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Traité de la viole , qui

contient une dissertation


curieuse sur son origine. Une
démonstration generale de
son manche en [...]

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Rousseau, Jean (1644-1699). Traité de la viole , qui contient une
dissertation curieuse sur son origine. Une démonstration
generale de son manche en quatre figures, avec leurs
explications. L'explication de ses jeux differents, &
particulierement des.... 1687.

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TRAITE
DE LA VIOLE,
QUI CONTIENT
Une Dissertation curieuse sur son origine.
jQne Démonstracion generale de son Manche en
< quatre Figures i avec leurs explications.
JL'explication de ses Jeux differents 8c particu-
,
j
lierement des Pieces par accords, & de l'ac.
compagnement à fond.
IDes Regles certaines pour connoÎtre tous les
5
agrémens qui se peuvent pratiquer sur cet
instrument dans toutes fortes de Pieces de
Musique.
La veritable maniere de gouverner l'Archet, &:
des Moyens faciles pour transposer sur toutes
fortes de Tons;
Par JEAN ROVSSEAV> Maître de
Musique & de Viole.
Delneurant rue des Boucheries, proche le Petit Mar-
ché, devant la Barriere, au Soleil d'Or, chez un
Bonnetier, Faux-bourg Saint Germain.
A PARIS,
Par CHRISTOPHE BALLARD, seul Imprimeur
du Roy pour la Musique.
M.DG. LXXX VIL
Avec Privilège de Sa Majejlé.
A MONSIEUR
DE
MAINTE COLOMBE.

0 N SI E eRe

si les obligations
que nom avons à
onfieur Lambert de la perfiElio1Z du
,
hant qui essen u/age en France,
mont fait
« dervoir indispensable de luy dédier
Méthode pour la Musîque, qui ma
en contient
tesfondemens : Cette mefm-- raison, MO N-
S J EFK> m'engage aujourd huy a njoff
faire un hommage de ce
Traité de la Viit.
jour, à celuy de qui
que je mets au comme
Instrument tient toute sa perfection : Ck
chacun fixait que cess à la faveur de vos i:
ftruélions mais particulièrement ce
,
de i
be
Port de main que vous nous avez-, enseign.
surpasse JI
que la Viole avec avantage tous
autres lnflrumens, parce qu
a
elle rereû par
celuy d'imiter parfaitement les ph
moyen,
beaux traits, (e toute la delicatesse du Cha
Tous les Maîtres de lïArt , qui suivent j
dellement les traces que vous nous avez,
heureusement marquées reconnoissent con
,
bien nota vous enOmmes oblige^ Pour moy
M 0 N S 1 E VR je me tiens tres-he
,
de
reux trouver Coccafion de vous en donn
ce témoignage de ma reconnoissance particu
liere ; comme aussi des avantages que
eu d'apprendre de vous tout ce que je peuJ
f
produire pour Instrument dont je traite
Ainiri vous devez, considerer cet Ouvrage;
Ime. un ruisseau qui retourne a Ja Jourcel
#gnezj> MONSlEVR^le recevoirfa-
,irablement ; puis que vous ne l avex^
1
prouvé indigne de <vo(lre approbation, ne
refafè'{.pas la proteElionquil vous de-
nde, en faveur de celuy qui sera toute si
avec un grand refyeffi & une forte paf-
ib,3 *

M O NS I E gRe

Vostre tres-humble & très-


obeïssant Serviteur, *

J. ROUSSEAU.
AVANT PROPOS
On dessein dans cet OLivra
,
n'est pas de faire voir des Abus di
le Jeu de la ^iole ny de don!
des Réglés aux Maures 3
de cet.
tournent ; Car, d'un côté on
roit lieu de me reprocher de vouloir comba .
une chimere ; & de l'autre ce seroit avec
slice qu'on me condamneroit de temeri
%

,
Mais bien-loin d'avoir cette pensce,
ma sei
voue est de faire connaître la perfection duj
de 1 InfirUl1\ent dont je traite & mesi
de faire , en
temps l'éloge des Maîtres, tant de (
luy à qui nous devons cette perfeaion,
que
ceux qui la soûtiennent par leurs productio
agréables & sçavantes, & par la beauté &
tendresse de leur execution C'est
: pourquo1
on doit feulement considerer les Réglés q
fonc contenues en ce Livre,
comme une ij
tou&ion pour les Ecoliers je dire poi
veux
ceux qui veulent connoître à fond tout
5

regarde le Jeu de la Viole &ç qui veulent l'al ce qi


,
rendre par évidence & par raison. Cependant
; ne promets pas que ce
Traité soit si clair &:
;
intelligible, que l'on puisse acquerir l'Art de
iiiier de cét Instrument sans le secours d'aucun
Maître si j'avois cette presomption, je devrois
;
l'attendre que l'on ajoûteroit ces trois mots au
(itre de mon Ouvrage, Nafcetur ridiculus
mm ;
a au moins que l'on diroit que cette promesse
p tendroit qu'à fàvoriser le debit du Livre;
p qui seroit un motif trop mercenaire 8c trop
(teresfé : Mais, au-contraire, je soûtiens qu'il
ï impossible que l'on puisse apprendre à jouer
gulierement d'un Instrument sans le secours
un Maître, & mesme on connoîtra par cét
uvrage la necessité qu'il y a de recourir à ceux
îi enseignent, afin d'apprendre l'exécution &:
pratique des Regles dont je donne la simple
heorie.
Je commence ce Traité par une dissertation
r l'origine de la Viole, par laquelle je fais voir
n ,antiqiuité ses progrés, & les Maîtres qui
it excellé en cét Instrument, & je divise le
)rps de l'Ouvrage en quatre parties. La pre-
Liere contient la maniere de placer la Viole,
)rcer la main,tenir &: conduire P Archet, d'ac-
tder la Viole-, & quatre Figures pour la con-
biflance generale du Manche, avec leurs expli-
citions tant pour les Tons les plus transposez,
,
que pour les naturels La seconde Partie cor. ;
tient l'explication des cinq différents Jeux de J
Viole de leurs carra^eres. oùl'onconnO,L r
, qu'il faut sçavoir, y
tra ce & ce qu'il faut prat £
quer pour s'en acquiterrégulièrement. La tro r
siéme contient des Regles certaines pour connon
tre les principaux agrémens que l'on pratiqua
ordinairement sur la Viole par raportau Champ
& par les mesmcs Réglés, connoîtra où.jf
on
faut faire ces agrémens & quand il les sa
,
faire. La quatrième & derniere Partie enseig
les Règles si importantes du coup d'Archer, d'o
l'on peut dire que le Jeu de la Viole dépe
absolument pour l'exécution juste & facile c
5
tout ce que l'on peut jouer sur cet Instrument,
quoy j'ajoute des Moyens pour transposer toi]
tes sortes de Pieces de Musique à l'ouvertu
du Livre & des modelles pour en faciliter
?
pratique.
Je ne doute point que la nouveauté de' me
Réglés, pour la pratique des Agrémens & d
coup d'Archet, ne trouve d'abord de la conf.
tradition, comme il arrive ordinairement à foui
les choses nouvelles l'on produit dans uj?
tes que
Art, mais je fuis asseuré que ceux qui les exa;
mineront sans préocupation, & que ceux qui lei
metronten pratique les trouveront établies avec
tanç de sétidité, que Çi ils ne les trouvent pas in-i
iillibles, ils avoueront au moins quelles sont
i
générales qu'elles souffrent peu d'exception:
t au regard de ceux qui les contrediront ou
mi en feront mépris s'ils n'approuvent pas
.
doivent
non Ouvrage, ils ne pas se deffendre
c'en approuver le dessein, puis que je n'ay point
u d'autre veuë dans mon travail, que ravance-
aent des Ecoliers &: le soulagement des Maîtres.

R E M A R QU E S.
l'avertis le Le éleurque, si je dis messentimens
xvec liberté dans cet Ouvrage, contre un Avertisse-
went qui a esté donné public depuis quelque temps,
& dont je combats la pluspart des principes ; mon
\kjfein ness pas de faire insulte à personne mais
)
Seulement de défendre les Regles que je donne dans
e T raité, & faire connoître que l'Autheur du dit
\4vertijfement n a pas eu raison d'imputer des Abus
,&a Ieu de la Viole, puis que je fais voir qu'elle est
depuis plusieurs années dans sa plus grande per-
fection.
f avertis encore le Leéleur que la pratique des
"Réglés que je donne en ce Traité, suppose que
Von fiait la Musique,
TABLE
DES MATIERES D'ECE TRAITE'.
iffertation sir £ origine de la riole \
pag. 1.
Les Maijires qui ont excellé sur ch
Instrument, & ceux qui excellent à
. 1U
Premiere Partie.
J.4 mamere deplacer d rio/t, 27.i
La maniéré deporter la main, 2c^i
La maniéré de tenir & conduire l'Archet,
32,,
La maniéré d'accorderla Viole
Des corder & de £ Archtl, ,
^g,
Explication du Manche de la Viole,
Explication du Manche Diatonique
7 xplication du M anche Harmonique
, ^r..
Explication da Manche Chromatique, >

Explication du Manchepour la Tablature 47.


x çj.
oeconde Partie.
Explication des dijfcrents ieux de la Viole & de
leurs CarraÏÏeres, ,
r?
Des Tenues. Ibid.
TABLE
)/t leu de Mélodie *6
)/0 leu d'H armonie,
[u leu de s'accompagner, ^
6S.
u leu de l'accompagnement, 66.
u leu que l'on appelle travailler sur un sajet, 70.
u jeu du dessus de Fiole & deson Carraftere,
, 71.
Troiiieme Partie.
•w Agremens,
_
je la Cadence, yg
il
fpuand fautpratiquerla Cadence
avec ttppuJ, 77-
hglespour l appfty & le tremblement de la Caden-
i ce,
jjtff/fs pourpratiquer la Cadence sans
appuy, 83.
dielespour la pratique dto Portde voix
gr
Règles pour la pratique du Marteûement,. %?\
)\egles pour la pratique de l'd(¡iration
Règles pour 1.1 pratique de la cheute , c)i,3-

Règles pour la pratique de la double ,Cadence, 97."


eu batement, de la langueur & de la plainte,
règles pour la pratique de 1'uni(son 100.
t 102,.
<:e la Tenue 6- de la Lia,isony '
IO
;,es Propriétés des Agrément,
IO.
Quatrième Partie.
egles pour le coup d'Archet
Transposition 107.
>e la. 3

iodelie de r
d'un degré Plus bas,
,
d'un degré plus haut &
7-ranfPositions
s
r

11.0.
Modelk de Transpositîons à une Terce plus haut O
dï une Tierce plu* bas 130,
,
ModeUelie de Transpositîons dunt Quarte
plus h/JUJ
(1- d)une Q^arie plis bas H1-
,

% I N-.

1
Extrait du Privilege die Roy.
Ar grace &: Pri'4ilegè du Roy, il esfc
permis à JEAN ROUSSEAU,
Maistre de Musique & de Viole, de
faire imprimer , vendre & debitet
un Livre, intitulé. Traité de la Viole,
W contient une DiJJertation curteuje jttr jon on-
Dé ,rnongratioz generale deson Manche en
pe ; une
taire Figures avec leurs explications. L'Expli-
rian de ses leux
,
différents, (7particulierement des
à fond.
espar accords, & de [accompagnement
connoître les
les Réglés certaines pour tous
,
igrémens qui se peuvent pratiquer sûr cet In-
hument dans toutes fût tes de Pieces de Mujique ,*
veritable maniéré de gouverner l Archet, à* des
M
Moyens faciles
. four s* r
tran'pojer ¡ur
S*
mues
.
r
Joues J.
uc
défenses font faites a toutes personnes,
ilorii. Er:
quelque qualité ou condition qu'elles soient)
i'imprimer, faire imprimer, vendre & distribuer
me

«dit Livre, sous prétexted'augmentltion, cor-


session, changement de titre, fausse marque ,
autrement, en quelque forte & manière que
Lu
[oit, mesme d'en faire des Extraits en
:e ny étrangers d'en
à
f\.bregez, & tous Marchands
distribuer en ce Royaume, à peine
c.Pporter ny
de trois mil livres d'amende, de confiscationji
Exemplaires contrefaits, & de dépej
dommages & interdis, nonobstant tous
toutes on
lirions ou appellations quelconques &
rant le temps de dix années consécutives à; ce
du jour qu'il fera achevé d'imprimer cc
pter
première fois ; Sa Majesté voulant, qu'en pou
tant au commencement ou à la fin duditl i m
une Copie ou Extrait des Presentes elles foi
tenuës pour bien & deuëment lignifiées, ,
&
foy y soit ajoutée, & aux Copies collationné<
par 1 un de nos Amez & Feaux Conseillers & <
cretaires, comme à l'Original Nonobstant C
;
meur de Haro, Chartre Normande, prise à
yC Lettres à ce contraires. DON N pED-

Verlailles, le vingt-neuvième jour d'Aouf1:,


de Grace mil six sep° 1'/
cens quatre- vingt-
Parle Roy cn son Conseil, BEKTi^Etlfel Sion
du grand Sceau de Cire jaune.
Kegistréfur le Livre de la
Communauté des In
Libraires de, Par" le troisiéme
oé7obi
d'Vri'/uivantI6rJ.
>

huit " Cotir de Parlement., a


AchevéSigné, J.B. COIGNARD, Syndic.
A, pour la
Les Exemplaires portez.
sn t'Originalont .stescur.ù.
1
Fautes qu'il faut corriger.
fage i. ligne 6. conserveZ' mettez conservé*
te 15. ligne 3. de les toucher, mettez de la tou-
):r. Page 19. ligne 13. estoient, mettez estoit.
l't' 18. ligne iy. communiquez,, mettez commu-
jué. 21. 9. le dcffis) mettez, de
[lus. Page 22. 4. montez, mettez monté.
1re 84. ligne 2. de £ exemple de Mujitjfle. D. E.
V. mettez E. D. G. F. Page 88. ligne 18. d'un

is haut. Page 121. a la sin de


,
tifs, mettez d'un temps F. Page 120. au com-
ncement de la dernier ligne. plus bas mettez
la premiere ligne.
s haut mettez plus bas. Page 12,3. a la fin de
(ixiême ligne. plus haut, mettez plus bas.
5
DISSERTATION
SUR L'ORIGINE
DE LA VIOLE.
U o Y QJ^E la Viole nous paroisse un
Insiniment des plus nouveaux, parce
qu'il y a peu de temps qu'elle est esti-
mée en France, & que le Luth, la
iuitarre Se pluiieurs autres Instruments nous
,
;mblenc beaucoup plus anciens ; cependant si
on examine tout ce que les anciens Autheurs
us raportent des Instruments des premiers
mps, de leurs figures , &: de la maniéré d'en
)iier on trouvera que la Viole est un des plus
5
nciens.
Je prouve d'abord son Antiquité par un rai-
fnnement., & je dis que l'objet des recherches
K des inventions des premiers hommes a esso
l'imiter la nature, comme on le fait encore.au-
.ourd'huy &: l'on peut dire que ce penchant a
,
8:si:é une suite de l'ambitieuse credulité de nos
premiers Parens à qui le Serpent ayant promis.
,
que tl-tot qu ils auroient mange du truie défiai
du ils deviendroient semblables à Dieu., s'inu
ginerent qu'ils pouroient creér des mondes^
faire tout ce que Dieu faisoit mais ils se vini
trompez, &; cependant ?
quoy que décheus ç
leurs vaines espérances ils ont conservez un pel
chant dont leurs enfans ont hérité ce qui si
;
que ne pouvant rien faire d'eux-mesmes, j
tâchent au moins d'imiter le naturel des choiT
creées.
Sur ce principe je dis que les premiers hor
mes s 'émane attachez à imiter la Voix humai.
par l'artifice de plusieurs instruments faits de di.
ferentes manieres cherchoient sans doute celi
qui 1 'inilteroit mieux,
5
&: comme on ne peut coi:
t

tester que jamais Insiniment n'en aproché


a c
plus près que la Viole qui ne différé seulemei.
de la Voix humaine qu'en ,
ce qu'elle n'articul
pas les paroles il faut aussi avoiier qu'elle câo
,
des le commencement du monde l'objet de 1
recherche des hommes.
Si nous commençons
par nostre premier Perd
aprés sa creation nous trouverons qu'ayant cst
doüé des plus belles 5
lumieres de l'esprit & de l'a]
«relie du corps la plus parfaire, il possedoit toute]
les Sciences &: tous les Arts dans leur perfection
&: consequemment la Musique,
& la maniere dd
faire les Inslruments les plus parfaits, & d'eij
parfaitement: Et comme la Viole est le
lier
us parfait de tous, parce qu'elle approche plus
lés du naturel qu'aucun autre on peut juger
faire ,
e si ADAM avoit voulu un Instrument, il
toit fait une Viole, &: s'il n'en a pas fait il cil
!;ile d'en donner les raisons. ,
^
Premièrement nous sçavons que le premier
mme fût créé dans le Paradis terrestre, qui
oit un lieu si charmant & si remply de delices,
e toutes les inventions des Sciences& des Arts
auroient plustost diminüé les charmes que de
augmenter , ainsi il ne faut pas demander
*rquoy Adam n'y a point fait d'Instrument.
En second lieu aprés avoir esté chasle du Pa-
)is terrestre il en pouvoit faire, à la vérité 5
,
"11s pouvoit-il le vouloir dans la douleur qu'il
nçeut du malheur où son peché l'avoit réduit,
mage de ce beau lieu qu'il avoit toûjours pre-
1
it à son esprit, ne luy permettait pas de re-*
ercher d'autres plaisirs : De plus l'intemperie
l'air qui luy faisoit sentir la rigueur des Sai-
sis ; & la sterilité de la terre qui ne luy presen-
(tplus que des Ronces & des Chardons, luy
nnoient trop de soin pour songer à son diver-
sement pendant qu'il avoit besoin de pooc-
,
Iir aux necessitez dont son crime l'avoit rendu
trclavc. Ainsi les soûpirs &: les sanglots que luy
lusa la perte qu'il avoit faite, fût la Musique
& les initrumenrs avec leiquels il passa & finit,--f
vie ; & il n'eût point d'autre Chanson à dire q?
celle d'un de ses descendans. Cythara mea veo-
est in luffum, & Organum ?neum in Foccm ûh
tium. **

Les enfans d'Adam qui n'avoientpas joiiy dl


charmes du Paradis terrestre, &: qui ayant ei
conceus dans le péché, efl:oielltnez& avoiel
csté élevez dans la peine commencerent à cher
cher les moyens de l'adoucir,.
par quelque divet
tissement ; mais comme ils estoient aussi
nez dal
l'ignorance que cause le peché originel dans toi
les hommes, ils ne découvrirent les Insiniment
que par succession de temps. (

