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UNIVERSITÉ FÉLIX HOUPHOUËT- BOIGNY

(ABIDJAN)

UFR INFORMATION, COMMUNICATION ET ARTS

ANNÉE ACADÉMIQUE : 2018 - 2019

FILIÈRE: ARTS PLASTIQUES

Histoire de la peinture
occidentale

Dr ATTADÉ KOUAKOU FAUSTIN


1

Syllabus

Nom de l’enseignant : ATTADÉ KOUAKOU FAUSTIN


UE fondamentale : Histoire de la peinture occidentale
Année universitaire : 2018-2019
Niveau : Licence 3

A. OBJECTIFS
a. Objectif général
Comprendre l’évolution de la peinture dans son contexte historique et théorique.

b. Objectifs spécifiques
L’étudiant doit être capable de:
- Situer la peinture dans l’histoire,
- Associer chaque période de l’histoire à une technique picturale,
- Comprendre la chronologie en histoire,
- Apprendre à regarder et à analyser un tableau de peinture,

B. CONTENU DU COURS
La peinture est autant de l’ordre de la volonté, de la détermination et du désir que de celui
de la trace, de la ligne et du trait. Son histoire nous indique de traiter la peinture dans ses deux
aspects originels : la peinture comme « idée » et le dessin comme « contour ». Outil de
connaissance et de maîtrise du réel, la peinture, qui ne se réduit certes pas à un savoir-faire
technique, sert aussi à communiquer, à raconter et à comprendre l’histoire.

C. RECOMMANDATIONS
Documentation iconographique
Apports théoriques
Recherche documentaire personnelle
Documents pédagogiques.

C. PROGRAMMATION

Les cours seront programmés en fonction de la disponibilité des salles.

D. MÉTHODOLOGIE

L’enseignement s’appuie sur un syllabus (Histoire de la peinture, L3), auquel toutefois il


ne se limite pas. Des compléments peuvent être donnés, le cas échéant, durant les cours.
Certaines parties du syllabus, plus aisées à comprendre par soi-même, ne seront pas explicitées
pendant les séances de cours et seront laissées à la diligence de l’étudiant. L’enseignement est
dispensé magistralement, en partie sous forme de séances de questions-réponses sur la base de
lectures. Les étudiants sont invités à participer au cours en posant les questions qu’ils souhaitent
et/ou en répondant à celles qui leur sont posées.
2

INTRODUCTION

L'histoire de la peinture1 est intimement liée à celle du dessin. L’apparition du


dessin remonte à des millénaires. Les parois de nombreuses grottes préhistoriques
sont couvertes de figures, le plus souvent animales, tracées au crayon de bois
carbonisé, à la craie blanche, ou incisées à l'aide de silex. Des lavis passés au doigt
ou au pinceau végétal, des couleurs soufflées sont les premiers signes d'une
activité picturale. Appropriation magique des forces de la nature ou évocation
symbolique, le dessin figure au même titre que le façonnement des outils et des
armes parmi les premières manifestations d'une pensée créatrice. Cependant, près
de trois millions d'années séparent les premiers outils fabriqués par l'homme des
premières images préhistoriques.

Le dessin est la représentation ou suggestion des objets sur une surface, à


l’aide de moyens graphiques, mais il peut aussi s’agir de non-représentation, des
gestes de l’idée, comme l’énonçait Mallarmé 2. Les abstraits dessinent, les
sculpteurs et peintres également, car ils obéissent à un ordre, peut-être à celui du
contour, dont parle Charles Camoin3 dans une lettre à Matisse4, qui donne le grand
style. Dessiner c’est beaucoup plus que cela, c’est signer sa qualité d’humain,
puisque nul être vivant, hormis l’homme n’est capable de se représenter et de
représenter le reste. C’est un don qui émane de l’esprit car « un bon croquis vaut
mieux qu'un long discours »5. Le dessin est la matrice de la peinture et même
de l’art.

1
Hegel classe les arts de sorte qu’à la fin du XXe siècle, l’ordre suivant est retenu: l’architecture, la sculpture, la
peinture, la musique, la poésie, le théâtre, le cinéma, la télévision et la photographie, la bande-dessinée. Cf.
George BENTHAM, Jeremy BENTHAM, Egidio MATURI, Essai sur la nomenclature et la classification des
principales branches d'art et science, Paris, Bossange frères, 1823; Etienne SOURIAU, La Correspondance des
arts, éléments d'esthétique comparée, Paris, Flammarion, 1969; Georg Wilhelm Friedrich HEGEL, Esthétique,
cahier de notes inédit de Victor Cousin, édition d’Alain Patrick Olivier, Paris, Vrin, 2005; Nicole ABECASSIS,
Cours d’esthétique – Hegel, Paris, Bréal, 2004, pp.36-38.
2
Étienne Mallarmé, dit Stéphane Mallarmé, (1842-1898), est un poète français, enseignant, traducteur et critique.
3
Charles Camoin, (1879-1965) est un peintre français connu pour sa participation au fauvisme.
4
Henri Matisse (1869-1954) est un peintre, dessinateur, graveur et sculpteur français.
5
Napoléon Ier ou Napoléon Bonaparte (1769-1821), est le premier empereur de la France.
3

1- HISTOIRE DU DESSIN

1-1- Le dessin primitif

Dessin premier, langage primitif ou dessin primitif existe depuis toujours,


depuis qu’existe l’homme. Chez les hommes préhistoriques on a principalement
des dessins représentants des animaux, des signes. Ils cherchaient, avec ces
dessins à sortir de leur terrible isolement au milieu d’un monde hostile et
incompréhensible et à se concilier les forces de la nature, les dieux de la chasse,
de la pêche. Ils s’adonnaient a priori au dessin avant d’aller chasser. Une telle
préfiguration prenait une signification magique comme si de cette façon l’homme
s’en assurait la capture.
Ils se servaient de pierres noires taillées en pointe sur un fond clair ou de
charbon de bois. Ils coloraient ou ombraient ensuite, généralement à l’ocre rouge
ou brun végétal. Les lignes sont déliées et spontanées, il y a de la tension : le
rythme d’expression est celui de la vie. Il s’agit bien de dessin au sens où le
définissent les dictionnaires : « Délimitation sur une superficie, de formes qui
peuvent être par la suite travaillées par application de hachures, de glacis 6, de
lumières, de couleurs ». Le dessin, donc précède le coloriage, il vient en premier.
Sa fonction délimite sa place ; il est recherche et projet destiné à un
perfectionnement ultérieur.
À l’époque faisaient-ils des croquis préparatoires ? Il n’y a pas de preuves si
ce n’est des cailloux gravés, très surchargés. On pense donc à des matériaux
d’expérimentation qui sont la preuve d’une conscience technique. Peut-être
pouvons-nous retenir des premiers dessins qu’ils sont la manifestation de la
première explication du monde par l’homme, la première appropriation, ils sont
l’idée du monde. Ensuite viennent, plus que des dessins proprement dits : des
images.

