Vous êtes sur la page 1sur 20

CHAPITRE II

MATERIAUX UTILISES
EN BETON PRECONTRAINT

1- INTRODUCTION
Le béton précontraint exige l’emploi de matériaux de haute qualité et une mise œuvre
strictement contrôlée. Ces matériaux seront sujets à de fortes contraintes en phase de
construction ; à la mise en tension des câbles, et durant l’exploitation de l’ouvrage.
Dans ce chapitre, on va étudier les caractéristiques de chacun des trois constituants
essentiels du béton précontraint :
- le béton,
- les armatures de précontrainte,
- les armatures passives.

2- CIMENT
La norme de référence des ciments courants est la norme européenne EN 197-1. Les
ciments sont subdivisés en cinq types selon la nature et la proportion des constituants.
CEM I : Ciments Portland.
CEM II : Ciments Portland composés.
CEM III : Ciments de haut-fourneau.
CEM IV : Ciments pouzzolaniques.
CEM V : Ciments composés.

Les ciments sont répartis en trois classes, 32,5- 42,5 - 52,5, définies par la valeur
minimale de la résistance normale à la compression du ciment à 28 jours.

Dans le tableau II-1, La classe (R) correspond à une résistance au jeune âge plus élevée
que la classe normale correspondante (N).

Il est à noter que le dosage en ciment pour le béton précontraint varie entre 400 et 500
kg/m3.

1
Tab. II-1 Résistance minimale des trois classes de ciment

3- BETON
3-1 Résistance à la compression
Le béton est défini par la valeur de sa résistance caractéristique à la compression à l'âge
de 28 jours. Celle-ci notée fc28, est choisie de préférence dans la série suivante (en
MPa) : 25, 30, 35, 40, 50, 60.
A l’âge j ≤ 28, la résistance fcj du béton est exprimée par la relation
j 
si f c 28  40 MPa , fc j  f c 28 
4.76  0.83 j

et  (1)
j 
si f c 28  40 MPa , fc j  f c 28 
1.40  0.95 j 

Pour un âge j > 28, la résistance à la compression est maintenue constante


f c j  f c 28 (2)

Fig. II-1 Eprouvettes de béton utilisées à l’essai de compression

2
Remarques
1- Pour les bétons dont le fc28 ne dépasse pas 40 MPa, on peut augmenter fcj au-delà de
28 jours dans les justifications autres que celles concernant la résistance, telles que
les déformations par exemple. fcj est alors calculée par la première formule de la
relation (1) et bornée à 1.1 fc28.
2- Pour les bétons traités thermiquement, se reporter à l’annexe 6 du BPEL 91.

3-2 Résistance à la traction


La résistance caractéristique à la traction, à l'âge de j jours, notée ftj , est définie par la
formule
f t j  0.6  0.06 f cj (3)

Où ftj et fcj sont exprimées en MPa.

Fig. II-2 Différents essais sur les résistances d'un béton en traction

3-3 Déformations longitudinales instantanées


On peut considérer comme déformation instantanée une déformation résultant de
l'application d'un effort statique s'exerçant pendant une durée inférieure à 24 heures.
Le module de déformation longitudinale instantanée du béton, à l'âge de j jours, noté Eij ,
est exprimé par
Ei j  11000 3 f c j (4)
Où Eij et fcj sont exprimés en MPa.

3-3-1 Comportement à l’ELS


D’après l’article 2-1 de l’annexe 1 du BPEL 91, on peut adopter conformément à la figure
II-3:
- une déformation linéaire pour une contrainte du béton inférieure ou égale à 0.5 fcj,
- la somme d’une déformation linéaire et d’une déformation non recouvrable quand
la contrainte du béton est comprise entre 0.5 fcj et 0.66 fcj.

3
Cela se traduit par la relation
b
i  1  ki  (5)
Ei j

Où le coefficient ki caractérise la déformation non recouvrable et s’exprime par




si  b  0.5 f c j , ki  0 

et  (6)
 
2

si 0.5 f c j   b  0.66 f c j , ki  4  b  0.5  
f  
 cj  

Fig. II-3 Diagramme contrainte-déformation du béton à l’ELS

3-3-2 Comportement à l’ELU de résistance


Dans les calculs aux états-limites ultimes de résistance, l'évaluation précise des
déformations n'est pas nécessaire. On peut alors adopter un diagramme plus simple, dit
parabole-rectangle (fig. II-4), constitué d'une branche parabolique ayant son sommet
pour une déformation de 2∙10-3, et suivi d'une branche horizontale jusqu'à une
déformation de 3,5∙10-3.

