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CHAPITRE 7 : ASSURANCE TAKAFUL.

Définition et modèle de l’assurance takaful :

Le Takaful est un concept islamique d’assurance, basé


sur les normes et règles de la Sharia. Il provient du
verbe arabe ‘Kafala’, qui signifie "se garantir l’un
l’autre" ou "garantie conjointe". En principe, le
système de Takaful est basé sur la coopération
mutuelle, la responsabilité, l’assurance, la protection
et l’assistance entre des groupes ou des participants.

Tout comme une mutuelle d'assurance, une


compagnie Takaful permet de mutualiser les risques
et de repartir les pertes éventuelles entre l'ensemble
des assurés. Ainsi, les membres d'une compagnie
d'assurance takaful sont à la fois assureurs («
propriétaires » des fonds gérés par la compagnie) et
assurés (bénéficiaires en cas de sinistre).

Les souscripteurs des contrats Takaful apportent les


fonds nécessaires à la couverture des risques futurs,
et bénéficient en fin d’exercice comptable de
dividendes sur les opérations exclusives d’assurance
(taux à distribuer déterminé par un conseil
d’administration). En revanche, ils sont également
tenus à la recapitaliser en cas de résultats négatifs. Ils
sont donc, de fait, les propriétaires des fonds
collectés, la compagnie takaful jouant le rôle de
gestionnaire et se rémunérant par le biais de
commissions.

Et afin d'éliminer le caractère incertain (Gharar)


associé aux contrats d'assurance conventionnelle, les
contrats takaful ne spécifient pas un bénéfice
monétaire prédéterminé.

De plus, en tant qu’institution financière islamique,


une compagnie Takaful doit se conformer aux
préceptes de la Sharia dans la gestion de ses
investissements. Dans l'allocation d'actifs des
portefeuille d'investissements d'une compagnie de
takaful, les actions représentent plus de la moitié du
portefeuille, le solde étant placé dans des produits
plus liquides.
Il existe trois modèles et plusieurs variations de la
mise en pratique du Takaful, la principale différence
entre les différents modèles étant le mode de
détermination de la rémunération de l'opérateur
takaful:

 Modèle de Moudabara : pourcentage dans les


profits repartis entre l’opérateur et le fonds des
sociétaires, après déduction de toutes les charges
techniques, frais de gestion et autres frais
généraux.
 Modèle de Wakala : exprimée en pourcentage des
primes, décidée annuellement et d’avance et
rémunérant directement les frais de gestion de
l’opérateur.
 Combinaison des deux : il s’agit de la plus
courante au Moyen orient
Les formes de contrats de gestion Takaful ?
Il existe plusieurs formes de contrat qui gouvernent la
relation entre les participants (assurés) et l’opérateur
Takaful. Selon les experts de l’ACAPS, les contrats les
plus utilisés sont le contrat « mudaraba »
(participation aux résultats) et le contrat « wakala »
(mandat).
Alors, pour le modèle « mudaraba », l’opérateur
Takaful agit en tant que mudarib (entrepreneur) et les
participants comme « Rab ul mal »(apporteurs de
capitaux). Le contrat précise comment les gains
générés par le placement et/ou les excédents de
l’opération Takaful seront repartis entre l’opérateur
Takaful et les participants.
Les pertes sont à la charge des seuls participants en
tant qu’apporteurs de capitaux, sous réserve que
l’opérateur n’ait pas commis de faute professionnelle
ou de négligence, et dans ce cas le « mudarib » n’est
pas rémunéré de ses efforts, expliquent les
responsables de l’ACAPS.
Pour le modèle « Wakala », la relation mandant-
mandataire est utilisée pour la souscription et pour le
placement. Dans la souscription, l’opérateur Takaful
agit comme mandataire des participants pour gérer le
fonds Takaful.
Tous les risques sont supportés par le fonds et tout
excédent d’exploitation appartient aux participants.
L’opérateur Takaful ne participe pas directement au
risque supporté par le fonds ni à aucun excédent /
déficit du fonds.
En revanche, poursuivent ces experts, l’opérateur
reçoit une commission fixe dire « Wakala », qui
rémunère sa gestion de l’opération pour le compte
des participants, et représente généralement un
pourcentage des cotisations payées.
La rémunération de l’opérateur peut aussi inclure une
commission de performance, déduite de l’excédent
éventuel, comme incitation à une gestion efficace du
fonds Takaful.
Une autre combinaison existe, indiquent les
responsables de l’ACAPS. Il s’agit de la combinaison de
contrat « Wakala » et « Mudaraba ».
Dans ce modèle, le contrat « Wakala » est adopté
pour la souscription, et le contrat « Mudaraba » est
utilisé pour les placements du fonds Takaful. Cette
approche semble être favorisée par certaines
organisations internationales, indique les
responsables de l’ACAPS, et elle est en pratique
largement adoptée par les sociétés Takaful.