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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

Bildungs- und Forschungsfonds des Verbandes der Schweizerischen Schmierstoffindustrie


Fonds formation et recherche de la Association de l’industrie suisse des lubrifiants
Fondo monetario di ricerca e di formazione dell’ Associazione dell’industria svizzera dei lubrificanti

Zentralstrasse 37, CH-8003 Zürich


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www.vss-lubes.ch

Les Lubrifiants et leurs applications

Niveau 1

Formation de base

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

Notre ambition

Cette introduction dans les bases de la tribologie couvre graissage, frottements et


usure. C'est un éveil à la chimie des huiles de bases, des additifs, mais aussi une
introduction à la formulation et aux applications des principaux types d'huiles , des
graisses et des additifs.

Ces documents ont été développés par le Professeur Wilfried J.Bartz (Tech.Akademie
Esslingen (D); ils ont été mis en forme par les Dr Rowena Crokett (Eidgenoessische
Materialpruefungs- und Forschungsanstalt (EMPA) ) et Dr Pierangelo Groening (EMPA).

Dübendorf, Janvier 2009 (Seconde édition)

Traduction française Biolubrifiants.com

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

Index Page

I. Notions de base de tribologie 2


1.1. Introduction 5
1.2. Friction 7
1.3. Usure 13
1.4. Graissage 13
II. Composition d'un lubrifiant 16
2.1. Pétrole et Brut 16
2.2. Huiles de base minérales 18
2.3. Huiles de base synthétiques 23
2.4. Huiles « bios » 29
2.5 Graisses 32
III. Additifs 33
3.1. Introduction 33
3.2. Mode d’action des principaux additifs 33
IV. Propriétés des lubrifiants 37
4.1. Introduction 37
4.2. Propriétés physiques, chimiques et technologiques des huiles 37
4.3. Propriétés physiques, chimiques et technologiques des graisses 39
4.4. Viscosité et écoulement 40
V. Types de lubrifiants et applications 45
5.1. Lubrifiants industriels 45
5.2. Lubrifiants automobiles 47
5.3. Huiles et fluides de travail des métaux 50
5.4. Autres lubrifiants 55

Glossaire des illustrations 56

Appendice 1 60
Résumé des principales normes DIN pour huiles et graisses

Appendice 2 66
Présentation: La lubrification
Glossaire de l'appendice 2

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

I. Notions de base de tribologie

1.1. Introduction
Le concept de TRIBOLOGIE est apparu en 1966 lorsqu'on a eu besoin d'une expression pertinente pour
définir les interactions entre friction, usure et graissage. Le vocable utilisé précédemment (« Technique de
graissage ») se révélait trop limité: il bornait le concept à l'application d'un lubrifiant pour la résolution du
problème tribologique qui se posait. Il y a d'innombrables définitions de la tribologie dont nous ne nommerons
que trois:

1.1.1. Définition(s)
i)Tribologie (du grec: étude de la friction): La tribologie fait partie intégrante du domaine de la construction des
machines. Cette partie est utilisée par des constructeurs de machines, mais aussi par des mécaniciens, des
chimistes, des physiciens. La tribologie décrit scientifiquement friction, graissage et usure. Elle développe
des technologies visant à optimiser les frictions.

ii)D'après la norme DIN 50323 : La tribologie est la science qui étudie les interactions de deux surfaces en
mouvement l'une par rapport à l'autre. Elle englobe la technique associée et l'ensemble des secteurs de la
friction et de l'usure, y compris le graissage. Elle y étudie les interactions entre les surfaces de contact,
mais aussi celles des solides, liquides et gaz présents entre ces surfaces.(cette norme a disparu depuis quelques
années).

iii)L'une des meilleures définitions reste cependant celle de Peter Jost qui date de 1966: La tribologie est la
science qui s'occupe des surfaces en mouvement relatif l'une par rapport à l'autre, de la technologie qui en
découle et des phénomènes concrets qui en résultent.

1.1.2. Les systèmes tribologiques


Le frottement est l'un des phénomènes physiques les plus anciens connus. C'est certainement l'un des plus
importants par ses implications technologiques. C'est la raison pour laquelle le concept de tribologie a été
introduit en 1966.
Une évaluation a été faite sur les USA : les couts annuels liés à la méconnaissance de la Tribologie sont
équivalents à 6% du produit intérieur (environ 420 Milliards $).
Le but de la tribologie consiste à minimiser les pertes de matériau et d'énergie liées à l'usure et au frottement;
c'est donc d'arriver à fabriquer des systèmes mécaniques et énergétiques efficaces. L'amélioration qu'elle
apporte aux surfaces en mouvement (au système tribologique donc) permet d'améliorer efficacité et durée de
vie des machines.

Les aspects (tant techniques qu'économiques) améliorés par la tribologie sont :


¾ Performance et rendement
¾ Fiabilité et durée de vie
¾ Économie d'énergie et de composants
¾ Impact environnemental

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Illustration 1.1 Un système tribologique d'après Czichos

On trouve les applications de la tribologie partout où il y a mouvement relatif entre deux éléments. Par
exemple: Paliers lisses (entre arbre et palier), Roulements (entre corps du roulement et billes, entre billes,
pistes et cages ), Engrenages (entre les profils des pignons et des roues dentées).... Ces couples d'éléments
se retrouvent dans toutes les machines : moteurs, transmissions, compresseurs, hydraulique et ainsi de
suite...On rencontre de nouveau la tribologie dans le travail des métaux (tournage, fraisage, perçage etc), mais
dans ce cas, c'est entre la pièce usinée et l'outil qu'il y aura friction.

Illustration 1.2 Tour automatique en perçage profond

1.1.3. Optimisation du système tribologique


Cette optimisation passe par trois types d'adaptations:
1. Diminution des contacts : Ce sont les changements qui visent à effectuer des mouvements sans
aucun contact . Par exemple : Rails et Glissières magnétiques.
2. Diminution des efforts : Ce sont les mesures qui sans modifier les mouvements diminuent les efforts
nécessaires pour les réaliser. Par exemple: remplacement d'un palier lisse par un palier à roulement.
3. Changements structurels du système:
a) Par des choix à la construction: Envisager dès sa conception le système dans sa configuration et son
dimensionnement sous un angle tribologique.

b) Par le choix de la lubrification: Application et choix du lubrifiant adéquat. Pour le choix, il y a deux solutions:
soit le lubrifiant sépare les surfaces en mouvement, soit il intervient par des réactions physiques ou chimiques.

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c)Par des choix de matières adaptées: La sélection des couples optimaux de matériaux ou l'usage de
revêtements de surface optimisés.

1.2. Friction
La friction est un concept physique (au contraire de la tribologie qui, elle, est clairement rattachée au génie
mécanique et au comportement de ses systèmes), de ce fait il est plus général et ne se limite pas à la
mécanique seule. Par exemple dans le cas des fluides: Les forces entre les molécules en mouvement dans un
fluide déterminent ses propriétés d'écoulement. La constante qui caractérise les frottements internes du fluide
est la viscosité (dynamique ou cinématique). Une viscosité élevée est le signe d'une friction interne élevée,
d'un liquide visqueux. Mais la friction existe aussi dans un conducteur électrique; elle est à l'origine de la
résistance électrique. De ce fait une définition plus générale de la friction sera:
„La friction apparait toujours quand des objets sont soumis à une force (qui tend à les mettre en
mouvement l'un par rapport à l'autre) et qu'ils opposent une résistance à cette force.“
Le type des objets et celui de la force restent à définir. Ils peuvent être: des électrons, des molécules, des
particules, des objets solides, des étoiles etc.... Les forces peuvent être entre autres électriques, magnétiques
ou mécaniques.

Exemple des rails magnétiques: Le train repose sur des champs magnétiques puissants. Il n'a donc plus
aucun contact avec le(s) rail(s). On élimine donc la résistance de roulement et l'usure inévitable qui en résulte.
Il y a cependant toujours des pertes de friction ; elles sont imputables à la résistance de l'air pendant le
déplacement et aux pertes électriques dans les aimants. La propulsion sur rail magnétique, de par sa nature
sans contact ni usure, permet des vitesses supérieures à 500 Km/h.

Illustration 1.3 Le train magnétique « Transrapid » lors de son inauguration à Shanghai.

La friction mécanique se définit comme suit:


„La friction mécanique est une force. Cette force diminue le mouvement relatif de deux pièces en
contact (adhérence) et s'oppose au mouvement conduisant ainsi à une perte d'énergie mécanique.“

La dissipation d'énergie mécanique (l'énergie dite cinétique est l'énergie du mouvement) se matérialise par un
échauffement des parties en présence que ce soit un échauffement de la surface des pièces, du lubrifiant ou
de l'ensemble du système. Des exemples viennent tout de suite à l'esprit comme celui des disques de freins:
le frottement y est utilisé et même recherché, plus grand est le frottement entre disque et plaquettes, plus
efficace est le freinage et plus vite le véhicule s'arrête.

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Illustration 1.4 L'énergie de friction au freinage d'une voiture de compétition porte les disques au
rouge.

La friction est en général considérée comme négative; il y a pourtant au moins autant d'applications dans
lesquelles elle est recherchée. On a vu le freinage, indissociable du mouvement, mais il y a aussi le son des
instruments à cordes.

Illustration 1.5 Le frottement entre l'archet et la corde est à l'origine du son des violons.

On peut décrire mathématiquement la force de friction entre deux corps en contact qui se déplacent
relativement l'un par rapport à l'autre:

FR: Force de friction


: Coefficient de friction
L Charge ou poids
m: Masse
g: Gravité (9,81m/s²)
v: Vitesse

FR = μ ⋅ L Équation(1)

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1.2.1. Historique
De tous temps, les esprits brillants se sont intéressés au phénomène de la friction; par exemple Léonard De
Vinci (1452-1519), Léonard Euler (1707-1783) ou C. Coulomb (1736-1806) ont étudié ce thème sous l'angle
scientifique. Les premières études scientifiques sur le sujet sont d'ailleurs de Léonard De Vinci.

Illustration 1.6 Esquisse de Léonard De Vinci (1452-1519): Étude sur la friction

Suite à ses études, Léonard De Vinci a formulé deux lois sur la friction mécanique:

i) La friction d'un corps est indépendante des dimensions de sa surface d'appui


ii) La force de friction double quand la force d'appui du corps double

Ces lois de De Vinci seront reformulées 250 années plus tard par Charles Augustin Coulomb (1736-1806)
sous la forme de l'équation (1). Elle énonce clairement que la force de friction est proportionnelle à la charge
(au poids) et que la surface (puisque non présente dans l'équation) n'y joue aucun rôle. L'équation (1)
ajoute, de plus, une autre propriété de la friction non formulée par Léonard De Vinci:

iii) La force de friction s'oppose à la direction du mouvement et est indépendante de la vitesse.

Bernard Forrest de Belidor (1697-1761) propose un modèle mathématique intéressant pour représenter la
friction; il suppose que tout corps solide est constitué de petite billes juxtaposées. Ainsi sa surface serait en fait
constituée de sections de sphères. Grâce à cette représentation il perçoit le premier que la rugosité de surface
influence la friction.

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La friction (selon Belidor) est la force nécessaire pour mouvoir les billes les unes par rapport aux autres. On
peut ainsi très facilement calculer la force de friction en ne prenant en compte que la composante de la force
appliquée dans la direction du mouvement. Cette simple représentation géométrique permet d'obtenir le
coefficient de friction μ :

μ = 1 2 2 = 0.35 Équation (2)

Illustration 1.7 Esquisse de Bernhard F. de Bélidor (1697-1761) : Modélisation d'une surface rugueuse au moyen
de billes sphériques.

Les travaux de Bélidor sont intéressants à deux titres:

i) Le coefficient de friction y est indépendant de la taille des billes et de la surface. Cela rejoint les
observations de Léonard de Vinci 250 ans avant .

ii) La valeur théorique de 0,35 ainsi déterminée pour le coefficient de friction μ est assez précisément
celle que l'on obtient pour le frottement à sec (sans lubrifiant).

Le modèle de Bélidor est physiquement faux; cependant depuis 1737 il est toujours rattaché à la description
de la friction du fait de la cohérence de ses résultats avec la réalité. Charles Augustin Coulomb (1736-1806)
franchit encore un pas dans la description de la friction en examinant pourquoi la force d'adhérence était
supérieure à la force de glissement. L'adhérence doit se comprendre comme la force à vaincre pour faire
passer deux corps en contact et au repos à un état de mouvement relatif. C. Coulomb trouva que la force
d'adhérence de deux corps en contact et au repos change dans le temps. Il explique le phénomène en disant
que les surfaces de bois (il utilisait des pièces de bois pour ses expérimentations, ceci se justifiait au 18ème
siècle la plus grande partie des machines étant construites en bois) développaient de petites fibres élastiques
et que celles ci avec le temps s'accrochaient et conduisaient à une adhérence supérieure. Les travaux et les
interprétations de Coulomb sont à la base des actuelles études microscopiques de la friction.

1.2.2. Description moderne de la friction


La clé de la friction mécanique réside dans la compréhension des surfaces de contact des pièces telles
qu'elles sont réellement et non telles qu'elles paraissent géométriquement. Depuis Léonard de Vinci on sait
que la friction est indépendante de la surface de contact (Figure 1.6b).

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Illustration 1.8 Représentation schématique des surfaces apparentes (géométrique) et réelles en


contact.

Physiquement, c'est incompréhensible; par contre, intuitivement, on comprend que la surface réelle de contact
modifie la pression (masse par unité de surface) et par contre coup influencera la friction. L'incompréhension
tient en fait à la méconnaissance de la surface réelle sur laquelle les deux pièces sont en contact. Cette
« surface réelle de contact » ne correspond en fait pas du tout à la surface géométrique de la pièce.
La surface de contact dans le cas de couples de pièces dures est en réalité très inférieure à la surface
géométrique. Si par contre l'une des deux pièces est souple (en caoutchouc par exemple) la surface réelle de
contact est beaucoup plus grande que la surface géométrique. La raison de cette différence tient dans la
rugosité des surfaces. Si les deux pièces sont dures, le contact ne se fait que par l'intermédiaire de points
(Figure 1.8). La surface réelle Ar est donc celle de l'équation :

Auflagekraft
AR = Équation (3)
Eindringhärte
Ceci signifie que la surface réelle de contact sera la surface obtenue sous l'influence de la force d'appui
appliquée sur la surface rugueuse (Figure 1.8).

Illustration 1.9 Représentation schématique des variations de la surface de contact Ar en fonction de la


force d'appui (dans le cas de deux surfaces de duretés équivalentes).

Comme déjà évoqué la surface réelle de contact dans le cas de matériaux durs est toujours très inférieure à la
surface géométrique A.

Calculons ici par exemple dans le cas d'un parallélépipède d'acier (densité ρ= 8kg/dm3) de volume V=10 x 10
x 10 cm3 et d'une dureté σ = 109 N/m2 en contact avec une plaque de matériau identique. (La force de
pesanteur sera g ~ 10 N/ms²):

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L ρ ⋅V ⋅ g
AR = = = 0.08cm 2 Équation (3.1)
σ σ

En comparaison de la surface de contact géométrique A=100 cm2, la surface de contact est 100000 fois plus
petite!
Ceci explique donc pourquoi la friction n'est pas fonction de la surface apparente A; la surface réelle de
contact Ar (qui, elle, influence la friction) est indépendante de la surface géométrique et ne dépendra que de
la dureté du couple de pièces appariées et de la force d'appui. En augmentant la force d'appui, la surface
réelle de contact Ar (surface de friction) augmente et donc la friction augmente. Le coefficient de frottement μ
reste quand à lui le même puisque égal au rapport Force de frottement/Force d'appui.