Fig. II-4 Diagramme contrainte-déformation du béton à l’ELU de résistance

3-3-3 Comportement à l’ELU de stabilité de forme


Dans ce cas, le modèle parabole-rectangle n'est généralement pas suffisant. Lorsque le
béton est soumis à des déformations qui approchent ou dépassent celle correspondant
au pic de contrainte (fig. II-5), la loi de Sargin convient mieux à ce comportement. Elle

4
s’écrit sous la forme
2
     
k    k '1  

 b0  
 b0 
 b  fc j 2
(7)
     
1  k  2    k '  
  b0    b0 

Où εb0 est la déformation au pic de contrainte,

 b0  6,2 .10 4 3 fc j (8)

k, k’ sont des coefficients donnés par


Ei j  b 0
k (9)
fc j

si f c j  30 MPa, k'  k 1 
 55  f c j  

si 30 MPa  f c j  55 MPa, k '  k  1    (10)
 25  
si f c j  55 MPa, k'  0 

D’après la figure II-5, la valeur du module tangent à l'origine, qui peut être évaluée au
moyen de la formule

Ei j 0  11000 3 f c j (11)

Fig. II-5 Diagramme contrainte-déformation du béton à l’ELU de stabilité de forme

3-4 Déformations longitudinales différées


3-4-1 Retrait
Dès sa prise, le béton est sujet au retrait, raccourcissement naturel dû essentiellement à
l’évaporation de l’excédent de l’eau de gâchage non combinée au ciment. Le retrait est
lié principalement aux trois paramètres :

5
 l’hygrométrie ambiante moyenne ρh, exprimée en pourcentage d’humidité
relative,
 l’épaisseur moyenne de l’élément de béton, exprimée en termes de rayon moyen
rm.
 le rapport E/C
Plus ces trois paramètres sont importants, plus le retrait est faible. La figure II-6 illustre
une méthode de mesure du retrait au laboratoire à l’aide d’extensomètre.

Fig. II-6 Mesure extensométrique de la déformation


due au retrait d’une éprouvette de béton

Le rayon moyen est donné par l’équation


B
rm  (12)
u
Où B est l’aire de la section de l’élément considéré,
u est le périmètre extérieur de cette section.

L’article 2.1.5.1 des règles BPEL 91 définit la valeur du retrait dans le temps par
l’équation
 r t    r  r t  (13)

Où r(t) est la fonction d’évolution du retrait dans le temps, elle s’écrit

r t  
t
(14)
t  9 rm
t est l’âge du béton, en jours, compté à partir du jour de fabrication,
rm le rayon moyen de la pièce, exprimé en centimètres (équation 12).

6
Le terme εr de l’équation (13) représente le retrait final (entre t=0, t=∞), il est exprimé :
a- soit par des valeurs forfaitaires, selon le climat ;

trés humide :  r  1.5 10 4 



humide :  r  2 10 4 

tempéré sec :  r  3 10 4  (15)
chaud et sec :  r  4 10 4 
trés chaud et sec désertique  :  r  5 10 4 
En Algérie, d’après la carte de zonage climatique (cf. Annexe A1), on a :
εr = 2 × 10-4 en climat humide Zone A
εr = 3 × 10-4 en climat tempéré sec Zone B
εr = 4 × 10-4 en climat chaud et sec Zones B’, C, D1
εr = 5 × 10-4 en climat très sec ou désertique Zones D2 et D3.
b- soit sous la forme analytique décrite dans l’article 3-2 de l’annexe 1 du BPEL 91,
 r  ks   0 (16)
Où ks est un coefficient qui dépend du rapport ρs entre la section As des armatures
adhérentes et la section B du béton,
As
s  (17)
B
As représente la section des armatures passives longitudinales (et, dans le cas de la pré-
tension, des armatures de précontrainte adhérentes).
Le coefficient ks s’écrit
1
ks  (18)
1  20  s
Le coefficient ε0 dépend des conditions ambiantes et des dimensions de la pièce.
On prendra dans l'eau
 0   60  106 (19)
et dans l'air
 80  6
 0  100   h    6   10 (20)
 10  3rm 

Où ρh est l'hygrométrie ambiante moyenne, exprimée en pourcentage l'humidité


relative,
rm est le rayon moyen de la pièce, exprimé en centimètres.

La figure II-7 montre bien l’effet des conditions hygrométriques sur le retrait d’une
poutre ; dans un climat désertique, le retrait est plus important que celui d’un climat

7
humide.
La figure II-8 montre que le retrait est plus important pour une poutre mince que pour
une poutre épaisse.

