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Enseirb Matmeca

Institut de mécanique et d’ingénierie


Rapport de stage

ENCADRANTS :
M. Yves Chemisky
M. Jérémie Girardot

Modélisation géométrique de structures


architecturées et hétérogènes

Jury :
M. Michel Castaigns
M. Pierre Lubin

Auteur :
Mounir Zamzami

31 janvier 2020
Table des matières
1 Présentation 2

2 Bibliographie 4
2.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.2 Le rôle des matériaux architecturés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.3 Lien entre la biologie et les matériaux architecturés . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.4 Participation du laboratoire I2M dans le développement du domaine des matériaux
architecturés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.5 Des logiciels de génération de microstructures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.5.1 Digimat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.5.2 TexGen . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.5.3 Meso3dFiber . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.5.4 Neper . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6

3 Génération de la géométrie 6
3.1 L’intérêt de l’automatisation de la génération de la géométrie . . . . . . . . . . . . . 6
3.2 Salome . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3.3 Le fichier d’entrée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3.4 La conception du RVE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.4.1 La périodicité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.4.2 Les doublons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

4 Le maillage 10

5 Découpage de Voronoï 11
5.1 Voro++ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
5.2 Découpage de Voronoï sur Salome . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12

6 Découpage de Voronoï appliqué sur les matériaux architecturés 13

7 Conclusion 14

8 Références 15

9 Résumé 16

1
1 Présentation
L’Institut de mécanique et d’ingénierie (I2M) est un laboratoire de recherche en mécanique et
matériaux se situant à Bordeaux-Talence. Ses principaux thèmes de recherche sont : les composites,
le génie des procédés, le bâtiment, le génie civil, les écoulements... Le laboratoire se compose de
6 équipes, travaillant chacune sur un axe privilégié. L’équipe dont je faisais partie est Durabilité
des matériaux et des assemblages (Dumas). Cette équipe s’occupe de la compréhension fine et la
modélisation des phénomènes physiques impliqués dans les processus de déformation, endomma-
gement et rupture sous sollicitations complexes. Elle s’intéresse à plusieurs thématiques comme
l’adhésion, le collage, la fatigue, les chocs, la corrosion...

Contexte
L’impression 3D a beaucoup évolué et a touché plusieurs secteurs notamment les matériaux.
Cette évolution a élargi la gamme de matériaux qu’on peut concevoir. La nouvelle voie dans cette
conception est la voie des matériaux architecturés. Ce sont des matériaux conçus avec une certaine
distribution et un certain choix de matériaux préliminaires afin de répondre à certaines exigences
mécaniques et thermiques. Ce genre de matériaux se trouvent abondamment dans la nature comme
le cas des os, du bois, des coquillages... L’un des matériaux architecturés les plus utilisés est la
structure lattice. C’est une structure créée à partir d’un ou plusieurs types de matériaux et des
porosités. L’utilité la plus importante de ce type de structures est d’arriver à un matériau de forte
résistance avec la masse la plus faible possible. Les structures lattices sont très utilisées dans l’aé-
ronautique et le secteur biomédical.

Figure 1 – Exemple de matériaux architecturés [3]

La réponse mécanique, notamment dans le cas de choc dynamique et de durabilité, résultant


de ces matériaux est très complexe. D’où l’intérêt de la simulation numérique multi-échelle.

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Objectifs
L’objectif de ce stage est d’investiguer des méthodes et solutions de génération automatisées
de volumes et maillages représentatifs des microstructures issues de la fabrication additive. Cette
étape est nécessaire afin d’envisager une simulation numérique par éléments finis. La suite Sa-
lomé, qui intègre les puissants outils de génération de géométries complexes OpenCascade est un
environnement attractif pour le développement de ce type d’outils.

Méthodologie
Avant d’entamer ce stage, il existait un logiciel nommé ’Microgen’ développé par mon encadrant
qui permettait d’avoir une génération automatisée des microstructures sous Abaqus. Ce logiciel
rencontrait plusieurs problèmes et difficultés. Tout d’abord la géométrie dans Abaqus n’offre pas
assez d’opérations booléennes. Ainsi qu’Abaqus n’est pas un logiciel OSS (Open source software)
ce qui rend impossible de changer le code source pour régler quelques anomalies rencontrées dans
la géométrie ou le maillage. Enfin, la génération des microstructures sous Microgen prenait un
temps énorme à cause de la complexité de la conception géométrique.
Le nouveau choix pour la modélisation géométrique est le logiciel ’Salomé’. C’est un logiciel OSS
qui intègre les puissants outils de génération de géométries complexes OpenCascade. Il offre aussi
un espace pour l’utilisation d’un code python (API python) qui va faciliter l’automatisation de la
génération géométrique des microstructures.