Illustration 1.10 Représentation schématique de la surface de contact réelle Ar dans le cas où l'une des deux
pièces de friction est beaucoup plus molle que l'autre.

Dans le cas où l'une des deux pièces du couple en contact est plus molle que l'autre (par exemple du
caoutchouc), la situation devient complètement différente. Dans ce cas là, la surface réelle de contact est très
supérieure à la surface apparente (géométrique); la souplesse du matériau permet à celui ci selon la force
d'appui de pénétrer dans les plus petits interstices de la pièce appariée (plus dure) augmentant ainsi
dramatiquement la surface.

Illustration 1.11 L'adhérence (friction) importante des gommes tendres permet aux pneus de
compétition d'utiliser des mélanges très tendres. La gomme pénètre profondément les aspérités du
tarmac. La surface de contact A R en est fortement accrue ce qui augmente l'adhérence.

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Dans ce cas aussi la friction est fortement liée à la surface de contact: sous la pression, le matériau mou
pénètre les moindres contours du matériau le plus dur. L'exemple visible ici est celui des pneus de
compétition; ils procurent quand les gommes sont plus molles une surface de contact accrue par pénétration
de la gomme dans les aspérités de l'asphalte. On a une surface accrue et donc par voie de conséquence une
adhérence accrue.

1.3. Usure
On définit comme usure tout changement qui (volontairement ou non) conduit à une modification de surface
d'au moins l'une des deux pièces du couple en contact. On appele cette usure mécanique quand elle est le
résultat de: glissement, roulement ou serrage. On l'appèle usure par abrasion quand elle est liée à la présence
dans le fluide de particules de pollution solide (elles mêmes souvent particules d'abrasion).
L'usure abrasive apparait quand les rugosités de la plus dure des surfaces enlèvent (écrasent ou arrachent)
des aspérités de la plus molle. Le grippage apparait quand les températures élevées dues aux frottements
soudent entre eux les points de contact puis sous l'effet du mouvement les séparent à nouveau.

Illustration 1.12 Photo d'un piston avec des traces d'usure clairement visibles sur sa jupe.

Il existe deux formes différentes d'usure selon leur importance : le lissage des surfaces (rodage) dans sa
forme douce initiale, puis ensuite l'usure destructrice. Une forme avancée, le grippage, peut apparaitre et
même conduire au blocage du mouvement. Ces formes d'usure sont les plus courantes et sont très fortement
diminuées par l'usage du lubrifiant adapté pour l'application considérée.

1.4. Graissage
Déjà, dans l'ancienne Égypte, il y a plus de 4000 ans on utilisait le graissage pour diminuer la friction. Les
Égyptiens utilisaient des lubrifiants pour diminuer les efforts nécessaires au transport de gros blocs de pierres
et de sculptures entières sur des patins de bois.

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Illustration 1.13 La première trace écrite de l'usage d'un lubrifiant: Peinture du tombeau de
Tehuti-Hetep, El-Bershed (1880 av JC)
D'un point de vue physique, il y a 3 facteurs qui influencent friction et usure:

i)Arrachements mécaniques :
Une grosse différence de dureté entre les pièces conduit à l'abrasion de la plus molle par la plus dure.
Mesure corrective: La surface de la plus dure des pièces doit toujours être aussi parfaitement lisse que
possible.
ii)Attraction inter atomique:
Des forces d'attraction inter atomique apparaissent liées à la proximité des surfaces du couple de
frottement. Entre des couples de surfaces Métal/Métal ces attractions sont toujours plus fortes qu'entre
des couples Métal/Non Métal ou des couples Non Métal/Non Métal . C'est la raison pour laquelle on utilise
des couples Métal/Céramique de préférence à Métal/Métal .
Mesure corrective: Éviter si possible les couples Métal/Métal.

iii)Formation d'alliages:
Plus facile est l'affinité des matériaux à la formation d'un alliage, plus facile sera l'adhésion par soudure
superficielle. Plus les matériaux seront donc similaires, plus la tendance à la soudure apparaitra.
Mesure corrective: Éviter (autant que possible) le frottement entre matériaux identiques.

Une lubrification adaptée permet de réduire ces trois facteurs, c'est à dire de réduire friction et usure. En
substance on peut diviser le frottement en trois régimes:
1)Sec
2) Mixte: lubrification de surface (avec contacts ponctuels)
3) Hydrodynamique: présence d'un film d'huile entre les pièces

1.4.1. Régime de frottement Sec


Il y a friction sans lubrifiant. Les deux pièces sont en contact direct. Dans ce cas les contacts Métal/Métal
peuvent conduire à des soudures locales. Friction et usure sont très élevées. Certains métaux forment au
contact de l'air et sous l'effet de la température une couche fine (≈ 5 nanomètres=5 x 10-9 m) d'oxydation
superficielle. Cette couche diminue la tendance à la fusion du métal et limite donc friction et usure.

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Illustration 1.14 Représentation schématique des comportements des pièces dans le cas de frottement
sec. a) Sans formation de la couche d'oxyde superficielle ; b) Avec formation de la couche d'oxyde
superficielle

En pratique l'effet de réduction du frottement peut être amplifié par le dépôt d'une couche céramique (par
exemple nitrure ou carbure de Titane). Les couches peuvent aussi être constituées de ce qu'on a coutume
d'appeler des « lubrifiants solides »: des matériaux dont les strates se laissent arracher facilement et qui
agissent donc un peu à la manière d'une graisse. Les plus connus sont le Graphite (C) et le Bisulfure de
Molybdène (MoS2). Les « lubrifiants solides » diminuent fortement friction et usure.

1.4.2 Le régime Mixte


Il apparait quand un lubrifiant liquide approprié et doté des additifs adaptés couvre les surfaces des pièces; les
points de contact sont alors séparés par une fine couche moléculaire de lubrifiant. Dans ce cas (de la
lubrification en régime mixte), le coefficient de frottement μ est 10 à 100 fois inférieur à celui du frottement sec.

Illustration 1.15 Description schématique du comportement en régime mixte

1.4.3 Le régime hydrodynamique:


En régime hydrodynamique, il y a formation d'un film d'huile sous l'effet de la pression; il sépare les surfaces
et il n'y a plus aucun contact entre les pièces. Le frottement est donc réduit aux frottements internes du fluide
et ne dépend que de la viscosité de celui-ci. Théoriquement, du fait de l'absence de tout contact entre les
pièces, on peut considérer l'usure en service comme nulle.

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Illustration 1.16 Représentation schématique du comportement en régime hydrodynamique


.

II Composition d'un lubrifiant


2.1 Pétrole et Brut
Le pétrole est à la base un mélange de milliers d'hydrocarbures différents. Pour que du pétrole arrive à se
former, il faut un ensemble de conditions très particulières:
Le matériau de base est formé de microorganismes d'origine végétale et animale comme du plancton par
exemple. Ce sont des formes de vie simples, monocellulaires, qui sont à la surface de l'eau; elles y sont
nourries par la lumière solaire; pendant des millions d'années des masses gigantesques de plancton meurent
et coulent au fond des océans. Elles s'y décomposent, mais une partie d'entre elles n'a pas entièrement perdu
l'énergie solaire. Elle forme une boue qui dans ces conditions humides, salées et presque sans oxygène
développe un procédé de décomposition. En présence de bactéries anaérobies et d'agents catalyseurs (par
exemple des acides salicyliques), cette boue organique se transforme en hydrocarbures; cependant la
majeure partie se transforme en gaz carbonique et en eau. C'est moins de 1% de la masse originelle qui se
retrouve sous forme d'hydrocarbures, après des transformations longues et complexes.

Pour que la transformation mène au pétrole, il faut en plus une pression élevée. C'est l'apport et
l'accumulation sur la boue de dépôts de sable ou de matières inorganiques qui apporte cette pression. Leur
sédimentation au dessus de la boue organique ne créera que les conditions requises.

C'est seulement alors que le pétrole se formera. Il faut en plus une mer calme, peu agitée, peu aérée comme
par exemple la mer noire aujourd'hui; c'était le cas très probablement il y a des millions d'années dans la
région du golfe persique.

Historiquement, il y a eu deux périodes principale de formation pétrolifère : il y a 200 à 350 millions d'années
d'abord, puis il y a 20 à 150 millions d'années.
Le pétrole doit être concentré pour former des gisements pétrolifères. Le pétrole y est stocké sous forme de
gouttelettes dans des couches poreuses de schistes et de sables pétrolifères.
La sédimentation compresse la masse boueuse dans le bassin jusqu'à des couches rocheuses imperméables.
Compte tenu de la densité du pétrole (inférieure à celle de l'eau) elle s'y trouve emprisonnée entre des
couches d'eau et des couches de gaz naturel. Le gaz est toujours présent en quantités variables là où l'on
extrait du pétrole. Au cours du temps, ces couches de stockages vont être modifiées, plissées, repoussées
lors des mouvements telluriques. Il se forme ainsi, des « pièges », dans ces pièges les quantités de pétrole
sont suffisantes pour être exploitées avec profit.

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Illustration 2.1 Représentation schématique de l'apparition des carburants fossiles

Dans l'industrie pétrolière on parle des pétroles conventionnels ou non conventionnels; Le pétrole
conventionnel est liquide.
Le pétrole non conventionnel est quand à lui visqueux ou pâteux. On le trouve dans des sables ou des
schistes pétrolifères (pétrole lourd). Ces sables et schistes sont exploités en montagne souvent dans des
mines à ciel ouvert. On extrait les pétroles lourds comme les autres, mais il faut d'abord les fluidifier en les
chauffant. Les plus grosses exploitations à ciel ouvert de ce type de pétroles se trouvent en Amérique du Nord
et au Vénézuela.

Illustration 2.2 Mine de sables pétrolifères au Canada

Du fait de la pression dans les gisements pétroliers, le gaz (gaz de pétrole ou naturel) est partiellement dissout
dans le pétrole; lors du retour aux conditions normales de pression (à la surface) il se libère. Fréquemment, de
l'eau est aussi entrainée lors de l'extraction. Après élimination de l'eau et du gaz, le brut peut partir en
raffinerie.

Brut = Pétrole – Gaz – Eau

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Mais le brut à ce stade là ne contient pas uniquement des hydrocarbures; il contient encore des acides
organiques, du soufre, des composés azotés et autres impuretés. Les concentrations de ces éléments divers
sont plus ou moins élevées; mais, leur présence est souvent indésirable en applications, elles devront être
séparées du brut.
La concentration moyenne d'un brut est de :

Carbone (C) 80 – 85 %
Hydrogène (H) 10 – 17 %
Soufre (S) < 7%
N, O, Cl, P, K, Na, Mg etc... <1%
(Données exprimées en Atomes %)

2.2 Huiles de base minérales


2.2.1. Raffinage
Les produits nécessaires à la fabrication des lubrifiants sont les huiles de base; elles peuvent être
minérales ou synthétiques. Les huiles minérales conventionnelles sont aujourd'hui encore les bases les plus
utilisées dans la fabrication des lubrifiants. Les huiles minérales sont produites après distillation sous vide des
bruts adaptés; ensuite, elles sont améliorées par le déparaffinage (enlèvement des cires), la désaromatisation
et (éventuellement) par une manipulation finale en présence d'hydrogène (Hydrofinishing).

Illustration 2.3 Raffinerie de brut

Le procédé de raffinage est d'abord une distillation à la pression atmosphérique (Fig 2.4). C'est de là qu'on
extrait tous les composants du brut: Gaz, Essences et Gasoil. Ceci tant que leur température d'évaporation est
inférieure à 370°C. A plus haute température on risque d'endommager le brut.
Les extractions des autres distillats (Fig 2.4) se font à des températures très proches, mais par contre sous
pression plus faible (Vide partiel). Cette extraction sous vide permet de séparer des fractions légères (Gasoil
léger sous vide), mais aussi des fractions plus lourdes utilisées à la fabrication des huiles de graissage.

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Illustration 2.4 Schéma du traitement du brut en raffinage

Pour la fabrication des lubrifiants, on distingue en fonction des viscosités quatre huiles de base:
¾ Spindle
¾ Huile légère
¾ Huile moyenne
¾ Bright Stock (à peine encore utilisées)
Elles sont classifiées selon leurs viscosités comme SN (Solvent Neutral) suivi d'un chiffre.
¾ SN 80: env. 17 mm2/s à 40 °C
¾ SN 150: env 32 mm2/s à 40 °C
¾ SN 500: env. 110 mm2/s à 40 °C
¾ Bright Stock 150: env. 400 mm2/s à 40 °C
On se rend compte en rapprochant ces 4 huiles de bases de la figure 2.4 qu'elles sont issues de procédés de
séparation. Ce sont des distillats. Ces distillats contiennent encore de nombreux composants indésirables qui,
eux, ne pourront être séparés qu'en faisant appel à des procédés d'extraction chimiques. Ces procédés
d'extraction sont appelés raffinage et leurs résultats sont des raffinats.

2.2.2. Composition chimique des huiles de base


Il y a d'innombrables combinaisons possibles pour assembler des hydrocarbures. De même
que le nombre d'hydrocarbures présents dans les pétroles bruts est très élevé, de même, les huiles minérales
produites à partir des différents bruts sont des mélanges complexes et pas des substances chimiques simples.
Malgré cela on peut distinguer les types d'huiles minérales suivants:
¾ Huiles de base Paraffiniques
¾ Huiles de base Naphthèniques
¾ Huiles de base Aromatiques

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

Les noms des différents types dépendent des hydrocarbures qu'ils contiennent; on doit être particulièrement
attentif aux différences de leurs structures pour les classifier:
1) Forme moléculaire
¾ Chaines
¾ Cyclique

2) Liaison entre atomes de Carbone


¾ Liaisons simples (saturée)
¾ Liaison double (insaturée)

Ces différences de structures permettent de classer les hydrocarbures en familles.


i) Paraffine (Alcane)

Chaines de molécules linéaires, non ramifiées, entièrement saturées (liaisons simples).

Formule générale: C n H 2n + 2 avec n = 1, 2,3…

ii) Naphtène (Cycloalcane)

Molécules cycliques saturées (à liaisons simples).

Formule générale: C n H 2n avec n = 1,2,3…

iii) Aromates

Benzol C6H6

Molécule cyclique insaturée (doubles liaisons Carbone/Carbone)

Formule générale: C n H n avec n = 1,2,3…

L'intérêt des liaisons simples (saturées) réside dans leur stabilité vis à vis des attaques chimiques, en particulier
celles de l'oxygène; de ce fait les molécules qui présentent ce type de liaisons résistent mieux à l'oxydation et au
vieillissement. On sélectionne donc comme huiles de bases pour la fabrication des lubrifiants celles qui ont peu de
doubles liaisons.
Pour des raisons toxicologiques les huiles de base doivent aussi contenir un minimum d'aromates; les hydro-
carbures insaturés, cycliques (polycycliques aromatiques) sont à proscrire à cause de la présence du noyau Benzol.
Il faut cependant préciser qu'il n'existe aucune huile de base composée uniquement de Paraffines, de Naphtènes

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

ou d'Aromatiques; lorsque l'on parle de bases paraffiniques, naphtèniques, ou aromatiques, on ne cite que le nom
du type d'hydrocarbures dont les caractéristiques prédominent. On doit aussi remarquer que les hydrocarbures
cycliques sont plus stables à hautes températures que les hydrocarbures à structure linéaire.

2.2.3. Propriétés des huiles de base


Les propriétés physiques et chimiques des huiles de base dépendent de leur structure et de leur poids
moléculaire. Les principales sont:
¾ État (solide, liquide, gazeux)
¾ Viscosité
¾ Comportement Viscosité/Température
¾ Stabilité à l'oxydation (vieillissement)
¾ Stabilité thermique

i) État
Quand le poids moléculaire des hydrocarbures augmente, la température de passage de l'état solide à
l'état liquide (point de fusion) augmente parallèlement ; la température de passage de l'état liquide à l'état
gazeux (point d'ébullition) suit aussi la même tendance.

