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Weber, Max (sociologue), (1864-1920), sociologue allemand qui ouvrit la voie à la

sociologie comparative et s’interrogea sur les caractéristiques de la civilisation


occidentale.

Né à Erfurt, Max Weber fit ses études aux universités de Heidelberg, Berlin et
Göttingen. Juriste, professeur d’économie aux universités de Fribourg (1894), de
Heidelberg (1897) et de Munich (1919), il fut également directeur de la revue
allemande de sociologie Archiv für Sozialwissenschaft und Sozialpolitik.

Sa sociologie, appelée « compréhensive », se propose de saisir les motivations ou les


raisons d’agir des individus et d’en rendre compte en choisissant pour point de départ
une approche individualiste. Il en vint ainsi à distinguer quatre types d’action sociale :
l’action traditionnelle marquée par l’emprise du passé, l’action affective dominée par
les pulsions, l’action rationnelle en valeur, guidée par les convictions, et enfin l’action
rationnelle en finalité, commandée par le calcul et l’adéquation des moyens avec les
fins dont on dispose. Ces formes d’action relèvent de la méthode wéberienne de
l’idéal type, qui vise à construire un modèle explicatif de la réalité destiné à être testé
à travers différents cas historiques.

Dans l’une de ses œuvres majeures, Die Protestantische Ethik und der Geist des
Kapitalismus (l’Éthique protestante et l’Esprit du capitalisme, 1904-1905), il cherche
à mettre en relation l’influence du calvinisme sur la diffusion de l’esprit du
capitalisme : selon Weber, les deux éthos ont en commun de privilégier un
comportement ascétique, qui satisfait aussi bien au salut de l’âme puritaine qu’à la
dynamique de l’accumulation. Se refusant, à la différence de Marx, à trancher la
question de la prédominance des valeurs ou du matérialisme, il conclut, en reprenant
la formule de Goethe, à l’existence d’« affinités électives » unissant les deux univers.

Élargissant son projet à l’étude de la civilisation occidentale, dont son ouvrage


posthume Wirtschaft und Gesellschaft (Économie et Société, 1922) rend compte, il
s’orienta vers l’étude du droit, des formes du pouvoir politique, de l’art, de la religion,
tous ces domaines étant marqués, comme l’économie, par la rationalisation des
activités sociales ou par le « désenchantement du monde », c’est-à-dire par le recours
progressif au raisonnement rationnel en finalité au détriment des autres formes
d’action sociale.

La sociologie de Max Weber est dénuée de toute vision prophétique contraire au


principe de « neutralité axiologique », en vertu duquel son projet consiste à distinguer
clairement le « rapport aux valeurs », qui éclaire le sociologue dans sa recherche, du
« jugement de valeurs », nuisible à l’analyse. C’est dans cet esprit qu’il plaide, dans sa
célèbre conférence de 1919, le Savant et le Politique, pour que la politique se retire de
l’Université, en appelant à l’« éthique de responsabilité » des savants, laquelle ne
saurait se confondre avec l’« éthique de conviction » qui guide l’action politique.

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1
. PRÉSENTATION
Max Weber
Max Weber
Max Weber, sociologue allemand, considéré comme l'un des fondateurs de la
sociologie moderne.
Encyclopédie Encarta
Keystone Pressedienst GmbH

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Éthique protestante et l'esprit du capitalisme, l' [Max Weber], ouvrage de Max Weber
publié en 1904-1905, dans lequel il établit une corrélation entre le calvinisme et le
développement du capitalisme moderne.

2
. DES « AFFINITÉS ÉLECTIVES » ENTRE PROTESTANTISME ET
CAPITALISME

S’appuyant sur des données statistiques, le sociologue allemand Max Weber observe
que ses compatriotes de confession protestante sont sur-représentés à la tête des
entreprises et dans le milieu des affaires, tandis que les catholiques y sont à l’inverse
moins nombreux et manifestent un intérêt plus faible pour les professions de
l’industrie et du commerce. Il entreprend dès lors de rechercher les raisons de ces
attitudes différenciées vis-à-vis du monde de l’entreprise dans les « particularités
mentales » forgées par le milieu familial et par la pratique religieuse. Il se donne plus
précisément pour objectif de dégager les éléments spécifiques de la religion
protestante susceptibles de favoriser les « affinités électives » — expression
empruntée à Goethe — que celle-ci entretient avec le capitalisme.