Selon la plus commune opinion, le Chalumea


sur le premier des Instruments
que les hommci
inventerent, & cette opinion est fondée sur la
son ; car, comme dit fort bien le Pere KIRCHEI rai
Jesuite dans sa Musurgie Universclle,lcs premieif
hommes dans le commencement du monde
noient une vie champêtre & n'avoient point met
d autre occupation la pluspart ,
du temps qu'à gar-i
der leurs troupeaux, ce qui les obligeoit à Cher-.i
cher les bons pâturages, & les lieux marcscaJ
geux ou croissent les Joncs, les Ro[eaux,& autre!
especes de Plantes propres à faire des Chalu-i
meaux, & comme la vie pastorale & champêtre
cst une vie oysive, il est à croire
que les premiers:
ibmmes pour le desennuyer tâchoicnt 0 inven-
ir tout ce qui estoit capable de les divertir.
J Le sentiment du melme Autheur est que les
tftrumcnrs que l'on appelle Pulsatiles, à cause
it'on se sert d'un Ple&re ou Archet pour en ti-
ir le Son, ont esté inventez dans le mesme temps
Ir le moyen des Sons diftèrents que rendoient
|s corps vuides lorsqu'on les agitoit, & parti-
iilierement lors que les premiers hommes s'a-
î3nnerent au mestier des Forgerons ; ce que
:j\usieurs tiennent estre l'origine de la distinction
.Cufi Sons.
1 L'Ecriture Sainte dans le Quatrième Chapitre
e la Gcnese nous fournit une authorité, en fa-
f,.Iùr des opinions cy-dcssus, lors qu'elle nous a f-
œure que JUB AL fût le pere de ceux qui jolioient
jes Instruments : Voicy ses termes. Et nomen
Mirisejm Iubal, ipse faitpater cdnen/ium Cythttrd.
r orgario ; car il est certain que par le mot Orga--
0, il entend une espece de Flûte, mais pour
sythara, on ne peut pas dire precisement quel In-
::rumenr il pouvoir estre , mais feulement qu'on
jn jolioitavec un Ple8:re ou Archet suivant la
-;raduftion des 70 Interpretes, qui porte. Ipse
.:'ititptl/er pulfantium Cytharam. Tout ce que je
,uis dire icy en faveur de la Viole est que la plus-
,art. des Autheurs nous l'ont marqué fous ce ter-
ne de Cjïhara}com.mc nous verrons dans la fuite^
& qu il cst probable que si ce n'estoit pas nt
Viole parfaite, comme il y a de l'apparence, cfc
en estoit au moins les premiers fondemens, (l(
la suite des Siecles a perfectionne : Et quoy
semble que le Déluge universel q i
en ayt deû a.
sevelir la memoire dans ses eaux, il susfir
q<
quatre hommes, leurs femmes, àc leurs enfa
en ayent esté preservez, pour presumer qu'api
le Deluge le souvenir des Instruments qui
SJ
voient esté beaucoup en ufigc, puisque sek
l'Ecriture, les hommes ne cherchaientque ÎCLI
plaisirs ce souvenir, dis-je,
, ne permit pas qu't
fussent long- temps sans en faire & en jouer.
Apres le Déluge les Egyptiens furent les pri.
miers qui 'adonnèrent à la MLisique aux II
s
struments, & le Pere Kirchcr asseure si
que ce
CHAM fils de NOE', & son sils MFSRAIM,qui lei.
en donnèrent l'intelligence, & il est probab;
que cette intelligence tiroit son origine de q
qu'ils avoient veu pratiquer avant le Deluge
mais comme ces raisons ne nous font
pas
noistre precisement que les Instruments des E cor
gyptiens fuRent des Violes il faut voirles Au
theurs qui ont traité des Instruments
,
des pre
miers Hébreux, de leurs figures, &: de la manier
de les toucher, pour connoin:rc
au vray l'anti
quité de la Viole.
Un des plus anciens Ecrivains des Commen*
très des Rabins & des Talmuds est SCHILTE
AGGIBORIM Autheur Hébreu, & trcs-exad:
ns ses écrits, rapporté par le Pere Kircher»
dit que les Instruments du Sanctuaire estoient
[.es de diverses manières & qu'ils estoient au
,
I,mbre de trente-lix, & que ce fût David qui
i)uva les Jeux propres de tous ces Instruments,,
litre lesquels le mesme Autheur dit qu'il y avoic
:s Instruments Pulsatiles, que l'on appelloit
eghinoth ; ils cÍ1:oient faits de bois, leur figure
toit longue & ronde, &: il y avoit plusreurs
DUS
par-dcsTous. Ils cstoient tendus de trois
ordes faites de boyaux d'animaux, &: quand
en vouloient jouer^ ils tiroient le Son des
Lordesavec un Archet lié de crin de queue dc '
heval fort bandé. Voicy le passage comme il:
t rapporté par le Pere Kircher. Neghinotb,
erunt Instrumenta ligne a, longa & rotunda., &
ttta ea multa fora?nina ; tribusj'dibus co.;iflabant
ï wteflinis animaïwm 6" cum nj cileut fonarc eay
,
\debant jîdes cum Arcu compacto ex plis Clludæ-
suin& fortiter aflricHs.
Entre ces Instruments Pulsatiles le mefme-
Lutheur en nomme deux, sçavoir Machtil &c
finnim, qui eu:oicnc faits à peu prés comme des
Violes, suivant le sentiment du Pere Kircher,.
c la figure qu'il nous en donne ; mais il nous,
in démontre un particulièrement qu'il nomme
Haghniugab, que le Pere Kircher anoure aw
cité tout semblable à Tlnslrument que l'on jf*"
pelle ordinairement Viola Gamba, Viole de Jai
be, & cet li,.strument avoit six chordes.
BAPTISTE FOLENGIU5 sur le Pseaume 33. dit y*
r
fitivernent que Instrument que l'on nomrra
ISÎahlum ou Pfaltenum parmy les premiers H
breux estoit ce que nous appelions prc[entelTI(J
Viole & qu'il estoit estimé le plus noble de ta
les Instruments ; parce que quand lessoixantcî '
3

dix'Symphonies qui joli oient de la Trompeté.


des Orgues des Tymbales, de la Lyre& auq
,
Instruments estoient assemblez pour faire ldj
Concert, le Roy seul jouoit de çeluy-cy. if
Joins P,,'alterio: regjo canebat. i
On peut objc&er à cette authorité que Il
a veu des Psalterions dont la figure & le jt:
estoient fort éloignez de lafigure &: du jeu de
Viole, qu'ainsi l'Authcur s'est trompé : m t
on répond qu'il ne faut pas s'arrester aux tern
des anciens, parce qu'ils estoient presque to tf

generiques pour les Instruments, comme no


verrons cy- après ; outre que le temps qui v 1

changer toutes choses en a veu nommer en c

certains temps sous de certains termes, qui <

d'autres temps estoient nommez autrement. ]


preuve dececy est dans A-rliENE'IE quirappor
qu'EupHORioN dans foillivre de Istmiis écrit qui
I
vîavoit un ancien Instrument que ion nommoit
îagadin, que cet Instrument estoit tout entoure
;it chordes, qu'on le mettoit sur
un pivot pour
l
tourner à mesure qu'on le touchait avec l'Ar-
itoet, & que dans la suite des temps on ne con-
nioissoit plus ce mesme Instrument que sous le
:rrne de sambuca. Ainsi il ne f >ut pas condam-
qui asf(-,tire que le Nablum ou
ler FOLENGIUS
,
iOalterium des Hebreux estoitce que nous appel-
ons présentement Viole.
a
On peut faire encore une {econde objection,
r
isant que S. Augustin, S. Jerôme Se S. Isidore
fleurent que l'on touchoit le pfaherium par la
Partie Superic-ure,au lieu que l'on touche laViole
?

)ar la Partie Inférieure :


mais si on ne met que

;et;cc différence entre le Psalterium des Hebreux


& la Viole d'aujourd'huy, il est facile defaire
iroir que c'est le mesme Inltrument, &C que toute
.a différence cônsiste seulement dans la diffé-
rente maniere de le tenir :
Car de mesme qu'on
ne peut pas dire que la Basfe de Violon dont on
joue presentement en Italie ne soit une veritable
Basse de Violon, de la mesme espece que celle
dont on jouë en France, quoy qu'en Italie on la
tienne d'une maniéré, que ce qui est icy la Partie
Inférieure, est chez les Italiens la Partie Supe-
i rieure, parce qu'ils la tiennent sur le bras, au lieu
j^u'en France on l'appuyé contre terre, Ainsi isse
peut taire que ceux qui joli oient de la Viole clf
les premiers Hebreux sous le terme de Pliltert.-
la mettoient sur le bras, comme les Italiens ld
Basse de Violon, & que la feule différence de!
Viole des Hebreux n'esl que dans la differei
maniéré de la tenir.
Ces authoritez nous font connoistre I
Viole estoit en usage parmy les premiers H que
breux sur la figure & la maniéré de jouer des 1
struments Pul[atiles que
nous avons veus,
qu'aparemment elle tira Ton origine des Instr
ments quiestoient en usage devant le Delug
Cependant plusieurs Autheurs qui n'ont
connoissance de ce qui s est paslé devant le D pas e

luge veulent que le premier» Instrument qui


,
paru au monde soie une Lyre à trois chordes Fait
parMERcuRl EIGYP-rIFN.,sur le modele d'uneToi
tuë qu il trouva sur le rivage du Nil aprés un dé'
bordement. Cette Tortue estant décharnée
desièchéc) il ne luy ressoit <S

que quelques nerf


tendus, que Mercure toucha du bout du doig
& dont il tira quelque S011.
Cét Instrument fût sans doute Foricnne de
Instruments à pincer, particulièrementdu Luth
qui a toujours conserve la figure d une Tortue
mais quelques Autheurs dirent que Mercure fit :

PRÊTENT de sa Lyre à ORPHEFE, qui dans


la suite y
ajouta quatre chordes, & qu'il- en jouoit
avec un
leétre ou Archet ; & HOMERE asseure que Mer-
tire mesme s'cstolt servy d'un Plcé\:rc ou Archet
iur piier de sa Lyre avant que de la donner à
rf,h'éc : mais comme plusieurs Autheurs par-
ne de cette Lyre sous plusieurs termes diffc-
Ints, &: que la plusparc des tcrmes dont ils se
rvent en parlant des autres Instruments sont
:neriqucs, & qu'ils en nomment plusicurs de
tesme nom, quoy qu'ils soient de différentes
peccs, j'ay crû devoir combattre l'opinion de
:ux qui ne veulent pas que les Autheurs ayenc
)uIu parler dela Viole, parce qu'ils ne se sont
)inc servis du terme [pecisique quidisiinguè au-
urd'huy cet Instrument des autres ; cependant
on examine la maniéré de s'en servir, on ne
Durera point qu'ils entendoient parler de la
iole, puis que comme je viens de dire, ils n'a..
ient point de termes arrestez pour aucun In-
rument, & qu'on ne les peut distinguer que par
maniere d'en jouer.
PHILOSTRATE le jeune qui enseignoit à Athenes
>us l'Empire de Neron sist la peinture d'Or-
hée, & en parle en ces termes. Sinister pes ad-
ixtU terre fuflinetCytharam supcrftmtJre pojitam,
exter ,auteîngeflum & ritlimurnproludit, solum cal-

/
'oferiens. Manm autem; dextra quidem .Pleélrum
r ter tenens extendiftir ad phtongos & îonos, CII-
ko injidens, cf volamanus inituspetf&ntc , Uvd
autem Jides récits digitis ferit.
ORPHE E, dit-il, ayant le pied gauche
appa;
contre terre soutient sa Viole de sa cuisse ,'Z
frapant le pavé du pied droit il
marque le mt
vement de ce qu il joue, &: quant aux mains j
droite tenant l'Archet ferme l'avance sur
a
chordes, & il s appuyé sur le coude le pi,
ayant
gnec plie vers le dedans, & les doigts de la mit
gauche étendus frapent les chordes.
Il semble qu'on ne puisse contester Vï
que
tournent d'Orphée dont parle Pl-illostrate it
ne
une Viole, cependant un Ecrivain de ces dj
niers temps veut que Cythara lignifie Cith-'.
une
& non pas une Viole : mais ce sentiment est 1
cile à détruire, si l'on considere
que jamais i
n a oüy parler d 'aucusi Instrument qui porta f
nom de Cithare, & si l'on examine la maniej
de jouer de cet Instrument demeurera d'
,
cord qu'iln'estoit autre qu'une on
Viole, partie:
lierement si l'on écoute le sentiment de Jui
BUI.IENCF,R qui dit poud sur
, vement ce pasTag
que Philostrate par cette peinture qu'il fait d'O
phée, fait en mesme temps celle de
ceux qi
0I^ nomme en François Joueurs de Viole, &
ajoûte avec JOSEPH SCALIGER qu'il ne faut
s arrester aux termes, parce que les Poëtes & 1<
p
Autheurs se sont souventfervis deplusieurs
Wies différents pour exprimer le mesme Instr
te
J
cent, comme aussi ils se sont servis souvent du
:dine terme pour exprimer différents Instru-
lIents, particulièrement de Cythara. OVIDE en-
lautres qui vivoit du temps de l'Empereur Au-
siste se sert du mesme terme dans (on troisiéme
vre de Arte amandi. Lors qu'il dit.
Nec pletlrum dextra Cytharam lenuiffi sinistik
,
1 Nesciat arbitrio fœmina do fia meo.
IASCONIUS PEDIANUS qui vivoit sous l'Empire
te Néron dit que ceux qui jouent de la Viole
tcupent leurs mains ; Sçavoir, la droite à con-
iiire l'Archet &: la gauche à toucher sur les
hordes. Cum canunt, CJtharifte, dit-il,tttyjufqnc
Ianmfunguntur officio : dextra Fleffro utitur si-
,
îjîra digitis chord.u carpit.
) S. ISIDORE Evesque de Se ville en Espagne,qui
Îiourut dans le septiéme Siecle, Livre troisiéme
es Origines renferme tous les Instruments
(ans le terme de CJthar4) plures, dit-il, fjecies
>

\ythar<e extitcrunt, Psalteria, Lyr&, Barbita,


ut crc.
Lt cela fait bien voir qu'on ne peut connoistre les
struments des anciens par les termes, mais
ulement par leurs figures, & par la maniere de
zs toucher, c'est pourquoy si on nomme un In-
hrument Psalterium, ou Cytharay & qu'on fasse
ja peinture de son Jeu semblable à celuy de la
7iole, je ne dois point douter de croire que
i'Autheur a voulu parler d'une Viole.
ACHILLES TATLUS au Livre premier des Amors
de LEUCIPEÂ: CLITOPHON, fait le recit d'un M
quet, ditqu'à a la fin du jeune
repas, un garço
s avança avec un Instrument qu'il nomme Cytkx
ra, & 'î11 essayant premièrement les chordcsavt
les mains il les fit un peu raisonner &; qu'api
ayant pris l'Archet, & touché 3
quelque peu Il
chordes, il accorda sa Voix
avec son Insirt¡"
ment. Ii,
Pouroit-on dire que l'Inl1:rument dont
Autheur parle sous le terme de Cythara sc c
ne
pas une Viole,& si presentement quelqu'un
loit faire la peinture d'un homme qui jouë de voi
Viole pouroit-il dire autre chose
, ; car si on exiK
mine toutes les circonstances decepaflao-e 0:1
trouvera le veritable caradere d'un Joueur dt,
Viole. Il essàya premièrement les chordes
ave
vs mains & les fit un peu raisonner, cela s'ap
pelle examiner si la Viole cst d'accord il prit
suite l Archet &: toucha quelque : ci »•

peu les chor.


des c efl a dire qu'il commença à preluder,
Si-
en suite il accorda sa Voix avec son Injftrument
ce qui marque le caractere particulier de la "
Viole.
Je sçay que l'on peut obje&er
que cet Instru-,!
nient a Archet dont parlent les Autheurs sous let
terme de Cythara , estoit une Lyre telle qu'elle r
estoitcy-devanten usage particulièrement chez
;
Italiens, &: dont le Pere MERSENNE Minime,
de Pere Kircher nous donnent la figure, & nous
liquent la manière de les toucher : mais il est
hile de faire voir que les Autheurs distinguent
terme de Cythara d'avec celuy de Lyra.
.
CASSERIUS dans Ton second Livre deVocis Org.
:
positivement que les Instruments que l'on
iiche avec un Pieare ou Archet sont la Lyre 8c
Viole. Inflrumcnta quœ Pletfro arctique Sonum
wt font Lyra & Cythara.
\ JULES
BULENGER parlant de S. Baille sur les
eaumes dit, que la Viole & la Lyre raisbnnent
r la Partie Inferieure avec un Pleure ou Ar-
et. Cytharœ & Lyrx in imo ds ad Plettrum sub-
!

dl.
y
FABIUS dit que l'Instrument que l'on nomme
thara n'avoit que cinq chordes. Jjfuinque tan-
m erant
Cythar* Sont* qui deinde (kmma varieta-
difiinguebantur cum ab imo ad summum omnibus
Venta nervis ton fentiret ce qui ne se peut dire
i1 la Lyre puis que du y
temps mesme d'Orphée
,
lie avoit sept chordes au rapport de S. Isidore
,
ir Virgile. Antiquité autem Cj/harasèptem chor-
es erat.unde
yirgiliw,septem discrimina vocum. Et
fcn sçait que depuis le nombre en a esté augmen-
l) ainsi on doit distinguer l'înstrument que les
nciens nomment cythara de Ja Lyre & l'on ne
,
Instrument qu'à
«ut l'appliquer à aucun autre
la Viole, qui en ce tenlps-là n'avoit que ci
chordes. 1
De plus quand il seroit vray que Cythara sîgp
fieroit par tout une Lyre, ce qui n'est pas corn;
nous avons veu, ne peut on pas dire que c'eit
une Viole ; car
qu'efl-ce qu'une Lyre si el
, on
mine sa figure & la maniéré d'en jouer sini
Viole imparfaite, qui a dispàru ,
aussi-tost cj
une
la Viole est venuë à sa perfection comme l'A
disparoist ,
rore à l'arrivée du Soleil &: demesi
l'Aurore ,
que ne paroist que pour annoncer
l'Univers l'arrivée du Soleil, ainsi on peut di
que la Lyre estoit l'avancouricrc de la Viole,
qu'elle n'avoit paru que pour donner une idée <,
cét Instrument par excellence.
Cependant pour satisfaire ceux qui s'attache:
au nom plustost qu'à la chose, il est facile de fai'
voir que le nom de Viole, n'eu; pas si nouvel
qu 3lon se l'imagine , & pour cela j'emprunte l'ai)1
thorité d'un Autheur celebre & irréprochable
qui vivoit il y a plus de mille ans, c'est le venci
rable BEDE qui faisant la description de la Vai;
,
humaine qu'il appelle l'Instrument naturel, pari:
en suite de l'Instrument artificiel, & nomme po!
sitivement la Viole. Voicyj[es termes, Artifc'iAij
vero Instrumentum est, ut Organum, Viola, &c.
On objectera peut-estre sur le mot Pleffrm
dont Ol1t parlé les Autheurs cy-devant, & loi;
1
àira qu'il ne doit pas estre pris pour un Archet
Mis pour un Pleure dont ofi se servoit pour
|aper sur les chordes,5 comme s'en sert
on en-
l>re aujourd'huy pour jouer du Tympanum ou
sCtlttrium qu'il tire son origine de [!tceere;
,
ii lignifie batre ou fraper; Je réponds qu'à la
ferité il
y a eû des Instruments dont on tiroit le
Sjon,
en frapant dessus avec un Pleutre, mais que
1s Poetes Se les Autheurs se sont presque toû-
iurs servy du mot Pleé/rllm pour dire un Archet:
|e plus quand il seroit vray que Pleflrum ne si-
ifieroit pas un Archet, il seroit toujours vray
% dire
que ceux qui se sont servis du Pledre le
'tiLi(oient ainti, parce qu'ils n'avoient pas con-
iDisTance de l'usage du crin, outre que nous
:)1vons veu que l'Archet tel que nous l'avons au-
iimrd'huy estoit en usage parmy les premiers
rôebreux, & qu'ainsi ce n'est pas une nou-
veauté.
1 Cependant il faut
avoüer que la Viole paroil1
m Instrument assez nouveau en France 5 parce
ru'il y a peu de temps qu'elle y ,est estimée, mais
Ilela ne doit pas prejudicier à ion antiquité puis
,
"qu'il est vray de dire que les autres Nations en
ont eû connnoifsance devant nous ; car elle a
'ftafl'édes Egyptiens aux Grecs, des Grecs aux
i:J,¡nencé
.taliens, & des Italiens aux Atigloisqui ont com-
-les premied à composer & à jouer des
picces d'harmonie sur la Viole, & qui en ow
porté la connoissance dans les autres Royaume
tels qu'on esté Vv ALDERAN la Cour de Sax:.
a
BOUDLER à la Cour d'Espagne, JOUNG auprès (|
Comte d'InspruK, PREis à Vienne, & plusieu
autres en différents endroits ainsi elle a pas
>
des Anglois aux Allemans & aux Espagnols,
nous pouvons dire que nous sommes les demie
qui en avons joué ; mais aussi que c'est aux Fra
çois à qui la Viole doit sa perfection , comn
nous verrons cy- apres.
Les Egyptiens, qui comme nous avons ve
ont esté les premiers qui se sont addonnez à
Musique & aux Instruments aprés le Deluge,oi
communiquez cet esprit à leurs descendants
car PIERRE BELLON en ses observations dit q
les Egyptiens ont des Violes qui n'ont qu'un
chorde ou deux & que leurs chordes sont d
crin de Cheval, , simples, sans estretorses
maniere que l'Archet & la Viole sont garnis d
, d

la mesme façon : le Manche de leurs Violes e1


fort long, le chevalet n'est soûtenu d'aucune ta
ble, mais seulement de la peau d'un Poisson qu
les Grecs modernes appellent Glavis, &: que fo]
prend dans le Nil : cette peau est colée par deS
fous, 6c le reste du corps de cet Instrument el
fait comme une boë(le plate d'où il sort un se
,
fort long qu'ils fichent dans l'a terre pour en jolie
ilus tacitement, & cela nous tait voir que la
Iole est enusage depuis long-temps en Egypte,
juoy que d'une maniere fort imparfaite.
Les premieres Violes dont on a joüé en France
,,(loient à cinq chordes & fort grandes, leur
r[

ffage estoit d'accompagner : le chevalet estoit


3rt bas & placé au dessous des oüyes, le bas de
touche touchoit à la table, les chordes estoient
L