Fig. II-7 Evolution du retrait d’une poutre pour deux climats :


1- humide (εr = 2 . 10-4) ; 2- désertique (εr = 5 . 10-4)

Fig. II-8 Evolution du retrait de deux poutres pour


un climat tempéré sec (εr = 3 . 10-4)

8
3-4-2 Fluage
Ce phénomène est, lui aussi, lié à la migration de l’eau à l’intérieur du béton. Il désigne la
déformation différée du béton sous l’effet des contraintes qui lui sont appliquées.
Similairement au retrait, le fluage dépend des trois paramètres ; hygrométrie ρh, rayon
moyen rm, et le rapport E/C. Il dépend aussi d’un quatrième paramètre qui est le type de
chargement qui lui est appliquée.

Fig. II-9 Batterie de bancs de fluage hydrauliques de 1 000 KN

La déformation de fluage à l’instant t d’un béton soumis à l’âge j=t1 à une contrainte
constante σ1 (figure II-10), est exprimée par
 f l t    i c  k f l t1  f t  t1  (21)

Où εic est la déformation conventionnelle instantanée sous l’effet de la contrainte σ1, soit

 i c  1 1  ki  (22)
Ei 28
Le coefficient ki est défini par l’équation 6.
f(t-t1) est loi d’évolution du fluage, elle s’exprime par
t  t1
f t  t1   (23)
t  t1  5 rm

Où (t-t1) est exprimé en jours, rm en centimètres.


kfl (t1) est le coefficient de fluage, à l’âge t1 de mise en charge, il s’exprime, selon
l’article 4-2-2 de l’annexe 1 du BPEL 91, par l’équation

9
k f l t1   k s  ke  kc  k t1  (24)

ks est défini par l’équation (18),


ke est la limite inférieure du coefficient de fluage, sa valeur est
k e  0.4 (25)
kc est un coefficient qui dépend de l’hygrométrie ρh (ρh=100, dans l’eau) et du rayon
moyen rm (en centimètre)

kc 
120   h   2   100   h  (26)
30 3  20  rm 

K (t1) est le coefficient qui dépend du durcissement du béton à l’âge t1 de mise en


charge. Il s’écrit
k t1  
100
(27)
100  t1
Remarque : Outre le scénario du fluage sous charge constante, on peut envisager deux
autres cas (articles 4-3, 4-4 et 4-5 de l’annexe 1 du BPEL 91) :
1- une succession d’accroissement de contraintes de compression du béton,
2- une diminution de contrainte, ou retour de fluage (figure II-11).

Fig. II-10 Fluage du béton sous une charge constante appliquée à l’âge t1

Fig. II-11 Retour de fluage du béton

10
3-5 Coefficient de poisson
Le coefficient de poisson du béton prend les valeurs
si le béton est fissuré,  0 
et  (28)
si le béton n' est pas fissuré,   0.2 

3-6 Coefficient de dilatation thermique


Avec une unité de (C-1), ce coefficient est pris pour le béton égal à
 b  10 5 (29)

4- ARMATURES DE PRECONTRAINTE
Appelées aciers actifs, ces armatures sont disponibles en trois catégories ; fils, barres et
torons, et doivent assurer plusieurs fonction, parmi lesquelles :
a- une résistance élevée,
b- une ductilité suffisante,
c- une bonne résistance à la corrosion,
d- une faible relaxation.

4-1 Formes
4-1-1 Fils
Par convention, les fils ont un diamètre inférieur ou égal à 12,2 mm, ce qui permet de les
livrer en couronnes.
Ils peuvent être soit ronds et lisses (pour la post-tension) obtenus par tréfilage, soit
nervurés, crantés, ou ondulés afin d’améliorer leur adhérence au béton (pré-tension).
Ces derniers sont obtenus par laminage à chaud suivi d’une trempe au plomb ou à
l’huile, puis un revenu (réchauffage à 400 C°). Le tableau II-2 donne les diamètres
nominaux et les sections correspondantes pour les différents fils utilisés.

Φ (mm) 4 5 6 7 8 10 12.2
Ap (mm²) 12.6 19.6 28.3 38.5 50.3 78.5 117
Tab. II-2 Caractéristiques géométriques des fils précontraints

11
Fig. II-12 Fils de précontrainte adhérents de 5 mm de diamètre nominal,
découpés pour utilisés dans les pré-dalles

4-1-2 Barres
Dans la gamme de diamètres décrits par le tableau II-3, les barres lisses ou à haute
adhérence sont livrées sous forme rectiligne de longueur égale à 12 m, ce qui limite leur
usage pour les faibles longueurs sauf si on utilise des coupleurs.
Il est à remarquer que la limite élastique des barres est plus faible que celle des fils et
des torons (tableau II-5), du fait que cette limite croit en sens inverse avec le diamètre.