La méthodologie envisagée peut être résumée sous la façon suivante :


i) Développement d’un code python basé sur la suite Salomé/OpenCascade permettant de générer
des volumes représentatifs de structures architecturées.
ii) Développement de méthodes de génération de maillages adaptés à la simulation numérique par
éléments finis.
iii) Ajout d’une partie de code qui permet de découper les volumes représentatifs selon une tesse-
lation de Voronoï afin d’arriver à créer des matériaux polycristaux.

Figure 2 – Découpage de Voronoï appliqué sur différentes géométries en utilisant le logiciel Neper
[4]

3
2 Bibliographie
2.1 Définitions
- Les matériaux architecturés sont des combinaisons entre des matériaux ou bien entre des ma-
tériaux et de l’espace configurés de manière à avoir des propriétés qui ne peuvent pas être obtenus
par un seul matériau.

- Les matériaux hétérogènes sont des matériaux ayant des propriétés non uniformes.

- L’élément volume représentative (RVE) est le plus petit volume sur lequel une mesure peut
être faite, ce qui donne une valeur représentative de tout l’ensemble.

2.2 Le rôle des matériaux architecturés


La science des matériaux a connu une grande évolution. Cette évolution se concrétise dans les
connaissances liées à ce domaine et dans ses exigences. Cela a imposé aux matériaux intégrés dans
un certain système de remplir plusieurs fonctions. Cela nécessite souvent de coexister plusieurs
classes de matériaux et de leur donner l’arrangement optimal aux critères.

Les exigences en terme de durabilité et d’autres propriétés mécaniques remplissant plusieurs


fonctions sont souvent impossibles à satisfaire avec des matériaux préliminaires. Ces exigences
peuvent être trouvés dans des domaines comme l’isolation dans le bâtiment, les micro- et nano-
technologies, le domaine médical, le développement des nouvelles générations de centrales nucléaires
ou les nouvelles sources d’énergie. L’idée des matériaux architecturées nous dispense de développer
des matériaux ayant une nouvelle composition chimique. Ces matériaux sont une combinaison de
différentes classes de matériaux à un certain échelle caractéristique. Cet échelle se situe donc entre
la micro-structure et l’échelle du composant. Ainsi, l’optimisation des propriétés de ce composant
se joue sur la maîtrise de son architecture en prenant compte des interactions entre ses différents
échelles.

2.3 Lien entre la biologie et les matériaux architecturés


Le développement de la biologie a créé une grande transformation de tout le paysage scienti-
fique. L’un des secteurs qui s’est bien enrichi de ce développement est le secteur des matériaux
architecturés. Les matériaux naturels peuvent être considérés par leur structure comme des maté-
riaux architecturés adaptatifs. L’os, comme titre d’exemple, combine entre une rigidité importante
et un poids léger. Ces différents propriétés lui permettent d’assurer plusieurs fonctions à la fois
(soutien du poids du corps, protections des organes, stockage du calcium et du phosphore de l’or-
ganisme...)

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Figure 3 – La structure architecturée externe composant un os [6]

2.4 Participation du laboratoire I2M dans le développement du domaine


des matériaux architecturés
L’institut d’ingénierie et de mécanique (I2M) joue un rôle majeur dans le développement des
connaissances autour des matériaux architecturés.

Le département IMC s’occupe des problématiques de conception des matériaux architecturés.


Étant donné que le comportement final de ces structures dépend de plusieurs paramètres (géomé-
trie, fractions volumiques, propriétés..), les chercheurs développent des méthodes permettant de
sélectionner et d’optimiser ce jeu de paramètres.

De l’autre côté, le département Dumas dont je faisais partie s’occupe de la simulation nu-
mérique des matériaux. Il propose des travaux de thèses dont l’objectif est la caractérisation du
comportement mécanique de ces structures. Citons par exemple la thèse de Mr Khalil Refai qui
fera sa soutenance dans les mois qui viennent. L’objectif de sa thèse est de déterminer un critère
d’initiation de l’endommagement sous un chargement de fatigue qui prenne en compte les effets
de taille associés au procédé de fabrication additive, et d’utiliser ce critère dans une démarche
d’optimisation topologique. Il y a également un deuxième exemple de la thèse de M. Marie Piro-
tais, commencée en 2018, qui vise à comprendre les mécanismes d’endommagement des structures
lattices sous chargement cyclique à l’aide d’une approche multiéchelle.