6
En peinture, le glacis est une couche de couleur transparente posée en fin de travail pour augmenter la profondeur
des teintes et régler l'harmonie colorée du tableau.
4

1-2- Le dessin égyptien et à l’époque Antique

Le dessin de l’Egypte Antique se fonde sur un système linéaire ou canon


hiératique fixé pour l’éternité. Le premier tracé se fait à l’ocre rouge, les
corrections ou reprises, d’une autre main, interviennent au charbon noir. Ils
exécutaient leurs esquisses sur des plaques de calcaires faites à l’encre et au
pinceau : les ostrakas7 ou sur du papyrus8. C’est en Egypte que le dessin se
manifeste avec une cohérence nouvelle, la linéarité, la frontalité et la pérennité
sont les caractères dominants du dessin égyptien.

Gravé, repris, ou directement déterminé au pinceau sur pierre, sur bois, sur
enduit de chaux, sur lin ou sur papyrus, le dessin constitue une limite. Le dessin
détermine d’abord la figure du double pour l'éternité du royaume des morts.
Pour l’égyptien, toute représentation d’un être ou d’un objet, participe de cet
être ou de cet objet. Aussi, a t'on selon un code bien arrêté, dessiné des formes
très précises.

Cette codification rigide du dessin, permettant à l'art égyptien de conserver


les mêmes caractères pendant plus de trois millénaires, est sans doute liée au
rapport très étroit que le dessin entretient avec les hiéroglyphes. Peu de
témoignage existe sur le rôle du dessin dans la haute antiquité, il ne reste
presque rien des dessins qui ont pu exister. On peut supposer qu'ils étaient
comme plus tard au moyen âge, des instruments de travail pour fixer les étapes
préparatoires à une réalisation peinte. On a découvert l'existence d'un dessin à
l’ocre rouge sous la couche picturale de certaines fresques antiques.

7
Dans l’Antiquité, un tesson de poterie ou un éclat de calcaire utilisé comme support d'écriture. Le terme désigne
au départ la coquille d'huître en grec ancien.
8
La feuille de papyrus ou simplement papyrus, est un support d'écriture obtenu par superposition de fines lamelles
tirées des tiges de la plante. Son invention remonte à près de 5 000 ans. Il était utilisé en Égypte et autour de
la Méditerranée dans l'Antiquité pour la fabrication de livres et actes manuscrits.
5

1-3- Le dessin au Moyen-âge

Au Moyen-âge, la beauté réside surtout dans la couleur : l’or, l’azur qui


doivent faire resplendir la lumière céleste dans la maison de Dieu. Le travail de la
Mosaïque et des vitraux contribuera à cette quête. Le dessin est surtout utilisé à
même le sol pour les plans des édifices à bâtir. Fondé sur la géométrie, il va être
considéré comme une science. Les peintres à fresque, tracent directement sur le
mur, au moyen de terre rouge ou sinopia9 leurs compositions. On trouve aussi des
dessins à la plume dans les manuscrits illustrés.

1-4- Le dessin de la Renaissance

Au Quattrocento10 apparaissent les carnets d’esquisses et le passage de la


pratique et de la prise de conscience du dessin. On remarque la distinction cruciale
entre l’idée et l’exécution, entre le dessin manuel et le dessin mental (dessein). Le
dessin devient le principe unitaire commun des trois arts visuels majeurs :
architecture, sculpture, peinture. L’importance du dessin ne cesse de croitre durant
la Renaissance et l’invention de la perspective accentue le phénomène.
Le dessin devient le médium apte à l’exploration précise où le langage est
impuissant, par exemple en anatomie. Léonard de Vinci (1452-1519) affirme que
le dessin peut décrire des choses, les montrer là où les mots sont impuissants. Il
conçoit la peinture comme une science du savoir et le dessin comme un moyen de
connaissance.

1-5- Le dessin Au XVIIème siècle

Certains artistes vont se contenter de concevoir leur œuvre sous formes


d’esquisse et leur réalisation sera laissée à d’autres mains. L’idée est alors plus
importante que sa réalisation. Pour les Classiques, le dessin est considéré comme

9
La sinopia est le nom d'un pigment de couleur rouge, provenant probablement de la région de Sinope (Turquie),
sur la mer Noire. On appelle aussi sinopia une ébauche de fresque réalisée avec ce pigment rouge.
10
Le XVe siècle italien.
6

supérieur à la couleur car il est rationnel, intellectuel, il fixe la forme et s’oppose


à la couleur matérielle et subjective. L’enseignement de l’art va se transmettre
non plus de maître à artisans mais s’initie dans les Académies.

1-6- Le dessin moderne et contemporain

Le dessin précède la peinture, s’avance au-devant d’elle, d’une précédence


propre à sa naissance. Durant l’Antiquité Platon nous mettait en garde, le dessin
rangé selon lui du côté de la raison, de l’intellectualisation était le seul maître des
arts. À l’inverse, selon lui la peinture dont il fallait se méfier, était rangée du côté
des effets, des sentiments et nous détournait de notre raison objective. Ce
classement de valeurs des genres artistiques sera un fond de débat qui animera
passions et prises de position jusqu’au XXème siècle.

Mais c’est surtout au XVIIIème siècle qu’une interminable querelle s’engage


entre les partisans du dessin, qui se réclament de Poussin11, et les tenants de la
couleur qui s’appuient sur Rubens12 . Ce débat se poursuit avec Delacroix13 et
Ingres14 au XIXème siècle. Mais à y regarder de plus près chacun des deux artistes
a le dessin qui colle à son style, l’un par le contour et la ligne, l’autre par la
couleur. C’est l’opposition qui se joue entre le néo-classicisme15 et le
Romantisme16 ouvrant ainsi la voie à l’art moderne et trois mouvements en plus
du Réalisme17.