.)rc grosses, &: son accord estoit cour par Quar-


es ; Sçavoir la Chanterelle en C Sol rI, la Se-

> ,
onde en G Ré Sol, la Tierce ou Troisiéme en
La Ré la Quatrième en A Mi Li &: la cin-
uiéme qu'ils appelloient Bourdon estoient en
y

,jî Si Mi. La figure de cette Viole aprochoit fore


e la Basse de Violon.
..
Dans la suite on a changé cette figure en celle
{les Violes, dont nous nous servons aujourd'huy,
] la reserve du Manche
l 5 car il estoit rond
Ilaffif, & trop panché sur le devant, outre que
j 'Instrument estoit fort grand, en sorte que le
?ere Mersenne dit que Ton pouvoit enfermer de
jeunes Pages de la Musique dedans pour chanter
le Dessus, pendant que l'on jouoit la Bafse, de
il dit de plus que cela a esté pratiqué par le nom-
jjmé GRANiER devant la Reyne Marguerite, où
il joüoit la Basse &: chantoit la Taille, pendant
jqu un petit Page enfermé dans sa Viole chantoit
lie Dessus,
Quand on changea la Viole de figure, on n
ajoutaune sixiéme chorde, &
on changea lac^
cord comme il est aujourd'huy Scavoir, 1
;
Chanterelle en D La Ne". La Seconde A Mi Lasy
en
La^ Tierce ou Trojsieme
en E Si Mi. La Qua&
triéme en C Sol Vt. La Cinquiéme G Ré Sol&
La Sixieme en D La Re ; de sorte en
que son accorci-
estoit une Tierce entre Quatre Quartes, & céh
accord est eJ1:imé le plus parfait,
parce qu'il esfc
plus propre a imiter la Voix qu'aucun autre. Lel;;
Etrangers pratiquent plusieurs autres manierel:
d'accorder, parce que ne connoissant point lcè
.îu. tous. Chant ils sont obligez pour se sa-*;
tisfaire d inventer tout ce qui peut contribüer à!
>

la varieté de l Harmonie mais si considerct:J


: on ne
la Viole que par cette foule d'accords, il faut!.
avoüer que les Estrangers l'emportent sur nous;
parce que leurs differentes manieres d'accorder!
la Viole font plus propres à composer & à
execu..
ter les Pieces d'une grandeHarmonie)au lieu que ;
nostre maniere d accorder est plus sterile la t
Composition des Pièces d'Harmonie, & plus dif-pour
sicile pour leur execution maisaussi il est certain -
: t
que la tendresse du Jeu des François dans l'imi,
ration de la Voix, l'emporte sur quantité
cette
d accords, & sur ces diminutions surprenantes
des Anglois, où l'on.admire plusTaddresse
le bon goût, & qui sont que
un foible supplément
i la delicatesse que demande la perfection du
ju de la Viole.
[ On
a mis en usage pendant quelques temps
tDis autres Parties de Viole de differentes gran-
éurs. L'une usi peu moindre que la Basse pour
frvir de Taille une autre un peu moindre que
>
ITaille pour servir de Haute-Contre Se enfin
-,

&e peu moindre que la Hautc-Contre pour ser-


ltr le Dessus, & avec Ces quatre Instruments re-
tesenter les quatre Parties des Voix, ce qui
floit cst'é pratiqué long-temps auparavant en
hl ie> où l'on accordoit les Quatre Parties de
Joie: Sçavoir, la Taille &: la Haute-Contre à
Ï7nisson) une Quinte plus haut que la Basse Se
,
J Dessus une Quarte plus haut que Ii Taille &:
1 Haute- Contre c'est à dire à l'Oaave de
tiasse.
3 Quand ces Quatre Parties de Viole estoient
m usage en France, on accordoit la Taille une
luarte plus haut que la Basie, la Haute-Contre
lie Quarte plus haut que la Taille ^ & le Dessus
n Ton plus haut que la Haute-Contre, à FO-
f4ave de la Basle.
1 Les Anciens ont quelquesfois monté leurs
violes de chordes de la ton, comme on peut le
tmarquer surie passage de Jules Bulenger, que
,u3us avons cité cy-devant, où il fait connoistre
le
Jir mot .£S, que les chordes estoient de laton.
Le Pere Kircher dit que les Violes des AngsH-
estoient cy-de varie montées en partie de semar
bles chordes, &: l'on voit encore aujourd'i
une espece de Dessus de Viole montez de ch :r
des de laton,. qu'on appelle Viole d'Amo K
mais il esi certain que ces chordes font un m v
chant esfet sous l' Archet &: qu'elles rendent
, s ;

Son trop aigre ; c'est pour cela que les Franç D

ne se sont jamais servy de pareilles chordes, qi !;;

que quelques-uns en ayent voulu faire l'eÍ r


niais ils se sont attachez à chercher tout ce j <

estoit; capable de porter cét Instrument à la p


fection où il est ; car ceux qui font les Violes r
ont J;.eduites à une grandeur commode pour
tenir entre les Jambes, d'où vient qu'on les n:
;

pelle Violes de Jambe, pour les distinguer -

cette grande Bafse de Viole dont nous ave^


parle cy-devant.
Il est vray que les Anglois ont reduit lei^
Violes à une grandeur commode, devant 1

François, comme il est facile d'en juger pari


Anciennes Violes d'Angleterre, dont nous fiif.
fons une estime particulière en France: m.
aussi il faut avoüer que les Faiseurs d'Instrumer
François ont donné la derniere perfection à i
Viole, lors qu'ils ont trouvé le secret de renvej
fer un peu le Manche en arriere, & d'en dimi
nUcr l'cfpaisscur ; car par ce moyen les Maistrf
u jouent de cet Instrumenc exécutent avec
au coup plus de facilité , & il n'y a point de
tôle d'Angleterre où l'on ne soit obligé de
>
ire mettre un Manche à la Françoise pour s'ea
vir commodément.
.es premiers hommes qui ont excellé en France
ns le Jeu de la Viole ont ellé Messieurs M AU-
RI). & HOTMAN , ils estoient également admi-
ses quoy que leurs caractères fussent diffe-
,
îts; car le premier avoit tant de science &
'xecucion que sur un Sujet de cinq ou six no-
y
qu'on.luy donnoit sur le champ, il le divert-
iten une infinité demaniérés différentes, juc.
'à épuiser tout ce ql.\cl'on y pouvoit faire, tant
r accords que par diminutions i & le second
celuy qui a commencé en France à composer
s Pieces d'Harmonie réglées sur la Viole, à
ire de beaux Chants, &: à imiter la Voix en
,
te qu'on l'admiroit Souvent davantage dans
bcecution tendre d'une petite Chansonnette,
te dans les Pieces les plus remplies & les plus
¡lvantes. La tendresse de son Jeu venoit de ces
'aux coups d'Archet qu'il animoit, &: qu'il
,oucissoit avec tant d'àdresse & si à propos,
l'il charmoit tous ceux qui. l'entendeient, &c
est ce qui a commencé à donner la perfeaion à
Viole >Sc à la faire ef1:imer preferablement à
us les autres, Instrumencs.
Dans le mesme temps il y avoit encore i

Benediétin, homme admirable pour diversi


un Sujet surie champ en mille manieres stirp
nantes, que l'on nommoit le Pere ANDRE" :
souvenir des choses charmantes qu'il faisoit 5 .

la Viole le fait encore admirer aujourd'huy ç b


,
plus Illustres de nostre temps qui l'ontenten r:
&: qui avouent que s'il avoic esté d*un estat à faj 3
profession de cet Instrurncnt, il auroit obscu® ci
Sous ceux de son tcmps.
De tous ceux qui ont appris ajo'ier dela Vidt
de Monsieur ,HOTMAN on peut dire queMdfi
fieurde SAINTE COLOMBE a esté son Ecolier pi.
>

excellence, & que me[rpe il l'a beaucoup su|


paue; car outre ces beaux coups d'Archet quI
a appris de Monsieur HOTMAN, c'est de luy <
particulier que nous tenons ce beau port ç
main, qui a donné la dernicre perfeéfcion à!
Viole, a rendu l'execucion plus facile & pli
dégagée, & à la faveur duquel elle imite
cet
les plus beaux agréments de la Voix, qui
e
1 unique modelle de
tous les Instruments ; C'e;¡
aussi à Monsieur de SAINTE COLOMBE queno^
sommes obligez de la septiéme chorde qu'il |
ajoutée a la Viole, dont il a par ce moyen
aug
mente Pestendue d'une Quarte. C'est luy ensis
qui a mis les chordes filées d'argent en u[age
en
France, Se qui travaille continuellement b\a
JCOI
Percher tout ce qui est capable d'ajouter une
ius grande perrcd:ion à cet Instrument, s'il est
loflible. On ne peut pas aussi douter que c est
IL suivant ses traces
que les plus habiles de ce
mps se sont perfectionnez, particulierement
•jlonsicur MARAIS dont la science & la belle
y
':xecunon le distinguent de tous les autres & le
Ént admirer avec justice. de tous ceux qui, t'en-
dent. Tous ceux enfin qui ont l'avantage de
claire, en ont l'obligation aux principes de Mon-
sieur de SAINTE COLOMBE, &: si quelqu'un vou-
voie chercher la perfection du Jeu de la Viole par
d'autres moyens il s'en éloigneroit, en sorte qu'il
$*e la trouveroit jamais.
TRAITE'
DELA VIOLE-
PREMIERE PARTIE.
Comment il faut placer la Viole,
Porter
1
la main, tenir & conduire l" archet.
L m'a toujours semblé que c.estoitunef
chose inutile de vouloir enseigner paij
ecrit la maniéré de placer la Viole,,"
de porter la main, &: de tenir &
cuire 1 Archet; parce qu'il est difficile de con--

prendre ces choses par une simple levure, Se com-


encore plus de les pratiquer sans le secours d'un .

Maistre car Texperience journaliere fait


:

> nous
(cnliblement connoistre le contraire, puis
que les
Maistres avec tout leur sçavoir & leurs foins
ont bien de la peine à les faire pratiquer à leurs
Geôliers, fuivantles Regles de rArt,. particu-
lièrement dans les commencement
De plus comme on a déja entretenu le Public
c ces choses, il sembloit que je de vois me diC.
jnser de les produire en cét ouvrage. Cepen-
dant parce qu'on ne doit rienob mettre' dans un
traité des choses qui regardent precisément
*,Art dont on veut donner des Regles, & que
auteurs personnes trouveroient que ceseroit un
Maut de n'en pas parler, )'ay crû estre obligé
;e passer par dessus toutes les considerations qui
r,mt)loient devoir m'en empeseher.

CHAPITRE PREMIER.
La maniéré de placer la Viole.
L A premiere chose qu'il faut observer pour
placer la Viole est,de prendre un Siége corn.
nodc qui. ne tOIt/*

ny trop naueny trop
1

qui jouent de
^
la.
n est pas pourtant que tous ceux
Viole doivent s'assujetir à cette régularité ; car il
s'accoutumer à jouer sur toutes sortes de
''auc
sièges, suivant les lieux où l'on se rencontre,
faire paroistre des difficultez ridi-
.?our ne pas
cules, lors que faute d'un Siége proportionné à
isa taille on voudroit s'exempter de jouer, mais il
ffi: certain que dans les commencemens il est bon
de se servir d'un Siége commode.
La seconde chose cst, qu'il faut s asseoir sur le
* *
bord du Siège, afin que le corps estant dans h
quilibre on puisse jouër librement, & d'une nÉ
ni ère plus dégagée. 1
La troisiéme chose est, de prendre la Viole
la main gauche par le talon du Manche proche
corps de la Viole, & non pas par le milieu
Manche, ou l'on seroit auvent exposé à <

Jes Touches en desordre mett


comme il arrive asïs
ordinairement. >

La quatrième chose est, qu'il faut placer


Viole entre les deux gras des jambes,
un pe
plus haut ou plus bas selon la taille des personne
la hauteur du Siège & la grandeur de l'Instri:
ment j alors il faut la tourner un peu en dedan
& éloigner un peu le Manche de la teste à cossé
^ avancer
un peu sur le devant. La pointe de
pieds doit estre tournée en.dehors particuliere
ment la pointe du pied gauche ; >qui doit estr,
plus tournée en dehors que celle du pied droit
& avancer un peu plus en devant; & il faut
les deux pieds soient aplat, & jamais les qu<
cher ny 1 un ny l'autre sur le cojsté, ne COU4
ny lever le
CHAPITRE II.
La maniere de porter la main.
E Port de main consiste à la porter vers le
haut du Manche où font les Touches, en
Jndissant le poignet les doigts, alors il faut
&
:er le pouce derriere le Manche, directement
s le
doigt du milieu, approchant du bord du
nche du costé gauche ; car c'est une Règle
tiquée generalement de tous les Màistres,
placer toujours le pouce sous le doigt du iiii-
1.
1 faut icy prendre garde que la Viole soit si
me entre les jambes que la main ne soit pas
upée à lafoûtenir, au lieu quelle doitestre
jours libre pour agir, outré que quelquefois
est obligé dé tenir le pouce en l'air, comme
ind on pratique la langueur ; car si alors la
>le n'estoit pas ferme entre les jambes, elle
nberoit sur l'épaule. 11 n'y a qu'une seule oc-
ion où l'on doit avancer la Viole en devant
ic le pouce, c'est lors qu'on est obligé de jouër
les groise$ chordes ; car si on ne le faisoit pas
iferoit obligé de retirer le corps & de se gesner,
cre que la posture seroit desagreable, & lors
en f«uc la remettre esiù premiere situation
on la retire avec les doigts qui font placez fuy
Touche.
Quand on veut placer les doigts il les faut im
tre proche les Touches &r jamais dessus, &; pi.
ser la chorde avec le doigt j parce que quand?
appuyé legerement, l'Archet ne peut pas tirei;
Son de la Viole.
Il faut toujours appuyer sur les chordes de"
pointe du doigt, & jamais du plat, si ce nV
lors que quelque accord oblige de coucher
premier doigt.
Suivant ce que nous venons de dire on
pe
remarquer qu'il n'y a qu'une maniere de porti
>

la main pour jouër de la Viole, & que cette mi


niere cst naturelle ; cependant on a donné *
Avertissement au Public depuis quelque
temj:
par lequel on veut faire croire qu'il y a dei
Porcs de main necessaires pour la perfection d
Jeu de la Viole, & que tous les Maistres, P'il
un abus gênerai, pechent contre cette Regle, e).
cepté l'Aucheur de l'Avertissement. Je dis'toi
les Maigres, parce que tous ne connoissent t
ne pratiquent qu'une maniere de porter la main
& que Monsieur de SAINTE COLOMBE n'a jamai
enseigné,ny pratiqué que celle dont j'ay parlé
cy
devant. Ainsi c'est mal à propos que l'Authcu
de l'Avertissement veut embarrasser le Public,
de deux prétendus Ports de main auRi
; comme
s. contre la raison qu'il nous représente qu)Ón
pratique sur le Luth, le Thuorbe & la Gui-
p ; car si l'on considere la difference qu'il y a
lie la maniere de tenir le Luth, le Thuorbe
JiiGuitarre, & celle de tenir la Viole, oncon..
;itra facilement que ces Instruments ne doi-
,1: point estre nostre mode lle., & que le Porc
,main doit estre différent. Et sil'Autheur de
^ertifsementqui se pique de jouer du Luth èC.
ia Guitarre en conserve les manieres sur la
n>le, nous ne devons point abandonner les ve-
ables Regles de nostre Instrument, que nous
flons des Maistres par excellence, pour suivre
;ies qu'il pratique, &: que nous ignorons à
d:rc avantage.
^our ce qui regarde le Coude qu'il faut quel-
xfois lever & quelquefois l'approcher du
cps, dont il fait une grande affaire, on peut
ie qu'il est de cela comme d'un Maistre en Faic
larmes qui diroit aux Academistes, que pour
,
J¡jlser une botte il faut avancer le bras, & que
ur revenir à l'épée il faut le retirer, on trou-
Éroit sans doute cette leçon inutile & ridicule,
3rce qu'il est impossible de faire autrement.
Gest ainÍi que l'on veut faire une grande necef-

'
ie au regard du Jeu de la Viole d'une chose qui
faitnaturellement; car on sçait qu'il y a des
ïcords qu'on ne peut executer, sans avoir quel.
quctois le Coude levé un peu plus qu'à r01l1
naire, & qu'il y en a d autres où il doit
appr
cher plus prés du corps: mais c'est abuser le fc
blic sous un faux pretexte de le deCabu[cr)
si
de vouloir luy faire une grande affaire d'i
chose que l'on ne peut faire autrement, >

& c
une espece de temerité de condamner tous
Maistres d'abus, parce qu'ils n'embarrassent
leurs h coliers des deux pretendus Ports de
mai.,
quel'on on devroit plustostnominer deux
Ports l-
Coude que deux Ports de main puis c'
1
,
Coude que l'on porte, &: non > que

pas la main.
L'Autheur de l'Avertissement porte la chc
encore plus loin, lors qu'il dit qu'il y a des M
sires qui jouent de la Viole sans aucun Port
main : mais cette expression est si outrée d

Ledeur en peut juger facilement; que I

car ce quj<
dit est aussi possible, comme s'il disoit qu'il yi
des hommes qui parlent sans remuer la langue.!