Illustration 2.5 Points de fusion et d'ébullition de quelques paraffines CnH2n+2 (Alcanes) avec
n compris entre 1 et 14

Ces points de fusion et d'ébullition des hydrocarbures (Exemple les paraffines de la fig 2.5) nous conduisent à
des usages différents comme indiqué dans le Tableau 2.1.
Application Nombre d'atome (Cn)
dans la molécule (CnHx)
Gaz C1 – C4
Essence C5 – ca. C12
Gasoil / Fuel C10 – C22
Lubrifiant C20 – C35
„Résidus de raffinerie“ > C35

Tableau 2.1 Usages de différents hydrocarbures selon leurs poids moléculaires

Le tableau 2.1 nous montre que pour le développement des lubrifiants, ce sont des molécules relativement
grosses (entre C20 et C35) qui sont utilisées. La figure 2.5 permet d'évaluer leur point de fusion à environ 0°C
et leur point d'ébullition à environ 300 °C. Ces produits sont donc liquides aux températures ambiantes et ne
sont pas gazeux même à de hautes températures de service. Ces deux propriétés sont nécessaires pour
disposer d'un lubrifiant stable et utilisable.

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

ii) Viscosité
C'est la caractéristique essentielle d'une huile. C'est la friction interne du fluide, la force qui s'oppose au
mouvement des molécules du fluide les unes par rapport aux autres. Dans les cas des Paraffines, des
Naphtènes et des Aromatiques, la viscosité ή augmente avec la taille des molécules.
Comme pour de nombreux liquides, cette viscosité décroit fortement pour les hydrocarbures avec la
température. Cependant entre les Paraffines, les Naphtènes et les Aromatiques, cette variation est très
différente.

Illustration 2.6 Représentation schématique du comportement de la Viscosité ή en fonction de la


température pour une huile paraffinique et pour une Naphtènique

La figure 2.6 montre que les huiles Paraffiniques varient moins en fonction de la température que les
Naphténiques. L'avantage en est double et il est recherché dans beaucoup d'applications: à basse
température la viscosité est plus faible, à hautes températures elle est plus élevée.
Type d'huiles de base

Propriétés Paraffinique Naphthènique Aromatique

Densité Faible Moyenne Élevée

Comportement Bon Moyen Mauvais


viscosité/température

Viscosité Élevée Moyenne Faible

Comportement au froid Mauvais Bon Bon

Point de figeage Élevé Faible Bas

Évaporation Bonne Moyenne Mauvaise

Point d'éclair Élevé Moyen Bas

Cokéfaction Moyenne Basse Élevée

Stabilité à l'oxydation Bonne Bonne Mauvaise

Produits de vieillissement Acides (solubles) Boues (insolubles) Boues (insolubles)

Stabilité thermique Moyenne Bonne Mauvaise

Résistance au rayonnement Moyenne Moyenne Élevée

Pouvoir mouillant Moyen Bon Élevé

Pouvoir dispersant Moyen Bon Élevé

Solubilité des additifs Moyenne Bonne Élevée

Toxicité Faible Moyenne Élevée

Tableau 2.2 Propriétés d'huiles minérales de structures différentes

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

On déduit des propriétés établies dans le Tableau 2.2 que les huiles paraffiniques ont des avantages dans de
nombreuses applications de lubrifiants. Dans le Tableau 2.3 on trouve les noms des huiles de bases les plus
courantes et leurs domaines d'application.

Nom Spécificité Viscosité 40°C Domaine d'applications


(mPas)

Spindle Viscosité faible env. 25 Roulements grande vitesse

Huile légère Viscosité moyenne 25 – 40 Applications à vitesses moyennes

Huile Moyenne Viscosité élevée 40 – 300 Applications à basses vitesses

Bright Stock Viscosité très élevée 300 – 1000 Machines à vapeur

Tableau 2.3 Noms et domaines d'applications des huiles de base les plus courantes

A partir de ces huiles de bases, on pourra formuler les lubrifiants pour de nombreuses applications très
diverses. Généralement, cependant, les caractéristiques des huiles de bases sont insuffisantes pour atteindre
le niveau de performances requis par l'application. On fait donc appel aux additifs pour les améliorer.

2.2.4. Classification des huiles de base


L'API (American Petroleum Institute) et l'ATIEL (Association Technique de l'Industrie Européenne des
Lubrifiants) ont toutes deux classé les huiles de base selon leur composition chimique. Cette classification
prend en compte 3 critères (Groupes I à III) pour les huiles de base minérales:
¾ Teneur en liaison saturées
¾ Teneur en Soufre
¾ Index de viscosité

Groupe Teneur en Niveau de saturation Index de viscosité


soufre (Poids-%)
(Poids-%)
I > 0.03 et/ou < 90 80 – 120

II <= 0.03 et > = 90 80 – 120

III < = 0.03 et > = 90 > 120

IV Polyalphaoléfine (PAO)

V Toutes les huiles autres que Groupes I – IV

Tableau 2.4 Classement des huiles de base selon API et ATIEL

2.3. Huiles de base Synthétiques


2.3.1. Introduction
On utilise les huiles de bases synthétiques chaque fois que les exigences d'une application dépassent les
possibilités d'une huile minérale même après additivation. Les huiles de synthèse , si elle trouvent
généralement leur origine dans le pétrole , sont issues de réactions chimiques et non des processus de
Distillation et de Raffinage. La plus grande partie des huiles de base synthétiques, même si elles existent

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

depuis des dizaines d'années, ne pénètrent que lentement le marché du fait de leur couts de fabrication
élevés. Leur part de marché augmente cependant sensiblement depuis les années 80s.
Type Cout comparé aux huiles minérales

Alkylaromatique 2–3
Polybutène 3–5
Acide dicarbonique 7 – 15
Polyalkylèneglykol 7 – 20
Polyalphaoléfine 7 – 25
Néopentylpolyester 10 – 20
Polysiloxane 40 – 200
Perfluoralkylpolyéther 400 – 800

Tableau 2.5 Cout relatif des huiles de base synthétiques (comparé à celui des huiles minérales .
Base de comparaison 1999)

2.3.2. Avantages et inconvénients des huiles de synthèse


i) Avantages
Les huiles de synthèse présentent, comparées aux huiles minérales, les avantages suivants:

• Stabilité thermique
• Stabilité à l'oxydation
• Meilleur comportement Viscosité / température
• Meilleur écoulement à basse température
• Évaporation réduite à température élevée
• Plage de température de service plus étendue
• Inflammabilité réduite
• Impact environnemental réduit

ii) Désavantages
Leurs désavantages sont essentiellement:
• Résistance à l'hydrolyse réduite
• Protection contre la corrosion
• Compatibilité avec les matériaux (Joints, peintures, métaux)
• Miscibilité variable (entre elles et avec les huiles minérales)
• Dissolution des additifs
• Prix élevés

2.3.3. Propriétés et applications des plus importantes huiles de synthèse


i) Généralités
Le plus gros avantage des huiles de synthèse par rapport aux huiles minérales est leur comportement à
hautes températures; il se traduit par: variation de la viscosité avec la température amélioré, meilleur
écoulement à basses températures, plage de températures d'utilisation plus étendue, pertes par évaporation
réduites etc..

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

L'illustration 2.7 compare les pertes par évaporation d'une huile minérale à celle d'une Polyalphaoléfine (PAO).
On y voit bien l'importance 2 à 3 fois supérieure des pertes par évaporation de l'huile minérale; cette
différence est encore plus marquée dans le cas des bases très fluides.

Illustration 2.7 Évaporations comparées d'une huile minérale et d'une Polyalphaoléfine (PAO)

ii) Polyalphaoléfine (PAO)


Avantages:
• Bonne fluidité à basse température
• Résistance élevée à la température et à l'oxydation
• Pertes par évaporation réduites
• Index de viscosité élevé
• En régime mixte, bonnes propriétés anti-friction
• Miscibles avec les huiles minérales et les esters
• Résistance à l'hydrolyse
• Protection anti-corrosion
Non toxique
De ce fait, elles sont particulièrement adaptées à la fabrication d':
• Huiles moteurs
• Huiles compresseurs
• Huiles hydrauliques et engrenages
• Graisses

Désavantages:
• Biodégradabilité limitée
• Solubilité réduite des additifs

De ce fait inadaptées à:
• Huiles engrenages hautes performances
• Graisses biodégradables

i) Polyalkylèneglycol
Avantages:
• Index de viscosité élevés

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

• Propriétés exceptionnelles en anti-usure et anti-grippage


• Comportement à la friction exceptionnel (couple Acier/bronze en particulier)
• Résistance à l'oxydation
• Fluidité à basse température
• Non toxique
Rapidement biodégradable

De ce fait, elles sont particulièrement adaptées à la fabrication d':


• Huiles pour engrenages roues et vis
• Fluides difficilement inflammables
• Huiles biodégradables
• Métiers à tisser (car lavables)
• Lubrifiants pour applications basses températures

Désavantages:
• Non miscibles avec les huiles minérales
• Solubilité réduite des additifs
• Compatibilité réduite avec joints, peintures

De ce fait inadaptées à:
• Huiles moteurs
• Huiles engrenages hautes performances

ii) Diesters et Esters de Polyols:


Avantages:
• Résistance à l'oxydation élevée
• Bonne fluidité à basse température
• Index de viscosité élevés
• Pertes par évaporation réduites
• Miscibles avec les huiles minérales et les esters en toutes proportions
• Bonnes propriétés anti-usure et anti-grippage
• Non toxique
• Rapidement biodégradable

De ce fait, elles sont particulièrement adaptées à la fabrication d':


• Huiles turbines aviation
• Huiles moteurs
• Huiles compresseurs
• Huiles hydrauliques et engrenages
• Huiles compresseurs frigorifiques
• Huiles rapidement biodégradables

Désavantages:
• Faibles viscosités
• Compatibilité limitée avec joints et peintures
• Sensibilité à l'hydrolyse élevée
• Comportement anticorrosion limité

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

De ce fait inadaptées aux applications qui requièrent;

• Viscosité élevée
• Protection anti-corrosion importante

iii) Esters de l'acide phosphorique


Avantages:
• Difficilement inflammables
• Bonne résistance à l'oxydation
• Fluidité à basse température
• Propriétés anti-usure et anti-grippage exceptionnelles
• Résistance aux rayonnements
• Miscibles et compatibles en toutes proportions avec les huiles minérales
• Non toxique
• Rapidement biodégradable

De ce fait, elles sont particulièrement adaptées à la fabrication d':


• Huiles hydrauliques difficilement inflammables (hydrauliques et paliers en centrales nucléaires)
• Huiles pour Turbines à gaz
• Huiles compresseurs

Désavantages:
• Sensibilité à l'hydrolyse limitée
• Comportement anticorrosion limité
• Index de viscosité faible
• Compatibilité limitée avec les joints
• Densité supérieure aux huiles minérales

De ce fait inadaptées à
• Toutes applications autres que les applications précitées

iv) Huiles silicone:


Avantages:
• Le plus haut index de viscosité de tous les lubrifiants
• Bonne résistance à l'oxydation et à la température
• Fluidité à basse température exceptionnelle
• Faibles pertes par évaporation
• Résistance aux agressions chimiques
• Exceptionnelle compatibilité avec les joints
• Bonnes propriétés électriques

De ce fait, elles sont particulièrement adaptées à la fabrication de:


• Fluides hydrauliques hautes températures
• Graisses spéciales
• Graisses pour contacts électriques ou pour ambiances chimiques particulières

Désavantages:
• Les plus mauvaises propriétés de toutes les huiles de graissage en régime mixte
• Non miscibles avec les huiles minérales

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

• Aucune dissolution d'additifs possible

De ce fait inadaptées à

• Toutes applications autres que les applications précitées

Type d'huile de synthèse Applications principales

Hydrocarbures de synthèse

Polyalphaoléfine Huiles moteurs, Huiles industrielles (compresseurs, hydraulique, paliers)

Polyisobutène Travail des métaux, 2 Temps, Huiles Isolantes

Alkyle Aromatique Graissage à basses températures

Cycloaliphate Galets de friction

Esters Organiques

Diesters Turbines aviation Classe I, Mélange avec PAOs

Ester de polyols Turbines aviation Classe II et III, Compresseurs, Hydraulique, Réducteurs

Polyglycols Freins, Travail des métaux, Huiles difficilement inflammables, Engrenages


roues et vis
Autres

Esters Phosphoriques Huiles hydrauliques spéciales, Turbines à gaz

Silicones Huiles hydrauliques hautes températures, Liquides de freins, Compresseurs

Fluides Halogénés Fluides hydrauliques très difficilement inflammables

Polyphenylethers Transfert de chaleur, Pompes à vide

Tableau 2.6 Applications des différents types de lubrifiants de synthèse

2.3.3 Part de marché des plus importantes sortes d’huiles de synthèse


Les deux types d'huiles de synthèse les plus importants sont les Polyalphaoléfine et les Esters, avec des parts
de marché réciproques de 45 %et 25 %.

Type d'huile Part de marché

Polyalphaoléfines ~ 45 %

Esters Organiques ~ 25 %

Polyglycols ~ 10 %

Esters phosphoriques ~5%

Polybutanes ~5%

Autres ~ 10 %

Tableau 2.7 Part de marché des principales huiles de synthèse

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

2.4. Huiles „bios“


2.4.1. Introduction
Entre 5 et 10 % des lubrifiants finissent dans l'environnement suite à:
¾ Pertes accidentelles (inévitable)
¾ Graissage perdu de mouvements (évitable)

La législation recommande de minimiser autant que possible l'impact de l'action humaine sur l'environnement;
la fabrication, l'application et l'élimination des huiles ont à le prendre en compte.
On peut y arriver par différents moyens:
¾ Interdiction de l'utilisation dans les lubrifiants de certaines substances
¾ Protection de l'eau contre les dangers encourus
¾ Amélioration de la vitesse de biodégradation

On appelle « bios » les huiles rapidement biodégradables; cette vitesse de biodégradation diminue la portée
des impacts sur l'environnement. Les lubrifiants représentent moins de 1% du volume de pétrole brut
consommé dans un état industriel. Pour la Suisse ils sont estimés à 5000 Tonnes par an .Ceux qui menacent
l'environnement se trouvent essentiellement dans:
¾ Mélanges 2-Temps
¾ Scies et Chaines de tronçonneuses
¾ Boudins de roues des véhicules sur rails
¾ Téléphériques
¾ Engins de neige et dameuses
¾ Coffrage du béton dans l'industrie du bâtiment

Illustration 2.8 Pour la protection de l'environnement, il est recommandé de graisser les roulements
de télécabines avec des huiles et des graisses « bios ».

