouterà l'harmonie
FORMESEXTÉRIEURESDES RÉGIONS— TORSE 177
de la ligne la plénitudedes surfaces.Dansle cas contraire,lorsqueles
épaulessont hautes,cequiserencontreassezfréquemment chezlesmodèles,
enporle-munteau,
l'aspectd'ensemblea étédéfiniparle qualificatifd'épaules
et les claviculesfortementobliquesen haut et endehorsaugmententla
profondeurdes fossessus-claviculairesdésignéessous le nomde salières.
Lecou alors devientcourt,tandis que,lorsque les épauless'abaissent,il
gagnede hauteur,ainsique nousenavonsdonnéla raisonprécédemment.
(Voy.p. 870
Bien rarement les deux épaules sont exactementsituées au môme
niveau.Presquetoujoursl'unedes épaulesest plus haulequel'autre, et le
plussouventc'estla droite.

Aisselle. —-Lorsquele bras retombenaturellementle long du corps,


l'aissellea la formed'unsillontrès profondà directionantéro-postérieure.
Ce n'est que lorsquele bras s'écarte du tronc que ce pli, en s'élargis-
sant,devientle creuxdel'aisselle,auquelon dislinguequatreparois.Les
paroislatéralesse continuentsanslignesde démarcationavecles régions
voisines,la paroiinterneavecle thorax,la paroiexterneavecle bras,mais
les deuxautres parois forment de véritablesrebords, sortes de môles
jetés entre le thoraxet le membresupérieur.La paroi antérieure,épaisse
et arrondie,est forméepar l'enroulementdes faisceauxsuperficielsel pro-
fondsdu grand pectoral.La paroi postérieure,qui descendplus bas, est
forméepar le grand rond contournéà ce niveaupar l'angle externedu
grand dorsal avant son insertionk l'humérus.Il résulte de l'inégalité
d'étenduede cesdeuxparois quele creuxaxillaires'ouvreen avantet en
dehors,et qu'iln'apparaîtpointsur une figurevueen arrière.
Dansl'élévationverticaledu bras, le creuxaxillairechangede fornie
(pl.28, G).Il esl alors représentépar un vaste sillon vertical,bordéen
avant par le grand pectoral,en arrière par le grand dorsalet le grand
rond et qui aboutiten haut à la sailliedu coraco-huméral, généralement
biendistincte.Aceniveau,cesillonse bifurqueet embrasseentresesdeux
branchesle muselésusditqu'ellesséparentdesmusclesvoisins.
il faut signalerencorele sillonobliqueen dehorsqui, partantdu creux
axillaire,se dirigeen bas et en arrière, contournela racinedu membre
supérieurséparantle grandrond du triceps d'abord,puis du tiers posté-
rieurdu deltoïde.
178 ANAT0M1EARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
Danscelleposition,l'aisselleempiètesur la faceantérieuredu torse et
se trouve,dansun planobliquementdirigéendehorset en avant.
Nullerégion n'esl doncaussivariabled'aspect,puisqu'ellesemodifieà
tout instant avec lesmouvementssi diversdu membresupérieur.Maisil
seratoujoursfaciled'y reconnaître,mêmechezla femme,lessailliesmus-
culairesqueje viens de signaleret qui serontles meilleursguidespour
une bonnereprésentationde la région.En effet,le creuxaxillairen'est
que rarementmasquépar l'accumulation de la graissecl sa constanceesl.
maintenuepar la présencede faisceauxaponévrotiquestrès résistants
qui, de la face profondede la peau à son niveau,vont s'attacherau
squelettede la région,de façon à formerune sortede cloisonverticale
dirigéedansle sensanléro-postérieur.
Led'euxde l'aisselleest toujoursle siège,mêmechezla femme,de plu-
sieurstouffesde poilsqui en masquentplusou moinsle modelé,maisqu'il
n'est pasd'usagede représenterdanslesarts.

Ventre (pl.29).— Le ventreest limité en haut par l'échancrurcanté-


rieuredu thorax.Cetteéchancrure,bordéepar les cartilagescostaux,décrit
un angleouverten bas et dont le sommetest à la base de l'appendice
xyphoïde.Cet angleest toujoursaiguchezla femme.Maisil ne saurait
mesurer moinsde 60",ce qui esl.la moyenne.(Voirplus haut, angle
xyphoïdien,page26.)
Sur le vivant,la partie la plus élevéedes musclesdroits comblecet
angle.Lesrebordsdesfaussescôtes,chezla femme,ont leursreliefstrès
adoucis;ils ne se révèlentvraimentau dehors que sur les sujels très
maigres.Néanmoins le sommetde l'anglexyphoïdienest toujoursniarqué
sur le nu par la dépressiondu creuxépigaslrique.
Cettedépressionestdue,eneffet,àl'écarfementdesdeuxmusclesgrands
droits,qui,accolésjusque-là,s'écartentau niveaudeleursinsertionssupé-
rieuresau thorax.D'oùil résultequele creuxépigastrique,quidonnenais-
sanceau sillonmédianduventreoccasionnéégalementpar les reliefsvoi-
sinsdesdeuxmêmesmuscles,a des limitesinférieuresindécises,pendant
qu'enhautil a unrebordcourbeassezaccentué,dûà un ligamenten arcade
quiunit lescartilagesdesdernièrescôtesenavantdel'appendicexyphoïde
situéplusprofondément. Ces caractères,nettementaccuséschezl'homme,
persistentnéanmoinschezla femme,maisplus atténués.Lecreuxépigas-
FORMESEXTERIEURESDES REGIONS— TORSE 179

trique doit toujours,même chezla femme,être nettementsenti, car ce


n'est quesousune coucheexagéréedegraissequ'ildisparaîtquelquefois.
Le sillonmédianqui parcourtle ventredans sa hauteur,d'uneaccen-
tuationinégaleendiverspointsdesontrajet, s'effacecomplètement au-des-
sousdel'ombilic.
L'ombilic,cicatriceque laissela chute du cordon ombilical,se trouve
environà égaledistanceentrel'extrémitédel'appendicexyphoïde,quine se
révèleguèrequ'au loucher,et le pubis.Cequi se passechezles animaux,
qui ont l'ombilicrapprochédu pubis,montrequ'un ombilichaut placéne
peut être, dans l'espècehumaine,qu'un signe de bonneconformation.
L'ombilicdoit être creuxet.son enfoncements'accentueencore,chezla
femme,par suitedel'accumulation constantede la graissedansla région.
Saformevarie.Leplussouvent,ilestarrondiavecunbordsupérieurpresque
tranchantforméd'unreplidela peauqu'unedépression supérieureaccentue,
pendantqu'intérieurement il est reliépar un plancontinuà la partiela plus
saillantedel'abdomen.D'autresfois,il esl allongédehaut en bas.Mais
soncaractèreconstantesl d'être net et de n'avoir à son centreaucune
élevuroplus ou moinsirrégulière,indiced'unecicatrisationdéfectueuseel
souventpremièremanifestationdela hernieombilicale.Cettemalforma-
tion del'ombilicn'estpointrare chezles modèles,elles artistes,séduitspar
l'attrait de l'imprévuou désireuxdesuivreau.plusprès la nature,nol'ont
que trop souventreproduitedansleursoeuvres.
Surlescôtésdelà lignemédiane,s'observele plan desmusclesdroitsde
l'abdomendont les intersectionsaponévrotiques se lisenttrès facilement
chezl'hommeunpeumusclé.Cesintersections sontgénéralement aunombre
de trois.Les artistesde l'Antiquitéles ont régularisées,en schématisant
les plansquadrilatèresquienrésultentel separtagentlasurfacedu muscle.
L'intersection la plusinférieurese trouveau niveaude l'ombilic,la plus
élevéeest à quelquestraversde doigtdu creuxépigaslrique,etla moyenne
à égaledistancedesdeux.
Si j'ai rappelécelledispositionanatomiquevisiblesurtoutchezl'homme,
c'estqu'elleest égalementappréciablechezla femme,et l'artisteprévenu
la retrouveraaisément.
lnférieurenient,le ventre est limité par un sillon courbedans son
ensemble,répondant,sur le côté,au bord antérieurdes os iliaquesoù il
formeles plis desaines et, sur la lignemédiane,limitantsupérieurement
180 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

29.— AimOMEN..
PLANCHIÏ
Modelés
comparésdu'ventreféminin'
et du ventremasculinde faceet deprofil.
Surles deux,lesmêmesformesmusculaires se retrouvent.L'opposition
la plus
marquéeconsistedansle reliefplusaccentué,chezla fenuno,de la région
. bypogastrique,
sailliedueà la graisse.
ABDOMEN 29.
PL.

dutorse
Comparaison et
c
l'homme
chez la
hezfemme.
FORMESEXTÉRIEURESDES REGIONS— TORSE 183
le pubis.Je reviendraiplusloinsurla morphologie decellerégion,lorsque
je traiteraidesformesqui sontsousla dépendancedu bassin.
Lesillonlatéraldu vcnlre,qui le séparedes lianes,visiblesurtoutchez
l'homme,existeégalement,bienqu'atténué,chezla femme.
Levolumeet la sailliede l'abdomenvarientavecl'embonpointdu sujet,
car l'onsait qu'il est un deslieuxde prédilectionpour l'accumulation de
la graisse.
'Mais,mêmeenl'absenced'embonpoint,il est.toujoursle siègede locali-
sationsgraisseusesrépartiesdifféremment chezl'hommeet chezla femme
et quiimprimentà chacundessexesune formedela régionbienspéciale,
appréciablesurtoutde profil(pl. 12et pl.29).
Chezl'homme,le panniculeadipeuxest plus abondantdans la région
sus-ombilicale, où s'observealorslemaximumdesaillie.Chezla femme,au
contraire,c'estau-dessousde l'ombilicque s'accumulela graissede préfé-
rence,accentuantle reliefde cette régionsi caractéristiquedel'abdomen
féminin.Cellemêmerégionest,souventle sièged'une dépressionmédiane"
qui soulignele reliefsous-mubilicalet siluéeenvironà mi-distancede
l'ombilicel du pubis.
Trèspeu au-dessusde l'ombilic,onobserveun pli cutané transversalet
superficielrépondantau mouvementde flexiondu tronc en avant. Un
autre silloncutanésemi-circulaire, dont la concavitéregardeen haut el
dontles extrémitéssemblentpartir des épinesiliaquesantérieureset supé-
rieures,estsituéà quelquestraversde doigt au-dessusdu pubis. Cesillon
ne sauraitêtrela conséquence del'accumulation de la graissedansla région,
car on le retrouveégalementchezl'hommeet chezles sujetstrès maigres.
11est plutôtun accessoiredu pli de flexion.
Le ventreest plus développéchezla femmequechezl'homme.Mesuré
de la.base de l'appendicexyphoïdeau bord supérieurdu pubis,il est de
34centimètreschezla femmeet de 33 chezl'homme(Charpy).- L'ombilic
divisecelte longueuren deux portionsinégales.La partie supérieure',
épigaslrique,eslà peuprèségaledanslès deuxsexeset c'estdansla partie
inférieure,hypogastrique,que s'accusentles différences.
La premièreestde
18 centimètres,la secondede 14% 7 chezl'hommeet lac,4 chezla femme.
Il s'ensuitquela femmea l'ombilicsituéun peuplushaut.
La largeur du ventreest mesuréepar le diamètrebi-iliaqueexterne.
Elleserait de 29 centimètreschezl'homme(d'aprèsCharpy)et de 28cen-
184 ANATOMIC
ARTISTIQUEDUCORPSHUMAIN
timètreschezla femme.Maisd'aprèsnos mesures,la différence de largeur
est manifestement en faveurde la femme, puisquenous avons trouvé
28%78 pourle diamètrebi-iliaquechezl'hommeel 30%10 chezla femme.
11esl à peinebesoinde signalerque la femmea la tailleplus fine.Qué-
teletdonneles chiffressuivantsrelatifsautourdela taille:74centimètres
pourl'hommeel 66centimètrespourla femme.

Flanc (pl.30).— Leslianesferment,la cavitéabdominalesurles côtés


et sontétendusdela.cagethoraciqueau bassin.
.le rappelleraiici la descriptionque j'ai donnéede celle régioncitez
l'homme(Anal,art., p. 184).
« La limitesupérieuredu flanc,généralement peu distincte,est marquée
par unsillontransversallargeel superficiel, dû au changement dedirection
dumusclegrandobliquequi, supérieurement accoléaux
côtes, s'en détacheet s'infléchiten dehorspour aller
rejoindrela croieiliaque.Ce sillon,quipart, en avant,
dela sailliecoslo-abdominale, aboutit,en arrière,à une
dépressionremarquablepar sa constanceet correspon-
dant à l'extrémitéinférieuredu thoraxau pointoù les
côtesviennentà manquer(défuntdescôtes).
« En avant,le flancesl limitépar le reliefdes fibres
charnuesdu grand obliquesur l'aponévroseabdomi-
nale. En arrière, il confineà la région lombaire.
3'i.—Diseordanee
l'"ie.. « En bas, il esl circonscritpar le sillonde la hanche
entrele silloninté- ousilloniliaque.Cederniernomlui a étédonnéen raison
rieurdulianeetla
crêteiliaque. deses rapportsd'ailleursfaussementinterprétéspar les,
auteurs.« Lesilloniliaque,dit le I)r Fau, correspondà
«.la crêtedel'osdesîles...Ona déjà vudes exemplesdesillonssembla-
« bléscreusésau niveaude partiesosseusestrès saillantes...»
« Celteproposition estloin d'êtrel'expression de la vérité.En effet,si,
dans son tiers antérieurenviron,le sillon du flanccorrespondà la crête
iliaque,il enesttout autrementpourses deuxtiers postérieurs,qui sont
situésbien plus bas quela crêteosseuseet affectentune courbeen sens
inverse,ce qui est de la dernièreévidencesi l'on comparele profildu
bassinau profil du nu (fig.34.) Restentà expliquerles raisons anato-
miquesdeceltediscordance, qui d'ailleurssont multiples.
FORMESEXTÉRIEURESDES REGIONS TORSE 18b
« Je rappellerai,d'unepart, que la crête iliaquefort épaisseestformée
d'unintersticeetdedeuxlèvres,l'interstices'élevantnotablementau-dessus
des lèvres,dont l'externeest situéele plus bas; d'autrepart, queles libres
inférieuresdu grandobliques'attachent,par detrès courtesfibresaponé-
vroliques,à la lèvreexterne,detelle sorte quele pli cutanéquirésultede
leur relief se formenon pas juste au niveaude la crête osseuse,mais
au-dessous(fig.35). Il en résulte que ce rebordosseuxqui s'élèvesous
lemusclecontribueà lasaillieduflanc,
et cela d'autant plus que le muscle
moyenfessier,maintenupar une très
forte aponévrosedansla fosseiliaque
externe,ne saurait s'opposerà cette
descentedu pli cutanédont la direc-
tionsuit, àceniveau,unecourbelégère
à convexitéinférieure.En outre, la
présenceconstanted'unecertainequan-
tité de graisseà la partie postérieure
des flancs contribueà accentuerla
descentedu pli cutané.
« En avant, au contraire,au niveau
du tiers antérieurde la crèle iliaque,
les fibrescharnuesdu grand oblique
s'éloignentde l'os, elles sont aussi 35.—Analoniic
I'IG. duliane.
moinsépaisseset leurrelief est moin-
Coupe voiiicale
transversale
parlemilieu
dre. Il en résulte qu'à ce niveau,la delacrèleiliaque.
crête osseuseest sous-cutanéeet que
le silloniliaquequi lui corresponddécrit une courbeà convexitésupé-
rieure. L'épineiliaqueantérieureel supérieureformetoujourssaillie à
l'extrémitéantérieuredecesillon.
« Sur un torsevu de profil,le silloniliaqueaffectedoncla formed'un
S italiqueétendutransversalement et fort allongé.
« La surfacedesflancsest,toujoursconvexedanslesenstransversal.Elle
l'est également,dehauten bas,chezles sujetsmusclés,tandisqu'elleestcon-
cavechezles maigrescl qu'ellelaisseapparaîtreledessindela-crêleiliaque.
- « Elletrahit,en somme,la formedu muscledela régiondontlemaximum
dosaillieest en avantsur le ventreet en bas sur la hanche.11convient
186 - ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

30.—FLANC.
PLANCHE
A. Typeféminin.
H.Typemasculin.
C. Typeantique.
A', B, C. Lesmêmestypesdeprofil.
l'i.AM: PL.:IU.

et dansla statuaireantique,
lafemme
Le(binechezl'homme,
FORMESEXTÉRIEURESDES RÉGIONS— TORSE 189.'.
toutefoisdefaireintervenirun nouvelélémentà la partiepostérieuredela
région.11s'agitdu panniculeadipeuxsous-cutané.
« Nousavonsobservé,en effet,cheztousles individus,mêmechezles
maigres,un épaississement, variablesuivantles sujets, mais constant,de
la couchegraisseusequi doublela peaudela partiepostérieuredes flancs.
Lorsquecet épaississement est peumarqué,il se borneà adoucirle-relief
du bord postérieurdu grandobliqueet comblele videqui, sur l'écorché,
existeenarrièreentrele grandobliqueel le granddorsalà leur insertionà
l'osiliaque.Mais,dans,un très grandnombrede cas,la,graisses'amasseen
cetterégionel y resteparfaitement localisée,au pointde faireun véritable
bourreletquicontinueen arriérele reliefdu grandobliqueenavant.Je ne
parlepas desgensgras,chezlesquelsce bourreletprendun granddévelop-
pement..Il existeégalementchezdes gensd'un embonpointmodéré,et il
forme en arriéreune véritablesailliequi se prolongejusqu'à,la fossette
lombairelatéralesupérieure,combléeparfoiseUc^rnèrne en partie. »
Chezla femme,les traits essentielsde la région,tout en demeurantles
mêmes,le développement particulierde deux de.ses éléments,abondance
dubourreletgraisseuxet élargissementde la crêteiliaque,concourtà lui
donnerle caractèrespécialquila dislingue. '
En effet,l'accumulation graisseuse,toujoursplusconsidérableque chez
l'homme,comble,en arrière, le sillon iliaquedont on ne retrouveplus
pour ainsi dire qu'unetrace superficielle:il combleégalementla fossette
lombairelatéralesupérieure,quidisparaît,lloffaçe,enun mot, en se con-
fondanten basavecla graissedela fesse,toutebarrièreentrecelledernière
régionet le flanc,de telle façonquela fesseparait remonterjusqu'aupli
delà taille, quin'estautre que le sillonsupérieurdu flanc,plus accentué
ici quechezl'homme.
L'élargissement du bassin,en portant plus en dehorsla crêteiliaque,a
poureffetdediminuerl'accentuation du silloniliaquedanstoutesa moitié-
antérieure,effetquecontribueencoreà exagérerla faiblessemusculairede
la femmeet par suitela diminutionde volumedu grandoblique(pl. 30).
Ilrésultedececique,danstoutecetterégion,silesmodeléssontaufondles.
mêmeschezlafemmequechezl'homme,ilsy sonttrèsamoindriset plusdiffi-
cilesà percevoir.Cequijustifiececonseiléminemment pratiquerecueillidans
les aleliersque,pour-bienjuger dumodeléféminin'jusque danssesnuances
les plusfines,il fautl'examinerà la lumièreartificielleet à jour frisant.
190 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

PLANCHE31.—Dos.
Quelques de doscreuxet dedosronds.
exemples
A,A'. Croquisde dosronds.
B, C.Doscreux.
D.Voussuredela colonnedorsaleavecles caractèresdu doscreuxà causede
la faiblesse
desmusclesinterscapulaircs.
nos Pi. 31.

unscreux-etdosrond.
FORMESEXTERIEURESDES REGIONS— TORSE 193
La planche30 est destinéeà montrer les ressemblanceset les dissem-
blancesde celte régionchezl'hommeel chezla femme.Un type intermé-
sertpourainsidire de transitionentre
diairequel'onrencontrequelquefois
lesdeuxformesextrêmes.

Dos. — 11n'y a pas lieu de subdiviserle dos féminin,commenous


l'avonsfait pour l'homme,parce que les régionsainsi délimitées: région
spinale,au milieu,,,et, sur le côté,régionscapulaireel régionsous-scapu-
laire, se distinguentsurtoutpar les modelésmusculaires.Certainesfigures
defemmesdel'époquede la Renaissance, oùplusieursartistes.avaientmis à
la model'exagérationanatomique,se prêteraientfort bien à ce morcelle-
ment, mais, dansla nature, le dos fémininest,beaucoupplussimpleet,se
traduit par de grandsplans.
Ledosesl parcouru,dansloulesa hauteur, par le sillonverticalmédian
quel'on nommevulgairementraie du dos.11se prolongeaux reins pourse
perdreà la régionsacrée.Cesillon,quirépondsur le squeletteà la saillie
de la crête épinière,est d'autantplusprofondque les massesmusculaires
qui le bordentsont plusdéveloppées.II succèdeenhaut au méplatovalaire
cervicô-dorsal ou bien à la sailliede la localisationgraisseusequi parfois
le remplace.Le fonden est uni généralementet il ne laisse paraître les
sailliesdes apophysesépineusesdorsalesque chezles sujetstrès maigreset
dansles mouvementsde flexiondu tronc. Il suit la courbureconvexeence
sens de la colonnedorsale, courburequi s'exagèrequelquefoischezles
jeunes fillesdébilitéeset s'accompagnealors de chutedes épauleset de
projectionen avantde l'abdomen(pl.-31,A'). Cetteconformationmaladive
sembleavoirinspiréles maîtresde la Renaissanceel nous la retrouvons
dans un grand nombrede figuresde celte époque.Unecourburemodérée
dela colonnedorsaleavecun bondéveloppement musculairedes muscles
voisinsréalisele dospleindontlesYénusantiquesnousoffrentdenombreux
exemples.Enfinun redressementexagéréde la colonnedorsales'accompa-
gnant d'un faiblevolumedesmusclesrendle doscreux(pl. 31, 13),confor-
mationqu'iln'estpasrare derencontrerdansles modèlesdenosjourset qui
s'accompagne souventd'épaulesmaigreset hautesfe'jMMies enporte-manteau)'.
Lescôtésdu dos sont occupéspar les omoplatesentouréesdes muscles
bien connuset dont lesdeuxbordsspinaux,dirigésverticalement, et séparés
l'un de l'autre par deuxtraversde main environ,ne sont visiblessousla
194 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

32.—RKINS.
PLAXCIIL- '
A.Type masculinavec les deuxfossetteslatéraleslombaires,supérieure et
inférieure.
B. Typefémininavecles seulesfossettesinférieures.
C.Losange adipeuxde profilel detroisquartsD.
E.Reinschezun hommegras avecl'effacement de la fossettesupérieure
par
suitedu dévoloppemcnl'dubourrelet,
graisseuxdu liane.
REINS PL.32.

desreinscitezl'homme
Comparaison et.chezla femme.
FORMUSEXTÉRIEURESDES RÉGIONS— TORSE 197

peau que dans la faiblesse musculaire qui accompagnele dos creux,


pendant qu'ils disparaissentsous les modelésmusculairesdu dos plein.
Sur les dosbienmusclésel pas trop gras,les formesdécriteschezl'homme
se retrouventaisément.Il est toujoursbondeles avoirà l'esprit,pourbien
comprendrelesmodelésdedos fémininspeumusclés,surtoutdansles mou-
vementsdes épauleset des bras, .le rappelleraiseulementqu'il n'est pas
rare devoirle dos parcourupar un long sillon obliquequi n'est quelque-
fois qu'unesimpledépressionlinéaire,descendantde la partie médianeet
supérieuredu dos d'une manièred'abordpresque-insensible, puis passant,
en s'accenluanlau-dessousde l'angle inférieurde l'omoplate,pour se ter-
miner à l'extrémitépostérieuredu sillonsupérieurdu flanc. Celle forme
suif en haut,le bordinférieurdu rhomboïdeet plusbasla sailliedu faisceau
radiédu grand dentelé.

Reins. — Au 'dos succèdentles reins, région intermédiaireenlre.le


thoraxcl le bassin(pl. 32).
La partie inférieuredu dos est tapissée,de chaquecôtédusillonmédian,
par une masse musculairepuissante(musclesspinaux) qui se prolonge
aux reinset jusquesur la facepostérieuredusacrum.Cellemasseexagère,
liai-sonvolume,la profondeurdu sillonlombairemédianqui continuela
raie du dos. Large cl profond,ce sillon correspond,sur le squelette,aux
apophysesépineusesdesvertèbreslombairesqui,chezl'homme,se révèlent
à l'extérieurpar une-sériede sailliesnodulairesnoyéestoutau fond.Chez,
la femme,ces formesosseuses,masquéesdans la station droite, n'appa-
raissentque dans les mouvementsde flexiondutronc.
Le sillonlombairemédiandescendjusquesur le sacrumoùil se termine
versle milieu de la surfacesacrée par une fosselte,la fossettelombaire
médiane.
Deux autres fossettessont à signaler, sur la limite externe de. la
région, ce sont les fossettes latérales lombairesdont la connaissance
importe, car elles sont la câ,usede modelésqui changentavec le sexe;.
Chezl'homme,les fossetleslatérales lombairessont au nombrededeux
(fig.36el fig.37). L'une,la supérieure,est situéeau niveaude l'angleren-'
trant,de la crèle iliaque,à l'extrémitépostérieuredu silloniliaque.L'autre,
l'inférieure,est située un peu plus bas et en dedans,et correspondà la
tubét'ositéiliaque.Chezla femme,la 'ossôltelatérale lombaire supérieure
11
198 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

PLANCIIU33.— RlîlKS.
Variétésmorphologiques.
A,13,G.Typeintermédiaire entrel'hommeel la femmechezune jeunefille
quelques-uns
présentant, descaractèresde l'hermaphrodisme antique.Aux,
reins,B,la.fossettelatéralelombaire
supérieuresubsisteatténuée.
D.Reinsd'unsujetmasculinprésentant lessignesdel'hermaphrodisme antique.
E, Croquisdumêmesujetvu del'ace.
F. Reinsdela statueantiqued'Hermaphrodite au MuséedeBerlin.
G,II. Deuxexemples chezl'homme del'effacement
presquecomplot delafossette
latéralesupérieurelombaire.
REINS PL.
33.

Variétés
mdrphologique
FORMESEXTÉRIEURESDES RÉGIONS TORSE 201
n'existepas, elle est comblée,ainsi que je l'ai déjà dit, par le bourrelet
graisseuxdu flanc: seulela fosseltelatéralelombaireinférieuresubsiste
et prend,par sonisolementet si constance,une importancetoute spéciale
dansla morphologiedela région(pl. 32, B). Chezl'hommegras, le bour-
relet duflanc prendun
tel développement qu'il
masque complètement
la.fosseltelatéralelom-
baire supérieure, ne
laissant subsister que
l'inférieurecommechez
la femme (pl.32, E).
Par contre, on peut
exceptionnellement 30.—l'ussetles
l-'in. lombaires
latérales A
chezl'homme
rencontrerchezla fem- etchezlafemmelî.
me la persistance,bien Anglesacré
aiguchezl'homme,
droitchez
lafemme.
qu'allénuée,de la fos-
selte supérieure.L'exemplequenousen avonsrencontréétait présentépar
unejeunefilledontla formed'ensembleprésentaitlesplusgrandesanalogies
avecla statue antique d'Hermaphrodite du Muséede Berlin(pl.33).La
forme masculine,en évoluantversla formeféminine,arrive au même
résultatainsi que le montrele croquisD (pl. 33) fait d'aprèsun jeune
maladedé la Salpêlriôrequiprésentaittousles signesdu féminisme.
Deuxlignespartant de chacunedecesfossettespourse joindreau som-
metdu sacrumdécriventun angleouverten haut (fig.36).Cetanglechez
l'hommeest toujoursun angleaigu,chezla femmecetangles'approchede
l'angle droit qu'il dépasseparfois.Il est en moyennede 78°17 avecun .
maximumde 92 et un minimumde 61. Chezl'homme,sa moyenne est
de62»-7. •
Ondécritaux reins, chezla femme,un losangeadipeux(pl. 32, C. et D).
11n'est pas constant.Sa moitiéinférieureest seulebiendélimitée,elle
correspondà la régionsacréedansl'ouverturede l'anglesacréqueje viens
de signaler.Sa moitié supérieure,auxlimitesplus indécises,est un peu
moinshaute, et ses bordsembrassentles limitesinférieuresdes muscles-
'foute sa surfacefait une saillie occasionnée une '
spinaux, modérée, par
localisationgraisseuseque Charpyplacesous l'aponévroselombaire.Ses
202 ANATOMIE
ARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
formesdisparaissentdans l'embonpointun peu accusé.Onne l'observe
doncque lorsquela femmene présentepas des localisations graisseuses
trop abondantes.11n'existepas chezl'homme.
Lahauteurdesreinsmesuréed'aprèscellede la colonnelombairen'est
pasplusgrandechezla femmequechezl'hommed'unefaçonabsolue.Elle
seraitmômeinférieured'aprèsles mensurations de Charpy,qui donneles
chiffressuivants:
Hommes = 1c.30. •Femmes -- 11c. 6.
Relativement à la taille,il y aurait égalité
danslesdeuxsexes.
Il n'en esl pus moinsvrai quepar la lon-
gueurde son torse,par le peude hauteurdu
bassin, par le rétrécissementinférieur du
thorax el par la dislanceplusgrandeentre
lescrêtesiliaques.ell'ovoïdethoraciqueinfé-
rieur, la femmea toutesles apparencesd'une
régiondes reins plus longueel dontla sou-
plesseet.la flexibilitésont d'observationvul-
gaire.
La largeur des reins est donnée par le
— diamètrebi-iliaquepostérieur,dont,les dimen-
Fie..37. Superposition
desreinsde sions prépondérai!
schématique les chez la femmesont,
etdelafemme. universellement
l'homme reconnues.Charpydonneles
Lasilhouette ététeintéechiffressuivants:
inaseuline'a
degris.'—
Lasilhouette
féminine
a étéinarquéede grostraits —97mill.
pleins. Hommes = 94mill. Femmes
sur 71 sujets. Nosmesuresaccentuentencorela différencequi existeici,
puisquenoustrouvonspourle mômediamètre:
Hommes= 88mill, Femmes = 103mill.
Ce diamètreest, pluslargechezla femme,à.causede la plus grande
largeurdu sacrumqui,à sa base,fait partiedu détroitsupérieur.
Dansla déterminationdela hauteurdesreins,il y a lieudetenir compte
desvariationsdel'enfoncementplus ou moinsgranddu sacrumentreles
oscoxauxdontj'ai parléplushaut.
FORMESEXTERIEURESDES REGIONS—-TORSE 203
Lesreinsconstituentla régionde passageentre le doset lesfesses.Elle
est commeun pontjeté en arrièreentrele thoraxel le bassin.Susceptible
de grandesvariations,elle est, de toutesles régionsdu corps,-celledont
lesformesfondamentales sont le plussouventmasquéesou altéréespar le
détailaccessoireel inconstant.C'estainsiqueles plisobliquesdusau relâ-
chementdes massesmusculaireslombaires,variantavecles individusel
l'état physiologique desmusclesquecommandel'attitude,en troublebien
souventl'unité.C'estainsiquel'exagérationde l'ensellurcdueà'l'obliquité
plus grandedu bassina pour effetde provoqueren son milieuune large
dépressiontransversalequi la divisepour ainsi dire en deux parties,
détruisantainsison rôle d'unionentreles deuxgrandesrégionsdu corps
qui la bordentenhautet enbas. Unelégèreflexiondu torseen avantfait
disparaîtrecesformesaccessoires nuisiblesà sonharmonie.Et il est.inté-
ressantde remarquerque l'Antiquitéa, de parti pris, donnéà toutes ses
Vénusuneattitudelégèrementpenchéeen avant.
Le voisinage,sur les côtés, de la partie postérieuredes flancs ajoute
encoreà la complexitéde la région par les variationsdontelle est le
théâtresuivantle sexeet suivantlesindividus.La règledela fosseltelaté-
- raie lombaireuniquechezla femmeel doublechezl'hommecomportebien
des exceptions,ainsi qu'il ressort de ce qui a été dit plus haut. Maison
nousexcusera,au risquede nousrépéter,de résumer,en essayantdela
préciser,celteintéressantequestionde morphologiecommuneà l'homme
el à la femme.
Desdeuxfossetteslatéraleslombaires,l'inférieure,qui correspondà la
tubérositéiliaque,saillieosseuse,est incontestablement la plus fixe, la
plus neflenientcirconscriteet la plus constante.La fossettesupérieure,
correspondantà la dépressionosseusequi constituel'angleiliaque,est
moinsprécise,moinsisolée,plussujetteà des altérationsqui vontjusqu'à
sa suppression ; elle est l'aboutissantdu sillon iliaqueen arrière et du
silloncoxo-sacré enhaut.L'accumulation dela graissesousla peau nefait
le plus-souventqu'accentuerla première,tandisqu'elleest une causede
disparitionpourla seconde.
J'ai dit queson absence,chezla femme,étaitdueà l'abondancedu panpi-
cule adipeuxen arrièredu flanc,maisil n'est pas rare de voir chezdes
sujetsjeunespeuchargésd'embonpoinl qu'ellepersisteà un degrévariable,
remplacéepar une dépressionplus ou moinslarge à laquelleaboùlilun
204 ANATOM1E
ARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

34.—BASSIN.
PLANCHIS
typesdebassinsfermésaveclesformesduplidel'ainecaractéristiques.
Quelques
EnAet B,chezdes sujetsjeunesaveclocalisations graisseusespeudéveloppées,
l'obliquitédu pli de l'ainese confondanten bas avecle plidela cuisseest
manifeste. Lepli accessoireest également
bienmarqué.En A,lebassinrela-
tivementétroitn'en montrepas moinsles caractèresmorphologiques du
bassinfermé: épinesiliaquesrapprochées, pli de l'aineobliqueet ondulé,
hauteurde la régionde l'aine.En 11,avecim bassinplusdéveloppé, les
signessonllesmêmes.
•EnC, sujet pourvude plusd'embonpoint où les mêmesformesse lisentaisé-
ment.SurlemêmemodèleassisD,le pli accessoire s'accentue.
LescroquisE et F onttrait-àun modèleremarquable parla brièvetédfidia-
mètreiliaqueantérieurdontle résultatest de produirecommeunenfonce-
mentdela régionantérieure dulianeel uneprojection enavantdol'abdomen.
BASSIN PL 84.

debassintonne.
exemples
FORMESEXTÉRIEURESDES RÉGIONS— TORSE 207
silloniliaquelargementouvertqui, dansce cas, subsistetoujoursplus ou
moins.Par contre,chezl'homme,elledisparaîtentièrement, dansl'embon-
pointtrès marqué,el chezles hommesjeunesde formesefféminées,elle
est remplacéepar une dépressionreproduisantla forme que je viensde
signalerchezcertainssujets féminins.C'estainsique, dans l'un comme
dans l'autre sexe, d'un côté par défaut,de l'autre par excès, se trouve
réaliséeunedecesformesintermédiairesdontles antiques,avecbeaucoup
d'à-propos,ontdotéleursfiguresd'hermaphrodites (pl.33).