11
Nicolas Poussin (1594-1665), est un peintre français du XVIIe siècle, représentant majeur du classicisme pictural.
Entre 220 et 260 tableaux lui sont attribués, ainsi que près de 400 dessins.
12
Pierre Paul Rubens (1577-1640) néerlandais, est un peintre baroque flamand.
13
Eugène Delacroix (1798-1863) est un peintre français. Dans la peinture française du XIXe siècle, il est considéré
comme le principal représentant du romantisme, dont la vigueur correspond à l'étendue de sa carrière.
14
Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), est un peintre néo-classique français.
15
Le néoclassicisme (entre 1750 et 1830) s’est attaché à renouveler les formes dites classique de l’art, les valorise
à travers la forme et l’élégance.
16
Le romantisme (entre 1770 et 1850) s’oppose aux exigences de l’académie française (Le classicisme) pour
favoriser le rêve l’émotion et le fantastique.
17
Le réalisme (entre 1848 et 1850) Doctrine artistique dont le but est de représenter la réalité telle qu’elle est.
7

2- HISTOIRE DE LA PEINTURE

2-1- La peinture préhistorique

Il y a quinze ou vingt millénaires, dans les ténèbres que dissipait à peine la


lumière des torches, des hommes traçaient avec du charbon et de l’ocre de
g r a n d e s s i l h o u e t t e s d ’ a n i ma u x s u r l a p a r o i d e s cavernes. À Lascaux18,
à Altamira19, la peinture est née dans la nuit des temps et de la terre. Aujourd’hui
nous admirons mais ne comprenons pas : voyons-nous là le souvenir d’exorcismes
avant la chasse ou de rites d’initiation, le culte rendu aux puissances telluriques 20,
la conscience étonnée devant le redoutable, le beau, le merveilleux du monde ?
Pourquoi ces taureaux, ces cerfs, ces poissons, plus rarement ces
silhouettes humaines ? Pourquoi la peinture ?

Un peu partout aussi sur les mêmes parois, avec des empreintes de mains,
apparaissent des taches rondes, des flèches, des stries, des grilles, des spirales,
autant de signes qui ne renvoient à aucun objet reconnaissable mais qui doivent
bien remplir une fonction, avoir un sens. Repères, formules, incantations,
messages, mais adressés à qui ? Prémisses d’une écriture sans doute, amorces
de textes, rudiments d’une littérature. Cependant dans les grottes
préhistoriques, dans les édifices des premières villes au Moyen-Orient, la
représentation picturale sur la pierre, le bois, l’ivoire a précédé par de nombreux

18
La grotte de Lascaux est l'une des plus importantes grottes ornées du Paléolithique par le nombre et la qualité
esthétique de ses œuvres. Elle est parfois surnommée « la chapelle Sixtine de l'art pariétal ». Lascaux est située
en Dordogne, département français de la région Nouvelle-Aquitaine qui doit son nom au cours d'eau du même
nom qui le traverse. Les peintures et les gravures qu'elle renferme n’ont pas pu faire l’objet de datations directes
précises : leur âge est estimé entre environ 18 000 et 17 000 ans à partir de datations et d’études réalisées sur les
objets découverts dans la grotte.
19
La grotte d’Altamira est une grotte ornée située en Espagne à Santillana del Mar, près de Santander (Cantabrie).
Elle renferme l'un des ensembles picturaux les plus importants de la Préhistoire. Il date de la fin du Paléolithique
supérieur, du Magdalénien. Son style artistique relève de ce que l’on appelle l'art préhistorique, caractérisé
notamment par le réalisme des représentations et par ses thèmes animaliers.
20
Qui concerne la terre.
8

millénaires l’écriture véritable à partir de laquelle nous commençons à parler de


l’histoire.

Dès la Préhistoire, les Hommes utilisèrent les couleurs pour des rites
funéraires ou magiques, des attributs guerriers, des cérémonies festives. Les
peintures préhistoriques datent de 40 000 à 10 000 ans avant notre ère. Pour
connaître les peintures préhistoriques, les chercheurs ont fait des prélèvements
minuscules de peinture sur les parois des grottes. Ainsi, ils ont pu trouver des
informations importantes sur les techniques des artistes préhistoriques. Pour
peindre, les hommes préhistoriques devaient avoir : des pigments pour fabriquer
peintures, des liants pour que la peinture tienne sur les parois, des outils pour
déposer la peinture.

Les couleurs utilisées souvent par les artistes préhistoriques sont : le noir, le
rouge et l’ocre. Pour fabriquer ces couleurs, les hommes préhistoriques trouvaient
des pigments dans la nature : ce sont des pigments minéraux naturels.

- Le charbon de bois, le charbon d'os pour le noir21,


- L’hématite22 pour le rouge,
- L’argile23 et la limonite24 pour l’ocre jaune.
Il s’agit de la peinture rupestre ou l’art pariétal qualifiant les manifestations
artistiques sur support rocheux. Les débuts de la création artistique ne sont pas le
fruit d’une culture ou d’une ethnie particulière mais une composante essentielle

21
Le noir de carbone était obtenu en brûlant toutes sortes de matériaux animaux et végétaux.
22
L'hématite est un des principaux minerais de fer. Les artistes de la préhistoire utilisaient déjà
le rouge de l'hématite : on le retrouve dans les fresques de Lascaux (13 000 avant notre ère). Le
rouge est provoqué par l'oxydation du fer. Grâce à l'oxyde de fer dont le plus connu est la rouille,
les hommes préhistoriques disposaient de teintes jaunâtres, orangé brûlé ou ocre qu'ils donnent
à la pierre.
23
Avec l'argile du sol de la grotte, ils pouvaient dessiner des tracés digitaux ou directement sur la paroi recouverte
d’argile.
24
C'est un oxyde de fer. Sur l'image, il y a plusieurs oxydes de fer. La limonite servait pour les ocres jaunes.
9

de l’Homo sapiens. Il constitue donc un patrimoine unique et particulièrement


précieux.

2-1-1- Les différentes techniques de la peinture préhistorique

- Le doigt : les peintures pouvaient être simplement étalées au doigt.

- La main : les Hommes préhistoriques trempaient leurs mains dans la peinture


qu'ils avaient fabriquée ou qui existant sur le sol de l'entrée de la salle et ils
touchaient ensuite la paroi.

- Les tampons : mousses, feuilles.

- Les bâtonnets, crayons : les pigments étaient utilisés sous forme de crayon.

- La bouche : L'analyse des pigments et l'expérimentation pour reconstituer les


techniques de la Préhistoire montrent que les pigments étaient aussi soufflés sur
la paroi à l'aide d'un tube végétal ou en os ou simplement avec la bouche.

- Les pinceaux : les pinceaux utilisés pouvaient être en bambou écrasé, en crin de
cheval ou en plumes, attachés sur un manche en bois.

- Le pochoir: pour obtenir des mains positives ou négatives, les peintres


préhistoriques se servaient de leur main en employant la technique du pochoir.