Φ (mm) 20 22 26 32 36
Ap (mm²) 314 380 531 804 1018
Tab. II-3 Caractéristiques géométriques des barres précontraintes

Fig. II-13 Barres de précontrainte de diamètre nominal égal à 20 mm,


livrées au chantier sous forme rectiligne

12
4-1-3 Torons
Employés aussi bien en pré-tension (dans les pièces importantes) qu’en post-tension, les
torons sont des ensembles de fils enroulés hélicoïdalement les uns sur les autres (cas des
torsades à trois fils) ou autour d’un fil central en une seule couche. Dans le tableau II-4,
chaque toron est caractérisé par le nombre des fils, la section et le diamètre nominal
(diamètre du cercle circonscrit aux fils dans une section droite).
Les fils et les torons sont livrés en couronnes de diamètre au minimum égal à 250 fois le
diamètre du fil ou du toron (fig. II-15).

3 fils 7 fils 7 fils


Type 7 fils
3 x Φ 2.4 normal super
12.5 15.2 12.9 15.7
Φ (mm) 5.2 6.85 9.3
T13 T15 T13 S T15 S
Ap (mm²) 13.6 28.2 52 93 139 100 150
Tab. II-4 Caractéristiques géométriques des torons

Fig. II-14 Torons T13S avec un diamètre nominal de 12.9 mm, ensemble de 6 fils torsadés
autour du fil central, utilisés dans les poutres précontraintes.

Fig. II-15 Toron T15 avec un diamètre nominal de 15.2 mm, ensemble de 6 fils torsadés
autour du fil central, livré sous forme de couronne

13
4-2 Résistance à la traction
L’armature de précontrainte est caractérisée par les deux paramètres de résistance :
a- la contrainte de rupture garantie fprg,
b- la limite élastique garantie fpeg.
Le tableau II-5 présente les contraintes de rupture garantie (ou classes) pour les
différentes armatures de précontrainte.

Classes
1030 1230 1570 1670 1770 1860 1960
(MPa)
-------------------
---------------------------------------------------
Barres
Armatures -----------------------------
------------------- -------------------
Fils
----------------------------------------
-----------------------------
Torons
Tab. II-5 Résistance des armatures actives

a) Cas de fils tréfilés ou torons : fpeg est l’ordonnée du point d’intersection de la courbe
σp=f(εp) avec la droite de pente égale à Ep et commençant par le point d’abscisse εp=1‰
(fig. II-16). Le diagramme comme décrit dans l’annexe 2 du BPEL 91, est constitué de
deux parties :
a- une droite linéaire de pente Ep, pour σp ≤ 0.9 fpeg,
b- une courbe pour l’intervalle σp > 0.9 fpeg.
Cela se résume par la relation
p 
si  p  0.9 f peg ,  p  
Ep 

 (30)
p  p 
5

si  p  0.9 f peg ,  p   100   0.9  
Ep   
 f peg  

Ep est le module de déformation longitudinale de l’armature de précontrainte, il prend


les valeurs
pour les fils et les barres, E p  2 105 MPa 

 (31)
pour les torons, E p  1,9 105 MPa 

Enfin, la rupture survient pour une contrainte fprg et un allongement relatif εr. On doit
veiller à ce que la rupture ne se produise que sous une striction importante. Sachant que
le coefficient de striction ζ est la réduction relative de l’aire de la section, soit

14
 Ap
  (32)
Ap
Généralement, on exige que
  20 % 
et  (33)
 r  3,5 % 

Fig. II-16 Diagramme contrainte-déformation pour les fils tréfilés et les torons

Fig. II-17 Essai de traction sur un toron précontraint

15
b) Cas de fils trempés et revenus et barres : Le diagramme constitué de deux segments
de droite (fig. II-18), s’exprime par

si  p  f peg ,  p  Ep  p 

 (34)
sinon,  p  f peg 

Fig. II-18 Diagramme contrainte-déformation pour


les fils trempés et revenus et barres

Tab. II-6 Caractéristiques de quelques armatures utilisées en post-tension

4-3 Relaxation de l’acier


L’acier fortement tendu sous longueur constante va subir une diminution progressive de
sa tension dans le temps. Ce phénomène, appelé relaxation, dépend très sensiblement
de la température. Cette dernière accélère la relaxation sans modifier sa valeur finale
réelle.
On définit la perte relative de tension par le terme

  t 
 t   (35)
i
Où σi est la tension initiale.
En pratique, on mesure la relaxation isotherme à 20 C° d’une éprouvette tendue
initialement à 0,7 Fprg. La perte relative de tension observée dans ces conditions à 1 000