Aubassinosseuxcorrespondentplusieursrégions: le pubis,les aines,


les hancheset lesfesses.

Pubis. — Le pubis'repose surl'osdemômenom.La peauy est doublée


d'untissugraisseuxqui atténueles formesosseuses.Elle esl ombragéede
poils.Plus-saillantechezla femme,elle portele nom de montdeVénus.
Elleesl limitée,en haut, par un sillontransversalqui va rejoindreles plis
desainesetformeaveceuxl'échancrureantérieuredu bassin.Elleesl de
l'ormetriangulaireel est bordée,sur les côlés,par les sillonsdes cuisses
qui remontentversles aines.
Lesillonsus-pubien,chezles sujetsjeunes,n'existepas danstoutela lar-
geur.11ne rejointpasles ainesdansla formeobliquede celles-ci,et nese
voitque dansla régionmoyenne,affectantune formelégèrementcourbeà
concavitésupérieure.
D'autresfois,au contraire,il dépassela région,coupeobliquement le
pli del'aineel devienten se prolongeantle pliaccessoiredel'aine.

Aine (pl. 34 el 35).— Le pli del'aine séparela cuissede l'abdomen.


11descendobliquement de l'extrémitédu flancau pubis,el il suitla direc-
tionde l'arcadecruraleà laquelleil est rattachépar un ligamentqui en
maintientla-constance.
Dansla stationdroite,le pli de l'aine est représentépar un sillonlarge
et superficielqui s'atténuedansle renversementdu tronc en arrière, et.
qu'accuse,au contraire,un légerdegréd'inclinaison latérale.Dansla flexion
de la cuissesurle torse, il prendl'aspect d'un pli profondqui n'est pas
208 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

PLANCHU35.— BASSIN.
typesde bassinsouverts.
Quelques
A,B.Typedo bassinlargementouvert.chez une toutejeunelillo,montrantla
brièvetéde la régionde l'ainecl tousles autres,signesdu bassinouvert:
éloignement des épinesiliaques,pli de l'ainese rapprochantdela verticale
pourse confondre en basavecle plisus-pubien:
C, D,E,'F,G.Croquismontrantlesmêmescaractères chezdifférents avec
sujets
les variations
individuelles
obligées.
DASSIN Pi..35

de bassinouvert.
Exemples
FORMESEXTÉRIEURESDES RÉGIONS— TORSE 211
sansanalogieavecle plidel'aissellelorsque lebrasretombele longdu corps.
Parson extrémitéexterne,il continuele sillondela hancheaveclequel
il fait un angleplus ou moinsobtuset passetoujoursen dedans del'épine
iliaque.Par son extrémitéinterne,il rejointle pli sus-pubienou bien des-
cend,en dehorsdu pubis,poursecontinueravecle pli dela cuisse.Cesdeux
terminaisonsdifférentescorrespondent à' deuxvariétésdanssa formeet
'
danssa direction(fig.38).
Lorsqu'ils'approchede la verticale,il esl uniformémentcourbeet se
continuedirectementavecle pli sus-pubien.Il concourtalors à former
avecce dernieret celuidu côtéopposéce longcintre qui limitele ventre

Fie.38.—Schéma duplidel'aine
delaforme dansle bassin etdanslebassin
ouvert
terme
chez
l'hommeetchezlafemme.
AC.Bassinsfermés,plisdel'aineoblique,
ondulé,descendantjusqu'auplicrural,
angleinguinalouvert:hauteurdel'aine.
BD.Bassinsouverts,pli de l'ainemoinsoblique,se continuant
avecle pli sus-
pubien,angleinguinalplusfermé,brièvetéde l'aine.
212 ANATOMSE
ARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
par en bas cl queles antiquesont si fortementaccentué.Toute,la région
diminuedehauteuret celteforme accompagnel'évasementde l'iliumqui
caractérisele bassinouvert.
Lorsqu'ilest plusoblique,il suitun trajet faiblement, onduléavecconca-
vité supérieuretournéeducôtéde l'abdomen; parfoisil est,recliligneet il
aboutit en bas au pli de la cuisse.Dansce cas, les deuxplis de l'aine
décriventun angleplusou moinsaigudont le sommettronquéest occupé
par les organes.Celteformecorrespondauredressementde l'iliumquiest
le propredu bassinfermé,el toutela régionaugmentedehauteur.
Au-dessous du pli de l'aine, le pli ousillon dela cuisse,1resaccentué
chezles gens gras e( toujourstrès visiblechezla femme,naît en dedans
entre le pubiset la cuisse,contournela racinedu membreen suivantune
directionlégèrementascendantepour se terminer,en dehors,à quelques
travers de doigt,au-dessousde l'épineiliaque, dans une dépressionqui
répond,à l'ècartementdes tendonsdes deuxmusclesqui s'y insèrent,le
couturieret le tenseurdu fascialata (fossettefémorale).11forme,avecle
pli de l'aine un angleaiguouvertendehors.
Cet,anglevariede degré,aveclesdeuxformesdu bassin,il eslplus fermé
dans le bassinouvertet plusouvertdans le bassinfermé.
11en est de mêmedel'angleformépar le plide l'aineel une horizontale
menéepar le dessusdu pubis.La dislancecompriseentrel'épineiliaqueetle
prolongement deceltehorizontale peutdonnerla hauteurdela régionvaria-" 1,
ble avecle redressementoule renversementendehorsde a crèleiliaque.
Charpya donné,de ces deuxformes,la descriptionsuivante.Dansle
bassinfermé,«leshanchessontserrées;lesplisdel'aine,presquerectiligriès,
descendentsous uneforte inclinaisonversla cuisseet généralementse
prolongentdansle sillongénito-crural.L'anglede cette inclinaison,angle
ouvert en dehors,dont le côté inférieuresl une horizontalemenée par
l'extrémitéinterne du pli inguinalet dont le sommetest au voisinagede
l'épinepubienne,est de55à 60°.Entreles deuxplisquesépareun anglede
convergence de 60à 70°,-lcbas-ventrecomprimés'allongeen pointeel se
continueavecles organesgénitaux.
« Dansla formelarge ouévasée(bassinouvert),les hanchessont écar-
tées et saillantes,les plis de l'aine sont faiblementinclinéssur l'horizon-
tale à -45°ou 50°,interceptententre euxun angle de convergence de 80 à
90°,voisinde l'angledroit; ils se continuentavecle pli pubien.»
FORMESEXTERIEURESDES REGIONS— TORSE 213
Ce qui saute plus particulièrementaux yeux dans la morphologiede
l'aine en rapportavecles deuxformesdu bassin,c'est le développement
différentdelà régionquipeutse mesurerpar la distancequiséparel'épine
iliaquedelà fosseltefémoralequiest au-dessousetà laquelleaboutitle pli
dela cuisse(pl.34 et 35). Dansle bassinfermé, cette dislanceest plusou
moins considérable,pendant qu'ellese réduit en proportionde l'évasé-
mentdu bassin.Et ce point de vue,en résumé,a plusd'importancequela
formeet la directiondu
pli del'ainesur lesquel-
les,endehorsdela con-
formation osseuse,
l'état de l'embonpoint
a,une actionmarquée.
Lorsquel'abdomenest
chargé de graisse, il
pèsepourainsidiresur
les plis de l'aine, qui
s'incurventet se rejoi-
gnentau-dessusdu pu-
bis, décrivantainsi -un
- plein cintre renversé
terminantle ventrepar
en bas.
C'est dans ce sens
queCharpya pu écrire l-V.. —Plidel'aine
'à'.). chez
l'alemme
que la premièreforme
(bassinfermé)était l'apanagede l'adolescence, la seconde(bassinouvert)
appartenantplutôt à l'âgemûr'.Chezla femmeon observetrès nettement
lesdeuxformes.11nefautpasoublier,d'autrepart,qu'entrecesdeuxformes
extrêmesil y a tous les degrésintermédiaires qui sont certainementceux
quel'onrencontrele plusfréquemment.
Danstousles cas,quellesquesoientl'obliquitéduplidel'aineet la distance
qui séparel'épineiliaquede lafossettefémorale,cetfedistanceest souvent
diviséeen deuxmoitiéségalespar un pli transversalaccessoirequicoupe
obliquement le pli de l'ainepourse continueravecle sillon horizontalqui,
limitesupérieurement le pubis(fig.39).
214 ANATOMIE ARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
Hanche. —On doit comprendre souscenomla régionqui se projette
•ensaillieau-dessousdesflancs,de chaquecôté, depuisla'crêteiliaque
jusqu'augrandfrochanter,entre la fesseen arrièreet le pli de l'aine en
avant.Lalongueurde l'extrémitédufémurel l'inclinaisondu colinfluent
sur l'écarlementdeshanches.x\utourdu typemoyende l'angledu col,il y
a, aussibienchezl'hommequechezla femme,untype à grandangleetun
ypeà petitanglecorrespondant, le pre-
nierauxformesélancées,le secondaux
ormescourteset,larges.
Cellerégion esl occupéeen entier
mrle moyenfessier(fig.40)auquelelle
loil sa forme convexedans tous les
sens,mais avecprédominance dansle
senstransversal.Cemuscleestmaintenu
pa:rune solideaponévrosequi descend
dela crêleiliaqueel fait partiedu fas-
cialata.
Lereliefde la hancheest accrupar
un panniculeadipeuxqui..leplussou-
vent,se confondsur le pourlouravec
celuides régionsvoisines.Mais,chez
certainssujets,cetteaccumulation grais-
seuseparliculièrementdéveloppée donne
— à la régionuneindépendance morpholo-
tic 40. Section verticale
el Iransversale
delahanchechezlafemme. giquedontles figuresde la planche36
montrentdesexemples. Laplusgrande
largeurdes hanchesexiste'au niveaudu grand trochanterqui déborde
toujoursendehorsla sailliedela crêteiliaque.En avantet en arriére,elle
n'a point,de limitesprécises,tandisqu'enhautelle estnettementbordée
par lesilloniliaqueel qu'enbas unedépressiontransversale,très superfi-
cielled'ailleurs,la séparedela faceexternede la cuisse.
Lastationhanchéea poureffetdefaire saillirla hanchedu côtédelà
jambeportante,parfoisjusqu'àl'exagération(fig.41).
Enmesuresabsolues,la largeurdeshanches,représentéepar le diamètre
bi-lrôcha,ntériên,est, d'aprèsle.dire des auteurs,approximativement la
mêmedanslesdeuxsexeset mesure32centimètres.D'aprèsnosmesures,
— TORSE
FORMESEXTÉRIEURESDES REGIONS" 21»
si le diamètrebi-lroehantérien
chezl'hommeest biende32 cm.,celuide la
femmeseraitsensiblement-plus élevé,mesurant33CI",31,
avecchezl'homme
un maximumde 36 cm. et un minimumde 29e'",2et chezla femmeun
maximumde 36™,5 avecun minimumde 29 cm.
• La mesuredu tour déhanche confirmeles résultatsde la mensuration
du diamètrebi-trochanlérien.De91e"',4chezl'hommeil est de 93c"Vl3
chez.
la femme. '

La prédominancedes hanchesrestedoncréellementun desattributsdu

Vie.4-1.
V-Attitude
hanehée

sexefémininel celte prédominance, queCharpys'ingéniea trouverdansla.


coexistenced'une taille plus petite, d'une adipositéplus grande et d'une
conformation généralequi attire et retientle regard,reposeégalementsur
les mensurationsdirectes. '
Certainsauteursplacent le maximumdu diamètredes hanches,chezla
femme,un peu au-dessousdu grand troebantef.:Cette assertion,ne s'ex-!
pliquequesi on fait intervenir l'accumulationgraisseusesous-trochanté-
riennegénéralementplus saillante,lorsqu'elleexiste,quele reliefosseux.
Unedéformationrachitiquequi consisteen une incurvationen dehors.du
corpsdufémuraugmentela largeur des hancheset pourraiten imposer;
mais, dans ce cas. les cuissesn'arrivent
' " pas à •''se joindre.Dansle modelé
. *>.:
de la.hanche,chezla femme,l'êcartemcntdes crêtesiliaquesa.poureffet
de diminuer;laprofondeurdu sillon iliaqueau point qu'il sembleparfois
216 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

36.—HANCHE.
PLANCHE
Quelques
exemples dela localisation
deprédominance dela hanche.
graisseuse
A,B, C.Sujetde20ansprésentant cetteprédominance de façonsaisissante.
D,E, F. Autresujetde 30anschezlequelle fiancest nettementséparédela
hancheparunsilloniliaquerarementaussimarquéchezla femme.
G,11.La localisationgraisseusedu lianen'est pointséparéeici docelledela
hancheet les deuxrégionsse confondent. La localisation
graisseusesous-
- trochanlérieime
estbienmarquée.
JrK: Dispositionsemblableà cellequi vientd'êtresignalée,maisavecabsence
dela focalisation
sous-trochaiitorienue.
L, M.Hancheet ilancentièrement confondus en arrièrechezun sujetjeuneel
nonchargéd'embonpoint.
HANCHE Pt. 36.

Lahancheet lesrégionsvoisines.
FORMESEXTÉRIEURESDES RÉGIONS— TORSE 219
disparaître,maisun éclairage-frisant révéleratoujoursson existence.Quoi
qu'ilen soil, son atténuationconstantesimplifiecette granderégionqui
du grandtrochanterremontejusqu'aupli dela tailleet à laquelle- le relief
osseux,quoiquevoilé,donnesa soliditéet sa puissance. /
Surles côlésdu bassin,le reliefde la hancheestbordépar deuxautres
reliefs,en hautle flancel en basla localisationgraisseusesous-trochanté-
rienne.Oril arriveque cestrois sailliesainsi élagéesdehauten bassont
parfoistrès distinctesles unesdes autres, ou d'autresfois plus ou-moins
confondues, el sanslimitesprécises.
Si le flanc, chezla femme,reste nettementdélimitéen haut, il perd
d'ordinaireen basla précisiondes limitesque lui fournil,chezl'homme,à
ce niveau,le silloniliaque.Cesillon,en effet,n'estle plussouventdistinct
quetouten avant,seconfondantendehorsavecla hancheet enarrièreavec
la fesse;maisil peut en être autrement,et il n'est pas rare de voir, chez
de beauxmodèles,le silloniliaqueélargiet peu profondpersister,le flanc
offrantau-dessusla saillieordinaireet la hanchenormalementdéveloppée
au-dessous.D'autresfois,le flancest considérablement réduit'en reliefet
en hauteuret il se trouvealors pour ainsidire absorbépar une hanche
volumineuse. La hanchecommencealorsau pli de la taille, et cecisevoit
surtoutchezles sujetspourvusd'embonpoint.Maiscelle conformationse
retrouveaussichezdéjeunessujelsmodérémentpourvusde graisseet qui
se distinguentpar,desflancstrès diminués,ce qui rendla taillecourte.
Quant à la-saillied'en bas, elle est d'ordinaireassezdistinctede la
hancheet occupela partiesupérieureet externede la cuisse.
Oncomprendrales variationsdescontoursdu bassinvude facesuivant
le degréde développement decesdiversesparties.Lecontourd'unecourbe
uniquedue à leur fusionréciproquepeut être remplacépar une courbeà
trois inflexionsinégalesde longueuret d'accentuation,duesà leur indé--'
- pendancerelative.Deplus la directiongénéralede cette courbevarie,
pré-
sentantsonplus grandrenflementehhaut ou en bas, suivantque c'estle
flancavecla hancheoula localisation.graisseuse de la racinedu membre
inférieurqui domine(pl. 36). -

Fesse. —Enarrièredu bassin;proémineTa fesse.Ellerépond.aumuscle


grandfessieret un sillonpeuprofondet obliquela séparequelquefois'
dela
régiondu moyenfessier. -
220 ARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
ANAT.OM1E
Lagraissequi doubletoujoursla peauencetendroitjoueun rôlemor-
phologique important.Elle acquiertsonmaximumd'épaisseurà la partie
inférieureet interne,el la sailliede loulela régionest bien plusducù
l'accumulation graisseusequ'audéveloppement,
musculaire. Lachoseesldeladernièreévidence
chezla femme,dont le systèmemusculaire
est en généralpeudéveloppé et qui se dislin-
gue néanmoinspar la, sailliede la région
fessière.J'ai déjà fait remarquerplushaut
quela stéatopygicdes femmesboschimanes
étaitdueaudéveloppement exagéré.dupunni-
cule adipeux,et il n'est pas sans intérêtde
noterque,chezles Européennes, le reliefdes
delafisse, fessesestfortvariableel qu'ellesofirentpour
Analoinie
l;ir..4-2.—
eldu ainsidiretouslesdegrésd'atténuationdecelte
du]ilifessier
niscunlanee.
dumuselé
bordinférieur grand
fessier. curieusedisposition anatoi.nique.
En dehors,la sailliedela fesseesl séparée
decelledu grandtrochanterpurunelargedépression duoà.uneaponévrose
d'insertiondu grand
fessier.
Enbas,la fesseesl
bornéeparun sillon,
leplifessier,qui,très
profonden dedans,
seperd endehors,ce
qui est dû à la pré-
senceen cetendroit
des fibrescharnues
dugrandfessierdont,
les plus inférieures
descendentvers la
cuissen,laquelleelles
appartiennent en
i'à.-—
IMG. duplifessier.
Aualomie
partie(fig.42). Seeliou laligneAHmontrant
suivant
anléro-poslé.rieure lestrousseaux
Le pli fessierest fibreux quiserendent dolapeau
delafaceprofonde àl'isehion
fer-
mant
ainsiparenbaslapoehe
libro-culanée
dansimpielle
setrouvent
légcrcmenlcoui'be. 11 contenuslemuscle
fessier
etlagraisse
delarégion.
FORMES EXTÉRIEURES DES RÉG10NS TORSE 221
suit une directionhorizontaleet croisecelledu.bord inférieurdu muscle
quiesl obliqueenbaset endehors.C'estdoncà tort queles auteursclassi-
quesétablissententre les deuxune relationde causeà effet.
La causepremièredu pli fessieresl,l'exis-
tencede solidestraclus fibreux(fig.43)qui
unissentà son niv.eaula face profondedela
peauà l'ischion,d'où il résulteuneconnexion
étroite entre le pli cutanéet le bassin,qu;
fait quel'un suit les mouvements de l'autre.
Ainsis'expliquentles formesde cette région
dansla stationbancbéc(fig.44).Dpcôtédela
jambeportante,leplifessierentraîné,enhaut,
par l'ischionsecreuseprofondément et,forme
commeun lien qui enserresolidementla
racinedu membreà sa partie interne, pen-
dant que du côtéopposéil suil le mouvement
dubassinquipenche,descendplusbasettend
à s'effacer.
Uneautre conséquence de cettedisposition
analomique,c'estque la graissede la région
est commecontenuedansunesortede poché
ferméeen basparlesadhérences
fibro-cutanée,
fibreusesquivontde Inpeauà l'ischionet qui,
l'empêchantde descendreversla cuisse,aug-
mententla sailliede la fesse.L'existencede l'iG.-i'i.— Plilissier
daimla
cette poche est péremptoirement démontrée station
htmeliiÂe.
lorsque,avecla disparitionde la graissepar
suite des progrèsde l'âge, elle apparaît vide et flétrieà l'angleinterne
et inférieurde la fesse(fig.45).C'estdanscellemêmepochequesetrouve
retenueune partie de la niassecharnuedu grandfessierqui, danslerelâ-
chementcomplet,retombeen basel en dedanssousl'influencedela pesan-
teur.
Les attaches du pli fessier à l'ischionn'existentque dans la partie
interne,oùil est profond;en dehors,ainsiqueje l'ai déjàdit, le pli fessier
se perdavantd'atteindrela faceexternedela cuisseet il est remplacépar
un planinclinéqui'descendversla cuisseet ménageunetransitionentre
12
222 ANATOMIE
ARTISTIQUEDUCORPSHUMAIN

37.—Tousis.
PLANCHIi
et chezla femme.
typesdutorsechezl'homme
Quelques
A.Typethoracique et typeabdominal.
B.Bassindroitel bassinincliné.
C.Torseà tailleettorsed'unevenue.
TORSE PL.37.

typesdutorsechezl'hommeet chezla femme,.


Quelques
FORMESEXTERIEURESDES REGIONS— TORSE 223
les deuxrégionsvoisines.Ceplan inclinéest dû auxfaisceauxinférieursdu
fessierlui-même. '
grand
Il existe de grandesvariétésau point de vuede l'accentuationdu pli
fessier.Chezcertains sujets,il disparaîtpresquecomplètement,pendant

—Région
Fie.<io. fessière etchezunevieille,
chezunsujetjeune femme.

que chezd'autresil gagneen profondeurel en étendue.Quelquefois même


il est double,et un secondpli fessier apparaît un peu au-dessouset en
dehorsdu précédent.
Nousverronsplusloin commentl'orientationmêmedu bassininfluesur
îamorphologiedupli fessier.

DE QUELQUES
VARIÉTÉSBELAFORME D'ESSEMBLE
DUTORSE.
(pl. 37el suivantes).
Nous avons-vu que, par suite du développementinverse des deux
moitiésdu torse, supérieureet inférieure,la formemasculinerépondaità
un typethoraciqueet la formeféminineà un type abdominal,tout en con-
servant l'harmoniede justes proportions;mais cet équilibrepeut être
rompudans deuxsensdifférentspar l'exagérationoule renversementdes
caractères.
226 ANATOMIE
ARTISTIQUEDUCORPSHUMAIN

PLANCHE 38.—TOIISB.
Quelques du typethoracique
exemples etdu typeabdominal.
A,B.Typeabdominal d'unelégèrevoussure'dorsalechezdeux
accompagné
jeunesfillesdébilitées.
C.Typeabdominal chezunejeunefîllo,solide
el pourvued'embonpoint.
D,E, F. Troistypestboraciques
chezdessujetsvariéset d'âgesdifférents.
TORSE Pi. 38.

et du typeabdominal.
du typethoracique
Exemples
FORMESEXTÉRIEURESDES RÉGIONS,—TORSE 229
chezl'hommeà un typethoraciqueplus accentué
L'exagération.conduira
et chezla femmeà un typeabdominalplusaccentuéégalement.
Lerenversementdescaractèresdonnerachezl'hommeun typeabdominal
etchezla femmeun typethoracique.

Type thoracique masculin (pl.37,A). — Cetypeserencontrechez


certainsathlètes,lorsqu'undéveloppement exagéréduthoraxentouréd'une
musculaturepuissantecoïncideavecun bassinétroit.
Nousavonseu l'occasiond'enobserverquelquesexemples.Cetteconfor-
mationest favorablepourles exercicesà.la barre fixe,au.trapèzeou aux
anneaux,par ce qu'à la forcedéployéepar les membressupérieurset par
les musclesqui prennentdes pointsd'appuiau thorax, s'ajoute,par l'exi-
guïtérelativedu bassinel souventenmêmetempsdesmembresinférieurs,
unediminutiondu poidsà soulever.Elleexisteassezfréquemmentdans
la race nègre,chezlaquellel'étroilessedubassinest de règle.

Type abdominal masculin (pl.37,A).—Ilnesauraitêtre questionici


de l'hommeventru et obèse,dont Silèneest le type.Mais il existechez
certainsindividusaffaiblisun aplatissementdu thorax el un développe-
ment de l'abdomenqui réalisentle typeen question. Certains modèles,
jeunesprésententcelle conformation,quidisparaîtpar un régimeappro-
prié,el avecle retourdesforces. ..
D'autresfois,-j'aipu observerdesmodèlesauxquelsle développement
exa-
gérédu bassinet le développement très moyendu thoraxdonnaient'un
'• -
féminin. - .
aspect
Type thoracique féminin (pl.37,Aet pl. 38,D,E,F).—Celteconfor-
Et je me contentede signalerici ces.
mationest plutôt exceptionnelle.
femmesauxlarges épauleset au bassinétroit,sortesde viragos,quin'ont
presqueplus riendeféminin.Maisen dehorsde ce type quel'on pourrait
considérercommeanormal,il existedesfemmesquiprésententun déve-
loppementremarquabledu thorax-touten conservanttoute la régiondu
bassin convenablement établieet avecdes attributsbien féminins.C'est
danscettecatégoriede modèlesqueles artistesde l'Antiquitéont puiséle
type si remarquabledeleursVénus.En effet,la Vénusantique,joint à un
bassinaux modelésbienféminins,apte auxmaternitésfutures,un thorax
puissantquisoutientunetaillecarréeavecun doset des épaulesd'athlète
230 ANATOMIE
ARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

39.—TOIISK.
PLANCHE
Quelques de bassindroit.
exemples
Cobassindroitne s'accompagne pas nécessairement de l'aplatissement
dela
régionfessière,bienque celleconformation
soit fréquente.La sailliedela fessevarie,que l'onAconstateen II, C et I)
l'accumulation exemple , E,F, et dépendde
graisseuse dela région.Il en est,de mômede la saillieabdo-
minalequi,bienquefréquente commeen A.D,E cl F,n'estpasconstante.
Onvoit,en effet,qu'ellen'existepasenBel enC.Par
du montdo Vénus,qui apparaîttoujourssur le contre,la proéminence
profil,.nesemblepas com-
porterd'exception.
InRSE '''"

aron.
aeDassin
Exemples
FORMESEXTERIEURESDESREGIONS— TORSE 233'

Type abdominal féminin (pl.37,A,el pl. 38,A,B, C).—Commenous


venonsde lesignalerchezl'homme,il arrivequechezcertainesjeunesfilles
débilitéespar une croissancetrop rapide ou de mauvaisesconditions
hygiéniques on voitle dos s'arrondiret le ventreproéminer.C'estlà alors
une formetransitoiredestinéeà disparaîtreavec l'âge et le retour des'
forces.Maiscetteconformation s'observeaussifréquemment chezla femme .
faiteet réalisealorsun typepersistantet biendéfini.Elleest caractérisée
par l'exagérationde la prédominance de la moitiéinférieuredu torse,
accentuantainsile typenormaldelà femme.Lethoraxpeudéveloppé, avec
le dos rond,les épaulestombantesel les seins petits, haut,placés,con-
traste avecl'ampleurdeshancheset la sailliedel'abdomensoulignéepar
la proéminencedu montde Vénus,conséquenced'un bassinfortement,
redresséquirend la régionsacréepresqueverticaleet creuseprofondément,
les plisfessiers.
La Renaissance italienneen a donnéune imagedonton comprendrale
charmedélicatet la grâceun peumaladivesi l'on songe que Dolticellia
prispourmodèledesa Vénusquien réalisele typele pluscomplet,la belle
Simonetta.morle.dephtisiepulmonaireà l'âgede22 ans.Le profild'une
semblablefigure réalisela ligne serpentinepar excellencedont parle
Léonardde Vinci.Ala courburedela moitiésupérieuredu torse, succède
celledesensinversedel'abdomenet du pubis,continuéepar une nouvelle
inflexioncontraireque réaliseau membreinférieurl'hypercxtension du
genou.Desmainsun peugrandesauxdoigseffilés,des piedsbiendétachés,
un peu grandségalement,avecdes orteilslongs,le deuxièmedépassant
sensiblementles autres, complètentle tableau.Tel esl le type idéalsur
lequella Renaissance.a modeléla plupartdeses figuresféminines,qu'elles
soientnuesou habillées.En passant en Allemagne,ce types'alourditet
devientvulgaireavecAlbertDurer;il va jusqu'auxlimitesde l'exagération
el tombedansla laideuravecCranachet biend'autres.
Cette forme Renaissancedu nu fémininse retrouvede nos jours,et
si les exemplespurs et completsen sont rares, un oeilavertien décèle
lestraits éparsplus ou moinsnombreuxchezun grandnombrede sujets,
Ceux que l'on rencontrele plus fréquemmentsont le développement
et la saillie de l'abdomenavecle bassin droit, qui d'ailleursen for-
ment la partieessentielleet suffisentà constituerle typeabdominalen
question.
234 ANATOMIE
ARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

40.—Tousi5.
PLANCHE
Quelques debassinincliné.
exemples
A,Bassinmoyennement incliné.
B,B',B",B'".Bassininclinémontrantlescaractères morphologiquessuivants:
inclinaisondela région,sacrée,sailliedola fosso,disparition
duplifessier,
aplatissement du ventre,le montdo Vénusrentrantentrela racinedes
cuissesel à peinevisiblesurle profil.
C,C. Autreexemplede bassininclinémontrant, lesmêmessignesquele sujet
précodentet sur lequelse voiten outretrès nettement l'accentuation
du
sillonprofond quilimiteleflancen hautet en arrière,demêmeque l'incli-
...naisondu silloniliaque.
D,E, F. Typesdebassininclinéà l'extrême.
KSI". PL.
40.
TU

de
Exemples incline.
bassin
FORMESEXTÉRIEURESDES RÉGIONS— TORSE 237
Type à bassin incliné et type à bassin droit (pl. 37, 13).—
Noussavonsque normalementle bassinest toujoursincliné,aussi bien
chezl'hommequechezla femme,bienque chezcelle dernièreil le soit à
un degréplusmarqué.Mais, suivantle degré de cette inclinaison,les
formesdela régionvarient..El deuxtypesdifférents,et commeopposés,se
créentaux deux extrémitésde l'échelled'inclinaison.
Je désigneraidoncsôusle nomde typeà bassindroitceluidans lequelle
bassinest le moinsinclinéet typeà bassininclinéceluioù il l'est le plus.
Le redressementdu bassin ayant pour effetde projeter le ventreen
avant,il arrivesouventque le typeà bassindroit se confondavecle type
abdominalquenousvenonsde décrire,maisl'on conçoittrèsbienaussique,
chezcertainssujetsjeuneset dépourvusde graisse,le bassindroitne s'ac-
compagnepas nécessairement, de saillie abdominale.En faisant donc
abstractiondu relief du ventre,le bassin droit, peut-êtreplus fréquent
chezl'hommequechezla femme,s'accompagne,chezles deux,des signes
suivants: Le sillon iliaque dessinesa formeonduléedans un plan très
voisinde l'horizontale.Le pubisfait saillieentre la racinedes cuisseset
apparaîtnettementsur le profil.Lasurfacesacréese rapprochede la ver-
ticale, lesfessess'aplatissentet les plis-fessierssont toujourstrès accen-
tuéset profonds(pl.39).
Par contraste,le type à bassininclinémontreraun pubis rentrantet
commeeffacéentrela racinedes cuisses,le silloniliaquetrès oblique,la
surfacesacrées'éloignantdela verticale,l'ensellureprononcée,les fesses.
saillanteset les plis fessierspeu marqués,disparaissantquelquefois entiè-
rement.Quantà l'abdomen,il est le plussouventeffacéet aplati(pl.40).
Lorsqu'onexamineun sujet,au pointdevue de l'orientationdu bassin,,
la premièreidée quivientest que,dans la station droite,la situationdu
bassinn'a rien de stable, d'absolumentfixe,et que le modèlepeut à
volontéen fairevarieraisémentle degréd'inclinaison.11est certainque
l'influencedu maintien,dictésouventpar la mode,commenousle verrons
tout à l'heure, peut entrer, pour une pari, dans l'orientationdu bassin.
Maisune conformationspécialesur laquellela volontén'a aucuneprise
n'yjouepasmoinsle principalrôle, ainsiquele prouve,demanièreindis-
cutable,les observationsde Charpysur le cadavre..
11existetoutefoisdes moyenstrès simlpesde s'assurersur le vivantde
la .sincéritédé l'attitude.(pl. 4'Li '1 suffit, par exemple,de demander
238 ANATOMIE DU CORPS'HUMAIN
ARTISTIQUE-

PLANCHE 41.—'.Pousis.
bassindroitol bassininclinédansla stationdebout,à genouxetdans
le dôeubitusdorsal.
A, 11.Bassinincliné.
C.1).Bassindroit.Surcesquatrefiguresdeslignespointillées l'incli-
indiquent
ol montrentpar lamesurede
naisondela surfacesacréeavecla verticale,
l'angleainsiforméque,danslesdeuxcas,cetangleesttoujours plusgrand
dansla stationà genouxquedansla stationdebout.
K.Décubitus dorsaldanslebassindroit.
F. Décubitus dorsaldanslebassinincliné.
TORSIS PL.41.

