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Noël en France

Noël est une fête d'origine romaine célébrée chaque année, majoritairement la nuit
du 24 décembre et la journée du 25 décembre, et pouvant avoir une
signification culturelle et/ou religieuse. En tant que fête chrétienne,
elle commémore la naissance de Jésus de Nazareth.
Avant la christianisation de l'Occident, une fête appelée Dies Natalis Solis Invicti,
« jour de la naissance du soleil invaincu » avait été fixée au 25 décembre par
l'empereur romain Aurélien en 274, comme grande fête du culte de Sol Invictus (le
soleil invaincu). Aurélien choisit ainsi une date proche du solstice d'hiver,
correspondant au lendemain de la fin des traditionnelles Saturnales romaines mais
aussi au jour où la naissance de la divinité solaire Mithra est fêtée. Aurélien souhaite
en effet unifier religieusement l'empire, en choisissant cette date il contente les
adeptes de Sol Invictus et du culte de Mithra tout en plaçant la fête dans la
continuité des festivités traditionnelles romaines.
La première mention d'une célébration chrétienne à la date du 25 décembre a lieu
à Rome en 336. Le christianisme devient ainsi à son tour un des cultes et religions
de l'Empire romain célébrant une festivité pendant cette période de l'année.
L'anniversaire de la naissance de Jésus étant inconnu, il est très probable que le 25
décembre ait été choisi afin d'adopter les coutumes liées à cette date « en leur
donnant un sens nouveau ». D'autre part, selon certains8, il est possible qu'un texte
attribué à Hippolyte de Rome en 204 ait inspiré le choix de la date.
La célébration de Noël en tant que jour de naissance de Jésus de Nazareth a conduit
à la christianisation progressive de certaines traditions liées à la fête de Sol Invictus.
À la suite de l'édit de Thessalonique interdisant les cultes païens, la fête de Noël
chrétienne (du latin Natalis) devient l'unique festivité romaine a pouvoir être
célébrée le 25 décembre et se diffuse dans l'empire dont le christianisme est devenu
l'unique religion officielle. Après la chute de l'Empire romain d'Occident, la fête
de Yule est remplacée de la même manière lors de la christianisation des peuples
germains et scandinaves. Noël devient une des fêtes chrétiennes les plus
importantes durant la période médiévale et est diffusée dans le reste du monde lors
de la colonisation et de l'occidentalisation contemporaine. Néanmoins, sa célébration
n'étant pas exigée par des sources bibliques et conservant toujours de nombreux
éléments païens, elle est rejetée par certains groupes chrétiens comme les Témoins
de Jéhovah, l'Église de Dieu restaurée, ou les Églises chrétiennes de Dieu (Christian
Churches of God).
Aujourd'hui, la fête de Noël s'est fortement sécularisée et n'est plus nécessairement
célébrée comme une fête religieuse. Le jour de Noël est férié dans de nombreux
pays ce qui permet le regroupement familial autour d'un repas festif et l'échange de
cadeaux. Le second jour de Noël (26 décembre) est également un jour férié dans
plusieurs pays du nord de l'Europe (Pologne, Royaume-Uni, Pays-Bas, pays
scandinaves) ainsi qu'en France, dans les trois départements du Haut-Rhin, du Bas-
Rhin et de la Moselle. Cela permet également la participation aux messes de
Noël pour ceux qui célèbrent la fête sous sa forme religieuse. Après Pâques, Noël est
en effet la deuxième fête la plus importante du calendrier liturgique chrétien. Noël
est une des trois Nativités célébrées par l'Église catholique, les deux autres étant
celle de Jean le Baptiste, le 24 juin, et celle de Marie, le 8 septembre.
La période entourant Noël est appelée « temps des fêtes » au Canada francophone
et « fêtes de fin d'année » (ou plus simplement « les fêtes ») en Europe quand on y
inclut les célébrations du Nouvel An. Depuis le milieu du XXe siècle, cette période
perd son aspect chrétien tout en maintenant vivante la tradition de la fête. Dans cet
esprit, Noël prend une connotation folklorique, conservant le regroupement des
cellules familiales autour d'un repas et l'échange de cadeaux autour du sapin
traditionnel. Hors des foyers elle donne lieu à l'illumination des rues, maisons et
magasins et à l'organisation de marchés de Noël. C'est également une période
importante sur le plan commercial.

Origines
Bien avant l'apparition du christianisme, l'époque du solstice d'hiver était déjà une
période charnière de l'année, qui regroupait de nombreuses croyances
païennes relatives à la fertilité, la maternité, la procréation et l'astronomie. Elle
donnait donc lieu à de nombreuses manifestations. Ces traditions antiques ont de
nombreux points de similitude avec la fête chrétienne.