2-1-2- L’effet du temps sur la peinture préhistorique

Le ruissellement dans les grottes d’une eau riche en calcaire a favorisé la


conservation des peintures. Cette eau a fixé les pigments sous un voile fin et
transparent. Mais dans certaines grottes, comme celle de Lascaux, la respiration
des visiteurs trop nombreux détériorait les peintures. À côté de la grotte de
Lascaux, une grotte artificielle a été construite (Lascaux II) pour les visiteurs.
Dans cette réplique, il y a 90% des peintures de la grotte originale.
10

2-2- La peinture égyptienne et à l’époque Antique

La peinture de la Grèce antique couvre toute l'antiquité grecque, depuis l'âge


du bronze, puis les époques archaïques. Sur cette longue durée, du Xe au Ier siècle
avant l’ère commune. La peinture grecque n’est pas exclusivement sur support
bidimensionnel, puisque l'essentiel se trouve sur des céramiques, avec, pour
chacune, un volume particulier sur lequel la peinture s'inscrit et avec des petits
reliefs qui, parfois, la complètent. Les pigments utilisés dans l’Antiquité sont
aujourd’hui bien connus. Les terres permettent d’obtenir une palette allant du
jaune clair au brun foncé en passant par le rouge. Les verts et les bleus les plus
courants sont des composés synthétiques à base de cuivre : ce sont le bleu et le
vert égyptien. Les blancs sont pour la plupart des craies, et les noirs le plus souvent
du carbone, obtenu par la calcination de végétaux (noir de vigne) ou de matières
animales (noir d’os, noir d’ivoire). Le cinabre, un sulfure de mercure, était trouvé
sous forme de minerai et donnait un rouge très vif, qui était employé dans les
décors les plus prestigieux. Au Moyen-âge et à l’époque moderne, cette palette a
subi peu de modifications, sauf pour les bleus et les verts, la technique de
fabrication du bleu égyptien s’étant perdue.

Quelques peintres grecs25

Polygnote de Thasos (5e siècle av. J.-C. 470-440) est un peintre grec qui aurait,
introduit sur les visages l’expression des sentiments.

Apollodore d’Athènes (5e siècle av. J.-C.) fut, le premier grand peintre à rendre
la physionomie ; le premier, à juste titre, il contribua à la gloire du pinceau. Il y a
de lui un prêtre en adoration, et un Ajax foudroyé ; cet ouvrage est aujourd'hui à
Pergame26. Il n'y a pas avant lui un tableau qui puisse attacher les regards.

25
Pline l'Ancien (23-79), dans son Histoire naturelle (2), évoque longuement l'art de « la peinture et des couleurs »
dans l'Antiquité. Il cite également de nombreux peintres et certaines de leurs œuvres les plus marquantes. Toutes
ces peintures, qui ont disparu, suscitaient l'admiration de Pline.
26
Pergame est une ancienne ville de la Turquie et son nom actuel est Bergama.
11

Zeuxis d’Héraclée (464-398 av. J.-C.) est un des plus célèbres peintres de la
Grèce antique. Il utilisait le trompe-l'œil et parvint à produire des effets de
perspective en représentant des éléments d'architecture. Plus tard il se détermina
à donner ses ouvrages, parce que, disait-il, aucun prix n'était suffisant pour les
payer. Il eut pour contemporains et pour émules Timanthe, Androcyde, Eupompe,
Parrhasius. Ce dernier, dit-on, offrit le combat à Zeuxis. Celui-ci apporta des
raisins peints avec tant de vérité, que des oiseaux vinrent les becqueter ; l'autre
apporta un rideau si naturellement représenté, que Zeuxis, tout fier de la sentence
des oiseaux, demande qu'on tirât enfin le rideau pour faire voir le tableau. Alors,
reconnaissant son illusion, il s'avoua vaincu avec une franchise modeste, attendu
que lui n'avait trompé que des oiseaux, mais que Parrhasius avait trompé un
artiste, qui était Zeuxis.

Parrhasios d’Éphèse ou Parrhasius (400-396 av. J.-C.) est un contemporain de


Zeuxis. Il contribua beaucoup, lui aussi, au progrès de la peinture antique. Il a été
le premier à observer la proportion, mis de la finesse dans les airs de tête, de
l'élégance dans les cheveux, de la grâce dans la bouche, et, de l'aveu des artistes,
il a remporté la palme pour les contours. Tel est le mérite que lui ont accordé
Antigone et Xénocrate, qui ont écrit sur la peinture. Il se déclare prince de la
peinture, conduite par lui, disait-il, à la perfection. Parrhasius avait trompé Zeuxis
l’un des maîtres de la peinture antique.

Timanthe (fin du Ve siècle, commencement du IVe siècle av. J.-C.) est également
un contemporain de Zeuxis et de Parrhasios. C’est le seul dont les ouvrages
donnent à entendre plus qu'il n’a peint ; et quoique le plus grand art s'y manifeste,
on sent cependant qu'il y a encore plus d'esprit. Il a peint un héros, qui est un
ouvrage très parfait, et a porté au plus haut point l’art de peindre les figures
héroïques. Cet ouvrage est actuellement à Rome, dans le temple de la Paix.
12

Apelle de Cos (4e siècle av. J.-C.) est le plus talentueux de tous les peintres grecs.
Mais tous les peintres précédents et suivants ont été surpassés par Apelle de Cos,
dans la cent-douzième olympiade27. À lui seul presque il a plus contribué au
progrès de la peinture que tous les autres ensembles. Il a publié des livres sur les
principes de la peinture.

2-3- La peinture au Moyen-âge

Dans les peintures du moyen-âge, les reliefs, les orfèvreries et les


enluminures28 qui on observe que les personnages représentés sont tous de tailles
différentes. Il y plusieurs explications à cela : les artistes du Moyen-Âge ne
connaissaient pas les règles de la perspective (qui sera « inventée » beaucoup plus
tard, à la Renaissance). Cela leur donnait la liberté de créer des personnages plus
grands que les autres, de représenter les personnages importants (rois, princes,
saints…) plus grands que les personnages ordinaires. Les artistes avaient aussi
l’habitude de remplir tout l’espace disponible avec des personnages, donc, s’il
restait un petit espace, ils faisaient un petit personnage. Cette période était
dominée par la peinture romane et la peinture gothique.