16
h et notée ρ1000 sert de base aux calculs de relaxation. A partir de cela, on peut définir les
deux sous-classes de relaxation

Trés basse relaxation TBR  : 1000  2.5% 


 (36)
Relaxation normale RN  : 1000  8% 

Dans la pratique, afin d’évaluer la perte finale par relaxation, le temps infini
conventionnel retenue par le BPEL est de 500 000 h (soit environ 57 ans).
La figure 19 illustre un exemple de relaxation dans le temps de 2 torons de classes
différentes (TBR et RN) pour une tension initiale σi = 0.6 fprg.

Fig. II-19 Relaxation de 2 torons de classes TBR et RN,


pour une tension initiale σi = 0.6 fprg

4-4 Adhérence au béton


L’adhérence entre le béton et l’armature de précontrainte est caractérisée par la
longueur conventionnelle de scellement notée lcs. Cette dernière représente la longueur
nécessaire pour transférer la force de précontrainte de l’armature vers le béton. En
pratique lcs prend les valeurs suivantes
Fils adhérents et torons constitués de 3 fils , lsc  100 Dn 
 (37)
Torons constitués de 7 fils , lsc  75 Dn 
Dans les calculs, on prend en compte la longueur nominale de scellement lcsn qui dépend
de la tension initiale σpR et la résistance à la compression du béton fcm au moment du
relâchement des armatures.

lscn  lcs  240  f cm  (38)
0.85

17
Dans l’équation (38), lcsn et lcs sont exprimés en cm,
 pR
 (39)
f prg
f cm  1.25 f cj (40)
La formule (38) n’est valable que si
25 MPa  f cm  40 MPa (41)
Les coefficients de fissuration ηp et de scellement ψsp prennent les valeurs
Fils adhérents ;  p   sp  1 

 (42)
Torons ;  p   sp  1.3 

4-5 Coefficient de dilatation thermique


Avec une unité de (C-1), ce coefficient est pris pour l’armature précontrainte, égal à
 p  10 5 (43)
5- ARMATURES PASSIVES
Ces armatures du béton armé doivent assurer plusieurs fonctions, parmi lesquelles :
- résister à la traction pour les zones tendues du béton en classe II et III,
- reprendre l’effort tranchant et les cisaillements dues à la torsion (cadres,
épingles, étriers…),
- jouer le rôle d’armatures de peau,
- servir d’armatures de construction et former une cage pour maintenir les aciers
actifs (fig. II-20).

Fig. II-20 Mise en place des gaines de précontrainte


à l’intérieur d’une cage d’aciers passifs

18
5-1 Formes
Les aciers généralement utilisés sont classés en plusieurs catégories (fig. II-21):
 Barres rondes lisses.
 Barres à haute adhérence.
 Fils (Fils à Haute adhérence et fils lisses).
 Treillis soudés.

D’une façon générale, on distingue pour les armatures passives :


- Les aciers passifs longitudinaux.
- Les aciers passifs transversaux.

Fig. II-21 Armatures de béton armé

5-2 Caractéristiques des armatures passives


Dans les calculs, on doit prendre en compte des éléments suivants :
- Section nominale de l'armature,
- Module de déformation longitudinale de l'acier Es est pris égal à 2.105 MPa,
- Limite d'élasticité garantie de l'acier notée fe,
- La relation contrainte-déformation est donnée par la figure II-22.

19
Le tableau II-7 donne les désignations conventionnelles, les nuances et les limites
d’élasticité actuellement sur le marché.

Tab. II-7 Limites d’élasticité de quelques armatures passives

Fig. II-22 Diagramme contrainte-déformation pour les aciers passifs

5-3 Adhérence des armatures passives au béton


Cette aptitude est caractérisée par les coefficients de :
- fissuration donné par
ronds lisses ;   1 

barres lHA ou fils HA de diamètre supérieur à 6mm;   1.6  (44)
fils HA de diamètre inf ériur à 6mm;   1.3 

- de scellement qui prend les valeurs
ronds lisses ;   1 
 (45)
barres lHA ou fils HA;   1.5 

20

Vous aimerez peut-être aussi