Arbres de Noël
Deux types d'arbres de Noël sont aperçus : les arbres de Noël privés (généralement
internes aux entreprises) et les arbres de Noël publics. Les arbres de Noël privés
sont généralement composés de spectacles, et d'animations mettant en scène des
protagonistes déguisés : Des lutins de Noël, la mère Noël, le Père Noël… Les arbres
de Noël publics sont différents : un sapin de Noël de grande taille à proximité
d'un marché de Noël avec, parfois, un Père Noël qui accepte de poser pour des
photos.

Père Noël
Chargé d'apporter des cadeaux, il est représenté comme un vieil homme pourvu
d'une longue barbe blanche et d'une houppelande rouge. Cette image est
accompagnée de tout un folklore : traîneau volant tiré par des rennes, lettre de
demande de cadeaux à son intention, son sac rempli de jouets, etc.
Ce personnage est notamment popularisé par Charles Dickens et ses cinq Livres de
Noël, dont la publication du premier, Un chant de Noël (A Christmas Carol, dans sa
version originale), remonte à 1843. La première mention du « père Noël » en
français est trouvée en 1855 sous la plume de George Sand. Une de ses premières
représentations date de 1868, dessinée par Thomas Nast pour Harper's Weekly. À
l'origine le personnage est habillé soit en vert soit en rouge, au gré de la fantaisie
des illustrateurs.
S'il est inspiré du saint Nicolas chrétien, notamment par ses habits, il peut également
être assimilé à Julenisse, un lutin scandinave qui avait la même fonction à la fête de
la mi-hiver, jul, en norvégien, (ou « Jol » ou « Midtvintersblot » correspond au
solstice d'hiver) et aidait aux travaux de la ferme.

Cadeaux
Les présents s'échangent le jour de Noël avec les personnes réunies sous le même
toit, et dans les jours qui suivent avec la famille et les amis proches. Ces cadeaux
sont bien emballés dans des papiers aux motifs colorés. Ils sont ouverts le matin de
Noël, ou parfois à la fin de la veillée de Noël. Pour les enfants, ces cadeaux sont
essentiellement des jouets et Noël est la période où les marchands de jouets
réalisent l'essentiel de leurs ventes.
La tradition de faire des cadeaux se maintient hors de tout contexte chrétien. Gérald
Berthoud, professeur d'anthropologie culturelle et sociale à l'Université de Lausanne,
l'explique ainsi : « La période de Noël, qui est très chargée cérémoniellement,
possède une certaine intensité rituelle. Même si nous vivons fondamentalement dans
une société marchande, il y a dans [l']échange de cadeaux [à Noël] quelque chose
qui est de l'ordre du don et qui est universel dans son principe : ils créent,
maintiennent et consolident des liens ; ils constituent en quelque sorte une matrice
du social. »

Décorations
Présentes, aussi bien à l'intérieur des habitations que dans les rues, elles donnent un
air de fête. Elles sont souvent lumineuses pour pouvoir être allumées dès la nuit
tombée.
Le sapin de Noël, toujours présent à l'intérieur des habitations, est chargé de
décorer et de regrouper les cadeaux de Noël dans les familles. La plus ancienne
trace écrite en rapport avec une tradition d'arbre de Noël viendrait d'Alsace :
à Strasbourg en 1492 ou à Sélestat en 1521, voire en Allemagne. Certains auteurs
font le rapprochement avec les mystères, pièces de théâtre jouées dans les églises
ou sur les parvis : au temps de Noël, on représentait les récits bibliques de la
Création du monde, et un sapin figurait l'arbre de vie planté au milieu du paradis
terrestre. Cet arbre était décoré d’oblatas (offrandes, petites friandises figurant les
hosties), et de pommes représentant le fruit défendu, objet du premier péché.
Cependant, la tradition d'un arbre décoré est beaucoup plus ancienne puisque
les Celtes décoraient déjà un arbre, symbole de vie au moment du solstice d'hiver94.
Les Scandinaves faisaient de même pour la fête de Jul, qui avait lieu à peu près à la
même date que Noël. L'installation de cet arbre sera d'ailleurs considérée comme
une pratique païenne jusqu'au milieu du XXe siècle par l'Église catholique. Interdit
en URSS dans le cadre de la politique antireligieuse d'État, le sapin de Noël est à
nouveau autorisé par Joseph Staline à partir de 1934, mais à condition d'être dressé
désormais pour célébrer le Nouvel An.
En France, cette tradition d'abord confinée à l'Alsace est popularisée par
les Alsaciens émigrés vers la « France de l'intérieur » après la guerre de 1870.