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Honoré de Balzac

Né en 1799 à Tours, d'une famille de petite bourgeoisie enrichie, Honoré


Balzac (qui s'attribuera plus tard la particule) connaîtra l'enfance typique des "
enfants du siècle " : mis en nourrice (asistenta), puis en pension, il fait des études
peu brillantes au collège de Vendôme, dans l'atmosphère austère des lycées
napoléoniens. Ensuite, c'est la " montée " à Paris pour des études de droit, le séjour
dans de modestes pensions, et l'apprentissage sans joie du métier juridique chez
différents notaires.

Intéressé d'abord(din prima) par la philosophie, il se voue(dedica) ensuite à


la littérature, seul moyen d'acquérir la richesse et la célébrité dont il rêve. Mais son
premier essai, une tragédie, est mal accueillie par l'académicien auquel il la fait lire.
Il se tourne dès lors vers le roman, publiant sous différents pseudonymes une série
d'ouvrages(carti) où il cède au goût du temps (non sans parfois quelque intention
parodique).

Puis, il rencontre Mme de Berny, qui sera pour lui plus qu'une maîtresse, une
initiatrice, une conseillère et un appui (sprijin); grâce en partie à ses
subsides(subventii), il se lance dans les " affaires ", fondant une maison d'édition
(editura) et une entreprise de fonderie(turnatorie,topitorie) de caractères qui
échoueront lamentablement, le plongeant dans un cycle infernal de dettes dont il
ne pourra jamais se libérer.

Introduit par la duchesse d'Abrantès dans les salons à la mode, il entre


également dans le cercle du grand patron de presse Émile de Girardin, collabore à
de nombreuses publications, et se livre(preda) à toutes les exubérances de la vie
mondaine. C'est alors qu'il reçoit la première lettre de l'" Etrangère ", une comtesse
russe (Mme Hanska), mariée, qui l'admire.

Vers la même époque, Balzac connaît une " crise " dont la nature est toujours
sujette à discussion : toujours est-il qu'il se rallie (peut-être pour plaire à la
marquise de Castries dont il voudrait faire sa maîtresse) au parti légitimiste. Balzac
mène alors une vie débordante : les voyages se succèdent, les fréquentations (avec
toutes sortes de personnalités, comme Victor Hugo, mais aussi de maîtresses) se
multiplient, articles et publications en revues foisonnent(abunda), occasionnant de
nombreux procès où il épuise une partie de son énergie.

Puis, il a un nouveau désastre financier : la Chronique de Paris, journal qu'il


avait racheté(rascumparat), est mise en liquidation. Balzac tente d'échapper à ses
créanciers(creditori) en voyageant, en changeant de domicile parisien, en se
dissimulant sous de fausses identités, tandis que sa production littéraire se raréfie.

Quelques années plus tard, il apprend la mort du comte Hanska, et va


désormais(continuare) tout mettre en œuvre pour épouser l'" Etrangère " : il la
revoit à Saint-Pétersbourg, après huit ans de séparation, et lui écrit presque
quotidiennement. Mais sa santé se détériore, et les voyages en Europe absorbent la
plus grande partie de son temps.

La Révolution (1848), vidant les théâtres, le prive des bénéfices


escomptés(reduse) pour rétablir sa situation financière. De plus en plus malade, il
séjourne une année en Ukraine. Il y épouse enfin madame Hanska, et revient avec
elle à Paris, pour y mourir au bout de quelques semaines. Selon la legende, lorsqu'il
s'eteint(stinge), en 1850, son dernier mot fut pour appeler a son secours Bianchon,
le medecin qu'il avait crée dans la Comedie humaine.

La comédie humaine

Cette œuvre colossale, rédigée sur plus de vingt ans, est composée de quatre
vingt onze romans achevés et de nombreux autres récits restés à l’état de projets.

À travers ses romans et ses personnages (plus de deux milles personnages),


Honoré de Balzac cherche à dresser un tableau complet de l’espèce humaine, à
l’image des travaux réalisés par les naturalistes sur les animaux, mais aussi à
brosser(peria) l’histoire des mœurs de son temps. Pour cela, il recrée une société
miniature où toutes les professions et les catégories sociales sont représentées. Il
décrit avec précision l’histoire et la généalogie de chacun, le cadre dans lequel il vit,
ses habitudes, ses traits de caractère, ses passions et ses vices.

Honoré de Balzac a ainsi donné à la littérature française certains de ses


personnages les plus vivants et les plus réalistes, comme le père Goriot,
vieillard(mosneag) abandonné par ses enfants, ou Félix Grandet, vieil avare
tyrannique. Pour garantir la continuité et la cohérence de l’œuvre, il fait également
revenir certains personnages d’un roman à l’autre : Eugène de Rastignac, que l’on
découvre dans le Père Goriot sous les traits d’un étudiant ambitieux mais plein de
compassion, devient un jeune dandy cynique dans les Illusions perdues, et enfin un
riche ministre dans les dernières œuvres du cycle.
Avec le projet inachevé de la Comédie humaine, sans équivalent dans la
littérature française, Honoré de Balzac a imposé le roman comme un genre majeur,
en montrant qu’il pouvait à la fois rendre compte des mœurs des individus et
décrire la société dans son ensemble. Il a exercé une grande influence sur toute la
littérature réaliste du vingt premiere siècle.

Les principaux romans de la Comédie humaine sont Eugénie Grandet, le


Père Goriot et les Illusions Perdues.