2-3-1- La peinture romane

La technique employée à l’époque romane n’est pas uniforme et varie, ici


encore, avec les périodes et les pays. Les sources techniques sont encore moins

27
L’olympiade est une unité de temps, constituée par la période de quatre années s’écoulant entre deux jeux
olympiques. Elle est la base de la chronologie du monde grec à partir d’Alexandre le Grand (356- 323 av. J.-C.)
l’un des personnages les plus célèbres de l’Antiquité.. Les jeux olympiques antiques sont des
concours sportifs pentétériques (qui ont lieu tous les quatre ans) organisés entre les cités grecques antiques. Ils
sont créés au cours du VIIIe siècle av. J.-C. dans le cadre d'un festival religieux en l'honneur de Zeus Olympien et
perdurent pendant plus de mille ans.
28
Les enluminures du moyen-âge sont les illustrations dans les livres de l’époque. Sauf que celle-ci sont faites à la
main dans chaque livre, lui-même unique et entièrement copié à la main (l'imprimerie ne sera inventée que plus
tard). Les représentations de personnages importants ou des scènes historiques ou bibliques répondent à des
codes précis (fond d'or, taille des personnages en rapport avec le rang social, échelle des décors irréaliste) et ne
se fondent pas encore sur la perspective, qui sera codifiée à la Renaissance.
13

nombreuses ici que pour l’Antiquité. Le principal traité est celui du moine
Théophile29, au XIe siècle qui décrit avec une relative précision la plupart des
techniques à mettre en œuvre dans les différents arts, concernant la peinture et le
vitrail. La référence de base reste, la technique de la fresque, considérée comme
le mode « normal », avec sa caractéristique principale, héritée des romains, à
savoir l’exécution sur un enduit frais. On peut encore appliquer une peinture à la
chaux sur un enduit sec. La chaux sert alors de liant en se carbonatant au contact
de l’air, mais la qualité n’est évidemment pas celle de la vraie technique. Une
persistance de la technique d’origine est le dessin préparatoire, qui lui est en
principe toujours effectué sur enduit frais. On va donc, dans de nombreux cas,
retrouver dans les peintures romanes cette caractéristique.

2-3-2- La peinture gothique

La peinture murale gothique n’a pas la notoriété de sa sœur romane, elle n’a
pas non plus bénéficié encore d’un regard d’ensemble. Cependant, elle sort de
l’oubli grâce aux découvertes et aux restaurations récentes ainsi qu’à l’intérêt qui
se manifeste aujourd’hui pour la peinture monumentale de cette époque. Le
contexte historique dans lequel est née cette peinture est bien connu. Il ne s’agit
pas de revenir sur les peintures romanes mais de réagir contre ses formes qui
peuvent permettre de mieux comprendre la création artistique des XIIIe-XVe s.

D’ailleurs, l'usage du terme "gothique" repose sur un malentendu historique.


L'adjectif apparaît vers 1450 chez les italiens, au sens de fruste, sauvage,
désordonné. Un peu plus tôt s'était répandue l'opinion que les "Goths", c'est-à-dire
les peuples barbares de l'époque des grandes invasions, avaient remplacé en Italie

29
Theophilus Presbyter dit Théophile le moine - (vers 1070 - 1125), est un moine allemand qui vécut à la fin du XIe
ou au début du XIIe siècle. Il fut l'auteur d’un recueil qui représente une sorte d'encyclopédie du savoir technique
au Moyen Âge dans le domaine de l'art et de l'artisanat. L'ouvrage présente pour la première fois les techniques
de fabrication des couleurs, des notions sur la peinture, l'art du vitrail, de la mosaïque, du niellage, de l'orfèvrerie
et du collage.
14

l'art antique par un art ‘’sans valeur’’. Les peintures médiévales furent tous
qualifiées de gothiques, indistinctement. Cela vint renforcer l'opinion selon
laquelle les Allemands, descendants des Goths, seraient restés, dans leur vieil art
de bâtir, proches de la nature. À cause de sa conformité supposée aux lois
naturelles, le gothique cessa d'être jugé négativement et l'art médiéval fut reconnu
comme un phénomène aussi digne de respect que le monde des formes antiques.

La peinture sur panneau donne naissance dans toute l’Europe, autour de


1400, à un courant maniériste30 connu sous le nom de « style gothique
international ». La vraie peinture gothique, ce sont les vitraux. Comme le gothique
est tout d’abord un art de la lumière et de la construction, les bâtisseurs de
cathédrales agrandissent progressivement les fenêtres où prennent place les
immenses verrières inondant de lumière l’intérieur des édifices. Le verre plat,
blanc ou coloré est utilisé de plus en plus fréquemment. Les vitraux remplissent
le même rôle didactique que remplissaient naguère la peinture murale, mais
devant la féerie des rubis, des ors, de l’azur, le tout allumé par le soleil en gerbes
polychromes, l’œil oublie les thèmes de l’iconographie pour se laisser aller à
l’harmonie étincelante de ces pierres précieuses.

La destination du vitrail est donc double. Il contribue à la décoration de


l’église, dans laquelle il entretient, par ses jeux de lumière, une pénombre colorée
propre au recueillement. Mais il est aussi, comme la fresque, un livre d’images
pour ceux qui ne savent pas lire. Il doit donc être parfaitement lisible, si bien que
les scènes à nombreux personnages sont réservées aux fenêtres basses du chœur
et des bas-côtés, et les fenêtres hautes reçoivent de grandes figures.

30
Style raffiné et sophistiqué.
15

Un des plus beaux ensembles de vitraux se trouve à Chartres 31 : 160 baies


vitrées, 2 600 m2 de verrières comprenant à peu près 5 000 personnages. Une
rosace32 d’un diamètre d’environ 10 mètres surmonte chacun des trois portails.
Les vitraux expliquent les Écritures et la vie des saints. Ils illustrent des épisodes
de la Bible, mais aussi des scènes profanes. Mais en Italie, le courant laisse place
au style renaissance dès le premier quart du XVème siècle alors que le gothique
continu son expression jusqu’en 1500 environ en France et dans les pays du nord
de l’Europe où la peinture se tourne en douceur vers un style résolument nouveau
tout en conservant certains aspects du mouvement finissant.

2-4- La peinture de la Renaissance

La Renaissance est une période historique qui commence à la fin du XVe s. et


se poursuit au XVIe s. Elle se place donc juste après le Moyen Age (Ve au XVe
s.). Durant cette période, de nombreux changements s’opèrent dans les domaines
artistiques. Elle a pour lieu de naissance l’Italie et se diffuse ensuite en Europe de
l’Ouest dans le courant du XVIe s. Le perfectionnement de l’imprimerie grâce à
Gutenberg33 et ses caractères mobiles permet aux idées et aux nouveautés de
circuler beaucoup plus rapidement en Europe.

Pour la Renaissance c’est le fait de vouloir copier l’Antiquité mais en réalité


c’est aussi le mouvement, la perspective, l’humanisme 34. Les artistes de la

31
Chartres est une commune française, préfecture du département d'Eure-et-Loir, dans la région Centre-Val de
Loire. La ville se situe à 90 km de Paris. Elle est surnommée « Capitale de la lumière et du parfum ».
Le dimanche des Rameaux, Chartres est traditionnellement un lieu de pèlerinage, ainsi qu'à la Pentecôte.
32
Une rosace est une figure symétrique, formée de courbes inscrites dans un cercle à partir d'un point ou bouton
central, ayant plus ou moins la forme d'une rose ou d'une étoile stylisée et utilisée comme motif de décoration.
33
Johannes Gutenberg (1400-1468), était un imprimeur allemand dont l'invention des caractères métalliques
mobiles en Europe a été déterminante dans la diffusion des textes et du savoir. Son invention est considérée comme
un événement majeur de la Renaissance . La presse typographique est un dispositif destiné à imprimer des textes
et des illustrations sur du papier. La presse typographique a constitué la base de l'imprimerie en Occident pendant
plusieurs siècles, jusqu'à ce qu'elle soit supplantée par la presse offset.
34
L'humanisme est un mouvement de pensée européen pendant la Renaissance qui se caractérise par un retour aux
textes antiques comme modèle de vie, d'écriture et de pensée.
16

renaissance sont des figures énormes de la peinture, la sculpture et l’architecture.