CHAPITRE III.
La maniéré de tenir & conduire
l* Archet.
J L faut prendre l'Archet de la main droite, eH
mettant le doigt du milieu sur le crin en de.!
cans t le premier doigt couchÓ soutepant le bois
&
p pouce estant droit & appuyé dessus vis à vis
premier doigt, la main estant éloignée de la
'}lse environ de deux ou trois doigts.
I*our conduire l'Archet, il faut que le poignet
avancé en dedans,, & commençant à poufser
jrchet par le bout, le poignet doit accompa-
4r l,e bras en obeïssant ; c'est à dire que la main
Itavanccr en dedans, & quand on tire il faut
acer la main en dehors, toujours en accompa-
intle bras sans citer le Coude ; car on ne doit
1 l'ava:ncer quand on pousse ny le porter en
,
sere quand on tire.
:,.'ay dit qu'il faut commencer à poufser l'Ar-
jt par le boùt; parce que si on commence par
milieu le coup d'Archet sera (ouvent trop
atrc &: trop sec, le bras n'aura pas assez de force,
tl)oii ne poura pas tirer un beau Son de la
le; comme aulîi en tirant l'Archet, si on
mmenéc par le milieu, il arrivera la mesme
»fe c'est pourquoy si en poussons on est obligé
,
licommencer par le bout de l'Archet, on doit
iitirant commencer le plus proche de la main
je l'on peut sans se gesner, pout s'accoustumer
tc grands coups d'Archet, sans quoy l'Instru-
f nt ne peut pas faire son effet, & il faut quand
oj pousse,
ou qu'on tire un coup d'Archet, en
e)lr toujours de reste.
Jiil est vray que sélon les différents mouve-
mènes ÔCla valeur des Noces, on est fairvf
obligé à commencer le Tiré par lemilieu de 1'1
chet, & mesme vers le bout, à cause de la vist|
de l'execution que la mesure & le mouvem
demandent : mais il n'est jamais permis
qu
on pousse de commencer par un autre endi
que par le bout, & il est presqu'impossible :

bien executer autrement.


Il faut quand on joue que le bois de l'Arc#
'
panche un peu en bas, afin que la main se
po
naturellement &: ne soit pas contrainte, & il fa1
aussi prendre garde qu'il ne panche
pas trop,
peur que touchant sur les chordes cela ne sa,,'
un mauvais effet.
Pour tirer un Son net, il faut toucher
av
l'Archet sur les chordes à trois ou quatre dois *

environ du Chevalet; car quand on touche pli]


bas le Son que l'on en tire est delagreable,
quand on touche plus haut, on est coûjours' ej
danger de toucher plusieurs chordes enseni
ble, & mesme il est fort difficile del'empeschei
parce que les chordes y obeïssent trop sous l'Ari
chec. ,
CHAPITRE IV.
maniere d'accorder la Viole.
L n'y qu une manière d'accorder la Viole esi
France, pour les r-airons que nous avons dit
is la Diflfertation sur son origine, cest pour-
oy il est facile de, rapprendre en peu de temps.
Pour en donner les moyens faciles, il fautre-
:er ce que nous aVonS déjà dit; Sçavoir, que
chaque chorde à la prochaine il doit y avoir
ntervale d'une: Quarte, excepté de la Qua-
eme à la Troisiéme> où 1*1 ntervale doit estre
plement d'une Tierce. Que la Chanterelle est
\T> La Ré, la Seconde en .A Mi La > la Troi-
[meen E Si Mi, la Quatriéme en C SolVt, la;
(nquiemeeh G Ré Sol, la Sixiéme en D La Ré,
la Septième en A Mi La.
Pour les accorder lors que l'on n'est pas obli-
p de s'assujetir à un
>
autre Instrumenty il faut
immencer par C Sol Vt, qui est la chorde du
Milieu, & la monter à un Ton raisonnable en
^rte que la Chanterelle ne soit point forcée,>
ce
jui la feroit' sificr fous l'Archet, & la mettroit
danger de se rompre comme au(ct que la
JCI ;
rosse chorde puisse faire entendre &: distinguer
icilemenc ses Sons.
,
Quand cette chorde du milieu est mon 'J
il faut poser le troisiéme doigt à la quacrié; r:
*

Touche de la mesme chorde, monter la tr


siéme chorde à l'Unisson; c'en: à dire que v
deux chordes l'une touchée & l'autre à l'ouvo
fassent entendre le mesme Son.
Il faut en suite poser le petit deigt à la y't
Touche de la ;me chorde, & monter la feconr
chorde à l'Unisson. Il faut faire la mesine cho(r
pour accorder la Chanterelle sur la sécondé, j
Les quatre premieres chordes estant ainsi d'a<j>
cord, il faut poser le petit doigt à la 5 ToucHr
de la y me chorde, &: la monter jusqu'à ce qu'cIl
soit à l'Unisson de la Quatrième à l'ouvert. Il et
faut faire de mesme de la chorde, pour l'acf
corder sur la 5 me à l'ouvert, & de la 7 pou|
l'accorder sur la' 6mc à l'ouvert. I

)
Cette maniere d'accorder la Viole, s'appelle);
l'accord par Unissons qui est le plus facile, maiijl
qui n'est pas toujours bien seur, à moins que les
chordes ne soient parfaitement justes, &que lest
Touches ne soient bien placées ; car Jîle&-c-hor-
des sont fausses, ou si estanc justes elles portent
leurs Sons trop haut ou trop bas sur quelque: ,I!

Touche, il est comme impossible d'accorder la 1

Viole juste par Unisions dans les commence-j


mens. ,S
On peut accorder la Viole par Quartes, 8c
/
f:kst la maniere ordinaire des Maistres qui di-
inguent facilement la justesse de cét Intervalle
111 touchant deux
chordes à l'ouvert. >

On peut encore accorder la Viole par Quin-


1 s &: par Q&aves, mais il est certain que la ve-
table maniere de bien accorder est de se servir
î s toutes ces manieres
l'une après l'autre,comme
un moyen infaillible pour connoistre le deffaut
&

tes chordes, pour y remed ier quand la chose est


bsïible, en avançant ou retirant un peu les Tou-
lies.
I Ceux qui apprennent par Tablature doivent
iivre la mesme maniere d'accorder par UniC.
Îns, comme ils sont marquez dans leur Manche,
avoir accorder l'A de la $ mc chorde sur l'E de
4me à l'Unisson. L'A de la Seconde sur l'F dq
me30 & la Chanterelle sur l'F de la Secondes
faut en fuite accorder fF de la 5 me chorde sur
JA de la 4mc ; l'F de la 6 mt" sur l'A de la f mr ôc
,
îF de la 7 me sur FA de la Sixième : car pour les
nutres manieres il n'y a que ceux qui sçavent la
rilufîque qui s'en puissent {êrvir j je parle de
£ux qui commencent.,
Ceux- qui apprennent par Tablature font sujets
[
plusieurs autres accords quand ils veulent
y
j)uër les Pieces des Estrangers & l'on ne peut
>
:as en donner des Regles; parce que chaque
laistre en invente à safantaisie selon les, dif-
,
terents Modes qu'il veut traiter.

'
Au regard de l'accord par Mufîquc, quan
on est obligé dans les Concerts de s'allujetir t
d'autres fnsirum,'ents on commence ordinaire
ment a accorder ta Viole par la seconde chord<
que nous appelions A Mi La.

CHAPITRE V. T

Des Chorde!, & de l'Archet. 1

ON débite depuis peu un petit Livret, qcltl'


parlant de la Viole dit, qu'il faut que li1
Violes loient montées de chordes menues, ma»
mon sentiment n'est pas que toutes les Viole;
doivent estre montées de cette maniéré
j car il
doit y avoir de la difference entre les chorde:j
d'une Viole quia un grand Son, & celle dont ici
Son est plus difficile à tirer, qui scmble rcfifl:et:
sous l'Archet, &: que nous appellons Viole
une
dure. On peut comparer ces deux caractères de
Viole a deux Clievaux., dont l'un obéit moin.
au
dre mouvement de la main, & l'autre est difficile'
a conduire ; Le premier demande un mord qui
soir doux ; car si on luy en donne
un rude il luy
gaste la bouche & le rend vicieux, & le second
demande un mord rude car si luy donne
; on en
un trop doux, il cst indocile & ne rend pas te
service que 1 on touhalte. De meine utie Viole
jui a un grand Son veut estre montée de chordes
îéliées, & si on met des chordes trop grolles
y
elle rend moins de Son, de il est moins agrea ble,
que si elles estoient moins grosses :
Comme aussi
lune Viole qui a le Son dur, Ôc qui ne rend pas
facilement ce qu'on en doit tirer, veut estre
Imontée de chordes un peu plus grosses que celles
Ide la Viole qui a beaucoup de Son, & veut aussi
:estre touchée avec plus de vigueur ; car si on luy
Idonne des chordes trop menuës, & qu'on la
traite trop doucement les chordes ne feront que
ihfler) & l'Instrument ne rendra point de Son.
Le mesme petit Livret dit que pour l'Archet
jlc bois doit estre de la Chine, & la monture de
!crin blanc, parce qu'il est plus doux que le noir j
mais il me semble que l'on met en usage plu.
sieurs sortes d'autres bois pour faire des Archets,
iqui ne sont pas moins bons que le bois de la
iChine: J'avoue que les Archets en sont plus
îp;opres, mais il ne faut pas en faire une nece f-
IGré, comme si absolument on ne pouvoit pas
trouver d'autres bois pour faire des Archets *
car si cela estoit &: que l'on n'eût plus de com-
"
imerce avec les Chinois, il faudroit donc aban-
donner la Viole : Au regard du crin, il est vray
i que le blanc est le plus douxr& qu'il est fort pro-
| Dre pour
le DclTus de Viole, mais pour les Bafses
le crin noir est plus propre à tirer le Son que ld
blanc.

CHAPITRE VI.
Explication die Manche de la
Viole.
L A connoissance du Manche de la
s'étend trop loin, pour le donner dans
Viole)

toute ion étenduë a ceux qui commencent, c eifc


pourquoy je l'ay divise en trois Figures pour la
commodité des Ecoliers, )'en ay ajouté une
quatrième pour ceux qui veulent apprendre par
Tablature.
La premiere Figure est un Manche Diatoni-
que, qui contient seulement l'ordre des degrez
naturels, &r les Unissons doubles.
La feconde Figure est un Manche H irmoni-
que, c'est à dire compose de Diatonique & de.
Chromatique, qui contient l'ordre des degrez
naturels avec leurs feintes, &: les Unissons aou-r
bles & simples qui sont dans l'estenduë des sept
Touches.
La Troisieme Figure est un Manche Chroma-
tique, c'est à dire qui contient rordre des degrez
naturels avec leurs feintes, &: les Tons transpo-
sez les plus recherchez avec les Unissons doubles
paples dans toute l'étenduë du Diapazon de
lue chorde.
| quatrième Figure contient la connoissance
tanche pour la Tablature,dans toute l'éten-
Idu Diapason de chaque chorde.

CHAPITRE VII.
*
Explication du Manche
\ Diatonique.
ÏAns le premier Manche rappelle Dia-
que
tonique, pour connoistre la maniere de
derpardegrezconjoints, il faut premiere-
jt sçavoir qu'une Note seule nr peut jamais
lier autre chose qu'un Son, & qu'il faut deux
|s consècutifs pour former un Tjn ou Semi-
I
Îfaut encore sçavoir que d'une Note à une
e, ou
s unTen.
d'un Son à un autre proche il y a toû-
excepté du Mi au Fa 6c du Si à
j, qui ne sont que des Semitons : , & que du
et du Manche à la premiere Touche il n'y a
fin Scmiton, & que les Intervalles de toutes
sTouches ne forment chacune qu'un Semiton ;
ô pour faire un Ton entier il faut toûjours
erpar-dessus une Touche, parce qu'il siut
x Intervalles ou deux Semicons pour faire
Ton.
Ces Regles estant établies, il faut sçavoi,
la septiéme chorde à l'ouvert s'appelle A Mm
mais comme en A Mi La il y a deux Notes, I
la premiere est pour le m01, &: la seconde f
i
#
le carre, & que l'une & l'autre se toue
toûjours au mesme lieu sur la Viole, il faut sc
ment la nommcr La, &: remarquer que la i
difference de ces deux Modes sur la Viole,
bien que sur tous les autres Instruments, se E

i
que sur le Si ; car quand le i: mol domine
La au Si , il n'y a qu'un Semiton, comme i

peut le voir dans le Manche Harmonique |


t
quand le carre domine, du La au si, l
un Ton. C'est pourquoy pour proceder par
grez conjoints suivant l'ordre de la Musiqu
faut commencer par la septiéme chorde à lf
vert, qui s'appelle La, & mettant en suite le j
mier doigt sur la seconde Touche de la mei
chorde, on marque le Son du Si, parce que
La au Si il y a un Ton, en suite on met le sec<
doigt sur la 3 me Touche de la mesme chorde,
marque le Son de Yvt, & qui ne forme qu
Semiton, & aprés cela on met le petit doigt
layme Touche, qui marque l'Unisson de la ^
chorde à l'ouvert, que l'on nomme Ré, & i
forme un Ton ; on monte ainsi de chordej
chorde, & de Touche en Touche, observïl
toujours les Intervalles, des Tons & des Sej
s, çc commençant toujours par u cnorae a
fyerc, jusqu'à çc qu'on soie parvenu à
açhe de la Chanterelle. Il faut en suite def-
dre par les mesmes degrez que l'on est monté,
imensant toujours chaque chorde en deCcen-
ir par l'Unisson, jusqu'à ce qu'on sbit parvenu
ouvert de la chorde, par où on avoic
amencé pour monter.
Les Unisions sont marquez par une écriture
ichée, afin qu'on puisse mieux les distinguer,
les trois Clefs dela Musique sont placées sur
hanche aux endroits où elles dominent, afin
connoistre où l'on doit toucher toutes sortes
Notes, & particulièrement pour mieux com-
.
:ndrc où il faut toucher toutes les Notes du
anche suivant la Dernonstration que nous en
nnons cy^aprés, où l'on voit que le Fa de la
ef d'F yt Fa se touche sur la première Touche
la Troisiéme chorde & que 1'1"1 de la Clef
.
C Sol Vt sc touche sur la Troisiéme Touche
la séconde chorde. Et afin qu'il ne reste au-
ne difficulté dans la connoissance du Manche
la Viole j'ay separé, dans l'ordre des Notes
,
i suivent l'étendue du Manche, celles quiap-
rtiennent à chaque chorde, avec des chifres

les Notes, qui marquent précisement les
niches où l'on doit les toucher. Il faut remar-
,er que les premiers Sons de chaque chorde
.
n ont point ae cires parce qu on les doit cfl
cher à l'ouvert; cependant- on peut lestouch
rUnifîon sur la chorde prochaine du costé dq
quand le Jeu le permet. I
Il faut encore remarquer, que souvent on!
obligé de se servir de la Clef de C Sol rt1 pas
culierement dans les Pieces d'Harmonie, pd
eviter la multiplication des lignes qui embar.
seroit la veuë, & comme les Notes qui appij
tiennent'à chaque chorde y font separées, & q
les chifres qui font connoistre les Touches se
y
aussi marquez on connoistra facilement si
,
étendue sur le Manche de la Viole & le r
port que la plus grande >
partie de ses Notes pC1
vent avoir sur le Manche avec la Clef d
Vt Fil, k I

DEMONSTRATION DE I/ORDRj
des NQtes, suivant 1 e'tenduë du Manch
" " Diatonique. / \
CHAPITRE VIII.
Explication du anche
Harmonique.
-
,-
A
E second Manche que nous appelions Har.
monique ou Diatonico-chromatique, con-
it comme nous avons dit, l'ordre des degrez
urels avec leurs feintes, je veux dire les Se-
cons qui arrivent par accident au moyen du
iol, du carre & du Dieze.
j^e Manche renferme tout ce que nous avons
I du Manche Diatonique, <8d de plus il con-
tit les Unissons simples qui se peuvent trouver
fis l'étenduë des Touches, tant des degrez na-
els, que des feintes, & ces Unissons sont
marquez par une écriture couchee. jJ
Deplus dans la Demonstration de l'ordre
Notes ou des Sons que contient ce Manche, S
N0tes qui appartiennent à chaque chorde y sof
àussi separéesj les Touches de chaque No
sont marquées par des chifres; excepté cell
que l'on doit toucher à rouvert.
Il faut remarquer dans ce Manche, & daij
lesuivanc, que toute Note qui est precedée dV
i veut estre touchée à une Touche plus haut qi
son naturel, &: que toute Note qui est marqu
d'un Dieze veut estre touchée à une Touck
plus bas qu'à son naturel t
Il faut encore remarquer dans ce Manche, i
dans le suivant, que le % carre qui est marqr
dans la Demonstration de l'ordre des Note
marque seulement le degré, ou le Son natur
de la Miotëe fuivàfitô, à camxfe det la preceden
«i
qui est d<frfii&iée pair moi.,
DEMONSTRATION DE L'ORDR!
des N,atcs, fuivanc -l'étenduë du Manch
Hârnrottiqtie.
CHAPITRE IX.
Explication du anche
Chromatique.
L E Troisiéme Manche que nous appelions
Ghï^toa^i^ie, contient Yordr-c des degrez
Naturels, les Feintes & les Unirons doubles a
simples dans l'étendue des Touches que contiez
le Manche precedent: mais outre cela celuy-<
contient encore les degrez Chromatiques def
Tons transposez les plus recherchez dans
touit
l'étendue du Diapazon de chaque chorde,
e'
supposant cinq Touches au delà de la Septième).
Ce Manche donne une grande Facilité pour
eonnoistrè tout ce que l'on peut fairé sur 1
Manche de la Viole sur toutes sortes de Ton:!
tant naturels que transposez y pour la eompou'
tion des Pièces 6c pour leur execution.
,
Je nomme ce Manche Chromatique pour 1
«îistinguer des autres, &
pour sa ire connoisin.
qu'il contient les degrez Chromatiques les plu1:
recherchez que l'on puisse trouver dans les Mu!
siques les plus difficiles & les plus transposéesl
car onsçait que le pur Chromatique n'est pas eï
usage, & il n'est pas question maintenant dl.
faire une Dissertation pour sçavoir s'il est pojfllblc1
ou non, aussi bien que l'Enharmonique dont',
quelques Autheurs disent avoir entendu l'execu
tion. *

