Vous êtes sur la page 1sur 4

u1pp

U1iond11ln4umi
e1
d, 11P101miu
d11Plan111
A l'attention
de Monsieur le Premier ministre
Edouard Philippe
Hôtel de Matignon
57, rue de Varenne
75700 Paris
N/Réf:185/2018

Boulogne-Billancourt, le 12 novembre 2018

Mon sieur le Premier ministre,

Par le présent courrier, les entreprises du secteur de la protection des plantes entendent vous
alerter sur une nouvelle disposition introdu ite dans la loi pour l'équilibre des relations commerciales
dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous.

Cette disposition à l'article 83 de la loi modifie l'article L. 253-8 du code rural et de la pêche
maritime en ajoutant un paragraphe IV en précisant que : « IV. - Sont interdits à compter du 1er janvier
2022 la production, le stockage et la circulation de produits phytopharmaceutiques contenant des
substances actives non approuvées pour des raisons liées à la protection de la santé humaine ou
animale ou de l'environnement conformément au règlement (CE)n• 1107/2009 du Parlement européen
et du Conseil du 21 octobre 2009 précitée, sous réserve du respect des règles de l'Organisation mondiale
du commerce. >>.

Pour les entreprises adhérentes à l'UIPP, l'impact économique et social en France de cette
mesure sera extrêmement importan t, avec plus de 2 700 emplois directement concernés sur nos 19
sites de production répartis sur l'ensemble du territoire . A cela, viennent s' ajouter les emplois ind irects
associés à ces sites, dont le nombre a été évalué à plus de mille; les sites étant souvent implantés en
zones rurales, c'est ainsi toute l' économ ie de ces territoires qui risque d'être impactée.

Par ailleurs, tous les ans des dizaines de millions d'euros sont investis sur les sites concernés
pour garantir la parfaite sécurité de ceux-ci et assurer leur pérennité.

Pour certaines de nos usines, cela représente jusqu 'à 2/3 du volume de production et des
effectifs associés avec une incidence également négative sur la valeur des exportations et la balance
commerciale du secteur largement excédentaire . Une partie relativement importante des productions
porte sur des produits phytopharmaceutiques spécialement adaptés à certains pays (type de
formulations, dosages...) pour t raiter des cultu res présentes que ce soit en Europe, en Afrique et
Moyen-Or ient ou encore en Russie...

La perte de ces capacités de production en France pourrait ainsi induire un point de rupture ,
quant à la rentab ilité de certains sites, et par voie de conséquence, entrainer tout simplement leur
fermeture et la délocalisation de l'activité . En prévision de l'application d'une telle disposition, nous
serons également rapidement contraints, comme l'exige la loi, de présenter cette situation aux
organisations syndicales de salariés des sites concernés.

1
u1pp
UAiondeilndu1trie1
dilaP10
1eoiondeiPlan111

Nos entreprises mettent sur le marché et commercialisent des produits


phytopha rmaceutiques à usage agricole mais également des solutions d' accompagnement pour les
agriculteurs. Elles fournissent plus de 40 % des produits uti lisables en agriculture biologique et plus de
50 % des produits de biocontrôle. Cette interdiction aura forcément des répercutions plus larges que
simplement sur les produits phytopharmaceutiques contenant les substances actives visées en
fragilisant l'emploi et l' attractivité économique de nos industries en France.

En effet, nos entreprises investissent chaque année en R&D plus de 10 % de leur chiffre
d'affaires mondial afin de répondre à la fois aux besoins des agriculteurs en fournissant des solutions
de protection des plantes innovantes mais également dans un souci permanent de les rendre toujours
plus respectueuses de l'environnement et de la santé . Cette interdiction aura pour conséquences des
réductions inévitables des investissements sur les sites de production en France mais plus globalement
des investissements en recherche et innovation, seuls capables d'apporte r des réponses concrètes aux
demandes sociétales.

Nous sollicitons une rencontre pour échanger avec vous sur ce sujet afin de trouver
rapidement une solution pour empêcher cette diminution importante de notre activité industrie lle de
production en France aux conséquences sociales et économ iques très négatives.

En vous reme rciant par avance de l'attention que vous porterez à ce courrier, et, dans l'attente
de vot re réponse, nous vous prions de croire, Monsieur le Premier ministre, à l'expression de nos
salutations respectueuses.

Laurent PELLETIER Jacques ESQUERRE

Direct eur Général d' Action Pin Directeur Général d' ADAMA France

Richard MATE! Nicolas KERFANT

Directeur Général de Arysta Vice-Président BASF


LifeScience France SAS

2
u1pp
Unionfo lneustries
dr 1, P1c
1enion
drsPla111s

Frank GARNIER Jacky BARRAULT

Président de Bayer France Manager France Belch im Crop Protection

Ronan GOFF Nicolas FILLON

Directeur Général de Certis Europe Directeur Général - DE SANGOSSE

Jean Philippe LEGENDRE Marcos Souza LOBO

Président Dow AgroScience , Directeur Directeur Général FMC


Corteva Agrlsclence

Olivier DENEUFBOURG Lionel ORCEL

Président GOWAN France Country manager Nufarm France

3
u1pp
Uoiood11lndu111ir1
delaProle<t
iondesPlalln

Léon LENGLIN
Philippe HAMELIN
Directeur Général de PHILAGRO
Directeur Général de PHYTEUROP
SA

Bruno THEVRET Jean-Paul SIMMLER

Directeur Exécutif - SAPECAgro France Président du groupe SBM

Antoine MEYER
Bruno BARANNE
Président de Sumî Agro France SAS
Président de Syngenta France SAS

Thierry LECAT

Directeur Général UPL France

Copie Courrier: Messieurs les Ministres Didier GUILLAUME et Bruno LEMAIRE