Ce sont des personnalités face auxquelles on ne peut avoir que de l’admiration.
Les artistes délaissent les idées et les formes du Moyen-âge, considérées comme
barbares et exagérées. Ils ne peignent plus seulement sur du bois ou sur les murs
mais ils utilisent de plus en plus les toiles. Ils se mettent à utiliser la peinture à
l’huile, découvrent la perspective et ont un souci de réalisme. Léonard de Vinci
met au point la technique du clair-obscur. De nombreux thèmes nouveaux
apparaissent dans la peinture. Ceci est une rupture avec le Moyen-âge, période
durant laquelle on peignait essentiellement des sujets liés à la religion.

- Vénus, déesse de l’amour, de la beauté et de la séduction dans la mythologie


romaine, sort des eaux, debout sur un coquillage.
La naissance de Vénus (vers 1485), Huile sur toile de Sandro Boticelli35

- Le portait devient à la mode : les riches mécènes se font représenter sur des
tableaux.
La Mona Lisa de Léonard de Vinci est un des tableaux les plus célèbres du
monde. Ce portrait représenterait Lisa del Giocondo (née Gherardini), épouse du
marchand florentin Francesco di Bartolomeo del Giocondo : Mona Lisa est ainsi
surnommée La Gioconda ou, en français, La Joconde. Le peintre, dessinateur,
sculpteur, architecte et ingénieur italien réalise cette peinture à l'huile sur panneau
de bois de peuplier entre 1503 et 1506, lorsqu'il séjourne à Florence et l'emporte
avec lui lorsque François Ier l'invite à Amboise en 1517. Acquis par le roi après la
mort de Léonard de Vinci, le tableau est d'abord installé au château de
Fontainebleau. Par la suite, il sera présent dans les différents sites royaux (palais
du Louvre, château des Tuileries, château de Versailles), jusqu'à ce que
Napoléon Ier en fasse don au musée du Louvre en 1805. Comme en témoigne

35
Sandro Botticelli, est un peintre italien né à Florence (1445-1510) dans la même ville. Botticelli est l'un des
peintres les plus importants de la Renaissance italienne et de l'histoire de l'art.
17

Vasari dans ses Vies des peintres, sculpteurs et architectes les plus
célèbres, Mona Lisa a bénéficié dès la Renaissance d'un statut d'exception qui n'a
fait que croître au fil du temps, jusqu'à se transformer en aura mythique. On le
voit, par exemple, avec l'émotion considérable que souleva le vol du tableau en
1911, ou encore avec son exposition exceptionnelle, à l'initiative d'André
Malraux, aux États-Unis (1963) et au Japon (1974). L'œuvre a également fait
l'objet d'un nombre d'interprétation considérable.

2-5- La peinture au XVIIème siècle

C'est au XVIIe siècle qu'apparaissent le classicisme et le Baroque et atteignent


une dimension importante. Ils vont continuer à marquer le XVIIIe siècle.
D’ailleurs ces deux genres de peintures vont faire apparaître beaucoup de peintre
connus comme: Nicolas Poussin, Caravage, Le Brun, Simon Vouet, Louis Le
Nain. La fin du XVIIe siècle apportera le rococo. Puis dans la seconde moitié du
XVIIIe siècle une réaction classique se développe: le néo-classicisme.

2-5-1- La peinture Classique

Le Classicisme signifie qui est de premier rang, qui appartient à la classe


supérieure des citoyens. L’adjectif « classique » commence à être utilisé à la
Renaissance ; il désigne alors, par opposition à l’art gothique, une esthétique qui
s’inspire du modèle antique gréco-romain (V et IVe s av. J-C). Le classicisme
prend sa source en Italie et revient aux sources de l’art antique et invente une
nouvelle conception idéalisée de la beauté qu’il applique notamment au genre du
paysage. Le classicisme est un mouvement culturel qui s’est imposé dans la
peinture, la sculpture, l’architecture, la littérature et la philosophie. Il offre une
composition claire, ordonnée et structurée. Les peintres bâtissent un art sur la
raison. La composition est souvent fermée c'est à dire que la scène est entièrement
contenue à l'intérieure du cadre. Les peintres cherchent la perfection et la valeur
18

des choses dans la précision des lignes et des contours. Le trait découpe
fermement les silhouettes. Les peintres affectionnent les compositions statiques
et les couleurs froides exprimant le calme et une nature maîtrisée. La mise en page
se construction selon des lignes verticales ou horizontales, ce qui donne à l'image
un aspect serein et rigoureux.
Les artistes utilisent les règles de la perspective et aussi de la géométrie. Ils
construisent la profondeur du tableau par plans successifs, par étape.

Quelques peintres emblématiques du Classicisme :

- Nicolas Poussin (1594-1665), est la figure majeure du courant. Installé à Rome


à partir de 1624, son œuvre s’inspire de la mythologie et de l'histoire romaine et
chrétienne. En 1641, il fut nommé premier peintre du Roi. Il obtint ainsi la
direction générale de tous les ouvrages de peinture et ornements des maisons
royales.

- Charles Le Brun (1619- 1690), est le peintre officiel de la cour de Louis XIV.
Membre fondateur de l'Académie royale de peinture et de sculpture ; en 1648, il
fixera les règles stylistiques de la peinture et de la sculpture classique en France.
Il traduit dans sa peinture des sentiments héroïques et dramatiques. Chargé de
décorer le Louvre et les châteaux de Vaux-le-Vicomte et de Versailles, il se met
au service de la monarchie afin de célébrer la grandeur du roi.

- Georges de La Tour (1593- 1652), a réalisé de nombreuses peintures au


contenu spirituel et moral. Son œuvre est marquée par des jeux d’ombre et de
lumière (clair-obscur). Son style est marqué par une simplification des formes et
le recours à des compositions géométriques.