3
. MÉTHODOLOGIE

Dans un premier temps, Max Weber élabore une définition du capitalisme moderne
sous la forme d’un idéal-type, c’est-à-dire en dégageant ses traits les plus
significatifs : une recherche systématique, rationnelle et déculpabilisée du profit ; une
grande sobriété face aux plaisirs de la vie ; un souci constant d’épargne. Concernant le
protestantisme, Max Weber met en valeur la notion luthérienne de Beruf, qui signifie
« métier » ou « vocation ». Surtout, il met en évidence le rôle central du dogme
calviniste de la prédestination. Pour atténuer la rigueur d’une théologie affirmant que
chaque homme est irrévocablement élu ou réprouvé par Dieu au moment de sa
naissance, les pasteurs sont conduits à valoriser le travail comme dérivatif aux
tourments des fidèles et comme moyen d’« accroître sur terre la gloire de Dieu ». Pour
Max Weber, cette forme d’« ascétisme séculier » rejoint les principes du capitalisme
moderne. Mieux, elle s’est révélée historiquement une condition favorable à son
développement.

4
. UNE ŒUVRE ABONDAMMENT COMMENTÉE

Dès sa parution, l’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme (Die Protestantische


Ethik und der Geist des Kapitalismus) a suscité de nombreuses polémiques. On a
notamment fait observer que dans certaines régions la naissance du capitalisme était
antérieure à la Réforme, alors que dans d’autres il n’était apparu que bien après. Le
sociologue Werner Sombart, pour sa part, a attaqué la thèse de Weber en faisant du
judaïsme — et non pas du protestantisme — le rôle de moteur du développement du
capitalisme. Quant à la notion d’« esprit » du capitalisme, elle reste aux yeux de
beaucoup insuffisamment définie : s’agit-il d’un comportement social, d’une
disposition mentale ? Il faut toutefois nuancer ces critiques en soulignant que jamais
Max Weber ne fait de l’élément religieux une condition sine qua non du
fonctionnement du capitalisme moderne, pas plus qu’il n’attribue au capitalisme une
seule origine. Face à la proposition marxiste d’une causalité exclusivement
matérialiste, il préfère lui donner des causes multiples comme la religion, et plus
encore l’éthique.

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L’autorité se distingue d’une part de la coercition qui implique le recours à la violence


ou à la menace et, d’autre part, de la persuasion qui implique des efforts dans l’instant
pour convaincre la personne sur laquelle s’exerce ce pouvoir. Il y a autorité d’une
personne sur une autre quand celle qui s’y assujettit reconnaît la légitimité du pouvoir
de l’autre. La légitimité de l’autorité dépend généralement de son utilisation dans le
cadre des normes qui définissent son étendue et des mécanismes sociaux par lesquels
elle est appliquée. La plupart des formes d’autorité ne sont donc pas liées à une
personne, mais à la position sociale — au statut — que la personne qui l’exerce
occupe dans le système social. Elles impliquent des règles de conduite et des marques
de reconnaissance.

Le sceptre de l'empereur romain, le palais du chef de l'État ou la toge du juge sont


autant de symboles de diverses formes de pouvoir légitime.

2
. LES TYPES IDÉAUX D’AUTORITÉ SELON MAX WEBER

L’autorité est un concept sociologique dont l’élaboration est souvent associée au


sociologue allemand Max Weber (1864-1920). Celui-ci distingue trois types idéaux
d’autorité : traditionnelle, légale-rationnelle et charismatique.

1
. L’autorité traditionnelle

L’autorité traditionnelle est fondée sur le sentiment collectif qu’elle a fait ses preuves
par le passé et qu’elle doit être maintenue en raison de son caractère pertinent.
L’autorité des parents s’exerçant sur les enfants peut être considérée comme une
forme d’autorité traditionnelle au même titre que celle des hommes sur les femmes
dans une société patriarcale.