Ce Manche cst propre pour satisfaire eaux qui


|
ont la curiosité d'aprofondir les choses & qui
se
ne contentent pas d'une legere supersicie cal
,
-,
il y a des gens qui cherchent autant à satisfairi
leur esprit par la connoissance radicale des chore.
\
| us apprennent qu a contenter leur ouye par
,
douceur de l'Harmonie.
Ce Manche est propre auRi
pour ceux qui s'at-
hent au Jeu de l'Accompagnement
; parce
ony trouve, pourl'execution, toutccque les
sistres Compositeurs peuvent faire sur
toutes
ces de Tons & de Transpositions.
Dans la Demonstration de l'ordre des Notes
des Sons que contient Manche, les
ce Notes
lessSons qui appartiennent à chaque chorde
us 1 "éteiiduë du Diapazon y sont réparées &
Touches sont marquées sur chaque Note ,
^chifre, excepté celles avec
que l'on doit toucher
ouvert.
[H prendre garde que le t carre qui est
rque dans la Demonstration des Notes
p seulemenc mar-
le degré naturel de la Note sui-
i
rite, a cause du mol qui domine la prece-
nre.
II faut aussi remarquer dans
cette Dcmonstra-
in, que les Notes qui sont sous unemesme liai-
1
se doivent toucher à la mcsme Touche,
dans le fond quoy
il y ayt quelque différence
e
ces deux en-
Sons, au moins d'un Comma, suivant
(upputation des Autheurs, qui veulenc
que le
mloitcompose de neuf Comma ; ainsi
re deux Semitons, il y en aura pour en
usi qui sera
mpole de cinq C mrna, & l'autre de Quatre-
c'eit a dire que le premier iera un Semiton
jeur, & le second un Semiton Mineur. f
On connoist le Semiton Mineur, lors qu'c
est obligé de faire usi Semiton sans que la Notr>
change de degré comme lors qu'on procede d
,à son
l'Pt de C Sol rt Dieze; car ce sont deu
Notes qui sont toujours sur le fsieÍÎne degré, t
l'on connoist le Semiton Majeur lors qu'on e>
obligé de faire un Semiton d'une Note à une au"
tre sur differents degrez, comme quand on pire
cede du Dieze de C SolVt, au Ré de D La Ré.
La difference de ces deux Semitons sè voi;
sensiblement sur le Monochorde, & nous cont
noissons la necessité d'y en faire, par les Clavet
cins coupez ou à doubles feintes dont se serven
les Italiens ; c'est pourtant ce qui ne se pratique
point en France, & qui cause souvent de mauvais
effets dans les Tons transposez où les cadencée
,
qui se font sur les feintes ne sont pas toûjouM.
bien justes, particulièrement sur le Clavecin.
DEMONSTRATION DE L'ORDRE;
des Noces, suivant l'étendue du Manche
Chromatique. f
b1*
Chapitre X.
Explication du Manche pour la
w
Tablature*
~

f E Manche de la Tablature est facile à con-


J cevoir. L'A. marque la chorde à l'ouvert, le
I la premiere Touche, le C. la seconde, Se
•'lisi des autres Lettres consecutivement ; & les
ictres qui font au delà des Touches supposent
1 Touches qui n'y font pis , & où l'on est sou-»
,ont obligé de toucher iusqii'à l'étendue du Dia..
IJzon de chaque chorde particulièrement de la
:-Àhanterelle. ,
ÇDans la Demonstration des Lettres pour la
cacique qui est cy-aprés, il faut remarquer
,
4e les six Regles representent les six chordes, à
flmmencer par la petite que l'on appelle la
planter elle, & que pour la septiéme qui est la
fus grosse, elle se connoist par les Lettres qui
int au dessous de la sixiéme Regle & de plus
y
ae les Lettres qui se suivent conjointement
e
juiqu alN, marquent 1 eenu" du Diapazd
de chaque chorde.
Il faut encore remarquer que les Notes
Musique qui sont au dessus des Lettres, <

ma
quent la valeur des Sons que l'on touche par
moy-n des Lettres, & que celles qui n "ont poil
de Notes pour marquer la valeur de leurs Son
obf-,-rvent celle de la dernière Noce qui
en a.
DEMONSTRATION DE L'ORDR;
des Lettres fuivanr l'étenduëdu Manche
pour la Tablature.

Hors des Touches.


SECONDE PARTIE.
Explication dei différents jeux de la
Viole, & de leurs différents
caractera.
N peut jouer de la Viole en quatre
manieres differentes ; Scavoir louer
des Pieces de Melodie, jouer des
5

Pieces d'Harmonie ou par Accords,


|3iier la Baffe pendant qu'on chante .le Desius,
cela s'appelle s'accompagner : On peut enfin
:>iïer la Basse dans un Concert de Voix 6c d'In-
ruments) & c'est ce qu'on appelle acco'mpa-
;ncmenc. Il y en a un cinquième qui consiste à
sravailler un Sujet sur le champ mais il est peu
>
''si usa^e ; parce qu'il demande un homme con-
omme dans la Composition &: dans l'exercice
jte la Viole avec une grande vivacité d'esprit.
>

Des Tenuës.
| Avant que de commencer l'explication & îe
tara&ere de ces Jeux différents il est à propos
*
ue raire connoutre qu il y a des Tenues de bie
séance, & des Ternes d'Harmonie. Les Tenue
de bien-séance consistent à ne lever jamais le
doigts qui font placez, sans necessité,
& lor
qu'on peut les tenir occupez sans sorcer la main
parce que la figure la plus agreable sur la Viole
est d'avoir les doigts occupez & aussi
; parce qu<
louvent les doigts sbntplaccz pour les Notes sui.
vantes. Les Tenues d X"larmonie consistent à te
nir les Sons qui font H armonie contre
une
Partie, & qui causeroient des Dissonances siautre
levoit les doigts, outre que souvent les doigts or
font portez pour les Notes sui vantes.
Les Tenues de bien-séance doivent estre ob..
{crvées dans tous les Jeux de la Viole,
& les
Tenuës d'Harmonie sont seulement les
Pieces par accords, pour

CHAPITRE PREMIER.
DuJeu de Melodie.
L eu
E Jeu des Pieces de Melodie est
simple, 8c qui demande un Jeu
par consequent
beaucoup de delicacesie âc de cendresTe, & c'est
en ce Jeu que l 'on doit s attacher plus particu-
lieremcnc a imiter tout ce
que la Voix peut faire
d agréable ,& de charmant il est
y propre parti-
virement pour le Dessus de Viole, & auih
:'rx ceux qui voulant jouer seuls de la Basse de
•fie n'ont pas assez de Voix pour s'accompa-
, assez
aj:, ny de disposition pour jouer des Pieces
rilarmonie.. 1

aie Jeu demande une connoissance raisonna-


i;

eijlde la Musique, & une exa&e Pratique des


îÛues de bien-séance.
i:$our composer des Pieces de Melodie, il est
L,Issaire de sçavoir la Musique à fond, la belle
lanière du Chant, &: avoir du bon goût.
îfjfe Jeu des Pieces de Melodie est fort agreable,

mésme fort touchant quand on s'en acquite


ûs@1, & je ne comprend
pas po irquoy l'Autheur
iii'Avertissement s'emporte si fort contre ceux
(^jouent des Pieces de Mélodie, & encore plus
être ceux qui les composent ; car tous les
ilistres,, à commencer par Monsieur HOTMAN,
S'ont beaucoup plus fait admirer sur des Airs
pies touchez avec toute la delicatesse de
inique sur les Pieces d'Harmonie les plus
taulières 3c les plus remplies. De plus il faut
parquer que si on veut faire consister la per..
dition de la Viole dans la seule Harmonie, il
^(certain que les Instruments à pincer l'empor-
ntant par-dessus elle mais parciculierement
;
|fi:trgue & le Clavecin, qui surpassent tous les
Aires en fait d'Harmonie.
i
Je ne pretends pas pour cela condamne:
Pieces d'Harmonie, quand elles sont suivais

: l'
caractère de Insirumcnt, comme nous ver{
cy-apres mais je prends la deffence des Pi<
de Melodie, & de celles ou l'Harmonie r
pas toûjours suivie, qui surpassent infini
une quantité de Pieces remplies qui sont sec
& insipides ; car il n'y a personne qui ne deme
d'accord qu'une Melodie executée avec tu
dresse est beaucoup plus agreable qu'une H
monie sans goût, outre que la Viole est un !:T
strument où la Melodie doit dominer préféra
blement à l'Harmonie parce que la delicateft
;
du Chant est son esprit, & que c'est par ce sd
endroit qu'elle est el1:imée, comme aprocha
plus prés de la Voix, que rous les InHrume.:
doivent imiter. Et si on se fait un grand plais
d entendre une belle Voix seule, lors qu'ejj
chante avec tous les agréments du Chant, poti,
quoy ne voudra- t'on point souffrir le Jeu de M,
lodie de la Viole qui l'imite parfaitement C'e
:
donc contre la Justice que l'on veut blasmer t
Jeu de Melodie, & ceux qui en composent lil
Pieces; comme aussi c'est contre le bon sem
que l'Autheur de l'Avertissement compare 14
Pieces de Melodie de la Viole à un hommt
qui jouëroit de l'Orgue ou du Clavecin d'un!
main seulement ajouçagç.qge l\in^feroit au|
'èabie que I"autre : J'en laiiie le Jugement ai;
fteur.

CHAPITRE II.
TXu, Jeu d'Harmonie.
E Jeu des Pieces d'Harmonie est un Jeu
.jdolit les Parties remplirent agreablement
reille, quand elles sont bienmenagées dans la
)mpofîtion, & bien touchées dans l'exécution.
Ce jeu demande une grande ^ispofition, &ç
au coup d'exercice.
Pour la Science, si l'on veut jouer par Musi-
e) il suffit de la sçavoir p.-,sfablement parce
te ce sont des Pieces d'estude que l'on n'eijfc pas
»

lige de jouer à l'ouverture du Livre, outre


1e l'exercice fortifie de plus en plus ; cependant
ieux on sçaura la Musique, & plus on aura de
cilité d'aprendre les Pieces d'Harmonie. Mais
jn ne sçait pas la Musique, & qu'on ne veule
s se donner la peine de l'aprendre, on peut se
rvir de la Tablature qui est facile à concevoir,
qui a encore cet avantage par-dessus la Musi-
le, que les Unissons doubles & simples y sonç
us faciles à connoistre, & embarrassent moins
tns rexecution. Mais il faut dire aussi que la,
[usique a cét avantage par-dessus laTablaturç
que Ion peut trouver toutes fortes d'Airs
Pieces en Musique, & non
pas en Tablature
Que celuy qui joue par Musique peut jouer pi
Tablature quand il voudra, & ce qui est beat
coup plus considerable est que par la Musîqij
l'on connoist les différents Modes, & les lieu
où il faut appuyer & trembler les Cadences d
toutes fortes de Modes ce que l'on ne peut coa
noistre par la Tablature, & qui est d'une trel
>

grande consequence outre que par la Tablatur


,

,
on ne peut jamais apprendre à composer aucun;
Pièce, ny distinguer les Tons Naturels de.
Tr,insposéz l'on ne peut jamais jouer e:i
Concert, particulièrement avec des Voix.
Pour composer des Pieces d'Harmonie
quacrt
choses font necessaires. Premierement il fa«
sçavoir parfaitement la Compositlon En secons
:
lieu il faut posseder parfaitement le Manche cl
la Viole : En troisiéme lieu il faut connoistre fè
caradere de l'Instrument : Et en quatriéme
dernier lieu, il faut avoir du genie & du bon
goût.
Pour la Composition il est facile d'en ap-i
prendre les Regles. Au regard du Manche il
est facile a connoistre, suivant les Figures
que
nous avons veuës, & l'on peut comprendre qud
est le carad:ere de la Viole mais le genie & le
bon goût font des dons naturels
que ron ne peut
prendre par Regles, &c c elt par leur moyen
ie l'on pratique les Réglés, & que l'on prend
s licences
si à propos que l'on plaist toûjours;
r plaire c'en: avoir du genie & du bon goût :
pendant l'Autheur de. l'Avertissement crie
ïtement contre ceux qui se bornent au seul but
plaire; parce que, dit-il, on a de tout temps
i aimé le mal que le bien : mais il me semble
e cette raison morale est fort mal appliquée,
qu'il est vray de dire qu'on ne doit avoir d'au-
but que de plaire ; car quand on ne plaist pas,
,
st une marque évidente que l'on n'a point de
Viie ny de bon goût.
Les Pieces d'Harmonie demandent que l'on
3ferve regulierement les TenuëJ de bien-séance,
Eps particulièrement les Tenues d'Harmonie,
!i sont tres-necessaires , pour les raisons que
us avons dit ; cependant on n est pas obligé
les pratiquer avec tant de severité, qu'on ne
isTe quelquefois s'en dispenser, en faveur de
ijelque chose qui (ok plus considerable.
'^Neantmoins l'Autheur de FAvertiement dit,
<'il n'est jamais permis de se licentier à l'égard
if Tenues & que l'on doit éviter tous les en-
cjoits qui demandent qu'on les observe, lors
l'on ne peut le faire.
| Je réponds à cela qu'il est vray que toutes cho-
js ne fubfiQent que par l'orbe, & que si-toit
qui il cesie^a contusion prend sa place, &r qu ai m
toutes les personnes qui sont regulieres datt
leurs actions & dans leurô ouvrages sont fo|#
louables, & que l'on ne sçauroit trop les imite$
mais aussi il est certain qu'une régularité tr".)
severe est insuporcable, particulièrement quaiu
il s'agit d'une chosequi n'est pas de la derniei
importance : car les Livres sacrez & prophan" h
nous apprennent qu'il est quelquefois perm sîî
& mesme necessaire de passer par-dessus les R< $
gles ordinaires parce que les Règles sontfait< »
,
pour l'homme , & non pas l'homme pour les RqJ
gles. Suivant ce principe j'avoue, & tous lei
Maistres généralement en demeurent d'accord
que poùr jouer d'un li strument qui faitHarmo.
nie il est necessaire d'observer les Tenues, & quci
ceux qui ne les observent pas ne sçavent paj[
parfaitement leur profcssion ou la négligent;:
mais de dire que cette regularité doive estre si
exacte &: si severe qu'on ne puisse jamais pa1fer:
par-dessus en' faveur du beau Chant, ou de
quelque beau Trait, c'est ce qui ne se peut soû..
tenir, àc qui est contre l'usage de tous les Arts,
où il est quelquefois permis de prendre des licen-
ces , pourveu que ce ne soit pas sàns heceslîté,
&: sans la payer par quelque those de beau, qui
fasse connoistre que la chose est faite avec def-
seins eca-cid. pas aussice que nous voyons tou&
ijours dans les l'ieces des Compoiiteurs de
Isique, tant pour la Vocale, que pourl'In-
jmentale, particulièrement des Italiens, ou
Prennent des licences qui nous surprennent
tcablemcnC) & passent par-dessus les Regles
!plus essentielles de la Composition à nostre
liratiÓn; &pourquoynousgeCnera-t'ondans
Regles qui sont infiniment moins considera-
s que
les Regles de la Composîtion. De plus
m examine que celuy qui joue de la Viole n'a -

; quatre doigts à placer, & que l'accord de la


le est fort sterile, on connoistra la necessité
1 est de se licentier en faveur du beau Chant,

passant par-dessus quelques Tenues dont on


it souvent étoufer le Son, & sans quoy le Jeu
L
sans goût & sans agrément, comme il est
ile d'en juger, par les Piéces de ceux qui
nent des licences avec esprit, & de ceux qui
veulent pas qu'on eh prenne."
Zeh, & l'experience journalière nous font
n connoistre que dans les Sciences, dans les
:s , & dans les Mechaniques il y a des pcrson-
dont le genle est si borné, que si-tost qu'elles
acquis une connoissance & une experience
nune,elles s'imaginent estre parvenues au plus
it degré deperfection, & qu'il est imposuble
passer outre ce qui fait qu'elles se bornent
-,

is ce qu elles sçavent, & qu elles condamnent


en dernier ressort tout ce qui passe les Rel
ordinaires.
Il y en a d autre» dont le genie n'a poinî
|
bornes, & qui plus ils avancent, plus ils déc?
vrent de perfedion à acquérir. Alors
ces
sonnes Ce trouvant trop resserrées dans les Re i
ordinaires, prennent l'essort, & fontquelq
rois des saillies par-dessus avec des succe'
heureux, qu'ils sont admirez de
tous les enlm
bon gout. ° 2

Audaces fortuna juvat timîdofaue repellit.


Mais ces saillies ces licences doivent '

ej
pratiquées avec esprit &: avec prudence, & 1
doit toujours en les pratiquant faire connoifl
comme nous avons dit, que ce n'est £
dessein qu on les pratique. pas
J ajoute encore
a cecy, que mal à propos VA
theur de l Averuflement nous donner
Luth, le Thuorbe, & la Guitarre veut
pour model
afin de nous obliger à la pratique desTtnüeJ,
ferablement a tout ce que l'on pi
peut faire de p]
coniiderable puis que la Viole
ne connoist q
la Voix au dessus d'elle, & que son but doit est
d imiter son unique modelle dans la beauté
à
Chant) & de Ces agrémens, qui font prefer <

bles a toutes les TenNes qui voudraient


poler* : 1 o
s'y
.