Dassindroitetbassininclinédans'despositionsyâriées.:
•FORMESEXTERIEURESDES RÉGIONS— TORSE 241
au sujet de s'agenouillerou de se couchersur un plan horizontalrésistant
tel le parquet ou une planche.11n'est pas vraisemblablequ'ilpuissecon-
naître l'influencede ces nouvellespositionssur l'inclinaisondu bassin.
Dans la station à genoux,le bassin s'incline toujours davantage.Il est
moinsdroit,s'il est déjà droit dans la station droite.Il est plus incliné,si
l'on a affaireau type incliné.Maisc'est dans le décubitusdorsalsur un
plan résistant que se montrentles signesles plus démonstratifs.Dansle
bassindroit,la partiepostérieuredu torse touchele sol par tousses points.
Dansle bassinincliné,au contraire,lesreins, plus ou moinssoulevés,s'éloi-
gnent du plan sur lequel les fesseset le dos reposent-etformentcomme
un pont au-dessusdelui.
11est'impossiblede n'être pas frappé du contrastequi existeentreles
formesdu typebassininclinéet l'idéalcréé par la Renaissance.Oril arrive
que ce type bassininclinéav.eela suppressionquasi totaledu ventre et
la forteenscllurequi en sont l'accompagnement obligés'observefréquem-
ment de nos jours el que nos artistes modernesl'ont figuré avec une
insistanceremarquablequi ne se retrouveà aucuneautre époquede l'art.
La moden'est pas étrangèreà la faveur dont jouit aujourd'huile type
incliné,demêmequ'à la Renaissanceelle eut sa grandepart dans l'adop-
tiondu type alors préféré.En effet,il y a une vingtained'années,unejuste
réactioncontre les méfaits du corset cintré conduisità la création du
corset droit qui a l'incontestableavantage de dégagerl'épigastreet les
côtesinférieuresen prenantun pointd'appuiplus rationnelsur la ceinture
osseuseincompressible forméepar le bassin.Mais,la modes'en mêlant,le
but fut dépassé.Par oppositionavec la sailliede l'abdomenqu'amenaitle
port du corsetcintré, il fut de bon ton de ne plus en avoir du tout.La
suppressiondu ventreconduisitnaturellementà l'ensellurelombaire,ces
deux conséquencesdu.bassinincliné.Et le corsetdroit — légitimedans
l'idée"premièrequi avait présidé à sa création— exerça sur l'abdomen
une constriction exagéréetoujours nuisible et maintint à un degré
extrêmel'inclinaisondu bassin.
11est bien certain que, chezles sujets à bassininclinénaturellement,
le port du corsetnouveaune saurait avoir de trop graves inconvénients
surtout s'il se maintient dans une formule moyenne,mais, commela
modene distinguepas et que toutes les femmes,quellesque soientles
variétésdeleur morphologieindividuelle,doiventsubir la tyrannied'une
242 AXATOMIEARTISTIQUEDU CORPS HUMAIN

PLANCHE42.— Tousis.
detorseà tailleet detorsed'unevenue.
exemples
Quelques
A,A'et B, B'.Torseétrangléà la taillechezdeuxsujetsquin'auraientjamais
portédecorsets.
C,D,E etE'. Troisexemplesdetorsed'unevenue,taillecarrée.
T0 HSE Pi. 42

Torsesà tailleet torsesd'unevenue.


FORMESEXTÉRIEURESDES REGIONS—-TORSE 243
formeunique,les sujets à bassintrès droit, ainsi qu'il n'est pas rare d'en'
rencontrer,devrontpayer pour les autres, car il ne peut que leur être
funeste de porter un corset aussi contraire à leur conformationnatu-
relle (f).
Je sais bienque, danscesdernierstemps,une nouvelleévolutionde la
modes'estproduiteplusenrapportcettefoisaveclebonsens.Nousavonsvu
soudain,versle débutde 1913,la lignede la femmehabilléesetransformer.
Leventrereprit commepar enchantementson volumenormal et sa place
habituelle,les hanchesse développèrent,pendant que s'atténuaiten pro-
portion le promontoirede la région fessiôre.Cettemode néo-renaissance
durera-t-clle:Sioui, on peutprédire, sans être grandprophète,unerecru-
descencedu bassindroitdansla nature et dansles oeuvresd'art (2).

(1)Pourquoiles femmes,au lieudevouloirse ressemblertoutes,ne ehcrche-


pas à réaliseren ellesle typede beautéauquella naturemémoles-
ra.ieiit-olles
a prédestinées de par leur conformation naturellequ'ellesne s'emploieraient
'plus à corrigeret à contraindre, mais à- développer, au contraire,et,à fortifier
par lelibrejeu detousles organes.Onverraitalorsles formesféminines, qu'on-
nechercherait pas à ramenerdeforceoude gréà-un modèleunique,—résultat
auqueldoitatteindrele véritableinstrumentde torturequedevientle corset,—
s'épanouirsanscontrainteet librementen une floraisonvariée,n'ayantd'autre
limiteque les conditions do l'étalnormaletde la santé.11est bienévidentque
l'artdu couturiernoconsisterait plus à créerun modèleuniquedestinéà toutes
les femmes,niaisdesmodèles différentsdontle but sérail,uniquement, d'accom-
pagneret defairevaloirlesformesnaturellesdechacuned'entreelles.
Quelioquesoit sa l'orme,l'actionnocivedu corsetprovientde la constriefion
qu'ilexercesurles organes,actionnocivedontla gravitévarieavecle degréde
cetteconslriclion et l'endroitoùellese produit;plusdangereuseau niveaudes
faussescôtesqui se laissentaisémentdéprimeret déformeravec le corset
cinlré,ellel'est naturellement moinsavecle corsetdroit au niveaudu bassin
. dontla résistanceoffreun poiDtd'appuiincompressible toutau moinssur les
-côtéset enarrière.îsonbaleinéet simplementappliquéà la surfacedu corps,
il devraitêtreuniquement destinéà soutenirlesvêtements, si la femmene trouve-
pas un autremoyen—lesbretellesparexemple—pourremplircetoffice.Quant.
au rôledesoutien, ou de redressement du torsequ'onlui,attribuesouventchez
lesjeunes-filles faibleset débilitées,il va à rencontredubut cherché,car on se
substituantà l'actiondes musclesil ne peutqu'entrenirainsileur faiblessequ'il
est destinéà combattre.11sembledoncqu'ildoiveêtreréservéauxseulesper-
sonnesobèsesou atteintes, d'affections nettementdéfiniescommela hernieombi-
licaleoul'évontralion.
(g)Coslignesétaientécritesil y a plus de cinqans.Ellesvalentencore,car la
mode,bienqu'avecdesexcentricités nouvelles,commel'exagération du décolleté
et le raccourcissement outrédesjupes,a conservé jusqu'àprésentlamêmeligne
généraledel'habitusféminin.
246 ARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
AN.ATOMllï
Torse à taille et torse d'une venue. — 11estdes hommesqui ont
la taille marquéecommesi leur torse était emprisonnédans un corset.
Cetteconformationcoïncidele plus souventavecun bassinrelativement
-étroit,et elle est le résultatd'un rétrécissementnaturelde la moitié-infé-
rieuredu thora.x.Lorsqu'ellen'est pas exagérée,elle a un caractèred'élé-
'
gance indiscutable,mais en aucuncas ellene saurait être l'indiced'une
très robusteconstitution.La Renaissance a doté decetteformecertainsde
ses nus masculins,ainsi qu'en témoignequelquestrès curieusesfigures
des TrèsriolwsHeures du ducdeBerrtj. .
Chezla femme,une semblableconformationn'est pas toujours due à
l'usageabusifducorset.Nousen avonsobservéplusieursexemples(pi. 42)
et le docteurSlratz(1)publiela photographied'uneJavanaisequi n'avait
jamais porté de corset.Elle présentaitcet étranglementmoyendu torse
que faisaitencoreressortirun largedéveloppement de la partiesupérieure
du thorax et une belle.ampleurde toute la région du bassin.Tout en
mettant à part les cas où l'accentuationde la failleest due à l'abusdu
cette conformation est chez la femme chez'
corset, plus fréquente que
l'homme,ce qu'expliquesuffisammentchezellql'allongementnormal de
la cagethoraciqueet le rétrécissementde sa moitiéinférieure.
Maisle torse d'unevenue,celuiquin'est pointmarquéd'un étranglement
au niveaudela taillen'en existepas moins,aussibienchezl'hommeque
chezla femme.Chezla femme,dont l'idéal a été longtempsla taille de
guêpe,cette conformationa été désignéesousle nom péjoratif-de taille
carrée.Ellen'enest pas moinsla meilleure.Elle exige,chezl'hommeune
ampleurdu bassinquirépondà une constitutionsolideet robusteet, chez
la femme,elledemandeun thorax bien développé,largementouvert par
•enbas, avecun anglexiphoïdienbienouvert(pi.42).
Quantà la valeuresthétiquede ce torsed'unevenue,il nous suffirade
faireremarquerquec'estla formede prédilectionde l'Antiquitégrecqueet
qu'elleena dotésesAthlèteset sesVénus.11est vrai qu'à cette époque,le
corps, librementdéveloppédansles gymnaseset recouvertde draperies
flottantes,ne subissaitpas la contraintenocivedu vêtementcommeà la
Renaissance et de nosjours. Aussile type du nu féminincréé par l'Anti-

(1)Labemtté p. 85,fig.2.
deta femme,
FORMESEXTERIEURESDES REGIONS— TORSE 247

quité diffère-l-ilnotablementdu nu de la Renaissanceet du nu moderne.


Au lorse d'une venue, s'ajoutent un dos plein, de larges épaules,
un bassinmoyennementinclinéqu'accompagnent les saillies régulièresde
l'abdomenet des fesses.Ajoutons,pour compléterle tableau, des loca-
lisations adipeusesmodérémentdéveloppéeset dont la fusion insensible
avec les régionsvoisinescrée l'harmoniedes lignes'et l'heureuxéquilibre
des plans.
Cetypeantique dontil existeencorede nos jours de beaux exemples,
parfois cachéssous les plus humblesvêtements,est l'expressionla plus
complètede la force physiqueet de la santé qui la réalise.Elle vient se
placercommeune norme immuableen1rs l'idéal moderneet celuide la
Renaissancequi n'en sont tous deux—et dans un sens opposé— que des
déviationsplus ou moinsaccusées(pi.59, 60 et (il).
MEMBRE SUPÉRIEUR

Commepour beaucoupd'autres parties du corps,le membresupérieur


dela femmeest une simplification deceluidel'hommeavecpersistancedes
élémentsmorphologiques fondamentaux. Et il ne suffiraitpas.pourtrans-
formerun brasmasculinenbras féminin,del'arrondiren supprimantles
reliefsmusculaires.Les modeléschezla femmepersistent,plus simples,,
plus fins, plus délicats, plus difficiles-à saisir. C'est pourquoiil nous
sembleutile, encoreplus au membre supérieurqu'ailleurs,de ne point
séparerla morphologiefémininede la morphologiemasculine,mais de
lesfondreen une mômedescription,les deuxétudesse prêtantun mutuel
appuiet s'éclairantl'unel'autre(i).
Quelquesprécisions,sont d'abordnécessaires.Dansles formesque je
vaisdécrire,je distinguerailesformesfixeset les formesvariables.
Lesformesfixesrestentà peu de choseprès les mêmescheztous les
sujets, sur l'hommemaigre,sur la femme,commesur l'athlète le plus-
musclé.Cesformessontd'origineprofondeoutrès superficielle. Ellessont
déterminéespar le squeletteou par les plis cutanés.
Les formesvariableschangentd'un sujet à l'autre, avecle développe-
mentmusculaireoul'état de l'embonpoint.Ellesdépendentdesmusclesou
de la graisse.Maisleursvariationssefont toujoursdans le mêmesenset
obéissentà une certaineloi. Parmi les formesvariables,il convientde
rangeraussiles formesveineuses,mais il n'en sera pasquestionici. En,
résuménousdistinguerons :
... „
Les ormesfixes (! Formes
„Formescosseuses.
, .
utanées,
,. et variables.
,Lesformes . ,, (< Formesmusculaires.
j ,,,
Formesgraisseuses.

pas icila description


(1)Je nereprendrai détailléedes diversesrégionsdéjà
faitedansmonAnalomie à laquelleje conseille
au lecteurde se reporter,celte
lecturene pouvantqu'êtreune excellentepréparation dece
pour l'intelligence
quivasuivre.
MEMBRESUPERIEUR 24?
Dansle langagecourant,les.artistes parlent souventde galbeet de plan.
Cesont desmots dont le sens demandeà être précisé et qui pour nous
sera le suivant:
Legalbe, c'est la ligne idéale qui suit les contoursd'une partie quelle
qu'ellesoit et sous quelqueaspectqu'ellesoitvue.Le galbese confondavec
les profils.
Lesplans sont les diversaccidentsde la forme qui sont comprisentre
les profilsopposésd'unemême partie. Les plansmeublentle galbe.
11en résulte que plan et galbe se confondentet n'arrivent à être distincts
que par suite"d'uneorientationdifférente.Unesuccessionde plans devient
le galbelorsqu'elleest vue de profil.
Ona voulucréerune sorted'antinomieou tout au moinsd'indépendance
entre le galbe et les plans d'un côté et l'analomiede l'autre, le galbe et
les plans étant les éléments essentiels, fondamentauxde la forme, l'ana-
lomien'intervenant plus que pour meublerle galbe de détails morpholo-
giques superficielset comme accessoires.C'est là une opinion erronée,
car l'analomieest essentiellementune chosede profondeur.C'est elle qui
crée la formedansson ensembleet réaliseen même temps le galbeet les
plans, c'est-à-direles accidentsde surface..
J'examineraid'abord le membre supérieurdans l'attitude de supination
sous ses divers aspects.
Le premierrudimentde la formesera donnépar la successiondesaxes
des différentssegmentsdont se composele membresupérieur,bras, avant-
bras et main. L'axe du bras sera à peuprès vertical dans l'attitudechoisie
(fig. 46, C). L'axe de l'avant-liras est alors obliqueen bas et en dehors,
faisant avec le précèdentun angle obtus ouvert en dehors,pendant que
l'axe de la main incline en sens inversedécrivantavecl'axe de. l'avant-
bras un angle obtusouverten dedans.
Je n'ai pas à revenir ici sur les causes anatomiquesde cette direction
différente-des axesdes segmentsdu membresupérieur dans l'attitude de
supination.Plusieursauteurs ont prétenduque cette déviationen dehorsde
l'axe de l'avant-bras constituait une déformationchezla femme.C'estlà
une erreur. Le degré de cette déviationest d'ailleursassezvariablesuivant
les sujets, et son accentuationest assurémentune formeà éviter, mais je
l'ai toujoursobservéemême chez les plus beauxmodèlesfemmes, à un
degré modéréil est vrai. On peut considérercommenormaleune déviation
2bO ANAT0M1EARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
qui laissepasserfa prolongationde l'axe du brasau bord internedu poi-
gnet ou un peu en dedans.
Surle profil(fig.48, C), une seuleligne droitereprésenteles axesdes
différentssegments du membre supérieurqui, sous cet aspect, se
continuentsanschangementdedirection.11faut noter toutefoisque,chez
la femme,la déviationen arrièrede l'axe de Pavant-brasest la règle.Elle
est due à une extensionexagéréedu coude que j'ai désignéedu nom
d'hyperextension et dontil sera questionplus loin.
Pouratteindreplussûrementle butqueje poursuis,quiest demettreen
lumièreles relationsétroitesqui existententreles formesféminineset les
formesmasculines,nousconsidérerons tout d'abordle membrefémininle
plussimple,celuiqui estréduitpourainsidireaux formesfixeset élémen-
taires, pour arriver, par une suite de transformationssuccessives,à la
formela pluscomplexe,quiestcelledel'athlèteauxmusclesbienécrits.

MlillBHESUl'KliIKUllFÉMININ
(pi. 43).
Notreattentionse portera successivement sur les deux élémentsde la
formeprécisésplus haut, le galbeou les profilset les planscomprisentre
ces profils,sousles trois points de vue principaux,la vue antérieure,la
vuepostérieureet la vuelatéraleexterne.

Vue antérieure (fig. 46, A). Profils.— Le profilinterne commence,


au niveaudu bras, par uneligneconvexetrèssurbaisséevoisinedela ligne
droite,qui se relèveplus bas en unesailliecorrespondantà l'épitrochlée.
Cettelignese continueà l'avant-braspar une nouvellecourbeégalement
surbaisséeà deux inflexions,la supérieureplus étendueque l'inférieure,
pouratteindrel'èchancrure internedu poignetetseterminerpar la convexité
du bordinternedela mainet le contourdes doigts.
Sur ce profil,la saillieépilrochléenne
marque nettementla limite entre
le braset l'avant-bras.
Sur le contourexterne,il n'existepas de séparationpréciseentre ces
deuxsegments.11commence,en haut,par la courburede l'épaulesoutenue
par le muscledeltoïdeet aboutissantau brasà la dépressionde l'insertion
deltoïdienne.Auniveau,du bras lui-même,le profilsetraduit par uneligne
droite à laquellesuccède,circonscrivant l'avant-bras,une longuecourbeà
MEMBRESUPERIEUR 2a1
doubleinflexioncommeau profil interne, mais avec les différencessui-
vantes : l'inflexionsupérieurepart de plus haut, ellecommenceà la partie

'Via.3G.
~rA.Membresupérieur fille.—B.Membre
dejeune, supé-
rieurd'homme —G.Superposition
-musclé. desprofils
desfigures
AetBavecl'indication
del'axedesdifférents dumembre.
segments
(Vueantérieure).
inférieure du bras, elle est plus accentuée.La seconde,beaucoupplus
faiblementmarquée,aboutit à l'échancrureexternedu poignetoù commence
la racine du pouce.
Sur ces profils,on peut relever des points fixes qui ne changerontpas
quelque soit le développementde la musculature: c'est la saillie épitro-
chléenne,l'échancruredu poigneten dedans et en dehors, et la dépression
dcltoïdienneau niveaude l'insertioninférieuredu deltoïdeà l'humérus.
2o2 ANATOMIEARTISTIQUE DU CORPSHUMAIN

-io—MICMIIUIC
PLANCHE, SUPERUCUH
I'IÎMIKIK.

A.Vueantérieure.
H.Vuelatérale.
C.Vuepostérieure.
MKMIflU;SUPERIEUR Pi..4M.

Membresupérieurféminin.
MEMBRESUPÉRIEUR 253
Plans.— Entrecescontours,s'observent,sur le membreen question,des
planssimples,maisvariablesparcequ'ilsreposentsur lesmuscles,et desplis
cutanésfixesau devantdes articulations.C'est d'abord, au bras, la surface
arrondiedu bicepsse déprimantau-devantdu coude,puis la région de la
saignéeparcourueen sonmilieupar un pli de flexionoblique,sur le trajet
duquel,en dehorsdu tendondu biceps,est creuséeune fossetteconstante,
fossettedigitaleou fossettede la saignée,correspondant,dans la profondeur,
à l'articulationradio-humérale. Cettefossettes'accentuechezles sujetsgras
et chezla femme,alors que lesautres accidentsmorphologiques tendentà
s'effacer;c'estdoncune desformesles plus fixesde la région.Ondistingue,
en outre, deux autres plis de flexionaccessoires,superficielsmais aussi
constants,dirigéstransversalementet qu'un légerdegréde llexiondu coude
met en évidence.Ils affectentchacunune directioncurvilignedont la con-
cavitéregardeversle centredela région: ils sont situésà uneassezgrande
distancedu premier; l'un, supérieur,traverse la saillie du biceps à plu-
sieurs centimètresau-dessusdu tendon; l'autre, inférieur,descendjusque
sur la faceantérieurede l'avant-bras.
La moitiésupérieurede l'avant-brasest occupéepar un large méplat
reposant sur le corps charnu des musclesde la région, variableavecle
développement musculaireet se terminant, au-dessusdu poignet,par des
sailliestendineusesqui ne sauraient guèrevarier. Cessaillies,au nombre
de deux, ont la formede cordeslongitudinaleset sont dues aux tendons
des deux palmaires.Elles ne suivent pas exactementl'axe du membre,
mais se dirigentun peu obliquementen bas et en dehors.La corde la plus
interne, la plus grêle et en même temps la plus saillanteappartient au
petit palmaire, muscle:qui manque une fois sur dix. Elle occupeà peu
. près le milieu de la région. En dedans du petit palmaire, une surface
dépriméequi répond,aux tendonsdes fléchisseursdes doigts,conduit au
reliefdu tendondu cubitalantérieursituétout au bordinterneet remplacé
souvent,-chezla femme surtout, par une dépressionlongitudinaledueà la
sailliede la graisse accumuléeau bord interne du poignet.En dehorsdu
relief tendineuxdu grand palmaire, une large gouttière peu profonde,
où l'on sent l'extrémitéinférieuredu radius, est bordée,en dehors,par les
fendonsdes extenseursdu pouce.
A.ces formes tendineuses,s'ajoutent les plis de flexiondu poignet,au
nombrede trois. Le pli inférieur,le plus accusé,bordeen hautle talon de
2S6 ANAT0M1EARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN-
la main, il est obliqueen bas et en dehorset décritdeuxondulations.Le
pli moyen,situéà environun centimètreau-dessus,décritunecourbelégère
à concavitéinférieure.Enfin,le pli supérieur,placéplushaut, affecteune
directionsemblableet se trouveêtre le plus superficiel,il n'en devientpas
moinstrès manifestelors de la pluslégèreflexiondu poignet.
Lamainvue par la facepalmairene varie guèred'un sujet à l'autre que
par son volumedû principalementau développement et aux proportionsde
sa charpenteosseuse,plusmassivechezl'homme,plusfluettechezla femme;
mais les formesde la paume, fixes dans leur ensemble,doiventêtre
décritesici avecquelquesdétails(fig.49,A, pi. 48, C).
La paumede la main, dépriméeà son centre,se relèvesur les bordsen
plusieurssailliesdifférentesde formeet devolume.La plus forte,situéeen
dehors(éminencefhénar),est composéede deux plans : l'un,supérieur,
saillantet ovoïde,reposesur les saillies osseusesdu scapbbïdeet du tra-
pèze,il répondau groupemusculairede la racinedu poucedont le relief
uniformenesesubdivisejamais;l'autre,situéplusbas,déprimé,etd'étendue
moindre,répondà l'extrémitéexternede l'adducteurdu poucesuperficiel
en cetendroit.Aucôtéinterne,l'ôminencehypofbénardueau groupemus-
culairedu mêmenoms'étenddans toutela hauteur de la région,se conti-
nuantsanslimitesprécisesaveclecreuxmédian,d'un côté,et aveclebord
cubitaldela main, del'autre. En haut, les deuxéminencesthènar ethypo-
tbénarse rejoignent,concourantà formerletalon ou racinede la main.Le
talon de la main est une forme essentiellementfixe parce qu'elle est
osseuseet due aux bords de la gouttièrecarpienne,apophysedu scaphoïde
en dehors,et pisiforme,en dedans,cedernierformantune saillieplusiso-
lée et situéeplus haut. Au-dessous du talon dela main,lesdeuxéminences
latérales,thénaret hypolhcnar,s'écartentdel'axe du membreet circons-
criventainsi le creuxde la main, limité en bas par uneautresaillieallon-
gée transversalementet répondantauxreliefsdesarticulationsmétacarpo-
phalangiennes.Cette dernièresaillie se relève par ses deux extrémités
conformémentà la concavitéantérieuredu métacarpe.Elle n'est pas uni-
forme. Dansl'extensiondes doigts,elle est marquéede petites élevures
allongéesquicorrespondentaux espacesinterdigiLaux et sontoccasionnées
par depetitspelotonsgraisseuxrefouléspar la tension,auniveaude chaque
doigt,d'expansionsde l'aponévrosepalmaireintimementadhérentesà la
'face profondedela peau.
MEMBRESUPÉRIEUR- 257
La paume de la main dépassedonc,en bas, les limites du métacarpe,,
puisqu'ellecomprend,danssa charpenteosseuse,les extrémitéssupérieures
des premièresphalangesqui concourentà la formationdes articulations
métacarpo-phalangiennes. Elleest limitéeenbaspar un grandpli courbequi
la séparedesdoigtset quicorrespondau milieudeces phalanges.
La paumede la main est sillonnéede plis nombreuxmais qui se rédui-
sent à quatre constants,deuxprincipauxet deuxaccessoires.Ussont occa-
sionnéspar les mouvementsde flexiondes doigts et d'oppositiondu pouce.
L'éminencethénar est circonscrite,en dedanset en bas, par un long sillon
curvilignequi s'accusedans les mouvementsd'opposition,c'est le pli du
pouce.D'autrepart, lors de la flexiondes trois derniers doigts,on voit se
creuser,à quelques centimètresde leur hase, un pli transversal légère-
ment courbequi, né sur le bord interne, vient mourir entre l'indexet le
médius, c'est le pli des doigts.Cesdeux plis principauxsont doubléspar
deuxautres plis moinsprofonds.En dedansdu pli du pouce,un long sillon
longitudinalnaît de-la racinede l'hypol.bénaret se dirige en ligne droite-
vers la commissurede l'index et du médius, c'est l'accessoire du pli dit.
ponce.Un autre sillon obliqueparti de l'extrémitéinférieuredu pli du
poucevient mourirversle milieudu bord cubitalde la main,-c'est l'acces-
soiredu pli des doigts.Le dessin figurépar ces différentsplis a été com-
paré à un Mmajusculerenversé.Lesjambages extrêmessont formés par-
le pli du pouceet par le pli des doigts,et le Vcentralest représentépar la-
rencontredes deuxsillonsaccessoires(fig.49).

Sur la vue postérieure (fig. 47, A):Pro/ils.— Les contourssont


naturellementles mêmes que sur la vue antérieure et je n'ai pas à y
revenir, mais les plansqui meublentces profilsdemandentune description,
détaillée.
Plans.—Au bras, toute la régionest occupée,dans sa partie supérieure,:.,
par une saillie adouciecorrespondantau corps charnu du triceps dont les
diversesportionsn'apparaissentpoint distinctement en raison du faible
développementmusculaire,saillie qui se déprimeinférieurement,au-dessus,
du coude,dansla régiondu tendoncommun.Très souvent,chezla femme,
unelocalisationgraisseusespéciale,située en arrière de l'insertion deltoï-
dienneet s'étendantsurtoutela partie supérieuredu muscletriceps, forme
en ce point un relief plus ou moins considérable.Celteforme graisseuse
258 ANATOMIEARTISTIQUE DU CORPSHUMAIN

peut existermêmechezles jeunes filles,et elle ne saurait être confondue


avec le relief charnu du tricepsdont on peut, chezles femmesmusclées.
reconnaîtrela pointe
inférieureau-dessous
d'elle.
Lecoudeestle siè-
gedéformesfixesdes
plus intéressantes.
Vers le milieudela
région, mais beau-
coup plus près du
bord interne que du
bord externe, l'olé-
craneformeunesail-
lie peumarquéedans
l'extension.Le plus
souventchezla fem-
me,un pli transversal
secreusependanlque
s'effacela saillieolô-
cranienne, et ce pli
profond,quis'accen-
tue avec l'épaisseur
de la couchegrais-
seusesous-culanée et,
-Î7.—A.Membre
l'-|i-.. dejeunefille.—B.Membreavec le
supérieur
d'boninie
supérieur —C. Superposition
musclé. desprofils degré d e
desligures
AetB.
l'hyperexlensiondu
(Vuepostérieure).
coude,dominetoute
la morphologiede la région. Ce sillon aboutit en dehorsà une fossette
profpnde,d'une constanceremarquable,située au niveau du condylede
l'humérus,fossettedu coude,au fond,de laquellele doigtsent, avecla plus
grande netteté, le condylehumeraiet la tête radialeavecl'interlignequi
les sépare.En dedansil se perd dans la gouttièrequi séparel'olêeranede
l'épitrochléeet danslaquellepassele nerfcubital. La fossettecondylienne
est placée au môme niveau que la fossette digitale décriteà la face
Antérieure,et un stylet introduit perpendiculairementpar l'une d'elles
MEMBRESUPERIEUR 259-
sortirait par l'autre après avoir traversé l'articulation radio-humérale.
La sailliede l'épicondyle,masquéedansl'extensionpar les reliefsmuscu-
laires voisins,ne se révèle que lorsde la flexiondu coude.
A l'avant-bras, la forme générale assez simple, soulevée,en haut, au
niveaudes corpscharnusdes muscles,et déprimée,en bas, a.univeaudes
tendons,est toujoursbarréeobliquementpar un long sillon,sillondela crête
cubitale,qui peut être réduit à un méplat, mais dont la constanceest
remarquable.Cesillon part en haut de la fossettedu coudeou un peu plus
bas pour se terminer au-dessuset en dedans de l'apophysestyloïde du
cubitus.11correspond,dans la profondeur,à la crête cubitale(bordposté-
rieur du cubitus)et est occasionnépar deuxlongsreliefsmusculairessitués .
de chaquecote, le cubitalpostérieuren dehors et.les fléchisseursdes doigts
en dedans.Ses relations étroites avec le cubitus en font une forme fixe
osseuse.
Au poignet, les extrémitésinférieuresdes os de l'avant-bras dessinent
leurs formes fixes. En dehors, l'extrémitéinférieuredu radius montre sa
large surface saillante. En dedanscl sur un niveau plus élevé,se. voit la
saillie étroite et nettementcirconscritede Vapophyse styloïdedu cubitus.
Enfin, au milieu,les tendons des muscles extenseursque nous retrouve-
rons à la main, sont ici accolésles uns aux autres et ne forment point,
commeplus bas, des reliefs distincts.
La face dorsalede la main reproduit, dans son ensemble, la forme
générale convexetransversalementdu métacarpe. La partie culminante
répond au deuxièmemétacarpien. En outre des saillies veineusesirrégu-
lières et fort variables,on y distingue,dans l'extension,les tendons des
muscles qui du centre du poignet se .dirigent en divergeantvers chaque
doigt. Le dos de la main eàt bordé, en bas, par les saillies, isoléesentre
elles, des articulations métacarpo-phalangiennes au niveau desquellesla
peau se plissetransversalement.Sur les mains un peu potelées,les sail-
liestendineusesdisparaissentet les articulationsmétacarpo-phalangiennes
sont marquées chacuned'une fossette caractéristique(pi. 48). Entre le
pouceet l'index,l'espaceintermétacarpienest toujourscomblépar la-saillie
musculairedu premierinterosseuxdorsal.

"Vue latérale externe (fig.48, A).Profils.— Considérantmaintenant


la vue latérale, nous remarqueronsque les profils en sont formés par la
260 ANÀTOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

44.— MEMIME
PLANCHE SUPÉIUEUH
MASCI'I.IN.
.A.,Yueantérieure.
B.Vuelatérale.
C.Vuepostérieure.
MEMBRESUPÉRIEUR Pi,. 14.

Membresupérieurmasculin,
MEMBRESUPERIEUR 263
successiondes plansque nousvenonsd'étudier sur les faces antérieure.et
postérieure,pendant que les plans comprisentre ces profilsrépondent'au
contour externe de
tout à l'heure.
Le contourposté-
rieur nous montre,
en son mil ieu, un
point fixesituéà l'o-
lécrane qui marque
la-limiteentrele bras
etl'a vant-bras,saillie
ou sillonolècrunien.
Leprofildubrasen
arrièresuitunecour-
be qui s'abaisse au
f iir et à mesur e
qu'elles'approchedu
coude.Sonreliefsu-
périeurest dû,chezla
femme,à la-présenc(
de l'accumulation
graisseuse déjà si-
gnalée. Sonaffaisse-
ment inférieur re-
posesur lapartieten-
dineuse du triceps
Le profil se conli -ÎS.—A.Membre
FIG. dejeunefille.—B.Membre
supérieur
d'homme
supérieur —G.Superposilion
musclé. desprofils
nue, à la faceposté AetB.Axedumembre.
desligures
rieure de l'avant (Vuelaléra'e
externe).
bras, par une longui
courbe basse et uniforme qui, au fur et à mesure qu'elle descend, se
redressepour devenirune ligne droiteau niveau)dupoignet,du dos de la
main et des doigts.
En avant, le profil suit la saillie très surbaissée, en son milieu,
du muscle biceps qu'il accompagne,jusqu'à la fossette digitale, pour
être continué, au niveau de la saignée, par une nouvelle ligne droite
264 ANAT0M1EARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
ou courbe très surbaissée, tangente au relief du rond pronateur.
A l'avant-bras,le contourantérieurest assezressemblantau contour
postérieur, en raison d'une musculaturede même ordre formée de
corpscharnusen haut et de partiestendineusesen bas. Toutefois,il en
diffèreen ce que la courbesupérieure,moinsmarquée,commenceun peu
plus bas, et qu'inférieurement celte courbe,non seulementse redresse,
mais parfois s'incurveen sens inverse,à cause du redressementdes
tendons qui viennents'attacher au poignet.Au niveaude la main, le
poucesituésur un plan antérieurdétacheson profil,en avant de celui
desdoigts.
Plans.—Entrecesdeuxprofils,les plansquenousavonsà signalersont
lessuivants.C'est,d'abord,au-dessousdu reliefde l'épaule,la dépression
formefixe,à laquellesuccèdeun méplat,répondantau brachial
delloïdienne,
antérieur;puisun reliefassezmarquéempiétantsur le braset descendant
à la.partiesupérieurede l'avant-bras.Cerelief,d'unvolumevariablesui-
vant le développement musculaire,est limité,enavantet en arrière, au
niveaudu coude,par deuxformesfixessemblablesqui sontles deuxfos-
settes de la région,fossettedigitaleen avant et fossettecondylienneen
arrière. Au-dessusdu poignet,nouvellesaillie musculaireallongéede
volumefortvariableet, à son niveau,une dépressionconstante,formefixe
invariable,limitée, en haut, par l'apophysestyloïdedu radiuset, sur les
côlés, par les tendonsdes extenseursdu pouce,en avant, premier et
deuxième extenseursréunis,en arrière,troisièmeextenseur.Cettefossette
profonde,qui se creuseencoredansl'extensiondu pouce,a reçule nom
pittoresquede tabatièreanatomique.