2 L’autorité légale-rationnelle
.
L’autorité légale-rationnelle est une forme d’autorité codifiée et attachée à une
position sociale. Cette forme d’autorité est donc institutionnalisée et impersonnelle.
Elle découle et tient sa légitimité d’un mode d’organisation rationnel et hiérarchique
dans une société marquée par la division sociale du travail. Cet idéal type caractérise
les formes d’autorité existant dans les organisations bureaucratiques, telles que celles
qui prévalent dans les entreprises et les administrations.

3
. L’autorité charismatique

L’autorité charismatique repose sur les qualités personnelles extraordinaires attribuées


à la personne qui l’exerce. Étant donné que ces qualités ne sont pas celles de la
personne, mais celles que lui accordent les individus reconnaissant son pouvoir, celui-
ci peut lui être retiré dès lors que la personne n’est plus considérée comme disposant
de ces qualités. À l’instar de l’autorité traditionnelle, cette forme n’est pas codifiée,
mais, contrairement à celle-ci, elle est attachée à une personne spécifique et non à la
position sociale que celle-ci détient.

4
. Un quatrième idéal type ?

Aux trois types idéaux d’autorité proposés par Max Weber, les sociologues
contemporains en ajoutent un quatrième, celui de l’autorité fondée sur l’expertise et
connue sous le nom d’« autorité professionnelle ». Compte tenu des progrès de la
technologie et de la division sociale du travail plus poussée dans de nombreuses
sociétés contemporaines, certaines personnes peuvent obtenir un niveau d’autorité en
raison de l’acquisition d’un savoir plus spécialisé et plus important que les autres.
Ainsi, dans un domaine tel que la science, les médecins tirent une certaine autorité de
leur niveau d’expertise.

3
. DE LA MODÉLISATION À LA
PRATIQUE

Comme le soulignait Max Weber lui-même, ces « types idéaux » sont des
modélisations. En d’autres termes, ils ne se retrouvent pas sous leur forme pure. De
manière générale, les formes d’autorité observées dans le cadre des pratiques sociales
combinent différents types idéaux d’autorité.

Des institutions telles que l'Église, la monarchie ou le gouvernement reposent sur une
combinaison des trois types wébériens d'autorité. Les formes d'autorité familiale
comme le patriarcat et le matriarcat, qui font appel à la tradition, bénéficient en
général de l'appui des sources légales-rationnelles. L'autorité de la force de police ou
du fisc tend à être légale-rationnelle, tandis que le capitaine d'une équipe de football,
le prédicateur évangélique ou l'entrepreneur novateur sont des exemples de
domination charismatique.

À la différence du pouvoir, l'autorité ne doit pas être envisagée comme une force
brute. À considérer un roi, qui peut être assimilé à la fois à un dictateur, à un chef
charismatique et à un législateur, la « routinisation » recherchée par le rituel, la pompe
et la cérémonie est le principal moyen de préserver l'autorité.

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au « droit des gens » la qualité de « droit » parce qu’il est dépourvu d’un pouvoir de
contrainte supra-étatique. Pour la terminologie que nous avons adoptée ici (par
commodité), on ne saurait en fait appeler « droit » un ordre qui n’est garanti
extérieurement que par les expectations de la réprobation ou par des représailles de la
part des victimes, qui est donc garanti de manière conventionnelle et par des
considérations d’intérêt, sans qu’il existe une instance dont l’activité serait
spécialement orientée vers son maintien. Toutefois, le contraire peut être valable pour
une terminologie juridique. La question des moyens de coercition n’est ici d’aucune
importance. L’« exhortation fraternelle », qui fut usuelle dans certaines sectes en tant
que premier moyen de douce contrainte à l’égard du pécheur, entre dans notre
définition, à condition qu’elle fût ordonnée par des règlements et exécutée par une
instance. Il en est de même de la réprimande du censeur, en tant que moyen destiné à
garantir les normes « morales » de la conduite ; et tout particulièrement aussi de la
contrainte psychique qu’on exerce par les moyens propres à la discipline
ecclésiastique. Il existe évidemment un « droit » hiérocratique aussi bien qu’un
« droit » politique, tout comme il existe un « droit » garanti par les statuts d’une
association, par l’autorité familiale, par les « confréries » ou par les corporations. De
même, les statuts qui règlent les « associations d’étudiants » valent comme « droit »
dans cette acception du concept.
[…]
Source : Weber (Max), Économie et société, traduit par Julien Freund, Pierre
Kamnitzer, Pierre Bertrand, Éric de Dampierre, etc., Paris, Plon, 1971.