Mais il est aussi raisonnable d'utiliser des huiles « bios » à chaque fois que des fuites présentent un danger de
pollution de l'environnement. Par exemple:
¾ Circuits hydrauliques dans les travaux publics
¾ Circuits hydrauliques dans l'agriculture et dans l'exploitation forestière
¾ Circuits hydrauliques dans les centrales de traitement des eaux, les écluses et les voies d'eau

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

2.4.2. Impact environnemental


Pour mieux comprendre les dangers encourus, il faut prendre connaissance des données suivantes:
¾ 1 Litre d'huile rend impropre à la consommation 1 Million de litres d'eau
¾ 1 Milligramme d'huile anéantit 60% des micro-organismes présents dans 1 litre d'eau

Pour minimiser l'impact sur l'environnement, on a cherché à ce que les constituants du lubrifiant laissent la
place à des composants inoffensifs, lorsqu'ils sont répandus dans la nature.
On tire de cette constatation la définition de la biodégradabilité:

« On entend par biodégradabilité la disparition complète d'un produit, sous l'action des
microorganismes; cette décomposition doit avoir lieu dans la nature, dans les conditions d'un
compostage, sans formation de produits intermédiaires inquiétants »

Cette définition, appliquée aux huiles minérales signifie la décomposition en Carbone et Hydrogène. La vitesse
de cette disparition est définie et prouvée à l'aide de tests adaptés.
Pour l'exprimer simplement, on considère sous le terme de compatible avec l'environnement les produits qui
sont:
¾ Biodégradables rapidement
¾ Non toxiques pour l'homme, les animaux, les végétaux
¾ Ne polluent pas durablement l'eau

2.4.3. Composants possibles


Comme huiles de base pour la fabrication de lubrifiants biodégradables, nous avons à notre disposition deux
types de produits:
¾ Fluides solubles (par exemple les Polyéthylèneglycols)
¾ Fluides entiers (par exemple les esters naturels ou synthétiques, les huiles végétales comme celles du
Colza)

Dans le tableau 2.8 on a représenté la biodégradabilité de différentes huiles de base. On y voit que dans les
conditions définies par les tests (par exemple ici le CEC-L-33-A-94) des produits comme les esters, les huiles
végétales et les polyglycols atteignent des valeurs de biodégradation de près de 100%..

Tableau 2.8 Biodégradabilité des huiles de base (selon le test CEC-L-33-A-94)

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

Pour les applications des lubrifiants, ce sont essentiellement les critères tribologiques (les performances
d'usure et de grippage) qui sont les plus intéressantes. Le tableau 2.9 compare les performances des huiles
biodégradables à celles d'une huile minérale conventionnelle; ceci est réalisé dans des bancs d'essai mettant
en jeu engrenages et pompes hydrauliques. On constate que les performances dans ces essais des huiles
« bios » se révèlent au moins équivalentes à celles des huiles minérales.

HLP HEES HETG HEPG


(Minérale) (Ester ( Ester naturel) (Polyglycol)
Synth.)

Banc FZG Engrenages 10 > 10 > 12 11/12/09


Étage
non passé

Banc Hydraulique
Corps < 120 10 10
< 120
(mg perdus)
Palettes < 30 < 30 5 5
(mg perdus)

Tableau 2.9 Comportement anti-usure et anti-grippage d'huiles« bios » comparées à une huile minérale
sur Banc d'essai FZG et sur Banc d'essai pompe à palettes.

Les résultats sont différents sur la stabilité à l'oxydation: dans ce cas là, les esters synthétiques et les
polyglycols ont une stabilité au moins égale, mais souvent supérieure à celles des huiles minérales; par contre
les huiles végétales (esters naturels) sont beaucoup plus sensible à l'oxydation. Cela est dû au nombre
important de doubles liaisons dans les molécules de ce type de produits.

2.4.4. Labels environnementaux


Un label environnemental peut être attribué pour récompenser les produits acceptables pour l'environnement
(en Suisse et en Allemagne, nous utilisons « L'Ange Bleu » ). Ces labels doivent renseigner l'utilisateur sur les
performances environnementales des lubrifiants et des autres fluides.

Illustration 2.9 Quelques labels environnementaux de lubrifiants biodégradables

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

Pour obtenir ces labels, il faut :


¾ Prouver que les produits sont inoffensifs d'un point de vue éco-toxicologique
¾ Prouver les performances techniques des produits en application
Les procédés et les installations de fabrication sont contrôlés. Pour demander ces labels, l'usage de certains
composants est totalement prohibé, tandis que d'autres ne peuvent être utilisés qu'en teneur limitée. De plus,
on doit bien sûr prouver vitesse de biodégradation et innocuité vis à vis de l'eau.
A ce jour, les labels environnementaux existent pour les graisses, les huiles deux temps, mais surtout pour les
types et lubrifiants suivants:
¾ RAL – UZ 48 Chaines de tronçonneuses
¾ RAL – UZ 64 Huiles de décoffrage
¾ RAL – UZ 79 Huiles hydrauliques

2.5. Graisses
Les graisses sont des lubrifiants épais, constitués d'une huile de base et d'un épaississant. Cet épaississant
agit comme une éponge pour retenir le lubrifiant. Pour importer ou améliorer certaines caractéristiques on peut
y ajouter des additifs. Les graisses sont en général utilisées dans les applications dont les huiles seraient
chassées par le mouvement (par exemple les roulements à rouleaux). La concentration des composants est la
suivante:
¾ Huiles de bases: 75 – 95 %
¾ Épaississant: 5 – 20 %
¾ Additifs: 1 – 10 %
Les propriétés importantes des graisses sont :
¾ Comportement à basse et haute température (avec point de goutte)
¾ Comportement vis à vis de l'eau
¾ Comportement anti-grippage
¾ Leur dureté

Illustration 2.10 Pour la lubrification des roulements à billes (gauche), ou à rouleaux (droite) on utilise
en général des graisses.
Les épaississants sont souvent des savons (composés d'un acide gras et d'un métal).
Les savons de soude font des graisses sensibles à l'eau, mais qui résistent bien à la température. Les savons
de calcium résistent bien à l'eau, mais pas à la température (150°C ). Ce sont les savons de Lithium qui, par
leur résistance à la fois à l'eau et à la température, se sont imposés pour les graisses d'usage général. Ce
sont donc les plus répandus. Pour améliorer les propriétés des graisses dans les cas limites, on utilise souvent
des additifs solides: Graphite, Téflon (PTFE) ou Bisulfure de molybdène (MoS2).
Comme les graisses sont des produits solides, elles présentant certains inconvénients:
¾ Mauvais refroidissement: elles ne circulent pas et ne contribuent donc pas au refroidissement du
point de friction
¾ Propreté: Elles n'aident pas à entrainer les particules d'usure du métal hors de la zone de contact.

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

II. Additifs
3.1 Introduction

De bonnes huiles de base sont une condition nécessaire au développement de lubrifiants performants. Mais
en général les performances demandées dans l'application excédent encore les caractéristiques de ces
bases. Le tableau 3.1 résume quelques unes des caractéristiques nécessaires ou souhaitées pour un
lubrifiant.

Critères de choix Performance cherchée

Primaire Secondaire

Viscosité Frottement Taux de cendres


Densité Anti-usure Maintien de la Viscosité en température
Point d'éclair Démarrage Comportement Viscosité Pression
Point d'aniline Tendance au moussage Écoulement à basses Températures
Toxicité Inflammabilité Écoulement à hautes Températures
Résistance au rayonnement Tenue au froid
Comportement chimique (Corrosion)
Résistance (Thermique, oxydation)
Séparation air et eau
Compatibilité avec matériaux (joints)
Cokéfaction
Évaporation

Tableau 3.1 Caractéristiques importantes des lubrifiants


Il est évident qu'il est impossible de développer un lubrifiant qui présente des propriétés optimales dans toutes
les applications.

Les additifs servent dans les lubrifiants à :


¾ Importer des caractéristiques non présentes dans l'huile de base
¾ Minimiser des inconvénients présents dans les caractéristiques de l'huile de base
¾ Renforcer certains points forts des huiles de base
Il faut en plus garder à l'esprit que certaines caractéristiques ne sont pas modifiables par les additifs; en
particulier les caractéristiques physiques comme: évaporation, point de fusion.

3.2 Mode d'action des principaux additifs


L'adaptation aux besoins des propriétés d'un lubrifiant se fait par le mélange des huiles de bases, et de
composants spécifiques nommés additifs. Ces additifs sont ajoutés à l'huile de base soit pour en changer ou
en améliorer les propriétés, soit pour leur apporter des propriétés quelles ne possèdent pas naturellement.
Quantité et choix des additifs doivent être soigneusement déterminés; ils sont adaptés aux besoins requis par
l'application. La proportion d'additifs dans le lubrifiant fini varie de 1 à 30 %. L'ajout d'additifs à une huile est
son additivation.

Nous allons voir rapidement les types d'additifs les plus importants, leur mode opératoire et leurs applications.

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

3.2.1. Inhibiteurs de corrosion


On appelle corrosion l'attaque de la surface d'un matériau par action chimique ou électrolytique. La plus
connue est l'apparition de rouille à la surface du fer sous l'action de l'eau et de l'oxygène. Un « inhibiteur de
corrosion » est un produit capable de s'orienter et de se lier à la surface d'un métal par adsorption; il y forme
une couche hydrophobe (qui repousse l'eau) de protection. Cette couche limite ainsi le contact entre l'eau et la
surface du matériau.

On parle de « passivateurs de métaux » quand ces additifs développent la même action entre certains
éléments contenus dans l'huile (le Soufre par exemple) et certains métaux (le Cuivre par exemple).

3.2.2. Inhibiteurs d'oxydation


Ils servent à réduire, à ralentir les réactions chimiques entre oxygène et molécules d'huile. On diminue ainsi
l'acidification du lubrifiant et les dépôts qui l'accompagnent. Ce sont surtout les lubrifiants mis en place pour de
longues durées (vidanges espacées) et ceux qui travaillent à hautes températures qui contiennent de tels
inhibiteurs d'oxydation.

3.2.3. Additifs anti-usure


Ces additifs réduisent la friction, l'usure, et diminuent les contacts entre métaux, entre les couples d'usure (par
exemple entre came et arbre à cames, entre segments et cylindres, entre dentures d'engrenages..). Ils
agissent en séparant les parties métalliques par une fine couche d'additif.

Illustration 3.1 Un moteur 4 temps: Le besoin anti-usure se fait surtout sentir entre arbre à cames et
queues de soupapes, entre segments, pistons et cylindres
.

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

3.2.4. Additifs extrême pression


Dans les conditions les plus sévères, dans lesquelles n'apparaissent pas seulement l'usure, mais aussi le
grippage (soudures à froid), on utilise des additifs qui ne forment pas seulement une couche physique de
séparation de surfaces, mais créent en plus une réaction chimique superficielle. Les lubrifiants de hautes
performances utilisés dans les engins roulants pour leurs boites de vitesses et certains systèmes de
transmissions (hydrauliques..) nécessitent ces types d'additifs.

Illustration 3.2 Traces de grippage sur une paroi de cylindre


3.2.5. Modificateurs de Friction
Ces composants agissent en surface par adsorption à la surface des parois métalliques pour y minimiser les
frictions. Ils fonctionnent bien dans des conditions de service douces et en régime mixte de lubrification. On
augmente grâce à eux, le rendement à la fois des machines et de l'installation.
3.2.6. Améliorateurs d'index de viscosité
Ces additifs améliorent le comportement de la viscosité en fonction de la température (voir Illustration 2.7)
d'une huile; ils diminuent sa chute de viscosité lors des hausses de température. Pratiquement inopérants aux
basses températures, à hautes températures, par contre, leur augmentation de volume limite la chute de la
viscosité. Les huiles dites « multigrades » dans le domaine de l'automobile contiennent toutes ce type
d'additifs.

Illustration 3.3 Fonctionnement d'un améliorateur d'index: Le polymère s'ouvre à haute température et
se dissout dans l'huile. Il augmente ainsi son action sur la viscosité.
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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

3.2.7. Additif Détergent-Dispersant


Ils maintiennent en suspension les impuretés solides et liquides dans le fluide. A température de service
élevée (détergents), mais aussi à basses et hautes températures (dispersants); ils minimisent les dépôts sur
les surfaces (par exemple pistons). Toutes les huiles moteurs en contiennent.

3.2.8. Pourpoint Dépresseurs (abaisseurs de point d'écoulement)


Ils empêchent les cristaux de paraffines (qui apparaissent à basses températures) de grossir et donc de
s'agglomérer en une structure solide. Ils enrobent les cristaux les empêchant ainsi de se prendre en masse.
Une huile sans Pourpoint Dépresseur peut à basses températures ne plus s'écouler ce qui l'empêchera de
lubrifier. Ces additifs sont présents dans toutes les huiles susceptibles de travailler à basses températures
(huiles moteur, transmissions, hydrauliques etc...)

Illustration 3.4 Vue au microscope électronique de cristaux de paraffine.

3.2.9. Anti-Mousse
Ils minimisent la mousse en surface des bacs à huile. Les mouvements rapides (ceux des vilebrequins, des
bielles, des roues dentées..) mélangent l'air à l'huile et l'amènent ainsi à mousser.
Si cet air est aspiré par la pompe, le graissage chute parfois jusqu'à l'incident. L'action de l'air peut exister
sous deux formes:
Mousse Superficielle: des additifs comme des huiles silicones peuvent les minimiser.
Émulsion Air / Huile: elle ne peut disparaitre que par les additifs.
La présence d'air accélère le vieillissement de l'huile, modifie sa viscosité et augmente sa compressibilité. Les
deux formes peuvent à l'extrême aboutir à une rupture de l'alimentation en huile et donc du film d'huile.

3.2.10. Émulgateurs
L'eau et l'huile ne se mélangent pas. Pour former un état stable entre ces deux fluides (appelé émulsion), on
utilise les émulgateurs; ils maintiennent l'émulsion grâce à leur action fortement polaire aux interfaces
eau/huile. Leur application principale est dans les huiles solubles de travail des métaux. Ces fluides sont à la
fois lubrifiants et fluides de refroidissement.

3.2.11. Bactéricide
La présence d'eau, d'huile et de température est favorable dans le travail des métaux au développement de
bactéries. Or les émulgateurs des huiles de coupe (de travail des métaux) sont sensibles à l'action des

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microorganismes. Les bactéricides et les biocides sont utilisés pour éviter cette action, tuer les
microorganismes et maintenir ainsi les émulsions.

3.2.12. Autres Additifs


Selon les applications, on peut être amenés à utiliser d'autres additifs comme par exemple; Tackifiants
(améliorateurs d'adhésion), Parfums ou Colorants.

IV. Propriétés des lubrifiants


4.1 Introduction
Les propriétés des lubrifiants peuvent se décomposer en deux grands groupes comme suit:
¾ Physiques, chimiques et technologiques
¾ Liées à une application

En ce qui concerne cette dernière catégorie, on utilise des installations qui ne sont pas toutes normalisées.
Souvent ce sont des machines proches par leurs caractéristiques technologiques de l'application.

Il existe des tests normalisés pour la mesure des propriétés physiques, chimiques et technologiques; leurs
processus sont décrits par type de lubrifiants (pour beaucoup d'entre eux) et ils sont inclus dans les
performances minimales normalisées requises pour chaque type. Vous trouverez ci joint les plus importantes
de ces propriétés pour les huiles et pour les graisses.

4.2. Propriétés physiques, chimiques et technologiques des huiles


4.2.1. Propriétés physiques
i) Point de trouble et Point d'écoulement
Le point de trouble est la température à laquelle apparaissent les premiers cristaux de paraffine lors du
refroidissement du lubrifiant. Il est pratiquement sans signification en application du lubrifiant.
Le point d'écoulement est la température à laquelle les cristaux de paraffine apparus s'agglomèrent au point
d'empêcher l'huile de s'écouler. Il est très important pour l'usage des lubrifiants à basse température

ii) Point d'éclair


C'est la température à laquelle l'évaporation est si importante qu'en présence d'une flamme les vapeurs d'huile
s'enflamment. Elle a une valeur pratique pour certaines applications (par exemple dans les compresseurs).
Elle est parfois demandée par les compagnies d'assurances dans certaines industries pour évaluer les risques
d'incendie.

iii) Pertes par évaporation


Elle indique la consommation d'huile liée à l'évaporation du lubrifiant. C'est l'une des composantes de la
consommation d'huile globale.