Au sein de ce même département, Il existe une équipe dédiée à la simulation des matériaux
hétérogènes (3MAH) dirigée par le professeur Yves Chemisky. Cette équipe développe des codes
de calcul de micromécanique permettant la simulation de matériaux dont la microstructure est
composées de multiples phases, selon le principe décrit dans le paragraphe précédent.

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2.5 Des logiciels de génération de microstructures
2.5.1 Digimat
Digimat est un logiciel multi-échelle de conception de matériaux composites. Il permet de
fabriquer des composites en augmentant leur performance et en minimisant leurs poids. Il permet
aussi d’avoir leurs différents propriétés mécaniques et thermiques par passage de la méthode des
éléments finis.

2.5.2 TexGen
TexGen est un logiciel OSS de modélisation des géométries des structures textiles. Il permet
également d’extraire plusieurs propriétés de différents types de modèles comme la perméabilité des
structures textiles et le comportement mécanique des matériaux composites.

2.5.3 Meso3dFiber
Meso3dFiber permet une automatisation de la génération des matériaux composites. On obtient
ces matériaux à partir d’une série de paramètres comme (le pourcentage volumique des fibres, la
quantité des fibres, le type de la distribution...). Ce logiciel introduit des couches d’endommagement
à la méthode des éléments finis pour modéliser l’interface de fissure des fibres.

2.5.4 Neper
Neper est un logiciel de génération et maillage des polycristaux 2D et 3D en utilisant un dé-
coupage de Voronoï. Il permet d’avoir plusieurs types de générations (génération multi-échelle de
microstructures, génération de polycristaux à partir des propriétés expérimentaux, génération pé-
riodique de microstructures...).

Ces logiciels restent limités à une certaine catégorie de structures. On ne trouve aucun logiciel
qui peut générer d’autres types de structures. Ces logiciels restent limités en terme de la liberté de
la conception de la microstructure.

3 Génération de la géométrie
3.1 L’intérêt de l’automatisation de la génération de la géométrie
La science des matériaux commence à avoir de nouvelles exigences industrielles. Les matériaux
architecturés sont parmi les meilleurs solutions à ces exigences.

A l’échelle microscopique du RVE, la structure de ces matériaux peut être interprétée, d’un
point de vue mécanique, comme un milieu hétérogène. Par contre, à l’échelle macroscopique, elle
peut être modélisée comme un milieu continu homogène équivalent. Une étude appropriée de ces
échelles nécessite donc une investigation des phénomènes impliqués au niveau des deux échelles.
L’une des méthodes de calcul envisagées pour ce cas est la méthode des éléments finis au carré
(EF 2 ). Cette méthode consiste à coupler un calcul homogénéisé à l’échelle macroscopique avec des
calculs locaux de microstructure. Cette méthode est très coûteuse en terme de temps de calcul,

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donc pour avoir des résultats plus rapides on utilise la micromécanique, qui a pour objectif prin-
cipal d’estimer le comportement mécanique macroscopique d’un matériau hétérogène à partir des
connaissances disponibles sur les propriétés de sa microstructure.

Dans le cadre de ce travail, on effectue une génération de géométrie visant un traitement qui
utilise le principe de la micromécanique. Dans le but de trouver le matériau convenable pour une
certaine exigence, on vise à calculer les propriétés mécaniques de plusieurs types de matériaux
architecturés. Pour ce faire, on crée un code qui permet d’automatiser ce calcul à partir des para-
mètres géométriques du RVE.

3.2 Salome
La génération de la géométrie se fera sur un code python utilisant le logiciel Salome. C’est un
logiciel OSS de conception basée sur l’ordinateur. Il fournit une plate-forme générique de pré- et
post-traitement. Il fournit également un accès à toutes les fonctionnalités à partir d’une console
python intégrée. Il se compose de plusieurs modules s’occupant chacune d’une certaine tâche. Les
modules qui seront utilisées sont "Geometry" et "Mesh". L’un des raisons du choix de ce logiciel
pour notre modélisation est la variété des opérations qu’il offre dans le module Gemoetry.