MESI1)1»
E-SUPÉRIEUR
-MASCULIN
(pi. 44).
Sur un membresupérieurd'homme,quelquemuscléqu'il soif, nous
retrouveronsles formesfixesqueje viensde signalersur le brasféminin.
La comparaisonest intéressanteà établirel je vais l'entreprendrerapi-
dementenconsidérantsuccessivementles galbesetles planssouslesdiffé-
rents pointsdevue.

Vue antérieure (fig.4S,B).Profils.—Leprofilinternechangerelati-


vementmoinsquel'externe,il a toujoursson point fixeà la saillieépitro-
MEMRRESUPERIEUR 2(>:>
chléenne.Au bras, la courbes'accentuera,surtout à sa partie supérieure,
en raison de l'augmentation de volumedu triceps. A.l'avant-bras,l'in-
flexionsupérieurede la courbesubira une accentuationplus marquéeque
l'inflexioninférieure,la premièredépendantde l'augmentationde volume
de nombreusesmasses musculaires,la seconde n'étant due qu'au seul
cubitalantérieur et à la graisse.
Au profilexterne, le développementdu deltoïdeexagèrela courbesupé-
rieure qui se termine à l'empreinte fixe deltoïdienne.La ligne droite du
bras est remplacéepar une courbe déterminée par l'accroissementdu
brachialantérieur et surtout du triceps dont le vaste externe déborde
un peu en dehors.A l'avant-bras,accentuationdes deux inllexionsavec
dédoublementde la première,de sorte que les trois reliefsquise dessinent
sont dus, en allant de haut en bas, l" aux muscleslong supinateuret pre-
mier radial confondus,2°au deuxièmeradial el 3*aux musclesdu pouce,,
ce dernierrelief toujoursmoindreque les deuxautres.
Plans.— Les plansqui meublentces profilssont dus au développement,
musculaireet il mesuffira de les énumérer(fig. 46, B). A l'épaule, saillie
deltoïdienneavec son maximum,en avant, au niveaude la tôlehumorale.
Au bras, relief du bicepsobliquementterminé par en bas, en raison du-
moded'insertiondesfibrescharnuessur le tendoncl flanquéintérieurement
des deuxméplatslatérauxdu brachial antérieur. Dansla région de la sai- ,
gnôe, persistancesans modificationde la fossette digitale et des plis de
flexion,mais accroissementconsidérablede la masse musculaireexterne
forméepar le longsupinateuret premierradial réunis, massequi descend
sur la partie antérieurede l'avant-braset endehorsde laquelle,à ce niveau,,
apparaît le relief distinct du deuxièmeradiai vu de profil. En dedans
de la fossettedigitale,se révèlela cordeforméepar le tendoninférieurdu-
bicepsel, plus en dedansencore, commençantau niveaude l'épilrochlée.
le reliefisolédu rond pronaleur. A l'avant-bras,méplat médian longitu-
dinalbordéen dehors par le long supinateur el en dedans par la masse
commune des fléchisseursdes doigts recouverts par les muscles épi-
trochléens,déprimée,à sa partiesupérieure,par le sillonobliquede l'expan-
sion aponévrotique du biceps.Auniveaudu poignet,rien n'est changédans
les sailliestendineuses,et les plis de flexionn'éprouventnaturellement
aucunemodification.Lamain ne montrequ'une augmentationde volume
desniassescharnueset de la charpenteosseuse
14
266 ANAT0M1EARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
Vue postérieure (fig. 47, 15).— Entre les profilsqui restent les
mêmesque ceuxde la faceantérieure,les plansdela facepostérieuresont
les suivants.
Plans.— Au bras, développement du muscletricepsdont les diverses
portionsapparaissentdistinctement. Au-dessus del'olécrane,lelongméplat
dutendoncommunqui s'élèveobliquement endehorset qui est bordépur
les sailliesdesdiverscorpscharnus: en hautet en dehorsle vasteexterne,.
•endedans,superposéset fort inégaux,le reliefpuissantdela longuepor-
tionet au-dessous le vasteinterne.
Au coude,formesfixesde la saillieolécranienne, de la.fossette
condijlienne
el.dela gouttièrequiséparel'olécranede l'épilrochlée.
A l'avant-bras,la formefixedusilloncubitals'accentueà causedu déve-
loppementdes musclesqui le bordent.En haut, au-dessusde lui, le plan
triangulairede l'anconé;en dedans,la grossesailliedesfléchisseursdes
doigtsqui formetout le bordinternedu membre;en dehors,danstoute
la hauteurde l'avant-bras,deuxsailliesallongéesde volumeinégal,occu-
pant à peuprèsle milieudelafacedorsale,et duesla pluspetiteaucubital
postérieur,la plus volumineuse aux extenseursdes doigts.Toutle bord
externeest occupépar une successionde reliefsmusculairesde volume
différent-;le plus volumineux et le plus élevébordeen dehorsla fossette
condylieuneet remontesur le bras, il est dû au1erradiaiuni au longsupi-
nateur. Lereliefsituéau-dessous,et plusmodeste,est celuidu 2"radial.
Enfinle plusinférieur,toujoursmodéré,est occasionnépar lescorpschar-
nus accolésdesdeuxpremiersexlenseursdu pouce.
Lesreliefsosseuxet tendineuxdu poignetet du dosdela mainnechan-
gent point,seulle1erinterosseuxdorsalaugmentedevolume.

Vue externe (fig.48, C).Profils. —Souscetaspect,lesmodificationsqui


surviennentdansles contourssontdes plus.simpleset peuventse résumer
ainsi : relèvementdescourbesdesprofilsdontles pointsde départrestent
à peu près les mêmes.Au bras,la courbedu triceps ne s'accentuequ'en
haut,pendantquecelledu bicepss'accusedans toutesonétendue.Al'avant-
bras, les profilsne se relèventque dansleur moitiésupérieureau niveau
des niassescharnues.Aupoignetet à la main,pas de changement.
Plans.—Lesplansquimeublentcesprofilssontpluscomplexes. Al'épaule,
saillie deltoïdienne,plus marquéeen avant, se terminant, en bas, à la
MEMRRESUPERIEUR 267
dépressionfixedel'insertiondeltoïdienne,à laquellesuccède,sur le milieu
du bras, le méplatdu brachialantérieurlimitépar deuxsillonsquile sépa-
rent, l'un, en avant, du biceps,l'autre, en arrière, du triceps. A l'avant-
bras, se succédant,sur la lignemédiane,les reliefssuperposésdes muscles
longsupinateuret premierradial'réunis,deuxièmeradialel extenseursdu
pouce.Dechaquecôtéde cereliefmédian,sevoientles sailliesmusculaires
signaléesdéjà,enavant,ala faceantérieureet, enarrière,à la facepostérieure.

ATTITUDES
DEPHONATION
ET DE SUPINATION
(pi. 45).

Aprèsavoir décrit,le membresupérieurdans l'altilude classiquede la


supination,il importederechercherlesmodificationsmorphologiques qu'il
subitdansla pronalionà ses diversdegrés.Car ces derniers mouvements
sont beaucoupplususuelsque la supinationquirestetoujourspeunaturelle,
bien qu'ellesoit un geste essentiellementhumain.Les animaux,en effet,
commc'l'ourset le lion par exemple,qui ont, à l'avant-bras,les deuxos
mobiles,conserventla pronalioncomplètedansla stationetdansla marche.
Pour attraperou tenir leur proie,leurmembreantérieur semet en demi-
pronalion,maisil n'estjamais en supinationcomplète.Il en est de même
chezles grandssingessi prochesde l'hommequ'onlesa rangéssousl'éti-
quetted'anthropoïdes.Quandon les voit venir,leursdeuxgrandsbras bal-
lants le long du corps,les poignetssonttournésle dosen avant, dansla
pronalionabsolue.Uncertainnombred'hommesmarchentdecettefaçon.
11n'est peut-êtrepas sansintérêt de rechercherles différencesquipeuvent
existerà ce sujet entrel'hommeet la femme.
Lorsqu'onlaisse tomber le membre supérieur naturellementet sans
effortle long du corps,l'avant-brasse placetoujoursdans une altitudede
pronalion,dontledegrévarieaveclesindividus.Lademi-pronation est pour
ainsidirela règle.Maisla pronationcomplètes'observeaussiquelquefois et
voici,d'aprèsnosdocuments,sondegrédefréquence.Chezl'homme,la pro-
nationse voitchez10 sujetssur 26, c'est-à-direun peumoinsquela moitié..
Tandisquepourtrouver10sujetsfemmesdontl'avant-brassemetenprona-
tion,il faut enobserverjusqu'à5S.Laproportionest doncun peumoinsd'un
cinquième.Onvoit là, unecurieuseoppositionentrel'hommeet la femme.
Lesfiguresdelà planche45 montrentle membresupérieurdansles posi-
tions successivesde supination,demi-pronation et pronationvuessoustrois
268 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

45.— MEMIUUÎ
PLANCHE MASCULIN
SUPÉIUEUII DESUPINATION,
ENATTITUDE
ETDEFLEXION.
DEPRONATION
S. Supination.
D. P. Dfèmi-pronation.
P. Pronation.
C.Vuelatérale.D.Flexiondu coudeavec
B.Vuepostérieure.
A. Vueantérieure.
en supination,
avant-bras enpronalion.
en demi-pronation,
MEMBRESUPÉRIEUR PL.45.

Membresupérieurmasculindansles mouvements
de rotationet de flexion.
MEMIIRE SUPERIEUR 271

principauxaspects.Les positionsextrêmesde supinationforcée,facile à


réaliserchezla femmeseulement,etdepronalionforcée,aisémentréalisable
dansles deuxsexes,ont été négligées.
Pouren suivrele développement, il suffitde rappelerle mécanismede.
la rotation du membresupérieursur sonaxe. Cette rotation est un mou-
vementcomplexequi ne reste pas limité à l'avant-bras,commeon serait
tenté de le croire,mais auquelle bras lui-mêmeentre pourune part.
C'estainsi qu'il est facilede démontrerque,la mainexécutantune rota-
liondetroisquartsde cercle,l'avant-brastourned'un demi-cercleet le bras
d'un quart. Et cesdeuxmouvementsnes'exécutentpas l'un après l'autre,
s'addilionnantpour ainsi'dire.SMais ils commencent en mêmetempset oui
lieusimultanément.
La rotationhuméralese constaterafacilementpar le déplacementde
l'épiti'ochléeel de l'olécrane,et l'on voit, en effet,que, dès la demi-prona-
tion, cesdeuxpoints se sont déplacés.Quantà la rotationde l'avant-bras,
elleest aisémentmesurablepar le déplacementdesextrémitésinférieures
duradiusou ducubituset de la main elle-mêmequiy est attachée.Sur les
trois figuresplanche45,A,13,C,on constateque la rotationtotalen'est que
' d'undemi-cercle se lesdeuxsegmentsdumembre.
que parlagenlinégalemènt
En y ajoutantla pronalionforcée,la rotationatteindraitlestrois quarts de.
cercledont nousavonsparlé plus haut. Si nous tenons comptemainte-
nant de la supinationforcéefréquentechezla femme,nousverrons alors
que,chezcelle-ci,la rotationpeut atteindreun cerclecomplet.
Si, dansce mouvement,qui,lorsquele membresupérieurest en exten-
sion,est toujoursmouvementcomposés'étendantau bras et à l'avant-bras,
nousvoulonsconnaîtrela part qui revient au seul avant-bras,il suffit
d'immobiliser l'humérusparla flexiondu coudeà angledroit, par exemple,
et l'on constateraqu'ellene saurait dépasserle demi-cercle(pi. 45, D).
Les modificationsdes formes du membre,dans son ensemble,sont les
suivantes.L'axedel'avant-bras,déviéendehorsdansla supination,revient,
dansla pronation,se placerdansla continuationdel'axe du bras, de sorte
que,danscettedernièreattitude,lesaxesdesdifférentssegmentsdumembre
suiventunemêmelignedroite.
Noussavonsque,dansla supination,il existe une oppositionentre les
formes de l'avant-braset cellesdu bras, tous deuxétant de sectionova-
laire mais avecune orientationdifférente,le grand axe du segmentbra-
272 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
chialétant dirigéd'avantenarrièreet celuidu segmentantibrachialtrans-
versalement.D'oùcelte conséquence que, sur le membresupérieurvu de
face,l'avant-brasest plus large quele bras et que, vu sur le côté, c'est
. l'inverse,le brasétant pluslargeque l'avant-bras.
Ces oppositionsdisparaissentdans le mouvementde rotation. Et la
forméd'ensembledu membresupérieuren pronalionest pluségaleet plus
arrondie;le poignetest plusétroit quedansla supination,remarqueexpres-
sémentconsignéedéjàdansles noiesdeLéonardde Vinci.
Quantaux formespartielles,il seraitfastidieuxd'entreprendrede les
décriredans leur détail.11suffirade quelquesremarquesgénéralesqui
faciliterontla lecturedesfigures.
.le norevienspas sur le déplacementdu squelette,que les partiesappa-
rentesdesos permettenttoujoursd'apprécier.
Pour bienjugerdestransformationsdesformesmusculaires,on remar-
queraquetousles musclesapparentsdu membresupérieursont de forme
allongéeet disposésautourdu squeletteparallèlement à lui. Deplus,leurs
insertions,qui sefont par leursextrémités, sontsouventfortéloignéesl'une
de l'autre. Commela rotationdu squelettes'accentueen s'éloignantde
l'épauleet en s'approchantdela main,il s'ensuitqueles.muscles,entraînés
par sonmouvement, verrontleurextrémitépériphérique se déplacerdavan-
tage et qu'ilssubirontun véritableenroulementautourdelui.Pourlesgros
musclescommele bicepset le triceps,riende plus facileà constater.Cette
torsions'observemêmesurla partieinférieuredu deltoïde.Auxmusclesde
l'avant-bras,elleestaussiévidente.Et pourse guiderdansle dessindeces
formessouventcomplexes, je conseilled'ordinairede porterl'attentionsur
uneformeanatomiquedisposéedansla longueurdu membre,comme,par
exemple,la longuesuite de sailliesmusculairesqui, dansla supination,
formentle bordexternedel'avant-bras—longsupinateuret premierradial,
deuxième radial,extenseursdu pouce—oubienencorelesilloncubitaldont
la terminaisonà l'apophysestyloïdedu cubitusest toujoursfacileà recon-
naître,ou encoresur tel autre détailqui conviendra.Constatantalorsles
modifications que subit,la partie spécialementobservée,il sera toujours
aisé d'y rattacherles changements survenusdanslespartiesvoisines.
ATTITUDES
DE FLEXION
(pi. 45, D).
Que-deviennnentles formesdu membresupérieurdans la flexionde
MEMBRESUPERIEUR 273
l'avant-brassur le bras? La saignée se transforme en un pli profondqui
masqueles détailsde l'extension,mais, en arrière, desformesnouvellesse
révèlent.Lasailliede l'olécranes'accentueau point de représenterle som-
met d'un angle dont le degré varie— obtus, droit ou aigu—.suivant le
degré de la flexion.11reprend sa situation au milieu de la largeur du
membre—ron se souvientque, dans l'extension,l'olécraneest placébien
plusprès du bordinlerne que de l'externe— et de chaquecôté, à égaledis-
tanceà peuprès, font saillieles deuxtubérositésde l'extrémitéinférieure
de l'humérus, en dedansl'épitrochléequi n'a pas changéde place, et, en ,
dehors,l'épicondyledémasquépar le déplacementdes musclesexternesde
l'avant-bras,longsupinateuret premier radial.
Au point de vue des modificationsmorphologiquesqui sont la consé-
quencede la flexiondu coudeaccompagnéedela rotation de l'avant-brasà
ses divers degrés,la comparaisondes figures de la planche 45, A, B, C,
entre elleset aveccellesde la même planche I), est fort instructive.
On y voit que, sur les figures représentant la flexion, le biceps a
changé,de forme avec la. rotation de l'avant-bras. C'est que le biceps,
tout en étant fléchisseur,est aussi supinateurel qu'il n'accomplitla flexion
del'avant-brassurle bras quelorsquesonactionde supinationestsalisfaite.
Surla figureD, S, l'avant-brasétant en supination,le bicepsa la forme
globuleusede la contraction. Sur les deuxautres figuresqui suivent, le
bicepss'allonge,il entre en relâchement,et la flexionest maintenue par
un autre musclefléchisseur,le brachial antérieur, par exemple.
La comparaisonde ces dernières (figuresD) aveccelles qui sont situées
juste au-dessus(C)dans la même planche,démontre,jusqu'à l'évidence,la
part que, dansl'extensiondu membre,le bras prendau mouvementderotaL
tion. Il est aisé devoir que la-torsiondes musclesde l'avant-brasautourdu
squeletteest bien plus marquée dans les figures D que dans les figuresC,
pour atteindre à une positionanaloguede la main. C'est que la rotation
de 180"est obtenuepar l'avant-brasseul, l'humérusimmobiliséne pouvant
intervenir pour sa part'habituelle,qui est de 90°.
11arrive même que, chezles athlètes qui ont de gros muscles,la torsion
qu'exigela pronationcomplètene peut être que péniblementobtenue,à
causede la difficultéqu'éprouventdes musclesvolumineuxà se laisserainsi
tordre. Mais,chezla femme,dont les muclessont toujours d'un volume
modéré, ces mouvementssont exécutésavecla plusgrande facilité.
274 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

DE LA MAINET DESDOIGTS.

Quelquesmotsmaintenantsur la main,et les doigtsqui forcémentont


étéun peunégligésdansl'étudegénéralequi précède(pi.48).
Je nereviendraipas sur la paumedela mainet la facedorsalequi ont
étésuffisamment décritesplushaut. Succédantau poignet,la maina trois
bords, un bordinterne,un bord externeet un bord inférieurqui porte
les doigts..
Lebordinterneest ar-
rondi,plusépaisenhaut
qu'enbas.Lebordexter-
ne, dans sa partie supé-
rieure,portele pouce,la
partie inférieurecorres-
pondant à l'articulation
mèlacarpo-phalangienne
de l'index. Le premier
métacarpienest situésur
un plan antérieurà celui
desautresmétacarpiens;
il est, en outre, dirige
obliquement enbasel en
Vie.40.—A.Plisdupoignet,
delamain — dehors,et sa face anté-
etdesdoigts.
relative
B.Longueur desdoigts,
formule desateliers.
rieure esl tournée vers
l'axe médiandela main.
line commissure'très.étendue reliele pouceà la base'del'indexetestformée;
d'un repli dela peau dontle bord mince,concave,est dirigéen dehors.
Au bordinférieurde la main, les doigtssontreliés,à leur base,par des
repliscutanésanaloguesqui occupentla face palmaireet le plan le plus
inférieurdela commissure.En effet, les commissuresinterdigitalessont
tailléesobliquement dans l'épaisseurde la main, detelle sorteque, du pli
cutané palmaireinférieur qui répond au milieu de la. phalange,elles
remontent,par un plan incliné,versle dos dela main,jusqu'auniveaude
l'articulâtionmèlacarpo-phalangienne.
Cebord, convexeen bas, remontetrès peu vers le doigtindicateuret
versle ' .
beaucoupplus petitdoigt.
MEMBRESUPERIEUR 275
Doigts. — 11résulte de la dispositionspéciale sur laquelleje viens
d'insisterque tousles doigts(à l'exceptiondu pouce)paraissentpluslongs-
vuspar leur face'dorsaleque par leur face palmaire.A la face dorsale,en.
elfet, les doigts commencent à l'articulation mèlacarpo-phalangienne,
tandis qu'à la face palmaire.ila paumede la main, qui descendjusquevers
le milieu de la premièrephalange,diminued'autant la longueurdu doigt
(fig.49).
Chaquedoigt se composedetrois segmentsquiportent les noms des os-
qui leur servent de squelette,phalanges,phalangines et phalangettes.-Le
poucen'a que deuxsegments,la phalangeel la phalangette.
Irrégulièrementcylindriques,les doigts offrentquatre plansdistincts:un
antérieurou palmaire,un postérieurou dorsalet deuxlatéraux.Le dosdes
doigtsest arrondi, marquéau niveaudes articulationsde plis transversaux
figurantune ellipseà la jonction de la phalangeavecla phalangineet plus
irrégulierset superficielsau niveaude l'articulationsuivante.Surles doigts
un peu gras de la femme,ces plis cutanéssont remplacéspar desfossettes
commecelles qui existent, dans"les mêmes circonstances,au niveaudes
articulationsmétacarpo-phalangiennes (pi. 48, A, B).
L'extrémitédu doigl se termine par l'ongle.;situé à la face dorsale.La
face palmaire(pi. 48, C)est diviséeen trois parties par les plis de flexion.
Le pli supérieursépareles doigts de la paumede la main et se perd, sur
les côtés,dansles commissuresinterdigitales.Il est double pour les deux
doigts du milieu,médiuset annulaire,qui paraissentun peu étranglésà ce
niveau.Destrois segments,celui du milieu est le plus court. Le pli qui le
limite en haut est généralementdouble,celuidu bas est simple.La peau
de la face palmaire est doublée d'un tissu cellulairedense et élastique,,
abondant surtout à la dernière phalange, où il formela pulpe du;doigt.
Cetle face est parcouruede plis longitudinauxqui disparaissent,dans la
flexiondesphalangeslesunessur les autres, sousle gonflementdela région
qui en.résulte.
Les faceslatéralesdesdoigts sont plus simples,ellesprésententla termi-
naisondes plis de la facepalmaire et de la face dorsale.
Je ne m'étendrai pas sur la différencede volumedes doigts; quant a
leur longueur,elle soulèveune questionde prédominanceentre l'annulaire
et l'indexque nousallonsessayerde résoudre.
Le médius,ou doigtdu milieu, est le plus long de tous les doigts. De
276 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPS HUMAIN

chaquecôté,viennents'accoler,endehorsl'indexet en dedansl'annulaire.
Deces deuxderniersdoigtslequelestle plus long?Autrementdit, quelest
celuidontl'extrémitése rapprochele plus decelledu médius?Lesavissont
partagés.Pourtrancherle différend,nousavonseusoin,chezfousles sujets
que nousavonsmesurés,de tracer le contour'dela main miseà plat sur
une feuillede papier,et aussi du pieddans desconditionssemblables,car
une questionanaloguese posepourla longueurdesorteils.Nousen parle-
ronsen tempset lieu.
Pour tracer le contourdela main,certainesprécautionssont nécessaires.
Il faut quela main, les doigtsétenduset rapprochés,s'appliquebienà plat
sur la surfacedu papier,et que le crayon,taillé en unelonguepointe,soit
tenu bienperpendiculairement à cettesurface.11faut de plusque le doigt
médiussoit exactementplacé dans le prolongementde son métacarpien
(fig.49, B). Oril est bienrare que,pour obtenirce résultat,une petiterec-
tificationne soit pas nécessairesur une main naturellementposée. Car
presquetoujoursil existeune inclinaisonen massede tous les doigtsvers
le bordcubitalde la main, inclinaisonle plus souventlégère,mais parfois
accentuéeel tendant'versla déviationcubitale,symptômede rhumatisme.
Oh comprendaisémentla nécessitéde celtedernièreprécaution.L'incli-
naisonsur le bordcubitalproduitun allongementapparentde l'annulaire,
en mêmetempsqu'unraccourcissement apparentde l'index,par rapportau
doigt médius,et souventtelle main,qui, de prime abord, sembleraavoir
l'annulaireplus long quel'index,montrerala formuleinverse,une l'oisla
rectificationopérée.Delà vient,je crois,l'opiniongénéralementadmisede
la prédominancede l'annulairesur l'index,d'oùrésultela formulequel'on
enseignedans les atelierssur la longueurrelativedes doigtset qui est la
suivante(fig.49): sur une main vue de dos, les doigts étant accoléset
allongés,l'extrémitéde l'indexatteintla basede l'ongle du médius,pen-
dant que l'extrémitéde l'annulairedescendjusqu'au milieude cet ongle.
Lepetit doigtarriveau niveaudel'articulationplialaiigino-phalangetlienne
de l'annulaire.Le poucerapprochédel'indexdescendjusqu'à l'articulation
phalango-phalanginienne de cedernierdoigt(fig.49).
11résulté, de l'inspectionde nos tracés, que cetteformulen'est vraie
que dans37 pour 100des cas. Dansun nombreà peuprèségal, cette for-
mule est renversée,et l'indexl'emportesur l'annulaire,tandis que, dans
le reste descas, les deuxdoigtssont égaux.
MEMBRESUPERIEUR 277
Sous le rapport de la longueurrelativedes doigts,il n'y a pas de diffé-
renceentre l'hommeet la femme,ainsi qu'entémoignele tableausuivant:
Sur100femmesSur30hommes
Indexpluslong 370/0 36,60/0
Égalitédesdeuxdoigts 250/0 26,00/0
Annulairepluslong 380/0 36,60/0
L'axemédiande la mainpassepar le troisièmemétacarpienauquell'ail
suitele médius.
Lesdoigts diminuentdevolumede haut en bas.Ils sont reclilignes,à
peine renflésau niveau des."articulations.Les doigtsnoueux,,même chez
l'homme,n'ontjamais étéun signede force,ils ont pour causela goutteou
le rhumatisme.La rectitudeabsoluedes doigtsest rare. Très souvent,sur-
tout chezla femme,ils sïincurventlatéralementdans un sens ou dans
l'autre (clinodactylie),
et tousles doigts,jusqu'aumédius,peuventsubircelle
incurvationsouventdansun senscontrairelesuns des autres,maislesplus
souventatteints sont le petit doigtet l'annulaire.
Dans le sens antéro-postérieur,c'est-à-diredans le sensde la flexionet
de l'extension,on observeégalement,chezla femme,une incurvationdor-
sale des doigtsdansleur ensemble,due à la laxité ligamenteusehabituelle
et qui n'est que l'exagérationde l'état normal, la phalangetteétanttou-
jours, mêmechezl'homme,un peu renverséeen arrière.
Unedéformationcontraire,consistantdans uneextensionincomplètedes
phalangeslimitéeau petit doigt et s'étendantaussi parfois à l'annulaire
(camptodactylie),est une manifestationdel'arthritisme qu'onobserveassez
souventchezla femme.
MOVVEMENTS.
Les mouvementsdes différentesjointures du membresupérieurs'addi-
tionnentet se complètenten vuedu déplacement, de sonsegmentultime,la
main,-dontle jeu, gesteou action,est infinimentvarié.
Ces mouvements,chezla femme,gagnentencore en étenduedans les
différentssens,etl'onvoitdes danseusesobtenir,aveclesgesticulationsde
leurs bras, des effetssurprenantset imprévus:
Sans enlrer dans le détail des diversesarticulationsdu membresupé-
rieur, disonsun mot sur les particularitésqu'ellesprésententchezla femme
au point de vue des mouvementset qui dépendenttoujoursde la laxité
278 A-NAT-OMIE
ARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

40.—MB
.PLANCHE MmusSUI'ÉIUEUU
FÉMININ.
Rotation: A.Supinationforcée,altitudespécialeà la femme.13.Supination,
hyperexlensiondu coude.C. Demi-pronation. D. Pronalion.E. Pronation
forcée.
F. Hyperexlensiondu coudedansun mouvement dosupplication.
Get J.
Hyperexlensiondu coudechezun professeur deboxe.II. Id. chezu athlète
faiseurdepoids. .
MEMBRESUPÉRIEUR Pi..46.

Kotationdu membresupérieurcTfezla femme,


du.coudechezla femmeet chezl'homme.
lïyporextension
- MEMBRESUPÉRIEUR 284
naturelle des ligaments, de la faiblessemusculairerelative el de la délica-
tesse des têtes osseuses.

Mouvement de rotation. — Nous en avons déjà parlé plus haut. Je


n'insisterai ici que sur les différencesqui existent, à ce point de vue, entre
l'homme et la femme. Lorsquele coude est fléchi à angle droit, les mou-
vements de pronalion et de supination auxquels participent les deux
os de l'avant-bras (1) ont une étendue d'une demi-circonférence,qui
ne varie guère chez l'homme et. chez la femme.Mais lorsque le membre
est étendu le long du corps, à la rotation de l'avant-bras s'ajoute celle
de l'humérus, limitée seulement par la distension ligamenteuse et mus-
culaire, et la main effectue,chez l'homme, une rotation de 3/4 de circon-
férence. Les attitudes successivesprises par la main, dans son mouvement
de torsion sur elle-même,sont la supination, la pronalion et la pronalion
forcée.
Chezla femme, la rotation du membre est plus étendue, elle effectuele
tour complet, car la main, chez un grand nombre de sujets, de l'attitude
de supination qui place la paume directement en avant, peut, aisément
passer à la supination forcée dans laquelle la paume se trouve dirigée
en dehors exactementcommedans la pronation forcée (pi. 46.)

Flexion et extension du coude. — La flexiondu coude limitée par


la rencontre des faces antérieures de l'avant-bras et du bras ne change
guère chezl'hommeet chez la femme. 11n'en est pas de même de l'exten-
sion, p.arfois à peine atteinte chez l'homme, toujours dépassée chez la
femme.Cette exagération de l'extension s'observeaussi fréquemmentdans
l'enfance et pour les mêmesraisons de.laxité ligamenteuse.
La déviation,en arrière,del'axe de l'avant-bras,dansl'extensioncomplète
du coude, est si fréquentechezla femme, quel que soit son développement
musculaire,qu'il convientdela considérercommela règle. Cettehyperexten-
sion du coude donne à certains gestes fémininsun accentbien particulier
(pi. 46) dont les artistes ont su tirer parti en maintes occasions.Il est vrai
quecelte formes'observeaussichezl'homme, mais beaucoupmoinsfréquem-
méht, et elfe ne se rencontre guère que chezles gens musclés,athlètes, fair
(1) "Voy. Anatomieartistique. Descriptiondes formes extérieuresdu corps
humain.,etc., \>.220.
282 ANATOMIEARTISTIQJE DU CORPSHUMAIN

47.—MEMBUE
PLANCHE,. SUPÉRIEURFÉMININ.
Mouvements doeircumdiictiondu coude,le membreétenduol.lt -nuii
fixéesur un planrésistant.
En.A le membreestendemi-pronation,la mainappuyéesolidement surle bord
d'unetable.EnB le coudeexécuteun mouvement de rotationon avant,qui
portela saignéeendehorscommedansla supination forcée.EnCla rotation
ducoudesefait ensonsinverseet portol'olécraneen dehorscommedansla
pronation complète.
En D, EetE lemêmemouvement ducoudes'exécute, lemembreétantdansla
supination.
MEMBRESUPERIEUR IV 47.

Rotationdu coudechezla femme.


MEMBRESUPÉRIEUR 28a
seurs do poids el boxeurs(pi. 46, G, 11,,1).11semble qu'il y ail là une
contradiction,mais elle n'est qu'apparente,et le mêmephénomènes'expli-
que, dans les deux cas, par la même cause qui est une laxité particulière
des ligamentsde l'articulation du coude,laxité naturelle chezla femme,
acquise chez les athlètes à la suite de la répétition de violents mou-
vementsd'extension.Le bras étenduet la main reposantsur un plan résis-
tant, la femmepeut imprimer à son coudeun curieuxmouvementde cir-
cumdticlion dû à une combinaison des mouvements de rotation et
d'hyperextension(pi. 47).