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4.2.2. Propriétés chimiques


i) Taux de cendres
Dans les cas d'une huile non additivée, le taux de cendres mesure la somme des impuretés contenues dans
l'huile; il renseigne donc sur son niveau de propreté. Dans le cas d'huiles additivées, on retrouve dans les
cendres les résidus de l'additivation.

ii) Résidus de cokéfaction


L'huile se cokéfie si elle brule sans disposer de la quantité d'oxygène nécessaire à une combustion complète.
C'est l'un des paramètres de la qualité des huiles de base. Il est important si elle doit subir en service de fortes
températures (par exemple huiles moteurs ou compresseurs).

iii) Indice d'acide (IA)


Lors de l'oxydation d'un lubrifiant, il se forme des produits acides; ces produits peuvent entrainer des attaques
de métaux (corrosion). L'indice d'acide mesure cette acidification; Il dose le niveau des radicaux acides dans
l'huile.
Dans le cas d'une huile neuve et non additivée, l'indice d'acide doit être nul (IA=0).

iv) TBN (Total Basic Number))


Dans une huile moteur, l'acidification provient en partie de l'oxydation de l'huile, mais aussi de la combustion
des carburants (et en particulier de celle du soufre qu'ils contiennent). De ce fait, les huiles moteurs neuves
sont rendues basiques à la fabrication. Cette alcalinité est mesurée sous l'appellation de TBN (pour Total
Basic Number), elle diminue avec le vieillissement de l'huile en service.

v) TAN (Total Acid Number)


Dans le cas des moteurs qui utilisent des carburants agressifs (gaz naturel ou biogaz), il faut compter en
service sur une acidification forte du lubrifiant; le TAN renseigne sur le niveau de cette agression et sur l'état
de l'huile qui en résulte.

4.2.3. Propriétés Technologiques


i) Désémulsion (Séparation de l'eau)
C'est le temps de retour à deux phases d'une émulsion eau / huile crée dans des conditions standardisées.

ii) Désaération
C'est le temps nécessaire à des bulles d'air dispersées dans l'huile pour atteindre la surface. Dans certaines
applications (l'hydraulique par exemple), une bonne vitesse de désaération est un élément important.

iii) Pouvoir anti-corrosif / anti-rouille


C'est la capacité de l'huile de base et des additifs à retarder l'apparition de rouille et de corrosion. Elle est
mesurée sur des barreaux d'essai standardisées.
iv) Anti-usure et extrême pression
C'est la capacité du lubrifiant et de son additivation AW (Anti Wear pour anti-usure) et EP (pour Extrême
Pression) de supprimer ou au moins de réduire l'usure et le grippage.
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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

On mesure cette caractéristique dans un banc d'essai comportant d'authentiques composants de machines.
Deux types de bancs d'essai se sont imposés pour ces mesures: Le FZG (engrenages) et un test hydraulique
sur pompe à palettes.

v) Stabilité au cisaillement
Les huiles multigrades avec des additifs améliorateurs de VI (d'index de viscosité) présentent en service une
chute de viscosité due au cisaillement tribologique de cet additif.

4.3. Propriétés physiques, chimiques et technologiques des graisses


4.3.1. Propriétés physiques
i) Point de goutte
C'est la température à laquelle la graisse atteint une certaine fluidité (~ viscosité). La température de service
de la graisse devra être inférieure à son point de goutte pour conserver une consistance suffisante à son
maintien en place.

ii) Pénétration
La pénétrabilité d'une graisse est la mesure de sa consistance mécanique: de sa résistance au changement
de forme géométrique. La valeur de pénétration permet ensuite son classement dans la numérotation NLGI.

Il y a 9 classes NLGI: 000, 00, 0, 1, 2, 3, 4, 5 et 6. (Tableau 4.3). Les graisses « molles » (classes 0 à 000)
sont aussi appelées graisses « fluides ; elles sont utilisées dans des composants où elles sont généralement
mises en place par l'intermédiaire de graissages centralisés.

Note: Les températures de service des graisses 000 et 00 vont de -25 à 80 °C. Celles de la classe 0 vont de -
10 à 80 °C (les températures de service des graisses dépendent de leur dureté, mais aussi de leur savon, de
leur huile de base et de leurs cadences de regraissage).

4.3.2. Propriétés chimiques


i) Délavage à l'eau
Comme les graisses utilisent des savons comme épaississants, elles sont très sensibles à l'action de l'eau.
C'est une des raisons qui fait que l'on insiste toujours sur la résistance au délavage à l'eau des graisses.
L'estimation se fait avec un roulement à rouleaux garni à la graisse; on y introduit de l'eau pendant sa rotation
et on mesure la quantité de lubrifiant chassée du roulement.

ii) Résistance à l'oxydation


Pour mesurer la résistance à l'oxydation d'une graisse, elle est placée sous une pression d'oxygène dont on
mesure la chute; cette chute mesure la sensibilité de la graisse à l'oxydation.

4.3.3. Propriétés Technologiques


i) Relargage
Le relargage d'huile est une mesure de la stabilité d'une graisse sous pression. C'est un test statique. La
graisse est soumise à une forte pression et on mesure la quantité d'huile ainsi libérée. La signification pratique
en est limitée.

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

ii) Pression d'écoulement


C'est la pression nécessaire pour faire passer la graisse à travers un orifice calibré; c'est une mesure de sa
consistance, mais surtout de son comportement en écoulement.

iii) Pompabilité
C'est la pression à exercer par une pompe pour distribuer la graisse par un système de graissage centralisé.
C'est un moyen de connaitre la longueur maximale de tuyauterie utilisable ou la (les) section(s) nécessaire(s)
pour distribuer la quantité nécessaire de graisse en un point.

iv) Protection contre la corrosion


On entend par là les capacités de la graisse à ralentir le développement de rouille et de corrosion. Elle est
mesurée dans un roulement à rouleaux après un essai dans lequel on introduit de l'eau dans le roulement
préalablement garni de graisse; en fin d'essai on cote l'état de corrosion de la bague du roulement.

v) Propriétés Mécaniques
On entend par là la capacité d'une graisse à limiter fatigue et usure d'un roulement. Cette propriété est inscrite
dans la description normalisée des graisses avec des valeurs minimale à respecter.

4.4. Viscosité et Écoulement


La viscosité est la caractéristique principale de toute huile. Elle décrit le frottement interne du milieu, la
résistance opposée aux mouvements des molécules les unes par rapport aux autres.

4.4.1. Définition
La « viscosité dynamique » ή définit l'écoulement d'un lubrifiant. Plus la viscosité est élevée, moins fluide
(moins liquide, plus visqueux) est le lubrifiant. Plus la viscosité est basse, plus fluide est le lubrifiant, plus il
s'écoule facilement.

Les molécules des lubrifiants visqueux sont plus étroitement liées entre elles et de ce fait moins mobiles; on
parle donc de frottement interne. Ce frottement est simplement le résultat des forces de liaison entre les
molécules du fluide.

L'unité[ή] de la viscosité est:

kg N ⋅s
[η ] = = = Pa ⋅ s
m ⋅s m 2

Dans laquelle:

N Unité de force F en Newton ([F] = N)


Pa Unité de pression (Force/surface)
p en Pascal [p] = Pa)
s: Unité de temps t en secondes ([t] = s)
m: Unité de longueur l en Mètres ([l] = m)

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

La viscosité dynamique ή est en général exprimée en Milli Pascal Seconde (un milli pascal seconde est 10-3
Pascal seconde.

Substance Viscosité η en [mPa·s]


Eau 1
Essence 0.65
Pentane (25°C) 0.224
Hexane 0.320
Heptane 0.410
Octane 0.538
Nonane 0.711
Décane 0.920
Éthanol 1.19
Jus de raisin 2–5
Huile d'Olive ~ 100
Miel ~ 10’000

Tableau 4.1 Viscosités à 20°c de certaines substances

On trouve souvent aussi référence à la « viscosité cinématique » υ. Elle se définit comme le quotient de la
viscosité dynamique ή par la densité ρ du fluide..

4.4.2. Relation de la viscosité et de la température. Index de viscosité (VI)


La relation viscosité température d'un lubrifiant donne la chute de la viscosité quand la température augmente
et inversement sa hausse quand elle baisse. La mesure qui représente cette variation est l'index de viscosité
(VI). L'index de viscosité est un nombre sans unité. Il peut varier de 0 à 100 et même au delà de 100. Il est bâti
en prenant en compte les viscosités relatives à 40 et à 100 °C du lubrifiant. Un index de viscosité élevé signifie
une variation plus faible avec la température. Les huiles monogrades avec des variations relativement rapides
Viscosité/Température ont des valeurs de VI de 100 environ. Les huiles multigrades arrivent à des valeurs de
VI de plus de 150.

4.4.3. Relation Viscosité Pression


La viscosité des huiles dépend aussi de la pression. La viscosité augmente quand la pression augmente.
Cette variation dépend de la structure de l'huile et de sa température.

4.4.4. Cisaillement
Il y a des huiles qui connaissent encore d'autres changements en service; par exemple certaines ont une
tendance au cisaillement. Cette tendance est liée à la viscosité structurelle du lubrifiant et à sa thixotropie.
La viscosité structurelle est la valeur de la viscosité de l'huile soumise à un fort taux de cisaillement. La
Thixotropie, elle, décrit la chute de viscosité en fonction du temps et de la contrainte de cisaillement.
Les huiles multigrades qui contiennent des améliorateurs d'index de viscosité font partie des huiles qui
montrent une tendance au cisaillement. On en contrôle fréquemment la viscosité apparente à différentes
températures (et pressions) en fonction du cisaillement.

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4.4.5. Consistance des graisses


Dans le cas des huiles, la viscosité sert sert à différencier les huiles fluides des huiles visqueuses. Dans le cas
des graisses, c'est la pénétration ou la consistance qui définissent si une graisse est dure ou molle. La
pénétration ne doit pas être confondue avec la viscosité de l'huile de base. La pénétration se mesure selon la
norme DIN ISO 2137; cette norme mesure la pénétration dans un Bécher normalisé à 25 °C d'un plein cône
(ou d'un quart de cône selon la quantité de graisse disponible (voir figure 4.1)).

Illustration 4.1 Détermination de la consistance d'une graisse à l'aide d'un pénétromètre selon la
norme DIN ISO 2137

La pointe d'un cône standardisé à deux pentes est posée sur la surface. On laisse le cône s'enfoncer sous
son propre poids pendant 5 secondes. Une échelle graduée sur la tige du cône mesure l'enfoncement en 0,1
mm. La pénétration mesure donc la déformation de la graisse sous le poids du cône. Dans les graisses
molles, le cône s'enfonce davantage que dans les graisses dures.

4.4.6. Classification des viscosités et du comportement à l'écoulement

Il y a différents systèmes de classification

¾ ISO-VG Pour les huiles industrielles


¾ SAE Pour les huiles moteurs et les huiles transmissions
¾ NLGI Pour les graisses

i) La classification ISO VG
Cette classification englobe toutes les huiles industrielles. Il y a 18 classes de viscosité allant de 2 mm²/s à
1500 mm²/s. Ces viscosités sont mesurées à la température de 40°C.

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2
Classe de viscosité Viscosité moyenne à 40°c en Limite de viscosité à 40°c en (mm /s)
ISO mm²/s minimum maximum
ISO VG xx

2 2.2 1.96 2.42


3 3.2 2.88 3.52
5 4.6 4.14 5.06
7 6.8 6.12 7.48
10 10 9.00 11.0
15 15 13.5 16.5
22 22 19.8 24.2
32 32 28.8 35.2
46 46 41.4 50.6
68 68 61.2 74.8
100 100 90.0 110
150 150 135 165
220 220 198 242
320 320 288 352
460 460 414 506
680 680 612 748
1000 1000 900 1100
1500 1500 1350 1650

Tableau 4.2 Classes de viscosités ISO selon la norme DIN 51519

ii) La classification SAE


Les viscosités des huiles moteurs et des huiles boites et ponts sont classées dans la classification SAE (SAE:
Society of Automotive Engineers). Les classes pour les huiles moteurs y vont de 0 à 60; pour les basses
températures existent des classes supplémentaires comportant le sigle « W » (Winter).
Classes de Viscosité dynamique Viscosité cinématique à 100°c (DIN 51550)
viscosités SAE (DIN 51377) en [Cst] (2)
en [cP] (1) à °c
Min. Max.

0W 3250 / -30°C 3.8 -


5W 3500 / -25°C 3.8 -
10W 3500 / -20°C 4.1 -
15W 3500 / -15°C 5.6 -
20W 4500 / -10°C 5.6 -
25W 6000 / -5°C 9.3 -
20 - 5.6 9.3
30 - 9.3 12.5
40 - 12.5 16.3
50 - 16.3 21.9
60 - 21.9 26.1
(1) (2) 2
1 cP = 1 mPa·s 1 cSt = 1 mm /s

Tableau 4.3 Classes de viscosités SAE pour les huiles moteurs

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

Les huiles qui satisfont des exigences à la fois à hautes températures et à basses températures sont appelées
Multigrades par exemple 10W-40 ou 5W-50.
Classes de viscosités Température maximale Viscosité cinématique à 100°c (DIN 51550)
SAE pour atteindre en [Cst] (2)
la viscosité de
150 000 cP(1)
[°c] Min. Max.

70W -55 4.1 -


75W -40 4.1 -
80W -28 7.0 -
85W -12 11.0 -
80 - 7.0 < 11.0
85 - 11.0 < 13.5
90 - 13.5 < 18.5
110 - 18.5 < 24.0
140 - 24.0 < 32.5
190 - 32.5 < 41.0
250 - 41.0 -
(1) (2) 2
1 cP = 1 mPa·s 1 cSt = 1 mm /s

Tableau 4.4 Classes de viscosités SAE pour les huiles boites et ponts

iii) La classification NLGI


La classification NLGI (National Lubricating Greases Institut) définit la consistance des graisses (Tableau 4.5).
Les graisses les plus molles (classes 0 à 000) sont appelées graisses « fluides ». Elles sont molles et
facilement distribuables dans des graissages centralisés. La plus grande partie des autres applications de
graisses utilisent des graisses de grades 1, 2 ou 3. Les graisses de grades 4 ou 5 sont très dures et utilisées
par exemple dans des pompes à eau. Les graisses de grade NLGI 6 ne correspondent plus à aucune
application.
Consistance Classe-NLGI d'après DIN Pénétration
51818 d'après DIN ISO 2137 Unité*

000 445 à 475

00 400 à 430

0 355 à 385

1 310 à 340

2 265 à 295

3 220 à 250

4 175 à 205

5 130 à 160

6 85 à 115

* 1 Unité correspond à une pénétration de 0,1mm (voir paragraphe 4.4.5)

Tableau 4.5 Classification des graisses selon leur consistance dans le système NLGI

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V. Types de lubrifiants et applications

5.1. Lubrifiants Industriels


5.1.1. Huiles engrenages
Il faut tout d'abord faire la différence entre les engrenages nus et ceux sous carters. Les carters (ou boites)
d'engrenages (qu'ils soient réducteurs, multiplicateurs et renvois d'angles) peuvent contenir différents types
d'engrenages qui peuvent être lubrifiés par circulation (pompe) ou par bain d'huile (dit aussi splash). On y
utilise en général des huiles engrenages, mais parfois aussi des graisses. Les engrenages nus, eux sont en
général à denture droite (ou parfois à chevrons) et lubrifiés par graissage perdu (ou par circulation et injection
d'huile entre les dentures)

Illustration 5.1 Bielle accouplée à un engrenage

Les principales fonctions d'une huile engrenage sont:


¾ Diminuer l'usure des dentures
¾ Réduire le frottement
¾ Refroidir
¾ Éviter la corrosion pendant les arrêts de travail

Pour y arriver il est nécessaire de former un film d'huile entre les profils des dentures. Des lubrifiants sont
spécifiquement formulés dans ce but: des huiles et des graisses pour engrenages sous carters ou nus. Ils
peuvent être additivés ou pas.
Comme bases, ils peuvent utiliser des huiles minérales ou synthétiques.