3.3 Le fichier d’entrée


Pour la génération d’un certain matériau architecturé, le code a besoin d’un fichier d’entrée
contenant certaines propriétés géométriques. Ce fichier est sous forme d’une liste d’objets pri-
mitives, la position de leur centre de masse, leurs orientations selon les angles d’Euler et leurs
dimensions. Les objets primitives possibles à se créer à partir de ce code sont : Matrice, cylindre,
ellipsoïde, sphère et barre. La figure 4 représente le fichier d’entrée contenant les paramètres per-
mettant de générer un octet-truss.

Figure 4 – Exemple d’un fichier d’entrée permettant d’avoir un rve d’un octet truss

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3.4 La conception du RVE
Après avoir lu les informations nécessaires pour la conception du RVE du fichier d’entrée, on
passe à la création des objets primitives. A ce stade, tous ces objets doivent être créés, sauf la
matrice ( cas des composites ) qui sera ajoutée vers la fin.
Tout d’abord on translate ces objets de la manière que leur centre de masse soit à la position
(0,0,0). Ensuite on les oriente selon les angles d’Euler du fichier d’entrée, et on les retranslate vers
la position du fichier d’entrée. Pour l’orientation selon les angles d’Euler, on effectue trois rotations
suivants les trois vecteurs suivants :

 ~z = 1.~z
~u = cos(ψ)~x + sin(ψ)~y
 ~0
z = sin(ψ)sin(θ)~x − sin(θ)cos(ψ)~y + cos(θ)~z

Figure 5 – Schéma de l’orientation selon les angles d’Euler [12]

3.4.1 La périodicité
L’une des propriétés principales des éléments volumes représentatifs est la périodicité. Dans
notre cas, le RVE est sous forme d’un cube de côté égale à 1. Pour que le matériau en cours de
conception soit périodique, il faut translater tout ce qui sort du RVE et le mettre à l’intérieur
d’une façon à ce qu’il complète les rve de côté. Pour bien comprendre cette démarche, on donne
un exemple d’un cylindre. Dans cet exemple, une partie de ce cylindre n’appartient pas au rve. On
découpe cette partie et on la translate à la face opposée d’une façon à ce qu’elle garde la même
position dans le rve que celle qu’elle avait au rve de côté.

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Figure 6 – Exemple de la démarche de la périodicité pour un cas simple d’un cylindre

Pour effectuer cette démarche simplifiée, on devait créer un cube de la taille du rve et le trans-
later d’une façon à ce qu’il prend la position du rve de gauche. Ensuite, on utilise la commande
"Commun" qui nous donne la partie du cylindre commune entre ce dernier et le cube, et enfin on
translate cette partie à la position convenable.

Pour généraliser cette méthode, il faut créer 26 cubes : 8 cubes collatéraux (4 cubes adjacents
des 4 faces collatérales et 4 cubes diagonaux ), 9 cubes qui sont au dessus et 9 cubes au dessous.
Pour bien comprendre cette géométrie, on peut imaginer une cube de Rubik tel que le rve soit un
petit cube à l’intérieur. Cette démarche doit être faite une fois pour chaque objet primitive, ce qui
coûtera un énorme temps.

Pour optimiser cette démarche, on crée tout d’abord 8 parallélogrammes rectangles de taille
(1,1,3). Ces parallélogrammes seront ensuite translatés de façon à ce qu’elles remplacent les 8 cubes
collatéraux ainsi que les 8 cubes qui sont au dessus de ces cubes et les 8 cubes au dessous. Ensuite
on prend la partie commune entre ces parallélogrammes et l’objet primitive et on translate cette
partie commune au centre. Enfin, on crée 2 cubes et on translate un au dessus du rve et l’autre au
dessous. On crée après la partie commune entre ces cubes, les parallélogrammes et l’objet primaire
et on translate cette partie à l’intérieur du rve.

3.4.2 Les doublons


A ce stade, le rve est créé. Il reste le problème des parties communes entre les objets prélimi-
naires. Pour régler ce problème, il y a différents méthodes à utiliser. Pour connaître laquelle on
doit choisir, on doit connaître la manière avec laquelle se fait la conception réelle du matériau. La
plupart des matériaux architecturés se composent de plusieurs matériaux préliminaires.

L’une des méthodes pour régler ce problème est que ces parties communes se créent à partir
d’un nouveau matériau qui soit un mélange entre les matériaux préliminaires qui le constitue. Une
deuxième méthode est de donner un ordre de priorité aux matériaux préliminaires. Les parties

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communes seront créées par le matériau prioritaire. Le code utilise cette deuxième méthode.