Mouvements du poignet. — La flexiondu poignetest arrêtée par la


limite de distension des muscles.extenseursdes doigts dont les tendons
s'enroulentù la facedorsaledu poignetet des doigts. La flexioncomplète
des doigtsallongele parcoursdecestendons,et a pourconséquenced'arrêter
plus tôt la flexiondu poignetqui,au contraire,s'accentueparleur extension.
Dans la flexion,le dos du poignets'arrondit. Chezl'homme,son degré ne
dépasseguèrel'angle droit. Chezla femme, cet angle se ferme davantage
et il n'est pas rare, en forçant un peu, de voir le poucearriver au contact
de la face antérieure de l'avant-bras.
Dans l'extension, la limite du mouvementest due à une cause sem-
blable à celle qui arrête la flexion.C'estencorela distensionmusculaire
qui, ne pouvantdépasser un certain degré, empêche le mouvementde
s'étendre davantage,et ce sont cette fois les fléchisseursdes "doigtsqui
sont en cause.La flexiondes doigts,ayantpour effetd'allongerle parcours
des fendonsde ces muscles,diminuepar là même le degré de l'extension
du poignet,qui s'accuseau contraireavec leur extension.
La limite de la distensionmusculairevarieavec la longueurdes fibres
charnuesel aussi avec l'exercice.On comprenddonc que ces mouvements
de flexionet d'extensiondu poignet,que n'arrête aucunedispositionarticur
laire fixe,'soientd'étenduefort variablesuivantles sujets et d'unemanière
généraleplus accentuéschezla femme que chezl'homme.Chezce dernier,
pour ce qui est de l'extension,l'angle formé par le.dosde la main et celui
de l'avant-bras est toujours plus ou moins obtus, tandis qu'il atteint
quelquefoisl'angle droit chezla femme.
Lesmouvementsde latéralité du poignetsont beaucoupplusmarquésen
dedans qu'en dehors.Leurétenduetotaleatteint à peinel'angle droit.
280 ANATOMIEARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN

48. — QUELQUES
PLANCHE DESSINS ALAMAIN.
HELATIFS
Mainféminine.A, 15.Vuedorsale.Présence"desfossellesau niveaudesdiverses
C.Paumede la maindont les plis dessinentassez bien l'M
articulations.
majusculerenverséedont lesdeuxjambagesextrêmessontforméspar le pli
du pouceet le pli des doigts,pendantque le V centralest réalisépar les
douxplis accessoires.D, E, F. Poingfermésansmouvement du
d'opposition
pouce,suivantl'habitudedela femme.
Maind'homme.G. Mouvement d'oppositiondu pouce.II. Poingl'crrrféavec
oppositiondu pouceseul.J. Oppositionsimultanéedu pouceet dosdeux
derniersdoigts.IC.Poingtermeavecoppositiondu pouceet dosderniersméta-
carpiens.L. Poingsansoppositiondu pouceà la manièrede ce qui a lieu
chezla femmeF.
MEMBRE Si:Pi:HlEUR IV 48

Mainà fossettes.Poingferméchezl'hommeet chezla femme.


MEMBRESUPERIEUR , 289
Mouvements d'opposition. — Le poucejouit d'une indépendancede
mouvementsremarquabledueau moded'articulationdu premier métacar-
pien avecle trapèze (1).II.enrésulte que le pouce,douéde véritablesmou-
vements de circuniduclion,peut se porter en avant des autres doigts et
jusque sur le bord internedela main. Maisun fait peu remarquéjusqu'ici,
c'est qu'une disposition,articulaire analoguedes deux derniers métacar-
piens et surtout du cinquièmeavecla face inférieurede l'os crochuest la
causede mouvementsdes deuxderniersdoigts,—et en particulierdu der-
nier, — qui rappellentles mouvementsd'oppositiondu pouce(pi. 48, ,1.)De
sorte quel'on peut voir,1orsquelepremiermétacarpiendessinelemouvement
d'opposition,le cinquièmes'avancer pour ainsi dire à sa rencontre, d'où
résulte que la paumedela main se rétrécitet se creusedavantage,pendant
que le dosde la main s'arrondit.

Mouvements des doigts. Poing fermé. — Les articulationsméta-


carpo-phalangiennespermettentaux doigtsdes mouvementsen tous sens.
C'est ainsi qu'ils peuvent s'étendre, se fléchir et s'écarter les uns des
autres. L'extensionn'estlimitéequepar la distensiondes ligamentset des
muscles fléchisseurs.D'ordinaire,chez l'homme, les doigts, dans l'exten-
sion, se renversent au point de décrireavec le dos de la main un angle
obtus variableavecles individus.Chezla femme,cet angle peut aisément
atteindre l'angle droit.
Lesarticulationsdes phalangesentre ellesont la formede pouliesel se
meuventcommedes charnièresdans un seul plan, susceptiblesseulement
de deux.mouvementsde sens opposé,la flexionet l'extension.
La fermeturedu poingconsisteessentiellementdans la flexion,portée à
l'extrême, des doigtsdans l'intérieur de la paumede la main.Maisla posi-
tion du pouceest variable.
Ou bien il vient se placer sur la faceexternede l'indexsans mouvement
d'opposition(pi. 48, D, E, F). C'estainsi que, dans les oeuvresdes civilisa-
tions primitives,chez les Égyptiens,les Assyriens,etc., les personnages
sont représentésle poingfermé. C'est aussi de cette façon que la femme
fermele poing.
Oubien le poucese met en oppositionet vient se placer en avant des
(1) Voir: Analomieartistique.Descriptiondes -formesextérieuresdu corps
humain,etc.,p. HO. .
290 ANATOM1E
ARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
doigtslléchis(pi. 48, H),suivantla coutumede l'homme.Aumouvement
d'oppositiondu poucepeuvents'ajouter les mouvementsd'oppositiondes
deux derniers métacarpiens.Le poing est alors plus étroit, sa forme
d'ensembleest plus arrondie et son dos est égalementplus convexe
(fig-48,K).
C'est ainsi qu'il existeentre l'hommeet la femmeune saisissanteet.
curieusedifférencedans l'aspectdu poingfermé.
MEMBRE INFÉRIEUR

Dansla descriptionquiva suivre,j'adopteraila mêmeméthodequepour


le membresupérieur.Laissantde côté la description.détailléedes régions,
pour laquelleje renvoiele lecteur à mon Analomieartistique,où toutes
cesquestionsde morphologierégionalesont traitées avecdétail,je consi-
déreraile membreinférieurdans son ensemble,étudiant successivement
les profilset les plans contenusentrecesprofilssousles principauxaspects,
.l'essayerai,par la déterminationdesformesfixeset desformesvariables,
d'établirun lien entre lesdiversesconformationsindividuelleset en parti-
culierentre la conformationféminineet la conformationmasculine.

AXE DU SIEMBUEINm'unisun

Commençonspar définir,l'axe du membreinférieur.Ona vu plus haut


qu'aumembre supérieurl'axe n'était pas représentépar une.même ligne
droite et que l'avant-brasétait toujours dévié en dehorsdans une pro-
portionplus ou moins forte. Il n'en est pas de mêmeau membreinfé-
rieur, où le type de la conformationnormaleest représentépar un axe
figurépar une seule ligne droite de la racinedu membrejusqu'au pied.
L'axe de la cuissene suit pas le corps du fémur placé obliquementau
milieudes parties molles. Du milieude l'extrémitéinférieure,il joint le
centrede la tête articulaire.Or c'est à ce dernier point que corresponden
surface,sur le nu, le milieudu pli de l'aine.
Sur la face antérieure(pi. 49, A et C), l'axe du membreinférieur est
représentépar une ligne droite qui passepar le milieudu pli de l'aine, le
milieude la rotuleet le milieudu cou-de-pied.
Sur le profil(pi. 49, B et D),le mêmeaxe sera représentépar une ligne
292 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

PLANCHE 49.—MEMUIIE
INFÉIUUIIU.
Axes. Aplombsnormauxet variétés.
Chezl'homme:
Rectitude
absoluedesaxesdofaceAetdoprofilB.
GenouxportésendehorsE.
du genouF.
Hyperextension
Chezla femme:
RectitudedefaceCet doprofilD.
GenouxondedansG.
du genou11.
Hyperexlension
MEMBRE.INFERIEUR IV 49.

Axeset aplombsnormaux.
MEMBREINFERIEUR 295-
passantpar le milieudu grand trochanter,le milieudu genouet le milieu
dela malléoleexterne.
Cetterectitudeabsoluedu membreinférieurn'est pas une rareté excep-
tionnelle.Elle serencontrechezles beauxmodèlesaussibien chezl'homme
muscléou non>que chezla femme.Et j'en connaisde nombreuxexemples.
Dansce cas, lorsqueles pieds sont rapprochés,les membresinférieursse
touchentpar le haut des cuisses,les genoux,les molletset les malléoles
internes.
Mais, sous ce rapport, il existe, dans la nature, des variations qui ne
sauraientêtre considéréescommedes malformationset queje doissignaler
ici.
Chezde beaux modèlesbien musclés,chezpresque tous les athlètes de
profession,j'ai observéque le genou était porté plus ou moins en dehors
de la ligne qui joint le milieu du pli de l'aine et le milieu du cou-de-
pied. Chezces sujets,lorsqueles pieds,dansla station droite,sont rappro-
chés demanièrequ'ilssetouchentdanstoutel'étenduedeleurbordinterne,
les deux genouxsont séparéspar un espaceplus ou moins considérable
(pi.49, E). Danscette recherche,le rapprochementdes pieds du talon au
grosorteil est une précautionnécessaire.Elle permet la comparaisondes
différentssujets à caused'un point de départ identiquecheztous, et elle
décèleune conformationqui serait masquéedans une position un peu
différente. Dans la station droite, quand les talons se touchent, la
pointe des pieds s'écarte naturellement plus ou moins en dehors. Or,
chezun modèlequi dans cette positionparaîtra avoir une rectitudecom-
plète du membreinférieur parce que les deux genouxse toucherontlégè-
rement,on verra souventles choseschangerdès qu'on le priera de rappro-
cherla pointe des pieds. Les genoux s'écarteront plus ou moins et se
porteront en dehors.Il y a lieu égalementde veillerà ce que les genoux
soienten extensioncomplète,le plus léger degré de flexionfavorisantleur
rapprochement.
Parmi les sujets qui ont les genouxécartés, il faut distinguerceux qui
ont en même tempsune incurvationen dedans de l'extrémité inférieure
du tibia, de ceuxchez lesquelsle tibia conserveune rectitudeparfaite. Il
est certain que, chezles premiers, on peut être autoriséà trouver là les
restes d'un lointain rachitisme.Mais chezles autres, étant donné sa fré- .
quencechezdé beauxmodèleset sa coexistencepour ainsi dire constante
396 ANAT0M1EARTISTIQUEDU CORPS HUMAIN

PLANCHE 50.
Quelquesexemples
d'aplombs variésdesmembresinférieursdansl'art
et danslanature.
A. Hyperextensiondu genou.Dessinde Signorelli.
B. Id. Perséede BonvenutoCollini.
C.~ ,N là. Chezunejeunefillede 14ans.
D. là. Chezmijeunehomme.
E. Genouportéendehors.'Antinousdu Belvédère.
(Statuegrecque.)
F. Id, DessindeLéonarddeVinci.
G. là. Chezun jeunehommebien"musclé.
H. Id. Chezun athlète.
MEMBREINFÉRIEUR IV 80.

variésdanslanatureet dansl'art.
Aplombs
MEMBREINFERIEUR 299-
avecun puissantdéveloppement musculaire,il est impossiblede voirdans
cet écarlementdes genouxautre chosequ'un des attributsdu tempérament
athlétiqueet nullement,en tout cas, un indicede malformation.D'ailleurs,
les Grecsqui s'y connaissaienten bellesformesont doté de cette confor-
mationla plupartdeleurs slatuesd'athlète; sur le Dohjphore de Polyclète,
sur le Diadumènede Madrid,sur le il/ors Borghèse, etc., une ligne qui,sur
la jambeportanteétendue,joindraitle milieude l'aine au milieu du cou-
manifestementen dedans du milieu de l'articulation du •
de-pied,passe
genou. Il en est de mêmesur l'Antinousdu Belvédère(pi. 50, K).
Dans la station,hanchée,cette conformations'accentue,ainsi qu'il est.
aiséde s'enrendre comptechezles sujets qui la présentent dansla station
droite (pi. 50, il. G). Il en résulteune sorte .d'incurvation du membre
portant danssouensembleet l'aplombde toute la figuresembley gagner.
Je viensde rappelerque les artistes de l'Antiquitél'avaientsouventrepro-
duite, les artistes dé.la Renaissancel'ont aussi représentéeet en ont même
fait une sorte d'attributde la station hanchée(pi 50,F). Ils y joignentsou-
vent l'hyperexlension du genoudont je parlerai tout à l'heure.
Onobserveaussi, chezl'homme, une conforirialioninverse, c'est-à-dire,
le rapprochementdes genoux(fig. 50, A). Dansce cas, lorsqueles genoux
se touchent,les piedss'écartentet-nepeuventse rapprochersansun certain
chevauchement desgenouxl'unsur l'autre, à conditiontoutefoisquele degré
do cette conformationne soit.pastrop accentué.C'est le gernivarUmdes
pathologistes,symptômefréquentdu rachitisme.
. Mêmeà un degrépeu accentué,on observeassezrarement ce genou en
dedanschezl'homme.Dans tous les cas, il ne se rencontre qu'exception-
nellementchezles modèlesbien développésd'autrepart-etjamais chezles
beauxsujets. 11n'y a doncpas lieu de considérercemodede conformation
commeun modèleà imiter pour les artistes.
Chezla femme,on observe,commechezl'homme,1a rectitudeabsoluedu.-
membreinférieuret cela chezles très beauxmodèles(pi. 49, C). Et, dans,
ce cas, les membresinférieursétendusse touchentpar le:haut des cuisses,
les genoux,les mollets,les chevilleset le bordinternedu pied dans toute
sonétendue.
Commechezl'hommeégalement,il existeles deuxvariationsqui d'épen'--.
dent du genouporté en dedans ou en dehors,mais avec une. proportion,
inverseet une significationtoute différente.- V
300 ANATOM1E
ARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
Le genouportéen dehors(genuvulgum) n'estpas rare,et il s'accompagne
souvent d'une incurvationde l'extrémitéinférieuredu tibia avec saillie
marquée de la malléoleinterne (fig. 50, B). Nousverronsque, chez la
femme,unedesconditionsde bonneconformationest une sailliemodérée
de cellemalléole.D'autresfoisle tibia, commechezl'homme,conservesa
rectitude.Maisce transportdu genouen dehorsn'est pointici l'accompa-
gnementd'unemusculaturedéveloppée
commechezlesathlètes.Et cetteforme,
chezla femme,n'est,justifiéeenaucune
façon.Elle s'accompagne souvent,d'un
éeartementfort déplaisantdes cuisses
dans toute leur étendue,conséquence
d'une largeurnotabledu bassinjointe
à une pauvretémusculaire.
Les exemplesde'genouxportésplus
ou moinsen dedanssontbeaucoupplus
fréquentschezla femme,et ils seren-
contrentchezles plus beauxmodèles,
quelsquesoient,l'âge,la tailleet lalar-
geurdu bassin(pi. 49, G).Cetteforme
est si communeque certains auteurs
ont vouluy voirune des conséquences
d'un des principauxattributsdu sexe
FIG.50(complément
dela planche féminin, la largeurdes hanches,l'écar-
— Aplombs 49).
défeclucux, on tementdes extrémitéssupérieuresdu
genoux
dedans chezl'hommeA,genouxen
dehorschezlafemmeB. fémurramenantendedansleursextré-
mitésinférieurespar une manièrede
compensation.Or noire expériencene justifie pas cette interprétation.
Nousavonsconstaté,parfois,en effet,la coexistence, desgenouxen dedans
avecune élroitesserelativedu bassin,pondantqueles genouxen dehors,
ainsi queje viensdele signaler,semblentaccompagner souventune largeur
excessivede cetteceintureosseuse.
Quoiqu'ilen soit d'unecausedifficileà définirenraisondela complexité
desélémentsqui entrentdanscetteconformationparticulière,le fait im-
portant à releverest sa fréquencechezles femmesles plus solidementet
les mieuxbâties,chezcellesdont les profils des membressont les plus
'
MEMBREINFÉRIEUR 301
réguliers.Chezcessujets, les membresinférieurssetouchentpar.la racine
des cuisseset les genouxseulement,les mollets, les chevilleset les pieds
s'écartantlégèrement.D'ailleurscetle formeest généralementpeu accen-
tuée et, à un degré léger, elle peut être entièrement méconnue.Il arrive,
parfois, en effet, que les pieds parviennentà se toucherpar suite de la
compressiondesfacesinternesdesgenouxl'une contrel'autre, parcequ'elles
se laissentdéprimerfacilementà causede la graisse dont ellessont géné-
ralement,garnies.
En l'état actuel de nos connaissances,encorebien incomplètessur les
conditionsdes meilleuresconformations,je proposeraiaux artistesla solu-
tion provisoiresuivante : la rectitude absolue des membres inférieurs
existedans l'un commedans l'autre sexe, s'y conformerest peut-être le
parti le plus sage,maisil n'y a pas lieu de considérercommeune faute le
genou légèrement en dehors chezles athlètes cl le genou légèrementen
dedanschezla femme.

MEMBRE
'INFÉRIEURDEJEUNEFILLE

Une étroitesserelative du bassin qui n'a pas encore acquis tout son
développement, un systèmemusculairesatisfaisantsans être exagéré,des
localisationsgraisseusesnettement marquéessans être encoretrop accen-
tuées,une peaujeune, fermeet élastique,doubléed'untissu cellulairedense
et résistant quisimplifieles contourset les plans,tellessont les conditions
multiplesque remplit le type morphologiquechoisi pour servir de base
à notre description(fig.31,52, 53, 54, A, et pi. 51). Sur lui, se distingue-
ront aisémentlesformesfixesd'origineosseuseou cutanée,qui ne change-
ront point,quelquesoit le développement musculaire,etles formesvariables
duesà la graisseet aux musclespouvantse substituer les unes aux autres:
et subirdes changementsdevolumeimportantsn'y changerontrien.
Lesformesfixessontles suivantes:
Plis cutanés:
Auniveaudu bassin;sur le côté,le sillon de la hanche; en avant, le pli
de l'aine et le pli des cuisses; en arrière, la rainure interfessièreet le
pli fessier;
Aujarret, le pli de flexion.
302 .ARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
ANATOMIE
Formesosseuses:
L'épineiliaqueantérieureet supérieure,.legrandtrochanter;
La rotule;
Letuberculeantérieurdu tibia;
Latête du péroné;
Et, dans son ensemble,toute la charpenteosseusedu genoupresque
sous-cutanée;
La faceinternedutibia:
Lesdeuxmalléoles;
Le talon;
Ledosdu pied.

Vue antérieure (lig. 51, A).Profils.— Le profil internecommence


en dedansau sillonde la cuisse;il englobe,dans une premièrecourbe
bien marquée,la masse des adducteurs,tapissée, chezle sujet, d'une
couchede graisseassezabondante,et suivied'uneautre courbeplus sur-
baisséerépondantau vasteinterne.1511e est continuée,au niveaudu genou,
par une nouvellecourburequi en embrassetoute la partie interne el est
soutenue,au niveaudu tibia,par letissuadipeuxlocalisédanscette région.
Ala jambe,une grandecourbeallongéecommencenettementau-dessous
du genouet descendsans ressautel en s'aplatissanljusqu'à la partieinfé-
rieuredu membre,où elleserelèvelégèrementpourformerla sailliedelà
malléoleinterne assezréduitedansl'espèce.
Au profil externecommence,au-dessousdu sillon de la hanche,une
courbureassezsurbaisséeconduisantau niveaudu grandtrochanter,au-
dessousduquelelle se relèvepourengloberla localisationgraisseusesous-
. trochanlériennepropreau sexeféminin;elle se continueensuitepar une
courbureplusbasserépondantau vasteexterneet qui conduitau genou,où
le contouren lignepresquedroitecontrasteavecla fortecourbedu profil
interne.A la jambe, une longuecourbeuniquesoulignele contourdans
toutesa hauteur;analogueà celledu profil interne,elle en diffèrenéan-
". moinsen ce qu'ellecommencebeaucoupplushaut et de façoninsensible
versle milieudu genou.Elle se termineplus brusquementqu'en dedans,
au-dessusde la malléoleexterne.
Plans.—Lesplansqui meublentcesprofilssont à la cuisse,étant donné-
le peu de développementmusculaire,une surfaceuniformémentarrondie
MEMBREINFERIEUR 303
se déprimant un peu au-dessusdu genouet parcourueobliquementpar un
méplatsuperficielqui suit le trajet du couturier.

Fie.51.—"A. inférieur
Membre déjeune —13.Membre
fille. inférieur
d'homme —
musclé.
desprofils
C,Superposition desfigures
AetB.
(Vueantérieure.)

Au genouqui présentesans exagérationles caractéristiquesféminines,


c'est d'abordune rotule petite encadréede quatre reliefs disposéssymétri-
quement autour, deux supérieurset deux inférieurs(pi. 52,A,.C,E, F, et
pi. 53,A, E, F). Sur ces quatre saillies,trois sont graisseuseset une d'ori-
gine musculaire. La saillie musculairen'est autre que le bourreletsus-
16
304 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

SI.—MlîMUIUS
Pl.ANClll! IKPÉ11IKUII.
Membreinférieurféminin.
A. Vueantérieure.
B.Vuelatéraleexterne.
C. Vuepostérieure.
MV.MHRK l NFfc!
R1liUII PL.SI.

.Membre
inférieurféminin.
MEMBREINFERIEUR 307
rotulien,toujoursappréciablechezla femmebien qu'il se présenteavecdes
caractèresatténués.En dehors,faisant pendant au bourrelet sus-rolulien,
une saillie plus uniforme et moins nettement circonscriteau-dessusde
l'angle externe de la rotule est due à une accumulationgraisseusefort
caracférislique.etqu'on ne rencontrepoint chezl'homme.1)nesaurait être
question ici du relief formé souvent,chez l'homme, par l'extrémitéinfé-
rieure du vasteexterne,car celtedernièreest situéenotablementplushaut,
à plusieurstravers de doigt,de la rotule. Lesdeuxsailliesinférieuressont
ducs aux pelotons adipeuxsous-rolulienset, se rejoignent sur la ligne
médianepar un relieftransversalsoulignépar un sillon qui coupele tendon
rotulien,et au-dessousduquelle tuberculeantérieur du tibia fait son relief
médian.
Ala jambe, la faceinterne du tibia sous-cutanéedans toute son étendue
dessineson longméplat, se continuanten bas avecla malléoleinterne.En
dehorsde ce méplat,toutela hauteur du membreest occupéepar les mus-
clesdela régionantérieureet externe, qui se confondenten une grande
surfacearrondie, nettementdépriméeen bas et au-dessusde la malléole
externe, pendant qu'en dedans, au niveau du cou-de-pied,se dessine!la
cordeobliquedu tendondu jambicr antérieur.

Vue postérieure (fig 52, A). Profils.— Les contourssont naturelle-


ment les mêmesque ceuxde la face antérieure.
Plans.— Quant aux plans compris entre ces profils, c'est d'abord, en
. haut, la saillie de la fesse, relativementconsidérableici à causede la
graisse qui s'accumuleen abondancedans la région.Elle est soulignéepar
un plifessiertoujoursprofondprèsde la ligneinterne où il rejointla rainure
interfessièreet qui s'effaceen dehorsavant d'arriver à la faceexternede la
cuisse.D'assezgrandes variétés que je me contentede rappeler ici (voir
page221)existentau sujet de son étendueet de sa profondeur:Au-dessous
de la fesse,s'étendla surfacearrondiede la cuissequi conduiten se rétré-
cissantau relief médian du jarret. Ce relief médian, déporté en'dehors,
est bordé par deux sillons verticaux toujours plus accentués chez là
femme à causede la doubluregraisseusedé la peau qui augmenteaussi
la profondeurdu pli de flexionles rejoignant à leur partie inférieure.La.
directionde ce pli, un peu obliqueen bas el en dedans, croisela direction
de l'interlignearticulairedu genou situé dansla profondeur(pi. 52,D, II,
308 ANATOM1E
ARTISTIQUEDUCORPSHUMAIN

PLANCHE52.—MEMBUE INFÉRIEUR.
Quelquesexemples de genouxféminins chezdeuxsujets.LesfiguresA,B,C,D,
appartiennent à l'undessujetset les figuresE, F, G,II, à l'autre.Surtous
cesdessinsles caractèresfémininsdu genousont très marqués.Onpeut
observer eneffetlarotulepetiteencadrée desquatrereliefsdécritspage303.
et dontl'un,lelatéralexternesupérieur,dûà un petitamasgraisseux loca-
lisé,semblebienspécialà la femmeet constitue, à lui seulun descaractères
distinctifs
du genouféminin(C,E et F), pendantque lerelieflatéralinterne-
supérieurd'origine sicaractéristique
musculaire, chezl'homme, apparaîtégale-
mentici,maisdiminuédevolume.Quant, auxdeuxreliefsinférieurs dusaux
pelotonsadipeuxsbus-rotuliens, ils existentdanslesdouxsexes,maisils
revêtentici descaractèresspéciauxoccasionnés par uneplusgrandeabon-
dancedegraissedanstoutela région.
MEMIIRE INFEIIIEUlî I»...5-2

«Genouxféminins.
MEMBRE INFÉRIEUR 31d
et pi. 53, D). Ces différents plis ont sur leur parcours plusieurs fossettes
dont les deux principales sont placées, l'une à la jonction du pli vertical

FIG.52.—A. Membreinférieur
dejeunefdle.—C.Membre
inférieur
d'homme
— des des A
musclé. B.Superpositionprofils figures et B.
(Vuepostérieure.)

interne et du pli de flexion, l'autre sur ce pli vertical interne à quelques


centimètres au-dessus. -
Au-dessous du jarret, la face postérieure de la jambe est une seule sur-
face arrondie avec dessin très atténué du relief des jumeaux qui se rétrécit
en descendant pour se terminer par le tendon d'Achille sur la saillie du
talon. Le tendon d'Achille, forme fixe, commence vers le milieu de la
jambe par une large surface qui reçoit l'insertion des musclesjuméaux dont
312 ANATOMIEARTISTIQUE DU CORPSHUMAIN

PLANCHE83. —MisainuisINI'ÉIUEUH.
Autresexemplesde genouxféminins.
L'intérêtde cetteplancheestdomontrerentreun genouessentiellement féminin
Aet Det un genoumasculin11et ,1nettement, caractérisé,desformesinter-
médiairesappartenantà des sujets fémininset réunissantlesdeuxsortes
d'attributs.AinsionBet Csontfigurésles genouxd'unejeunefemmeparti-
culièrement musclée.EnB ces genouxsontau repos,pendantqu'enCle quii-
dricepsest contracté.Or,dansl'uncommedansl'autrecas,on peutremarquer
que ces genoux,remarquablespar le développement du relief musculaire,
n'ont pour ainsidire plus riende fémininpar suitede l'absencedu relief
graisseuxsupérieurexterne.Dansl'autreexemple,au contraire,F et Gmon-
trant les deuxgenouxdans la stationhanchée,l'un G légèrementfléchi,
l'autreF étenduetrelâché,appartenantaumembreportant,lesdoubles'carac-
tèresapparaissent biendéveloppé
nettement,bourreletmusculairesus-rotulien
et reliefgraisseuxsupérieurexternebienapparentet parfaitement distinctde
la sailliede l'extrémitéinférieuredu vasteoxternesitué un peu plus haut
et qui s'enséparenettementsi le musclevientà se contracter,ainsiqu'ilest
figur-éenE.
Le genouII et J appartientà. un vieillardtrès musclé.Il est secet la-peau,
cntièremenl dépourvuedegraisse,a perdude sonélasticité.C'estcette perle
d'élasticité
qui est la causedesplismultiplesqui apparaissentdansla'région
sous-rotulienne lors du relâchement du quadricepset au-dessus.dela rotule
lorsquecemuscleest énergiqueinent contracté.
MEMBREINFÉRIEUR I'L.53.

d'ungenoumasculinavecplusieursformesde genouxféminins.
Comparaison
MEMBREINFERIEUR 315
le reliefn'est que peu apparentici, il s'isoleseulementversle tiers infé-
rieur,devientleplusétroità la hauteurdu cou-de-pied et s'élargitànouveau
un peu au-dessusde son insertionau calcanéum.Sa partie centraleest la
plussaillante,il s'abaisseensuitede chaquecôtéun peu à la manièredes
deuxfacesd'untoit.

Vue latérale externe (fig.53, A). Profils—-Le profilantérieurdes-


cenddol'épineiliaquesuivantun longtrajet convexeuniformepourne se

—A.Membre
FK;.'O3. inférieur —B.Membre
dejeuneiille. inférieur
d'homme
—C.Superposition
musclé. desprolils AetB.
desligures
(Vuelatérale
externe.)
316 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
releverlégèrementqu'au-dessusde la rotuleoù il se terminepar une ligne
droite. Celte courbe,qui suit la face antérieurede la cuisse,est souvent
très accuséechezla femme, à causede la graisse qui s'accumuleen cette
région.L'art égyptien,à certaineépoque,lui a donnéun développement
considérable.Au genou, une courbe légère dessinela rotule soulignée
par la dépressionmédianedu tendonrotulien,accentuéeelle-mêmepar le
relief du tuberculeantérieur du tibia qui termine le genou par en bas.
Immédiatementau-dessous,une grandeligne convexese relèveau niveau
du milieu de la jambepour devenirlégèrementconcaveà la hauteurdu
cou-de-pied et gagnerpresqueinsensiblement le dosdu piedquiestconvexe.
La séparationdu cou-de-piedet du pied est toujoursplus nettementindi-
quéesur les statues antiquesque dans la nature. La partie inférieuredu
profilde la jambequireposesur le tendon du jambierantérieur,le profil
du dosdu piedqui suit la convexitédu squelettepeuventêtre considérées
commedesformesfixes.
En arrière, le profil suit la courburede la fesse,toujoursassezvolumi-
neuse,bien que le grand fessiersoit peu développéchezla femme,et finit
brusquementdansle pli fessier.Je rappelleque cereliefest surtout dû à
la graisse,tandis que la courbureplus longueet plus surbaisséequi suit
la face postérieurede la cuissereposesur des muscles.A la jambe, une
très longueligne courbeuniformesuit tout le contour,qui commencetrès
haut, au-dessusdu genou,de façonà engloberle jarret. Au niveaudu cou-
de-pied,elledevientconcaveavantd'atteindrela sailliedu talon, quipré-
sente quelquefois, deux reliefs, l'inférieurtoujoursplus considérableque
celuiqui est immédiatementau-dessus(talon à doubleétage)Voirfig. 56).
Plans. — A la saillie de la hanche, occasionnéepar le moyenfessier
recouvertd'une couchede graisseplus ou moinsconsidérable,succèdeune
dépressionaufondde laquelleon sentle reliefdugrandtrochanter.Immé-
diatementau-dessouscommencela localisationgraisseusesous-lrocbanté-
rienne,au-dessousde laquellela partieinférieuredu sillonlatéralexterne
de la.cuisse, qui bordeen arrièrele vasteexterne,reste toujours visible,
malgréle peu de développement musculaire.Cesillon obliquepart en haut
de la partie postérieureet supérieurede la cuissepour se continuer,au
niveau du genou, par un sillon vertical qui en partageen deuxla face
latérale.En arrièrede ce sillon,sevoitune surfacesoutenuequirépondau
bicepscruralse terminant;en bas,à la tète du péroné,pendantqu'enavant
MEMBREINFÉRIEUR . 317

un plan dépriméreposesur le tenseurdu fascia lata, bordé antérieure-


ment par le relief arrondi du pelotonadipeuxsous-rotulienexterne,qui
s'avancepresquejusqu'aucontourantérieurdela rotule.
Ala jambe,commenceaussitôtune surfaceconvexeuniformesoutenue
par les musclesde la jambenondistinctslesuns des autres, et qui seter-
mine, en bas, par une dépressionsus-malléolaire due à l'écartementdes
musclesen cetendroit.
Au cou-de-pied, la malléoleexterneséparée,en arrièreet en bas des
régionsvoisinespar une gouttièreassezlarge, fait sonrelief terminéen
pointe,juste au milieude la régionet à peu de distancedu sol. Au pied:
sailliedu talon en arrière,reliefdu pédieuxappréciablesans être accentué
au-dessous et enavantde la malléole.Lebordexternedu pied,légèrement
saillant et qui touchele sol dans toute son étendue,est marqué versle
milieudeson parcourspar la petite saillieosseusede l'apophysestyloïde
du cinquièmemétatarsien.

Vue latérale interne (fig.54, A). — Lesprofilssonl les mêmesque


ceux qui viennentd'être indiquéspourla faceexterne.
Plans.— Lesplans sont les suivants:
La faceinternedela cuisseest parcourueobliquementpar une longue
dépressionqui suit le bord postérieurdu couturierpour englober,en
arrière, toute la régiondu genouet se continuer,à la jambe, par une
longuecourbede sens inverse qui sépare le muscledu mollet du plan
dépriméde la faceinternedu tibia.
Le genouest ici partagé, commeà la face externe,en deuxparties par
un sillonverticalpeu accentuéet quilongele bordantérieurdu couturier,
dont le plan s'étenden arrière d'autant plus saillantqu'il est matelassé,
chezla femme,d'unecouchegraisseusesouventconsidérable.En avant,
apparaissentlesreliefsdistinctsdu bourreletsus-rotuliensurmontantobli-
quementl'angleinternede la rotule,puis,plusbas, celuidu pelotonadipeux
sous-rotulieninterne.
Au cou-de-pied,toute la moitié antérieurede la région est- occupée
par la saillie malléolaii'e,terminée en bas par un bord horizontal,
bordée, en arrière et en bas, d'une large gouttièrese continuantavec
la voûteplantaireet plus éloignéedu.,solque la malléoleexterne.Immé-
diatement en avant d'elle, se voit la saillie oblique du tendon du
318 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
jambier antérieur et, plus éloignéen arrière, le reliefdu tendond'Achille.
Le bordinternédu pied,marqué,versl'unionde sontierspostérieuravec
les deux tiers antérieurs, de la saillie osseusedu scaphoide,décrit sa
courbeà une certainedistancedu sol, appuyé, en arrière, sur la ferme

54.—A.Membre
FIG. dejeunefille.—B.Membre
inférieur inférieur
d'homme

musclé.C.Superposition
desprofils AetB.
desfigures
(Vuelatérale
interne.)
sailliedu talon et, en avant, sur le relief de l'articulationméfafarso-pha-
langiennedu gros orteil.11surplombel'entréedela voûteplantaire.
MlïMBKE ÎNFÉBIEUH D'ATHLÈTE, (pi. 54).
Sur un membreinférieurd'hommebienmusclé,les formesfixesne chan-
gerontpourainsi dire pas de ce qu'ellessontsur le membreinférieurde
femme que nous venons d'étudier. Tout au plus les formes osseuses
seront-ellesplussolidesen raisonde la plusgrandepuissancedu squelette,
MEMBREINFÉRIEUR 311)
mais leur situation, leur forme généralene se modifierontpas. Les plis
cutanés,les saillies tendineusesse retrouverontaux mêmesendroits.Ce
qui changera,ce sont les formesvariables,formescutanéeset musculaires.
Les formesgraisseusesdisparaîtronten certainspoints, en d'autreselles
seront commeabsorbéespar les formesmusculaires.Cesdernièress'exagé-
reront, se dédoublerontsur certains points,mais elles seronttoujoursde
mêmesenset le pointde déparideleursreliefs,en haut commeënbas,ne
changerapas, parcequ'ellesnaissentdessailliesosseuses,formesinvaria-
bles,demômequ'ellesy aboutissent.