- Claude Lorrain (1621-1682) : le paysage tient une place importante dans ses
œuvres, soit il sert de cadre à une scène biblique, ou alors à une scène historique
19

ou mythologique. Les personnages y tiennent en général une toute petite place,


même situés au premier plan. Il s’inspire de la réalité pour nourrir l'univers
idéalisé de ses œuvres.
- Louis Le Nain (1593-1648), ses œuvres mettent en scène des personnages très
différents notamment des paysans français du XVIIe s. Cependant, il les idéalise
car il les représente sous la forme de personnages dignes et emprunts de noblesse,
ce qui contraste avec la réalité miséreuse des gens du peuple.

2-5-2- La peinture Baroque

À partir de 1600 et tout au long du XVIIe siècle, s'est développé un nouveau


style de peinture : le BAROQUE. Il se répand dans toute l'Europe et touche
l'architecture, les musiques, les lettres, la sculpture et bien sûr la peinture.
Les grandes caractéristiques de la peinture Baroque concernent le volume
des objets et des personnages qui n’est plus cloisonné par des lignes du dessin. Le
peintre modèle librement les contours. Les artistes recherchent les mouvements
en utilisant des courbes et des diagonales. Ils laissent libre cours à leur
imagination. Ils veulent exprimer les sentiments et les passions par l'intensité des
expressions et l'utilisation de couleurs chaudes. La peinture baroque dramatise
souvent les scènes en utilisant des effets de lumière.

L'éclairage dans un intérieur fermé vient d'une seule source. L'artiste utilise
de violents contrastes de claire-obscurs. La lumière n'éclaire que les zones les plus
intéressantes. L'espace n'est plus construit en perspective géométriquement
régulière. Le peintre agence intuitivement la profondeur dans un seul mouvement
d'espace, de nuages et de personnages, qui attire le regard vers le fond de la scène.
Contrairement au classicisme, le baroque refuse l'équilibre des lignes droites,
verticales et horizontales. Il installe des diagonales, des courbes et des contre-
courbes. L'image vibre, décentrée, ouverte et dynamique.
20

La réalité humaine devient un élément vital des peintures baroques, toujours


accompagnée d'une mise en scène théâtrale et grandiose. Les personnages sont
rassemblés et regroupés en une seule masse. L'artiste peint de très grandes
compositions dynamiques et animées. Les personnages sont en perpétuel
déplacement. Les acteurs sortent du tableau : ils traversent le cadre et s'intègrent
au décor mural environnant.

2-5-3- La peinture Rococo

Le style rococo succède au Baroque dans divers domaines artistiques:


architecture, musique et littérature aussi bien que peinture. Il met l'accent sur la
légèreté, la décoration et l'élégance stylistique. Le style rococo apparaît à Paris à
la fin du XVIIe siècle et se répand bientôt dans toute l'Europe. Le rococo concerne
aussi beaucoup l'architecture. Le mot rococo désigne la période tardive du
baroque et vient du Français «Rocaille» (un style d'ornementation imitant les
rochers et les coquillages, et inspiré des formes baroques). Le style rocaille est
caractéristique d'une société où l'homme riche passe son temps dans le luxe et
l'inaction. L'art rococo est porté par une conception basée sur l'existence et sur la
forme de vie de la cours royale.

Le précieux, le jeu, l'intime, remplacent la représentation du grandiose. Le


Rococo fuit la réalité pour se réfugier dans la jeunesse et la beauté éternelle,
l'amour serein et sensuel, l'élégance mélancolique et la courtoisie, surtout dans les
idylles pastorales et les plaisirs champêtres. Il se développe aussi dans les arts
décoratifs. C'en est fini du clair-obscur essentiel. Les couleurs sont variés : des
rouges, des bleus des blancs, des ors, des jaunes. Ici tout éclate, mais avec une
maîtrise admirable. La révolution de 1789 marque la fin de l’Ancien Régime en
France et entraîne aussi la disparition du Rococo.
21

2-6- La peinture moderne et contemporaine

Les mouvements artistiques naissent et évoluent en relation avec le contexte


politique et social qui les entoure. Les poètes, écrivains, peintres et sculpteurs
utilisent leur art pour manifester leur contestation, leur vision en rapport avec leur
environnement social. La liberté est au centre des créations et désormais les
artistes vont rompre avec les valeurs esthétiques du passé. C’est pour cela que le
foisonnement des idées issues de la révolution française (1789) a eu des
répercussions sur l’art ouvrant ainsi la voie à l’art moderne et trois mouvements
vont naître : Le néoclassicisme, le romantisme et le réalisme.

2-6-1- Le néoclassicisme (entre 1750 et 1830)

Il s’est attaché à renouveler les formes dites classique de l’art, les valorise à
travers la forme et l’élégance.

2-6-2- Le romantisme (entre 1770 et 1850)


Il s’oppose aux exigences de l’académie française (Le classicisme) pour
favoriser le rêve l’émotion et le fantastique.

2-6-3- Le réalisme (entre 1848 et 1850)

Doctrine artistique dont le but est de représenter la réalité telle qu’elle est.

2-7- Le XIXe siècle et foisonnement de mouvements artistiques

L’art moderne s’annonce véritablement avec l’Impressionnisme (1874-1886)


et repositionne la peinture en peignant directement en plein air. Les artistes
cherchent ainsi une liberté et un contact intime avec la nature.
22

Quelques mouvements du XIXe et XXe siècle par ordre chronologique :


Le mouvement Art and craft (1860 - 1910)
Le Symbolisme (1866- 1920)
Le Néogothique (1870)
L'Impressionnisme (1874 - 1886)
Le Naturalisme (1880 - 1900)
Le Symbolisme (1886 - 1905)
Le Néo-impressionnisme ou le pointillisme (1883 -1910)
Le Postimpressionnisme (1885 - 1905)
Les Arts incohérents (1886 - 1896)
L'Art nouveau (1890 - 1905)
Le Sillon (1893 - 1904)
Le Luminisme (1904)
Le Fauvisme (1905 - 1910)
L'Expressionnisme (1905)
Le Cubisme (1907 - 1914)
Le Futurisme (1909-1920)
L'Art abstrait (1910)
L'Art performance (1914)
Le Suprématisme (1915)
Le Dadaïsme (1916 - 1925)
Le Constructivisme (1917 - 1930)
Le Bauhaus (1919-1933)
Le Mouvement moderne (1920- 1950)
L’Op art (1920-1963)
Le Surréalisme (1924 - 1960)
23

L'Art brut (1945)


