Vous êtes sur la page 1sur 3

Six nouveaux types de règles et de pratiques

Bien que la présence d'environ 200 systèmes juridiques différents ne simplifie pas pour les
entreprises la façon de gérer leurs affaires internationales, le paysage juridique n'est pas
aussi embrouillé qu'on pourrait le penser. De manière souvent empirique, six procédés
différents ont été développés pour harmoniser la pratique des affaires internationales: les
usages commerciaux internationaux, les contrats-types, les traités du commerce
international, les lois-types, les lois commerciales régionales et les modes de règlement des
différends hors tribunaux étatiques.

Les usages commerciaux internationaux

Les Incoterms (International Commercial Terms) ont été le premier succès important de
normalisation des pratiques commerciales. Elaborés dès 1936 par la Chambre de commerce
internationale (CCI), les Incoterms précisent qui, de l'acheteur ou du vendeur, doit supporter
les frais et les risques du transport des marchandises ainsi que la charge de l'assurance et du
dédouanement. La version actuelle, les Incoterms 2000, qui comprend 13 termes, ne sera
vraisemblablement pas remise à jour avant 2010.

Dans le secteur bancaire également, la CCI a normalisé les pratiques relatives aux lettres de
crédit dans ses Règles et usances uniformes pour les crédits documentaires (RUU 500), dont
la dernière version date de 1993.

Ce ne sont que deux exemples de normalisation des pratiques commerciales développées


par la CCI, qu'utilisent quotidiennement acheteurs et vendeurs. Vous trouverez plus
d'information sur le site internet de la CCI http://www.iccwbo.org

Les contrats-types

Les contrats-types sont de plus en plus nombreux et variés. Ils servent à normaliser les
approches juridiques des différents pays et cultures et engagent les parties contractantes à
répondre aux questions les plus fréquentes lors de l'élaboration d'accords commerciaux
internationaux.

Dans les années 1950, des modèles de contrats étaient employés principalement dans le
secteur des matières premières. L'Association professionnelle du commerce des céréales
(GAFTA), par exemple, propose 80 contrats-types différents, destinés à la vente du blé, du
riz, etc.

Dans les domaines non spécialisés, les contrats-types n'étaient pas nombreux. Pourtant, des
centaines de milliers de PME signaient des contrats internationaux, souvent sans assistance
juridique. C'est pourquoi il paru nécessaire d'élaborer à l'intention des PME plusieurs
contrats-types répondant à des situations différentes. La CCI, à nouveau pionnière en la
matière, propose une palette de contrats internationaux, dont un contrat-type pour la vente
internationale de biens manufacturés. De son côté, le CCI a notamment élaboré un contrat-
type pour la vente de denrées périssables. Plus de 150 contrats-types ou exemples de
contrats sont publiés par le CCI sur son site internet Juris international
(http://www.jurisint.org).

Les traités commerciaux

Les traités relatifs au commerce constituent un troisième ensemble de règles communes. Il


est d'un grand intérêt pour les gouvernements et les organismes nationaux de promotion du
commerce de savoir quels sont les principaux traités qu'un pays devrait ratifier pour stimuler
les échanges. Ces traités jettent des ponts entre pays pour la vente internationale,
l'arbitrage, les brevets et marques, les transports, etc. En adhérant à ces traités, un pays
indique qu'il s'intègre, en ce qui concerne le droit des affaires, à un environnement juridique
reconnu et sécurisé au niveau international.

La section des traités des Nations Unies a répertorié plus de 40 000 traités publiés dans non
moins de 1900 volumes. Les traités commerciaux les plus importants signés ces 50 dernières
années ne s'élèvent cependant qu'à environ 200. Ils peuvent être consultés sur le site
internet de Juris international.

Lois-types

Un traité n'est pas un instrument d'une grande souplesse. (Un traité s'élabore au cours de
longues sessions, il n'entre en vigueur que quand un certain nombre de pays l'ont ratifié et
ne peut être facilement modifié.) Pour apporter plus de flexibilité, la Commission des
Nations Unies pour le droit commercial international (CNUDCI) a développé un procédé
novateur en vue d'harmoniser le droit commercial: «lois-types». La CNUDCI crée un modèle
que les gouvernements intègrent aux lois de leur pays. Par exemple, pour harmoniser les lois
sur l'arbitrage, la CNUDCI a élaboré une loi-type sur l'arbitrage commercial international qui
a été adoptée par 45 pays.

Harmoniser les lois régionales

L'harmonisation des lois commerciales au niveau régional peut encourager les échanges
intrarégionaux, voire internationaux.

À cet égard, l'innovation la plus marquante vient de l'Afrique. Seize États principalement
ouest-africains ont fait œuvre de pionnier en unifiant leur droit commercial au sein de
l'OHADA (Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires), mettant ainsi
en place un modèle valable pour plusieurs autres pays: un seul droit commercial, un seul
droit des sociétés, un droit comptable unique et une seule cour suprême pour l'ensemble
des pays membres. Par ailleurs, cela entraîne de substantielles économies d'échelle. Et cela
fonctionne!

Des tribunaux à l'arbitrage


Le règlement des différends hors tribunaux est également une tendance de fond dans le
commerce. De nombreux pays ont créé des centres d'arbitrage au sein des chambres de
commerce. Plusieurs raisons militent en faveur de la création de centres d'arbitrage,
notamment l'accumulation des affaires en attente.

Ainsi, la Cour permanente d'arbitrage de la Chambre de commerce de la Croatie se trouve


placée devant un défi considérable en raison du nombre d'affaires en attente auprès des
tribunaux: plus de 1,3 millions de demandes pour une population d'environ 4 millions
d'habitants. Or, comme Brendan Francis le dit: «La meilleure manière d'échapper à un
problème est de le résoudre.»