Vue antérieure (fig.51, B el.C). Profils— Le contourinternedela


cuissene changepas dansson ensemble;la partie supérieurene se sou-
lèveque de peuparceque, si la massemusculaireest plus considérable,la
graisse a presquetotalementdisparu. La partie inférieureau contraire
dessinela formed'un vasteinterne plusdéveloppé.Au genou,le profilne
changerapas sensiblement,parceque, si la peau est moins pourvue,de
graisse,le squeletteestun peuplusvolumineux,maisil suivrade plusprès
les formesosseuses.A la jambe, le contouren se renflant se dédoublera,
la premièreinflexiondéterminéepar lejumeauinterneet la secondepar le
bord interne du soléaire.La saillie de la malléole interne s'accentuera
sensiblement.
Au,profilexterne,courbeplus marquéeau niveaudu moyenfessieravec
un léger ressautoccasionnépar le tenseurdu fascia lafa quidevientappa-
rent et masquele grandtrochantersitué immédiatementderrière.Puisla
face externedela cuissefait son long relief uniformeabsorbantla saillie
de la localisationgraisseusesous-trochantérienne et se déprimant,en arri-
vant à la faceexternedu genou.Sur ce dernierpoint, le développement du
bicepscrural soulèvele contour externequi se continueen bas avec la
longuecourburequi encadrela jambeet se dédoublede mêmefaçonqu'au
contour interne, l'inflexion supérieurerépondant au bord externe du
soléaire,l'inférieurau plan des péroniers.Ceprofilse terminepar la saillie
dela malléoleexterneà peineplus accentuéeque tout à l'heure. •,.
Plans. — Le développementmusculaireaccusé, au-dessous.de l'épine
iliaque,la fossettefémoraledéterminéepar lés tendonsdes deuxmuscles
qui s'y attachent, le tenseurdu fascialata et le couturier,;dont les corps
charnuss'accusentde façonfort différente,le premierpar.un reliefoblique-
.320 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

54.—MEMDIIE
PLANCHE INFÉRIEUR.
Membre
inférieurmasculin.
A. Vueantérieure.
B.Vuelatéraleexterne.
€. Vuepostérieure.
Mt:MI!RG I NFEIIIEUR Pi..5

Membre
inférieurmasculin.
MEMBREINFERIEUR 323
qui se distinguede celuidu moyenfessieret descendjusqu'au niveaudu
grand trochanter,le secondpar un grandplandépriméqui coupeoblique-
mentla face antérieurede la cuissepour atteindrela moitié postérieure
d'ela faceinterne du genou,où il formeun reliefdistinct.Au-dessuset en.
dedansde ce plandu couturier,se trouvela sailliedu groupedss muscles
adducteurs,et, enbas eten dehors,plusieursreliefsmusculairesqui appa-
raissent distinctssurtoutlors de la contractionel sont dus aux diverses
portionsdu quadricepsfémoral,le vaste externeen dehorsdanstoutela
hauteurde la région,le droit antérieurau milieuet le vaste interne,avec
sa formeovoïdeenbas seulementel endedans. ; ;
Le genou,dont la peaufineest dépourvuede toute doublurede graisse,
montre des formes plus sèches, plus écrites que tout à l'heure et qui
méritent'd'être décrites avec quelquedétail-(pi.54 et pi. 55.) Versle
milieu, la rotuletriangulairedessinesous la peau sa base transversale
et ses deuxanglessupérieursarrondis;son angleinférieurdisparaîtsous
l'insertion du tendon rotulienet sous le soulèvementtransversaldela
peaurejoignantlesdeuxsaillieslatéralesforméesparles pelotonsadipeux
sous-rotuliens.Le tendonrotulienne se révèleà l'extérieurquelors de la
contractiondu quadriceps;dansle relâchementmusculaire,il est coupé
par un pli cutanéprofonddirigé transversalement. Ce pli s'accuseavecle
degréderelâchementdu muscle,dont la.contraction a poureffet,par suite
du soulèvementde la rotule par en haut, de le supprimercomplètement.
Dansce cas, toutela régionsous-rotulienne a l'aspectd'unreliefcordiforme
dontla pointe seconfondavecla sailliedu tuberculeantérieurdu tibia et
dontla base,quicorrespondauxdeuxsaillieslatéralesadipeuses,embrasse
la pointed'unsecondreliefpluspetit,maisde formeanalogue,et constitué
par la rotuleelle-même(pi. 35, B).
Au-dessusde la rotules'étendun méplatqui répondau tendondu droit
antérieuret qui, danslerelâchementmusculaire,estparcouruobliquement
par un soulèvement de la peauqui réunitlesdeuxsailliesmusculaireslaté-
ralesquise produisentalors (pi.55, B).En dehors,la sailliede l'extrémité
inférieureduvasteexterne,arrondieet déprimée,est situéeà quelquestra-
versde doigt au-dessusdela rotule; en dedans,la saillieobliquenettement
délimitéede l'extrémitéinférieuredu vaste interne prendla formed'un
véritablebourreletdont l'extrémitéinférieurearrondiese prolonge,surla
face internedu genou,jusqu'au.plandu couturier,au niveaudela partie
324 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
moyennede la rotule.Sansentrerdansl'exposédétaillédela raisonanato-
mique de cesreliefsmusculairespartiels,je rappelleraique le fourreau
aponévrotique résistantqui maintientles musclesde la partie antérieure
-dela cuissesetermineen bas à un traversde mainenvironau-dessusde
la rotule par une véritablebride aponévrotiquequi, par l'étranglement
qu'elle exercesur les corps charnusdes deuxvasteset surtout du vaste
interne,détermineun sillon qui limite supérieurementle relief inférieur
du muscleet le séparede celui que formeau-dessusle reste du corps
charnu. Ce sillonvarie de situationet de profondeursuivant les indi-
vidus,el cesvariétésdépendentde la hauteur où se trouvecette bride,et
de sa tensionplusou moinsgrande.
Lorsde la contractionmusculaire,ces reliefsdisparaissent(pi. 55, B),
parce que l'extrémitéinférieuredu muscle,seule mobile,remontedans
l'intérieurde sa gaineet qu'entous casle corpscharnu,durci,ne se laisse
plusdéprimer.Cettedispositionanatomique,quiexpliqueaisémentla for-
mationet la disparitionde cessailliesmusculairespartielles,rend compte
égalementde leur persistance,chezcertains sujets, dans la flexiondu
genou; elle montreaussicommentces formesmusculairesexistent éga-
lementchezla femme,maisatténuéesbienqu'avectoutesleursvariations.
Lajambe est parcourue,danssa hauteur,par le plan de la face interne
•dutibia commençantau genouel se terminantà la malléoleinterne, en
arrière duquelapparaissentles reliefsdistinctsdu jumeauinterneet du
bord interne du soléaire,pendantqu'en avant on dislinguele relief du
jambierantérieurdontle tendonoàliquedescendjusquevers le milieudu
bordinternedupied,et auquelsuccède,danslamoitiéinférieuredu membre,
le reliefdes extenseursdes orteils.En dehorsde ces deux sailliesmuscu-
lairessuperposées,se voit le longplan des péroniersqui s'étendde la tête'
du péronéjusquederrièrela malléoleexterne.

Vue postérieure (fig. 52, B et C). Profils.— Lescontoursne chan-


gentpointde ce qu'ilssont à la faceantérieure.
Plans.'— Quantaux formescomprisesentrecesprofils,c'est d'abordla
sailliede la fesse,jamais bien considérable,parceque si le grand fessier
s'est développé,la graissede la régiona beaucoupdiminuéet quele muscle
ne .sauraitfaire à lui seul un gros relief. On sait que, chezl'homme,le
bassinest moinsinclinéque chezla femmeet qu'en,conséquence le pli fes-
MEMBREINFERIEUR 325.
sier sera plus accentué.Quoiqu'il en soit, il s'effacetoujours en dehorset
est remplacépar un plan inclinéobliquequireposesurles faisceauxles plus
inférieursdu muscle, et établit le passageentre la sailliedela fesseet la
face postérieurede la cuisse.Sur cettefacepostérieure,on voit,en haut et
en dehors,la naissancedusillonlatéralexternede la cuisseet, au milieu,
la saillied'un groupemusculairese confondant,en haut el en dedans,avec
celledes adducteurs,s'affaiblissantet se rétrécissantpar en bas, où elleest
bordéepar deuxsillons,un sillon,en dedans,quilimited'autrepart lé cou-
turier et un autre, en dehors,qui n'est qu'unedivisiondu sillonlatéral
externede la cuisse.Nousretrouveronscessillonsaujarret.
Lejarret (pi.54, C)nousmontredessillonscutanésqui nechangentguère
suivantle sexe,car ils ontdes raisonsanafomiquesou physiologiques qui
restent les mêmes.Lesdeuxsillonslongitudinauxsontdéterminéspar des
reliefsmusculaires,et le pli transversalou pli deflexionpersisteratant que
le genou réalisera ce mouvement.Ils occupent,donc, chez l'homme, la
mêmesituationque chezla femme,mais, à causede l'absencede graisse
sous-cutanée,ils sont moinsprofondset moins pourvusde fossettes.Le
sillonle plusprofond,chezl'homme,est le sillonexternequisuit le tendon
du bicepsjusque derrièrela tête du péroné.En dedans,le sillonest plus
superficielel décritintérieurementune courbequi embrassele genoudans
sa concavitétournéeen avantet le séparedes jumeaux.
Chezl'homme,cesdeuxsillons,au niveaudu pli de flexion,au moment
oùils se dévienten s'éloignant,del'axedu membre,sont continuésen ligne
droite par deux méplats nettement marqués,déterminéspar les aponé-
vrosessupérieuresd'insertiondes jumeauxet qui contribuent,en les pro-
longeantpar en bas, à donnerà l'ensembledeceslignesdu jarret l'aspect•
de la lettre II (pi. 52, B). . •> - .. •
La partiemédianedu jarret limitéepar les douxsillonslongitudinauxest
une sailliemusculairequis'élargitpar en haut,et par en bas pour se con-
tinuer avecla facepostérieurede la cuisseet avecle mollet.
Le mollet montre le relief distinctdes deuxjumeaux dont l'insertion
inférieuresur le tendond'Achilleest d'un dessin différent.Le jumeau
interne,plus volumineux; empiètesur la faceinterne,descendun peuplus
bas que l'externeet sa limiteinférieureest arrondie.-Lejumeauexterne,
moinspuissant,ne dépassepas la sailliedes musclesde la régionexterne
et il se termineen pointe. '
326 A.NAT0M1E
ARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
Leplan dutendond'Achille,largeen haut, se confond,surles côtés,avec
les bords du soléairequi soutientle molletet qui; suivantson degré de
développement, devientla causede l'élargissementou de l'eflilementde la
jambe danssamoitiéinférieure.En bas, le tendond'Achilleet la sailliedu
talon ne montrent point des formes bien différentesde cellesque nous
avonsdéjàdécrites.

Vue latérale externe (fig.53, B et C, pi. 54, B). Profils:—Souscet


aspect,les contourssuiventles plansquenousvenonsd'étudiersurles faces
antérieureel postérieure.Ils diffèrentmoinsdes contourscorrespondants
sur le membreinférieurfémininqueceuxdesfacesétudiéesprécédemment.
Ainsi,le contourantérieur accentuerasimplementsa courbeau niveau
des portionscharnuesdu quadricepsà la.cuisseet du jambicrantérieurà
la jambe; il resterasensiblementle mêmeau niveaudu genouel au tiers
inférieurde la jambe, de mêmequ'au dos du pied. Le contourpostérieur
se soulèveraaussi dansson ensembleà la fesse,à la cuisse,au jarret et
au mollet,maisil resteraà peuprèsle mêmeau niveaudu tendond'Achille
et du talon.
Plans.— Quantaux plans,ils serontsingulièrement' plus détaillés.
Ala hanche,au fondd'une large dépressiondéterminéepar les saillies
musculairesenvironnantes,on observele relief osseuxassez discret du
grand trochanter,en arrière duquella dépressions'accentueencore.
Toutela faceexternedela cuisseest occupéepar le largeplan du vaste
externerecouvertet bridéparl'aponévrosefascia.tata, et bordé,en arrière,
par le sillonobliquetrès accentuédu sillonlatéral externedola cuisse.
Lesformesdéjà signaléesà la face externedu genous'accentuent: au
milieu,le sillonlongitudinalmédian avec,en arrière, le relief allongédu
bicepscrural et, en avant,le planplusdéprimédu faisceautibialdu fascia
lala. •
A la jambe,il convientde signaler,vers le milieu,le planlongitudinal
des péroniers,marqué d'une dépressioncorrespondantà la naissancedu
tendondu long péronier. En avant de ce plan et séparésde lui par un
sillon,deuxautresplansmusculairessuperposés:en haut, celuidujambier
antérieur,soulignépar un méplat à la naissance.de son tendon;en bas,
celuidesextenseursdes orteils.Au-dessusdela malléoleexterne,les deux
plans musculaires,jusque-là voisinset séparésseulementpar un sillon,.
.MEMBRE INFERIEUR 327
s'écartent, laissantà découvertla malléoP'externe,l'un, les extenseurs,
passanten avant, l'autre, les péroniers,en arrière.Au point où les deux
musclesdécouvrentl'os, il existeune dépressionconstanteet dont le rôle
est importantdansle dessindela jambe.
Au pied,seulle reliefdu pédieuxaugmente.

Vue latérale interne (fig. 54-;B et C).— Les profilssont les mêmes
que louf à l'heure.
Plans.—Le développement musculaireaccentueunelonguelignesinueuse-
qui parcourtcelle face dans toute sa hauteur.Elle suit, d'abord, le plan,
obliqueet le bordpostérieurdu couturierpourengloberle genoudans une-
courbeà concavitéantérieure,puis, 'iar une autre courbede sensinverse,
circonscritle jumeauinterneet le bovdinternedu soléairepour se terminer
dansla gouttièrerétro-malléolaire.
Le genousec et musclémontre,dans sa moitiéantérieure,les saillies
osseusesdeson squelette,tubérositéinterne du fémur, plateau interne du
tibia, séparéespar la dépressionhorizontalede l'interlignearticulaire.
En avant, l'extrémitépostérieure«lubourreletsus-rotulienfait une saillie
plus ou moinsaccentuée,et, en arrière, s'étale le plan uniformedu coutu-
rier. Ala jambe,la plus grandepartie de celtefaceest occupéepar le puis-
sant reliefdu jumeauinternejoint à.celuidu bordinterne du soléaire,qui
vientmourirau tiers supérieurde la jambe La malléoleinterne,très sail-
lante et nettementterminéepar un bord horizontal,occupela moitiéanté-
rieure du cou-de-pied. Quant au pied lui-même,commeses formes sont
presqueentièrementosseuses,il reste ce qu'il était lout à l'heureavecune
accentuationdu tendon obliquedu jambier antérieur et la présence au
bord interne,au-dessousdesreliefsosseux,du plan longitudinal,étendudu
talon au premiermétacarpien,desmusclesdu bord interne du pied.
Le parallèle que je viens d'établir entre les membrespeu musclésde
femmeet les membresd'athlètesaux musclesparticulièrementdéveloppés
montrebien l'importancede la distinctionqu'il convientde faire entre les
formesfixes,presquetoujoursoeseuses,el les formesvariables,graisseuses
ou musculaires. Sicesnotionsétaient plusrépandues,on neverrait pas des
artistes, sousprétextede faire des hercules,augmenternon seulementle
volumedesmusclesmaisaussicelui desos en proportion.Sibienque tout
élant gros, rien ne l'est plus, et ces créationssingulièresne sont même
. 17
328 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

5S.—Mi:MmusINFÉIUBUII.
PLANCHE
Genoumasculin.
A.Enextensiondansle relâchement musculaire.
B.Id. dansla contraction
du quadriceps.
C.Enflexionà angledroit.
D. Id. à angleaigu.
INFÉRIEUR
MEMBRE

du
Extension duquadriceps.
relâchement
avec
genou du
Ilésion àangle
genou droit.

dugenoucontraction
avec
Extension du
duquadriceps. Flexion àangle
genou aigu.
Genou laflexion.
etdans
dans^extension
masculin
MEMBREINFERIEUR 331
pas les sacs de noix et les paquets de raves de Léonardde Vinci, mais
bienplutôt desvessiesgonfléeset commedesoutrespleinesdevent.

DEFLEXION.
GENOUENATTITUDE
Notre descriptionne serait pas complètesi nousne portionsmaintenant
notre attention sur les formesdu genoufléchià angle droit ou à angleplus
ou moinsaigu (pi. 55, Gel D,pi. 56).
Considéronsd'abordun genoud'hommesecet nerveux.
Dansle mouvementde flexion,la rotule se déplacevers le bord externe
et n'occupeplus le milieudela région.Elleest étroitementappliquéecontre
la trochléefémoraleavec laquelleelle semblene faire qu'un. Elle forme,
quel que soit le degré de la flexion,le sommetde l'angle que décrit le
genou.
Le dessusdu genoumontre,en dehors,une arêtesolideforméepar l'angle
externedela rotuleet la crêteosseusequi relie le bord externe de la tro-
chléeà la face antérieuredu fémur.Cetteformeosseuseest entièrement
sous-cutanée, découvertepar le corps charnu du vaste externe dont le
reliefapparaît plus en arrière.En dedans,au contraire,le bord internede
la trochléefémoraleavecla partievoisinede l'os estrecouvertpar le corps
charnu du vasteinterneformantune grossesailliearrondie qui domine.Il
en résulteune oppositioncomplète,sur un genou fléchivu de face, entre
les formesdu squeletteet les formesdu nu (pi. 55, C). Sur le squelette,le
bord externede la trochléel'emporteen saillie,pendantque, sur le nu, la
superposition du vaste interne renverseles rapports, et c'est la partie
interne dont lerelief dominetoutela région.
Au-dessousde la rotule, parlant de son angle"inférieur, apparaît en
sailliele tendonrotulienqui se termine au tuberculeantérieurdu tibia. De
chaque côté, les pelotonsadipeuxcompriméspar les aponévrosesde la
région distenduesformentdeuxreliefsdépressibles,l'interne plus étenduet
plus saillant que l'externe.En outrede ces formesmultiples,on lit assez
facilement,sousla peau,les tubérositésdu fémuret l'extrémitésupérieure
du tibia.
Dansla flexionextrême, le tendon rotulien s'aplatit au point qu'il est
quelquefoisle siège d'une dépression,et la moitié inférieurede la région
prend l'aspect triangulaire,soulevéepar une portion del'extrémitésupé-
332 ANAT0M1EARTISTIQUE BU CORPSHUMAIN

PLANCHE 56 — MEMBRE INFÉRIEUR.


Genouxà diversdegrésdeflexionchezl'hommeet chezlafemme.
A. Flexionà angledroit,homme.
B. — — femme.
C.Flexionà angleaigu,homme.
D. — — femme.
MEMBREINFÉRIEUR! »6

Genouà diversdegrésdeflexionchezl'hommeet chezla femme.


MEMBRE
INFERIEUR 335
rieurcdu tibiade mêmeformedécouverte dansce mouvement et qui
devientsous-culanée. Quantauxreliefsforméspar les pelotons adipeux
sous-rotuliens,onobserve que,contrairement à cequia lieudansl'exten-
sionoudansla flexion modérée, c'est,l'externequioffreici la plusforte
saillie.
Surlafaceexterne, apparaîtdirectement, sousla peau,toutela tuhéro-
sitéexterne dufémuraccolée aubordexternedela rotule,surmontant la
tubérosité exlernedutibiaavecla têtedupéronéplacéeau-dessous. Entre
lesdeuxlubérositôs une dépression linéairetransversale révèle-l'inter-
lignearticulaire.Euarrièredecessailliesosseuses, apparaît,enhaut,un
reliefmusculaire isoléduvasteexterneet quin'estautrequele crural,
partieprofonde du quadriceps,découvert dansce mouvement, enmême
tempsquel'interligne parle déplacement
articulaire, obligédufaisceau
tibialdufascialala,glissantpar enbas.Au-dessous, se montretrèsdis-
tinctle tendondu bicepscruralattachéà la têtedu péronéetsurmon-
tantlecreuxdujarretvisible dececôté.
Endedans, la partieinférieure dela cuisse,prochedu genou,est plus
largequ'endehors, ellebordinternedujarretdescend plusbasà causede
l'insertionplusinférieuredesmuscles dela patled'oiequile forment.Il
enrésulteque,dececôté,lecreuxdujarretn'apparaît jamais.
Surcellefaceinterne,on lit, trèsnettement écrits,lereliefcharnudu
vasleinterneel lesformesosseuses dela région,tubérosité internedu
fémuravecl'anglerotulieninterne,tubérosité internedu tibia,puis,entre
les deux,la dépressionlinéairede l'interlignede l'articulation,en ayant
duquellepeloton adipeuxinternefaitsasaillie.
Le genoufléchi,chezla femme, montredesformes plussimples, quela
descriptionprécédentenouspermettra, desaisirfacilement. Lesliguresqui
y sontconsacrées, rapprochées decellesdel'extension décritesen détail
plushaut,nousdispensent d'unedescription quidonnerait lieuà tropde
rediles.
PIED.
Lesformesdupied,demandent à êtretraitéesà part.
Aupied,dominent lesformesosseuses qui, chezla femmeelle-même
malgrémidéveloppement moindredu squelette,maintiennent
lamorpho-
ln.orie.
de.larégion.La.réuniondesosdu-niedréaliseunevéritablevoûte
33G ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
ouverteen dedans,surbaisséeen dehorset prenantappuisur le sol par le
calcanéumen arrière, par les articulationsmétacarpo-phalangiennes en
avantet par le cinquièmemétatarsienau bord externe.Son sommetn'est
point situé au milieu, maisplus en arrière et réalisépar l'astragale,sur
lequelreposent les os de la jambe. Le dos du pied s'étend en avant
d'elle.Sa surfacearrondies'inclineen avant et en dehors.Son point cul-
minant n'est point situé,sur l'axe médian,mais beaucoupplus près du
bordinterneque du bordexterneet correspondau pre-
mier et au deuxièmecunéiformesarticulés avec le
premieret le deuxièmemétatarsien.
Aupointdovuefonctionnel,lavoûtedu piedreposant,
en arrière,sur le seul pointd'appuidu calcanéuma été
subdiviséedans sa longueuren deuxarcs, l'arc interne
comprenantl'astragale, le scaphoïde,les irois cunéi-
formes,les trois premiersmétatarsiensavecles orteils
qui v correspondentet l'arc externeformédes autres
os du pied; à l'arc externereviendraientles fonctions
de soutien, pendantquel'arcinterneseraitpréposéaux
mouvements(lig. 55.)
La plante du pied quireposesur le sol est remar-
quable,aux pointsde contact,parl'épaisseurde la peau
doubléed'une"couchede graisseassez abondantequi,
iiy.—Lesdeux en vertu d'une dispositionanalomiqucspéciale,fait
Vir..
an;sdelavoûte
du])ied. officede coussinet.C'est ainsi qu'en avant, une sorte
d'épaisbourreletest étenduau-dessousdes articulations
. mélatarso-phalangiennes el,empiètesur des orteilsraccourcisd'autant,si
on les examinepar leur face plantaire. Toutle long du bord externedu
pied,la peauprésenteles mêmescaractères,ainsi qu'enarrière, au niveau
d'une large surfaceovalaire, au-dessousdu calcanéum.Au creux de la
voûte,au contraire,la peauest très fineel parcouruede plisobliquesqui
s'exagèrenllorsquele piedse cambre(pi. 57, G).
La sailliedu talon,qui s'étalepourainsi dire sur le sol sous la pression
exercéepar le poidsdu corps,est surmontée,danslesstatuesantiques,par
- un autre relief
beaucoupmoindre séparé du premier par un intervalle
plus ou moins grand et qui parait formé par l'extrémitéinférieuredu
tendond'Achilleà soninsertionau calcanéum(lig. 56). Cettedisposition,
MEMBREINFÉRIEUR 337

qui n'est pas due, commeon pourrait le croire au premier abord,à un


renflementdu tendon à ce niveau, a été parfaitementanalysée par
H.Lebourq(I), quien a donnéla raison anatomique.Maisje ne saurais
m'étendre ici sur celte
question.L'imporlantest
de savoirque, bien qu'ex-
ceplionnel,le talon « à
doubleétage»serencontre
dans la nature aussi bien
chez la femme que chez
l'homme. D'ailleurs la
figure56ci-contreindique
assezclairementle méca-
nismequilui aétéattribué.
Les orteils, beaucoup
pluspetitsqueles doigtsde
la main,présententnéan-
moinsdes caractèresana-
logues.Le pouceestbeau-
coupplus volumineuxque l'io.56.—A.l'iedantique à l'enfuni)
(l-'aunc
—B.Talon
inonlranl
les autres orteils dont il letalonàdoubleétage. à double étage
danslanature.Serait "leD r
d'après Lebourcq,
produit,
est séparépar unintervalle parlerenversementducalcanéum qu'accompagne le
piedcreux accentué.
que les anciensutilisaient
le des cour- Letendon d'Achille,
indiquéenpointillé,
s'attacheà la
pour passage moitié delaface
inférieure postérieureducalcanéum
roies de leurs sandales. decelte
etlapartie-supérieure soulevai!!
face, letendon
d'Achille de soninsertion,
au-dessus deviendraitla
Nos chaussuresallèrent causedurendement
supérieurdu(alonàdouble étage.
nécessairementla direc-
tion des orteils en les rapprochantles uns des autres. Ils subissenten
outre, à causede la compressionà laquelleils sont soumis,un véritable
aplatissementlatéral.Touten faisantla part de cesdéformationsacquises,
voici,touchantla directiondes orteils, le résultatdenosobservations.
Le gros orteil ne continuepas la directiondu premiermétatarsienqui
formele bord interne du pied. 11s'inclineun peu en dehors vers l'axe

(I) Anatomie
desformes dutalon,par II. LEUOURQ,
extérieures à l'Uni-
professeur
versitédeGand.Gand,1893.
338 ANATOMIEARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN

57.— PIED.
PLANCHE
A,'B,C, D, E, F. Piedsousdivers.aspectsd'un modèlebien conformémaisà-gô
de 35ans. L'affaissement des formes,qu'entraîneun peu d'embonpoint, se
traduitau piedpar un légerempalementdesmalléoles.Le seul défautde ce
piedconsistedansl'incurvationlatéralelégèredu quatrièmeorteil.Onremar-
entrele gros orteilet le deuxième,et la direction
queral'espaceinlerdigita-l
desorteilsvus parleur facedorsale(F).
G. Plantedu pied.
H. Piedd'un paysanqui n'a jamaisportédo chaussureset présentaitl'éloigne-
mentde terre du' cinquièmeorteil, commecela se voit très fréquemment
.surles staluesantiques.
PlED PL. 57.

Divers aspects du pied.


MEMBRE INFERIEUR 341'
médian. Cette disposition, qu'exagère certainement, l'usage des chaussures,
existe à un degré très manifeste sur les statues antiques. Le deuxième et
le troisième orteil sont à peu près parallèles au premier. L'axe du gros-
orleil prolongé en arrière rencontrerait la malléole interne. Le cinquième
orteil suit une direction inverse. Son axe converge-
avec celui des orteils précédents, el prolongé en avant,
les rencontrerait à une demi-longueur de pied environ.
Quant au quatrième orteil, il suit une direction varia-
ble, tantôt semblable à celle des troisième et deuxième
orteils, tantôt parallèle à celle du cinquième. C'est
celle dernière disposition qu'on rencontre le plus sou-
vent, sur les statues antiques.
On remarque en outre, sur ces mêmes statues, que le-
petit orteil soulevé ne repose pas sur le sol. J'ai eu
l'occasion d'observer cette conformation sur quelques
sujets, en particulier sur un jeune pajsan en sabots
qui n'avait jamais porté de souliers (pi. 57, H).
Comme les doigts de la main, les orteils sont de
longueur inégale (Qg. 57). Ce sont les deux premiers
orteils qui se disputent la prééminence. Mais le tableau
suivant montre que, dans la grande majorité des cas,
l'ic.57.—Directiondes c'est le gros orteil qui l'emporte, aussi bien chez la.
axesdesorteils.
Lotir femme
longueurrelalive. que chez l'homme, avec un peu plus de fré-
quence toutefois chezce dernier.
l'cunne Homme
Gros orteil le-pluslong ,'. 69 0/0 73,3 0/0
Égalité 13 0/0 10 0/0
Deuxièmeorteil le plus long . 18 0/0 16,7 0/0
On retrouve dans l'art antique l'une et l'autre de ces dispositions.- Le-
troisième orteil est plus court que le deuxième de toute la longueur de
l'ongle. Le quatrième n'atteint, pas l'ongle du troisième, el le cinquième,
est situé encore plus en arrière.
La femme peut avoir le pied maigre et sec comme celui de l'homme,
mais elle a généralement le pied plus charnu. Cette expression ne s'ap-
plique pas à un développement plus considérable des muscles, mais à une
.3.42 ANATOMIEARTISTIQUE DU CORPS HUMAIN
•accumulationplus abondantede graisse dans toute la
région, non seule-
ment sur les bords et sur les points"qui 'appuient sur le
' sol, mais aussi
au sommetde la voûteplan-
taire qui peut s'en trouver en
partie comblée.C'est plutôt à
la voussuredorsaledel'avant-
pied quepeutse jugerle degré
•de la voûte plantaire qu'au"
creux que présentela plante
•dupied,creuxdontla profon-
deur varie non seulement
avecla conformationosseuse,
mais aussi, comme je viens
de le dire, avecla quantité de
.graisse.
On peut mesurer la voûté
plantaire, sur le bord interne
:dupied, par un angledont le
' sommet
correspondantau col
de l'astragale est situé en un
point placéen avantet un peu
au-dessous de la malléole
interne. Les deuxcôtés sont
forméspar deuxlignes d'iné-
.gale longueur, l'une posté-
rieure aboutissantà la pointe
du talon, l'autre antérieure Fie,,iis.—.Angle
delavoûteplantaire.
«e rendant au pli digito-
A.Piednormal145°.
plantaire du gros orteil B*.Piedcambré
110°.
C.Piedplat120».
(lig. 58).
La mesure „de cet angle classe les pieds en trois catégories:
- '- Piedsplats ................ angleà 120°
Piedsnormaux — à lin»
Piedscambrés ' — à 110°
L'empreintelaisséesur le sol est différentedans les trois cas-(fig.59).
Dans lé type normal (B), le tracé ovoïdedutalon est rejoint, au tracé des
MEMBRE INFERIEUR 343-
articulations métatarso-phalangiehnes, par une large bande qui occupe
toute la longueur du pied'et répond à la pression du bord externe.
Dans le pied très cambré (A), l'empreinte du bord externe s'atténue au
point de disparaître même complètement. ,
Dans le pied plat (C et D), l'empreinte reproduit la totalité de la plante
et tout indice de la voûte disparaît. La disparition de la voûte dans le
pied plat, quand elle n'est point d'origine pathologique, n'entrave aucune-
des fonctions du pied. Le pied plat est fréquent chez les paysans, chez les
personnes qui mar-
chent pieds nus. On
l'observe chez 1es-
nègres, chez les
Arabes... 11offredes
appuis plus étendus
et la solidité est
assurée. Il s'étale
largement sur le sol
cl ne perd pas une
ligne de ses dimen-
sions.
FIG.59.—Empreintes du pied. Le pied cambré
TrèscambréA.Cambré B.PlalG.TrèsplalD. est relati vemen l
petit. Il a le dos
arrondi et saillant. Il est .agile. Son faible contact le fait se détacher plus
facilement du sol, il est élastique. Le port de la chaussure exagère la cam-
brure du pied. Suivant Charpy, la femme aurait le pied plus plat que
l'homme d'environ 5°.