Pour éliminer les doublons, le fichier d’entrée doit contenir les objets préliminaires rangé par
ordre de priorité. Ensuite pendant la conception le premier objet sera créé intégralement. Les objets
qui le suivent seront coupés de façon à ce que les objets précédents imposent le type de matériau
des parties communes.

L’octet-truss est un matériau architecturé se composant souvent de deux types de matériaux


(Figure 6). Pendant sa conception, les cylindres extérieurs sont les prioritaires, donc les connections
entre ces cylindres et les cylindres intérieurs seront de même type de matériau que les cylindres
extérieurs.

Figure 7 – Rve d’un octet-truss [13]

4 Le maillage
Une fois la partie géométrie est finie, on passe au prochain module de maillage. Cette partie
reste la plus délicate car une simple erreur peut causer des difficultés dans le post-traitement. La
grande difficulté dans cette partie réside dans le maillage de chaque objet séparément pour lui
attribuer vers le futur un type de matériau précis, et en même temps tenir en compte l’interface de
liaison entre deux objets tel que cette interface soit constituée de noeuds communes entre ces objets.

Dans la figure 7, on montre deux exemples : le premier est un maillage non conforme qui ne
tient pas compte de l’interface de liaison et le deuxième est un autre maillage conforme.

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Figure 8 – Exemple d’un maillage non conforme (à gauche) et d’un autre conforme (à droite)

Pour régler ce problème, on utilise la commande "Partition" qui crée un seul objet qui se com-
pose de plusieurs sous-objets. On peut pas mailler directement cette partition, car c’est impossible
d’affecter à chaque sous-objet maillé un certain type de matériau. Alors, on utilise une deuxième
commande "Explode", qui sépare les composants de la partition mais qui tient compte des inter-
faces de contact entre ces composants.

A ce stade, le code est prêt à générer des géométries maillées du RVE à partir d’un fichier
d’entrée contenant toutes les informations nécessaires concernant ce RVE. Il reste donc à exporter
le maillage sous forme d’un fichier file.inp pour un post-traitement sur Abaqus.

Salome n’offre pas la possibilité d’exporter le format de fichiers utilisable par Abaqus. Donc, on
exporte le maillage sous un autre format, et on convertit ce fichier en deux fichiers inp : le premier
contient tous les noeuds du rve, et le deuxième contient tout les éléments ainsi que les éléments
constituant les différents phases du rve.

5 Découpage de Voronoï
5.1 Voro++
Voro++ est une librairie écrite en C++ permettant d’effectuer des calculs en trois dimensions
de la tessellation de Voronoï. Pour un ensemble de points dans un domaine, la tessellation est
définie en associant une partie de l’espace à chaque point, qui correspond à l’ensemble des points
dont ce point est le plus proche.

Contrairement à la plupart des logiciels de découpage de Voronoï, Voro++ calcule chaque


particule individuellement. Elle permet de calculer simplement certaines propriétés concernant les
cellules comme le volume ce chaque cellule ou bien le nombre de faces par cellule.

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5.2 Découpage de Voronoï sur Salome
Pour faire un découpage de Voronoï sur Salome, on utilise la librairie Pyvoro. C’est une librairie
qui utilise Voro++ avec une interface de conversion de C++ à Python. Ajouter cette librairie aux
librairies incluses dans Salome n’est pas un bon choix, car cela cause un temps énorme dans le
démarrage de ce logiciel. Par conséquent, on utilise deux fichiers de codes : Le premier fichier traite
le découpage de Voronoï en utilisant la librairie Pyvoro et remplit les informations concernant ce
découpage dans des fichiers intermédiaires, le deuxième fichier utilise ces fichiers intermédiaires
pour créer la géométrie du découpage sur Salome.

Pour générer la tesselation de Voronoï on utilise une fonction appelée compute_voronoi qui
utilise les coordonnées des points générateurs pour donner une liste de dictionnaires, chaque dic-
tionnaire contient les différents informations concernant une certaine cellule. On tire ensuite les
informations nécessaires pour la génération de la géométrie et on les enregistre dans des fichiers
texte.

Pour un premier cas simple, on génère le découpage de Voronoï d’un cube. Chaque cellule est
générée individuellement. A chaque fois qu’on veut créer une cellule, on crée tout d’abord le cube.
Pour chaque face de cette cellule, on crée le plan contenant cette face. Ensuite, on utilise ce plan
pour séparer l’espace tel que toute la cellule soit contenue dans l’un des deux demi-espaces. on
coupe après la partie du cube qui est incluse dans l’autre demi-espace.