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2
. LES TYPES IDÉAUX D’AUTORITÉ SELON MAX WEBER

L’autorité est un concept sociologique dont l’élaboration est souvent associée au


sociologue allemand Max Weber (1864-1920). Celui-ci distingue trois types idéaux
d’autorité : traditionnelle, légale-rationnelle et charismatique.

1
. L’autorité traditionnelle
L’autorité traditionnelle est fondée sur le sentiment collectif qu’elle a fait ses preuves
par le passé et qu’elle doit être maintenue en raison de son caractère pertinent.
L’autorité des parents s’exerçant sur les enfants peut être considérée comme une
forme d’autorité traditionnelle au même titre que celle des hommes sur les femmes
dans une société patriarcale.

2
. L’autorité légale-rationnelle

L’autorité légale-rationnelle est une forme d’autorité codifiée et attachée à une


position sociale. Cette forme d’autorité est donc institutionnalisée et impersonnelle.
Elle découle et tient sa légitimité d’un mode d’organisation rationnel et hiérarchique
dans une société marquée par la division sociale du travail. Cet idéal type caractérise
les formes d’autorité existant dans les organisations bureaucratiques, telles que celles
qui prévalent dans les entreprises et les administrations.

3
. L’autorité charismatique

L’autorité charismatique repose sur les qualités personnelles extraordinaires attribuées


à la personne qui l’exerce. Étant donné que ces qualités ne sont pas celles de la
personne, mais celles que lui accordent les individus reconnaissant son pouvoir, celui-
ci peut lui être retiré dès lors que la personne n’est plus considérée comme disposant
de ces qualités. À l’instar de l’autorité traditionnelle, cette forme n’est pas codifiée,
mais, contrairement à celle-ci, elle est attachée à une personne spécifique et non à la
position sociale que celle-ci détient.

4
. Un quatrième idéal type ?

Aux trois types idéaux d’autorité proposés par Max Weber, les sociologues
contemporains en ajoutent un quatrième, celui de l’autorité fondée sur l’expertise et
connue sous le nom d’« autorité professionnelle ». Compte tenu des progrès de la
technologie et de la division sociale du travail plus poussée dans de nombreuses
sociétés contemporaines, certaines personnes peuvent obtenir un niveau d’autorité en
raison de l’acquisition d’un savoir plus spécialisé et plus important que les autres.
Ainsi, dans un domaine tel que la science, les médecins tirent une certaine autorité de
leur niveau d’expertise.

3
. DE LA MODÉLISATION À LA
PRATIQUE

Comme le soulignait Max Weber lui-même, ces « types idéaux » sont des
modélisations. En d’autres termes, ils ne se retrouvent pas sous leur forme pure. De
manière générale, les formes d’autorité observées dans le cadre des pratiques sociales
combinent différents types idéaux d’autorité.

Des institutions telles que l'Église, la monarchie ou le gouvernement reposent sur une
combinaison des trois types wébériens d'autorité. Les formes d'autorité familiale
comme le patriarcat et le matriarcat, qui font appel à la tradition, bénéficient en
général de l'appui des sources légales-rationnelles. L'autorité de la force de police ou
du fisc tend à être légale-rationnelle, tandis que le capitaine d'une équipe de football,
le prédicateur évangélique ou l'entrepreneur novateur sont des exemples de
domination charismatique.

À la différence du pouvoir, l'autorité ne doit pas être envisagée comme une force
brute. À considérer un roi, qui peut être assimilé à la fois à un dictateur, à un chef
charismatique et à un législateur, la « routinisation » recherchée par le rituel, la pompe
et la cérémonie est le principal moyen de préserver l'autorité.

Comment citer cet article :


"autorité." Microsoft® Encarta® 2009 [DVD]. Microsoft Corporation, 2008.

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