L’art informel (1945-1960)
Le Cobra (1948 - 1951) Son nom est l'acronyme de « Copenhague, Bruxelles,
Amsterdam », du nom des villes de résidence de la plupart des membres
fondateurs.
L'hyperréalisme (1950 - 1960)
L’Happening (1950)
Le Brutalisme (1950 - 1970)
L'Abstraction lyrique (1951)
Le Pop art (1950-1970)
L'Art urbain (1960)
La Figuration narrative (1960)
Le Schématisme (1960)
Le Nouveau réalisme (1960 - 1970)
Le Mouvement trompe-l'œil/réalité (1960)
Le Land-art (1960)
Le Graffiti art (1960)
Le Fluxus (1961 - 1970)
Le Mail-art (1962)
L’Art vidéo (1963)
La Nouvelle figuration (1964)
Le Minimalisme (1965)
L'Art conceptuel (1965 - 1975)
Le Photoréalisme (1965)
Le Support/Surface (1969-1972)
L’Art et le langage (1970)
L'art sociologique (1971)
Le Postmodernisme (1977)
L’art singulier (1978)
La Figuration libre (1981)
L’Art modeste (1988)
Le Déconstructivisme(1990)
L’Art Résilience(2014)
Le Bio-art36

36
Le bio-art décrit une évolution récente de l'art contemporain, prenant pour medium les ressources plastiques
offertes par les biotechnologies. Culture de tissus vivants, modifications génétiques, morphologiques,
24

CONCLUSION

Les peintres et les écrivains savent depuis l’Antiquité que leurs arts respectifs
ont une parenté. Pour Aristote, la peinture est un art d’imitation : ils «imite» la
nature, c’est-à-dire le monde physique, ses créatures, les hommes qui l’habitent.
Cette notion de nature, élastique, source de confusions et de malentendus, servira
souvent d’enjeu dans les nombreuses «batailles» littéraires, artistiques, mais aussi
philosophiques et religieuses qui seront livrées pendant les deux millénaires de
notre histoire. Mais pendant le Moyen Âge, la peinture est considérée avant tout,
comme une activité manuelle, avant d’être vue à la Renaissance, selon
l’expression de Léonard de Vinci, comme « chose mentale ».
Des écrivains ont aimé spécialement et commenté certains peintres :
Diderot : Greuze ; Baudelaire : Delacroix ; Stendhal : Michel-Ange, Delacroix,
Gautier : Ribera, Zurbarán ; Huysmans : Moreau, Redon, Goya, Turner,
Degas, Whistler ; Zola : Cézanne, Manet, Monet ; Valéry : Degas ;
Fomentin: Rembrandt, Rubens, Vermeer, Hals, Ruysdael, Van Eyck
Apollinaire: Picasso, Braque; Proust : Vermeer, Chardin; Claudel: Velázquez,
Vermeer ; Rilke : Cézanne ; Breton : Ernst, Chirico, Arp; Artaud : Van Gogh
Soupault : Blake ; Char : de La Tour, Braque ; Malraux : Goya ; Paulhan :
Fautrier, Braque, Dubuffet ; Giono : Bernard Buffet, Yves Brayer ; Bonnefoy:
Piero della Francesca, peintres de la Renaissance italienne ; Butor :
Alechinsky, Vieira da Silva ; Simon : Poussin, Uccello, Cranach, Bruegel ; Saint-
Denys Garneau : Bonnard, Renoir, Cézanne ; Claude Gauvreau : Cézanne,
Renoir, Picasso, les automatistes ; Fernand Ouellette : della Francesca, Fra
Angelico.

constructions analytiques et biomécaniques ont toutes été exploitées par des artistes qui s'approprient des
techniques et des thèmes de réflexion très controversés aujourd'hui. Ces expérimentations sont parfois en relation
avec le propre corps de l'artiste (culture de sa propre peau. Le bio-artiste le plus connu est sans doute Eduardo Kac,
dont la « création » de la lapine Alba avec l'INRA a été très médiatisée.
25

BIBLIOGRAPHIE ET LECTURES RECOMMANDÉES

DELACROIX, Eugène, Journal, Paris, Plon, 1996.

HEGEL Georg Wilhelm Friedrich, Esthétique, cahier de notes inédit de Victor


Cousin, édition d’Alain Patrick Olivier, Paris, Vrin, 2005.

KANDINSKY, Vassily, Du spirituel dans l’art, Paris, Denoël, 1989.

KLEE, Paul, Théorie de l’art moderne, Genève, Médiations, 1964.

LUCIE-SMITH, Edward, L’art d’aujourd’hui, Paris, Nathan, 1977.

MASSON, André, Vagabonds du surréalisme, Paris, St-Germain-des-Prés,


1975.

REDON, Odilon, À soi-même, Paris, Corti, 1979.

REVEL, Jean-François, Art et critique d’art, Pourquoi des philosophes et autres


textes, Paris, Laffont, 1997.

RICHARD, André, La critique d’art, Paris, P.U.F., Que sais-je ?, 1958.

ROBERT, Guy, L’art au Québec depuis 1960, Montréal, La Presse, 1973.

ROUDAUT, Jean, Une ombre au tableau, Littérature et peinture, Croix-


Blanche, Ed. Ubacs, 1988.

ROUSSEAUX, André, Arts et littérature. Un état présent et quelques


réflexions», Synthesis, IV, Bucarest, 1977.
26

ANNEXE
27

LA GRÈCE ANTIQUE
28

TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION.........................................................................................................2

1- HISTOIRE DU DESSIN...........................................................................................3

1-1- Le dessin primitif.................................................................................................3


1-2- Le dessin égyptien et à l’époque Antique...........................................................4
1-3- Le dessin au Moyen-âge......................................................................................5
1-4- Le dessin de la Renaissance................................................................................5
1-5- Le dessin Au XVIIème siècle..............................................................................5
1-6- Le dessin moderne et contemporain....................................................................6

2- HISTOIRE DE LA PEINTURE..............................................................................7

2-1- La peinture préhistorique.....................................................................................7


2-1-1- Les différentes techniques de la peinture préhistorique..............................9
2-1-2- L’effet du temps sur la peinture préhistorique.............................................9

2-2- La peinture égyptienne et à l’époque Antique.....................................................9


2-3- La peinture au Moyen-âge.................................................................................12
2-3-1- La peinture romane....................................................................................12
2-3-2- La peinture gothique..................................................................................13

2-4- La peinture de la Renaissance...........................................................................15

2-5- La peinture au XVIIème siècle.........................................................................17


2-5-1- La peinture Classique................................................................................17
2-5-2- La peinture Baroque..................................................................................19
2-5-3- La peinture Rococo....................................................................................20

2-6- La peinture moderne et contemporaine.............................................................21


2-6-1- Le néoclassicisme......................................................................................21
2-6-2- Le romantisme...........................................................................................21
2-6-3- Le réalisme.................................................................................................21

2-7- Le XIXe siècle et foisonnement de mouvements artistiques............................21

CONCLUSION............................................................................................................24
BIBLIOGRAPHIE ET LECTURES RECOMMANDÉES.....................................25
ANNEXE......................................................................................................................26
TABLE DES MATIÈRES..........................................................................................28

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