L’exemple suivant (Figure 9) montre un découpage de Voronoï d’un cube. Ce découpage a été
fait en utilisant 1000 points générateurs. Les coordonnées de ces points sont pris aléatoirement en
utilisant la librairie "random". On obtient vers la fin un polycristal sous forme d’un cube composé
de 1000 cellules appelées cristallites.

Figure 9 – Découpage de Voronoï à 1000 cellules d’un cube

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6 Découpage de Voronoï appliqué sur les matériaux archi-
tecturés
La conception des matériaux architecturés par l’impression 3D passe par une fabrication addi-
tive. Ce type de conception nécessite la connaissance du comportement mécanique du matériau à
un échelle bien plus petit que la microstructure. Par conséquent, on découpe la microstructure en
plusieurs grains de matière et on détérmine le comportement mécanique sur chaque grain.

Figure 10 – Découpage de Voronoï appliqué sur un rve octet-truss

Dans cette étape, on utilise le code qu’on vient d’établir pour découper un rve d’un matériau
architecturé (Figure 9). Pour ce faire, on commence tout d’abord par créer un cube de même taille
que le rve. On découpe ce cube en un nombre de cellules pour avoir un découpage de base. Ensuite,
on découpe le rve créé de façon à ce que chaque cellule de ce découpage soit une partie commune
entre le rve et une cellule du découpage de base.

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7 Conclusion
L’industrie tend à demander des matériaux avec certaines propriétés précises. La conception de
ces matériaux n’est pas évidente et passe par une longue procédure de simulation numérique afin
d’arriver à créer le matériau convenable aux exigences. Les matériaux architecturés inspirés de la
nature sont l’une des meilleures solutions à ces exigences, d’où l’intérêt à faciliter leur simulation
numérique.

Dans ce stage, j’ai développé une génération automatique de microstructures pour l’utiliser
après dans la simulation numérique. Simultanément à mon stage, un autre stagiaire travaillait sur
l’automatisation du calcul et post-traitement sous Abaqus.

La première partie de ce travail consistait à développer la génération automatique de la géo-


métrie. Cette génération se fait à partir d’un fichier d’entrée contenant les différentes propriétés
géométriques des objets constituant le RVE. Les deux principales étapes de cette partie sont
la périodicité et le traitement des doublons. La deuxième partie de ce travail est la génération
automatique du maillage. La troisième partie est l’application du découpage de Voronoï sur les
microstructures générées.

Ce stage m’a permis d’acquérir des connaissances approfondies sur les matériaux architecturés
et leur rôle dans la science des matériaux. J’ai pu aussi m’entraîner sur la conception sur le logi-
ciel Salomé en utilisant un code Python. J’ai pu également m’informer sur le travail au sein des
laboratoires et le déroulement des thèses de doctorat.

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8 Références
1. https ://www.i2m.u-bordeaux.fr/
2. http ://www.grenoble-inp.fr/fr/recherche-valorisation/
3. http ://www.leolane.com/blog/metal-designs-additive-manufacturing-challenges-solutions/
4. http ://neper.sourceforge.net/generation.html
5. https ://journals.openedition.org/annuaire-cdf/2655tocto4n2
6. https ://peerj.com/articles/5778/
7. https ://www.e-xstream.com/products/digimat/about-digimat
8. http ://texgen.sourceforge.net/index.php/Main_Page
9. https ://orbit.dtu.dk/fedora/objects/orbit :55410/datastreams/file_3699634/content
10. http ://neper.sourceforge.net/
11. https ://docs.salome-platform.org/7/gui/GEOM/
12. https ://en.wikipedia.org/wiki/Euler_angles
13. https ://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1359835X15004133

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9 Résumé
Le développement de l’industrie a créé de nouvelles exigences dans le choix des matériaux. Les
matériaux architecturés sont considérés les meilleurs solutions à ces exigences. Pour concevoir ces
matériaux, on envisage tout d’abord une simulation numérique par éléments finis. Dans ce travail,
on développe une génération automatisée de géométries maillées afin de les simuler numériquement
sur Abaqus. La première partie de ce travail consistait à développer la génération automatique
de la géométrie. Cette génération se fait à partir d’un fichier d’entrée contenant les différentes
propriétés géométriques des objets constituant le RVE. Les deux principales étapes de cette partie
sont la périodicité et le traitement des doublons. La deuxième partie de ce travail est la génération
automatique du maillage. La troisième partie est l’application du découpage de Voronoï sur les
microstructures générées.

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