CHAPITR'
Chapitre III.
Du feu de j 'accornpag?ier.
E Jeu de s'accompagner soy.iiiémc est fort
.,agreable, & il sâtisfait beaucoup l'oreille,
md on sçait bien conduire sa Voix, 6c toucher
Basse agréablement.
Pour s'en bien acquiter il faut non-seulement
voir la Musîques mais il faut encore avoir
reille bonne, & sçavoir goûter les accords
e font ou que doivent former la Voix &: la
oie afin de les fraper à propos car il n y a rien
,
plus désagréable que d'entendre une Voix &:
Instrument qui traisnent l'un après l'autre,
qui nefrapent pas dans le mesme temps. On
doit pourtant pas s'estonner si dans les com-
;ncemens on ne s'en acquite pas avec toute la
rfe&ion que ce Jeu demande, le temps 8c
xercice forment f oreille & le goût de ceux
i ont de la disposition.
Ce Jeu demande que l'on observenon.(eule-
snt les Tenues de bien-seancc, mais aussi quel-
tefois les Tenues d'Harmonie, lors qu'ons'ap-
rçoit qu'en levant le doigt cela causeroit un
auvais effet contre le Dessus.
CHAPITRE IV.
Du Jeu de l'accompagnement.
L E Jeu de l'accompagnement pour les Coi:
,certs de Voix & d'Instruments est le ph
necessaire de tous les jeux; parce qu'il cst
fondement de l'Harmonie.
Ce Jeu demande que l'on sçache la Mufiqu--
à fond ; & que l'on possede le Manche de 1

Viole parfaitement dans les Tons transposeîp;

pas icy )
aussi bifn que dans les naturels : car il ne s'agiî!
de jouer des Pieces esiudiées mais ai
loüer à l'ouverture du Livre tout ce que l'oif
peut présenter, & de ravoir transposeren toutl:
occa(îon3 sur routes sortes de Tons.
Ce Jeu demande encore beaucoup d'esprit&i
d'application, parce qu'il faut connoistre sur k
champ & distinguer les differents mouvemens
,
qu'il faut prendrp, & les passions qu'il faut ex-;
primer ; & c'esF ce qu'on appelle ordinairement
entrer dans l'esprit de la Pièce.
Ace mot de mouvement il y a des gens qui!
s'imaginent que donner le mouvement, c'est
Cuivre & garder lamesure mais il y a bien de
5
la difference entre l'un l'autre, car on peur
jouer de mesure sans encrer dans le mouvement,
1irCe que la mesure dépend seulement de la
Jusique ; mais le mouvement dépend du genie
H du bon goût, &: l'on peut dire qu'il y a autant
Ic différence entre un homme qui ne s'attache
b'a la mesure & celuy qui accompagne de teste^
ii.ame .
i.i"il y en a entre celuy qui lit & ccluy qui dé-
c'efi: pourquoy les personnes qui n'ont
aïs une assez grande disposition pour les Pieces
t Harmonie, &: qui aiment le Concert, peuvent
^prendre l'accompagnement en perfecrion si
,
•^les fçaventlaMusique, & si elles ont du genie ;
iurce que l'exécution n'en est pas si difficile que
êtes Pieces par accords.
>| Je
ne sçay pas si c'est dans cét esprit, qu'une
t,ersonne parlant de l'accompagnement dit par
ïiput qu'il ne faut qu'un doigt pour s'cn bien ac-
Cuiter ; je le croirois ainsi si elle avoit ajouté
u'avec ce doigt il faut une bonne teste, & cela
-a'entendroic qu'il faut plus d'esprit que de main
jcour bien accompagner, mais le mépris qu'elle
.iiaitde ce Jeu, 6c la maniéré avec laquelle elle
4'en acquite, fait bien voir qu'elle est fort éloi-
gnée de cette pensée, & du genie de l'accom-
pagnement.
r. Il faut que celuy qui accompagne n'ait au-
^
erune manière de joUer qui soit an'edee , car il
* Vest rien de plus contraire à l'esprit de l'accom-
ianement &: du Concert, que d'entendre une
personne qui ne joue que pour se faire paroistrd
c'est une maniéré qui n'est bonne que quand cj
joue seul ; c'est pourquoy il faut ssir tout esti
attentif à écouter les autres Parties afin de fq
,
per les accords bien à propos.
Le Jeu de l'accompagnement doit estre u
Jeu lié avec de grands coups d'Archet qui suc
cedent les uns aux autres ians interruption d|
Son, comme un Tuyau d'Orgue, autant qu'ot
le peut, en pousfant le Son, & l'adoucissant sui|
vantque les Voix ou les Instruments le deman*
dent, particulièrement dans les Pièces graver
& dans les Pieces tendres, & non pas parsauCS!
& par bonds, Se avec des coups d'Archet secs;
& entre-coupez. Il faut cependant remarquer
qu'il y a des mouvemens qui veulent estre beau-
coup marquez, & c'est dans la disi:inébon qu'il
en faut faire que paroist l'esprit de l'accompa-
gnement; mais pour cela il ne faut pas gourman-
der l'Infiniment, qui veut estre traité à peu prés
comme on traite un Cheval ; car si on le gour-
mande trop il prend le mord aux dents & n'obcïc
point, au contraire si on l'excite avec modéra-
tion on en tire tout le service que l'on peut sou-
haiter. De mesme quand la Viole est gourman-
dée elle rend beaucoup moins de Son, & sou-
vent ne fait qu'un bruit d'esagreable, au lieu
que si on l'anime sans forcer l'Archet, elle rend.
•h beau Son qui satisfait. On doit observer la.
rtsme chose dans tous les Jeux.
Il faut encore remarquer qu'on nt!' doit pas
:iiter toutes les Violes d'une mesme maniere r
j une Viole montée
d'Archets
de chordes
ménagez
menuës veut
15
coups plus que si elles
coiët plus grosses, & au regard du corps de l'In-
#Ument.,s'il a un grand Son il le faut aussi mena-
1r afin de ne pas couvrir les autres Parties,parti-
therement dans les Récits qu'il faut feulement:
fitenir &: non pas engloutir: mais si F Insfoumcnt
ipeu de Son, il en faut tirer tout ce que l'on peut
pur soûtenir les autres Parties ; car quand l'ac-
Impagnement de la Viole, qui est le fondement
t l'ltarmonie cst trop foible , le Concert ne fait
f int son effet : c'efl pourquoy il faut prendre
,î.rde de proportionner son Jeu au nombre de
eux qui accompagnent, asin que raccompagne-
sent ne soit ny trop fort ny trop foible.
[ L'esprit & la science de l'accompagnement va

ncore plus loin, lors qu on efl obligé d'uccom-


jigner d'oreille une Voix qui ne sçait pas chan-
ir de mesure i car alors si on s'attache feulement
;]la valeur ordinaire des Notes.,. on ne frapera
ne rarement & par hazard les accords qui doi-
ent convenir avec le Sujet, Poli peut dire en
lette occasion que la. Compolition n'y est pas,
iiutiïe^
L eiprit de 1 accompagnement demande
core que si l 'on fait quelque agrément sur e
certaine disposition de Chant, & quelamefi u
disposition se rencontre en suite sur d'autres d
grez par manicre de Fugues ou imitation
Chant, il faut faire les mesmes agrémens <
i on a fait sur la premiere disposition. qi
L esprit de 1 accompagnement
veut enfin qu
si on entend le Dessus Faire quelque agréme
ou quelque trait sur une certaine disposition d
Chant, la Basse doit aussi le faire quand ell
imite la mesme disposition du Chant, afin
le Concert se false dans un nicsme esprit. qrç

CHAPITRE V.
Du Jeu que l'on appelle travailler

c sur un Sujet.
1

E Jeu de travailler sur


1
un Sujet efl: très-peu
en usage, a cause qu'il ejst tres^difficile &
tl a
qui ny que les hommes rares qui le prati-4
que»it,comrne ont fait Monsieur MAUC*ARD,& let
Pere ANPKE Benedidin, dont
nous avons parlé J
& comme font encore à prétendes Maistres ex4
traordinaires. Ce Jeu demande plus de science.;e,%r
plus d'cfprit, & plus d'execution
que tous lest
autres : il consisle en cinq ou six Notes que iloj^
inné surle champ à un homme, &c sur ce peu
I Noces comme sur un canevast cet homme
y
-tivaille remplissant quelquefois son Sujet d'ac-
y

Itrds en une infinité de manieres & allant de


,
iminutions en diminutions ; tantost y faisant
iDuver des Airs fort tendres r & mille autres di-
i-rsitez que son genie luy fournit ; & çela sans
Hoir rien prémédité, & )u(qu'a ce qu'il ait
4uisé tout ce qu'on peut faire de beau & de
lavant sur le Sujet qu'on luy a donné ; c!
.ipurquoy pour arriver à la perfection de ce jeu,
ufaut sçavoir parfaitement la Composirion"avoir
n genie extraordinaire une grande vivacité &
y
jesenced'csprit, une grande execution, &poC-
Jder le Manche de la Viole en perfection.
i

CHAPITRE VI.
D'u Dépit de Viole s & de son
caractère.
L E Dcsl't-is de Viole renferme dans sa peti-
tesse la mesme étendue de la Basse de
>iïôle, à la reserve de la 7 lyle chorde ; ion ac-
«»• «.

lord est le mesme que celuy de la Bafse, & la


irale diffèrence qu'il y a entre ces deux Insiru-
5ients est l'élevation du Son parce que le Def-
>
js Raccorde une Octave plus haut que la Bifs-è,
c'est pourquoy ceux qui voudront en jolier po
ront se servir du Manche que nous avons dong
pour la Basfe en trois Figures, afin deconnoist
toutes les Notes qui se peuvent toucher sur
Dessus de Viole ; comme aussi on pourra l'a<
corder de la mcfine maniere que nous avo
montré qu'il falloir accorder la Biffe mais j
faut prendre garde que l'on doit plus avoir
,,
égal'
v
aux petites chordes pour les monter à un Toi
raisonnable, qu'aux grosses donc on se sertrare
ment. La maniere de le tenir est entre les den
genoux, & la maniéré de porter la main est corn
me celle de la Balle, excepté que le pouce m
doit pas estre placé vis à vis le doigt du milice
mais plustost vis à vis le premier doigt. i
Le Jeu de Mélodie est son propre cara&crq
c'est pourquoy ceux qui veulent parvenir à bien
jOlÏcr de cet Instrumene doivent s'attacher à lai
delicatesse du Chant, pour imiter tout ce qu'und
belle Voix peut faire avec tous les charmes de;
l'Art, comme le faisoitfeu Monsieur LE CAMus,!
qui excelloir à un point dans le Jeu du Dessus det
Viole, que le seul souvenir de la beauté & de lar
rendrefle de son exccution efface tout ce quet
l'on a entendu jusqu "à present sur cet Inftru-i

'i
fj>
mène.
11
y faut pratiquer tous les agrémens dans
couto leur étenduë pardcnlicrcmcnthCadcnccj'
If ec appuy, & le Port de Voix qui ront les fon-
mènes du Chant, &: l'on ne doit rien obmettre
ans Ton Jeu de tout ce qui est capable de faire
l'a plaisir à l'oreille par des traits tendres & bien
liurris.
l'Il faut cependant éviter laprofusîon des passa-
s, qui ne font qu'embarrasfcr le Chant, & qui
obscurcissent la beauté, &: c'est ce qu'on ap-
1
'lle ordinairement faire des Colifichets ; com-
e aussi il ne faut jamais pratiquer ces passages
ji haut en bas, & du bas en haut à coups d'Ar-
. et, ce que l'on nomme des Ricochets, & que
|>n ne souffre mesme qu'avec peine dans le Jeu
il Violon, mais il faut que tous les agrémens
i les passages soient naturels, & pratiquez à
<ropos, & avec esprit, suivant les Réglés que
jpus allons donner pour le Jeu de la Basse.
Le coup d'Archet au Jeu du Dessus de Viole,
ioit estre réglé comme celuy de la Baffe, c'est:
.

jourquoy on doit observer les mesmes Règles


)Jiienous donnerons cy-aprés, & prendre garde
tians les mouvemens gays de trop marquer, afin
le ne pas sorcir de l'esprit du Jeu de l'Instrument,
lui ne veut pas estre traire à la maniéré du Vio-
i>n dont le propre est d'animer, au lieu que le
propre du Dessus de Viole est de flater.
3
TROISIEME PARTIE.
JDcs Agrémens.
CHAPITRE PREMIER.
Es Agrémens sont a la Voix &: aux In oc:

struments ce que les Ornements so a


à un Edifice, & comme les Ornemem m

ment à le
ne sont

rendre
pas
plus
necessaires

agreable à
pour
la
la
siance du Bastiment, mais qu'ils servent seul
veuë
sub

j
'
aint
Î:

un Air pour la Voix, & une Piece pour les Inr


struments peuvent estre reguliers quant au fondi
qui pourtant ne satisferoicnt point l'oüye s'il)
y
n'estoient ornez des Agrémens convenables, &
de mesme que la trop grande quantité d'Orne:
ments produiroit une espece de confusion qU1
rendroit l'Edifice moins agréable ; ainsi 1.1
confusion des Agrémens dans les Airs & dan::
les Pieces ne sert que pour en diminüer lai
beauté, c'esl pourquoy comme dans TArchite-!:
dure on distribuëles Ornements avec Ordre &:
avec Réglés, de mesme il faut pratiquer les
Agrémens dans les Airs I!>C les Pieces avec Ordre
.avec Réglés, tk comme la Voix les pratique
irfaitement, c'est sur ce modelle que les In-
taments se doivent conformer, & particuliere-
ent la Viole, qui imite mieux la Voix qu'au-
:n autre.
:On peut dire encore que les Agrémens sont
1 Sel Mélodique qui assaisonne le Chant, 84

li luy donne le goût, sans lequel il seroit fade


ki,nsipide & comme le Sel doiteJ}re employé
,
occ prudence, en sorte qu'il n'en fautny trop,
Itrop peu & qu'il en faut plus dans l'aŒaison-
,
iment de certaines viandes, &: moins en ú.'au-
Is ; Ainsi dans l'usage des Agrémens il faut les
Jpliquer avec modération, & sçavoir diseerner*
| il en faut plus, &: où il en faut moins.
ùLes Agrémens ordinaires que la Voix pratique
lit, la Cadence ou Tremblement, le Port de
i>ix, l'Aspiration, la Plainte, la Cheute,
idouble Cadence. ?
JLa Viole doit pratiquer ces mesmes Agré-
rns, ausquels il faut encore ajouter le Mar-
,Jement, le- Battement & la Langueur qui no
,
i1t peint specifiez pour la Voix, parce qu'elle
# pratique naturellement, mais il faut les fpe-*
aier pour l'Instrument, parce qu'on ne les pra-
queroit pas autrement,
À
CHAPITRE Il.
De la Cadence.
1 L faut premierement remarquer que par M

mot de Cadence j'entends le Tremblement


« 4 ^ 1 -
ÔC que par celuy de cadencé finale j entent^<
il

la Cadence formée par le Chanc des Notes, qui;


fait comme la Conclusion d'un Chant. i
Il ya deux sortes de Cadence ; Sçavoir la Cati
dence avec appuy, & la Cadence sans appuy. f
La Cadence avcc appuy se fait lors que lt
doigt qui doit trembler la Cadence, appuye ult
peu avant que de trembler, sur la Note qui cst
immediatement au dessus de celle qui demande
une Cadence. Ainsi pour faire une Cadence sui
le Si, il faut appuyer & trembler sur l'rt; &'
faire Cadence sur l'ri, faut
pour une il
te trembler sur le Ré. Et ainsi des autres. |
appuyq|
Pour connoistre maintenant quand il faut pra.:
tiquer la Cadence avec appuy & les autres
Agrémens, il faut supposer d'abord
>
le Signe
Majeur ou de Quatre Temps, & regler tous les
autres Signes sur celuy-là. m
CHAPITRE III.
Juand il faut pratiquer la Cadence
avec appuy.
p. Uand
|
1
on
longue,
descend

T-
d'une
comme
A. d1l une »ivoire
(¡s en descendant sur
Note
d'une Croche à
\a une ance,
Tll
Noi-
1
.
une plut à
une
- quelque-
Tt oc

12 conjoints oii éloignez, & que la Cheute sc


«

des Notes égales par de-

sur la seconde Note d'un Semiton en def-


lidant comme Mi, si, &c. C. ou celle qui
timmedia,t,cment audessous, comme Ré L4.
y
J
!ne[n1e sur ces mesmes Notes en mesme de-
là D. on doit faire la Cadence avec appuy,
rendant il faut remarquer qu'à l'égard des
mes en mesme degré, l'appuy doit estre fort
cer, à moins que ce ne foit pour tomber sur
E Cadence finale &
à l'égard des autres No-
rque l'on doit appuyer, il faut toûjours regler
3puy sur la valeur de la Note, & sur la mesure
aie mouvement, qui ne doivent jamais estre
,xrez) sous aucun prétexte d'Agrément.
Quand on descend d'une Note bréve à une
igue, & aussi sur un mesme degré, s'il suit une
,i)te encore plus longue qui ne
termine pas le
uant, ig qu'elle soit la seco.ade Note d'un
Semiton en descendante ou celle qui est imtiki
diatement au dessous ilt faut porter la Cade;
,
avec appuy sur cette plus longue. E.
Toute Note pointée en descendant dansl
|
suite d 'un Chant doit estre tremblée
avec
preferablement aux autres Notes, quand mesi(appi,
elle ne seroit pas la seconde Note d'un SemiCÎ
en descendant ou celle Qui estimmediaremft
au dessous. F.
La Penultiéme de toute Cadence finale
-ecenant par degrez conjoints, demander
Cadence avec appuy. G. l
Il n est pas permis, ou il doit estre
faire deux Cadences de mesine espece de suitrare
sans qu'elles soient separées
par quelquCLU4
Agrément, ce qui Cefait ordinairement par4
moyen de l'Aspirarion)ou de la double Cadenc
comme nous verrons cy-aprés.
Il faut remarquer qu'on
ne doit jamais sais
aucun Agrément d'une Note à une autre,
elles sont separées par quelque pause, quan
la première des deux fait
& quan
une Cheute de Chant,
ExEMPLES.
Comme s'il y avoit.

CHAPITRE IV.
Pour l'appuy & le tremblement
>
de la Cadence.
NT Ous avons dit cy- devant que pour ap-
puyer 8f trembler la Cadence, il faut met-
le doigt lu r la Note dont la ituation elt m-
médiatement au dessus de celle qui demande
le Cadence, mais comme dans les Cheutes
Intervalles, il faut souvent appuyer la Cadence
V le B Fa Si, & sur 1"E Si Mi, qui sont des

igrez sujets au changement, suivant les dif-


i
Ircnts Modes du i mol 6c du carre, & mcsme
.
r À Mi La dans les Tons transposez qui chan-
>
géant rordre de l'Inconacion,ehangene enmejufc
temps l'ordre de l'appuy :
Voicy les "
Rcgles'p'
le pratiquer exa&ement. 1;
i
Dans les Pieces de Mu si que par mol il f»

appuyer & trembler la Gadence d' A Mi La ir


le Semiton de B Fa Si, & dans les Pieces pa es-

carre il faut appuyer &: trembler la Cadence dr


Mi La sur le Ton entier de B Fa si'. [
En G Ré Sol mineur il faut appuyer & trer m
>
bler la Cadence de D La Ré sur le Semiton dj;
Si Mi, A. à moins que D La Ré ne soit pr
cedé ou suivy d'une Note qui soit sur le Tr.'
'
entier d'E Si Mi. 1

En D La Ré mineur il faut appuyer & trent


>
bler la Cadence d'A Mi La sur le Semiton c'
B Fa Si, B. à moins que la Modulation du Chat.
ne tombe sur la Cadence finale d'A Mi Là, o|
de C Sot Vt-, car alors il faut appuyer & trerà
bler la Cadence sur le Ton entier de B Fa sty
Quand une Note qui demande une Cadencé
est precedée ou suivie immédiatement, ou à pet
prés d'une Note marquée d'un i il faut appuye
Ôc trembler la Cadence sur le Semiton C. & 1

^
elle est marquée d'un Dieze ou carre, il saus 3

appuyer 6c trembler la Cadence sur le Ton eijjj


ticr. D.
i
Dans les Tons transposez par mol, quand,
on est obligé de trembler une Note , dont la su-.
perieurc:
rieure cst dominée par un i, il faut appuyer
trembler la Cadence sur le Semiton. E.
Dans les Tons transposez par carre, quand
est oblige de trembler une Note dont la su-
,
ieure est dominée par un Dieze, il faut ap-
yer & trembler la Cadence sur le Ton en-
r. F.
En C SolPt mineur, il faut appuyer &: trem-
;r la Cadence de G Ré Sol sur le Semiton d'A
i La, G. si ce n'est lors que la Modulation
mbe sur la Cadence finale de G. Ré Sol, ou de
Fa Si ; car alors il faut appuyer & trembler
Cadence sur le Ton entier.
EXEMPLES.
Il faut observer tant pour la pratique de1.
Cadence, que des autres Agrémens qu'il saus.,.'
regler sur la valeur des Notes, que leur figuri-
ne montre pas toûjours leur juste valeur , & quet

c'est par les Signes que l'on doit connoistre et:


que chaque Note vaut; car dans l'Exemple suis
vant, ces Notes quoy que de differentes figure^
ont cependant mesme valeur, à cause des diffe-ji
uents Signes.
CHAPITRE V.
Reglel pour pratiquer la Cadence
sans appuy.
IL Acédente
Cadence sans appuy se fait comme la pré-
>
en retrenchant l'appuy.
»
La Cadence ians appuy se doit pratiquer loTS
•ïjue Ton monte d'une bréve à une longue sur la
première Note d'un S,emitonen montant A. ou
xelle qui est immédiatement au dessous, parti-
Iculierement quand elles font pointées B. &
flmesme en descendant, lors que leur peu de va-
deur empesche l'appuy. C.
Quand on descend sur des Croches, dont la
rpremiere fait la seconde partie d'un temps, il
faut faire la Cadence rans appuy sur la seconde
.

f4 me 6me &c-. D. & quand elle fait la première


,
(partie d'un temps , il taut faire la Cadence sans
£ appuy
sur la 3 mc 5 me 7 me E.
,
Quand on monte sur des Croches dont la
premiere fait la seconde partie d'un >
temps il
î
faut faire Cadence sans sur ,
la seconde F.
i la appuy
& quand elle cst la premiere partie d'un temps il
.
faut faire la Cadence sans appuy sur la troisiéme,,
pourveu qu'elle soit la premiere Note d'un Se-
Miron en montant , ou celle qui cIl: immediate*
ment au défions. G.
Quand on descend sur des Noires égales, donp
la premiere fait le premier ou troisieme
temps ddl
la mesure, il faut faire la Cadence sans
sur la 3 me 5 me 7 me ,&-c. H.ou si appuy
on y un
il doit estre fort léger, & quand elle fait le)
fecond ou quatrième temps de la mesure il
faut faire la mesme Cadence sur la 2de 4mei
6me,&c.
Quand on descend sur une Note longue qui !
demande une Cadence, il la faut faire sans
ap-
puy sur la seconde partie de sa valeur, particu- .

lierement dans l'accompagnement. 1.