QUELQUESTYPES DE MEMBRESINFÉRIEURS FISMKIXS,


Suivant le degré de développement de la graisse-ou des muscles, les
formes du membre inférieur féminin prendront des caractères spéciaux..:
Un type remarquable par sa simplicité et son harmonie est celui dans
lequel, à.un bon développement musculaire, s'ajoute une couche graisseuse
modérée, sans localisations exagérées. La forme antique en est un remar-
" . . .'
quable exemple.
344 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPS HUMAIN
Si l'élémentmusculaires'accentue,pendantque la graisse décroît, la
forme évolueravers le type masculin,ainsi qu'on en rencontred'assez
nombreuxspécimensqu'il faut plutôtéviterde prendrepourmodèles.
Maissi, par contre, à unepauvretémusculairefréquentechezla femme,
__-sejoignent des localisationsgraisseusesabondanteset nettementdéli-
mitées, il se produira des rondeurs exagéréesjointes à des pauvretés
disgracieuses.Et, suivant le siègede l'amas graisseuxoude la défaillance
musculaire,les formesles plus diversesse produirontparmi lesquellesil
•estaiséderetrouverles typesfavorisdecertainsartistesdela Renaissance.
Maison comprendraaisément que la prédominancedela graissesur le
muscle peut conduireauxformesles plus choquantes,et qu'il y a là un
écueil que l'artiste un peu au courant des chosesde l'analomiesaura
toujourséviter.
QUELQUES OBSERVATIONS
SUR LE DESSIN DES FORMES EXTÉRIEURES

LIGNES DE CONTRASTE, LIGNES D'ENVELOPPE


11est des traditions transmises oralement dans les ateliers au sujet, du
dessin des formes, et qui ne peuvent que gagner en précision à être formu-
lées par écrit.
A propos des profils dont les courbes s'opposent d'une certaine façon, on
observe qu'aux membres ils sont disposés de telle sorte que deux courbes
opposées, au même niveau, ne sont jamais exactement symétriques ou com-
plètement semblables. Les courbes qui s'opposent symétriques et sem-
blables semblent réservées à l'architecture, d'où la dénomination « en forme
de balustres » dont les artistes qualifient certains membres qui présentent
ces profils défectueux.
Il n'en est pas de même du corps dans son ensemble et des deux mem-
bres inférieurs réunis qui peuvent s'inscrire dans des contours symétriques
réguliers.
Sur les membres, si deux courbes s'opposent au même niveau, elles ne
sont pas de même rayon. Si elles semblent de même rayon, elles ne sont
pas situées au môme niveau. Elles n'ont rien de géométrique, s'abaissant
ou se relevant tour à tour, se dédoublant, s'infléchissant en sens inverse,
se transformant en lignes droites, n'obéissant en somme qu'à cette seule
règle qui paraît générale de ne jamais s'opposer mathématiquement sem-
blables ou inverses.
Pour ce qui esl des plans, on remarque que jamais deux saillies ou deux
dépressions situées l'une à côté de l'autre ne sont exactement semblables
et d'égale valeur. 11y en a toujours une, saillie ou dépression, qui domine
el l'emporte sur l'autre par sa forme ou par son accent.
346 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPS HUMAIN

58.— LIGNES
PLANCHE DECONTRASTE
ETLIGNESD'ENVELOPPE
AUMEMimii
SUPIÏMISUU
ETAUM1S.UUUE
INFÉIUISUII.
LIGNESDE CONTRASTEET LIGNES D'ENVELOPPEPL.58.

Membresupérieur.

Membre
inférieur.
18
LIGNESDE CONTRASTE,LIGNESD'ENVELOPPE 349
Pour faciliterla mémoiredes formes,on peut tracer en travers des
membres,à diverspointsde leur longueur,des lignesdroitesdéterminées
par des détails anatomiques;ces lignesobliquesen sensinversepeuvent,
pour cette raison, êtrenomméeslignesde
contraste(pl.58).
Par exemple, au membre supérieur,
l'insertiondes fibres charnuesdu biceps
sur le tendoninférieurse faitsuivantune
ligneobliqueen sens inversede cellequi
suivraitle talondela main.Demêmeà la
face postérieure,une ligne qui suit l'in-
sertiondes corpscharnusdu tricepssur le
tendoncommunest.obliqueen sensinverse
decellequiserait tangenteaux extrémités
inférieuresde deuxos de l'avant-bras.
Aumembreinférieur,lesdeuxvastesdu
quadricepss'insèrent inférieurementsui-
vant une ligneobliqueen sens inversede
celle qui, à la partie inférieurede la
jambe, réunirait les deuxmalléoles.En
arrière, l'insertiondes deuxjumeauxsur
le tendond'Achillese .fait suivant une
ligneparallèleau pli de flexiondu jarret,
mais obliqueen sensinversede celledes
chevilles.
D'autres lignes peuvent être tracées Yia. Gl.—Dessin deMichel-Ange
monlranlsur
(Venise), lesmembres-
sur les membres,qui ont pour base les intérieurs
leslignes
d'enveloppe.
profils.On peut les appelerlignesd'enve-
loppe.Onlesobtienten rejoignantpar untracé intermédiairedeuxcourbes
de profilsopposés,desensinverseel situéesà deshauteursdifférentes.On
décritainsiune grandeS italiquedontles deuxextrémitésembrassentles
profilset dontlemilieutraverseles plans.
Ceslignesd'enveloppen'ont rien de fixe,ellesvarient à l'infini,elles
existentsoustousles pointsde vue.Ellespeuventêtre pour le dessinune
sortede guide.Elles offrentle grand avantagede rapprocherles parties
extrêmesd'un modèleen les subordonnantenun rapportprévu,et d'habi-
350 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
tuer à considérerles ensembles.Elles aident à préciserles formes,à en
faireressortirles affinitéset les oppositions,et par suite à les reproduire
plus fidèlement.
Ellesne s'appliquentpas exclusivement'auxprofils, et dans l'intérieur
mêmedescontoursellespeuvent,ensuivantle mêmeprincipe,réunirentre
eux certains plans. Elles peuventêtre ainsi égalementréalisées sur le
torse et sur toute là figuredansson ensemble,quelsque soientsonatti-
tude et son mouvement.Elles constituent,en somme,la partieaisément
saisissablede ce qu'on appellecourammentl'envelopped'un membreou
d'unefigure.

FIG.
GO.—Lignes desdiverses
d'enveloppe ducorps
parties
(d'après
LAKTKRI).
LIGNESDE CONTRASTE,LIGNESD'ENVELOPPE 351
Ceslignes d'enveloppesont nettementtracéessur le croquisde Michel-
Ange(fig.60). . -
Le professeurLanteri,dansson enseignement,insiste avecraisonsur
elleset aussisur les lignesde contraste.Il a publié dans son ouvrage(1)
les figuresqueje reproduisci-contre(fig.61)et quisonttrès démonstratives.

(1)Loc.cit.
APPENDICE

A PROPOSDU GROUPE« TRES IN UNA» DE M. PAUL RlCHER

l'AII

HENRYME1CE(1)

Au petit Palais des Champs-Elysées figuredepuispeu un groupe en


marbrereprésentanttroisfemmesnues.Le visiteurnon averti,attirévers
cette sculpture,croit y voirune répliquemodernede la triade classique
desTroisGrâces;il savourel'harmoniede l'ensemble,-lapuretédes lignes,
le charmedes formes.Maiss'il chercheà pénétrerplus avant dansl'inti-
mitéde cetteoeuvre,il s'aperçoitbientôtque les formesde cestrois corps
fémininssontdissemblables. 11lui apparaîtalors qu'il ne s'agit pas d'une
simplevariation sur le thème antique des Trois Grâces;celles-ci,dans
toutesles représentationsquel'Art en a faites,appartiennenttoujoursau
mêmetypeféminin.El, en effet,ce groupen'est pas seulementune mani-
festationartistique:c'estla synthèseplastiqued'unelongueséried'études
sur la configurationdu corpsde la femme.Il donnebien la mesurede ce
quepeutréaliserle talentdu sculpteursecondépar uneconnaissance appro-
fondiede la forme humaine.L'enseignementde l'analomievivante, si
fâcheusement négligédansl'éducationmédicale,s'est objectivéici. .
Trèsin una,tel estlenomde cetriode marbre,modelépar l'auteurpour
extraire, des innombrablesvariationsde l'élémentféminin,trois types

(1)Extraitde la Nouvelle de la Salpétrière,mars-avril1914,


Iconographie
p. 118.LeD' HenryMeige,monélèveet ami,J'ut,à la Salpêtrière,-|'un
demes
premierscollaborateurs
dansmesétudesdemorphologie artistique.
354 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

59.— Guoui'iï
PLAKCIII: ENMAUDUE. SALON DE-lOI-i.
à la Villedo Paris.
Appartient
Vueantérieure. Lostroisfemmesreprésentées ici correspondent auxtroistypes
différents qui ontprévaluà trois grandesépoquesde l'Art: l'Antiquité, la
Renaissance etles tempsmodernes,ainsiqu'entémoignentles ojuvresdes
artistes.Cestypescrééspar l'Artretrouventencoreaujourd'hui leursmodèles
dansla nature,avecdestraitsatténuéspeut-être,disséminés chezplusieurs
sujets,mais néanmoinssuffisamment caractérisés.Peut-êtreles pagesqui
précèdent aideront-elles
lesartistesà lesreconnaître étales mieuxapprécier.
La figuredu milieu,femmeantique,présentelesformessimples,harmonieuses
et justementpondérées qui enfontcommela normede l'idéalféminin.Les
deuxautress'en éloignentdansun sens.diamétralement opposé:c'estainsi
qu'onpeutconstater,au milieu,desépaulesrondes,puissantes, à bonnehau-
teur,pendantqu'àgaucheellessont pendanteset à droitepresqueen porte-
manteau;la poitrine,biendéveloppée au milieu,estpluspauvreà gauche
avecdepetitsseins,pendantqu'adroite,silesseinssontplusvolumineux, ils
reposentsurun thoraxmoyen;le ventre,modérément saillantdomômeque
le pubis,correspond, sur fa figuredu milieu,à un bassinmoyennement
incliné,pendant,qu'à gauchele ventreet le pubistrès saillantssontl'apa-
nage du bassindroit et qu'àdroite,au contraire,le bassininclinéentraîne
l'aplatissement du ventreet la rentréedu pubisentrela racinedescuisses.
Aumembreinférieur,l'opposition persiste.Surla jambeportante,le gonouest
très légèrement fléchiau milieu,en hyperextension à gaucheet clansla recti-
tudeà droite,Lesextrémités, mainset pieds,ontégalement les caractères
de
l'époqueet il n'y a pas lieu d'insistericisur les attitudes,les physionomies
et les attributsdestinésà compléter l'expressionde l'ensemble.
< TRES IN UNA• IV 59.

Groupeen marbre,vin antérieure.


APPENDICE 357

plastiquesnettementdéfinis,puisésdans la natureet que l'Art, dans le


coursdes temps,s'estsuccessivement appropriés(pl.59, 60et 61).
La figuredu.milieusynthétisela plastiquefémininedansl'art grec
Uneharmonieparfaiteunit toutesles partiesdu corps.La tète se dresse
fièrementsurun coudroitet fort. Desépaulessolidessurplombent untorse
d'uneseulevenue,oùsaillentles seins,ronds et fermes.Le bassin, bien
droit, est discrètementenveloppépar la graissedes flancs;le ventre,sans
mollesse,serenflediscrètementau-dessousde l'ombilic:deuxplis cutanés,
concentriquesle séparent du mont de Vénus, stigmates de féminité
qu'accentueront lesmaternitésfutures.Surun dosbien charpentése dessi-
nentdoucement, lesreliefsd'unemusculaturesoupleet robuste,agrémentés
dansla région lombairede deux fossettessymétriques:au-dessous,le pli
fessierencerclenettementla sailliecallipyge,qui s'eslompedansla station
hanchée.

Chacundecesdétailsmorphologiques, minutieusement analyséet décrit


par railleurclansses ouvragesà'Analomie artistique,est renduici avecune
rare exactitudeet contribueà.accentuerl'expressionde vérité,dosante, de
noblessequi distinguele type grecféminin,image de forceet de grâce,
présagede,fécondité.C'est,véritablement,la norme féminine,dont les
autrestypesreprésententdosvariationsen sensdifférents.

La figurede gauchenousmontrela femmeà l'époquedela Renaissance.


Lesartistes'd'alorsavaient,le soucid'imiterles créationsdel'art antique
et de copierla vérité anatomique.L'essorimprévuet parallèledes arts et
des sciencesau quinzièmeet au seizièmesiècleexpliquecettedoubleten-
dance.La découvertedes'chefs-d'oeuvre de l'antiquité,longtempsenfouis
souslesruinesdesinvasionsbarbares,coïncidaavecles premièrestentatives
de dissection;en savourantla beautédes formes,on se préoccupaitd'en
connaîtrelesdessous.Aussile nu de.la Renaissancescmble-t-il un singulier
mélangede réminiscences helléniqueset des premièresrévélationsde ce
- « nu anatomique»,.dont l'abus fut si justement critiquépar Léonard
de Vinci, car l'écorchéfit alors une concurrencedéplorableà la beauté
antique.
Dansl'esthétiqueféminined'alors,il fautaussitenir comptedecertaines
déformations imputablesauxvêlementsdel'époque.Tandisquela
corporelles
3S8 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

60.—"VUE
PLANCHE I>OSTBIUKUHE
DUSIÈME
GUOUI'E.
CeltevuemonIredes exemples, au milieu,dudosplein,à droite,du dosrond,
et, à gauche,ducloscreux.L'inclinaisonvariéedu bassinse traduitenarrière
par.une orientationdifférentede la surfacesacrée.Trèsinclinéeà droite,
moyenneau milieuet presqueverticaleà gauche,et par une accentuation
diversedu pli fessiertrès accuséà gauche,presqueeffaceà droiteel d'un
,. dessinintermédiaireaumilieu.
TRI:S IN UNA » PL.60.

Vuepostérieure
APPENDICE 361

souplessedes draperiesgrecquesn'apportaitnulleentraveau libreépanouis-


sementdu corps,la modesousla Renaissancelaissades tracesindélébiles ;
elle témoignaaussid'un goûtsingulierpourla morbidessedesformes,poul-
ie charmeémouvantque la maladiedonnesouventà la jeunesse.
C'estpourquoila solideharmoniedu torse de la femmegrecquene se
retrouveguère dansles oeuvresd'art du quinzièmeet du seizièmesiècle.
•Lapoitrineserétrécittandisquel'abdomenprendun développement, exagéré.
Eumêmetemps.lecous'allonge,parfoisdémesurément, les épaulesfuient,
le dosse voûte,les seins restent plusque discrets.Toutle corpsprend un
aspectondulcux,languissant,presquemaladif.Témoinslesjeunesfillesdu
Printempsde BolliceUi, la Véritéde GiovaniBcllini,les jeunesfemmesde
FranccscoCossaclansle MiracledeSainteHyacinthe, la ViergedeYAnnoncia-
tionde Lorenzodi Credi,commeaussisa.Vénus,etc.
Ce mêmeidéal morphologique a inspiréles productionsde l'art Jlamand
et germanique.Viergeset Èvesde van Eyck, de Cranach,d'AlbertDurer
nous déconcertent, avecleurs torses étriquéspar en haut, exubérantspar
en.bas.11fallutun Raphaëlet un Rubenspourréformercelle esthétique,si
chèreà.leursdevanciers.
M.Paul Richera su, danssa ligurede gauche,retenirles caractéristiques
du type fémininde la Renaissance: corps onduleux,long cou, épaules
tombantes,poitrine étroite,petits seins, larges hanches,ventre et pubis
saillants, région sacrée presque verticale,plis fessiersprofonds,hyper-
extensiondu genou,etc.Touscescaractèressont,misen valeur,sansnuire
aucharmeel à la séductiondesoeuvresdel'Art italien. .

Denos jours,le type féminindans l'Artest plusdifficileà caractériser.


Le trop grand, nombredes productionsartistiques,le recrutementdes
modèlesdans les racesles plus différenteset les plusmélangées,le souci
de copierla nature,mêmedansses imperfections, le manquedereculenfin,
toutescescausescompliquent l'éludedel'esthétiquecontemporaine.
Danslà moitiédu siècledernier,un vulgaireaccessoirede toilette, le
corset, a singulièrementtorturé la plastiqueféminine. L'étranglement
abusifde.la taille imposépar la modese manifestedans la plupart'des-
de l'ouvertureinférieure
oeuvresd'art decette époquepar le rétrécissement,
du thorax, par une saillie exubérantedes seins, de l'abdomenet des
hanches: tous méfaitsesthétiquescerlainementimpulables au corsetcintré.
-302 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

61.—VUES
PLANCHE nuMÊME
LATÉHALES GUOUI'E,
•Cesdeuxvuesde profilqui montrentsousun autreaspectlescaractèresdéjà
signalés,ont surtoutpour butdemettreenvaleurlesdeuxligureslatérales
dontle rapprochement permetainsidemieuxsaisirla constante
opposition.
« TRES IN UNA PL.61.

Vueslatérales.
"
APPENDICE 36b.
coupableausside maints déplacementsdes organesinternes avectoutes
leurs conséquences pathologiques.
Unerévolutionprônéepar les hygiénistes,mais dont ils n'eussentpeut-
être pas suffià assurerle succès,si la mode omnipotenten'avait été, par •
hasard,leur alliée,détrônale corset cintréen faveur du corsetdroit. Ce
nouveautyran eut tôt fait d'aplatirle ventre.Aveclui s'exagérala cam-
brure sacro-lombaire et l'inclinaisondu bassinen avant. Dece règnedate
le type fémininprédominantdans les figurationsartistiquesdes dix pre-
mièresannéesdu vingtièmesiècle.
La plastique'féminineen a souffert,non seulementdans les oeuvres
d'art, mais sur le vivant.Les mensurationseffectuéesa cette époquepar
M.Paul Richerd'aprèsunecentainede modèleslui ontpermisde constater
la prédominance desbassinsinclinéssur les bassinsdroits:
L'attitudeimposéeaux femmespar un féroceappareilde contention,—
et par le désiraussid'adopterla conformationà la mode,—a certainement
'
favorisé cette déformation.Les modèles,les. artistes eux-mêmesont
témoignémaintesfoisleur prédilectionpour cetteesthétiqueen vogue.
C'estcolleque l'auteura matérialiséedansla figurede droitedu groupe
oùla femmemoderneest caractériséepar la cambruredes reins,l'aplatis-
sement du ventre, l'inclinaisonforcéedu bassinen avant, l'absencedu
pli fessier.
Maisles modesvontvite...
Le corset,quelqu'il soit, est aujourd'huidétrôné.En moinsde deuxans,
le ventrea reconquisson prestige.En conséquence, le bassinse redresse,le
siègefond, le cou s'allongeet s'inclineen avant,les épauless'affaissent,le
dos se voûte,la poitrines'étrique,les seinshonnissont impitoyablement
écrasés.
En vérité,voici,restauréepar la mode,l'esthétiquechèreà la Renais-
sance,mais quelquepeu caricaturisée.La femmed'aujourd'hui,ondulensc,
serpentine,au torse étroit, au ventreproéminent,se rapprochedavantage
de son,ancêtre,dont la.plastiqueest vieillede cinq siècles,quede l'image
représentantle typefémininmoderneet quiappartientdéjà au passé.
Mtdlarenascuntur quoejam cecidere
Puissel'esthétiquefémininede demainêtre plus rétrograde encoreet se
donnercommeidéalcetteformeantiquedontla beautéharmonieusetraduit
le bonéquilibredu corpset de l'esprit!
366- . APPENDICE
.Le groupedu petit Palais mérite d'être attentivementregardépar les
médecins.Ils y découvriront,dansle rendudestèteset desextrémités,dans
les attitudeset jusque dans les accessoires,l'accentuationdes dissem-
blancesdont,nousavonsseulementindiquéles principales.-
Ce n'est pas amoindrirles qualités de cette oeuvred'art que de faire
connaîtresa significationen quelquesorte pédagogique, destinéeà nous
enseignerles va]'iations,<l'É4thtibilus'"eorporel
féminin.

FIN
TIABJËÈ DES PLANCHES

"1.^—CAUACTÉI\ISÏIOUHS
FLANCHE OSSEUSES.. i ....... . 3
Proportions moyennes del'homme.
Latête est comprise 7 fois1/2dans,la hauteurdu corps.
Unehorizontale passantpar l'angleinternedosyeuxla
diviseendeuxpartieségales.
Le troncmesure4 hauteursde lule, du vertexau pli
fessier.
Le membreinférieurmesureégalement 4 lêles,du solau
milieuduplidel'ainecorrespondant, dansla profondeur,
dela hanche.
à l'articulation
Le milieudu corpsest situé au-dessousdu pubis,à la
racinedesorganes'. "'-
Lemembresupérieurnecomptepastoutà fait3tètes1/2.
Lagrandeenverguredépassela hauteurdela taille.
Onrelèveaux.membresles égalitéssuivantes:
Aumembresupérieur,la distantequi s'étenddu dessus
de l'acromion au-dessous de la tôledu.3emétacarpien
estdiviséeeudeuxpartieségalespar lesommetdel'olé-
eraneoula fossettecondyliénne siLuéoau mêmeniveau.
Au membreinférieur,lecontredola rotulediviseendeux
partieségalesla distancequi s'ôLenddu solà l'épine
iliaquer
2. CAUACTÉMSTJQUES OSS1SUS12S t
Proportions moyennes do'lafemme.
Lalèleesl comprise7 fois1/2dansla hauteurdo corps.
Le tronc,du vertexau pli fessier,mesureplus de4 hau-
teursdelele.Lepointderepèreinférieur,constituépar
-leplifessier,dépassesensiblement lalimiteinférieure de
la 4°tête.
Lemilieudu corpsest situéauniveaudubord supérieur
dela.symphyse pubienne.
Lemembreinférieur, dusola l'articulation coxofémorale,'
pastout à fait4 têtes-,conséquence
n'atteint, d'uneplus
grandelongueurdu torse.
Lemembresupérieur.n'a pas 3 tètes..1/2;
Lagraudeenverguren'atteintpasla hauteurdola taille.
368 ANAT0M1LARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
Pages.
3. — CAnACTiDiusTiQUEs
PLANCHE OSSEUSES 23
Variétésdansles proportions.Sujetschezlesquelsdomi-
nent les proportionsde la moitiéinférieuredu corps
(longuesjambes)A ou cellesdo la moitiésupérieure
(courtesjambes)lî.Unelignepointillée horizontale
divise
la hauteurdes figuresdeboutjuste par moitié.Surla
droite,les mêmessujetsdansla positionaccroupie.
L'examen comparatifdecesdifférentesfigurespeutdonner
lieu à d'inlercssanles remarques.Ou observera,par
exemple,dansces deux types,lesdifférences de hau-
teur du coudeet du poignet,parrapportà laceinture
et au pubis,etc.
La stationaccroupiemet bienen valeurles proportions
relativesde la cuisseet dutroncdanslesdeuxcas.
— 4. —CAIUCTÉUISÏIQUES OSSEUSES 31
Squelette de la femme.Vueaulérieure et vuelatérale.
D'unemanièregénérale,le squelettede la femmediffère
de.celuide'l'hommepar unemassemoindre,un aspect
plus lisse,des arêtesplus délicateset desempreintes.
d'insertions musculaires,
dépressionsouaspérités,
moins
accentuées. Enoutre,certainesde sesparties,commela
tète, le bassin,le.thoraxet la.colonnevertébrale,ont
uneconformation UÏIpeuspécialedontil est parléplus
loin.
— îi. — CAUACT'ÉMSTIQUES OSSEUSES 35
Squelettedola femme.Vuepostérieure.
— 6. — CAHACTÉHISTIQUES OSSEUSES 39
Crânemasculinet crâneféminin.
Crâneféminin.— Effacement des bossessourcilières
cl
dela bossenasale.Frontverticalse continuantdirecte-
mentaveclesosnasaux.Vertexaplati.Sailliedesbosses
frontaleset pariétales.
Crânemasculin.—Sailliedesbossessourcilières el de la
bossenasalesurplombant laracinedunez.Frontalfuyant.
— 7. — CAIIACTÉHISTIOUES OSSEUSES 47
Bassindel'homme.
— 8. .—CAHACTÉUISTIOUES OSSEUSES 51
Bassindela femme.
Lebassinde la femmediffèredeceluide l'hommeence
que,dansl'ensemble,.'il estmoinshautetpluslarge.En
outre,lesfossesiliaquessontplus étendues,lesacrum
plusconcave etmoinshaut,lepetitbassinplusspacieux,
le détroitInférieurpluslarge,lesarcadespubiennesplus
ouvertes.
TABLEDES PLANCHES 369
P«srcs.
9. —CAIIACTHUJSTIOUES
PLANCHE OSSEUSES 57
Diamètres Iransversesdu torse.
Exemples de bassinrelativement étroit A cl de bassin,
large13.Mêmedans ce derniercas, la largeurdes
hanchesne dépasse pas celledesépaules.
— 10.—MUSCLES 65
Ecorchésuperficiel féminin.
Vueantérieureet.vuelatérale.
La myologie, chezla femme, ne diffèrepointdece qu'elfe
est chezl'Jiomine.La massemusculaireest moindre,
mais,si le volumedesmusclesest pluspetit,leurforme
et leursinsertionsau squoletle'nechangentpoint.
— H. — MUSOI.ES .' «!>'
Ecorchésuperficielféminin.
Vuepostérieure.
— 12.—CAIIACTÉIIISTIUHESGUAISSEUSES 73
Schémadeslocalisations graisseuseschezl'homme etchez
la tomme.Letrait noiravecses différences d'épaisseur
indiqueles variationsde l'épaisseurdu pannicule, adi-
peuxchezl'homme.Lazoneclairequiluiestextérieure
montrele développement que prennentchezla femme
lesmêmeslocalisations graisseuses.
A.Coupeverticaleanléro-poslérieure sur laquellesont
indiquéslestracésdes coupéshorizontales suivantes:
13.Parle milieudesseinsperpendiculairement authorax.
C.Parle milieuduliane.
D.Parle traversdela.hanche.
E.Parle pubiselle grandtrochanter.
1 F. Par la partiesupérieuredola cuisse.
— 13.— CAIUCTÊHISTIOUKSGRAISSEUSES ; ... 7'.
Exemplesde localisations graisseusesdes fesseset des
lianes.
A,13.Fessesvolumineuses chezde jeunesmodèles.
C.Lemodèlelîdansla stationassise.
I).Fessesaplatiesdevieillard.
K.Croquismoulranl, chez unjeunesujet,leflancse con-
fondant, en bas1avecla fosseet limitéen hautpar un
sillonprofondqu'accentue lastation-hancliée.
F. Bourrelet graisseuxdu lianechezun hommeun peu
gras.
G. Bourreletgraisseuxdu liane distinct,chezcertains
sujets,dela sailliemusculairedu grandoblique,dispo-
sitionqu'accentue le renversementdu torseeu arrière.
19
370 ANATOM11Î
ARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN

— Pages.
PLANCHE
14. CAIIACTÉHISTIQUBSGRAISSEUSES 83
Localisation graisseuse cervico-dorsalechezunejeunefille
dedix-neuf ans.
Cetteformen'estpasl'apanageexclusifde l'âgemûr,bien
qu'elley soilplusfréquente et plusdéveloppée.
15.—CABACTÉBISTIQUIiSGRAISSEUSES . fjfl
Localisations graisseuses dola racinedesmembres.
A, 13,C.Localisation graisseuse chezle
posl-doltoïdienne
mêmesujetvue sous diversaspects.Le renversement
du braseuarrièreaccentue lereliefdecettelocalisation.
D. Croquispris surun autremodèle.
E, F. Localisation graisseuse sous-lrochanlérienne
vueen
avantcl enarriérechezun modèled'uncertainâge.
tfi.Mêmelocalisation graisseuse chezunmodèlemoinsâgé
appartenant autypedesfaussesmaigres.
. 10.—ÔA1UCTÉI1IST1QUES(i1AISSEUSES
1 Ç);)
Déplacement de la graissesousl'inlluencc de laconslrie-
lionhabituelledu corset.
A. B. liaudedorsaleet chutedu ventrechezle même
sujet(25ans), conslricliondes cèles inférieures.La
formedorsales'accentuedanscertainespositions,par
exemple danslastationhanehée.
C.Mêmesujet.
D, E. Mêmes déformations à un degrémoindred'accentua-
tion (modèle de20ans).
F. Conslriclionde la basedu thoraxet chutedu venLro
chezunjeunesujet(19ans).
G. Chutedu ventrechezun modèleplus âgé(28ans).
H.là. chezun autremodèle (2Sans).
— 17.—CAIIACTÉIUSTIQUKS CUTANÉES 105
Lespoils.
A.Follicule pileux.
13.Lignesd'implantation etdodirectiondospoilsà la sur-
facedu corps chezl'hommecommechez la femme,
d'aprèsBeaimis et Bouchard.
C.Lignesd'implantation despoilsdelatête.Lespoilsfol-
letssont représentéspar destraits finsqui deviennent
grosauxendroitsoù les poilsarrivent,à leur complet
développement pourformerles sourcils,lescheveuxcl
. la barbe.
— 18.—TÊTE 113
Frontetoeilnormal.
A.Frontféminin, avecun croquisle transformant enfront
masculinpar.une inclinaisonen arrièrede toute sa '
partiesupérieure et parla,sailliedes bossessourcilières
et nasaledonnantnaissanceà l'échancrure dunez.
TABLE DES PLANCHES 371
Pages.
B. OEildu.mêmesujetvu-deface.
Lesautresyeux appartiennent à un autresujet.Ils sont
vus sous trois aspects,de profil,detroisquartsetde
faceet représentésouverts(C),à demifermés(D)et
ferméscomplètement (E).
19.—TÊTE
PLANCHE 119
Exemplede sourcilplacétrès bas, d'oùla diminution de
hauteurdela paupièresupérieurechezun jeunemodèle
vu de profil(A),deprofilperdu(13),de troisquartsde
face,les yeuxbienouverts(C),et ici.,les yeuxà demi
baissés(D).Les yeux du mêmemodèlesontdessinés
plusbasdefaceet de profil,grandsouverts(E),à demi
fermés(F)et fermés(G).
(1.1)Autremodèlemontrantun sourcilhaut placévu de
profil.Sur le mômemodèle,oeilvu defaceouvert(J),
fermé (K), demiferméde face (L), demifermédo
profil(M).
— 20. —TÈTE '
125
Paupières.
A. Portionorbilairedela paupièresupérieure horizontale.
13,C. Portionorbilairede la paupièresupérieuredivisée
dans sa hauteurpar ira pli qui soulignel'apophyse
orbilaireexterne.
D. Portionorbilairede la paupièresupérieureverticale.
OEilboursouflé,
vu de profilouvert(E),demifermé(F),
fermé (G); vu de face.ou,verl(1.1),demifermé (J),
fermé(K).
— 21.— TÈTE 129
A, B. Deuxexemplesd'un oeil.enfoncé,se trouvantpar v
suiteassezdistantdelaracinedunezsur le profit.
C.OEilsaillant.
DD'.OEilbridévu de profil,D"le mêmede troisquarts.
E. OEiljaponais.
F. OEiltriangulaire.
G.Pochegraisseuse dela paupièreinférieure.
11.Pochesgraisseusesdesdeuxpaupièresde face,H'de
profil.
J. Pochegraisseusedola paupière
' inférieure
de face,J' de
profil. "
K.Pochesgraisseusesauxdeuxpaupièresde face,TCde
profil.
— 22.—QUELQUES PROFILS ." 141
A. Nezrelevé.
B.Nezlonget droit.Lèvresupérieure bienourlée.
C.Nezdroit.Frontvertical.
372 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
Pages.
D.Frontbombé.
E. Nezlégèrement busqué.
F. Nezdroit,relevé.
G.Profild'unejeunepaysannerappelantle profilgrec.
23.— Cou
PLANCHE 153
Charpente ducoudeprofilA,deface13.Oshyoïde,larynx
et corpsthyroïdechezl'homme.
C, D. Figuresmontrantle rôle inversedu larynxet du
corpsthyroïdedansla formedu couchezl'hommeet
chezla femme.
— 24."—Cou , 157
Schémadu cou long et,du cou court. Dansces deux
exemples, la colonnecervicaleest demêmelongueur.
Seulesontvariéleslimitesosseusesdu cou,maxillaire
inférieurpetit,C, D; ou volumineux, A,B; sternumet
clavicule élevés,A,B; ou abaissés,C, D.
— 25.— Cou. ICI
Coumasculinet quelquesexemplesde cousféminins.
, A.Trèsfortesailliede la pommed'Adamchezl'homme.
B.Convexité de la faceantérieuredu cou et absencede
la pommed'Adamchezla femme(modèlede18ans).
C.Jd. chezun autre modèle(17ans)avecaugmentation
du cou.en longueur.
D. Coulongaveclocalisation graisseusecervicaledorsale
(modèle do25ans).
E. F. Proportionsmoyennesdu cou.On remarqueen E
une légèresailliedu larynx.
G.Coucourt.
~ — 26.— Cou , 165
CollierdeVénus.
A, B. Plisdu couassezvisibleschezune jeunefillede
19ans.
B.PlisduCQU trèsvisibleschezunejeunefillede18ans.
G. Plisducouchezune femmede47 ans, ayant eu de
l'embonpoint et commençant à maigrir.
— 27.— POITRINE..... 169
Seinsbiensconformés, bienque de volumeet de forme
variables.
"A, 13,D.Seinshémisphériques ; C.Soinconique.
E, F. Thoraxinfundibuliforme chezune jeunefillede
14ans.
— 28.—POITRINE. .....' 173
Seinshauts,A,B, C.
Seinsbas,D,E, F.
Relèvement dusein,ducôtédubraslevé.Aisselle,G,B.
TABLEDES PLANCHES 373
Pages.
29.— ABDOMEN..
PLANCHE .. : 181
Modeléscomparésdu ventrefémininet duventremascu-
lindefaceet de profil.
Sur les deux, les mêmesformesmusculairesse retrou-
vent. L'oppositionta plus marquéeconsistedans le
reliefplus accentué,chezla femme,dela régionhypo-
gàstriquc,sailliedueà la graisse.
. — 30. — FLANC •; :...:..... 187
A. Typeféminin.
B. Typemasculin.
C.Typéantique.
A',B', C. Lesmêmestypesde profil.
— '31.— Dos '. 191
Quelquesexemples dedoscreuxet dodosronds. !
A.,A' Croquisdedosronds.
B, C.Doscreux.
D. Voussuredo la colonnedorsaleaveclescaractèresdu
doscreuxà causede ta faiblessedes musclesintersca-
pulaires.
— 32.—REINS 195
A.Typemasculinavec les deuxfossetteslatéraleslom-
baires,supérieure et.inférieure.
B.Typefémininaveclesseulesfossettesinférieures.
C. Losangeadipeuxde profilet detroisquarls,D.
E. Reinschezun hommegras avecl'effacement dela fos-
sette supérieurepar suitedu développement du bour-
reletgraisseuxduflanc.
— 33.— REINS..... 199
Variétésmorphologiques.
A, B, G. Typeintermédiaire entrel'hommeet la femme
chezune jeunefilleprésentantquelques-uns des carac-
tèresde l'hermaphrodisme antique.Aux reins,B, la
fossettelatéralelombairesupérieure subsisteatténuée.
D. Reinsd'un sujet masculinprésentantles signesde
l'hermaphrodisme antique.
E. Croquisdumêmesujetvu deface.
F. Reinsde la statueantiqued'Hermaphrodite au Musée '
de Berlin. .
G.H.Deuxexempleschezl'homme del'effacement presque
completdelafossettelatéralesupérieurelombaire.
— 34.— BASSIN. ; 205
Quelquestypes de bassinsfermésaveclesformesdu pli-
del'ainecaractéristiques.
En A et B, chezdessujetsjeunesaveclocalisations grais-
seusespeu développées, l'obliquitédu pli de l'ainese
374 ANATOMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
Pages,
confondant en basavecfe pli de la cuisseestmanifeste.
Le pli accessoireest égalementbien marqué.En A,
le bassinrelativement étroitn'en montrepas moinsles
caractèresmorphologiques du bassinfermé: épines
iliaquesrapprochées, plide l'aineobliqueet ondulé,hau-
teur dela régionde l'aine.En 13,avecun bassinplus
développé, les siguessontlesmêmes.
En C, sujetpourvude plus d'embonpoint où lesmêmes
formesselisentaisément.Surle mêmemodèleassisD,
le pli accessoire s'accentue.
LoscroquisE et F ont traità un modèleremarquable
par la brièvetédu diamètreiliaqueantérieurdont le
résultatest de produirecommeun enfoncement dela
régionantérieurdu flancet uneprojectiononavantde
l'abdomen.
35..—BASSIN
PLANCHE 209
Quelques typesde bassinsouverts.
A,B.Typedebassinlarhement ouvertchezuneloulejeunc
fille,avecla brièvetédo la régionde l'aineet tousles
autressignesdu bassinouvert-:éloignement des épines
iliaques,pli de l'ainese rapprochantde la verticale
pourseconfondre en bas avecle pli sus-pubien.
C, D, E, F, G. Croquismontrantles mêmescaractères
chezdifférentssujetsavec les variationsindividuelles
obligées.
— 36.— HANCHE 217
Quelquesexemplesde prédominance do la localisation
graisseusede la hanche.
A, B, C.Sujetde20ans présentantcelteprédominance de
façonsaisissante.
D, E, F. Autresujet de 30ans chezlequelle flancest
nettementséparédelàhancheparun silloniliaquerare-
mentaussimarquéchezla femme.
G, IL La localisation graisseusedu flancn'est pointsé-
paréeici de colledo la hancheel.les deuxrégionsse
confondent. La localisationgraisseusesous-trochanté-
rienneest bienmarquée.
J, K. Dispositions semblablesà celle qui vient d'être
signalée,maisavecabsencedela localisation sous-tro-
chantérienne.
L, M.Hancheet flancentièrement confondus enarrière
chezun sujetjeuneet nonchargéd'embonpoint.
— . 37.-r-'TORSE .-. 223
Quelques typesdu torsechezl'hommeet chezla femme.
A. Typethoracique et typeabdominal.
B.Bassindroitet bassinincliné.
C.Torseà tailleet torsed'unevenue.
TABLE DES PLANCHES 375
Pages.
38.— TORSE
u.ANCHiï 227
Quelquesexemplesdu type thoraciqueet du typeabdo-
minal.
A, B,Typeabdominal accompagné d'unelégèrevoussure
dorsalechezdeuxjeunesfillesdébilitées.
C. Typeabdominal chezunejeunefillesolideet pourvue
d'embonpoint.
D,E, F. Troistypesthoi-aciques chezdes sujetsvariéset
d'âgesdifférents.
— 39.— TORSE , 231
Quelques exemplesdebassindroit.
Le bassindroit ne s'accompagne pas nécessairement de
l'aplatissement de la régionfossiôre,bienquecettecon-
formation que l'onconstateen B,Cet D soit fréquente.
Lasailliedela fessevarie,exempleA, E, F, et dépend
do l'accumulatiou graisseusede la région.11enest de
mêmede la saillieabdominale qui, bienque fréquente
commeen A, 1),E et F, n'est pas constante.Onvoit,
en effet,qu'ellen'existepasenBeten C. Parcontre,la
proéminence du montde Vénus,qui apparaîttoujours
Surle profil,nesemblepas comporterd'exception.
— 40.— TORSE , 235
Quelquesexemples debassinincliné.
A,Bassinmoyennement incliné.
B,B', 13", B'".Bassininclinémontrant,lescaractèresmor-
phologiques suivants: inclinaisondola régionsacrée,
sailliede la fesse,disparitiondu pli fessier,aplatisse-
mentdu ventre, le mont do Vénusrentrantentrela
racinedescuissesetà peinevisiblesurle profil.
C,C. Autreexemple dubassininclinémontrantlesmêmes
Signesque le sujet précédentet sur lequelse voit en
outretrèsnettementl'accentuation du sillonprofondqui
limitele flancen haut et on arrière,domômequel'in-
clinaisondu silloniliaque.
D„E, F. Typesde bassininclinéà l'extrême.
'— 41.—TORSE , 239
Bassindroit et bassininclinéclansla stationdebout,à
genouxet dansle décubitusdorsal.
A, B. Bassinincliné.
C, D. Bassindroit.Sur cesquatrefiguresdesfignespoin-
tillécsindiquentl'inclinaisondela-surface sacréeavecla
verticale,et montrent,par la mesurede l'angleainsi
forméque,danslesdeuxcas, cetangleesttoujoursplus
grand dans la stationà genouxque dans la station
debout.
E. Décubilus dorsaldansle bassindroit.
F. Décubilus dorsaldansle bassinincliné.
376 ANAT0M1EARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
Pages.
PLANCHE —
42. TORSE 243
Quelques exemples detorseà tailleetdetorsed'unevenue.
A,A' et 13,B'. Torseétrangléà lataillechezdouxsujets
quin'auraientjamaisportéde corset.
C,D, E et E'. Troisexemples de torsed'unevenuetaille
carrée.
43. MESIIUÎE SUPÉRIEURFÉMININ 253
A.Vueantérieure.
B.Vuelatérale.
C.Vuepostérieure.
41. MEMIMIE SUPÉRIEURMASCULIN 26t
A.Vueantérieure.
B.Vuelatérale.
C.Vuepostérieure.
45. MliMRRE SUPÉRIEURMASCULIN KNATTITUDE
' DESUPINATION, 1115
PHONATION ETI1EFLEXION 269
S. Supination.
I). P. Denii-pronalion.
P. Pronalion.
A.A?ueantérieure.13.Vue postérieure.•• Vue latérale.
I).Flexiondu coudeavecavant-brasen supination, en
dcmi-pronaliou, en pronalion.
— 46.—ME.MIIRI: SUPÉRIEURFÉMININ 279
Relation: A. Supinationforcée,altitudespécialeâ la
femme.H.Supination, hyperextonsion du coude.C.Dcmi-
pronaliou.I).Pronation. E. Pronalion forcée.
F. Jlyperextension du coudedansun mouvement de sup-
plication.G.olJ. Ilyporextension ducoudechezunpro-
fesseurdeboxe.11.Id. chezunathlètefaiseurdepoids.
— 47.— MEMUIUÎ SIIPÉIIIEUH
FÉMININ 283
Mouvements de circuindiiclion du coude, le membre
étenduet lamainfixéesur,unplanrésistant.
EnAle membreest en demi-pronation, la mainappuyée
solidement sur le bordd'unetable.En 13lecoudeexé-
cute un mouvement, de rotationen avantqui portela
saignéeendehorscommedansla supination forcée.EnC
la rotationdu coudese fait en sensinverseet porte
l'olécraneeudehorscommedansla pronalioncomplète.
En D,Eet F lemêmemouvement du coudes'exécute,le
membreétantdansla supination.
— 48.— QUELQUES DESSINSRELATIFS ALAMAIN.. ..- 287
Mainféminine.A, B.Vue dorsale.Présence desfossettes
au niveaudes diversesarticulations. C. Paumede la
main dontlesplis dessinentassezbienl'Mmajuscule
renverséedontlesdeuxjambagesextrêmessontformes
TABLE DES PLANCHES 377 .
Pagps.
parlepli du pouceet le pli desdoigts,pendant.que leV
centralestréalisépar les deuxplis accessoires. D,E,F.
Poingfermésansmouvementd'oppositiondu pouce,
suivantl'habitudedela femme.
Maind'homme.G. Mouvement d'oppositiondu pouce.
11.Poingferméavec'opposition du pouceseul.J. Oppo-
sitionsimultanée du pouceet des deuxderniersdoigts.
K. Poingferméavecopposition du pouceetdesderniers
métacarpiens. L. Poingsansopposition du pouceà la
manièredece qui a lieuchezlafemmeF.
49.— MmutinsINFÉRIEUR
PLANCHE J.. 293'
Axes.Aplombs ndrmauxet variétés.
Chezl'homme:
RectitudeabsoluedesaxesdofaceAetdoprofilB.
Genouxportésen dehorsE.
Jlyperextension du genouV.
Chezla fc.iumc : .
RectitudedefaceC et doprofilI).
GenouxendedansG.
11vperextonsion du genou11.
— 30.—QUELQUES EXEMPLES H'APLOMIIS
VARIÉS DES MEMBRES INFÉRIEURS
DANS L'ART ETDANS LANATURE 297
A. llyperextension du genou.Dessinde Signorelli.
B. Id. l'erscedeBenvenuto Cellini.
C. Id. Chezunojeunetillede!4ans.
I). Ul. Chezunjeunehomme.
E. Genouperléen dehors.Anlinoiisdu Belvédère (statue
grecque).
F. Id. DessindeLéonarddeVinci.
G. Id. Chezun jeune homme bien
musclé.
11. Id. Chezun athlète.
— 51.— MEMRRE INFÉRIEUR ' 305
Membre inférieurféminin.
A.Vueantérieure.
13.Vuelatéraleexterne.
C.Vuepostérieure.
— 52.— MEMBUE INFÉRIEUR 309
Quelques exemples de genouxfémininschezdeuxsujets.
Les figuresA. 13,G,D appartiennent à l'un des sujets
et les liguresE, F, G, H,à l'aulre.Surlouscesdessins•
les caractèresfémininsdugenousonttrès marqués.On
peutobserveren ell'etla rotulepetiteencadrée desquatre
reliefsdécritspage303et dontl'un, le latéralexterne
supérieur,dûà un petitamasgraisseuxlocalisé, semble
378 ANAT0M1EARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
Pages,
bien spécialà la femmeet constitueà luiseulun des
caractères dislinctifs
du genouféminin. (C,E et F), pen-
dantquelerelieflatéralinternesupérieur muscu-
d'origine
. laire,si caractéristique
chezl'homme, apparaîtégalement
ici, maisdiminuéde volume.Quantauxdouxreliefs
inférieursdus aux pelotonsadipeuxsous-rotulicns,'ils
existentdansles deux sexes,maisilsrevêtenticides
caractèresspéciauxoccasionnés par une plus grande
abondance de graissedanstoutela région.
53.— MEMBRE
PLANCHE INFÉRIRUH 313
Autresexemples degenouxféminins.
L'intérêtdo celteplancheestdo montrerentreun genou
essentiellement fémininA et D et un genoumasculin
Het.J nettement desformesintermédiaires
caractérisé,
appartenant à dessujetsféminins et réunissantlesdeux
sortesd'attributs.AinsienBet,C sontfiguréslesgenoux'
d'unejeunefemmeparticulièrement musclée.En13ces
genouxsontau repos,pendantqu'enC le quadriceps est
contracté. Or,dansl'uncomme dansl'autrecas,onpeut
remarquerque ces genoux,remarquables par ledéve-
loppementdu reliefmusculaire, n'ont pourainsidire
plusriendeféminin parsuitedel'absence dureliefgrais-
seux supérieurexterne.Dansl'autreexemple, aucon-
traire,F et Gmontrantlesdeuxgenouxdanslastation
hanehée,l'un G légèrement llô.chi,l'autreF étenduet
relâché,appartenantau membreportant,les doubles
caractèresapparaissent nettement, bourreletmusculaire
sus-rolulienbiendéveloppe etreliefgraisseuxsupérieur
externebien apparentet parfaitementdistinctde la
sailliedol'extrémitéinférieureduvasteexternesituéun
peuplushautet quis'enséparenettementsi lemuscle
vientà se contracter,ainsiqu'ilest figuréenE.
Le genouH et ,1 appartientà un vieillardtrès musclé.
11estsecet lapeau,entièrement dépourvue degraisse,a
perdudesonélasticité. C'estcelleperled'élasticitéquiest
lacausedesplismultiples quiapparaissent danslarégion
sous-rotuliennelorsdurelâchement duquadriceps et au-
dessusdelarotulelorsquece muscleest énergiquement
contracté.
— 54.—MEMUHE INFÉRIEUR , 321
Membre inférieurmasculin.
A.Vueantérieure.
B.Vuelatéraleexterne.
C.Vuepostérieure.
— 55.—MEMBRE INFÉIUEUU: • 329
Genoumasculin.
A.Enextension danslerelâchement musculaire.
TABLE DES PLANCHES 379'
Pages.
B.Id. dansla contraction du quadriceps.
C. En flexionà angledroit.
D.Id. à-angleaigu.
56.— M'EMBUE
PLANCHE INFÉRIEUR- 333
Genouxà diversdegrésdeflexionchezl'hommeet chez
la femme.
A.Flexionà angledroit,homme.
B. — femme.
C.Flexionà angleaigu,homme.
D. — femme.
— 57.— PIEU - '.. 339
A,13,C,D,E, F. Pied sousdiversaspectsd'unmodèle
bien conformémais âgé de 35ans.L'afi'aissemenl dos
formes,qu'entraîneun peud'embonpoint, setraduitau
piedpar un légerempâtement, des malléoles.Leseul
défautde ce pied consistedans l'incurvationlatérale
légèredu quatrième orteil.Onremarquera l'espaceinter-
digitalentrele grosorteilet le deuxième, et la direction
desorteilsvusparleurfacedorsale(F).
G.Plantedu pied.
II. Piedd'unpaysanquin'a jamaisportédochaussures et
présentaitl'éloigneinent do terre du cinquième orteil,
commecelasevoittrèsfréquemment surles statuesanti-
ques.
— 58.—LIGNES DISCONTRASTE ETLIGNES D'ENVELOPPEAUMEMBRE SUPÉ-
RIEUR ETAUMEMBRE INFÉRIEUR 347
— 59.— GROUPE ENMARBRE (Appari.ienlà la Villede Paris).SALON
DE1914 355
Vueantérieure.Lestroisfemmesreprésentées ici corres-
pondentauxtroistypesdilfércnls quiont prévaluà trois
grandesépoquesdel'Art: l'Antiquité, la Renaissance et
les tempsmodernes, ainsiqu'entémoignent les oeuvres
desartistes.Cestypescrééspar l'Artretrouventencore
aujourd'hui leursmodèles dansla nature,,avec des traits
atténuéspeut-élre, disséminés 'chezplusieurssujetsmais
néanmoins suffisamment Peut-être
caractérisés. lespages
quiprécèdentaideront-elles lesartistesà lesreconnaître
clà lesmieuxapprécier.
La figuredu milieu,femmeantique,présenteles formes
simples,harmonieuses et justementpondéréesqui eu
fontcommelanormedol'idéalféminin. Lesdeuxautres
s'en éloignentdans un sens diamértalement opposé;
c'estainsiqu'onpeutconstater,au milieu,desépaules
rondos, puissantes,à bonnehauteur,pondantqu'à
gauche,elles sont pendanteset à. dwiitepresqueen
porte-manteau; la poitrine,biendéveloppée au milieu,
380 ANATOM1E
ARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
Pages,
est pluspauvreà gaucheavecde petitsseins,pendant
qu'à droite,si lesseinssontplus volumineux., ilsrepo-
sentsur un thoraxmoyen;le ventre,modérément sail-
lantdemêmequelepubis,correspond, sur la figuredu
milieu,à un bassinmoyennement incliné,pendantqu'à
gauche,le ventreet le pubistrès saillantssont l'apa-
nagedu bassindroit et qu'à droite,au contraire,le
bassininclinéentraînel'aplatissement du ventreet la
rentréedu pubisentrela racinedescuisses.
Aumembreintérieur,,l'opposition persiste.Surlajambe
portante,le genouesttrès légèrement lléchiau milieu,
en hyperex tensionà gaucheetdanslarectitude à droite.
Lesextrémités, mainset pieds,ont également lescarac-
tèresde l'époqueclil n'y a pas lieud'insistericisurles
attitudes,les physionomies et les attributsdestinésà
compléter l'ensemble.
l'expression.de
60.— VUE
PLANCHE POSTÉRIEURE DU MÊME GROUPE •. 359
Cellevue montredes exemples, au milieu,dudos plein,
à droite,dudosro'nd,et, à gauche,du doscreux.L'in-
clinaison variéedu bassinse traduitenarrièrepar une ,
orientation de la surfacesacrée.Trèsinclinée
différente
à droite,moyenneau milieuet presqueverticaleà
gauche,et.par une accentuation diversedu pli fessier
très accuséà' gauche,presqueofi'acéà droiteet d'un
dessinintermédiaire anmilieu.
61.•—A'UES LATÉRALES DUMÊME GROUPE 363
Cesdeux vues de profilqui montrentsousun autre
aspectlescaractères déjà,signalés,ontsurtoutpourbut
de mettreen valeurles deuxfigureslatéralesdontle
rapprochement permetainsidomieuxsaisirlaconstante
opposition.
TABLE DES FIGURES

Pages..
1. —Schémad'unetête d'adulteA el d'unetètedebébéB.Une
FIGURE
lignehorizontale poinlilléepassepar le milieudela hau-'-
leur desdeuxligures 27
— 2. —Schémadel'enfantauxdifférents âges.Touteslesfiguressont
ramenéesà la mômehauteurqu'unelignehorizontale dis-
continuepartageen deuxpartieségaies.Les chiffresdu
haut indiquentles années:ceuxdu bas, le nombre-des
fêtes comprisesdansla hauteurdo latailleà 1, 4, 9, 16
el 25ans 28-29
— 3. — Crânede vieillardAet crânedenouveau-né B 42
— 4. — Bassinsouverts el, bassinsfermés.A gauche,bassins
d'hommeA. 15.A droite,bassinsdefemmeC.D. Enhaut,
bassinsfermésA,C: en bas,bassinsouverts13,D 53
— 5. — Positiondusacrumparrapportai!bassin.A,positionmoyenuo;
13,Sacrumgautplacé;C, Sacrumenfoncédansle bassin;
d'où il résulte,dansles trois cas, une hauteurdu flanc
différente,ainsi qu'onpeut,s'en rendrecompte,sur ces
schémas,par l'intervallequisépareladernièrecôtedola
crêteiliaque.Unelignepoinlillée horizontale
passesurles
troisfiguresanmêmeniveaude l'oscoxal 55
— 6. — Diamètres transversesdu.torsechezl'homme etchezla l'uni
me.
Lestraitsdiscontinus indiquentlesdiamètresdela racine
desmembres,diamètrebi-huméral cl diamèlrebi-trochan-
térien.Lostraits en pointilléindiquentlesdiamètrespris
sur le squelettedu tronclui-même, diamètrebi-acromial
el diamèlrebi-iliaque interne.Cesdernierscirconscrivent
un trapèzequia été légèrement, teintéde gris 63
— 7. — Coupeverticaled'unpli dola peau,d'aprèsune planchemu-
raledessinéepar le docteurChicotol 76
— S. •—Bourrelet graisseuxdu flancchezl'hommeel chezla femme. 81
— 9. — Sléatopygie dosllotlenlotcs.A, 13,mêmesujetvu par der-
rièreet de profil; C, sujetplusjeune,doprofil 91
— 10.—•Epaisseur dupannicule adipeuxan membresupérieuretà la
cuissechezla femme.Leschiffresindiquentcetteépais-
seur en millimètres que la forcedu trait noirreprésente
approximativement, 92
382 ANAT0M1EARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
Pages
11.— Variationsdu profildes hancheset des cuissessuivantla
FIGURE
prédominance de la localisation graisseusesous-trochanté-
rieuneA.oula prédominance decelledeshanches B.Dansles
deuxfigures,la silhouette de l'écorchêestla même 97
— 12.— Topographie morphologique comparée de l'hommeel de la
femme(planantérieur) 111
— 13.—Topographie morphologique comparée de l'hommeet dela
femme(planpostérieur) 115
— 14.— Cettefiguremontrele globeoculairedécouvert endehorspar
le rebordorbilaireexterneplacéplus en arrièreque les
autresrebords • ;... . 122.
15.— Globeoculaireenchâssé dansl'orbite 122
— 16.— Globe oculaireentouré dequelques-uns desmuscles quiservent
à le mouvoir,avecla glandelacrymale placéeeuhauteten
dehors(vue supérieure). La paroisupérieure del'orbitea
étésectionnée.Unelignetangenteauxrebordsorbitaires
interneet externemontrecommentle globeoculaire, pro-
tégéparailleurs,se trouvedécouvert endehors 122
— 17.— Cartilages tarses 123
18.— Paroiobturantcomplètement la basedel'orbite.Celleparoi
estforméeaucentreparlescartilages tarses,à la périphérie
par lesligaments larges.Asa surface,lespartiesfaiblespar
oùpourroutseproduire lesherniesgraisseuses sontteintées
denoir 127
— 19.•—Structuredes paupièrescomposées de troiscouches: une
coucheprofondeforméedes ligamentslargesattachésau
reborddel'orbiteelauxtarses(ennoir),unecouche superfi-
cielle,lapeau(engris)etunecoucheintermédiaire (enclair)
où le pointilléindiquela sectiondu muscleorbilaire. OEil
fermé • 131
— 20.— Mêmecoupeque dansla figure19,l'oeilouvert.Lepointillé
indiquele bordexternedel'orbiteet le dessindesbords
des paupières 131
— 21.— Plisdespaupières 132
— 22.—Rapports dol'oeilavecle globeoculaireetla basedel'orbite
indiquéson pointillé 135
— 23.— Conformation du nez 139
— 24.— Cartilages quicomposent le squelettedunez 139
— 25.— Conformation deslèvres.Rapportdola boucheaveclesdents. 144
— 26.— Rapport delaboucheaveclesdents(profil) 144
— 27.— Plisdelaface 146
— 28.—Pavillonde l'oreille 148
TABLEDES FIGURES 383
Pages.
29.—Quelques
FIGURE exemples demauvaiseconformation du pavillonde
l'oreille.
A.Oreillenonourlée.
B. Bordure inégaleet aplatie.
C.Lobuleadhérent.
D. Conquetraversée.
E. Lobulenul.
F. Lobulehypertrophié 149
— 30.— Diagramme dela face(D'après le professeurLanferi) 149
— 31.— Schéma du torsede l'homme (typeIhoracique) etdu torsede
lafemme (typeabdominal). Bassinmoycnneinentinclinè, un
peupluschezlafemmequechezl'homme 151
— 32.—Assisesanatomiquos dusein 167
— 33.— Thoraxinfuiidibuliformo chezun vieillard 171
— 31.— Discordance entrele sillon,inférieurdu flancet la crête
iliaque 184
— 35. —Anatoniic duflanc.Coupeverticaletransversale par le milieu
dela crêteiliaque 185
— 36.— Fossetteslombaireslatéraleschezl'hommeA cl chezla
femmeB. Anglesacré,aiguchezl'homme,droitchezla
femme 201
— 37.—Superposition schématique desreinsde l'hommeet de la
femme.Lasilhouettemasculine a été Leinléede gris.La
silhouette féminine a été marquéedogrostrailspleins.... 202
— 3S.—Schéma, de la formedu plidol'ainedansle bassinouvert
et dansle bassinferméchezl'hommeet,chezla femme.
A.C.Bassinsfermés,plido l'aineoblique,ondulé,descen-
dantjusqu'aupli crural,angleinguinalouvert,hauteurdo
l'aine.
B.D.Bassinsouverts,plidel'ainemoinsoblique,secon-
tinuantavecle pli sus-pubien, angleinguinalplusfermé,
brièvetédel'aine 211
— 39.— Plisdel'aine.chezlafemme 213
— 40.— Sectionverticalecl transversale delahanchechezla femme.214
— 4t. — Altitudehanchée 215
— 42.— Anatoniic de la l'esse.Discordance du pli fessieretdu bord
inférieurdumusclegrandfessier .......' 220
— 43.— Analomie du plifessier.Sectionautéro-postérieuro suivantla
ligneA13,montrantlestrousseaux fibreuxquiserendent-de
lalaceprofonde dela peauà l'ischionet fermantainsipar
enbasla pochefibro-eutanêc danslaquellesetrouventcon-
tenustemusclefessieretla graissede la région 220
— 44.— Plifessierdansla stationhanchée 221
— -45.—Région fessièrechezunsujet,jeuneclchezunevieillefemme.225
384 ANA'ÏÔMIEARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
Pages.
46.— A. Membresupérieurdo jeune fille.B. Membresupérieur
FIGURE
d'hommemusclé.C. Superposition des profilsdes figures
Aet Bavecl'indication de l'axedesdifférentssegmentsdu
' membre. 251 ,
(Vueantérieure. )
— 47.— A. Membresupérieurde jeunefille.B. Membresupérieur
d'hommemusclé.C. Superposition des profilsdes figures
Aet B.(Vuepostérieure.) 258
— 48.— A. Membresupérieur,de jeune fille.B. Membresupérieur
d'hommemusclé.C. Superposition des profilsdesfigures
Aet 13.Axedu membre.(Vuelatéraleexterne.) 263
— 49.—A. Plisdu poignet,dela.mainet des doigts.B. Longueur.
relativedes doigts,formuledes ateliers 274
— 50.—Complément de la planche49. Aplombsdéfectueux, genoux
en dedanschez l'hommeA, genouxen dehorschezla
femmeB 300
— 51.— A. Membreinférieurde jeune fille. 13.Membreinférieur
. d'hommemusclé.C.Superposition desprofilsdesfiguresA
et B. (Vueantérieure.) 303
— 52.—A. Membreinférieurde jeunefille. B. Membreinférieur
d'hommemusclé.C.Superposition desprofilsdesfiguresA
et B. (Vuepostérieure.) 311
— 53.—A. Membreinférieurde jeune fille. B. Membreinférieur
d'hommemusclé.C. Superposition dosprofilsdesfiguresA
et 13.(Vuelatéraleexterne) 315
—. 54.— A. Membreinférieurde jeune fille. B. Membreinférieur
d'hommemusclé.C. Superposition desprofilsdesliguresA
et B.(Vuelatéraleinterne.) 318
— 55.— Lesdeuxarcsdela voûtedu pied. 336
— 56.— A. Piedantique(Fauneà l'enfant)montrantle talonà dou-
ble étage.B.Talonà doubleétage dansla nature.Serait
produit,d'aprèslo docteurLebourcq, parle renversement
du calcanéum qu'accompagne lopiedcreuxaccentué.
Le tendond'Achille,indiquéen pointillé,s'attacheà la
moitiéinférieurede la facepostérieuredu calcanéum et la
partiesupérieuredecelleface,soulevant, letendond'Achille
au-dessusde son insertion,deviendraitla causedurenfle-
mentsupérieurdu talonà' doubleétage 337
— 57.—Direction desaxesdesorteils.Leurlongueurrelative 341
— 58.— Angledela voùleplantaire.A,piednormal,115»;B,pied,cam-
bré,110»;C,piedplat, 120» 342
. — 59.—.Empreintes du pied: très cambré,A; cambré,B; plat, C;
très plat,D '...•: 343
— 60.—Dessinde Michel-Ange (Venise),montrantsur les membres
inférieursles lignesd'enveloppes.. 349
— 61.—Lignesd'enveloppe des diversesparties du corps(d'après
Lanteri)..........'........ .- - 350
TABLE DES MATIERES

Pages.
AVANT-PROPOS I
CARACTÉRISTIQUES OSSEUSES
1. P11O1'ORT10NS.
Proportionsdel'homme 1
Proportionsdola femme 7
Proportionsdel'enfant 26
il. — CONFORMATION SPÉCIALEDES P.IU
NCIPALES PARTIES
DUS0UELETTE.
'
Tête 37
Colonnevertébrale 43
Thorax 44
Bassin 49
Bassinouvertet bassinfermé 53
'Positiondu sacrum 55
Orientation dubassin 59
Diamètres'transverses
dutorse 61

CARACTÉRISTIQUES GRAISSEUSES
Localisation
gaaissensede la fesse 77
Bourrelet
graisseuxduflanc -. 81
graisseusedel'abdomen
Localisation .". .82
— dela régionmammaire 83
— cerviéo-dorsalo 83
Masseadipeuseprépubienne, 83
Localisation
graisseuse
post-deltoïdienne 87
— sous-trochanlérienne 87
dela graissesur les membres
Répartition '.'. 91
CUTANÉES
CARACTÉRISTIQUES
Dela peau! 99
Despoils ,...'.._ 103
20
386 ANAT0M1EARTISTIQUEDU CORPSHUMAIN
Pages.
FORMESEXTÉRIEURESDES RÉGIONS
TÈTE'
Front ! 117
Sourcil ' -. 12f
OEil 122
Orbite 122
Paupières , 123
Portioncentraleoularsaledes paupières 131
Plispalpébraux 133
Portionorbilaireoupériphériquedespaupières 134
Globeoculaire .. 137
•Nez i 38
Bouche 143
Menton 145
Tempe ,. 146
Joue • 147
Orcillo 148
TOBSE
Cou -. 151
Poitrine 163
Épaule 175
Aisselle : ' 177
Ventre i 78
Flanc 184
Dos '...: 1H3
Reins 197
Pubis : - 207
Aine 207
Hanche : '..' 214
Fesse '.• 219
DEQUELQUES VARIÉTÉSDELAFO11 ME il' ENSEMI!
LEDUTOBSE
TypeIhoracique masculin ' 229
Typeabdominal masculin. 229
Typeihoracique féminin 2211
Typeabdominal féminin 233
Typeà bassininclinéel typeh bassindroit 231
Torseà tailleettorsed'unevenue. 246
MEMBRESUPÉRIEUR
MEMliRE.SUPÉ11
IEUHFÉM1NIN
Vueantérieure..." 250
Vuepostérieure .- ' 257
Vuelatéraleexterne 259
TABLEDES MATIÈRES 387
Pages.
MASCULIN
SBPÉ'UIEUn
MEMBRE
Vueantérieure -. 264
Vuepostérieure ' 266
Vueexterne -. 266
Attitudesdepronationet de supination 267
Atlitudos
deflexion 272
Dela-mainet desdoigts '.- 274
Doigts 275
M0UVEMENTS -
Mouvement derotation •.... 281
Flexionet extension
du coude 281
Mouvements du poignet - : 285
Mouvements d'opposition 2S9
Mouvements desdoigts.—Poingfermé 289
MEMBREINFÉUIEUR
Axedumembreinférieur 291
Membreinférieurdojeunefille 301
Vueantérieure , 302
Vuepostérieure 307
Vuelatéraleexterne 3-1
a
Vuelatéraleinterne.. : 317
inférieurd'athlète
.Membre 318
Vueantérieure 319
Vuepostérieure ; 324
Vuelatéraleexterne 326
Vuelatéraleinterne 327
Genouen altitudede flexion • B31
Pied 335
typesdemembres
Quelques inférieursféminins 343
QUELQUESOBSERVATIONS SUR LE DESSIN
DES FORMESEXTÉRIEURES
"
Lignesdecontraste,lignesd'enveloppe I •-345
APPENDICE
A proposdu groupeTrèsinunadeM.PaulRicher,;par-.Honri
Meige 353

—TÏP.PI.0N-N0URR1T
PARIS. ETC'"s'%S^iIU —24015.
RA'%li'Êin2.