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

Les additifs dépendent des conditions de service, mais en général on trouve:


¾ Extrême Pression (EP) et anti-usure (AW)
¾ Modificateurs de friction
¾ Antioxydants
¾ Anticorrosion
¾ Anti-mousse

Les graisses fluides sont aussi utilisées dans l'industrie pour des réducteurs et des moto-réducteurs. Les
engrenages nus ont leurs propres lubrifiants aux propriétés d'adhésion améliorées (additifs dits tackifiants). La
classification DIN 51517 distingue 3 types d'huiles pour engrenages:

¾ Classe C
Huiles minérales non additivées pour contraintes, charges et durées de vies peu élevés.
¾ Classe CL
Huiles contenant des additifs anti-oxydants et anti-corrosion et présentant donc une plus longue durée de
vie
¾ Classe CLP
Comme classe CL, mais additifs extrême-pression/anti-usure pour la protection des dentures.

5.1.2. Huiles hydrauliques


Les systèmes hydrauliques servent à transmettre des forces par l'intermédiaire d'une pression d'huile. Une
pompe (pompe hydraulique) met l'huile sous pression. Le circuit hydraulique (conduites, flexibles) et les
organes de commande (par exemple les valves) amènent l'huile au(x) vérin(s) qui exécute(nt) alors la fonction
demandée.

Illustration 5.2 Bras de pelle avec son vérin et une partie du circuit hydraulique (conduite, flexible)

D'un point de vue tribologique, les composants les plus sensibles dans un circuit hydraulique sont les pompes
hydrauliques.
Les principales fonctions d'une huile hydraulique sont :
¾ Graisser toutes les pièces mobiles
¾ Protéger de la corrosion toutes les surfaces métalliques
¾ Refroidir
¾ Assurer efficacement la transmission de la puissance fournie
¾ Évacuer es impuretés

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

Pour y arriver il faut que l'huile hydraulique ait les propriétés suivantes:
¾ Viscosité optimale sur une large plage de température
¾ Bonne désaération
¾ Compatibilité avec les constituants des joints
¾ Résistance au vieillissement
¾ Propriétés anti-usure
¾ Bonne filtrabilité

Pour y arriver et garantir les propriétés recherchées, la formulation des huiles hydrauliques fait appel à des
huiles de base minérales ou synthétiques et à des additifs appropriés. Dans les cas des huiles hydrauliques
compatibles avec l'environnement, ce seront des huiles de base rapidement biodégradables qui seront
choisies.
Les additifs suivants seront ajoutés aux huiles de base:
¾ Améliorateur de point de congélation (Pour Point)
¾ Améliorateur d'index de viscosité
¾ Anti-usure et Extrême Pression
¾ Inhibiteur d'oxydation
¾ Inhibiteur de corrosion

La classification des huiles hydrauliques est donnée par la norme DIN 51524. Selon leurs performances, on y
distingue les types suivants:
¾ Huiles hydrauliques H
Huile minérale non additivée (n'est plus à ce jour plus normalisée)
¾ Huiles hydrauliques HL
Comme H + additifs anti-corrosion et anti- oxydation (DIN 51524 , Part 1)
¾ Huiles hydrauliques HLP
Comme HL + additifs anti-usure (DIN 51524 , Part 2)
¾ Huiles hydrauliques HVLP
Comme HLP + Index de viscosité amélioré (DIN 51524 , Part 3)
¾ Huiles hydrauliques HLPD
Comme HLP + Détergence (non normalisée)

Les huiles « bios » (rapidement biodégradables) sont, elles, classifiées selon DIN 15380.
Les viscosités des huiles hydrauliques répondent aux classifications ISO VG (voir tableau 4.2).

5.2. Lubrifiants automobiles


5.2.1. Huiles moteurs
Les huiles moteurs doivent, elles aussi remplir les conditions du paragraphe 2.2.3 sur les rôles principaux et
annexes de la lubrification. Cependant, dans cette application, le besoin de « protéger des impuretés solides
et liquides » prend une signification particulière. Ces taches doivent être remplies aussi efficacement que ce
soit aux basses températures (en hiver), ou aux hautes (en été). Il s'y rajoute que le niveau de performance
des moteurs s'est très fortement accru dans les dernières décennies sans pour autant que les volumes
d'huiles aient augmenté dans des proportions similaires. Les sollicitations des huiles moteurs se sont donc très
sensiblement élevées.

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

Les huiles moteurs ont à:


¾ Réduire usure et frottements
¾ Éliminer les échauffements issus de la friction
¾ Combattre la corrosion
¾ Transporter les impuretés au filtre
¾ Neutraliser les polluants liquides

Pour y arriver elles doivent avoir:


¾ Des caractéristiques anti-usure et extrême pression
¾ Pouvoir Détergent/Dispersant
¾ Pouvoir de neutralisation (des résidus de combustion)
¾ Une viscosité optimale aux hautes et basses températures
¾ Stabilité à l'oxydation

Du fait des conditions de service extrêmes de leur environnement de fonction, les huiles moteurs font partie
des lubrifiants qui contiennent le pourcentage d'additifs le plus élevé. Il peut être de 10 à 20 %. Le niveau des
conditions de travail peut conduire à l'usage d'huiles de base synthétiques si les caractéristiques des huiles
minérales s'avèrent insuffisantes.

Les performances minimales des huiles moteurs sont définies dans la classification API (Américan Petroleum
Institute). Il y a dans cette classification deux rubriques l'une pour moteurs à essence désignée par la lettre S
(S comme Service ou Spark Ignition), l'autre pour moteurs diésel désignée par la lettre C (C comme
Commercial ou Compression Ignition). Une autre lettre complète la classification, elle désigne le niveau de
performance. Plus elle est élevée dans l'alphabet, plus les exigences des tests auxquels a été soumise l'huile
sont élevées.
Pour la formulation des huiles moteur, on utilise les huiles de base suivantes:
¾ Huiles minérales
¾ Huiles Hydrocracquées
¾ Polyalphaoléfine
¾ Esters

A ces huiles de base on ajoute les additifs suivants:

¾ Détergent Dispersant
¾ Inhibiteurs d'oxydation
¾ Protection corrosion
¾ Anti-usure et Extrême Pression
¾ Pour Point Dépresseur (Baisse du point de congélation)
¾ Améliorateur d'index de viscosité
¾ Anti-mousse

La classification des huiles moteur suit des spécifications générales, militaires ou celles demandées par les
constructeurs.

- 48 -
Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

Les spécifications générales émanent de sources neutres: USA, Japonaises, Européennes...En Europe ce
sont les spécifications ACEA qui ont cours. Elles différencient les huiles selon les groupes suivants:
¾ Classe A/B
Huiles pour voitures particulières essence ou diésel
¾ Classe-C
Huiles pour véhicules équipés de catalyseurs
¾ Classe-E
Huiles pour Utilitaires à moteur diésel

Les viscosités des huiles moteurs sont classées dans le système SAE de 0W à 60 (voir tableau 4.3)

5.2.2. Huiles Moteurs 2-Temps (Essence)


Dans le cas des huiles pour moteurs 2 Temps, aux fonctions classiques des huiles moteurs, il faut ajouter la
miscibilité de l'huile avec l'essence, en revanche, le besoin de détergent/dispersant disparait. Comme il s'agit
de graissage perdu, la résistance à l'oxydation devient aussi un facteur moins critique.
Les huiles de base choisies sont le plus souvent des huiles minérales. Il n'y a que dans des cas exceptionnels
que l'on recourt à des huiles synthétiques. Pour moteur Hors Bord 2 Temps, on peut aussi utiliser des bases
rapidement biodégradables. L'additivation se compose essentiellement d'inhibiteurs de corrosion. En général,
les huiles 2 Temps sont en classe SAE 30 ou SAE 40. Pour désigner le niveau de performances requis, le plus
courant est de se baser sur les spécifications du constructeur.

5.2.3. Huiles transmissions


Les véhicules sont équipés, en plus d'un moteur, de transmissions Mécaniques, Automatiques, Différentiel et
Pont. Pour assurer un service irréprochable de ces organes pendant toute leur vie, il faut une huile adaptée
pour chacun d'eux. C'est pourquoi aujourd'hui les huiles de transmissions de véhicules sont considérées
comme partie intégrante du développement de ces organes.
Ces lubrifiants de transmissions sont soumis, en règle générale, à des contraintes très supérieures à celles de
l'industrie. Cela impose d'augmenter les additivations par rapport à celles des huiles engrenages industrielles.
Une des particularités des transmissions automobiles tient à la présence des bagues de synchros; leur
fonction ne doit pas être influencée par des additifs réducteurs de friction.
Dans les taches principales des huiles de transmissions automobiles il y a :
¾ Protéger de l'usure les dentures
¾ Protéger de la corrosion
¾ Refroidir
¾ Ne pas porter préjudice au bon fonctionnement des synchros.

Pour y arriver, les huiles de transmissions automobiles doivent veiller à:

¾ Protection contre l'usure


¾ Protection contre la corrosion
¾ Compatibilité avec les matériaux constitutifs des joints
¾ Résistance au vieillissement
¾ Viscosité optimale à basses et hautes températures
¾ Moussage limité

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

Comme huiles de base pour les transmissions d'automobiles, nous trouverons des huiles minérales, très
raffinées. Par contre, dès que les conditions de service deviennent sévères (ce qui arrive de plus en plus
souvent), et/ou pour arriver à un graissage à vie, on fera appel aux bases Hydrocracquées ou aux bases de
synthèse.
Les additifs seront:
¾ Anti-usure
¾ Inhibiteurs d'oxydation
¾ Inhibiteurs de corrosion
¾ Pour Point Depresseur
¾ Améliorateur d'index de viscosité
¾ Anti-mousse

La classification des huiles transmission automobile suit des spécifications générales, comme API (American
Petroleum Institute), ou militaires. Les spécifications propres des constructeurs prennent par contre de plus en
plus d'importance et même parfois celles d'utilisateurs spécifiques et importants (Chemins de fer par exemple).
Les viscosités suivent la norme SAE qui va de 70W à 250W (voir tableau 4.4). Les huiles de transmissions
automobiles peuvent être monogrades ou multigrades. Si elles sont monogrades (par exemple SAE 75 ou
SAE 140), elles ne peuvent satisfaire les recommandations de viscosité qu'à basses ou hautes températures.
Par contre, les huiles multigrades comme 75W-90 ou 90 W-140 satisfont les recommandations à hautes et
basses températures.

5.3. Huiles et fluides de travail des métaux


5.3.1. La coupe
La coupe est le travail qui consiste à fabriquer une pièce en enlevant du matériau à une ébauche. Les liquides
utilisés sont appelés fluides de coupe et ont une double fonction de lubrification, mais aussi de
refroidissement. C'est pourquoi on utilise souvent des huiles dites « solubles » qui sont utilisées mélangées
à l'eau pour accroitre le refroidissement. C'est aussi pourquoi on les appelle en allemand Kuehl (froid) Schmier
(lubrifiant) Stoffen.

Les principales opérations de coupe sont:


¾ Tournage
¾ Perçage
¾ Fraisage
¾ Rabotage
¾ Filetage
¾ Rectification
¾ Rodage et super finition

L'huile de coupe doit accélérer la vitesse de travail et donc aider à rentabiliser les opérations.

La vitesse de travail dépend de plusieurs facteurs:


¾ Machinabilité du matériau travaillé
¾ Géométrie et composition de l'outil
¾ Alimentation et qualité du lubrifiant

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

Tournage Perçage

Fraisage Rectification

Illustration 5.3 Quelques techniques de coupe parmi les plus importantes


Le lubrifiant a donc dans ce cas les fonctions suivantes:
¾ Diminuer la consommation énergétique par réduction de l'effort de coupe (friction)
¾ Améliorer l'état de surface et la tenue des cotes.
¾ Augmenter la durée de vie des outils (importance de la friction et de l'usure)
¾ Éliminer les copeaux
¾ Protéger les pièces de la corrosion
¾ Diminuer la température des outils qui influe sur la durée de vie et sur les cotes des pièces)

5.3.2. Formage
On appelle formage la déformation d'une ébauche par une modification plastique. Cette déformation peut se
faire à chaud ou à froid (frappe à froid par exemple). On distingue en plus les formages de tôles ou
d'ébauches.

Illustration 5.4 Estampage ou frappe à chaud

- 51 -
Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

Les principales techniques de formage sont:


¾ Forgeage
¾ Laminage, découpage
¾ Emboutissage profond
¾ Dégrossissage
¾ Filage
¾ Étirage de fils, Tuyaux et Barres
¾ Roulage de filets

Illustration 5.5 Représentation schématique du formage profond.


Le formage profond sert surtout à la fabrication de cannettes et de tubes.

Dans le formage les lubrifiants servent à :

¾ Limiter friction et usure entre outil et pièce


¾ Protéger la pièce de la corrosion
¾ Diminuer les efforts (économies d'énergie)
¾ Améliorer la forme finale

On y ajoute en plus des propriétés importantes pour les opérations qui suivent le formage :

¾ Dégraissage facile
¾ Compatibilité avec les peintures
¾ Possibilité de collage

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Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

Illustration 5.6 Représentation schématique d'une presse à fil

5.3.3. Types d'huiles de coupe

Les huiles de coupe se divisent en deux groupes:


¾ Solubles
¾ Entières

Illustration 5.7 Huile de coupe en service sur un tour automatique

i) Huiles de coupe solubles


Elles sont mélangées avec de l'eau avant leur mise en service. La concentration du mélange dépend de la
difficulté du travail à effectuer: plus la concentration en eau sera élevée meilleur sera le refroidissement, plus
la concentration en huile sera élevée meilleure sera la lubrification. .
Comme l'eau et l'huile ne sont pas miscibles, un émulgateur est utilisé, pour obtenir une émulsion stable.
L'émulgateur (tensioactif) est une molécule polaire qui possède une extrémité « oléophile » et une
« hydrophile ». Les molécules d' émulgateur aident ainsi à la formation de gouttelettes d'un liquide dans
l'autre. Selon le liquide qui est à l'extérieur de la gouttelette, on est amené à parler d'émulsion d'eau dans
l'huile ou d'huile dans l'eau.

- 53 -
Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

¾ Émulsion d'huile dans l'eau: Pour les applications de coupe


¾ Émulsions d'eau dans l'huile: Pour les opérations de Formage

L'aspect des huiles solubles est différent selon les cas:


¾ Laiteux: ce sont les émulsions classiques avec une forte teneur en huile minérale.
¾ Opalescentes: semi-synthétiques à teneur faible en huile minérale.
¾ Transparent: Solutions (ne contiennent pas d'huile minérale).

hydrophil oliophil resp. hydrophob

Wasser

Öl

Illustration 5.8 Haut: Représentation d'une molécule de tensioactif Bas:


Gouttelette d'huile dans une émulsion d'huile dans l'eau en présence des tensioactifs.

ii) Huiles de coupe entières


Les huiles de coupe entières sont composées essentiellement d'huiles de base et d'additifs extrême-pression.
L'illustration 5.9 montre la fabrication de ce type de produits. .

Il faut remarquer que les additifs utilisés contiennent parfois du soufre actif et que dans ce cas les huiles
seront impropres au travail des métaux cuivreux.
Il existe aussi dans l'usage des huiles entières des applications par micro pulvérisation pour diminuer les
consommations. Ces applications existent en formage ou en découpage de tôles.

- 54 -
Les lubrifiants et leurs applications Niveau I: Notions de base BFF/VSS-Lubes

Illustration 5.9 Représentation schématique de la fabrication d'une huile de coupe entière

5.4. Autres lubrifiants


Il y a beaucoup d’autres types de lubrifiants:
¾ Huiles de mouvements
¾ Huiles turbines
¾ Huiles compresseurs
¾ Huiles de compresseurs frigorifiques
¾ Huiles de câbles
¾ Huiles de chaines de tronçonneuses
¾ Etc.