EXEMPLE.

Dans tous, les ,Mquvernons legers la Cadence


sc doit faire sans appuy.
4

,
Ceux qui voudront sçavoir plus au long les
tegles de la Cadence & du Port de Voix dont
d(ous allons parler, trouveront dans ma Méthode
(tour la Musique dequoy les satisfaire.

CHAPITRE VL
Reglel pour la pratique du Port
de Voix.
L E Port de Voix se fait en donnant deux
coups d'Archet différents sur une Note, &
alliant tomber le doigt lur la Note iuivante en-
.

tiron à la: moitié du coup d'Archet.


>
Quand on monte par degrez conjoints d'une
oréve à une longue il faut faire le Port de Voix,
jarticulierement quand on procede par Inter-
valle de Semiton, comme du Mi au Fa, &c.
Klors il faut tirer, &: en suite poaffer sur le ]rIi:J
:c à la moitié du pouffé on met le doigt sur le Fa,
lelon que la mesure le permet. A.
On peut quelquefois faire le Port de Voix [llf
les Notes égales en valeur, particulièrement
rnand on proccd'e par Intervalle de Semitons,
Z quelquefois meftne par Intervalle de' Tons,
courveu que la Note suivante descende y & que
a Mesure & le Mouvement n'en soient point
lterez. B.
Au Signe de quatre temps la Cheute du roi
de Voix doit toujours tomber sur le premier G
,
ou sur le troisiéme temps de la. mesure, D. soi
d'une bréve à une longue,px ou sur des Not '
égales.
Aux Signes de trois temps le Port de Voie
doit tomber sur la, premiere Note de la mef
sure. E.
Aux Signes de deux temps le Port de Voi
peut tomber quelquefois sur le sccond temps d<
la mesure, mais ordinairement il tombe sur li f

premier temps. F. \
Quand la Cadence finale se fait par degrés
conjoints, la Note penultiéme est moin]
que
dre en valeur qu'une Noire, & quelquefoij
mesme valant une Noire, si cette Cadence fl
termine en montant, on la doit toujours finir pal
un Port de Voix. G. j
t.
EX;EMP E.
Comme s'il y avoir.

CHAPITRE VII.
Réglés pour la pratique
dit Martellement.
L touchant
E Martellement fait, se que le doigt
lors
Note bat d'abord deux
une ou
rois petits coups plus
% r
terrez ^
oc plus
1
prenez
/V*
que
l. Cadence, & qu'il demeure en suite sur la

fouche.
Le Martellement est toujours inseparable dei
:ort de Voix, car le Port de Voix se doit toû-
.)urs terminer par un Martellement. C"est un
i^rémenf que la Voix fait naturellement par
ne petite agitation du gozier > en terminant lç
Port de Voix, c'est pourquoy les Infiniment:
doivent l'imiter.
Le Martellement se fait ordinairement sur h
seconde Note d'un Semiton en montant, conr
me Fa, rt, &c. particulierementquand on more
te d'une brève à une longue. A. B.
Au Signe de quatre temps quand on jouë de
Croches égales, le Martellement>
se doit fair<i
sur la premiere partie d'un temps en montant, Q
& remarquer qu'en descendant il n'est pas si OIt.
clinaire. Quand on jouë des Noires égales il 1;
faut faire sur le premier & troisiéme temps> de 1.
Mesure. D. j
Au Signe de deux temps sur des Noires égaler
il faut faire le Martellement sur la premiere part,
tic d'un temps en montant E, & sur des Crochej
il le faut faire sur la premiere &: troisiéme parii<
d'un temps. \
Au Signe de. trois temps le Martellement 4
doit faire sur le premier temps de la Melitre:\
quand cesont des Noires F, mais au regard de<!
Croches il le faut faire sur la premiere partie
,
d'un temps. G.
Quand on touche l'Unisson double, il faut
autant que la Mesure & le Mouvement le per-
mettent, faire le Martellement du doigt qui!
tient l'Unisson de la chorde à l'ouvert, appuyant
un autre doigt à la Touche prochaine du coû'
<i Sillet ; car le Martellement ne se doit raire
me de l'Intervalle d'un Semiton en ce rencon-
f, & tout au plus de l'Intervalle d'un Ton
toute autre occasion, & jamais on ne doit le
ire d'un plus grand Intervalle. H.
I Le Martellement de l'Intervalle d'un Semi-
an sur lTJniffon, se doit faire particulierement
âiand on tombe sur une Cadence finale de Basse,
t quand onest obligé de faire une Tenue un peu
ingue sur une Note où l'on peut prendre l'U-
,non double. I.
'On ne doit jamais faire a "Apraton, que ce
Disoit à dessein de faire en suite la Cadence,
11
la Cheute,
Quand on fait la Cadence sur une Note qui
11a Seconde d'un Semiton en descendant, &
; la Note sui vante monte d'une Tierce
t sinir la Cadence par une Aspiration. E.
.
il

JL'Aspiration se doit faire souvent quand on


1>nte par Tierces, particulierement Mineures,
c'est à la fin de la premiere Note de la Tierce
t'il faut faire l'Aspiration. F.
JOn doit faire l'Aspiration lors que de la Se-
inde Note d'un Semiton en descendant, on
ambe par une Cheute de Tierce sur une Note
ëezée ; alors TAspiration se doit faire à la fin de
fl premiere Note sur le Semiton. G.
T L'Aspiration se peut souvent faire au lieu de
i double Cadence en descendante ou sur le
tesme degré.
) Quand on jouë des Airs de Mélodie, où il y
des paroles, il ne faut jamais faire l'Aspiration,
y autre Agrément sur les Syllabes bréves.
Comme l'Aspiration se doit toucher sur la
Jote qui est immédiatement au dessus de celle
iue l'on touche, & qu'il la faut toucher tantost
sir le Semiton, & tantost sur le Ton entier, il faut
(bferver les mesmes Réglés que nous avons mar-
lué pour l'appuy & le tremblement de la Ca-
x
rence,
EXEMPLE. i

Comme s'il y avoit. j


CHAPITRE IX.
Réglés pour la Pratique
de la Cheute.
-
^ Cheute se fait lors que
i
'i descendant par
Intervalle de Tierce, on touche paflanc
en
fécond coup d'Archet la Note dont la fitua-
est entre les deux qui font la Tierce.
a Cheute se fait quand on descend d'une
ce, lors qu'on ne veut pas, ou qu'on ne
(pas faire la Cadence sur la Note de la
ce qui fait la Cheute. A.
n peut sur une mesme Note faire la Cheute
i Cadence sans appuy, & c'est lors que la
X qui fait la Cheute de la Tierce est longue,
rue la Note descend par degrez conjoints,
tesme par Intervalle de Tierce ; alors il faut
i »la Chcute faire la Cadence sans
appuy , Se
itite la seconde Cheute. B.
Ii Cheute se peut faire quelquefois sur des
zps en mesine degré, & c est ordinairement
a plus longue. C.
4n ne doit jamais faire de Cheute, lors
i.miere Note de la Tierce est la fin d'une que
ede Chant, & qu pe-
entre les deux Noces
cont la Tierce il y a quelque pause.
Toutes les Tierces en deicendant qui if
Majeures comme Mi Pt, La , Si l,
,
demandent une Cheute parce qu'il ne les f
,
jamais trembler D. à moins que la Note qui
la seconde de la Tierce ne descende.
Nous avons dit dans les Regles de la Cad
ce, qu'il la faut faire quand on descend d'il
brève à une longue sur la Note qui est imi,
diatement au dessous de la seconde Note d
Semiton en dépendant >
e mesme quand e
font égales, èC que la Mesure le permet ,
pendant il faut observer que quand on desc'>'
sur des Notes égales, & mesme d'une brévt
une longue, sur la Note qui est immediatemi-
au deflbus de la seconde Note d'un Semito
descendant3 & que le Chant se termine dell
il faut feulement faire la Cheute. E. I

La Cheute se fait quelquefois lors qu'on dt


cend par Intervalle de Quarte, & c'est lors q
l'on tombe de la premiere Note d'un Semitom
descendant, comme Fa, Vt, sur une Note m;:
quée d'un Dieze ou d'un ^ carre, sans faire:
Cadence, cette sorte de Cheute est fort te;
chante, Se propre pour les Airs tendres & l|j
gui (Tans, elle se fait en touchant en passant
Note, qui est immédiatement au de/Tus de ce
qui fait la Cheute de la Quarte, du me6
coup d'Archee, F-.
Xa Cheute aulieu de la Cadence, lurles No-
;
marquées d'un Dieze 8c autres Feintes fait
L
bel effet, particulièrement en montant, il se
t anticipant la Note qui est immediatement
dessus de la Note diezée, 8c la coulant du
sme coup d'Archet, son caractère est sem-
ble à celuy de la precedente. G.
^Quand deux Notes descendent par degrez
joints, dont la seconde demande une Ca-
nce, qu'on
&: se veut dispenser de la faire pour
er davantage le Jeu, il faut à la fin de la pre-
ere Note faire l'Aspiration, 8c en suite la
eute sur la seconde. H.
JLa Cheute se fait aussi quelquefois en pareille
tcontre sans Aspiration. I.
1Dans les Pieces ou le mouvement veut estre
ucoup marqué, il ne faut point faire de
meute.
-Comme faire la Cheute il faut toucher
pour
ÎNote dont la situation est entre les deux qui
it la Tierce, 8c qu'il la faut toucher tantost
f le Ton, 8c tantost sur le Semiton, il faut
}ir la pratiquer exattement, observer lesmef-
s Regles que nous avons marqué pour l'appuy
la Cadence.
EXEMPLE.

CH APITRE
CHAPITRE X.
Réglés pour la pratique de la
double Cadence.
f A double cadence se fait en plusieurs tI1â";
niérés, tant en montant qu'en descendant!ll
tmme on le voit par l'Exemple suivant.
I Celles qui se font en descendant sent de trois
'}anieres différentes èependant la difference
y
en est pas grande ;
c'est pourquoy il est libre à
;luy qui jouë de mettre en usage celle qu'il
pudra en la réglant sur la valeur de la Not-c.
1 Des trois manières de doubles Cadences qui
tesfonc
en descendant j il y en a deux plus dou-
es que l'autre j elles se pratiquent ordinaire-
ment ssir la premiere Note d'un Semiton
en det:
endant comme Yt, Fa quand la valeur de
* >
Note le permet j & l'on ne la precede ja-
1

Îais de la Cadence avec appuy" ou^sans ap-


ly. A. F.-.

: J|
On pratique aussi ces deux mesmes manieres
e doubles Cadences* sur la seconde Note d'un
semiton en descendant comme Mi, Sis mais
*
-
des sont ordinairement precedée de la C;a-
;ence avec appuy , quand elles se font- en deC*
Kndant. & C1ns appuy en montant. .
~e
La troiueme maniere de double Cadence, qw
est la moins double, se pratique sur les mesmJ
Notes que les autres, lors que la valeur de |
Note ne peut souffrir que celle-là. B. i
On pratique deux sortes de doubles Cadeil
ces en montant, dont Tune est plus double qir
l'autre.
Toutes deux se pratiquent quand il se renco
tre une especede Cheute de Chant enmontan '
&: c'est ordinairement sur la penultiéme No
de la Cheute du Chant qu'on les pratique. C.
La plus double se pratique ordinairement da
4les Pieces d'Harmonie &: de Melodie, par au
<

de
tant coups d'Archet qu'il ya de Notes qui 1
composent; mais dans les Jeux d'accompagné'
nient il la faut passer d'un seul coup d'Archet. D
La seule différence qu'il y a entre les deux sorte
de doubles Cadences en montant, ne consist
dans la valeur de la Note la fait; cal:
que ou on
si elle est longue on fait la plus double, & si eU :
est breva on fait la moins double. C.
Il faut remarquer que quand la Note est beau
coup longue, on ne fait la double Cadence qu<
sur la seconde partie de sa valeur F, & que h
double Cadence en montant doit toujours cstr<
precedée de la Cadence sans appuy. [

Il y a encore une autre forte de double Czj


dençe, que l'on appelle double Cadence ren
criée > on la pratique au lieu de la double Ca-
rence en montant, lors que la disposition de la
lain ne permet pas de faire autrement elle doit
lire précédée quelquefois de la Caderi.ce sans
>

puy, & quelquefois avec appuy, lors que la


leur de la Note 6c le Chant le permettent,
: non autrement. E.
La Cadence finale qui se fait en descendant
ir degrez conjoints ou éloignez, & mesmeen
tontant j doit estrè precedée de la double Ca-
ence5 suivant les Regles cv-devant, autant que
Mesure & la disposition de lamain le permet-
'j nt. G. ou tout au moins de la Cadence avec

puy) ou sans appuy.


J Exemple.
Comme s'il y avoit.

CHAPITRE XI.
Du Batement, dela Langueur
& de la Plainte.
L ,
E BATEMENT se fait lors que deux doigô
estant pressez l'un contre 1"autre l'un apj
puye iur la chorde > oc le iuivant la bat tore let
gerement.
Le Batement imite une certaine agitatié»
douce de la Voix sur les Sons ; c'est pourquo,
on le pratique en toutes tencontres quand la va
sir de la Note le permet, il doit durer au..
ît que la Note.
La Langueur se fait en variant le doigt sur la
la
i
touche.On, pratique ordinairement lors qu'on
obligé de toucher une Note du petit doigt,
que la Mesure le permet ; elle dojt durer
Î tant que la Note. Cet
Agrément est poursup-
t er au Batement qu'on ne peut faire quand le
tit doigt est appuyé.,
La, Plainte (e fait en traisnant le doigt sur la
\ lorde d'une Touche à l'autre prochaine en def-
i ;ndanc sans le lever; Cét Agrément n'est pro-
'e que pour les Pieces de Melodie d'Harma-
^ ie ; car dans l'Accompagnementon ne doit pas
pratiquer ou çe doitestre rarement &: ayee
, ,
aucoup de prudence & de connoissànce dans
-,es Chants languissans, afin qu'il n'en resulte
îicun mauvais effet contre les autres I^rtïes,
tét Agrément se fait en procedant par Semi-
13ns Majeurs &: Mineurs :
Il est fort touchant
z patecique,. parce qu'il touche en passant; lç$
!.egrez Enharmoniques.
Ces trois fortes d'Agrémens ne peuvent estre
connus par Demonstration sur le papier, par au-
igne disposition des Notes.
Il y a plusieurs Traits agreables & utiles, que
c n
l
doit pratiquer
iole: mais il
pour
seroit
la perfection
difficile d'en
du Jeu
d:onnc¡l
de la
des,
Regles certaines; comme auili d'en acquérir 11
Pratique sans, le secours d'un Maistre.

CHAPITRE XII.
Règles pour la Pratique de ÏVniJTork
de la Tenue, & de la Liai(ôn.
L 'Uni(Ton est un supplément v/
pour éviter Ici.
chordes à l'ouvert pour mieux 11
-

1 porter
inam , 8c pour l'occuper. I
Il y a deux sortes d'Unissons; Scavoir l'Unif
son double, & l'Unisson simple,'
L'Unisson double se fait en touchant deu1
chordes qui rendent le mefine Son, lune estam
touchee avec le doigt & l'autre à l'ouvert. |
L'Unisson double se, pratique
autant de foi
qu'on le peut sans alterer la Mesure & sans for-
la main , fburnir double ,
cer pour Harmonie dei
Son, particulièrement aux Cadences sinales qui
tombent à l'ouvert, il fait un fort bel effet dans:
l'Accompagnement.
*L Unisson simple se fait
en touchant une chor-
de seule, dont le Son ainsi touché le doigt
avec
fait Unisson avec un autre, qu'il faudroit aussi
toucher, & mesme à l'ouvert.
L'Uniubn simple se pratique
autant de fois
que la disposition de la main le permet, pour
rendre le Son plus uny parce
; que les différents
Sons d'une mesme chorde touchée
avec les
îoîgts font plus égaux que si 1 on touchoit les
Sons sur ,chordes differentes.
_aeunes deux
[ Les Unissons doubles &: simples doivent estre
fatiquez particulièrement dans l'Accompagne-
ment.
) Quand PUnisibn est accompagné de la Lait*
lueur, il doit toujours estre simple.
" La Demonstration des Unissons doubles &
Impies est dans le Manche de la Viole dont
y
ous avons donné quatre Figures.
1De la Tenuë r-% & de la Liaison. w
La Tenue consiste à faire deux ou plusieurs
v<Jotes d'un seul coup d'Archet, comme s'il n'y
In avoit qu'une qui eût la valeur de toutes celles
mi sont renfermées dans la Tenue, quand elles
ïènt sur un mesme degré ; cependant cette Re-
içle n'est pas d'une necessité absolue, parce que
souvent la longueur de l'Archet ne suffiroit pas,
t1 faut seulement prendre garde,, quand on chan-
ge le coup d'Archet à la moitié d'une Tenue, de
?e marquer le
moins que l'on peut, pour suivre
Q'esprit de FAucheur de la Piece. C'est particu-
fièrement dans l'Accompagnement que cela
^eut estre observé.
La Liaison consiste à couler d'un seul coup
l'Archet toutes les Notes qui sont renfermées
ledans) & c'est-dans les Pieces de Melodie &
d'Harmonie qu'il l'a faut observer : Il faut rdt
marquer que dans les Airs qui font faits pou<
chanter, les Croches & doubles Croches n'oit
point d'autres Liai(bns que celles qui les lientpa<
la queuë, 6c qu'on ne les doit observer sur 1
Viole,qu'autan't que l'espritdu Chant le demant
de & que le coup d'Archet le permet. Cela sjt
,
doit observer particulièrement dans PAccompaju
!
gnement.
CHAPITRE X111.
Les Proprietez.., des Aremens.
L A CADENCE avec appuy &: sans appuy esi
propre pour tous les Jeux différents de h
Viole : Uans les Airs tendres languiilans il la
faut flater & dans les Airs gays il la faut animerf
Mais il faut
3

"
obferyer que l'appuy de là Cadence'
dans rAccompasnemenc doit estre sou vent forci'
leger, pour éviter le4 mauvais effets qu'il feroid.
contre les autres Parties : Dans les Airs de Me-:
lodie, & les Pièces d'Harmonie, on doit observer :

l'appuy autant que la Mesure & le Mouvementt


le permettent j on ledoitaussi observer de mes--
me, soit seul, soit en Partie. Et au regard du.1
Jeu de s'accompagner quand on chante le Def-:
fus, on peut aussi pratiquer l'appuy de lamesine:
3

manière, pourveu qu'on le proportionne en forte


i
;

*
u il ne tasse aucun mauvais esrêt.
I LE PORT DE VOIX est aussi propre pour tous
Jeux differents de la Viole. Dans l'Accompa-
ss
gnement il faut beaucoup. te menager, 8c le
pratiquer dans tous les autres Jeux, suivant ce
tue nous avons dit de la Cadence,
L E MARTELLEMENT est propre pour tous les
j eux
différents de laViole,& s'y doit pratiquer ré-
gulièrement ; car il ne peut jamais faire aucun
Mauvais effet, si ce n*est qu'il fût trop frequent.
L'ASPIRATION est propre pour tous les Jeux
tifferents de la Viole, elle fait un bel effet dans
s Pieces tendres.
LA CHEUTE est propre pour tous les differents
!:eux de la Viole, & s'y doit pratiquer ponctuelle-
ment, elle rend le Jeu plus lié & plus doux.
Dans les Chants tendres & languissants on la
doit faire souvent au lieu de la Cadence, pour
rendre le Chant plus patetique. Dans les Pieces
le MuCique qui expriment quelque chose d'é-
Douventable éc de terrible, elle se doit faire
d'une maniere brusque & précipitée.
LA DOUBLE CADENCE est propre pour tous les
4ifferents Jeux de la Viole, & fait un bel effet
quand elle est bien ménagée.
LE BATEMENT est propre pour tous les diffe-
rents Jeux de la Viole, & n'y peut jamais causer
4e mauvais effet.
La Plainte est un Agrément fort patetique
parce que, comme nous avons dit elle touche et :
pasiant les degrez Enharmoniques, elle estpro.-
pre particulièrement pour les Pieces deMelodie,)
& pour les Pieces d'Harmonie comme auRi
;
pour le Dessus de Viole seul & en partie : aux:
autres Jeux elle doit estre fort rare, c'est un Agre.:
ment que les sèuls ïnstruments à Archet peu-t,
vent faire.ellc se pratique aussi sur la Flûte : mais',
ce n'estpas avec tant de justessè & de regularitÓ
que sur la Viole i parce qu'il est plus facile de.
ménager son doigt, que son-vent;
La Langueur est propre
pour tous les diffc-
rênes Jeux de la Viole, ne peut faire aucune
mauvais effet, elle est fort agreable^ particu-
lierement dans les Pieces tendres.
Il faut observer que tous ks Agrémens qui
alterent la Mesure & le Mouvement, se doi-
ne
vent jamais pratiquer,
Dans les Mouvements legers & l es
Agrémens doivent estre rares.
marquez,
Les Agrémens les plus doux & les plus
turels de ceux qui le font d'un Son à na,
un autre,
comme la Cadence, le Port de Voix TAipira-
tion & la Cheute, sont ceux qui se ,
dans l'estenduë d'un Semiton. rencontrent
On peut faire plusieurs Agrémens sur
une^
mesme Note, pourveu qu'ils soient de différentes
cspeccs.
Q.,.,_VATRIFME PARTIE.
CHAPITRE PREMIER, f

Regles pour le coup d' Archet.


I la Viole touchée de la main gauche
avec ses Agrémens est un corps, on
peut dire que l'Archet en est rame,
puisque cest luy qui l'anime. & qui
exprime toutes les paillons qui conviennent avec
[a Voix & qui marque les différents mouve-
, Chant c'est
nents du ; pourquoy il est d'une
grande conséquence de s'en servir avec ordre,
ce qui doit encore prouver cette necessité, est
fexa8:itude avec laquelle les lviaistrcs marquent
'es coups d'Archet dans leurs Pieces,
I De plus
on sçait que c'est une des choses qui
net de la difference entre la Viole & le Violon ;
>arce que le coup d' Archet est tout opposé, &C
'¡u'il faut pousfer sur la Viole ce que l'on tire
ur le Violon, & qu'il faut pousfer surle Violon
:e que l'on tire sur la Viole. La raison de cette
différence, est qu'au Jeu de la Viole la force
I
du bras est en poussant, & qu au Violon elle cfl.t
en tirant, à cause de la différente maniere- der
tenir ces deux jnstruments, & c'est aussi pouir
cela qu'à la Viole on pouffe les longues, & l'on'
tire les brèves ; çe qui (e fait d'une maniéré con-r
traire au Violon.
\ Quelques Maistres veulent que pour le coupj
d'Archet on se regle sur les Notes de mesme va-
leur, dont le nombre est pair ou non pair. Quand:
il est pair ils veulent que Ton commence en *

poussant, & quand il est non pair ils veulent-


que l'on tire : Comme aussi lors que dans la suite,)
du Jeu il se rencontre des Croches ou doubles ?

Croches, dont la premiere- se trouve en tirant,


& dont le nombre est pair, ils veulent que Ton
tire la premiere & la 1-econde Sç s'il est non pair
, s

que l'on suive le coup d? Archer : mais comme le?


nombre de plusieurs Notes n'est pas toujours far
cile à distinguer aussi promptement qu'il est ne- -
ceffaire, & que fou vent ces Regles font &jeces
à quelqu'erreur, je trouve qu'il est plus seur, &:
mesme plus facile de fë regler sur la valeur des,
Notes par rapport aux Temps & à la Mesure.
Au Signe Majeur, ou de quatre Temps.,quand
0n trouve des Noires, dont la première est la'
premiere ou troisième parcie de la Mesure il
faut commencer en pouffant, quand mesme le
nombre des Notes de mesme valeur seroit non,
i air A, & si elle est la seconde ou quatrième par-
ue de la Mesure il faut tirer. B; -«t
v
Au mesme Signe, quand on trouve des Crb-
ches & que la premiere. est la premiere partie
,
j'un Temps il faut pouffer C, & si elle est la
):condè partie d'un Temps j il faut tirer. D*
Au mesme Signe, quand on trouve des dou':
bles Croches & que la premiere est la 'premiere
j
mu troisiéme partie d'un Temps il faut pouffer E,
si elle est la seconde ou quatrième partie d'un
Temps il faut tirer. F.
Quand dans la suite d une Piece de Murique
Tm rencontre des Croches en tirant, dont la pre-
miere est la premiere partie d'un Temps il fauc
i:irer la premiere & la seconde G & si on ren-
,
contre des doubles Croches en tirant, dont la.
premiere est la premiere ou troisiéme partie de
la Mesure, il faut pareillement tirer la premiere
-L- la -secolide H, cette Regle doit estre observée
dans tous les Signes.
Quand dans la suite d'une Piece il se rencon-
tre quelque Cheute de Chant, ou quelque Ca-
dence sinale, dont la derniere Note est assez
longue pour reprendre le coup d'Archet, il en
faut observer les Réglés, comme si on corn.
mençoit la Piece. I.
Quand on coule une 0£tave, ou quelque Paf-
sage en tirant d'un seul coup d'Archet, il faut
coupure pouffer la Note qui fait la C'hcu--te
1 Dftave ou du Passagc. K. c
Il faut icy remarquer qu'il y a de la differenci
entre couler deux Notes & les tirer. Quand
Veut couler il n'y a que les doigts quicfoiver ot
agir & l'Archet ne doit point quitter les chou
,
des : mais quand on tire deux fois il faut foule
,ver l'Archet à la moitié environ de son 8
coup
le remettre aussi.tost en continuant le mclrar
coup, & non pas en recommençant à tirer.
Quand on trouve des Croches doubler;

Mouvement est fort viste il


à ne
I Archet, mais les couler d'un seul
faut
ou
j
Croches dont on est obligé de tirer la premiere
&la feconde suivant la Réglé cr-devant
Si M"
point levêl:,
Dans les Pieces de Musique coup. i

ou le Mouve->
ment est fort léger j on suit ordinairement lei
coup d Archet j quand on a observé les Regles:
en commençant; car au regard de ce qui p°euti
arriver dans la suite, on n'observe point les Re-
i
gles dont nous avons parlé, à moins qu'on
ne1.
rencontre des Notes allez longues pour favoriser
le coup d'Archet. '
Au Signe de trois Temps, si la premiere ,

Me- i
fureun est composee de trois Notes
valant chacune
u l emps , il faut commencer en tirant L. Et si <

t premierefaut vaut deux temps où û elle


estpoinà.@
tee, il raut commencer en pouffant.
1
M.
Dans la suite quand la Piece est de Mouvez
afnt, & qu'il se marque sur la premiere Note
chaque Mesure sur des Notes qui valent cha-
îne -un Temps si les deux premieres font sur
| mesme degré, il faut pousser la premiere &£
les deux
>

suivantes sans lever l'Archet; c'esfe


lier
ilire qu il faut à la moitié du coup en marquer
second continuant le inesme coup. N.
u ^ en
lais si la premiere & la seconde de la Mcfure
rit sur différents degret, il les fautpouŒer d'un
lui coup c'est à dire qu'à la moitié du Poussé
;
ifaut marquer la seconde Note en continuant
fmesinecoup. 0. Cette Regle doit estre
te particulièrement quand les Notes montent
a descendent par degrez con'dints &: il faut
i marquer que j'entends parler des
*
Pieces de
louvement.
Au mesme Signe lors que le Mouvement ne le
iarque sur aucun Temps de la Mesilre &: qu'il
Marche toujours également, il fuit suivre le
)
loup d'Archet P, si ce n'est qu il se rencontre
quelques Pauses, ou quelque Cadence sinale,
iu e4en quelqu'autre Note assez longue pour
avoriser le coup d'Archet sans interesser le
Mouvement.
Au mesme Signe ou Triple de Mouvement,
ors que l'on trouve une Note valant deux Temps
u commencement de la Mesure dans la suite
d'une Piece en tirant, s il luit une Note dr'
seul Temps il la faut encore tirer; c'est à dire L
mesme coup, en soûlevant un peu Archet, cols
me nous avons dit cy-devant.
;.,.u mësme Signe lors que chaque Mesure \

en levant
j
il suivre .
meslée de Noires & de Blanches qui fîncopcf
faut l'Archet &
Meslangê cesse on recommence à observer ]j
quand

Règles. R. i

Au Signe de trois pour huit, il faut observer!


coup d'Archet sur les Croches, comme on l'ol:r'
serve sur les Noires aux Signes de trois Temps.
Dans tous les Signes, quand on trouve un
Noire ou Croche pointée en tirant, il f*iit cint
la suivante du mesme coup autant que la M(!
>
sure le permet, remarquer que j'entends un
Noire Croche pointées au Signe de quatt,
Temps pour regler les aucres valeurs de Note
aux autres Signes. S.
Au Signe de six pour quatre il faut observe
les M'efsiies Regles du Signe yde trois Temps
faisant deux Mesures d'une; c'est à dire qu'i
faut observer sur les trois premieres Noires de K
Mesure les Regles du Triple, & recommencei
à les observer sur les crois sui vantes, le Mouve-
ment se marque ordinairement à ce Signe sur la
premiere Note de chaque Mesure composée de
six Noites.
Au
')Igne af
llx pour huit, te dans tous les
UKMouvemcns de Gigue, il faut suivre le
coup
il Archet j quoy que souvent les Notes pointées
, e trouvent en tirant, il faut seulement observer
ce m esme Signe soie en Mouvement de
j
aigueou non , lors qu'il se rencontre une Noire
°jn tirant,qui est la Premiere où troisième Noce
3le la Mesure, il faut tirer du mesme la
coup
broche lui vance. \
Aux Airs de Mouvement de la Mesure à deux
Temps sur des Noires, il faut pousser la
,tiiere partie du premier & du fécond Temps T pre-
ï il
si la Note qui commence la Mesure
vaut un
emPs » faut tirer les deux suivantes d'un seut
fcoup, & les marquer également V mais si la
.*
mère Note est la leconde ou quatrième partiepre-
u" l'emps > il faut commencer en tirant, X'.
;
Au Signe de quatre pour huit il faut obfer-
,
:-er les Regles du coup d'Archet sur les Croches,
tomme on les observe sur les Noires aux autres
lignes de deux Temps. Quand les-Croches font
beaucoup meslees de doubles Croches, il faut
-livre le coup d'Archet.
Dans tous les Signes ou le Mouvement n'est
(oint marque , & ou il n'y a point de Cheute de
-hant, il faut suivre le coup d'Archet sur les
otes égales, mais particulièrement dans
tous
'~s mouvements villes.
Quand on trouve une Note iincôpee en tirànt},
il faut tiret la suivante du mesme coup , si cé
ti'est que cette suivante fût une secondr sincope j
car alors il faudroit suivre le coup d'Archet,
Cette Regle doit estrè particulièrement obser
vée aux Airs de Mouvement. Y.
Au Signe de quatre Temps les Croches doi-L
vent estre touchees également c'est à dire qu'i
»
n'en faut pas marquer une : Mais au regard dear
doubles Croches il faut un peu marquer la pre-lj
miere, trolÍÏeme, &c. J

Aux Signes de deux Temps dans les Airs de


Mouvement sur des ,
Croches, il faut un peup
marquer la première 5 troisiéme, &c. de chaqu i
Mesure ; mais il faut prendre garde de les mar
quer trop rudement.
Aux Signes de trois Temps sur des Croches l' g

il faut un peu marquer la premiere de chaque


Mesure, & suivre les autres également : Il faut
.
observer la mesme chose au triple double sur les
*Noires aux Airs de Mouvement.
EXEMPLE.
jj
F

A B C

D B G
^
*
- :
CHAPITRE Il.
De la TransPosition.
L É mot de ransp?siti<:.nest un terme équf|
voque, qui convient à la Composition del
rieces de Muiique^ & qui convient aussi à leur
execution : mais la pratique en est différente r:
car Transposer dans la Compotition, c'est chan-t..
ger l'ordre de l'Intonation assigné au Nom Nai
turel de chaque Note y &: à faire Majeur ce quij<
est naturellement Mineur ; comme aussi à fair<k
Mineur ce qui naturellement est Majeur, &v
Transposer dans l'execution c'est jouer un Ton
une Tierce , une Quarte > ou une Quinte pluk
>

haut ou plus bas que ce qui est marqué sur Ici


,
papier par supposition de Clefs en faisant ren-;'j
i
contrer l'ordre de l'Intonation juste par rapport:
à celuy que l'on observeroit sion ne transpofoitn
pas, en forte que souvent l'ordre de 1'1ntonationtt
assigné au Nom de chaque Note est renversé^i
y
&: aussi quelquefois il y est remis en son Naturel j t
car quand on Transposeun Ton Naturel, il passes:
souvent dans les Tons Transposez de la Compo- t
sition, & quand on Transpose un Ton Transposé:
de la Compot-ition il rentre souvent dans Tordre
de l'Intonation Naturelle, 8c quelquefois dans.
3

&a Ton Naturel,


Tous ceux qui s attachent au Jeu de ÎAccom-
,
pagnement, &qui aiment le Concert, doivent
ravoir Transposer à l'ouverture du Livre sur
kous les Tons Naturels & Transposez;
car il n'y
.a rien de' plus honteux à une personne qui ac-
compagne x que d'étiré obligée d'avouer devant
une Assemblée qu'elle ne sçait pas Transposer,&
Vest une chose fort desagreable à une Assèmbl'ee
M'être privée d'entendre une belle Piece de Mu-
ifîque; parce que la personne qui accompagne ne
^sçait pas Transposer ; C'est pour cette raison que
$ ay crû devoir donner des moyens fàciles pour
ila Transposition* asin d'obliger tous ceux qui
^accompagnent à s'y attacher y & à s'y fortifier.
Pour Transposer à l'ouverture du Livre sur
' toutes sortes de Tons, il est necessaire de ravoir
la Musique à fond, & de plus il faut sçavoir jouer
sur toutes les positions des Clefs par i mol, &
>

.qpar ^ carre, sur les Tons N'aturels,& sur les


i Transposer. Il faut ensin sçavoir joüer facile-
-rnent- & à l'ouverture du Livre les Parties Su-
rper(eures en Basfes, & les Basfes en Supérieures ;
*

parce qu'il ne sè rencontre jamais aucune Note


)
dans la Musique qui n'ait rapport à quelque
JClef, & comme en Transposanc'plus haut ou
1 plus bas, la Note a souvent & presque toujours
i rapport
a une Clef Supérieure, je veux dire à la
Clef de C Sol Vf > & à la Clef de<7 RéSo/" dans
joutes leurs posicions, il n'elt point de moyeny
plus asseuré &plus facile pour Transposer, quei;
de se les rendre familieres en Baffe; car alors ili
jie faut que supposer la Clef à laquelle les Notes;
,ont rapport en Transposant, &la Transpositions
ne fera aucune peine.
Pour faciliter la pratique de la Transposition,)
je donne cy-aprés des Modelles sur tous les Tons,
Naturels & Transposez, où l'on connoistra lel
rapport des Clefs en Transposant d'iyi degré;
plus haut, &: d'un degré plus bas. D'une Tierces
plus haut, 6c d'une Tierce plus bas ; & ensin:
d'une Quarte plus haut, &: d'une Quarte plus i
bas & l'on pourra par ce mesme moyen Trans-
1
poser sur toutes les Feintes, & trouver le rap-
port des Clefs qu'il faudra supposer en joüant les
Parties Supérieures en Basles, &. les Baffes en
Supérieures.
J'avoue que cette Transposition sur les Feintes
est une chose assez difficile, & qu'elle est d'une
grande application : mais il suffit qu'elle ne soit
pasvimpoffible, & qu'elle soit quelquefois ne..
ceffaire, pour obliger ceux qui s'attachent à l,Ac,
compagnement à ne pas l'ignorer 3 & puis qu'on
compose bien des Pieces d'Harmonie sur ces
Feintes, qu'on les execute avec autant de sa..
cilité &: de perfection que les Tons Naturels,
çomme le fait Monsieur MARAIS, àl'admi*
ration de tous ceux qui l'entendent, il ne doit
-
pas paroistre impossible dese rendre cette Tranf-
f
portion familiere.
De plus il ne faut pas s'estonner si je mets icy
;
la Clef de C Sol Vt sur la seconde ligne d'en
haut, &: fur- la ligne du milieu pour la Basfe,
i puis qu'on les rencontre souvent dans les Pieces
4 de Musique, particulièrement des Italiens.
MO DE L L ES P O VR L A
'*Tranjpofînon d'un degréplu* haut
^
& d'un degré plus bas*
?
tn A Mi u Èlr=^slîfer~5S Vn Ton Vn Ton
st

rnaieur.
Vn Ton
En G Ri Sol ££=b Vn Toni,

majeur.
Vn Ton
En te Fi?
t
V F»*
"
1==t2'1t= 4—
fcrE*r---»-f~~<"—:Ffl
plus haut.
Vil Ton
Plus bas. I

mIneur.

Vn Ton Vn$emiton j

Èn E Si Mi
i mol majeur. IrîË*—^p^fc^r|rgy-r--^|
Vn Ton VaSemiton
f-H-HU- plu*haut, plus bas.
(!

En cE r- ,*•Mi Si i
± mol mineur.

Vn Semitnn Vn Ton
En E Si l\li
* carre majeur, fcSSjE^fcg ii

^
En D TLaReD
majeur.
' l~b¥
:z;
,
VilTon
plushaut.
—p-^-TX^IZ—f
i
Vn Ton
plus —-ffbas

Ia
MODELLES POVR LA
ranfpojïtion d'une Tierce plus
haut., & d'une Tierce plus bas.
MO DELI.oES POVR 441
'Tranjbo/ition d'une Quarte plut
z
haut, & d'une Quarte plu* bas.
F 1 N.