Leur développement à partir d'huiles de bases et d'additifs se fait par analyse des besoins spécifiques de
chaque application.
Les huiles de chaines de tronçonneuses sont une particularité: en Europe, en effet, on utilise généralement
dans cette application des huiles en provenance de sources renouvelables, par exemple des huiles de Colza.

Verband der Schweizerischen Schmierstoffindustrie


Association de l’industrie suisse des lubrifiants
Associazione dell’industria svizzera dei lubrificanti
Swiss Association of Lubricants Industry

Zentralstrasse 37, CH-8003 Zürich


Tel.+41 (044) 213 13 30 ● Fax +41 (044) 213 13 33
www.vss-lubes.ch ● info@vss-lubes.ch

- 55 -
Glossaire des Illustrations

Illustration 1.1 Un système tribologique adapté d'après Czichos


Beanspruchungen= Force , contrainte
Grundkoeper= Pièce
Gegenkoerper= Contre pièce
Zwischenstoff= Interface
Umgebungsmedium= Milieu ambiant
Kontakpunkt= Point de contact
Oberflaechenveraenderungen= Modifications de surface
Verschleisserscheinungsform= Apparition d'un profil d'usure
Materialverlust= Perte de matière
Verschleissmessgroesse= Mesure de l'usure

Equation 3
Auflagekraft= Force d'appui
Eindringhaerte= Dureté

Illustration 1.9 Représentation schématique des variations


Reale Kontaktflaeche= Surface de contact effective

Illustration 1.10 Représentation schématique des variations....


Reale Kontaktflaeche= Surface de contact effective
Weich= Mou
Hart= Dur

Illustration 1.14 Représentation schématique des comportements des pièces dans le cas de

frottement sec
Ohne Oberflaechnschicht= Sans couche superficielle
Mit Oberflaechnschicht= Avec couche superficielle

Illustration 1.15 Description schématique du comportement en régime mixte


Oberflaechenschichtreibung= Frottement de surface
Schmierstoff= Lubrifiant
Oberflaechenreaktionschicht= Couche superficielle de réaction

- 56 -
Illustration 1.16 Représentation schématique du comportement en régime hydrodynamique
Unter druck
stehender schmierstoff= Lubrifiant sous pression
Fluessig= Liquide
Gasformig= Gazeux
Pastues= Pâteux
Ueberflaechenaktionschicht= Couche superficielle de réaction

llustration 2.1 Représentation schématique de l'apparition des carburants fossile


Ozean= Océan
Kontinent= Continent
Sonnenenergie= Énergie solaire
Sedemente= Sédiments
Schlamm= Boues
Oelschiefer= Schistes huileux
Moor= Marais
Seen= Étangs
Versenkung= Enfoncement

Illustration 2.4 Schéma du traitement du brut en raffinage


Rohoel-lager= Dépôt, stockage
Feuerung= Chauffage
Rohoeldistillation= Distillation du brut
Rueckstand= Résidu
Gas= Gaz
Benzin= Essence
Naphta= Naphta
Petroleum= Essences
Gasoel= Gasoil ou Gazole
Vakuumgasoel= Gasoil léger sous vide
Vakuumdistillation= Distillation sous vide
Hydrocracken= Hydrocrackage
Gasanlage= Traitement des gaz
Verkokung= Cokéfaction
Loesungsmittelentnahme= Extraction au solvant
Hydrotreating= Hydrotraitement
Reforming= Réformage ou reforming
Alkylierung= Alkylation
Katalytischcracken= Cracking (ou crackage) catalytique

- 57 -
Vermischung= Mélange
Koks= Cokes
Asphalt= Asphalte
Wachs= Cire, paraffine
Schmieroel= Lubrifiant
Fett= Graisse
Petroleum= Essence
Flugpetrol= Kérosène ou carburant aviation
Dieseloel= Gasoil ou gazole
Heizoel= Fuel ou Fioul
Petrochemie= Pétrochimie
Benzin= Essence
Erdgas= Gaz naturel

Illustration 2.5 Points de fusion et d'ébullition de quelques paraffines


Siedepunkt= Point d'ébullition
Schmelzpunkt= Point de fusion
Fluessig= Liquide
Gasfoermig= Gazeux
Fest= Solide

lllustration 3.1 Un moteur 4 temps


Ventilstoessel= Culbuteur
Ventilfeder= Ressort de soupape
Einlassventil= Soupape d'admission
Zuendkerze= Bougie (d'allumage)
Kuhlwater= Liquide de refroidissement
Zylinder= Cylindre
Nockenwelle= Arbre à cames
Auslassventil= Soupape d'échappement
Zylinderkopf= Culasse
Kolbenring= Segment
Kolben= Bielle

- 58 -
Illustration 3.3 Fonctionnement d'un améliorateur d'index
Niedrig= Bas
Hoch= Haut
Temperatur= Température
Eindickende Wirkung= Augmentation de volume
Polymerform= Forme du polymère

llustration 5.6 Représentation schématique d'une presse à fil


Stempel= Poinçon
Aufnehmer= Récepteur
Block= Bloc
Matrize= Filière
Druckplate= Pièce d'appui
Fuehrungswerkzeug= Guide
Strang= Fil

Illustration 5.9 Représentation schématique de la fabrication d'une huile de coupe entière


Mineraloel= huile minérale
Fettoele= Corps gras
Geschwefelte Fettoele= Corps gras soufrés
Geschwefelte Mineraloele= Huile avec Soufre actif
Schwefel-Phosphorverbindungen= Additif Sulfophosphoré
Phosphorverbindungen= Phosphore actif
Chlorverbindungen= Chlore actif
Zusaetze zur verbesserung= Additifs pour l'amélioration des propriétés
Korrosionschutzes= Protection anti corrosion
Nebeleigenschaften= Propriétés anti brouillard
Schaumverhalten= Tendance au moussage
Benetzungseigenschaften= Mouillante
Geruchs= Odeur
Spuelwirkung= Enlèvement des copeaux, Rinçage, pouvoir nettoyant
Oxidationsstabilitaet= Stabilité à l'oxydation

- 59 -
Appendice 1

Résumé des principales normes DIN pour huiles et graisses

- 60 -
Norme DIN Titre Description

DIN 31655-1 Paliers lisses La norme est valable pour les paliers lisses radiaux à
l'équilibre hydrostatique. Le fonctionnement est dit
Paliers lisses à l'équilibre hydrostatique. Calcul de hydrostatique quand le palier est supporté par une
paliers lisses lubrifiés à l'huile (sans rainures ni pattes pression d'huile fournie par une source extérieure.
d'oie).

DIN 31692-1 Paliers lisses Ce document contient des indications pour le graissage
Partie 1 Graissage et surveillance du graissage des paliers lisses lubrifiés à l'huile.

DIN 51347-2 Essais des lubrifiants La machine d'essai Brugger est utilisée pour tester les
Essais en régime mixte de friction: machine d'essai lubrifiants travaillants en régime mixte de lubrification. Le
Brugger. résultat donne une image du comportement du lubrifiant
dans les systèmes dans lesquels il y a frottement mixte
Partie 2 : Application aux huiles de graissage
de pièces acier/acier. La bague tournante présentera, en
fin d'essai, selon les caractéristiques du lubrifiant une
surface d'usure variable causée par le cylindre fixe. Cette
surface permet de calculer la charge acceptable sur le
lubrifiant.

DIN 51350-2 Essais des lubrifiants Le 4 billes Shell (aussi appelé VKA pour Vier Kugel
Essai 4 Billes Shell. Apparat) est l'un des appareils d'essai normalisés dans
Détermination de la pression de soudure pour un DIN 51 350 Partie 1. Il permet de déterminer les
lubrifiant. pressions de soudure et de travail (DIN 51350 Partie 2 et
3). Il permet aussi (DIN 51350 part 4 et 5) de déterminer
les valeurs typiques d'usure et de friction des lubrifiants.
Le test standard se compose d'une bille de roulement à
billes; elle est mise en rotation et comprimée avec une
presse au contact de 3 billes identiques fixes.

DIN 51350-6 Essais des lubrifiants A la différence de la chute de viscosité temporaire créée
Essai 4 Billes Shell. par les charges de courte durée, le procédé permet
d'appliquer longtemps un fort taux de cisaillement; il en
Partie 6 Détermination de la tendance au cisaillement
résulte une chute de viscosité permanente. La stabilité au
de lubrifiants contenant des polymères.
cisaillement (d'une huile moteur par exemple) est sa
résistance à la chute due au cassage mécanique des
polymères à longues chaines. Ces polymères sont ceux
utilisés comme additifs améliorateurs d'index (de VI) dans
les huiles multigrades (qui couvrent plusieurs classes de
viscosité selon la température).

DIN 51352-1 Essais des lubrifiants Les huiles moteurs supportent des contraintes
Détermination du comportement au vieillissement innombrables liées à la combustion. Elles introduisent
des lubrifiants. des changements chimiques dans l'huile en service. Elles
Résidus de cokéfaction Conradson. sont responsables de la formation de produits de
vieillissement et d'altération qui peuvent être liquides
(molécules de faibles longueurs) ou solides (poids
moléculaires élevés).

- 61 -
DIN 51352-2 Essais des lubrifiants La formation de résidus de cokéfaction à haute
Détermination du comportement au vieillissement température peut se simuler en laboratoire (Procédé
des lubrifiants. Conradson). Le résidu est constitué de produits
Résidus de cokéfaction Conradson: vieillissement organiques et inorganiques. Le résultat mesuré
d'huile en présence d'oxyde de fer et avec circulation représente la tendance à la cokéfaction des résidus aux
d'air. buses d'injection et dans les chambres de combustion.

DIN 51365 Essais des lubrifiants Le niveau d'encrassement des huiles moteurs usagées
Détermination du niveau d'encrassement des huiles est suivi par centrifugation. On sépare de l'huile
moteurs usagées par centrifugation. préalablement diluée au solvant les suies (adsorbées sur
certains composants), les débris métalliques et les
composés asphaltiques. La séparation se fait par
centrifugation. Le niveau total des insolubles permet de
déduire les risques en cas de poursuite de l'usage (sans
vidange) du lubrifiant. Il permet aussi de juger le
comportement en service d'un moteur.

DIN 51377 ssais des lubrifiants Le but de cette norme est de classer les huiles moteurs
Détermination de la viscosité apparente des huiles dans le système SAE en fonction de leur viscosité
moteurs à basses températures entre -5°c et -35°c apparente. Cela renseigne sur le comportement de l'huile
avec le « Cold Cranking Simulator ». dans le carter moteur lors des démarrages à froid.

DIN 51378 Essai des huiles minérales Les composés carbonés sont constitués
Répartition des différents hydrocarbures dans les (essentiellement) de molécules d'hydrogène et de
composés carbonés carbone. Selon leur arrangement et leurs liaisons ils se
répartissent en: Paraffiniques (Alcanes), Naphtèniques
(Cycloalcanes), Aromatiques, Oléfines et autres
hydrocarbures complexes ...

DIN 51380 Essais des lubrifiants Ce procédé utilise la chromatographie en phase gazeuse
Détermination de la teneur en composants légers pour déterminer la teneur en molécules légères
(carburant) dans les huiles moteurs usagées. (exprimée en % de masse) dans les huiles en service
(sur moteur essence ou diesel). Une chute de viscosité
Procédé par chromatographie en phase gazeuse.
de l'huile fait chuter parallèlement les qualités lubrifiantes
ce qui entraine la hausse du niveau d'usure du moteur.

DIN 51391-1 Essais des lubrifiants La spectroscopie atomique (AES pour Atom Émission
Détermination des additifs Spectroscopie) excite les atomes jusqu'à émission d'un
rayonnement caractéristique du composant. Cette
Partie 1 Lecture directe au spectrographe atomique
méthode est utile lors des analyses élémentaires
complexes en particulier de métaux.

DIN 51391-2 Essais des lubrifiants L'analyse par spectrophotomètre X (Rœntgen) rend
Détermination du niveau et de la teneur en additifs possible la détermination de la présence des éléments et
de leur concentration dans l'échantillon (ceci à partir de
Partie 2 Analyse par spectro fluorescence X
l'élément Z=9 (Fluor)). C'est certainement l'une des
(Rœntgen) d'absorption
méthodes les plus largement utilisées pour la
détermination qualitative et quantitative de présence d'un
composant car elle n'est pas destructive. En particulier on
trouve son application dans le travail des métaux, les
analyses de verre, céramiques, matériaux de
construction, mais aussi des analyses de lubrifiants ou
d'huiles minérales. La finesse de détection atteint le
Microgramme par gramme.

DIN 51391-3 Essais des lubrifiants Comme en spectrométrie d'absorption et en fluorescence


Détermination de la teneur en additifs X, l'ICP (Inductive Coupled Plasma) OES permet la
détermination qualitative et quantitative des éléments
Partie 3 : Détermination directe des teneurs en Ca,

- 62 -
Mg, Zn, et Ba par ICP OES (spectrométrie optique présents. On lit ainsi les concentrations en additifs à base
d'émission). de Ca, Mg, Zn et Ba.

DIN 51394 Essais des lubrifiants Cette norme est applicable aux huiles minérales très
Essai des propriétés de résistance à l'oxydation et de raffinées, additivées et de faible viscosité. Son but est de
protection corrosion pour les huiles de faibles déterminer leur capacité à protéger différents métaux de
viscosités. l'oxydation et de la corrosion.

DIN 51396-1 Essais des lubrifiants L'ICP (Inducted Coupled Plama ou Trche à Plasma)
Détermination des particules d'usure. mesure, les particules métalliques engendrées par l'usure
(jusqu'à une certaine taille) de la même façon que les
Partie 1 Détermination directe par ICP OES
composants des additifs.
(spectromètre optique d'émission).

DIN 51398 Essais des lubrifiants Le rhéomètre (viscosimètre) Brookfield permet de


Détermination de la viscosité apparente des huiles mesurer des viscosités (consistances) dans le cas de
engrenages à basses températures au Viscosimètre matériaux qui échappent aux mesures standards. C'est
Brookfield (mesures difficiles avec les viscosimètres notamment le cas des pâtes, crèmes, gélatines ou cires;
classiques) . avec ces types de produits, le rotor des viscosimètres
Brookfield donne un résultat reproductible là où les
formes classiques tournent à vide.

DIN 51400-3 Essai de carburants et d'huiles minérales. La substance à analyser imbibe un morceau de papier
Détermination de la teneur en Soufre filtre sans cendres. Elle sera consumée dans un flacon
d'Erlenmeyer rempli d'oxygène. Les produits de
Partie 3 Calcination de Schoeniger
combustion seront absorbés et titrés selon la méthode
Thorin.

DIN 51433 Contrôle des huiles usées Il s'agit ici d'une spectroscopie IR. Les spectres
Détermination de la teneur en huile minérale d'une d'absorption des liaisons dans des solides, des liquides
huile usée. Procédé par spectrométrie Infrarouge ou gaz organiques sont mesurées dans les secteurs des
Infrarouges proches, moyens et lointains(NIR,MIR,FIR).
On obtient ainsi l'analyse qualitative, quantitative et les
constituants de l'huile.

DIN 51509-1 Choix de lubrifiants pour Engrenages La norme guide dans le choix des lubrifiants pour les
Huiles engrenages (roue dentée ou roue et vis) avec ou sans
anti-usure.

IN 51517-1 Lubrifiants, Huiles de graissage La norme indique les caractéristiques minimales de ces
Partie 1 Performances minimales des huiles de type huiles : Viscosité, Densité, Point Éclair...etc
C

DIN 51517-2 Lubrifiants, Huiles lubrifiantes La norme indique les caractéristiques minimales des
Partie 2 Performances minimales des huiles de type huiles engrenages avec protection anti-corrosion et anti-
CL oxydants.

DIN 51517-3 Lubrifiants, Huiles lubrifiantes La norme indique les caractéristiques minimales des
Partie 3 Performances minimales des huiles de type huiles engrenages qui présentent en plus des CL anti-
CLP usure et extreme pression (actifs surtout en cas de
lubrification mixte ou limite).
Ces huiles permettent aussi l'augmentation de la charge
tolérée.

DIN 51551-1 Détermination des résidus de cokéfaction Le résidu de cokéfaction donne la quantité de résidu qui
Partie 1 Procédé Conradson apparaît après la carbonisation de 10 grammes de l'huile
testée dans les conditions et dans l'appareillage
Attention: version 21 01 2008 Prévue en
spécifique de Conradson. La formation de résidus d'huile
remplacement de DIN 51551 1(de 04 1993)
carbonisée ou de cokes apparait quand l'huile minérale

- 63 -
est soumise à un choc thermique trop important, ou
quand la combustion est incomplète car réalisée dans
une ambiance pauvre en oxygène.

DIN 51563 Essai d'huiles minérales et de produits assimilés La pente a pour but, connaissant une valeur de permettre
Détermination de la variation Viscosité/Température, le calcul direct de la viscosité cinématique à une autre
Pente m. température.

DIN 51574 Essai de lubrifiants Prise d'un échantillon représentatif en vue de déterminer
Prise d'échantillon d'huile dans un moteur à la condition de l'huile et (si possible) celle du moteur.
combustion.

DIN 51581-1 Essai des performances d'huiles minérales Par ce procédé d'évaporation on mesure la perte de
Détermination de la perte par évaporation poids sous vide de 2 m bars en 1 Heure à 250 Degrés

Partie 1 Procédé Noack

DIN 51589-1 Essai de lubrifiants (et autres produits assimilés) Pouvoir de séparation à la vapeur d'eau des produits
Détermination du pouvoir de désemulsion après minéraux et synthétiques (mesure de la stabilité de
passage de vapeur. l'émulsion formée)
Essai des lubrifiants et des huiles difficilement
inflammables

DIN 51784 Essai des carburants liquides Détermination des proportions du mélange (de la fraction
Détermination de la teneur en huile des mélanges Huile et de la fraction Carburant). Il donne le volume non
deux temps par soufflage et mesure des dépôts évaporable dans les conditions de la norme.
restants.

DIN 51819-1 Essai des lubrifiants Ce banc d'essai FE8 contrôle les graisses: en particulier
Essai mécanique et dynamique sur le banc d'essai leur action sur le frottement et l'usure des paliers en
paliers roulements FE 8. fonction de la température, de la charge et de la vitesse
de rotation.
Partie 1 Conditions générales de fonction.

DIN 51819-2 Essai des lubrifiants On utilise l'essai (dans les conditions choisies de charge,
Essai mécanique et dynamique sur banc d'essai pour de vitesse de rotation et de température ) jusqu'à ce que
paliers roulements FE 8. le palier atteigne un niveau défini de frottement (lié au
manque de lubrification) ou bien à ce qu'il atteigne la
Partie 2 Procédé pour essai de graisses dans : palier,
durée de 500 Heures.
ou palier à roulements obliques ou palier roulement à
rouleaux coniques.

DIN 51819-3 Essai des lubrifiants On utilise l'essai (dans les conditions choisies de charge,
Essai mécanique et dynamique sur le banc d'essai de vitesse de rotation et de température) jusqu'à ce que
pour paliers roulements FE 8. le palier atteigne un niveau défini de frottement (lié au
manque de lubrification) ou bien à ce qu'il atteigne la
Partie 3 Procédé pour essai des huiles dans :
durée de 500 Heures.
roulement d'essai roulement à rouleaux axiaux.

DIN 51834-2 Essai des lubrifiants Les éprouvettes d'essai, sont sollicitées mécaniquement
Essais tribologiques au banc d'oscillations. dans des conditions prédéterminées de : charge,
fréquence, oscillation et température. En fin d'essai, on
Part ie 2 Détermination: usure et friction avec l'huile
mesure leur niveau d'usure.
d'essai.

DIN EN 12634 Fabrication d'huiles minérales et de lubrifiants L'indice d'acide est la valeur de la quantité totale de
Détermination de l'indice d'acide. radicaux acides contenus dans le produit testé. On le
mesure par neutralisation avec de la potasse diluée.
Titrage potentiométrique dans les milieux autres
qu'aqueux.

- 64 -
DIN EN IS0 2160 Caractéristique des huiles minérales Avec ce test on cote le niveau de corrosion atteint par
Corrosion sur cuivre. Essai sur lames de cuivre une plaquette de Cuivre sous l'action d'une huile ou d'une
IS0 2160: 1998
graisse.

DIN EN IS0 2719 Détermination du point d'éclair Le banc Pensky-Martens sert à la détermination des
Procédé Pensky-Martens en vase clos points d'éclair en vase clos (supérieurs à 49°C) pour
IS0 2719: 2002
toutes les substances moyennement et difficilement
volatiles.

DIN EN IS0 6245 Fabrication des huiles minérales C'est la quantité de dépôt imbrulés et non évaporés,
Détermination du taux de cendres laissés par le lubrifiant après oxydation à l'air libre entre
IS0 6245: 2001
750 et 800 °C.

DIN EN IS0 6743- Fabrication des lubrifiants, des huiles Cette norme décrit les huiles du type HL
4 industrielles et de produits assimilés

IS0 6743-4: 2001 Classification en Classe L

Partie 4 : Famille H Système Hydraulique

DIN EN IS0 Fabrication des huiles minérales et des produits Le fluide hydraulique à tester est mis en service dans un
20763 assimilés banc d'essai équipé d'une pompe à palettes. Les
conditions de pression et de température sont fixes.
IS0 20763:2004 Détermination du pouvoir anti-usure de fluides
En fin d'essai on mesure les pertes de poids du corps de
hydrauliques sur pompe à palettes.
pompe et des palettes.

DIN IS0 2909 Fabrication des huiles minérales Avec la viscosité à une température et l'index (ou Indice)
Calcul de l'indice de Viscosité à partir de la Viscosité de viscosité, on connait le comportement
IS0 2909:2002
cinématique Viscosité/Température d'une huile.

DIN IS0 6614 Fabrication des huiles minérales La désémulsivité est le pouvoir de séparation de l'eau
(stabilité de l'émulsion formée). C'est une des
IS0 6614: 1994 Détermination du pouvoir de désémulsivité des huiles
caractéristiques des huiles minérales et des fluides
(minérales et synthétiques) avec l'eau
synthétiques.

DIN IS0 6743-0 Fabrication de lubrifiants, d'huiles industrielles et Cette classification comporte 18 familles dont les produits
de produits assimilés sont classés selon leurs applications. Le but étant (si
IS0 6743-0: 1981
possible) de couvrir toutes les applications des lubrifiants,
Classe L; Classification; Généralités
des huiles industrielles et des produits assimilés. La
norme donne une vue d'ensemble de ce classement.

DIN IS0 13357-1 Fabrication d'huiles minérales La norme est utilisée pour la détermination de la filtrabilité
Détermination de la filtrabilité des lubrifiants des huiles hydrauliques et pour surveiller la tendance au
IS0 13357-1:
colmatage des filtres.
2002 Partie 1 Procédure en présence d'eau

DIN IS0 13357-2 Produits à base d'huiles minérales Cette caractéristique des huiles minérales hydrauliques
Détermination de la filtrabilité des lubrifiants est analysée différemment selon qu'elles sont avec ou
IS0 1 3357-2:
sans eau.
1998 Partie 2 Procédure pour l'huile « sèche ».

DIN IS0 14635- 1 Banc d'essai FZG Cette méthode d'essai est utilisée pour fixer la capacité
Partie 1: Méthode FZG N8, 3/90 Détermination des de charge limite des lubrifiants.
IS0 14635-1:
performances extrême pression des lubrifiants. Le banc d'essai FZG est formé d'un train de transmission
2000
quadrilatère dans lequel 2 arbres de torsion supportent
les engrenages d'essai. Sur l'un des arbres est appliqué
un couple tandis que des poids accrochés à un levier
permettent d'atteindre les paliers (niveaux) de charge
requis.

- 65 -
Appendice 2

Présentation: La lubrification
Glossaire de l'appendice 2

- 66 -
Exploration

Gaz

Raffinage du Pétrole Essences légères

Essences Lourdes

Kérosène
Pression atmosphérique

Gazole

Brut

Chauffage

Résidu

Gazole léger sous vide

Huile de base pour lubrifiants

Fiouls lourds
Sous vide Bitumes
Chauffage
Chimie du Pétrole

Groupe
Exemple Structure Forme
Description

Paraffine
Hydrocarbure saturé Octane
et linéaire

Iso-Paraffine IsoOctane
Hydrocarbure saturé Par exemple
et ramifié 2-Méthyl-Heptane

Oléfine (Alcène)
Hydrocarbure Insaturé 1-Octène
et linéaire

Iso-Oléfine (Alcène ramifié) Iso-Octène


Hydrocarbure insaturé Par exemple
et ramifié 3-Méthyl-1-Heptène

Naphtène
Hydrocarbure saturé Cyclohexane
et cyclique

Aromate
Hydrocarbure insaturé Benzène
et cyclique
Huile hydrocrackée
/ de Synthèse

Catalyseur

Alcane à longue chaine

Radical Hydrocarbure souhaité

Hydrogène
Radicaux
Catalyseur
intermédiaires

Huile de base de synthèse - Alcane


Le procédé Fischer-Tropsch

Charbon Bois Biomasse

Paraffine
(Par exemple: carburants ou lubrifiants)

Oléfine
(Produit intermédiaire)

Alcool
(Carburant « bio »)
Éthylène

Polymérisation
Catalyseur

1-Décène

Polymérisation
Hydrogène
Catalyseur
Viscosité

Classification SAE de la viscosité Classification SAE de la viscosité


des huiles moteurs J 300 de Mai 2004 des Huiles transmission J306 de Mai 2004

Viscosité cinématique

Viscosité dynamique
Détermination de la viscosité
cinématique
au viscosimètre Ubbelohde
Mesure du temps nécessaire
au fluide pour s'écouler du
niveau marqué
supérieur au niveau inférieur
Températures au choix
Standardisées à 40 et 100°C

Distance
d'écoulement
Capillaire
d'Ubbelohde

Classification ISO de la viscosité pour les Diagramme Viscosité/Température


huiles industrielles d'après DIN 51519
Classes Viscosité Limites de viscosité
de Moyenne à cinématique à
Viscosité
ISO
Huiles moteurs

Fonctions principales Classification ACEA


A/B Moteurs essence et diesel pour véhicules particuliers et utilitaires légers
Graissage C Moteurs essence et diesel pour véhicules particuliers et utilitaires légers
Refroidissement équipés de systèmes de traitement des gaz d'échappement: déNox et/ou
Étanchéité filtres à particules(FAP)
Propreté E Moteurs diesel pour utilitaires aux conditions de service sévères
Protection corrosion
Amortissement du bruit
Classification API
S (Comme Service) pour moteurs à essence
C (Comme Commercial) pour moteurs diesel

Exigences

Dispersivité
Détergence
Neutralisation des acides
Résistance à l'oxydation
Adhérence
Stabilité thermique
Diminution de la friction
Anti-Usure
Maintien d'une viscosité optimale aux hautes et basses températures
Baisse de la consommation de carburant
Résistance au cisaillement
Diminution des boues
Diminution des laques et dépôts
Compatibilité avec les matériaux d'étanchéité
Compatibilité avec les métaux et peintures
Pas de cokéfaction dans les chambres de combustion
Baisse des dépôts sur les soupapes d'admission
Faible volatilité
Absorption des condensats
Faible tendance au moussage
Miscibilité avec les huiles moteurs courantes
Huiles transmissions

Fonctions principales Classification API


Graissage
Refroidissement GL1 Boites de vitesses manuelles peu chargées
Étanchéité GL2 Engrenages roue et vis sans fin (pas sur les véhicules routiers)
Propreté GL3 Boites de vitesses manuelles normalement chargées
Protection corrosion GL4 Transmissions hypoides peu chargées ou boites manuelles très chargées
Amortissement du bruit GL5 Transmissions hypoides très chargées ou (sur spécification) certaines
Transmission de force boites manuelles
Coefficient de frottement adapté (Synchros) MT1 Camions américains à transmissions non synchronisées
et températures de service très élevées

Exigences
Diminution du frottement et de l'usure
Protection des dommages éventuels
Protection corrosion
Faible tendance au moussage
Tenue aux températures adaptée aux conditions de service
Résistance au vieillissement
Courbe Viscosité température adaptée
Refroidissement
Formation d'un coin d'huile hydrodynamique
Bonne compatibilité avec les joints et peintures
Bonnes propriétés de nettoyage (solubilité des depots)
Séparation de l'eau
Longue durée de vie
Faibles couts
Huiles
Hydrauliques

Fonctions principales
Classification
Graissage
Refroidissement
Étanchéité H Huiles minérales pures ( non additivées)
Propreté HL H + Protection corrosion et anti-oxydant DIN 51 524 Partie 1
Protection corrosion HLP HL + Anti-usure DIN 51 524 Partie 2
Amortissement du bruit HVLP HLP + Index de viscosité élevé DIN 51 524 Partie 3
Transmission de puissance HLPD HLP + Détergence et dispersivité
HVLPD HVLP + Détergence et dispersivité

Exigences
Huiles hydrauliques Biodégradables
Diminution de l'usure
Bonne désaération
Faible tendance au moussage HETG (Hydraulic Environmental triglycérid) Huiles naturelles, végétales, triglycérides
Bonne résistance thermique HEES (Hydraulic Environmental Esters Synthetics) Esters synthétiques
Faible vieillissement (longue durée de vie) HEPG (Hydraulic Environmental Poly Glycols) Polyglycols
Courbe Viscosité température adaptée HEPR (Hydrocarbures synthétiques ) Type Polyalphaoléfines et assimilés
Non agressive vis à vis des matériaux
Bon pouvoir calorifique
Faible compressibilité
Fluides difficilement inflammables
Bonne compatibilité avec les joints et peintures
Bonnes propriétés de nettoyage (solubilité des dépôts)
Séparation de l'eau A base d'eau
Bonne filtrabilité HFA Émulsions d'huile dans l'eau
Stabilité au cisaillement HFB Solutions et émulsions d'eau dans l'huile
Faibles couts HFC Solutions de polyglycols dans l'eau

Synthétiques (sans eau)


HFDR Fluides synthétiques (Esters Phosphates)
HFDU Fluides synthétiques (Esters de polyols)
Glossaire de l'appendice 2

Exploration
Undurchlaessiger Schierferton = Couche de Schistes impermèables
Erdgas= Gaz naturel
Poroese Speichergestein= Couche poreuse de stockage
Erdoel= Pétrole
Wasser= Eau

Viscosité
Dynamische Viskositaet= Viscosité dynamique
Schubspannung= Pression
Filmdicke= Epaisseur de film
Geschwindigkeit= Vitesse
Sich bewaegende Flaeche= Surface en mouvement
Ruhende Flaeche= Surface au repos

Huiles moteurs
Vergleich von Ein- und Mehrbereichoelen= Comparaison des huiles Mono et Multigrades
Einbereichsoel= Huile Monograde
Mehrbereichsoel= Huile Multigrade

Huiles Transmissions
Vergleich von Ein- und Mehrbereichoelen= Comparaison des huiles Mono et Multigrades
Einbereichsoel= Huile Monograde
Mehrbereichsoel= Huile Multigrade